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06/11/2016

TURQUIE , LES AMBITIONS DU PRÉSIDENT ERDOGAN ....TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

  • « Nous verrons bien comment votre ami islamiste [Erdogan] se comporte une fois qu'il aura eu raison de l'establishment laïque ». — L'auteur à un ami, 2004.

  • Les frontières que la Turquie a acceptées en 1923 avec le Traité de Lausanne « sont la plus grande injustice faite au pays et à la nation ». — Recep Tayyip Erdogan, Président de la Turquie, 19 octobre 2016.

  • Les nouvelles revendications d'Erdogan semblent marquer le retour de vieux désirs hégémoniques vers l'ouest (Grèce), mais aussi en direction du sud (Syrie) et du sud-est (Irak). La Turquie souhaite évidemment être partie prenante d'une offensive irakienne -- mais aussi kurde -- contre Mossoul contrôlé depuis 2014 par l'État islamique en Irak et au Levant (ISIS).

Sirotant un ouzo dans un café d'Athènes, une chaude après-midi de 2004, un ami, diplomate grec, m'a souri et a dit :

«Vous avez tort au sujet Erdogan. Il va réformer la culture démocratique de la Turquie, l'aligner sur celle de l'Union européenne, renforcer ses liens avec l'OTAN et poursuivre une politique qui favorise la paix dans cette partie du monde. En attendant, il va écraser l'establishment militaire laïque et la Turquie ne représentera plus une menace pour ses voisins ».

J'ai répondu : « Nous verrons comment votre ami islamiste [Erdogan] se conduit une fois qu'il sera venu à bout de l'establishment laïque ».

Douze ans après, j'apprécie toujours de partager un ouzo pacifique avec ce même ami grec. Mais en revanche, les relations de la Turquie avec ses voisins, y compris la Grèce, semblent beaucoup moins paisibles.

Lors d'un rassemblement public le 22 octobre dernier, le président Erdogan a déclaré : « Nos frontières nous ont été imposées ». Il a ajouté : « Au moment [ou les frontières actuelles ont été établies], nous l'avons accepté, mais la véritable erreur a été de se résoudre à ce sacrifice ».

Qu'est-ce que tout cela signifie ?

Le 19 octobre, Erdogan a déclaré que la Turquie avait été contrainte par les puissances étrangères à « perdre la mémoire de son histoire ottomane et seldjoukide », à oublier que nos ancêtres Turcs contrôlaient un territoire qui courait à travers l'Asie centrale et le Moyen - Orient. Ces mots ont été prononcés au moment où les médias à la solde du gouvernement publiaient d'anciennes cartes ottomanes ou les frontières s'étendaient jusqu'à Mossoul, la deuxième plus grande ville d'Irak, une ancienne province ottomane.

Le même jour, Erdogan a dit :

« [En 1914], nos territoires recouvraient une zone de 2,5 millions de kilomètres carrés. Neuf ans après, le Traité de Lausanne a réduit la Turquie à 780.000 kilomètres carrés .... Il faut le dire, [les frontières de 1923] sont la plus grande injustice infligée à notre pays et à notre nation. Alors que tout change dans le monde d'aujourd'hui, le maintien de notre statut de 1923, ne peut être considéré comme un succès ».

Cette réactivation des grandeurs passées est, de la part d'Erdogan, l'expression d'un souhait hégémonique en direction de l'ouest (Grèce), mais aussi en direction du sud (Syrie) et du sud-est (Irak). La Turquie souhaite évidemment participer à l'offensive irakienne et kurde contre Mossoul, contrôlée depuis 2014 par l'Etat islamique d'Irak et de Syrie (ISIS). Le but de la Turquie serait de faire en sorte que le Mossoul post-Etat islamique soit à « dominante sunnite » et non pas chiite.

En Syrie, la Turquie cible les Kurdes avec l'aide de ses alliés, les islamistes semi-djihadistes de l'Armée syrienne libre (FSA). Le 24 août, l'armée turque a lancé son armée sur le territoire syrien et a gardé le contrôle de la région depuis, soutenant par ailleurs diverses factions islamistes sunnites de l'Armée syrienne libre. Le 20 octobre, un jour après qu'Erdogan ait évoqué l'« injustice des frontières de 1923 », l'armée turque a reconnu que ses avions de combat avaient bombardé les combattants kurdes alliés des Etats-Unis au nord de la Syrie.

Ces bombardements ont eu lieu au moment ou les combattants kurdes combattaient l'Etat islamique près d'Afrin, une ville située à 40 kilomètres au nord-ouest d'Alep. La Turquie a affirmé que 160 à 200 combattants kurdes avaient été tués, mais le HDN, un parti politique majoritairement kurde en Turquie, a déclaré que 14 personnes, dont quatre civils, avaient été tués.

Ces opérations ont non seulement représenté un risque opérationnel imprévu pour la campagne alliée contre l'Etat islamique, mais sont également susceptibles d'engendrer des tensions militaires entre la Turquie et la Syrie, cette dernière étant soutenue par l'Iran et la Russie. Le gouvernement syrien a rapidement lancé un avertissement à Ankara : tout avion turc qui s'aventurerait dans l'espace aérien syrien serait « abattu par tous les moyens ».

Le 22 octobre, des sources locales ont informé l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme que les bombardements turcs se poursuivaient sur les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ce jour-là, les forces turques ont tiré plus de 200 obus de canons et de chars sans oublier les missiles.

Le révisionnisme pro-ottoman d'Erdogan vise à réveiller la fierté de dizaines de millions de Turcs quant au passé glorieux de leurs ancêtres ; il peut même avoir pour conséquence d'élargir la base électorale de ce président déjà très populaire. Mais l'irrédentisme, surtout s'il est porté par la puissance des armes, ne fera que rendre cette région instable, encore plus instable– jusques et y compris à l'intérieur du territoire turc.

 

En 2013, The Economist a publié en couverture un photomontage fusionnant le sultan ottoman Selim III et le Premier ministre de la Turquie (aujourd'hui président) Recep Tayyip Erdogan, pour illustrer les tendances de plus en plus autocratiques de ce dernier (à gauche). En 2015, Erdogan pose dans son palais avec « 16 guerriers » en costumes qui le protègent, et qui incarnent chacun l'un des 16 régimes qui ont dominé l'histoire turque, y compris l'empire moghol, l'empire timouride et l'empire ottoman (droite).

 

Burak Bekdil, basé à Ankara, est éditorialiste du journal turc Hürriyet Daily et Fellow du Middle East Forum.

ZONES DE CONFLITS : SYRIE, IRAK, IRAN ET LES OCCIDENTAUX ! TRIBUNE LIBRE !

Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Ilya Budraitskis. Le 17 octobre 2015, Zakaria Malafji, membre de l’Armée syrienne libre à Alep, déclarait à un journaliste du Guardian: «Le régime d’Assad a avancé de 6 km le vendredi 16 octobre et s’est emparé de trois villages.

Les Russes nous ont arrosés avec des bombes, y compris sur les zones habitées par des civils. Ils veulent tout nettoyer afin que les tanks du régime et même les fantassins puissent avancer.»

Paul Khalifeh rapportait de Beyrouth, le 18 octobre, sur les ondes de RFI qu’Hassan Nasrallah avait déclaré lors de la cérémonie en hommage «à l’un des plus importants chefs militaires du Hezbollah, Hassan Hussein al-Hage tuée en Syrie la semaine dernière que ce commandant est mort au combat en participant avec ses troupes à l’offensive de l’armée syrienne dans la province d’Idleb, près de la Turquie, très loin du Liban». Nasrallah a conclu: «La bataille actuelle est essentielle et décisive.Nous sommes présents partout où nous devons l’être.»

Selon P. Khalifeh, basé à Beyrouth: «Des experts évaluent à 10’000 le nombre de combattants du Hezbollah actuellement déployés en Syrie.»

Afin de contextualiser et de saisir les lignes de force de la guerre civile en Syrie et les interventions de la Russie comme des forces militaires occidentales, Ilya Budraitskis s’est entretenu avec Gilbert Achcar.

 

Nous présentons ci-dessous la traduction français de cet entretien. (Rédaction A l’Encontre)*****

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Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Ilya Budraitskis

Le 17 octobre 2015, Zakaria Malafji, membre de l’Armée syrienne libre à Alep, déclarait à un journaliste du Guardian: «Le régime d’Assad a avancé de 6 km le vendredi 16 octobre et s’est emparé de trois villages.

 

Les Russes nous ont arrosés avec des bombes, y compris sur les zones habitées par des civils. Ils veulent tout nettoyer afin que les tanks du régime et même les fantassins puissent avancer.»

 

Paul Khalifeh rapportait de Beyrouth, le 18 octobre, sur les ondes de RFI qu’Hassan Nasrallah avait déclaré lors de la cérémonie en hommage «à l’un des plus importants chefs militaires du Hezbollah, Hassan Hussein al-Hage tuée en Syrie la semaine dernière que ce commandant est mort au combat en participant avec ses troupes à l’offensive de l’armée syrienne dans la province d’Idleb, près de la Turquie, très loin du Liban».

Nasrallah a conclu: «La bataille actuelle est essentielle et décisive.Nous sommes présents partout où nous devons l’être

Selon P. Khalifeh, basé à Beyrouth: «Des experts évaluent à 10’000 le nombre de combattants du Hezbollah actuellement déployés en Syrie.»

Afin de contextualiser et de saisir les lignes de force de la guerre civile en Syrie et les interventions de la Russie comme des forces militaires occidentales, Ilya Budraitskis s’est entretenu avec Gilbert Achcar. Nous présentons ci-dessous la traduction français de cet entretien. (Rédaction A l’Encontre)

*****

Ilya Budraitskis: Il y a plusieurs jours (30 septembre) que les opérations militaires russes en Syrie ont débuté; les objectifs et la stratégie de cette opération restent peu clairs. L’explication donnée par les autorités russes n’est pas évidente.

D’un côté, elles affirment que la raison principale de cette opération est de combattre l’Etat islamique et, de l’autre, ainsi que Poutine l’a fait aux Nations unies [le 28 septembre], elle est présentée comme une contribution visant à légitimer le gouvernement d’Assad. D’après vous, quel est le véritable objectif de cette opération ?

Gilbert Achcar: La raison officielle initiale donnée pour l’intervention a été façonnée pour que la Russie obtienne un feu vert occidental, en particulier américain.

Dans la mesure où les pays occidentaux bombardent l’Etat islamique en Syrie, ils n’étaient certainement pas en mesure de formuler des objections à la Russie de faire de même. C’est avec ce prétexte que Poutine a vendu son intervention à Washington avant de la mettre en œuvre, et Washington a officiellement acheté. Au tout début, avant que la Russie planifie le commencement des bombardements, les déclarations de Washington saluaient la contribution de la Russie au combat contre l’Etat islamique.

C’était, bien entendu, complètement illusoire – une supercherie. Mais je serais très surpris si, à Washington, ils s’imaginaient réellement que la Russie déployaient des forces en Syrie pour combattre l’Etat islamique.

Ils ne peuvent ignorer que le véritable objectif de l’intervention russe est de consolider le régime de Bachar el-Assad.

Le fait est que Washigton partage le véritable objectif de l’intervention de Moscou: empêcher l’effondrement du régime Assad. Depuis la première phase du soulèvement en Syrie, l’administration des Etats-Unis, même lorsqu’elle commença à dire qu’Assad devrait se retirer, a toujours insisté sur le fait que le régime devrait rester en place.

Contrairement ce qu’imaginent des critiques simplistes des Etats-Unis, l’administration Obama n’est en aucune mesure impliquée dans une affaire de «changement de régime» en Syrie – c’est plutôt le contraire qui est vrai. Elle souhaite uniquement un régime Assad sans Assad.

C’est la «leçon» qu’elle a tirée de l’échec catastrophique des Etats-Unis en Irak: rétrospectivement, elle pense que les Etats-Unis auraient dû opter pour un scénario que l’on pourrait qualifier de «saddamisme sans Saddam», plutôt que de démanteler les appareils du régime iraken.

C’est la raison pour laquelle l’intervention de Poutine était vue plutôt favorablement par Washington. Il y a beaucoup d’hypocrisie dans la plainte actuelle de l’administration Obama sur le fait que la plus grande partie des frappes russes sont dirigées contre l’opposition syrienne n’appartenant pas à l’Etat islamique.

Ils blâment la Russie pour ne pas frapper suffisamment l’Etat islamique: si la proportion des frappes russes contre l’Etat islamique avaient été plus importante, leur collusion leur aurait été plus confortable. Ils se seraient opposés dans une bien moindre mesure aux frappes consolidant le régime Assad.

Et, pourtant, l’espoir de Washington est que Poutine empêchera non seulement un effondrement du régime et le consolidera, mais qu’il contribuera également à aboutir à une espèce de résolution politique du conflit. Pour l’heure, cela relève plus du prendre ses désirs pour une réalité que d’une concrétisation que de cette option.

L’objectif central de l’intervention militaire russe en Syrie était d’étayer le régime en un moment où ce dernier subissait de fortes pertes depuis l’été dernier. Assad lui-même a reconnu en juillet 2015 l’incapacité du régime de conserver des fractions de territoire qu’il contrôlait jusque-là.

L’intervention de Moscou a pour objectif d’empêcher l’effondrement du régime et de lui permettre de reconquérir le territoire qu’il a perdu au cours de l’été passé. C’est là l’objectif fondamental et premier de l’intervention russe.

Il y a toutefois un second but, qui dépasse largement la Syrie et qui se traduit dans le fait que la Russie a envoyé en Syrie une certaine sélection de ses forces aériennes de combat et a procédé à des tirs de missiles depuis la mer Caspienne.

Cela apparaît un peu comme le «moment du Golfe» de l’impérialisme russe. Ce que je veux dire par là, c’est que Poutine réalise, à plus petite échelle, ce que les Etats-Unis réalisèrent en 1991 lorsqu’ils firent étalage de leur armement avancé contre l’Irak au cours de la première guerre du Golfe.

C’était une manière de dire au monde: «Voyez à quel point nous sommes puissants! Voyez quelle est l’efficacité de notre armement!» Et c’était là un argument majeur pour la réaffirmation de l’hégémonie américaine en un moment historique crucial. La Guerre froide touchait à sa fin – 1991 se révéla, comme vous le savez bien, la dernière année d’existence de l’Union soviétique. L’impérialisme américain avait besoin de réaffirmer la fonction de son hégémonie au sein du système mondial.

Ce que Poutine fait actuellement avec cette démonstration de force revient à dire au monde: «Nous, Russes, possédons aussi un armement avancé, nous pouvons aussi être à la hauteur, et nous sommes en réalité plus fiables que les Etats-Unis.»

L’intimidation machiste de Poutine contraste fortement avec l’attitude timide de l’administration Obama au Moyen-Orient au cours des dernières années.

Poutine se gagne des amis dans la région. Il a développé des relations avec l’autocrate contre-révolutionnaire d’Egypte Sissi ainsi qu’avec le gouvernement irakien.

L’Irak et l’Egypte sont deux Etats qui étaient considérés comme appartenant à la sphère d’influence des Etats-Unis, et pourtant les deux soutiennent l’intervention russe, les deux achètent des armes russes et développent des rapports militaires et stratégiques avec Moscou.

Cela est, bien entendu, une percée majeure pour l’impérialisme russe dans sa concurrence avec l’impérialisme des Etats-Unis.

De ce point de vue, l’intervention en cours de la Russie devrait être vue comme faisant partie de la compétition inter-impérialiste. Il y a plus de 15 ans, je considérais que la guerre au Kosovo faisait partie d’une nouvelle Guerre froide.

Cette caractérisation était critiquée à l’époque; nous sommes désormais en plein dedans, c’est une chose manifeste.

Nombreux sont ceux qui affirment que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie, avec l’intervention russe, relève d’un échec complet de la politique des Etats-Unis.

D’autres pensent qu’il y a un dessein caché des Etats-Unis pour que ceux-ci impliquent la Russie dans le conflit.

Et il semble, en outre, qu’il y ait une véritable division au sein des élites américaines autour de la question syrienne.

Quelle est, selon vous, la position des Etats-Unis dans cette situation ?

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Il y a assurément, aux Etats-Unis, un désaccord ouvert au sommet en ce qui concerne la Syrie. A propos de la fourniture d’aide à l’opposition dominante syrienne, ce n’est pas un secret qu’il y a eu une querelle entre Obama et Hillary Clinton, lorsque cette dernière était secrétaire d’Etat, et d’autres, au sein de l’armée et de la CIA, partageant ses vues. En 2012, lorsque ce débat commença, la force d’opposition principale, l’Armée syrienne libre, était encore en position dominante.

C’est en fait la faiblesse de cette opposition syrienne – faiblesse qui tient à l’absence de soutien de la part de Washington et, en particulier, au veto des Etats-Unis à la fourniture de sa part de moyens de défenses anti-aériennes – qui a permis aux forces islamiques «djihadistes» de développer une opposition en parallèle qui est devenue ensuite plus importante dans l’affrontement armé contre le régime syrien.

Ceux qui étaient partisans d’un soutien à l’opposition alors dominante, comme H. Clinton et celui qui était alors directeur de la CIA, David Petraeus, sont maintenant convaincus que les événements ont montré qu’ils avaient raison, que le développement catastrophique de la situation en Syrie est, dans une large mesure, un résultat de la mauvaise politique d’Obama.

En effet, Obama fait face à un bilan très négatif de sa politique vis-à-vis de la Syrie. Il s’agit d’un désastre complet, quel que soit l’angle sous lequel vous l’analysez, humanitaire ou stratégique. Les pays de l’Union européenne sont inquiets de la très grande vague de réfugiés, laquelle est la conséquence d’un désastre humanitaire massif.

L’administration Obama tente de se consoler en affirmant que la Russie glisse dans un piège, que cela sera son deuxième Afghanistan. Ce n’est pas un hasard si, lors de ses récentes critiques de l’intervention russe, Obama a utilisé le terme de «bourbier»: un mot utilisé pour les Etats-Unis au Vietnam et pour l’Union soviétique en Afghanistan.

On dit donc maintenant que la Russie s’empêtre dans un bourbier en Syrie. C’est encore là prendre ses désirs pour des réalités. Le but consiste à adoucir à amortir l’effet d’un échec majeur.

 

Pour l’heure, il semble en fait que des alliés principaux des Etats-Unis, comme l’Allemagne et la France, n’expriment pas une position absolument négative quant à l’intervention russe.

Pensez-vous que l’intervention russe ait provoqué une division entre les Etats-Unis et l’Europe et qu’elle pourrait offrir à la Russie une possibilité de traiter avec l’Union européenne séparément des Etats-Unis ? 

Je ne le crois pas. Tout d’abord, il n’y a pas de différences majeures entre les positions française et américaine. Elles sont en réalité assez proches.

La position allemande est légèrement différente parce qu’elle n’est pas directement engagée dans une action militaire contre l’Etat islamique.

La France a critiqué la Russie pour cibler l’opposition n’appartenant pas à l’Etat islamique. Et la position française est très stricte au sujet d’Assad.

A l’instar de Washington, et même plus catégoriquement, Paris affirme qu’il doit s’en aller et qu’il ne peut y avoir de transition politique en Syrie avec sa participation.

Et c’est, en fait, assez manifeste parce que si une transition politique doit être fondée sur un accord, un compromis entre le régime et l’opposition, il est impossible que cette dernière accepte un gouvernement conjoint sous la présidence de Bachar el-Assad.

La position de Washington et de Paris suppose cela. Par contraste avec celle de Moscou, qui considère Assad comme le président légitime et insiste que tout accord doit être approuvé par lui. Il y a pour l’heure un écart significatif entre les deux positions.

Ainsi que je vous l’ai dit, Washington et ses alliés européens prennent leurs désirs pour des réalités.

Ils espèrent que, une fois le régime syrien consolidé, Poutine exercera une pression sur ce dernier afin d’ouvrir la voix à un compromis aux termes duquel Assad accepterait de remettre son pouvoir après une période transitoire dont le point culminant serait des élections.

Angela Merkel, bien qu’elle ait rectifié sa position le jour suivant, a déclaré à un moment donné que la communauté internationale devrait s’accorder avec Assad. Et nous avons entendu la même chose en provenance de plusieurs secteurs en Europe comme aux Etats-Unis: «Après tout, Assad est mieux que l’Etat islamique. Nous pouvons faire des affaires avec lui. Mettons-nous d’accord sur une espèce de transition avec lui.» C’est, en réalité, contre-productif.

Cela n’aboutit qu’à unifier l’opposition n’appartenant pas à l’Etat islamique contre cette perspective. L’opposition armée comprend toutes les nuances de «djihadisme», chacune surenchérissant sur l’autre dans son opposition à Assad. Il n’est pas possible qu’une quelconque fraction crédible de l’opposition puisse accepter un accord impliquant une présence continue d’Assad. Son départ est une condition indispensable à tout accord politique visant à mettre un terme à la guerre en Syrie. Sans cela, elle ne s’arrêtera pas.

Washington a émis de nombreuses déclarations hypocrites condamnant l’action russe, même s’il lui a tout d’abord donné le feu vert.

La raison principale à cela tient dans le fait que l’administration Obama ne veut pas apparaître comme soutenant ouvertement le sauvetage du régime Assad et, ainsi, se mettre à dos les sunnites de la région, tels qu’elle les voient. Les Etats-Unis utilisent en réalité l’intervention russe pour enfoncer un coin entre Moscou et les pays à majorité sunnite.

Les Saoudiens ont commencé des discussions avec la Russie et on rapporte qu’ils ont proposé un accord visant à augmenter les prix du pétrole comme récompense d’un changement d’attitude de la Russie vis-à-vis de la Syrie. Et ils sont actuellement très déçus par l’intervention de Moscou, bien qu’il soit possible qu’ils espèrent que Poutine impose finalement un départ d’Assad.

Au même moment, toutefois, des secteurs comme les Frères musulmans et les chefs religieux du royaume saoudien ont appelé à la guerre sainte contre le deuxième Afghanistan russe, en symétrie frappante avec la qualification par l’Eglise orthodoxe russe de guerre sainte pour ce qui a trait à l’aventure militaire de Poutine.

Notez la différence entre les guerres impérialistes précédentes et celles de la période récente: la guerre était considérée comme religieuse uniquement du côté «musulman».

Désormais, pour la première fois dans une histoire longue, nous avons un affrontement de «guerriers sacrés»! En ce sens, Poutine un est cadeau de Dieu pour les djihadistes: l’ennemi parfait.

Comme vous le savez probablement, le général iranien Qasem Soleimani a effectué une visite secrète à Moscou cet été. C’est après cette rencontre qu’a été prise la décision finale concernant l’intervention russe.

L’Iran a joué un rôle clé dans cette décision. A votre avis quel intérêt l’Iran a-t-il à une intervention russe ?

L’Iran partage avec la Russie un intérêt commun à préserver le régime Assad, qui est un allié stratégique pour les deux pays. Pour l’Iran, la Syrie représente un lien clé dans un axe qui va de Téhéran au Hezbollah du Liban en passant par l’Irak et la Syrie.

La Syrie joue un rôle crucial pour les fournitures que l’Iran transmet au Hezbollah; elle accorde aussi à l’Iran un accès stratégique à la Méditerranée. Pour la Russie, la Syrie est le seul pays sur la Méditerranée qui héberge des bases navales et aériennes russes.

Ces raisons expliquent l’actuelle contre-offensive qui se déploie en Syrie associant les forces du régime Assad, les troupes iraniennes (directement ou par procuration) et les frappes aériennes russes. En fait, le régime Assad est complètement dépendant de l’Iran depuis quelque temps déjà.

C’est l’Iran qui mène le jeu en Syrie.

La Russie exerce également beaucoup d’influence sur Damas puisqu’elle en est le principal fournisseur d’armes. Le rôle de la Russie est devenu beaucoup plus important en Syrie suite à cette intervention directe.

En Occident certains accueillent favorablement cette intervention russe en pensant que cela diminuera le rôle de l’Iran, mais cela revient de nouveau à prendre ses désirs pour des réalités.

Les médias russes décrivent la situation en Syrie comme si ce pays avait un gouvernement légitime et un ordre «normal» et que les différentes forces anti-gouvernementales ne cherchaient qu’à détruire l’Etat et à introduire le désordre.

D’après un autre point de vue, le régime Assad aurait subi une profonde transformation pendant la guerre civile et on ne peut pas dire qu’il s’agit d’un Etat «normal» qui s’affronte à des forces anti-étatiques.

Il y aurait eu une dégénérescence de l’Etat et le régime Assad actuel en serait le produit. A votre avis, quelle est actuellement la véritable nature du régime Assad et dans quel sens a-t-il changé pendant les années de guerre ?

Commençons par le fait que Poutine et Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères, décrivent tout le temps le régime Assad comme étant un gouvernement «légitime». Cette affirmation est issue d’une conception extrêmement restreinte de la légitimité.

On pourrait bien sûr dire que Assad représente le gouvernement légitime du point de vue de la loi internationale, mais certainement pas de celui de la légitimité démocratique.

Le gouvernement est peut-être «légal» selon les critères des Nations unies mais il n’est certainement pas «légitime» puisqu’il n’a jamais été élu démocratiquement. Ce régime est le produit d’un coup d’Etat qui a eu lieu il y a 45 ans. Il est encore au pouvoir après une transmission de la présidence par héritage au sein d’une la dynastie quasi royale qui dirige le pays au moyen de services de sécurité et d’une dictature militaire. La Syrie est un pays où il n’y a eu ni élections justes ni libertés politiques depuis un demi-siècle.

Ce régime s’est encore aliéné la population au cours des deux dernières décennies en accélérant des réformes néolibérales qui ont conduit à l’appauvrissement de larges secteurs de la population, surtout dans les campagnes, et à une montée brusque du chômage et du coût de la vie.

La situation était devenue intolérable, et c’est la raison pour laquelle le soulèvement populaire s’est produit en 2011. Ce régime brutalement dictatorial n’a évidemment pas pu faire face de manière démocratique aux manifestations de masse, qui étaient très pacifiques au début, par exemple en organisant des élections réellement libres. Il n’en était pas question.

Et la seule réponse du régime a été la force brutale, qui s’est intensifiée peu à peu, tuant tous les jours plus de gens et menant à une situation qui a fait que le soulèvement s’est transformé en une guerre civile. En outre, il est bien connu que durant l’été/automne 2011, le régime a relâché les djihadistes qu’il détenait dans ses prisons.

L’objectif était qu’ils créent des groupes djihadistes armés – conséquence que leur remise en liberté rendait inévitable dans le contexte d’un soulèvement – de manière à confirmer le mensonge que le régime avait répandu depuis le début, à savoir qu’il se trouvait confronté à une rébellion djihadiste. C’était un bon exemple de prophétie auto-réalisatrice, et les militants libéré des prisons par le régime dirigent actuellement certains des groupes djihadistes clés en Syrie.

Il faut comprendre que quoi que l’on puisse dire du caractère réactionnaire d’un important secteur de ceux qui luttent contre le régime, en premier lieu c’est le régime lui-même qui les a produits.

Plus généralement, par sa cruauté, le régime a suscité le ressentiment qui a engendré le développement du djihadisme, y compris l’Etat islamique (Daech), qui est en effet une réponse barbare à la barbarie du régime, dans ce que j’ai appelé le heurt des barbaries (clash of barbarisms).

Il y a un autre aspect à cette question. Le régime Assad est maintenant bien pire qu’il ne l’était avant le soulèvement. Actuellement ce n’est plus seulement un Etat dictatorial mais aussi un pays dans lequel des gangsters meurtriers déchaînés – les shabiha, comme on les appelle en arabe – sont aux commandes. C’est la terreur semée par les shabiha dans la population des régions contrôlées par le régime qui a entraîné la récente la vague de réfugiés syriens fuyant vers l’Europe.

Ce sont les nombreuses personnes qui ne supportent plus de rester soumis à ces gangsters criminels que le régime Assad a encouragés.

La population syrienne n’a aucune confiance en l’avenir du régime, c’est pourquoi tous ceux qui peuvent se le permettre décident d’essayer de fuir en Europe.

Comme vous pouvez le voir dans les reportages à la télévision, beaucoup de réfugiés qui fuient vers l’Europe n’appartiennent pas aux secteurs les plus pauvres de la population. Il y a une proportion significative de personnes de la classe moyenne parmi les réfugiés. Souvent ces personnes ont vendu tout ce qu’elles possédaient en Syrie parce qu’elles n’avaient aucun espoir d’y revenir.

Cela va coûter très cher à l’avenir du pays. Ceux qui restent en Syrie sont soit des gens qui ne peuvent pas faire autrement, soit ceux qui profitent de la guerre.

La situation est très sombre. Personne ne peut blâmer les Syriens parce qu’ils décident de quitter définitivement leur pays, il faut vraiment être très optimiste pour conserver un quelconque espoir dans l’avenir de la Syrie.

Néanmoins l’histoire a connu des situations dramatiques encore pires qui ont été suivies de renouveau, même si cela peut prendre des années.

La première condition pour la cessation de la guerre et le début d’un relèvement de la Syrie est cependant le départ d’Assad. Il sera impossible de mettre un terme à cette terrible tragédie tant qu’il sera au pouvoir.

Les médias occidentaux parlent encore d’une opposition modérée en Syrie.

Le principal contre-argument de Poutine est qu’il n’y a pas de frontière claire entre les djihadistes et les modérés dans l’opposition armée. Lavrov a même déclaré récemment qu’il pourrait bien parler à l’Armée libre syrienne, mais qu’il n’était pas clair qui étaient ses dirigeants et si elle existait réellement.

Pouvez-vous me donner une appréciation des groupes d’opposition non-Daech ?

Il existe tout un éventail de groupes. Cela va des groupes initiaux de l’Armée libre syrienne, qui étaient relativement laïques et non sectaires, en passant par toutes les variantes de djihadistes et de modérés dans l’opposition armée, jusqu’à Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida.

Tous les djihadistes partagent le programme d’imposer la loi de la charia dans les régions sous leur contrôle, mais aucun de ces groupes, y compris Al-Nosra, n’arrive à la cheville de l’incroyable barbarie de Daech, qui est une détestable caricature d’un Etat fondamentaliste qui aurait été déclarée comme étant invraisemblable s’il avait été décrit dans une œuvre de fiction. Les groupes islamistes de l’opposition non-Daech représentent un ensemble de forces fondamentalistes qui vont des Frères musulmans à Al-Qaida.

Ils sont tous opposés à Daech. Rien de tout cela n’inspire de l’optimisme concernant l’avenir de la Syrie.

Il est vrai que la barbarie du régime a tué plus de gens que tous les autres groupes, y compris Daech. La plupart des forces d’opposition représentent des alternatives qui sont loin d’être enthousiasmantes.

Mais la précondition indispensable pour inverser cette tendance – produite par le régime lui-même – est le renversement d’Assad.

Il y a également des forces kurdes en Syrie, elles constituent le groupe armée le plus progressiste – voire le seul – qui participe à cette lutte. Jusqu’à maintenant les forces kurdes se sont principalement battues contre Daech, alors qu’elles adoptaient une position plus ou moins neutre par rapport au régime et au reste de l’opposition.

L’année dernière les forces kurdes étaient – et sont encore – soutenues par des frappes aériennes et des livraisons d’armes des Etats-Unis. Elles contrôlent et défendent essentiellement les régions avec des populations kurdes. Pour jouer un rôle au-delà de leurs régions et ainsi dans le destin de la Syrie dans son ensemble, les Kurdes devront établir des alliances avec les Arabes et les autres minorités.

C’est ce que Washington essaie de faire, avec quelques succès, d’abord en les amenant à travailler avec les groupes de l’Armée libre syrienne, et maintenant avec des tribus arabes syriennes, sur le modèle que les Etats-Unis ont impulsé en Irak contre Al-Qaida et qu’ils tentent maintenant de relancer contre Daech.

Pensez-vous qu’une coalition de ce genre puisse jouer un rôle de premier plan en Syrie, et peut-être représenter une perspective progressiste pour l’avenir du pays ?

Franchement je ne suis pas optimiste concernant toutes les forces qui existent actuellement sur le terrain. Ce qu’on peut espérer de mieux est de mettre un terme à la guerre: arrêter ce terrible carnage et la destruction du pays est une priorité absolue.

Une alternative progressiste devra être reconstituée en utilisant le potentiel encore existant. Même s’il n’y a pas de forces organisées représentant une alternative progressiste il y a encore un potentiel important, notamment chez les jeunes qui ont lancé le soulèvement en 2011, mais des milliers d’entre eux sont actuellement en exil, d’autres sont en prison et beaucoup d’autres se trouvent encore en Syrie mais ne peuvent pas jouer un rôle déterminant dans la guerre civile. Il faut donc d’abord mettre un terme à la guerre.

Mais pour que la situation puisse inspirer de l’optimisme il faudra l’émergence d’une nouvelle alternative progressiste sur la base du potentiel existant.

Peut-on dire qu’il faudra une aide ou une intervention étrangère pour arrêter ce conflit? Ou pensez-vous que les interventions étrangères, qu’elles soient russes ou occidentales, ne font que prolonger la guerre ?

Jusqu’à maintenant l’intervention occidentale n’a ciblé que Daech. Les frappes de la coalition dirigée par les Etats-Unis ont toutes été effectuées sur des régions contrôlées par Daech et elles ont complètement évité celles contrôlées par le régime. En ce qui concerne les frappes russes, elles sont pour la plupart dirigées contre l’opposition non-Daech dans les régions qui sont l’objet d’un combat entre le régime et l’opposition, il y a eu très peu de frappes russes contre Daech.

Dans ce domaine il existe donc une différence importante entre les interventions de la coalition dirigée par les Etats-Unis et celle des forces russes.

L’intervention russe est effectivement en train de prolonger la guerre civile syrienne. Quelles que soient les illusions en Occident concernant le rôle possible de la Russie, le fait est qu’avant l’intervention russe le régime syrien était épuisé, il perdait du terrain et semblait être près de l’effondrement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Poutine est intervenu. Un écroulement du régime Assad aurait été une défaite terrible pour lui.

Daech a effectué son expansion spectaculaire il y a plus d’une année, et ni la Russie ni le régime Assad n’ont rien entrepris d’important pour le combattre. Le souci principal de Poutine – tout comme celui d’Assad d’ailleurs – est la survie du régime.

En le consolidant, Poutine est en train de prolonger la guerre, et cela est criminel. On peut évidemment souhaiter que les illusions occidentales se réalisent et que Poutine arrivera à forcer Assad à démissionner. Il est difficile de connaître les projets de Poutine dans ce domaine.

Mais la Russie court un grand risque de rester coincée dans un «bourbier» («quagmire» selon le terme utilisé par Obama), si la guerre n’est pas stoppée à court terme. Il faudra donc observer comment les choses se développent. Le plus beau rêve des gens ordinaires en Syrie est actuellement la fin de la guerre avec un déploiement de forces des Nations unies pour maintenir l’ordre et reconstruire l’Etat et le pays.

 

 

(Traduction A l’Encontre; entretien publié en anglais dans LeftEast, le 15 octobre 2015.

La version en russe peut être trouvée en cliquant sur le lien suivant:http://openleft.ru/?p=7083)

Gilbert Achcar est professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à l’Université de Londres. Dernier ouvrage publié en français: Marxisme, orientalisme, cosmopolitisme, Ed. Actes Sud, Sindbad, 2015.

Ilya Budraitskis est historien et doctorant à Institute for World History, Russian Academy of Science, à Moscou. Il est le porte-parole du Mouvement socialiste russe et membre de du comité éditorial du Moscow Art Magazine et du site OpenLeft.Ru.

Source : Blog Mediapart, Gilbert Achcar, 31-10-2015

05/11/2016

GUERRE D' ALGÉRIE ! QUAND L' ALGÉRIE CONTESTE L' HISTOIRE ! RÉPONSE .......

L’Algérie conteste l’histoire : réponse du Général Faivre

 
Guerre D Algerie

L’Algérie conteste l’histoire : réponse du Général Faivre

Général Maurice Faivre, historien, spécialiste de la guerre d’Algérie ♦

Général Maurice Faivre

Général Maurice Faivre

Reçu de Rémy Valat, historien et collaborateur du site, MÉTAMAG a publié recemment un communiqué des historiens sur le 17 octobre 1961 et la responsabilité du Fln dans les émeutes du jour. Le site internet du journal algérien El-Watan, dans deux articles intitulés « Dénoncer la falsification de l’histoire » et « Le retour de discours apologétiques de la colonisation« , conteste en citant Olivier Le Cour Granmaison, cette version des faits.

Le Général Faivre répond à Olivier Le Cour Grandmaison qui attaque les signataires du communiqué et s’abstient de toute démonstration historique, n’hésitant pas à accuser le général d’avoir nié la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

 

 

Le débat sur la torture pendant la guerre d’Algérie reste un des sujets privilégiés de la propagande médiatique.

Il n’est pas question de nier sa pratique, qui a été reconnue par maintes autorités.

1. Dans le manifeste de 2002, approuvé par 521 officiers généraux anciens d’Algérie, le général Gillis écrit :
« Certains pendant la bataille d’Alger en particulier, ont été confrontés à un dilemme : se salir les mains en interrogeant durement de vrais coupables, ou accepter la mort d’innocents. S’il y eut des dérives, elles furent marginales et en contradiction même avec les méthodes voulues et les objectifs poursuivis par la France et son armée ».

2. Dans l’été 1957, le colonel Godard poursuit la bataille d’Alger sans violence, par infiltration des groupes terroristes (bleuite); il écarte le colonel Aussaresses.

3. Zora Driff reconnaît que « ces méthodes (de torture) n’avaient plus court quand j’ai été prise » (septembre 1957).

4. Maurice Patin, président de la Commission de sauvegarde du droit et des libertés (16 enquêteurs), fait le point dans ses rapports successifs :
– septembre 1958 : l’emploi est proscrit mais persiste dans des cas isolés,
– juin 1960 : les déclarations tardives de Djamila Boupacha ne sont pas convaincantes,
– octobre 1960 : il n’y a plus de tortures spectaculaires,
– février 1961, diminution des pratiques illégales,
– décembre 1961, l’ordre a été rétabli par les Procureurs militaires, le système a fini par se disloquer.

5. 20 chefs de corps, en majorité parachutistes, cités par Jean Charles Jauffret, ont dit non à la torture ; parmi eux, le colonel Trinquier à El Milia et le général Faivre.

6. 400 enquêtes du CICR dans les centres d’internement en Algérie et en métropole établissent à moins de 20% le nombre des prisonniers qui ont été torturés.

 

Le colonel Allaire affirme que 9 suspects sur 10 parlaient spontanément.

Ces différents constats ne confirment pas la pratique généralisée de la torture.

 

Certains historiens citent la déclaration de Massu : « On aurait pu faire autrement », mais oublient de rappeler qu’avec l’âge, il avait perdu la lucidité de sa jeunesse et oublié que le colonel Godard avait « fait autrement ».

 


Il est donc injuste d’accuser tous les combattants de s’être mal conduits, alors que la majorité est venue en aide à la population musulmane.

 

 

Source:  http://metamag.fr/2016/11/04/

 

IRAK: MOSSOUL ET APRÈS ? CE SERA EN SYRIE ?

05Source : Le Grand Soir, Robert Fisk, 20-10-2016

Robert FISK
 
 
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Toute l’armée du califat de Daech pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés – un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington

L’armée syrienne, le Hezbollah et ses alliés iraniens se préparent à une invasion massive par des milliers de combattants de Daech qui seront chassés de l’Irak lorsque Mossoul tombera.

L’objectif réel derrière la “libération” de la ville irakienne planifiée par les Etats-Unis et tant claironné serait, selon l’armée syrienne, d’inonder la Syrie avec les hordes de combattants de Daech fuyant leur capitale irakienne pour leur « mini-capitale » de Raqqa à l’intérieur même de la Syrie.

Depuis des semaines, les médias occidentaux, et les experts américains qu’ils aiment citer, prédisent une combat jusqu’à la mort de Daech à l’intérieur de Mossoul digne du siège de Stalingrad – ou une victoire rapide sur Daech suivie par des combats sectaires entre Irakiens pour le contrôle de la ville.

 

L’ONU met en garde contre les colonnes massives de réfugiés qui se déverseront de la ville assiégée.

Mais les Syriens – après avoir été témoins de l’effondrement soudain et l’évacuation de Palmyre lorsque leur propre armée a repris l’ancienne ville syrienne plus tôt cette année – pensent que Daech va simplement abandonner Mossoul et essayer d’atteindre les zones de la Syrie qu’elle contrôle encore.

Déjà, les services de renseignement de l’armée syrienne ont entendu des rapports inquiétants d’une demande faite par Daech dans les villes et villages au sud de Hasaka – une ville syrienne contrôlée par les forces du régime et les Kurdes dans le nord du pays – pour installer de nouvelles sources d’électricité et d’eau en prévision d’un afflux des combattants de Daech en provenance de Mossoul.

En d’autres termes, si Mossoul tombe, toute l’armée du califat de Daech pourrait être dirigée contre le gouvernement Assad et ses alliés – un scénario qui pourrait provoquer une certaine satisfaction à Washington.

 

Lorsque la ville irakienne de Fallujah est tombée entre les main de l’armée et des milices irakiennes plus tôt cette année, de nombreux combattants de Daech ont immédiatement fui vers la Syrie.

Sayed Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, qui a envoyé des milliers de ses hommes pour combattre (et mourir) dans la lutte contre Daech et Jabhat al-Nusra en Syrie, a déclaré dans un discours marquant les commémorations de l’Achoura la semaine dernière que les Américains « ont l’intention de répéter le complot de Fallujah lorsqu’ils ont ouvert une voie à Daech pour leur permettre de s’échapper vers l’est de la Syrie » et a averti que « le même plan pourrait être mis en oeuvre à Mossoul. »

 

En d’autres termes, une défaite de Daech à Mossoul encouragerait Daech à fuir ver l’ouest pour essayer d’abattre le régime Assad en Syrie.

Ces soupçons n’ont pas vraiment été apaisées par une série de commentaires de généraux américains et de sources militaires américaines au cours ces dernières semaines.

Le commandant américain nouvellement nommé dans la région, le Lt Gen Stephen Townsend – à la tête de ce que les États-Unis ont pompeusement appelé « Opération Résolution Inhérente » – a dit que non seulement Mossoul, mais aussi la ville syrienne de Raqqa, seraient capturées « sous son commandement ».

Mais qui croit-il va prendre Raqqa ? L’armée syrienne a toujours l’intention de se battre jusqu’à Raqqa par la route militaire de Damas-Alep à ouest de la ville, après une première tentative plus tôt cette année qui a été abandonnée plus pour des raisons politiques que militaires.

La Russie semble penser qu’il est préférable de concentrer sa puissance de feu sur d’autres milices, en particulier al-Nosra / al-Qaïda, que à la fois Moscou et Damas considèrent désormais comme beaucoup plus dangereux que Daech.

 

Tous deux ont remarqué comment Nosra – qui a changé son nom à Jabhat Fateh al-Sham, le “Front de soutien du peuple du Levant”, dans d’effacer ses liens avec Al-Qaïda – est de plus en plus qualifiée par les politiciens et les journalistes occidentaux de « rebelles » [gras par le traducteur qui l’avait effectivement remarqué – NdT], ainsi qu’une pléthore d’autres milices qui combattent le régime syrien.

 

Un général américain non identifié a été cité le mois dernier exprimant sa préoccupation que les forces chiites irakiennes pourraient s’emparer de la ville de Tal Afar, à la frontière irako-syrienne, afin de piéger les combattants de Daech en Irak – et empêcher ainsi leur fuite vers la Syrie.

Il a été rapporté que Daech aurait abandonné Tal Afar il y a quelques jours.

Le magazine en ligne Military Times aux États-Unis (qui est, comme on dit, « proche » du Pentagone) a fait valoir que le général Townsend, qui a à peine 5 000 troupes étasuniennes sur le terrain en Irak et l’extrême nord de la Syrie, doit « poursuivre Daech en Syrie, où les Etats-Unis ont peu d’alliés sur place » – c’est le moins que l’on puisse dire – tandis que Townsend lui-même parle d’une « bataille longue et difficile » pour Mossoul.

Il a également parlé d’un « siège » de Mossoul. Ce sont les terribles prédictions auxquelles les Syriens ne croient pas.

La propre armée d’Assad, avec ses 65 000 morts dans une guerre qui dure depuis maintenant cinq ans, a déjà été bombardée par les Américains à Deir Ezzor, où au moins 60 soldats syriens ont été tués – Washington a qualifié l’opération d’erreur – et se prépare maintenant à confronter l’énorme afflux de combattants de Daech qui pourrait traverser la frontière après la chute de Mossoul. Nasrallah lui-même y a fait allusion dans son discours.

Il a suggéré que si les forces de Daech ne sont pas vaincues par les Irakiens eux-mêmes à Mossoul, alors les Irakiens – sans doute la milice chiite irakienne qui est l’un des fers de lance de l’armée gouvernementale – « seront obligés de se déplacer vers l’est de la Syrie pour combattre le groupe terroriste ».

Compte-tenu de la possibilité que les troupes syriennes et leurs alliés russes pourraient avoir à faire face à ce même groupe, il est peu étonnant qu’ils essaient de conclure leur capture des quartiers est d’Alep – quel que soit le coût en vies humaines – avant la chute de Mossoul.

Robert Fisk

Traduction “encore des pannes de satellites US à prévoir” par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : Le Grand Soir, Robert Fisk, 20-10-2016

OPÉRATION " SANGARIS " ET AH 5017 UN MENSONGE D' ÉTAT ? TRIBUNE LIBRE !

SANGARIS, UNE VICTOIRE POUR L’ISLAM CONQUÉRANT

(par l’Imprécateur)

En France, depuis le 30 octobre, Hollande vient de terminer une guerre de plus après celle du Mali. L’opération Sangaris au Centrafrique est arrêtée.

 

De même qu’au Mali et en Afghanistan, plusieurs centaines de soldats français vont rester en Centrafrique pour former les militaires de la force internationale chargée de prendre le relais et protéger le gouvernement en place qui convient bien, comme au Mali, au gouvernement français actuel.

Au Mali, après le départ des Français, les bandes de narco-islamistes et les trafics qui les alimentent financièrement ont repris dans le Nord où la force internationale a pour ordre d’éviter les provocations, de ne tuer personne et de limiter son inaction à la protection de Tombouctou.

On ne parle plus des deux journalistes de RFI enlevés à Kidal en 2013 et retrouvés tués le 2 novembre de la même année. Hollande ne fera aucune commémoration aux Invalides, cela pourrait réveiller des souvenirs et inciter quelques journalistes ou autres curieux à penser, par exemple, que c’est le moment de retourner à Kidal (N-E du Mali) voir les Touaregs qui disent connaître le véritable emplacement du crash du vol Air Algérie dont la disparition reste toujours aussi mystérieuse (1). Impossible, Kidal est tenue par les groupes djihadistes et mafieux et les autorités aussi bien maliennes que militaires internationales refusent les autorisations de s’y rendre.

Au Centrafrique la France s’en va. Contente ! La capitale est à peu près calme, le gouvernement local reconnaissant à la France, les affaires ont repris, que demander de plus vous diront Le Drian et Hollande ?

Souvenons-nous. En 2013, les paysans centrafricains sont excédés par les exactions, les viols, les incendies d’églises avec croyants inclus.

Ils sont très majoritairement chrétiens, prennent les armes, c’est-à-dire leurs coupecoupes, pour se venger et chasser les milices et mafias musulmanes qui les oppriment et les rançonnent. On les baptise « anti-balakas » et ils se mettent à tuer les musulmans qu’ils trouvent sur leur chemin sans se soucier de savoir s’il s’agit de djihadistes, les sélékas armés eux de kalachnikovs, ou de commerçants. Ils mettent même le feu à quelques lieux de prière musulmans, quelle horreur !

 

C’en est trop pour la bienpensance française, on parle de « génocide des musulmans » et les socialistes envoient l’armée pour rétablir l’ordre, comme d’habitude sans demander l’avis pourtant obligatoire du parlement.

 

L’opération Sangaris commence le 5 décembre 2013, ce n’est après tout que la septième intervention militaire française depuis l’indépendance du pays en 1960 où des tyrans, dont Bokassa, se sont succédés avec la bénédiction de Paris. France-Afrique est toujours bien vivante.

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Pourquoi Sangaris ? C’est le nom d’un papillon africain « un papillon, ce n’est pas méchant, ça ne dure pas très longtemps, c’est considéré comme joli et politiquement correct » explique J-V Brisset, directeur des recherches de l’Iris dans Les Echos. Explication qui a certainement plu à Hollande.

 

Elle est bisounours comme aiment les socialistes et vaut mieux que l’explication plus militaire et plus virile qu’en donne Plutarque : Sangaris serait le nom du fleuve rougi par le sang des Amazones égorgées par Achille et ses compagnons.

Or le papillon Cymothoe sangaris est bien de couleur rouge sang. Peu importe finalement, sinon pour le symbole, Sangaris est morte. Mais pour quel résultat ?


Bernard Lugan, l’un des meilleurs, sinon Le meilleur connaisseur de l’Afrique, affirme que le résultat annoncé n’a pas été atteint.

Le 5 décembre 2013, 600 militaires sont envoyés rejoindre ceux qui se trouvent déjà à Bangui, la capitale, de façon quasi permanente sous des prétextes divers. Ils arrivent le 6 décembre, en pleine bagarre entre les milices musulmanes sélékas et leurs kalachnikovs et les Chrétiens armés de leurs coupe-coupes. 

 

En deux jours, selon Amnesty international qui a une antenne locale, 1000 chrétiens sont massacrés et 60 musulmans tués« .

 

’était donc bien le « génocide de musulmans » que craignaient les socialistes ! L’armée française rétablit l’ordre, ça c’est bien.

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En décembre 2013, les islamistes sélékas tiennent la zone orange. Les Français arrivent pour protéger Bangui.

Ce qui est moins bien, c’est qu’elle s’éloignera rarement de Bangui, limitant son action à protéger le gouvernement, l’aéroport international et les biens des résidents français.

 

Pour faire court, fin 2016 les Chrétiens du Sud du pays n’osent plus aller dans le Nord et l’Est tenus maintenant par les musulmans et leurs milices surarmées formées au Soudan d’où ils sont arrivés par la frontière Est.

Inversement, les musulmans savent que s’ils vont dans le Sud, ils seront massacrés.

L’islam, qui n’était présent que dans le cinquième nord-ouest du pays et la capitale en 2013, a conquis et islamisé plus de la moitié du pays sous le regard attendri de Le Drian, prenant en étau les Chrétiens.

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Jugez de la détermination des troupes françaises : « le 5 décembre, alors qu’elles sécurisent l »aérodrome de M’Poko, sur lequel se sont réfugiés près de 2 000 Centrafricains pour fuir les combats, les forces françaises ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé.

 

Selon le ministère de la défense française, au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. » (Wikipedia) Alors quoi ? Ils jouaient à la belote et ont attendu la fin de la partie pour commencer à riposter ? Non, ils attendaient l’ordre les autorisant à le faire. Hallucinant ! Mais l’alerte a été chaude.

 

Deux jours après, l’effectif est porté à 1200 hommes et ils seront autorisés à riposter immédiatement à une attaque. On sait réagir à l’attaque d’un pick-up et de cinq ou six djihadistes en armes, au ministère de la guerre tenu par le socialiste Le Drian.

C’est dur la guerre à la mode socialiste !

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Il y a quand même eu 3 morts, dont un dans un accident de voiture, et 120 blessés chez les Français tentant à Bangui de s’interposer dans les bagarres entre sélékas et anti-balakas.

Bref, Bangui finit par être « sécurisée » début 2014 avec la participation des troupes internationales africaines de la FOMAC, la future MISCA. Surtout parce que beaucoup de musulmans ont fini par quitter la ville et que l’archevêque est intervenu pour calmer les chrétiens assoiffés de vengeance..

De plus, la sécurisation de Bouar et Bossangoa, deux autres villes centrafricaines, a été provisoirement  réalisée par des troupes françaises venues du Cameroun et reparties aussitôt.

Bangui a été sauvée, mais pas le reste du pays, dit Bernard Lugan, ce que confirme Peter Bouckaert, en mission pour Human Rights Watch. « Les Français pensaient pouvoir se limiter à désarmer les ex-rebelles au cours d’une mission qui leur semblait simple au départ, conçue pour un succès rapide. Or rien ne s’est passé comme prévu … Face à cette nouvelle réalité, les militaires français donnent surtout l’impression d’être tétanisés. Quand on leur a signalé que les musulmans allaient être massacrés dans le quartier de PK13 à Bangui, ils nous ont répondu qu’ils ne souhaitaient pas prendre parti dans ce conflit ! »


C’est en partie inexact. La réalité, c’est que les militaires recevaient des ordres contradictoires du ministère qui voulait être tenu au courant de tout et décider de tout.

Peter Bouckaert, finit à la longue par le comprendre et en tire la conclusion que le gouvernement français n’avait « pas de stratégie digne de ce nom« .

Pour l’ambassadeur français en Centrafrique, Charles Malinas, le bilan de l’opération est positif, la vie commence à reprendre son cours et « tout redémarre à Bangui« . Il déclare que les violences « sont de plus en plus limitées et circonscrites à quelques arrondissements« . Juste quelques lynchages, une misère.


L’important est que Bangui ait retrouvé le calme et, surtout, que la communauté musulmane ait été protégée, comme l’a signalé en mars dernier Volker Turk, haut responsable du HCR à l’ONU.


C’est bien, comme cela ils pourront, sitôt les troupes de Sangaris parties, recommencer ce qui avait provoqué la colère des chrétiens : islamiser, imposer la charia dans le villages conquis et la capitale, soumettre et persécuter les chrétiens. L’islam ordinaire.

« Aujourd’hui, le chaos centrafricain n’a pas cessé et le pays est largement aux mains de cette même Séléka et de ses divers chefs de guerre, souvent des Soudanais.

L’échec est donc total et il doit être imputé aux dirigeants politiques français qui ont constamment donné aux militaires des ordres aberrants« . (Bernard Lugan)

Le président Touadera, élu en 2016 grâce à la France, est incapable de reconstituer un Etat qui n’existe plus, les sélékas tiennent plus de la moitié du pays.


« Les malheureuses populations occupées sont ainsi revenues aux temps des raids à esclaves lancés depuis le Soudan et dont leurs grands-parents avaient été délivrés par la colonisation. Elles avaient naïvement cru que les troupes françaises étaient venues pour les libérer.

Leur amertume est donc grande car l’Elysée n’avait en réalité décidé qu’une gesticulation humanitaire sous habillage militaire.« 

Hors de question en effet de prendre le risque de fâcher la communauté musulmane nationale française en exterminant au Centrafrique le colonisateur islamique que sont les sélékas, il fallait au contraire le protéger, objectif réel de Sangaris.

Le gouvernement socialiste n’est-il pas l’ami et le fourrier de l’islam et de sa déclinaison saoudienne et qatarie l’islamisme sunnite ?

L’Imprécateur

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RAPPEL

(1) Pour les lecteurs qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur ce qui est devenu un secret d’Etat (denrée devenue rare depuis les confidences journalistiques du président sortant), nous publions ci-dessous des extraits des articles signés Maurice D., parus l’été 2014, quelques mois avant la fermeture arbitraire et illégale de Minurne 1 par la police politique du gouvernement Valls en décembre 2014.

Le 27 juillet 2014

AH 5017 : UN MENSONGE D’ETAT ? (par Maurice D.)

Vendredi matin Hollande n’avait pas grand-chose à dire à chacune de ses interventions sur BFMTV : un coup pour nous dire qu’un avion d’Air Algérie était porté disparu dans le Nord du Mali, un coup pour nous dire qu’il avait été retrouvé dans le Sud du Nord à la frontière du Burkina Faso et qu’il avait donné l’ordre aux militaires basés à Gao d’entreprendre activement des recherches, un coup pour nous dire qu’on avait retrouvé l’une des deux boites noires, un coup pour nous dire qu’il restait au micro tant que la lumière ne serait pas faite sur ce drame, un coup pour nous dire que des familles entières avaient été décimées et qu’elles seraient reçues (sic) au ministère des Etranges Affaires par monsieur Fabius, le père du célèbre flambeur Thomas Fabius qui doit 2 millions d’euros au casino de Monaco, roule en Audi, a un appartement de 7 millions d’euros à Paris, mais qui, n’ayant aucun revenu officiel, ne paie pas d’impôts.

Finalement on ne sait pas grand-chose. De quel avion parle-t-on ? La plupart des journalistes ne le savent pas, j’ai lu que c’était un Boeing 777, puis un Airbus et le plus souvent, dans les articles, aucune marque ni modèle n’est mentionné. Il s’agit d’un MD83, donc un vieux modèle de Mac Donnell Douglas de trente ans d’âge, équipé de deux gros moteurs JT8D Pratt & Witney.

Ces vieilles touques ne volent pas très vite, plus ou moins 800 kmh, consomment beaucoup, mais ne présentent pas de risque particulier si elles sont bien entretenues.
Il est loué par Air Algérie, qui l’exploite, à une société espagnole qui dit l’avoir fait vérifier à Toulouse il y a une quinzaine de jours. Donc, a priori, ce n’est pas un défaut d’entretien qui serait la cause de l’accident.


Il peut emporter 178 personnes, il y en avait 116 à bord, il n’était donc pas à pleine charge.


Il devait partir dans la nuit de mercredi à jeudi, à 0 h 45 de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, il n’est parti qu’à 1 h 17. Pourquoi ? Incident technique de dernière minute ? VIP en retard ayant obtenu un sursis de 30 minutes ? Mauvaises conditions météorologiques ? Nous n’avons pas la réponse, mais il y avait des orages plus au Nord, vers la frontière et au-delà, qui ont peut-être justifié ce retard. Il allait à Alger. Tiens, premier mensonge.

On nous répète en boucle que c’était un vol Ouagadougou-Alger, or, c’était en réalité un vol Ouagadougou-Paris avec escale à Alger.

RFI a publié le plan de vol, il va bien jusqu’à Paris. Cette différence en apparence minime explique en partie l’ingérence massive de la France et de son président, Allah le bénisse et l’oigne d’huile d’olive vierge, dans une affaire qui est a priori une affaire entre le Burkina, aéroport de départ, et l’Algérie dont la compagnie nationale gère le vol.
Sur les 116 passagers, il y avait 54 Français « en incluant les bi-nationaux » (Le Monde). Combien exactement de bi-nationaux franco-burkinabés ? Tsss, tsss, la France ne tient pas de statistiques ethniques. Et ceux-là seuls comptent, les 62 autres sont des métèques sans importance, des Allemands, des Algériens, un Ukrainien, 4  Canadiens… qu’est-ce que notre vertueux gouvernement, qu’Allah le protège, en a à branler ? Hein, je vous le demande.


Le MD83 décolle, franchit la frontière du Mali, avec difficulté nous dit Le Monde, « alors qu’il tentait de franchir la frontière malienne« . Quoi ? Barbelés ? Chiens féroces et gardes armés jusqu’aux dents ? Haute muraille ? Non, c’est une figure de style que les scribouillards  du Monde qui se disent journalistes utilisent pour dramatiser la scène. Il commence à survoler le Mali à 33 000 pieds (en principe, mais on ne sait pas, il volait peut-être plus bas, les boites noires le diront), une altitude où il se moque des tempêtes de sables.

« Elles vont rarement au-delà de 3 000 mètres » m’ont affirmé deux vieux ex-pilotes, (dont l’un fut directeur de l’aéroport de Niamey) qui ont traversé le Sahara des centaines de fois dans les années 60-80 « si on volait bas, on sautait par-dessus« .

Ce n’est pas une tempête de sable qui a causé la chute du MD83. Par contre, il y a les cumulo-nimbus dont la base est à 1 000 mètres ou plus et qui peuvent culminer à 15, voir 18 000 mètres avec en leur centre des vents tourbillonnants ascendants et descendants de plus de 100 km/h. « Ils sont dangereux, mais on les évite en tournant autour.

 

Le radar les signale longtemps avant (aujourd’hui 200 km), et même de nuit, sans radar, on voit ces nuages de loin, surtout s’ils sont porteurs d’orages avec des éclairs. Et puis, au-dessus des nuages où nous sommes, il y a la lune, on voit bien de loin ces énormes colonnes zébrées d’éclairs« . « OK, mais si vous en contournez un, que vous vous trouvez surpris par un second qui était derrière ? » « Ça m’est arrivé plusieurs fois, me dit l’un, on est très secoué, l’avion tombe dans des « trous d’air » quand il arrive dans une colonne de vent descendante, mais à ma connaissance, on s’en sort toujours, secoué, le trouillomètre à zéro avec parfois des traces de brûlure sur la carlingue si l’avion a été touché par la foudre, mais avec la vitesse de l’avion et l’altitude, on a largement le temps de récupérer en sortant du nuage« .


D’ailleurs à leur connaissance, il n’y a eu aucun accident d’avion provoqué par la météo dans le Sahara (l’avion dans lequel le général Leclerc et l’équipage plus un inconnu moururent – 27 novembre 1947 – a officiellement été victime d’une tempête, elles ont bon dos, mais selon les Touaregs du coin, il a surtout été victime de tirs).


Si le MD83 est tombé pour une raison météorologique, il faudra nous le prouver ! Cependant, à 200 km environ au nord de la frontière, le MD83 demande l’autorisation de faire demi-tour, puis cesse d’émettre. Nous sommes jeudi matin vers 2 h 30 – 2 h 45. À 6 h, Alger constate qu’il n’est pas arrivé, il faut bien admettre qu’il a disparu.

Mais Alger refuse de diffuser la nouvelle, attend la fin de la matinée pour convenir de la disparition de l’avion et n’envoie personne aux premières réunions de crise organisées par le gouvernement du Burkina.

Les familles et un diplomate venus accueillir à l’aéroport d’Alger ceux qu’ils attendaient s’en plaignent, c’est le début d’un mouvement de protestation qui se développe sur les réseaux sociaux algériens. Pourquoi cette mauvaise volonté du gouvernement  algérien ?

Mystère. C’est par les chaînes de télévision du Burkina et du Mali qui ont diffusé la nouvelle dans la matinée du jeudi que les familles algériennes apprennent la nouvelle, parce que l’armée du Burkina était sur le site du crash dès jeudi et a pris des photos et vidéos.

Ce sont celles que diffuse France 2 plusieurs heures plus tard « en exclusivité ». Car la France aussi a tardé à annoncer la catastrophe : alors que l’avion n’était pas arrivé à Orly en milieu de matinée, l’annonce n’a été rendue publique que le soir. Pourquoi ? Le temps de se concerter avec Alger pour savoir quelle version balancer aux naïfs téléspectateurs ? Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Ainsi, quand notre valeureux et vénéré président, qu’Allah le bénisse, donne l’ordre à « son » armée de lancer des recherches, ce qui reste de l’avion est déjà cerné de soldats burkinabés !

Du coup, nos militaires partent immédiatement de Gao (ils y sont un millier) avec camions et 4×4 en sachant exactement où il faut aller chercher.


Le vendredi matin, ils sont sur place. Ils voient des débris de petite taille, quelques dizaines de centimètres au plus, étalés sur 300 mètres, version Fabius, 500 mètres, version du général burkinabé Gilbert Diendéré arrivé le premier, plus quelques rares gros morceaux, deux tâches blanches en haut de la zone brûlée, pour l’essentiel des tôles.


Le général Diendéré déclare aussitôt qu’il sera quasiment impossible de retrouver des corps, car il ne voit que quelques petits débris humains.

Les « experts » français,  que je mets entre guillemets car ils ont prouvé leur inexpertise flagrante avec le précédent crash, celui de MH17 en Ukraine, déclarent aussitôt que la concentration des débris métalliques sur une si petite surface prouve que l’avion n’a pas explosé en vol, mais en arrivant au sol.

Un de mes deux vieux ex-pilotes me dit qu’il a regardé le nombre de débris au m2 et que s’il n’y en a que sur 300 mètres, il manque environ 80 % du poids de l’avion (73 tonnes dans le cas du MD83) et presque cent pour cent du poids de passagers (entre 8 et 9 tonnes) dont pratiquement rien n’est visible à l’œil nu. Il l’a remarqué tout de suite.

 

Les « experts-rigolos » ont fini par en convenir aussi et ils trouvent une explication : l’avion est tombé à la verticale à grande vitesse et s’est enfoncé dans le sol. On ne voit rien à la surface, mais il est en dessous, juré-craché, croix de bois croix de fer, si j’mens j’vais en enfer.

Celui de mes deux vieux qui connaît le terrain pour y avoir chassé quand il était directeur d’un aéroport voisin et qu’on pouvait circuler en toute sécurité parce qu’il n’y avait pas de djihadistes, manque de s’en étouffer de rire. « Impossible, m’affirme-t-il.

Le sol est marécageux en saison des pluies, c’est vrai, mais ce sont des flaques qui se forment pendant la pluie et disparaissent en 24 heures. Le sol est peut-être perméable et un peu mou en surface en cette saison, mais caillouteux et dur en profondeur même quand il est boueux  pendant quelques heures.

Si l’avion s’était écrasé à la verticale, il aurait explosé au sol et on retrouverait en surface les gros morceaux qui manquent : les moteurs, de gros morceaux de carlingue, des fauteuils, des bagages, notamment les sacs qui explosent mais étant mous résistent mieux que les valises, et des corps sinon intacts, du moins avec des morceaux conséquents, bustes, bras, etc. »


J’adhère à son raisonnement d’autant mieux que je pense à un « détail », la queue pèse dans les 6 tonnes, donc il y aurait 70 tonnes de ferrailles qui auraient été ensevelies ? Sans laisser de traces à l’extérieur, notamment un énorme cratère aux bords élevés en talus de plusieurs mètres de haut, encore amplifiés par l’explosion des réservoirs ?

Impensable !  « Alors ? » « Alors, il n’y a là que la queue de l’avion avec ses deux boites noires, le reste est ailleurs, peut-être quelques kilomètres plus loin, et cela montre que l’avion a explosé en vol et non au sol, d’ailleurs les traces de brûlure sont beaucoup trop restreintes pour que ce soit celles de l’incendie de plusieurs tonnes de carburant. » «

 Mais un berger peul dit avoir vu l’avion tomber en flammes » « Oui, il y a des Peuls dans le voisinage, mais ce berger n’a sans doute vu qu’un morceau de l’avion« .


Conclusion : que veulent dissimuler les autorités ? Un attentat anti-algérien,  ce que pensent les autorités algériennes semble-t-il, ou anti-français, ce que craignent les autorités françaises car l’avion allait à Paris et devait peut-être exploser au-dessus de la France, sans compter le modèle multiculturaliste du « vivre ensemble » qui s’effrite sous leurs yeux de jour en jour ?

 

J’arrête ici, car François Hollande intervient encore (sur iTélé) pour annoncer la construction d’un mausolée à l’emplacement désigné pour être l’endroit où l’avion MD83, n° de vol AH5017 se serait écrasé.

Ils vont être contents les Peuls du coin, ça leur fera un endroit vertical pour pisser, chose rare dans ce semi-désert.

 

Et ils n’offenseront aucune mémoire puisque les corps des victimes du crash ne sont pas là, pas plus que l’essentiel de l’avion.

Et puis, il y aura bientôt un nouvel événement pour distraire le bon peuple, et dans quinze jours AH5017 sera tout aussi oublié que l’est déjà MH17.

 

Le 31 juillet 2014

VOL AH 5017 : LES RAISONS D’UN MENSONGE D’ETAT (par Maurice D.)

Beaucoup de réponses devraient être apportées par les deux boîtes noires miraculeusement retrouvées alors que 80 % de l’avion manque.


Mais pas avant longtemps, car le B.E.A. (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses) chargé de leur étude est toujours très lent à rendre ses conclusions, au minimum plusieurs mois, parfois plusieurs années (trois ans pour le vol Rio-Paris). De plus, l’une des boites est, dit-on, « très abimée« , justement celle qui contient les enregistrements à l’intérieur de l’appareil. Cela doit arranger bien du monde ! Il sera en effet difficile de répondre aux questions :

  • Pourquoi le pilote a-t-il annoncé un demi-tour alors qu’il avait dépassé la zone orageuse, comme s’il voulait y retourner ?  
  • Pourquoi est-il impossible de connaître le nombre exact de passagers ? Les autorités du Burkina donnent 108 passagers (pax) + 6 équipages = 114, Air Algérie 111 pax + 6 équipages = 117, Jeune Afrique a trouvé 119 pax + 7 équipages = 126, l’Elysée a donné une fois 116, puis 118.
  • Même imprécision sur les effectifs des trois nationalités les plus représentées : Français 51, chiffre donné par F.Hollande, 53, 54 ou 55 chiffres donnés par le Burkina et l’Algérie ? Burkinabés 24 ou 26 ? Libanais 6, 8, 16 ou 20 comme l’ont affirmé les autorités libanaises ?

« 33 soldats de l’armée française qui étaient au Mali et en Afrique, parmi lesquels trois officiers supérieurs des services de renseignements français» se trouvaient à bord du vol, ainsi qu’un «leader du Hezbollah se faisant passer pour un homme d’affaires » ont écrit International Business Times, Corriere della Sera, Times of Israël, le journal algérien Echobrouk et quelques autres.

Le Monde (29 juillet) s’en moque et parle d’une « information non vérifiée« , mais lui-même n’a pas vérifié si elle n’était pas exacte, se contentant de plaindre ces pauvres journaux qu’il traite en médias de seconde zone ! Incertitude aussi sur les explications données pour justifier le manque de l’essentiel de l’avion, de bagages, de sièges et de corps : pour les uns l’avion s’est enfoncé verticalement, ce qui est mécaniquement impossible dans un sol aussi dur même humidifié en surface par les pluies, pour les autres il a explosé et les morceaux manquants seraient « sous un mètre de sable« .

Mais s’il a explosé, même au sol, il y aurait alors une grande partie des sièges, bagages et passagers éparpillés à l’entour, ils n’y sont pas.

Le général Diendiéré l’a répété à deux reprises, jeudi et samedi : très difficile de trouver les corps, il n’y a que des petits débris de chair éparpillés dont un grand nombre ont déjà été mangés par les hyènes, les fennecs et autres charognards.

Très difficile d’avoir une certitude sur l’avion lui-même, faute de grosses pièces et de morceaux permettant avec certitude son identification, « il est complètement désintégré« .

De plus, un Monsieur Somda, membre d’une famille qui a perdu quatre personnes dans l’accident et qui a pu se rendre sur le site dans un hélicoptère de l’armée du Burkina l’a déclaré aussi : « Je n’ai vu aucun débris humain« . Comment rapatrier des corps dans ces conditions ?

Le Monde du 27 juillet faisant référence au premier rapport des gendarmes et de membres du B.E.A. écrit : « Le cratère dans le sable laisse imaginer la violence inouïe de l’impact.

Il ne reste quasiment rien de l’avion, littéralement pulvérisé.

Il y a çà et là, concentré sur un carré de 300 mètres, des débris, de rares affaires personnelles accrochées dans les buissons desséchés, une longue trace en V de sable et pierres noircis, aucun morceau intact de carlingue ou de turbine mais des pièces métalliques tordues, fondues. Et aucun corps des 118 personnes qui se trouvaient à bord« .

L’auteur de l’article montre une photo indiquant dans le carré en bas à gauche  la zone circulaire de 80 km de diamètre dans laquelle, à son avis, il faudrait rechercher le reste de l’appareil et les corps des passagers, car lui aussi ne croit pas que l’avion entier soit dans le cône marqué en rouge en haut de la photo. Dans le texte du Monde, « des débris, de rares affaires personnelles… aucun corps » confirme que le gros de l’appareil n’est pas là. Est-il interdit de penser que l’avion perd un morceau de sa queue, quelques bagages de soute et peut-être quelques passagers, continue sa route puisqu’il a toujours ses moteurs, mais l’équipage amorce une descente rapide (repérée par les radars burkinabés) pour sauver les passagers, annonce son demi-tour, ne peut l’effectuer et l’avion déjà à basse altitude et hors de vue des radars burkinabés va chuter plus loin ?

Les habitants de Anguiff, au Nord-ouest de Kidal, ont signalé à « des militaires » avoir entendu un avion tomber la même nuit, à la même heure, vers deux heures du matin. Pourquoi personne n’est-il allé vérifier ?

 

La réponse est donnée par Jeune Afrique (Le Monde osera-t-il dire que ce journal réputé n’est pas fiable lui non plus ?) dont la version diffère largement de la version officielle française : « Le contact avait été perdu avec l’équipage dans l’espace aérien malien », près de la frontière algérienne, … (citant RFI) : l’appareil d’Air Algérie aurait été localisé au nord de la localité d’Aguelhoc, dans la région de Kidal, au Mali.

 

Tôt ce matin, des habitants de la zone ont dit avoir entendu de fortes explosions et ont alerté des forces militaires présentes dans le nord du pays… » Alors pourquoi ne pas avoir été vérifier ?

Réponse de Jeune Afrique : « On se bat.

Entre l’armée, les milices et les rebelles touaregs, rien ne va plus… Au moment même où les négociations entre l’Etat malien et les groupes armés qui occupent le Nord du pays débutaient, le 16 juillet à Alger, dans le désert les hommes affûtaient leurs armes et leur soif de vengeance.

Lorsque les uns s’apprêtaient à livrer bataille sur des mots (« autonomie », « indépendance »), les autres se demandaient quand aurait lieu la prochaine boucherie… la situation dans le Nord-Mali est plus instable que jamais.

Ce n’est plus un désert de sable, c’est un labyrinthe de sang dont personne n’a pour l’heure trouvé l’issue, et dans lequel seule l’hydre à plusieurs têtes que sont les groupes jihadistes semble trouver son bonheur.

Le 14 juillet, l’armée française a perdu un neuvième homme depuis le début de l’opération Serval.

Tué dans les environs d’Al Moustarat, au nord de Gao, par une voiture chargée d’explosifs et lancée à toute vitesse sur une centaine de soldats en mission… Aujourd’hui, le Nord est une mosaïque de milices incompréhensible pour le profane. Des Touaregs se battent contre des Touaregs.

Des Arabes se battent contre des Arabes.

Et tout ce beau monde cohabite avec les groupes jihadistes, qui sont toujours là. C’est une poudrière incontrôlable. Et incontrôlée…

L’armée malienne, défaite par les irrédentistes touaregs à Kidal, n’a pas seulement déserté le fief des Ifoghas. Elle a aussi perdu le contrôle de presque toute l’étendue désertique qui se situe au Nord de la boucle du fleuve Niger. En quelques heures, une bonne partie des localités qu’elle avait réinvesties dans le sillon de l’armée française début 2013 ont été abandonnées aux forces rebelles, ou à leur propre sort.

 

Ménaka, Tessalit, Aguelhok, Anéfis, Ber, Kidal… Les seules villes du Nord dans lesquelles l’armée est en mesure d’imposer sa loi (avec l’aide des forces étrangères) sont Tombouctou, Gao et Bourem. Les drapeaux du MNLA et du HCUA flottent à nouveau…

Les Français n’ont pas pour vocation de faire la police et ne veulent surtout pas se mêler du conflit avec les rebelles touaregs, qu’ils considèrent comme un problème intérieur au Mali. « Notre priorité est de traquer les éléments terroristes », indique-t-on à Paris.

Quant aux Casques bleus, ils brillent par leur absence, surtout dans les zones rurales. (Citant le membre de la famille Somda, le libanais Méroué -dont l’épouse et les enfants sont morts dans le crash- et un responsable du consulat de France à Ouagadougou, tous trois dans l’hélicoptère miliaire burkinabé) : « Nous avons vu des débris d’avion. Des petits morceaux, pas grand-chose pour reconnaître un avion« .

Ce qui confirme les déclarations du général Diendiéré et l’avis selon lequel il manque au moins 70 tonnes d’avion.

J’ai résumé ci-dessus plusieurs articles de Jeune Afrique qui donnent la réponse à deux questions : pourquoi ne va-t-on pas chercher la carlingue, les ailes et les moteurs du MD83 au Nord de la boucle du Niger vers Kidal où ils se trouvent peut-être, sinon très probablement ?

Et, pourquoi Hollande a-t-il annulé tous ses déplacements pour les jours à venir, organisé plusieurs réunions de crises et a même personnellement rencontré les familles des 54 victimes françaises.

Pourquoi Hollande s’est-il totalement investi dans cette affaire au point d’en négliger l’essentiel de sa fonction présidentielle et de ne pas déléguer ce qui n’est somme toute que la gestion d’un fait divers, humainement catastrophique, certes, mais un fait divers quand même, à ses ministres, pourquoi « il en fait des tonnes » (Le Canard enchaîné), pourquoi lui seul ?

Parce qu’aller chercher l’avion au Nord aurait attiré l’attention des journalistes sur l’échec politique total de l’opération Serval.

Le Nord est redevenu comme avant l’intervention française une zone contrôlée par les narco-djihadistes et les factions touarègues. L’armée malienne en a été chassée, l’ONU n’y va pas et le gouvernement a trouvé un prétexte pour que l’armée française n’y aille plus pour éviter des morts supplémentaires.

De plus, comme l’ont rappelé les Algériens, AQMI dispose de missiles sol-air, du coup, « Air France a décidé de contourner la zone du nord du Mali« .

Et les militaires qui ne manquent pas d’esprit ont trouvé un nouveau nom pour l’opération Serval : « Barkhane ». Serval, c’est un petit félin agile et meurtrier, Barkhane c’est une dune au ventre de sable mou en forme de croissant qui se déforme au gré des vents, c’est Hollande tout craché ! Adieu, François, grand chef de guerre !

10 août 2014

AH5017 : LA VERITE DANS 3 A 5 MOIS ?… (par Maurice D.)

Le directeur du BEA Rémy Jouty et son homologue malien N’Fally Cissé semblaient bien empêtrés dans leurs explications alambiquées jeudi au Bourget…

Cette prestation n’a pas été de nature à nous rassurer sur la transparence et la fiabilité des informations distillées par les voix officielles. Imperturbable, Maurice poursuit son enquête ; une chose est sûre : « on ne nous dit pas tout » !

MLS

L’une des nombreuses questions pour lesquelles tant de Français doutent de la « vérité officielle » véhiculée par tous les médias français, c’est la raison pour laquelle les boîtes noires du vol AH 5017 ont été envoyées en France :

http://www.planet.fr/international-crash-dair-algerie-pou...

C’est justement ce qui avait intrigué un vieil ami qui fut jusqu’il y a deux ans vice-président de l’Aviation Civile Internationale. Il me fit part hier de son étonnement du fait que – l’avion étant propriété d’une société espagnole, loué à Air Algérie, parti du Burkina, tombé au Mali, – ce soit la France, pays étranger à l’affaire, qui ait décidé de son propre chef de récupérer les boites noires ! 

Ce serait proprement un vol caractérisé, et l’Espagne pourrait porter plainte. Avoir des ressortissants à bord, même en nombre, n’autorisait pas la France à prendre ces boites.  Si c’est le prétexte avancé par les autorités françaises pour justifier cette action illégale, le Liban – qui avait également de nombreux ressortissants à bord – aurait pu en faire autant.

Le Lt colonel Touron (qui supervise l’enquête sur le site) dit que « Les enregistreurs ont été retrouvés sur le terrain, ils ont été sous l’égide des autorités judiciaires maliennes et du gouvernement malien envoyés en France pour être exploités« .

Admettons, mais le Mali n’est pas non  plus propriétaire de l’avion tombé sur son sol. Il est plus probable, me dit mon correspondant, que les heures de retard mises jeudi 24 juillet à annoncer la nouvelle du crash ont été utilisées par la diplomatie française à négocier avec les diverses parties prenantes à l’affaire pour que la France soit la seule à la gérer. Il y aurait même eu un échange de bons procédés avec la Russie dont les satellites peuvent localiser n’importe quel avion au monde « à un mètre près ».

Genre : « vous arrêtez de nous harceler avec le vol MH74 en Ukraine, et on ne dit rien de ce que nous savons de votre responsabilité dans le crash du vol AH5017 au Mali ».

Deuxième sujet d’étonnement : avant même que les experts les aient examinées, il était déjà annoncé de source officielle française que la boîte CVR (Cockpit Voice Recorder) contenant les enregistrements des conversations et bruits divers dans la cabine de pilotage était « trop abimée pour être exploitable« .

 

C’était tellement invraisemblable, car ces boites sont conçues pour résister à tout, qu’un rectificatif fut vite donné « en fait, la boite concernée était en panne AVANT le crash et n’a rien enregistré » (iTélé). Cette affirmation est tout aussi invraisemblable, car les boites ont été révisées dans la semaine du 15 au 22 juin et sont en outre vérifiées avant chaque vol. Donc, nouvelle et troisième version du mensonge hier soir : « c’est un modèle ancien à bande magnétique (comme les vieux magnétophones), la bande s’est cassée et il en manque un morceau« . Or, s’il y a bien une bande magnétique à quatre bandes, la survie des données est assurée par une mémoire flash, c’est-à-dire une mémoire à semi-conducteurs ré-inscriptible, autrement dit une mémoire dont les données ne disparaissent pas lors d’une mise hors tension, ce que nous appelons « une puce ».

Les photos de la boite montrent qu’elle est légèrement cabossée, sans plus. Admettons que la bande magnétique ait été rompue : peu importe, puisque la puce quasiment indestructible est toujours là. Les conversations peuvent donc être lues, mais l’Etat ne voudrait pas qu’elles le soient ?

La question est : pourquoi ?

J’ai contacté l’aéroport de Ouagadougou et obtenu sans difficulté la liste des passagers embarqués, connue dès jeudi matin 24 juillet, vous pouvez la trouver en cliquant sur le site ci-dessous :

http://www.aeroport-ouagadougou.com/informations_aeroport...

En tout 110 passagers, plus 6 membres d’équipage, soit 116 personnes. L’aéroport précise : « Le contact avec l’Airbus A320, et non un DC9 comme indiqué dans un premier temps, a été rompu à 3h55 ce jeudi matin« .

Airbus ou DC9 ?

J’ai vérifié avec l’immatriculation EC-LTV de l’appareil. Il s’agit bien d’un DC9 Mc Donnell Douglas modèle MD-83, fabriqué en juin 1996, donc vieux de 18 ans et deux mois, qui a été acheté par Heliopolis Airlines, revendu à la Cie australienne Ansett, puis une seconde fois à la Cie espagnole Swiftair qui venait de le louer le 20 juin à Air Algérie après l’avoir fait contrôler et réviser de fond en comble juste avant le transfert.

Ses trois propriétaires successifs étant trois compagnies sérieuses, l’avion était donc en très bon état, pas du tout la poubelle que certains ont décrite pour expliquer qu’il n’aurait pas résisté à un orage.

D’ailleurs les cartes sont claires, il était sorti de la zone orageuse qu’il avait contournée par l’Ouest quand il a eu son accident. Tous les spécialistes aéronautiques, à l’exception des français sous tutelle gouvernementale, sont d’accord pour dire que ni l’orage ni des vents violents ne sont la cause de sa chute.

Un site d’information européen spécialisé dans la géostratégie et la politique résume bien ce sentiment et cherche une explication ailleurs.  Voici le texte complet d’Openews.eu :

« C’est une rumeur de plus en plus insistante qui circule autour de la véritable volatilisation du vol AH 5017. En réalité, le jour même de la disparition de cet avion se tenaient à Alger des négociations entre les parties maliennes pour tenter de trouver une solution de règlement politique au conflit. La cérémonie de clôture était prévue pour le 24 juillet… jour de la disparition du vol AH 5017.

Autre élément et nous en arrivons à cette rumeur insistante qui raconte qu’un très haut-gradé du Hezbollah et plusieurs de ses gardes du corps « auraient été tués dans le crash jeudi du vol AH 5017 d’Air Algérie dans lequel 116 personnes, dont 19 Libanais, ont péri », rapporte dimanche le site israélien d’information Walla, » se basant sur des informations de responsables français de la Sécurité« .

Tiens ? (Walla est très bien informé et très connu au Moyen-Orient) « Il y aurait eu également à bord plusieurs militaires français en accompagnement…

Ce qu’il faut savoir c’est qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait promis de frapper le Hezbollah après un attentat qui avait coûté la vie à 45 sunnites à Tripoli, au Liban. Mais il n’y a pas que cela. Le contentieux entre ces deux organisations commence à être très lourd puisqu’elles s’affrontent sur le terrain notamment en Syrie où le Hezbollah soutient sans réserve le pouvoir de Bachar al-Assad alors qu’Al-Qaïda lui fait une guerre sans merci.

 

Enfin il ne faut pas oublier l’opération française Serval au Mali qui n’a jamais été du goût d’AQMI… (la France n’a pas été invitée aux négociations d’Alger).

Il se pourrait donc que ce soit bien un attentat à l’origine de la disparition de cet avion, lié aux accords concernant le Mali actuellement négociés à Alger sur fond de guerre fratricide entre deux organisations musulmanes. Évidemment, on vous expliquera que le vent était un peu fort et que les aléas météo expliquent la disparition d’un avion… Cela reste tout de même assez rare… pour ne pas dire que cela ne s’est jamais produit.

Enfin les images que l’on nous montre sont parfaitement incompatibles avec le scénario annoncé. L’appareil ne s’est pas volatilisé à l’impact mais bien en vol.

La question est donc : pourquoi ? » Mais aussi comment ? Missile ? Peu probable, même si Aqmi en possède…

Explosifs à bord ? Plus probable, même si Ouagadougou Airport affirme qu’il a passé les bagages au détecteur d’explosifs. J’ai re-visionné toutes les photos et vidéos concernant ce crash, c’est évident, il manque l’essentiel de l’avion.

Mais le Lt colonel Touron dit que : « Si nous avons l’extrémité de l’avion, il y a quand même de fortes probabilités pour que le reste soit présent aussi » (Faso.net). Donc, une probabilité, mais pas de certitude.

Et si le reste de l’avion est présent, où est-il puisqu’après avoir ratissé le terrain par bandes, les enquêteurs n’ont pas trouvé grand-chose ?

La première explication avancée a été que l’avion tombant verticalement avait heurté le sol tellement violemment qu’il s’était enterré et qu’on le retrouverait en creusant. « Il sera nécessaire d’acheminer du matériel lourd » avait dit Fabius ! Une explication tellement invraisemblable qu’il a fallu là encore modifier le message. Dans un interview donnée à TF1, « JT TF1 : vol AH5017 : un enquête minutieuse commence » filmée quatre jours après le crash, le Lt colonel Patrick Touron donne la nouvelle « version officielle » : « Il n’y a bien qu’un seul lieu d’impact, enfin… a priori, et le choc a été tellement violent que l’avion s’est poly-fragmenté… et les passagers aussi« . Donc explique-t-il, faites une croix sur les corps, ils ne seront pas retrouvés et les morceaux trop minuscules ne pourront pas être identifiés, il précise que la chaleur et la pluie les ont déjà beaucoup abîmés.

Il oublie de mentionner hyènes, fennecs et vautours, et précise que « même les empreintes digitales ou dentaires ne peuvent pas fonctionner » (sic). Nouvelle invraisemblance flagrante.

 

Admettons que les 2 320 doigts des passagers aient tous été broyés et brûlés dans l’explosion de l’avion, ce qui serait déjà très surprenant. Pour les approximativement 3 500 dents, c’est impossible.

Les ouvrages d’anthropométrie indiquent que pour brûler totalement un corps, il faut le chauffer à plus de 850° pendant une heure trente (ce qu’avait déjà calculé le Dr Petiot pour les têtes des victimes qu’il brûlait dans sa cuisinière), les os ne brûlant qu’à partir de 800°. Quant aux dents, il faut 1 200°, ce qui explique que dans les cas de corps brûlés dans des braséros par leurs assassins, la police cherche les dents dans les cendres car elles y sont encore presque toujours.

Or l’état des buissons sur le lieu de l’impact montre que l’incendie n’a pas été violent, ni long, d’autant que de l’aveu même des autorités, il pleuvait la nuit de l’impact.

Donc les dents peuvent et doivent être retrouvées. Si elles ne le sont pas c’est soit qu’on ne veut pas les retrouver, soit que les corps ne sont pas là, ce qui est l’explication la plus vraisemblable puisqu’il n’y a pas non plus trace de fauteuils ni de bagages – d’après ce qu’ont rapporté les militaires burkinabés qui furent les premiers sur les lieux dès le jeudi matin (témoignage du général Diendéré) -, puis les rares témoins civils autorisés à s’approcher du site. D’ailleurs ces derniers en sont maintenant tenus éloignés et ne peuvent le voir que de loin.

Il y a aussi un bruit qui court avec insistance à Gao même : des riverains de l’aéroport disent avoir entendu deux Mirages 2000D décoller dans la nuit, un seul serait revenu. Impossible d’obtenir des autorités l’information sur leur heure de départ comme de leur retour et combien de Mirages, c’est le black-out complet. L’autorité aéroportuaire concède seulement que deux Mirages ont bien décollé « dès que la nouvelle du crash a été connue… afin d’effectuer des recherches« .

Or vous avez remarqué que l’aéroport de Ouagadougou donne comme heure de rupture du contact « 3 h 55 jeudi matin« . Pour un avion qui a décollé à 1 h 05 et volé 50 minutes, c’est curieux, non ? L’explication est que 3 h 55 c’est l’heure de Paris, il y a deux heures de décalage avec l’heure locale qui était 1 h 55.

 

Il serait donc utile de connaître l’heure locale précise de décollage des Mirages afin de couper court à la rumeur qui prétend qu’ils ont décollé vers 1 h 30, donc avant que la nouvelle soit connue, et qu’ils avaient ordre d’intercepter le DC9 pour l’obliger à faire demi-tour.

Ce qui expliquerait les informations contradictoires sur les déclarations des pilotes qui auraient d’abord refusé de faire demi-tour, puis accepté. Cela permet la supposition suivante : y aurait-il eu une collision entre l’un des chasseurs tentant de contraindre le DC9 à faire demi-tour et ce seraient les débris du chasseur et de ses deux pilotes qui seraient à Gossi, et non le DC9 (ce qui expliquerait la faible quantité de « matériel » métallique et humain retrouvé) ? 

D’autant que les crashes de Mirages sont fréquents ces derniers temps : 12 mai à Baroches en Meurthe-et-Moselle, 10 juin au Niger, 4 août au-dessus du Lubéron ! Le DC9 serait-il plus loin au Nord, là où on ne peut pas aller le chercher, la région étant contrôlée par les Touaregs et les djihadistes en guerre ?

Ce n’est qu’une supposition découlant d’une rumeur : possibilité mais pas certitude. Tout sent le mensonge dans cette histoire.

D’ailleurs le directeur du BEA (Bureau d’enquête et d’analyse) en convient : « La thèse d’une action délibérée, soit un attentat ou un détournement, n’est pas éliminée à ce stade. » (Metro news)

Et l’odeur du mensonge est amplifiée par la précipitation du président à s’emparer de la communication sur l’accident, sa fébrilité évidente, et le soin que mettent les autorités civiles et militaires françaises à s’approprier toute l’enquête et à en dissimuler certains éléments.

C’est beaucoup plus une affaire politique qui menace peut-être le président et sa politique africaine qu’un accident technique.

« La réponse dans trois à cinq mois » (Faso.net), c’est ce que pense le Lt colonel Touron.

 

 

04/11/2016

IRAK , LE PIÈGE SE REFERME SUR MOSSOUL !

CARTE. Irak : comment a évolué le front à Mossoul après 15 jours de combats

Après des mois de préparations, l'offensive pour la reprise de Mossoul, dernier grand bastion en Irak de l'Etat islamique, a débuté il y a quinze jours. 

 

Pour mesurer l'évolution du front depuis lors, nous avons représenté les territoires contrôlés par les différentes forces en présence sur deux cartes.

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Nicolas Enault   France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Cliquez de part et d'autre de l'image, ou déplacez la barre verticale blanche située au milieu de l'écran, pour constater l'évolution entre le 17 octobre 2016 (à gauche) et 3 novembre 2016 (à droite).

La principale avancée des forces de sécurité irakiennes se situe à l'est et au sud-est de Mossoul.

Les soldats de l'armée loyaliste ont ainsi réalisé leur première entrée dans les rues de la ville depuis sa chute, au milieu de l'année 2014.

Les jihadistes de l'Etat islamique opposent une forte résistance à cet assaut, vendredi 4 novembre, selon les déclarations d'un responsable des unités du contre-terrorisme irakiennes rapportées par l'AFP.

Sur le front ouest, les forces de sécurité, composées pour l'essentiel de milices chiites, progressent en direction de la ville de Tall Afar, dont la prise marquerait l'encerclement total de la ville de Mossoul. 

 

Enfin, l'armée irakienne poursuit également sa progression sur le front sud.

 Seule la ville d'Hammam al-Alil se dresse désormais entre elle et les faubourgs de Mossoul.

Selon l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), l'objectif principal des forces de sécurité sur ce front sud serait l'aéroport de Mossoul ainsi qu'une base militaire actuellement occupée par les combattants du groupe Etat islamique.

La prise de ces installations faciliterait les prochaines opérations en direction du centre-ville.

03/11/2016

IRAK: LE WAHHABITE DE MOSSOUL POUSSE A LA RÉSISTENCE !

Abu Bakr Al-Baghdadi, un wahhabite exemplaire

La calife autoproclamé de Daech obéit fidèlement au fondateur du salafisme

 

Par  Albane de Saint Germain


journaliste freelance

Publié le 02 novembre 2016 / Monde Religion

 

 
Al-Baghdadi wahhabisme Etat Islamique

Al-Baghdadi en 2014. SIPA 00687708_000001

 

Jamais la grande mosquée d’Al-Nuri, au minaret penché, que les habitants de Mossoul comparaient à la tour de Pise, n’avait connu pareil personnage.

Un Irakien de la quarantaine, le teint bistre, les lunettes cerclées et la barbe noire bien taillée, le même qui quelques jours plus tôt avait menacé de détruire le célèbre minaret, priait maintenant devant une assemblée de fidèles.

La vieille cité de Mossoul avait été obligée d’ouvrir ses portes à cet ancien étudiant de l’université islamique de Bagdad qui avait été successivement professeur de Charia, frère musulman, insurgé irakien, membre d’Al-Qaïda et du conseil consultatif des moudjahidines en Irak, émir de l’État islamique d’Irak, ami d’Oussama Ben Laden, et enfin émir de cet État islamique en Irak et au Levant qui prétendait s’étendre jusqu’en Syrie.

 

Scène étrange

Étrange parcours qui devait, en ce jour de juin 2014, en pleine période de Ramadan, mener ce haut représentant du terrorisme sunnite à revêtir une abaya et un turban noir et à prier et prêcher sous les auspices du drapeau de l’autoproclamé État islamique – un drapeau noir où le sceau du prophète Mahomet côtoie l’inscription « Il n’est pas d’autre Dieu qu’Allah ».

Prêche où il fut beaucoup question du Jihad, ce « devoir ordonné par Allah » qui, assura l’homme à son auditoire, « vous fera entrer dans des jardins sous lesquels poussent des roseaux ».

Très vite, on annonça les couleurs : les armes devaient être distribuées pour lutter contre les ennemis d’Allah, qu’ils fussent polythéistes, chrétiens, juifs, ou bien tout simplement infidèles.

 

L’apocalypse était paraît-il à venir, et la justice divine allait faire la part belle à ceux qui lutteraient dans les sentiers d’Allah.

L’étrange scène fut filmée, et fit vite le tour du monde. L’homme à l’abaya noire, c’était Abu Bakr Al-Baghdadi, et il venait de s’autoproclamer calife de l’État islamique sous le nom d’Ibrahim.

 

Chose singulière que cette renaissance du califat, et plus singulière encore du fait que ce califat fantasmé par les salafistes djihadistes disciples d’Al-Baghdadi n’était point celui de l’Empire Ottoman, mais celui – jugé plus pur et plus raccord avec les principes originels de l’Islam, des Abbassides : peu importait cependant à ce calife de pacotille que le califat des Abbassides fût pour la civilisation islamique une grande époque de développement des arts et des lettres ; il ne s’agissait point pour le nouveau califat de prétendre renouer avec la haute civilisation Arabe, mais plutôt d’en épouser les plus noirs préceptes, à savoir la conquête et l’assujettissement de tous à la loi islamique.

S’inspirer du fondateur du salafisme

Et pour ce faire, quoi de mieux que de s’inspirer du fondateur du salafisme, Mohammed ben Abdelwahhab ?

Ce prédicateur arabe du XVIIIe siècle, fondateur du mouvement qui porte son nom, le wahhabisme – mais que l’on connaît généralement mieux sous l’appellation de salafiste, par référence aux salaf, ces trois premières générations de musulmans qui pratiquèrent, paraît-il, un Islam de toute pureté – s’était distingué en son temps par ses prises de position particulièrement orthodoxes : à ses pairs, prétendument avilis et corrompus, il opposa les préceptes de l’école juridique sunnite la plus rigoriste qui fût, à savoir celle qui fut fondée au IXe siècle par Ahmad ibn Hanbal – l’école hanbalite.

Mais cela n’était guère suffisant : il fallait encore qu’il possédât une doctrine, un manuel de savoir-vivre wahhabite qui pût devenir le livre de chevet de ses sectataires : ce fut là le rôle donné au Kitab al-Tawhid – ou « Traité sur l’Unicité » – dans lequel Mohammed ben Abdelwahhab dénonça les idolâtres, le culte des saints et de leurs tombes alors pratiqué dans la péninsule arabique – le fameux polythéisme aujourd’hui dénoncé par Abu Bakr Al-Baghdadi -, mais aussi les sorciers – catégorie qui regroupait entre autres les voyants, les augures et les astrologues -, auxquels il faut ajouter les blasphémateurs, et les façonneurs d’images – promis à la Géhenne, et bien sûr les juifs et les chrétiens – accusés tantôt d’être des polythéistes, tantôt d’être des sorciers.

Le fondateur du wahhabisme était donc un dogmatique pour le moins sévère. Il ne négligeait pas non plus le droit islamique : comme Al-Baghdadi de nos jours, il suivait très assidûment les préceptes juridiques du jurisconsulte médiéval de la fin du XIIIe siècle Sheikh Taqi ibn Taymiyyah, lequel croyait à la très-haute autorité des salafs, attachait une grande importance au martyr et au djihad, distinguait clairement le domaine de l’Islam – dar-al-Islam – de celui des kouffars ou incroyants – dar-al-kufr -, et permettait que l’on qualifiât d’apostat quiconque n’agréait pas à ses vues sur l’Islam – que ce fussent les chrétiens, les juifs, les chiites, les soufis, ou bien encore les Mongols qui avaient conquis Bagdad en 1258, renversé le califat Abbasside, et qui ne respectaient pas scrupuleusement la Charia ; par surcroît, il préconisait de convertir les non-musulmans ou de leur imposer une jizya – c’est-à-dire un impôt – en cas d’insoumission  ; il s’agissait aussi, évidemment, de voiler entièrement les femmes.

Ainsi imprégné de la plus rigoriste des doctrines hanbalites moyenâgeuses qui fût, le fondateur du wahhabisme devint un homme influent en s’alliant avec Mohammed ben Saoud, le premier de la dynastie des Saoud. Les wahhabites s’emparèrent ensuite de la Mecque et de Médine, et infusèrent leur doctrine dans le Royaume d’Arabie Saoudite créé au début du XXe siècle.

Le plus exemplaire des wahhabites

Revenons à Abu Bakr Al-Baghdadi : de l’eau a coulé sous les ponts depuis ce vendredi noir de Ramadan où il annonça aux fidèles de la grande mosquée de Mossoul le rétablissement du Califat, et si des distances ont été prises avec l’Arabie Saoudite wahhabite – trop conservatrice pour apprécier les velléités révolutionnaires d’Al-Baghdadi – et Al-Qaïda – qui n’a jamais eu la volonté de construire un État -, le wahhabisme reste le ciment commun du royaume saoudien, de maintes organisations terroristes – Al-Qaïda, Boko Haram, les Talibans – et de l’Etat islamique du calife autoproclamé.

 

Abu Bakr Al-Baghdadi peut même se targuer d’être devenu le plus exemplaire des wahhabites : fort d’un trésor de guerre d’un demi-milliard de dollars – fruit d’une quinzaine de puits de pétrole – et d’un territoire presque aussi grand que celui du Royaume-Uni, le calife wahhabite a pu assujettir tout un peuple à la doctrine aussi dangereuse que néfaste de son père spirituel, Mohammed ben Abdelwahhab : l’éducation de la jeunesse du califat n’a point été négligée : elle apprend désormais tantôt le maniement de la kalachnikov, tantôt les préceptes du salafisme révolutionnaire ; l’art et la musique, diaboliques par essence, ont été proscrits ; et surtout, la Charia a été très strictement mise en place : des décapitations, des crucifixions et des lapidations d’infidèles et d’apostats ont lieu régulièrement sur la place publique : rien qu’au mois d’octobre, un garçonnet de onze ans, voleur du dimanche, a vu sa main coupée, tandis que des «  apostats » ont été décapités ; une brigade des mœurs dirigée par des femmes, la brigade Al-Khansaa, a été mise en place : copie féminine de la police religieuse d’Arabie Saoudite, elle distribue d’improbables châtiments aux femmes qui auraient le malheur de ne pas respecter scrupuleusement la Charia – porter du maquillage, notamment, est un crime qui, à Raqqa comme à Mossoul, peut vous valoir des coups de fouet.

C’est donc un fort bon élève de Mohammed ben Abdelwahhab que cet Abu Bakr Al-Baghdadi ; c’est un Salaf qui ne fait point de compromis ; c’est un wahhabite exemplaire. Plus exemplaire que les Saoud car peu lui chaut de paraître infréquentable aux yeux de l’Occident.

 

La Légion d’honneur et le palais de l’Élysée, c’est l’apanage du royaume wahhabite saoudien.

 

Le wahhabite de Mossoul, lui, préfère couper des têtes en toute quiétude – jusqu’à la chute de son bastion irakien, du moins, car la bataille de Mossoul bat son plein.

 

Source:    http://www.causeur.fr/abu-bakr-al-baghdadi-

PANORAMA GÉOPOLITIQUE DU MOYEN-ORIENT ! ( PIERRE CONESA ) THINKERVIEW ;

Thinkerview : panorama géopolitique du Moyen-Orient

Publié le dans Édito

En octobre 2015, Pierre Conesa, spécialiste en intelligence économique et militaire, qui a fait une bonne partie de sa carrière au Moyen-Orient, s’entretenait avec Thinkerview et détaillait en une trentaine de minutes les positions de l’Arabie Saoudite et son rôle dans l’extension du sunnisme.

Un an après, c’est l’occasion de revenir plus en détails sur la question et de tenir compte des développements récents dans la région.

Et cette fois-ci, le spécialiste aura accordé un peu plus d’une heure de son temps à l’équipe de Thinkerview. En une heure, le balayage des sujets est évidemment trop rapide, et on a évidemment un petit goût de trop peu sur bien des aspects.

La vidéo est disponible ici :

Il ressort encore une fois de cet exercice le différentiel assez frappant de qualité de contenu qu’on peut obtenir d’une personne de terrain comme l’est manifestement Pierre Conesa, comparé aux « analyses » vagues et consensuelles qu’on nous propose sur d’autres médias, pourtant mieux dotés en moyens.

Au passage, ce différentiel doit être encore plus visible lorsque, comme l’évoque Conesa vers 1:06:22, il se retrouve en présence de politiciens habituels sur le médiocre plateau d’une émission grand public, et qu’il est obligé de rappeler aux petits comiques politiciens alors présents que non, le Front National n’est pas la menace la plus prégnante au sortir des attentats parisiens.

Ainsi, si notre homme est – format de l’exercice oblige – contraint de survoler certains aspects et de faire quelques raccourcis dans ses explications (que d’aucuns pourront évidemment trouver grossiers), la description qu’il fait des différentes forces en présence au Moyen-Orient et l’explication raisonnée de la diplomatie française sont assez claires et permettent de dresser un portrait sans fard de l’implication occidentale évidente dans les soubresauts qui secouent cette partie du monde.

Dans cette vidéo, Conesa explique bien le mécanisme qui a vu, progressivement, les occidentaux, Français compris, s’acoquiner avec une Arabie Saoudite de plus en plus extrémiste : partant du principe, toujours posé, que 10 milliards d’euros de contrat allaient tomber, les Français ont toujours pris d’énormes pincettes avec les Saoudiens.

Le prix à payer aura été un mutisme assez phénoménal de la France devant les atteintes pourtant nombreuses au droits de l’Homme dans ce pays (et on n’évoquera pas les corruptions politiques plus ou moins actives, « Nos Très Chers Émirs » faisant ça très bien).

 

D’un autre côté, la France peut se réjouir de leur vendre des armes qui, suivant l’expression de Conesa, ne sont en définitive que des anxiolytiques pour un régime intrinsèquement instable à l’intérieur et, par conséquent, fort peu enclin aux conflits extérieurs.

 

De leur côté, et Conesa l’explique là encore très bien (à partir de 5:30), les Saoudiens se sont retrouvés coincés entre les marchés passés avec les Occidentaux, pourtant infidèles, leurs demandes d’aide en cas de problèmes à leurs frontières (typiquement, lorsque l’Arabie Saoudite a été frappée sur son sol par les radicaux qu’elle a elle-même formés), et, de l’autre côté, la nécessité de respecter les dogmes islamiques édictés par leurs oulémas.

Ces derniers ont habilement utilisé le levier religieux et obtenu en échange de leur souplesse théologique une application de plus en plus étendue de la sharia en Arabie Saoudite.

Vers 16:30, Conesa s’attarde un peu sur l’épineux problème syrien (« une crise régionale et c’est nous [les occidentaux] qui sommes en train de la mondialiser »), et le replace dans le contexte plus global des interventions occidentales répétées (en Afghanistan, en Irak, Libye, puis Syrie) en notant qu’on a essayé de perpétuer ces États alors qu’il s’agit d’impostures créées de toutes pièces à la suite des colonisations puis des décolonisations et qu’elles ne tenaient qu’à coups de dictatures.

Plus généralement et en incluant le Pakistan, la Somalie, le Bahreïn, le Yémen et le Nigéria, Conesa remarque qu’il s’agit essentiellement de conflits religieux entre les sunnites et les chiites et que les interventions occidentales y sont donc grossièrement déplacées (au même titre qu’une intervention de pays musulmans en Irlande du Nord pour séparer catholiques et protestants serait vue comme parfaitement inappropriée).

Évidemment, ces éléments ramenés au niveau de la France en font un pays de « moyenne impuissance », emberlificoté dans ses grands principes humanistes, sa realpolitik énergétique et militaire et des jeux d’alliance avec les autres pays développés.

Cette notion de « moyenne impuissance » est assez bien décrite vers 25:54 lorsque Conesa se lance dans un petit développement de nature stratégique : vers 1990, la révolution dans les affaires militaires américaines, utilisant les dernières évolutions technologiques, permet de mettre en place différents paradigmes stratégiques, comme des frappes suffisamment précises à distance de sécurité, de limiter à l’objectif précisément désigné et de rendre le champ de bataille « transparent » ; le principe est de limiter les dommages collatéraux et de réduire à zéro le nombre de morts occidentaux.

En contraposée, une autre révolution a pris place : puisque nous frappions à distance, l’ennemi s’est rapproché de nous ; au zéro-mort de soldats occidentaux répondra les massacres terroristes de civils ; mieux : en face de la peur de soldats morts, on mettra des candidats au suicide.

Comme d’habitude dans l’histoire, ce sont les perdants d’une guerre qui renouvellent la stratégie, pas les gagnants.

 

 

image: http://h16free.com/wp-content/uploads/2015/11/hollande-les-fran%C3%A7ais-ne-doivent-pas-aller-dans-les-zones-%C3%A0-risques-parce-que-cest-dangereux.jpg

hollande les français ne doivent pas aller dans les zones à risques parce que c'est dangereux

Et malheureusement, comme d’habitude, la France semble à nouveau en retard d’une guerre : Daesh a des moyens de renseignements multiples sur le territoire français (32:00), et le salafisme, terreau du terrorisme islamique, est maintenant très présent sur le territoire sans que les autorités n’aient vraiment cherché à le combattre jusqu’à récemment.

La tactique politico-religieuse mise en place par les intégristes, basée sur une dénonciation permanente de racisme ou d’islamophobie, a d’ailleurs très bien fonctionné.

Au passage, Conesa remet l’église (ou la mosquée ?) au milieu du village en notant que la République française, jacobine, centralisatrice et très attachée à son Éducation Nationale, ayant toujours combattu l’apparition d’écoles coraniques, se retrouve en meilleure posture que certains autres pays qui se sont laissés tenter (Canada notamment).

A contrario (vers 40:16), ce sont ces mêmes penchants, cette même défense laïcarde forcenée qui auront empêché la création d’une université de théologie musulmane vers 2000 par Mohammed Arkoun, et qui aurait pourtant permis de former des imams en dehors de l’influence délétère de l’Arabie Saoudite.

En somme, avec cet entretien, Conesa nous offre une synthèse rapide mais globalement pertinente du tableau actuel des opérations, des forces en présence et des influences de pouvoir dans la géopolitique du Moyen-Orient et son impact sur la politique française.

On s’étonnera cependant, sur la fin de l’interview (vers 1:00:00), d’un léger décalage entre ses positions vis-à-vis de l’Arabie Saoudite, assez lucides, et ses positions en faveur d’un renforcement de la capacité de l’État à agir, alors même que ce dernier peine à démontrer son efficacité ou sa pertinence, voire montre tous les jours que son envahissement dans notre vie privée se fait d’abord au détriment de nous tous.
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Sur le web


En savoir plus sur http://www.contrepoints.org/2016/11/02/270479-thinkerview-panorama-geopolitique-moyen-orient#XyF8pbSUkTY2IauP.99

LE FATAH PRÉPARE LA GUERRE CONTRE ISRAÊL ! TRIBUNE LIBRE !

  • « Nous nous sommes engagés à préparer une armée de combattants ; la totalité de nos moyens et de notre énergie passe à consolider l'option militaire comme seul et unique moyen de libérer la Palestine ». — La branche armée du Fatah, Brigades des Martyrs al Aqsa, Division Martyr Nidal Al-Amoudi.

  • La communauté internationale continue de percevoir le Fatah comme le parti palestinien « modéré » avec lequel Israël devrait faire la paix. Mais le Fatah n'est pas loin s'en faut, un bloc monolithique; de nombreux groupes au sein du mouvement continuent de promouvoir la « libération de la Palestine » au moyen de la lutte armée. Ni Abbas, ni aucun de ses partisans au sein du Fatah, n'ont répudié les milices existantes. Point crucial, nombre de ces miliciens continuent de percevoir un salaire de l'Autorité palestinienne.

  • Ces miliciens du Fatah qui se préparent à la guerre avec Israël reçoivent indirectement leurs salaires des donateurs occidentaux, les États-Unis et nombre de pays membres de l'UE, qui financent l'Autorité palestinienne.

  • Ces groupes croient qu'ils représentent le vrai Fatah, celui qui n'a jamais reconnu le droit à l'existence d'Israël et pour qui la lutte armée est le seul moyen de « libérer la Palestine ». Ces groupes ne sont pas formés de dissidents. Ils continuent à fonctionner sous le nom de Fatah.

  • Le Fatah est une hydre à deux têtes ; l'une dit à la communauté internationale ce qu'elle souhaite entendre, à savoir, qu'elle soutient une solution à deux Etats et cherche un règlement pacifique au conflit avec Israël ; mais l'autre dit la vérité : elle a choisi la lutte armée pour la «libération de la Palestine» et se prépare à la guerre avec Israël.

Environ 300 membres du Fatah, le mouvement dirigé par Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne (AP), ont commencé « une formation militaire » dans la bande de Gaza en vue de la prochaine guerre avec Israël.

La branche armée du Fatah, les Brigades des Martyrs d'al Aqsa – division Martyr Nidal Al-Amoudi -, a annoncé que ses soldats ont intégré une nouvelle académie militaire destinée à la formation des « combattants ». Cette académie, récemment inaugurée dans la bande de Gaza, aura pour mission d'initier les « combattants » à diverses méthodes de combat « dans le cadre d'un programme de préparation à toute future bataille » avec l'« ennemi sioniste ».

L'académie Nidal doit son nom à Nidal Al-Amoudi, un célèbre militant du Fatah qui, après avoir mené des attaques en série contre des civils et des soldats israéliens pendant la Deuxième Intifada, a été tué par le Forces de défense israéliennes le 13 janvier 2008. « L'académie porte le nom du commandant Nidal Al-Amoudi (Abu Hussein) pour réaliser son rêve de former des combattants aguerris au plan militaire, moral, religieux et révolutionnaire », peut-on lire sur un communiqué de la branche armée du Fatah. Les quelques 300 « combattants » qui ont intégré l'académie, seront formés à des techniques de guerre diversifiées indique la branche militaire du Fatah.

Et elle ajoute : « nous nous sommes engagés à préparer une armée de combattants ; nous allons consacrer la totalité de nos compétences et de notre énergie à l'option militaire comme seul et unique moyen de libérer la Palestine ».

La Division Martyr Nidal Al-Amoudi est l'une des nombreuses milices affiliées au Fatah qui continue d'opérer à Gaza. Pas plus que les autres, elle ne représente une menace pour le Hamas qui contrôle Gaza depuis l'été 2007. D'ou la liberté avec laquelle ce groupe paramilitaire - et ses homologues - opère dans différentes zones du territoire. La politique explicite de ces milices est de préparer la guerre contre Israël et de lancer des attaques terroristes contre les Israéliens. Bien que le Hamas ait expulsé les dirigeants du Fatah et qu'il continue à persécuter les militants du Fatah par dizaines, le mouvement islamiste ne fait pas partie de leurs cibles.

Qu'une milice affiliée au Fatah inaugure à Gaza sa propre académie « militaire » est une innovation. Jusqu'à présent, les groupes armés du Fatah postaient des vidéos de leurs séances d'entrainement dans des vergers et terrains vagues, loin des regards de leurs rivaux du Hamas. Cette académie indique clairement que le Hamas n'a rien à craindre des groupes armés du Fatah.

Par chance pour le Hamas, les luttes intestines ne laissent guère de temps à ces milices du Fatah pour s'interroger quant aux moyens d'améliorer les conditions de vie de la population.

Loin de s'entrainer pour libérer Gaza du joug du Hamas, chacune de ces milices rivalise avec les autres et avec le Hamas lui-même, pour le titre de « Mieux Préparé pour Détruire Israël ».

Comme le Hamas, ces « combattants » veulent gagner les cœurs et les esprits des Palestiniens de Gaza en jouant à qui prépare le mieux la « lutte armée » contre Israël comme seul et unique moyen de « libérer la Palestine ».

Pas moins de cinq milices affiliées au Fatah opèrent aujourd'hui à Gaza : les Brigades Abu Rish, les Brigades Jihad Jibril, Les Brigades Abdel Qader Husseini, les Brigades des Martyrs d'al Aqsa et les Fatah Sukkur (faucons). Toutes rivalisent férocement entre elles au plan politique et c'est peu dire que l'harmonie ou l'amour ne règne pas entre elles. Plusieurs de ces groupes ont également revendiqué des tirs de roquettes sur Israël.

Différentes sources d'information à Gaza confirment que ces miliciens sont pour la plupart, d'anciens policiers de l'Autorité palestinienne. Ils ont perdu leur emploi après la prise de pouvoir du Hamas, mais nombre d'entre eux continuent d'être salariés de l'Autorité palestinienne.

Peu importe qu'ils aient viré de bord et vilipendent publiquement Mahmoud Abbas et ses orientations politiques. En bref, ces miliciens du Fatah préparent la guerre contre Israël mais touchent indirectement leurs salaires des donateurs occidentaux, y compris les États-Unis et de nombreux pays de l'UE, qui financent l'Autorité palestinienne.

La Division martyr Nidal Al-Amoudi a récemment dénoncé Abbas pour avoir assisté aux funérailles de Shimon Peres, à Jérusalem. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a mis en scène les miliciens masqués de cette division en train de lire une vigoureuse condamnation d'Abbas pour sa présence aux funérailles de l'ancien président israélien.

Sur la vidéo, les mêmes ont réitéré leur opposition à toute « normalisation » avec Israël et ont exigé d'Abbas qu'il présente ses excuses aux Palestiniens et au Fatah.

Leur message se concluait par l'affirmation que la « lutte armée » est le seul moyen de « libérer la Palestine ».

 

Les membres de la Division Martyr Nidal Al-Amoudi du Fatah ont lu une déclaration condamnant Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, pour sa présence aux funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres.

 

Plus récemment, ce même groupe a « salué » l'exécution par balles de deux Israéliens de Jérusalem, - une grand-mère de 60 ans et un ancien officier de police de 29 ans - par Musbah Abu Sbeih. « Cette opération héroïque montre clairement que la lutte armée est profondément ancrée chez les Palestiniens », a déclaré la Division martyr Nidal Al-Amoudi. Le communiqué ajoutait : « l'opération est une réponse naturelle aux crimes de l'occupation ».

Il ne faut pas s'y tromper. Ces groupes ne sont pas des dissidents. Ils sont convaincus d'être les seuls et authentiques représentants du Fatah, le vrai, celui qui n'a jamais reconnu le droit à l'existence d'Israël et qui tient la lutte armée comme le seul moyen de « libérer la Palestine ».

En fonctionnant sous le label du Fatah, ils entendent rester fidèles à leur ancien chef, Yasser Arafat, qui a construit le Fatah comme un « mouvement de libération nationale » et n'a jamais vraiment abandonné l'option militaire contre Israël.

Ce sont Abbas et ses collègues au sein du Fatah qui, disent-ils, ont dévié de la doctrine du Fatah et de ses vrais objectifs.

Les jeux de pouvoir entre ces milices du Fatah sont le reflet des divisions politiques croissantes à la direction du Fatah. Selon diverses sources palestiniennes, les cadres du Fatah à Gaza n'ont plus rien en commun avec les dirigeants du mouvement en Cisjordanie. Les proches d'Abbas rejettent la responsabilité du schisme sur l'homme fort du Fatah en exil, Mohammed Dahlan.

Ce dernier est accusé d'aider financièrement les dissidents pour mieux saper l'autorité de l'actuel président de l'Autorité palestinienne... qui est également le chef du Fatah. Abbas a récemment convoqué en urgence, à Ramallah, les cadres du Fatah de Gaza pour discuter de l'influence croissante de Dahlan à Gaza et des divisions au sein du Fatah.

Cette initiative a eu lieu après que plusieurs milliers de membres du Fatah fidèles à Dahlan aient manifesté dans les rues de Gaza-City contre Abbas. Au cours de la manifestation, des photos de Mahmoud Abbas ont été brûlées et piétinées.

Ces évolutions au sein du Fatah méritent d'être notées pour une bonne et simple raison : la communauté internationale continue de percevoir le Fatah comme le parti palestinien « modéré » avec lequel Israël devrait faire la paix.

Or le Fatah est loin d'être un bloc monolithique ; de nombreux courants y prospèrent qui continuent de prôner – selon leur propre vocabulaire – la « libération de la Palestine » par la lutte armée.

Par ailleurs, ni Abbas ni aucun de ses partisans en Cisjordanie n'ont jamais répudié les milices armées du Fatah. Et surtout, nombre de ces miliciens du Fatah continuent de percevoir un salaire de l'Autorité palestinienne.

Le Fatah est en réalité une hydre à deux têtes ; l'une tient à la communauté internationale anglophone le discours qu'elle a envie d'entendre, à savoir, qu'elle soutient une solution à deux Etats et cherche un règlement pacifique au conflit avec Israël ; mais l'autre dit la vérité : elle est engagée dans une lutte armée pour la « libération de la Palestine », et prépare même la guerre avec Israël.

A noter que certaines milices du Fatah opèrent également en Cisjordanie dans des territoires sous contrôle des forces de sécurité d'Abbas. Et comme leurs homologues de la bande de Gaza, leurs miliciens sont les salariés de l'Autorité palestinienne.

Abbas a perdu la bande de Gaza deux fois : non seulement le territoire est passé entre les mains du Hamas en 2007, mais les milices qui, autrefois, relevaient de la direction du Fatah, empruntent un sentier à l'opposé des souhaits du commandement du Fatah en Cisjordanie.

Le conflit entre le Fatah et le Hamas, qui a initialement divisé les Palestiniens en deux entités, l'une en Cisjordanie et l'autre dans la bande de Gaza, explique en partie pourquoi les Palestiniens sont plus éloignés que jamais de la construction d'un Etat indépendant.

Mais les luttes internes au Fatah et le fossé qui sépare les différents dirigeants rend cet avènement plus problématique encore.

 

Même les plus crédules soutiens d'Abbas n'ignorent pas que le Fatah qu'il incarne a perdu toute crédibilité : dans la réalité, ses « combattants », par milliers, préparent la guerre contre Israël.

Khaled Abu Toameh, journaliste plusieurs fois primé, est basé à Jérusalem.

 

Source:   https://fr.gatestoneinstitute.org/list_unsubscribe.php