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22/08/2019

C'EST EN AFRIQUE ! PAR BERNARD LUGAN!

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Lundi 19 août 2019, une nouvelle et importante attaque des GAT (Groupes armés terroristes) menée dans le nord du Burkina Faso, a fait des dizaines de morts, de blessés et de disparus dans les rangs de l’armée burkinabé.


Pourquoi, six ans après la chevauchée de Serval, un conflit au départ localisé au seul nord-est du Mali, limité à une fraction touareg et dont la solution passait par la satisfaction de revendications politiques légitimes, s’est-il transformé en un embrasement régional paraissant échapper à tout contrôle ?

 



La réponse tient en deux points :

1) En 2013, pour obtenir une victoire totale, il eut fallu conditionner la progression de Serval et la reconquête des villes du nord du Mali à des concessions politiques du pouvoir de Bamako. Les décideurs français ne l’ont pas voulu.

2) Ceux qui ont défini la stratégie française dans la BSS (Bande sahélo saharienne) ont choisi les nuées contre le réel, à savoir l’illusion de la démocratie et le mirage du développement.


Or, en Afrique, comme démocratie = ethno-mathématique, les ethnies les plus nombreuses remportent automatiquement les élections. Conséquence, au lieu d’éteindre les foyers primaires des incendies, les scrutins les ravivent ou les maintiennent en activité.


Quant au développement, tout a déjà été tenté en la matière depuis les indépendances. En vain. D’ailleurs, comment les politiques, les médias et les « experts », peuvent-ils encore oser parler de développement, alors qu’ils savent que la suicidaire démographie africaine en vitrifie par avance toute éventualité ?

Dans l’état actuel de la situation sécuritaire dans la BSS, le retour au réel est plus que jamais une urgence afin d’identifier les causes profondes de la conflictualité à laquelle nos Forces sont confrontées. Elles ont en effet un besoin vital de cette lisibilité que seule la connaissance du passé permet d’obtenir.


L’histoire régionale nous apprend ainsi que les actuels conflits ne sont pas une nouveauté. Résurgences de ceux d’hier, ils s’inscrivent dans une longue chaîne d’évènements expliquant les antagonismes ou les solidarités d’aujourd’hui.

 



Quelques exemples :
1) A l’ouest du lac Tchad, à partir du Xe siècle et durant plus d’un demi-millénaire, se succédèrentroyaumes et empires (Ghana, Mali et Songhay).

Tous contrôlaient les voies méridionales d’un commerce transsaharien articulé et même ancré sur des villes-marchés mettant en contact le monde soudanien et le monde méditerranéen. Quand ils étaient forts, ils se faisaient respecter par les éleveurs nomades, leur interdisant de razzier les agriculteurs sédentaires.



2) Après la destruction de l’empire Songhay par le Maroc en 1591, à l’exception des Bambara au nord et des Mossi au sud, les peuples sédentaires de la région ne constituèrent plus de véritables États. Tant chez les Songhay que chez les Djerma, la vie en société ne fut plus dès-lors organisée qu’autour de villages ou de regroupements de villages incapables de se défendre contre la razzia nomade.


3) A la fin du XVIIIe siècle et durant le XIXe, les populations sédentaires de l’ouest du Sahel subirent l’expansion des nomades Peul, mouvement dévastateur qui se fit avec l’alibi de la religion. Trois jihadpeul ou apparentés bouleversèrent alors la marqueterie ethno-politique régionale. Celui d’Ousmane (Othman) dan Fodio se fit en pays Haoussa, celui de Seku Ahmadou au Macina et celui d’El-Hadj Omar en pays bambara. Du haut Sénégal à la région tchado-nigeriane, ce ne fut alors que désolation, pillage, massacre et mise en esclavage.


4) Aujourd’hui, dans tout l’ouest africain, ces terribles épisodes sont encore très présents dans les esprits. Leur souvenir constitue le non-dit, et souvent même le véritable soubassement des actuels affrontements ethniques baptisés « communautaires » par idéologie, « pruderie » ou « prudence »… Or, en ne nommant pas les choses, l’on en perd le sens.

 


En effet, pour les Peul et pour ceux qui se réclament de la « peulitude », Ousmane (Othman) dan Fodio, Seku Ahmadou et El Hadj Omar sont des héros. Les Bambara, Dogon, Mossi, Djerma, Songhay et autres, les voient tout au contraire comme des conquérants esclavagistes cruels et sanguinaires dont l’impérialisme pillard était camouflé derrière un pseudo-justificatif religieux.

 


Voilà défini l’arrière-plan des actuels conflits du Macina et du Liptako amplifiés par la surpopulation et la péjoration climatique. Refuser de le voir ou considérer cela comme « anecdotique » va, tôt ou tard, conduire à de nouvelles « désillusions » et, hélas, à de nouvelles pertes cruelles.

5) Avant la colonisation, accrochés à la terre qu’ils cultivaient, les sédentaires du fleuve et de ses régions exondées étaient pris dans la tenaille prédatrice des Touareg au nord et des Peul au sud.

Pour survivre, ils constituèrent alors de complexes réseaux d’alliances ou de solidarités. Ayant traversé le temps, ils permettent d’expliquer pourquoi certaines « communautés » se rangent aujourd’hui du côté des GAT, quand d’autres les combattent.


Ainsi, comme les raids des Touareg s’exerçaient depuis le désert au nord du fleuve Niger et ceux des Peul à partir des trois émirats du Dallol, du Liptako et du Gwando, afin d’être épargnés, les sédentaires devinrent les tributaires des premiers ou des seconds :

- À l’ouest, les Songhay choisirent d’être ceux des Touareg, lesquels, en échange, protégeaient leurs villages des attaques des Peul. Entre Gao et Ménaka, au fil du temps, certains des tributaires songhay s’assimilèrent quasiment à leurs protecteurs Touareg. Les Imghad le firent ainsi aux Touareg Ifora et les Daoussak aux Touareg Ouelleminden Kel Ataram.

Comme la rive nord leur était tributaire, c’était donc sur la rive sud du Niger que les Touareg menaient leurs razzia, avec pour alliés les piroguiers-pêcheurs Kourtey (Kourteis) vivant entre Ayorou et Say.

- Plus à l’est, toujours sur la rive nord du fleuve Niger, les Djerma étaient dans la même situation que leurs voisins songhay mais, en fonction de la localisation géographique des prédateurs nomades, ils choisirent deux systèmes différents de protection. C’est ainsi que les Djerma du sud devinrent tributaires des Peul pour être protégés des Touareg, alors que ceux du nord demandèrent à ces derniers de les défendre contre les Peul.


6) A la fin du XIXe siècle, l’armée française bloqua l’expansion des entités prédatrices nomades dont l’écroulement se fit dans l’allégresse des sédentaires qu’elles exploitaient, dont elles massacraient les hommes et vendaient les femmes et les enfants aux esclavagistes du monde arabo-musulman.



7) La colonisation fut donc en quelque sorte la revanche offerte par la France aux vaincus de la longue histoire africaine. Cependant, dans tout le Sahel occidental, elle eut deux conséquences contradictoires :

- Elle libéra les sédentaires de la prédation nomade, mais, en même temps, elle rassembla razzieurs et razziés dans les limites administratives de l’AOF (Afrique occidentale française).

- Or, avec les indépendances, les délimitations administratives internes à ce vaste ensemble devinrent des frontières d’États à l’intérieur desquelles, comme ils étaient les plus nombreux, les sédentaires l’emportèrent politiquement sur les nomades, selon les lois immuables de l’ethno-mathématique électorale.

Voilà identifié le terreau des conflits allumés depuis une ou deux décennies par des trafiquants de toutes sortes et des islamo-jihadistes immiscés avec opportunisme dans le jeu ethno-politique local et régional.

L’ignorer ou le minorer conduit à la superficialité des analyses, à l’inadaptation des décisions et en définitive, à l’impasse actuelle.


Avec des moyens dérisoires à l’échelle du théâtre d’opérations, Barkhane, qui n’est que de passage, n’est évidemment pas en mesure de refermer des plaies ethno-raciales ouvertes depuis la nuit des temps.

Une bonne connaissance du milieu et des hommes pourrait cependant lui permettre d’éviter leur surinfection.



Ces points sont développés et illustrés de nombreuses cartes dans mon livre Les Guerres du Sahel des origines à nos jours et dans mon cours vidéo intitulé "Comprendre le conflit au Sahel"

 

 

Par  Bernard Lugan     L' Afrique réelle

 

 

1944 LA LIBÉRATION DE LA FRANCE ! LU DANS " REFLEXIONS ET HISTOIRE " !

Et le 14 août 1944 Clarence Withfield fut pendu …



Publié le 20 août 2019 dans Réflexions & Histoire

Les troupes américaines engagées ont reconnu avoir commis 208 viols et une trentaine de meurtres rien que dans le département de la Manche.

Pour le seul mois de juin 1944, en Normandie, 175 soldats américains seront accusés de viol ! Quand la sauvagerie a « libéré » la France…

 

Entre le 14 juin 1944 et le 19 juin 1945, l’armée américaine jugera officiellement 68 cas de viol… Compte tenu de l’importance du problème qui concerna hélas des milliers de femmes, on peut s’étonner du nombre ridiculement faible de procès instruits, de condamnations prononcées… et surtout effectivement appliquées…

 

De plus, selon le commandement américain, à l’automne 1944, près de 10 000 GI déserteurs se trouvaient sur le territoire.

Il faudra attendre l’enquête du canadien J. Robert Lilly et son remarquable ouvrage « La face cachée des GI’s » sur les exactions de l’armée américaine d’occupation à l’encontre des populations civiles, et des femmes en particulier, lors de la « libération » de l’Europe pour saisir l’ampleur de sa sauvagerie…

Dix ans plus tard l’historienne américaine Mary Louise Roberts publiera ses recherches sur le comportement sexuel des GI’s dans un ouvrage traduit en français sous le titre : « Des GI’s et des femmes – Amours, viols et prostitution à la Libération ».

Elle expose notamment comment le commandement militaire américain a « vendu » le Débarquement à ses GI’s comme « une aventure érotique et a sciemment exploité le mythe de la femme française experte en matière sexuelle et disponible ». (sic !)

Entre 1942 et 1945, on estime qu’environ 18 000 femmes et enfants furent victimes de viols commis par des soldats américains en Angleterre, puis en France et surtout en Allemagne…

Cette enquête a conduit Lilly à réaliser deux vidéos particulièrement poignantes et documentées que nous avons déjà évoquées, mais, sur certains sites, elles ont été retirées et souvent elles ne sont plus répertoriées.
Apparemment les censeurs n’ont pas encore complètement fait le ménage, nous en faisons donc profiter les lecteurs tant que c’est encore possible…


(Pour ceux qui sont particulièrement intéressés nous les engageons vivement à stocker ces vidéos avant que la bien pensance ne les fasse définitivement disparaître.) (1)
L’armée américaine jugera 116 de ses soldats, 94 (81 %) noirs et 22 (19 %) blancs. La grande majorité des soldats jugés pour viol en France n’étaient pas des combattants de première ligne mais des membres d’unités logistiques : des soldats assurant l’approvisionnement du front en munitions, nourriture, essence, pièces de rechange, etc.

Une situation qui mettait les troupes afro-américaines – stationnées dans les sites d’approvisionnement et de stockage – en contact direct et suivi avec les populations indigènes locales (normandes en l’occurrence en l’été 1944). Il n’y avait là rien de surprenant : à cette époque dans l’armée américaine, les soldats noirs n’étaient pas autorisés à rejoindre des régiments de première ligne et étaient affectés à des fonctions de soutien.

 

Des 116 soldats qui passèrent en cour martiale en France pour viol, 67 furent condamnés à des peines d’emprisonnement à perpétuité.

Au sein de ce groupe, 81 % étaient noirs et 19 % blancs.
En tout, 49 soldats furent condamnés à la peine de mort pour viol, mais plus de la moitié verront leur peine réduite à l’emprisonnement à perpétuité.


L’armée américaine exécutera finalement 29 soldats pour viol dont 25 Afro-Américains. En France le premier drame connu et sanctionné eut lieu le 14 juin à Vierville… Le débarquement avait à peine une semaine !


En zone rurale, la traite du soir sera toujours le moment privilégié par les prédateurs. Les animaux restant à l’herbe en Normandie, de nombreuses femmes, seules ou par deux ou trois, se rendent chaque soir aux champs sans méfiance : quatre ans d’occupation allemande leur ont appris qu’elles n’ont rien à redouter des soldats…Un soldat allemand respectera toujours une femme.

En fin d’après-midi du 14 juin 1944, à Vierville-sur-Mer, à quelques kilomètres de Sainte-Mère-Église, Aniela Skrzyinarz, une jeune réfugiée polonaise et sa sœur Zofia Sondej vont donc au champ pour la traite.

 

En chemin, elles croisent quatre soldats afro-américains armés d’une carabine qui les aident à mener leur charrette jusqu’au champ.

L’un des soldats demande du lait et reste avec Aniela. Zofia, accompagnée des trois autres soldats, se rend dans un champ voisin où elle est alors victime d’une tentative de viol. L’un des soldats pointant son arme sur elle, la fait tomber en la cognant au visage. Zofia se débattit au sol avec le soldat pendant dix minutes.

Le soldat « essaya de la prendre de force mais (…) elle ne voulait pas se rendre » (témoignage).


Aniela, entendant les appels au secours de Zofia, la rejoignit et fut à son tour menacée par un GI. Elle fut alors brutalisée et violée par le soldat Clarence Whitfield du 494eme Bataillon, âgé de 24 ans.


Le 20 juin 1944, se tint à Canisy le procès du GI Clarence Whitfield. Un avocat demanda à Aniela si elle avait tenté d’empêcher Clarence Whitfield de la violer.

Elle répondit : « Je craignais pour ma vie. Je ne pouvais pas faire grand-chose. » Clarence Whitfield avait en effet gardé son arme auprès de lui en permanence et menacé Aniela chaque fois qu’elle essayait de se lever.


Le 14 août 1944, Whitfield fut pendu par un bourreau civil anglais, recruté pour la circonstance. (Il suivra désormais les troupes américaines pour exécuter les sentences.) Ce premier viol reconnu et sanctionné fut suivi de bien d’autres dès les 20, 23 et 29 juin 1944…

Dès la libération de Cherbourg des milices d’autodéfense locales s’organisèrent.

Comme le dira plus tard un élu cherbourgeois :

« Avec les Allemands il fallait veiller sur les hommes (réfractaires, résistants, etc.) Avec les Américains il a fallu s’organiser pour protéger les femmes. »

Par CLAUDE TIMMERMAN

(1) Vous pouvez consulter ces vidéos en cliquant sur ce lien :

Et le 14 août 1944 Clarence Withfield fut pendu …

 

Cliquez également sur ce lien :

LES CRIMES DE L’EPURATION :

http://paras.forumsactifs.net/t23926-6-juin-1944-apres-le-debarquement-le-debut-de-la-fin-commence-par-les-crimes-de-lepuration#164032

GÉOPOLITIQUE : UNE DIPLOMACIE ALLEMANDE PRO- IRANIENNE .........

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  • Depuis maintenant plusieurs années, l'Allemagne marque son hostilité à Israël ... L'Allemagne continue de verser des millions d'euros chaque année à des organisations qui reprennent les campagnes anti-israéliennes du BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), qui mènent des actions de harcèlement judiciaire, affichent leur antisionisme et leur antisémitisme sans oublier la violence, indique NGO Monitor.

  • En 2008, la chancelière Angela Merkel a déclaré que la sécurité d'Israël était « non négociable ». En 2018, son ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, a expliqué qu'il était entré en politique « à cause d'Auschwitz ». Mais au quotidien, l'Allemagne mène une politique systématique de bonnes relations avec les ennemis d'Israël.

  • Instex, une initiative du ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, a pour objectif de contourner les sanctions américaines sur le commerce avec l'Iran. Cette procédure autorise les opérations de troc pour que l'Iran acquière des produits pharmaceutiques et des produits alimentaires. Mais Téhéran insiste fortement et régulièrement pour qu'Instex s'élargisse au négoce des produits pétroliers.

 

L'Allemagne a adopté des positions résolument hostiles à Israël ces dernières années. En mai 2016, lors de l'assemblée générale annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) – le bras sanitaire de l'ONU -, l'Allemagne a approuvé une résolution particulièrement honteuse qui désignait Israël comme le seul Etat qui portait atteinte à la « santé mentale, physique et environnementale ». Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s'est rapproché du régime iranien et d'autres pays ennemis d'Israël. Photo : le 3 février 2016, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a rencontré Steinmeier (à l'époque, ministre des Affaires étrangères,) à Téhéran.

(Source image : Tasnim / Wikimedia Commons)

 

Le diplomate allemand de haut rang qui devait diriger le système de troc conçu pour aider les entreprises européennes à contourner les sanctions américaines qui pénalisent l'Iran, a été contraint à la démission. Son départ a été annoncé peu après qu'il ait donné une interview dans laquelle il critiquait l'existence d'Israël et faisait l'éloge du programme de missiles balistiques de Téhéran.

Cet épisode - le dernier en date d'une série d'annonces et de prises de position très significatives du tournant anti-israélien de la diplomatie allemande -, représente un camouflet pour le gouvernement allemand et complique ses efforts pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien.

Bernd Erbel, 71 ans, ancien ambassadeur d'Allemagne en Irak et en Iran, a déclaré qu'il renonçait à la direction d'Instex, un système de paiement conçu pour faciliter les exportations des entreprises européennes avec l'Iran. Cette « démission » a eu lieu peu après que le journal Bild du 8 août, ait publié le contenu d'une longue interview accordée par Erbel à Ken Jebsen, animateur de radio germano-iranien, connu pour être un adepte de la « théorie du complot » et pour ses positions antisémites.

 

Au cours d'un entretien qui a duré près de deux heures et demie, Erbel a déclaré qu'Israël avait été fondé « au détriment d'un autre peuple » et que « les Palestiniens étaient les victimes de nos victimes ». Il a ajouté que « si l'Etat juif avait été fondé en Prusse, le problème palestinien n'aurait jamais existé ».

 

Erbel a considéré que l'État juif est « plus que jamais un corps étranger dans la région » et que, pour des raisons « psychologiques », Israël est incapable d'empathie.

 

Erbel a aussi affirmé qu'il fallait remonter au XVIIIème siècle pour « retrouver trace d'une opération militaire agressive de l'Iran ». A cette date, les troupes iraniennes avaient envahi l'Inde. Bild a commenté :

« Que les troupes iraniennes soient en guerre en Irak depuis 2003 et depuis 2011 en Syrie, qu'elles soutiennent les milices Houthi au Yémen et le Hamas, le Jihad islamique palestinien et Harakat al-Sabireen à Gaza, que les Gardiens de la révolution iraniens encadrent le Hezbollah dans le sud de la Syrie et que ce soient leurs roquettes qui visent Israël - toutes ces actions militaires offensives menées par les troupes iraniennes à l'étranger ont été soigneusement tues par Erbel. »

 

Erbel a salué les succès militaires du Hezbollah, milice chiite soutenue par l'Iran, lors de la guerre avec Israël en 2006 :

« Que pour la première fois, Israël ait été militairement défié a suscité un incroyable enthousiasme dans plusieurs pays arabes. C'était quelque chose de très, très inhabituel, mais sur le plan psychologique, il était immensément important que des forces s'opposent avec succès à Israël. En Egypte, même les milieux les plus bourgeois ont célébré l'évènement. C'était une nouveauté. »

 

Erbel a également défendu le programme de missiles balistiques de l'Iran :

« En 2015, une résolution du Conseil de sécurité a interdit à l'Iran de tester des missiles balistiques. Après l'accord sur le nucléaire, cette résolution a été modifiée et il a seulement été demandé à l'Iran d'éviter tout essai de missiles en capacité de porter des ogives nucléaires. Cette demande n'avait rien de contraignant, cela dépend du cadre général et, pour l'Iran, le cadre général s'est considérablement détérioré depuis la conclusion de l'accord nucléaire. »

 

 

Après l'article de Bild, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que, pour « raisons personnelles », Erbel n'assumerait plus la direction d'Instex. Le porte-parole a ajouté que le ministère des Affaires étrangères n'avait « pas eu connaissance » de l'entretien donné par Erbel et que ses vues personnelles ne représentaient en rien la position du gouvernement allemand.

Mais en réalité, depuis quelques années, la diplomatie allemande a pris un tournant résolument anti-israélien. En 2018, par exemple, sur 21 résolutions anti-israéliennes des Nations Unies, l'Allemagne en a approuvé 16 et s'est abstenue sur quatre autres.

En mai 2016, l'Allemagne a approuvé une résolution particulièrement scandaleuse portée aux voix de l'assemblée générale annuelle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) – le bras sanitaire de l'Organisation des nations unies –. Le texte présenté par le groupe des États arabes et la délégation palestinienne désignait Israël comme le seul Etat qui attentait « à la santé mentale, physique et environnementale. »

Aujourd'hui, une grande partie de l'establishment politique allemand campe sur des positions fondamentalement anti-israéliennes. En mars 2019, par exemple, le Bundestag allemand a rejeté, à une écrasante majorité, une résolution du Parti démocrate libre (FDP) qui invitait instamment le gouvernement d'Angela Merkel à rompre avec sa politique anti-israélienne aux Nations Unies.

Par 408 voix contre 155 et 65 abstentions, le Bundestag a rejeté la demande du FPD que le gouvernement « se démarque clairement d'initiatives unilatérales motivées sur le plan politique, rompe sa politique d'alliance avec les États anti-israéliens membres de l'ONU et protège les intérêts légitimes d'Israël en évitant toute condamnation unilatérale d'Israël ».

 

En juin 2019, le Bundestag a rejeté une résolution non contraignante qui proposait de mettre hors la loi le Hezbollah.

Le projet de loi, parrainé par le parti conservateur Alternative pour l'Allemagne (AfD), a été rejeté par tous les grands partis allemands. La députée Beatrix von Storch qui était à l'initiative de la résolution, a déclaré :

« Le Hezbollah est une organisation terroriste. Le gouvernement de Berlin affirme qu'il faut opérer une distinction entre l'aile politique du Hezbollah qui serait légitime et son aile terroriste. Cela n'a aucun sens pour nous, ni pour les électeurs,

« Le but du Hezbollah est la destruction d'Israël et des juifs. Nous ne devrions pas leur offrir l'asile, nous ne devons pas les autoriser à se cacher en Allemagne et à leur permettre de financer leur lutte armée au Liban contre Israël, depuis notre territoire. »

 

 

La branche « militaire » du Hezbollah a été classée organisation terroriste en 2013, mais sa branche « politique » est autorisée à collecter des fonds en Allemagne.

Des pays, comme Israël, la Grande-Bretagne, les États-Unis et plusieurs États arabes sunnites, n'opèrent aucune distinction entre les branches militaire et politique du Hezbollah et les mêmes, accusent le groupe de menées subversives dans tout le Moyen-Orient.

 

Le BfV, les services de renseignements, ont dénombré plus de mille agents du Hezbollah présents sur le territoire allemand. Mais l'Allemagne persiste dans son refus de considérer le Hezbollah comme une organisation terroriste. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Niels Annen, « nous nous concentrons sur le dialogue ».

 

En février 2019, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a félicité, personnellement et « au nom de mes compatriotes», le régime iranien qui cherche à détruire Israël, à l'occasion du 40e anniversaire de la révolution islamique. Cette déclaration, défendue par une grande partie de l'establishment allemand comme une « coutume diplomatique », a provoqué l'indignation d'une partie de l'opinion publique allemande.

 

Sous le hashtag « Pas en mon nom » : Ahmad Mansour, spécialiste de l'islamisme, a écrit

« N'est-ce pas le même Steinmeier qui a refusé de féliciter Trump ? Pourquoi ce deux poids-deux mesures avec l'Iran ? L'Iran est le champion mondial de l'exportation de l'antisémitisme, il participe activement au meurtre de juifs, à l'assassinat de milliers de personnes en Syrie et à la pendaison d'homosexuels dans son propre pays. »

 

Josef Schuster, président du Conseil central des juifs d'Allemagne, a déclaré :

« Concernant le télégramme de félicitations adressé par le président allemand à l'occasion de l'anniversaire de la révolution iranienne, la routine diplomatique semble avoir supplanté la pensée critique ... S'il a jamais été nécessaire de marquer cet anniversaire, le président aurait pu au moins y inclure quelques critiques claires de ce régime. »

 

Steinmeier s'était déjà signalé pour ses liens avec des ennemis d'Israël. En janvier 2006, - il était alors ministre des Affaires étrangères -, il a encouragé le Hamas au pouvoir à Gaza. En juillet 2008, il a présidé à Berlin un colloque appelant à la destruction d'Israël.

 

En décembre 2016, Steinmeier a approuvé une résolution des Nations unies appelant Israël à « cesser immédiatement et complètement » toutes ses activités de colonisation « dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est ». La résolution spécifiait que l'ONU n'accepterait « aucune modification » des lignes de cessez-le-feu du 4 juin 1967, « y compris à Jérusalem ».

 

En mai 2017, lors de sa première visite officielle en Israël en tant que président, M. Steinmeier a critiqué publiquement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, puis a été déposer une gerbe sur la tombe du grand ennemi d'Israël, le défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat.

 

En septembre 2018, il a fallu que l'ambassadeur des États-Unis en Allemagne, Richard Grenell, fasse pression pendant des mois pour obtenir que l'Allemagne bloque les 300 millions d'euros que l'Iran voulait retirer en espèces de ses comptes bancaires allemands pour atténuer l'effet des sanctions américaines. « L'Iran est en tête des pays qui soutiennent le terrorisme », a déclaré Grenell. « Nous devons être vigilants ».

 

Parallèlement, l'Allemagne verse des millions d'euros chaque année à des organisations qui reprennent les campagnes anti-israéliennes du BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), pratiquent le harcèlement judiciaire, prônent l'antisionisme, l'antisémitisme et la violence, selon NGO Monitor.

 

En 2008, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré que la sécurité d'Israël n'était « pas négociable » et, en 2018, le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas a affirmé qu'il était entré en politique « à cause d'Auschwitz ». Mais dans sa pratique politique, l'Allemagne donne systématiquement la priorité à ses relations avec les ennemis d'Israël.

 

Instex (instrument de soutien des échanges commerciaux) a été créé le 31 janvier 2019 par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni pour sauver le JCPOA (ou accord sur le nucléaire iranien) signé en 2015. Cette initiative a été mise en place pour contrecarrer le retrait des États-Unis de l'accord et parer aux sanctions imposées par Washington à Téhéran. Le président américain Donald J. Trump, en désaccord avec cet accord, a expliqué que dans « un très petit nombre d'années, ils (les Iraniens) seraient capables de fabriquer des armes nucléaires ».

 

Instex, créé à l'initiative du ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, permet aux entreprises européennes qui font du commerce avec l'Iran de contourner les sanctions américaines. Instex favorise les opérations de troc et permet à l'Iran d'importer des produits pharmaceutiques et alimentaires. Mais Téhéran se montre de plus en plus insistant pour que le mécanisme s'ouvre au négoce du pétrole et s'inscrive dans un espace économique plus large.

Sept mois après sa création, Instex est aujourd'hui au point mort, notamment parce que l'Iran ne respecte toujours pas les normes juridiques internationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

 

Source:         Soeren Kern est Senior Fellow du Gatestone Institute de New York.

21/08/2019

LES AFRICAINS DOIVENT COMPTÉS QUE SUR EUX-MÊMES !

Et si les Africains avançaient, malgré leurs dirigeants ?

Petite marchande en Côte d'Ivoire (Afrique) (Crédits : Kate Fisher/BBC World Service, licence BY-NC 2.0), via Flickr.

Pour croître et se développer, les Africains ne doivent pas compter sur leurs gouvernements. Mais sur eux-mêmes.

Par Marie Davoine1.

Un article de Libre Afrique

 

 

C’est sur le continent africain que l’on dénombre le plus grand nombre d’États défaillants en 2019, selon le rapport de « Fund for Peace ».

En effet, à partir de plusieurs critères qui comprennent notamment les inégalités économiques, les services publics, la pression démographique et migratoire, on observe que 31 États en Afrique sont considérés comme fragiles et 23 comme défaillants.

 

Dans un tel contexte, comment appréhender les politiques de développement ?

 

Et si l’État ne fait pas sa part ?

Bien qu’ayant tous leurs spécificités, les pays africains partagent des similitudes.

Si certains États, comme la Somalie ou le Soudan, sont confrontés à des conflits armés chaque jour plus meurtriers, d’autres font face à des défis « moins meurtriers » certes, mais non moins graves.

Le constat reste le même : chaque État a de grandes difficultés à subvenir aux besoins basiques de sa population et à assurer son développement durable et résilient.

Les populations sont-elles condamnées à attendre l’arrivée de dirigeants providentiels ?

Aujourd’hui, la population en Afrique continue de croître à vitesse grand V et constituera le quart de l’humanité en 2050.

Les projections de la Banque mondiale indiquent que le continent africain concentrera en 2050 près de 90 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

D’évidence, dans un tel contexte, la responsabilité du développement de l’Afrique doit passer par la population qui devient la responsable « par défaut ».

Ce n’est pas une tâche facile dans un environnement où toutes les croyances convergent vers la toute-puissance de l’État. Mais que faire si cet État est fragile ou défaillant ? Tous les espoirs risquent de s’effondrer et l’attentisme devient un crime.

Ce n’est certes pas politiquement correct de le dire, mais la mauvaise gouvernance est plus mortelle que les guerres. Elle est le pire ennemi du développement.

Ainsi, l’avenir du continent se doit de reposer essentiellement sur sa population.

C’est une question de survie et de dignité. La voie à suivre repose sur un modèle de développement dit « bottom-up » c’est-à-dire du bas vers le haut, venant de la population, et non de haut en bas via l’État.

Comment ? Il peut s’agir de projets innovants menés par des populations avides de changement, d’autant que la faculté d’innovation est un trait que l’on retrouve chez beaucoup de jeunes entrepreneurs en Afrique.

Certaines personnes n’ont pas attendu l’arrivée de cet homme ou de cette femme providentiel(lle) à la tête de leur pays et ont créé par elles-mêmes des initiatives qui ont fourni de la richesse pour leur pays tout en agissant positivement sur l’environnement.

 

Le développement « made » par les populations

Auparavant, Manners Mukuwiri, ce Zimbabwéen handicapé, luttait au quotidien pour gagner sa vie et même survivre, jusqu’à ce qu’il décide de transformer des déchets qu’il ramassait en art.

Aujourd’hui, il en a fait son métier car, à partir de cannettes et capsules usagées, il crée des œuvres d’art uniques reconnues et les vend à prix fort à des acheteurs internationaux.

Au Ghana, une initiative locale et inspirante, Ghana Bambou Bikes, menée par une jeune Ghanéenne, Bernice Dapaah, permet à la population d’acheter localement des vélos en bambou.

S’inscrivant dans une logique de développement durable, ces vélos robustes, écologiques et à prix abordables, réduisent l’impact environnemental et favorisent la création d’emplois pour les populations rurales, notamment les femmes, particulièrement touchées par la pauvreté.

Cette idée innovante a déjà séduit de nombreux jeunes entrepreneurs à travers le continent et laisse percevoir un avenir meilleur.

Dans la capitale nigérienne, l’accès à l’éducation et son coût sont des problèmes récurrents qui impactent de nombreuses familles.

Afin d’apporter une solution, Alexander Akhigbe a développé un projet à la fois environnemental et sociétal : le Recycle Pay Project.

C’est la première fois en Afrique que des parents ont désormais la possibilité de payer les frais de scolarité de leurs enfants avec des déchets en plastique. Plus il y en a, moins ils payent.

Comme le précise l’initiateur de ce projet, « Les bouteilles en plastique ne sont plus vues comme un simple déchet mais comme une solution ».

Ainsi, cette initiative répond à une logique éducative pertinente sur les plans sociaux et environnementaux.

Enfin, dans un quartier de Dar es salaam en Tanzanie, Christian Hafidh Mwijage, entrepreneur de 32 ans, s’est lancé un défi ambitieux et inspirant : recycler toutes sortes de déchets plastiques pour les convertir en bois d’œuvre synthétique afin de protéger l’écosystème en réduisant la déforestation tout en faisant vivre des communautés de villageois.

C’est un pari réussi car aujourd’hui Christian est directeur de la start-up Eco Act Tanzania.

Des collectes sont régulièrement organisées à travers la capitale, et en fonction du poids, les habitants reçoivent en échange soit une somme d’argent, soit la possibilité d’obtenir une couverture santé dont peu de familles pauvres disposent.

Christian Hafidh Mwijage ne veut pas s’arrêter là et aspire à débarrasser l’environnement de plus de 100 000 tonnes de déchets plastiques destinés à remplacer le bois et le métal.

 

Cet objectif permettra de protéger 250 hectares de forêt et de prévenir l’émission de 2500 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Tout en étant en harmonie avec l’environnement, ces quatre projets illustrent parfaitement ce modèle de développement dit « bottom-up » qui démontre l’importance d’innover sans forcément attendre l’intervention de l’État.

La bonne nouvelle est que, selon la Banque mondiale, le continent africain est celui où les femmes ont le plus l’esprit de l’entreprenariat.

C’est donc un terreau favorable.

 

Un exemple à suivre : la légende du colibri

La promotion d’initiatives locales et originales est l’un des seuls moyens d’assurer le développement du continent. Prenons comme exemple la légende amérindienne du colibri, ce petit oiseau qui allait chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour les jeter sur l’immense feu qui ravageait la forêt.

Son action provoqua un agacement de la part des autres animaux qui, terrifiés, observaient impuissants le désastre.

Un tatou demanda alors au colibri : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces goutes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ».

Le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Cette légende s’avère être source d’inspiration pour toute la population en Afrique, moteur réel du développement.

Chacun a le potentiel de faire sa part pour fuir la pauvreté. Chaque action a son importance. Cette part peut paraître insignifiante mais il n’en est rien puisque c’est l’engagement général et la somme de toutes les actions qui importent.

Christian Hafidh Mwijage, fondateur et directeur de Eco Act Tanzania, l’a bien compris et précise : « Je vois le monde pleurer face au changement climatique mais tout le monde devrait jouer un rôle dans les réponses à y apporter ; peu importe l’importance de son impact.

On ne devrait pas pleurer. Face au changement climatique on devrait agir. »

 

Ces propos sont encore plus vrais lorsque l’État ne joue pas son rôle.

__

Sur le web

Article publié en collaboration avec Audace Institut Afrique.

 
  1. Étudiante à King’s College London, MA in International Conflict Studies. ↩

SYRIE/IDLIB : BOMBARDEMENT SUR LES RENFORTS TURCS ENVOYÉS AUX DJIHADISTES !

Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

… la Russie bombarde les renforts turcs envoyés aux djihadistes


Par Moon of Alabama − Le 19 août 2019

Ceci est une mise à jour de l’article de la semaine dernière sur la Syrie : 

Syrie. La fracture de la ligne de front marque le début de la bataille décisive pour Idlib.

 

Aujourd’hui, l’armée syrienne a pris le contrôle de l’autoroute M5 au nord de Khan Shaykhun.

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Carte de Peto Lucem   Agrandir

 

Les djihadistes, dans le chaudron bientôt fermé au sud de Khan Shaykhun, sont maintenant coupés des réapprovisionnements routiers.

Au cours des dernières nuits, des renforts du nord d’Idleb ont tenté d’atteindre Khan Shaykhun.

Les forces aériennes syriennes et russes les ont empêchés (vidéo) de s’y rendre.

 

Cette carte montre la situation il y a cinq jours avec la position du point d’observation turc dans la zone.

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via ISWnews Agrandir

Ce matin, la Turquie a envoyé (vidéo) un convoi de 29 camions avec cinq chars, deux véhicules de combat d’infanterie, des munitions et du personnel supplémentaire en direction du poste d’observation de Morek, au sud de Khan Shaykhun.

Avant que le convoi ne traverse Maarat al-Numan, à 20 kilomètres au nord de Khan Shaykhun, l’armée de l’air russe a bombardé la route (vidéo). Le chef de Faylq al-Sham, un groupe de « rebelles syriens » contrôlé par les services de renseignement turcs, escortait le convoi de l’armée turque pour des raisons techniques.

Il a été tué. Aucun soldat turc n’a été blessé.

Le convoi s’est arrêté et devra retourner en Turquie.

Les chars et les munitions ne parviendront pas aux djihadistes de Khan Shaykhun.

Le ministère turc de la Défense a faussement affirmé que trois civils avaient été tués dans le bombardement.

Le gouvernement syrien a condamné l’invasion turque.

Le moment est venu pour l’armée syrienne d’utiliser ses réserves et d’engager la bataille acharnée pour Idleb en remontant rapidement vers le nord le long de l’autoroute M5.

 

ParMoon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

 

 

ET AUSSI

 

 

Immigration. La Turquie aussi est totalement débordée

 
 

Située non loin de la guerre civile syrienne et du conflit persistant avec l’Etat Islamique en Irak, mais aussi sur la route de l’Europe, la Turquie a accueilli ces dernières années des centaines de milliers de réfugiés de toute la région. L’afflux ne s’interrompt pas en 2018, bien que l’intensité des combats ait nettement diminué en Irak et en Syrie, malgré l’ingérence turque au nord de la Syrie contre les kurdes.

La Turquie a en effet accueilli en 2018 577.457 personnes sur son territoire – soit un peu moins d’un pourcent de sa population totale (79 millions), en évolution de 23% sur un an. Un tiers de ces migrants ont moins de 35 ans – il s’agit notamment de personnes en âge d’être mobilisées en Irak et Syrie, ou de familles avec enfants. Ces migrants viennent principalement d’Irak (23.6%), d’Afghanistan (9.6%) et de Syrie (8 .4%).

Par ailleurs 430.000 migrants illégaux ont été interpellés à la frontière. De facto, la frontière entre la Turquie et la zone occupée par ses troupes au nord de la province d’Alep (Al-Bab et ancien canton kurde d’Afrin) est une passoire, avec de fréquents mouvements de rebelles – utilisés par les turcs comme des supplétifs – dans les deux sens. Le gouvernement syrien affirme de son côté que les rebelles qui lui résistent encore dans la province d’Idlib ont installé de l’autre côté de la frontière, en Turquie, des camps d’entraînement et des dépôts d’armes à l’abri des bombardements syriens et russes.

La répartition des migrants – légaux ou non – en Turquie pose problème. Près de 200.000 sont arrivés à Istanbul en 2018, ce qui a poussé les autorités à obliger ceux qui ont été enregistrés à leur entrée dans d’autres provinces à y retourner.

Istanbul accueille aussi la plus importante communauté de Syriens de Turquie, avec 570.000 personnes, 15% des Syriens se trouvant en Turquie. Ils se concentrent aussi dans d’autres villes plus proches de la Syrie, notamment Hatay (Antioche), Şanlıurfa (Edesse), ou encore Gaziantep. La province de Kilis à la frontière syrienne est composée de 81% de Syriens.

 

Et si 340.000 sont revenus chez eux – notamment dans les zones libérées par le régime, plus de 400.000 sont nés sur le sol turc. Par ailleurs, selon les ONG, plus de 400.000 syriens en âge d’être scolarisés (38.65% d’entre eux) ne le sont pas, surtout les filles. Barrières culturelles et linguistiques restent fortes, même en exil.

LBG


[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

20/08/2019

ACTUALITÉ: LA SITUATION EXPLOSIVE DU KOSOVO !

19/08/2019 –

EUROPE (NOVOpress)

 


20 ans après la fin des combats, les relations sont exécrables entre Belgrade et Pristina ainsi qu’entre Serbes et Albanais.

 

Xavier Moreau, fondateur du think tank Stratpol, spécialiste des relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide, revient sur la situation explosive du Kosovo.

 

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Et Angela Merkel continue de défendre sa politique migratoire…
Posted: 19 Aug 2019 04:05 AM PDT

Lors d’une discussion avec des citoyens, Angela Merkel a une nouvelle fois défendu sa politique migratoire, alors que des crimes en tous genres commis par des migrants ont lieu un peu partout en Allemagne.

De retour de vacances d’été, la chancelière démocrate-chrétienne Angela Merkel s’est rendue, ce mardi 13 août 2019, au sein de sa circonscription électorale, située dans le nord-est de l’Allemagne, sur la mer Baltique, et y a visité une école à Greifswald, puis a pris part à une rencontre à Stralsund avec 200 lecteurs du quotidien Ostsee Zeitung.

Elle a, à cette occasion, défendu sa politique migratoire, tout en déclarant devoir vivre avec la controverse qui porte sur celle-ci, avant d’ajouter que ce choix, en 2015, d’ouvrir les frontières a aidé lors d’une crise humanitaire exceptionnelle et urgente.

Selon Angela Merkel, l’Allemagne ne peut pas seulement prendre soin de sa propre prospérité, mais doit assumer sa part du monde : « Nous ne pouvons pas penser seulement à nous. »

Elle a qualifié les « sauvetages » en mer Méditerranée de « devoir humanitaire », tout en critiquant les contrebandiers et passeurs.

Accusée par un élu local patriote, présent parmi les intervenants, de diviser, par sa politique migratoire, la société allemande, la chancelière a nié ce fait. Pourtant, il est évident qu’une partie du peuple vit très mal l’arrivée massive de gens venus d’autres continents et la criminalité engendrée par ceux-ci.

Les sondages en vue des élections pour les Parlements de trois États allemands de l’Est prévues le 1er septembre – Saxe et Brandebourg – et le 27 octobre – Thuringe – donnent de très bons scores au parti patriotique Alternative pour l’Allemagne (AfD).

 

Alors qu’Angela Merkel chante les louanges de sa propre politique d’accueil de migrants, quotidiennement, divers faits sordides se déroulent à travers le pays.

Ainsi, le dimanche 11 août, à 5 heures du matin, à Neuötting, en Bavière, une dame de 52 ans a été suivie, agressée en rue, tirée dans un pré et violée par deux hommes au teint sombre.

La même nuit, à 0 h 45, à Hanovre, en Basse-Saxe, une dame de 38 ans a été harcelée sexuellement en rue par deux hommes ayant un « physique du Sud », puis poussée contre un grillage et violée par un des deux individus.

Toujours le 11, cette fois vers 22 h 50, à Leipzig, en Saxe, une jeune femme de 21 ans a été victime en rue de propos sexistes d’un « homme du Sud », puis frappée par celui-ci avant de tomber au sol.

 

Les plus jeunes représentantes de la gent féminine ne sont pas épargnées. Le vendredi 9 au soir, à Straubing, en Bavière, deux adolescentes de 15 et 16 ans ont été harcelées et poursuivies par un homme « du Sud » parlant un allemand saccadé, alors que le jeudi 8 août, à Altenbeken, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, un homme à la peau foncée a abordé, sur une plaine de jeux, deux filles de 11 ans, en a embrassé une et a touché l’autre aux parties intimes.

 

 

Par Lionel Baland

Tribune reprise de Boulevard Voltaire

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18/08/2019

TRUMP, USA, ARABIE SAOUDITE ET " MUSLIN BAN " ! TRIBUNE LIBRE !

 

 
 
18.août.2019 // Les Crises
 

L’idylle insolite de Donald Trump, artisan du «Muslim Ban» avec la dynastie wahhabite.

 

Par René Naba

 

 

 
 

Source : René Naba, 02-08-2019

Récit d’une singulière lune de miel à l’origine de la «transaction du siècle».

Pur hasard ou fâcheuse coïncidence qui masque une intention provocatrice ?

Traditionnelle ritournelle de la diplomatie américaine à l’égard des Arabes (1), la transaction du siècle, le règlement au rabais de la question palestinienne, devrait être révélée après la fin du mois de Ramadan 2019, soit vers le 5 juin, une date coïncidant avec la date de la défaite arabe lors de la 3ème guerre israélo-arabe de juin 1967.

 

Si cette date était confirmée, elle constituerait une nouvelle illustration de l’instrumentalisation du calendrier comme fonction traumatique à l’ égard des Arabes, comme en témoigne la décision de Donald Trump d’ordonner le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 15 Mai 2018, à la date anniversaire de la proclamation de l’indépendance de l’Etat hébreu.

 

Nullement une vue de l’esprit ou une interprétation relevant d’une psychose complotiste, l’intention provocatrice n’est pas à exclure compte tenu de l’usage constant du calendrier comme fonction traumatique fait par les Israéliens en vue de contraindre les Arabes à intégrer leur infériorité, à la manière des zoos zoologiques de l’époque coloniale.

Pour aller plus loin sur cet aspect de la guerre psychologique menée par Israël contre les Arabes, ce lien: https://www.renenaba.com/du-calendrier-comme-fonction-traumatique/

 

52 ans après la défaite de juin, 35 ans après l’invasion israélienne du Liban, –deux événements intervenus un 5 juin–, la transaction du siècle, par la négation des droits nationaux du peuple palestinien qu’elle implique, s’apparente à l‘ «arnaque du siècle» (2), à en juger par ses principales dispositions révélées par la presse arabe et internationale.

 

Toutefois, cet échafaudage patiemment construit pour la pérennisation au pouvoir de l’ultra-droitier Benyamin Netanyahu et la réélection de Donald Trump pourrait s’effondrer, tel un château de cartes, du fait de la psychorigidité israélienne et de l’impasse gouvernementale y afférente, illustration pathologique des dérives de la puissance américaine et du délire de ses servants aussi bien Arabes qu’Américains qu’Européens.

 

L’objectif sous-jacent: La Palestine contre la Syrie

A l’arrière-plan de l’accentuation des sanctions économiques contre l’Iran, le chef de file de la contestation anti occidentale dans la zone, l’objectif sous-jacent de la transaction du siècle est la promotion d’un nouvel ordre régional qui se substituerait à l’ordre ancien établi par les anciennes puissances coloniales européennes, dans la perspective d’un monde post occidental et la montée en puissance de l‘Eurasie.

En somme un accord Trump-Poutine qui se substituerait aux accords Sykes-Picot.

Cent après les accords Sykes-Picot (1916), les Etats Unis, en phase de reflux au Moyen orient, viseraient à remodeler la zone en fonction des nouveaux rapports de force dégagés par la séquence dite du «printemps arabe»: Une désarticulation du Monde arabe par l’aménagement d’un glacis stratégique de l’Otan cimenté par une alliance judéo-sunnite (Israël et les pétromonarchies sunnites), en contrepartie de la reconnaissance du primat de la Russie sur le front nord anti-israélien: Iran, Syrie, Irak, Liban, adossés à la Russie et la Chine.

 

Schématiquement: Troquer la phagocytose de la Palestine par Israël en contrepartie de la reconnaissance de la prééminence russo-chinoise sur la verticale Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth et son prolongement, le Sud Liban et Gaza.

L’aménagement d’une base aérienne russe en Syrie, doublée d’une plateforme militaire navale russo chinoise à Tartous et d’un grand port commercial russe dans cette ville syrienne de la côte méditerranéenne, ainsi que la visite officielle en 2019 à Moscou du président libanais Michel Aoun, la première depuis l’indépendance du Liban en 1943, constituent les prémisses de ce bouleversement stratégique.

L’Egypte, ancien chef de file du combat nationaliste arabe, se cantonnera à son rôle de passeur de plat de la stratégie américaine pour la satisfaction des rêves pharaoniques de son président, le Maréchal Abdel Fattah Al Sissi;

La Turquie, puissance régionale incontournable aux capacités limitées, dans son rôle de nuisance confrérique réformatrice en direction de la dynastie wahhabite et son jeu de bascule entre Russie et Amérique.

Retour sur cette forfaiture menée conjointement par les Etats Unis et l’Arabie saoudite, deux états voyous par excellence de la scène internationale, représentés dans le cas d’espèce par Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, artisan du Muslim Ban et, le prince héritier saoudien Mohamad Ben Salmane, un équarisseur émérite de ses opposants.

 

Les prémisses d’une idylle insolite.

Contrairement à tous les usages, Donald Trump a réservé à l’Arabie saoudite, son premier déplacement officiel à l’étranger, en 2017, en sa qualité de président des Etats Unis. Et dès son atterrissage à Riyad, il avait d‘ores et déjà mis la main sur le trésor saoudien.

Mais sa mainmise sur le pactole saoudien ne résultait toutefois pas du hasard, ni non plus de l‘exploit individuel du président américain.

 

Le New York Times en association avec le quotidien libanais «Al Akhbar» dans un dossier intitulé «Saudi-Leaks», en date du 6 décembre 2018, révèlent les dessous de cette idylle insolite entre l’artisan du «Muslim Ban» et un pays supposé être le chef de file spirituel du monde musulman.

 

Pour aller plus loin sur le voyage de Donald Trump en Arabie saoudite, ce lien: https://www.madaniya.info/2017/05/17/donald-trump-en-arab...

 

L’homme a ainsi réussi à soustraire des milliards de dollars au trésor saoudien pour assurer le plein emploi au bénéfice de l’économie américaine.

Cet homme-là que la volonté du peuple américain a propulsé à la tête des Etats Unis a été redevable de sa bonne fortune politique à une dynastie, pour être précis à un seul homme au sein de cette dynastie: Mohamad Ben Salmane.

Le fils du Roi Salmane n’a pas hésité un seul instant à mettre toutes ses cartes sur la table devant l’équipe de campagne du nouveau président élu, l’ancien candidat du Parti Républicain à la présidence des Etats Unis.

MBS n’a pas été avare de promesses d’investissements, de dons en moyens financiers et humains au point de faire du Royaume saoudien un instrument affecté au service de la satisfaction des intérêts et des ambitions américaines.

Saudi Leaks constituent un ensemble de documents secrets saoudiens datant de 2016, l’année où les regards du monde entier s’étaient fixés sur cet homme plein de morgue qui allait gouverner les Etats-Unis.

«Nul personne au monde ne peut se dispenser de se poser la question de savoir ce que pensent les Etats-Unis», avait prétendu un jour Zbigniew Brezenski, l’ancien président du Conseil National de Sécurité du président démocrate Jimmy Carter (1976-1980).

Certes, des pays cherchent à prévoir ou à anticiper les intentions américaines dans le cadre de leur compétition internationale ou de la guerre qu’ils mènent contre la puissance américaine.

Dès sa phase d’approche avec l’administration Donald Trump, MBS a paru aller au-devant des désirs américains, comme s’il voulait anticiper son asservissement aux Etats Unis, à une période de l’humanité où la majorité des peuples de la terre avait réussi à se débarrasser autant se peut que faire des chaînes qui les enchainaient.

Par son comportement, MBS a ainsi privé «son peuple, ses frères arabes et les Musulmans» de richesses considérables.

«Chèque en blanc»

Un «chèque en blanc»: C’est ainsi que le prince saoudien s’est présenté en substance à ses interlocuteurs américains.

Mon argent, mon peuple, ma religion à votre service, gout sera votre propriété pour peu que vous y consentiez. Prenez tout cela pour peu que consentiez à nous aménager un strapontin dans votre entourage.

La visite de Donald Trump en Arabie saoudite avait donc été minutieusement planifiée. Au prix d’une entourloupe en ce que la législation américaine proscrit formellement toute démarche diplomatique, sans mandat express du pouvoir exécutif.

Mais le prince héritier était pressé, allant au-devant des désirs du président élu, affectant de gros moyens financiers pour gagner sa sympathie.

Il a ainsi enrôlé Kenneth Dobristyne, ancien Haut fonctionnaire à la Maison Blanche sous l’ère Ronald Reagan (1980-1988) et s’est arrangé pour nouer des contacts avec Jared Kushner, multipliant les messages via SMS avec le gendre présidentiel devenu son compagnon de chasse en vue de fixer la ligne diplomatique du président élu, au mépris des règles en vigueur au sein de l’exécutif américain.

 

L‘offre globale.

En Mars 2016, Mohamad Ben Salmane avançait une offre globale politique, économique, sécuritaire et culturelle. Une offre qui ne souffrait pas une seconde d’hésitation et se résumait à la question suivante: QUE FAUT IL POUR QUE LE ROYAUME SOIT UN ALLIE DES ETATS UNIS AU MËME NIVEAUI QU ISRAEL?

Les réformes étaient déjà incluses dans l’offre. Mais selon la correspondance officieuse saoudo américaine, les réformes, –notamment l’autorisation aux femmes de conduire leur voiture, la lutte contre le terrorisme- étaient destinées à l’opinion américaine et non en faveur des ressortissants saoudiens.

 

L‘Islam

L’Arabie saoudite dispose de deux mille (2.000) penseurs musulmans en mesure de faire prospérer les enseignements de la religion musulmane selon la conception wahhabite sur l‘ensemble du Monde musulman. Même notre religion sera au service de vos projets.

ENSEMBLE NOUS REGLERONS LE PROBLEME PALESTINIEN et nous investirons des milliards de dollars aux Etats Unis.

Zone franche sur la Mer rouge

Que pensez-vous d’une zone franche américaine sur la Mer Rouge (Le projet NEOM 2030), qui fera office de porte d’entrée des Etats Unis vers l’Afrique et Moyen orient.

Avec en prime, un potentiel humain arabe combattant (les groupements terroristes islamiques) à la disposition du président américain. Choisissez ce que bon vous semble. Nous sommes prêts à satisfaire la moindre de vos requêtes.

Telle était la substance du message saoudien.

Ainsi donc bien avant l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, MBS s’était placé à la disposition du président américain, donnant le coup d’envoi à ce voyage d’allégeance absolue au Président le plus xénophobe de l’histoire américaine.

Du rôle des centres de recherches et des firmes de conseils et communications et des relations publiques.

  • Le rôle du Fonds Général des Investissements Saoudien et de Yasser Ar Ramyane.

Peu de mois avant la fin du mandat de Barack Obama (2008-2016), Mohamad Ben Salmane a entrepris de conquérir les Etats-Unis.

Le président démocrate, premier président afro américain de l’histoire des Etats Unis était réservé à l’égard de certains aspects de la politique saoudienne et réticent à établir un partenariat avec le Royaume dans la guerre contre Daech (l’Etat Islamique), en juin 2016, en Syrie et en Irak.

MBS a entrepris son voyage aux Etats Unis alors que les relations saoudo américaines étaient caractérisées par une certaine tiédeur dans la foulée de la conclusion d’un accord international sur le nucléaire iranien.

A l’époque l’image du jeune prince n’était pas souillée de sang auprès de l’opinion américaine ni des médias du pays. La guerre du Yémen ne faisait pas l’objet de critiques, quand bien même elle constituait un cas typique de guerre d’agression. La quasi-totalité des journalistes réputés couvraient de louanges les reformes du prince et son audacieuse vision d’avenir –Le projet NEOM 2030.

Ce concert de louanges ne résultait pas du fruit du hasard.

Riyad avait engagé une vaste offensive de charme auprès des centres de Recherches, des firmes de conseils, de communications et de relations publiques, y allouant des millions de dollars en vue de façonner une image positive du Royaume et de son jeune prince et de faciliter ainsi son admission au sein des cercles décisionnaires du pouvoir aux Etats Unis.

En dépit de la tonalité positive de la grande presse américaine, des critiques subsistaient. Ainsi la revue économique Forbes a mis en doute la réalité de la Révolution en cours en Arabie saoudite, soulignant que la visite de Mohamad Ben Salmane et son contrat de partenariat avec la firme UBER ne lui seront pas d‘une grande utilité pour parvenir à ses fins.

Deux ans après son voyage américain, force est d’admettre que MBS est loin d’avoir atteint son but.

La question qui se pose est de savoir à quel titre le Fonds Général des Investissements saoudien s’immisce dans les affaires politiques, sauf à servir les desseins politiques de MBS, à l’aider à creuser son sillon aux Etats-Unis.

Le câble de Yasser Ben Ousmane Ar Ramyane, en date du 18 juin 2016, au chef du cabinet royal saoudien.

Au printemps 2016, soit quatre mois avant l’élection présidentielle qui mettait en compétition Donald Trump (Républicain) et Hillary Clinton (Démocrate), un câble du conseiller du secrétariat général du gouvernement saoudien Yasser Ben Ousmane Ar Ramyane, en date du 12/9 1437 de l‘hégire (18 juin 2918), adressé au chef du cabinet royal sous la mention «secret et très urgent» recensait les rencontres du prince saoudien durant la période du 8 au 18 juin 2016

-Sur la côte Ouest, visite à la Silicon Valley, le centre mondial de la technologie de pointe. Rencontre avec les présidents exécutifs de Microsoft, d’Apple et de Twitter, de même que de la firme Uber et Makana Capital management.

Sur le rôle de twitter dans la traque des opposants saoudiens

https://www.les-crises.fr/twitter-a-donne-a-larabie-saoud...

Martin Indyk

-Sur la côte Est, rencontre avec le chef de la CIA, le ministre du commerce, le président de la chambre de commerce américaine ainsi que de des dirigeants de la banque Morgan Stanley et du Brookings Institution en présence du directeur de cette institution, Martin Indyk, un membre éminent du lobby juif américain.

Promoteur de la théorie du double endiguement de l’Irak et de l’Iran, Martin Indyk, ancien assistant du secrétaire d’état sous la mandature de Bill Clinton, a été chargé de relancer les négociations israélo-palestiniennes en 2013-2014, sous la mandature de Barack Obama. Membre de l’AIPAC, la principale formation du lobby juif américain, Martin Indyk est aussi membre du centre de recherches «Washington Institute For Near East Policy».

Le document de 15 pages mentionne des contacts avec des centres de recherches, des firmes spécialisées dans le domaine du conseil, des communications et des relations publiques, tant à Washington, qu’à New York qu’à San Francisco.

Ces rencontres préliminaires déblayaient en fait le terrain à la «Révolution de Palais» que le prince héritier préparait avec la constitution d’une équipe spéciale sur les questions ayant trait aux relations internationale.

MBS avait très tôt entrepris d’éliminer ses rivaux afin de dégager la voie à sa monopolisation des relations bilatérales saoudo-américaines à son profit exclusif.

A l’aide d’une équipe dévouée à sa personne, inconnue des initiés, il a entrepris de neutraliser les traditionnels centres du pouvoir saoudien.

Dès l’accession de son père au trône, en Janvier 2015, MBS s’est emparé du sceau royal, théoriquement détenu par son père, cumulant les fonctions de chef du cabinet royal, de ministre de la défense et de président du conseil des affaires politiques et sécuritaires.

Monopolisant les postes sensibles, il commença son travail de sape en vue d’abolir méthodiquement les obstacles visant à entraver son intronisation progressive, comme futur Roi, successeur de son propre père.

En Avril 2015, trois mois après l‘accession de son père au pouvoir, MBS destituait le prince héritier en titre, Mouqren Ben Abdel Aziz pour le remplacer par le prince Mohamad Ben Nayef, un petit fils du fondateur du royaume, effectuant dans l‘ordre subliminal un saut générationnel dans les règles de succession du pouvoir, régies jusque-là par la loi de primogéniture, qui consiste à confier le pouvoir à l’aîné de la génération la plus ancienne.

La 2eme phase de la purge a concerné les autres composantes de la dynastie, aussi bien les fils du Roi Fondateur que ses petits-fils., avec une attention particulière pour les héritiers du Roi Abdallah, le prédécesseur direct de son père le Roi Salmane.

MBS évince ainsi coup sur coup, Saoud Al Fayal, l’inamovible ministre des Affaires étrangères pendant 40 ans et fils du Roi Faysal, et le Prince Mouteb, fils du Roi Abdallah et chef de la garde nationale, la garde prétorienne de la dynastie, constituée exclusivement de tribus loyales au trône. Dans la foulée, il supprime douze offices gouvernementaux.

En Mars 2015, MBS déclenche la guerre du Yémen, verrouillant le domaine militaire et sécuritaire.

Un an plus tard, en Août 2016, à son retour de son voyage des Etats Unis et à 3 mois des élections américaines, MBS se proclamait chef effectif du pays avec son plan de planification des prospectives de développement économique du pays pour sa transition à l’ère post-pétrole;

 

Ce plan est connu sous le vocable de «Vision 2030».

 

Sorte de «Silicon Valley» du désert, Le projet NEOM 2030 devait drainer des capitaux juifs américains en joint-venture avec les Saoudiens et Israéliens et constituer en même temps un nouveau paradis fiscal au Sinaï et en mer Rouge.

Le NEOM 2030 devrait remplacer Beyrouth et Dubaï, mais pas Tel-Aviv.

Le projet prévoit sa jonction avec la place financière de Londres qui devrait le connecter avec les différents paradis fiscaux de la Couronne dont la City de Londres -qui n’est pas anglaise, mais dépend directement de la Reine Elisabeth- pour garantir l’opacité du commerce international.

 

 

1 –La Transaction du siècle, une ritournelle de la diplomatie américaine à l’égard des Arabes

https://www.madaniya.info/2018/12/14/etats-unis-monde-ara...

 

2 – A propos de l’arnaque du siècle, cf à ce propos l’article de René Backman publié sur le site Mediapart le 9 avril 2019

http://www.ujfp.org/spip.php?article7119

 

 

Source : René Naba, 02-08-2019

SYRIE / IDLIB : LA BATAILLE DÉCISIVE ? LES DJIHADISTE RECULENT ........

Syrie. La fracture de la ligne de front marque le début de la bataille décisive pour Idlib.


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 15 aout 2019

 

Au cours des derniers mois, le gouvernement syrien a un peu progressé dans la partie nord du gouvernorat d’Hama, à la frontière du gouvernorat djihadiste d’Idlib.

 

La brèche ainsi créée dans les lignes de défense djihadistes doit maintenant être utilisée pour lancer une vaste campagne.

Les cartes montrent les progrès réalisés entre le 15 mai 2019 et aujourd’hui (rouge – contrôle gouvernemental ; vert – contrôle djihadiste).

 

Front au nord de Hama – 15 mai 2019

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Front au nord de Hama – 15 août 2019


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L’opération actuelle est un mouvement de pinces sur les côtés ouest et est de Khan Shaykhun.

Elle est faite pour encercler les villes djihadistes d’Al Lataminah, Kafr Zayta, Khan Shaykhun et Morek.

Le nord des gouvernorats de Hama et d’Idlib est occupé par Hayat Tahrir al Sham (HTS), un groupe aligné sur Al-Qaida. Le HTS a vaincu plusieurs groupes « rebelles » soutenus par les Turcs et les a chassés de la zone qu’il dirige.

Du côté syrien, la Force du Tigre et la 4ème division sont les unités principales impliquées dans le combat actuel.

La première phase de l’opération, qui a débuté il y a trois mois et a été interrompue par plusieurs cessez-le-feu, s’est avérée difficile.

Les djihadistes disposent d’un bon équipement incluant un grand nombre de missiles antichars TOW, fournis par les États-Unis, d’une portée de 5 000 mètres.

Ils disposent également d’un nombre important de lance-missiles d’artillerie.

Leurs attaques étaient bien préparées et ils ont défendu chaque maison avec acharnement. Ils ont aussi contre-attaqué avec un certain succès en utilisant des véhicules conduits par des kamikazes.

Les pertes de l’armée syrienne au cours de la première phase ont été inacceptables.

Cela a conduit à un changement de tactique. Les forces aériennes syriennes et russes ont lancé une vaste campagne de bombardement avec des centaines de frappes aériennes et d’artillerie par jour contre les positions djihadistes.

Des drones ont été utilisés pour trouver les lance-missiles mobiles cachés dans des plantations fruitières et pour diriger l’artillerie et les bombardiers vers ces objectifs.

ANNA News a publié plusieurs vidéos de cette vaste campagne (1, 2, 3 – sous titres en anglais). La campagne aérienne a coûté aux djihadistes une quantité importante de matériel et de combattants. Un seul avion de l’armée, un SU-22 syrien, a été perdu au combat.

L’armée syrienne a également commencé à mener des attaques nocturnes d’envergure.

Ses nouveaux chars T-90 et T-72 modernisés ont une excellente vision thermique nocturne et peuvent détruire des cibles à longue distance. L’infanterie peut avancer sous leur protection.

Au lieu de se battre le long des routes d’une ville à l’autre, l’armée s’est d’abord déplacée sur les hauteurs et a poursuivi son avance à partir de là. Grâce à des opérations d’attaque aux flancs, les troupes ont franchi plusieurs lignes de défense pourtant bien préparées.

Les djihadistes sont maintenant en fuite.

Cette vidéo de l’ANNA (sous titres en anglais) montre l’opération de libération de la ville d’Al Habit (Al Hobeit), menée la semaine dernière, et donne une bonne impression des nouvelles tactiques.

L’armée s’est depuis déplacée plus au nord-est d’Al Habit et a pris Kafr Ayn et Tell As.

L’approche au nord de Khan Shaykhun encerclera l’endroit dans les prochains jours. Les djihadistes qui seront restés dans cette poche auront peu de chances de survivre. Il est plus probable qu’ils s’enfuient vers le nord, le long de l’autoroute M5.

La situation actuelle


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Cette zone bientôt encerclée abrite également l’un des postes d’observation du cessez-le-feu tenus par les Turcs.

Bien que ces postes soient censés superviser ce cessez-le-feu sans cesse rompu, ils servent en fait de centres d’approvisionnement et de renseignements pour les forces djihadistes.

Il sera intéressant de voir la réaction turque lorsque l’armée syrienne frappera à la porte de ce poste d’observation.

Il y a toujours de profondes divisions sur le front anti-syrien.

Le HTS a repoussé les tentatives turques de contrôler la zone qu’il détient.

Il a rejeté les différents cessez-le-feu auxquels la Turquie, la Russie et l’Iran sont parvenus dans le cadre du processus d’Astana.

Lorsque ses lignes de défense se sont brisées, il a refusé les offres d’aide faites par les gangs de l' »Armée nationale », sous contrôle turc.

Ömer Özkizilcik @OmerOzkizilcik - 10:32 UTC - 15 août 2019

Lorsque les factions de l'armée nationale ont récemment tenté d'envoyer des combattants à Idlib, le HTS a repoussé tout le monde, du sultan Murad à Firka Hamza, Sultan Suleyman Shah et Jaysh al Islam. Une délégation de 20 personnes de Jaysh al Islam venant négocier un droit de passage a été emprisonnée par HTS

La Russie et la Syrie continueront d’utiliser cette division entre les différents groupes que la Turquie soutient officiellement ou officieusement pour inciter à davantage de luttes intestines dans la zone « rebelle« . Cela s’est avéré être l’une de leurs meilleures armes.

La récupération de la zone et de Khan Shaykhun, une ville qui comptait 35 000 habitants avant la guerre, sera une victoire significative. Mais cette opération n’est que le début d’une plus vaste campagne.

La brèche, d’abord assez lente, du front va maintenant se transformer en une campagne dynamique.

Le plan plus vaste qui sous-tend ce projet est probablement d’origine russe :

Les Soviétiques ont développé le concept de bataille en profondeur et, en 1936, c’était devenu partie intégrante du Règlement de campagne de l'Armée rouge. Les opérations en profondeur comportaient deux phases : une bataille tactique en profondeur, suivie de l'exploitation de ce succès tactique, connue sous le nom de Conduite des opérations de bataille en profondeur. Une bataille en profondeur envisage de briser les défenses avancées de l'ennemi, ou zones tactiques, par des assauts d'armes combinées, qui seraient suivis par de nouvelles réserves opérationnelles mobiles non engagées, envoyées pour exploiter la profondeur stratégique d'un front ennemi. Le but d'une opération en profondeur est d'infliger une défaite stratégique décisive aux capacités logistiques de l'ennemi et de rendre la défense de son front plus difficile, impossible, voire inutile. Contrairement à la plupart des autres doctrines, la bataille en profondeur met l'accent sur la coopération en matière d'armement à tous les niveaux : stratégique, opérationnel et tactique.

L’armée syrienne poursuivra les djihadistes en fuite le long de l’autoroute M5 avec de fortes forces blindées à l’avant et sous le couvert des bombardements de l’aviation.

Les villes défendues le long de la route peuvent être enveloppées d’est en ouest, encerclées et laissées à l’infanterie suivante pour le nettoyage.

Cette avancée ne doit pas s’arrêter avant que les forces n’atteignent Saraquib, à la jonction de l’autoroute M4 et M5.

La bataille tactique en profondeur peut alors être utilisée davantage pour récupérer tout le gouvernorat d’Idlib.

Le gouvernorat d’Idlib – 15 août 2019


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Pour soutenir l’avancée venant du sud, des fronts supplémentaires doivent être ouverts à l’ouest d’Alep, le long de la M5, et de Latakia, à l’ouest, le long de l’autoroute M4 à travers Jish ash Shugur et jusqu’à Saraqib.

La bataille pour percer la ligne de front à Lattaquié se poursuit depuis un certain temps, mais aucune percée décisive n’a encore été réalisée.

La réappropriation des autoroutes M4 et M5 est d’une importance capitale pour l’économie syrienne.

La Syrie, la Russie et l’Iran devraient résister à tous les appels lancés par les États-Unis et la Turquie pour qu’ils cessent leur campagne avant que ce travail ne soit fini.

 

Par Moon of Alabama

Source et Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

17/08/2019

L' ALLEMAGNE A PEUR DE L' EXTRÊME DROITE ! MAIS PAS DE SES BARBARES !

 

Face à l’inquiétante hausse des violences liées à l’extrême droite, qui ciblent les élus et les étrangers, Angela Merkel se doit d’agir selon l’éditorial du Monde. 

 

[…] Beaucoup de temps a été perdu ces dernières années.

Les services de renseignement ont, à l’évidence, sous-estimé le phénomène.

Quant à la justice, sa lenteur à condamner les coupables a contribué, à n’en pas douter, à donner aux bras armés de la terreur brune un dangereux sentiment d’impunité.

Par rapport à nombre de ses voisins, l’Allemagne a longtemps semblé protégée contre le retour de ses vieux démons.

Cette époque est révolue. […]

Angela Merkel restera sans aucun doute comme celle qui, dans une Europe frileuse et craintive, a fait le choix de l’ouverture en laissant entrer en Allemagne près d’un million de réfugiés fuyant les guerres du Moyen-Orient.

 

Juste au regard de l’histoire, cette décision n’en a pas moins profondément bousculé une partie de ses concitoyens, qui n’y étaient pas préparés. […]

« Wir schaffen das » (« nous y arriverons »), avait lancé la chancelière, le 31 août 2015, pour dire son optimisme dans la capacité de l’Allemagne à relever le défi de l’intégration.

 

Deux ans avant la fin programmée de son quatrième et dernier mandat, il est encore temps pour elle d’aller au bout de cette ambition.

 

Et de redire une seconde fois « Wir schaffen das », mais cette fois pour triompher d’une extrême droite dont le retour, en Allemagne, a autant voire plus qu’ailleurs des raisons d’inquiéter.

 

 

Source :   Le Monde

 

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