Docteur en droit – Commissaire divisionnaire honoraire

 

 

 

 

 

 

 

 

La France est« aujourd’hui, clairement, le pays le plus menacé, tant par Daech que par Al-Qaïda » car « Daech se trouve dans une situation qui l’amènera à essayer de frapper le plus rapidement possible et le plus fort possible ».

Ces propos de Patrick Calvar, tenus devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale il y a seulement quelques jours, ne pouvaient trouver résonance plus forte dans l’actualité. Bien entendu, au moment où ces lignes sont écrites, les raisons de la disparition du vol MS804 d’EgyptAir, ne sont pas clairement établies. `

Il n’en demeure pas moins qu’à la fois le contexte général qui voit les actions terroristes se multiplier et les avertissements sans équivoque d’un des principaux responsables du renseignement français laissent craindre que les 56 passagers et les 10 membres d’équipage de l’A320 égyptien n’aient été victimes d’un acte terroriste.

Les experts en conviennent : les revers militaires que l’État islamique enregistre sur le terrain, loin de réduire sa capacité de nuisance, augmentent sa volonté d’agir et de porter le fer et le feu sur d’autres théâtres d’opérations.

Or l’Europe, et la France en particulier, est l’un d’entre eux. Ainsi que prévient le patron du renseignement français, Daech planifie de nouvelles attaques.

Pour marquer les esprits, et remporter les succès que le plan strictement militaire semble lui refuser, l’organisation terroriste va utiliser des combattants sur zone (dans chacun des pays visés) et chercher à provoquer le plus de victimes possible.

Les grands rassemblements de personnes, mais également les transports et les lieux publics, constituent donc des cibles de choix.

La France, de par ses actions dans la lutte contre Daech, mais aussi parce qu’elle se prépare à l’organisation de grandes manifestations festives (Euro de foot, 14 Juillet), est ainsi particulièrement vulnérable.

Force est également de constater que les mouvements sociaux violents qui sévissent aujourd’hui contribuent à fragiliser notre pays. Entre un état d’urgence qui n’a plus de réalité que le nom, des forces de sécurité surexploitées et fatiguées et un pouvoir politique plus souvent dans le verbe que dans l’action, le pire reste à craindre.

Dans un premier temps, il convient donc de retrouver et de favoriser l’émergence d’une unité nationale fortement mise à mal ces dernières années.

Il faut mettre un terme à ces rassemblements violents qui exposent gravement de nombreux citoyens à des actes terroristes.

Dans un second temps, il y aura lieu de revoir nos modalités de lutte contre le terrorisme en créant une vraie filière police-justice allant du recueil du renseignement jusqu’à la neutralisation, dans le cadre de la loi, des auteurs d’attentats.

Nous serons ainsi loin des mesures placebo récemment présentées par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation.

C’est à une action sans merci et sans faille que doivent être consacrés tous les moyens dont nous disposons !

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