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07/03/2020

DISSUATION NUCLÉAIRE FRANÇAISE ....... TRIBUNE LIBRE !

REVUE DE PRESSE
 

DISSUASION NUCLEAIRE : La dissuasion nucléaire française et l’Europe ou l’antinomie de Russel

 

Posté le mardi 25 février 2020
DISSUSASION NUCLEAIRE : La dissuasion nucléaire française et l’Europe ou l’antinomie de Russel

Pendant toute la durée de la Guerre froide, le « fait nucléaire » a été l’une des données structurantes des relations internationales en dominant l’ensemble des fonctions militaires. Les armes nucléaires apparaissaient alors non seulement comme des instruments militaires indispensables au maintien de l’équilibre de la terreur, mais aussi comme des signes suprêmes de la puissance politique.

 

Aujourd’hui, en l’absence de menace d’invasion massive et face aux nouveaux défis de l’après Guerre froide, l’arme nucléaire a perdu sa fonction militaire immédiate et peut même paraitre inappropriée. Sa perte de signification militaire a entraîné pour ses détenteurs un affaiblissement de leur poids politique.

De nos jours, une grande puissance se définit plus par ses performances économiques que par son statut nucléaire. Bref, progressivement, depuis la fin des années 1990, les armes nucléaires sont devenues moins « légitimes ».

Est-ce précisément pour redonner une forme de légitimité nouvelle à l’armement nucléaire français que le président de la République, monsieur Emmanuel Macron, a abordé le sujet, le vendredi 7 février 2020, devant les officiers stagiaires de l’Ecole de guerre, sous un angle européen ?

Après avoir rappelé que "notre force de dissuasion nucléaire demeure, en ultime recours, la clé de voûte de notre sécurité et la garantie de nos intérêts vitaux", et qu’il n’est question ni de désarmer la France, ni de diluer nos forces de dissuasion dans l’OTAN, le président a dit aspirer à un débat des Européens sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans la sécurité collective de l'Europe.

Selon le chef des armées françaises, "nos forces nucléaires renforcent la sécurité de l'Europe par leur existence même et, à cet égard, ont une dimension authentiquement européenne". Aussi, appelle-t-il à un « dialogue stratégique » avec nos partenaires européens sur le rôle de la dissuasion nucléaire française pour la sécurité de l’Europe.

Quoi qu’en pensent les observateurs spécialisés dans ce domaine, ce type d’ouverture émanant du sommet de l’exécutif français n’est pas nouveau.

Le 7 septembre 1995, monsieur Alain Juppé, alors Premier ministre, abordait déjà ce sujet en s’adressant aux auditeurs de l’institut des hautes études de la Défense nationale à l’Ecole militaire.


S’exprimant au nom du président de la République du moment, monsieur Jacques Chirac, il soulignait la nécessité, dans le nouveau contexte d’après Guerre froide, d’ouvrir, avec nos principaux alliés européens, aux premiers rangs desquels la Grande Bretagne et l’Allemagne, et alors que la chute du mur et la désagrégation de l’URSS étaient relativement récentes, un dialogue sur les «  grandes questions de doctrine nucléaire ».

 

Pendant la Guerre froide, s’était installée la notion de « dissuasion élargie » c'est-à-dire reposant sur la promesse faite par Washington de protéger ses alliés, en commençant évidemment par l’Allemagne. En 1995, cette même notion aurait pu s’appliquer à cette même Allemagne, mais, cette fois, de la part de la France. Cependant, monsieur Juppé craignant que cela prête au soupçon de paternalisme préfère alors lui substituer le terme de « dissuasion concertée ». 

Plus avant encore dans le temps, dès le début de l’année 1992, juste après la signature du traité de Maastricht, François Mitterrand avait déjà posé la question d’une doctrine européenne de dissuasion et, quelques semaines plus tard, monsieur Jacques Mellick, secrétaire d’Etat à la Défense, utilisait lui aussi, mais pour la première fois, l’expression « dissuasion concertée ».

Comme ces avances ont été perçues à l’époque comme se plaçant dans une logique de concurrence vis-à-vis de l’OTAN, elles n’ont reçu aucun écho de la part des partenaires européens.

Vingt-huit ans plus tard, monsieur Emmanuel Macron ne propose guère autre chose. Cependant, il prononce une phrase lourde de sens : « Soyons clairs : les intérêts vitaux de la France ont désormais une dimension européenne ».

Or, la notion d’intérêts vitaux repose sur une absence volontaire de définition. Elle relève d'une appréciation souveraine du chef de l'État et de lui seul. Elle demeure volontairement floue pour ne pas indiquer à l’adversaire potentiel jusqu’où il pourrait aller sans pour autant encourir le feu nucléaire.

 

C’est le  « principe d’incertitude ». Les intérêts vitaux se fondent sur les éléments constitutifs de l'Etat-Nation et leur liste n’est pas limitative et peut être évolutive. Au gré des différents Livres blancs sur la Défense ou lois de programmation militaire, elle recouvre « les éléments constitutifs de notre identité et de notre existence en tant qu'État-nation, notamment le territoire, la population, ainsi que le libre exercice de notre souveraineté.» ou encore « ses institutions républicaines » « l'intégrité de notre territoire, la sauvegarde de notre population, la capacité de notre nation à vivre.»

 

Même si le flou, volontaire, répétons le, subsiste, il apparait cependant clairement dans cette énumération, que les intérêts vitaux sont uniquement nationaux et de façon qui peut apparaître très égoïste, non partageables avec quiconque.

Il va cependant de soi que les intérêts vitaux de notre pays ne se limitent pas strictement au territoire national. Aujourd’hui, de nouvelles menaces potentiellement capables d’atteindre «  les éléments constitutifs de notre identité et de notre existence » peuvent émaner du domaine spatial ou encore du cyberespace par exemple. Ces « territoires » ne connaissent pas de frontières et à leur possible hostilité pourrait alors s’appliquer une dissuasion nucléaire « tous azimuts » pour reprendre une expression caractérisant, depuis son origine, la dissuasion nucléaire française.

A ce stade de notre réflexion, il nous faut impérativement plonger dans le chaudron de la rhétorique nucléaire. En effet, la notion de dissuasion désigne un mode de persuasion.

Elle consiste à persuader un ennemi potentiel de ne pas attaquer. Comme tout mode de persuasion, elle nécessite un dialogue, une communication recouvrant une argumentation crédible. Les mots prononcés, les raisonnements présentés ont une importance considérable. On est là dans le domaine de la sémantique, pour ne pas dire de la casuistique.

Dans ce cadre intellectuel très subtile, comment serait-il alors possible de réunir des partenaires européens autour de la dissuasion française en évoquant des intérêts vitaux communs sans les définir ?

A l’inverse, une définition précise serait une atteinte à la notion même de dissuasion telle que la France l’a toujours envisagée et atténuerait beaucoup sa crédibilité en donnant, par avance, aux adversaires potentiels de l’Europe les limites à ne pas dépasser. On est là en plein dans une illustration du paradoxe ou antinomie de Russel (cf. renvoi 1).

Quand monsieur Macron déclare que l’OTAN est en état de mort cérébrale, c’est pour tenter de donner un souffle de vie à une Europe de la Défense qu’il sait n’être jamais née. En outre, la Grande Bretagne qui a quitté l’Union européenne resserre déjà ses liens avec les Etats-Unis.

Quant à l’Allemagne, il suffit d’entendre la déclaration faite, le 3 février 2020, par monsieur Johann Wadephul, vice-président de l’Union démocrate chrétienne et très proche de la chancelière, Angela Merckel, pour comprendre ce que notre allié entend par concertation.

Pour ce député, l’Allemagne devrait « envisager une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires » et « être prête à participer à la force de dissuasion nucléaire avec ses propres capacités et moyens », mais, en contrepartie, la France perdrait le contrôle de sa force de frappe car, a poursuivi M. Wadephul, cette dernière devrait « être placée sous un commandement commun de l’Union européenne ou de l’Otan ». Tout est dit.

Dans ces conditions, comme par le passé et pour longtemps encore, l’Europe se satisfera de la protection offerte par l’OTAN dans le cadre d’une « dissuasion nucléaire élargie ». D’après la Fondation pour la recherche stratégique, environ 140 armes américaines (des bombes à gravité B61) sont stationnées en Europe : en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie et…en Turquie. Cette panoplie suffit à parer à de nombreuses éventualités.

En vérité, tout se passe comme si monsieur Macron, conscient d’avoir échoué dans ses tentatives d’exercer le leadership en Europe, cherchait désespérément à séduire une « fiancée » en vue d’un mariage dont elle ne veut pas en lui proposant une dot dont elle ne veut pas plus. Il y a là, à n’en pas douter, une bonne part de communication pour ne pas dire de gesticulation.

Enfin, faisons preuve d’un peu de réalisme. Malgré de nombreux appels de la part de la France pour que ses « alliés » européens s’engagent davantage à ses côtés dans le Sahel, ceux-ci font la sourde oreille prétextant qu’il s’agit là, pour notre pays, du résultat de notre passé colonial et que c’est à nous de régler le problème alors que, nous le savons bien, la menace que nous combattons concerne l’Europe tout entière.

 

Pourquoi, dans ces conditions, l’armement nucléaire dont la France s’est doté et qui a coûté, au fil du temps, et coûte encore, des milliards de francs puis d’euros à des Français qui ont consenti pour cela d’importants sacrifices, serait-il mis à la disposition de ceux qui aujourd’hui même laisse la France payer seul le prix du sang pour notre sécurité collective.

 

Ce sont 25 milliards d’euros que la France consacrera encore, sur la période 2019-2023, à la modernisation de sa dissuasion.

Sur la même période, il est à craindre que, de toutes les armées européennes, seuls des soldats français mourront encore dans les sables du Sahel.

 

Par le Général (2S) Gilbert ROBINET

 

[1]L’antinomie de Bertrand Russell (mathématicien gallois-1872-1970) est un paradoxe de la théorie des ensembles publié en 1903. Pour l’illustrer de façon didactique, on utilise le paradoxe du barbier énoncé ainsi :

Le conseil municipal d'un village vote un arrêté municipal qui enjoint à son barbier (masculin) de raser tous les habitants masculins du village qui ne se rasent pas eux-mêmes et seulement ceux-ci.

Le barbier, qui est bien un habitant du village, n'a pas pu respecter cette règle car :

-s'il se rase lui-même, il enfreint la règle, car le barbier ne peut raser que les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes ;

-s'il ne se rase pas lui-même - qu'il se fasse raser ou qu'il conserve la barbe - il est en tort également, car il a la charge de raser les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes.



Source et Diffusé sur le site de l'ASAF : www.asafrance.fr

 

06/03/2020

SYRIE / IDLIB: L' ATTAQUE CHIMIQUE DES REBELLES A ÉCHOUÉE !

Attaque chimique avortée des rebelles syriens dans la province d’Idlib

Publié par wikistrike.com sur 6 Mars 2020, 07:19am

Catégories : #Politique internationale

Attaque chimique avortée des rebelles syriens dans la province d’Idlib

L’attaque chimique de l’opposition a échoué à Idlib.

Au milieu d’une offensive réussie de l’armée gouvernementale dans la province d’Idlib, les militants syriens tentaient de préparer une nouvelle attaque chimique.

Des sources à Idlib, basées près d’un camp du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham, ont indiqué que le 2 mars un groupe de 15 combattants avait essayé de faire exploser les munitions à côté de conteneurs avec des substances chimiques.

 

D’Après des sources locales, les combattants qui n’ont pas les compétences nécessaires pour travailler avec ce type de munitions ont rompu l’étanchéité d’un des conteneurs, provoquant une fuite de l’agent chimique.

 

En conséquence, la fuite a empêché les militants à effectuer une explosion et leur provocation a échoué.

De plus, à la suite de ces actions, les djihadistes qui ont participé à la préparation de l’attaque avortée ont été gravement brûlés et empoisonnés.

Ce n’est pas la première fois que des combattants a tenté de lancer une attaque chimique pour blâmer les troupes gouvernementales.

 

Le comportement des combattants est assez prévisible et indique clairement leur volonté d’accuser par tous les moyens les autorités syriennes de l’usage des armes chimiques contre la population civile.

Dans le but de stopper l’avancée des forces gouvernementales syriennes les factions armés d’Idlib espèrent qu’en jouant la carte chimique, elles pourront inciter les dirigeants des pays occidentaux à prendre des mesures militaires drastiques contre Damas.

 

Il est évident que les combattants qui se trouvent dans une situation catastrophique au nord-ouest d’Idlib subissent de lourdes pertes et continuent de souffrir d’un manque d’armes et de munitions nécessaires pour contrer l’armée syrienne.

 

Bien que la Turquie apporte un immense soutien militaire pour les groupes armées, les militants syriens sont forcés de céder des positions et de recourir à de tels moyens de combat, dans l’espoir de l’aide des pays occidentaux.

 

Il convient de noter qu’après la perte de contrôle sur la ville stratégiquement importante de Saraqib située à l’intersection des autoroutes M-4 (Alep – Lattaquié) et M-5 (Alep – Damas), les combattants s’inquiètent d’une nouvelle avancée de l’armée syrienne plus loin dans la province d’Idlib.

 

Les extrémistes cherchent de toutes les manières possibles à éviter la perte de territoires qu’ils tiennent malgré le fait que ce sont les civils qui souffrent le plus de ces violences.

Par Ahmad Salah

source:https://strategika51.org/2020/03/05/attaque-chimique-avor...

MOYEN-ORIENT : QUI SONT CES ARABES PRIVILÉGIÉS .........

 

03/03/2020

GÉOPOLITIQUE : YEMEN : LES AMÉRICAINS, AL-QAÎDA CONTRE LES REBELLES

 
3.mars.2020 // Les Crises
 

Enquête de l’Associated Press : les américains et Al-Qaïda, alliés, combattent les rebelles au Yémen

 
 

Source : Associated Press, Maggie Michael, Trish Wilson & Lee Keath, 07-08- 2019

 

 

Le 6 août 2018

 

ATAQ, Yémen (AP) – Au cours des deux dernières années, une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis ne cesse d’affirmer avoir remporté des victoires décisives qui ont chassé les militants d’Al-Qaïda de leurs fiefs du Yémen et détruit leur capacité à attaquer l’Occident.

Voici ce que les vainqueurs n’ont pas révélé : beaucoup de leurs conquêtes ont été accomplies sans tirer un seul coup de feu.

C’est parce que la coalition a conclu des accords secrets avec des combattants d’Al-Qaïda, payant certains pour quitter des villes et des villages clés et laissant d’autres se retirer avec leurs armes, leur matériel et des liasses d’argent volé, a révélé une enquête de l’Associated Press.

Des centaines d’autres ont été recrutés pour rejoindre la coalition elle-même.

Ces compromis et ces alliances ont permis aux militants d’Al-Qaïda de survivre pour de futurs combats et risquent de renforcer la branche la plus dangereuse du réseau terroriste qui a perpétré les attentats du 11 septembre.

Les principaux participants de ces pactes ont déclaré que les États-Unis étaient au courant de ces accords et qu’ils s’abstenaient de faire intervenir les drones.

Le drapeau noir d’Al-Qaïda peint sur le mur d’une école quasiment en ruine à Taiz. (AP Photo)

Les accords révélés par l’AP reflètent les intérêts contradictoires des deux guerres menées simultanément dans le sud-ouest de la péninsule arabique.

Dans un de ces conflits, les États-Unis collaborent avec leurs alliés arabes – en particulier les Émirats arabes unis – dans le but d’éliminer la branche extrémiste connue sous le nom d’Al-Qaïda,ou AQPA, dans la péninsule arabique.

Mais la mission la plus importante est de gagner la guerre civile contre les Houthis, rebelles chiites soutenus par l’Iran.

Et dans ce combat, les militants d’Al-Qaïda sont effectivement du même côté que la coalition dirigée par les Saoudiens – et, par extension, du même côté que les États-Unis.

« Des éléments de l’armée américaine sont tout à fait au courant qu’une grande partie de ce que les États-Unis font au Yémen aide l’AQPA et cela crée un certain malaise », a déclaré Michael Horton, chercheur à la Jamestown Foundation, un groupe d’analyse américain qui suit le terrorisme.

« Toutefois, soutenir les Émirats arabes unis et le Royaume d’Arabie saoudite contre ce que les États-Unis considèrent comme l’expansionnisme iranien passe avant la lutte contre l’AQPA et même la stabilisation au Yémen », a indiqué Horton.

 

Les conclusions de l’AP se fondent sur des reportages au Yémen et des entretiens avec une vingtaine de responsables, dont des agents de sécurité yéménites, des chefs de milice, des médiateurs tribaux et quatre membres de la branche d’Al-Qaïda.

Toutes ces sources, à quelques exceptions près, ont parlé sous couvert d’anonymat, craignant des représailles. Les factions soutenues par les Émiratis, comme la plupart des groupes armés au Yémen, sont accusées d’avoir enlevé ou tué ceux qui les critiquaient.

Selon l’AP, les milices soutenues par la coalition recrutent activement des militants d’Al-Qaïda, ou d’anciens membres de ce groupe, parce qu’ils sont considérés comme des combattants exceptionnels.

Les forces de la coalition sont composées d’un mélange vertigineux de milices, de factions, de chefs de guerre tribaux et de tribus aux intérêts très limités localement.

Et les militants de l’AQPA sont indissociables de beaucoup d’entre eux.

Adnan Rouzek, au centre, avec des combattants à Taiz. (AP Photo)

Un commandant yéménite qui a été inscrit sur la liste des terroristes américains pour ses liens avec Al-Qaïda l’année dernière continue de recevoir de l’argent des Émirats arabes unis pour diriger sa milice, a déclaré son propre assistant à l’AP.

Un autre commandant, à qui le président du Yémen a récemment donné douze millions de dollars pour ses forces de combat, a comme plus proche assistant une figure connue d’Al Qaïda.

Dans un cas précis, un médiateur tribal qui a négocié un accord entre les Emiratis et Al-Qaïda a même offert aux extrémistes un dîner d’adieu.

Horton a déclaré qu’une grande partie de la guerre menée contre Al-Qaïda par les Émirats arabes unis et leurs milices alliées est une « farce ».

« Il est maintenant presque impossible de démêler qui est l’AQPA et qui ne l’est pas depuis que tant d’accords et d’alliances ont été conclus », a-t-il dit.

Les États-Unis ont envoyé des milliards de dollars en armes à la coalition pour combattre les Houthis soutenus par l’Iran. Les conseillers américains fournissent également des renseignements de la coalition qui sont utilisés pour cibler les adversaires sur le terrain au Yémen, et les avions à réaction américains assurent le ravitaillement en vol des avions de guerre de la coalition.

Les États-Unis ne financent pas la coalition cependant et rien ne prouve que l’argent américain est allé à des militants de l’AQPA.

Les États-Unis sont au courant de la présence d’Al-Qaïda dans les rangs anti-Houthi, a déclaré un haut responsable américain à des journalistes au Caire plus tôt dans l’année.

 

Parce que les membres de la coalition soutiennent les milices avec les commandants islamistes purs et durs, « il est très, très facile pour Al-Qaïda de s’insinuer dans la mêlée », a déclaré le responsable, sous couvert de l’anonymat, selon les termes du briefing.

Plus récemment, le Pentagone a vigoureusement nié toute complicité avec les militants d’Al-Qaïda.

« Depuis le début de 2017, nous avons mené plus de 140 frappes pour destituer des dirigeants clés de l’AQPA et gêner sa capacité à utiliser des espaces non contrôlés pour recruter, former et planifier des opérations contre les États-Unis et nos partenaires dans la région », a écrit, dans un courriel à l’AP, le Commandant Sean Robertson, porte-parole du Pentagone.

Un haut responsable saoudien a déclaré que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite « poursuit son engagement dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme ».

Un porte-parole du gouvernement émirati n’a pas répondu aux questions de l’AP.

Mais lundi, le ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, M. Anwar Gargash, a tweeté que la stratégie antiterroriste soutenue par les Émirats arabes unis est efficace. Il a dit qu’elle avait « rayé » des milliers de militants et les avait privés d’abris sûrs.

L’AQPA est « à son plus faible niveau depuis 2012 », a-t-il écrit, ajoutant que les EAU et leurs alliés « ont tous perdu des troupes dans le combat ».

La coalition a commencé à combattre au Yémen en 2015 après que les Houthis eurent envahi le nord, y compris la capitale, Sanaa.

Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont déterminés à mettre un terme à ce qu’ils considèrent comme une tentative de leur ennemi juré, l’Iran, de prendre le pouvoir au Yémen et leur objectif déclaré est de rétablir le gouvernement internationalement reconnu du président Abed Rabbo Mansour Hadi.

Al-Qaïda tire avantage du chaos.

« Les États-Unis sont certainement dans une impasse au Yémen », a déclaré Katherine Zimmerman, chargée de recherche à l’American Enterprise Institute. « Ça n’a pas de sens que les États-Unis aient identifié Al-Qaïda comme une menace, mais plutôt que nous ayons des intérêts communs au Yémen et que, dans certains endroits, il semble que nous détournions les yeux ».

Dans ce conflit compliqué, Al-Qaïda affirme que son effectif – que les responsables américains estiment entre 6 000 et 8 000 membres – est en augmentation.

Un commandant d’Al-Qaïda qui aide à organiser les déploiements a déclaré à l’AP que les lignes de front contre les Houthis fournissent un terrain fertile pour recruter de nouveaux membres.

Le drapeau noir d’Al-Qaïda et le slogan en arabe « Al-Qaïda est passé ici », sur le mur de droite, sont peints sur une école endommagée qui a été transformée en tribunal religieux dans la ville de Taiz, au sud.

« Ce qui veut dire que si nous en envoyons 20, nous en ramenons 100 », dit-il.

Le commandant, personnage bien connu a communiqué avec AP via une application de messagerie sécurisée à condition de garder l’anonymat parce qu’il n’avait pas l’autorisation du groupe pour parler aux médias d’information.

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L’Associated Press a publié cet article grâce à une subvention du Pulitzer Center on Crisis Reporting.[Le Pulitzer Center on Crisis Reporting est une organisation de médias d’informations américaine créée en 2006 qui sponsorise des reportages indépendants sur des problèmes mondiaux que d’autres médias sont moins disposés ou capables de mener seuls, NdT]

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UN DÎNER D’ADIEU POUR AL-QAÏDA

En février, les troupes émiraties et leurs alliés de la milice yéménite ont exhibé des signes de victoire devant les caméras de télévision en déclarant la reconquête d’Al-Said, un district de villages au sein de la province montagneuse de Shabwa – une zone qu’Al-Qaïda domine largement depuis près de trois ans.

Cela a été présenté comme le couronnement d’une offensive de plusieurs mois, l’Opération Swift Sword, que l’ambassadeur émirati à Washington, Yousef al-Otaiba, avait proclamé comme « perturbant le réseau de l’organisation terroriste et réduisant sa capacité à mener de futures attaques ».

Le Pentagone, qui a aidé avec un petit nombre de soldats, s’est fait l’écho de cette promesse, affirmant que la mission affaiblirait la capacité du groupe à utiliser le Yémen comme base.

Mais des semaines avant l’entrée de ces forces, une file de camionnettes équipées de mitrailleuses et emmenant des militants masqués d’Al-Qaïda ont quitté Al-Saïda sans être agressées, selon un médiateur tribal impliqué dans l’accord pour leur retrait.

Les États-Unis ont tué les principaux dirigeants d’Al-Qaïda au cours d’une campagne de frappes de drones qui s’est intensifiée ces dernières années.

Mais dans cette victoire, comme dans les autres dont la coalition se vante, le médiateur a déclaré que les drones armés américains étaient absents, malgré l’ampleur et l’évidence du convoi.

 

Selon Awad al-Dahboul, le chef de la sécurité de la province, les termes de l’accord indiquait que la coalition avait promis aux membres d’Al-Qaïda qu’elle les paierait pour partir.

Son témoignage a été confirmé par le médiateur et deux représentants du gouvernement yéménite.

Al-Dahboul a déclaré qu’environ 200 membres d’Al-Qaïda avaient reçu des paiements. Il n’a pas appris les montants exacts, mais a dit qu’il savait que 100 000 rials saoudiens (26 000 dollars) avaient été versés à un commandant d’Al-Qaïda – en présence d’émiratis.

En vertu de l’accord, des milliers de combattants tribaux locaux devaient être enrôlés dans la milice de la Force d’élite Shabwa financée par les EAU.

Selon le médiateur et deux responsables, on compterait 50 à 70 membres d’Al-Qaïda pour 1 000 combattants.

Saleh bin Farid al-Awlaqi, chef de tribu pro-émirati, fondateur d’une branche de la Force d’élite, a nié tout accord.

 

Il a dit qu’il avait, avec d’autres membres d’Al-Qaïda à Shabwa incité de jeunes membres d’Al-Qaïda à changer de camp, ce qui avait affaibli le groupe et l’avait forcé à se retirer de lui-même.

 

Il a dit qu’environ 150 combattants qui ont fait défection ont été autorisés à entrer dans la Force d’élite, mais seulement après avoir suivi un programme de « repentir ».

Un ancien commandant d’Al-Qaïda, Harith al-Ezzi, marche dans les rues détruites par les combats dans la ville de Taiz, au sud du Yémen. (Photo AP)

L’éviction d’Al-Qaïda de Shabwa et d’autres provinces n’a pas eu lieu complètement sans combat. Des affrontements ont éclaté dans certains villages, généralement avec des restes d’Al-Qaïda qui refusaient de coopérer.

Un ancien membre d’Al-Qaïda a déclaré à l’AP que lui et ses camarades avaient refusé une offre d’argent des Émiratis. En réponse, a-t-il dit, une escouade de la Force d’élite les a assiégés dans la ville de Hawta jusqu’à ce qu’ils fassent retraite.

Dans l’ensemble, les accords conclus sous les gouvernements Obama et Trump ont permis aux militants d’Al-Qaïda de se retirer de plusieurs grandes villes dont le groupe s’était emparé en 2015, selon l’AP. Le premier pacte, conclu au printemps 2016, a permis à des milliers de combattants d’Al-Qaïda de se retirer de Mukalla, la cinquième ville du Yémen et port important de la mer d’Arabie.

Selon cinq sources, dont des militaires, des responsables de la sécurité et des responsables gouvernementaux, les militants se sont vus garantir une issue sûre et ont été autorisés à détenir des armes et de l’argent pillé dans la ville – jusqu’à 100 millions de dollars selon certaines estimations.

« Les avions de combat de la coalition et les drones américains n’avaient pas été utilisés », a déclaré un chef de tribu qui a vu le convoi partir. « Je me demandais pourquoi ils ne les avaient pas frappés. »

Un cheikh tribal a fait la navette entre les dirigeants de l’AQPA à Mukalla et les responsables émiratis à Aden pour conclure l’accord, selon un ancien haut responsable yéménite.

Les forces soutenues par la coalition ont fait irruption deux jours plus tard, annonçant que des centaines de militants avaient été tués et saluant la capture comme « faisant partie des efforts internationaux conjoints pour vaincre les organisations terroristes au Yémen ».

Cependant, aucun témoin n’a signalé la mort de militants. « Nous nous sommes réveillés un jour et Al-Qaïda avait disparu sans combattre », a déclaré un journaliste local, s’adressant à l’AP sous couvert d’anonymat, par crainte de représailles.

Peu après, un autre accord a été conclu pour que l’AQPA se retire de six villes de la province d’Abyan, dont sa capitale, Zinjibar, selon cinq médiateurs tribaux impliqués dans les négociations.

Encore une fois, la disposition principale était que la coalition et les drones américains cessent tous les bombardements à mesure que l’AQPA se retirait avec ses armes, ont dit les médiateurs.

L’accord prévoyait également que 10 000 membres de tribus locales – dont 250 militants d’Al-Qaïda – seraient intégrés au Cordon de Sécurité, la force yéménite soutenue par les Émirats arabes unis dans la région, selon quatre responsables yéménites.

Pendant près d’une semaine en mai 2016, les militants sont partis dans des camions. L’un des médiateurs a dit à l’AP qu’il avait organisé un dîner d’adieu dans ses oliveraies et ses vergers de citronniers pour les derniers combattants qui partaient lorsqu’ils s’arrêtaient à sa ferme pour présenter leurs respects.

Un autre médiateur, Tarek al-Fadhli, ancien djihadiste autrefois formé par Oussama ben Laden, chef d’Al-Qaïda, a déclaré qu’il était en contact avec les responsables de l’ambassade des États-Unis et de la coalition saoudienne, les tenant informés du retrait.

« Quand le dernier est parti, nous avons appelé la coalition pour dire qu’ils étaient partis », a-t-il dit.

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« NOUS FERONS ALLIANCE AVEC LE DIABLE. »

Considérer Al-Qaïda comme un groupe terroriste international, c’est passer à côté de son autre réalité.

Pour de nombreux Yéménites, il s’agit simplement d’une autre faction sur le terrain.

Une faction très efficace, bien armée et endurcie au combat.

Ses membres ne sont pas de mystérieux étrangers. Au fil des ans, l’AQPA s’est intégrée à la société en tissant des liens avec les tribus, en achetant des loyautés et en se mariant dans de grandes familles.

Les acteurs du pouvoir les considèrent souvent comme un outil utile.

Le prédécesseur de Hadi à la présidence du Yémen, Ali Abdullah Saleh, l’homme fort pendant longtemps, a fixé le modèle.

Il a pris des milliards de dollars d’aide américaine pour combattre Al-Qaïda après les attentats du 11 septembre, alors même qu’il recrutait ses militants pour combattre ses rivaux.

L’actuel vice-président de Hadi, Ali Mohsen al-Ahmar, chef militaire depuis des décennies, a également été accusé d’enrôler des jihadistes.

Une explosion soulève un nuage alors que des combattants soutenus par la coalition avancent vers la ville portuaire de Mocha, en mer Rouge. (AP Photo)

De ce point de vue, il serait presque plus surprenant que les militants ne soient pas impliqués contre les Houthis, d’autant plus que les militants d’Al-Qaïda sont des extrémistes sunnites qui cherchent à vaincre les rebelles chiites.

Les militants d’Al-Qaïda sont présents sur toutes les lignes de front principales qui combattent les rebelles, a déclaré Khaled Baterfi, un haut dirigeant du groupe, dans une interview inédite en 2015 avec un journaliste local obtenue par l’AP.

Le mois dernier, Baterfi a dit dans une session de Questions & Réponses organisée par Al-Qaïda que « ceux qui sont sur la ligne de front connaissent bien notre participation, qui est soit de combattre avec nos frères au Yémen soit de les aider en leur fournissant des armes ».

Al-Qaïda a réduit les attaques contre les forces liées à Hadi et aux Émiratis, car les attaquer serait bénéfique pour les Houthis, a dit Baterfi.

La branche suit les conseils du leader mondial d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, pour se concentrer sur la lutte contre les rebelles, a déclaré un autre membre important de l’AQPA dans ses réponses écrites à l’AP.

Dans certains endroits, les militants se joignent aux combats de façon indépendante. Mais dans de nombreux cas, les commandants des milices de la secte ultra-conservatrice Salafi et des Frères musulmans les intègrent directement dans leurs rangs, où ils bénéficient d’un financement de la coalition, selon l’AP.

 

La branche yéménite de la Fraternité est une puissante organisation politique islamique rigide alliée à Hadi.

Deux des quatre principaux commandants soutenus par la coalition le long de la côte de la mer Rouge sont des alliés d’Al-Qaïda, a indiqué le membre d’Al-Qaïda.

La coalition a fait des progrès majeurs sur la côte et se bat actuellement pour le port d’Hodeida.

Des images vidéo tournées par l’AP en janvier 2017 montrent une unité soutenue par la coalition avançant sur Mocha, dans le cadre d’une campagne finalement réussie de reconquête de la ville de la mer Rouge.

Certains des combattants de l’unité étaient ouvertement membres d’Al-Qaïda, portaient des vêtements à l’afghane et portaient des armes portant le logo du groupe. Alors qu’ils grimpaient derrière des mitrailleuses dans des camionnettes, des explosions provenant de frappes aériennes de la coalition étaient visibles à l’horizon.

Un membre de l’AQPA interrogé en personne par l’AP en mai a visionné la vidéo et a confirmé que les combattants faisaient partie de son groupe.

Son affiliation est connue pour son implication passée dans la domination de l’AQPA sur une ville du sud.

L’impact de l’imbrication des combattants d’Al-Qaïda et de la campagne de la coalition est le plus manifeste à Taiz, plus grande ville du Yémen et centre de l’une des batailles les plus longues de la guerre.

Dans les hauts plateaux du centre, Taiz est la capitale culturelle du Yémen, ville historique qui a vu naître des poètes, des écrivains et des cadres instruits. En 2015, les Houthis assiègent la ville, occupent les chaînes de montagnes environnantes, bloquent les entrées et la bombardent sans merci.

Les habitants de Taiz se sont levés pour riposter, et l’argent et les armes de la coalition ont afflué, tout comme les militants d’Al-Qaïda et de l’État islamique, tous dirigés contre le même ennemi.

Un militant libéral a pris les armes aux côtés d’autres hommes de son quartier pour défendre la ville, et ils se sont retrouvés aux côtés de membres d’Al-Qaïda.

« Il n’y a pas de filtre dans la guerre. Nous sommes tous ensemble », a dit l’activiste, qui a parlé sous couvert de l’anonymat. Il a déclaré que les commandants avaient reçu des armes et d’autres formes d’aide de la coalition et les avaient distribuées à tous les combattants, y compris aux militants d’Al-Qaïda.

Abdel-Sattar al-Shamiri, ancien conseiller du gouverneur de Taiz, a déclaré qu’il avait reconnu la présence d’Al-Qaïda dès le début et avait dit aux commandants de ne pas recruter ses membres.

Leur réponse a été : « Face aux Houthis, nous ferons alliance avec le diable », a dit al-Shamiri.

Il a dit qu’il avait prévenu les responsables de la coalition, qui étaient « contrariés » mais n’avaient rien fait.

« Taiz est en danger », a dit al-Shamiri. « Nous nous débarrasserons des Houthis et nous serons coincés avec des groupes terroristes. »

Des combattants soutenus par la coalition aident un blessé lors d’une avance sur la ville portuaire de Mocha, au Yémen, dans la mer Rouge. (Photo AP)

L’activiste et les responsables de la ville ont déclaré que l’un des principaux recruteurs des combattants d’Al-Qaïda est Adnan Rouzek, un membre salafiste infiltré par Hadi pour devenir un haut commandant militaire.

La milice de Rouzek est devenue célèbre pour ses enlèvements et ses meurtres de rue, avec une vidéo en ligne montrant ses membres masqués tirant sur un homme à genoux, les yeux bandés. Ses vidéos présentent des hymnes et des bannières de style Al-Qaïda.

Selon un responsable de la sécurité yéménite, un haut responsable d’Al-Qaïda qui s’est évadé d’une prison d’Aden en 2008 avec d’autres détenus de l’AQPA a été le principal assistant de Rouzek.

 

De multiples photos vues par l’AP montrent Rouzek avec des commandants connus pour être membres d’Al-Qaïda ces dernières années.

En novembre, Hadi a nommé Rouzek à la tête des salles de commandement de Taiz, coordonnant la campagne militaire, et commandant en chef d’une nouvelle force de combat, le 5e Bataillon de protection présidentielle. Le ministère de la Défense de Hadi a également donné douze millions de dollars à Rouzek pour mener une nouvelle offensive contre les Houthis.

L’AP a obtenu copie d’un reçu pour les douze millions de dollars et un assistant de Rouzek a confirmé le chiffre.

Rouzek a nié tout lien avec les militants, affirmant à l’AP qu’« il n’y a aucune présence d’Al-Qaïda » à Taiz.

Un autre seigneur de guerre soutenu par la coalition figure sur la liste des terroristes désignés par les États-Unis en raison de ses liens avec Al-Qaïda.

Le seigneur de guerre, un salafiste connu sous le nom de Cheikh Aboul Abbas, a reçu des millions de dollars de la coalition pour les distribuer aux factions anti-Houthi, selon son assistant, Adel al-Ezzi.

Bien qu’il ait été inscrit sur la liste américaine en octobre, les Émirats arabes unis continuent de le financer, a déclaré M. al-Ezzi à l’AP.

L’assistant a nié tout lien avec des militants et a rejeté l’inscription de son patron sur la liste des terroristes américains. Néanmoins, il a reconnu qu’« Al-Qaïda a combattu sur toutes les lignes de front aux côtés de toutes les factions ».

Juste après que l’équipe de l’AP lui eut parlé à Taiz, l’équipe a vu al-Ezzi rencontrer une personnalité connue d’Al-QaÏda, le serrant chaleureusement dans ses bras devant la maison d’un autre ancien commandant de l’AQPA.

Aboul Abbas dirige une milice financée par la coalition qui contrôle plusieurs districts de Taiz.

 

Une vidéo réalisée en 2016 par Al-Qaïda montre des militants en uniforme noir portant le logo d’Al-Qaïda qui combattent aux côtés d’autres milices dans des districts connus pour être sous son contrôle.

Un ancien responsable de la sécurité à Taiz a déclaré que les militants et les forces d’Aboul Abbas avaient attaqué le quartier général des forces de sécurité en 2017 et libéré un certain nombre de suspects d’Al-Qaida.

 

L’officier a dit qu’il avait signalé l’attaque à la coalition, mais il a appris peu après que celle-ci avait donné à Aboul Abbas quarante camions supplémentaires.

« Plus nous envoyons des alertes, plus ils sont récompensés », a dit l’agent. « La coalition a donné des véhicules blindés aux chefs d’Al-Qaïda alors que les commandants des forces de sécurité n’en ont pas ».

___

Wilson a contribué depuis Washington. Keath a contribué depuis Beyrouth. Le correspondant AP Desmond Butler a également contribué à ce rapport.

 

 

Source : Associated Press, Maggie Michael, Trish Wilson & Lee Keath, 07-08- 2019

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

01/03/2020

AFGHANISTAN : L' ACCORD DE PAIX USAET LES TALIBAN !

Le début de la fin

Accord talibans - Etats-Unis : 18 ans de guerre pour rien ?

 
 


Atlantico : Les États-Unis et les taliban ont signé, samedi 29 février à Doha, au Qatar, un accord historique qui doit permettre le retrait sous quatorze mois des troupes américaines d’Afghanistan après dix-huit ans de présence.

Lors de la signature, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a demandé aux taliban de ne pas considérer cette signature comme "une victoire", car "la victoire pour les Afghans ne peut être atteinte que s'ils vivent dans la paix et la prospérité".

Mais dans les faits, cet accord n'est-il pas une victoire pour les taliban, dans la mesure où il parait déséquilibré en leur faveur ?

Alain Rodier : Il est parfaitement exact que cet accord (qu'il ne faut surtout pas qualifier "de paix") est historique. Après 19 ans de guerre - pour être exact -, les Américains annoncent par là qu'ils vont progressivement se retirer - "si les taliban restent sages", c'est-à-dire s'ils ne permettent pas d'attaques contre les intérêts US depuis l'Afghanistan. 

C'est d'une certaine manière reconnaître implicitement (et il ne faut pas prendre les officiers de renseignements américains pour des ignares)  que les taliban seront un jour "aux affaires". Ce qu'ils ne veulent pas, c'est que le scénario du 11 septembre 2001 ne se reproduise : les terroristes - à l'époque dépendant d'al-Qaida - avaient lancé leurs actions contre les États-Unis depuis l'Afghanistan où Ben Laden était accueilli. Les taliban ont promis "qu'ils ne le referaient plus, craché, juré".

Selon le vieux dicton populaire, "les promesses n'engagent que ceux qui les croient".

Cet accord (signé par l'ancien ambassadeur américain Zalmay Khalizad et le mollah Abdul Ghani Baradar) fait partie d’un processus beaucoup plus large qui est une "opportunité offerte" pour amener à la table des négociations les taliban, le pouvoir en place à Kaboul (le président Ashraf Ghani) et tous les responsables politiques (dont Abdullah Abddullah).

De plus, le retrait US qui devrait durer 14 mois sera dans un premier temps partiel; 5.000 hommes en 135 jours. La cérémonie de Doha a été précédée d’une semaine de "réduction de violence" (et pas un cessez-le-feu), ce qui a été globalement respecté (19 membres des forces de sécurité et quatre civils tués, ce n’est pas grand-chose en Afghanistan où 50.000 membres des forces de l'ordre ont été tués depuis 2005).

 Cela dit, les Américains en ont assez de cette guerre - la plus longue de leur Histoire - et pour quels résultats ?

La rébellion est toujours là et contrôle même presque la moitié du pays, la corruption est la règle pour les responsables politiques et militaires, le pouvoir se déchire entre Abdullah, héritier de l' "héroïque" commandant Massoud et les président Ghani.

 

Le coût humain est important :3.500 membres de la coalition (40 pays dont la France ont participé à cette guerre) dont 2.000 boys US tués sans compter les estropiés qui sont venus grossir les centres de rééducation spécialisés. Selon l'ONU, de 32.000 à 60.000 civils auraient été tués durant ce conflit.

12.000 Américains sont encore présents en Afghanistan (à un moment, ils étaient 100.000).
 
Il faut reconnaître que si l'intervention de 2001 étaient justifiée puisque les taliban qui, pour mémoire, n'étaient pas directement liés aux attentats du 11 septembre, avaient refusé d'extrader Oussama Ben Laden vers les États-Unis, ce qu'ils auraient très bien pu faire - ce dernier n'étant pas de nationalité afghane.

L'objectif de l'invasion avaient été changé. En plus de détruire Al-Qaida, il fallait "apporter la Démocratie" à ces "arriérés" d'Afghans.

Or, les fiers Afghans avaient toujours refusé dans leur Histoire que quiconque - et surtout pas des étrangers - ne leur dicte des règles : les Britanniques, les Soviétiques et encore moins les Occidentaux des temps modernes !

 

La solution envisageable après avoir détruit l'infrastructure d'Al-Qaida (Ben Laden s'étant échappé vers le Pakistan et il était hors de question de le poursuivre là et encore moins d' "apporter la Démocratie" dans ce pays grand allié des Américains) était de se retirer et de laisser les Afghans poursuivre leurs luttes internes traditionnelles depuis des temps immémoriaux.

D'ailleurs, même Mike Pompeo vient de le déclarer: "le futur de l'Afghanistan, c'est aux Afghans de le décider". Si seulement les responsables américains avaient pu raisonner comme cela depuis le début...    
 
Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a confirmé samedi, peu avant la signature de l’accord, un retrait graduel et immédiat des troupes américaines. Mais les États-Unis « n’hésiteront pas à annuler l’accord » si les talibans l’enfreignent, a affirmé à Doha Mark Esper, le secrétaire à la défense américain.

 

Les négociations entre les talibans et le gouvernement de Kaboul doivent, elles, s’ouvrir le 10 mars, a précisé Mike Pompeo.

 

Les Etats-Unis estiment que les garanties antiterroristes fournies par les insurgés répondent à la raison première de l’intervention américaine, à savoir la lutte contre Al-Qaïda après les attentats du 11-Septembre.

Que sait-on aujourd'hui des liens entre les taliban et les groupes terroristes ?

Ils sont évidents et connus de tous les analystes de la zone. Al-Qaida se fait discret de manière à ne pas indisposer son mentor taleb.

Mais ses troupes sont toujours présentes à cheval sur la frontière pakistano-afghane car cette région est considérée comme son sanctuaire qui abrite en particulier la Choura, le "conseil", organisme présidé par le Docteur Ayman al-Zawahiri qui veille aux destinées du mouvement dont le but final reste le jihad mondial (et son rêve est toujours de s'en prendre aux États-Unis).

Par contre, les taliban luttent contre Daech car ce mouvement exige l' "allégeance" des autres musulmans. Il convient de bien voir la différence : les taliban sont les maîtres spirituels d'Al-Qaida et ne veulent pas reconnaître la suprématie de Daech.

Même le président Ghani n'est pas dupe et le Secrétaire à la Défense US Mark T. Esper était à ses côtés à Kaboul pour lui assurer que l'armée américaine continuerait à aider son homologue afghane et que si les taliban n'honoraient pas leur parole, "les États-Unis n'hésiteraient pas à annuler l'accord".

Personne ne dit s'il a lui aussi cru à cette promesse ou s'il a commencé à préparer ses valises pour ne pas terminer comme le président Mohammad Najibullah Ahmadzai assassiné après avoir été torturé par les taliban lors de leur prise de Kaboul en 1996.

 

En 18 ans de présence, les États-Unis ne sont pas parvenus à développer des institutions démocratiques solides en Afghanistan. L'Etat est faible, l'armée manque de moyens et la corruption reste endémique.

En quittant le pays, les Américains ne risquent-ils pas de laisser les clefs du pouvoir aux talibans ? 

Je suis un éternel pessimiste et espère me tromper, mais je surine depuis des années que lorsque le dernier soldat étranger aura quitté le sol afghan, les taliban prendront Kaboul. La seule question que je me pose est, en combien de semaines ou de mois?

Mais c'est inéluctable parce qu'eux, ils ont l'"idéologie" islamique qui les porte et sont prêts à se sacrifier pour cette cause.

Comme je l'ai dit précédemment, avoir tenté d'importer la manière de penser et de vivre à l'occidentale dans ce pays était une erreur fondamentale qui peut s'apparenter à l'ancien colonialisme. A l'époque, nous avions "le sabre (la force) et le goupillon (l'idéologie)".

 

Aujourd'hui, l'idéologie "droit de l'hommisme" (que l'on qualifie aussi de "valeur universelle" le monde entier devant se plier à la manière de vivre en Occident) n'a pas remplacé "le goupillon" et le sabre s'est réduit à une dague...
 
Ce qui se passe en Afghanistan laisse augurer de ce qui se déroulera au Proche-Orient dans les années à venir.

Nous voilà prévenus.

 

 

Source et Publication:  https://www.atlantico.fr/decryptage/3587699/l-accord-de-paix-de-doha--le-chemin-vers-l-enfer-est-pave-de-bonnes-intentions-ardavan-amir-aslani?utm_source=wm&utm_medium=email&utm_campaign=20200301

29/02/2020

LA TURQUIE ENTRE EN GUERRE CONTRE LA SYRIE !

 
 
 
Editoriaux - International - 28 février 2020

Cette fois, la Turquie est en guerre contre la Syrie

 

27/02/2020

LES BATAILLES D' ERDOGAN NE SONT PAS CELLE DE LA TURQUIE !!!

Erdogan : l’heure de vérité tant attendue approche


Par Ghassan Kadi − Le 14 février 2020 − Source thesaker.is

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Il est difficile de savoir si Erdogan manque d’options, d’amis, de temps ou de tout ce qui précède ; et ses prises de position sur diverses questions ainsi que les contradictions qui le traversent rendent sa situation de plus en plus intenable.

 

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Pour le bénéfice des lecteurs qui n’en ont jamais entendu parler, Erdogan est :

  1. un réformateur turc musulman qui défile sous les photos du bâtisseur nationaliste turc anti-musulman Mustafa Kemal
  2. un membre aspirant à l’UE
  3. un aspirant à la direction du sunnisme mondial
  4. un allié d’Israël, ainsi que du Hamas
  5. un islamiste en désaccord avec les islamistes wahhabites
  6. un Turc nationaliste qui veut freiner les aspirations kurdes, non seulement en Syrie et en Irak mais aussi en Turquie
  7. un dirigeant sunnite qui veut restaurer le sultanat et le califat ainsi que la version sunnite fondamentaliste de l’islam anti-chiite, mais qui est aussi un ami de l’Iran chiite
  8. un membre de l’OTAN ayant une relation spéciale avec l’Amérique et un ami et allié spécial de la Russie.

Ironiquement, malgré toutes les contradictions et les conflits d’intérêts, il a jusqu’à présent réussi à s’en sortir en portant non seulement toutes ces casquettes, mais aussi des turbans et des fezzes entre les deux. Il est clair cependant que cette manœuvre ne peut pas durer éternellement et, tôt ou tard, il va finir par se retrouver bloqué dans un coin du ring. J’aime l’idée de croire qu’il est déjà dans ce coin.

Mais Erdogan estime qu’il a un mandat de Dieu. Après sa victoire aux élections de novembre 2015, dans un article intitulé «Erdogan, le cheval de Troie de la terreur», j’ai écrit :

«Avec cette victoire, Erdogan se sentait invincible. Pour un islamiste, et c’est ce qu’Erdogan est, se sentir invincible prend un tout nouveau sens.

Il s’agit d’une traduction simpliste d’un verset coranique : «Si Dieu est à vos côtés, personne ne peut vous vaincre»(Coran 3: 160).

Erdogan croit qu’il est invincible parce qu’il croit qu’il est en mission et que Dieu est à ses côtés. S’il avait une raison de douter de ce rôle divin qu’il croit avoir, les résultats des élections de novembre ont dissipé ce doute. »

Curieusement, Erdogan est capable de comprendre les contradictions des autres. Alors que l’Amérique par exemple n’en a rien à cirer des Kurdes syriens et n’utilise que certains dirigeants vulnérables pour creuser un fossé entre le gouvernement syrien et la population kurde syrienne, Erdogan a déclaré avec la plus grande fermeté aux administrations Obama et Trump que l’Amérique ne peut pas être un allié de la Turquie et des Kurdes à la fois.

Pourtant, ce même Erdogan justifie pour lui-même l’approvisionnement des terroristes d’Idlib en armements de pointe pour attaquer non seulement les unités de l’armée syrienne, mais aussi la base aérienne russe à Hmeimim. Les Russes ont jusqu’à présent déjoué d’innombrables tentatives d’attaque par drone sur la base, et si la Turquie n’a pas directement fourni les armes, elle en a certainement facilité leur livraison.

N’oubliez pas que la zone d’Idlib qui est contrôlée par Tahrir al-Sham (anciennement al-Nosra ex al-Qaida) se situe entre la zone contrôlée par l’armée syrienne et la frontière turque. Il y a une autoroute ouverte vers la Turquie et toutes les armes et combattants se déplacent librement de la Turquie vers la Syrie.

Et même si Erdogan a signé un accord avec la Russie pour mettre fin à la présence terroriste à Idlib, selon le journaliste palestinien chevronné Abdul Bari Atwan, il ne veut pas comprendre pourquoi la Russie en a marre de lui et de ses acrobaties et pourquoi le président Poutine refuse de le rencontrer. Dans son article écrit pour Raialyoum (en arabe), Atwan fait valoir que les Russes refusent l’appel d’Erdogan pour une nouvelle réunion de négociation pour le désengagement et que la Turquie doit adhérer à l’accord de Sotchi existant, ignoré à plusieurs reprises par Erdogan.

Atwan ajoute que :

Premièrement: «le pari turc, avec son recours à l’opposition syrienne et à l’Armée syrienne libre en particulier, a échoué parce que ces forces ont abandonné leurs positions et que l’armée syrienne est entrée sans opposition dans les villes de Khan Sheikhoun et Maarra Al-Numan sans faire une seule victime.

Deuxièmement : les douze postes de surveillance turcs qui ont été créés dans le district d’Idlib sont devenus un problème parce que sept d’entre eux sont assiégés par l’armée syrienne avec une centaine de soldats turcs piégés dans chacun et peuvent facilement être détruits par l’armée syrienne au cas où la Turquie lancerait une offensive majeure contre la Syrie.

Troisièmement : le soutien russe à l’armée syrienne a atteint un niveau sans précédent après que les Russes ont abattu hier deux drones lancés par Tahrir Al-Sham »(c’est-à-dire le 10 février 2020).

De plus, selon Atwan, «Erdogan a raté une occasion en or en refusant l’initiative iranienne (récente) que lui avait proposée le ministre iranien des Affaires étrangères, Zarif, de trouver une solution politique à l’impasse avec la Syrie, et c’était peut-être la dernière occasion de parvenir à une résolution diplomatique avant une confrontation ouverte directe avec la Syrie »

 

 

Dans un article du Financial Times intitulé « Testing Times for Erdogan and Putin » , l’auteur est un peu court de dire que la relation entre Erdogan et Poutine est irréconciliable. Selon lui :

« Si le président turc Recep Tayyip Erdogan cherchait un moyen de manifester sa colère contre la Russie à propos de la mort de huit soldats de son pays en Syrie, une visite en Ukraine lui a fourni l’occasion idéale.

Lundi, lors d’une garde d’honneur au palais présidentiel de Kiev, M. Erdogan a crié «Gloire à l’Ukraine», un slogan nationaliste profondément associé au sentiment anti-russe et à la lutte pour l’indépendance du pays après l’effondrement de l’Union soviétique.

Ses paroles soigneusement choisies – adressées à une armée combattant les séparatistes soutenus par la Russie dans l’est de l’Ukraine – étaient clairement une réprimande adressés au président Vladimir Poutine ».

 

Dans tout cela, ce dont Erdogan a besoin avant tout, c’est d’un moment de vérité attendu de longue date, et cela semble être plus proche que jamais.

Il peut croire qu’il est un président à vie qui mérite le soi-disant palais de mille pièces qu’il s’est fait construire. Il peut rêver de reconstruire l’Empire ottoman et de ressusciter le califat. Il peut imaginer que, ayant été en mesure d’amener l’économie turque à un niveau qui lui a gagné une position dans le G20, il est devenu le leader d’une superpuissance, mais ce n’est pas le cas.

La Turquie est au mieux une puissance régionale, mais elle n’est puissante que si elle a des amis et des alliés plus puissants qu’elle pour la soutenir. Tant que la Turquie doit littéralement supplier les Russes et / ou les Américains de lui vendre des armes modernes pour se défendre, elle n’est pas en mesure de se tenir debout, en tout cas pas de la manière dont Erdogan le souhaite.

Il devrait faire attention et regarder l’histoire.

 

Mehmet Al-Fatih a construit ses propres canons pour détruire les remparts de Constantinople. Même si l’ingénieur qui les a construits était originaire des Balkans, c’étaient les canons de Mehmet et ils étaient les plus gros du monde à l’époque.

Je ne préconise pas qu’Erdogan construise son propre arsenal nucléaire, des avions de chasse et des missiles de défense et d’attaque. Dans le monde idéal, personne ne devrait.

 

Mais pour ajouter à sa liste de contradictions, si Erdogan veut porter le turban du Sultan, et s’en prendre à la Russie, il ne peut pas le faire en chevauchant l’âne de Don Quichotte.

Et s’il pense qu’il peut maintenant faire demi-tour, être un leader loyal de l’OTAN et rejeter la Russie, il se retrouvera à nouveau confronté à la même impasse qu’il avait avec les Américains sur la question kurde. De plus, qu’est-ce qui se passera pour les accords commerciaux avec la Russie et les approvisionnements en gaz ?

Et si Erdogan pense également que l’Amérique se proposera pour le sauver à Idlib, il faudrait qu’il se se rappelle que la présence américaine illégale dans le nord-est de la Syrie est à des centaines de kilomètres d’Idlib, et séparée par l’armée syrienne soutenue par la Russie. Pourquoi l’Amérique, même – et surtout – l’Amérique frileuse de Trump, risquerait-elle une confrontation avec la Russie pour sauver la peau du Sultan ?

 

Erdogan a jusqu’à présent échappé à son Karma parce qu’il a couvert ses paris dans toutes les directions, manipulant ses ennemis et ses alliés les uns contre les autres. Mais à moins d’être assez puissant pour se tenir debout, seul si nécessaire, alors une telle stratégie à long terme ne peut qu’aboutir à n’avoir plus d’amis, mais une longue liste d’ennemis et une foule de spectateurs méfiants.

Avant tout, que veut le peuple turc avec une présence turque en Syrie ? La Turquie n’est pas en guerre depuis un siècle. Le leader qui avait autrefois promis «zéro problème» avec ses voisins s’entête et semble déterminé à s’engager dans une guerre totale avec la Syrie. Le citoyen turc moyen peut se demander pourquoi et à quelle fin ?

Il est à espérer qu’Erdogan s’est finalement bloqué dans un coin du ring dont il ne peut plus sortir sans perdre la face. Il devra soit renforcer sa présence militaire en Syrie et combattre l’armée syrienne et la Russie, soit reculer. S’il prend la première option, il ne trouvera aucun supporteur international et peut-être que le soutien de son propre peuple deviendra discutable.

Mais si le psychopathe, mégalomane, pense qu’il doit battre en retraite, il se démènera désespérément pour une sortie qui lui sauve la face, et les options s’épuisent…

La Russie était prête à passer par pertes et profits l’agression délibérée de la Turquie contre son chasseur Su-24 en novembre 2015, et à aller de l’avant. Une bouée de sauvetage a été donnée à Erdogan à l’époque, sur la base des promesses qu’il avait faites et des accords ultérieurs qu’il avait signés.

 

Mais le temps a prouvé qu’il ne cherchait qu’à temporiser, et cette fenêtre avec la Russie est fermée.

Des cercueils sont déjà retournés en Turquie et il existe des chiffres non confirmés du nombre de soldats turcs tués en défendant des combattants d’al-Nosra. Ce qui est pertinent ici, c’est qu’en cas de guerre totale avec la Syrie, les Syriens mèneront une bataille existentielle, aidés par la Russie et ses alliés régionaux.

Cependant, la Turquie mènera un autre type de bataille existentielle, celle d’Erdogan lui-même, pas de la Turquie.

La Turquie n’a aucune raison de vouloir une présence militaire, et combattre, en Syrie. Il ne s’agit que de l’ego et des rêves d’Erdogan.

Par  Ghassan Kadi

Source et Traduit par jj, relu par Kira pour le Saker Francophone

 

 ET AUSSI

 

Erdogan fait monter les enchères …


…Il lance une offensive contre les Syriens, la Russie répond par de violentes frappes aériennes. Ça sent le roussi !


Par Marko Marjanović − Le 25 février 2010 − Source Anti-Empire

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Un véhicule rebelle armé participant à l’assaut

Parlez d’un gâchis dangereux. Alors que la Turquie et la Russie négocient toujours sur Idlib, Erdogan a lancé une offensive de rebelles soutenus par les turcs sur la ville de Nairab – aux approches de Saraqib, un verrou stratégique – entre les mains de l’armée syrienne.

 

Note de l'éditeur : 

Combiné à deux autres frappes d'artillerie par les Syriens ce mois-ci, voir ici et , les Turcs ont perdu 15 soldats dans leur intervention à Idlib jusqu'à présent.

Ce n’était pas une offensive turque totale, mais un aperçu de ce qui suivra si les Russes ne s’accommodent pas dans les négociations en cours.

Cependant, comme Erdogan a augmenté les enjeux, les Russes on répondu en entrant dans la bataille du côté syrien.

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La poussée des rebelles turcs se composait d’infanterie rebelle, fournie par les 20% d’islamistes d’Idlib qui ne sont pas sous la coupe du HTS d’Al-Qaïda, d’artillerie et de blindés turques.

La poussée a débuté avec la destruction de deux ou trois drones de surveillance, dont au moins un aurait été russe.

Cependant, plutôt que de simplement observer la bataille, comme l’espérait peut-être Erdogan, les Russes y sont également entrés. L’armée russe a déclaré, sans nommer les Turcs, qu’elle avait effectué des frappes aériennes à Nairab à l’appui de l’armée syrienne, détruisant six véhicules blindés, cinq véhicules légers armés et un char.

Le résultat a été que, même si les Turcs et les rebelles ont réussi à entrer dans la ville, ils ont ensuite été repoussés et ont dû se retirer.

La partie turque affirme avoir subi 2 morts et 5 blessés lors des frappes aériennes. Les Turcs disent que ceux-ci ont été infligés par des avions syriens. Les deux morts turcs ont tous deux été identifiés comme appartenant à l’équipage d’un char.

Cela laisse trois possibilités :

  • Soit les Russes ont revendiqué la destruction d’un char qu’ils n’ont pas infligée,
  • Soit le char détruit par les frappes aériennes russes était rebelle,
  • Soit le char turc a été détruit par un avion russe, mais les Turcs l’ont mal identifié comme syrien, soit accidentellement, soit exprès.

Les rebelles regorgent de véhicules blindés de transport de troupes que la Turquie leur a récemment donnés, mais ils n’utilisent qu’une poignée de chars capturés. La probabilité qu’un char rebelle a participé et a été éliminé par les Russes est faible.

Puisque les Turcs disent qu’ils ont perdu un char, et les Russes disent qu’ils en ont détruit un, il est très probable que ce sont bien les Russes qui l’ont touché.

 

Avec les armées russe et turque participants directement à la même bataille dans des camps opposés et très probablement détruisant mutuellement des drones et des chars, cela n’est plus une guerre par procuration. C’est une guerre pure et simple.

Ce n’est pas une guerre tous azimuts, et elle est menée à l’étranger, mais avec des actes de guerre directs les uns contre les autres, il n’y a tout simplement pas d’autre mot pour cela.

Et maintenant ? Erdogan a cru que les russes bluffaient, mais ce n’était pas le cas [C’est mal les connaître, NdT]. Il a maintenant l’air encore plus stupide et plus faible qu’auparavant, mais il a également 7 000 (!) soldats à Idlib, plus que la Russie dans tout le pays.

 

Va-t-il maintenant reculer ou réessayer la même chose mais à une échelle beaucoup plus grande ?

 

Par Marko Marjanović

Source et Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

 

 

 

10/02/2020

SYRIE: PREMIER COMBAT AÉRIEN ENTRE RUSSE ET TURQUE ......

 

1er combat aérien Turquie/Russie, les F-16 turcs prennent la fuite!

 
US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des Su-35 de l'armée de l'air russe. ©Daily Sabah

Alors que l'armée syrienne en est à encercler le sixième poste d'observation turc dans le nord syrien, le site militaire russe Avia.pro a fait état d'un premier combat aérien entre l'armée de l'air russe et la Turquie.

Selon le site, la Russie a fait décoller des chasseurs Su-35 à partir de sa base aérienne à Lattaquié alors que les F-16 turcs s'apprêtaient à lancer des missiles en direction des positions de l'armée syrienne.

 

Selon les médias, citant des sources militaires en Syrie, des chasseurs russes Su-35 ont quitté la base aérienne de Hmeimim à Lattaquié après que des F-16 turcs eurent tenté de s'approcher de l'espace aérien syrien pour frapper des positions russes et syriennes dans les régions d'Alep et d'Idlib.

Les pilotes turcs n'ont pas initialement répondu au signal de l'équipage russe à bord du Su-35 de s'éloigner immédiatement du ciel syrien, ce qui a entraîné l'activation des systèmes d'armes - les avions de combat russes ayant été prêts à attaquer les F-16 turcs.

 

« On sait que le 3 février, la partie turque a lancé une frappe aérienne avec des avions de chasse F-16 sur 46 cibles en Syrie.

Il est rapporté que le but de l'opération était de riposter à une supposée attaque contre l'armée turque dans la région d'Idlib, mais cette fois Ankara n'a pas eu le temps d'aller jusqu'au bout et il s'est heurté à une riposte bien ferme.

Le face-à-face Su-35 russe/F-16 turc a duré plusieurs minutes avant que les pilotes turcs ne reculent et quittent l'espace aérien syrien, a affirmé le journal militaire chinois Sohu, cité par Avia.pro. 

 

Il y a quelques heures, le réseau d'information syrien Rojava Network, citant des données de l'agence de presse Step News Agency, a rapporté que le commandement militaire turc avait déployé des terroristes et des mercenaires afin de préparer le début d'une opération militaire à grande échelle contre l'armée syrienne à Idlib et Alep, impliquant directement l'armée turque.

Selon cette information, la Turquie pourrait déclencher une guerre contre la Syrie dans les prochaines 24 à 72 heures.

 

"Selon une source de l'agence Step News, la Turquie a ordonné aux dirigeants des factions du Front de libération nationale de se préparer" à déclencher une large offensive s'étendant d'Idlib à Alep, offensive qui impliquerait les forces turques.

 

La semaine dernière, la Turquie a envoyé à plusieurs reprises des convois militaires à Idlib, au moins 1200 unités dont environ 200 à 300 chars, de l'artillerie automotrice , des véhicules blindés, de multiples systèmes de lancement de fusées, etc., ce qui indique une volonté de déclencher un conflit militaire à grande échelle.

 

Mais ni l'armée syrienne ni la Résistance et encore mois la Russie n'ont l'intention d'autoriser une action militaire turco-US-Otan à Idlib, les forces alliées étant prépositionnées tout comme des chasseurs aériens syriens et russes ainsi que des unités de la DCA afin d'intercepter des avions de combat turcs dans le ciel au-dessus d'Idlib. 

 

« Sans soutien aérien, l'armée turque constitue une cible facile pour l'armée syrienne.

En dépit de huit ans de guerre, l'armée syrienne a une puissante artillerie, et un système de missiles tactiques, d'ATGM et de MLRS pour que la Turquie subisse dès les premières heures d'un conflit ouvert des pertes très lourdes», notent les analystes. 

 

 

 

 
 
 
SOURCE: PRESS TV

05/02/2020

LE KOSOVO CARREFOUR DE L' ISLAM RADICAL ? UNE HISTOIRE DE TRAHISON ! ENTRETIEN ......

 

Entretien avec Jacques Hogard-Kosovo, histoire d’une trahison

 

Bombardée durant 78 jours par l’OTAN, la Serbie n’est pas sortie indemne de ce qui reste, dans la mémoire collective, comme la Guerre du Kosovo.

Vingt ans après, le Colonel Jacques Hogard revient sur ces évènements qui ont donné un coup à l’identité même de la civilisation européenne et qui marque, encore aujourd’hui, une région historique du vieux continent.

Dans votre ouvrage, vous parlez beaucoup de l’amitié multiséculaire qui existe entre la Serbie et la France. Qu’en est-il véritablement et comment a-t-elle évolué au cours des siècles ?

 

Je me suis toujours intéressé à l’histoire de la Serbie et des Balkans en général. J’avais pour cela des raisons familiales, car j’ai un grand-oncle qui a été tué en 1917 comme jeune officier sur le Front d’Orient et dont ma grand-mère m’avait beaucoup parlé dans ma jeunesse ; mais aussi pour des raisons personnelles à parti du moment où j’étais susceptible d’y être moi-même engagé.

C’est en particulier mon père, officier général en retraite, qui m’a rappelé un certain nombre de choses à la veille de mon départ pour les Balkans en tout début d’année 1999. L’histoire de la Serbie ressemble à une « chanson de geste » tant les Serbes forment un peuple de poètes, de paysans et de soldats.

 

Ils n’ont pas oublié leur passé, contrairement à ce qu’on constate hélas trop souvent en France de nos jours. Ils s’en souviennent et veillent jalousement sur la transmission de leur histoire et de leurs traditions.

En Serbie, on commémore chaque année Hélène d’Anjou qui y est réputée être une cousine de Saint-Louis et qui a épousé le roi Stefán Uroš Ier. Elle est à l’origine, au temps du premier royaume serbe, de ce premier lien très fort entre la France et la Serbie.

C’est l’époque où la France bâtit ses cathédrales et la Serbie, de splendides monastères qui couvrent encore aujourd’hui, malgré la folie destructrice des rebelles albanais, la province du Kosovo, cœur spirituel et identitaire du pays. L’histoire de cette amitié prend date à ce moment-là.

Lors de la bataille du « champ des merles » en 1389, les cloches de Notre-Dame de Paris ont sonné à toute volée pour annoncer la victoire des Serbes et de la chevalerie chrétienne au Kosovo. Mais hélas, quarante-huit heures plus tard, elles vont au contraire sonner le glas annonçant la défaite…

Tout cela contribue à créer des liens très forts, affectifs, entre la Serbie et la France et qui demeurent très chers aux Serbes, encore aujourd’hui.

Ce qui nous vaut, à nous Français, d’être toujours aimés en Serbie malgré les événements récents et les vicissitudes de l’époque contemporaine. Je pense notamment aux années 90, en Bosnie puis au Kosovo, où la France en suivant l’OTAN dans ses aventures guerrières, a contribué à disloquer la Yougoslavie.

 

Cette Yougoslavie moderne et communiste de Tito, qui est née en 1945, était de fait l’héritière du royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes qui était né à l’issue de la Seconde Guerre mondiale autour de la Serbie, pays qui a donné la dynastie des Karageorgévitch, laquelle est devenue la maison royale yougoslave.

L’amitié franco-serbe a bien sûr connu des parenthèses dans l’Histoire. Elle fut toutefois magnifiée pendant la Première Guerre mondiale avec l’armée d’Orient et des chefs militaires toujours honorés aujourd’hui en Serbie, comme le Maréchal Franchet d’Espèrey, le Général Sarrail, le Général Tranié ou l’Amiral Guépratte.

 

Cette relation s’est développée au XXe siècle, des officiers serbes venant faire l’École de guerre en France, par exemple.

Le Général de Gaulle avait lui-même une grande estime et admiration pour le Général Draga Mihailovitch, chef de l’armée royale de la Résistance contre les Allemands lors de la Deuxième Guerre mondiale et qui, trahi par les Alliés a été abandonné à Tito qui l’a assassiné.

Tout cela est l’histoire de notre amitié, parfois tumultueuse.

 

Comment expliquez-vous que dans les années 90, la France soit aussi prompte à attaquer la Serbie ?

Il faut tout distinguer deux attitudes. Celle du Président de la République, François Mitterrand, qui, est au début du conflit, s’adressant à Bernard-Henri Lévy, affirme que « moi vivant, jamais je n’attaquerai la Serbie ». François Mitterrand était en effet un homme cultivé, qui avait été bien formé politiquement dans sa jeunesse et qui restait marqué par l’exaltation de l’amitié franco-serbe.

Chirac n’avait pas cette culture ni cette éducation. Il avait eu certes, un bon réflexe en Irak en refusant de se joindre aux Américains pour renverser Saddam Hussein, avec les conséquences que l’on connait, mais là, face à la situation en Yougoslavie, il a au contraire commis la lourde erreur de se joindre à la coalition américaine.

À sa décharge, il faut rappeler que l’on était alors en période de cohabitation et que son Premier ministre, Lionel Jospin appartenait à ce groupe des sociaux-démocrates alors au pouvoir dans la quasi-totalité des pays d’Europe, qui unanimement voulaient la guerre et le démantèlement de la Yougoslavie.

A lire aussi: Livre-Bienvenue au Kosovo de Nikola Mirkovic

 

 

Il semble qu’un double-jeu ait été joué par l’Allemagne ?

Non, je ne pense pas que l’Allemagne ait joué un double-jeu dans cette affaire, au contraire il me semble qu’elle a été cohérente avec elle-même.

Je dirai plutôt que c’est nous les Français qui avons joué un double-jeu. Les Allemands ont toujours été pro-croates, pro-slovènes éventuellement, mais surtout anti-serbes. Ils ont joué leur propre partition dans cette entreprise de démolition de la Yougoslavie en soutenant l’indépendance autoproclamée de la Slovénie puis surtout, de la Croatie.

C’est ainsi qu’il y eut cette guerre aussi atroce qu’imbécile entre la Croatie et la Yougoslavie, c’est-à-dire la Serbie, avec toutes ses conséquences dramatiques.

Tel l’épisode de la République serbe de Krajina qui, a contrario de son homologue de Bosnie, n’a pas survécu à ces événements. Il y a eu des drames épouvantables, car ce sont des centaines de milliers de gens qui se sont retrouvés projetés sur les routes, sous les bombardements, provoquant de nombreuses pertes humaines, dans des conditions tragiques.

 

Quelle est l’attitude des Serbes vis-à-vis de la France qui a fait partie intégrante de la coalition engagée au Kosovo ?

La France s’est alors alignée derrière l’OTAN et l’Union européenne, ce qui, pour les Serbes, a été ressenti comme une trahison.

Et malgré cela, les Serbes ne nous en veulent pas. Je prends l’exemple symbolique du monument à l’amitié franco-serbe élevé à Belgrade, entre les deux guerres mondiales, dans ce magnifique parc du Kalemegdan qui entoure la citadelle. Il vient, d’ailleurs, d’être refait à neuf, et ce, grâce à une souscription franco-serbe.

En 1999, il avait été voilé d’un drap noir pendant les bombardements de Belgrade, tant les Serbes étaient ulcérés de la trahison française. Ils l’ont voilé, mais ne l’ont pas détruit.

Puis il a été dégradé avec des inscriptions anti-françaises lors des dernières prises de position de la France à propos du Kosovo. Mais jamais détruit. En juillet dernier, c’est là qu’Emmanuel Macron lors de son voyage officiel en Serbie prononça son fameux discours en partie en serbe.

C’est paradoxal, mais les Serbes ne nous en veulent pas.

C’est un peu « irrationnel », c’est vrai. Dans un ménage aux fondations solides, vous pouvez avoir de graves disputes, mais l’amour prédomine toujours. C’est un peu ce qu’il se passe entre la France et la Serbie.

 

Pourquoi, en 1999, l’OTAN bombarde soudainement le Kosovo ? Y a-t-il un événement déclencheur à cette attaque ?

Le Kosovo est la suite logique de la Bosnie hélas. Il fallait aller jusqu’au bout de l’opération décidée à Washington et à Berlin de démanteler la Yougoslavie, et d’affaiblir davantage encore la Serbie qui en était le pilier principal.

 

Le meilleur moyen d’y parvenir était de l’amputer de sa province du sud qui en est le cœur spirituel, culturel et identitaire : le Kosovo. Cette province a connu au XXe siècle une évolution démographique qui a fait passer la majorité serbe au rang de minorité, et la minorité albanaise de minorités à une position de plus en plus majoritaire.

Les familles serbes autrefois nombreuses, voire très nombreuses, sont devenues très rares, tandis que la population albanaise à majorité musulmane et polygame s’est développée, renforcée par les mouvements de population albanaise d’Albanie vers le Kosovo, tandis que s’installait une véritable épuration ethnique des Serbes, d’abord progressif puis brutal à partir de 1999.

Cette seule constatation devrait nous faire réfléchir, nous Français, car nous sommes confrontés exactement à la même menace existentielle.

A lire aussi: L’influence Russe en Serbie, mythe et réalité

 

Vous pensez donc que ce qu’il s’est passé au Kosovo peut prendre la même ampleur en France ? 

Si l’on ne fait rien, la population d’origine étrangère et musulmane en France sera majoritaire dans les années 2050/60. Ce n’est pas moi qui le prétends, ce sont les démographes et les organismes spécialisés qui nous le disent et nous l’expliquent !

C’est au fond cela le véritable problème du Kosovo. Il a pris d’autant plus d’ampleur que la communauté internationale s’en est saisie sous l’impulsion de l’administration Clinton et de Madeleine Albright.

Les États-Unis, et leur bras armé qu’est l’OTAN décident d’en finir avec cette question à l’automne 1998. Les soi-disant négociations de Rambouillet de mars 1999 n’ont pas d’autre objet que d’amener la Serbie à claquer la porte tant les conditions qui lui sont imposées sont inacceptables. Elles échouent logiquement. Et puis, c’est la guerre et les bombardements.

L’UE suit servilement, ce qui va exactement dans le sens de ce qu’a proclamé récemment Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN : « l’Union européenne et l’OTAN sont les deux faces d’une même pièce ».

 

On voit bien que l’Union européenne ne possède aucune indépendance vis-à-vis des États-Unis, car l’OTAN en fait un jouet sont elle dispose aisément, selon ses propres intérêts.

 

L’OTAN a-t-elle réussi à investir la péninsule balkanique ?

S’agissant de la continuité sans interruption de l’action de l’OTAN contre la Serbie, il faut citer également le cas actuel du Monténégro, qui est un État historiquement serbe, composé toujours aujourd’hui de 70% de Serbes. Mais en 2006, les États-Unis et l’OTAN ont réussi à le séparer de la Serbie.

De ce fait, la République fédérale de Yougoslavie, qui était alors réduite à la Serbie et au Monténégro, a volé en éclats. Djukanović, le président actuel du Monténégro, est véritablement sous influence de l’OTAN et de l’Union européenne, au point de persécuter maintenant l’Église Orthodoxe serbe.

En effet, sa nouvelle loi sur la « liberté religieuse », qui est analogue à celle de 1905 en France, entraîne une spoliation des biens de l’Église orthodoxe, mais entend surtout éradiquer la foi orthodoxe serbe, pilier de l’identité monténégrine et de l’unité des peuples serbes. Samo Sloga Serbina Spasava !

 

Pour revenir sur la question du Kosovo, comment avez-vous pu constater que cette région constituait véritablement le socle spirituel de la Serbie ?

C’est très simple : le Kosovo est recouvert d’un manteau de monastères très anciens, d’églises, de chapelles qui constituent ce que l’on peut appeler le patrimoine culturel et spirituel chrétien du peuple serbe.

Au « Champ des Merles », la bataille de Kosovo Polje en 1389 a eu lieu à proximité de Pristina, au cœur de la Province.

Les plus vieilles dynasties serbes, tels les Nemanjic, mêlant souverains et saints Serbes, je pense en particulier à Saint Sava, père de l’Église et de la Nation serbe, y ont vécu, régné et prié. Le Patriarcat orthodoxe serbe a son siège à Pec, en plein Kosovo.

L’action de la rébellion albanaise, l’UCK, a visé à chasser les Serbes par la terreur et l’épuration ethnique et à faire du passé table rase en détruisant les monastères, les églises, en persécutant les religieux et religieuses.

En 1995, l’UCK est encore une organisation désignée comme terroriste par les États-Unis ! Ce mouvement rebelle s’oppose alors à la relativement modérée « ligue démocratique du Kosovo » albanaise, dirigée par Ibrahim Rugova qui prône la non-violence et la discussion avec Belgrade. Mais les Américains, les Allemands, l’UE préfère en définitive l’UCK qui va être soutenue financièrement et matériellement par eux dès 1996. Cela débouche logiquement sur l’insurrection armée.

À ce propos, je viens de voir un très bon film, Balkan Line, qui donne une idée juste et fidèle de cette époque et du comportement de l’UCK.

Nous sommes sur une ligne d’affrontement très ancienne, et il faut bien sûr se garder de tout manichéisme : personne ne fait plus la guerre ne dentelles !

Mais les Serbes sont chez eux, c’est leur terre, celle de leurs ancêtres, c’est leur berceau historique et une fois encore spirituel.

Peuple très attaché à sa Foi, il ne pourra jamais renoncer au Kosovo et à son patrimoine orthodoxe et serbe ;

 

Vous terminez votre ouvrage par ces mots, qui reprennent votre titre, « Une Europe, du moins une certaine Europe, est morte à Pristina ». Comment analysez-vous cette ultime sentence ?

Pourquoi ce titre, volontairement un peu provocateur ? Il m’est venu spontanément lorsque j’ai entendu ce personnage néfaste et maléfique qu’est Bernard Kouchner, dire en prenant ses fonctions de gouverneur nommé par l’OTAN et l’UE à Pristina : « L’Europe est née à Pristina » ! Cela m’a fait sursauter et m’a tellement indigné que je me suis dit que non, l’Europe était morte à Pristina.

Lui voulait parler de l’UE, mais l’Europe est celle de la chrétienté et des nations souveraines, indépendantes et sœurs. L’Europe est toujours là, peut-être fatiguée et vieillie, mais elle existe.

Quand nous allons aujourd’hui au Mont-Saint-Michel, au Barroux, ou bien à Budapest, au monastère de Decani au Kosovo, ou encore au mont Athos, à Moscou ou à Athènes, nous nous apercevons que l’Europe chrétienne n’a pas disparu.

Ce n’est pas de cette Europe-là dont je parlais bien sûr quand je disais qu’elle était morte à Pristina, mais bien de l’UE.

C’est véritablement le « machin » européen qui est tombé à Pristina ! Le président Macron a dit que l’OTAN était en « état de mort cérébrale ».

Et bien comme il s’agit là d’une des deux faces de cette même pièce dont l’autre face est l’Union européenne, nous pouvons penser la même chose de cette dernière ! En ce qui me concerne, j’ai écrit qu’elle était morte, tout simplement par indignité tant elle a failli dans l’affaire yougoslave, et ce, de manière terrible.

A lire aussi: Serbe engagé : Nikola Mirkovic, Le Martyre du Kosovo

 

La résolution 1244 des Nations Unies est-elle toujours effective ?

Elle n’a jamais été dénoncée et dans le contexte de 1999, elle stipulait qu’il fallait mettre en place une administration internationale temporaire au Kosovo pour stabiliser le conflit, désarmer l’UCK et mettre un dispositif de protection international qui n’avait pas vocation à durer.

Il n’était évidemment pas question « d’indépendance ». Cela évoque donc bien une situation temporaire, c’est-à-dire qu’à un moment donné, la Serbie devait reprendre sa pleine et entière souveraineté sur le Kosovo.

Cette résolution 1244 existe, mais n’est pas appliquée et je dirais même qu’elle est bafouée par l’Union européenne, l’OTAN et la France. Le Président Poutine, lors de son voyage en Serbie en janvier 2019, a rappelé que cette Résolution était toujours en vigueur.

Il s’est ainsi étonné de ne pas voir l’armée, la police et la gendarmerie serbe déployées au Kosovo, réflexion qui soit dit en passant, permet de penser que ce qui s’est produit il y a vingt ans au Kosovo ne se passerait pas aujourd’hui, avec le retour sur la scène internationale de la Russie, grande puissance restaurée, avec laquelle il faut désormais compter.

Dans le contexte actuel, le droit international semble n’être qu’une chimère, dont les États-Unis d’Amérique se fichent éperdument comme ils viennent encore de le montrer en assassinant sur le sol irakien le général iranien Qassem Suleinami !

C’est à l’ONU de redorer son blason et de se faire respecter. En commençant par faire respecter l’esprit et la lettre de ses résolutions et notamment le Résolution 1244 !

 

Pourquoi la Russie ne souhaite pas reconnaître le Kosovo ? Y a-t-il des intérêts stratégiques, économiques et politiques derrière ce choix ?

Il y a d’abord des raisons de principe. La Russie, comme la Chine d’ailleurs, est attachée aux principes de respect du Droit international. Mais la position de la Russie et de la Chine n’est cependant pas soumise aux mêmes enjeux.

La Russie éprouve une authentique solidarité slave et orthodoxe avec la Serbie. On peut constater aujourd’hui le retour du religieux aussi bien en Serbie qu’en Russie.

Depuis 2012, l’administration serbe au pouvoir s’est posé la question de savoir de quel côté il fallait basculer : Europe de l’Ouest ou Russie ?

Je pense qu’aujourd’hui, leur choix est quasiment entériné : se rapprocher régulièrement de l’Europe de l’Ouest, mais certainement pas au détriment du rapprochement frère avec la Russie, dont le prestige et le rayonnement, notamment au Moyen-Orient et en Afrique sont de retour.

 

La Chine refuse, elle aussi, d’approuver l’indépendance du Kosovo

La Chine entretient aussi des liens importants avec la Serbie. L’ancien président Nikolić (2012-2017) est d’ailleurs le président de l’Alliance sino-serbe, organisme qui régit les rapports culturels d’État et les rapports économiques entre la Chine et la Serbie.

La Chine s’intéresse à la Serbie, car c’est un « porte-avion » en pleine Europe, du moins en Europe balkanique.

Pour la Chine, il est important de déployer son influence partout dans le monde et notamment sur le continent européen. La Serbie dont l’économie est faible, ruinée par des années de guerre et les bombardements de l’OTAN, l’intéresse donc au premier chef.

Poutine, par ailleurs, regarde avec attention cette Chine qui monte en puissance, parallèlement avec son pays la Russie, laquelle demeure un glacis protecteur naturel pour l’Europe face aux ambitions de Xi Jinping, un glacis infiniment plus protecteur que ne sauraient l’être les Américains.

 

Quels sont les autres pays qui souhaitent participer, d’une manière ou d’une autre, à la reconstruction de la Serbie ?

Il existe d’autres visées étrangères sur la Serbie qui a tant besoin d’investisseurs ! On peut citer les Émirats arabes unis qui investissent beaucoup en Serbie : ainsi la compagnie aérienne Air Serbia, qui a été construite sur les décombres de la YAT, est à présent détenue majoritairement par les Émirats.

 

Il faut en être conscient, car cela souligne aussi cruellement l’absence de la France.

 

Il y a tout de même des projets : si la modernisation et l’extension de l’aéroport de Belgrade ont été confiées à Vinci, le chantier du métro de Belgrade traîne depuis des décennies, car c’était Alstom qui était chargé des études préliminaires, mais l’entreprise a été vendue ! 

Il y aurait aussi beaucoup d’opportunités pour les PME françaises en Serbie. Depuis le début des années 90, la Serbie s’est vu construire une mauvaise réputation, ce qui ne pousse pas les étrangers à venir s’y installer.

 

Il y a eu des périodes où la Serbie a connu des difficultés, mais elle est en train de réémerger et son premier objectif, aujourd’hui, est de redevenir une puissance économique normale. C’est un pays ruiné et nous en avons une part de responsabilité comme allié de l’OTAN et membre de l’UE! Le salaire moyen à Belgrade se situe entre 380 ou 400€.

Même si le niveau de vie n’est pas le même, comment voulez-vous vivre décemment avec cela ? Et tous les Serbes sont condamnés, sauf les quelques oligarques bien sûr, à trouver des solutions relevant du système D pour arriver à survivre.

Ce n’est pas sain.

A lire aussi: Bosnie, Kosovo, Macédoine : carrefours de l’islam radical ?

 

Quelle est la situation des Serbes au Kosovo, surtout depuis les pogroms de 2004 ?  

Les pogroms de 2004 ont fait fuir de nouveau une grande partie des Serbes, et les persécutions se poursuivent, ce qui amène à constater que la minorité serbe au Kosovo est chaque année encore plus minoritaire. En 1999, il devait rester 400 à 450 000 Serbes ; nous sommes aujourd’hui entre 50 000 et 80 000.

L’épuration ethnique, menée par l’UCK au pouvoir et soutenue par l’Union européenne et l’OTAN, a donc hélas réussi au Kosovo.

Mais il reste des Serbes dans quelques grosses enclaves, notamment celle du nord du Kosovo et à Grakanica, à côté de Pristina.

Le plus terrible, ce sont les petites enclaves isolées, victimes de toutes les exactions et persécutions. C’est parfois une famille, ou même un vieillard et sa femme qui se barricadent dans leur ferme le soir, avant de se faire ravager leur champ dans la nuit, voler leur dernière poule ou leur ultime chèvre et de se faire menacer de mort.

La petite population serbe qui est autour de Dakovica s’est ainsi fait interdire l’accès à l’église pour la nuit de Noël. Tout cela démontre que la situation des Serbes au Kosovo est dramatique.

Nous faisons semblant de ne rien voir, excepté quelques articles qui sortent parfois dans Valeurs Actuelles ou dans le Figaro Magazine, journaux honnêtes et courageux sur cette question.

Le sort des Serbes au Kosovo n’intéresse pas grand monde, en tout cas à l’Ouest.

 

Comment analysez-vous les récentes élections législatives qui ont eu lieu au Kosovo ?

L’UCK a été battue, mais ceux qui ont pris leur place sont des Kosovars mondialistes, certes moins virulents et moins extrémistes.

Cela ne va pas changer le sort des Serbes ou des Roms qui ont été l’autre grande victime de l’affaire et ni les Goranis.

La vraie question, aujourd’hui, du pseudo-état du Kosovo est celle de l’épuration ethnique qui s’y poursuit.

L’objectif des Albanais, mis au pouvoir par la coalition internationale en 1999, est de vider le Kosovo des derniers Serbes.

Se pose le problème des monastères, car ce sont des bâtiments très anciens et dont certains sont inscrits au patrimoine de l’humanité. Je connais un certain nombre de ces moines très courageux et déterminés, mais combien de temps cela durera-t-il à partir du moment où l’étau se resserre et que l’État kosovar veut promulguer des lois de spoliation analogues à celle du 26 décembre au Monténégro ?

Les moines qui occupent ces monastères ne seraient donc que de simples locataires et c’est la première étape pour les chasser définitivement.

Une communauté humaine est en péril et un patrimoine humain très ancien, culturel, considérable, est en danger également : l’héritage chrétien du Kosovo est en péril.

Nous connaissons la méthode kosovare : détruire.

Si l’on démantèle, il n’y a plus de traces et on peut réinventer le passé. C’est la vieille technique de la table rase.

 

Pour conclure, je voudrais faire une analogie avec la France. On voit que dans certaines régions, la présence étrangère est très importante. Allons-nous vers une situation semblable à celle qui se déroule au Kosovo ? 

Il y a vingt ans, au Kosovo, des Serbes que j’ai rencontrés m’ont dit que l’on allait connaître le même problème en France.

À l’époque, j’avais retenu cette phrase, mais cela m’avait simplement effleuré et ne m’avait pas paru être quelque chose d’aussi urgent, puissant et réel. Or, cela l’est, on le voit bien aujourd’hui.

Le premier problème, maintenant en France, est celui de l’immigration qui nous submerge.

Contrairement à l’immigration précédente, que la France avait toujours su assimiler, cette nouvelle vague ne veut pas s’intégrer parce qu’elle est musulmane sunnite et wahhabite, elle prône un islam absolument intolérant et primaire, qui ne veut pas s’assimiler, au contraire du chiisme qui est un islam plus élaboré, plus construit et plus respectueux et civilisé.

L’islam primaire des wahhabites est prosélyte, comme nous pouvons le constater, dans nos banlieues, ou l’argent des pétro-monarchies lui permet de financer son expansion et de développer son emprise sur les communautés étrangères grâce à des imams incultes prônant la charia.

Or, si l’on ne fait rien, et que l’on ne prend pas en main courageusement le problème de l’immigration, de l’islamisation, mais aussi de la démographie, en instituant une politique familiale courageuse, forte, très active et déterminée, nous courrons à notre perte.

Cela je dois le dire m’inquiète évidemment lorsque je pense à nos descendants, car nous sommes sur notre terre, comme les Serbes étaient sur la leur au Kosovo.

Et nous ne nous pourrons en aucun cas nous en laisser déposséder, pas plus que de notre identité façonnée par la Foi chrétienne et l’héritage des civilisations grecque et romaine.

A lire aussi: « L’Europe a apporté la paix » Et réciproquement ?

 

Avez-vous des livres ou des films à recommander pour approfondir la question du Kosovo et de la Serbie ? 

Il existe de très bons ouvrages : les livres de Dusan Bataković, par exemple, qui fut un universitaire très connu, grand historien, mais aussi ancien ambassadeur de Serbie en France, en Grèce et au Canada et qui était parfaitement francophone et francophile.

Il a notamment écrit un petit livre sur le Kosovo : Kosovo, la spirale de la haine, que j’ai lu en partant en mission au tout début 1999 et que j’étais bien content de lire et consulter pour me permettre de comprendre.

Batakovic a également écrit un très bon livre que je recommande, sur l’amitié franco-serbe : « La Serbie et la France, une amitié atypique ».

Il y a aussi l’ouvrage, plus récent, de Nikola Mirkovic, « Le martyre du Kosovo ».

Et puis, dans un autre genre, il faut citer ce film récent « Balkan Line », que l’on trouve en DVD et qui est remarquablement fait.

C’est un excellent film, sans fausse note et qui a été réalisé par une production russo-serbe.

Il se situe à un moment charnière, c’est-à-dire à la veille de l’intervention de l’OTAN au Kosovo, au moment où la brigade russe de Bosnie se déploie sur l’aéroport de Pristina, prenant de court les alliés.

Pour moi qui étais sur place, son réalisme est frappant.

 

Source:   https://www.revueconflits.com/kosovo-serbie-yougoslavie-jacques-hogard/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=revue_conflits_les_dernieres_mises_en_ligne&utm_term=2020-02-05