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13/06/2015

POUTINE PASSE À LA SECONDE VITESSE......

13 juin 2015

 

Tout semble indiquer qu’a pris fin la période où Poutine expliquait au monde et tout particulièrement à l’Occident les principes et orientations qui fondent les politiques de la Russie face aux défis présents.

Finies les palabres, il passe maintenant à la seconde vitesse. Des décisions importantes se prennent, toutes orientées à contrer l’arrogance d’un Occident qui se croit tout permis et à mettre en valeur des actions qui ne laissent place à aucune ambigüité. En un mot, Poutine passe à l’offensive.

Déjà, son ministre des Relations extérieures, M. Lavrov, avait fait savoir à quelques reprises qu’une guerre froide entre deux grandes puissances se disputant le contrôle du monde était du passé.

Ce temps est périmé, la Russie ne dispute, d’aucune manière, le contrôle du monde et ne se prêtera pas à une diplomatie visant à conforter la puissance des États-Unis comme l’une des deux puissances pouvant dominer le monde.

Dans une déclaration récente du ministre Lavrov, il est clairement dit que les États-Unis ne font même pas partie des priorités de la Russie. Ces priorités portent, d’abord et avant tout, sur l’émergence d’un monde multipolaire qui s’affirme de plus en plus et dont les pôles de décisions sont multicentriques. Dans une entrevue, réalisée le 29 mai , il a dit, entre autres :

« Les relations avec les États-Unis ne sont pas une priorité pour Moscou alors qu’un nouvel ordre mondial est formé … Pour nous, la chose la plus importante est de veiller à ce que tous soient d’accord avec le fait que, aujourd’hui, les problèmes du monde ne peuvent pas être résolus unilatéralement ou bilatéralement »

À une autre occasion, il précise :

«Nous ne renonçons pas à l’interaction (avec Washington). Toutefois, nous acceptons la coopération non pas parce qu’ils veulent coopérer avec nous dans tel ou tel domaine, mais parce que ces contacts sont dans notre intérêt »,

Les choses sont claires et le fait que ça plaise ou pas à Washington ne fait plus partie de l’équation.

Le président Poutine, lors de sa dernière grande conférence de presse, n’a pas hésité à hausser le ton et à donner la réplique en 15 points aux accusations occidentales contre la Russie. Il met en relief l’aspect psychopathique des dirigeants étasuniens.

De toute évidence, la Russie passe à la seconde vitesse.

En février dernier, Poutine menace Obama de livrer des images satellites des attaques du 11 septembre qui prouveraient la complicité du gouvernement des États-Unis dans ces attentats qui ont permis de transformer en terroristes tous ceux et celles qui ne seraient pas d’accord avec les politiques de Washington..

« Selon des experts américains, la Russie se prépare donc à diffuser les preuves du rôle joué par les États-Unis et des services secrets le jour des terribles attentats. »

Tout récemment, Poutine est revenu à la charge, cette fois, en invoquant l’interventionnisme des États-Unis, tout particulièrement au M.O. et en Afrique. Il met en évidence que les informations dont dispose la Russie ne s’alimentent pas des communiqués de presse de la Maison-Blanche ni du Pentagone, mais à des sources privilégiées qui lèvent le voile sur les véritables intentions de Washington et les moyens qu’il utilise pour atteindre ses objectifs.

« Tout ce qui est arrivé sur la scène internationale au cours des deux dernières années doit être réajusté.Il est évident que nos nations sont menacées et cela est dû au fait que le droit international a été violé en combinaison avec la violation de la souveraineté des différents états et de leurs sphères d’influence ».

Et, d’ajouter pour que Washington ne se méprenne pas sur ses propos: « Nous savons ce qui se passe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » laissant entendre par là le rôle joué par les États-Unis dans la formation, l’armement et l’utilisation des terroristes pour atteindre certains objectifs.

Un article à lire au complet.

S’ajoutent à ces déclarations explosives, des décisions qui en sont tout autant

Déjà Poutine avait avisé l’Occident qu’il y aurait une réponse adaptée à chacune des sanctions visant la sécurité et les intérêts de la Russie. Ce moment semble arrivé.

Il faut d’abord mentionner, cette liste de 89 personnes, soigneusement sélectionnées, portée à la connaissance des consulats et ambassades russes en Europe. Il s’agit de personnalités auxquelles l’entrée en Russie leur est désormais interdite. Une liste qui répond de toute évidence à celle élaborée par l’Europe et les États-Unis contre certaines personnalités russes. Tout semble indiquer que les pays européens, allés des États-Unis, ne la trouvent pas drôles. Pour en savoir plus, lisez ceci.

À remarquer qu’aucun Américain ne figure sur cette liste. Y aurait-il un motif particulier à cela?

Si on prend en considération le fait que l’Europe est la première victime à devoir absorber les contrecoups les plus sévères de cette politique des sanctions, on peut penser que les gouvernements et les peuples du Continent européen vont s’éveiller et se demander si le prix que l’Amérique leur demande de payer n’est pas un peu trop élevé.

De quoi alimenter des fissures dans cette alliance dont l’Europe paie le gros prix. À ce sujet, un article tout récent, publié en Allemagne, se demande si l’Europe n’est pas le dindon de la farce de l’Amérique. L’Erreur ! Référence de lien hypertexte non valide. se termine par cette observation:

« Lorsque l’économie américaine en a besoin, Washington se permet de négliger les sanctions antirusses, conclut l’hebdomadaire. Dans le même temps, les compagnies allemandes souffrent des conséquences de la politique imposée par les Américains, dont les pertes économiques et la réorientation de l’économie russe vers l’Orient. »

On ne se cachera pas que l’affaiblissement de l’alliance de l’Europe avec les États-Unis serait un gain important pour la Russie. Pourquoi, alors, ne pas en profiter pour en accentuer les divergences?

Il faut également signaler la loi, signée par Poutine, concernant les ONG. Une manière pour la Russie de reprendre en main sa souveraineté, souvent menacée par certains de ces organismes de couverture dont les objectifs sont plus souvent que moins de nature politique

Le 30 mai dernier, des avions russes de la Mer Noire ont forcé un contre-torpilleur américain à rejoindre les eaux neutres.

On ne peut plus se permettre de jouer au chat et à la souris avec la Russie. Ses forces armées de terre, de mer et d’air sont en position de répondre à toute infraction en provenance de quelque endroit que ce soit.

Dans l’Arctique, région fort importante pour la Russie, les infrastructures militaires seront complétées d’ici la fin de la présente année.

« Les travaux se déroulent selon le calendrier et sont actuellement achevés à 70%. Nous sommes persuadés de pouvoir aménager l’ensemble des infrastructures pour nos troupes dans la région arctique d’ici la fin de 2015 », a déclaré le général aux journalistes. »

De toute dernière heure, Moscou informe que plus de 18 000 militaires seront en Arctique pour en assurer la défense.

Je ne puis terminer cet article sans parler de ces exercices militaires conjoints, Russie et Chine, en mer méditerranéenne. Ce fut une démonstration de force et d’indépendance

Les liens entre la Chine et la Russie sont là pour résister aux forces de l’OTAN et des États-Unis. Ils ne sont d’ailleurs pas seuls à faire front commun.

L’Inde et l’ensemble des pays qui forme la coalition BRICS en font partie

.L’alliance pour un monde multipolaire et multicentrique gagne du terrain et se renforce si on la compare à l’Alliance atlantiste, unissant les pays d’Europe et les États-Unis auxquels il faut ajouter le Canada. Dans ce dernier cas, le cordage se fait de moins en moins résistant.

S’il n’y a pas de guerre, la machine de guerre est en marche. Pour un officiel de l’OTAN une guerre éclatera cet été.

Chacun peut y aller avec ses prédictions, mais l’élément déclencheur peut être de bien des natures, allant d’une faille technique, d’une erreur humaine à un plan froidement élaboré par ceux qui ont tout à gagner.

Oscar Fortin

Le 1er juin 2015

 

SOURCE

TRIBUNE LIBRE, POINT DE VUE ET CONSTAT ! REVUE DE PRESSE !

 

Des Etats et des groupes takfiri pour faire le sale boulot

Posted: 11 Jun 2015 09:39 AM PDT

 

Le royaume saoudien et «Daech» font la course pour la possession de l'arme atomique. D'autres groupes et Etats takfiri ne tarderont pas de se joindre à cette course. Une véritable hystérie ne s'expliquant que par la sortie de la région de l'ère des défaites et son entrée dans l'ère des victoires.
 
C'est incroyable. Ceux qui ont vécu aux années cinquante et soixante, à l'époque de la grande montée des sentiments nationalistes arabes, lorsque les cœurs des Arabes battaient aux rythmes de la révolution algérienne, de la fierté de Port Saïd et la grandeur de «Le Caire vous parle de Damas», pouvaient-ils imaginer toute cette mort qui dévaste l'appartenance à l'arabité ? 
Pouvaient-ils imaginer les agissements de certains Arabes à l'encontre d'autres Arabes ? Massacres, Destructions, privations, captures et violations de tout ce qui a trait à l'honneur et à la dignité ?
 
Pouvaient-ils imaginer que certains Arabes cherchent à se procurer l'arme nucléaire ? Non pour l'utiliser contre l'ennemi sioniste qui a spolié la Palestine, profané ses symboles sacrés, massacré ou dispersé son peuple dans les asiles proches et lointains. Ni contrer l'ennemi américain, français, ou britannique, responsables du sang de dizaines de millions d'Arabes tués en Irak, en Algérie et ailleurs.
Des alliés stratégiques
 
Contre aucun de ceux-là. Car ceux-là sont aujourd'hui des bien-aimés et des alliés stratégiques ! Mais contre des frères arabes dont la seule faute est qu'ils luttent pour se libérer et libérer les peuples arabes du joug de l'hégémonie extérieure et de l'occupation israélienne. 
Contre également ceux qu'ils appellent Persans, Safavides ou Mages, bien qu'ils n'aient jamais tué des Arabes. Et bien qu'ils fussent eux-mêmes des bien-aimés et des alliés stratégiques du temps où le Chah (persan, safavide et mage) servait comme eux les projets hégémoniques et constituaient pour les véritables causes arabes une menace comparable à la menace israélienne. 
Aujourd'hui, et notamment parce que l'Iran brandit le drapeau de la Palestine et agit pour la libération d'al-Qods, et pour que les peuples de la région décident eux-mêmes du sort de la région, ces Arabes-là, qu'ils aient le nom de l'Arabie saoudite ou celui de Daech, veulent s'approprier l'arme nucléaire. Et tout le monde sait que le «nucléaire arabe» ne serait utilisé, si toutefois il était utilisé, que contre les véritables Arabes et les véritables amis des Arabes. 
Comment était-il possible pour la haine et les pulsions criminelles d'atteindre le niveau qu'a éteint la guerre du royaume saoudien contre le Yémen ? Ou celle des Takfiri couvés par le royaume saoudien et ses alliés israéliens et occidentaux contre la Syrie, l'Irak et le Liban, en prélude à leur guerre contre tous les autres pays ?
Comment comprendre toute cette effervescence d'animosité et d'agressivité qui intervient directement après des décennies de calme vécues par la région durant toute la période d'abdication et de résignation arabes devant l'entité sioniste ? Et avec quel miracle la lâcheté arabe face à l'entité sioniste s'est-elle transformée en courage et en bravoure face à l'Iran et l'axe de la Résistance ?
 
Le rêve arabe !
 
La réponse à ces interrogations est très simple : «Le rêve arabe brisé». A signaler que, dans cette expression, le terme «arabe» prend la même connotation qu'il prend dans l'expression «Alliance arabe», c'est-à-dire cette alliance que dirige le royaume saoudite dans sa guerre contre le Yémen, conçue comme partie intégrante de ses guerres contre toute aspiration à la liberté dans la région et en-dehors de la région (En vertu de l'alliance «stratégique», les Saoudiens financent beaucoup de guerres américaines aux quatre coins du monde). 
Mais quel est ce rêve arabe qui a été brisé ? C'est le rêve de la pérennité -telle qu'elle fut ces dernières décennies- de la situation de stabilité dans la région : Des nouveaux riches enrichis grâce au pétrole qui gouvernent et dépensent à leur guise en achetant à prix d'argent tout ce dont ils ont envie. Ils achètent même des révolutions, des armées et des peuples. En face, des peuples opprimés et affamés et des projets israélo-américains qui avancent à souhait. 
Un profond sentiment de sécurité qui règne dans les monarchies pétrolières et chez les autres Arabes sionisés suite au recul du projet nationaliste arabe depuis la défaite du juin 1967 qui a consacré l'armée israélienne comme armée invincible et, surtout, protectrice, des trônes des chefs arabes qui servent les projets hégémoniques. 

Mais voilà que ce sentiment de sécurité s'évapore d'un seul coup en cédant la place à la frayeur ; Cette armée qui durant des décennies a gardé sa suprématie absolue face à toutes les armées arabes réunies, qui a procuré le sentiment de sécurité aux régimes vassaux, s'est enfuie du Liban en 2000 sous les coups de la Résistance dont les potentialités sont très limitées. 

 

Ensuite, la frayeur s'est mutée en hystérie avec la défaite de l'armée sioniste en 2006, et tout particulièrement avec son manque d'audace qui l'a empêchée depuis lors d'entreprendre une aventure pour récupérer son prestige perdu. 

 

L'entité sioniste possède des centaines de têtes nucléaires. Mais en dépit de toute son ignominie sur le plan moral, il a trouvé des acteurs qui la dispensent des charges consécutives aux crimes qu'elle a commis avec des armes traditionnelles à Deir Yassin, Kafr Kassem, Jinin, Gaza, Qana, Bahr el-Baqar, Sabra et Chatila... Le royaume saoudite et ses sœurs ainsi que Daech et ses sœurs prouvent chaque jour qu'ils sont prêts à faire tout le sale boulot des sionistes et de leurs protecteurs occidentaux, y compris l'usage de l'arme nucléaire. 

Ils pourront même l'utiliser.

Mais ils ne font qu'ajouter des meurtres et des destructions à une situation où, pour les peuples, les meurtres et les destructions font partie du quotidien.

En l'utilisant, ils ouvriront face à eux-mêmes les portes de l'enfer et la marche de l'histoire se poursuivra vers le triomphe de la cause de la justice et du droit.

SYRIE, IRAK , LIBYE : DAESH EST-IL IMBATTABLE ?

 

Daesh est-il imbattable?! "Al-Hayat" répond...

Posted: 12 Jun 2015 06:53 AM PDT

Le groupe terroriste de Daesh est, actuellement, présent, dans la province de Ninive et d’autres parties irakiennes et syriennes, et outre des mesures militaires, il faut opter, pour une solution efficace, en vue de freiner ses progressions et de le mettre à genoux.
 Dans un rapport sur Daesh, le journal arabophone, «Al-Hayat» a écrit que la chute de Palmyre et Ramadi a amené les journaux à publier de nombreux articles et images, sur les actes sauvages et cruels du groupe terroriste de Daesh. A présent, nous sommes témoins de la sauvagerie de ce groupuscule, dans les régions, sous son occupation, et les Musulmans sont les premières victimes de cette barbarie. 
On pourrait, peut-être, venir à bout de Daesh, sur le plan militaire, mais le plus important défi à relever est celui de mettre à genoux ce groupe terroriste, sur le plan idéologique, et pour cela, il faut des forces locales, bien entraînées, expérimentées et compétentes, capables de rétablir la stabilité, dans les régions libérées du joug de Daesh. Le journal «Al-Hayat» a ajouté qu’il fallait déployer de vastes activités. Lors de la récente réunion internationale, à Paris, des décisions ont été prises ; toutefois, il faut prendre des mesures plus marquées, dans cinq domaines : Primo, la Coalition internationale anti-Daesh doit faire preuve de plus de sérieux, en ce qui concerne le soutien aux forces locales et à l’armée irakienne, dans la guerre contre Daesh. Secundo, il faut éradiquer les soutiens financiers à Daesh et il ne faut pas lui permettre de bénéficier du système financier et monétaire international. 
En un mot, il faut tarir ses ressources financières. Il ne faut pas lui permettre de trafiquer le pétrole et de se livrer au kidnapping, à la vente d’objets antiques pillés, et d’interrompre le soutien étranger à ce groupuscule terroriste. Tertio, il faut en finir avec le recrutement, par Daesh, de terroristes, via les réseaux affiliés à ce groupe. Il faut faire des échanges d’information, sur les méthodes de recrutement de Daesh, et mettre un terme à la présence des terroristes, dans les régions occupées par Daesh. Quarto, le processus des efforts doit se faire, en faveur du rétablissement de la stabilité, dans la région, et il faut renforcer les forces militaires irakiennes et syriennes, menacées par Daesh. 
Il faut assurer les services nécessaires à ces régions, après leur émancipation, créer des installations infrastructurelles et rendre les conditions propices au retour des réfugiés, dans leurs foyers, d’autant plus qu’il y a, actuellement, plus de 2 millions de réfugiés, en Irak. Quinto, il faut priver Daesh de propagandes et publicités, d’autant plus que ce groupuscule profite, a maxima, des méthodes propagandistes et médiatiques. Daesh fait semblant d’être le serviteur des Sunnites, mais la réalité est d’un tout autre ordre. Les habitants des régions occupées par Daesh souffrent de la famine, de la pénurie d’électricité et de violences illimitées. Les habitants de la quasi-majorité des régions, sous son emprise, fuient les crimes de Daesh et n’ont pas envie de vivre dans une ambiance de terreur. Daesh, non seulement, n’a aucun rapport avec l’Islam, mais encore, il n’est qu’un groupe extrémiste, qui tente de justifier ses actes sauvages contre les Musulmans et les non-Musulmans, sous la couverture de la religion. 
 
Le journal arabophone, «Al-Hayat», a conclu son article par cette phrase : «Il s’agit d’un défi, à la fois, sérieux et compliqué, car Daesh cherche à tirer profit de l’instabilité régionale. Un regard rétrospectif, sur les derniers développements, à Paris, et en Tunisie, montre très bien que l’extrémisme violent est l’une des plus grandes menaces du monde contemporain. Le succès ne s’obtiendra qu’à la force de la coopération de la communauté internationale avec l’Irak, et pour avoir un monde stable, il faudra que les efforts internationaux anti-Daesh se conjuguent».

Les trahisons des Al-e Saoud?!

Posted: 12 Jun 2015 06:50 AM PDT

La révélation des rencontres secrètes entre les représentants saoudiens et ceux du régime sioniste, voire, la collaboration étroite des A-le Saoud avec le régime sioniste, n’est pas plus choquante que les nouvelles trahissant le soutien du régime saoudien à Daesh et au Front Al-Nosra. 
Selon l’agence de presse Tasnim, citant le journal "Al-Thourat", les nouvelles concernant une rencontre secrète entre les représentants saoudiens et ceux du régime sioniste, ainsi que la collaboration étroite qu’entretiennent les deux parties, ne sont, nullement, des faits surprenants, en comparaison avec le soutien indéfectible qu’apporte le régime saoudien au groupe terroriste Daesh.
 Il y a un mois, lorsque le Président des Etats-Unis, Barack Obama, a appelé les dirigeants arabes, à Camp David, pour leur parler du soutien de Washington, de l’avenir du pouvoir aux émirats arabes et de la signature d’un accord nucléaire final avec l’Iran, une grande partie des discussions entre M. Obama et les dirigeants arabes n’a pas été publiée par les médias. 
Cette partie non mentionnée concerne, en effet, le renforcement des relations des émirats arabes du golfe Persique avec le régime sioniste, ce qui se passe, d'ailleurs, actuellement, mais de manière très discrète. Cette partie mon mentionnée, mais bien réelle, justifie le silence de Tel-Aviv envers l’organisation du Sommet de Camp David. Pour d’aucun, le régime sioniste est resté indifférent à la tenue du Sommet de Camp David, puisque les dirigeants arabes ont promis de ne pas utiliser les armes qu’ils achèteraient à Washington contre Israël, tandis que les émirats du golfe Persique n’ont jamais pris pour cible l’ennemi numéro 1 de l’Ummah arabe par les armes qu’ils avaient achetées, à Washington. 
L’Arabie saoudite est allée plus loin, en chargeant ses représentants de discuter de l’achat du système israélien, "Dôme de fer", en présence des diplomates américains. A présent, l’Arabie saoudite fait semblant d'être scandalisée par les rencontres secrètes de ses représentants avec les Israéliens, et, aussi, par les accords de coopération qu’elle signe en cachette avec le régime sioniste!!! L’intéressant, c'est que l’Iran et certains pays arabes, comme le Yémen, sont l’ennemi commun de l’Arabie saoudite et du régime sioniste. Inféodée aux Etats-Unis, l’Arabie saoudite détruit le Yémen, sous ses bombes, et commet des crimes abominables, à l'encontre de sa population. Ce n'est un secret pour personne que l’Arabie saoudite soutient les groupes terroristes-takfiris, comme Daesh et le Front Al-Nosra. La révélation des rencontres secrètes entre les représentants de l’Arabie saoudite et ceux du régime sioniste semble bien banale, car la collaboration entre Riyad et Tel-Aviv, dans la guerre contre l’Irak, la Syrie, et, récemment, au Yémen, illustre de la meilleure manière la coalition israélo-saoudienne, une coalition, qui n’a plus besoin de témoignage, pour se manifester.
 

Qui sont les ennemis communs du régime sioniste et de l’Arabie saoudite ? La réponse est facile à trouver : l’Iran, la Syrie, l’axe de la Résistance et tous les pays, qui ne se soumettent pas à la tutelle des Etats-Unis et de Riyad, et qui s’opposent au retour des néo-Ottomans, au Moyen-Orient, pour s'installer, en Syrie et en Irak. L’Arabie saoudite, qui ne lésine sur rien, pour plaire à ses maîtres américain et israélien, tente de se faire de nouveaux alliés, dont Israël, afin d’empêcher le renversement des Al-e Saoud, par les jeunes Wahhabites, formés à l’école du terrorisme. 

 

Source:   

Le National Émancipé

11/06/2015

PALMYRE: LES SURVIVANTS RACONTENT........

Palmyre : Les survivants du massacre racontent

Crises/guerres Droit international Irak Syrie
 
 
 

Nous avons entendu parler des menaces sur les monuments, mais qu’en est-il de la tragédie qu’ont vécue les êtres humains ?

Dans la ville voisine de Hayan, située sur les gisements de pétrole et de gaz du désert syrien, Robert Fisk a recueilli les témoignages des rares personnes qui ont réussi à échapper aux envahisseurs djihadistes d’Isis.

Lorsque les hommes armés cagoulés de noir de « l’État islamique » ont infiltré la banlieue de Palmyre, le 20 mai, la moitié des personnels de l’usine de traitement du pétrole et du gaz d’Assad Sulieman – 50 hommes en tout – effectuaient leurs 12 heures de travail sur le site pétrolier de Hayan à 40 km de là. Ils ont eu de la chance.

Sur leurs 50 collègues hors service qui dormaient dans leurs maisons situées à côté de l’ancienne ville romaine, 25 devaient être bientôt assassinés, au milieu d’au moins 400 civils – y compris des femmes et des enfants – par la milice islamiste que chaque syrien appelle désormais par son acronyme « Daesh ».

palmyre-isis

L’ingénieur pétrolier « Ahmed » – il a choisi ce nom pour protéger sa famille à Palmyre – assistait, par bonheur, à un cours à l’Université de Damas, le jour funeste où Palmyre est tombée. « J’étais horrifié, » m’a-t-il confié. « J’ai essayé d’appeler ma famille.

On pouvait encore téléphoner. Ils m’ont dit que « Daesh » (ou Isis) ne permettait à personne de sortir de chez lui.

Mais plus tard, mon frère est sorti prendre des photos des corps. C’était tous des hommes. Ils avaient été décapités.

Il a réussi à m’envoyer les photos depuis [la ville contrôlée par Isis de] Raqqa par Internet, qui est le seul moyen de communication qui fonctionne encore là-bas. »

Certaines des photos sont trop horribles pour être publiées.

On y voit des têtes séparées des torses, du sang qui coule en ruisseaux le long de la rue. Dans l’une d’elles, deux cyclistes contournent un corps gisant sur la chaussée.

Ces hommes ont été abattus si peu de temps après la prise de Palmyre qu’on peut voir sur les photos les devantures des magasins encore peintes aux couleurs du drapeau rouge, blanc et noir du gouvernement syrien avec ses deux étoiles.

« Daesh a forcé les gens à laisser les corps dans les rues pendant trois jours », a poursuivi Ahmed. « Les habitants ont dû attendre leur permission pour ramasser les corps ou les enterrer.

Il y avait des cadavres partout dans la ville. Ma famille m’a raconté que deux hommes de Daesh étaient venus chez nous, deux étrangers – un semblait être un Afghan, l’autre avait un lourd accent tunisien ou marocain – et puis ils sont repartis. Ils ont tué trois infirmières.

Une a été tuée dans sa maison, une autre dans la maison de son oncle, une troisième dans la rue. Peut-être parce qu’elles avaient aidé l’armée [en tant qu’infirmières].

Le bruit a couru qu’elles avaient été décapitées, mais mon frère dit qu’elles ont été abattues d’une balle dans la tête ».
 
Des gens qui s’enfuyaient précipitamment de Palmyre ont péri lorsque leur voiture a roulé sur des explosifs que les islamistes avaient placés sur les routes. Un d’eux était un général syrien à la retraite de la famille al-Daas et sa femme, une pharmacienne de 40 ans, et son fils de 12 ans ont sauté avec lui.

Selon des rapports ultérieurs, il y a eu aussi des exécutions dans l’ancien théâtre romain situé au cœur des vestiges de l’antique Palmyre.

Le directeur de l’usine de traitement de gaz et de pétrole de Hayan, Assad Sulieman, secouait la tête, incrédule, en racontant comment il avait appris l’exécution de son personnel au repos.

Une partie d’entre eux, pensait-il, étaient gardés prisonniers dans les installations gazières dont « l’État islamique » avait pris le contrôle. D’autres ont été simplement emmenés et mis à mort parce qu’ils étaient des employés du gouvernement. Pendant des mois, avant la chute de Palmyre, il a reçu de terrifiants appels téléphoniques des islamistes, l’un d’eux lorsque des hommes armés assiégeaient une usine de gaz voisine.

Il a ajouté : « Ils ont appelé sur mon téléphone personnel, celui de mon bureau, et ils ont dit : ’Nous venons vous chercher’. Je leur ai dit : ’Je vous attends’. L’armée les a repoussés, mais mon personnel a aussi reçu ce genre d’appels téléphoniques et ils avaient très peur.

L’armée est venue protéger trois de nos installations et les a chassés ». Après la chute de Palmyre, les appels téléphoniques menaçants ont continué, bien que « Daesh » ait coupé tous les téléphones mobiles et fixes dans la ville qu’ils venaient de prendre.

Un autre jeune ingénieur d’Hayan se trouvait à Palmyre lorsque « l’État islamique » est arrivé. Il avait tellement peur de témoigner qu’il a même refusé de se choisir un pseudonyme. « J’étais revenu à Palmyre deux jours plus tôt et tout semblait normal, » a-t-il dit. « Quand ma famille m’a dit qu’ils étaient arrivés, je suis resté à la maison comme ma mère, mon frère et mes sœurs et nous ne sommes plus sortis.

Tout le monde savait que l’arrivée de ces hommes n’annonçait rien de bon. Il n’y a pas eu d’électricité pendant deux jours, puis les hommes armés l’ont remise en route. Nous avions des stocks de nourriture – nous sommes une famille aisée. Nous sommes restés enfermés toute une semaine, puis nous sommes sortis pour vaquer à nos affaires. Ils n’ont jamais fouillé notre maison ».

Le témoignage de cet homme montre la nature aléatoire de la loi d’Isis. Une semaine après l’invasion, la famille est sortie de la maison – les femmes portant le voile islamique intégral – et ils ont pris un bus pour la ville occupée de Raqqa et de là pour Damas. « Ils ont regardé ma carte d’identité, mais ne m’ont pas demandé quel était mon travail », a dit l’homme. « Le voyage en bus s’est passé normalement. Personne ne nous a empêchés de partir ». Comme Ahmed, ce jeune ingénieur pétrolier, était un musulman sunnite – la même religion que les militants de « Daesh » – mais il n’avait aucun doute sur la nature des occupants de Palmyre. « Quand ils arrivent quelque part », a-t-il dit, « la vie s’arrête ».

Les oléoducs et gazoducs syriens courent actuellement sur 160 km de désert, de Homs, au centre de la Syrie, jusqu’aux installations pétrolifères stratégiques du brûlant désert de Palmyre.

Il nous a fallu deux heures pour atteindre un endroit situé à 45 km de Palmyre ; les dernières troupes syriennes sont stationnées, plus près, à 12 km de la ville.

A l’ouest se trouve la grande base aérienne syrienne de Tiyas – son nom de code « T-4 » vient de la vieille quatrième station de pompage du pipeline Irak-Palestine – où j’ai vu des bombardiers Mig peints en gris décoller dans le crépuscule et revenir atterrir sur les pistes.

Une voute de radars plats et des bunkers en béton protègent la base, et il y a des troupes syriennes dans toute une série de fortifications de terre situées de part et d’autre de la route principale qui mène à Palmyre, qui défendent leurs positions avec des mitrailleuses lourdes, de l’artillerie de longue portée et des missiles.

Les soldats syriens patrouillent sur la route toutes les quelques minutes sur des pick-up – et ils nous ont parlé de leur dangereuse mission. Ils nous ont dit qu’ils avaient trouvé un engin explosif improvisé quelques heures plus tôt à plus de 45 km à l’ouest de Palmyre.

Plus loin sur la route, nous sommes tombés sur l’épave d’un camion plein de bombes que les tirs de roquettes de l’armée syrienne avait fait exploser.

Assad Sulieman, le directeur de l’usine gazière, dit que son père lui a donné comme nom, Hafez, le nom du père du président Bachar al-Assad.

Il a expliqué que les rebelles islamistes avaient totalement détruit une usine gazière près de Hayan, l’année dernière, et que ses équipes l’avaient entièrement restaurée et remise en marche en quelques mois en se servant du matériel récupéré sur d’autres installations.

La capacité de production de son usine a atteint trois millions de mètres cubes de gaz par jour qui alimentent les centrales électriques du pays et six mille barils de pétrole qui vont à la raffinerie de Homs.

Mais l’homme qui connait le mieux les dangers de cette guerre, est le général Fouad – comme tout le monde, dans la région de Palmyre, il préfère utiliser uniquement son prénom – un officier de carrière qui a enregistré sa plus grande victoire sur les rebelles dans une chaîne de montagnes voisine, au moment où son fils a été tué en combattant à Homs.

Il nous confie qu’il a ressenti un « grand choc » lorsque Palmyre est tombée. Il pense que les soldats qui se battaient depuis longtemps pour défendre la ville ne s’attendaient pas à une attaque d’une telle force.

Selon d’autres militaires – pas le général – « l’État islamique » avançait à ce moment-là sur un front large de 75 km, ce qui a submergé l’armée.

« Ils n’iront pas plus loin », a affirmé le général Fouad. « Nous les avons repoussés quand ils ont attaqué trois sites d’exploitation l’an dernier.

Nos soldats ont pris et fouillé quelques uns de leurs quartiers généraux locaux dans la montagne Shaer. Nous avons trouvé des documents sur nos installations de production, nous avons trouvé des livres religieux takfiris. Et nous avons trouvé de la lingerie. »

Qu’est-ce que l’État islamique pouvait bien faire de cette lingerie, ai-je demandé ? Le général n’a pas souri. « Nous pensons qu’ils avaient des femmes Yazidi avec eux, celles qu’ils avaient enlevées en Irak.

Lorsque nos soldats ont pris leur QG, nous avons vu des hommes plus âgés s’enfuir avec des femmes ».

Mais il y a une question qui taraude ce général, comme presque tous les officiers syriens que j’ai rencontrés dans le désert – et tous les civils : Les Américains, qui disent vouloir détruire Isis, savaient bien, grâce à leurs satellites, que des milliers d’hommes armés se massaient pour attaquer Palmyre.

Pourquoi n’ont-ils pas prévenu les Syriens ? Et, même si Washington n’aime pas le régime d’Assad, pourquoi ne les ont-ils pas bombardés ? Ils étaient pourtant une cible facile pour l’armée de l’air des États-Unis pendant les jours qui ont précédé l’attaque sur Palmyre.

C’est une question à laquelle il faudra un jour donner une réponse.

Robert Fisk | 5 juin 2015

Article original: http://www.independent.co.uk/news/world/middle-ea...

Traduction: Dominique Muselet – http://www.info-palestine.eu/

URL de cet article: http://arretsurinfo.ch/letat-islamique-commet-un-...

TRIBUNE LIBRE, POINT DE VUE ET CONSTAT ! REVUE DE PRESSE !

 

La prévisible défaite de la France au Moyen-Orient, par Thierry Meyssan

Posted: 09 Jun 2015 09:42 AM PDT

 
 
Élu en mai 2012 président de la République française,
 
François Hollande aura imposé à son pays une orientation de politique étrangère entièrement nouvelle. Le fait qu’il se soit présenté comme un homme de gauche a masqué aux yeux de ses concitoyens que ce haut-fonctionnaire tournait le dos aux intérêts de la Nation, à son histoire et à sa culture, et plaçait l’État au service d’un groupuscule de grands bourgeois néo-conservateurs.
 
Le changement du printemps 2012
 
Alors que durant sa campagne électorale, il avait semblé ouvert à toutes les analyses, s’entourant de plusieurs groupes de réflexion concurrents, il devait mettre bas son masque dès sa prise de fonction, le 15 mai. Ainsi plaçait-il son mandat sous les auspices de Jules Ferry. Avec subtilité, il affirmait honorer le fondateur de l’école laïque et obligatoire et non pas le théoricien socialiste de la colonisation. Pourtant, la laïcité de Ferry ne visait pas à garantir la liberté de conscience, mais à extirper les enfants des mains de l’Église catholique et à les former, sous l’autorité des « hussards noirs », pour en faire la chair à canon de ses expéditions coloniales. Le 6 juillet, il réunissait à Paris une coalition d’États auto-proclamés « Amis de la Syrie », pour saboter l’accord de Genève et relancer la guerre contre la Syrie. Symboliquement, il saluait les « démocrates » (sic) du Conseil national syrien, une organisation fantoche composée par le Qatar en s’appuyant sur la société secrète des Frères musulmans. Il se pavanait aux côtés du criminel de guerre Abou Saleh qui avait dirigé l’Émirat islamique de Baba Amr et fait décapiter plus de 150 de ses compatriotes. Il prononçait alors un discours, écrit en anglais par ses mentors, puis traduit en français. Dans la foulée, le 22 juillet, il affirmait solennellement que la France était comptable des crimes commis par le gouvernement illégitime de Philippe Pétain envers les citoyens juifs. En d’autres termes, le haut-fonctionnaire Hollande posait la supériorité de l’État sur la République.J’écrivais alors que François Hollande, prenant la succession de Philippe Pétain, avait offert la France aux puissants du moment et renouait avec la politique coloniale [1]. Considérant que mon exil politique m’avait fait perdre le sens de la mesure, beaucoup décidèrent d’ignorer ce qu’ils considéraient comme une outrance.Aussi ai-je été soulagé en lisant le dernier ouvrage du démographe Emmanuel Todd, Qui est Charlie ?, dans lequel il s’emploie à analyser comment et pourquoi l’électorat actuel du Parti socialiste est l’héritier des « Maréchalistes » [2]. J’ai toujours éprouvé une forte admiration pour cet intellectuel qui est parvenu à montrer l’impact inconscient des systèmes familiaux sur l’histoire. Étant étudiant en sciences politiques, j’avais dévoré sa thèse montrant que la division du monde durant la Guerre froide correspondait en réalité aux structures familiales des peuples. Cartes à l’appui, il observe qu’aujourd’hui, l’électorat du Parti socialiste, largement déchristianisé, a perdu ses repères et se replie sur lui-même. Il avait déjà analysé le ralliement de la classe dirigeante autour du culte de l’euro, c’est-à-dire de la loi du plus fort dans l’espace européen. Il conclue que le Parti socialiste a vendu le pays à l’étranger avec l’approbation d’un électorat de possédants.Jacques Audibert, François Hollande et le général Benoît Puga en réunion à l’Élysée.
 
L’équipe de François Hollande
 
Le changement de politique étrangère voulu par le président de la République s’appuie sur une analyse simple : les États-Unis ayant moins besoin du pétrole du Golfe ont annoncé leur intention de faire pivoter leur dispositif militaire vers l’Extrême-Orient. En soutenant Washington à la manière d’un Tony Blair sur la scène internationale, François Hollande pourrait prendre la place que les États-Unis laissent vacante dans le Golfe et bénéficier d’argent facile.C’est en toute logique que le Qatar —c’est-à-dire Exxon-Mobil, la société des Rockefeller— a largement financé la campagne électorale de François Hollande [3]. Ce don illégal au regard du droit français ayant été négocié par Laurent Fabius, M. Hollande, une fois élu, le désigna ministre des Affaires étrangères malgré leur vieille rivalité.La cour effectuée par François Hollande auprès de ses généreux mécènes du Golfe s’accompagne d’un soutien appuyé à l’État d’Israël. On se souvient que le président Charles De Gaulle avait rompu avec cet État colonial, en 1967, affirmant que la France, qui s’était alliée avec lui pour contrôler le Canal de Suez et lutter contre l’indépendance de l’Algérie, ne pouvait plus le faire une fois qu’elle avait renoncé à son Empire. Le président Hollande choisit, au contraire, de déclarer en hébreu lors de son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv, en novembre 2013 : « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël, je suis votre ami et je le serai toujours » [4].Pour mettre en œuvre son virage, le président a constitué une équipe autour de deux personnalités d’extrême-droite : son chef d’état-major privé, le général Benoît Puga, et son conseiller diplomatique, Jacques Audibert.Le général Benoît Puga est un ancien de « la coloniale » (infanterie de Marine). Chrétien lefebvriste, il ne fait pas mystère de son admiration de l’ancien archevêque de Dakar et de sa détestation de la Révolution française. Entre deux messes à Saint Nicolas-du-Chardonnet, il a dirigé les Opérations spéciales et le Renseignement militaire. Il avait été nommé à l’Élysée par le président Nicolas Sarkozy et, fait sans précédent pour cette fonction, a été incorporé dans son cabinet par son successeur.Jacques Audibert est souvent qualifié par ses anciens collaborateurs d’« Américain avec un passeport français », sa dévotion à l’impérialisme états-unien et au colonialisme israélien étant bien plus grande que son respect pour la République française. Il a joué un rôle central dans le blocage durant des années des négociations 5+1 avec l’Iran. Il espérait être nommé représentant permanent de la France à l’Onu, mais a finalement rejoint le président Hollande à l’Élysée.Lorsqu’il était directeur des Affaires politiques au Quai d’Orsay, Jacques Audibert a systématiquement éliminé les diplomates arabisants en commençant par les plus compétents. Les plus prestigieux ont été exilés en Amérique latine. Il s’agissait certes d’éliminer tout soutien aux Palestiniens pour satisfaire les colons israéliens, mais aussi et surtout d’en terminer avec des siècles de « politique arabe de la France » de manière à laisser tomber les alliés traditionnels et à se rapprocher des milliardaires du Golfe, malgré leurs dictatures et leur fanatisme religieux.Cette évolution, aussi surprenante soit elle, correspond à ce que François Hollande avait annoncé, il y a plusieurs années. Reçu le 30 novembre 2005 par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), il avait alors déclaré, selon le procès-verbal de séance : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé » [5].
 
Le fond de la pensée Hollande
 
François Hollande a exprimé le fond de sa pensée en évoquant la Résistance. Il a défini ce concept lors de la panthéonisation de quatre grandes figures de la Résistance française, le 27 mai dernier, en excluant les communistes de son hommage.La Résistance française a inspiré des États et des milices qui, aujourd’hui, disent non à l’occupation de leur terre et à la soumission à un régime d’apartheid. En hommage à leurs prédécesseurs français, ils ont défini leur alliance comme l’« Axe de la Résistance ».Mais aux Palestiniens, François Hollande a dénié le droit de résister et, dans la droite ligne de l’armistice de 1940 les a enjoints de « négocier » (sic). Il a fait qualifier le Hezbollah de « terroristes » par l’Union européenne, comme Philippe Pétain fit condamner Charles De Gaulle à mort pour « terrorisme » [6]. Il a livré la guerre aux Syriens et a imposé un siège économique aux Iraniens.Après le président israélien Shimon Peres par vidéo-conférence, François Hollande a été le second chef d’État non-musulman invité à une séance du Conseil de coopération du Golfe.
 
François Hollande et les dictateurs du Golfe
 
Durant les trois dernières années, la France a bénéficié du soutien d’Hillary Clinton et du général David Petraeus pour les États-Unis, d’Exxon-Mobil et de son État privé le Qatar, et enfin de la famille des Séoud et de l’État privé auquel elle a donné son nom d’« Arabie saoudite ».La France a pu ainsi lancer une seconde guerre contre la Syrie et l’Irak en déplaçant des dizaines de milliers de mercenaires venus du monde entier, dont quelques milliers de Français. Elle porte ainsi une responsabilité primordiale dans les centaines de milliers de morts qui ont endeuillé le Levant. Bien sûr, tout cela a été fait sous couvert d’aide humanitaire à des populations martyrisées.Officiellement, cette politique n’a pas encore donné ses fruits. La Syrie est toujours en guerre et il est impossible d’en exploiter le gaz, bien que les « Amis de la Syrie » (sic) se le soient déjà répartis, en juin 2012 [7]. Par contre, la France a reçu une commande de 3 milliards de dollars en armement de l’Arabie saoudite pour l’Armée libanaise. Il s’agissait de remercier les Libanais de ne pas avoir enregistré les aveux de Majed el-Majed, l’agent de liaison entre l’Arabie saoudite et al-Qaïda et de remercier les Français de mener la guerre contre la Syrie [8]. la France a vendu 24 Rafale au Qatar pour 6,3 milliards d’euros.Mais ces méga-contrats ne profiteront pas à la France : les Israéliens ont opposé un veto à la vente au Liban d’armes capables de leur résister. La France n’a donc été autorisée qu’à fournir pour 700 millions de dollars d’uniformes, de véhicules de service et d’armes de poing. Les 2,3 milliards restants seront des armes dépassées fabriquées en Allemagne de l’Est. le Qatar a certes acheté des Rafales, mais a exigé en échange que le gouvernement contraigne Air-France a abandonner certaines de ses lignes les plus profitables à Qatar Airways.De toute manière, même si ces contrats avaient été honnêtes, ils n’auraient jamais remplacé ceux qui ont été perdus par l’acharnement de Jacques Audibert contre toutes sociétés françaises travaillant avec l’Iran, tel Peugeot ou Total, ni par celui du général Benoît Puga pour faire détruire toutes les usines françaises installées en Syrie.Le 30 juin, malgré l’opposition de Benjamin Netanyahu et de François Hollande, et leurs multiples tentatives de sabotage, John Kerry et Mohammad Javad Zarif devraient signer d’une part un accord multi-parties sur le nucléaire et, d’autre part, un accord bilatéral de cessez-le-feu régional.
 
L’accord Washington-Téhéran
 
Malgré les efforts de l’équipe Hollande en général et de Jacques Audibert en particulier, l’accord négocié entre les États-Unis et l’Iran devrait être signé le 30 juin 2015. On se reportera à mes articles antérieurs sur les conséquences de ce texte [9]. D’ores et déjà, il apparaît que les deux grands perdants seront le peuple palestinien et la France. Le premier parce que plus personne ne défendra son droit inaliénable au retour et la seconde parce qu’elle aura associé son nom à trois ans d’injustice et de massacres dans cette région.Cette semaine, le 2 juin, le secrétaire d’État adjoint, Antony Blinken, est venu co-présider à Paris une réunion des 22 États membres de la Coalition internationale anti-Daesh. Contrairement à ce qu’en a dit la presse française, il ne s’agissait pas d’organiser la riposte militaire aux chutes de Ramadi et de Palmyre ; le Pentagone n’a pas besoin de réunir ses alliés pour savoir ce qu’il doit faire. Non, le sujet était de faire avaler son chapeau au ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de lui faire accepter l’accord irano-états-unien. Ce qu’il a été contraint de faire.La signature de l’accord était menacée par la chute de Palmyre qui coupe la « route de la soie », c’est-à-dire la voie de communication entre l’Iran d’un côté, la Syrie et le Hezbollah de l’autre [10]. Dans le cas où Palmyre resterait aux mains des jihadistes (c’est-à-dire des mercenaires luttant contre l’« Axe de la Résistance » [11]), Téhéran ne pourrait pas transporter son gaz et l’exporter vers l’Europe et n’aurait donc aucun intérêt à s’entendre avec Washington.Le secrétaire d’État adjoint Antony Blinken a donc informé l’assistance qu’il avait autorisé l’« Axe de la Résistance » à amener en Syrie des troupes fraîches pour vaincre Daesh. Il s’agit en l’occurrence de 10 000 Gardiens de la Révolution, qui viendront renforcer l’Armée arabe syrienne avant le 30 juin. Jusqu’ici les Syriens se défendaient seuls, uniquement avec le Hezbollah libanais et le PKK turc, mais sans troupes russes ou iraniennes, ni milices irakiennes.Antony Blinken a également informé ses interlocuteurs qu’il avait été conclu avec la Russie un accord autorisant la tenue d’une conférence de paix sur la Syrie, sous les auspices des Nations unies au Kazakhstan. Il a exigé que Laurent Fabius signe une déclaration finale acceptant le principe d’un gouvernement syrien désigné par « consentement mutuel » entre l’actuelle coalition au pouvoir (Baas et PSNS) et ses différentes oppositions, qu’elles soient à Paris ou à Damas.Après s’être fait remonter les bretelles, M. Fabius a ravalé son slogan « Bachar doit partir », a admis que le président el-Assad terminerait le mandat pour lequel son peuple l’a largement élu, et s’est piteusement rabattu sur un « Monsieur Bachar (sic) ne sera pas l’avenir de la Syrie ».Dans trois semaines, le roi devrait être nu. En signant ensemble, Washington et Téhéran réduiront à néant les calculs de François Hollande, du néoconservateur Jacques Audibert et du néo-fasciste Benoît Puga. Thierry Meyssan 
 
 
 
 
SOURCES: [1] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.[2] La majorité des Français qui soutinrent l’armistice de Philippe Pétain n’étaient pas des fascistes, mais des « Maréchalistes ». Traumatisés par la boucherie de 14-18, ils se réfugiaient derrière l’autorité du vainqueur de Verdun pour justifier leur refus de combattre l’envahisseur nazi.[3] « François Hollande négocie avec l’émir de Qatar », Réseau Voltaire, 31 janvier 2012.[4] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.[5] « France : le Parti socialiste s’engage à éliminer les diplomates pro-arabes », par Ossama Lotfy, Réseau Voltaire, 9 janvier 2006.[6] « L’UE assimile la Résistance libanaise à du terrorisme », Réseau Voltaire, 22 juillet 2013.[7] « Les « Amis de la Syrie » se partagent l’économie syrienne avant de l’avoir conquise », par German Foreign Policy, Horizons et débats (Suisse),Réseau Voltaire, 14 juin 2012.[8] « Le silence et la trahison qui valaient 3 milliards de dollars », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 janvier 2014.[9] Voir notamment : « Que deviendra le Proche-Orient après l’accord entre Washington et Téhéran ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2015.[10] « La chute de Palmyre renverse l’équilibre géopolitique au Levant », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 mai 2015.[11] « Les jihadistes au service de l’impérialisme », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 1er juin 2015.Thierry MeyssanConsultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaireet de la conférenceAxis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitterofficiel. Les jihadistes au service de l’impérialisme À propos de mon entretien sur l’affaire Hermant-Coulibaly Des éléments de l’affaire Coulibaly rappellent le rôle de services français en 1999Entretien de Thierry Meyssan au Greffier noir La chute de Palmyre renverse l’équilibre géopolitique au Levant Que deviendra le Proche-Orient après l’accord entre Washington et Téhéran ? Les articles de cet auteur Envoyer un messageRéseau VoltaireVoltaire, édition internationaleFocusEn brefControversesFil diplomatiqueVeille documentaireFranceLa France accepte une transition par consentement mutuel en Syrie À propos de mon entretien sur l’affaire Hermant-Coulibaly Des éléments de l’affaire Coulibaly rappellent le rôle de services français en 1999Entretien de Thierry Meyssan au Greffier noir Discours de François Hollande au Panthéon en hommage à la Résistance 799 ArticlesMain basse sur la mémoire. À commander dans la librairie du Réseau Voltaire CentCom : Contrôle du « Moyen-Orient élargi »Le califat voulu par les États-Unis« L’art de la guerre » La chute de Palmyre renverse l’équilibre géopolitique au Levant Washington et Moscou conviennent d’un nouveau processus de paix en Syrie Que deviendra le Proche-Orient après l’accord entre Washington et Téhéran ?

10/06/2015

UKRAINE: UN COMMANDANT OSE PARLER ........

Un commandant ukrainien ose parler ! (Vidéo)

Publié par wikistrike.com sur 9 Juin 2015, 14:04pm

Catégories : #Politique internationale

Un commandant ukrainien ose parler ! (Vidéo)

Voici un officier qui n’a pas froid aux yeux. Au cours d’une émission de télévision, il s’en prend à ses chefs. Il dévoile publiquement les réalités sur le terrain, au Donbass.

On peut dire que c’est un vrai courageux, car les risques pour lui sont énormes. Le courage, ce n’est pas seulement au feu, mais aussi, et surtout, dans la vie courante.

Malheureusement, dans l’armée, plus le grade monte, plus l’excès de prudence l’emporte sur le courage.

Source de l'intro: RI

***

Dans une récente émission TV, le chef de bataillon Nicolaï Tsoukor de la garde nationale rappelle les réalités de la guerre dans le Donbass à son supérieur, le général d’état-major Feditchev des forces armées ukrainiennes (FAU).

 

 

Il insiste sur le fait que les séparatistes du Donbass sont des volontaires massivement soutenus et approvisionnés en vivres par une population locale qui a littéralement « vomi » l’Ukraine. Espérons que le SBU (le renseignement ukrainien) ne fasse pas une bouchée de cet officier un peu trop critique.

Et si nous écoutions l’analyse de Xavier Moreau (Stratpol) au sujet du cirque de l’aide militaire occidentale à l’Ukraine?

Anna Markonova

https://theorisk.wordpress.com/

 

ET AUSSI

 

Ukraine: que reste-t-il de Minsk?

Crises/guerresRussieUkraine

La situation en Ukraine et dans les zones insurgées du Donbass se détériore progressivement. Les combats de ces derniers jours, assurément limités, mais qui ont été les plus violents depuis janvier 2015 le prouvent. L’accord « Minsk-2 » est en train de ce dissoudre, et ceci largement du fait du gouvernement de Kiev. Cela était prévisible. Il faut donc revenir sur la situation pour tenter de comprendre comment on en est arrivé là.

Les ruptures du cessez-le-feu

Le cessez-le-feu décrété après les accords de Minsk-2 n’a jamais été parfaitement respecté. Les observateurs de l’OSCE insistent sur le fait que ces violations sont, le plus souvent, le fait des forces de Kiev. Les bombardements de fin mai sont progressivement montés en puissance, provoquant la « contre-offensive » des forces insurgées sur Mariinka. Mais, après avoir pris le contrôle de cette petite ville, d’où des observateurs guidaient les tirs de l’artillerie des forces de Kiev, les forces insurgées n’ont pas poussé plus loin leur avantage.

A - Carte

Le discours tenu le 4 juin par le Président Poroshenko à Kiev, devant le Parlement (laRada) où il évoque les milliers, voire les dizaines de milliers de soldats russes dans le Donbass doit être pris pour ce qu’il est : de la propagande[1]. Kiev a visiblement voulu jouer la carte d’une stratégie de la tension pour tenter de ressouder ses soutiens internationaux qui semble aujourd’hui se déliter. Le moins que l’on puisse dire est que cette tentative s’est plutôt retournée contre ses auteurs.

Ces ruptures du cessez-le-feu ne présagent pasà elles seulesd’une possible reprise des combats. Elles ne sont significatives que dans la mesure où elles se situent dans un contexte de non-application de l’accord de Minsk-2. Rappelons que l’accord de Minsk-2 prévoyait un important volet politique en plus du volet militaire (cessez-le-feu, échange de prisonniers). Ce volet politique prévoyait une fédéralisationde faitde l’Ukraine et le respect de l’intégrité territoriale du pays, moyennant une très large autonomie conférée aux régions de Lougansk et Donetsk. D’emblée, le gouvernement de Kiev a montré de fortes réticences a mettre en œuvre le volet politique de l’accord. Or, si l’on ne procède pas à la mise en œuvre du volet politique, la question militaire resurgira nécessairement. C’est bien parce que nous sommes dans une impasse politique qu’il y a un risque de reprise généralisée des combats.

Le camp de la guerre

Il faut ici dire que, des deux côtés, il y a des personnes qui poussent à cette reprise des hostilités. Du côté des forces de Kiev, les différents groupes d’extrême-droite, voire ouvertement fasciste, poussent à l’évidence à une reprise des combats. Outre l’espoir d’obtenir des victoires sur le terrain, ces groupes ont compris qu’ils ne seront importants dans l’espace politique kiévien qu’en raison du maintien d’une atmosphère d’hostilités et de conflits. Que la tension retombe et ces groupes apparaîtront pour ce qu’ils sont, des bandes de dangereux excités et nostalgiques du nazisme. D’autre forces jettent de l’huile sur le feu : ce sont certains des oligarques, qui forment l’épine dorsale du régime de Kiev, et qui cherchent à prospérer sur l’aide militaire (en particulier américaine). Eux aussi ont intérêt à une reprise des combats.

Du côté des insurgés, il y a des groupes et des personnes qui regrettent que les forces de la DNR (Donetsk) et de la LNR (Lougansk) n’aient pu pousser leur avantage en septembre 2014. A ce moment là, l’armée de Kiev était en pleine déroute. Il eut été possible de reprendre Marioupol, voire d’aller vers Kherson. Si l’offensive des forces de la DNR et de la LNR s’est arrêtée là ou elle s’est arrêtée, c’est du fait de l’intervention russe. Le gouvernement russe a clairement fait comprendre aux insurgés qu’ils devaient s’arrêter. Et ici se place l’un des paradoxes de la crise ukrainienne : les pays de l’Union européenne, et les Etats-Unis, auraient dû prendre en compte cette attitude de la Russie. Il n’en a rien été, ce qui n’a pas peu contribué à persuade les dirigeants de Moscou de la mauvaise foi de leurs interlocuteurs. Si les relations sont tellement difficiles aujourd’hui entre ces pays et la Russie, c’est aussi le produit de leur attitude envers la Russie au moment où cette dernière faisait tout pour calmer la situation militaire.

Les relations de Moscou avec la DNR et la LNR sont complexes. Ceux qui veulent ignorer l’existence d’une autonomie de décision de Donetsk (plus que de Lougansk) commettent une grave erreur. Bien entendu, les dirigeants de la DNR et de la LNR cherchent à être dans de bons termes avec la Russie, mais leurs objectifs ne coïncident pas nécessairement.

La vie dans le statuquo

Faute d’une mise en œuvre du volet politique de l’accord de Minsk, la vie tend à s’organiser sur la base d’une indépendance de fait des régions de Lougansk et Donetsk. Et il est clair que cette vie est tout sauf facile. La population totale des zones sous le contrôle des insurgés est d’environ 3 millions d’habitants, dont environ 1 million est réfugié en Russie. La persistance des combats sur la ligne de front empêche tout effort sérieux de reconstruction pour l’instant, à l’exception du rétablissement de la ligne de chemin de fer entre Lougansk et Donetsk. Une des raisons, d’ailleurs, dans le maintien des combats et les violations incessantes du cessez-le-feu par les forces de Kiev, est la volonté ouvertement affichée par les dirigeants de Kiev de maintenir la population du Donbass dans une insécurité importante et dans une atmosphère de terreur.

Le gouvernement de Kiev a suspendu le paiement des retraites et pensions, ce qui équivaut d’une certaine manière à reconnaître qu’il ne considère plus Lougansk et Donetsk comme relevant de sa juridiction. Rappelons d’ailleurs que le gouvernement russe avait toujours maintenu le versement des retraites et des pensions en Tchétchénie dans la période ou Doudaev avait proclamé la soi-disant « indépendance » de cette république. Il n’est pas dit que les dirigeants de Kiev aient mesuré toutes les implications juridiques de leurs actions. L’un des points de l’accord de Minsk-2 était justement de veiller à la reprise de ces versements. Inutile de dire que Kiev continue de s’y opposer. La population est largement tributaire de l’aide humanitaire russe. Une production minimale continue de sortir des mines de charbons et de certaines usines. Cette production était vendue à Kiev jusqu’en décembre. Puis, à la suite de la destruction par les forces de Kiev de la ligne de chemin de fer, ces ventes se sont interrompues et ont été remplacées par des ventes à la Russie.

Insistons sur ce point : il entraine une progressive raréfaction de la Hryvnia dans le Donbass et la montée en puissance du Rouble russe. De plus, compte tenu de la meilleure solidité du Rouble par rapport à la Hryvnia, le Rouble est massivement devenu l’instrument d’épargne et l’unité de compte dans le Donbass. Or, la question de la monnaie qui circule est éminemment politique. Le choix, pour les autorités de la DNR et de la LNR, est donc entre trois solutions : conserver le Hryvnia (et reconnaître que la DNR et la LNR sont des républiques autonomes dans le cadre de l’Ukraine), basculer vers le Rouble, ce qui prendrait la dimension d’une annexion par la Russie, ou créer leur propre monnaie, et revendiquer leur indépendance. Cette dernière solution n’est pas impossible. Les Pays Baltes, avant d’adopter l’Euro, ont eu chacun leur monnaie. Mais, elle soulève des problèmes extrêmement complexes à résoudre. En réalité, autour de la question de la monnaie se déploie la question du futur institutionnel du Donbass. Les autorités de la DNR et de la LNR, pour l’instant, conservent la Hryvnia. Mais, la raréfaction des billets et la disponibilité du Rouble pourraient bien les obliger d’ici quelques mois à changer d’avis. On voit alors ce qui est en cause. Donetsk et Lougansk vont-ils avoir le statut de république autonome au sein de l’Ukraine, dont il faudra alors réviser la Constitution, ou s’oriente-t-on vers une indépendancede fait, qui ne sera pas reconnue par la communauté internationale ? La Russie, pour l’instant, pousse plutôt pour la première solution alors que les dirigeants de la DNR et de la LNR ne cachent pas leur préférence pour la seconde.

La position des occidentaux

Face à cette situation qui dégénère du fait de l’absence de volonté de mettre en œuvre une solution politique, on a noté ces dernières semaines une certaine évolution de la position tant des Etats-Unis que des pays de l’Union européenne.

Les Etats-Unis, par la voix de leur Secrétaire d’Etat, John Kerry, insistent désormais sur la nécessité pour Kiev d’appliquer l’accord de Minsk-2[2]. Très clairement, les Etats-Unis n’entendent pas porter le fardeau de l’Ukraine, dont l’économie se désintègre et qui pourrait dans les jours ou les semaines qui viennent faire défaut sur sa dette, comme semble l’annoncer l’échec des négociations avec les créanciers privés[3].

A - Dette Ukr

L’Ukraine, qui connaît depuis ces derniers mois une inflation galopante et dont la production pourrait baisser de -10% en 2015, après une baisse de -6% en 2014, a désespérément besoin d’une aide massive. Or, les Etats-Unis n’ont aucune intention de la lui fournir. Ils se tournent vers l’Union européenne, mais cette dernières est, elle aussi, plus que réticente. Bien sur, le secrétaire d’Etat à la défense, Ash Carter, insiste pour que de nouvelles sanctions soient prises contre la Russie[4]. Mais, ceci est plus à mettre sur le compte de l’inefficacité maintenant constatée des sanctions précédentes.

La position française a commencé à évoluer depuis ces derniers mois. Non seulement on commence à reconnaître au Quai d’Orsay que la question ne peut se résumer en un affrontement entre « démocratie » et « dictature », mais on sent, à certaines déclarations, une réelle fatigue devant les positions du gouvernement de Kiev qui ne fait rien pour appliquer les accords de Minsk. On commence à regretter, mais sans doute trop tard, d’être entré dans une logique diplomatique dominée par les institutions de l’UE, qui donnent de fait un poids hors de toute proportion aux positions des polonais et des baltes sur ce dossier. Le sommet européen des 21-22 mai qui s’est tenu à Riga a, de fait, sonné le glas tant des espoirs ukrainiens que de ceux de certains pays boutefeux au sein de l’UE[5].

L’Allemagne, elle aussi, commence à évoluer sur cette question. Après avoir adopté une position hystériquement anti-russe depuis des mois, elle semble avoir été prise à contre-pied par le changement de position des Etats-Unis. Très clairement, elle perçoit que si ces derniers réussissaient à faire porter le fardeau ukrainien à l’Union européenne, c’est l’Allemagne qui aurait le plus à perdre dans cette logique. Il est extrêmement intéressant de lire dans le compte rendu de la réunion de Riga que l’accord de Libre-Echange ouDeep and Comprehensive Free Trade Agreement (DCFTA) est désormais soumis dans son application à un accord trilatéral. Deux des parties étant évidents (l’UE et l’Ukraine) on ne peut que penser que la troisième partie est la Russie, ce qui revient à reconnaître les intérêts de ce dernier pays dans l’accord devant lier l’Ukraine à l’UE. En fait, on est revenu à la situation que les russes demandaient en 2012 et 2013, mais ceci après un an de guerre civile en Ukraine.

Il semble donc bien que seule la Grande-Bretagne continue de soutenir une position agressive à l’égard de la Russie, alors que dans d’autres capitales c’est bien plutôt la lassitude devant la corruption, l’incompétence et le cynisme politique de Kiev qui domine.

La Russie en position d’arbitre

Les derniers évènements montrent que la Russie est en réalité dans une position d’arbitre sur le dossier ukrainien. La position officielle du gouvernement russe est d’exiger l’application complète des accords de Minsk-2. Mais, d’un autre côté, il sait que le temps joue pour lui et il pourrait être tenté de laisser pourrir la situation.

Incapable de se réformer, en proie à une crise économique dramatique, Kiev est d’ores et déjà en proie à des problèmes de plus en plus graves. La guerre des oligarques qui se poursuit dans l’ombre montre clairement qu’au sein de l’alliance au pouvoir à Kiev existent des divergences importantes. La nomination par le Président Poroshenko de l’ancien président géorgien, Mikhaïl Sakaachvili, l’homme qui fut responsable de la guerre en Ossétie du Sud et 2008 et qui est poursuivi pour abus de pouvoir dans son propre pays, comme gouverneur de la région d’Odessa montre bien que Kiev se méfie comme de la peste des grands féodaux ukrainiens qui sont susceptibles de changer d’allégeance du jour au lendemain. Un sondage réalisé récemment montre que la popularité de Poroshenko reste très différente entre l’Ouest et l’Est du pays. Les événements de ces 18 derniers mois n’ont nullement fait disparaître l’hétérogénéité politique et de population en Ukraine.

A - Sondage Ukr

La réalité du pays, une nation diverse et fragile, traversée de conflits importants, peut être masquée pour un temps par la répression et la terreur, comme ce fut le cas ces derniers mois. Mais, ces pratiques ne résolvent rien et les problèmes demeurent ?

Mais, surtout, même le gouvernement ukrainien comprend le rôle économique déterminant que jouaient les relations avec la Russie jusqu’en 2013. Sans un accord avec la Russie, l’Ukraine ne peut espérer se relever et se reconstruire. Cela, le gouvernement russe le sait aussi. La Russie sait donc qu’elle va gagner, que ce soit avec un gouvernement de Kiev devenant progressivement plus sensible à ses arguments ou que ce soit du fait de l’éclatement de l’Ukraine. Elle préfèrerait gagner au moindre coût mais, soyons en sur, elle ne mégotera pas le prix à payer pour cette victoire. Rappelons nous ces strophes du poème Les Scythes :

La Russie est un Sphinx. Heureuse et attristée à la fois,

Et couverte de son sang noir,

Elle regarde, regarde à toi

PAR· 6 JUIN 2015

[1]Sur la question des forces russes au Donbass et la « menace » sur l’Ukraine, on se reportera à l’Audition du général Christophe Gomart, directeur du renseignement militaire, devant la commission de la Défense Nationale et des Forces Armées, 25 mars 2015,http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cdef/14-15/c14150...

[2]Helmer J., 19/05/2015,http://www.nakedcapitalism.com/2015/05/john-helmer-how-an...

[3]Karin Strohecker et Sujata Rao, « L’Ukraine et ses créanciers loin d’un accord sur la dette », Thomson-Reuters, 6 juin 2015,http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN0OM0B92...

[4]http://www.challenges.fr/monde/20150606.REU6999/ash-carte...

[5]Voir la résolution finale,https://www.google.fr/search?client=safari&rls=en&...

Source: http://russeurope.hypotheses.org/3943

DAESH ET AL-NOSRA ? ÉLECTIONS EN TURQUIE ! REVUE DE PRESSE !

 

Le National Émancipé

 

Daesh et Al-Nosra, vraiment, différents?

Posted: 09 Jun 2015 09:32 AM PDT

 
«La lutte américaine contre Daesh et le Front Al-Nosra n’est qu’une simple subterfuge, car ces deux groupes terroristes ont été éduqués, par les Etats-Unis, et sont les deux revers de la même pièce américano-sioniste», a écrit le quotidien omanais, "El-Watan".
 

Dans son édition du lundi 8 juin, "El-Watan" a écrit que c’était après le 11 septembre 2001, lorsque les Etats-Unis avaient été visés par des attentats terroristes, des attentats entourés d'un halo de mystère, que les Etats-Unis ont décidé de changer de cap et de passer d'une stratégie défensive à une stratégie offensive, marquant la plus dangereuse décision de l’histoire des Etats-Unis, par le transfert du champ de bataille de l’intérieur à l’extérieur des frontières américaines.

Cette décision n’était pas tellement soudaine et nouvelle, mais ces attentats suspects ont convaincu les dirigeants américains de faire ce choix et de corriger une erreur par une autre erreur. Ils ont, donc, débarqué leur armée, en Afghanistan, puis, en Irak, engouffrant leurs forces, dans le bourbier irakien.

 A présent, ils ont décidé d’opter pour une autre stratégie consistant à former des groupes armés, capables d’attiser le chaos, au Moyen-Orient, en commençant par un point, pour se développer, ensuite, et transformer la région en une ruche, pour le recrutement des terroristes mercenaires, venus des quatre coins du monde.

Le quotidien omanais, «El-Watan», a poursuivi : «C’est ainsi que les Etats-Unis ont mis au monde «Daesh», dont la première halte a été Mossoul, et ce groupe terroriste, après avoir rempli ses garnisons de terroristes étrangers, s’est mis à progresser vers d’autres villes irakiennes. 

C'est ainsi que cette région arabe s’est transformée, en une grande prison, où les terroristes étaient transférés. Dès que ces terroristes ont projeté de désobéir aux ordres des Etats-Unis, l’aviation américaine est entrée en scène, définissant leur comportement, en vertu du plan et du programme des Etats-Unis».

"El-Watan" souligne que les Etats-Unis maîtrisent, entièrement, le groupe terroriste de Daesh, qu’ils contrôlent à leur gré. Il ne faut pas oublier que le Front Al-Nosra a eu une histoire similaire et que les Etats-Unis lui ont donné carte blanche, pour agir selon sa volonté.

Mais, d’après les informations disponibles, la direction de ce groupe terroriste a été confiée au régime sioniste ; il le dirige, le soutient et soigne ses blessés, en lui fournissant tout ce dont il a besoin. Le point qui mérite réflexion, c’est que tout groupe terroriste, quel qu’il soit, n’est pas seul; il est soutenu et éduqué par des étrangers et agit sous la bannière de ses protecteurs. 

Il est évident que deux groupes terroristes ne peuvent pas vivre, sous le même toit, et cela est normal. Les divergences entre Daesh et le Front Al-Nosra ont commencé, aux premiers moments de leur création; cependant, les Etats-Unis ne se rapprochent pas tellement du Front Al-Nosra, car c’est Daesh, qui est leur favori, et ils le dirigent, comme ils veulent, et s’il désobéit, ils le punissent, à leur propre manière.

La région est divisée entre ces deux groupes terroristes, dont la mission est de la détruire, autant que faire se peut, puisqu'ils ont les mains libres, en tant que les deux revers de la même pièce américano-sioniste.

Ils resteront, sous la bannière des Etats-Unis et du régime sioniste, jusqu’à ce que leur rôle néfaste et destructeur aboutisse à une dégradation du pouvoir des pays arabes. Le quotidien omanais, «El-Watan», a ajouté : «C’est pourquoi, on est témoin de guerres sans but, dont les éléments essentiels sont des forces ignorantes, qui ont subi des lavages de cerveaux et qui ne comprennent rien d’autres que les ordres reçus.

Les trésors arabes ont même consacré des budgets à ces terroristes, dans l’espoir qu'ils jouent bien leur rôle, qui n’est autre que d’éliminer les armées et les pays arabes, de transformer le monde arabe en un enfer invivable, de changer la carte de la région, en vertu des acquis in situ des terroristes. Nous sommes, donc, exposés à des guerres horribles et sans horizon avec les terroristes, qui sont, largement, soutenus, en vue de réaliser les stratégies et les objectifs de leurs maîtres !

ET AUSSI

 

Turquie : l'échec du Président Erdogan, aux élections législatives

Posted: 09 Jun 2015 09:30 AM PDT

 
 
Les résultats des élections législatives, en Turquie, témoignent d’un échec, pour l’AKP du Président Erdogan, qui perd la majorité absolue, et d’une victoire surprenante, pour les Kurdes.
 
 
 
Le quotidien libanais "As-Safir" a publié un article, pour examiner les différents aspects de l’échec du Président Recep Tayyip Erdogan et de son AKP, (Parti pour la justice et le développement), aux élections législatives de dimanche, en Turquie. 
Nous reproduisons ici un extrait de cet article. 
 

Aux élections parlementaires de dimanche, le Président Recep Tayyip Erdogan a reçu plusieurs gifles, à la fois. Les électeurs turcs ont fait descendre l’AKP de sa tour d’ivoire, et ont asséné des gifles au Président Erdogan.

La première était celle de l’échec du parti conservateur d’Erdogan, qui a perdu sa majorité absolue, au Parlement turc, ce qui signifie que l’AKP ne pourra plus former le gouvernement tout seul. Il doit se résigner à former un gouvernement de coalition ou à tenter sa chance, dans des élections anticipées. 

La deuxième gifle qu’a prise Erdogan est celle de l’échec de son projet de changer le système politique de la Turquie, pour passer du régime parlementaire au système présidentiel, pour devenir un super président ayant des prérogatives élargies.

 

 

La troisième gifle est celle de la fin d’une époque, qui a duré, pendant près de 15 ans, (depuis 2002), où l’AKP de Recep Tayyip Erdogan avait pris l’habitude de gagner toutes les élections parlementaires, présidentielles, régionales et municipales, de manière quasi-exclusive. Mais, maintenant, il semblerait que le processus de l’échec et du recul commence, pour l’AKP, qui a obtenu, dimanche, 41% des voix, contre 49.8%, lors des dernières élections législatives, (2011). 

 

Mais la gifle la plus douloureuse, qui a surpris, grandement, le Président Erdogan, est, sans doute, celle de la réussite spectaculaire des Kurdes, aux élections parlementaire de dimanche. Les Kurdes étaient, essentiellement, représentés à ces élections, par les candidats du Parti démocratique des peuples.

Le leader de ce parti, Selahattin Demirtas, a fait preuve d’un courage extraordinaire, car il a fait entrer son parti, dans la campagne électorale, en établissant des listes auxquelles ne participait aucun candidat indépendant. Il a réussi, ainsi, à dépasser la barre des 10% des voix, pour permettre au plus grand Parti politique pro-kurde de la Turquie d’obtenir des sièges, pour la première fois, au parlement. 

Après la décompte de 97% des votes, les résultats préliminaires ont montré que l’AKP du Président Recep Tayyip Erdogan a obtenu 40.84% des voix, ce qui signifie un recul de près de 9%, par rapport à son score, lors des dernières élections législatives de 2011. Ainsi, il manque 16 sièges à l'AKP, au Parlement, pour pouvoir former un gouvernement indépendant. 

Le Parti républicain du peuple a obtenu 25.13% des votes, accusant un recul de 1%, par rapport aux résultats de ce parti, en 2011.

Le Parti de l’action nationaliste, (droite), a obtenu 16.43% des votes, et a amélioré son score de 3%, par rapport aux élections parlementaires de 2011. Mais le véritable vainqueur est, probablement, le petit parti pro-kurde, le Parti démocratique des peuples, qui obtient un score record de 12.84%, sachant qu'un parti doit obtenir, au moins, 10 % des voix, pour entrer au Parlement. 

Plus de 54 millions de Turcs avaient les conditions requises, pour voter. Plus de 46 millions de citoyens se sont présentés aux urnes, ce qui signifie que le taux de participation était de 86%.

D’après les résultats préliminaires, les sièges du Parlement seront répartis, ainsi : l’AKP du Président Erdogan, (258 sièges), le Parti républicain du peuple- gauche, (132 sièges), le Parti de l’action nationaliste-droite, (82 sièges), et le Parti démocratique des peuples –pro-kurde, (78 sièges). 

On peut, ainsi,dire que les élections législatives de Turquie ont été marquées par ce que nous pourrons appeler un «coup d’Etat kurde». Il y a deux raisons, pour soutenir cette affirmation : en premier lieu, le Parti démocratique des peuples est le premier parti politique pro-kurde, qui gagne des sièges du Parlement de la Turquie, car, auparavant, les représentants kurdes obtenaient des sièges du Parlement, en tant que candidats indépendants.

En second lieu, le nombre élevé de votes que le Parti pro-kurde a obtenu, à ces élections, a joué un rôle essentiel, dans l’échec d’Erdogan et de son AKP. Autrement dit, le Parti démocratique des peuples a gagné autant de voix que l’AKP d’Erdogan a perdues. 

Si nous utilisons le terme «coup d’Etat», c’est pour indiquer qu’avec 43% ou 44% des votes, l’AKP ne pourra plus former un gouvernement indépendant.

Ce parti sera obligé d’accepter «l’humiliation» de former un gouvernement de coalition.

En outre, affaibli par les résultats du scrutin, l’AKP ne pourra plus continuer à faire cavalier seul, en matière de la politique intérieure et de politique étrangère, car les opposants à ces politiques participeront, cette fois-ci, au gouvernement.

L’autre scénario que l’on peut envisager, pour la Turquie, c’est la possibilité d'élections législatives anticipées, en automne 2015, ou l’année prochaine.

08/06/2015

EUROPE : LES EMPLOIS ET LA DESTRUCTION PROGRAMMÉE !

Europe : les emplois virtuels et le contrôle social

Économie UE
 
 
 

 

Alors que l’économie en Europe périclite, le New York Times rapporte que les millions de chômeurs de la zone Euro se consolent en participant à une curieuse économie parallèle peuplée de milliers de fausses entreprises qu’on appelle des «entreprises d’entraînement». Cet univers alternatif ne produit pas de biens ni de services concrets, mais il offre aux personnes des postes non rémunérés qui leur donnent un cadre, une structure et un sentiment d’intégration. Le fait de participer à ce marché du travail bidon apporte, certes, un certain soulagement à un niveau superficiel, mais quand on sait où regarder, on voit clairement qu’il s’agit de contrôle social.

Conçue après la seconde guerre mondiale pour offrir une formation professionnelle, cette simulation commerciale à grande échelle a actuellement pour objectif de résoudre le problème du chômage de longue durée dont souffrent plus de la moitié de ceux qui sont actuellement sans emploi dans l’UE. L’idée de base est d’empêcher les gens rejetés par le marché du travail de se sentir isolés et de déprimer, en leur donnant un endroit où ils peuvent au moins faire comme s’ils avaient un emploi normal.

Le fait d’avoir une routine familière et des habitudes est réconfortant. Si vous ne parvenez pas à  gratter quelques miettes pour survivre grâce à un contrat travail temporaire sous-payé dans le monde réel, vous pouvez toujours sauver les apparences en travaillant pour un employeur qui fait semblant de vous payer pendant que votre estomac crie famine. L’article du Times décrit, entre autres, une scène digne de la double pensée d’Orwell, où une femme demande à ses collègues «Quelle est notre stratégie pour améliorer la rentabilité?»

On dirait Patricia Routledge s’écriant: C’est Bouquet, chère! B-U-C-K-E-T!*

Bien que ses promoteurs soutiennent que ce vaste lieu de travail virtuel augmente le professionnalisme et la confiance en soi, le fait est que cette stratégie ne traite que les symptômes. La plupart des gens sans histoire se mettent à poser des questions difficiles quand la catastrophe les frappe et que le monde cesse de faire sens. En gardant les chômeurs occupés à s’entraîner essentiellement à enfiler des perles, on les empêche de réfléchir à des choses plus profondes et de remettre en question les principes de base de la société dans laquelle ils vivent.

Barbara Ehrenreich, l’auteur de Nickel and dimed**, qualifie la thérapie des faux emplois d’entraînement au déni:

« La nécessaire première étape, ainsi que le programme en 12 étapes l’indique, est de surmonter le déni. La recherche d’emploi n’est pas un emploi; la reconversion n’est pas la panacée. On peut être plus pauvre qu’on ne l’a jamais été et se sentir aussi plus libre –   d’exprimer sa colère et son sentiment d’urgence, de rêver et de créer, de rencontrer d’autres personnes pour travailler avec elles à l’édification d’un monde meilleur».

Des célébrités comme Oprah Winfrey prêchent l’évangile à courte-vue du développement personnel, un récit qui prône le changement individuel, tout en ignorant presque entièrement les problèmes institutionnels plus larges. Les ploutocrates brament sentencieusement que «ma richesse est ma vertu» dans le sillage de l’effondrement de 2008 et de nouveaux transferts d’une importance sans précédent de richesse. Ils ont le culot de stigmatiser les victimes de l’implosion économique consécutive du fait qu’elles sont au chômage et préconisent une bonne cure d’austérité pour les guérir. Peu importe que les milliardaires déplacent les poteaux des buts dans les coulisses ou que les gens attentent à leur vie, comme le vieux grec, Dimitris Christoulas, qui a préféré se suicider plutôt que de mourir de faim.

Face à la menace d’un soulèvement politique, la classe dirigeante préfère que les chômeurs restent sagement sur le tapis roulant de l’emploi, le nez dans le guidon, bien dans les clous.

Parce que c’est le signe que les travailleurs acquiescent tacitement au système politique, économique et sociale existant. Autrement, le vulgum pecus pourraient en profiter pour s’organiser et envisager des solutions de rechange. Pour la noblesse fortunée du 0,1%, cela pourrait vraiment être dangereux.

Bill BLUNDENCounterpunch, 5- 7 juin 2015

Bill Blunden est un journaliste dont les domaines de recherche actuels comprennent la sécurité de l’information, la protection des données et l’analyse des institutions. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont « The Rootkit Arsenal » et « Behold a Pale Farce: Cyberwar, Threat Inflation, and the Malware-Industrial Complex. »  Bill est le principal enquêteur de Below Gotham Labs.

Notes :

*Patricia Routledge incarne Hyacinth Bucket dans le feuilleton télévisuel britannique « Keeping Up Appearances ». C’est une femme (autour de la soixantaine) d’origine modeste et très commune. Son principal défaut est le snobisme. Son désir d’appartenir à une classe sociale plus élevée l’amène à céder à de nombreuses manies, dont celle d’être appelée « Bouquet » (Bucket, en anglais signifie « seau » ou « tinette »).

** L’Amérique pauvre: Comment ne pas survivre en travaillant.

Article original: http://www.counterpunch.org/2015/06/05/social-con...

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/europe-les-emplois-virtuel...

UN FRONT ISLAMIQUE DANS LES BALKANS OCCIDENTAUX ?

Vers un nouveau front islamiste dans les Balkans occidentaux

Crises/guerres Hégémonie
 
 
kosovo

 

L’expansionnisme albanais :stratégie de la tension dans tous les Balkans occidentaux

Le Kosovo et la Serbie méridionale, en plus de la Macédoine du nord, sont des régions où l’expansionnisme extrémiste albanais se développe depuis la fin des années 1990. Or ce processus se développe non seulement au détriment des populations serbes obligées de fuir, mais également des minorités roms, turques et bochniaques également prises au piège et vivant dans un état de peur permanente.

Les extrémistes albanais ont procédé depuis 1999 à un grignotage systématique du territoire. Les trois grandes villes du Kosovo ont été épurées de leur population serbe : Pristina est aujourd’hui vidée des 40 000 Serbes que comptaient la ville en 1999, tout comme le sont Pec et Prizren. Les Serbes sont petit à petit repoussés au nord de l’Ibar selon une logique implacable. Après les grands centres du sud (Prizren) et de l’est (vallée de la Drenica) dans les années 2000-2002, il a été procédé à partir de 2003 à l’épuration des Serbes du cœur de la plaine du Kosovo, au carrefour des grands axes de communication. Un premier déferlement de violence a eu lieu les premiers mois du rétablissement d’une autorité albanaise au Kosovo, avec des assassinats de paysans et plusieurs villages serbes attaqués de nuit par les extrémistes albanais. Le 15 août 2003, à Goraždevac, une fusillade sur un groupe d’enfants serbes qui se baignaient dans la rivière aboutit à l’assassinat des jeunes Ivan Jovanović et Pantela Djakić. Les Roms ont aussi beaucoup pâti de l’extrémisme albanais. Plusieurs dizaines de milliers ont dû fuir après 1999, souvent à l’étranger. Les Roms restés au Kosovo s’entassent souvent dans des camps de réfugiés au nord de l’Ibar.

Cela a débouché sur les émeutes raciales des 17 et 18 mars 2004, pendant lesquelles un déferlement de violence inouï de la part cette fois d’une partie de la population albanaise a abouti à un bilan dramatique : 19 morts, 900 blessés, 700 maisons et trente églises détruites, 4000 personnes chassées de chez elles. Là encore, les attaques albanaises étaient ciblées, car elles visaient des villages serbes autour de Priština et le dernier réduit méridional dans des monastères autour de Prizren.

Les liens entre Al-Qaïda et l’UCK au Kosovo

Plusieurs sources sérieuses ont démontré que la guérilla de l’UCK a été soutenue dès 1998 par des moudjahiddines liés à Al Qaïda. Le Washington Times, s’appuyant sur un rapport des services américains, révélait le 4 mai 1999 – c’est-à-dire pendant les bombardements de l’OTAN – que certains combattants de l’UCK luttant contre l’armée yougoslave ont été « formés dans des camps terroristes en Afghanistan et en Bosnie-Herzégovine » et « financés par Oussama Ben Laden ». Durant le conflit du Kosovo au printemps 1999, des vétérans du « Djihad islamique » venant de Bosnie et de Tchétchénie ont « passé la frontière de l’Albanie voisine par groupes de cinquante hommes ou plus ». Selon le gouvernement serbe, l’unité « Abou Bekir Sidik » opérait dès le mois de mai 1998 dans la vallée de la Drenica. Composée de 210 combattants « internationaux » (Bochniaques, Saoudiens, Yéménites, Irlandais), cette unité était commandée par Ekrem Avdi, ex-djihadiste en Bosnie et proche des Frères Musulmans. Lors des émeutes anti-serbes des 17 et 18 mars 2004, Ekrem Avdi était présent auprès d’autres membres présumés d’Al Qaïda , comme Samedin Xhezairi [i]. Le journaliste d’investigation Jürgen Elsässer a prouvé que plusieurs leaders d’Al Qaïda ont joué la courroie de transmission avec les chefs de l’UCK. Abou Hamza aurait ainsi créé et dirigé un camp d’entaînement d’Al Qaïda près de Prizren. Mohammed Al Zawahiri, chef du « Djihad islamique » égyptien et frère du bras droit de Ben Laden, aurait également dirigé une unité d’élite de l’UCK. Enfin Ridvan Neziri, ancien d’Afghanistan, faisait office pendant la guerre du Kosovo de représentant d’Al Qaïda auprès de l’État-major de l’UCK [ii].

Fréquemment, des fuites des services de renseignement de la KFOR nous indiquent la gravité de la menace terroriste islamiste au Kosovo et ses alentours. Dans un communiqué du 8 mars 2007, il est annoncé que des djihadistes se prépareraient à commettre des attentats au nord de l’Ibar au Kosovo et au Sandjak, dans le but d’élargir leur contrôle territorial aux zones de peuplement serbe. Le quartier général de l’unité de moudjahiddines albanais « Abou Bekir Sidik», commandée par Ekrem Avdija, se trouverait à Mitrovica – sud et déploierait ses activités en Métochie(Drenica) et au Monténégro oriental (Mokra Gora).

Or ce constat arrive au moment où l’activisme de groupes islamistes radicaux s’accélère. Ainsi dans le village de Rezale (Drenica), la mosquée entièrement financée par l’Arabie saoudite et respectant scrupuleusement la charia, est dirigée par un imam cousin du n°2 d’Al Qaïda. Dans les villages alentour, l’appel au djihad est fréquemment prononcé. Ces islamistes radicaux sont soutenus par des groupes extrémistes venus du Sandjak et même d’Albanie. Un des camps d’entraînement terroriste de la Drenica, tenu par le membre des services de contre-espionnage du gouvernement provisoire de Pristina, Ilijaz Prokchi, servirait, selon les services de l’OTAN, au maniement des armes chimiques. Le plus inquiétant est que ces extrémistes « locaux » sont de plus en plus soutenus de l’extérieur. Ainsi en décembre 2006 seraient arrivés au Kosovo, par l’entremise d’organisations caritatives islamistes, une trentaine de moudjahiddines égyptiens venus de France. Ils ont été accueillis par le groupe « Abou Bekir Sidik » à Srbica, qui pourrait disposer d’un armement important car leur mosquée d’attache se situe à côté de l’ancienne usine d’armements « Ilijaz Kodra ». Leur but serait d’engager la lutte armée contre la KFOR et la MINUK afin d’ouvrir un corridor islamiste joignant l’Albanie au nord du Kosovo [iii].

Or l’instrumentalisation de ces divers groupes islamistes est le fait ici du pouvoir albanais du Kosovo. Le frère du Premier ministre, Gani Thaçi, déjà connu pour le racket des stations d’essence kosovares, serait ainsi chargé du transport et de l’implantation de ces djihadistes internationaux sur le territoire du Kosovo. Les moudjahiddines sont en effet nécessaires à la famille Thaçi comme fer de lance d’une attaque sur le nord du Kosovo. Le terrorisme islamiste est ici clairement utilisé dans des buts territoriaux par Pristina : évincer définitivement les Serbes du Kosovo et étendre leur contrôle sur le Sandjak et la Serbie méridionale.

Tensions albanaises en Serbie du sud

À l’hiver 2000, l’UCK a accouché de deux mouvements terroristes opérant depuis le Kosovo en Serbie du sud et en Macédoine. Pour la guérilla albanaise, le but affiché est de détacher trois communes du sud de la Serbie pour les englober au Kosovo : Bujanovac peuplée de 61% d’Albanais, Presevo de 93 % et Medvedja de 39%. Le 4 février 2000,l’UCPMB (« Armée de libération des villes de Presevo, Medvedja et Bujanovac »)attaquait cette vallée du sud-est de la Serbie et à Dobrasin, une fusillade entre la guérilla albanaise et la police serbe faisait fuir 175 Albanais. Le 20 janvier 2000 l’UCKM (« Armée de libération nationale des Albanais de Macédoine ») posait sa première bombe en Macédoine ; elle passera à l’offensive armée un an plus tard.

Lors de la « révolution démocratique » à Belgrade (octobre 2000), les Albanais du triangle Presvo-Medvedja-Bujanovac réclamaient une meilleure représentation dans les institutions publiques et dénonçaient les brimades policières serbes. Mais très vite – en novembre 2000 – l’UCPMB va contrôler la route menant au Kosovo et réaliser des attentats fréquents contre la police. Le 28 janvier 2001, trois policiers serbes sont tués par des mines antichars placées par les Albanais de l’UCPMB : à ce moment, la guérilla albanaise contrôle quelques 200 km2 de cette région située en bordure du Kosovo. Début février 2001, une attaque contre un autobus transportant des Serbes fait 10 morts au Kosovo. Devant cette escalade des deux côtés de la frontière impulsée par les guérillas albanaises, Belgrade demande à l’OTAN d’assurer la sécurité ; en même temps elle impose une « redéfinition » de la zone de sécurité à la frontière entre le Kosovo et la Serbie méridionale. Le 8 juillet 2009, une attaque à la grenade se passait contre une gendarmerie à Lučane près de Bujanovac, faisant deux blessés. Cette attaque terroriste était qualifiée par Ivica Dačić, Ministre de l’Intérieur, comme « une attaque contre l’intégrité territoriale de la Serbie ». On voit donc se développer même aux confins méridionaux de la Serbie une volonté irrédentiste albanophone qui, outre la volonté d’élargir par la force les frontières du Kosovo, vise à créer un abcès de fixation sur un passage important, le corridor énergétique et de communication Belgrade-Salonique.

La Macédoine touchée par l’irrédentisme albanais depuis 2001

L’UCK a également combattu en Macédoine en 2001. Wolf Oschlies, conseiller du gouvernement allemand, pense que quelque 150 moudjahiddines, « proches de Ben Laden », auraient participé à la formation de l’Armée Nationale Albanaise (ANA) sur les décombres de l’UCK dissoute. Ils ont été entraînés en Bosnie dans les camps de l’armée bochniaque. L’un d’entre eux, un certain Fatih Hassanein, a fait plusieurs allers-retours entre Macédoine et Kosovo en 2001. Or ce Soudanais avait auparavant dirigé l’ONG caritative islamiste TWRA, active en Bosnie et au Kosovo : il aurait été le relais entre Ben Laden et les autorités de Sarajevo durant le conflit bosniaque.

Cet État fragile ne peut non plus lutter contre la mafia albanaise. Ainsi, le 12 octobre 2005, un citoyen turc, Erdogan T., était arrêté dans sa jeep immatriculée en Albanie alors qu’il essayait d’entrer en Macédoine par le passage de Kafasan sur le lac d’Ohrid. Il transportait un kilo de cocaïne, plus quatre kilos d’héroïne et un demi-kilo de haschich, le tout emballé dans 19 paquets. En janvier 2006, trois islamistes français d’origine marocaine étaient appréhendés au cours d’une opération de police menée à Priština, au Kosovo. Ils avaient fui la police française à la suite des émeutes de l’automne 2005, et se trouvaient sous la protection d’une « maison wahhabite de sécurité » au cœur même de Priština.

Mais surtout, le non règlement de la question albanaise en Macédoine a fini par exploser à la figure des décideurs internationaux. C’est ainsi que les 10 et 11 mai 2015 de véritables scènes de guerre se déroulèrent pendant plus de vingt heures entre l’armée macédonienne et un groupe de guérilleros de l’ancienne UCK. Le bilan est très lourd : 19 morts et un quartier entier détruit aux maisons éventrées. Or, dans les jours suivants, on apprenait que parmi les terroristes assaillants se trouvaient pas moins de trois commandants qui avaient combattu dans les rangs de l’UCK durant la guerre du Kosovo en 1999. Déjà le 20 avril 2015, un groupe de 40 membres de l’UCKM (section macédonienne de l’UCK) masqués et armés avaient purement et simplement attaqué un poste de police dans le village de Gošince et après avoir brutalisé et ligoté les quatre policiers macédoniens de faction, filmé à la mode lancée par Al Qaïda leurs revendications on ne peut plus claire : former la Grande Albanie. On voit donc que se dessiner par des actions ponctuelles et marquant le territoire autour du Kosovo une volonté d’imposer, par la terreur, le programme jusqu’au boutiste de la grande Albanie. Les efforts entrepris par la communauté internationale depuis les accords d’Ohrid ayant mis fin à six mois de violences inter-ethniques ne sont pas récompensés par la paix[iv]

Une stratégie de la terreur semble s’imposer en Macédoine aussi, pour l’UCK payante car les territoires albanophones du nord et de l’est du pays vont petit à petit vers une séparation de fait du centre, formant au mieux à l’avenir une confédération à la bosniaque.

Conclusion

Nous assistons à l’émergence d’une véritable transversale verte du terrorisme sur une ligne suivant les territoires suivants : Bosnie-Sandjak-Kosovo-Macédoine. Le but des terroristes islamistes est clair : créer un foyer de tension durable en Europe du sud-est.

Dans un scénario à l’algérienne, le but des différents mouvements appuyant le projet de « Grande Albanie » est de creuser un fossé entre les Albanais et toutes les autres communautés (Serbes, Macédoniens, Roms, Turcs) à l’échelle de tous les Balkans occidentaux. L’objectif est également d’internationaliser la question, en développant la stratégie de la terreur afin de pousser les puissances occidentales à intervenir.

Dans un avenir très proche, la question est donc bien de savoir si, devant la recrudescence rapide des violences islamistes dans les Balkans, nous n’allons pas vers un nouveau conflit d’ampleur impliquant les forces occidentales. L’autre question brûlante est, devant l’atermoiement des Occidentaux face à ces phénomènes de guérilla urbaine, de savoir si cela ne sert pas les intérêts des États-Unis. Alors que l’on est prompt à intervenir sur les zones du Sahel ou du Moyen Orient, pourquoi rien n’est fait pour contrer cette nouvelle guerre qui s’annonce préjudiciable à l’Europe toute entière ?

 Alexis Troude –  6 juin 2015
 
Notes
[i] Ministère de la Défense de Serbie-Monténégro, « Rapport sur les événements du Kosovo les 17 et 18 mars 2004 », Revue Vojska, Belgrade, 25 mars 2004.

[ii] Jürgen Elsasser, Comment le Djihad est arrivé en Europe, Xenia 2006, pp 164-165.
[iii] Andrija Mikic “Le Djihad menace le Kosovo”, Novosti, Belgrade, 8 mars 2007.
[iv] Les accords d’Ohrid du 13 août 2001 avaient imposé au gouvernement central le principe de la clé nationale au Parlement (quota de 20 députés albanophones) et au gouvernement (5 ministres et un vice-président albanophone), mais aussi l’égalité linguistique (à côté de la langue officielle macédonienne existait une langue nationale albanaise) et des droits culturels (université albanophone de Tetovo).
Christophe Chiclet, « L’ambiguïté des accords d’Ohrid », Confluences Méditerranée 3/2007 (N°62) , p. 101-108

Source: http://www.realpolitik.tv/2015/06/vers-un-nouveau...