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04/08/2019

COMPRENDRE LA TENSION ENTRE LES USA ET L' IRAN ! L' ARTICLE À LIRE !

L'article à lire pour comprendre les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis dans le détroit d'Ormuz

Depuis le début du mois de mai, les altercations diplomatiques se multiplient dans le secteur. Mais quels sont les enjeux dans cette zone historique de conflits ? Et sommes-nous à l'abri de l'éclatement d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient ?

 
Un pétrolier traverse le détroit d'Ormuz, le 21 décembre 2018 (HAMAD I MOHAMMED / REUTERS)

Bateaux arraisonnés, saisies de navires britanniques et communauté internationale sur les dents : depuis plusieurs semaines, la tension ne cesse de monter entre l'Iran et les Etats-Unis dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique du pétrole mondial.

Une crise des tankers a également émergé entre Londres et Téhéran, dans la foulée de plusieurs incidents survenus depuis mai dernier et la décision de Washington de rétablir de lourdes sanctions contre l'Iran. Franceinfo reprend le fil. 

 

Où se trouve le détroit d'Ormuz ?

Le détroit d'Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman, est un passage maritime débouchant sur la mer d'Arabie, situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman. Long de 63 kilomètres, il est particulièrement vulnérable à cause de sa faible largeur (à peine 40 kilomètres) et de sa profondeur qui n'excède pas les 60 mètres.

Cette chicane est parsemée de territoires désertiques ou peu habités, mais d'une grande importance stratégique : les îles iraniennes d'Ormuz, et celles de Qeshm et de Larak, face à la rive iranienne de Bandar Abbas.

 

 Les navires doivent circuler à travers un fin couloir entre des îles appartenant à Oman, avant de transiter par un chenal entre trois îles contrôlées depuis 1971 par l'Iran.

 

La liberté de navigation y est en théorie garantie par le droit international, via la convention des Nations unies sur le droit de la mer.

 

Carte pointant le détroit d'Ormuz. 
Carte pointant le détroit d'Ormuz.  (GOOGLE MAPS)

 

Pourquoi est-ce un endroit stratégique ?

Le détroit d'Ormuz permet d'accéder aux plus grands pays producteurs d'hydrocarbures. En plus de l'Iran et des Emirats arabes unis, le golfe Persique borde en effet l'Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et l'Irak. 

"Si l'on regarde une carte géographique, on voit que c'est une zone de contact directe entre la République islamique d'Iran d'un côté et les monarchies arabes du Golfe de l'autre", souligne Didier Billion, spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient et directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). 

 

Surtout, le détroit reste la voie de navigation quasi-exclusive reliant les producteurs d'hydrocarbures du Moyen-Orient aux marchés d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord. 

Selon l'agence américaine d'information sur l'énergie (en anglais), environ 21 millions de barils ont transité chaque jour par le détroit d'Ormuz en 2018.

Cela représente environ 21% de la consommation mondiale de pétrole et un tiers du brut transitant par voie maritime dans le monde.

A titre d'exemple, les Etats-Unis, premier producteur mondial et exportateur net de pétrole, ont importé quotidiennement environ 1,4 million de barils de brut passés par le détroit l'année dernière.

Un quart du commerce mondial de gaz naturel liquéfié y transite également.

"Si ces eaux devenaient dangereuses, l'approvisionnement de l'ensemble du monde occidental pourrait être menacé", prévient le président d'une association de pétroliers.

 

Est-ce la première fois que des tensions apparaissent dans cette zone ?

Non, les tensions dans le détroit ne datent pas d'hier. 

"Depuis 1979, chacun veut l'hégémonie dans la région, se traitant mutuellement d'imposteurs", explique Didier Billion à franceinfo.

 "Les pays du Golfe accusent les Iraniens d’avoir une velléité hégémonique sur la région et l'Iran les accuse d’être à la solde des Américains."

 Le Golfe est d'ailleurs l’une des régions les plus militarisées au monde. `

`L'Iran, qui se considère comme le gardien de cette zone, dénonce régulièrement la présence de forces étrangères dans la région, notamment la Cinquième flotte américaine stationnée à Bahreïn. 

Téhéran a menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit d'Ormuz en cas d'action militaire des Etats-Unis dans la zone. 

De nombreux incidents se sont ainsi produits au cours des dernières décennies et "la liberté de navigation dans le détroit est régulièrement menacée", souligne Le Figaro.

 L'une des perturbations majeures du transport pétrolier remonte à 1984, en plein conflit Iran-Irak, durant la "guerre des pétroliers".

Plus de cinq cents navires avaient été détruits ou endommagés. 

C'est aussi à cette période qu'un avion de ligne iranien avait été abattu par la frégate américaine USS Vincennes qui patrouillait dans le détroit.

Au total, 290 personnes avaient été tuées.

L'équipage du croiseur avait affirmé avoir pris l'Airbus pour un chasseur iranien animé d'intentions hostiles.

Plus récemment, en avril 2015, des bateaux des Gardiens de la révolution y ont arraisonné un porte-conteneurs des îles Marshall. Le mois suivant, des patrouilleurs iraniens tiraient des coups de semonce en vue d'intercepter un navire commercial singapourien.

 

Un pétrolier saoudien brûle dans le golfe ersique, durant la guerre Iran-Irak, en 1984.
Un pétrolier saoudien brûle dans le golfe ersique, durant la guerre Iran-Irak, en 1984. (SIPA)

 

Comment a débuté cette crise ?

Les tensions actuelles ont été ravivées il y a un plus d'un an, en mai 2018, par le retrait américain de l'accord international sur le nucléaire iranien.

Mais aussi après le rétablissement de lourdes sanctions de Washington contre Téhéran.

Cet accord, signé en 2015 par les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) ainsi que l'Allemagne, l'Union européenne et l'Iran, avait pour but de contrôler le programme nucléaire iranien et de mettre fin à une série d'embargos mis en place contre la République islamique depuis 1995. 

Donald Trump avait qualifié de "désastreux" cet accord signé sous la présidence de son prédécesseur, Barack Obama.

Il accusait aussi l'Iran, sans preuve empirique, de poursuivre une construction nucléaire malgré l'accord.

Le 2 mai dernier, le président américain a décidé d'alourdir un peu plus les sanctions sur l’interdiction faite à l'Iran d’exporter son pétrole.

Il a annulé les dérogations accordées à huit pays qui continuaient à acheter du pétrole à Téhéran. Les Etats-Unis ont aussi annoncé le déploiement d'un porte-avions et d'une force de bombardiers au Moyen-Orient, prétextant une "menace" du régime iranien.

 Le régime iranien a immédiatement riposté en annonçant qu'il allait commencer à enrichir de l'uranium à un niveau interdit par l'accord de 2015.

Depuis, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, avec une série de sabotages et d'attaques visant des pétroliers dans la région.

Tous ont été imputés par Washington à Téhéran, qui a démenti en dénonçant la volonté des Etats-Unis de "provoquer un choc" sur le marché pétrolier.

Sur le terrain, c'est "plus que jamais la stratégie œil pour œil, dent pour dent [qui a été] enclenchée entre l'Iran et ses adversaires occidentaux", analyse Le Figaro.

Le 20 juin, des forces iraniennes ont ainsi détruit un drone de surveillance américain qui avait, selon eux, pénétré leur espace aérien.

En représailles, Donald Trump a approuvé des frappes contre des radars et des batteries de missiles iraniens... avant de se raviser à seulement dix minutes des tirs. 

Le 18 juillet, les Etats-Unis ont à leur tour affirmé avoir abattu un drone iranien au-dessus du détroit. La perte de l'appareil a toutefois été démentie par l'Iran. 

Difficile de démêler le vrai du faux dans ces affrontements diplomatiques. "Ce sont les services de renseignement des différents pays qui sont à la manœuvre.

Ce sont des situations délétères où il devient difficile de déterminer qui a fait quoi", précise Didier Billion.

 

Des navires ont-ils été saisis ?

Oui. Début juillet, le Royaume-Uni est entré dans le jeu en arraisonnant un tanker iranien, le Grace 1, au niveau du détroit de Gibraltar.

Le pétrolier acheminait du pétrole vers le port syrien de Banias, en violation des sanctions européennes contre le régime de Damas. "Là, c'est une dynamique différente, on sait que les Britanniques ont fait ça sous forte pression des Etats-Unis", décrypte Didier Billion. 

Signe que la tension n'est pas retombée, les autorités iraniennes ont à leur tour saisi un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le golfe d'Oman. 

Une confiscation intervenue quinze jours après l'arraisonnement du Grace 1 par le Royaume-Uni et au lendemain de l'annonce américaine de la destruction d'un drone iranien dans le golfe Persique.

 

Capture d'écran de la chaîne officielle iranienne montrant un Gardien de la Révolution patrouiller autour du Stena Impero, le 22 juillet 2019.
Capture d'écran de la chaîne officielle iranienne montrant un Gardien de la Révolution patrouiller autour du Stena Impero, le 22 juillet 2019. (IRIB / AFP)

 

Les tensions peuvent-elles déboucher sur une guerre ?

Un conflit ouvert n'est souhaité ni par les Etats-Unis ni par l'Iran.

Cependant, il existe un déploiement américain et occidental important dans la région.

Les Américains contrôlent ainsi des dizaines de bases militaires en Arabie saoudite, dans les Emirats arabes unis, à Bahreïn et en Irak, selon le site de l'organisation American Security Project.

Ali Rastbeen, président de l'académie de géopolitique de Paris, se veut rassurant : "Nous ne sommes pas dans une situation qui débouche sur une guerre. Il n'y a pas assez d'intérêts en jeu." 

Mais Didier Billion n'est pas de cet avis : "S'il y a une exacerbation des tensions, une étincelle peut mettre le feu aux poudres."  

Trump n'est pas en faveur de la guerre, mais il a des va-t-en-guerre dans son entourage. Et il est dur de suivre les méandres de son raisonnement...Didier Billionà Franceinfo

En effet, l'administration Trump compte dans ses rangs des figures telles que Mike Pompeo, ministre des Affaires étrangères, ou John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale, connus pour être des partisans des solutions musclées.

Pour le spécialiste de la région, la perspective de la campagne présidentielle de 2020 peut toutefois jouer sur la ligne suivie par Washington. "Il serait peu souhaitable pour Donald Trump d'entrer en guerre maintenant", analyse ainsi Didier Billion.

 

En outre, d'autres puissances de la région pourraient décider de prendre part à un éventuel conflit.

"Certains veulent en découdre", assure Didier Billion, en citant notamment le cas des Saoudiens qui "se sentent invincibles, à tort, car ils sont protégés par les Etats-Unis."

Selon lui, Israël montre aussi "une posture guerrière depuis plusieurs années et considère la puissance nucléaire iranienne comme une menace existentielle".

De quoi redouter de potentielles escarmouches : "D'ici à l'élection présidentielle américaine, il peut potentiellement y avoir des affrontements à court terme, mais on n'en est pas encore là." 

 

Comment réagit la communauté internationale ?

Les récents incidents dans le détroit d'Ormuz ont jeté un froid sur la scène internationale.

Après la saisie par l'Iran du pétrolier britannique, l'Union européenne a exprimé sa "profonde préoccupation"

Vladimir Poutine a, lui, mis en garde contre une "catastrophe" en cas de recours à la force par les Etats-Unis.

"Cela provoquerait une flambée des violences et la hausse du nombre des réfugiés", a déclaré le président russe.

Mais le retour au calme semble compromis.

En effet, Washington cherche à mettre sur pied une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le détroit d'Ormuz.

 Londres, qui a demandé à ses bateaux d'éviter le détroit,  pousse aussi pour la mise en place d'une "mission de protection maritime dirigée par les Européens" dans le Golfe. 

Paris, Londres et Berlin prévoient ainsi de "coordonner" leurs moyens et "partager (leurs) informations" dans le Golfe pour y renforcer la sécurité maritime, sans pour autant y déployer des moyens militaires supplémentaires.

De son côté, la France tente de se poser en médiatrice.

Début juillet, Emmanuel Macron a envoyé à Téhéran son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne, dans le but de rétablir les négociations.

Le chef de l'Etat s'est aussi entretenu à plusieurs reprises avec le président iranien, Hassan Rohani, pour appeler à une "désescalade"

Mais cette mission navale européenne n'est pas vue d'un bon œil par l'Iran.

Le porte-parole du gouvernement iranien a ainsi dénoncé un "message hostile" et un acte "provocateur" qui va "accentuer les tensions"

Il a réitéré la position iranienne selon laquelle la sécurité dans le Golfe doit être assurée par les pays de la région. 

"La présence de forces étrangères n'aidera pas à (assurer) la sécurité de la région et sera la principale source de tensions", affirme Hassan Rohani.

 

J'ai eu la flemme de tout lire ;) Vous pouvez me faire un résumé rapide ?

Depuis début mai, les escarmouches entre les Etats-Unis et l'Iran se multiplient dans le détroit d'Ormuz, premier point de passage du pétrole mondial.

Entre arraisonnements de pétroliers, drones abattus et accusations mutuelles, la tension n'en finit plus de monter.

 La crise diplomatique trouve son origine dans la décision unilatérale des Etats-Unis de se retirer de l'accord international sur le nucléaire iranien signé en 2015. 

Les tensions ont connu un pic fin juin, après que les forces iraniennes ont abattu un drone de surveillance américain qui avait, selon eux, pénétré leur espace aérien.

En guise de riposte, Donald Trump a approuvé des frappes de représailles... avant de se raviser.

Inquiète, la communauté internationale tente d'œuvrer sur le terrain diplomatique pour apaiser les tensions et trouver des solutions.

La France essaie de se poser en médiatrice et Emmanuel Macron s'est entretenu plusieurs fois avec son homologue iranien, Hassan Rohani.

De son côté, Londres pousse pour la mise en place d'une "mission de protection maritime dirigée par les Européens" dans le Golfe. Une initiative qui ne plaît guère à Téhéran, pour qui "la présence de forces étrangères n'aidera pas à (assurer) la sécurité de la région".

 

La crise dans le détroit d'Ormuz sera l'un des sujets mis sur la table du prochain G7, fin août, à Biarritz.

 

 

Source:   https://www.francetvinfo.fr/monde/

MALI : DIALOGUER ET NÉGOCIER AVEC LES DJIHADISTES ???

Mali : dialoguer avec les djihadistes ?

Timbuktu Mali by Johannes Zielcke(CC BY-NC-ND 2.0) — Johannes Zielcke, CC-BY

Si l’approche exclusivement militaire a montré ses limites, beaucoup reste à faire et à construire à l’échelle locale, avant d’envisager, de guerre lasse, de céder le terrain au projet de contre-société porté par Koufa et la katiba Macina.

 

Par Etienne Huyghe1.

Nombre d’analystes considèrent que le centre du Mali est aujourd’hui l’épicentre de la crise sahélienne.

La région est historiquement traversée par de fortes tensions : tensions pour l’accès aux ressources – hydriques et pastorales notamment –, tensions intra et intercommunautaires – avec des relations complexes de complémentarité et de concurrence entre les communautés. Celles-ci sont inscrites dans le temps long de la vie des populations qui occupent cet espace.

Elles ont longtemps pu être jugulées par des compromis locaux entre les acteurs concernés, fondés sur des mécanismes de régulation traditionnels.

Mais la situation s’est fortement dégradée au cours de ces dernières décennies du fait d’une conjonction de facteurs internes et externes. Le recul progressif de la présence de l’État malien dans le centre du pays a créé un vide profond en termes de fourniture de services publics essentiels pour la population (police, justice, santé, éducation).

La survenue d’épisodes de sécheresse dans un contexte de pression démographique accrue a de surcroît réactivé et accentué ces tensions latentes.

C’est sur ces déterminants socio-historiques locaux que les groupes djihadistes ont capitalisé pour occuper l’espace géographique et social laissé vacant par le reflux de l’État.

Si l’intervention française au Mali de 2013 a permis aux Forces armées maliennes de chasser momentanément ces groupes du centre du pays, la situation s’est de nouveau fortement dégradée depuis 2015 et les forces djihadistes ont commencé à réoccuper la zone, faute de réponse politique et sociale satisfaisante de la part de l’État malien face aux attentes de la population.

Localement, bien que différents groupes soient en concurrence pour la maîtrise de l’espace, c’est la katiba Macina, dirigée par le leader peul Amadou Koufa, qui s’impose comme le groupe djihadiste dominant. Koufa, qui bénéficie d’une solide réputation de prêcheur auprès des populations locales, tout particulièrement peules, a rejoint Iyad Ag Ghali, leader touareg issu d’une grande lignée des Ifoghas, au sein du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM).

Ag Ghali, ainsi que les principaux cadres du GSIM, ont eux-mêmes fait allégeance à Ayman al-Zawahiri, émir d’al-Qaïda. Bien que des doutes subsistent sur le degré d’autonomie dont jouissent Koufa et ses hommes, la katiba Macina est donc aujourd’hui directement liée à al-Qaïda, par ce jeu d’allégeance et par un transfert, à tout le moins, de connaissances opérationnelles.

Malgré les actions militaires menées dans le centre du pays, malgré la lente mise en œuvre du « Plan de sécurisation intégrée des régions du centre » par les autorités maliennes, en dépit du fort soutien accordé par les différents partenaires internationaux du Mali, aucune amélioration substantielle de la situation ne semble se concrétiser du point de vue de la sécurité dans la région du centre.

Fort de ce constat et alors que les groupes djihadistes sont aujourd’hui fermement implantés localement du fait de leur grande résilience stratégique, certains acteurs proposent un changement radical de cap via l’instauration d’un dialogue officiel entre les autorités maliennes et ces groupes, tout particulièrement avec Amadou Koufa et les principaux chefs de sa Katiba.

 

Objectifs et modalités du dialogue avec la katiba Macina

L’objectif de l’instauration d’un tel dialogue serait, en premier lieu, d’assurer aux populations une baisse des tensions dont elles sont les premières victimes, via l’obtention de cessez-le-feu locaux et d’accès facilités pour les convois humanitaires à destination des régions où la Katiba est active.

Ce premier résultat atteint, un élargissement du spectre des négociations serait envisageable. Selon les tenants de cette approche, l’ouverture de ce dialogue reposerait dans un premier temps sur l’envoi de dignitaires religieux maliens auprès des principaux leaders de la katiba Macina, dans une optique de médiation.

On sait, en effet, que des contacts indirects ont existé au cours des années précédentes entre Koufa et certains leaders religieux maliens, notamment avec l’imam Mahmoud Dicko qui présidait il y a peu encore le Haut Conseil islamique malien et qui incarne au Mali la tendance rigoriste inspirée par la doctrine wahhabite, distincte du rite malikite qui domine en Afrique de l’Ouest.

 

C’est l’ouverture d’un tel dialogue qui a été récemment proposée par les rédacteurs d’un rapport de l’International Crisis Group (ICG).

Ce rapport a eu un fort impact, tant dans le monde de la recherche qu’auprès des décideurs politiques maliens, dont certains se disent prêts à entamer ce processus de dialogue, tout en rappelant que des contacts informels ont déjà eu lieu avec des membres de la katiba par le passé.

De nombreux acteurs et observateurs de la politique malienne ont, à l’inverse, pris fermement position contre.

Avant d’analyser cette proposition, il convient de souligner qu’une différence de nature – et non de degré – existe entre la tenue d’un dialogue informel et officieux entre autorités et groupes djihadistes et un dialogue officiel et institutionnalisé entre ces mêmes acteurs.

Il s’agit donc bien d’une proposition originale et lourde de sens qu’il faut analyser à cette aune.

Or, il existe plusieurs obstacles à la mise en œuvre de ce dialogue entre les autorités maliennes et les djihadistes. S’intéresser aux obstacles n’est, selon nous, pas suffisant. En réalité, c’est une double interrogation à laquelle nous faisons face : est-il possible d’initier un tel dialogue ?

Si oui, cela est-il néanmoins souhaitable au vu des objectifs poursuivis par l’État malien ?

 

Un processus au résultat incertain mais nécessairement lourd de conséquences

Si l’on a d’ores et déjà connaissance de cas de dialogue entre des représentants de la katiba Macina et des leaders communautaires locaux du centre du Mali (éminences religieuses désireuses d’instaurer un dialogue d’ordre théologique, chefs de village souhaitant négocier certaines des conditions de vie drastiques imposées par les hommes de Koufa…), il s’agissait de modalités de dialogue n’impliquant pas directement les autorités étatiques, à tout le moins pas officiellement.

Il est donc impossible d’extrapoler sur la base de ces exemples pour déterminer la réaction de Koufa face à une demande en provenance de représentants légaux de l’Etat malien.

Précisons, comme le rappellent les rédacteurs du rapport de l’ICG, que Koufa s’est, par le passé, dit prêt à rencontrer certains leaders religieux maliens incarnant la tendance rigoriste, parmi lesquels l’imam Mahmoud Dicko, précédemment cité.

À ce stade, on peut donc conjecturer que Koufa, dont la katiba est actuellement en position de force dans le centre du pays, ne serait pas défavorable à l’ouverture d’un tel dialogue, mais uniquement à ses propres conditions et avec les émissaires de son choix.

Mais qu’il accepte ou non cette ouverture, on peut affirmer que l’émission d’une telle proposition de dialogue par les autorités maliennes aurait au moins un résultat incontestable : celui de donner une légitimité institutionnelle au groupe d’Amadou Koufa et, par les jeux d’allégeance déjà évoqués, au GSIM dirigé par Ag Ghali puis, en définitive, à al-Qaïda.

Les conséquences sont donc autant locales que nationales et régionales.

 

Impact au Nord-Mali et dans toute la région

La situation au Nord-Mali est très différente de celle qui prévaut actuellement dans le centre du Mali.

Les équilibres sociaux et économiques sont distincts, les groupes armés qui s’y affrontent également.

L’ouverture d’un dialogue avec la katiba Macina aurait, à n’en pas douter, un impact direct sur les jeux d’alliances locaux, en replaçant Ag Ghali et le GSIM au centre du jeu et en risquant de fragiliser les groupes armés loyaux à l’État malien, parmi lesquels le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) et le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA).

Le territoire malien n’est pas le seul à être touché par l’action des groupes armés terroristes.

Toute la région sahélienne est aujourd’hui concernée.

Au-delà de l’impact sur le territoire national malien, l’ouverture d’un dialogue officiel avec les hommes de Koufa aurait pour effet indirect d’ouvrir des perspectives de légitimation pour d’autres groupes djihadistes actifs dans les États voisins du Mali.

Il convient, en l’espèce, de rester vigilants et de bien différencier les contextes locaux.

Certains groupes ou acteurs utilisent le registre du discours djihadiste sans pour autant y adhérer en profondeur.

On peut, néanmoins, craindre que la perspective d’un dialogue avec Koufa ne produise une prime à l’engagement djihadiste chez des groupes ou des individus à l’idéologie encore peu cristallisée, en les poussant à adhérer, par opportunisme, au corpus idéologique djihadiste (ou à s’affilier à un groupe djihadiste au rayonnement régional), voyant là une possibilité d’insertion facilitée dans le jeu institutionnel local et national.

 

Mali

Les mouvements djihadistes en question sont les suivants : Al-Qaeda au Maghreb islamique, Ansar Dine, Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest, Al-Morabitoune, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, État islamique au Grand Sahara, Ansaroul Islam.DR, Author provided

 

En outre, on doit insister sur la dimension scissipare des groupes djihadistes sahéliens.

L’effet d’aubaine représenté par la perspective de reconnaissance institutionnelle générée par l’ouverture d’un dialogue avec la katiba Macina pourrait, dès lors, pousser certains cadres intermédiaires de l’organisation à envisager la création d’une nouvelle entité afin, le moment venu, de jouir eux-aussi des dividendes de la paix.

Cet effet bien connu des spécialistes des processus de « désarmement, démobilisation et réintégration » (DDR) ne doit pas non plus être négligé dans le cas d’espèce.

 

Un risque réel d’escalade des violences intercommunautaires au Mali

Le discours de Koufa a largement évolué au fil des ans, s’adaptant aux évolutions du contexte stratégique malien.

De la promotion d’un djihad global, s’affranchissant du fait ethnique, Koufa revendique aujourd’hui la dimension profondément ethniciste de son combat.

En jouant volontairement de l’association entre identité peule et djihadisme, Koufa prend les peuls non-djihadistes, largement majoritaires, en otage.

En reconnaissant la légitimité d’un dialogue avec Amadou Koufa, les autorités maliennes prendraient le risque de conforter la légitimité du discours ethnique qu’il porte, provoquant en réaction une escalade impossible à maîtriser des violences exercées à l’encontre des populations peules – ce qui serait précisément l’inverse de l’effet recherché.

Quelle serait par exemple la réaction des milices pro-dogons, sur lesquelles Bamako exerce une influence bien faible, face à une telle éventualité ?

La chaîne causale est ici particulièrement complexe, et il est difficile de proposer un scénario univoque.

Ce paramètre ne doit pourtant pas être laissé de côté.

 

Des revendications acceptables ?

Bien que Koufa n’ait pas, à notre connaissance, formulé de revendications très précises, son projet de société, lui, est bien connu.

Le mode opératoire mis en œuvre par Koufa pour imposer son autorité dans le centre du Mali ressemble en tous points à celui décrit par Abou Bakr Naji, responsable aujourd’hui décédé de la propagande d’al-Qaïda, dans son livre Gestion de la Barbarie.

Ce livre, décrit par certains auteurs comme le Mein Kampf des djihadistes, précise avec force détails comment s’emparer durablement de territoires en état de fragilité sociale et politique.

Le mode opératoire décrit repose sur la mise en œuvre d’une véritable stratégie du chaos à l’intérieur des espaces convoités pour s’imposer ensuite comme l’acteur le plus à même de répondre au chaos précédemment provoqué.

C’est ce que Naji nomme « l’administration de la sauvagerie ».

Il y a donc une filiation certaine entre le projet d’al-Qaïda et celui de Koufa. Et celui-ci semble absolument antinomique avec les fondements mêmes de l’organisation politique, sociale et économique du Mali.

L’imposition de la charia dans son acception la plus radicale est une constante dans le discours de Koufa.

Ce dernier ne manquerait pas de demander qu’elle soit appliquée avec intransigeance – localement ou au niveau national – en cas de négociations résultant de l’ouverture d’un dialogue. Cela est nécessairement incompatible avec le respect du principe de laïcité qui prévaut au Mali.

Par ailleurs, le type d’islam revendiqué par Koufa, et qu’il souhaite voir imposer à l’ensemble du Mali, est largement minoritaire dans le pays.

Les menaces et les exactions que Koufa et ses hommes ont déjà exercées à l’encontre des autorités religieuses qui ne partageaient pas sa conception radicale de l’islam sont à ce titre révélatrices.

Cette dimension de radicalité religieuse étant centrale dans son discours et dans ses actes, quelles conséquences un dialogue avec Koufa et ses hommes aurait-il sur les représentants et les pratiquants du rite malikite ou des confréries soufies ?

De manière plus générale, la katiba Macina rejette de manière explicite le fait démocratique même. Ainsi, dans un enregistrement retranscrit par les auteurs du rapport de l’ICG, Boukary Petal, un des principaux lieutenants de Koufa, est particulièrement explicite sur ce point :

« Notre combat est un combat entre la foi et la mécréance, la démocratie et le livre d’Allah. »

On peut, bien sûr, arguer que ce discours serait susceptible d’évoluer dans le cadre d’un dialogue institutionnalisé avec les autorités légitimes de l’État malien.

Cela nous ramène, néanmoins, à un point fondamental : dans l’hypothèse de l’ouverture d’un dialogue, lequel des deux interlocuteurs est aujourd’hui en position de force ?

 

« Le pouvoir qui se dégrade n’obtient point merci de ses ennemis »

Cette citation de Chateaubriand, que le politiste malien Sega Diarrah a choisi de mettre en incipit de son récent article très critique sur l’opportunité de mettre en place un dialogue avec Amadou Koufa, illustre toute l’ambiguïté d’une proposition d’ouverture du dialogue avec la katiba Macina en ce moment précis.

Il importe en effet de considérer l’équilibre des forces lors de l’ouverture d’un dialogue entre deux parties au conflit. Or, en l’état actuel de la situation, les autorités maliennes ne sont pas encore en position dominante du point de vue sécuritaire dans la région du centre.

Dans l’hypothèse de l’ouverture d’un dialogue, Koufa arriverait à la table des négociations dans une position particulièrement avantageuse.

Cette ambiguïté est d’ailleurs relevée par un érudit religieux de Mopti, membre de l’Association malienne pour l’Unité et le Progrès de l’islam, cité par les auteurs du rapport D’ICG :

« Maintenant qu’ils ont le dessus, comment pouvons-nous négocier avec eux ?

Soit ils dictent ce qu’ils veulent, soit nous devons nous battre jusqu’à ce que tout le monde en ait assez.

Ensuite, on peut envisager de négocier.

 

C’est ainsi que tous les États ont traité le problème du terrorisme. »

 

Quel dialogue pour quel projet politique au Mali ?

Tout dialogue n’est pourtant pas vain. Des canaux officieux doivent pouvoir continuer à exister afin, le moment venu, de négocier notamment la reddition de membres du groupe de Koufa. Par ailleurs, il convient d’opérer une distinction entre les cadres de la Katiba et les simples combattants ou personnels chargés de fonctions supports.

Des études ont montré que les motifs de leur engagement auprès des groupes djihadistes étaient très variables, et reposaient bien souvent sur des perspectives économiques et sociales locales, davantage que sur des considérations strictement idéologiques.

Encourager le dialogue intercommunautaire – y compris avec ceux qui auraient pu nouer des liens avec les hommes de Koufa – dans une optique de médiation sociale et de réinsertion économique, semble absolument indispensable.

C’est ce type de dialogue qu’il convient de privilégier.

Les groupes djihadistes ne naissent pas par génération spontanée. Ils émergent plutôt de la capacité des « entrepreneurs de violence » locaux à instrumentaliser les griefs concrets des populations.

L’idéologie djihadiste sert alors de coagulant, offrant un projet politique alternatif clé en main fondé sur une légitimité que les djihadistes s’évertuent à ancrer dans le temps long, de manière artificielle, en jouant de l’opposition avec les institutions modernes de l’État, entendues, elles, comme une importation récente de l’Occident.

Le terreau privilégié permettant l’implantation de ces groupes est connu : des États à la faible empreinte territoriale et à la légitimité fragile.

Or des outils existent afin de lutter contre ces deux carences.

La décision d’ouvrir ou non un dialogue avec Amadou Koufa et ses lieutenants est celle des Maliens et de leurs représentants.

Quelle que soit la décision retenue, il importe plus que jamais de contribuer à retisser le lien social au Mali en aidant l’État à reconstruire sa légitimité auprès des populations, dans une démarche inclusive.

Or un État légitime est avant tout celui qui répond aux besoins des populations qu’il administre.

Car si l’approche exclusivement militaire a montré ses limites, beaucoup reste à faire et à construire à l’échelle locale, avant d’envisager, de guerre lasse, de céder le terrain au projet de contre-société porté par Koufa et la katiba Macina.

Sur le web-  Article publié sous licence Creative Commons

 
  1. Doctorant en Relations Internationales à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Etienne Huyghe est chargé de mission au sein de Civipol.
  2. Nota Bene : Les propos énoncés dans cette publication ne sauraient engager la responsabilité de Civipol.
  3. ↩

30/07/2019

L' ÉTAT ISLAMIQUE RELÈVE LA TÊTE EN SYRIE ET AILLEURS !

Syrie : l’Etat Islamique renaît dans le camp de djihadistes d’Al-Hol

 
 
 
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Le 15 juillet dernier, un drapeau noir de l’Etat Islamique (EI) était à nouveau hissé au-dessus d’une foule en Syrie.

Pas par n’importe qui : c’est un enfant qui est monté l’accrocher sur un mat.

 

Et pas n’importe où : au-dessus du camp de Al-Hol, véritable poudrière à ciel ouvert au nord-est de la Syrie, où s’entassent près de 80.000 membres des familles de djihadistes, dont 11.000 étrangers.

 

Plusieurs manifestations autour de l’étendard noir des djihadistes ont eu lieu depuis le 15 juin. Elles attestent de la présence de supporters de l’État Islamique dans de nombreux pays : Turquie, Inde (au Cachemire), Mali, Philippines, Libye, Égypte, Somalie, Yémen, Mozambique, Cameroun.

 

L’EI relève la tête en Syrie et ailleurs

Des cellules de l’EI existent par ailleurs au Congo (Zaïre), dans la région du Lac Tchad, en Tunisie, en Palestine et dans d’autres pays.

 

En Libye, l’EI a attaqué une milice à Zila fin mai (17 morts), puis début juin des troupes du maréchal Haftar à Jufra et Fukaha près de Sabha, tuant des hommes et s’emparant d’armes ; le 2 juin un attentat à la voiture piégée à Dern, dans un camp de l’armée de Haftar (LNA) aurait fait 19 morts ; le 10 mai une autre embuscade sur un camp d’entrainement de la LNA à Sabha dans le Fezzan a fait 9 morts, dont un a été décapité, et 7 blessés graves.

Fin juin dernier, les forces spéciales russes ont mis hors d’état de nuire un terroriste de l’EI qui préparait un attentat à Saratov, une ville du sud de la Russie située sur la Volga.

 

En Somalie, le 8 mai dernier, un drone américain a tué 13 combattants de l’EI dans le Puntland.

Un attentat dans le quartier Al-Qadam, au sud de Damas, a été revendiqué ce 23 juillet par l’EI, pour la première fois depuis le printemps 2018.

 

L’EI est aussi très active depuis deux mois dans la province de Hassakah, au nord-est de la Syrie, notamment à Qamishli (quatre explosions de véhicules piégés, deux attaques terroristes), Hassakah (quatre explosions de véhicules piégés) et sur les routes entre Shaddadi et Deir-Ezzor (quatre attaques à main armées).

 

L’un de ces attentats visait une église – le 12 juillet à Qamishli et trois autres, le même jour à Hassakah, ont été commis avec des motos piégées. Le 28 juin, une embuscade a tué ou blessé dix combattants kurdes à Hajjin, non loin de Baghouz, dernier bastion de l’EI.

« On peut constater qu’une part importante de la population arabe locale soutient encore l’EI », relève le canal russophone loyaliste Vestnik Damaska.

Les impôts levés par les kurdes sur la population arabe, la conscription forcée et l’absence de reconstruction des villes détruites par les combats ne font certainement qu’aggraver le phénomène.

 

Al-Qaim, ville frontalière de la Syrie, a beau avoir été reprise en novembre 2017, elle est toujours en ruine et les soldats irakiens ne s’y sentent absolument pas en sécurité face aux combattants insaisissables de l’EI, soutenus et ravitaillés par une part de la population locale.

Par ailleurs l’Etat Islamique détiendrait encore plusieurs centaines de millions de dollars sur des comptes bancaires dans le monde, ainsi qu’une tonne d’or.

(L’essentiel des 40 tonnes d’or en lingots récupérées dans des banques en Syrie et Irak lors de l’âge d’or du Califat aurait en revanche été remis aux États-Unis en échange de la vie sauve pour les derniers milliers de partisans de l’EI retranchés à Baghouz, affirment des sources russes.)

 

AL-Hol, poudrière à ciel ouvert

À Al-Hol s’entassent, mal gardées par des kurdes débordés, 80.000 personnes, en majorité des femmes et des enfants proches des derniers djihadistes de l’EI. Au milieu d’un désert brûlant, le camp est en surcapacité d’au-moins 30.000 personnes.

Près de 11.000 étrangers dont 7.000 mineurs de moins de 12 ans sont gardés dans une partie distincte du camp.

Actuellement, 29.000 enfants étrangers de djihadistes sont bloqués en Syrie, dont 20.000 irakiens et 9.000 de soixante autres pays.

Douze cents enfants étrangers se trouvent aussi en Irak dans des conditions humanitaires aussi catastrophiques.

Al-Hol est une poudrière à ciel ouvert.

 

La situation humanitaire y est déplorable et l’ONU a appelé les divers pays concernés à récupérer leurs ressortissants.

On relève des cas de rougeole, leishmaniose, méningite et un risque élevé d’épidémie. Des évasions se produisent régulièrement – six femmes de djihadistes belges dernièrement ‑ et des djihadistes se cachent parmi les femmes et les enfants.

Des prisonnières sont violées par leurs gardes ; la photo de l’un d’eux, un couteau entre les omoplates, a fait grand bruit le 4 juillet dernier.

« Bagarres au couteau, jets de cailloux et menaces sont monnaie courante entre les détenues : les plus radicales attaquent celles qu’elles jugent «infidèles», écrit Libération (18 juillet).

En mai dernier, des « sœurs du camp d’Al-Hol, sorties parmi les dernières de Al-Baghouz suite à la trêve » [qui permettait la sortie des femmes et des enfants] et originaires de Tchétchénie et d’Ingouchie, deux républiques musulmanes irrédentistes du Caucase russe, ont écrit une lettre ouverte, en russe sur les réseaux sociaux :

« Dans ce camp il y a des meurtres, des pillages et des tabassages de nos sœurs et de leurs enfants. A l’intérieur du camp certains ont décidé que notre vie et nos biens sont à leur dispositions et nous attaquent chaque jour […]

Aux mères qui essaient de sortir leurs filles de là, leur vie n’est pas en danger : certaines couchent avec les kurdes et même entre elles, d’autres sont enceintes de kurdes ».

 

Pis, dans ce Guantanamo moyen-oriental, règne une hyper-radicalisation qui risque d’annoncer une renaissance explosive du djihad.

De quoi s’interroger sur l’opportunité de faire revenir ces femmes dans les pays d’où elles sont parties.

A ce jour, seuls dix-sept enfants sont revenus en France, l’Élysée ayant reculé devant un rapatriement massif à cause de l’hostilité de l’opinion…

 

« Je reviendrai foutre en l’air tous les kafirs »

Une détenue appelle sa grand-mère dans le Caucase russe, mi-juillet.

Elle fait répéter ses phrases à son enfant : « Ne t’inquiète pas pour moi, je vais bien. Je reviendrai bientôt faire mon istichhadiya.

Inch Allah je reviendrai, je vais foutre en l’air tous les kafirs. Ne t’inquiète pas, je tiens bon et ne pleure pas, prie pour moi, je suis sur le chemin d’Allah ».

L’istichhadiya signifie se faire exploser, quant aux kafirs, c’est le synonyme des kouffars, les infidèles.

 

Le 16 avril, des journalistes de la chaîne Al-Arabia diffusent un reportage tourné avec les femmes du camp d’Al-Hol : « habillées tout en nor, ces femmes derrière la clôture relatent leur idéologie.

L’administration du camp affirme qu’elles sont toujours fidèles aux idées de l’Etat Islamique.

L’une de ces femmes nous a dit : personne ne pourra renverser notre foi et nos croyances.

Ni Trump, ni les USA, ni les Juifs, ni les infidèles, personne. Ces croyances sont aussi en nos enfants ».

Pis, les journalistes ont été attaqués à plusieurs reprises par ces femmes qu’ils ont trouvées « bien plus fanatiques que leurs maris » djihadistes.

Certaines avaient d’ailleurs participé à la résistance du dernier carré de l’EI à Baghouz en tirant sur les assaillants kurdes mi-mars.

L’équipe d’Al-Arabia a dû quitter le camp précipitamment sous les jets de pierre.

« Dans ce camp il y a une atmosphère de terreur. Toute personne qui est soupçonnée par les femmes de l’EI de ne pas être loyal envers les terroristes peut être tabassé ou même tué ».

Le 22 juillet, des journalistes en reportage dans le camp d’Al-Hol sont accueillis par des femmes vêtues de niqabs noirs et des enfants très jeunes :

« l’Etat Islamique tiendra ! On viendra nous sauver ! Abu Bakr al Bagdadi va nous sauver ».

Une vidéo montre des enfants qui crient « l’État Islamique tiendra », et se répandent en menace contre les Infidèles et les musulmans qui se convertissent, les murtads ou apostats.

 

Le retour en Europe des femmes et enfants de djihadistes pourrait être in fine bien plus dangereux encore que celui des djihadistes eux-mêmes.

Par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : camp de Al-Hol en mars 2019, photo Voice of America, domaine public


[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

SYRIE: À IDLEB , L' ARMÉE SYRIENNE PIÉTINE ......

  International - 29 juillet 2019

L’armée syrienne piétine devant Idleb

 

Lorsque l’armée syrienne a lancé son offensive, en avril, contre la province d’Idleb, dernier territoire tenu par les islamistes, chacun savait que l’affaire serait difficile. Elle s’avère encore plus complexe que prévu.

En plus de trois mois de combats, des gains marginaux ont été obtenus, au prix de pertes importantes.

 

Les bombardements russes se font rares et c’est l’aviation syrienne qui doit effectuer la majeure partie du travail.

 

Or, son efficacité est loin de valoir celle de son homologue russe.

La presse internationale se fait régulièrement l’écho des victimes civiles de ces bombardements, qui attendraient 700 victimes, chiffre qu’il est impossible de vérifier, ainsi que de faire la part entre les vrais civils et les djihadist

En face, les islamistes sont nombreux (plus de 50.000) et aguerris. Beaucoup viennent d’autres provinces (environs de Damas, frontière libanaise) d’où ils ont été acheminés par les Russes à la suite de redditions négociées, mais après des années de combats qui leur ont donné une expérience très utile aujourd’hui.

Il est vrai qu’ils n’ont plus le choix : Idleb est le dernier territoire. S’il tombe, c’est la mort ou l’exil. Ce dernier ne peut avoir lieu qu’en Turquie, dont la province islamiste est frontalière dans sa partie nord.

Or, la majeure partie des islamistes combattants sont affiliés au groupe Hayat Tahrir al-Cham, successeur du Front al-Nosra, qui s’est imposé au détriment d’autres milices islamistes soutenues par Ankara.

Les combats ont été violents et ont entraîné de nombreux morts. Il n’est évidemment pas certain, dans ce contexte, que les Turcs accueillent chaleureusement ceux qui ont tué leurs amis.

Les combattants islamistes sont donc particulièrement déterminés et chaque attaque de l’armée syrienne se heurte à une farouche résistance. La semaine dernière, pour la conquête d’un village à l’importance stratégique limitée, chaque camp a perdu une cinquantaine de combattants.

Quand on connaît les problèmes d’effectifs de l’armée syrienne, il y a de quoi être inquiet.

Un autre élément vient encore compliquer la tâche de l’armée syrienne : cette fois, pas de combattants iraniens ou du Hezbollah libanais pour soutenir les offensives. Téhéran a, en effet, jugé que cette province ne représentait aucun intérêt stratégique pour son implantation en Syrie et que tout cela relevait donc d’un problème interne qui ne le concernait pas.

Ce défaut de fantassins se fait cruellement sentir, d’autant qu’eux aussi sont des combattants de grande valeur.

Les Russes, de leur côté, sont prudents. Ils aident leur allié syrien avec parcimonie, ce qui n’était pas dans leurs habitudes.

Et même si Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, affirme régulièrement qu’il faut mettre hors d’état de nuire les terroristes d’Idleb, il souhaite dans le même temps ménager la Turquie. Erdoğan a rappelé qu’il y avait de nombreux soldats turcs dans cette province et qu’ils s’opposeraient à une offensive générale qui les mettraient en danger.

Au moment où les Turcs acquièrent les fameux missiles russes S-400 (ce qui rend les Américains furieux), Poutine veut ménager son ombrageux partenaire qui, sans être un allié, n’est plus un ennemi.

La situation est donc particulièrement complexe et les islamistes en profitent donc.

Ils n’hésitent pas à lancer de meurtrières contre-offensives qui font provisoirement reculer l’armée syrienne. Dans le même temps, ils bombardent régulièrement des zones civiles à Alep, Hama et même Lattaquié, récemment, le fief alaouite.

Des victimes sont à déplorer, mais de celles-là, la presse internationale ne parle jamais.

Mais Bachar el-Assad ne reculera pas.

Un quart du territoire de la Syrie, à l’est, est occupé par les Kurdes avec le soutien américain et, avant de tenter de résoudre cet épineux problème, il est absolument nécessaire de réduire le dernier territoire tenu par les islamistes.

Mais ce sera long et difficile.

 

Par Antoine de Lacoste      https://www.bvoltaire.fr

 
 

28/07/2019

ENTRE PALESTINIENS ET SAOUDIENS , LE TORCHON BRÛLE ........

  •  
  • Les Palestiniens qui ont agressé et humilié le blogueur saoudien au cœur de la mosquée Al-Aqsa ont été incités à le faire.

  • L'incitation à la violence est venue principalement du Syndicat des journalistes palestiniens (PJS), un groupe affilié au Fatah, un mouvement que certains, en Occident mais aussi en Israël, qualifient de "modéré" et "pragmatique".

  • Cracher au visage d'un blogueur saoudien et le traiter d' « animal » et de « sioniste » ne sont de nature à faciliter l'aide économique et financière de l'Arabie Saoudite. Quel Etat – ou toute autre institution qui se respecte - acceptera d'être giflé au moment même où il fournit de l'aide.

 

A peine les Palestiniens ont-ils remarqué la présence du blogueur saoudien Mohamed Saoud sur le site de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, qu'ils lui ont donné un échantillon des insultes et des crachats qu'ils réservent à leurs frères arabes.

Qu'a fait le visiteur saoudien pour mériter cette humiliation et cette violence physique ?

Photo : Mohamed Saoud se protège des crachats des Palestiniens, à Jérusalem, le 22 juillet. (Source image : capture d'écran vidéo Twitter)

 

Ce 22 juillet, le blogueur saoudien Mohamed Saoud espérait prier tranquillement dans la mosquée Al-Aqsa, avant d'aller humer le parfum des marchés qui sillonnent la vieille ville de Jérusalem.

En tant qu'arabe et musulman, Saoud pensait qu'il serait chaleureusement accueilli par ses frères palestiniens.

Il s'est trompé.

Sitôt remarqué, le blogueur saoudien s'est vu infliger, sur l'un des sites les plus sacrés de l'islam, le traitement que les Palestiniens réservent à leurs frères arabes.

Les vidéos qui ont circulé sur les médias sociaux ont ainsi révélé que nombre de Palestiniens ont insulté Saoud et lui ont craché dessus.

L'un d'eux a même projeté sur lui une chaise en plastique au moment où il quittait la mosquée.

Pourquoi humilier et agresser un visiteur saoudien ? Quel crime a-t-il commis pour être traité de « poubelle », d'« animal », de « traître » et de « sioniste ? »

 

Ce malheureux Saoudien a commis le crime - aux yeux des Palestiniens – de faire partie d'une délégation de journalistes arabes invités en Israël.

Ces visites sont considérées par les Palestiniens comme une forme de normalisation des relations avec Israël.

Or, non seulement les Palestiniens sont opposés à toute forme de normalisation avec Israël, mais ils la considèrent comme une trahison.

Si les Arabes normalisent leurs relations avec Israël, ils cesseront (craignent-les Palestiniens) d'apporter leur aide.

Pour les Palestiniens, aucune normalisation entre Israël et les pays Arabes ne saurait avoir lieu avant une quelconque résolution du conflit israélo-palestinien.

Ce traitement humiliant réservé à Saoud n'a rien eu d'un incident isolé. Sitôt informés de l'arrivée en Israël de cette délégation de journalistes arabes, les médias palestiniens ont multiplié les dénonciations et les appels au boycott.

Le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS), politiquement proche des loyalistes du Fatah, la faction au pouvoir du président Mahmoud Abbas, a été le premier à dénoncer les journalistes arabes et à les accuser de promouvoir la normalisation avec Israël.

Le PJS et d'autres associations de médias palestiniennes ont lancé un appel à la Fédération des journalistes arabes pour qu'elle demande des comptes aux visiteurs et qu'elle inscrive ces journalistes sur sa "liste noire".

 

Si cette demande était entendue, les journalistes qui ont visité Israël, seraient radiés de toute organisation professionnelle, boycottés par leurs confrères arabes et perdraient leur emploi au sein de n'importe quel média arabe.

Les personnes qui ont agressé et humilié le blogueur saoudien a la mosquée Al-Aqsa, ont été incitées à agir ainsi.

Elles ont été incitées à agir ainsi par le PJS, un syndicat affilié au Fatah, un mouvement que certains en Occident - mais aussi en Israël -, décrivent comme « modéré » et « pragmatique ».

Récemment, le même PJS, affilié au Fatah, a mis en garde les journalistes palestiniens qui se rendraient à la Maison-Blanche, à l'invitation de Jason Greenblatt, émissaire présidentiel américain.

En juin, le PJS a condamné Bahreïn pour avoir invité des journalistes israéliens à couvrir la conférence « De la Prospérité à la Paix», patronnée par les États-Unis.

Rami Alshrafi, l'un des responsables du PJS dans la bande de Gaza, a menacé de dénoncer publiquement tout journaliste suspecté de contribuer à la normalisation des relations avec Israël.

 

« Nous publierons une liste de tous les journalistes arabes engagés dans des activités de normalisation avec l'Etat d'occupation israélien », a-t-il déclaré. «

 

Nous publierons une liste noire de toutes les organisations de journalistes arabes et de tous les journalistes qui accueillent des journalistes israéliens. »

Il y a quelques années, le PJS a organisé un boycott des journalistes israéliens et a menacé de boycotter tout responsable palestinien qui accorderait une interview à un média israélien. Le président du PJS, Nasser Abu Bakr, ancien journaliste de l'Agence France-Presse (AFP), a expliqué que la décision avait été prise après mure réflexion de ses collègues et de lui-même.

Nous avons conclu a-t-il dit « qu'aucune interview de responsables [palestiniens] [dans des médias israéliens] n'était utile à la cause palestinienne ».

Bizarrement, alors que ce syndicat proche d'Abbas a appelé à plusieurs reprises à boycotter les journalistes israéliens, ce même Abbas continue de rencontrer ici et là des représentants de médias israéliens. Inutile de préciser que le PJS et ses membres regardent ailleurs chaque fois qu'Abbas transgresse leur interdiction. S'ils avaient le malheur de s'en prendre au président de l'Autorité palestinienne, ils perdraint leurs subventions, seraient jetés en prison - voire pire encore.

Le processus de séparation a eu lieu par étapes. Tout d'abord, les journalistes palestiniens ont monté la population contre les journalistes israéliens et ont appelé à les boycotter. Ensuite, ils ont dénoncé les journalistes palestiniens qui osaient rencontrer des Israéliens.

Désormais, les journalistes arabes non-palestiniens sont devenus une cible parce qu'ils mettent le pied en Israël.

Au lieu de bien accueillir les journalistes arabes en visite à Jérusalem et de les inviter à Ramallah, la capitale de facto des dirigeants palestiniens, les Palestiniens ont choisi d'insulter et d'agresser physiquement un visiteur saoudien.

Et comme si cela ne suffisait pas, ils exigent aussi que les Arabes et les musulmans punissent le blogueur et ses collègues pour avoir soi-disant promu la normalisation avec Israël.

Les violences commises contre le blogueur saoudien ne présagent rien de bon pour les relations palestino-saoudiennes, ni pour les relations des Palestiniens avec les autres pays arabes.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs Saoudiens ont réagi avec dégoût. « Je ne comprends pas ces Palestiniens qui ont le wakaha (le culot) d'exprimer leur satisfaction de l'agression de Saoud », a déclaré Ibrahim Al-Sulieman, un citoyen saoudien.

Abdullah, un autre Saoudien, a commenté : « [Saoud] ne représente que lui-même, mais la haine des Palestiniens s'adressait à l'Arabie saoudite ».

Les responsables israéliens ont immédiatement dénoncé la « cruauté » de l'attaque infligée au blogueur saoudien, alors que les dirigeants palestiniens n'ont pas réagi. Une telle absence d'empathie ne risque guère d'apaiser les tensions entre les Palestiniens et l'Arabie saoudite.

Une autre raison pousse les Palestiniens à rejeter la présence des Saoudiens hors d'Al-Aqsa : ils craignent probablement que l'Arabie saoudite ne réclame le rôle de « gardien des lieux saints » à Jérusalem, un rôle actuellement occupé par la Jordanie.

La rumeur veut que la Jordanie et les Palestiniens se soient alliés pour l'occasion, afin de dénier tout rôle aux Saoudiens dans la gestion des lieux saints de Jérusalem.

Le monopole religieux actuel confère à ceux qui le détiennent, prestige et respect dans les capitales arabes et islamiques.

Le mauvais accueil du blogueur saoudien est un signe tangible des tensions entre les Palestiniens et certains pays arabes, notamment l'Arabie saoudite.

Selon certains témoignages, les Saoudiens mettraient sous pression les Palestiniens qui résident dans le royaume chérifien.

Des dizaines de Palestiniens ont été arrêtés et harcelés par les autorités.

La multiplication récente d'articles de presse signalant un rapprochement entre plusieurs pays arabes et Israël inquiète les Palestiniens. Ils ont le sentiment que leurs frères arabes leur tournent le dos.

Le refus de l'Arabie saoudite et de certains États arabes d'obtempérer à l'appel des Palestiniens et de boycotter la conférence économique de Bahreïn, conforte cette impression.

Selon un récent sondage, 80% des Palestiniens interrogés ont considéré la participation des pays arabes à la conférence de Bahreïn comme un abandon de la cause palestinienne.

D'une certaine manière, les Palestiniens n'ont pas tort : leurs frères arabes commencent effectivement à leur tourner le dos. Si les Palestiniens se posent la question du pourquoi, voici un indice : cracher au visage d'un blogueur saoudien, le traiter d' « animal » et de « sioniste » n'incitera guère l'Etat dont il est le ressortissant à dégainer son carnet de chèques.

 

Aucune institution qui se respecte n'accepterait d'attribuer une subvention après avoir été giflée.

 

Source:  Khaled Abu Toameh, journaliste primé basé à Jérusalem, est Shillman Journalism Fellow au sein du Gatestone Institute.

27/07/2019

POLOGNE: UNE ZONE SANS IDÉOLOGIE DU LOBBY LGBT .....

 

 

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Pologne : un hebdomadaire nationaliste distribue à ses lecteurs des autocollants « Zone sans idéologie LGBT »

 
 

Le 26 juin dernier, la cour constitutionnelle polonaise, contrôlée par le parti conservateur Droit et Justice, a déclaré que les commerçants polonais ont désormais le droit de refuser de servir les clients homosexuels.

 

Cette décision fut prise à la suite d’une polémique judicaire qui a vu la condamnation d’un imprimeur au motif que celui-ci avait refusé d’honorer la commande d’une fondation LGBT afin de « ne pas contribuer à sa promotion ».

 

La cour constitutionnelle a déclaré cette sanction contraire à la constitution et à la « liberté de conscience ».

Comme il fallait s’y attendre, la presse mondialiste et bien-pensante est immédiatement montée au créneau, dénonçant une entreprise de discrimination et d’institutionnalisation de l’homophobie.

Les comparaisons douteuses fusèrent, évoquant des ressemblances avec l’apartheid sud-africain ou, comble de l’originalité, avec la Seconde guerre mondiale, lorsque les troupes allemandes avaient créé dans toute la Pologne des zones «nur für Deutsche» (Réservés aux allemands).

Si une telle situation avait eu lieu en France, où le lobby LGBT est de plus en plus puissant, L’imprimeur aurait sans doute été sévèrement condamné sans possibilité de recours.

 

Toute la presse et la classe politique se serait vite couchée devant tous les chantres de la tolérance et du « progrès ».

C’est d’ailleurs en toute logique que Manon Aubry, députée européenne LFI, s’est fendue d’un tweet rageur : « En Pologne, où il est devenu légal de refuser l’entrée d’un magasin à une personne LGBTI, certains distribuent désormais des stickers « zone réservée aux hétéros ».

Le silence de l’UE sur les violations des droits fondamentaux en Europe est impardonnable. »

Ce tweet est amusant car il démontre l’incompréhension de la députée mélenchoniste de la situation : aucun commerçant n’a le droit de refuser à un homosexuel d’entrer dans son magasin.

 

En revanche, il peut refuser de le servir.

 

Une subtilité qui ne pouvait qu’échapper à cette gauche toujours plus encline à faire primer l’émotivité sur la raison.  

Pologne : des jeunes manifestants protestent contre un défilé des partisans de toutes les perversions et dégénérescences

Or, il se trouve qu’il existe des pays européens qui n’ont pas encore totalement sombré dans l’inversion des valeurs.

En effet, la résistance contre le lobby LGBT en Pologne n’est pas seulement du fait de la cour constitutionnelle, mais aussi de la presse nationaliste et d’une partie de la population.

Ce mercredi 24 juillet, l’hebdomadaire Gazeta Polska a sorti en kiosque un numéro spécial accompagné d’un autocollant « Zone sans idéologie LGBT ».

Au texte s’ajoute une illustration montrant les couleurs arc-en-ciel barrées d’une croix noire.

Cette initiative n’est pas qu’une provocation puisqu’elle est destinée aux commerces et collectivités locales se revendiquant comme « Zone sans idéologie LGBT ».

Il va de soi que la présence de cet autocollant ne fait pas l’unanimité auprès de la presse polonaise, plusieurs diffuseurs ayant déclaré qu’ils ne distribueraient pas le numéro spécial, au nom du « respect des individus ».

 

Afin de justifier son initiative, le rédacteur en chef de Gazeta Polska affirme, dans son éditorial, vouloir s’opposer à un nouveau totalitarisme : « Les LGBT, ce n’est pas une minorité, mais un mode de pensée qui a tous les traits d’une idéologie totalitaire […]. Nous protestons contre son imposition par la force, et plus particulièrement contre la destruction des gens qui pensent différemment. […] Les zones sans idéologie LGBT, ce sont des zones de liberté d’expression, de tolérance et de respect pour les personnes qui pensent différemment.”.

 

En Occident, le lobby LGBT gagne du terrain chaque jour.

Ce lobby qui ne cache pas son intention de détruire tout ce qui fait le socle de la nation, à savoir la famille traditionnelle avec la promotion du mariage homosexuel ou encore de la PMA et de la GPA.

 

Ce lobby tout-puissant qui n’hésite pas à poursuivre et à condamner tous ceux qui osent émettre la moindre critique ou la moindre velléité de résistance envers ce projet destructeur.

 

Pourtant, il est rassurant de voir qu’il reste encore des européens fiers et courageux, refusant de courber l’échine face à ce qui est effectivement un totalitarisme.

 

LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ET LE CYNISME DES ORGANISATIONS HUMANITAIRES !

LU, VU ET ENTENDU !

 

Organisations humanitaires, cynisme et nouvel ordre mondial


Le 29 mai 2019 − Source South Front

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Le premier quart du 21e siècle a été marqué par une vague sans précédent de revitalisation de toutes sortes d’organisations humanitaires.

Cela est compréhensible, puisque la prétendue protection des minorités est devenue la principale façade de la réalité néolibérale postmoderne dominante.

 

L’aide humanitaire, ou plutôt son apparence, est maintenant un fétiche à la mode que les consommateurs modernes, mobiles, multiculturels et cosmopolites affichent les uns aux autres.

 

Cependant, un être humain est social, hiérarchisé, souvent avide, égoïste et vain.

Cela est particulièrement évident dans les sociétés qui rejettent toutes les valeurs conservatrices.

Vers le début des années 2010, à un moment donné, la scène abondait de personnes agissant par «bonne volonté», tout en ayant en même temps de grandes ambitions.

Les fonds alloués par les idéologues du nouvel ordre mondial – financiers et sociétés transnationales – à «l’activité humanitaire» étaient épuisés.

 

De plus, dans leurs «nobles accès passionnels», les activistes humanitaires ont commencé à commettre des crimes et leurs actions sont devenues de plus en plus répugnantes.

Cela a créé un conflit d’intérêts avec les minorités qu’ils étaient censés protéger. Les buts de certaines organisations humanitaires furent «assaillis» par d’autres organisations humanitaires.

Dans le but de rester dans le courant dominant mais aussi dans la zone de confort au sein des structures de financement, les organisations humanitaires ont focalisé leur énergie des unes contre les autres, ce qui a fait remonter à la surface une série de scandales et de révélations.

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Survival International

 

Par exemple, il existe une entité remarquable appelée «Survival International» (SI), anciennement connu comme «Fonds des peuples primitifs» (Primitive People’s Fund).

 

Les activités de l’organisation sont controversées non seulement en termes de buts et d’objectifs, mais également pour ses approches et ses méthodes.

 

Comment, par exemple, peut-on concevoir qu’interdire le déplacement des personnes de petites villes et villages vers des grandes villes, est une mesure de protection contre la disparition de petites nations ?

 

En fait, ils tentent de transformer de force les villages en réserves, voire en zoos humains.

 

Apparemment, cela servirait à financer l’organisation elle-même. En phase avec la lutte pour la protection démographique, et dans ce cas des communautés aborigènes locales, Survival International a préparé une série de documents de haut-niveau, très médiatisés, sous le titre général les «Victimes de WWF (World Wildlife Fund )»[Une autre ONG]. 

 

Ces documents contiennent de nombreuses parties intéressantes et controversées. Dans ce cas, le thème principal lui-même est assez stupéfiant. 1 Par exemple ici (vidéo).

Les forêts pluviales sont l’un des objets clés qui relèvent de la protection par le WWF. Il y existe une biodiversité, de faune et de flore, qui, apparemment, est nécessaire au développement de l’humanité avancée, c’est-à-dire le «milliard doré». 2 Tout le reste est considéré comme un obstacle.

L’Organisation des nations unies soutient activement le WWF. La position officielle du Commissaire de l’ONU chargé de cette question est de conserver autant que possible l’état actuel, afin de permettre l’auto-régénération de la biosphère.

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Rangers gabonais financés par WWF

Son noble désir rencontre un obstacle : les indigènes, qui vivent traditionnellement aux frontières de ces régions protégées – aires de conservation – et baignent dans les merveilles de la nature que fournit leur habitat.

 

Entre-temps, les singes endommagent beaucoup plus la faune et la flore locales que l’agriculture de subsistance des indigènes.

 

Néanmoins, les singes relèvent du concept de protection du WWF, alors que les humains n’en relèvent pas.

Le WWF a mis au point un programme de protection de ces forêts sacrées, tendrement intitulé «Des personnes saines, des écosystèmes sains : un manuel sur l’intégration de la santé et de la planification familiale dans les projets de conservation», qui propose des mesures intéressantes pour la conservation de ces ressources naturelles.

 

Par exemple, dans de rares cas, il est recommandé de tirer pour tuer des personnes incapables de lire les panneaux d’avertissement bien qu’ils aient vécu toute leur vie dans ces réserves.

Une autre suggestion propose la possibilité de stériliser la population qui aurait atteint un certain âge.

De plus, en 2017, les premiers éco-milices ont été formées dans le but d’empêcher les habitants du Congo d’entrer dans la ceinture forestière pour satisfaire leurs besoins en nourriture et en poissons dans les étendues d’eau, car il s’agit désormais d’une zone de conservation.

Il s’agit du premier cas pleinement documenté dans lequel les droits de l’homme – selon la version du concept de l’ONU – sont négligés, traités comme secondaires par rapport au bien-être des plantes et des animaux.

On pourrait attribuer la situation actuelle à la croyance sincère des fonctionnaires du WWF que les populations locales, et non les grandes entreprises mondiales, causent des dommages irréparables à la nature dans la zone de conservation et qu’il est temps de réduire leurs droits au profit de la nature.

 

Cependant, le WWF est également connu pour son cynisme et sa ruse politique.

 

Par exemple, selon l’enquête «Le silence des pandas» sur les accords commerciaux conclus par WWF avec des multinationales, environ 3 000 hectares de terres des aires de conservation ont été transférés à Shell, Monsanto et Bayer, pour un usage spécifiquement industriel.

Pour cela le WWF a reçu approximativement $3 milliards «en donations bénévoles».

Au passage, cette enquête a été publiée sous forme de livre.

 

La totalité de l’édition a été épuisée et puis tranquillement interdite à la vente dans plusieurs pays de l’Union européenne, prétextant que l’investigation ne comprenait aucune preuve, rien que de la spéculation.

Aucun procès pour diffamation n’a suivi.

 

South Front

Source et Traduit par Alexandre Moumbaris, relu par Marie-José Moumbaris pour le Saker Francophone

 
  1.  Soutien du WWF pour des programmes de stérilisation et de «tir à vue» dénoncés par la Télévision néerlandaise. ↩
  2.  Le milliard d’êtres humains les plus fortunés dans le monde ↩

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