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15/06/2020

AU SAHEL AVEC LES DJIHADISTES ! ( BERNARD LUGAN )

Sahel : entre jihadisme universaliste et jihadisme ethnique


Par Bernard Lugan.

 

 

L’attaque dans la nuit de mercredi 10 à jeudi 11 juin d’un poste frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, est la première action jihadiste visant la Côte d’Ivoire depuis les attentats de Grand Bassam en 2016.

Elle s’inscrit dans le cadre de la lutte à mort opposant l’EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara) à AQMI (Al-Quaïda pour le Maghreb islamique).

Dans la partie ouest du Sahel, le jihadisme a en effet éclaté en deux grands courants qui, désormais, se combattent :

– L’un, celui de l’EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara), est rattaché à Daech et il a pour objectif la création dans toute la BSS (Bande sahélo-saharienne), d’un vaste califat trans-ethnique remplaçant les actuels Etats. Son chef, Adnane Abou Walid al-Saharaoui est un arabe Réguibat, ancien cadre du Polisario.

– L’autre, celui d’Aqmi (Al-Quaïda pour le Maghreb islamique), est l’émanation de larges fractions de deux grands peuples, les Touareg et les Peul, dont les chefs locaux, le Touareg Iyad Ag Ghali et le Peul Ahmadou Koufa, ne prônent pas la destruction des actuels Etats sahéliens.

Les revendications des Touareg de l’Azawad n’étant pas celles des Peul du Macina, du Soum ou du Liptako, c’était donc tout à fait artificiellement que leurs combattants s’étaient réunis sous la bannière d’Al-Qaïda qui, tout comme Daech, revendique le califat, donc la destruction des Etats sahéliens.

Cette artificialité a fini par aboutir à une fracture entre l’Algérien Abdelmalek Droukdal, chef d’Al-Qaïda pour toute l’Afrique du Nord et la BSS, et les deux principaux chefs ethno-islamistes régionaux, à savoir Iyad Ag Ghali et Ahmadou Koufa.

 

Ces deux derniers qui détiennent une partie des clés du conflit, négocient actuellement avec Bamako. Iyad Ag Ghali sous les auspices de son parrain algérien inquiet de la progression régionale de Daech ; Ahmadou Koufa sous celles de son mentor, l’imam Dicko.

Comme je l’explique dans mon communiqué en date du 6 juin, Abdelmalek Droukdal qui était opposé à ces négociations, avait décidé de restaurer son autorité sur  Iyad Ag Ghali et Ahmadou Koufa.

 

Or, sa tentative de torpiller de futurs accords de paix qui sont actuellement l’objet de fines et plus que complexes discussions, a été très mal vue à Alger.

 

D’autant plus que, depuis quelques semaines, le président Tebboune a tiré de leur état de « demi-soldes » certains des anciens du DRS, vrais « connaisseurs » du dossier, qui avaient été écartés par le général Gaïd Salah et le clan Bouteflika.

La mort d’Abdelmalek Droukdal et de trois de  ses commandants locaux, à savoir Sidi Mohamed Hame,  Abou Loqman alias Taoufik Chaib et Ag Baye Elkheir, le 3 juin, à Talahandak, dans le cercle de Tessalit au Mali, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, achève donc de rendre leur liberté à Iyad Ag Ghali et à Ahmadou Koufa.

 

Enfin, comme les « émirs algériens » qui ont longtemps  dirigé Al-Qaïda dans la BSS ont été tués les-uns après les autres, l’élimination d’Abdelmalek Droukdal marque la fin d’une période.

 

Désormais, Al- Qaïda dans la BSS n’est plus dirigé par des étrangers, par des « Arabes », par des Algériens, mais par des « régionaux » qui ont une approche politique régionale et dont les revendications sont d’abord des résurgences enracinées dans leurs peuples, comme je le montre dans mon livre Les guerres du Sahel des origines à nos jours.

 

Depuis des années, j’écris ainsi que les composantes locales d’Aqmi se servent de l’islam comme paravent de revendications d’abord ethno-politiques, ce qui se vérifie actuellement sous nos yeux.

 

Nous sommes donc, et une fois encore, face au retour, sous une forme « modernisée », de la grande réalité africaine qui est l’ethnie. S’il en était encore besoin, ces évènements montrent en effet que, certes, l’ethnie n’explique évidemment pas tout… mais que rien ne s’explique sans elle…

 

 

Reste donc Daech, dont la destruction dans la BSS ne pourra se faire qu’en :

1. Opposant sa direction allogène, dont le « marocain » Adnane Abou Walid al-Saharaoui,  à ses troupes authigènes.

2. Exacerbant les contradictions entre les revendications de ses diverses composantes ethniques, tribales et claniques.

3. Empêchant notre « loyal allié » Turc au sein de l’OTAN de ravitailler les combattants de Daech. Mais, si la déroute du maréchal Haftar se poursuivait et si ses troupes perdaient le contrôle du Fezzan comme cela semble être en cours, alors… 



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11/06/2020

AGRICULTURE SUD-AFRICAINE ET EXPROPRIATION DES FERMIERS BLANCS .....

 

L’expropriation des fermiers blancs causera la ruine de l’agriculture sud-africaine.

3 Juin 2020Politique internationale |

Par Jean-Claude Rolinat,

Membre du Bureau politique du Parti de la France !


C’est un sujet récurrent qui prend de plus en plus de consistance.

 

Sous prétexte de réparer un préjudice, le gouvernement de Pretoria, – pardon, désormais il faut dire Tswané !-, envisage sérieusement d’exproprier sans indemnités les fermiers blancs, principalement afrikaners, qui nourrissent le pays, et lui apportent des devises grâce aux exportations.

 

Sans que cela ne provoque la moindre indignation au plan international, si ce n’est l’Australie par la voix de son premier ministre, et les Etats-Unis par celle de Trump.

 

Le plus consternant est que le contre-exemple spectaculaire du Zimbabwe, ne semble pas avoir servi de leçon. On assiste là, dans cette affaire, à une vraie séquence à caractère racial, discriminante, qui ne vise que les fermiers blancs.

 

Ces derniers, qui assurent l’essentiel de la production agricole et qui exportent les surplus de leurs productions, déjà menacés par la sécheresse et souvent victimes d’assassinats ciblés dans des conditions d’une barbarie inimaginable, vont devoir, peut-être, rendre leur tablier.

 

On dénombre en vingt ans plus de 1700 assassinats, ce qui est énorme à l’échelle de cette frange marginale de la population.

Il est plus risqué d’être un fermier blanc au Transvaal, au Limpopo ou dans la province de « l’État libre d’Orange », que de traverser le périphérique les yeux bandés, à une heure de pointe !

 

À croire que l’exemple de l’ex-Rhodésie ne sert à rien aux yeux du président sud-africain, Cyril Ramaphosa .

 

Ce dernier, pour complaire à l’aile gauche de son parti l’ANC, et aux extrémistes de Julius Malema, l’excité raciste, chef de l’Economic freedom fighters (EFF), veut les exproprier sans indemnisation.

 

Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Le Zimbabwe, jadis prospère grâce à ses fermiers blancs, les « Rhodies », connait la famine et ne survit que grâce au plan alimentaire mondial des Nations Unies, le PAM.

Payé par qui ? Devinez…

 


L’idéologie tue l’économie


C’est comme au Venezuela, l’idéologie tue l’économie. Voici les chiffres, éloquents, de l’ex-prospère Rhodésie : pour le maïs, en vingt ans, la production s’est effondrée, passant de 2 148 000 tonnes à 777 000, idem pour le blé de 324 000 à 90 000 tonnes, pareil pour le soja de 79 000 à 29 000 tonnes, et le coton 90 000 tonnes de moins !

Cherchez l’erreur.

En 1980, au moment de la passation de témoin entre la minorité blanche et la majorité noire emmenée par cet incapable de Robert Mugabe,- encore que, déjà, 2 ans auparavant Ian Smith s’était retiré au profit de l’évêque Abel Muzorewa, un noir modéré-, il y avait plus ou moins 180 000 Blancs.

On en compte aujourd’hui moins de 30 000, dont beaucoup de retraités n’ayant plus aucune famille pour les accueillir.

Les fermiers qui étaient 6000, sont réduits à la portion congrue.

 

Demain, en RSA, avec le Black économic empowerment, la discrimination dite positive, en fait raciale, qui favorise les noirs par rapport aux autres couches de la population sud-africaine, métis compris, les fermes seront remises à des exploitants noirs qui n’ont pas forcément les compétences techniques pour exploiter des domaines agricoles.

 

Et tout ça au nom d’une hypothétique spoliation historique, dont les européens se seraient rendus coupables.

Or, la plupart des terres défrichées par les colons venus de Hollande ou de France au XVII ème siècle, lesquels remontèrent vers le nord pendant les deux siècles suivants, n’appartenaient à personne. Les grandes migrations bantoues commençaient à peine.

 

C’est le même schéma qu’en Algérie, où les Pied-noir ont assaini la plaine de la Mitidja, et qui n’avaient plus, en 1962, que leurs yeux pour pleurer.

 

L’association Afriforum qui défend la culture afrikaner, comme le syndicat solidarity, ont déposé une plainte auprès de la haute Cour de la province du Gauteng, la plus riche du pays, l’ancien « Witwatersrand », au cœur de l’Afrique du sud. Il reste encore une petite chance, bien mince lueur d’espoir, d’échapper à ce drame.

 

C’est, d’une part les recours en justice que ne manqueront pas de faire, eux aussi, les syndicats d’exploitants, et l’éventuelle modification ou non de la constitution qui garantit « noir sur blanc », si l’on peut dire, la propriété privée. Et si cela devenait possible d’exproprier les fermes, de spolier leurs propriétaires, ne le serait-ce pas, également, dans les secteurs miniers et industriels ?

 

Et là, le pouvoir noir pourrait se heurter à des groupes internationaux puissants, gros pourvoyeurs d’investissements et d’emplois dans les mines et les usines d’automobiles, notamment.
Un chômage qui risque de s’aggraver


Et l’Afrique du sud, avec un taux de chômage très élevé, touchant noirs et blancs, encore plus les premiers que les seconds, a besoin d’investissements. Complètement à côté de la plaque, le Ramaphosa, qui fut pourtant lui-même un homme d’affaire avisé, profitant de la transition post-apartheid pour s’enrichir.

 

Il déclarait récemment en visite dans le Kwazulu-Natal, qui fut le fief du chef Buthelezi et de son parti l’Inkhata, électoralement en chute libre, « L’épidémie (du corona) nous donne une chance de redistribuer des biens à une élite noire ».

 

Cette élite, qui compte plus ou moins de 3 à 4 millions de petits notables embourgeoisés depuis la fin de l’apartheid,- les obligés de l’Etat-parti ANC, les fameux « black-bling-bling »-, des profiteurs qui roulent en BMW ou Mercédès, et dont les femmes sont couvertes de bijoux rutilants de la tête aux pieds, cette pseudo « élite » est incapable, oui incapable, comme ses alter-égo zimbabwéens, de faire fonctionner des entreprises agricoles.

 

Si le pays marche encore,- pas tout à fait, tout de même avec l’incurie d’Eskom, la compagnie publique d’électricité-, il le doit aux ingénieurs, aux cadres blancs qui ne sont pas encore partis, comme 20 000 des leurs en Australie, notamment du côté de Perth.

Ou qui n’ont pas encore répondu positivement aux offres foncières alléchantes du camarade Poutine, ou à celles du Mozambique voisin, eh oui, qui offre des terres pour 99 ans aux fermiers afrikaners qui voudraient bien transmettre leur savoir-faire aux agriculteurs africains.

 

Alors, de grâce Ramaphosa, pensez à votre peuple, pensez à l’avenir de TOUS ses enfants, regardez autour de vous. En expulsant les agriculteurs afrikaners, vous tueriez la poule aux œufs d’or.

 

 

L' AFRIQUE MALADE DE SON RACISME !!!

L’Afrique, malade de ses tribus, ethnies, bref de son racisme

 
 

Il faut arrêter de fermer les yeux sur le tribalisme et l’ethnisme.

 

Ces formes de racisme empêchent le continent africain de sortir de l’ornière.

 

Des pays africains, hélas nombreux, sont en train de s’enfoncer dans la misère à cause d’un mal qui ronge leurs populations: le racisme.

Des Africains seront les premiers à trouver que mon jugement est exagéré mais à certains moments il faut réveiller les consciences par des mots forts.

A force d’expliquer les dérapages incessants de certains dirigeants africains, de certains groupes armés qui sèment la mort pour conquérir le pouvoir sans donner des garanties d’amélioration aux populations qu’ils sont censés défendre, par l’ethnisme ou le tribalisme, des mots devenus édulcorés, certains poussent les responsables et les populations africaines à fermer les yeux et à être fatalistes.

 

En effet, alors que dans tous les pays du monde, les dirigeants luttent contre le racisme, aucune lutte contre le tribalisme et l’ethnisme, pratiques presque exclusivement africaines, n’est annoncée, ni par la communauté internationale, ni par les Africains eux-mêmes.

 

Et pourtant l’idéologie de ces deux pratiques rejoint parfaitement celle du racisme. Et dans les faits, nous constatons dans plusieurs pays africains, des personnes ou des groupes de personnes qui décrètent du jour au lendemain des guerres tribales ou ethniques, en désignant «les autres» qui appartiennent aux tribus ou ethnies différentes de la leur comme étant «des êtres du mal» à éliminer ou psychologiquement ou pire physiquement.

 

Ces dix dernières années, ce genre de guerriers est apparu dans plusieurs pays: je ne cite que les cas graves comme le Libéria, la Somalie, le Congo, la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, la Sierra Leone, et la Côte d’Ivoire.

 

Si les pays de la Région des Grands Lacs sont les plus touchés par le racisme, le cas de la Côte d’Ivoire devrait interpeller les consciences africaines et faire peur aux pays qui ont encore la chance de vivre en paix.

 

En effet voilà un pays, stable depuis l’indépendance, prospère malgré le manque des matières premières comme le pétrole ou les minerais, dont l’image à l’étranger était parmi les meilleures et la capitale parmi les plus belles, devenu en quelques années un espace livré au racisme.

 

Nous en connaissons les conséquences: une chasse à l’«Autre» qui a engendré des morts, des réfugiés, des orphelins, bref une image qui a fait réfléchir plus d’un Africain et qui nous a plongés dans un pessimisme indescriptible. Nous croyions ce pays définitivement sur le bon chemin.

 

Un exemple du fait que c’est le «racisme» qui est naturel et qu’il n’a pas besoin de beaucoup de temps pour être efficace.

Dans des pays comme les nôtres, une fois qu’un «chef d’état ou de guerre» fait appel à lui, il va aussi vite qu’un feu de brousse en été, parce que les insatisfactions de la vie sont profondes et nombreuses.

 

Il recrute facilement parmi les laisser pour compte, qui se sentent utiles et considérés pour une fois dans leur vie.

 

Il recrute parmi les jeunes, abandonnés par des structures sans moyens, qui eux aussi sont toujours prêts à l’aventure quitte à y laisser leur vie de misère et qui tuent avec autant d’application et d’énergie que s’ils livraient un combat qui les conduira vers une vie meilleure.

 

Le temps d’un jour, d’une semaine, d’un mois… avant de mourir ou de tomber dans une misère pire que celle qu’ils connaissaient avant.

L’ethnisme, le tribalisme, le racisme, des maux qui peuvent se résumer en un seul, le racisme, le mot universel, pour que nous puissions sentir le besoin de lutter contre ce mal.

Quand on parle des tribus ou des ethnies en Afrique, il y a un certain fatalisme; c’est naturel, nous sommes divisés en ethnies ou en tribus; cela nous plonge fréquemment dans le chaos mais nous n’y pouvons rien.

 

Elles sont là, nous ne pouvons pas les combattre; nous décidons de fuir… vers quoi?

Et pourtant, les intellectuels africains savent que seuls les plus chanceux d’entre ceux qui vivent en exil, arrivent à trouver un travail correspondant à leur qualification.

Certains atteindront l’âge de la retraite sans pouvoir utiliser leur savoir.

 

Pourquoi dans ce cas, ils n’essaient pas d’imaginer des solutions qui pourraient aider leurs pays à vaincre le racisme, pour pouvoir enfin les aider à se développer?

 

Le fatalisme qui consiste à dire «il est écrit là-haut que je mourrais en exil» pourrait faire place à un acharnement commun afin de supprimer le mal qui ronge nos pays et qui les empêche d’avancer.

 

Disons-nous la vérité: la communauté internationale nous trouve des solutions qui ne correspondent pas toujours à ce que nous souhaitons.

 

Si elle constate qu’elle a fait des erreurs, elle essaiera autre chose.

 

La balle est toujours dans son camp car c’est elle qui réfléchit à notre place.

Je ne vais pas terminer sans parler du Burundi, mon pays d’origine, celui que je connais le mieux. Ce pays, comme tous ceux qui connaissent périodiquement des guerres ethniques, des guerres racistes, a une culture de racisme depuis longtemps.

Sous la Monarchie, avant la colonisation allemande et la tutelle belge, le Roi tout puissant, ordonnait, le génocide d’un clan, lorsque ce dernier avait la malchance d’avoir un rebelle en son sein.

 

Ce clan, composé de plusieurs familles issues d’un ancêtre commun, était alors visé dans son entièreté.

 

Les membres qui arrivaient à fuir abandonnaient leurs terres et s’établissaient assez loin pour ne pas être reconnus. Parfois, ils étaient obligés de changer de clan et de noms pour survivre.

D’autres clans, au lieu d’être condamnés à mort, subissaient une exclusion difficile à vivre psychologiquement: les Hima étaient obligés de rester entre eux car ils n’avaient pas l’autorisation d’entrer dans les enclos des autres citoyens: toute une littérature malfaisante avait été élaborée pour faire comprendre que sur leur passage se traînaient la mort, la maladie pour les humains et le bétail, la malchance, etc…

 

Les Hutus étaient considérés comme inférieurs et lorsque le Roi se sentait redevable vis-à-vis de quelques familles, il leur accordait « le privilège d’être des Tutsi s».

Les ethnies n’étaient pas figées.

Mais aucune personne ne pouvait devenir «noble», ce titre était réservé aux descendants mâles des différents Rois ainsi qu’à leurs épouses destinées à multiplier les familles «nobles ou ganwa».

Les nobles se disaient «au-dessus» des ethnies pour mieux les dominer.

 

Les Républiques qui ont suivi la Monarchie, toutes par le plus grand des hasards, dirigées par des Hima, ont pratiqué l’exclusion des Twa, des Hutus et des Ganwa, à des degrés différents.

 

Et des Hutus n’ont pas trouvé mieux pour se défendre que des actes de génocides des Tutsis, répétés, suivis par des massacres des attaquants; et la boucle était bouclée.

Cela s’est passé à plusieurs reprises (1965,1972, 1988, 1993…) et entre deux crises, les uns et les autres vivaient comme si les tueries n’allaient plus recommencer.

 

Ils espéraient l’éradication d’un mal pour lequel personne n’avait trouvé de médicament.

 

L’exclusion et la mort comme moyens de gouverner! L’exclusion et la mort comme moyens de réclamer ses droits! L’exclusion ou la mort pour résoudre ses problèmes existentiels…

 

Le modèle n’a jamais changé: vous m’avez exclu ou pire tué des personnes de mon groupe, une fois au pouvoir je fais de même pour tous ceux qui ne sont pas de mon ethnie.

Un modèle qui doit casser pour ne pas connaître des guerres sans fin.

 

Source : Lalibre.be

08/06/2020

SYRIE/ USA: ALORS MESSIEURS DONNEURS DE LEÇON , ON FINANCE LE TERRORISME ?

Confessions d’un terroriste de Daech – Nous avons effectué de nombreuses opérations en coordination avec les forces d’occupation américaines

Publié par wikistrike.com sur 15 Mai 2020, 07:43am

Catégories : #Politique internationale, #Religion - pensées

Confessions d’un terroriste de Daech – Nous avons effectué de nombreuses opérations en coordination avec les forces d’occupation américaines

À la suite d’une opération de sécurité spéciale en collaboration avec des habitants du désert syrien (Al-Badiya), les autorités compétentes ont tendu une embuscade à la cellule terroriste de Daech, qui se compose de six membres, dont trois ont été détruits et les autres ont été arrêtés, Salah Jaber Ad-Daher nommé Abu Abdurrahman Al-Salafi, Ali Salim Yahya, surnommé Abu Al-Bara Al-Homsi et Amer Abdel-Ghaffar Naame, surnommé Abu Sawan.

 

Trois terroristes sur la chaîne de télévision As-Surya ont reconnu avoir mené diverses opérations terroristes, allant des meurtres, des exécutions et des enlèvements au sabotage et à la destruction de biens publics et privés.

 

Ils ont noté que bon nombre de ces opérations ont été menées en coordination avec les dirigeants de l’organisation terroriste Daesh et les forces d’occupation américaines déployées dans la région d’At-Tanf, à la frontière syro-jordanienne.

Le terroriste Ad-Dacher, né à Idleb en 1998, a déclaré qu’en 2018, il avait rejoint l’organisation terroriste Daesh par le biais d’un de ses proches, qui avait profité de sa situation financière difficile.

De son côté, le militant Abu Al-Bara Al-Homsi, né en 1999, habitant de Homs, a noté qu’en 2017 il avait rencontré le propriétaire d’un magasin de vêtements Firas Al-Khalid, qui lui avait offert un montant de cent à deux cents dollars et transféré dans la province de Rakka, où il a rejoint une organisation takfiri.

Abdel-Ghaffar, né à Hasak en 2001, a déclaré qu’en avril 2019, il avait contacté un parent, membre du DAISH, qui lui avait offert de l’argent et une voiture pour rejoindre les rangs de cette organisation terroriste.

Les terroristes ont noté que pendant plusieurs semaines, ils ont suivi des cours de religion et de djihad, ainsi qu’une formation sur la possession de divers types d’armes.

Ils ont indiqué que, dans les rangs de l’organisation terroriste Daech, ils avaient rencontré d’autres combattants de diverses nationalités, parmi eux des citoyens du Turkménistan, de la Tchétchénie, de l’Ouzbékistan, du Daguestan, de l’Azerbaïdjan, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Indonésie.

Des militants ont déclaré avoir participé à des attaques contre des civils dans le désert syrien à la recherche de truffes et en avoir tué 21 en plus d’opérations terroristes contre des patrouilles et des convois de l’armée syrienne.

Les terroristes ont déclaré qu’ils avaient reçu des instructions de l’armée américaine dans la région d’At-Tanf pour lancer des attaques contre les positions de l’armée arabe syrienne, en particulier dans les zones de Tadmore, de l’aérodrome T-4 et des champs pétroliers.

Selon les témoignages, ils avaient des liens avec les factions Magavir As-Saura et Kasad soutenues par les forces d’occupation américaines.

 

Les Américains leur ont fourni diverses armes et fournitures de nourriture, et ont également payé de 100 à 1 000 dollars, selon leur position.

 

source : https://fr.news-front.info

07/06/2020

L' ÉMIR D' AL-QAÎDA AU MAGREB TUÉ PAR L' ARMÉE FRANÇAISE !

 

  

 

Abdelmalek Droukdel, l'émir d'Al-Qaida au Maghreb

PORTRAIT - Combattant de la première heure, figure de l'islamisme radical africain, il était un symbole de l'emprise djihadiste sur cette partie du globe.

L'Algérien Abdelmalek Droukdel a finalement trouvé la mort dans les confins du nord Mali.
L'Algérien Abdelmalek Droukdel a finalement trouvé la mort dans les confins du nord Mali. - / AFP

L'homme était perçu comme le chef absolu du Djihad en Afrique du nord et au Sahel, l'émir des émirs d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

L'Algérien Abdelmalek Droukdel a finalement trouvé la mort dans les confins du nord du Mali, tué dans une opération de l'armée française.

Annoncée vendredi soir par la ministre des Armées Florence Parly, la disparition de cet islamiste est sans aucun doute une victoire claire pour l'opération Barkhane.

 

À voir aussi - Abdemalek Droukdal, le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, tué par l'armée française

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Abdemalek Droukdal, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, tué par l’armée française
Florence Parly, la ministre des armées, a annoncé vendredi 5 juin, la mort d'Abdemalek Droukdal, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Il a été tué par l'armée française lors d’une opération à Talhandak au Nord-Ouest du Mali.
 
 
 
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Combattant de la première heure, figure de l'islamisme radical africain, il était un symbole de l'emprise djihadiste sur cette partie du globe. Sa mort arrive quelques mois après le sommet de Pau, où la France et les pays sahéliens avaient annoncé leur intention de renforcer la lutte contre les mouvements extrémistes et d'engranger des «victoires».

«Pour autant la réalité de son pouvoir sur les groupes au Sahel n'est pas claire. Il n'avait sans doute plus vraiment de rôle sur le terrain», souligne une source proche des services algériens qui le compare à une sorte de «père distant». Abdelmalek Droukdel une «carrière» assez classique des djihadistes d'alors. Il naît en 1971 à Meftah, un bourg pauvre de la grande banlieue d'Alger. Bon élève, il intègre une école d'ingénieurs à Blida quand éclate la guerre civile en Algérie.

Son charisme naturel, sa brutalité ainsi que son éventuel passage en Afghanistan, un périple jamais confirmé, lui valent de monter dans les rangs du Groupe islamique armé

 

Sympathisant du Front islamique du Salut (FIS), il se radicalise et rejoint en 1993 le Groupe islamique armé (GIA), où ses capacités scientifiques en font un expert en explosif.

Son charisme naturel, sa brutalité ainsi que son éventuel passage en Afghanistan, un périple jamais confirmé, lui valent de monter dans les rangs du mouvement.

À la fin des années 90, il participe à la fondation du GSPC algérien (Groupement salafiste pour la prédication et le combat), sous la direction de l'émir Hassan Hattab. Les attentats s'enchaînent et Droukdel est plusieurs fois condamné à mort. Les relations au sein du GSPC vont cependant vite se dégrader.

«Droukdel reprochait à Hattab son extrême violence», souligne la source.

 

Allégeance à Ben Laden

En 2003, peu après l'invasion américaine en Irak, Droukdel et Nabil Sahraoui déposent le chef du GSPC. Droukdel en prendra seul la tête après la mort de Sahraoui et donne une inclinaison plus internationaliste au mouvement. Le GSPC qui contrôle des zones en Kabylie et dans le Sud algérien multiplie les attentats, pressure les populations et forme des combattants pour le djihad global.

Il se rapproche ainsi de Ben Laden puis lui prête allégeance en 2006 en fondant AQMI. Il prend alors le surnom de Abou Moussaab Abdel Ouadoud, en honneur à Jordanien Abou Moussaab Al-Zarkaoui, le chef d'al-Qaida en Irak dont il fait sa référence.

 

AQMi est alors au sommet de sa puissance en Algérie. Dans les années qui suivent, son emprise se relâche alors que l'armée algérienne gagne du terrain et que la politique de réconciliation nationale prônée par les autorités détourne les combattants.

Droukdel échoue également dans sa tentative de fédérer sous sa main les différents mouvements islamistes maghrébins.

Peu à peu les actions d'AQMI vont se concentrer de plus en plus vers le sud et le Sahel d'où provient désormais l'essentiel des fonds. La guerre qui éclate au Mali en 2012, où le groupe et ses alliés occupent pendant quelques mois une vaste partie du territoire, va consacrer le Sahel comme la nouvelle terre du djihad Africain.

 

L'intervention de l'armée française début 2013 va renforcer encore cette tendance. « Droukdel, qui ne connaît pas cette région va voir son autorité s'effacer au profit des chefs locaux et particulièrement de Iyad ag Ghaly qui est un Touareg malien », assure un responsable malien.

 

Découvert en 2013 à Tombouctou et dévoilé par RFI, un document signé de la main de Droukdel est la marque de cet affaiblissement.

Aucune des recommandations qu'il y fait, notamment la prudence vis-à-vis des puissances étrangères, ne sera suivie. Droukdel, que l'on disait terré en Kabylie, se montre de plus en distant.`

En 2017, il est absent de la vidéo qui annonce la fondation de Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM), un ensemble qui englobe plusieurs les mouvements sahéliens sous les ordres de Iyad ag Ghaly.

 

Le GSIM s'affilie certes à AQMI mais cela semble symbolique.

 

Droukdel n'avait plus donné de signe de vie depuis plus de deux ans, au point qu'en 2019 certains l'avaient annoncé sa disparition.

Elle n'a eu lieu en fait qu'un an plus tard.

 

La rivalité entre al-Qaida et l’EI embrase le Sahel

 

 

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Abdelmalek Droukdal, le chef d’Al-Quaïda pour toute l’Afrique du Nord et pour la bande sahélienne, l’homme le plus recherché d’Algérie depuis deux décennies, a quitté son sanctuaire de Kabylie avec son état-major pour rejoindre le nord du Mali où l’armée française l’a abattu. Il a été « neutralisé » dans la région de Tessalit, en territoire touareg, ce qui a son importance.

Deux questions se posent :
1) Pourquoi a-t-il pris ce risque ?


2) Pourquoi était-il devenu gênant pour les Algériens qui ne pouvaient pas ne pas savoir qu’il avait « bougé » ?

1) Depuis plusieurs semaines, des groupes jihadistes aux obédiences diverses et mouvantes se combattent dans la BSS (Bande sahélo-saharienne). Un conflit ouvert y a même éclaté entre l’EIGS (Etat islamique dans le Grand Sahara), rattaché à Daech, et les groupes se réclamant de la mouvance Al-Qaïda, l’EIGS accusant ces derniers de trahison.
De fait, les deux principaux chefs ethno-régionaux de la nébuleuse Al-Qaïda, à savoir le Touareg ifora Iyad Ag Ghali et le Peul Ahmadou Koufa, chef de la Katiba Macina, négocient actuellement avec Bamako.

2) L’Algérie est inquiète de voir que Daech se rapproche dangereusement de ses frontières. Or, comme elle considère le nord de la BSS comme son arrière-cour, elle y a donc toujours « parrainé » les accords de paix. Son homme sur zone est Iyad ag Ghali dont la famille vit en Algérie où il a une maison.

 

Politiquement il présente quatre avantages :
- Il est touareg ifora.
- Il est musulman « fondamentaliste ».
- En plus du soutien touareg, il dispose d’une base de popularité à Bamako avec les fidèles de l’imam Mahmoud Dicko.
- Et surtout, il est contre l’éclatement du Mali, priorité pour l’Algérie qui ne veut pas d’un Azawad indépendant qui serait un phare pour ses propres Touareg.

La négociation qui se déroule actuellement « discrètement » a pour but de régler deux conflits différents et qui, contrairement à ce qui est trop souvent écrit, ne sont pas à racine islamiste.

 

Il s’agit en effet comme je le montre dans mon livre Les Guerres du Sahel des origines à nos jours, de conflits inscrits dans la nuit des temps, des résurgences ethno-historico-politiques aujourd’hui abritées derrière le paravent islamique.

 

Ces deux conflits qui ont chacun leur propre dynamique sont :
- Celui du Soum-Macina-Liptako, qui est porté par les Peul, d’où l’importance d’Ahmadou Koufa.


- Celui du nord Mali, qui est l’actualisation de la traditionnelle contestation touareg, d’où l’importance d’Iyad ag Ghali.

 

Or, Abdelmalek Droukdal qui était opposé à ces négociations, avait décidé ou bien avait été « persuadé » de se rendre sur zone, peut-être pour rétablir un modus vivendi avec Daech. Mais, surtout, pour reprendre en main et imposer son autorité, à la fois à Ahmadou Koufa et à Iyad ag Ghali.

Il était donc l’obstacle au plan de paix régional visant à isoler les groupes de Daech afin de régler à la fois le problème touareg malien et le problème peul couvrant le sud du Mali ainsi que le nord du Burkina Faso. Voilà pourquoi il est mort.

La stratégie du saucissonnage des groupes terroristes a donc réussi. Elle prouve deux choses :

1) L’Algérie est rentrée dans le conflit.
2) Les militaires français qui ont mené l’opération ont appliqué la maxime de Kipling qui est que « Le loup afghan se chasse avec le lévrier d’Afghanistan ». En d’autres termes, et je ne cesse de le dire depuis le début du conflit, une connaissance fine des populations concernées est indispensable

Si la stratégie actuelle était couronnée de succès, le retour dans le jeu politique des Touareg ralliés au leadership d’Iyad ag Ghali, et de ceux des Peul suivant Ahmadou Koufa, permettrait de concentrer tous les moyens sur l’EIGS, avec un glissement des opérations vers l’est de la boucle du Niger et de la BSS.

Le problème va désormais être de savoir si le Fezzan Libyen échappe au général Haftar (voir mon communiqué du 28 mai 2020). Si tel était le cas, la Turquie, notre « bon » et « loyal » allié au sein de l’OTAN, aurait donc un couloir direct permettant à ses services d’aider les combattants de l’EIGS.

 

Il serait alors impératif de reprendre le contrôle physique de la région de Madama afin d’éviter un réensemencement du terrorisme via la Libye.

 

Plus d'informations sur le blog de Bernard Lugan

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05/06/2020

LA FRANCE ET L' OTAN ! UNE NECESSAIRE REDÉFINITION ......

La France et l’OTAN : une nécessaire redéfinition de leurs rapports

 
 
 

Sous le titre « Œuvrer pour un ordre international différent : Une grande ambition pour la France et l’Europe », le Cercle de réflexion interarmées, qui se définit comme « une entité indépendante de réflexion sur tous les problèmes liés à la Défense n’exprimant pas la doctrine officielle », a rédigé une analyse (la télécharger ici) visant « à mettre en lumière le danger que représente, pour les Européens et le monde, la doctrine d’emploi du nucléaire US qui se met en place – en concepts d’emploi, en structure, en moyens – et mise en application dans les exercices de l’OTAN auxquels la France participe, en considérant que la Russie est “l’ennemi”. »

 

Après la première partie intitulée « Et si le coronavirus aidait la France à mettre fin à une longue suite de renoncements », nous publions ici un résumé de la seconde partie intitulée « Du danger de la stratégie nucléaire américaine pour l’Europe et le Monde », qui dénonce la nouvelle guerre froide vers laquelle les USA, à travers l’OTAN, entraînent l’Europe à devenir un champ de bataille nucléaire potentiel lors d’un affrontement avec la Russie.

La troisième, intitulée « Vers une autonomie stratégique européenne » s’efforce de tracer les voies pour parvenir à cette autonomie dans les domaines politiques, militaires, économiques et culturels. Elle sera publiée ultérieurement.

 

Opposée à la bataille nucléaire et à la riposte graduée formalisée par Mac Namara, car portant en germe le risque d’escalade, la France devenue puissance nucléaire, a formalisé la notion d’« ultime avertissement ».

Contrairement à l’approche des USA et de l’OTAN, ce refus de toute bataille nucléaire est un invariant du concept français, la seule évolution étant sémantique : tactique-préstratégique-ultime avertissement.

La frappe d’ultime avertissement est toujours unique, non renouvelable mais, depuis 1995, elle est « adaptée » quant au choix des cibles retenues par le président de la République.

 

Or le nouveau concept US intègre d’emblée dans la confrontation militaire une bataille nucléaire de l’avant conçue comme un continuum de l’engagement conventionnel avec l’emploi possible de charges nucléaires de faible puissance sur la ligne de front.

Cet engagement provoquerait une riposte russe immédiate et une escalade nucléaire impliquant tous les membres de l’OTAN du fait que les frappes occidentales auraient lieu directement sur le sol russe et non plus comme au temps de la guerre froide sur les territoires des ex-pays satellites du Pacte de Varsovie.

 

La France, comme membre de l’organisation militaire se retrouverait gênée voire empêchée de mettre en œuvre sa propre manœuvre dissuasive et l’ultime avertissement perdrait toute la signification que nous voulons lui donner, puisque, noyé dans un combat nucléaire de l’avant, il ne serait plus « qu’un coup parmi d’autres » qui, eux, nous échapperont complètement.

Non seulement le concept otano-américain est en opposition frontale avec le principe même de la dissuasion française rappelé par le président de la République à l’École de guerre, mais surtout il rend caduque toute possibilité de l’ultime avertissement unique que nous prônons.

Cette contradiction entre notre stratégie nationale et la doctrine nucléaire américaine, se trouve désormais renforcée par le changement de nature du bouclier anti-missile américano-otanien, qui apparaît de facto comme véritablement antirusse.

En effet, cette défense antimissile balistique en Europe (BMDE), lancée en 2009 contre la « menace iranienne », concrétise la volonté des États-Unis et de l’OTAN de rendre possible la création d’un champ de bataille sur les frontières orientales de l’Union européenne, protégé contre toute riposte russe afin de permettre ainsi le « bon déroulement » de la bataille de l’avant, y compris nucléaire.

 

Dans ce nouveau contexte, l’insertion dans ce bouclier anti-balistique de l’OTAN de certains des moyens français – logique à l’époque (contre la menace iranienne alléguée) pour la protection du territoire national – va désormais changer complètement de nature, puisqu’elle va cautionner ce concept américain du champ de bataille nucléaire de l’avant en participant à sa protection et ce sur la frontière russe !

 

De purement défensive, notre position ne manquera pas d’apparaître offensive et agressive pour la Russie.

 

Nous sommes clairement là face à un double empêchement :

– Celui d’exercer notre stratégie de dissuasion nucléaire et de mettre en œuvre l’ ultime avertissement,
– et celui d’un rapprochement avec la Russie.

Il est donc grand temps pour notre pays de sortir de ce piège.


Le premier pas, même symbolique, serait le refus de laisser l’armée française participer à tout exercice OTAN de ce type, sur les frontières de la Russie.

Mais au-delà, pour frapper les esprits et permettre l’établissement de ce nouvel ordre international que le président de la République appelle de ses vœux en œuvrant pour une plus grande autonomie de l’Europe, faudra-t-il, tout en restant fidèle à nos alliés, en venir à une nouvelle sortie, comme en 1966, de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN ?

La France a toujours été un allié fidèle.

Elle a, à travers tous ses gouvernements, continué à affirmer sa liberté d’appréciation et de pensée, mais elle n’a jamais trahi la cause européenne, ni ses alliés, au premier rang desquels les États-Unis, quand la cause était juste.

 

La France, première puissance militaire d’Europe malgré ses faiblesses (faiblesses numériques en hommes et matériels), est présente sur tous les segments de combat.

 

Possédant des forces intégrables, fréquemment intégrées, fidèles et fiables, présentes et de valeur reconnue sur tous les théâtres d’opérations, elle est la seule puissance européenne dotée d’armes nucléaires indépendantes.

 

De fait aujourd’hui, la vraie question est de savoir si la France doit poursuivre une politique qui la conduit au bord de la schizophrénie : comment peut-on, à la fois, garder son libre arbitre quant à la manière de défendre ses intérêts vitaux par une stratégie dissuasive s’appuyant notamment sur des forces nucléaires indépendantes, et « en même temps », comme membre de l’organisation militaire intégrée, dépendre des États-Unis seuls maîtres de l’engrenage de la bataille de l’avant vers l’option nucléaire ?

 

Pour toutes ces raisons, il est de son devoir, d’aucuns diront qu’il est du génie de la France, de savoir dire non à la poursuite de la politique américano-otanienne de provocation et de création artificielle de l’ennemi russe, suicidaire pour l’Europe et pour le monde.

 

Pour le Cercle de Réflexions Interarmées.

Général (2S) François Torrès, Général (2S) Jean-Claude Rodriguez, Général (2S) Jean-Serge Schneider, Général (2S) Grégoire Diamantidis, Général (2S) Marc Allamand, Général (2S) Jean-Pierre Soyard, Contre-Amiral (2S) François Jourdier, Général (2S) Jean-Claude Allard, Général (2S) Christian Renault, Capitaine de Vaisseau (ER) Alexis Beresnikoff, Monsieur Marcel Edouard Jayr.

Illustration : DR


[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

   

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SOULÉVEMENT: AUX U S A DES MENACES DE REPRESSION PAR LE RECOURS À L' ARMÉE !

4.juin.2020 // Les Crises
 

États-Unis : Les menaces de répression par le recours à l’armée

 

Source : Consortium News
Traduit par l’équipe Les-Crises

Donald Trump a récemment menacé de libérer « le pouvoir illimité de l’armée » pour réprimer le soulèvement du Minnesota.

Pour Joe Lauria, rédacteur en chef de Consortium News, le président américain a ainsi mentionné le recours à l’armée américaine pour « envahir » un État sans le consentement d’un gouverneur.

 

Le président Donald Trump a menacé d’envoyer l’armée américaine en « service actif » au Minnesota, afin de réprimer le soulèvement contre le meurtre d’un Afro-Américain non armé par la police, même dans le cas où le gouverneur de l’État serait en désaccord.

 

Il a fait connaître son intention dans une série de tweets :

 

Lorsque Trump écrit « nous allons prendre le contrôle« , cela signifie clairement prendre le contrôle du gouvernement fédéral.

Car la Garde nationale de chaque État est sous l’autorité du gouverneur de l’État.

Le Washington Post a rapporté que l’administration Trump avait proposé « l’utilisation de soldats en service actif et de renseignements« , y compris « certaines forces mises en alerte pour être déployées« .

Le New York Times et d’autres médias ont déclaré qu’une « police militaire » était en cours de préparation par le Pentagone, et qu’un tel déploiement serait le premier depuis les soulèvements de Rodney King à Los Angeles en 1992.

Les menaces de Donald Trump quant au déploiement de troupes fédérales soulèvent la question juridique de savoir si l’armée fédérale américaine peut être déployée sur le sol américain à des fins de maintien de l’ordre.

 

Occuper le Sud

Après que les troupes fédérales aient réprimé la rébellion confédérée en 1865, elles ont continué à occuper les États du sud pendant douze ans.

Lorsque l’élection présidentielle de 1876 entre le républicain Rutherford B. Hayes et le démocrate Samuel J. Tilden s’est terminée dans une impasse virtuelle, avec 20 votes électoraux non résolus, les États du Sud ont permis à Hayes de devenir président en échange du retrait des troupes fédérales dans ce qui est devenu le Compromis de 1877.

 

Après que Hayes ait rapidement renié l’accord et déployé des troupes fédérales pour mettre fin à la grande grève des chemins de fer de 1877, le Congrès a adopté le Posse Comitatus Act de 1878 pour codifier l’accord.

 

La loi se lit aujourd’hui comme suit :

« Quiconque, sauf dans les cas et circonstances expressément autorisés par la Constitution ou la loi du Congrès, utilise délibérément une partie de l’armée de terre ou de l’armée de l’air en tant que posse comitatus (=force de police) ou autrement pour exécuter les lois sera condamné à une amende en vertu du présent titre ou à une peine d’emprisonnement de deux ans au maximum, ou aux deux. »

 

Les exceptions autorisées par le Congrès seraient cruciales.

En 1957, le président Dwight D. Eisenhower a trouvé une exception à la loi pour renvoyer les troupes fédérales au sud de Little Rock, Arkansas, afin d’imposer la déségrégation des écoles, après que le gouverneur ait refusé d’obéir à une décision de la Cour suprême de 1954 jugeant la ségrégation scolaire inconstitutionnelle.

Eisenhower s’est appuyé sur les lois de 1870 et 1871 qui ont renforcé les droits des « Noirs » (droit de vote, emploi, jurys, protection égale au regard de la loi).

 

Les émeutes de 1967 à Detroit

En juillet 1967, le président Lyndon Johnson a envoyé 5 000 soldats fédéraux à Detroit, dans les 82e et 101e divisions aéroportées, après que le gouverneur du Michigan eut demandé de mettre fin à cinq jours d’émeutes déclenchées par un raid de police dans un bar afro-américain non autorisé à ouvrir après les heures de travail.

Johnson a déclaré sur la télévision nationale qu’il agissait en vertu de la « Constitution » et des « lois », sans toutefois les nommer.

Le gouvernement du Michigan, George Romney, avait déclaré un « état d’insurrection ». Dans son décret, Johnson a cité le chapitre 15 – Soutien militaire aux forces de l’ordre civiles – du titre 10 du code des États-Unis.

Le soulèvement de Detroit a été le pire que les États-Unis aient connu depuis l’émeute de 1863 à New York. Au bout de cinq jours, 41 personnes sont mortes et plus de 1 300 bâtiments ont brûlé.

En 1992, le président George H.W. Bush a déployé 4 000 soldats de l’armée et des Marines à Los Angeles pour réprimer les émeutes qui étaient survenues après l’acquittement des policiers qui avaient battu Rodney King. L’exception de Bush a été d’invoquer l’Insurrection Act de 1807. Ce dernier proclame les choses suivantes :

« Chaque fois que le Président considère que des obstructions, combinaisons ou assemblages illégaux, ou une rébellion contre l’autorité des États-Unis, rendent impossible l’application des lois des États-Unis dans un État par le cours normal des procédures, il peut faire appel au service fédéral de la milice de tout État et utiliser les forces armées qu’il juge nécessaires pour faire appliquer ces lois ou pour réprimer la rébellion. »

La loi n’exige pas l’accord des autorités locales pour que le président déploie des troupes pour réprimer une insurrection.

En 2006, le fils de Bush, George W. Bush, a demandé avec succès au Congrès d’étendre la loi sur l’insurrection pour permettre le déploiement de troupes fédérales en cas de catastrophe naturelle ou d’attaque terroriste, affaiblissant ainsi l’objectif du Posse Comitatus Act.

 

Lorsque Barack Obama a signé le Defense Authorization Act 2012 à la veille du Nouvel An 2011, il a accepté d’autoriser la détention militaire indéfinie de civils aux États-Unis et partout à l’étranger. « Il existe un débat public important et une incertitude quant à savoir si les sections 1021 et 1022 de la NDAA pourraient être lues même pour abroger le Posse Comitatus Act et autoriser la détention militaire indéfinie sans accusation ni procès aux États-Unis« , a déclaré l’Union américaine des libertés civiles.

 

Compte tenu de ce contexte légal, il semble que Donald Trump pourrait donner suite à sa menace, même si les autorités locales ne sont pas d’accord.

Francis Boyle, professeur de droit international à l’université de l’Illinois, a déclaré que le procureur général William Barr « a travaillé pour [H.W.] Bush, il a déjà fait cet exercice auparavant et est conscient de ce qui s’est passé, des précédents juridiques et de l’autorité. Je suis sûr qu’il a informé Trump qu’il peut tirer la gâchette fédérale s’il le souhaite, peu importe ce que veut le gouverneur du Minnesota« .

 

« Je pense que Trump le fera probablement« , a déclaré M. Boyle. « Ça le fait ressembler au gars de la loi et de l’ordre pour sa campagne. Ça distrait de sa gestion désastreuse du Covid-19. » Jusqu’à présent, Trump semble satisfait de la « performance » de la Garde nationale du Minnesota.

 

 

Mais il est effrayant de penser qu’il dispose des exceptions légales pour rassembler une troupe et l’envoyer à Minneapolis ou dans l’une des 48 villes en feu.

 

Source : Consortium News
Traduit par l’équipe Les-Crises

04/06/2020

GÉOPOLITIQUE : AU SEIN D' UN MOYEN-ORIENT COMPLIQUÉ ......

03/06/2020

BRÉSIL: GLOBALISATION DE LA CONTESTATION......

Globalisation de la contestation

Au Brésil, militants antifascistes et mouvements d’émancipation défient le président Bolsonaro

par Rachel Knaebel

 

 

Pendant que les États-Unis se soulèvent contre le racisme, au Brésil, des clubs de supporters de foot antifascistes manifestent contre le président d’extrême droite et convergent avec d’autres mouvements sociaux.

Tout est parti d’une attaque de militants d’extrême droite contre des supporters de foot du mythique club Corinthians, de São Paulo – club dont les joueurs et les supporters étaient à la pointe de la lutte contre la dictature militaire au début des années 1980 [1].

 

Ce 31 mai, en réaction à cette agression, des groupes antifascistes de supporters de foot ont manifesté contre le président brésilien Jair Bolsonaro et pour la démocratie dans plusieurs grandes villes du Brésil : São Paulo, Rio de Janeiro, Porto Alegre, Curitiba, Belo Horizonte, Salvador…

« En utilisant la pandémie pour faire avancer son projet autoritaire, Bolsonaro pousse le Brésil au bord du gouffre », a déclaré la députée fédérale du parti de gauche PSOL Sâmia Bomfim, qui a manifesté aux côtés des supporters à São Paulo, au journal El Pais Brasil [2].

La manifestation pauliste a été violemment dissipée par la police, rapportent des journaux brésiliens [3].

À Rio de Janeiro, les groupes de supporters défilaient aux côtés des activistes du mouvement noir. La manifestation a également été réprimée.

 

Les activistes y ont repris le slogan « Les vies noires importent », clamé par le mouvement Black Lives Matter né aux États-Unis, pour protester contre les homicides commis par la police dans les favelas.

 

Un jeune adolescent noir, João Pedro Matos Pinto, 14 ans, a été tué mi-mai dans son salon par une balle dans le cadre d’une intervention policière. « Droit de tuer », titrait le New York Times le 18 mai, analysant dans un reportage les très nombreux cas d’homicides perpétrés par les forces de police dans les quartiers pauvres de Rio : 1814 personnes ont été tuées par la police l’année dernière, rien qu’à Rio.

En tout, 6200 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre brésiliennes en 2018, un chiffre tragiquement spectaculaire, en en constante augmentation, au point que certains observateurs évoquent des « exécutions extrajudiciaires de masse ».

 

Les victimes de violences policières létales sont en grande majorité noires, et jeunes (moins de 29 ans), selon les données recueillies par l’Observatoire de la démocratie brésilienne.

Des dizaines de demandes de destitution

Un manifeste pour la démocratie lancé fin mai a recueilli plus de 250 000 signatures. « Nous sommes des citoyens, des entreprises, des organisations et des institutions brésiliennes et nous faisons partie de la majorité qui défend la vie, la liberté et la démocratie », déclare le manifeste.

« Nous exigeons que nos représentants et dirigeants politiques exercent leur rôle avec détermination et dignité face à la crise sanitaire, politique et économique dévastatrice que traverse le pays », dit le texte qui appelle à l’union de la gauche, du centre et de la droite pour défendre la démocratie face au président d’extrême droite et à son gouvernement composé en partie de militaires.

« Nous avons des idées et des opinions différentes, mais nous partageons les mêmes principes éthiques et démocratiques. »

 

Au Parlement, plus de 30 demandes de destitution du président ont été déposées. Au Brésil, n’importe quel citoyen peut déposer une demande d’« impeachment ».

Le Parlement n’est pas obligé de les examiner, mais celles-ci s’accumulent depuis plusieurs semaines. Le site d’informations Agência Pública les a listées. Certaines sont déposées par des partis de gauche, une par l’association de la presse brésilienne.

D’autres viennent d’anciens alliés de Bolsonaro, ou encore de citoyens, comme des avocats et des médecins.

Les raisons de leurs demandes d’« impeachment » sont diverses. Plusieurs réclament la destitution du président pour avoir interféré avec une procédure de la police fédérale (c’est la raison qu’a donnée l’ancien ministre de la Justice, Sergio Moro, pour justifier sa démission, fin avril).

Plusieurs demandes visent l’attitude du président dans la pandémie : comme son homologue Donald Trump, il nie la dangerosité du virus, refuse les mesures de confinement, prend des bains de foule pendant que le nombre des infections monte en flèche. Les cas de contaminations enregistrées ont dépassé le demi-million, avec au moins 30 000 morts - des chiffres très largement sous-estimés.

D’autres procédures se réfèrent aux attaque de Bolsonaro contre la presse, à ses apologies de la dictature militaire, à sa présence dans des manifestations antidémocratiques.

Il y a quelques jours, le président brésilien a fait référence à Mussolini, le dictateur fasciste italien.

Lorsque Trump a annoncé dans un tweet vouloir déclarer le mouvement « Antifa » – dont les militants états-uniens participent aux manifestations de révolte contre la mort de George Floyd, tué par la police à Minneapolis – comme une organisation terroriste, le fils de Bolsonaro, lui-même député fédéral, a dit que le Brésil devrait faire de même.

 

Les mouvements antifascistes brésiliens annonce de nouvelles manifestations dans les jours à venir dans tout le pays.

Rachel Knaebel (avec Ivan du Roy)

Photo d’archive (2019)/ CC Midia Ninja