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15/12/2019

ÉLECTIONS CHEZ NOS VOISINS DU ROYAUME UNI ........

Élections générales au Royaume-Uni.

Percée des Républicains en Irlande du Nord, triomphe des nationalistes en Écosse, poussée conservatrice au Pays de Galles

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
elections

Outre l’écrasante victoire de Boris Johnson et des conservateurs à l’occasion des élections générales au Royaume-Uni, voici quelques enseignements concernant les nations celtes, avec la percée des Républicains en Irlande du Nord, le triomphe des nationalistes de gauche « inclusive » en Écosse, et la poussée conservatrice au Pays de Galles. Trois nations, trois destins très différents.

Pour voir tous les résultats détaillés, c’est ici.

 

Le SNP à 45 % en Écosse

En Écosse, le Scottish National Party, de gauche nationaliste et inclusive, remporte 45 % des suffrages. 48 sièges au total, contre 6 pour les conservateurs, 4 pour les libéraux (nord-est de l’Écosse surtout), 1 pour les travaillistes (Édimbourg sud). On notera qu’encore une fois, la capitale se démarque du reste du pays, par un vote au nord et au sud qui n’est pas nationaliste à Édimbourg.

Une razzia, qui devrait bien entendu entraîner la tenue d’un second référendum sur l’indépendance. Il semblerait toutefois que la population soit toujours partagée par cette question, puisque les nationalistes ne parviennent toujours pas à dépasser les 50 % d’électeurs.

Il est vrai que le programme du SNP, très à gauche, pro-migrants, et porteur d’une « société inclusive » , a de quoi effrayer y compris les nationalistes écossais que l’on pourrait classer à droite.

Mais dans tous les cas, ce score, et cette domination sans partage des députés du SNP, va aboutir à des négociations avec la couronne britannique, et son parlement, c’est une évidence.

 

Le recul du DUP en Irlande du Nord

Sur fond de peur du Brexit aux relents de guerre civile en Irlande, le DUP, unioniste, a reculé en Irlande du Nord (mais aussi sur fond d’effondrement démographique de la population protestante et unioniste au profit de la population républicaine et catholique). Symboles de ce recul, les victoires du Sinn Féin à Belfast Nord et du parti travailliste à Belfast sud, bastions unionistes jusqu’ici.

La carte de l’Irlande du Nord montre un pays divisé en deux, avec tout le sud et l’ouest qui sont acquis au Sinn Féin, et tout le Nord et l’Est (historiquement là où se sont installés les protestants d’Irlande du Nord), acquis aux unionistes.

Au final, le DUP se maintient en tête avec 8 sièges, devant le Sinn féin (7), les travaillistes (2) et les unionistes modérés dans le comté de North Down.

 

La poussée conservatrice au Pays de Galles

Au Pays de Galles, la peur du Brexit a visiblement impacté le Plaid Cymru, parti nationaliste gallois, au profit des travaillistes qui l’emportent (40,9 % contre 39 % pour les conservateurs). Les nationalistes conservent 4 sièges de l’ouest du Pays de Galles, tandis que les travaillistes en obtiennent 22 et 14 pour les conservateurs, qui sont les seuls à progresser dans le pays (+ 6 sièges).

En réalité, c’est le sud industrialisé et dense du Pays de Galles (Cardiff, Swansea) qui fait basculer à gauche, le reste du pays, moins peuplé, étant acquis ou bien aux conservateurs, ou bien aux nationalistes.

Les cas particuliers de l’Écosse, du Pays de Galles et de l’Irlande du Nord sont tous très spécifiques et ne peuvent pas totalement rentrer dans la grille d’analyse globale de ces élections générales.

Chacun pensant exclusivement à soi et considérant assez peu l’unité du Royaume-Uni sauf l’Irlande du Nord où l’on constate que les antagonismes persistent lourdement et que la réconciliation semble en grande partie impossible.

C’est la démographie qui servira donc de juge de paix dans les élections là-bas, il suffit de comparer le vote à West et à East Belfast pour s’en rendre compte.

 

D’autres enseignements sur les élections générales britanniques

Après analyse de la carte électorale, et avec tout de même 67 % de participation on s’aperçoit globalement que :

Les grands ensembles urbains, bobos, gagnants et promoteurs de la mondialisation, votent travaillistes. « Le niveau de schizophrénie de ces gens est sans limite puisqu’ils continuent coûte que coûte à voter pour des gens qui promeuvent l’immigration alors que les taux de criminalité et de délinquance de ces ensembles urbains ne cessent de croître » nous confie Allen, électricien basé à côté d’Exeter, en Cornouaille, qui n’est pas allé voter.

Les « sans dents » et une partie de la classe moyenne se sentant déclassée (économiquement et culturellement) votent conservateur (réflexe anti-immigration, sentiment de déclassement, de baisse du niveau scolaire, d’éducation, de substitution de population) hormis, manifestement, dans le nord du pays (Newcastle, Sunderland, York, Leeds…), cités et anciens bassins industriels dévastés qui continuent de voter à gauche. Ce n’est sans doute qu’une question de temps pour qu’ils basculent, comme l’ancien électorat communiste est passé au FN en France. Les campagnes votent quasiment toutes conservateurs, largement.

 

Le vote pour le Brexit est confirmé, et le peuple adresse un bras d’honneur clair aux élites mondialisées qui ne voulaient pas le valider.

Le choix électoral s’est ainsi exprimé encore plus clairement derrière le slogan trouvé par l’équipe de campagne de Johnson.

YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

07/12/2019

MALIENS, QUAND ON AIME SON PAYS .....

Jeunes Maliens, engagez-vous !

 

a définition officielle de la stratégie sahélienne de la France : Viser à ce que les États partenaires acquièrent la capacité, d’assurer leur sécurité de façon autonome en reposant sur une approche globale (politique, sécuritaire et de développement) dont le volet militaire est porté par l’opération Barkhane, conduite par les armées françaises.

 

L’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad.

Elle regroupe environ 4 500 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace notamment dans le cadre de la force conjointe du G5 Sahel en cours d’opérationnalisation.

 

Jamais le mot islamiste n’est prononcé ! Certains experts nous disent qu’aux côtés des forces armées maliennes (FAMa), les soldats français mènent une guerre asymétrique… Un grand quotidien titre : « Avec les soldats de la force Barkhane, dans l’enfer djihadiste du sanctuaire de Tofagala ».

2700 Français sur 4500 effectifs engagés, les Maliens, Nigériens, Tchadiens, Burkinabés constituant le reste représenterait donc seulement 40% !

 

Les statistiques ethniques sont très mal tenues mais en recoupant des informations on peut estimer qu’il y aurait environ 100 000 ressortissants, la communauté malienne de France (l’une des plus importantes diasporas d’Afrique noire de l’Hexagone), dont probablement 50% de + de 18 ans et de moins de 35 ans, soit donc 50 000 ! Il serait normal que ces jeunes hommes, qui constituent une réserve importante, contribuent à la défense de leurs pays.

Pourquoi ne pas en incorporer un certain % (à titre de volontariat ou par obligation) à la force Barkhane pour un service militaire de 6 mois à 1 an ?

Il en serait de même pour les supplétifs envisageables pour les autres pays africains concernés.

Car n’ont-ils pas tous une vocation naturelle à aller défendre leurs familles, sur place ?

 Par ailleurs il faut souligner le manque de soutien européen à l’intervention française en Afrique ce qui veut dire qu’il faudrait peut-être commencer par ressortir de l’OTAN, afin de ne plus se retrouver aux cotés d’alliés douteux, comme la Turquie, pour ne citer que ce pays, pour constituer une alliance militaire de défense avec les pays les plus concernés par le terrorisme djihadiste comme la Belgique, l’Angleterre, la France et l’Espagne (BAFE).

Peut-être pourrait-on ainsi atteindre un contingent de combattants à projeter sur les théâtres d’opérations militaires se rapprochant des 15 à 20 000, plus en adéquation avec les forces-ennemies en présence !  

Les pays plus écolo-pacifistes, présentant des excédents budgétaires (notamment l’Allemagne et les Pays-Bas), pourraient également peut-être être associés à cet effort de guerre en matière de financement du renouvellement et de l’entretien du matériel militaire de cette BAFE pour un montant (par exemple de 5% de leurs excédents) ce qui représenterait environ, toutes choses égales par ailleurs, un apport de 3 milliards d’euros.

Car enfin, nous ne voulons plus assister à cette litanie de discours égrenés sur les cercueils de soldats français (équipés parfois de matériel vieillissants et défectueux, traités sur le terrain de néo-colonialistes) morts, bien esseulés, pour la défense de valeurs européennes ; et il serait aussi urgent que la France n’accueille plus désormais que des gens, dont la vocation serait, de toute façon, de repartir… pour reconstruire leur pays.       

 

Par Patrick VERRO        https://volontaires-france.fr

ÉTATS-UNIS : LES DÉMOCRATES ET BIENTÔT UNE GUERRE CIVILE ? TRIBUNE LIBRE !

Publié par Eddad Aber le 7 décembre 2019
 
 
 

Grâce aux Démocrates, les États-Unis de 2019 sont devenus un pays épouvantable avec un régime policier comme on ne l’avait jamais vu, même à l’époque de McCarthy.

Surveiller les appels téléphoniques des opposants politiques, comme cela a été fait avec l’aide d’AT&T, faire participer la presse à une vendetta où elle se rend complice de crimes contre l’Etat en mentant, en sélectionnant l’information et par sa façon partiale et totalement déséquilibrée de la présenter, comme aux pires moments de l’URSS, faire témoigner des personnes hautement suspectes et subversives mais présentées comme des oies blanches et des universitaires compétents alors que leur passé, hautement partisan et parfois même subversif, les trahit, et surtout s’arroger des droits qu’on refuse aux Républicains dans une Chambre des Représentants en majorité Démocrate, constitue les prémices d’un régime totalitaire, et je pèse mes mots, si un jour les Démocrates contrôlaient, en plus, le Sénat et la Présidence, ce sont les embryons d’une guerre civile, et là encore je pèse mes mots, que l’on voit apparaître sous nos yeux.

 

La sympathie ou l’antipathie à l’endroit de Trump sont des concepts totalement dépassés à ce stade, et ce à quoi on assiste va bien plus loin, ce sont les fondements mêmes de la société américaine qui sont sapés. 

Ce coup d’État, il n’y a pas d’autres mots pour qualifier l’entreprise visant à annuler les résultats d’un vote démocratique et légal, est la chose la plus grave politiquement à laquelle il m’a été donné d’assister en 43 ans de présence dans ce pays

Les propos que je vais tenir me sont très pénibles, mais il faut savoir que parmi ces factieux il y a des Juifs comme Adam Schiff, Jerry Nadler, Diane Feinstein ou Charles Schumer, ce dernier étonnamment silencieux dernièrement par exemple, et ils sont en pointe dans cette mascarade, et ils feront naître un antisémitisme comme on ne l’a jamais vu de ce côté de l’Atlantique.

Ils sont les complices objectifs des « Islamogauchiste », des Linda Sarsour, Ilhan Omar et compagnies, qui sont entrés en guerre frontale contre le judaïsme sous couvert de lutte contre le sionisme, on le voit de manière effrayante sur les campus universitaires au quotidien, et surtout contre Israël.

Des candidats comme Bernie Sanders et toute cette camarilla de « judéogauchistes », sont également un danger manifeste.

Jamais je n’aurais pensé voir cela aux États-Unis et ceux qui croient que j’exagère doivent se préparer à de grosses surprises.

Ce coup d’État, il n’y a pas d’autres mots pour qualifier l’entreprise visant à annuler les résultats d’un vote démocratique et légal, est la chose la plus grave politiquement à laquelle il m’a été donné d’assister en 43 ans de présence dans ce pays.

Je pense encore que les factieux, les séditieux et les escrocs qui se prétendent justiciers vont perdre, mais les dégâts commis sont, à mon avis irréparables, ou prendront beaucoup de temps à se cicatriser, bien plus qu’il n’en a fallu après le Watergate ou après l’assassinat de John F. Kennedy. 

L’élection d’Obama et les huit années qui s’en sont ont suivi, pendant lesquelles il a rempli les Administrations de sympathisants qui vont des communistes aux « islamogauchistes » et de personnes qui sont acquises à ses vues, tant sur les plans économiques et sociaux que sur la politique étrangère, notamment vis-à-vis de l’Iran, ont créé un Etat dans l’Etat au niveau fédéral qui ne fait que miner les décisions du gouvernement actuel tout en menant une subversion destructrice comme elle n’a jamais eu lieu auparavant. 

Si ce cauchemar ne prend pas fin très rapidement, j’appréhende avec angoisse les conséquences qui en résulteront.

Heureusement, il semble bien que cette procédure d’impeachment va se retourner avec vigueur contre les Démocrates, particulièrement pendant cette année d’élections à hauts risques.

On doit aux 50 états, et à la grande autonomie dont ils jouissent, le fait que le gouvernement fédéral, celui du « deep state », n’arrive pas à pourrir totalement les structures du pays.

 

Source et Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eddad Aber

AU LIBAN: RÉVOLTE OU RÉVOLUTION ? TRIBUNE LIBRE !

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Soulèvement au Liban : révolte ou révolution ?

Lebanese flag floating By: Eusebius@Commons - CC BY 2.0

Le 27 octobre, les Libanais forment une chaîne humaine de 170 km du nord au sud du pays, réunissant 140 000 personnes environ, se tenant par la main.

C’est ce jour-là que le Liban est redevenu un pays, que plus personne ne pourra jamais diviser.

Par Pierre Nassif. 

La question que pose cet article revêt-elle quelque importance ? Dans l’imaginaire occidental certainement.

La révolution : par la violence, un peuple ou ses représentants prend possession du pouvoir et peu à peu de tout le reste. Nous sommes néanmoins des nostalgiques de la révolution ici, ayant oublié qu’il a fallu au pays un siècle de soubresauts pour se débarrasser de ses ravages.

 

Rétrospective

Le Liban est un petit pays de 10450 km2  où vivent environ six millions d’habitants parmi lesquels quatre millions possèdent la nationalité du pays.

C’est un pays libéral. Il l’est par l’état d’esprit qui domine chez ses habitants – celui de vouloir assumer par soi-même ses responsabilités. Il l’est également par sa Constitution, laquelle stipule au sixième alinéa de son préambule :

Le régime économique est libéral et garantit l’initiative individuelle et la propriété privée.

Le Liban a subi de 1975 à 1990 une guerre civile atroce qui a provoqué la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes, ainsi qu’un nombre incalculable de disparus. Les origines de cette guerre sont le dévoiement par les organisations palestiniennes du droit qu’elles avaient acquis d’utiliser ce pays comme base de leur combat pour la libération de la Palestine. Au lieu d’exercer ce droit, ces organisations ont cherché à se tailler un État à l’intérieur du territoire libanais.

Une trentaine d’années après, il n’existe aucun récit de cette guerre qui réunisse le consensus des Libanais. Seuls ses résultats sont indiscutables : une occupation syrienne qui a duré 15 ans, une occupation israélienne au sud du pays qui a duré de 1978 à 2000. La résistance à cette dernière occupation fut armée et financée par l’Iran. La guerre s’acheva sur une révision majeure de la Constitution, laquelle rééquilibra le pouvoir entre les communautés chrétiennes et musulmanes.

Depuis la fin de l’occupation syrienne, le pays est contrôlé par le Hezbollah, émanation politico-religieuse de la résistance armée contre Israël. Ce parti a distribué les pouvoirs entre les anciens chefs des milices qui furent les artisans de la guerre civile et quelques anciens seigneurs féodaux, ayant tiré leur épingle du jeu pour y avoir participé activement.

L’histoire est sans doute à nuancer, la prééminence du Hezbollah résulta progressivement du jeu des alliances et des rivalités. Elle fut puissamment renforcée par la légitimité que ce parti recueillit du fait de son rôle lors de la guerre qu’Israël a mené au Liban à l’été 2006, dans le but de briser la résistance contrôlée par ce parti.

Il faut dite que la guerre a permis à la communauté chiite de prendre une sorte de revanche, car auparavant, elle en avait peu et les régions qu’elle occupait étaient les plus pauvres.

Le soulèvement

Le soulèvement fut déclenché le 17 octobre 2019 en raison de la décision du gouvernement de taxer les communications sur WhatsApp. Or c’est le principal moyen d’échange entre les Libanais de l’intérieur et les émigrés, lesquels assurent la survie de nombreuses familles. Ce soulèvement s’est poursuivi sans discontinuer depuis  lors, malgré l’abandon presque immédiat de la taxe.

C’est la corruption à tous les étages du gouvernement qui est le principal motif de ce soulèvement. Elle est à la racine de tous les maux dont souffre le pays : absence des services publics les plus élémentaires – électricité, eau, enlèvement des déchets – détournement des ressources du secteur productif vers le service de la dette de l’État, laquelle correspond à de l’argent volé, un chômage inédit qu’atténue à peine une émigration subie.

Le peuple demande la restitution de l’argent volé et le départ de tous les gouvernants : « Tous, ce qui signifie tous », dit son slogan.

Une autre revendication de la foule est la fin du confessionnalisme (répartition des fonctions politiques principales et des postes dans la haute fonction publique selon une clé définie par la religion). C’est cette revendication qui fut la plus montée en épingle par les médias en France, tellement ce système contredit le dogme de la laïcité, tellement important, à juste titre, pour les Français.

Pourtant, les Libanais ne revendiquent pas la laïcité pour elle-même. Ils constatent que le système se sert du confessionnalisme pour accentuer les divisions entre eux dans le but de conforter son pouvoir. Ils ont découvert leur unité grâce à ce soulèvement qui transcende tous les confessions. C’est peut-être ce phénomène qui apporte un début de réponse à notre question : le soulèvement donne naissance à une citoyenneté libanaise qui ne passe plus par la confession. Cela, c’est révolutionnaire pour ce pays.

 

Analyse

C’est pour cette raison que le drapeau libanais est porté fièrement par les manifestants dans toutes les régions du pays. C’est aussi pour cela qu’ils tiennent à manifester dans toutes les villes sans exception, même celles qui sont tenues par les partis chiites, lesquels furent les seuls à exercer la violence contre eux.

C’est pour cette raison aussi que l’hymne national est le chant qu’ils entonnent le plus fréquemment, bien que la verve artistique des Libanais ait donné naissance à un florilège unique de chants, de poèmes, de slogans inouïs.

Les Libanais appellent leur soulèvement « la Révolution ». La question que pose cet article ne se pose donc pas pour eux. Quant à la classe politique, elle ne comprend pas ou elle fait mine de ne pas comprendre. En tout cas, sa principale réaction fut de chercher à attiser les tensions confessionnelles, dans le but de se retrouver sur un terrain qu’elle connaît bien. Heureusement, sans aucun succès jusqu’à présent !

La principale découverte des Libanais, c’est celle de leur unité. C’est en quelque sorte l’incurie de leurs dirigeants qui leur ont permis de la découvrir : ils en sont tous les victimes à un degré ou à un autre, toutes classes confondues et toutes régions confondues. Oui, des personnes de toutes les classes sociales se retrouvent dans la rue, des intellectuels, des entrepreneurs, des hauts fonctionnaires rejoignent la classe moyenne et le petit peuple.

Pour ma part, je retrouve un pays. Ce pays, la guerre civile l’avait fait disparaître dans la réalité et dans mon cœur. Il n’était plus qu’un gâteau, dont se disputaient des parts de plus en plus importantes des seigneurs de guerre, hâtivement recyclés en personnel politique, couverture mitée de leur insatiable appétit, effrontément avoué.

Pour de nombreux Libanais, le Liban n’est devenu un pays que depuis le 17 octobre dernier, car la majorité d’entre eux est née après la guerre. Ce pays, ils l’ont découvert et ils l’admirent, car ils sont fascinés par leur force, par leur lucidité, par leur union.

Quelques temps forts

Le 27 octobre, les Libanais forment une chaîne humaine de 170 km du nord au sud du pays, réunissant 140 000 personnes environ, se tenant par la main. C’est ce jour-là que le Liban est redevenu un pays, que plus personne ne pourra jamais diviser.

Mais j’aimerais aussi évoquer le génie du Liban ou vous aider à percevoir quelque chose de l’âme de ce peuple.

Au quatrième jour du soulèvement, un chef libanais, Wael Lazkani, dresse une tente au centre de Beyrouth dans laquelle il improvise une cantine : « la cuisine de la ville » (matbakh el balad), pour nourrir les manifestants. Des volontaires assurent le service. De nombreuses personnes envoient de la nourriture. Un émigré commanda un jour sur Internet depuis Dubai 300 pizzas en indiquant qu’elles devaient être livrées à Matbakh el Balad, commande acceptée car le pizzaiolo savait très bien où c’était.

Un jour des vandales démolissent la tente en hurlant des slogans hostiles au soulèvement et favorables au Hezbollah. Quelques heures après leur départ, des volontaires accourent pour réparer les dégâts. Matbakh el Balad rouvrait le jour même.

« Ce que j’aime le plus au Liban, c’est son peuple », déclare Wael, pour conclure cette histoire d’un mot qui soit digne d’elle.

 

Par Pierre Nassif

Âgé aujourd’hui de 65 ans, Pierre Nassif a commencé une carrière de coach en 2008. Devenu praticien narratif, il accompagne des personnes en recherche d’emploi ou souhaitant donner une nouvelle direction à leur carrière.

Il s'intéresse aussi à l'organisation des entreprises.

Sa vie professionnelle antérieure : manager technique en informatique et télécommunications.

OCDE ET COMMENT MAINTENIR L' AFRIQUE DANS LA PAUVRETÉ !

Comment l’OCDE propose de maintenir l’Afrique dans la pauvreté

Kenya Stock Photos by EU Civil Protection and Humanitarian... EUECHOMartin Karimi(CC BY-ND 2.0) — EUECHO Martin Karimi, CC-BY

Quand l’OCDE propose de lever davantage d’impôts sur les Africains… pour les aider à sortir de la pauvreté ! Un argument qui ne tient pas. Voici pourquoi.

Par Dan J. Mitchell, depuis les États-Unis.

 

Le marché libre et un État limité, voilà la formule gagnante de la croissance et la prospérité. C’est même le seul moyen par lequel une nation pauvre peut devenir  riche. C’est cette politique qui a aidé l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest à s’enrichir au XIXe siècle et c’est de cette façon que l’Asie s’est enrichie dans la deuxième moitié du XXe.

Inversement, aucun pays pauvre ayant mis en œuvre des politiques étatistes n’est devenu riche (c’est pourquoi aucun de mes amis de gauche n’a jamais pu trouver une bonne réponse à mon défi1).

Mais cela n’empêche pas certaines bureaucraties internationales d’inciter les nations pauvres à adopter de mauvaises politiques. J’ai écrit l’an dernier combien le Fonds Monétaire International faisait des efforts pernicieux pour augmenter les impôts en Afrique.

À présent c’est l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques qui cherche à pérenniser la pauvreté du plus pauvre des continents. Cette bureaucratie parisienne avance qu’il est « urgent » de lever des impôts supplémentaires :

« Le ratio impôts/PIB moyen pour les 26 pays participant à la nouvelle édition des Statistiques des recettes publiques en Afrique est resté inchangé en 2017, à 17,2 % pour la troisième année consécutive […] soulignant la nécessité d’agir de toute urgence pour accroître la mobilisation des ressources intérieures en Afrique. […]

La structure fiscale dans les pays participants a évolué au cours de la dernière décennie, avec une progression des recettes tirées de la TVA et de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) en 2017 par rapport à 2008.

Toutefois, les recettes fiscales issues de l’IRPP (15,4 % du total) et des cotisations de sécurité sociale (8,1 % du total) restent faibles en Afrique. Des réformes visant à élargir la base de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, […] et à étendre la couverture sociale peuvent accompagner les efforts de mobilisation des ressources intérieures et contribuer à une croissance inclusive. […]

Les impôts sur le patrimoine occupent une place beaucoup plus modeste dans la structure fiscale en Afrique que dans la région ALC et dans la zone OCDE, mais ont le potentiel de jouer un rôle clé. »

Avant d’expliquer pourquoi l’analyse de l’OCDE est erronée, voici quelques graphiques pour ceux qui veulent des détails par pays. Voici d’abord les taux d’imposition en pourcentage du PIB. Je comprends pourquoi l’Afrique du Sud va si mal.

 

Voici maintenant l’évolution de la fiscalité sur les 10 dernières années. Félicitations au Botswana.

 

La grande question est naturellement de savoir pourquoi l’OCDE insiste pour faire monter les impôts dans les pays pauvres. La véritable raison c’est que l’OCDE représente les intérêts des États, et que les politiciens veulent instinctivement davantage de moyens.

Pourtant la raison officielle, celle que les bureaucrates veulent que l’on croie – malgré des montagnes de preuves du contraire – c’est que les impôts favorisent la prospérité. Et il n’y a pas que l’OCDE qui soutient cette théorie bizarre. Il est maintenant habituel dans les bureaucraties internationales de soutenir cette idée paradoxale, fondée sur la croyance que l’économie prospère lorsque l’État augmente ses dépenses.

P.S. : le grand défi économique de l’Afrique n’est pas la mauvaise politique fiscale. Si on examine les données du rapport sur la liberté économique de l’Institut Fraser, le continent a d’énormes problèmes de réglementation excessive et de mauvaise gouvernance. Ce qui est tragique c’est que l’OCDE n’incite pas à réformer ces aspects. Cet organisme veut plutôt aggraver la fiscalité.

P.P.S. : à vrai dire, l’OCDE ne fait pas de discrimination. Ses bureaucrates plaident aussi pour plus d’impôts dans d’autres régions pauvres, telles que l’Amérique latine et l’Asie.

Traduction par fm06 pour Contrepoints de The OECD’s Recipe for Continuing Poverty in Africa

 
  1. « Citez un pays qui est devenu riche grâce à une politique étatiste. Citez un pays interventionniste avec une grosse administration qui fait mieux qu’un pays comparable ayant adopté le marché libre et une administration réduite ». ↩
 

Par Daniel J. Mitchell       https://www.contrepoints.org/2019/12/07/359730-

02/12/2019

MALI / OPÉRATION BARKHANE : UNE MISE AU POINT NÉCESSAIRE .......

Opération Barkhane au Mali : une mise au point nécessaire

2 Décembre 2019, 06:06am

Publié par Thomas Joly

Les pertes cruelles que viennent de subir nos Armées - et qui ne seront hélas pas les dernières - ont donné à certains l’occasion de s’interroger sur le bien-fondé de la présence militaire française au Sahel. Cette démarche est légitime, mais à la condition de ne pas sombrer dans la caricature, les raccourcis ou l’idéologie.

J’ai longuement exposé l’état de la question sur ce blog, notamment dans mon communiqué en date du 7 novembre 2019 intitulé « Sahel : et maintenant quoi faire ? », ainsi que dans les colonnes de l’Afrique Réelle et dans mon  livre Les guerres du Sahel des origines à nos jours qui replace la question dans sa longue durée historique et dans son environnement géographique. Je n’y reviens donc pas.

 

Cependant, trois points doivent être soulignés :

1) Dupliquées d’un logiciel datant des années 1960-1970, les accusations de néocolonialisme faites à la France sont totalement décalées, inacceptables et même indignes. Au Sahel, nos Armées ne mènent  en effet pas la guerre pour des intérêts économiques.

 

En effet :
- La zone CFA dans sa totalité, pays du Sahel inclus, représente à peine plus de 1 % de tout le commerce extérieur de la France, les pays du Sahel totalisant au maximum le quart de ce 1 %. Autant dire que le Sahel n’existe pas pour l’économie française.
- Quant à l’uranium du Niger, que de fadaises et de contre-vérités entendues à son sujet puisqu’en réalité, il ne nous est pas indispensable. Sur 63.000 tonnes extraites de par le monde, le Niger n’en produit en effet que 2.900… C’est à meilleur compte, et sans nous poser des problèmes de sécurité que nous pouvons nous fournir au Kazakhstan qui en extrait  22.000 tonnes, soit presque dix fois plus, au Canada (7.000 t.), en Namibie (5.500 t.), en Russie (3.000 t.), en Ouzbékistan (2.400 t.), ou encore en Ukraine (1.200 t.), etc.
- Pour ce qui est de l’or du Burkina Faso et du Mali, la réalité est qu’il est très majoritairement extrait par des sociétés canadiennes, australiennes et turques.

 

2) Militairement, et avec des moyens qui ne lui permettront jamais de pacifier les immensités sahéliennes, mais là n’était pas sa mission, Barkhane  a réussi à empêcher la reformation d’unités jihadistes constituées. Voilà pourquoi, pariant sur notre lassitude, les islamistes attaquent les cadres civils et les armées locales, leur objectif étant de déstructurer administrativement des régions entières dans l’attente de notre départ éventuel, ce qui leur permettrait de créer autant de califats.

Notre présence qui ne peut naturellement empêcher les actions des terroristes, interdit donc à ces derniers de prendre le contrôle effectif de vastes zones.

3) Nous sommes en réalité en présence de deux guerres :

- Celle du nord ne pourra pas être réglée sans de véritables concessions politiques faites aux Touareg par les autorités de Bamako.

Également sans une implication de l’Algérie, ce qui, dans le contexte actuel semble difficile. Si ce point était réglé, et si les forces du général Haftar ou de son futur successeur tenaient effectivement le Fezzan, les voies libyennes de ravitaillement des jihadistes  auxquelles Misrata et la Turquie ne sont pas étrangères, seraient alors coupées. Resterait à dissocier les trafiquants des jihadistes, ce qui serait une autre affaire…

- Au sud du fleuve Niger les jihadistes puisent dans le vivier peul et dans celui de leurs anciens tributaires. Leur but est de pousser vers le sud afin de déstabiliser la Côte d’Ivoire.

Voilà pourquoi notre effort doit porter sur le soutien au bloc ethnique mossi. Aujourd’hui comme à l’époque des grands jihad peul du XIXe siècle (là encore, voir mon livre sur les guerres du Sahel), il constitue en effet un môle de résistance.

Le renforcement des défenses du bastion mossi implique d’engager à ses côtés les ethnies vivant sur son glacis et qui ont tout à craindre de la résurgence d’un certain expansionnisme peul abrité derrière le paravent du jihadisme.

Cependant, si les jihadistes régionaux sont majoritairement Peul, tous les Peul ne sont pas jihadistes.

Ceci fait que, là encore, il sera nécessaire de « tordre le bras » aux autorités politiques locales pour que des assurances soient données aux Peul afin d’éviter un basculement généralisé de ces derniers aux côtés des jihadistes.

Car, et comme je l’ai écrit dans un ancien numéro de l’Afrique Réelle « quand le monde peul s’éveillera, le Sahel s’embrasera ». Il y a donc urgence.

Par-delà les prestations médiatiques des « experts », une chose est donc claire : la paix au nord dépend des Touareg, la paix au sud dépend des Peul.

 

Tout le reste découle de cette réalité. Dans ces conditions, comment contraindre les gouvernements  concernés à prendre en compte cette double donnée qui est la seule voie pouvant conduire à la paix ?

 

Par Bernard Lugan      Afrique Réel 

TRUMP ET NETANYAHU FACE À DEUX PRÉTENDUS DÉLITS .......

01/12/2019

MACRON ET LA POLÉMIQUE LIBANAISE !

Des propos du président Macron provoquent un début de polémique au Liban

 
 
 

En déclarant à Amiens que les Libanais allaient bientôt fêter l’anniversaire du 1er septembre 1920, Emmanuel Macron s’est attiré les foudres de manifestants libanais. A tort ou à raison, certains voient cette date comme l’origine des problèmes de leur pays…


Léo Nicolian est un reporter de guerre français d’origine libanaise qui a couvert un grand nombre de conflits (Irak, Tchétchénie,….); alors que des manifestations secouent le pays du cèdre et remettent en cause le confessionnalisme qui régit cet état, il a brièvement interviewé le chef de l’Etat lors de sa visite à l’usine Whirpool d’Amiens le 22 novembre dernier.

 
 
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Une réponse qui passe mal

M. Macron a déclaré, alors que M. Nicolian lui avait demandé sa réaction aux événements libanais « On fêtera l’année prochaine la proclamation du Grand Liban de 1920. » Le journaliste lui a rétorqué que c’était aussi l’anniversaire de l’instauration du confessionnalisme, si décrié par les manifestants ; ils y voient la principale raison des malheurs de leur patrie. « Exactement » a répondu le chef de l’Etat avant de s’éloigner. Cette micro-interview de M. Macron a été diffusée au Liban notamment grâce à WhatsApp.

L’intervention de notre chef de l’Etat et surtout le mot « exactement » est perçue (à tort sans doute) par une partie des manifestants, au mieux comme une maladresse, au pire comme une ingérence et un appui aux dirigeants actuels du pays du Cèdre…

A lire aussi, notre reportage: Liban: la nation contre les communautés

Un peu d’histoire est nécessaire pour mieux appréhender le contexte. Le Liban a toujours été un pays à part. Au temps des premiers Califes, les chrétiens Mardaïtes à l’origine mystérieuse ont réussi à maintenir pendant plusieurs siècles de petites principautés indépendantes dans le mont Liban.

Les Mardaïtes auraient (peut-être) donné naissance aux Maronites actuels. La comté de Tripoli qui occupait le nord du pays du Cèdre, a été de 1100 à 1289 un Etat croisé prospère, à majorité chrétienne. La montagne libanaise a été rétive par la suite à la domination Mamelouk et à celle de l’empire Ottoman qui lui a succédé en 1517.

Constantinople déléguait l’affermage des impôts du Mont Liban à des dynasties locales dont les émirs étaient, suivant les époques, plus ou moins indépendants du Sultan; l’un d’entre eux Bachir Chehab II (1767-1850) né sunnite, est devenu publiquement maronite sans perdre son pouvoir.

Ce système féodal a duré jusqu’en 1840 et l’invasion des Égyptiens de Mohamed Ali.

En 1860, des massacres de Maronites par des Druzes ont provoqué l’intervention de troupes françaises; Constantinople a alors créé, sous la pression des puissances Occidentales, le Moutassarifat du Mont Liban, une petite région autonome qui enserrait Beyrouth, dont la population était majoritairement chrétienne et dont le gouverneur devait nécessairement être chrétien, mais sans être Maronite.

En 1916, la France et la Grande Bretagne se sont partagés le Moyen Orient par les accords Sykes-Picot ; les Français ont aussitôt envoyé des troupes dans le Mont Liban. Après que la SDN eut accordé à notre pays un mandat sur la Syrie et le Liban actuel, le général français Gouraud a proclamé, le 1 septembre 1920 le Grand Liban. Cette entité rassemblait le Moutassarifat, Beyrouth, la région de Tripoli, la plaine de la Bekaa et le sud Liban. Adopté sous la pression de la hiérarchie maronite, ce tracé a réuni au noyau chrétien homogène des terres musulmanes et s’est fait au détriment de la Syrie.

Ce puissant voisin n’a jamais accepté ce « dépeçage » qui n’était justifié que par des raisons économiques. En outre la cession du Sandjak d’Alexandrette et de l’ancienne Antioche à la Turquie en 1938 (pour éviter qu’Atatürk ne s’allie à Hitler) a entraîné le démantèlement de l’Etat Alaouite, mis en place dans la région de Lattaquié où les adeptes de cette religion sont majoritaires.

La Syrie devait disposer absolument d’un grand port qui aurait dû être Tripoli donné au Liban. On s’est rabattu sur l’ancienne Laodicée. Ces choix de la France entre 1920 et 1936 (dont évidemment M. Macron n’est pas responsable !) sont perçus comme mauvais par une partie des Libanais: ils leur reprochent d’être responsables des guerres civiles qui ont déchiré leur pays et la Syrie; la première a pour cause principale l’impossibilité pour des peuples trop différents de vivre ensemble; la seconde comporte un volet religieux : l’insurrection des sunnites contre le pouvoir alaouite incarné par les El Assad.

Le confessionnalisme, une forme de gouvernement désormais contestée

Sous le mandat français (1920-1943) le confessionnalisme s’est peu à peu mis en place pour garantir la stabilité de ce pays qui est une mosaïque ethnique: le Président de la République doit être maronite, le Premier ministre sunnite et le Président du Parlement chiite.

Ce système est accusé d’avoir plongé le pays dans la corruption et l’immobilisme et est désormais pris pour cible par nombre de manifestants.

Beaucoup de Libanais préféreraient commémorer en grande pompe le 22 novembre 1943 (date de l’indépendance) moins polémique, plus rassembleur et non le 1 septembre 1920 qu’ils voient à tort ou à raison comme l’origine des problèmes de leur pays. Nous le voyons, être l’ancienne puissance coloniale n’est jamais facile. Ses dirigeants sont facilement accusés d’ingérence, même pour des propos anodins.

28/11/2019

GÉOPOLITIQUE : SYRIE : USA ET PÉTROLE .......

 
28.novembre.2019 // Les Crises
 

Les troupes américaines qui restent en Syrie pour « garder le pétrole » ont déjà tué des centaines de personnes

 

Source : Consortium News

Des centaines de soldats américains restent en Syrie, non pas pour assurer la sécurité de groupe de personnes, mais pour occuper les réserves pétrolières du pays et priver le gouvernement syrien des revenus nécessaires à la reconstruction.

Le président américain Donald Trump a rassuré ses partisans en leur disant qu’il « ramène des soldats à la maison » après la guerre « sans fin » en Syrie.

Mais ce n’est tout simplement pas le cas.

Alors que Trump a ordonné le retrait partiel des quelque 1 000 soldats américains présents sur le territoire syrien – qui imposent une occupation militaire illégale en vertu du droit international – les responsables américains et le président lui-même ont admis que certains resteraient.

Et ils resteront sur le sol syrien non pas pour assurer la sécurité d’un groupe de personnes, mais plutôt pour garder le contrôle des champs de pétrole et de gaz.

L’armée américaine a déjà tué des centaines de Syriens, et peut-être même quelques Russes, précisément pour conserver ces réserves de combustibles fossiles syriens.

L’obsession de Washington de renverser le gouvernement syrien refuse de s’éteindre.

 

Les États-Unis demeurent résolus à empêcher Damas de reprendre son propre pétrole, ainsi que sa région productrice de blé, afin de priver le gouvernement de revenus et de l’empêcher de financer ses efforts de reconstruction.

Le Washington Post a noté en 2018 que les États-Unis et leurs alliés kurdes occupaient militairement une part massive de « 30 % de la Syrie, qui est probablement l’endroit où 90 % de la production pétrolière d’avant-guerre a eu lieu ».

Maintenant, pour la première fois, Trump a ouvertement confirmé les arrière-pensées impérialistes derrière le maintien d’une présence militaire américaine en Syrie.

« Nous voulons garder le pétrole », a avoué Trump lors d’une réunion du cabinet le 21 octobre. « Peut-être que nous aurons une de nos grandes compagnies pétrolières pour y aller et le faire correctement. »

 

Trois jours plus tôt, le président tweetait : « Les États-Unis ont pris le contrôle du pétrole. »

Je viens de parler au Président Erdogan de Turquie. Il m’a dit qu’il y avait eu des tirs mineurs de sniper et de mortier qui ont été rapidement éradiqués.

Il veut vraiment que le cessez-le-feu, ou la pause, fonctionne. De même, les Kurdes veulent que cela se produise et que la solution ultime se produise.

Dommage qu’il n’y ait pas eu cette pensée il y a des années. Au lieu de cela, les choses ont toujours été maintenues avec des bouts de sparadrap, et de façon artificielle. Il y a de la bonne volonté de part et d’autres et de grandes chances de succès.

Les États-unis ont pris le contrôle du pétrole, et le contrôle des prisonniers membres de Daesh a été doublement pris par les Kurdes et par la Turquie…

Le New York Times a confirmé la stratégie le 20 octobre. Citant un « haut fonctionnaire de l’administration », le journal a rapporté :

« Le président Trump penche en faveur d’un nouveau plan du Pentagone visant à maintenir un petit contingent de troupes américaines dans l’est de la Syrie, peut-être environ 200, pour combattre l’État islamique et bloquer l’avance du gouvernement syrien et des forces russes dans les champs pétroliers convoités de la région.

… Un avantage secondaire serait d’aider les Kurdes à garder le contrôle des champs de pétrole à l’est, a dit le fonctionnaire. »

M. Trump a ensuite explicitement réitéré cette politique lors d’une conférence de presse de la Maison-Blanche sur le retrait de la Syrie le 23 octobre.

« Nous avons pris le contrôle du pétrole (en Syrie) et, par conséquent, un petit nombre de soldats américains resteront dans la zone où ils ont le pétrole », a dit M. Trump.

« Et nous allons les protéger. Et nous déciderons de ce que nous allons en faire à l’avenir. »

Utilisation de l’EI comme excuse

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper – l’ancien vice-président des relations gouvernementales du grand fabricant d’armes Raytheon, avant d’être promu par Trump à la tête du Pentagone – a révélé la politique américaine actuelle sur la Syrie lors d’une conférence de presse le 21 :

« Nous avons des troupes dans les villes du nord-est de la Syrie qui sont situées à côté des champs de pétrole. Les troupes dans ces villes ne sont pas dans la phase actuelle de retrait.

 

… Nos forces resteront dans les villes qui sont situées près des champs de pétrole. »

M. Esper a ajouté que l’armée américaine « maintient une patrouille aérienne de combat au-dessus de toutes nos forces sur le terrain en Syrie. »

Contrairement à Trump, Esper a offert une excuse pour justifier la poursuite de l’occupation militaire américaine des champs pétroliers syriens.

Il a insisté pour que les soldats américains restent pour aider les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, à maintenir les ressources et à empêcher les djihadistes de l’EI de les reprendre.

C’est ce qui a conduit les grands médias dominants comme CNN à rapporter : « Le secrétaire à la Défense dit que certaines troupes américaines resteront temporairement en Syrie pour protéger les champs pétroliers de l’EI ».

Mais n’importe quel observateur qui a soigneusement analysé les commentaires d’Esper lors de sa conférence de presse aurait été en mesure de détecter le véritable objectif derrière la présence prolongée des États-Unis dans le nord-est de la Syrie.

Comme l’a dit Esper, « L’un des buts de ces forces [américaines], en collaboration avec les FDS, est de refuser l’accès à ces champs pétroliers à l’EI et à d’autres qui pourraient bénéficier de revenus qui pourraient être générés ».

Extrait de la transcription de la conférence de presse de Mark Esper au Pentagone.

« Et d’autres qui peuvent bénéficier de leurs revenus générés » est un qualificatif crucial. En fait, Esper a utilisé ce langage – « l’EI et autres » – deux fois de plus dans sa conférence de presse.

La stratégie des États-Unis est d’empêcher le gouvernement syrien reconnu par l’ONU et la majorité syrienne qui vit sous son contrôle de reprendre leurs propres champs pétroliers et de récolter les bénéfices de leurs revenus.

Des centaines de personnes massacrées

Il ne s’agit pas seulement de spéculation. CNN l’a dit clairement lorsqu’elle a rapporté ce qui suit dans un passage incontestablement franc, citant des hauts responsables militaires américains anonymes :

« L’armée américaine a depuis longtemps des conseillers militaires intégrés aux Forces démocratiques syriennes près des champs pétroliers syriens à Deir Ezzoir depuis que la région a été prise à l’EI.

La perte de ces champs pétroliers a privé l’EI d’une importante source de revenus, une source de financement ponctuelle qui a fait la différence avec d’ autres groupes terroristes.

Les gisements de pétrole sont également des actifs recherchés depuis longtemps par la Russie et le régime d’Assad, qui est à court d’argent après des années de guerre civile.

Moscou et Damas espèrent utiliser les recettes pétrolières pour aider à reconstruire la Syrie occidentale et à consolider l’emprise du régime.

Pour tenter de s’emparer des champs de pétrole, des mercenaires russes les ont attaqué, ce qui a mené à un affrontement au cours duquel des dizaines, voire des centaines de mercenaires russes ont été tués dans des frappes aériennes américaines, un épisode que Trump a présenté comme la preuve qu’il est dur avec la Russie.

Cette action a contribué à dissuader les forces russes ou les forces du régime de faire des tentatives similaires pour les champs pétroliers.

Les forces américaines près des champs pétrolifères restent en place et de hauts responsables militaires avaient déjà dit à CNN qu’ils seraient probablement parmi les derniers à quitter la Syrie. »

CNN a ainsi reconnu que l’armée américaine avait tué jusqu’à des « centaines » de combattants soutenus par la Syrie et la Russie cherchant à accéder aux champs pétroliers syriens.

Elle a massacré ces combattants non pas pour des raisons humanitaires, mais pour empêcher le gouvernement syrien d’utiliser « les revenus pétroliers pour aider à reconstruire la Syrie occidentale ».

Cet aveu direct et choquant allait à l’encontre du mythe populaire selon lequel les États-Unis gardaient des troupes en Syrie pour protéger les Kurdes d’un assaut de la Turquie, membre de l’OTAN.

Le rapport de CNN faisait apparemment référence à la bataille de Khasham, un épisode peu connu mais important de la guerre internationale par procuration de huit ans contre la Syrie.

La bataille s’est déroulée le 7 février 2018, lorsque l’armée syrienne et ses alliés ont lancé une attaque pour tenter de reprendre d’importantes réserves de pétrole et de gaz dans le gouvernorat syrien de Deir ez-Zor, qui étaient occupées par les troupes américaines et leurs représentants kurdes.

Le New York Times semble se délecter des nouvelles selon lesquelles l’armée américaine a massacré 200 à 300 combattants après des heures de « frappes aériennes impitoyables en provenance des États-Unis ».

Le Times a souligné à plusieurs reprises que Deir ez-Zor est « riche en pétrole ». Il a également cité des responsables américains anonymes qui ont affirmé que bon nombre des combattants massacrés étaient des ressortissants russes de la société militaire privée Wagner Group.

Ces « responsables du renseignement américain » anonymes ont déclaré au Times que les combattants russes présumés étaient « en Syrie pour saisir des champs de pétrole et de gaz et les protéger au nom du gouvernement Assad ».

Le Times a noté que les forces d’opérations spéciales américaines du JSOC [Le Joint Special Operations Command est chargé de diriger et de coordonner les unités des forces spéciales des différentes branches de l’armée américaine, NdT] travaillaient avec les forces kurdes dans un avant-poste près de l’importante usine à gaz de Conoco en Syrie.

 

Les FDS, dirigées par les Kurdes, avaient arraché cette installation à l’EI en 2017 avec l’aide de l’armée américaine. Le Wall Street Journal notait à l’époque que « l’usine est capable de produire près de 450 tonnes de gaz par jour » et était l’une des sources de financement les plus importantes de l’EI.

Le journal a ajouté : « Les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes, soutenues par les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis, se battent contre le régime du président Bachar al-Assad pour des gains territoriaux dans l’est du pays ».

Les sites Web de surveillance des produits de base MarketWatch et OilPrice.com suivaient de près l’histoire et analysaient les forces qui allaient prendre le contrôle de l’une des usines à gaz les plus importantes de Syrie.

Affamer la Syrie en pétrole et en blé

Pour le gouvernement syrien, la reprise du contrôle de ses réserves de pétrole et de gaz dans la partie orientale de son territoire est cruciale pour financer les efforts de reconstruction et les programmes sociaux – surtout à un moment où les sanctions étouffantes des États-Unis et de l’UE ont paralysé l’économie, causé des pénuries de carburant et gravement affecté la population civile syrienne.

Les États-Unis ont cherché à empêcher Damas de reprendre des territoires rentables et à le priver de ressources naturelles, de combustibles fossiles comme de denrées alimentaires de base.

En 2015, le président Barack Obama a déployé des troupes américaines dans le nord-est de la Syrie pour aider la milice kurde, la People’s Protection Units (YPG), à combattre l’EI. Ce qui a commencé comme plusieurs dizaines de forces d’opérations spéciales américaines s’est rapidement transformé en quelque 2 000 soldats, en grande partie stationnés dans le nord-est de la Syrie.

Lorsque ces soldats américains ont permis au YPJ de reprendre le territoire de l’EI, ils ont renforcé le contrôle de Washington sur près d’un tiers du territoire souverain syrien – un territoire qui comprenait 90 % du pétrole syrien et 70 % de son blé, comme par hasard.

Les États-Unis ont par la suite forcé le YPG dirigé par les Kurdes à changer de nom pour devenir les FDS, puis les ont traités comme des mandataires pour essayer d’affaiblir le gouvernement syrien et ses alliés l’Iran et la Russie.

En juin, Reuters a confirmé que les autorités kurdes avaient accepté de cesser de vendre du blé à Damas, après que les États-Unis les eurent pressés de le faire.

The Grayzone a rapporté comment le Center for a New American Security, un important groupe de réflexion en politique étrangère du Parti démocrate, financé par les États-Unis et l’OTAN, a proposé d’utiliser l’« arme du blé » pour affamer la population civile de la Syrie.

Un ancien chercheur du Pentagone, devenu chercheur principal du groupe de réflexion, a déclaré ouvertement : « Le blé est une arme d’une grande puissance dans cette prochaine phase du conflit syrien ».

Il a ajouté : « Il peut être utilisé pour faire pression sur le régime d’Assad et, par le biais du régime sur la Russie, pour forcer des concessions dans le processus diplomatique dirigé par l’ONU ».

M. Trump a semblé faire écho à cette stratégie lors de sa réunion du Cabinet du 21 octobre.

« Nous voulons garder le pétrole, et nous allons trouver une solution avec les Kurdes pour qu’ils aient un peu d’argent, un peu de cash-flow », a-t-il dit. « Peut-être que nous aurons une de nos grandes compagnies pétrolières pour y aller et le faire correctement. »

Alors que Trump s’est engagé à ramener les soldats américains à la maison et à mettre fin à l’occupation militaire du territoire syrien – qui est illégale en vertu du droit international –, il est évident que la guerre plus large pour le changement de régime se poursuit.

Une guerre économique brutale contre Damas s’intensifie, pas seulement au travers des sanctions, mais aussi au moyen du vol des trésors naturels de la Syrie par des puissances étrangères.

 

Source : Consortium News, 24-10-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.