Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/05/2015

FAUT-IL SORTIR DE LA ZONE EURO ???

Les pays européens qui n'ont pas l'euro s'en sortent mieux

Publié par wikistrike.com sur 15 Mai 2015, 06:41am

Catégories : #Economie

Les pays européens qui n'ont pas l'euro s'en sortent mieux

ujourd'hui, le bien-fondé de l'euro est largement remis en cause. D'aucuns l'accusent d'être à l'origine des politiques d'austérité mises en place dans les pays du Sud de la zone euro avec par exemple pour conséquence économique un effondrement de la demande intérieure (baisse des salaires et des dépenses publiques/hausse du chômage et des impôts). D'autres lui reprochent d'être mal adapté à l'économie de leur pays (surévaluation) et par conséquent de freiner leurs exportations et leur croissance.

Or le projet de création de l'euro en 1999 était présenté comme une opportunité unique pour les citoyens et les consommateurs européens de bénéficier des avantages macro-économiques d'une monnaie commune. Je vais exposer successivement ces avantages théoriques et pour chacun d'eux l'argument sous-jacent et comparer la situation de la zone euro à celle des pays membres de l'Union Européenne n'ayant pas adopté l'euro* afin de voir si l'avantage s'est concrétisé ou non.

Toutes les données sont issues d'Eurostat (http://ec.europa.eu/eurostat/fr).

*Les pays européens non-membres de la zone euro sont : la Bulgarie, la République Tchèque, le Danemark, la Croatie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Suède et le Royaume-Uni.

 

Stabilité des prix

Argument : après les épisodes d'inflation très élevée des années 70 et 80 (conséquences des 2 chocs pétroliers), la stabilité des prix est devenue une priorité. Elle permet en effet de protéger le pouvoir d'achat et la valeur de l'épargne des citoyens et donc d'évoluer dans un environnement économique plus certain. C'est l'objectif principal de la Banque Centrale Européenne (BCE).

 

 

Constat : avantage à moitié vérifié. Sur la période précédant la crise des subrimes (2008), les taux d'inflation ont été très stables en zone euro (écart-type : 4 pb), mais ils l'ont aussi été pour les autres pays. Cependant, après la crise, la variation est beaucoup plus forte (écart-type : 116 pb).

 

Taux d'intérêt inférieurs

Argument : comme les taux d'intérêt dépendent en partie de l'inflation et de l'inflation anticipée, si cette dernière est contrôlée et maintenue à un niveau faible (pour rappel, la BCE a un objectif d'inflation de 2 % par an), les taux d'intérêt seront bas.

 

 

Constat : avantage vérifié. Les taux d'intérêts à court terme et à long terme dans la zone euro sont incontestablement plus faibles.

 

Davantage d'investissement et de consommation

Argument : les taux d'intérêt faibles encouragent les secteurs privés (entreprises + ménages) et publics à emprunter pour investir et consommer.

 

 

Constat : avantage non vérifié. Il n'y a eu ni plus d'investissement, ni plus de consommation. On note même depuis 2011 un léger avantage pour les pays non membres de la zone euro.

 

Une croissance élevée

Argument : l'investissement et la consommation encouragés par le crédit via les taux d'intérêt bas sont des moteurs de croissance (en économie on dit qu'ils sont des composants du PIB).

 

 

Constat : avantage non vérifié. En dehors de la période de la crise des subprimes (2008 - 2010) où les taux de croissance étaient identiques entre les 2 groupes de pays, les pays non membres de la zone euro ont connu des taux de croissance plus élevés. La moyenne annuelle des taux de croissance entre 2003 et 2014 a été dans la zone euro de 0,83 % contre 1,10 % pour l'ensemble de l'Union Européenne.

 

Moins de chômage

Argument : un taux de croissance élevé est généralement synonyme d'une baisse du chômage (pour plus d'informations, voir la loi d'Okun).

 

 

Constat : avantage non vérifié. On l'a vu, la croissance n'a pas été aussi élevée que prévu en zone euro et a même été inférieure à celle des autres pays. L'évolution du taux de chômage a donc été plus favorable dans les pays n'appartenant pas à la zone euro (à l'exception de la période 2009 - 2011).

 

Dettes publiques maîtrisées

Argument : comme l'entrée dans la zone euro est (normalement) conditionnée au respect des critères de Maastricht qui imposent notamment un déficit public et une dette publique respectivement inférieurs à 3 % et à 60 % du PIB, les Etats qui adoptent l'euro ne devraient pas s'endetter outrancièrement. Par conséquent, le risque de défaut souverain et d'éclatement de la zone euro est nul.

 

 

Constat : avantage à moitié vérifié. Les critères de convergence n'ont pas permis de limiter l'endettement des Etats. Toutefois, l'accroissement des dettes publiques a été plus contrôlé dans la zone euro, surtout pendant la crise de 2008. Cela peut néanmoins s'expliquer par un niveau d'endettement initialement plus faible chez les autres pays, d'où une plus grande souplesse budgétaire.

 

Commerce intra-communautaire renforcé

Argument : la disparition des risques de change permise par la monnaie unique doit encourager le commerce entre les pays de la zone euro et au final augmenter le poids de cette dernière dans le commerce intra-Union Européenne.

 

 

Constat : avantage non vérifié. En dehors de la période de la crise des subprimes, les exportations comme les importations intra-communautaires ont connu des évolutions plus favorables pour les pays de l'UE n'ayant pas l'euro.

 

Résistance accrue aux chocs externes

Argument : la taille et la force de la zone euro améliorent sa capacité à absorber des chocs externes sans pertes d'emploi massives et sans récession grave.

Constat : avantage vérifié. On l'a vu sur tous les indicateurs macroéconomiques précédemment étudiés, la zone euro a globalement mieux résisté au choc externe qu'a été la crise des subprimes.

 

 

Pour résumer, la monnaie unique n'a pas aujourd'hui tenu toutes ses promesses et les pays de l'Union Européenne qui n'ont pas adopté l'euro sont en moyenne plus performants. Sur les indicateurs macroéconomiques majeurs, à savoir la croissance du PIB (1), le chômage (2), l'inflation (3) et la dette publique (4), la zone euro est soit clairement moins performante que les autres ((1) et (2)), soit autant ((3) et (4)). Cependant, on remarque que la zone euro a été économiquement plus efficace (ou dit autrement, a obtenu des résultats moins pires) lors du principal choc externe qu'elle a connu, à savoir la crise des subprimes.

 

Source

14/05/2015

UNE DATE À RETENIR !!! RÉUNION DE COHÉSION DU PDF EN BRETAGNE !

 101991500-2.jpg

 

 

Chers Amis,

Le Parti de La France Bretagne organise un déjeuner-débat le Samedi 27 juin 2015 à 12Heures avec comme invité Thomas JOLY Secrétaire Général qui nous commentera l’actualité politique et l’organisation de notre mouvement au : 

 

                                    RESTAURANT LE FOLL

                                 5 GRANDE RUE

                           22720 SENVEN LEHART

 

Une journée bien sympathique en perspective !

Comptant sur votre présence

Amitiés Nationales

 

 Jean-Marie Lebraud Délégué Régional du PDF Bretagne

 

 

………………………………………………………………………………………………….

Coupon à nous retourner avant le 18 juin 2015 par courrier

Nom Prénom :.................................................................... ..............................

Adresse :..............................................................................................................................

......................

E-mail : .........................................................................

Nombre personnes :          X 25,00 Euros = ..................

 

 (Joindre obligatoirement le règlement pour l’inscription au repas au Nom de Renan HAAS et expédier : 

 

RENAN HAAS 24 RUE DE KERENTREE 29120 PONT L’ABBE

SYRIE LES NEWS ! COMMENT LES MÉDIAS INTOXIQUENT L'OPINION PUBLIQUE .....

 

Comment les médias intoxiquent l’opinion publique : Le cas de la Syrie [VIII]

Crises/guerres Décryptage Désinformation France Propagande Syrie
 
 

 

media

 

Syrie : Synthèse sur le « massacre de Houla » du 25 mai 2012

Le « massacre de Houla », constitue le premier vrai tournant dans la crise syrienne. Imputé, avant toute enquête, aux forces armées syriennes, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une opération perpétrée et mise en scène par les groupes « rebelles ». François Belliot documente dans la présente chronique le contexte dans lequel est survenu cet horrible « massacre ». Il examine sa couverture médiatique en France, les réactions politiques des différentes parties, les débats à l’ONU. Tout cela en parallèle avec les nombreuses actions de déstabilisation anti-Assad.[ASI]

 

Contexte dans lequel s’est produit ce tragique massacre

Les semaines précédant le « massacre de Houla » l’heure semble être à l’apaisement en Syrie ; quelques lueurs d’espoir semblent dessiner une sortie de crise possible. Le 6 mai, en application de la nouvelle constitution adoptée par référendum le 26 février 2012, des élections législatives ont été organisées. Remportées par le parti Baath, elles ont vu pour la première fois la participation de représentants de partis de « l’opposition intérieure » (considérée comme légitime contrairement à l’opposition « extérieure » du Conseil National Syrien, financé par des

Etats dits « amis de la Syrie »). Sur le terrain les affrontements auraient déjà fait plus de 10 000 morts – soldats de l’armée syrienne, combattants terroristes, civils. Le 25 mars l’Etat syrien a accepté la proposition en six points de l’Envoyé spécial conjoint de l’Organisation des Nations Unies, M. Kofi Annan, et de la Ligue des États arabes. Parmi ces six points figure l’engagement du gouvernement syrien à « collaborer avec l’Envoyé dans le cadre d’un processus politique ouvert, dirigé par les Syriens, de façon à répondre aux aspirations et préoccupations légitimes de la population »[i], (…) « à cesser les combats et à assurer de toute urgence, sous la supervision de l’Organisation des Nations Unies, un arrêt effectif de toutes les formes de violence armée par toutes les parties afin de protéger les civils et de stabiliser le pays ». Pour ce faire les autorités syriennes s’engagent à « mettre fin aux mouvements de troupes en direction d’agglomérations, cesser d’utiliser des armes lourdes dans des agglomérations et commencer à retirer les troupes concentrées dans des agglomérations et aux alentours. » La proposition précise également que « toutes les parties » doivent renoncer à l’usage de la violence.

Cet engagement des autorités syriennes trouve son prolongement dans le vote, à l’unanimité, de la résolution 2042 du conseil de sécurité de l’ONU, le 14 avril. Cette résolution reprend les éléments de la proposition en 6 points et en développe certains[ii]. Elle réaffirme la souveraineté de la Syrie, condamne les violences commises des deux côtés, note que les autorités syriennes et « l’opposition syrienne » ont pris des engagements, que l’Envoyé de l’ONU et la Ligue Arabe ont noté une décrue des violences depuis le 25 mars. La résolution entend « mettre en place immédiatement, à l’issue de consultations entre le Secrétaire général et le Gouvernement syrien, une mission des Nations Unies en Syrie chargée de vérifier que toutes les parties cessent de se livrer à la violence armée sous toutes ses formes ». Le gouvernement syrien devra veiller au bon fonctionnement de la mission, laquelle sera amorcée par l’envoi de 30 observateurs non militaires qui « commenceront à rendre compte des progrès accomplis ».

La résolution 2042 est complétée, le 21 avril, par la résolution 2043[iii]. Elle prévoit, « pour une période initiale de 90 jours », la mise en place d’une Mission de Supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS)[iv]. Composée finalement de 300 observateurs non militaires, et dirigée par le major général Robert Mood, elle sera chargée de vérifier sur le terrain l’application de la proposition en 6 points. De nombreux états représentés au conseil de sécurité ont souligné le tournant que marquait cette résolution : un texte « d’une importance capitale », pour la Russie ; une «mesure importante et de longue portée » pour l’Allemagne ; pour l’Azerbaïdjan : « Avec la présente résolution, une autre étape vient d’être franchie pour traiter la crise par des moyens pacifiques »[v].

Tous ces représentants se sont « félicités » du vote de cette résolution à l’unanimité.

Trois états continuent cependant de nourrir de profondes réserves sur la sincérité du « régime » syrien, et l’applicabilité de la mission. La France avance, avec une sémantique agressive et accusatoire, que « sur le terrain la situation est toujours aussi inquiétante », « les tirs à l’arme lourde et les bombardements continuent », et que le vote en faveur de cette résolution représente « un risque ». Si le régime syrien ne respectait pas ses engagements, il faudrait envisager « d’autres options ». Pour le Royaume Uni, le gouvernement Assad continue sur le terrain à multiplier les violences et le seul intérêt d’une mission déployée est qu’elle pourra avoir un impact sur le terrain. Tout non-respect par le « régime » syrien de ses engagements amènerait le conseil de sécurité à « envisager d’autres mesures, y compris des sanctions ». Les États-Unis, par la voix de Mme Condoleeza Rice, ont averti qu’ils étaient « à bout de patience ». Doutant ouvertement de l’efficacité de la mission, ils seraient contraints à « d’autres options » en cas de non-respect de l’intégralité des 6 points de la proposition.

Sur le site internet de la MISNUS[vi], on peut lire que ce train de mesures semble dans un premier temps avoir porté ses fruits : « Du 16 avril à début mai, les hostilités ont été marquées par la faible intensité des combats et une réduction générale des violences. La cessation des violences, prévue dans le cadre du plan en six points, et la présence de la Mission de supervision, ont semblé avoir un effet modérateur dans les zones de déploiement des observateurs. » Il est vrai toutefois que « la cessation convenue des violences n’a été que de courte durée. Au cours de la deuxième semaine du mois de mai, les hostilités ont repris au point d’atteindre, voire de dépasser à mi-juin le niveau d’intensité antérieur au 12 avril. » Le rapport n’établit pas de responsabilité dans la reprise des hostilités, renvoyant dos à dos les forces gouvernementales et l’ « opposition » armée.

Le 25 mai le « massacre de Houla », un mois après le vote de la résolution 2043, va faire voler en éclats le très fragile cessez-le-feu amorcé par l’acceptation de la proposition en 6 points par la Syrie.

Ajoutons, pour prendre encore mieux la mesure du contexte dans lequel survient cet épisode sanglant, qu’au moment où il se produit, des inspecteurs de l’ONU viennent d’arriver sur place, et notamment à Homs, à 30 kilomètres de cette localité. Ils pourront donc se rendre sur place immédiatement le lendemain. Par ailleurs, le conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir le 27 et le 28 mai doit arriver à Damas le médiateur de l’ONU et de la ligue arabe, Kofi Annan.

houla 1

Avant même d’entrer dans le détail du déroulement de cette affaire, on peut remarquer que le massacre de Houla survient dans un moment crucial de la crise. La résolution 2043 est un peu la résolution de la dernière chance, susceptible d’empêcher le basculement définitif dans les horreurs d’une intervention militaire contre la Syrie. En la violant, le régime syrien s’exposerait au pire.

Le massacre et ses conséquences

Nous allons d’abord relater l’événement proprement dit, en nous basant sur les éléments présentés par les médias au moment des faits. Sera détaillée ensuite la campagne de lynchage politique et médiatique orchestrée en France pour présenter le président syrien et son gouvernement comme les seuls coupables ; puis les conséquences diplomatiques de l’affaire avec la résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU du 1er juin 2012. Seront ensuite passées en revue les failles de la version officielle, à l’appui d’éléments permettant de se faire une idée de ce qui s’est réellement passé, le 25 mai, à Houla. Seront étudiées enfin les suites et les conséquences de l’événement jusqu’à la fin de mission de la MISNUS le 19 août 2012.

Au commencement était (encore[vii]) une vidéo

Le vendredi 25 mai 2012 est diffusée sur YouTube une vidéo d’une durée de 3 minutes[viii]. Le film montre des dizaines de cadavres alignés dans une pièce sur plusieurs rangées. La majorité d’entre eux sont des corps d’enfants. Pendant les deux premières minutes, l’homme la caméra se focalise sur un groupe d’une douzaine de très jeunes enfants. Les images sont choquantes : l’un a le haut du crâne entièrement soufflé, le bas du visage d’un autre a disparu et n’est plus qu’un amas d’os et de chairs. A mesure que la caméra filme les rangées, un homme saisit rudement des petits cadavres désarticulés. A la dernière minute, la camera se déplace vers une autre rangée de corps d’adultes recouverts de draps que l’homme soulève. Toutes les cinq secondes on entend des appels à « Allah ou Akhbar » qui viennent ponctuer d’un bout à l’autre ces macabres séquences. Aucun visage n’apparaît dans la vidéo, hormis à la seconde 27, où la caméra capte brièvement celui de l’homme qui soulève les cadavres.

Ce « massacre » aurait eu lieu dans la localité de Houla, une localité regroupant plusieurs villages située à 25 km au nord-ouest de la ville de Homs, et 35 km au nord-est de la frontière libanaise.

Cette vidéo suscite les réactions indignées. Tous les gouvernements du monde dénoncent immédiatement le « massacre de Houla » et la barbarie de ceux qui l’ont perpétré.

Le 26 mai, les enquêteurs de l’ONU, qui venaient d’arriver dans la ville de Homs toute proche, se rendent sur place et dressent un bilan de 108 victimes parmi lesquels 49 enfants sont dénombrés. Les 108 corps sont enterrés le lendemain.

Le 27, le conseil de sécurité de l’ONU se réunit et fait une « déclaration à la presse (…) sur les attaques perpétrées à Houla, en Syrie »[ix]. Le massacre est fortement condamné mais aucune responsabilité n’est clairement avancée. Certaines victimes, selon les enquêteurs de l’ONU, auraient bien péri du fait de bombardements, mais la plupart auraient été exécutées à bout portant. La Syrie est rappelée à ses engagements de ne pas faire usage d’armes lourdes dans les quartiers d’habitation, et à rappeler ses militaires dans leurs casernes. Par ailleurs, « les membres du Conseil ont prié le Secrétaire général de continuer, avec la participation de la MISNUS, à enquêter sur ces attaques et à faire rapport au Conseil », et « ont également réaffirmé leur soutien sans réserve aux efforts de l’Envoyé spécial conjoint pour faire appliquer intégralement son plan en six points ». Si certaines déclarations sont dures à l’adresse des autorités syriennes, cette déclaration signée par tous les membres du conseil de sécurité (Russie et Chine comprises) ne constitue pas un acte d’accusation en règle.

Houla 2

 

Le même jour, de concert avec d’autres sources gouvernementales, le journal télévisé syrien livre une version des faits plus précise[x]. La présentatrice rapporte que le porte-parole du ministère des affaires étrangères des réfugiés « nie catégoriquement la responsabilité syrienne. Ses auteurs se sont rassemblés dans plusieurs régions adjacentes à al-Houla, avant de se diriger vers cette région dans des véhicules armés de mitrailleuses. Ces terroristes qui étaient armés de roquettes anti char, bien qu’aucun char ne se trouve à al-Houla, ont procédé à massacrer de sang-froid des habitants de cette région (…) Ces terroristes ont également attaqué cinq barrages de l’armée syrienne, tuant trois militaires et en tuant seize autres. En tant qu’état souverain la Syrie se réserve le droit de défendre ses citoyens. » Elle annonce par ailleurs « la mise en place d’une commission militaire qui sera chargée d’enquêter sur le carnage d’al-Houla, avant de rendre public dans l’espace de trois jours les résultats de ces enquêtes ». La présentatrice souligne par ailleurs que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit le jour même et que Kofi Annan arrive le lendemain en Syrie. Au sujet du massacre elle laisse entendre qu’il s’agit probablement d’une tentative de torpiller le plan de cessez-le-feu établi deux semaines plus tôt, le 12 avril (résolution 2042).

Les articles paraissant les deux jours qui suivent le massacre dans les médias sont relativement mesurés. Le ton est hostile envers les autorités syriennes mais une forme de retenue semble de mise. La plupart des journalistes rapportent les deux versions possibles du massacre, sans trancher. Le traitement médiatique est néanmoins extrêmement émotionnel, rivalisant de superlatifs devant susciter l’indignation du grand public devant ce crime barbare.

L’expulsion des ambassadeurs syriens de plusieurs pays « occidentaux » (+ Turquie) deux jours plus tard, le 29 mai, va donner lieu au lancement d’un franc, unanime, concert d’accusations contre Bachar el-Assad et son « régime », comme l’explique Jean-Michel Vernochet dans une interview publiée par la chaîne Iceberg TV le 30 mai :

« La presse a été longue à embrayer, mais dès lors que la presse est lancée, on s’aperçoit qu’elle ne s’arrête plus et qu’elle va extrêmement vite, puisque hier nous avons assisté à l’expulsion en rafale d’une dizaine, plus en réalité, de représentants, d’ambassadeurs syriens, dans des pays occidentaux, notamment au Canada, en Australie, aux Etats-Unis, Royaume Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne, j’en passe et des meilleurs, et même la Suisse. »[xi]

Comme très souvent au cours de cette crise, la France est à la pointe des accusations. Dans la matinée du 29 mai (avant donc les résultats de la commission d’enquête syrienne, et plus généralement de toute commission d’enquête) a été la première à décider de cette expulsion. Cet empressement est cohérent avec le fait que la France a été le premier état du monde à reconnaître le Conseil National Syrien en novembre 2011 comme seul instance représentative de la Syrie.

Couverture médiatique de l’affaire en France

Voici quelques exemples de titres et extraits d’articles, représentatifs de ce qu’on pouvait lire entre le 28 mai et le 6 juin dans les quotidiens et hebdomadaires les plus connus (Monde, Figaro, Point, Libération, etc)

Le 28 mai, Libération titre en Une : « Syrie, la macabre fuite en avant de Bachar el-Assad », accompagné du résumé suivant de l’affaire : « Au moins 108 civils dont 32 enfants sont morts dans le bombardement de Houla par l’armée. » On peut par ailleurs lire à la page 10 un article de Jean-Pierre Perrin (un des intervenants du débat à l’IMA) intitulé « Syrie, la stratégie de l’horreur »[xii] accompagné du chapeau suivant : « Le massacre de Houla samedi semble témoigner de la fébrilité d’un régime qui se sent menacé. » Il attaque très fort en prétendant que « dès le début de l’insurrection, en mars 2011, l’une des tactiques de Bachar el-Assad est de s’attaquer aux enfants dans les régions dissidentes. » Il souligne le rôle crucial des vidéos qui « ont provoqué un sursaut d’indignation de la communauté internationale, qui depuis plusieurs semaines, manifestait un des intérêts les plus limités pour la Syrie. »

Le 28 mai sur le site d’Europe 1, est publié le compte-rendu d’une émission de radio intitulé : « Syrie : le régime « se permet tout »[xiii]. Réaction du journaliste Alfred de Montesquiou : « A ses yeux « dans les grandes lignes morales », le régime de Damas et les rebelles ne se valent pas. Pour lui, il est clair qu’ »il y a un côté qui se permet tout ». « Cela ne ressemble pas aux rebelles d’aller égorger des enfants », a-t-il aussi insisté.» Pour le photo-reporter Patrick Chauvel« Dans tous les massacres rapportés, « la responsabilité est d’un seul côté » selon lui ; « après s’il y a des dérapages, cela s’appelle la guerre ». « Les rebelles n’ont aucun intérêt à se mettre à dos la population, d’autant qu’ils sont la population », a-t-il analysé. » Les commentaires d’Edith Bouvier et de Pascal Boniface, autres participants de l’émission, sont plus mesurés, mais le ton d’ensemble est à charge contre les autorités syriennes.

Le 30 mai le Monde cite en Une : « Fabius : Bachar est l’assassin de son propre peuple, il doit partir »[xiv]. Cette phrase est extraite d’un long entretien accordé par le ministre au quotidien qui ne mâche pas ses mots contre le « régime » syrien et son président.

Le même jour le site du Parisien publie un article intitulé : « Syrie : Paris n’exclut pas une intervention armée »[xv]. « François Hollande a indiqué sur France 2 qu’il n’excluait pas une intervention armée, « à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international, c’est-à-dire dans une délibération du Conseil de sécurité » de l’ONU. » y lit-on. L’article cite également les accusations sans détours de M. Fabius contre le président syrien et rapporte mollement, pour la défense de l’intéressé, que « le président syrien continue de faire la sourde oreille et tente de convaincre la communauté internationale que son pays est victime de gangs armés ».

Le lendemain 31 mai, le Monde  met en titre de son éditorial : « La Syrie et les limites de la diplomatie » ; on y lit notamment : « A qui en douterait, le massacre de Houla, dans lequel l’ONU voit la responsabilité syrienne et des milices pro Bachar el-Assad »[xvi]. Commentant l’expulsion des ambassadeurs syriens, qui selon lui ne servira à rien, l’éditorialiste admet tout de même : « Pour symbolique qu’il apparaisse, les renvois des diplomates syriens traduit pourtant une inflexion. Dernier précédent : quelques mois avant la chute de Kadhafi. » L’éditorial est complété en page 5 par un article de Benjamin Barthe intitulé « L’ONU impute aux milices pro Assad la responsabilité du massacre de Houla. » Le chapeau est extrêmement engagé : « Un massacre à la kalach et au couteau. Des familles entières exécutées ou égorgées dans leurs propres maisons, par les hommes de main du régime de Bachar el-Assad » Ce qui a amené le président Hollande à mettre en garde : « Une intervention armée n’est pas à exclure à condition qu’elle se fasse dans le respect du droit international, c’est-à-dire par une délibération du conseil de sécurité. »

L’éditorial signé Pierre Rousselin dans le Figaro du même jour, intitulé « Syrie, faire plier Poutine » est dans le même ton : « Le massacre de Houla, avec l’exécution de sang-froid de dizaines de civils, femmes et enfants, a fait reculer les limites de l’horreur qu’inflige le régime de Bachar el-Assad à son propre peuple »[xvii].

Toujours le 31 mai on peut lire sur lepoint.fr un article intitulé « Syrie, vers un Irak bis ». Il est dit que « le Conseil a adopté dimanche à l’unanimité une déclaration condamnant le gouvernement syrien pour le massacre de Houla, qui a fait au moins 108 morts et a conduit de nombreux pays, dont la France, les États-Unis et le Japon, à expulser des représentants diplomatiques syriens »[xviii]. L’article rapporte les déclarations d’un officiel étasunien qui souhaite que la « communauté internationale » se substitue au besoin au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Dans un article de Libération du même jour, intitulé « Le massacre de Houla est un tournant dans la crise syrienne » nous lisons sous la plume de Jean-Pierre Perrin : « On sait à peu près ce qui s’est passé, l’artillerie du régime, montée sur des chars, a pulvérisé des quartiers de la ville. Puis des miliciens sont venus achever les blessés. La responsabilité du régime dans le massacre ne laisse donc aucun doute. Il est possible que ce massacre soit d’ailleurs un tournant dans la crise syrienne »[xix].

L’éditorial de Libération du 1er juin est intitulé « Malaise »[xx]. Vincent Giret s’y livre : « D’où vient cette gêne insupportable qui semble mettre en veilleuse l’indignation des opinions publiques occidentales, alors qu’une bonne partie du peuple syrien, armé d’un courage inouï, se refuse toujours à capituler devant un dictateur de la pire espèce ? », et s’emporte : « il faut continuer de dénoncer sans relâche la barbarie incommensurable du clan Assad, multiplier les pressions tous azimuts, et répéter aux pays du sud de la Méditerranée que personne ici n’acceptera de se faire complice d’une chape de plomb maintenue au prix d’un bain de sang. »

Cet éditorial est complété par un article de Jean-Pierre Perrin intitulé « Le massacre de Houla, ce monstrueux révélateur »[xxi]. On y lit que « les événements de Houla n’ont pas été qu’un épouvantable massacre où l’on a tué vendredi et samedi derniers une cinquantaine d’enfants. Ils ont une portée autrement tragique s’il se confirme, ce que tout semble indiquer, que ce sont bien les habitants de plusieurs villages alaouites qui sont allés assassiner ceux de cette petite ville sunnite, en particulier les femmes et les enfants de déserteurs ou de soldats ayant rejoint les rangs de la rébellion. Un tel massacre n’a pu se faire sans la complicité de l’armée syrienne, qui, semble-t-il, a laissé passer les exécuteurs. »

Le premier juinle Parisien.fr publie une brève intitulée « Le sanglant bilan d’Assad »[xxii]. On y lit notamment : « Un an et demi après, le dictateur syrien, mis au ban de la communauté internationale, s’accroche au pouvoir en utilisant tous les moyens. L’armée n’hésite pas tirer à l’arme lourde sur la population comme dernièrement à Houla, à 25 km au nord-ouest de Homs, où plus de 116 civils, dont 49 enfants, ont été tués et 300 blessés. Les rapports nourris de témoignages sur la situation en Syrie font froid dans le dos. Assassinats, torture, viols, destruction de propriétés : les forces de sécurité du régime se livrent aux pires atrocités tandis que le pouvoir accuse des bandes « terroristes » et des « groupes armés » de semer le chaos. »

Le même jour, encore, une  dépêche AFP[xxiii] dit que « Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a accepté vendredi une résolution demandant à la commission d’enquête indépendante internationale sur la Syrie de mener une « enquête spéciale » sur le massacre de Houla en vue de traduire en justice les responsables. La résolution a été acceptée par 41 voix pour dans le cadre d’une session spéciale du Conseil sur la Syrie (la 4e depuis mars 2011, ndlr). La Chine, la Russie et Cuba ont voté contre, tandis que l’Ouganda et l’Équateur se sont abstenus. « Condamnant dans les termes les plus sévères les assassinats scandaleux de 49 enfants », la résolution demande à la commission d’enquête internationale, qui agit sous mandat du Conseil depuis août 2011, « de conduire une enquête spéciale exhaustive, indépendante et sans entrave en accord avec les standards internationaux sur les événements de Houla » ». Cela implique mécaniquement que les ambassadeurs syriens ont été expulsés avant même le lancement d’une enquête indépendante. Je reviendrai plus loin sur cette enquête ouverte le 1er juin 2012 et dont les conclusions sont rendus le 27 juin.

Même si quelques journalistes se sont montrés plus mesurés,  dans l’ensemble le « massacre de Houla », a été présenté dans les médias comme un événement dont la responsabilité ne pouvait être à rechercher que dans le camp de Bachar el-Assad. L’accusation est souvent sans détours et formulée dans une sémantique binaire et très agressive ; on ne relève aucun indice pouvant mettre en doute cette position ; on ne relève pas de différence notable de ton entre des quotidiens « de gauche » comme Libération et « de droite » comme le Figaro. Il faut ici rappeler que François Hollande a été élu en France le 21 avril 2012, et que le passage de témoin entre Alain Juppé et Laurent Fabius s’est fait, concernant le cas de la Syrie, dans une continuité immédiate et totale. Pas de « changement » pour la Syrie.

Bref, pour les médias français unanimes, les conclusions de l’enquête à venir sont évidentes, tout ce que peuvent répondre les autorités syriennes pour leur défense ne peut ressortir qu’à du mensonge, et l’on peut déjà commencer à battre les tambours de la guerre et affûter les lames sur les meules.

Il n’y a guère que dans le mensuel Causeur du 1er juin[xxiv] que j’ai relevé l’expression d’un semblant de réserve quant à la précipitation avec laquelle le président Hollande a pris la décision d’expulser l’ambassadrice Chakhour. Sévère, l’auteur, Grégoire Benoist informe : « Si Hollande, tout excité par sa volonté de créer le buzz, avait attendu les rapports officiels, il aurait appris que le massacre n’était pas la conséquence du pilonnage de Houla par les forces du régime syrien, mais qu’il s’agissait en fait d’exécutions sommaires perpétrées par un groupe qui n’a pas été formellement identifié. » « Gageons que François Hollande était mieux informé que tout le monde ! » ironise-t-il. Mais M. Benoist plutôt que de s’inquiéter d’une décision peut-être irresponsable et lourde de conséquences funestes, préfère y voir un signe de la Providence : « Ce qui est sûr, c’est que cette décision symbolique vient à point nommé pour faire de la France l’inspiratrice d’une politique d’ingérence internationale en Syrie et pourquoi pas de notre président le potentiel futur libérateur du pays… » Et puis l’occasion est trop belle : « Un massacre vaut certainement psychologiquement autant que quelques armes de destruction massive et on a déjà fait la guerre pour moins que cela ! » On ne peut mieux dire ; je rappelle quelques cas instructifs que j’ai relevés dans la chronique VI[xxv] : le faux charnier de Timisoara, le faux massacre de Rachak, le faux témoignage de Nassiriya, les fausses ADM de Saddam Husseïn, les faux massacres de Kadhafi. On s’interroge, à la lecture de ce genre d’article, sur le niveau de conscience de certains « journalistes ».

Des témoignages de rescapés à l’appui du récit officiel

Pour pallier à l’absence de preuves tangibles de la culpabilité des autorités syriennes dans le massacre de Houla, les médias vont diffuser le témoignage de Noura et Ali al-Sayed, deux jeunes enfants ayant assisté au massacre et survécu dans des circonstances miraculeuses, dont les vidéos sont publiées sur YouTube le 26 mai.

Voici comment Christophe Ayad (voir débat à l’IMA) les résume dans le Monde du 30 mai[xxvi]:« Dans cette vidéo mise en ligne lundi[xxvii], Noura, une petite fille de Taldaou, attribue ce massacre à l’armée et aux milices du régime, les chabiha, composées de civils armés, issus pour la plupart de la communauté alaouite tout comme la famille Assad au pouvoir. Comme plusieurs autres enfants rescapés du massacre, dont un garçon de 11 ans cité par  le quotidien britannique The Guardian, Noura, elle-même blessée d’une balle dans le dos, a survécu en faisant la morte, parmi les cadavres de ses proches assassinés. Toute sa famille, ainsi que celle de son oncle a été massacrée. Les miliciens, vêtus d’uniformes selon la jeune fille, ont pris le temps de piller les maisons, emportant l’or et les bijoux trouvés sur les cadavres, ainsi que l’argent liquide. Dans un autre témoignage Ali Adel Al-Sayed raconte que des soldats et des civils arrivés en blindés se sont arrêtés devant la maison de ses parents, en sont descendus, puis ont enfermé toute sa famille dans la pièce principale de la maison, avant de tirer. L’enfant, blessé, aurait vu les hommes emporter trois télévisions, une machine à coudre et un ordinateur. Sa mère et son frère, enlevés par les miliciens, auraient été tués plus tard. Enfin, dans un dernier témoignage, un enfant décrit d’un geste éloquent comment certaines victimes ont été égorgées. » Le journaliste prend soin de préciser qu’il n’est pas possible de « garantir l’authenticité de ces témoignages », mais indique indirectement leur fonction : « Il demeure que ces témoignages corroborent les récits recueillis par les enquêteurs de l’ONU ». Dans les vidéos, Noura est filmée couchée dans un lit, emmitouflée dans des couvertures. Elle est sous perfusion et s’exprime d’une petite voix. A la fin de la vidéo, l’homme qui la filme soulève le drap pour montrer un gros pansement sur son flanc. Ali quant à lui, qui n’a que des égratignures à la main gauche, s’exprime face caméra. Tous deux accusent sans détours l’armée syrienne en donnant des détails horribles. Le ton d’Ali ne laisse poindre aucune émotion et sa conclusion témoigne d’une maturité politique surprenante pour un garçon de 11 ans (qu’il ne fait pas). Quand l’homme à la fin de la vidéo lui pose une série de questions touchant à ce qu’il souhaiterait, il répond : « Nous demandons que la communauté internationale mette fin aux tueries en Syrie et à Houla. (…) Quiconque entend ceci doit savoir que nous avons été tués. Nous avons été tués dans nos maisons. Nous avons été tués et vous ne faites rien. La communauté internationale de fait rien. Les gens parlent mais ils ne font rien. (…) Le peuple doit se battre. Ils doivent faire ce qu’ils ont dit qu’ils voulaient faire pour nous protéger »[xxviii].

houla 3

 Le jeune Ali al Sayed, principal témoin du « massacre », et unique « preuve » complémentaire de la vidéo de la culpabilité du « régime syrien » dans le massacre de Houla, avec celui de la jeune Noura

Ces témoignages, abondamment relayés dans les médias, sont évidemment d’autant plus poignants et révoltants qu’ils émanent de jeunes enfants. Je précise qu’il s’agit du seul élément probant invoqué (avec la vidéo) pour donner corps au récit officiel rejetant la responsabilité unique du forfait sur les autorités syriennes et leurs forces armées.

L’identité des victimes et le scénario du massacre

Tous les médias précisent que 108 victimes ont été dénombrées, parmi lesquelles 49 enfants et 34 femmes. Certaines des victimes ont en effet été tuées par des tirs d’artillerie, mais la plupart d’entre elles ont été tuées à bout portant dans ce qui ne peut que correspondre qu’à des exécutions sommaires. C’est à l’évidence le cas des enfants exhibés dans la vidéo.

Les journalistes des médias français, comme on l’a vu, ne donnent généralement pas plus de détails. Ils rapportent sommairement la version gouvernementale, et la version des chancelleries occidentales, qui n’est pas plus détaillée, et finissent par accuser les autorités syriennes et leur président. C’est ce qu’ils continueront de faire les jours suivants.  C’est alors que des journalistes vont produire des éléments nouveaux, étayant mieux la version des autorités syriennes que celle des chancelleries occidentales.

Le 1er juin, Louis Denghien publie sur le site infosyrie.fr un article[xxix] résumant un reportage russe dans lequel sont interrogés des témoins du massacre. Il revient également sur la commission d’enquête militaire syrienne qui a rendu ses conclusions la veille. Les deux paragraphes suivants en sont un résumé, dans lequel j’ai repris quelques-unes des expressions de l’auteur.

Les jours suivant les événements, une équipe de journalistes russes parviennent à pénétrer dans le village de Taldo, situé au sud-est de la localité de Houla. Ils parviennent à interroger des habitants qui leur racontent ce qui s’est passé dans la journée du vendredi 25 mai, non pas à Houla mais à Taldo. La traduction intégrale de ces échanges est disponible sur la toile[xxx]. Des bandes armées sont présentes en nombre dans la région. Comme chaque vendredi après la prière ces hommes prennent les armes pour harceler les troupes régulières. Et ce jour-là ils attaquent des barrages militaires protégeant ce village. L’armée riposte faisant 25 morts parmi les assaillants. A 15h 30 le barrage est néanmoins pris et les soldats qui le tiennent exécutés. Les hommes armés se rendent ensuite facilement maîtres des lieux, prenant le contrôle du centre de police de Houla. Ils réunissent alors quelques familles entières dans des bâtiments en face du centre, parmi lesquelles 3 familles al Sayed comprenant 20 enfants, une famille Abdul Razzak comprenant 10 enfants. Ces familles sont réputées proches du pouvoir. Les hommes armés les massacrent. Vers 19 heures, les hommes armés sont renforcés par une brigade de 250 hommes arrivés de la ville d’Al Rastan. Les « rebelles » regroupent les victimes civiles et les dépouilles de leurs combattants tués par l’armée syrienne lors de l’assaut des barrages, les disposent en alignements spectaculaires et les présentent dans la fameuse vidéo comme le résultat d’un unique massacre perpétré dans le village de Houla par des hommes liés au régime d’el-Assad. Des hommes armés investissent les maisons vidées de leurs habitants. Le lendemain, c’est vers eux que seront dirigés les observateurs de l’ONU pour délivrer la version voulue du massacre. Le reste de la population n’a rien dit car les hommes armés suscitent une peur bleue. En effet, ils ont exécuté tous ceux qui se déclaraient proches du régime syrien et critiquaient les groupes armés et l’ASL. Parmi les exactions horribles auxquelles ils se sont livrés, on peut évoquer le sort de cette Libanaise, mère de 3 enfants, qui travaillait comme femme de ménage au poste de police. Les hommes armés l’ont violée, pendue, et abandonné dans un champ son cadavre qui a ensuite été dévoré par les chiens. Ces assassins avant les événements étaient des voleurs, des contrebandiers, d’un très faible niveau d’instruction.

Les journalistes russes ont publié leur reportage la veille, le 31 mai, jour où la commission d’enquête militaire syrienne présidée par le général Kassem Jalal Souleymane rend ses conclusions. Cette commission exonère les militaires syriens de toute responsabilité dans le massacre et délivre une version des événements qui recoupe celle des témoins interrogés par les journalistes russes: la majorité des victimes ont été tuées par exécution et non du fait de bombardements, les maisons des familles massacrées ne comportant pas de trace d’incendie ou de bombardement ; les cadavres des hommes armés tués dans l’assaut des barrages de l’armée régulière ont été utilisés pour donner plus d’ampleur au « massacre ». Les militaires qui tenaient les cinq barrages entourant le village ont été attaqués par plusieurs centaines de combattants. Les massacres de civils ont eu lieu pendant les combats. Les familles tuées étaient réputées proches du régime. Parmi les familles massacrées, se trouve la famille du frère du député de la nouvelle assemblée du peuple, Abel Mo’ti Mechleb. Cette version du massacre, qui prend le contre-pied total de celle qui a été unanimement martelée, a été pratiquement ignorée des médias de masse. Louis Denghien donne l’exemple «  du Monde, journal de référence, qui rend compte rapidement des arguments évoqués plus haut et fait allusion à la déclaration du général Souleymane sur l’affiliation politique des civils mais évite soigneusement, jeudi 31 mai, de mentionner le nom de Mechleb. En général, quand une affaire tourne « mal » du point de vue occidental, les médias « l’oublient », l’enterrent, et passent à autre chose ».

Le 7 et le 13 juin juin[xxxi], le journaliste Rainer Hermann publie dans le Frankfurter Algemeine Zeitung deux articles retentissants qui ont été totalement ignorés par les médias français.

Quant aux victimes : « Il s’agit des pères, des mères et de 49 enfants de la famille al Sajjid et des deux branches de la famille Abdarrazzaq. Des habitants de la ville témoignent que les Alaouites tués sont des musulmans qui se sont convertis de l’Islam sunnite à l’Islam chiite. » (…) « En outre, on compte parmi les victimes les membres qui résidaient à Taldou de la famille d’Abdalmuti Meshleb, député du parlement fidèle au régime. » (…) « Les appartements des trois familles se trouvaient dans différentes parties de Taldou. Les membres des familles ont été visés et tués à une exception près. Aucun voisin n’a été même simplement blessé. La connaissance des lieux était une condition préalable à ces « exécutions » bien préparées. » Le massacre aurait donc été perpétré sur fond de tensions confessionnelles internes, en plus d’ingérences extérieures.

  1. Hermann clôt son second article fouillé et au ton plutôt nuancé de la façon suivante : « Nous pouvons reconstituer le déroulement suivant des faits : après la prière du vendredi 25 mai, plus de 700 [rebelles] armés sous le commandement d’Abdurrazzaq Tlass et Yahya Yusuf, répartis en trois groupes qui venaient de Rastan, Kafr Laha et Akraba, ont attaqué trois postes de contrôle de l’armée autour de Taldou. Les rebelles bien supérieurs en nombre et les soldats (la plupart également sunnites) se sont livrés à des combats sanglants au cours desquels deux douzaines de soldats, principalement des engagés volontaires, ont été tués. Pendant et après les combats, les rebelles ont éliminé, aidés par des habitants de Taldou, les familles Sajjid et Abdarrazzaq. Celles-ci avaient refusé de se joindre à l’opposition.»[xxxii]

La suite n’est qu’une affaire de mise en scène: après avoir perpétré ces massacres, les « rebelles » ont chargé les cadavres de leurs combattants tués par l’armée syrienne et des familles massacrées par leurs soins dans des camions, pour les emmener à Houla. Là, ils les ont alignés dans une mosquée en plusieurs rangées, et les ont filmés en les présentant comme des victimes de bombardements effectués par l’armée syrienne.

Cette version des faits est corroborée par « le journaliste russe Marat Musin[xxxiii], qui travaille pour la petite agence de presse Anna, (qui) s’était arrêté les 25 et le 26 mai dans Houla. Il a été en partie témoin oculaire, et a publié les déclarations d’autres témoins oculaires[xxxiv]. En outre, le journaliste néerlandais indépendant spécialiste des questions arabes et vivant à Damas Martin Janssen a pris contact après le massacre avec le Monastère de Jacob à Qara, qui dans le passé a recueilli beaucoup de victimes du conflit et dont les nonnes se sacrifient dans leur action humanitaire. » Certains des témoins du massacre ont pu trouver refuge en ce lieu et c’est ainsi que le journaliste a pu les interroger.

Un article d’Adam Larson du 4 juillet 2012 sur le témoignage du jeune Ali Al Sayed

Après avoir passé en revue les témoignages de journalistes invalidant le récit officiel du massacre, il faut expliquer que le principal témoignage étayant ce récit, celui du jeune Ali Adel al Sayed, est des plus douteux.

Le 4 juillet 2012, le journaliste Adam Larsson publie sur le site arabisouri.wordpress.com un article intitulé « le témoin star du massacre de Houla remis en cause »[xxxv], dans lequel il fait un relevé des anomalies contenues dans l’intervention du jeune Ali Al Sayed.

L’essentiel de sa démonstration repose sur l’analyse comparée des trois interventions filmées connues de l’enfant. Ces interventions ont été réalisées sous le contrôle des « rebelles » qui déclarent l’avoir pris sous leur aile. Ces interventions ont été filmées peu après les événements, le 28 et le 30 mai : “Ali initialement s’est exprimé à trois reprises, à chaque fois apparemment via une connexion skype. La première est apparemment une vidéo du garçon interviewé en arabe par un inconnu[xxxvi]. Il a aussi parlé à Martin Chulov pour le Guardian UK via Skype[xxxvii] (…) Toutes les deux ont été réalisées le 28, mais il a également parlé à Associated Press[xxxviii] de la même façon le 30.”

Adam Larson commence par rappeler qu’à côté de ces deux témoignages d’enfants, celui d’Ali al Sayed ayant été le plus médiatisé, d’autres témoins ont raconté une version très différente du massacre. Ces autres témoins qui accusent des familles du village et des auxiliaires extérieurs affidés aux « rebelles » ont été complètement ignorés par les médias de masse. Il fait ensuite sur les vidéos 1, 2, et 3, un certain nombre d’observations, dont je résume les plus importantes

Sur les vidéos, il est évident qu’Ali ne fait pas ses 11 ans. On lui en donnerait plutôt 8 ou 9, ce qui rend d’autant plus invraisemblable ses appels construits à « la communauté internationale ».

Une quatrième interview réalisée par les enquêteurs de l’ONU  n’a  pas été rendue publique. Ils signalent tout de même dans leur rapport de la commission d’enquête du 27 juin – que j’analyserai plus loin – la « suggestibilité » du garçon, et excluent de fait son témoignage[xxxix].

Passons aux contradictions entre les trois vidéos.

Dans une première vidéo il a vu les assassins arriver dans un tank, dans une seconde dans un véhicule blindé, dans une troisième dans  véhicule blindé et dans un bus.

Il décrit les assassins habillés pour certains en treillis militaire, pour d’autres en civil, et ayant de longues barbes et des crânes rasés. Il déclare être sûr que ce sont des gens d’el-Assad, mais les informations capillaires qu’il fournit font plutôt penser à des fanatiques sunnites antis Assad (remarque de Rainer Hermann).

Dans les trois vidéos Ali dit que sa mère a été tuée avec les enfants après avoir crié sur les hommes armés, mais le scénario dans la 2 (Guardian) n’est pas le même. Dans les vidéos 1 et 3, il déclare que sa mère et les petits enfants ont été tués alors que les hommes armés étaient en train d’emmener les hommes qu’ils étaient venus chercher. Dans la version 2, la mère d’Ali et les petits enfants ont été tués tandis que les hommes recherchés (de sa famille) restaient cachés dans les environs de la maison, et c’est seulement en ressortant que les hommes armés les ont découverts et les ont tués.

Dans les trois vidéos il déclare avoir survécu en faisant le mort, mais pas de la même façon. Dans la 2 et la 3, il dit s’être barbouillé avec le sang de son frère ; dans la 1 il dit avoir replié sur son visage sa main qui avait été atteinte et ne mentionne pas le sang de ses proches. Notons au passage que la main qu’il montre dans la vidéo 1 est en excellent état.

La composition qu’il donne de sa famille change d’une vidéo à l’autre. Dans la vidéo 1, il nomme son père Ali al Sayed (comme lui), dans la 2 il s’appelle Aref, lequel Aref devient ensuite son frère aîné. Dans la vidéo 1 il évoque un oncle tué nommé Abu Haider, dans la 2 il en évoque deux nommés Oqba et Aref. Dans la vidéo 3 il mentionne un frère qu’il oublie dans les 1 et 2.

Dans la vidéo 2, il déclare qu’après avoir fait le mort et s’être échappé après le départ des hommes armés, il s’est réfugié chez un oncle qu’il ne nomme pas. Curieusement, les chabiha arrivent chez cet oncle peu après lui et il les voit discuter en termes amicaux, notamment des meurtres qu’ils viennent de commettre, ce qui impliquerait une complicité de cet oncle dans la tuerie de sa famille. On peut s’étonner que les hommes armés n’aient pas remarqué qu’il était couvert de sang (selon la version des vidéos 1 et 2) et n’aient pas fait le lien avec leur récent massacre.

Ces constantes variations sur des détails importants entre les trois versions font d’autant mieux ressortir les passages où il ne varie pas. Ainsi quand il déclare que les hommes armés étaient des chabiha qui s’exprimaient avec un accent alaouite, quand il précise que les hommes armés ont tiré 5 balles sur la serrure de la porte d’entrée pour la faire sauter, ou quand pour finir il exhorte la « communauté internationale » à intervenir.

Adam Larsson passe en revue d’autres contradictions dans son article, mais celles que je viens d’énumérer suffisent pour avancer qu’Ali Al Sayed est un témoin qui a été conditionné ; rappelons qu’il a été recueilli par des « rebelles », qu’il parle sous leur contrôle, et que dans la vidéo 1 les questions qui lui sont posées le placent toujours opportunément sur les bons « rails » pour livrer un récit dont la teneur peut se résumer ainsi : « Ce sont les milices de Bachar el-Assad qui ont commis le massacre, il faut que la communauté internationale intervienne pour nous sauver. »

Ce témoignage filmé est une mise en scène visant à donner corps à la version incriminant le « régime d’el-Assad » et ses « chabiha » ; et la mise en scène d’un témoin conditionné vise à conforter cette autre mise en scène que représente l’alignement de tous les cadavres à Houla. Dans tous les cas, les contradictions dans ce témoignage sont beaucoup trop nombreuses et flagrantes pour qu’on le considère comme crédible, et cet élément étant presque le seul à avoir été érigé en preuve de la culpabilité du régime d’el-Assad dans ce massacre, le récit officiel unanimement présenté dans les médias de masse et par les plus hautes autorités françaises perd de facto tout fondement. Je rappelle que le rapport du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU du 27 juin concernant son témoignage signalera sa « suggestibilité » et ne jugera pas utile de le restituer précisément.

Résumé des anomalies dans le récit officiel des événements

Si les 108 victimes ont été tuées par des tirs d’artillerie, elles devraient avoir un aspect bien plus affreux que ce que l’on voit sur la vidéo, même dans le cas où certaines d’entre elles, seulement blessées, auraient ensuite prétendument été achevées par des « miliciens pro régime ». En particulier on peut observer que tous les enfants exhibés dans la vidéo ont été exécutés à bout portant, ce que reconnaîtront les enquêteurs de l’ONU eux-mêmes le lendemain du « massacre », contredisant ainsi la version initiale des médias qui les présentaient comme exclusivement victimes de bombardements. Cela contredit la première version officielle qui avançait que toutes les victimes avaient péri du fait de bombardements.

Le rapport du 27 juin – que j’analyserai plus loin – établit par ailleurs que deux familles ont été entièrement décimées en deux lieux différents à 5 heures d’intervalle, ce qui rend impossible le scénario d’une série de bombardements ciblés suivie d’un finissage sur place par des hommes armés.

Les 108 victimes sont enterrées dès le lendemain. Il a été jugé suffisant de les présenter en alignements spectaculaires aux observateurs de l’ONU qui venaient  opportunément de débarquer en Syrie et se trouvaient non loin du lieu du massacre, mais pas assez pour réaliser une expertise médico-légale des cadavres, qui aurait très probablement confirmé ce que les observateurs de l’ONU ont eux-mêmes eu le temps de relever, à savoir que la plupart des victimes avaient été abattues à bout portant et ne montraient pas de blessures typiques de bombardements.

houla 4

Les victimes ont été enterrées dans une fosse commune dès le lendemain du « massacre »

Les révélations des journalistes Rainer Herman, Marat Musin[xl], et Martin Jansen n’ont été reprises dans aucun média de masse, et dans les rares cas où elles l’ont été, c’est en les édulcorant et en gommant les traits les plus susceptibles d’incriminer les « rebelles ». Pourtant il s’agissait de trois sources qui n’avaient pas de lien avec le gouvernement Assad.

La version du massacre unanimement relayée dans les « grands médias » comporte à chaque fois très peu de détails, tandis que la version de M. Herman (Frankfuter Algemeine Zeitung), et celle des journalistes russes est très précisément détaillée.

Les contradictions que l’on constate dans les trois entretiens que le survivant du massacre Ali al Sayed donne à différents médias montrent qu’il s’agit d’un témoignage tellement fragile et variable qu’il est difficile de ne pas le considérer comme un faux.

Les « grands médias » et les plus hautes autorités politiques occidentales ont porté les accusations les plus graves avant toute enquête, et, parmi diverses manipulations, ont mensongèrement et unanimement prétendu que le communiqué de presse du conseil de sécurité de l’ONU du 27 mai désignait clairement comme unique coupable les autorités syriennes.

L’expulsion expéditive des ambassadeurs syriens de nombreux pays « amis de la Syrie » le 29 indique qu’il s’agit là d’une décision coordonnée de longue date. Une décision collective symbolique aussi forte ne pouvait s’appuyer que sur une somme de preuves indubitables qui à ce moment-là n’ont pas été produites.

Concernant l’éventuelle responsabilité des troupes syriennes, on doit refaire la remarque de bon sens suivante : la Syrie a fait montre de sa bonne volonté en acceptant les résolutions 2042 et 2043, et la mission de la MISNUS ; ses observateurs viennent d’arriver sur son sol, et le conseil de sécurité se réunit deux jours plus tard ; elle est par ailleurs occupée par la composition du nouveau gouvernement, consécutif aux élections législatives du 6 mai.

On retrouve parmi les plus résolus des pays accusant le régime syrien, des « amis de la Syrie » la France, les États-Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite.

On doit donc conclure que le « massacre de Houla », qui devrait être rebaptisé « massacre de Taldou », n’est pas l’œuvre d’hommes armés liés aux autorités syriennes, mais d’hommes armés liés au camp des « rebelles ». Il s’agissait d’une opération sous faux drapeau destinée à porter le coup de grâce à la réputation des autorités syriennes dans un moment crucial, selon un schéma très comparable aux cas de Timisoara en 1991 et de  Rachak en 1999, comme indiqué dans la chronique VI[xli].

Le comportement des « grands médias » et des plus hautes autorités politiques françaises a été déterminant dans l’imposition d’une version officielle à charge contre le « régime » syrien. L’objectif de ce lynchage médiatique et politique était clairement de combler d’indignation du public, afin de le préparer à accepter une intervention armée.

La résolution du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU du 1er juin 2012

Le premier juin, à l’initiative du Qatar, des Etats-Unis, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite, du Koweït, et de Djibouti, à l’initiative donc de quelques-uns des plus fidèles « amis de la Syrie » une résolution demandant la mise en place d’une enquête indépendante internationale sur le massacre de Houla est déposée auprès du Conseil des Droits de l’Homme.

Je restitue dans les paragraphes suivants de larges extraits des interventions des représentants des différents Etats pour donner au lecteur une idée de la teneur des débats qui peuvent avoir lieu à l’ONU, dont les médias ne rendent malheureusement jamais compte.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la forme sous laquelle cette résolution est présentée, lors de la « quatrième session extraordinaire portant sur la situation des droits de l’homme depuis avril 2011 » n’a pas de quoi rassurer les autorités syriennes. Première à prendre la parole, la haute représentante des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Mme Navy Pillay (représentée par Mme Marcia Kran) semble donner les résultats auxquels devra aboutir l’enquête : « Selon les premières informations, le vendredi 25 mai à 12h30, l’armée syrienne aurait tiré à l’arme lourde sur la région de Houla, peu après une manifestation; les tirs se seraient poursuivis jusqu’à 2 heures du lendemain matin. Certaines informations suggèrent que des groupes progouvernementaux de la milice chabiha seraient également entrés dans les villages et auraient commis des dizaines de meurtres. Ces attaques, qui semblaient viser la population civile, ont fait 108 tués, dont 49 enfants et 34 femmes. Ces actes peuvent constituer des crimes contre l’humanité et pourraient s’inscrire dans un schéma d’agressions généralisées et systématiques contre la population civile. »Dans la foulée le rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christophe Heyns ouvre la perspective d’un déferrement des responsables du massacre devant le TPI: « Observant que toutes les informations disponibles indiquent que des crimes contre l’humanité ont été commis en Syrie, les titulaires de mandats estiment que ces événements doivent être portés à la connaissance de la Cour pénale internationale sans tarder. »1

Certaines déclarations de représentants sont au diapason de la haute représentante.

Pour l’Arabie Saoudite, « La communauté internationale se doit dès lors d’assumer ses responsabilités humanitaires en mettant un terme au bain de sang dans ce pays, a affirmé le représentant saoudien. Il a souhaité que cette session contribue à amener les autorités syriennes à cesser ces effusions de sang et à faire en sorte que les responsables des violations des droits de l’homme répondent de leurs actes. »

Les États-Unis sont les plus clairs et les plus directs dans leur accusation: « Pour les États-Unis, le régime est le responsable de la tuerie de ces innocents. Les rapports indiquent que même dans les jours qui ont précédé cet horrible massacre, des niveaux sans précédent de violence continuaient à régner dans le pays. Partout dans les villes, les Syriens paient de leur vie leur volonté d’exprimer leurs souffrances. Cette session extraordinaire et les cinq résolutions déjà adoptées par le Conseil montrent que la communauté internationale est vigilante et condamne le régime détestable de Bachar Al-Assad, un régime qui, pour les États-Unis, doit prendre fin rapidement. »

Le Qatar est aussi assez direct: « Le Qatar a condamné le massacre affreux d’enfants aux mains du régime syrien, une tuerie qui inspire le dégoût. Le Qatar est triste de constater que les efforts du Conseil n’ont donné aucun résultat, en dépit des précautions qu’il a prises pour agir dans le strict respect de la souveraineté et de l’intégrité de la Syrie, comme en témoignent la persistance des crimes contre la population civile syrienne et l’incapacité des autorités à mettre un terme aux violences. »

La Suisse est également assez engagée: « Les indices à disposition semblent démontrer que le Gouvernement syrien porte une responsabilité substantielle dans ce massacre. (…) La Suisse demande au Conseil de sécurité de déférer immédiatement la situation à la Cour pénale internationale, institution propre à poursuivre et juger les auteurs présumés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. »

La plupart des autres pays, dans leur ensemble, condamnent vigoureusement le massacre de Houla, appellent à la cessation des violences, appuient la mise en place d’une enquête indépendante, continuent de soutenir le plan en 6 points de Kofi Annan, et appellent à traduire les responsables du massacre devant le TPI pour crimes de guerre.

Cinq pays mettent de sérieux bémols à ce projet de résolution: la Russie, la Chine, Cuba, le Vénézuela, et bien sûr la Syrie.

Pour la Chine, si elle appelle « les autorités syriennes à suivre le plan de Kofi Annan et à se conformer aux décisions prises par le Conseil de sécurité« , elle n’en demeure pas moins « résolument opposée à toute intervention armée extérieure ou à tout changement de régime, estimant que le dialogue politique est la seule voie pour résoudre la crise. La communauté internationale doit appuyer la médiation diplomatique menée par Kofi Annan et le Conseil des droits de l’homme doit être unanime afin de faire avancer le règlement politique de la question. »

Seul le représentant de la Syrie donne une autre version précise de ce qui se serait passé le 25 mai à Houla: « La République arabe syrienne a condamné l’agression commise par un groupe de 600 à 800 hommes armés contre des civils pacifiques, tués à l’arme lourde puis, faute de munitions, à l’arme blanche. Les autorités ont créé une commission d’enquête chargée de déterminer les circonstances de ce massacre et d’en punir les auteurs.(…) Le but probable des assaillants est de fomenter des troubles dans une région jusqu’ici calme. Le représentant syrien a assuré qu’aucune trace d’obus n’a été trouvée sur les corps de victimes, contrairement aux assertions de la Haut-Commissaire.Il est courant que les bandes armées commettent leurs crimes peu avant les sessions du Conseil de sécurité ou les visites des observateurs internationaux, a aussi observé le représentant. » J’ai souligné en gras cette dernière phrase car c’est une constante dans toute cette guerre syrienne: des massacres ou des exactions très médiatisées sont perpétrés à chaque fois que se profile l’éventualité d’un règlement politique.

La Syrie ne fait pas que se défendre, elle accuse aussi nombre d’Etats participant à cette session: « La Syrie regrette par ailleurs qu’un certain nombre d’États honnêtes et objectifs s’associent aux résolutions partiales votées par le Conseil des droits de l’homme. Elle regrette aussi que certains des États à l’origine de cette session extraordinaire n’hésitent pas à livrer des armes à l’opposition armée, en particulier les États-Unis, afin d’encourager la guerre civile en Syrie au profit de la réalisation des ambitions d’Israël.« 

Bref, dans l’ensemble, la plupart des déclarations vont tout de même dans le sens d’une responsabilité a priori du régime syrien, impression que confirme le communiqué final dans lequel on peut lire: « le Conseil condamne de la manière la plus ferme le recours choquant à la force contre des populations civiles, qui constitue une violation du droit international ainsi que des engagements pris par le Gouvernement syrien, en vertu des résolutions 2042 et 2043 du Conseil de sécurité, de mettre fin immédiatement à la violence sous toutes ses formes, en particulier en mettant fin au recours aux armes lourdes contre des lieux  habités.  Le Conseil condamne dans les termes les plus fermes la mort de 49 enfants tous âgés de moins de 10 ans.  Le Conseil déplore que le massacre de Houla intervienne dans uncontexte de poursuite des violations des droits de l’homme en Syrie, notamment les détentions arbitraires, les obstacles posés à l’accès des médias et les restrictions au droit de réunion pacifique. »

Cette résolution ne constitue pas une condamnation définitive de la Syrie ; l’éventualité d’une autre responsabilité n’apparaît pas dans le texte.

C’est ce que souligne le représentant de la Russie: « la Fédération de Russie regrette que les termes de la résolution ne fassent peser la charge de la responsabilité qu’à une seule partie.  Il s’agit d’un texte biaisé et partial; il ne comporte aucune condamnation du terrorisme; il n’y a aucune mention du travail important réalisé par les observateurs internationaux en Syrie; le Gouvernement est accusé d’être l’auteur de tous les actes commis; les actes de terrorisme ne sont pas pris en compte. La Fédération de Russie rappelle que la Mission de supervision a été chargée de mener une enquête, conformément au mandat que lui a donné le Conseil de sécurité.  En élargissant le mandat de la Commission, le Conseil crée donc un doublon.  Enfin, la Fédération de Russie déplore que le texte demande un accès sans entrave pour l’aide humanitaire mais ne tienne pas compte des mesures prises à cet égard par les autorités syriennes. Ce texte traduit une attitude déséquilibrée de la part du Conseil. »

Le représentant de Cuba ne dit pas autre chose, regrettant que « le texte présenté ne traite pas des attentats terroristes qui ont frappé le territoire syrien.  Une fois de plus, le Conseil est saisi d’un projet de résolution politisé et partial, qui reflète l’opinion d’une seule partie au conflit et ne condamne pas les actes terroristes perpétrés en Syrie.  Les principaux auteurs de ce projet de résolution n’ont pas tenu compte des propositions cubaines.  De plus, le processus de négociation de la résolution n’a pas été transparent, une seule consultation informelle ayant eu lieu. »

Pour la Chine, « malheureusement, le projet de résolution n’est pas objectif, notamment parce qu’il préjuge des résultats de l’enquête du Gouvernement syrien et ne dit rien des crimes commis par les forces d’opposition. Par ailleurs, l’invitation lancée à M. Annan outrepasse le mandat du Conseil. La Chine regrette enfin que le Conseil se trouve divisé du fait de l’arrogance des coauteurs du projet de résolution. »

Et le point de vue de la France dans cette affaire? Elle ne participe pas aux débats car le Conseil des Droits de l’Homme est composé de 47 états membres élus tous les trois ans à l’unanimité par l’assemblée générale, dont la France n’est pas à ce moment. Cela n’a pas empêché le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius de se réjouir du vote de cette résolution dans un compte-rendu qui est sans doute le plus partial et le plus engagé de toute la « communauté internationale« .

Comme son homologue étasunien, le ministre semble avoir bouclé l’enquête avant même que celle-ci ait commencé. Le ministre, emporté par la colère, multiplie les termes dramatisants. Au nom des « pays révoltés » et de la « communauté internationale », il dénonce le « massacre odieux de Houla », la « barbarie ».  En l’espace de seulement cinq paragraphes, il trouve le moyen d’accuser directement à 4 reprises le « régime » syrien : la cible, ce sont « les violations massives des droits de l’homme perpétrées dans ce pays par le régime de Damas » ; « Cette résolution (…) établit clairement  que les autorités syriennes ont failli à leur responsabilité première de protéger le peuple syrien. » ; cette résolution « démontre une fois de plus l’isolement du régime de Damas, dont plus personne de peut cautionner la barbarie. » Quant au Conseil des Droits de l’Homme à qui a été soumise cette résolution, on lui accorde toute confiance, étant donné que c’est le lieu, ni plus ni moins, « où s’exprime la conscience morale de l’humanité. »

         Accusations portées contre le régime syrien

Pendant tout le mois de juinjusqu’à l’accord de Genève 1 du 30 juin 2012, qui marquera en quelque sorte la fin de l’affaire, avec l’éloignement de la perspective d’une intervention armée ou de sanctions contre le « régime », les médias, surfant sur l’énorme vague propagandiste qu’ils ont suscitée, vont multiplier les accusations en tous genres visant à assombrir en continu le tableau, et faire de Bachar el-Assad, aux yeux de l’opinion, une fois pour toutes, le plus infâme salopard qui ait jamais habité sur la terre. Ces nouvelles accusations et manipulations étant placées par les journalistes et les politiques eux-mêmes dans le sillage du massacre de Houla, avec lequel ils formeraient une série cohérente, on doit les considérer comme faisant partie de ce qu’on pourrait appeler la « séquence Houla », qui s’étendrait de mars à août 2012. Elles présentent l’intérêt de rendre beaucoup plus lisibles l’événement et son interprétation, puisqu’aux mensonges et aux approximations vont succéder, de manière systématique, les mensonges et les approximations.

L’affaire des « boucliers humains »

Le 10 juin l’ONU publie sa « liste de la honte » sur « le sort des enfants en temps de conflit armé »[xlii]. Pour la première fois, au plus mauvais moment, la Syrie y est citée en compagnie de pays comme Israël, l’Afghanistan, l’Irak, l’Ouganda, le Darfour, la Colombie, le Népal, ou le Yémen. Les forces armées syriennes sont accusées d’avoir dans certains cas torturé et emprisonné des enfants, parfois dans des écoles ; « La plupart des enfants torturés ont dit avoir été battus, avoir les yeux bandés, avoir été placés dans des positions inconfortables, fouettés à l’aide de gros câbles électriques, avoir subi des brûlures de cigarettes dont ils portaient les cicatrices et, dans un cas, reçu des décharges électriques sur les parties génitales ». L’armée syrienne est également accusée de transformer les écoles en « zones de rassemblement des troupes », ou de les piller et de les incendier ; des hôpitaux ont également été pris pour cible et le personnel soignant intimidé. Mais l’accusation la plus grave est la suivante : « Lors de l’incident susmentionné dans le village d’Aïn Arous en mars 2012, un témoin a déclaré que plusieurs douzaines d’enfants, des garçons et des filles âgés de 8 à 13 ans, avaient été enlevés de force de leur foyer. Ces enfants auraient ensuite été utilisés comme boucliers humains par des soldats et des membres des milices qui les auraient placés devant les vitres des cars transportant le personnel militaire qui allait attaquer le village. »

Les « rebelles » sont également accusés de violences : « Les Nations Unies ont reçu des informations crédibles faisant état de recrutement et d’utilisation d’enfants par l’opposition armée, notamment l’Armée syrienne libre et d’autres groupes armés ». Mais le gros des accusations se concentre sur les autorités syriennes.

Pour les médias et les politiques ce rapport tombe à point nommé tant il dresse un bilan terrible des pratiques des troupes syriennes.

Le Figaro[xliii]titre : « Des enfants servent de boucliers humains » ;

LMonde[xliv] : « Des enfants servent de boucliers humains à l’armée syrienne selon l’ONU »;

Libération.fr[xlv]« L’armée syrienne utilise des enfants comme « boucliers humains ».

France 24.fr[xlvi] : « Les Enfants, boucliers humains en Syrie » ;

Le Point[xlvii] : « l’armée syrienne utilise des enfants comme « boucliers humains » ;

Franceinfo.fr[xlviii] : « Les enfants servent de « boucliers humains » en Syrie (ONU) », etc…

Cette énumération des titres montre d’emblée l’orientation des articles : ils sont tous au présent de l’indicatif alors que le rapport rapporte le fait au conditionnel passé (Ces enfants auraient ensuite été utilisés comme boucliers humains par des soldats…). C’est d’autant plus significatif que c’est le seul fait des pages du rapport consacrées à la Syrie qui est rapporté avec ce mode, à comparer par exemple avec « les Nations Unies ont reçu des informations crédibles faisant état de recrutement d’enfants par l’opposition armée… ». Affirmation beaucoup plus nette et assurée. Notons également que ces titres suggèrent qu’il s’agit là d’une pratique courante des forces armées syriennes – alors que le rapport rapporte un seul événement de ce genre, datant d’il y a trois mois, et rapporté par un témoin.

Ces articles présentent à peu près tous le même contenu : ils évoquent parfois les tortures contre les enfants et les bombardements des écoles évoqués dans la liste. Le lien avec le massacre de Houla est systématiquement fait, en donnant l’impression que les deux événements font partie d’une série, et comme ils insinuent tous lourdement sur le caractère criminel du « régime » syrien, le lecteur ne peut qu’avoir l’impression que cela  fait réellement partie du « système Bachar ». Deux lignes (rarement plus) évoquent parfois les accusations contre l’opposition armée d’utiliser des enfants soldats. Dans l’ensemble les accusations portées sont extrêmement vagues. Deux noms de lieu seulement sont cités. Aucun chiffre précis n’est avancé. Par ailleurs il est impossible de vérifier la fiabilité de ces informations puisque aucun détail (le cas mis en valeur excepté) n’est donné.

Au niveau politique, l’exploitation est la même : clairement il s’agit d’utiliser l’événement pour durcir la pression sur les autorités syriennes. Laurent Fabius, lors d’une conférence de presse tenue au Quai d’Orsay le 13 juin, est encore plus outrancier[xlix] dans son commentaire « La situation en Syrie a pris un tour encore plus grave et abominable que jusqu’alors. Nous sommes en particulier informés que des enfants servent désormais de boucliers humains au régime. Ils sont placés devant des camions et des chars, torturés, violés et assassinés. Tous les jours, des dizaines et des dizaines de Syriens meurent sous les coups du régime sanguinaire de M. Bachar Al-Assad. Dans ces conditions, la France a décidé de renforcer son dispositif et ses positions pour contrer ce régime de mort et de sang. »(…) « Par ma voix cet après-midi, la France entend être à la pointe de l’action contre Bachar Al-Assad et contre les crimes dont il aura à rendre compte »[l].

Quand on lit l’ensemble de la « liste de la honte », d’autres remarques viennent à l’esprit. Pourquoi, par exemple, aucun journaliste n’évoque-t-il les atteintes aux enfants perpétrées par les forces armées et les colons israéliens en Palestine occupée, alors qu’il leur arrive de lister quelques-uns des pays ou organisations qui figurent aux côtés de la Syrie dans la « liste de la honte » ? Le rapport donne de nombreux exemples, présentés de façon plus précise et assurée que les exactions des forces armées syriennes. Le bilan est lourd pour les enfants palestiniens : «  Vingt enfants palestiniens (19 garçons et 1 fille) ont été tués et 448 autres (393 garçons et 55 filles) ont été blessés dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est tandis que cinq enfants israéliens (4 garçons et 1 fille) ont été tués. » Ces enfants ont été tués pour l’essentiel par des colons et des forces de sécurité israéliens. Dans certains cas ils ont été tués par balle. Un cas est recensé dans lequel les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des manifestants palestiniens. 36 écoles palestiniennes ont été attaquées au cours de cette année, étant parfois transformées en postes militaires, ou en centres de détention et d’interrogatoires. Des élèves ont été blessés en ces occasions. Par ailleurs le rapport aborde le problème des enfants palestiniens détenus dans les geôles israéliennes : « Fin décembre 2011, 135 enfants palestiniens, 134 garçons et 1 fille, âgés de 12 à 17 ans, ont été détenus dans des prisons israéliennes pour atteinte supposée à la sécurité. » Les auteurs utilisent des expressions fortes comme « traitement cruel et dégradant » ou « violation de la convention de Genève ».

On peut rappeler également, ce qui n’est pas signalé dans le rapport, qu’à l’été 2011, les bombardements de l’armée israélienne contre la bande de Gaza avaient tué 500 enfants et en avaient blessé 3300 autres.

Quand on compare la fragilité des accusations portées contre la Syrie concernant l’usage d’enfants comme boucliers humains, et la façon dont elles ont été manipulées et amplifiées dans les médias, avec la précision de celles portées contre les colons et les soldats israéliens, et leur passage sous silence intégral par ces mêmes médias, le deux poids deux mesures est flagrant.

Signalons qu’au mois de mars 2015, Israël exercera d’intenses pressions[li] sur les officiels de l’ONU à Jérusalem pour éviter de figurer dans cette liste, avec le détail de ses crimes[lii].

Pour clore cette analyse, je signale que les autorités syriennes ont adressé une longue lettre aux auteurs du rapport pour se défendre des accusations portées contre elles. Aucun média n’a rendu compte de cette lettre.

         Dans la foulée de Houla, d’autres massacres

Alors qu’aucun massacre de cette ampleur n’avait été médiatisé depuis le début des événements en mars 2011, ce mois de juin 2012, comme par enchantement, voit fleurir une série de « massacres » atroces, dont la responsabilité est imputée à chaque fois, avant toute enquête et sans preuves, à Bachar el-Assad et à son « régime ».

Il est important d’avoir ces événements en tête si l’on veut comprendre la dynamique d’ensemble de la « séquence Houla ». Voici donc le résumé du plus important d’entre eux, avec l’analyse sommaire de sa couverture médiatique.

Le massacre de Koubeir

Le 6 juin, les médias unanimes dénoncent le « massacre d’al-Koubeir », dans la région de Hama, au cours duquel une cinquantaine de villageois auraient été assassinés, parmi lesquels de nombreuses femmes et enfants issus des mêmes familles. Comme pour le massacre de Houla, c’est une vidéo posté par des « rebelles » sur la toile[liii] qui allume l’incendie médiatique et elle ressemble de façon frappante au massacre de Houla : même durée (3 minutes), même manière de filmer caméra au poing, même gros plans sur des cadavres d’enfant, même « discours » de commentaire avec les éléments de langage habituels appelant à l’indignation et suggérant la responsabilité du « régime ». Comme nouveauté horrible on retiendra le long plan réalisé sur le cadavre carbonisé d’une femme tenant encore son enfant dans les bras.

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon juge le massacre « scandaleux et révoltant ». Devant le conseil de sécurité des Nations Unies il accuse à mi mots : « Depuis des mois, il est évident que le président (syrien) Bachar al-Assad a perdu toute légitimité ». La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton déclare quant à elle que M. el-Assad « doit céder le pouvoir et quitter la Syrie« , déclarant que la violence « soutenue par le régime dont nous avons été le témoin hier à Hama est tout simplement inadmissible »[liv]. La Russie et la Chine quant à elles dénoncent une provocation visant à faire échouer le plan en 6 points de Kofi Annan, et déclarent qu’elles s’opposeront à toute initiative visant à exercer une pression extérieure sur la Syrie.

Ce massacre est massivement relayé dans les médias, d’une façon comparable au massacre de Houla. J’indique en note les références de quelques-uns des nombreux articles publiés en cette occasion par les médias français[lv].

Quand ils arrivent sur place deux jours plus tard, après en avoir été empêché la veille par des tirs, les enquêteurs de l’ONU, comme le reconnaissent à mi mot les médias eux-mêmes, sont incapables, comme pour le massacre de Houla, de dégager clairement une responsabilité ; et s’ils relèvent sur les lieux des traces de sang et une odeur de chair brûlée, ils sont incapables de confirmer le bilan d’une cinquantaine de morts généralement rapporté.

Donner l’impression d’un continuum cohérent

Si l’on ne considère que les cas de Houla et de Koubeir, les accusations violentes qui ont été portées contre le « régime syrien » l’ont été avant toute enquête, en fonction d’éléments fragiles ou truqués, on est obligé de conclure que les relais successifs de ces différents massacres visent à donner l’impression au grand public qu’ils font partie d’une série cohérente qui porte forcément la signature de Bachar el-Assad et de son « régime ». Si le massacre de Houla est au départ inconcevable dans son horreur, il le devient beaucoup moins si on le met en perspective avec d’autres cas comparables[lvi]. Par ailleurs la venue de nouveaux massacres permet de ne pas trop se pencher sur le détail des précédents, le cerveau du citoyen étant constamment assailli de nouveaux cas terrifiants qui le submergent d’émotion et oblitèrent sa capacité de jugement. La propagande médiatique autour de ces nouveaux massacres est renforcée par le relais massif de la « liste de la honte » de l’ONU qui liste les états portant gravement atteinte aux droits des enfants, dans laquelle la Syrie est accusée d’utiliser des enfants comme boucliers humains. L’observateur non averti, abreuvé de propagande anti Assad depuis plus d’un an et demi, et privé par ces mêmes médias des informations qui pourraient lui permettre de se rendre compte de la réalité de la situation, a neuf chances sur dix de considérer cette narration comme fidèle. Moi-même il m’a fallu finalement beaucoup de temps pour admettre ce verrouillage intégral de l’information en France (sur la Syrie mais aussi sur d’autres sujets), et que ce verrouillage s’accompagnait d’une pratique systématique du mensonge à une échelle et dans des proportions qui ne peuvent que stupéfier. Je rappelle également que cette constance dans le  mensonge s’accompagne de la diffamation ou la censure systématique de ceux qui contestent le récit officiel selon le principe de l’inversion accusatoire.

         Le rapport de l’ONU du 27 juin 2012

C’est le 27 juin 2012 que la « Commission d’enquête internationale indépendante sur la république arabe syrienne » rend son rapport[lvii]. Ce rapport n’est pas consacré exclusivement au massacre de Houla, mais plus généralement aux exactions commises par les différentes parties depuis le mois de mars, à peu près autour du vote de la résolution 2042 de l’ONU actant le plan de cessez-le-feu en 6 points de l’envoyé spécial de l’ONU et de la ligue arabe Koffi Annan. Le massacre de Houla a été ajouté à son champ d’investigation lors de la séance du conseil des droits de l’homme (voir supra) du 1er juin 2012.

Ce rapport est important à deux titres : premièrement il se déclare nettement incapable de déterminer qui est responsable du « massacre de Houla » : « La commission d’enquête a pris en compte les informations qui ont été mises à sa disposition sur les tueries perpétrées à al Houla de manière impartiale, et a pris en compte avec attention les hypothèses les plus probables quant à l’identité de la partie responsable, aboutissant à la conclusion qu’il en existe trois de probables au vu des éléments d’information recueillis, Premièrement , que les auteurs étaient des chabiha ou d’autres milices pro gouvernementales des villages voisins, opérant peut-être avec ou avec l’accord des forces de sécurité gouvernementales, deuxièmement que les auteurs étaient des forces antigouvernementales visant l’escalade du conflit en poussant ceux qui ne leur ont pas apporté leur soutien – ou qui se sont activement opposées – à la rébellion ; troisièmement des groupes étrangers à l’affiliation inconnue. Au vu des éléments disponibles, la commission d’enquête n’a pas pu confirmer l’une ou l’autre de ces possibilités»

Deuxièmement, pour la première fois nous disposons avec ce rapport d’un document établissant que les autorités syriennes font face à une rébellion armée qui, si les troupes loyalistes commettent des exactions, se livre elle aussi à des pratiques violentes et répréhensibles. En ce mois de mai, les affrontements ont redoublé entre l’armée syrienne et les « rebelles ». Ceux-ci se sont répandus dans le pays et sont en mesure d’attaquer « sur plusieurs fronts ». L’expression de « bataille » est utilisée pour qualifier les affrontements entre l’une et l’autre partie. Le rapport note que les groupes armés qui combattent les troupes syriennes disposent d’un armement de plus en plus sophistiqué, et multiplient les utilisations d’IED (Improvised Explosive Devices), des bombes artisanales. L’apparition dans le conflit de nouveaux acteurs, comme les brigades al Islam et Ahrar el Cham est signalée, et la commission rapporte que ces groupes se livrent à des enlèvements contre rançon.

Il est vrai que selon le rapport les forces syriennes ne sont pas en reste, utilisant des hélicoptères et de l’artillerie lourde contre des quartiers d’habitation. Des cas d’assassinats illégaux sont listés, de même que la traque de militants antis gouvernementaux dans leurs logis. Dans l’ensemble le ton du rapport est plutôt à charge contre les autorités syriennes, qui décident de quitter les débats au Conseil des Droits de l’Homme pour protester contre la partialité du rapport. La Russie et  la Chine formulent les mêmes critiques qu’elles avaient formulées lors de la réunion du premier juin au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

Néanmoins, force est de reconnaître ces deux points fondamentaux : l’absence de responsabilité clairement désignée dans le massacre, et la révélation que les troupes syriennes font face à des forces militaires bien armées dans le cadre d’une « bataille », ce qui était nié jusqu’à l’été 2011 par les médias, et systématiquement expliqué depuis comme une réaction logique à répression impitoyable. Et, détail important que je rappelle, ce rapport met de côté le témoin « star » du massacre de Houla, Ali al Sayed (qui n’est pas nommé mais l’allusion est évidente), considérant la suggestibilité de l’enfant.

Le rapport explique par ailleurs avec de nombreux détails que la tuerie s’est faite en deux temps en deux endroits très précis, deux familles ayant été presque entièrement décimées en ces occasions, l’une entre 16 et 18 heures, et l’autre vers 23 heures, ce qui détruit la thèse initiale d’une séquence de bombardement suivie d’un massacre. On imagine mal en effet les artilleurs de l’armée syrienne viser à cinq heures d’intervalle seulement deux maisons dans un quartier densément peuplé, sans faire aucun dégât dans les maisons adjacentes, puis n’étant pas parvenus à atteindre leur objectif, demander aux miliciens d’aller finir le boulot sur place. Des interprétations comme celle de Jean Pierre Perrin dans le Libération du 31 mai : « On sait à peu près ce qui s’est passé, l’artillerie du régime, montée sur des chars, a pulvérisé des quartiers de la ville. Puis des miliciens sont venus achever les blessés. La responsabilité du régime dans le massacre ne laisse donc aucun doute. »[lviii], paraissent après coup très éloignées de la réalité. 

Sans que l’on puisse trancher à ce moment-là de façon définitive, le rapport de la commission d’enquête va dans l’ensemble plutôt dans le sens de la nuance, le ton est en tous cas très différent des accusations hystériques portées depuis près d’un mois par la « communauté internationale » et ses organes de presses affidés.

Cette partialité, pour ne pas dire plus, des médias et des politiques, va encore se constater dans la façon dont ils vont rendre compte de ce rapport : ils ne vont pas en dire un mot où ils vont en faire un résumé mensonger suggérant que l’ONU a reconnu la culpabilité de Bachar el-Assad dans le massacre de Houla. En voici quelques exemples.

Couverture médiatique de ce rapport

Sur le site du Nouvel Observateur un article intitulé  « Massacre de Houla, l’ONU accuse le régime syrien »[lix], on peut lire «  Les forces fidèles au gouvernement syrien « pourraient avoir été responsables » de la mort d’une grande partie de la centaine de civils tués dans le village de Houla, les 24 et 25 mai derniers, selon un rapport de l’ONU présenté mercredi à Genève sur ce massacre ». L’article oublie de préciser que le rapport renvoie les deux parties dos à dos et ne se prononce pas sur la responsabilité du massacre.

L’omission est parfois plus subtile comme dans cet article publié sur le site rfi.fr : « Dans ce document d’une vingtaine de pages, les experts font une large part aux massacres de Houla qui ont fait plus de 100 morts fin mai. Ils manifestent aussi leurs inquiétudes concernant les actes de torture, les exécutions sommaires, les détentions arbitraires, les violences sexuelles commises par les forces du gouvernement et leurs milices ainsi qu’une augmentation des violences confessionnelles. » L’auteur ne ment pas brutalement en disant que « l’ONU accuse le boucher Bachar de… », mais omet de préciser le détail de la conclusion du rapport sur le massacre, et fait le choix de ne mentionner que les exactions des troupes gouvernementales qui y sont mentionnées en passant sous silence celles des « rebelles » qui y sont accusés à part à peu près égale d’exactions contre des soldats et des civils.

Plus discrètement encore, l’événement n’est parfois mentionné que sous la forme d’allusion. Ainsi peut-on relever dans un article de Christophe Ayad du Monde du 29 juin : « La commission d’enquête internationale indépendante missionnée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a déclaré mercredi que dans certaines régions, les combats ont les caractéristiques d’un conflit armé non international. »

Comme d’habitude depuis le début des événements en mars 2011, quand un élément nouveau apparaît qui met à mal la version des faits diffusée par les médias unanimes, soit il est passé sous silence soit il est rapporté en tordant son contenu réel. Il semble par ailleurs que ce principe soit appliqué avec la même rigueur par les grands médias des autres pays « amis de la Syrie », à en juger par cet article de David Edwards du 3 juillet publié sur le site medialiens. L’auteur y analyse avec un grand luxe de détails la couverture médiatique anglaise de la parution de ce rapport et dresse le même état des lieux : « Un média honnête aurait mis les doutes de l’ONU à la une, alertant ses lecteurs sur le manque de fondement de ses allégations antérieures, et sur son erreur éditoriale. Au lieu de cela, le moteur de recherche sur bases de données LexisNexis ne trouve (5 juillet) que 6 articles mentionnant le rapport de l’ONU dans des journaux nationaux et sur leurs sites, dont 5 seulement mentionnent Houla. Une couverture étonnamment basse compte tenu de l’attention massive des médias qui l’avait précédée. LexisNexis trouve 1017 publications et articles en ligne mentionnant Houla dans tous les journaux depuis le massacre du 25 mai. (…) On pourrait penser que le souci principal des rédacteurs en chef et des journalistes serait de proposer aux consommateurs de médias  des informations compréhensibles et précises, à tout le moins en corrigeant des erreurs antérieures aux conséquences graves. Mais pas un seul éditorial ou commentaire examinant les implications du rapport de l’ONU sur Houla n’a cherché à le faire. La plupart des lecteurs continueront de croire que des femmes et des enfants ont eu la gorge tranchée, de façon certaine sur ordre du gouvernement syrien »[lx].

         Vers l’accord de Genève I

La parution de ce rapport le 27 juin intervient à un moment charnière de l’incendie médiatique et politique déclenché par le « massacre de Houla ». C’est en effet à cette date qu’est proposée et acceptée la rencontre, à Genève d’un « groupe d’action » composée des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, des secrétaires généraux de la ligue arabe et des Nations unies, du Qatar, de la Turquie, du Koweït, et de la haute représentante de l’Union Européenne. L’Iran devait au départ y figurer, à la demande de la Russie, mais les « amis de la Syrie » n’en ont pas voulu. Ceux-ci veulent acter le départ de Bachar el-Assad, la condamnation du régime, la mise en place d’une transition démocratique, une possibilité d’intervention militaire au nom du chapitre VII, cependant la Russie est intransigeante sur tous ces points et concède tout au plus l’éventualité de la mise en place d’une « entité de gouvernement provisoire ». Les articles et éditoriaux publiés début juillet donnent une idée de la déception qui envahit les médias en prenant connaissance des conclusions de cette rencontre. L’édition du Monde du 3 juillet en donne une bonne illustration. L’éditorial, consacré à ce sujet est intitulé : « Syrie, blocage total au sommet de Genève », on y lit : « C’est la Russie, passée décidément maîtresse d’extirper du tragique imbroglio syrien le moyen de rappeler sa puissance et ses capacités de blocage au bon souvenir des occidentaux qui a réussi ce tour de passe-passe : faire céder les occidentaux devant ses exigences, qui consistent à dresser un rempart contre toute transition politique à Damas pouvant être attribuée à des pressions extérieures ». Pour Christophe Ayad dans un article intitulé « L’échec de la diplomatie attise la violence », « l’échec de la conférence de Genève à entériner le principe du départ de Bachar el-Assad dans le cadre d’une transition ne manquera pas d’être interprété par Damas comme un blanc-seing à la guerre totale contre l’insurrection ».

Autres agressions contre les autorités syriennes

L’accord de Genève 1 ne signifie pas pour autant pour la Syrie l’éloignement des tentatives de déstabilisation. J’en ai analysé quelques-unes en détail. Voici présentées sous forme chronologique, les principales tentatives dans les deux mois qui suivent le massacre. J’en profite pour y insérer quelques événements syriens cruciaux, comme la formation du nouveau gouvernement à la fin juin.

Le 20 juin, le général Mood, chef de la MISNUS, déclare l’interruption des missions des enquêteurs, en considération des nombreux tirs directs et indirects mettant leur vie en péril.

Le 23 juin, avec un retard d’un mois, sont annoncés les résultats définitifs des élections législatives du 6 mai, remportées par le parti Baath de Bachar el-Assad. Riyad Hijab est nommé premier ministre en remplacement d’Adel Safar. La composition du gouvernement a été pensée comme d’habitude pour refléter au mieux les différentes composantes de la société syrienne (sunnites, chrétiens, druzes, chiites, etc)

Le 26 juin, l’abattage en plein vol d’un chasseur turc à la frontière syro-turque suscite un grave indicent diplomatique entre les deux pays.

Le même jour, lors de son discours d’investiture du nouveau gouvernement, Bachar el-Assad déclare que la Syrie est « en véritable situation de guerre » « Toutes les politiques et tous les secteurs doivent être mis au service de la victoire dans cette guerre. » Pour les autorités syriennes il s’agit d’une conséquence inévitable de l’intensification des violences depuis le mois de mai par ceux qu’elles qualifient des « terroristes ». Les médias des « amis de la Syrie » comme la France, le Qatar, ou la Turquie, interprètent  cette déclaration comme un aveu que le « régime syrien » depuis le début des événements en mars 2011 mène une guerre sanglante contre son propre peuple.

Le 27 juin, le siège de la chaîne gouvernementale al-Ikhbaria dans la ville de Droush à 25 km de Damas est attaqué par des bandes armées. Les trois employés et les quatre agents de sécurité qui s’y trouvent sont massacrés.

Le 9 juillet : la défection du général Manaf Tlass, ami d’enfance de Bachar el-Assad est unanimement relayée dans les médias comme un signe d’un pouvoir à bout de souffle qui doit faire face à des défections qui se multiplient. Cette défection est en fait isolée, et une semaine plus tard, au grand regret des journalistes, il s’avérera que l’homme n’a pas l’intention de se joindre à l’opposition et qu’il n’appelle pas au départ de Bachar el-Assad, ce qui constitue pourtant, rappelle Benjamin Barthe dans le Monde du 19 juillet « le signe de reconnaissance des opposants ».

Le 13 juillet, un nouveau « massacre » est relayé dans les médias, le « massacre de Treimsah », et de nouveau le « régime syrien » est dans un premier temps et avant toute enquête présenté comme l’unique coupable possible. Comme le « massacre de Koubeir », ce nouveau massacre est placé dans le droit fil des précédents pour donner l’impression qu’il fait partie d’une série cohérente démontrant que le régime de Damas a tous les traits du massacreur en série. Le Conseil National Syrien, principale instance de l’opposition syrienne extérieure reconnue par les  « amis de la Syrie » dénonce « le plus infâme des génocides commis par le régime syrien », et appelle le Conseil de Sécurité de l’ONU à adopter une résolution contraignante « urgente » sous le chapitre VII pour  « arrêter cette folie meurtrière qui menace l’entité de la Syrie, la paix et la sécurité dans la région et dans le monde ».

houla 5

Le Soir 3, du 16 juillet, a présenté les « massacres »  de Houla à Treimsa comme faisant partie d’une série ; et les chabiha de Bachar el-Assad sont désignés comme les seuls coupables possible. 

Le 18 juillet un attentat à la bombe décapite l’état-major syrien. Le ministre de la défense Daoud Rajhal, le vice-ministre syrien de la Défense et beau-frère de Bachar el-Assad Assef Chaoukat, l’assistant du vice-président Hassan Turkmani, le chef de la Sécurité Nationale Hicham Ikhtiar, et le général Amin Charabeh sont tués sur le coup ou décèdent des suites de leurs blessures dans les jours suivants. Dans un article hallucinant de Benjamin Barthe publié le 25 septembre 2012[lxi], le journal le Monde développera la théorie conspirationniste selon laquelle l’attentat aurait été perpétré par des gens de Bachar el-Assad en personne qui aurait voulu liquider des officiels qui s’apprêtaient à rallier l’opposition.

Le 19 juillet, un projet de résolution visant à condamner le régime syrien et le soumettre à des sanctions est déposé par le Portugal, la France, le Royaume-Uni, et les États-Unis. Sous des abords neutres équitables puisque les autorités syriennes sont à plusieurs reprises citées comme co-responsables de la non application du plan en six points (ex : « Condamnant la poursuite des violations généralisées des droits de l’homme commises par les autorités syriennes, ainsi  que toute atteinte aux droits de l’homme commise par les groupes d’opposition armés… ; ou encore : « Condamnant la poursuite des violations généralisées des droits de l’homme  commises par les autorités syriennes, ainsi  que toute atteinte aux droits de l’homme  commise par les groupes d’opposition armés… », ce sont clairement les autorités syriennes qui sont désignées comme les principales responsables du drame actuel qui se joue en Syrie (ex : « Se déclare profondément préoccupé par l’escalade de la violence et par le  fait que les parties, en particulier les autorités syriennes, n’ont pas appliqué le plan en six points de l’Envoyé spécial figurant en annexe à la résolution 2042 (2012), ce  qui n’a pas contribué à créer un espace politique propre à un dialogue politique réel… »). Par ailleurs les pays auteurs du projet de résolution semblent placer la Syrie devant un ultimatum, insistant à plusieurs reprises sur la nécessité de l’application la plus rapide possible de la part des différentes parties, mais surtout des autorités syriennes, du plan en six points (le terme « immédiatement » est répété à six reprises dans ce texte de 4 pages) . On peut relever enfin une allusion à une possible intervention militaire internationale : « Considérant que la situation en Syrie constitue une menace à la paix et à la  sécurité internationales,  Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte... » Rappelons que lorsque l’expression « Chapitre VII » est glissée dans ce genre de projet de résolution, c’est toujours l’indice d’une volonté de dégager la voie à une intervention militaire internationale.  Relevons ici la coïncidence habituelle : de façon opportune pour les « amis de la Syrie » : le « régime syrien » a l’intelligente habitude de commettre les plus horribles de ses exactions avant chaque échéance diplomatique majeure. La Russie et la Chine mettent leur veto, développant les mêmes arguments que pour le projet déposé au Conseil des Droits de l’Homme le premier juin : il est d’une partialité flagrante et ne fait porter la responsabilité du conflit que sur un seul des belligérants.

Le 2 août, constatant l’impossibilité dans laquelle il se trouve de garantir l’application du plan de paix en six points mis acté en avril, Kofi Annan démissionne de son poste d’envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue Arabe.

Le 16 août, la Syrie est suspendue de l’Organisation de Coopération Islamique, OCI qui comporte 57 membres, l’Iran seul s’opposant à cette décision.

Le 18 août, en visite dans un camp de réfugiés syriens à la frontière syro-turque Laurent Fabius prononce la phrase désormais célèbre : « Bachar el-Assad n’a pas le droit d’être sur la terre »[lxii].

Le 19 août à minuit, la mission de la MISNUS prend officiellement fin, et c’est ici que s’arrête cette chronique. Consacrée à la séquence de l’affaire des armes chimiques, la prochaine commence le 20 août 2012, jour d’une déclaration retentissante de Barack Obama[lxiii].

François Belliot - 13 mai 2015

A suivre…

[i] http://peacemaker.un.org/sites/peacemaker.un.org/...

[ii] http://www.bruxelles2.eu/wp-content/uploads/2012/...

[iii]http://www.operationspaix.net/DATA/DOCUMENT/7038~...

[iv] http://www.un.org/press/fr/2012/CS10618.doc.htm

[v] même source

[vi] http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/past/u...

[vii] C’est également une vidéo qui est à l’origine de l’affaire Hamza al-Khatib que j’ai résumée dans la chronique précédente : http://arretsurinfo.ch/comment-les-medias-intoxiq...

[viii] https://www.youtube.com/watch?v=jffUNQw8Fl8&b...

[ix] http://www.un.org/press/fr/2012/SC10658.doc.htm

[x] https://www.youtube.com/watch?v=u9vLCelHIcs

[xi] https://www.youtube.com/watch?v=aBcf7kGot1Q

[xii] http://www.liberation.fr/monde/2012/05/27/syrie-l...

[xiii]  http://www.europe1.fr/international/syrie-le-regi...

[xiv] http://www.lemonde.fr/kiosque-journal-le-monde/ed...

[xv] http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/syri...

[xvi] http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/05/30...

[xvii] http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2012/05/30/1000...

[xviii] http://www.lepoint.fr/monde/syrie-vers-un-irak-bi...

[xix] http://www.liberation.fr/monde/2012/05/31/syrie-c...

[xx] http://www.liberation.fr/monde/2012/06/01/malaise...

[xxi] http://www.liberation.fr/monde/2012/06/01/le-mass...

[xxii] http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/le-s...

[xxiii] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120601.OBS...

[xxiv] http://www.causeur.fr/francois-hollande-se-precip...

[xxv] http://arretsurinfo.ch/propagande-de-guerre-quand...

[xxvi] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/...

[xxvii] https://www.youtube.com/watch?v=b1B-Ker6yhc

[xxviii] Ces propos ont été extraits par le journaliste de l’une des trois interviews de l’enfant réalisés via skype J’évoquerai plus loin les contradictions flagrantes entre ces trois versions données de l’événement par l’enfant. https://www.youtube.com/watch?v=POEwEiqTavA

[xxix] http://www.infosyrie.fr/actualite/le-rapport-syri...

[xxx] http://www.infosyrie.fr/re-information/important-...

[xxxi] Nous pouvons remercier “Corto”, de l’association reopen911, d’avoir rapidement mis à la disposition des lecteurs francophones la traduction de ces deux articles. Ce qu’aucun grand media n’a jugé utile de faire. Premier lien:http://www.reopen911.info/News/2012/06/11/syrie-n...     Second lien http://www.reopen911.info/News/2012/06/17/syrie-l...

[xxxii] Les passages que je viens de citer sont extraits d’une traduction publiée par la journaliste Silvia Cattori sur son site le 17 juin 2012.

[xxxiii] Voici le lien vers son article : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&ai...

[xxxiv] http://www.globalresearch.ca/the-houla-massacre-o...

[xxxv] https://arabisouri.wordpress.com/2012/07/04/houla...

[xxxvi] https://www.youtube.com/watch?v=9v2pX2MFkuo

[xxxvii] http://www.theguardian.com/world/2012/may/28/houl...

[xxxviii] Je n’ai pas retrouvé la vidéo mais les éléments donnés par le garçon dans les deux premiers liens suffisent à révéler des contradictions flagrantes.

[xxxix]  Je renvoie à la page 9 du rapport du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU du 26 juin 2012 sur la “Mise à jour Orale de la Commission Internationale Indépendante d’Enquête sur la République arabe syrienne”: http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil/RegularSession/Session20/COI_OralUpdate_A.HRC.20.CRP.1.pdf

[xl] Voici un lien renvoyant à son article : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&ai...

[xli] http://arretsurinfo.ch/propagande-de-guerre-quand...

[xlii]http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A...

[xliii] http://www.lefigaro.fr/international/2012/06/12/0...

[xliv] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/...

[xlv] http://www.liberation.fr/monde/2012/06/12/l-armee...

[xlvi] http://www.liberation.fr/monde/2012/06/12/l-armee...

[xlvii] http://www.lepoint.fr/monde/l-armee-syrienne-util...

[xlviii] http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/l...

[xlix] Euphémisme

[l] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/sy...

[li] http://www.theguardian.com/world/2015/mar/17/un-o...

[lii] http://www.hrw.org/fr/news/2015/03/24/israel-crai...

[liii] https://www.youtube.com/watch?v=O1hcWdWsu4M

[liv]Citations extraites du Parisien du 6 juin 2012 : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/sy...

[lv] Europe 1 (http://www.europe1.fr/international/syrie-un-mass...), le Monde (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/...), le Parisien (http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/sy...), le Point (http://www.lepoint.fr/monde/syrie-odeur-de-chair-...), LCI.TF1.fr (http://lci.tf1.fr/monde/moyen-orient/syrie-l-onu-...)

[lvi]Au passage, je signale que c’est le principe de ma démonstration dans la chonique VII dans laquelle je reviens sur plusieurs cas antérieurs de massacres mis en scène et relayés par les médias de façon à discréditer un « dictateur » et son « régime », et justifier son renversement par une intervention militaire. Que l’on mente ou que l’on dise la vérité, c’est un procédé extrêmement convaincant de placer un événement inconcevable dans une série d’événements comparables.

[lvii]http://www.ohchr.org/Documents/HRBodies/HRCouncil...

[lviii] http://www.liberation.fr/monde/2012/05/31/syrie-c...

[lix] http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revolte-syrienn...

[lx]http://www.reopen911.info/News/2012/07/21/syrie-l...

[lxi] http://www.lemonde.fr/international/article/2012/...     En voici un extrait : « Ce qui n’était qu’une rumeur à laquelle peu d’observateurs n’ont accordé d’importance, est désormais une hypothèse, considérée comme crédible par plusieurs opposants. Pour eux, l’attentat du 18 juillet à Damas qui a décapité une partie de l’appareil sécuritaire syrien, ressemble davantage à une mise en scène du pouvoir qu’à une opération de l’Armée syrienne libre (ASL). Dans leur esprit, la dictature syrienne, jamais avare en coups tordus, a cherché à maquiller la liquidation de quatre de ses membres, soupçonnés de vouloir rallier l’opposition. »

[lxii] http://www.dailymotion.com/video/xswl77_syrie-201...

[lxiii] Conférence de Barack Obama à la Maison Blanche du 20 août 2012 : https://www.youtube.com/watch?v=PBRqRl6RbDM

Source: http://arretsurinfo.ch/comment-les-medias-intoxiq...

13/05/2015

SCÉNARIO CATASTROPHE POUR LA SYRIE ET BACHAR AL-ASSAD ?

Hassan Nasrallah : scénario catastrophe pour la Syrie et Bachar al-Assad ? (VOSTFR)

 

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 5 mai 2015 (sous-titres français)

 

 


Dans ce discours, Hassan Nasrallah présente la chute d'Idleb et de Jisr al-Choughour entre les mains des groupuscules terroristes comme de simples revers locaux qui ne doivent pas occulter les avancées majeures de l'Armée Arabe Syrienne. Il dénonce les annonces de chute prochaine du régime comme la suite de la guerre médiatique et psychologique menée depuis quatre ans contre la Syrie, et il réaffirme le soutien de l'Iran, de la Russie et du Hezbollah à la Syrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vidéo sous-titrée : https://www.youtube.com/watch?v=zbhI-fVRkwo

 

 

 

Transcription :

 

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

 

Troisièmement, en ce qui concerne la Syrie. Je vais parler de manière très franche et explicite sur certains points.

 

Dernièrement, et après la chute de la ville de Jisr Al-Choughour, dans la province d'Idlib, entre les mains des groupes terroristes, nous avons assisté – les Syriens, les Libanais et l'ensemble de la région – à une véritable vague de slogans et d'allégations, à tout un tapage médiatique sur les chaînes TV, les différents médias, des déclarations, articles, nouvelles ainsi que sur les réseaux sociaux.

 

Tout cela, bien sûr, fait partie de la guerre psychologique, et vous savez bien que dans les coulisses, une guerre psychologique est menée contre cette région depuis de longues années. Et cette guerre psychologique est toujours renouvelée de façon à profiter de n'importe quelle occasion, développement ou incident afin de lancer de nouvelles vagues de guerre psychologique sur les peuples. Bien entendu, certaines de ces déclarations se sont concentrées sur des aspects sectaires. Quel était le principal objectif de tout cela ? Que voulaient-ils dire par tout ce tapage médiatique ?

 

Ils prétendaient (soyons francs et explicites), qu'après la chute de Jisr al-Choughour et d'Idlib entre les mains des groupes armés, le régime était fini, et qu'on assistait à ses derniers jours, ses dernières semaines. Ils ont œuvré à propager ce scénario, je le résume brièvement pour le commenter, car cela fait partie de leur guerre psychologique : ils prétendent que l'armée syrienne a perdu ses capacités de combat et s'effondre.

 

Dans le cadre de cette guerre (psychologique), d'autres prétendent encore que les alliés de la Syrie l'ont abandonnée, que l'Iran l'a vendue pour son accord sur le nucléaire, et que la Russie l'a également abandonnée pour je ne sais quelle raison, que tous ses alliés s'en détournent. 

 

Ils prétendent encore, dans leurs déclarations et mensonges, que la situation intérieure en Syrie est difficile, que les gens veulent déserter, fuir, se réfugier ailleurs, etc. Ils peignent une image terrible et très étrange ; un exemple de leurs mensonges, est que toute la côte syrienne est sur le point de tomber. Et par conséquent, voilà l'aspect sectaire de leur propagande, prétendant qu'un très grand nombre d'Alaouites quittent les côtes syriennes en direction de la frontière libanaise, que le gouvernement libanais les empêche d'entrer et que le Hezbollah exerce des pressions sur lui pour leur permettre d'entrer au Liban. Des mensonges vraiment gratuits et insensés.

 

D'autres allégations prétendent que le régime syrien a demandé aux Alaouites de Damas ou de certaines régions de Damas de quitter cette ville (avant qu'il ne soit trop tard). Mais tout cela n'a aucun fondement.

Par conséquent, ce que nous voyons et que nous avons déjà vu auparavant, est une guerre psychologique qui veut briser la volonté des Syriens, leur détermination et leur persévérance, et qui veut obtenir par les mensonges, les fausses allégations et la guerre psychologique ce qu'ils ont été incapables d'obtenir par une guerre mondiale imposée à la Syrie depuis quatre ans.

 

Bien sûr, il arrive que de telles allégations soient couronnées de succès, comme par exemple à Mossoul, à Salaheddine, avec l'expérience de Daech en Irak cela a fonctionné, car une grande partie de la guerre consistait en allégations mensongères et en guerre psychologique.

 

Parlons-donc de ce sujet. 

 

Premièrement, personne ne devrait croire ces mensonges et déclarations et céder à cette guerre psychologique. Telle est la grande ligne. Nous devons tous prendre conscience, surtout les Syriens et les Libanais, que tout ce qui se dit n'est rien d'autre qu'une guerre psychologique, et que cela n'est pas nouveau. Cela fait quatre ans qu'on entend que c'en est fini du régime, de l'armée, que les gens veulent se rendre, qu'ils veulent fuir etc., etc. Et il faut bien souligner que lorsque nous avons commencé à entendre tout cela il y a quatre ans, la situation était bien plus difficile qu'elle ne l'est aujourd'hui.  La situation à l'intérieur de la Syrie, les batailles à l'intérieur du territoire, à Damas, à Alep, à Homs, à l'intérieur des villes, dans beaucoup de provinces, ainsi que la situation régionale (du Moyen-Orient), la situation internationale, etc. Aujourd'hui, les choses sont très différentes. Les développements internationaux et régionaux, les développements à l'intérieur de la Syrie qui ont eu lieu ces dernières années nous ont mis bien loin de tout ce que prétendent ces déclarations.

 

Par exemple, il a été notamment dit – je vais répondre point par point. Premièrement, ce qui est dit au sujet de la position iranienne n'est pas vrai : il y a quelques jours à peine, dans un discours, Son Eminence l'Imam Khamenei (que Dieu le préserve) a évoqué précisément cette question et a affirmé : « Nous négocions sur le dossier nucléaire, et sur rien d'autre. Et même tandis que nous sommes occupés aux négociations sur le nucléaire, nous restons très attentifs aux intérêts de nos alliés, et absolument rien ne se fera au détriment de nos alliés. » Toutes ces déclarations sont donc vides de sens – l'idée que l'Iran a abandonné la Syrie ou qu'elle serait sur le point de le faire. 

 

Il en va de même pour la Russie, même si jusqu'à présent, je ne connais pas la Russie aussi bien que je connais l'Iran, mais il n'y a aucun signe, pas le moindre, si infime fût-il, qui laisse à penser que les dirigeants russes sont sur le point de délaisser la situation en Syrie, ou qu'ils ont commencé à le faire.

Oui, il est vrai que qu'il peut parfois y avoir des revers sur le terrain, mais nous devons en rechercher les causes directement sur le terrain concerné. Par exemple, Idlib est tombée. Voyons donc pourquoi Idlib est tombée ? Observons la situation des groupuscules armés, la situation de l'armée, la situation des forces engagées là-bas, s'il y a un problème ou non, que ce soit au niveau de la direction, de la logistique, etc.  Jisr Al-Choughour est tombée ? Pourquoi ? Recherchons donc les causes sur le terrain même. Il ne faut pas directement en rechercher les causes sur la situation internationale, régionale, les alliés, la situation intérieure, la volonté du régime, l'armée, etc.

 

Comment ce régime serait-il en dislocation, et cette armée en décomposition, alors qu'ils combattent sur de nombreux fronts, qu'ils tiennent bon sur bien des fronts et qu'ils obtiennent des victoires parfois quotidiennement ? Comment serait-ce possible, comment concilier la propagande et la réalité du terrain ?

 

L'approche correcte face à n'importe quel revers, ou qu'il se produise, est de se concentrer sur les causes qui ont amené à ce revers afin de les remédier et d'éviter que cela se répète. Dans n'importe quelle guerre, mes frères et sœurs, il y a des batailles. Celui qui remporte une bataille ne va pas forcément remporter la guerre. L'armée syrienne, les forces de défense nationales et populaires et les alliés de la Syrie ont remporté batailles sur batailles depuis 4 ans et jusqu'à ce jour, mais elles n'ont jamais prétendu qu'elles avaient gagné la guerre. Et même si on perd une bataille, cela ne signifie pas qu'on a perdu la guerre. L'armée syrienne et leurs alliés n'ont cessé de remporter bien des batailles durant les dernières années, des batailles longues, difficiles et majeures. 

 

Par conséquent, tout ce qu'on peut dire, ou qu'ils peuvent dire, est qu'il y a eu une bataille à tel endroit, et que tel côté a gagné ou perdu. Mais de déduire hâtivement de l'issue de telle bataille qui sera le vainqueur de la guerre et de les instrumentaliser dans le cadre d'une guerre psychologique est très éloigné de la réalité du terrain.

 

Toutes ces personnes qui mènent ces guerres psychologiques n'ont cessé de décevoir les espoirs de leurs masses et de leurs partisans, et ils se trompent eux-mêmes et voient leurs espoirs déçus lorsque la situation a changé après une autre bataille. Et la situation change actuellement dans bien des batailles, et continuera ainsi (en faveur du gouvernement) si Dieu le veut.

 

Telles sont donc les proportions véritables de ces événements, et personne ne devrait s'en inquiéter outre mesure.

 

Evidemment, ici au Liban, nous avons des gens qui sont très hâtifs, et multiplient les actions précipitées depuis 4 ans, encore et encore, ils se félicitent mutuellement les uns les autres pour une victoire supposée, avant de découvrir que cette nouvelle de festivité était mensongère, qu'il n'y a ni fiancé, ni fiancée, et qu'ils se moquaient les uns des autres.

 

Quoi qu'il en soit, il faut rester vigilant sur cette question, et être conscients de tous ces aspects.

 

En ce qui concerne le Hezbollah, je tiens également à affirmer ce soir à nos proches et à notre peuple syrien bien-aimé en Syrie ceci : Nous étions avec vous, et nous resterons avec vous et à vos côtés, quels que soient les développements. Partout où il nous a fallu être, nous y sommes allés. Et partout où il nous faudra être, nous y serons. Et dernièrement, nous sommes intervenus dans des lieux où nous n'étions jamais allés durant les années passées. 

 

Nous considérons que cette lutte n'est pas la lutte du peuple syrien, et c'est ce que nous avons déclaré depuis le début de notre intervention dans cette guerre. Nous ne sommes pas intervenus pour des raisons émotionnelles, personnelles, sectaires ou par esprit de parti. Nous sommes intervenus sur la base d'une vision claire qui n'a pas changée, au contraire, tous les événements la confirmant jour après jour, à savoir la conviction que par notre intervention, nous défendons le Liban, la Palestine, la Syrie et toute la région.

 

Laissons-donc les haines et ressentiments de côté, et prenons clairement conscience de la réalité, considérons-la avec lucidité : si, à Dieu ne plaise, les groupuscules armés étaient parvenus à prendre contrôle de la Syrie depuis 4 ans, quel aurait été le destin de la Syrie et du peuple syrien ? Quel aurait été le destin du Liban et du peuple libanais ? Quel aurait été le destin de la région ? Il vous suffit de regarder autour de vous pour connaître la réponse à cette question. 

 

En ce qui nous concerne, c'est notre intime conviction, c'est notre responsabilité. Et je vous confirme, ce soir, que nous continuerons à assumer cette responsabilité quels que soient les sacrifices.

 Source et Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

 

l' ISLAM EST-ELLE UNE RELIGION D' AMOUR ET DE TOLÉRANCE ???

 

Islam religion d'amour et de tolérance * 3 Vidéos

1) Un prédicateur saoudien : les juifs empoisonnent les coeurs et les esprits des musulmans avec WhatsApp, Twitter et Facebook 

Dans un discours du 3 mai 2015 publié sur internet, le prédicateur saoudien Abdulla Ba Neema dit que les juifs "mettent du poison dans les choses que les musulmans aiment". Selon lui, WhatsApp, Twitter et Facebook sont des outils utilisés par les juifs pour empoisonner les cœurs et les esprits des musulmans. Malgré sa critique des réseaux sociaux, Ba Neema est très actif sur ses comptes Facebook, Twitter et Instagram. Ba Neema est paralysé à la suite d'un accident de piscine.
Remarquez le psychopathique syndrome du complot juif, toujours aussi vivace. C'est bien connu: tout ce qui arrive aux musulmans est de la faute des juifs (notez aussi que depuis Obama, on n'entend plus beaucoup l'autre version, celle du grand Satan américain).

 (Mon professeur) me disait: Les juifs conspirent, tandis que nous dormons, et ils disent qu'ils n'auront pas de répit tant qu'ils n'auront pas prié dans Khaybar [1]." Je lui répondais: "Ils n'ont aucune chance - où se serait envolé le régime saoudien [pour laisser entrer des juifs dans le pays]? Comment pourraient-ils prier dans Khaybar?" 
Mais il insistait: "Ils conspirent alors que nous sommes dans le sommeil." Il a dit des choses qui valent leur pesant d'or pur: "Qu'Allah combattre les juifs et les chrétiens et retourne leurs complots contre eux, ils ont dit qu'ils n'auraient pas de repos tant qu'ils n'auront pas célébré en musique et en chansons leur entrée dans la mosquée du prophète Mahomet à Medine." 
Je lui disais que cela est au-delà de leurs capacités, et qu'ils ne pourraient jamais réussir. Tout cela, c'était quand j'étais encore en troisième année. Quand j'étais en sixième année, et plus tard à l'école secondaire, j'avais l'habitude de penser de temps à autre à ce que mon professeur m'avait dit. Les jours et les années ont passé, et aujourd'hui, j'étudie dans la mosquée du prophète, à l'institut de Médine. Un jour, je suis allé là pour étudier deux heures avant la prière de l'aube, et une minute avant le premier appel à la prière, une chanson a été jouée dans la mosquée depuis un téléphone cellulaire. J'ai commencé à pleurer. Je me suis dit: les juifs ont accompli leur oeuvre. Ils ont réussi à obtenir cette célébration en musique dans la mosquée du prophète, en m'utilisant, moi, en vous utilisant et en utilisant tous les musulmans. C'était leur plan. Les juifs sont toujours à la recherche des choses que les musulmans aiment. Est-ce parce qu'ils veulent les éloigner ? Non. Ils veulent mettre du poison dans les choses que les musulmans aiment. 
À un moment donné, les juifs ont décidé d'utiliser la télévision - cette fausse idole - comme un outil. C'est ainsi que des personnages (de TV) comme Mohanad et Lamis sont entrés dans nos maisons. Les hommes ont divorcé de leurs épouses à cause de ce spectacle, et les enfants ont été nommés Mohanad ou Lamis à cause de ce spectacle. Mais les gens ne restent pas à la maison 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Ils vont travailler, jouer au football, etc. Si quelque chose vous préoccupe tout le temps, il vous empêche de prier Allah, de sorte que même à la mosquée, lorsque vous écoutez le cheikh, vous pourriez jouer avec votre téléphone cellulaire. C'est ce que nous aimons, donc ils l'ont empoisonné: WhatsApp est juif, Twitter est juif, Facebook est juif, Instagram est juif et Snapshoot est juif. Tout le réseau social est juif. Tous nos moyens d'informations sont entre leurs mains. Ce poison ... Ils n'ont pas mis le poison dans mon ventre ou de le vôtre. Au lieu de cela, ils ont empoisonné mon cœur et le vôtre, mon esprit et le vôtre. À la suite de WhatsApp et Twitter, l'honneur de nos femmes a été violé, les hommes ont divorcé de leurs femmes et les hommes et les femmes ont commis l'adultère. Mon bien-aimé, nos cœurs et nos esprits ont été empoisonnés. À quand remonte la dernière fois que vous avez lu le coran de la première à la dernière page? Quand? Vous avez trop honte pour répondre. Mais quand avez-vous lu le dernier message sur WhatsApp, Twitter et Facebook? À quand remonte la dernière fois que vous avez éteint votre PlayStation? WhatsApp est un wayt ('"citerne d'eaux usées") vraiment, il est l'égout qui coule dans votre foyer. 
Tout cela est une catastrophe. 
[1] Oasis juive au nord de Médine, gagnée par les troupes de Mahomet après une bataille devenue célèbre et qui est encore aujourd'hui la référence et la fierté des musulmans et, aussi, leur rêve secret de refaire cette bataille afin de réaliser la prophétie de Mahomet: éradiquer les juifs (lire  Juifs, souvenez-vous de Khaybar)
________________________________________ 

2) Le prédicateur égyptien Saad Abu Aziz: les juifs sont une tumeur maligne qui doit être éradiquée 

Dans son sermon du vendredi Avril 24 publié sur internet, le prédicateur égyptien Saad Yusuf Abu Aziz a déclaré que les juifs sont "une tumeur maligne" comme démontré par leur "sombre histoire".
Le sermon a été prononcé dans la mosquée al-Zawiya al-Gharbiya de Ghamrin, dans Monufia, gouvernorat de Monufia (Delta du Nil).


Voici un extrait:

En ce qui concerne les juifs, les Israélites, si vous examinez leur sombre histoire - à commencer par leurs relations avec les prophètes d'Allah qu'ils ont assassiné, et se terminant par ce que nous voyons de nos jours - vous vous rendrez compte à coup sûr qu'ils ne sont rien, juste une maladie maligne, une tumeur malveillante, qui ne peut être traitée que par l'extermination. Les livres d'histoire débordent des dettes des juifs et leur dossier est sombre [...] .
___________________________________ 

3) Pays-Bas: l'imam "claque" la Démocratie: les Européens n'ont pas encore eu l'avant-goût de leurs malheurs 

Dans son sermon du vendredi prononcé le 24 Avril 2015 à Helmond (Pays-Bas), le cheikh marocain Abdelhamid Aynelhayat dit que la démocratie est la cause des conflits.
Ce qu'il a oublié de dire, c'est qu'il est tout de même bien content de vivre dans le système démocratique des kouffar et de profiter de ses générosités!


Voici des extraits du sermon, qui a été publié sur Internet.

La principale raison à la propagation de la discorde vient des lois artificielles faites par les hommes et de la non-instauration la charia - à la fois le coran et la sunna. Les luttes prolifèrent lorsque le coran et la sunna sont ignorés. Au lieu d'instaurer la loi d'Allah, les gens se fient aux lois des hommes, donc les conflits prolifèrent. Que signifie la "démocratie? Cela signifie que les gens se gouverner par eux-mêmes. Démocratie, mes frères en islam, est la cause des conflits.
Les Européens aiment la démocratie parce qu'ils n'ont pas encore eu un avant-goût de ses malheurs, mais cela devient évident. La démocratie ... Prenons, par exemple, un certain village ou une ville, où ils veulent mettre en œuvre la démocratie. La démocratie exige que les élections se tiennent, pour déterminer qui est le chef de ce village ou de cette ville. Dans une démocratie, les gens ont le droit de voter, et celui qui obtient le plus de voix représente [le peuple]. Le vainqueur des élections pourrait être un ivrogne débauché et tapageur ou un pirate criminel, qui se trouve appartenir à une grande tribu qui a voté pour lui ... En démocratie, nous devons accepter l'ivrogne criminel tapageur voleur comme notre président. Voilà ce qui dicte la démocratie.
De temps en temps, vous voyez un homme qui représente un village au Parlement - ce qui se passe dans notre pays et dans beaucoup d'autres ... Cet homme ne sait pas lire ou écrire, n'a aucune compréhension de la politique, et ne connaît même pas les frontières de son propre pays ... la frontière du Maroc à l'ouest est l'océan Atlantique. Vous lui demandez au sujet de la frontière du pays à l'est, et il dit: l'Amérique! Il est un ignorant, naïf, mais il représente le peuple. Que peut-il faire pour nous? C'est ce que la démocratie vous dit.
La démocratie nous oblige à accepter ses décisions et ses valeurs morales: les filles peuvent se marier sans avoir obtenu le consentement des parents, les hommes peuvent épouser des hommes, les femmes peuvent épouser des femmes, les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, ils peuvent maudire et jurer ... La démocratie le permet. [...] Nous disons à nos sœurs, les femmes ... Par Allah, frères, lorsque je visite Helmond, je reste dans la mosquée et j'ose à peine sortir, parce que je crains la tentation. Quand vous sortez, vous voyez une femme musulmane portant un mini-mini-mini-jupe. 

Les rues sont pleines de la nudité. Il est préférable pour un musulman d'éviter cette tentation. Aujourd'hui, au marché, j'ai vu une de nos femmes portant une tenue qui pourrait même faire honte à Satan lui-même.
Frères, donnez des conseils à vos filles. J'ai entendu dire que dans une ville voisine, on a planifié d'envoyer nos filles de 10-12 ans en voyage organisé. Où? Elles vont en l'Espagne pour des vacances sans leurs pères, leurs frères, ou toute personne [de leur famille]. Vont-elles en pèlerinage en Espagne ?! Allah nous garde. Votre fille ne doit pas voyager pendant un jour et une nuit sans un chaperon masculin.
Les gens vont m'appeler extrémiste, disant que je suis un terroriste d'ISIS. Peu Importe. Craignez Allah! Ceci est le conseil des savants et des prophètes. Nous ne pouvons pas permettre à notre nation de donner naissance à des gens corrompus. Je ne suis pas un radical ou un extrémiste. Je ne fais que recommander le bien et interdire le mal. Je sais que si je donne beaucoup de conseils, les gens, avec leur mentalité laïque, vont aller à la police et dire qu'il y a un imam radical ... Quelqu'un a fait ceci auparavant ... Frères, nous voulons que notre nation islamique soit pure! Pure! [...] 
___________________________________


Quand on vous dit que c'est une religion d'amour! Et de tolérance... A noter que ces hauts personnages ne sont pas devenus des Cheikh par hasard. Ils sont même probablement sortis des meilleures Universités coraniques (c'est du moins le cas du Saoudien) et doivent également professer dans les madaris (pluriel de madrassa: école coranique) réputées d'où sortiront des ribambelles de bon musulmans, pleins d'amour et de respect du prochain ...  



12/05/2015    http://apostat-kabyle.blog4ever.com/islam-religion-d-amour-et-de-tolerance-3-videos?trck=notif-11093574-1005631-11igP

SORTIR DE LA GLOBALISATION ! TRIBUNE LIBRE !

 

PROSPERITÉ : SORTIR DE LA GLOBALISATION -

PROSPERITÉ : SORTIR DE LA GLOBALISATION

 

 



Auran Derien 
le 12/05/2015 
La globalisation est un système hypercentralisé pour les décisions stratégiques (18 entités financières contrôlent le monde), autoritaire à travers des fonctionnaires non élus qui, placés dans les organisations internationales et à la tête des Etats, répandent leur idéologie, en supprimant la différence entre fraude et tromperie, crime et activité légale.
 
La destruction du monde civilisé par les "bangsters" globalitaires, ce que d’aucuns nomment la gestion par le chaos, laisse subsister des îlots de prospérité. Certains sont assurés de perdurer car ils s’affranchissent des réseaux de l’empire du néant. D’autres, ne resteront pas intacts bien longtemps.

Refuser le goulag européen 

L’initiative populaire est un principe démocratique encore en œuvre en Autriche. Entre le 24 juin et le 1 juillet 2015, il est prévu de proposer à la population de voter sur le fait de sortir de l’Union Européenne. La situation se détériore dans tous les domaines: croissance, chômage, surendettement, pouvoir d’achat, taux de criminalité, disparition continue des petites exploitations agricoles, saccage de l’environnement. Une grande partie de la population a compris que les décisions de l’Union Européenne sont dictées par les congrégations multinationales (pharmacie, nucléaire, génie génétique, agroalimentaire, …. ). La paix est mise en danger par la négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Enfin, les sanctions économiques contre la Russie sont incompatibles avec la neutralité autrichienne.

En cas de sortie de l’Union Européenne, l’Autriche économiserait ses paiements annuels, racket au profit de divers «fonds de sauvetage pour l’euro», les obligations de dépôts à hauteur de milliards pour le Mécanisme européen de stabilité (MES), etc. Une monnaie spécifique pourrait être réintroduite. Chacun ne s’en porterait que mieux.
 
L’Islande qui a suivi le même raisonnement, est arrivée au même constat et a renoncé en conséquence à demander son adhésion. Le ministre des Affaires étrangères Gunnar Bragi Sveinsson a annoncé à l’UE l’annulation de sa demande, affirmant : «Les intérêts de l'Islande sont mieux servis en dehors de l'Union européenne».

Le Salvador réduit sa dose de poison 

Selon le site bioalaune.com le Salvador a décidé en septembre 2013 de prohiber une grande quantité (53) de produits chimiques  dont le poison Round up et de promouvoir un maïs hybride H-59 qui économise nombre de phytosanitaires. Le résultat sera apprécié dans quelques années mais il semble que le changement positif soit déjà perceptible. La santé des humains est altérée par les gangsters. Il convient de s’en éloigner.

La Chine investit dans les nouvelles technologies

De Chine parviennent chaque jour des informations prouvant un virage en faveur d’une croissance plus qualitative (réduction de la pollution) qui insiste aussi sur des technologies innovantes. Les start-up sont aidées (56 milliards), les produits à exporter sélectionnés (le TGV en particulier), de nouvelles institutions financières lancées (la Banque Asiatique d’Investissement). Les dollars ne sont plus accumulés mais servent àacheter des actifs en Europe. PSA, IBM, Club Méditerranée, l'aéroport de Toulouse, le port du Pirée, le géant italien Pirelli, des immeubles, des vignobles, etc.. sont passés sous contrôle chinois. L’Europe n’a jamais rien fait contre la finance anglo-saxone, pourquoi éviterait-elle de devenir esclaves de la Chine ? L’esclave accepte n’importe quel maître, et les affidés européens vivent de la destruction de leur civilisation, du moins tant que les monnaies en lesquelles on leur verse prébendes, gratifications et autres soultes ne sont pas dévaluées brutalement.
 
L’Allemagne, niveau zéro? 

Alors que le grand banditisme des produits dérivés s’est installé dans la Deutsche Bank au temps de Joseph Ackermann, alors que le soviet suprême de la finance a obligé la banque à accepter un certain Anshu Jain comme président, le Président associé, un allemand, est attaqué pour une histoire peu claire, d’il y a plus de dix ans, et rien n’est fait par contre pour traduire en justice les responsables de la dette colossale de la banque qui risque de s’écrouler.. 

Ajoutons que l’espionnage allemand au service des Etats-Unis révèle le degré de veulerie auquel sont tombés ceux dont les ancêtres ont porté la plus haute culture que le monde ait connu.  Le paysage, quoique flou, laisse apparaître que le soleil se lève du côté des résistants au monde globalitaire alors que le néant engloutit peu à peu les collabos. On observera avec attention, en Europe, quelles sont les zones qui voudront se sauver des destructions massives orchestrées par l’axe de l’inhumanité.
Source:  http://metamag.fr/metamag-2897-PROSPERITÉ---SORTIR-DE-LA-GLOBALISATION-.html
 

L' AIDE AUX TERRORISTES DU FRONT ARABO-OCCIDENTAL ???

 

Le front arabo-occidental multiplie ses aides destinées aux terroristes

« La Turquie et l’Arabie saoudite ont multiplié leurs aides en armement destinées aux opposants, en Syrie», a révélé le président de la Coalition de l’opposition syrienne.

 

Khaled Khodja, Président de la Coalition de l’opposition syrienne, a confié, au quotidien turc, "Hürriyet", que la Turquie et l’Arabie saoudite avaient augmenté leurs aides en armement à destination du front Sud de la Syrie.

«Les cargaisons d’armes qu’envoie l’Arabie saoudite arrivent en Syrie, via la Turquie, Deraa et la frontière de la Jordanie», a-t-il expliqué.

Selon Khaled Khodja, la Turquie et l’Arabie saoudite ne sont pas les seuls pays à armer les opposants syriens.

«Le Qatar et la Jordanie font, aussi, la même chose», a-t-il ajouté. 

A ce propos, il faut évoquer les déclarations du ministre jordanien de l’Information, Mohamed al-Momeni, qui a annoncé que depuis quelques jours, le gouvernement d’Amman coopère avec les pays membres de la coalition internationale anti-Daech, pour former et armer les rebelles armés syriens. 
 

En même temps, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter dit que les conseillers et les entraîneurs de l’armée américaine ont déjà commencé la formation du premier groupe de rebelles syriens que la Maison Blanche qualifie faussement de « modérés ».

Les Etats-Unis, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar ont fait basculer la Syrie dans une guerre dévastatrice depuis mars 2011 et y ont acheminé des terroristes, venus de plus de 80 pays du monde.

 

 Dans le même temps, les frontières de la Turquie sont devenues un bastion sûr pour les terroristes qui veulent se rendre en Syrie.

Non seulement Washington et Ankara apportent leur soutien tous azimut aux terroristes en Syrie mais en plus ils donnent des formations militaires aux rebelles armés qu'ils appellent faussement "modérés" afin de les préparer pour lutter contre le gouvernement syrien. 

 

Le complot contre le gouvernement populaire et légal de Bachar Assad se poursuit à la cinquième année de la crise en fournissant des armements aux terroristes et en entraînant les rebelles armés.

Ceux qui soutenaient hier ouvertement Daech, prétendent maintenant qu’ils se battent contre cette organisation terroriste, mais leur vrai but était et est toujours la chute du gouvernement du président Bachar al-Assad.

Mais l’échec de leur plan depuis quatre ans, les amènent à changer de tactique dans la cinquième année de la crise syrienne.

 C’est dans ce cadre que nous pouvons expliquer les aides en armements des pays comme l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar aux terroristes qui sont basés dans les régions du sud de la Syrie.

Leur plan consiste à renforcer la position des terroristes pour qu’ils s’approchent de Damas et de la province d’Idlib dans le nord-ouest de la Syrie.

Exaspérés par la position stable de Bachar Assad en Syrie, malgré leurs dépenses colossales pendant ces quatre dernières années, les ennemis jurés de Bachar Assad tentent de poursuivre leurs objectifs à la cinquième année de la crise syrienne en ayant recours à une nouvelle rhétorique et à des agissements trompeurs comme la division du terrorisme en "bon" et "mauvaise" terrorisme. 

Ces pays qui soutiennent les terroristes continuent ainsi leur complicité criminelle dans le massacre des Syriens et la destruction des infrastructures de leur pays.

Ils ne tirent pas de leçon de leurs échecs face aux Syriens, et s’obstinent à se servir du terrorisme pour assurer leurs objectifs.

Ceci dit, les démarches des sponsors du terrorisme en Syrie ne montrent nullement leur volonté de mettre fin à cette crise organisée, sévissant en Syrie.

 

RIEN NE VA PLUS ENTRE LA SYRIE ET LA TURQUIE !

Le président Bachar al-Assad dénonce « le boucher » Erdogan (VOSTFR)

Crises/guerres Droit international Ingérence Syrie Turquie
 
 

 

Il y a 99 ans, le 6 mai 1916, 21 nationalistes syriens et libanais étaient exécutés par Jamal Pacha, le gouverneur ottoman de la Grande Syrie qui fut surnommé « le boucher » à cause de sa cruauté.

L’Empire Ottoman était alors en plein déclin, un processus qui fut accéléré par son alliance avec les puissances impériales durant la Première Guerre Mondiale. Depuis l’indépendance de la Syrie, cette date est célébrée comme le « Jour des Martyrs ».

A l’occasion de cette commémoration, Bachar al-Assad a souligné le fait que l’Histoire se répète : la Turquie du «Sultan » Erdogan, mégalomane aspirant à la renaissance d’un Empire Ottoman, est aujourd’hui encore à contre-courant de la marche de l’Histoire, ayant ouvertement pris le parti des terroristes atlanto-wahhabites.  

Ankara joue un rôle actif dans la guerre internationale qui est menée contre la Syrie, apportant un soutien direct aux combattants d’Al-Qaïda et du Front Al-Nosra et multipliant les actes de guerre contre la République Arabe Syrienne.

Alors que l’ensemble de la communauté internationale à reconnu que ces mouvements terroristes représentaient un danger pour la paix mondiale (ne serait-ce que sur le plan des déclarations) et que Bachar al-Assad est un interlocuteur incontournable, la Turquie, avec Israël, reste le dernier bastion de soutien ouvert à ces groupuscules terroristes et persiste à appeler au renversement du régime.

Le Président syrien a également évoqué la chute de Jisr al-Choughour et d’Idlib aux mains des combattants takfiristes pour dénoncer la propagande médiatique autour de cet événement.

Loin de constituer un revers annonciateur de la fin du régime, ce n’est qu’une bataille parmi d’autres, qui ne doit pas occulter les avancées de l’Armée Arabe Syrienne, notamment dans la région stratégique du Qalamoun le long de la frontière syro-libanaise.

Toutes ces déclarations font partie de la guerre psychologique incessante qui est menée depuis 4 ans contre la Syrie, et qui n’a cessé de prédire la chute de Bachar al-Assad de manière imminente.  [Sayed 7asan]

 

Discours du Président de la République Arabe Syrienne, Bachar al-Assad, à l’occasion du Jour des Martyrs, le 6 mai 2015

Transcription :

Mes chers et bien-aimés fils et filles de nos martyrs glorieux et héroïques.

Bonne fête à tous !

Responsables, enseignants et enseignantes, travailleurs et travailleuses, en cette école des enfants des martyrs, je vous souhaite une bonne fête à tous.

J’ai tenu à être parmi vous en ce jour, car je me sens envahi par une grande joie à chaque fois que je rencontre des enfants de martyrs. J’ai tenu à être à vos côtés ne serait-ce que pour un moment durant votre fête à l’occasion de cette occasion qui nous est chère à tous, à savoir le 6 mai [Jour des Martyrs], qui est l’occasion d’honorer un groupe de fils et de filles de martyrs qui ont fait le choix de suivre les pas de leurs pères ont rejoint les forces armées et portent une arme en arpentant la même voie.

Cette commémoration…

Public : Par notre âme, par notre sang, nous te serons fidèles ô Bachar !

Cette commémoration nous est très chère car elle comporte de grandes significations. Certaines de ces significations sont symboliques, et d’autres sont concrètes, étant liées à des commémorations d’événements particuliers que la patrie, la Syrie a traversés.

Il y a à peu près 100 ans [le 6 mai 1916], il y a un siècle environ de cela, il y eut une vague d’arrestations et d’exécutions contre un groupe de patriotes syriens, perpétrée par les Ottomans. Et ces arrestations se sont poursuivies durant des années. Le point culminant fut en l’an 1916, lorsqu’ils ont perpétré le plus grand nombre d’exécutions de patriotes qui défendaient le peuple syrien contre l’oppression à cette époque. Et les crimes ne se sont alors pas limités à ce groupe de patriotes, mais se sont étendus et ont touché des millions de personnes, comme vous le savez, parmi les Arméniens, les Assyriens et d’autres groupes ethniques qui vivaient sous le joug du pouvoir ottoman à cette époque. Et aujourd’hui, ces massacres se répètent sous la même forme, avec une différence au niveau de quelques moyens et de quelques noms.

A cette époque, celui qui avait perpétré les exécutions est, comme nous l’avons tous lu dans les livres d’école, Jamal Pacha (surnommé) « le Boucher ». Et aujourd’hui, celui qui les perpètre est Erdogan « le Boucher ».

Ainsi, l’histoire se répète, comme nous le voyons, mais l’aspect symbolique de cette célébration est le message du martyre. Le martyre est le plus noble message que peut porter un homme où que ce soit dans le monde, lorsqu’il défend sa patrie, sa cause, ses principes. C’est un message très précieux porté par l’homme. La noblesse de ce message ne se limite pas seulement au martyr qui l’a porté, mais s’étend à tous ceux qui ont porté ce même message après la mort de ce martyr. Et en toute certitude, ceux qui sont le plus capables de porter ce message sont les membres de la famille de ce martyr.

Public : Par notre âme, par notre sang, nous te serons fidèles ô Bachar !

Par conséquent, tout échange, toute rencontre avec n’importe quelle famille de martyrs en Syrie est un honneur pour nous et pour tout homme patriote de Syrie. Comment en serait-il autrement lorsqu’on rencontre une personne qui est fils de martyr et a intégré les forces armées pour suivre la même voie ? En toute certitude, l’honneur sera dans ces cas démultiplié.

Par conséquent, il nous est nécessaire, afin de remporter la victoire dans cette lutte, d’avoir la foi en ce message. Et le premier acte de cette foi est de croire en Dieu dont nous savons tous qu’Il se tiendra avec la vérité en dernier lieu.

Mais il y a un autre type de foi. Il y a aussi, en premier lieu, la foi du combattant en la nécessité de la victoire. Il y a la foi de la part de la société, et sa confiance en ce combattant. Lorsque le combattant croit en sa cause et en sa victoire, il nous donnera le moral lorsqu’il remportera la victoire dans n’importe quelle bataille, fusse-t-elle une bataille mineure. Et lorsque nous avons foi en ce combattant, nous lui donnons nous-même le moral en tant que société, peuple et foyer lorsqu’il perd une quelconque bataille.

Aujourd’hui, nous menons une guerre et non une bataille. Et une guerre est différente d’une bataille. Une guerre est un ensemble de nombreuses batailles. Et lorsque nous parlons d’une guerre impitoyable telle que celle qui est infligée à la Syrie sur une étendue de milliers de kilomètres de frontières, et des milliers de kilomètres à l’intérieur de la Syrie, nous parlons donc de non pas des dizaines, non pas des centaines mais bien des milliers de batailles. Et il est naturel, avec de telles batailles, en tel nombre et dans de telles conditions – et c’est là la nature de toutes les batailles –, que les opérations comptent des avancées et des retraites, des victoires et des défaites, des hauts et des bas. Tout peut fluctuer, sauf une chose, comme je viens de le rappeler, à savoir la foi en nos combattants, et la foi de nos combattants dans l’inéluctabilité de la victoire.

C’est pour cela que lorsque nous subissons un revers, nous devons faire notre devoir en tant que société, à savoir apporter le moral à l’armée et non pas toujours attendre que ce soit elle qui nous l’apporte. C’est une interaction réciproque qui doit être permanente, contrairement à ce que font certains aujourd’hui en essayant de généraliser l’esprit de déception et de désespoir à cause d’un revers subi ici ou là, ou parce qu’ils se soumettent à la propagande extérieure.

Cette campagne de propagande qui a été lancée récemment a été renouvelée après avoir échoué il y a deux ans. Vous vous souvenez qu’au début de la crise, une telle campagne a duré un an, deux ans ou un peu moins, mais elle a finalement échoué, malgré le fait que les conditions étaient alors plus difficiles, et que beaucoup de Syriens ne savaient pas ce qui se passait réellement dans les faits. Mais les financiers, les organisateurs, les politiciens et les médias impliqués acharnément dans cette campagne se sont réfugiés dans leur tanière. Ils sont réapparus maintenant car ils ont vu qu’il y a actuellement un terrain fertile pour certaines personnes dans ce pays.

Par conséquent, le patriotisme ne consiste pas simplement en des déclarations verbales. Le patriotisme doit être accompagné par le courage. Je ne peux pas me dire simplement patriote sans compléter cela par les caractéristiques qui vont avec.

Et nous devons distinguer l’inquiétude de la peur. Nous sommes tous inquiets pour notre patrie. Pas seulement maintenant, pas seulement lors des crises, mais toujours, tant que ce pays sera la cible des ambitions de différents pays, comme il le fut à travers son histoire. Et nous devons distinguer la sagesse et la lâcheté. Beaucoup de gens déterminent la sagesse ou la lâcheté selon ce qu’attendent certaines parties. De telles vues ne sont pas acceptables, et nous ne pouvons pas agir de cette manière contradictoire.

La guerre comporte des victoires et des défaites, et il y a actuellement des combattants qui tuent et écrasent un grand nombre de terroristes sur les lignes de front, et si ces personnes avaient peur, elles n’auraient pas accompli ces actions. Ils combattent et vont de l’avant. Certains d’entre eux combattent et remportent des victoires par leur persévérance, et certains d’entre eux combattent et se replient en arrière lorsque les circonstances l’imposent. C’est pourquoi nous devons prendre garde à ceux qui sont démoralisés et découragés durant la bataille, car la défaite psychologique est la défaite définitive. Mais je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet. De même que la première campagne a échoué au début de la crise, cette campagne échouera et il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Mais cela ne doit pas nous empêcher de mettre en garde sur le fait que le début du découragement mène à la défaite, mais nous ne la verrons pas tant qu’il y aura une réponse appropriée. Et cette réponse est présente : elle est en vous, hommes et femmes, ô combattants courageux et héroïques qui avait fait le choix de marcher sur cette voie.

Public : Dieu, la Syrie, Bachar et rien d’autre !

Vous êtes la réponse à cette campagne, et vous êtes le remède pour ceux qui ont peur. Lorsqu’une organisation étatique, non gouvernementale ou privée vous honore ou honore ceux qui sont sur la même voie que vous, c’est parce qu’ils veulent transmettre, à travers vous, leurs salutations sincères et serrer la main de tous vos semblables, tous les enfants de martyrs qui comptent maintenant par centaines, qui ont suivi les pas de leurs pères dans les écoles militaires ou sur les lignes de front. Ils veulent, à travers vous, saluer toutes les familles de martyrs, tout blessé vivant et toutes leurs familles, tout combattant sur la ligne de feu.

Ils veulent saluer tout combattant courageux qui a persévéré durant des batailles difficiles, qui a combattu assiégé.

Ces batailles héroïques n’ont pas commencé durant les combats des prisons d’Alep, et elles ne se termineront pas au siège de l’hôpital de Jisr al-Choughour. Les premiers ont patienté jusqu’à l’arrivée de l’armée, ils ont enduré et vaincu, et ils ont poursuivi la bataille avec elle.

Et maintenant, si Dieu le veut, l’armée parviendra bientôt à ces héros assiégés à l’hôpital de Jisr al-Choughour pour poursuivre la bataille pour vaincre le terrorisme.

Par conséquent, à travers vous, nous transmettons à tous ceux qui sont comme vous nos salutations, notre amour, notre respect et notre considération. Et nous affirmons que notre confiance en vous est très haute.

Et nous déclarons à tous les combattants et héros que notre affection pour vous n’a pas de frontière.

Une nouvelle fois, bonne fête à tous, et que la paix soit sur vous.

Version Arabe : http://www.sana.sy/?p=205942

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

Source: http://sayed7asan.blogspot.ch/2015/05/bachar-al-a...

 

Et aussi

 

Syrie : les réalités sur le terrain font mentir la propagande de la coalition arabo-occidentale

 

Durant quatre ans, la presse atlantiste et du Golfe persique a annoncé l’imminence de la chute de Damas et de la fuite du président Bachar el-Assad.

Et puis, à force de proclamer une victoire qui ne venait pas, elle s’est lassée.

 

Voici maintenant son nouveau refrain : l’imminence de la chute de Lattaquié.

 

Comme toujours, la propagande présente les événements à son avantage : la prise d’Idlib et celle de Jisr al-Choughour marqueraient le début de la fin du « gouvernement de Damas ».

Pas un mot, par contre sur la libération de Aassal al-Ward et la bataille du Qalamoun, ni sur celle de Maydaa et de la dernière route d’approvisionnement des terroristes vers la Ghouta de Damas.

Après l'arrivée de groupes terroristes, l'été dernier, de la chaîne montagneuse du Qalamoun aux régions frontalières du Liban, notamment, Erssal et Ras Baalbeck, dans le Nord-Est, ayant fait des morts, blessés et disparus libanais, l'armée, le Hezbollah et les services de renseignement libanais ont appliqué des plans sécuritaires spéciaux, pour la lutte contre les groupes terroristes et takfiris.

Ces mesures ont rétabli une sécurité relative, au Liban, cependant, la récente opération commune du Hezbollah et de l'armée syrienne, dans la région de Qalamoun, peut être considérée comme un plaque tournante, dans l'histoire de la confrontation avec les terroristes takfiris, dans la région.

Ceci étant dit, on s'attend à ce qu'après la libération de la zone stratégique de Qalamoun, en Syrie, limitrophe des hauteurs frontalières d'Erssal et Ras Baalbek, à l'intérieur du territoire libanais, la frontière libanaise soit, largement, en sécurité, et que la circulation des terroristes, dans les régions frontalières libano-syriennes soit, considérablement, réduite.

Les déplacements de population, en quatre ans de conflit, sont les plus importants dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale.

C’est logique puisqu’il ne s’agit ni d’une guerre civile, ni d’une guerre entre États, mais d’une guerre entre la civilisation et la barbarie : d’un côté la République arabe syrienne qui traite à égalité tous ses citoyens et sert l’Intérêt général, de l’autre des fanatiques qui réduisent en esclavage ou tuent tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

L' HISTOIRE UN ÉTERNEL RECOMMENCEMENT ..........

 

 Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à “Marianne”, le 28 août 2014. Propos recueillis par Eric Conan.

Marianne : Vous avez publié peu avant l’élection présidentielle de 2012 La France est-elle finie ? (Fayard). Deux ans après la victoire de François Hollande la question se pose plus que jamais vue la situation très inquiétante de notre pays.

Ne faut-il pas ajouter une autre question – la gauche française est-elle finie ? – étant donné ce mélange de panique et d’impuissance dont elle fait preuve, qu’il s’agisse de la dernière crise du gouvernement Valls ou de l’ambiance délétère régnant au Parti socialiste qui se réunit ce week-end à La Rochelle ?


Jean-Pierre Chevènement : Ces soubresauts étaient prévisibles mais ce n’est que l’écume des choses. Aucun redressement n’est possible sans une prise de conscience beaucoup plus profonde. Car le désarroi français vient de très loin. Je le résumerai ainsi : nous ne savons plus qui nous sommes. A cette désorientation intime, l’action des gouvernements de gauche depuis trente ans n’est malheureusement pas étrangère. Me revient un propos de François Mitterrand prononcé sur le ton de la confidence, en 1979, à la veille du Congrès de Metz : « Nous sommes d’accord sur tout, Jean-Pierre, à une différence près : je ne crois pas qu’à notre époque, malheureusement, la France puisse faire autre chose que de passer à travers les gouttes ». Hubert Védrine, dans un remarquable ouvrage [1], a fort bien décrit le changement de paradigme opéré, de 1983 à 1985, par François Mitterrand et par le Parti socialiste à sa suite : substituer à un dessein national de transformation sociale l’ambition de « construire l’Europe », fût-ce sur la base du néolibéralisme qui triomphait alors dans le monde anglo-saxon. Là est la racine du mal : l’abandon de notre Etat stratège et la profonde désindustrialisation du pays.

François Mitterrand n’était pas cet acteur politique que continue de vénérer le Parti socialiste ?…
Il avait vécu l’effondrement de la France en 1940, produit de notre affaissement démographique, économique et surtout moral après 1918. François Mitterrand qui avait mesuré, à Vichy en 1941-42, les impasses de la « France seule », était persuadé, dès 1943, que l’hégémonie des Etats-Unis bornerait, désormais, notre horizon historique. Comme pour beaucoup de Français, « l’Europe à Six » pouvait lui apparaître comme une « France en grand ». C’était une erreur de perspective : l’Allemagne, divisée, voyait d’abord dans une Europe appuyée sur les Etats-Unis le moyen de refaire son unité. Mais c’était un pari jouable sur l’idée d’une Europe un jour capable d’exister par elle-même. Après l’effondrement de l’URSS, François Mitterrand eut le bon réflexe de proposer une Confédération incluant la Russie. Idée rejetée avec force par les Etats-Unis et par les pays anciennement membres du pacte de Varsovie : l’élargissement se fit donc avec ceux-ci. D’où cette Union européenne non seulement ouverte à tous les vents mais à la fois « germanocentrée » et sous influence américaine.

Que s’est-il produit dans l’histoire de la gauche pour qu’elle soit passée si rapidement avec Mitterrand de l’extrême volontarisme des années 70 – avec le Programme commun – au suivisme néo-libéral actuel ?
Ce fut le choix d’une toute petite élite de socialistes libéraux dont le grand architecte fut Jacques Delors. L’histoire de ce grand retournement du PS dans la décennie 1983-93 a bien été décrite dans l’ouvrage d’un professeur d’économie à Harvard, RAWI Abdelal [2] que je vais citer pour éviter d’avoir à me citer moi-même [3]. Il montre que c’est Delors qui a été en 1985 à l’initiative de la complète libéralisation des mouvements de capitaux non seulement à l’intérieur de l’Europe mais vis-à-vis des pays tiers. C’était un retournement historique de la position de la France. Le branle ayant été donné, le représentant de la France au sein de l’OCDE, M. Chavranski, a fait prévaloir en 1989 la codification de la libération des mouvements de capitaux entre les pays développés. Abdelal éclaire le donnant-donnant franco-allemand : après avoir obtenu la libéralisation des mouvements de capitaux, le chancelier Kohl a levé son veto à la mise sur orbite de la monnaie unique. Jacques Delors, écrit Abdelal, « a su imposer à travers l’Acte Unique les règles les plus libérales qu’on puisse imaginer. La suppression du système dirigiste qui avait encadré l’économie française pendant quarante ans donna lieu – je cite toujours Abdelal – avant mars 1983 à une discussion qui apparaît rétrospectivement comme une lutte pour l’âme du socialisme français ». Abdelal montre que le choix d’accrocher définitivement le franc au mark en mars 1983 a entraîné toute la politique de libéralisation ultérieure. Et voilà pourquoi votre fille est muette, suis-je tenté de dire aux socialistes qui s’interrogent aujourd’hui sur « la mort de la gauche ». Ils devraient faire des lectures du livre d’Abdelal à La Rochelle !

Une légende de gauche s’accroche pourtant au rôle de la droite des années 80 et 90 dans la dérégulation et les privatisations…
C’est l’inverse : Rawi Abdelal montre que la droite française n’aurait pas osé lever les contrôles sur les opérations en capital. Comme le dit Pascal Lamy : « Lorsqu’il s’agit de libéralisme, il n’y a plus de droite en France. … La gauche devait le faire, parce que ce n’est pas la droite qui l’aurait fait ». Cette ardeur à surpasser la droite s’explique, selon Abdelal, par le souci de « gagner en crédibilité » : « Ces socialistes libéraux étaient mus par le souci de se doter d’une identité politique attrayante et d’un profil moderne, compétent, tranchant avec « l’archaïsme de la gauche traditionnelle » ». La « parenthèse » libérale ouverte en 1983 ne s’est jamais refermée et le PS n’a jamais remis en cause le parti pris ultralibéral qui est au cœur des traités qu’il a élaborés et votés depuis près de trois décennies. Et pour cause ! La globalisation a été voulue par les Etats-Unis mais elle a été codifiée par des Français !

La paralysie de François Hollande viendrait donc plus de cet héritage idéologique dans lequel il a toujours baigné que de cette incapacité à décider qui lui est reprochée ?
Il n’y a pas lieu de faire un reproche particulier à François Hollande d’avoir renié son fameux discours-programme du Bourget : tous les présidents de la République, depuis Maastricht, se sont empressés d’oublier le programme sur lequel ils s’étaient faits élire : Jacques Chirac, inspiré par Philippe Seguin, voulait, en mars 1995, « réduire la fracture sociale » : six mois après, c’était, à la requête du Chancelier Kohl, l’annonce du « Plan Juppé ». En 2002, le PS a préféré attribuer son échec à la dispersion des voix de gauche au premier tour que s’interroger sur ses causes profondes et d’abord sur le vide du projet porté par son candidat. Nicolas Sarkozy, inspiré par Henri Guaino, voulait, en 2007, rassembler sur la République. Rarement Président divisa-t-il autant les Français. Il voulait « aller chercher la croissance avec les dents ». Il se les y est cassées. Certes, la conjoncture ne lui a pas été favorable, le capitalisme financier libéralisé lui étant tombé sur la tête, mais il s’en était fait, comme les autres, le thuriféraire !

Les malheurs français résulteraient donc de la fidélité de François Hollande à François Mitterrand ?…
Non, car même si François Mitterrand avait pronostiqué « Après moi, il n’y aura plus de grand Président… Il y aura l’Europe », je crois qu’il n’aurait jamais accepté que l’Europe se fasse contre la France : à une situation intenable comme celle d’aujourd’hui, il aurait cherché des portes de sortie, bref une autre Europe… L’orthodoxie allemande met l’Europe dans l’impasse. Le peuple français sent tout cela. Il constate l’impuissance, la duplicité et l’incapacité de ses élites à le sortir du piège dans lequel elles l’ont précipité à grand renfort de promesses illusoires et mensongères [4].

L’ennui est que ceux qui veulent sortir du « carcan européen » s’en servent souvent pour négliger de réelles faiblesses et de sérieux retards français qui ne lui doivent rien…
En effet le carcan européen n’explique pas tout. La France a perdu les rentes de situation qui étaient les siennes à l’époque de la Guerre froide. La classe ouvrière était alors mieux considérée : le communisme faisait peur. Aujourd’hui, le capitalisme financier s’est installé avec le chômage, la libération des capitaux et l’exploitation de la main d’œuvre à bas coût, avec l’ouverture de la Chine communiste aux multinationales et l’élargissement à l’Est de l’Europe. De nombreux pays qu’on dit « émergents » maîtrisent la science et la technologie aussi bien que nous. Jadis dominés, mais mus aujourd’hui par une ambition conquérante et le désir d’effacer les humiliations du passé, ils nous obligent à élever nos capacités de travail, à combattre l’assistanat, à moderniser notre « Etat social ».

Mais ces défis nécessaires pouvaient-ils être relevés sous le joug d’une monnaie asphyxiant notre croissance, et par l’abandon d’un « Etat stratège » qui avait fait ses preuves ? La crise dans laquelle nous nous débattons depuis 2008, hélas, fournit la réponse. François Hollande a eu raison de suivre les recommandations du rapport Gallois faisant de la reconquête de notre compétitivité l’axe central de notre politique. Mais peut-on y parvenir par la voie de dévaluations internes (baisse des salaires, des pensions et des prestations sociales) qui enferme toute l’Europe dans une stagnation de longue durée ? L’effort, oui, à condition qu’il ait un sens !

François Hollande ne parvient pas à convaincre les Français du sens de sa politique, au point qu’ils l’éliminent de leur intention de vote d’un premier tour de présidentielle…
Le sondage de l’IFOP publié par Marianne donnant 26 % des voix à Marine Le Pen au premier tour en 2017 n’a pas eu l’écho qu’il mérite. Mais à deux ans et demi de l’élection, l’élimination du candidat de la gauche par Nicolas Sarkozy au premier tour n’est nullement avérée. Par contre, la probabilité d’un duel opposant Marine Le Pen à un candidat de l’UMP ou du PS au deuxième tour est forte. Elle ne sera pas élue mais elle peut hisser le Front National à un niveau impressionnant. Cela signifie que si le candidat qui l’emportera au deuxième tour, qu’il soit PS ou UMP, n’est pas un candidat de salut public, capable de changer la donne en profondeur, le FN s’installera partout et se trouvera en mesure de dicter sa loi.

Pour faire face, la gauche doit, par la voie monétaire mais aussi par des réformes sans tabou, rétablir la compétitivité de la France. C’est en renversant sa hiérarchie des priorités et en revenant à la tradition de l’indépendance nationale que la France pourra donner toutes ses chances à l’idée d’une « Europe européenne » et redevenir un pont entre les pays émergents et l’Occident. Cela passe par un nouveau patriotisme français. Nos élites, dont l’avidité est devenue le principal ressort, peuvent-elles retrouver la patrie ? Et notre peuple, emporté par le vent de l’hyper-individualisme, peut-il sortir de son repliement pour renouer avec l’idée d’un dessein collectif ?

Vous avez l’air d’en douter… Pourquoi restez-vous si minoritaire alors que ces dernières années vous ont plutôt donné raison, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’euro, de la diplomatie, de l’insécurité ou du désastre scolaire ?

C’est parce que j’étais en avance sur beaucoup de sujets que je suis resté minoritaire ! J’ai essayé de peser sur la politique du PS, de l’intérieur pendant vingt-neuf ans, puis de l’extérieur depuis 1993. Je ne renie rien des batailles menées au gouvernement ou hors du gouvernement, sur la recherche, l’industrie, l’école, la défense, la police de proximité, l’intercommunalité, l’accès à la citoyenneté des jeunes issus de l’immigration, ou bien contre la guerre du Golfe ou le projet de Constitution européenne. Elles ont fourni des repères à la conscience collective et sont loin d’être terminées : je crois à la force des idées.

Ceux qui m’ont combattu depuis trente ans l’ont toujours fait comme si la tradition républicaine que je maintenais était synonyme de « repli national » ou autres fariboles. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de nation sont bien souvent ceux qui ne veulent pas entendre parler de démocratie. Ils ne comprennent pas que seul un sentiment d’appartenance partagé peut fonder l’acceptation de la loi de la majorité par une minorité de citoyens. Mais la nation républicaine n’a qu’une définition politique : c’est la communauté des citoyens. Elle ne s’oppose nullement à l’idée d’une Europe des peuples et à des délégations de compétences à un niveau supranational, dès lors que l’exercice de celles-ci reste démocratiquement contrôlé.

Cette idée de la nation politique formulée en 1789 reste éminemment moderne : la situation mûrit pour que ce qui était hier considéré comme un combat à contre-courant devienne une source d’inspiration pour les générations nouvelles. La question qui se pose est de savoir si le PS, enkysté dans des choix libéraux qui l’ont conduit dans l’impasse actuelle, peut revenir au paradigme républicain…

Vous n’y croyez pas ?…
Après sa défaite de 1993, le PS n’a apporté aux problèmes du pays qu’une réponse tactique : la « gauche plurielle » où les Verts servaient d’éclaireurs et le Parti communiste de voiture-balai. Mais l’alliance avec les Verts a corrompu l’idéologie socialiste, traditionnellement ancrée dans le rationalisme et la croyance au progrès. La « gauche plurielle » n’avait pas de projet. Cela s’est vu assez vite. La seule tentative idéologiquement cohérente a été celle du think tank « Terra Nova » : substituer à l’antique définition d’un parti de transformation sociale ayant vocation à rassembler autour de lui d’abord les couches populaires, l’addition de diverses minorités dans l’espoir d’obtenir ainsi une majorité arithmétique. Cette vision s’accorde parfaitement avec les deux tendances complémentaires que sont l’hyper-individualisme libéral et la floraison des communautarismes. Triomphe idéologique de « la gauche américaine », que je voyais venir dans les années 70 ! Comment gagner une élection quand on cesse de s’adresser au peuple tout entier. La logique des partis tend à dominer l’Etat : comment expliquer autrement un projet de réforme territoriale qui ne procurera aucune économie ? Un projet aussi absurde et dispendieux que la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité ? Un projet aussi diviseur que le bouleversement du droit de la filiation ?

Je ne crois pas que le sursaut républicain puisse venir de la gauche seule. Un gouvernement de salut public qui réponde à la question fondamentale : qui sommes-nous ? permettrait seul de remonter la pente. Il n’est pas interdit d’y réfléchir dès à présent.

Que faire avec Merkel ? Comment changer cette Europe sous impérium allemand ?
Il faut retrouver le cap d’une Europe où la France et les autres pays se sentent à l’aise, de ce que le général de Gaulle appelait une « Europe européenne », définissant un intérêt général européen vis-à-vis du monde. La première condition est un changement d’échelle. L’Europe à vingt-huit n’est pas la bonne mesure : trop grande pour que s’y retrouve le centre de gravité de nos intérêts spécifiques, trop petite pour peser à l’échelle du monde, elle est économiquement dominée par l’Allemagne et géopolitiquement par le grand protecteur d’Outre-Atlantique. Elle laisse de côté ce qui est la zone d’influence naturelle de la France : la Méditerranée, l’Afrique et le Moyen-Orient.

La deuxième condition est la réforme de la monnaie unique dont j’avais dénoncé à sa création le principe vicié : elle accroît l’hétérogénéité de la zone euro au lieu de la réduire. En 1982, alors que j’étais ministre de l’Industrie, Otto von Lambsdorff, ministre allemand de l’Economie, m’expliquait le déficit commercial français sur l’Allemagne (alors de 28 milliards de francs) par le fait que le SME [5] jouait le rôle d’un système de subventions à l’industrie allemande, compte tenu des taux de change et d’inflation respectifs entre les deux pays et de leurs différences de structures économiques. Depuis trente ans cela ne s’est pas arrangé : en francs courants, le déficit français sur l’Allemagne atteint 108 milliards, soit près de quatre fois plus ! La France ne doit pas laisser confondre l’idée européenne avec une politique de régression économique et sociale qui érode continûment son tissu industriel. Une vue d’homme d’Etat est nécessaire : le niveau de l’euro doit impérativement baisser d’environ 20 % pour l’économie française.

De quelle manière ?
Il est possible d’introduire une flexibilité à l’intérieur du système de l’euro sans modifier les traités. Le statut des banques centrales et de la banque centrale européenne autorise la constitution de réserves obligatoires (article 19) et d’autres instruments de contrôle monétaire (article 20). Il suffit de moduler ces instruments par pays, en instaurant par exemple des montants compensatoires monétaires (MCM) qui pourraient, le cas échéant, déboucher sur la transformation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune externe, avec des « subdivisions nationales » ajustables. Pour rendre viable ce système de monnaie commune externe il faut une forte volonté politique entre les deux nations fondatrices de l’euro : la France et l’Allemagne.

Comment imaginez-vous que l’Allemagne l’accepte ?
La France a un argument de poids qu’elle n’utilise pas : sans elle la monnaie unique ne peut exister ! Seule l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg, pourraient faire une union monétaire avec l’Allemagne, recréant ainsi une zone mark dont le cours ne manquerait pas de se renchérir fortement. L’eurofranc flotterait entre l’euromark et le dollar, tout comme la livre britannique. Mais la France maintiendrait sa proposition de créer avec l’Allemagne et les autres pays volontaires un euro « monnaie commune externe » : ainsi une identité monétaire européenne viable serait-elle préservée. Cette mutation pourrait se faire plus facilement en période de crise, si elle avait été préparée, au préalable, par des conversations approfondies.

Sans partenaire actif, la pente de l’Allemagne est d’imposer son orthodoxie à l’Europe tout en y relayant la politique des Etats-Unis. A la France de défendre l’idée d’une « Europe européenne » pour qu’alliance américaine ne rime pas avec vassalité. Tel est à long terme l’intérêt de l’Europe, y compris de l’Allemagne. L’idéologie a gangréné l’héritage du gaullisme : l’invocation des droits de l’Homme sert de paravent à une politique d’ingérence qui va au-delà même de l’alignement sur celle des Etats-Unis : sur la Lybie, sur la Syrie, sur Gaza, sur l’Iran, on peut se demander si la France, aujourd’hui, ne se situe pas bien souvent « à l’Ouest de l’Ouest »

Que faire avec Poutine ? La crise ukrainienne a été l’une des rares occasions d’accord entre partenaires européens…
Oui, mais de la pire manière : en plaçant l’Ukraine devant un choix impossible entre l’Europe et la Russie ! Cette faute à ne pas commettre, nous l’avons commise, à la traîne des autres Européens et, surtout, des Etats-Unis qui excitent certaines forces qui n’ont pas besoin de l’être. En 1998, le toujours influent Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de Jimmy Carter, écrivait dans Le Grand échiquier que « le seul moyen d’empêcher la Russie de redevenir un Empire est de soustraire l’Ukraine à son influence ». Voilà pourquoi l’Union européenne est allée chatouiller les moustaches de l’ours russe.

La crise ukrainienne doit au contraire être l’occasion de faire reculer l’esprit de Guerre froide. Mais au lieu de chercher un compromis sur la création d’un espace de libre circulation commun à l’Europe, à la Russie et à l’Ukraine en faisant de celle-ci un pont entre l’Europe et la Russie, l’Europe a soutenu le mouvement de Maïdan, la destitution du Président Ianoukovitch contraire à la Constitution et aux accords qu’elle avait elle-même parrainés le 21 février 2014 ! Ainsi a été engagé, pour le seul bénéfice des Etats-Unis, un bras de fer avec la Russie, contreproductif pour les deux parties.

Politique de bras de fer qui sied aussi à Poutine…
Est-il raisonnable de méconnaître le fait que l’Etat russe a été depuis le milieu du XVIIIe siècle et reste aujourd’hui une puissance mondiale majeure ? Est-il sensé de vouloir défaire les synergies existantes en matière économique entre l’Ukraine et la Russie ? Vouloir exporter à toutes forces nos « critères », nos « standards », nos « valeurs », bref notre idéologie des « droits de l’Homme » vers l’Ukraine et vers la Russie est une forme de nationalisme condescendant qui n’est pas sans rappeler l’état d’esprit qui prévalait dans les « Empire centraux » avant 1914. Il serait temps de s’aviser que l’URSS a disparu, que la Russie actuelle, quels que soient ses défauts, n’est pas un « Etat voyou » mais une grande nation qui porte légitimement un projet national de modernisation et entend être internationalement respectée. C’est une erreur majeure de vouloir construire l’Europe contre la Russie : sans elle il manquerait quelque chose d’essentiel à l’Europe et celle-ci demeurerait un protectorat américain. Notre pays, de par son Histoire, est le mieux placé pour le comprendre et le dire. Or, la France, qui avait un moment cherché à rapprocher Poutine et Porochenko, ne fait pas suffisamment entendre une voix distincte, alors que la relation franco-russe a toujours été un élément essentiel de l’équilibre européen. La France trouverait des alliés, y compris en Allemagne, si elle prenait le parti d’une « Europe européenne », étendue à la Russie. Naturellement cela demande de l’imagination et de l’audace…

Source : Marianne

—————–
[1] Hubert Védrine, Les mondes de François Mitterrand, 1996, Fayard.
[2] Un chapitre de son livre Capital Rules, très documenté, a été reproduit dans la Revue Champ libre sous le titre « Le consensus de Paris ».
[3] Jean-Pierre Chevènement, La France est-elle finie ? Fayard, 2011
[4] Lire à cet égard Le Bêtisier de Maastricht, Jean-Pierre Chevènement, Editions Arléa, 1993.
[5] Système monétaire européen.

 

3 réponses à “L’action de la gauche a participé au désarroi français” J P Chevènement

  1. CalibanLe 13 mai 2015 à 01h40
    Afficher/Masquer

    Modifier l’Europe sans modifier les traités … tout en faisant dégager un certain nombre de pays membres ? … encore un peu de curare M. Chevènement ?!?

    Il y a des idées intéressantes dans cette interview et d’autres qui sentent la naphtaline :(

  2. pantocratorLe 13 mai 2015 à 06h56
    Afficher/Masquer

    l’intérêt de la naphtaline est de protéger des teignes…

  3. BALe 13 mai 2015 à 07h13
    Afficher/Masquer

    19 mai 1974 – 19 mai 2015 : les années de construction européenne.

    Le 19 mai 1974, il y a 41 ans, c’était l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. C’est une gigantesque rupture dans l’histoire de France. L’européiste Valéry Giscard d’Estaing succède aux souverainistes Georges Pompidou et Charles de Gaulle.

    Depuis mai 1974, les européistes du centre, les européistes de gauche, les européistes de droite dirigent la France, sans interruption.

    Depuis mai 1974, tous les présidents de la République et tous les premiers ministres ont comme priorité numéro un : la construction européenne.

    Depuis mai 1974, les élites politiques et les élites médiatiques nous expliquent que plus on fera l’Europe, mieux ce sera.

    Depuis mai 1974, la majorité du peuple français a cru les belles promesses des européistes, la majorité du peuple français a voté pour les européistes …

    … mais le résultat a été exactement le contraire de ce qui avait été promis.

    Depuis mai 1974, cette construction européenne aboutit à un désastre industriel, à un désastre économique, à un désastre financier, à un désastre social, à un désastre moral, à un désastre démocratique, à un désastre politique.

    Mais cette période se termine.

    Dans les années qui viennent, les partis politiques européistes vont être balayés par les peuples en colère, par les passions nationales, par les fureurs populaires.

    Voici ce qui va se passer en France :
    - effondrement
    - et ensuite révolte
    - et ensuite libération de la France
    - et ensuite épuration.

    L’Histoire est un éternel recommencement.