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28/07/2018

SYRIE : UNE COALITION ARABO-KURDE À DAMAS .....

27 juillet 2018
La coalition arabo-kurde est à Damas pour entamer des pourparlers avec le gouvernement syrien

Alors que Washington et la Turquie se sont entendus sur le dos des Kurdes, une délégation des Forces démocratiques syriennes, coalition arabo-kurde, est à Damas pour entamer des négociations sur l'avenir du nord et de l'est de la Syrie.

En Syrie, les rapports de force sont en constante évolution. Bien qu'à l'origine de la scission de facto d'une large portion du territoire syrien au nord et à l'est du pays, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont accepté le dialogue par le biais de leur bras politique : le Conseil démocratique syrien.

D'après le co-président de ce conseil Riad Darar, une délégation, qui comprend plusieurs responsables politiques et militaires de haut rang, est à Damas ce 27 juillet «à l'invitation du gouvernement». «Nous œuvrons en faveur d'une solution concernant le nord syrien», a-t-il déclaré, cité par l'AFP. Riad Darar a émis l'espoir que les discussions à Damas soient «positives», en insistant sur l'absence de toute «condition préalable aux négociations».

Ce rapprochement pourrait marquer un tournant significatif alors que Damas martèle, depuis le début du conflit en 2011, sa détermination à préserver l'intégrité et la souveraineté du territoire syrien. Fin mai 2018, fort des avancées de l'armée syrienne, Bachar al-Assad avait prévenu qu'il pourrait recourir à la force contre les FDS, afin de reprendre les régions qu'elles contrôlent.

Mais, déjà, sans exclure toutefois la tenue de négociations. «Nous avons d'abord ouvert la voie à des négociations car la majorité des membres [des FDS] sont des Syriens», avait déclaré le dirigeant syrien, conformément à une conception unitaire et non communautariste de son pays. Et Bachar el-Assad d'ajouter : «Si cela ne marche pas, nous allons libérer nos territoires par la force. Nous n'avons pas d'autre solution». Peu après, le Conseil démocratique syrien avait fait savoir qu'il était prêt à engager «des pourparlers sans conditions» avec le gouvernement syrien.

Retournement d'alliance des Kurdes, jusque-là soutenus par Washington ?

Forte du soutien des Occidentaux et des Etats-Unis, la coalition arabo-kurde a instauré une autonomie sur des territoires, au nord et à l'est du fleuve Euphrate. Ces régions, riches en hydrocarbures représentant plus d'un quart de la superficie de la Syrie. Les FDS contrôlent aussi la ville de Raqqa, prise en octobre 2017 aux djihadistes de Daesh.

Pour autant, dans le conflit syrien où nombreux sont les belligérants à s'y être invités, le bras de fer entre la Turquie et les Etats-Unis du début de l'année 2018 a affaibli la position des Forces démocratiques syriennes. Aux dépens des Kurdes, Washington et Ankara se sont entendus en juin dernier pour se partager le contrôle du nord de la Syrie. En juin dernier, l'armée turque a pris le contrôle de la ville de Minbej en juin dernier.

Les Unités de protection du peuple kurde (YPG), jusque-là soutenues par Washington mais qui sont la bête noire du président turc Recep Tayyip Erdogan, avaient dû se retirer de la ville. Trois mois plutôt, en mars, afin de prévenir la formation d'un Kurdistan en Syrie, l'armée turque, conjointement à l'Armée syrienne libre (ASL) pro-turque conquérait l'enclave d'Afrin. Damas avait alors condamné une «occupation turque».

Plus de sept ans après le début de la guerre en Syrie, par pragmatisme face à l'ingérence des Etats-Unis et de la Turquie, Damas comme les combattants kurdes se trouvent ainsi quelque intérêt commun.

 

source

22/07/2018

SYRIE: LES CASQUES BLANCS ÉVACUÉS PAR LES ÉTATS-UNIS ......

Les États-Unis se pressent pour évacuer les Casques blancs du sud-ouest de la Syrie

Publié par wikistrike.com sur 22 Juillet 2018, 09:48am

Catégories : #Politique internationale

Les États-Unis se pressent pour évacuer les Casques blancs du sud-ouest de la Syrie

 

 

Les États-Unis et leurs alliés ont intensifié leurs plans pour évacuer des centaines de membres des Casques blancs et leurs familles du gouvernorat de Quneitra, dans le sud de la Syrie, alors que les forces syriennes continuent de nettoyer la zone des forces antigouvernementales, ont déclaré des responsables étatsuniens à l’Associated Press (AP).

 

Deux responsables étatsuniens anonymes, qui connaissent bien les plans d’évacuation, ont fait remarquer que les États-Unis et leurs alliés britanniques et canadiens dirigeaient l’opération d’évacuation des membres de l’ONG hors de Syrie vers les pays voisins, puis vers les pays d’Europe occidentale, y compris le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et peut-être le Canada.

 

Les responsables et un membre du groupe de l’AP ont déclaré que l’opération était susceptible d’avoir lieu bientôt en raison de l’effort continu de l’armée syrienne pour expulser les militants du sud de la Syrie.

« Ce sont des heures et des minutes difficiles. C’est le pire jour de ma vie. J’espère qu’ils nous sauveront avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré un membre des Casques blancs.

La planification de l’opération aurait été accélérée après le sommet de l’OTAN de la semaine dernière. `

 

L’évacuation devrait se faire à partir de la petite zone de terre contrôlée par les militants qui reste entre la Syrie et le Golan occupé par Israël, près d’une ligne de désengagement que Tel-Aviv a mise en place en 1974 après la guerre du Yom Kippour de 1973.

 

Les États-Unis ont temporairement gelé 200 millions de dollars de financement pour des programmes de stabilisation impliquant la Syrie plus tôt cette année, alors que le président Trump a parlé de se retirer de la Syrie après la défaite de l’Etat islamique (EI)*, mais ils sont allés de l’avant avec le déblocage de 6,6 millions de dollars pour les Casques blancs le mois dernier.

 

Damas a publié une critique cinglante de la décision étatsunienne, accusant Washington et ses alliés de soutenir un groupe qui constitue une « incarnation flagrante du soutien des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et d’autres États pour divers types de terrorisme dont la Syrie a été témoin depuis 2011″.

 

Plus tôt, des sources militaires s’adressant à Sputnik Arabic ont averti que leur surveillance du groupe les a amenés à conclure qu’ils pourraient préparer une nouvelle attaque chimique sous faux drapeau au beau milieu de l’avancée de l’armée syrienne.

* Organisation terroriste, interdite en Russie

 

Article originel : US rushing to evacuate White Helmets from southwest Syria
Sputniknews

20/07/2018

L' OTAN, L' EUROPE ET LA RÉPONSE DE POUTINE ......

19 juillet 2018
Poutine promet une réponse symétrique à l'extension de l'OTAN aux frontières russes

 

Devant 163 ambassadeurs de Russie à Moscou, Vladimir Poutine a dressé la liste des enjeux pour la diplomatie russe et notamment le défi que constitue l'OTAN.

D'après lui, le sommet de l'Etat américain semble être le théâtre de forces antagonistes.

Le président russe, Vladimir Poutine, a prononcé ce 19 juillet un discours devant 163 ambassadeurs de Russie à l’occasion de leur réunion biennale au ministère russe des Affaires étrangères à Moscou.

Commentant la montée en puissance de l'OTAN dirigée par les Etats-Unis, le président russe a déclaré que la Russie répondrait de façon symétrique à l'établissement de nouvelles bases à proximité des frontières de la Fédération de Russie.

«Nous répondrons de façon proportionnelle aux manœuvres agressives qui représenteraient une menace directe pour la Russie», a prévenu Vladimir Poutine, cité par l'agence Tass.

«Nos interlocuteurs qui parient sur une exacerbations des sanctions, ou qui tentent, disons, d'attirer l'Ukraine ou la Géorgie dans l'orbite de l'Alliance [OTAN] devraient réfléchir aux conséquences possibles d'une telle politique irresponsable», a-t-il martelé.

Plutôt qu'une remilitarisation du continent européen sous impulsion de l'OTAN, Vladimir Poutine a prôné plus de coopération entre la Russie et les pays européens.

 

La diplomatie russe face à un président américain assiégé

 

Le président russe a également semblé faire allusion au comportement erratique de son homologue américain Donald Trump, qui est revenu sur ses déclarations concernant la supposée ingérence russe dans l'élection américaine de 2016, après les récriminations d'une grande partie de la classe politique américaine.

«Nous voyons qu'il y a des forces aux Etats-Unis qui sont prêtes à facilement sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions», a assuré le président russe.

«On nous a enseigné que les dirigeants devaient toujours privilégier les intérêts de leur nation.

Mais ce n'est pas le cas [aux Etats-Unis]», a-t-il déploré avant de détailler : «Les caricaturistes pourraient les décrire comme des "personnes faibles et pathétiques", mais ils ne sont rien de tout ça.

Au contraire, ils sont très puissants, puisqu'ils parviennent à pousser des millions de leur compatriotes à croire à des histoires qui défient la raison.»

 

Nous voyons qu'il y a des forces aux Etats-Unis qui sont prêtes à facilement sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions

Depuis le sommet le 16 juillet à Helsinki où il a rencontré Vladimir Poutine, le président américain est sous le feu de critiques dans son pays, y compris dans son propre camp, pour ses déclarations jugées trop conciliantes vis-à-vis du maître du Kremlin.

Le tête-à-tête d'environ deux heures entre les deux dirigeants, en l'absence de leurs conseillers, fait désormais l'objet d'intenses conjectures.

Certains élus ont même demandé que l'interprète de Donald Trump soit interrogée par le Congrès.

«La Russie reste néanmoins ouverte à un renforcement des contacts avec les Etats-Unis, sur la base de l'égalité et des avantages mutuels», a toutefois rappelé Vladimir Poutine, alors que la diplomatie russe s'est habituée aux volte-faces américaines, notamment sur le dossier syrien. 

«Nous en avons parlé bien évidemment au cours de la rencontre avec le président américain Donald Trump», a-t-il ajouté.

 

source    http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/07

18/07/2018

GÉOPOLITIQUES : CRIMES DE GUERRE AU YEMEN ! A QUI PROFITTENT CES CRIMES ???

18.juillet.2018 // Les Crises
 

“Il nous a fallu plus d’une semaine pour retrouver tous les morceaux des cadavres” Par Alex Potter

 

Source : The Intercept, Alex Potter, 16-06-2018

Photo: Alex Potter pour The Intercept

Le 23 avril, les villageois d’Al-Raqah, dans le nord du Yémen, étaient réunis pour célébrer le deuxième mariage de la ville en deux jours. Ils étaient venus à pied depuis les villes des alentours pour chanter, danser et féliciter le marié de 20 ans, Yahya Ja’afar.

La fête était simple : une tente de mariage constituée de grosses branches et de tissu coloré, la maison d’une pièce du couple, remplie d’hommes et de garçons jouant du tambour et portant des couronnes de jasmin sur la tête, les femmes de l’autre côté de la colline dans une autre tente, chantant et dansant pareillement. Personne n’a entendu le bruit de l’avion de guerre qui tournait au-dessus de la tête, couvert par la musique.

« On chantait et on dansait, la fête touchait à sa fin. Nous étions sur le point de partir », a dit Saleh Yahya, un villageois de 35 ans. « Puis, tout à coup, j’étais par terre, je n’entendais plus rien.

Nous avons totalement perdu le contrôle de nos sens. Il y avait des morceaux de corps autour de moi, je cherchais juste mes enfants ».

Il en a trouvé un entier et vivant ; le corps de l’autre était définitivement brisé.

Le tambourin dont le marié avait joué et les couronnes que portaient les invités au mariage, au milieu des décombres le 6 mai 2018.
Photos: Alex Potter pour The Intercept

Le missile a frappé vers 23 heures, tuant 23 des convives et en blessant plus de 60, selon les villageois qui se sont confiés à The Intercept. La plupart des corps étaient en lambeaux.

« Il nous a fallu plus d’une semaine pour retrouver tous les morceaux des cadavres », a déclaré Saleh Yahya lors d’une interview à Al-Raqah le 6 mai, deux semaines après la frappe.

Al-Raqah n’apparaît pas sur la plupart des cartes ; ce n’est rien qu’un point à flanc de colline à deux heures et demie de la ville de Hajjah, et à plus d’une heure de toute route goudronnée.

Pour se rendre à Al-Raqah, on suit le lit rocheux et presque sec d’une rivière, et les indications des habitants. Il y a peu de véhicules dans les environs, hormis de temps à autre une moto ; toute autre chose ne résisterait pas sur un terrain aussi accidenté.

C’est un endroit pour les agriculteurs, pas pour les combattants.

Des yéménites montrent les cicatrices d’un jeune homme blessé par des éclats le 6 mai 2018 dans le village d’Al-Raqah, district de Bani Qais, Hajjah, Yémen. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Pourtant, pour une raison indéterminée, le mariage de Yahya Ja’afar et de son épouse Fatum Allam est entré dans le collimateur de la coalition de 10 pays, dirigée par l’Arabie Saoudite, qui mène depuis trois ans au Yémen une guerre dévastatrice.

L’objectif de la coalition est de mater les Houthis, un groupe politico-religieux yéménite qui a pris le pouvoir en 2014 et chassé le président, allié des saoudiens. La coalition, appuyée par l’armée américaine en matière d’approvisionnement en carburant, en munitions et de renseignements sur les cibles, a impitoyablement bombardé le pays.

Cette semaine, la coalition a envahi la ville portuaire de Hudaydah contrôlée par les Houthi, une attaque dont beaucoup craignent qu’elle n’aboutisse à une catastrophe humanitaire.

Au total, plus de 10 000 civils ont déjà été tués au cours de la guerre, majoritairement par les frappes aériennes de le coalition, selon les Nations Unies.

L’Arabie saoudite a été largement condamnée et accusée de crimes de guerre pour avoir touché des objectifs civils comme les maisons, les écoles, les marchés, les hôpitaux – et les mariages.

Un pont qui relie Hajjah au district de Bani Qais est partiellement détruit après une frappe aérienne le 6 mai 2018. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Les Saoudiens n’ont fourni aucune explication concernant l’attaque d’Al-Raqah (une demande de commentaires à l’ambassade saoudienne à Washington est restée lettre morte.)

Les hommes d’Al-Raqah affirment ne pas porter d’armes (je n’en ai vu aucune pendant ma visite), et aucun combattant n’a assisté au mariage. Dans le village, tous les hommes portaient un simple sarong et une chemise boutonnée, rien qui laisse supposer une appartenance à l’armée.

Certains ont insisté pour me montrer l’intérieur de leur maison, et le peu qu’ils possédaient : un lit ou deux, des sacs de nourriture et quelques ustensiles de cuisine.

Selon des témoins oculaires auxquels j’ai parlé, lorsque la frappe qui a touché Al-Raqah, les femmes ont fui la fête, criant, cherchant leurs enfants et leurs parents.

Les secouristes arrivés des villages voisins pour porter assistance ont dit aux autres de courir, car les avions tournoyaient encore au-dessus de leur tête.

Rendus sourds par l’explosion, les membres de la famille les ont ignorés et ont continué à sortir des décombres les corps de leurs proches. Les ambulances en provenance de Hajjah ont mis des heures à arriver, retardées par le terrain difficile.

Saleh Yahya, 35 ans, marche dans l’un des cimetières où ont été enterrées les victimes de la frappe qui a touché le mariage. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Alors que nous parlions sur le lieu du bombardement, Othman Ali, , un homme de 35 ans, mince, portant un chapeau de paille, tenait la main de son fils.

« Tout a basculé, d’un jour de liesse à une catastrophe », a-t-il dit. « Les femmes sont terrifiées. La plupart d’entre elles ne veulent plus sortir de la maison pour travailler, et certaines d’entre elles, lorsqu’elles entendent un bruit fort, se font pipi dessus ».

Davantage de villageois sont apparus, chacun voulant décrire ce qui lui était arrivé, chacun dans l’attente de réponses.

Tous ceux avec qui j’ai parlé avaient encore des problèmes d’audition, surtout le marié, Ja’afar, qui a survécu au bombardement. Son frère, Ali, lui parla à l’oreille et lui fit signe de venir.

Nous sommes allés chez ses parents, où lui et Allam vivent désormais, leur maison ayant été touchée par la frappe (Allam était initialement présumé mort).

Le propos de Ja’afar était un peu décousu, comme celui de quelqu’un qui peine à s’entendre dans le vacarme d’une pièce, sauf que la petite maison toute simple était complètement silencieuse.

Yahya Ja’afar, 20 ans, assis avec sa femme Fatum Allam, 20 ans également, le 6 mai 2018. Photo : Alex Potter pour The Intercept

« Nous ne sommes officiellement mariés et n’avons emménagé ensemble que depuis hier », a déclaré Ja’afar, alors qu’Allam et lui détournaient le regard d’un air timide.

« Nous n’avons pas pu le faire juste après le bombardement ; nous étions en état de choc. Nous restons éveillés la nuit, de peur qu’il se passe encore que quelque chose. Jamais on n’oublie ce qui s’est passé un jour comme celui-là ».

A l’hôpital de Hajjah, les enfants blessés par le bombardement étaient en attente d’une opération chirurgicale de reconstruction.

Certains de leurs pères veillaient à leur chevet, leur offrant à l’occasion du jus ou des mangues fraîches. Aucune des victimes n’a réussi à se souvenir de grand chose au moment de la frappe, seulement qu’elles ont basculé de la fête à la souffrance.

Presque tous étaient sous-alimentés, leur corps décharné étant incapable de faire face aux besoins physiologiques pour résister aux blessures et guérir.

Mohammad Ali vient chercher son fils, Abdo, le 6 mai 2018, à l’hôpital Jumhuri à Hajjah, au Yémen. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Abdo Mohammad Ali, neuf ans, a subi une fracture du bras aggravée d’un traumatisme abdominal ; des chirurgiens l’ont emmené pour suturer ses intestins.

Les frères Abdo et Suleiman Mohammad ont semblé de meilleure humeur, bien que l’un d’entre eux ait perdu un pied et l’autre l’usage d’un pied, et bien que 12 membres de leur famille soient morts dans le bombardement. Le jeune Hussein Hasan, âgé de treize ans, dormait avec un châle qui lui recouvrait partiellement le visage, allongé dans le lit. Le châle aurait pu être son linceul.

Son père, Hassan Saghreer, l’a réveillé pour parler, et a dévoilé de profondes blessures à la poitrine et au ventre, qui l’empêcheront de rentrer à la maison pendant des semaines. Le village de la famille est à deux heures de l’établissement de santé le plus proche.

« Il a passé 10 jours en soins intensifs et a subi de nombreuses interventions chirurgicales ; nous ne pensions pas qu’il allait survivre », a dit Saghreer.

Hussein Hasan sur son lit le 6 mai 2018 à l’hôpital Jumhuri à Hajjah, au Yémen. Hussein était au mariage lorsqu’il a été victime d’une attaque aérienne ; il a subi de graves blessures au ventre et à la poitrine et a passé 10 jours en soins intensifs. Photo : Alex Potter pour The Intercept

De retour au village, Allam Yahya, le père de la mariée, a dessiné sur la terre battue des cercles près des restes de la tente de mariage. Bien que les villageois aient tenté de reprendre une vie normale, il a fait remarquer que les choses ne seraient plus jamais comme avant.

« Nous n’aurons plus de mariages. Même si quelqu’un en veut un, personne ne viendra.

C’est fini », soupira-t-il, puis il retourna lentement sous un arbre, se mettant à l’abri du soleil de la fin de la matinée.

 

 

Ce récit a reçu le soutien du Pulitzer Center on Crisis Reporting.

Photo du haut : Un Yéménite marche dans les décombres de la tente de mariage le 6 mai 2018, dans le village d’Al-Raqah, district de Bani Qais, Hajjah, Yémen.

Source : The Intercept, Alex Potter, 16-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

17/07/2018

AFFAIRE SKRIPAL, OTAN : VLADIMIR POUTINE RÉPOND SUR FOX NEWS !

17 juillet 2018
«Ingérence» russe aux USA, affaire Skripal, OTAN : Vladimir Poutine répond aux questions de Fox News

Après la rencontre historique entre les chefs d'Etat américain et russe à Helsinki, Vladimir Poutine a accordé une interview à la chaîne américaine Fox News.

Le président russe a donné son point de vue sur plusieurs sujets géopolitiques sensibles.

Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontrait à Helsinki ce 16 juillet pour leur premier entretien bilatéral.

Lors d'une conférence de presse commune à l'issue de cette rencontre, les deux présidents ont notamment vanté la bonne coopération de leurs armées concernant le dossier syrien.

Vladimir Poutine a ensuite poursuivi cette journée historique en accordant un entretien au journaliste Chris Wallace, de la chaîne américaine Fox News. 

 

Accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016

A la question de savoir si Moscou s'était ingéré dans le scrutin présidentiel américain de 2016, Vladimir Poutine a répondu par la négative et s'est demandé si les Américains pouvaient réellement croire à une telle hypothèse.

En outre, le président russe a souhaité rappeler le contexte de l'époque en revenant sur des échanges controversés mettant en avant des tentatives de déstabilisation des candidats démocrates au sein même de leur parti.

«Autant que je sache, la direction des organes exécutifs du parti [démocrate] a démissionné, admettant ce fait [des manipulations en faveur d'Hillary Clinton contre Bernie Sanders].

Je crois que c'est la chose la plus importante», a expliqué Vladimir Poutine.

Au cours de l'entretien, Chris Wallace a tendu à Vladimir Poutine un rapport de 29 pages inculpant douze agents du renseignement russe dans le cadre du piratage présumé des ordinateurs du parti démocrate. Sans toucher au document, le président russe a demandé à son interlocuteur de le laisser sur le côté de la table, commentant toutefois l'existence de ce dossier.

«Ce sont des jeux politiques internes aux Etats-Unis.

Ne rendez pas la relation entre la Russie et les Etats-Unis otage de ces luttes politiques internes», a réagi le chef de l'Etat russe.

 Il a en outre a souligné que l'acte d'accusation formulé dans le rapport avait été contesté devant un tribunal américain, qui n'a découvert «aucune trace d'ingérence».

Et le président russe d'ajouter : «Ce n'est pas un sujet de fierté pour la démocratie américaine, car utiliser les agences gouvernementales dans une rivalité politique est inadmissible.»

 

Sur d'éventuels éléments compromettants sur Donald Trump : «Nous n'avons rien sur lui»

Rebondissant sur le climat apaisé qu'a tenté d'installer Donald Trump avec son homologue russe, le journaliste de Fox News a également demandé à Vladimir Poutine si l'absence d'une confrontation marquée entre les deux hommes, qui semble avoir agacé de nombreux politiques américains, n'était pas liée à des dossiers compromettants que Moscou pourrait avoir entre ses mains.

Vladimir Poutine a rappelé que l'objectif de la rencontre était d'améliorer la relation entre Moscou et Washington, avant de sourire face à l'accusation de disposer d'éléments compromettants sur Donald Trump. «Nous n'avons rien sur lui.

Je ne veux pas insulter le président Trump en disant cela, et cela peut paraître impoli, mais avant qu'il n'annonce sa candidature à la présidence, il ne nous intéressait pas», a-t-il fait savoir.

Evoquant les 500 personnalités présentes lors du récent sommet de Saint-Pétersbourg, le président russe a par ailleurs ironisé :

«Pensez-vous que nous un avons un service de surveillance organisé pour chacun d'entre eux ?

Contrairement aux Etats-Unis, nous ne faisons pas cela [...]

Nous n'avons pas les ressources et le personnel pour espionner tout le monde.»

Chris Wallace a ensuite interrogé Vladimir Poutine sur la réaction russe face à un potentiel élargissement des pays membres de l'OTAN à l'Ukraine ou la Géorgie.

Le dirigeant russe a estimé sur ce sujet qu'une telle expansion constituerait «une menace immédiate à la sécurité [de la Russie]».

 

 

Vladimir Poutine dénonce des «accusations infondées» concernant les empoisonnements en Grande-Bretagne

Interrogé sur les récents empoisonnements, fin juin, de citoyens Britanniques à Amesbury, ville proche de Salisbury, où Sergueï Skripal et sa fille avaient été empoisonnés le 4 mars 2018, Vladimir Poutine a souligné que les accusations portées contre la Russie étaient «infondées», ajoutant : «Nous voudrions voir des preuves documentées, mais personne ne nous en donne.»

Face à cet épisode qui a ravivé les tensions entre Londres et Moscou, plusieurs mois après l’affaire Skripal, le président russe a déploré un nouvel épisode de tensions diplomatiques.

«Pourquoi nos relations devraient-elles se détériorer à cause de cela ?», a-t-il ainsi interrogé.

 

Un renouveau de la relation russo-américaine ?

S'exprimant enfin sur les débouchés de sa rencontre avec son homologue américain, Vladimir Poutine a estimé qu'au lieu de se battre l'un contre l'autre, l'Occident et la Russie devraient privilégier la recherche d'une entente pour faire face à leurs défis communs. «Nous avons commencé aujourd'hui», s'est-il félicité, alors que ce réchauffement diplomatique initié à Helsinki a suscité de vives critiques aux Etats-Unis.

Certains politiques accusent Donald Trump de «trahison», chez les démocrates comme dans son propre camp.

 

Source:   http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/07/

 

 

16/07/2018

OTAN: LES ÉTATS-UNIS ENVISAGENT DE RETIRER LEURS FORCES EN ALLEMAGNE !

Les États-Unis envisagent de retirer leurs forces d’Allemagne. Une partie d’un plus large processus


Par Alex Gorka – Le 8 juillet 2018 – Source Strategic culture

Le ministère américain de la Défense étudie la possibilité de retirer ou de transférer les forces américaines de l’Allemagne vers la Pologne. Le Washington Post (WP) a indiqué que les coûts et les implications de ce projet sont en cours d’analyse.

Le 5 juillet, la Maison-Blanche a déclaré qu’elle n’avait pas de tels plans, mais qu’il n’y a pas de fumée sans feu, sinon pourquoi la Pologne offrirait elle de payer 2 milliards de dollars pour une base américaine sur son sol et de le faire maintenant ?

L’US Air Force a commencé à piloter des drones Reaper MQ-9 non armés à partir de la base aérienne polonaise de Miroslawiec, en mai dernier.

 

« Ma déclaration sur le fait que l’OTAN est obsolète et disproportionnellement trop chère (et injuste) pour les États-Unis reçoit maintenant, enfin, des applaudissements », a dit M. Trump sur Twitter pendant sa campagne présidentielle de 2016.

Il a souvent exprimé sa frustration devant le fait que les alliés n’ont pas respecté le niveau de dépenses de défense de 2 % du PIB convenu à l’unanimité.

Le rapport du WP indique que le président Donald Trump aurait réfléchi à l’idée d’un retrait total ou partiel de l’Allemagne, début 2017.

 

Le président s’est récemment montré très critique à l’égard de la chancelière allemande. Il est frustré par sa position sur toute une série de questions, y compris la contribution à la défense collective de l’OTAN.

Des dépenses militaires plus élevées sont impopulaires auprès des électeurs allemands. La récente rencontre entre le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, et la ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, a été très décevante pour les États-Unis, car il a été clairement indiqué qu’aucune augmentation substantielle des dépenses de défense allemande n’est en vue.

Les projections budgétaires allemandes prévoyaient de l’augmenter à 1,5 % du PIB du pays seulement, d’ici 2024. En fait, l’Allemagne refuse de respecter son engagement de dépenser au moins 2 % de son budget pour l’OTAN.

Pour économiser de l’argent ? L’Allemagne paie une part équitable des coûts liés au stationnement des troupes américaines et les bases sont utilisées par les Américains pour des opérations menées en dehors de l’Europe.

Par exemple, le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a son siège à Stuttgart, en Allemagne. Pour donner une impulsion à l’industrie de la défense américaine ? Pas vraiment, l’Europe disposant d’un puissant complexe militaro-industriel qui lui est propre.

Et l’idée de déplacer les forces vient au moment où l’Europe se trouve au bord de la rupture. L’Occident n’a jamais été aussi divisé depuis la Seconde Guerre mondiale. Le paysage politique et militaire européen est en train d’être remodelé. C’est le bon moment pour tirer parti des faiblesses de l’Europe. La dépendance à l’égard des États-Unis en matière de sécurité peut être utilisée comme un puissant levier pour forcer des concessions dans d’autres domaines, comme le commerce.

Faire partie d’un groupe occidental n’est pas le but recherché par le président Trump. En tant qu’isolationniste, il croit en l’indépendance et la façon d’y parvenir est de promouvoir les intérêts de l’État national, et non d’un groupe de pays unis dans une alliance.

La souveraineté nationale américaine est atteignable grâce à l’éclatement d’un Occident unifié pour recréer une nouvelle alliance, mais dirigée cette fois par le gouvernement des États-Unis, au lieu d’un organisme supranational où l’Amérique jouit d’une position forte mais pas d’un contrôle absolu. Le président Trump veut que l’Europe soit économiquement dépendante de l’Amérique, tandis que les États-Unis pagaieraient leur propre canoë sans aucune obligation internationale à trainer.

Les États-Unis n’ont pas besoin d’une Europe forte capable de les contester. Le Brexit, les migrants, les réformes judiciaires polonaises controversées et une série d’autres problèmes divisent le Vieux Continent et le rend plus faible et plus soumis aux intérêts de l’Amérique.

 

Le président Trump a offert au président Macron ce qu’il pensait être un meilleur accord commercial si la France quittait l’UE.

 

C’est pourquoi l’Allemagne, la locomotive économique de l’Europe, est constamment sous pression, qu’il s’agisse du projet gazier Nord Stream-2 avec la Russie ou de sa réticence à mettre fin au commerce avec l’Iran. Si l’Allemagne relève le défi, elle devra assumer la responsabilité de sa propre sécurité ainsi que celle de ceux qui resteront fidèles à l’idée de l’intégration européenne.

Avant le prochain sommet de l’OTAN, le chancelier s’est prononcé en faveur de l’initiative du président Macron visant à créer une force expéditionnaire européenne. C’est un premier pas dans la bonne direction.

 

L’Europe devra alors reconsidérer ses relations avec la Russie. Il faudra l’intégrer dans un projet européen de sécurité. Frank-Walter Steinmeier, l’actuel président allemand, a lancé une initiative européenne de maîtrise des armements en 2016 alors qu’il était ministre des affaires étrangères. Il a proposé de mettre de côté les divergences et de s’atteler à la réalisation d’un nouveau traité de sécurité pour faire de l’Europe un endroit plus sûr.

 

Sans les États-Unis, un nouvel accord devient tout à fait possible.

 

Ensuite, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dirigée par la Russie et le groupe d’États européens dirigé par l’Allemagne pourrait lancer un projet commun pour repousser ensemble la menace terroriste. La Grande-Bretagne pourrait devenir membre de la nouvelle initiative européenne d’intervention.

 

Après tout, la Russie et l’UE ont l’expérience des opérations conjointes de maintien de la paix au Tchad et des patrouilles navales pour combattre les pirates somaliens dans l’océan Indien.

Se séparer n’est pas toujours une mauvaise chose. Les États-Unis se débarrasseront des resquilleurs. Les Européens seront assez souverains pour décider combien ils doivent dépenser pour leur défense et d’autres choses.

 

Ils auront l’occasion de s’attaquer aux menaces réelles qui pèsent sur leur sécurité, comme le problème des migrants, et non celles sur lesquelles Washington leur dit de se concentrer.

La Russie n’aura plus besoin d’être une tête de turc permettant de maintenir l’« unité occidentale » éclatant aux coutures.

Une alliance européenne dirigée par l’Allemagne et la Russie pourrait initier une nouvelle période de détente.

Il n’y aurait pas de perdant et tout le monde gagnerait.

 

La seule chose qui est certaine, c’est qu’un nouveau modèle de sécurité est en train d’émerger dans le monde et que le processus est imparable.

 

 

Alex Gorka

Source et Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

 

12/07/2018

NIGÉRIA: LE GÉNOCIDE DES CHRÉTIENS ! SILENCE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE !!!

11 juillet 2018
La Communauté Internationale Détourne le Regard du Génocide des Chrétiens au Nigeria
  • Depuis le début de 2018, plus de 6 000 chrétiens ont été assassinés.

  • « Les islamistes du nord du Nigeria semblent déterminés à transformer le Nigeria en un sultanat islamique et à remplacer la démocratie libérale par la charia érigée en idéologie nationale. Leur but est d'abolir la Constitution et de faire de la charia la source de toute législation ». - National Christian Elders Forum (Forum des Ainés), une branche de l'Association des Chrétiens du Nigeria.

  • Le gouvernement nigérian et la communauté internationale n'ont pas levé le petit doigt pour remédier à la situation. Ce laisser faire n'a rien de surprenant : ils sont incapables de lier le problème à ses racines, à savoir l'idéologie intolérante du djihad.

L'Association des Chrétiens du Nigeria a évoqué un « pur génocide » quand elle a appris que, à nouveau, des musulmans avaient tué 238 chrétiens et profané plusieurs églises, la semaine dernière, dans l'ouest du pays. Depuis le début de 2018, plus de 6.000 chrétiens ont été assassinés au Nigéria.

Selon l'Association des Chrétiens qui regroupe les diverses confessions chrétiennes du Nigeria, « il ne fait aucun doute que ces attaques visent au nettoyage ethnique, à l'accaparement du patrimoine des chrétiens et à l'expulsion par la force des chrétiens loin de leurs terres ancestrales. »

La déclaration condamne les récentes attaques « où plus de 200 personnes ont été brutalement tuées et nos églises détruites sans aucune intervention des services de sécurité malgré les appels au secours qui leur ont été adressés ».

Selon la déclaration, la majorité des 6 000 chrétiens massacrés cette année étaient « pour la plupart des enfants, des femmes et des personnes âgées ... Ce qui a lieu ... au Nigeria est un pur génocide et doit être stoppé immédiatement ».

Les détails de ces massacres de masse, rarement rendus publics, sont macabres : beaucoup ont été battus à mort ou décapités à la machette ; d'autres ont été brûlés vifs (y compris à l'intérieur d'églises ou de maisons fermées à clé) ; et les femmes sont généralement agressées sexuellement ou violées avant d'être abattues.

Tant le gouvernement nigérian que le gouvernement américain ont cherché à présenter ce jihad prolongé comme un affrontement territorial entre nantis (apparemment toujours chrétiens) et démunis (apparemment toujours musulmans).

Ainsi en 2012, le président Bill Clinton a déclaré que « l'inégalité » et la « pauvreté » sont « à l'origine du « truc » (le « truc » étant une manière de désigner le massacre des chrétiens par les musulmans au Nigeria). Johnnie Carson, ancien secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires africaines, avait déclaré, à Pâques 2012, après l'attentat contre une église nigériane ou 39 fidèles avaient trouvé la mort : « A cette occasion, je tiens à souligner un point essentiel : ce n'est pas la religion qui pousse à ces extrêmes ».

L'administration Obama aurait également accepté de puiser 600 millions de dollars sur le budget de l'USAID pour déterminer les « véritables causes » (forcément socio-économiques) de l'agitation et de la violence au Nigeria.

Dans sa déclaration cependant, l'Association des Chrétiens du Nigéria a rejeté ces allégations. Après avoir affirmé que les meurtriers des chrétiens sont toujours « impunément libérés » par le gouvernement nigérian - qui décrit les attaques comme un « affrontement entre agriculteurs et bergers » - l'Association a demandé :

« Comment peut-on appeler « affrontement » un groupe [les musulmans] qui attaque, tue, mutile, et détruit, l'autre groupe [les chrétiens] lequel est constamment tué, estropié et assiste à la destruction de ses lieux de culte? Il n'y a pas d'affrontement quand les éleveurs chassent les agriculteurs de leurs propres villages et communautés et que les agriculteurs s'enfuient pour sauver leur vie ! »

Le 2 mai, le National Christian Elders Forum (Forum des Ainés chrétiens) - une branche de l'Association des Chrétiens, dont les membres ont un âge moyen de 75 ans et sont originaires de six zones géopolitiques du Nigéria - a cherché un soutien auprès du haut-commissariat britannique. (Dans les jours qui ont précédé la réunion, une trentaine de bergers musulmans avaient pris d'assaut une église pendant la messe du matin et avaient assassiné près de 20 paroissiens et deux ecclésiastiques.) Le document de synthèse des Ainés précisait :

« Les Aînés chrétiens sont aujourd'hui pleinement convaincus qu'un JIHAD a été lancée au Nigeria par les islamistes du nord du Nigeria dirigés par le groupe ethnique Fulani [les "bergers"]. Ce djihad est basé sur une doctrine de haine enseignée dans les mosquées et les madrasas islamiques du nord du Nigeria ainsi que sur le suprémacisme des Peuls.

Utilisant à la fois le jihad conventionnel (violent) et le jihad furtif (civilisationnel), les islamistes du nord du Nigeria semblent déterminés à transformer le Nigeria en un sultanat islamique et à remplacer la démocratie libérale par la charia. L'objectif est bien sûr de remplacer la Constitution et de faire de la charia l'unique source de la législation. L'actuelle Constitution de 1999 est aujourd'hui en proie à un questionnement idéologique contradictoire, celui de la démocratie contre celui de la charia.

Dans une société pluraliste, certaines valeurs ne sont pas négociables mais les promoteurs du califat ne respectent pas ces valeurs. Un Nigéria ou deux idéologies se combattent ne peut pas être le Nigéria dont nous voulons. Nous voulons un Nigeria où les citoyens sont traités à égalité devant la loi à tous les niveaux ... Sachant que les chrétiens représentent plus de 50% de la population nigériane, l'objectif des islamistes est de multiplier les conflits qui, si rien n'est fait, peuvent dégénérer en guerre civile. D'ores et déjà, les islamistes assassinent les chrétiens en toute impunité et détruisent leurs lieux de culte ainsi que les communautés chrétiennes vulnérables à un rythme alarmant et inhumain.

Il a fallu un an et demi (de décembre 2013 à juillet 2015) aux éleveurs musulmans pour assassiner 1.484 chrétiens (532 hommes, 507 femmes et 445 enfants), blesser gravement 2 388 personnes de confession chrétienne (1 069 hommes, 817 femmes et 502 enfants) et brûler ou détruire 171 églises.

Que 6 000 chrétiens, « des enfants, des femmes et des personnes âgées pour la plupart », aient été massacrés au cours des six premiers mois de 2018 est le signe que la violence va aller croissant si elle n'est pas maîtrisée. Tel est l'enjeu de la persécution des chrétiens par les musulmans du Nigeria.

Force est de constater que depuis le début, le gouvernement nigérian et la communauté internationale n'ont pas levé le petit doigt. Ce manque d'intérêt n'a rien pour surprendre : il repose sur le déni des origines du problème, à savoir l'idéologie intolérante du djihad. Le nombre de chrétiens assassinés a lui augmenté - et continuera sa probable croissance exponentielle - jusqu'à ce que cette réalité soit non seulement reconnue, mais traitée.

source

02/07/2018

FAITS DIVERS : L' ÉVASION SPECTACULAIRE DE REDOINE FAÏD !

Faits divers

Complices lourdement armés, hélicoptère… La nouvelle évasion spectaculaire de Redoine Faïd

Redoine Faïd s'est évadé.
Redoine Faïd s'est évadé. | DR.

Le braqueur multirécidiviste et spécialiste des évasions Redoine Faïd s’est de nouveau illustré en s’échappant du centre pénitentiaire de Réau en Seine-et-Marne, hier, dimanche 1er juillet. Il était toujours en fuite, ce lundi matin, malgré quelque 2 900 policiers et gendarmes à ses trousses. Son frère a été placé en garde à vue.

Redoine Faïd, condamné en avril en appel à 25 ans de prison pour le braquage raté qui avait coûté la vie en 2010 à la policière municipale Aurélie Fouquet, était incarcéré à Réau. Dimanche matin, il a pris la fuite. Une source policière a évoqué trois individus équipés d’armes lourdes. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs d’évasion en bande organisée et d’associations de malfaiteurs. Il était toujours en fuite, ce lundi matin. Quelque 2 900 policiers et gendarmes sont mobilisés sur le territoire national pour tenter de le rattraper.

Le commando avait « sans doute repéré les lieux par le biais de drones », a affirmé, dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubet. « Il y a quelques mois, les services de l’établissement avaient repéré des drones qui survolaient l’établissement », a indiqué Nicole Belloubet venue au centre pénitentiaire de Réau, en se disant toutefois « pas en capacité » de faire un lien formel avec l’évasion, a-t-elle expliqué au micro de franceinfo.

Un hélicoptère atterrit dans la prison

À 11 h 20, un hélicoptère, immatriculé en Belgique, s’est posé dans la cour d’honneur de la maison d’arrêt, qui n’est pas protégée par un filet, et trois hommes lourdement armés en sont sortis pour aller extraire Redoine Faïd du parloir où il se trouvait. On ignore pour l’heure s’il y a eu des échanges de tirs. « L’hélicoptère a été retrouvé à Gonesse » (Val d'Oise), situé à une soixantaine de km de la prison, et « un dispositif de recherche a été activé dans toute l’Ile de France », précise une source proche du dossier.

 

 

L’opération n’aurait duré « de quelques minutes » et n’a fait ni blessé ni otage, a-t-on appris auprès de l’administration pénitentiaire. L’hélicoptère serait parti de Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne), selon une source proche de l’enquête. Selon une source policière, le pilote de l’hélicoptère était un instructeur qui attendait un élève et qui a été pris en otage par les complices de Redoine Faïd. Il a ensuite été relâché, en état de choc.

Il était au parloir avec son frère

Au moment de l’intervention de ses complices, Redoine Faïd était au parloir où il discutait avec son frère Brahim. Armés de kalachnikov, deux des membres du commando ont neutralisé les caméras avec des fumigènes et utilisé une disqueuse (outil électrique portatif sur lequel est monté un disque abrasif) pour faire sauter les barrières de protection.

 

L'hélicoptère avec lequel Redoine Faïd a pu s'échapper. | AFP

 

L’évadé et ses trois complices se sont ensuite engouffrés dans une voiture avant de s’évaporer dans la nature. Selon le journal Le Parisien, le groupe aurait pris la direction de l’autoroute A1 et indique qu’une Renault noire aurait été retrouvée brûlée à Aulnay-sous-Bois et pourrait être liée à cette affaire. Toujours selon cette course, les fugitifs seraient ensuite grimpés à bord d’une camionnette société.

 

L'évasion de Rédoine Faïd de la prison de Réau | Visactu

 

Le frère a été placé en garde à vue, a appris France Inter de sources judiciaires.

Dangerosité du fugitif

 

La police judiciaire a été saisie et « tous les moyens sont mobilisés pour localiser le fugitif », indique une source au ministère de l’Intérieur. Les unités territoriales de la police et de la gendarmerie « ont été immédiatement alertées des faits » et « des dispositifs coordonnés de contrôle et d’interception sont mis en place, qui tiennent compte de la dangerosité du fugitif et de ses possibles complices ».

 

La prison de Réau en Seine-et-Marne. | AFP

 

Selon Jean-François Forget, secrétaire général syndicat pénitentiaire, interrogé par la chaîne de télévision BFM TV, le détenu « était en quartier d’isolement mais n’avait pas de mesures particulières de surveillance ».

Redoine Faïd, 46 ans, s’était déjà évadé de la prison de Sequedin (Nord) en avril 2013 à l’aide d’explosifs. Il avait été arrêté après six semaines de cavale. Une évasion spectaculaire puisqu’il avait alors fait exploser 5 portes et pris 4 surveillants en otage. Sa cavale avait duré un mois et demi avant de se faire arrêter dans un hôtel de Pontault-Combault (Seine-et-Marne).

« Jamais perdu l’idée de s’évader »

« C’est quelqu’un qui n’est jamais en conflit avec le personnel, mais dont il faut toujours se méfier », indique un surveillant de prison, qui a côtoyé Redoine Faïd dans le cadre de son travail. « Dans un coin de sa tête, il n’a jamais perdu l’idée de s’évader. Derrière ses bonnes manières, c’est quelqu’un de très poli, il cachait toujours son jeu ».

Selon la ministre de la Justice Nicole Belloubet, « le commando avait repéré les lieux à l’aide de drones et a conduit cette évasion spectaculaire en permettant à un hélicoptère de se poser sur la seule cour pas couverte par des filins de sécurité. »

Idole des apprentis délinquants des cités HLM et des pros du braquage de fourgons, Redoine Faïd est surnommé « L’Écrivain » par les policiers. Il a écrit son autobiographie (« Braqueur, des cités au grand banditisme ») en 2010 et avait fait la tournée des plateaux de télévision, assurant alors s’être rangé.

 

Les forces de l'ordre sont mobilisées en banlieue parisienne. | AFP

 

 

Il avait été condamné deux fois aux assises en 2017 : à 10 ans de réclusion pour son évasion de la prison de Lille-Séquedin en 2013 et à 18 ans de prison pour l’attaque d’un fourgon blindé dans le Pas-de-Calais en 2011. Il a fait appel de ces deux condamnations.

 

Source ouest-France

01/07/2018

SYRIE ; AMNESTY INTERNATIONAL ET SES APPELS À LA GUERRE ! SILENCE RADIO ???


 

Amnesty International et ses appels à la guerre

 

Publié le 23 Mars 2018 sous le titre Amnesty International: Trumpeting for War

Traduit de l’anglais par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info 

 

Chacun devrait être sidéré par les premiers paragraphes du communiqué de presse d’Amnesty International  :

Alors que la Syrie est ravagée par la guerre depuis sept ans, Amnesty International demande à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités et d’agir de toute urgence pour mettre un terme aux souffrances de millions de Syriens et à l’offensive meurtrière menée contre les civils assiégés dans la Ghouta orientale et à Afrin.

La communauté internationale s’est montrée incapable de prendre des mesures concrètes pour protéger la population syrienne, ce qui a permis à toutes les parties au conflit, et surtout au gouvernement syrien, de commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en toute impunité, souvent avec l’appui de puissances étrangères, notamment la Russie.

Chaque année, nous pensons qu’il est impossible que les belligérants infligent de nouvelles souffrances aux civils et pourtant, chaque année, ils nous prouvent le contraire, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International. [1]

Il s’agit clairement d’un appel à la guerre; il apparaît ici qu’Amnesty International appelle l’OTAN à lancer une campagne de bombardements identique à celle de 2011 en Libye.

Il n’y a aucune ambiguïté sur qui Amnesty fait porter la culpabilité et devrait être frappé par cette campagne de « bombardement humanitaire ». Avant de parler de cette autre guerre Etats-Unis/ OTAN, il convient d’analyser le nombre de fois où Amnesty International s’est impliquée en faveur de la propagande de guerre à la veille de conflits. Il est aussi utile de passer en revue les différents rapports d’Amnesty sur la Syrie, et de les mettre en comparaison avec les rapports établis sur d’autres pays de la région.

 

Un triste bilan

Ce n’est pas la première fois qu’Amnesty International intervient en faveur d’une campagne de propagande devant conduire à la guerre.

Quelques exemples :

Avant l’invasion américaine visant à expulser les Irakiens du Koweït, le Président de l’époque, Georges Bush père, avait brandi sur un plateau de TV un rapport d’Amnesty International affirmant que des soldats irakiens avaient sorti des nourrissons de leurs couveuses. Bel exemple de participation volontaire  à la diffusion d’un canular – lui-même produit par une agence de Relations Publiques ayant pignon sur rue.

Dans les mois qui ont précédé l’attaque menée par les Etats-Unis et l’OTAN contre la Serbie, la branche américaine d’Amnesty a organisé la tournée de deux femmes croates dans vingt-cinq villes pour qu’elles racontent le calvaire qu’elles avaient enduré dans un camp; il s’est avéré que l’une de ces deux prétendues victimes de viol était en réalité une importante responsable de la propagande croate, conseillère du président Tudjman, qui s’était déjà fait connaître pour ses talents de comédienne. [2]. Dans ce cas aussi, le canular émanait d’une importante agence de Relations Publiques.

L’absence de couverture par Amnesty International des grands crimes de guerre d’Israël est également stupéfiant. [3]  Le rôle joué par l’organisation revient toujours à dénaturer et minimiser les critiques portées contre les guerres de l’occupant et les souffrances et les sévices qu’elles font subir aux Palestiniens (voir précisions ci-dessous). Amnesty International-Israël a servi d’agent de propagande en manipulant ses rapports sur les « droits de l’homme » dans un sens favorable à Israël [4]. De son côté Amnesty-Londres s’abstient de tout commentaire sur les manipulations opérées par leurs camarades d’Amnesty-Israël.

En 2012, sous prétexte d’agir pour les droits des femmes en Afghanistan, la branche américaine d’Amnesty, a placardé des affiches publicitaires soutenant les actions de l’OTAN « Laissons faire le progrès». De la pure propagande interventionniste pro-OTAN. [5]

La branche française d’Amnesty a été instrumentalisée pour diffuser de la propagande anti-Libye avant le bombardement de ce pays par les forces de l’OTAN en 2011 [6].

On pourrait hélas ajouter bien d’autres exemples à ce sinistre bilan.

 

Pas de vocation anti guerre

On s’attendrait à ce qu’une organisation militant pour les Droits de l’homme soit viscéralement opposée à la guerre; or de fait, Amnesty privilégie les interventions pseudo humanitaires, et même les « bombardements humanitaires » [7].

Autrefois, lorsqu’on interrogeait l’un de ses responsables sur les positions contre nature et équivoques d’Amnesty sur les guerres, il rétorquait que « l’organisation n’avait pas vocation à être pacifiste ».

Ce qui n’a pas empêché celle-ci de recevoir le Prix Nobel de la Paix – récompense imméritée puisque ce prix est normalement destiné à ceux qui s’opposent fermement aux guerres. Dans le cas de la Syrie, Amnesty a renoncé à son couplet sur sa « vocation au pacifisme » et l’a remplacé par un couplet appelant activement à la guerre.

Notons son usage plus que douteux du « Plus jamais ça » au sujet de sa position vis-à-vis des crimes de masse ; en réalité « plus jamais ça » évoque l’holocauste et incite ici à la guerre.

 

La Syrie aujourd’hui

Actuellement [mars 2018 à la Ghouta, ndlr], le gouvernement syrien fait reculer les djihadistes qui avaient réussi à s’installer dans un secteur proche de Damas. Aucun gouvernement ne pourrait tolérer qu’une partie de sa capitale, soit maintenue sous contrôle djihadiste, une zone d’où partent des tirs de mortier sur le reste de la ville, et qui est vitale pour le contrôle de l’approvisionnement en eau de Damas.

Qu’adviendrait-il si des djihadistes s’emparaient de Arlington en Virginie, et s’en servaient pour bombarder le centre-ville de Washington [ou de Paris, ndlr] ? La réponse coule de source.

Or, pour un ensemble de raisons, Amnesty International refuse au gouvernement syrien le droit de se défendre et l’accuse au contraire d’avoir « mené un siège illégal (celui de la Ghouta) depuis six ans ». Grotesque !

Il est frappant de constater que, ni dans ses rapports, ni dans ses communiqués de presse récents, Amnesty ne discute ni ne met en question la nature des groupes armés qui combattent en Syrie, Pourtant, les combattants que Washington qualifie de « modérés » sont composés par des groupes d’individus peu recommandables. La plupart d’entre eux sont des djihadistes ; une bonne partie d’entre eux sont des Saoudiens (A noter que les prisonniers politiques et de droit commun saoudiens se voient offrir la possibilité d’échapper à la prison s’ils acceptent de partir combattre en Syrie).

 

Tout ce petit monde est armé/formé/financé par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Emirats, l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar [encadrés activement par la France, ndlr], à hauteur de la coquette somme de 12 milliards de dollars. Le dernier ambassadeur américain en Syrie, a déclaré que la contribution américaine s’élevait au moins à 12 milliards de dollars [8]; ce montant ne tient pas compte des financements de l’Arabie Saoudite et des autres Etats de la région. Gareth Porter a estimé que la quantité d’armes livrées aux djihadistes était suffisante pour équiper une armée régulière [9].

Curieusement, ces gangs de djihadistes armés sont rarement mentionnés dans les évaluations fournies par Amnesty sur la situation en Syrie. Dans la région de la Ghouta, les djihadistes sont (principalement) affiliés au front al-Nosra (ou l’une de ses variantes rebaptisées) ; ce groupe, qui est une ramification d’al-Qaïda, est connu pour son idéologie extrémiste. Cette information n’apparaît aucunement dans les communiqués d’Amnesty International.

Le portrait qu’Amnesty fait du gouvernement syrien est toujours celui d’un gouvernement en guerre contre son peuple – assiégeant Alep, la Ghouta, etc, et interdisant à la population de partir.

 

Après avoir condamné la libération d’Alep par le gouvernement syrien, Amnesty s’est abstenue au moment de la libération d’interviewer ceux qu’elle qualifiait de victimes. Quand elle l’a fait – en préservant systématiquement l’anonymat de la personne interrogée – c’était toujours pour souligner la terreur que le gouvernement Assad leur inspirait.

Or, ce gouvernement, même critiquable, n’en a pas moins un soutien populaire considérable et continue de barrer la route au projet djihadiste de détruire la Syrie et de soumettre son pays à un nettoyage ethnique. .

 

Il y a ici « deux poids deux mesures »

Concernant les crimes d’Israël, Amnesty est assez prudente dans son langage et ses recommandations.

Et assez timorée dans son utilisation de termes tels que « crimes de guerre » ou « crimes contre l’humanité ». Il n’est fait virtuellement aucune allusion à ces derniers ; ou, lorsqu’ils sont mentionnés, c’est avec des qualitatifs destinés à en amortir la portée (principales expressions utilisées : « prétendu », « pourraient être interprétés »).

Ces accusations, prudemment distillées contre Israël, sont en revanche adressées sans hésitation aux Palestiniens – Amnesty restant déterminée à imputer les crimes « aux deux parties ». Le reproche le plus sévère adressé par l’organisation à Israël est seulement « le manque de proportionnalité » de ses actions.

Aucun appel n’est adressé à la communauté internationale pour qu’elle s’y oppose et dise « plus jamais ça… ». On se demande ce qu’Amnesty a à dire sur le blocus israélien de Gaza, dont la population a été soumise à une « diète forcée », plongeant plus de 2 millions de personnes dans une situation dramatique.

Mais sur ce sujet, silence radio, pas d’appel incitant la « communauté internationale » à réagir ; pas d’accusation de « crimes contre l’humanité… ».

La position d’Amnesty est radicalement différente.

Dans le communiqué de presse évoqué plus haut, Amnesty accuse clairement la Syrie et la Russie de commettre des « crimes de guerre » et des « crimes contre l’humanité ». Et insinue, si cela est avéré, que les autres Etats ont pour obligation d’agir et d’intervenir. L’organisation ne réclame aucune enquête, mais exhorte à l’intervention.

Concernant le dossier israélien, les crimes commis sont pour les deux parties ; mais dans le cas de la Syrie, c’est uniquement le gouvernement syrien qui est présumé coupable.

Or, on sait qu’il est extrêmement difficile de déloger des djihadistes retranchés et armés qui se servent des habitants comme de boucliers humains. Les djihadistes sont retranchés dans les écoles [10] et les hôpitaux ; et quand des actions sont entreprises pour les en faire sortir, les soutiens d’Amnesty manifestent leur réprobation.

Dans son dernier communiqué, Amnesty déclare : « Il faut également envoyer un message clair, qui mette les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité devant leurs responsabilités, et les menaçant d’en référer au Procureur de la Cour Internationale de justice ».

C’est de bonne guerre. En 2002, on a demandé à Donatella Rovera, une enquêtrice d’Amnesty International travaillant au Moyen-Orient, pourquoi son organisation n’adressait pas une demande similaire quand cela touchait à Israël, pour que cet Etat soit poursuivi devant la Cour Internationale de Justice ou la Cour Pénale Internationale. Elle a répondu que ce n’était pas du ressort de son organisation [11].

Autre pays, autre protocole.

 

Des sources qui posent problème

Amnesty rapporte plusieurs déclarations d’habitants de la Ghouta, livrant de poignants récits sur leurs conditions de vie.

Tous ces récits rendant immanquablement le gouvernement syrien responsable de ces conditions difficiles insinuant que « comme beaucoup de Syriens, les travailleurs humanitaires ont exprimé leur profonde méfiance envers le gouvernement. » Ou encore : « Nous entendons des rumeurs de réconciliation, mais elles ne pourront jamais se concrétiser. Le gouvernement nous déteste ».

Et d’autres propos invérifiables. Mais de qui exactement émanent ces comptes rendus ? Amnesty International est-elle reliée en ligne directe avec les « Casques blancs » ?

L’organisation gagnerait à comparer ses propres communiqués précédant la libération d’Alep avec l’opinion des résidents depuis cette libération. Le fait que ces derniers soient soulagés et satisfaits de leur sort depuis le départ des djihadistes ne devrait-il pas inciter Amnesty à se poser des questions sur ces témoignages douteux que des sources anonymes lui ont transmis à propos de la Ghouta ?

 

D’autres exemples

De toute évidence Amnesty International ne veut surtout pas que l’on respecte le gouvernement syrien. La partialité des communiqués de presse qu’elle produit sur la situation en Syrie est flagrante ; c’est à peine si les djihadistes y sont mis en cause. Mais c’est dans sa présentation multimédia des prétendus sévices infligés dans la prison de Saydnaya que l’organisation s’est surpassée dans sa déformation des faits.

Là, sa méthodologie est clairement apparue :  se fonder sur des rumeurs, les amplifier de façon mélodramatique, les extrapoler et les exagérer [12]. Le reportage sur les Droits de l’homme cède la place à de la pure propagande. Le moment choisi pour diffuser ces soi-disant reportages est également discutable.

A la veille de discussions ou de pourparlers importants de réconciliation, Amnesty publie comme par hasard un rapport où le gouvernement syrien est présenté sous un jour inacceptable. Qui voudrait entamer des négociations avec un partenaire si peu recommandable ? 

Plusieurs autres rapports d’Amnesty sont ainsi tombés pile la veille de l’ouverture de tentatives de résolution du conflit.

Son dernier communiqué de presse a coïncidé avec une offensive importante du gouvernement syrien dans la Ghouta – illustrant à souhait la nature criminelle de ce dernier.

 

Les Droits de l’homme ne sont pas neutres

C’est Harvey Weinstein, le prédateur sexuel, qui, par son apport financier, a contribué à la création de la branche américaine d’Amnesty International [13].

Mais Weinstein n’a pas financé l’organisation pour les beaux yeux de ses enquêteurs. Certaines personnes investissent des fonds dans des organisations humanitaires pour influer sur la façon dont les sévices et les crimes sont rapportés.

Dans le cas de Weinstein, son ardente dévotion envers Israël explique certainement sa générosité. Car Amnesty est également utilisé à des fins de propagande par ses donateurs.

Intrinsèquement, les Droits de l’homme sont un concept un peu vague, et se prêtent à de parfaites manipulations.

La personne qui dirige l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) est un vendeur de meubles syrien établi à Coventry, une petite ville du Royaume-Uni.

Depuis son salon, il produit des rapports sur les toutes dernières atrocités, attaques chimiques et autres détails sordides permettant de ternir l’image du gouvernement syrien. Il contacte par téléphone ses mystérieuses sources, qui sont systématiquement des forces hostiles au gouvernement syrien.

Le résultat de cette activité menée par une seule personne passe ensuite dans la moulinette de BBC, CNN, The Independent, The Wall Street Journal … et autres principaux médias censés nous informer sur la situation en Syrie. Obtenir l’information de ses propres correspondants sur le terrain coûte cher, d’où la bonne aubaine que représentent ces rapports « humanitaires » tout ficelés et gratuits.

L’OSDH est-il fiable aux yeux d’Amnesty ? Amnesty devrait au moins ajouter quelques notes en bas de page à ces documents.

 

Une stratégie principale

Les Etats-Unis – et quelques-uns de leurs acolytes – se sont engagés depuis plusieurs décennies dans une stratégie de changements de régimes, que ce soit au Moyen-Orient, en Europe de l’Est ou en Amérique latine…

La formule habituelle consiste à créer des organisations citoyennes, telles que syndicats de journalistes, confréries d’avocats et de juristes, et de trier sur le volet quelques syndicats professionnels… sans oublier les organisations humanitaires. Une formation est ensuite dispensée à ces personnes, qui leur apprend à exercer un pouvoir politique réel en organisant de grandes manifestations, en manipulant les médias, en répandant des rumeurs et en déstabilisant le gouvernement en place – jusqu’à la prise de contrôle du Parlement. Cette stratégie se cache derrière les pseudo « révolutions de couleur ».

Elle a été tentée en Syrie [dès 2006, ndlr], avant qu’il y soit décidé de préalablement armer et organiser les djihadistes.

Ceux-ci sont soutenus par une machine de propagande ; les Etats-Unis [le Royaume Uni et la France, ndlr], développent aujourd’hui la plus grande campagne de désinformation et de propagande contre la Syrie [14].

Cette campagne vise à ternir l’image du gouvernement syrien, et à le priver de sa légitimité internationale et de ses soutiens. Les reportages sur les Droits humains jouent un rôle essentiel dans cette campagne. Il est évident que les rapports d’Amnesty International y jouent un rôle majeur. Elle a militarisé les Droits humains.

On assiste actuellement au vaste déploiement de navires de guerre américains en Méditerranée ; et l’État-Major russe craint que la Syrie ne devienne la cible d’une importante attaque de missiles de croisière. [15]

Il est possible que les forces russes soient également en ligne de mire. Si l’on associe ces faits avec la campagne de propagande sans précédent qui a eu lieu aux Etats-Unis et au Royaume-Uni contre la Russie, une guerre imminente semble se profiler.

Dans la mesure où Amnesty International s’est toujours prêtée au jeu des précédentes campagnes de propagande à la veille de conflits, le contenu de son dernier rapport confirmerait que nous sommes à la veille d’un conflit majeur. Amnesty International est investie dans une campagne de propagande – toujours prête à applaudir lorsque les bombes humanitaires vont tomber.

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Paul de Rooij, vit à Londres. Il peut être contacté ici proox@hotmail.com

 

 

Notes

[1] Syrie. Sept années de conflit : l’échec catastrophique de la …. 15 March 2018.

[2] Diana Johnstone y détaille la curieuse affaire de Jadranka Cijel. A noter qu’AI avait été informée de la non fiabilité du récit de ces deux femmes ; mais avait néanmoins continué la tournée. [ Diana Johnstone, Fools Crusade, 20 Sep 2002]

[3] J’ai rédigé plusieurs articles sur Amnesty dans Counterpunch. Le plus récent est intitulé : Amnesty International: Whitewashing Another Massacre, CounterPunch, 8 May 2015.

[4] Ces documents révèlent l’instrumentalisation de la branche israélienne d’Amnesty par le Ministère des Affaires étrangères dans les années 70: Uri Blau, Documents reveal how Israel made Amnesty’s local branch a front for the Foreign Ministry in the 70s, Haaretz, 18 March 2017.  Neve Gordon, Nicola Perugini, Israel’s human rights spies: Manipulating the discourse, Al-Jazeera Online, 22 March 2017.

[5] Ann Wright and Coleen Rowley, Amnesty’s Shilling for US Wars, ConsortiumNews, 18 June 2012.

[6] https://www.youtube.com/watch?v=6RnxJ6TvFZ0&feature=y...  Also: Tim Anderson, The Dirty War on Syria, Global Research, 2016.

[7] Alexander Cockburn rapporte la présence d’Amnesty au cours d’une session du Département d’État cherchant à justifier « les bombardements humanitaires »: Those Incubator Babies, Once More? CounterPunch, April 1999.

[8] Ben Norton, US Ambassador Confirms Billions Spent On Regime Change in Syria, Debunking ‘Obama Did Nothing’ Myth, RealNews.com, 9 February 2018.

[9] Gareth Porter, How America Armed Terrorists in Syria, The American Conservative, 22 June 2017.

[10] Robert Fisk a rendu compte de ce fait dans plusieurs de ses articles. Dans “The Syrian hospital siege that turned into a massacre”, The Independent, 5 June 2015, il fait référence aux tunnels sous un hôpital. Il évoque aussi ce tunnel dans un autre article, mais cette fois dans une école.

[11] Israël ne relève pas de la juridiction de la Cour pénale internationale (CPI) et celle-ci ne peut rien intenter contre lui. Cette cour ne sert qu’à poursuivre des dirigeants africains.

[12] Une importante discussion avec Peter Ford, l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Syrie: John Wight, The Problems With the Amnesty International Report, Sputnik News, 15 February 2017. Aussi Rick Sterling, Amnesty International Stokes Syrian War, ConsortiumNews, 11 February 2017.

[13]  Thomas Frank, Hypocrite at the good cause parties, Le Monde Diplomatique, February 2018

[14] Tim Anderson, The Dirty War on Syria, Global Research, 2016.

[15]  TASS, US preparing strikes on Syria, carrier strike groups set up in Mediterranean, 17 March 2018