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15/08/2017

ÉTATS-UNIS, L' EUROPE ET CHARLOTTESVILLE ......TRIBUNE LIBRE !

Charlottesville: comparer l’Europe et les Etats-unis n’a pas de sens

 
 

Méfions-nous des vérités partielles qui conduisent à des conclusions hâtives.

L’actualité de ces derniers jours oblige, notamment, à rappeler qu’en ce qui concerne l’islam, la situation aux Etats-Unis n’a rien à voir avec la situation de l’Europe en général, ni de la France en particulier.

En résumé, une minorité de 1 % n’est pas une minorité de 7,5 % !

Soyons clairs. Les violences de Charlottesville sont condamnables, et rien ne doit nuancer cette condamnation.

J’ignore si la manifestante tuée, qualifiée d’antiraciste par la presse, est effectivement une militante antiraciste – ce qui est une noble cause – ou si, comme trop souvent en France, l’antiracisme officiel sert de masque au racisme anti-blancs.

Dans tous les cas, son meurtre est un acte odieux et inacceptable.

Récupérations politiques

Il convient pour autant d’être rigoureux dans l’analyse de ces faits, et dans les conclusions que l’on peut en tirer.

Ainsi, lorsque Le Figaro republie aujourd’hui un article initialement écrit en juin 2015, qui affirme que « aux Etats-Unis, les extrémistes blancs tuent plus que les djihadistes », on se doute des récupérations très politiquement correctes qui peuvent en être faites, et quelques précisions s’imposent.

 

  1. Depuis la publication initiale de l’article du Figaro, il y a eu 6 attentats islamistes reconnus comme tels aux Etats-Unis, faisant 68 morts. En revanche, Charlottesville serait le second attentat d’extrême-droite, pour un total de 2 morts.
  2. De ce fait, les chiffres de l’article mériteraient d’être mis à jour.
  3. Il n’est plus vrai que « 26 personnes sont mortes par le fait de djihadistes auto-proclamés, tandis que 48 personnes ont été assassinées par des extrémistes non-musulmans », aujourd’hui ce ne serait plus 26/48 mais 94/50.

On voit donc que même le titre de l’article, qui est ce que beaucoup de lecteurs vont retenir, est devenu faux !

  1. La situation de l’islam aux Etats-Unis n’a rien à voir avec ce qu’elle est en Europe.
  2. Il y a bien sûr des différences sociologiques, qu’il serait trop long de développer ici, même si on peut rappeler l’importance de l’islam afro-américain, bien plus influent que ne l’est chez nous l’islam des populations d’origine sub-saharienne.

Surtout, les musulmans représentent environ 1 % de la population des Etats-Unis, mais 6 % de la population européenne, et 7,5 % de la population française.

 

Malhonnêteté intellectuelle

Toujours d’après le Pew Research Institute, en 2050 les musulmans représenteraient environ 2 % de la population des Etats-Unis, mais 10 % de la population de l’Europe.

Or, une minorité de 7,5 ou 10 % a sur la cohésion de l’ensemble un impact (positif ou négatif) sans commune mesure avec celui d’une minorité de seulement 1 ou 2 % !

Il est notamment beaucoup plus simple d’octroyer un régime dérogatoire à un groupe très minoritaire qu’à un groupe représentant une proportion notable du total.

Autrement dit, le multiculturalisme n’est relativement sans danger que si la majorité est très majoritaire et les minorités suffisamment minoritaires pour que leur poids ne remette pas en cause la vision collective de « ce qui est normal ».

En ce qui concerne les musulmans, c’est peut-être le cas aux Etats-Unis, ça ne l’est clairement pas en Europe.

Il n’est pas question de nier la réalité du racisme violent d’extrême-droite, ni d’excuser sa brutalité criminelle. Mais l’utiliser, à coups de comparaisons imprécises et incomplètes, pour minimiser la dangerosité de l’islam politique est intellectuellement malhonnête, et collectivement suicidaire.

 

https://www.causeur.fr/charlottesville-islam-attentats-etats-unis-146115?utm_

NUCLÉAIRE: L' IRAN MENACE DE SORTIR DE L' ACCORD !

L’Iran menace de sortir de l’accord sur le nucléaire

 

Dans un discours télévisé, prononcé le 15 août devant le Parlement, le président iranien Hassan Rohani a assuré qu’il pourrait revenir sur l’accord nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances en cas de nouvelles « sanctions » américaines.

Le président Hassan Rouhani à la tribune du Parlement à Téhéran, le 5 aout 2017.
 

Le président Hassan Rouhani à la tribune du Parlement à Téhéran, le 5 aout 2017. / Atta Kenare/AFP

 

Alors qu’un accord sur le nucléaire avait été conclu en juillet 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, Téhéran pourrait en sortir « dans un délai très court », a assuré Hassan Rohani.

Face au Parlement, le président iranien a prononcé un discours, le 15 août, dans lequel il met en garde contre d’éventuelles nouvelles sanctions de la part des États-Unis.

 

À Lire : Pourquoi Donald Trump cible l’Iran

« L’expérience ratée des sanctions et de la coercition a mené leurs précédentes administrations à la table des négociations », a-t-il déclaré avant d’ajouter.

« Mais s’ils veulent revenir à ces méthodes, assurément, dans un délai très court – non pas des semaines ou des mois, mais en jours ou en heures – nous reviendrons à la situation (d’avant l’accord) de manière bien plus ferme. »

Donald Trump « pas un bon partenaire »

Le président iranien, tout juste réélu, a vivement dénoncé l’attitude diplomatique américaine, impliquant directement son président Donald Trump.

« Dans les récents mois, le monde a été le témoin que les États-Unis, en plus d’avoir constamment rompu leurs promesses concernant l’accord nucléaire, ont ignoré à plusieurs reprises des accords internationaux et montré à leurs alliés qu’ils n’étaient pas un bon partenaire », a-t-il affirmé.

 

À lire : Nucléaire iranien : Donald Trump contre Téhéran

Les termes du texte prévoient que l’Iran limite son programme nucléaire à des usages civils en échange de la levée progressive des sanctions internationales. Mais l’administration Trump n’a jamais caché son hostilité à l’égard de cette entente, héritée de son prédécesseur Barack Obama et qu’il qualifie d’« horrible ».

Un durcissement des relations

En réaction, une série de sanctions juridiques et financières à l’Iran, non liées aux activités nucléaires, ont été imposées dont les dernières, dans le courant du mois de juillet.

Elles visaient des personnes et entités iraniennes liées au programme balistique, interdit par une résolution de l’ONU, et au corps des Gardiens de la révolution.

Le Congrès américain avait voté, dans la foulée, des sanctions contre le pays, accusé de développer son programme balistique, de violer les droits de l’Homme et de soutenir des groupes, comme le Hezbollah libanais, qualifiés de « terroristes » par Washington.

En réaction à ces « actions terroristes et aventuristes », le Parlement iranien avait voté un accroissement des moyens financiers des Gardiens de la Révolution et de ce même programme balistique

L’Iran, qui n’entretient plus de relations diplomatiques avec les États-Unis depuis 1980, assure que les dernières sanctions américaines sont une « violation » de l’accord de 2015, qui a mis fin à son isolement sur la scène internationale.

La Croix (avec l’AFP)
 
Source:  http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/

14/08/2017

U S A: CHARLOTTESVILLE, LA PROVOCATION PRÉMÉDITÉ !

 

Charlottesville : l’intolérance de la gauchosphère américaine

Publié le 13 août 2017 - par
 
 
 

 

La gauche américaine est agaçante et pitoyable (ne parlons pas de son imitation européenne qui est bien pis encore) il est de plus en plus risible qu’elle veuille toujours donner le La depuis les années 60 (que tous les groupes Rock qui ont compté sont anglais…) alors qu’elle s’est trompée à chaque fois sur le Vietnam, Cuba, aujourd’hui sur l’islam, hier sur le féminisme, l’homosexualité, et la nature de la démocratie occidentale bien plus proche de la dynamique des aléas de la Nature et de l’Histoire humaine qui ont vu depuis des lustres des espèces et des peuples (ré-)émerger lorsque d’autres disparaissent ou font tout pour…

Existe-t-il oui ou non tout d’abord un 1er Amendement qui permet la totale libre expression aux USA ? Voilà le premier point, juridique, politique, que l’on soit d’accord ou pas. 

 

La gauchosphère veut faire comme Maduro en réécrivant la Constitution américaine, en intimant Trump de dénoncer en fait ce 1er Amendement puisque les créatures gauchistes sont venues contre-manifester à Charlottesville jusqu’à vouloir empêcher la manifestation adverse qui cherchait surtout à défendre les statues du Général Lee menacées d’être détruites ou mises au musée puisque non conformes à l’Histoire que les gauchistes veulent réécrire en gommant (comme Staline) les personnages qu’ils détestent.

Venons-en d’abord au fait s’agissant Lee : qu’il y ait des défenseurs de la domination de la race blanche, des racistes donc, des nazis, qui se sont mêlés aux défenseurs de Lee c’est sans doute vrai et ces derniers auraient sûrement pu être plus regardants.

Sauf qu’il ne suffit pas de faire ce genre de calcul car dans ce cas, nombre de manifestations gauchistes pourraient elles aussi être cataloguées de nazis quand elles acceptent que des adeptes du Hamas, du Hezbollah, voire de Ben Laden manifestent en leur sein, attaquent des synagogues comme celles proches de la Bastille à Paris il y a quelques années…

Rappelons ici que le général Lee a été réhabilité en 1888 et cela a été confirmé en 1975 à l’unanimité du Sénat et la quasi-unanimité du Congrès.

Pourquoi ? S’il s’agissait d’une horreur équivalent à Hitler aux dires de certains comment se fait-il que même des démocrates aient voté pour ? N’est-ce pas parce qu’il personnifiait un génie militaire tant et si bien qu’il existe aussi des statues dans le Nord et qu’un char américain de la WW2 porta son nom ?…

Mais, il y a plus grave, parce qu’il ne s’agit pas seulement pour la gauchosphère de lutter contre les Fédérés et l’esclavagisme puisqu’ils oublient de lutter contre l’esclavagisme des arabo-musulmans qui a fait bien plus de morts allant jusqu’à l’émasculation des survivants afin qu’ils ne se reproduisent pas comme le prouvent les travaux de Tidiane N’Diaye, non, il s’agit pour la gauchosphère de purifier, d’esthétiser l’Histoire, de la transformer en un long fleuve tranquille qui aurait débouché après  » l’obscurantisme moyenâgeux » sur « la » The Civilisation, celle des Lumières et du Progrès (le tout grâce à l’islam désormais).

 

Du moins si « le » capitalisme n’avait pas tout souillé etc.


Certes les gauchistes parleront aussi un peu des Grecs, mais pour tout de suite les récuser à cause de l’esclavage, n’oublions pas non plus qu’avant les travaux de Leo Strauss qui les a réhabilités, on n’enseignait plus du tout Aristote et Platon hors les cours d’histoire de la philosophie aux USA mais aussi ailleurs, en France par exemple, au temps où un BHL avait accusé le PCF dans son Idéologie Française de ne pas avoir arrêté dans les années 30, de se référer à Descartes et Pascal (sources du pétainisme sans doute) au lieu d’enseigner Hegel et… Lénine (je le montre, extraits à l’appui dans Le politiquement correct français)…

Ce sont les mêmes gauchistes (excepté BHL cependant) qui nient actuellement le passé juif de la Palestine pour privilégier uniquement leur reconstruction historique légitimant alors la volonté d’exterminer à nouveau les juifs, au nom de « racines » ainsi « purifiées.

Ce sont ces mêmes gauchistes qui se mettent à défendre Maduro et la révolution bolivarienne en oubliant étrangement le passé meurtrier de la colonisation espagnole, comme si la seule colonisation à combattre serait anglo-saxonne et bien sûr française.

Quant à ce qui se passe réellement aux USA concernant le conflit inter-racial, n’oublions pas également que la juste lutte pour les droits civils a été détournée par les gauchistes en vue de réduire tout conflit de pouvoir et ce au sein même des afro-américains en conflit social, effaçant le fait que la politique du Welfare State a créé des effets pervers comme on peut le voir aujourd’hui en Europe tel que assister surtout des populations par un clientélisme hypocrite puisque l’on a laissé par ailleurs ces gens de la « diversité » s’agglutiner dans les mêmes endroits au lieu de les répartir, de les former et de les accompagner par des franchises et des aides adéquates.

Aujourd’hui, la gauchosphère tente de capter les mécontentements provenant de ces populations manipulées, mécontentements qu’elle a elle-même créés, surtout qu’elle a été des décennies au pouvoir, en favorisant des doctrines et des mouvements qui vont précisément à l’encontre des Lumières et du Progrès, il est vrai voués en même temps aux gémonies par ses nouveaux gurus recrutés à la hâte dans les eaux troubles de l’idéologie postmoderne matricée d’affairisme et de techno-nihilisme (Soros, Bergé…)

Lucien Samir Oulahbib

 
et aussi
 
Déboulonner le Général Lee : une provocation préméditée ?
 
 

 

Avant de sortir les fusils ou d’alerter les sangsues associatives de l’antiracisme, OUI, foncer sur une foule de manifestants avec une voiture c’est MAL !


Toutefois, remontons le fil des événements survenus à Charlottesville, aux États-Unis, où « de violentes échauffourées ont éclaté samedi entre militants antiracistes et groupuscules de l’extrême droite américaine réunis à Charlottesville, en Virginie, forçant le gouverneur de l’État à déclarer l’état d’urgence et la police à décider l’interdiction du rassemblement. »


(http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170812_01040207/etat-d-ur...)

 

Là-bas comme chez nous, un mouvement de repentance déferle depuis des années, imposant non seulement de réécrire l’histoire mais encore d’en effacer les traces qui ne cadrent pas avec la mythologie progressiste d’un Occident en pleine haine de soi.

Dans cette ville d’un état du Sud (la Virginie), on se proposait donc de faire disparaître une statue de Robert Lee, jadis général en chef des armées confédérées en lutte contre le Nord, durant la Guerre civile américaine (1861-1865), autrement appelée Guerre de Sécession.

Période que les lecteurs de Margaret Mitchell – dont je suis ! – connaissent sans doute, notamment les exactions bien réelles commises par les soldats du Nord contre la population de ce Sud honni.

Pourquoi déboulonner la statue de ce général, mort depuis belle lurette (en 1870) ? Mais, mon capitaine, tout simplement parce que c’était un Sudiste, autrement dit forcément favorable à l’esclavage !

Cependant, l’histoire est l’histoire, et Lee fait partie intégrante de celle des États-Unis, que ça plaise ou non. Par ailleurs, précisons tout de même que ledit général – qui signa la reddition de son armée à Appomattox, le 9 avril 1865, consacrant la victoire définitive de l’Union – s’était finalement réjoui de l’abolition de l’esclavage, dont il n’était d’ailleurs pas un partisan.

Il refusa même, après la défaite, de mener une guérilla avec d’autres officiers du Sud et se souleva contre les exactions dont étaient victimes les Noirs désormais affranchis. Pas vraiment le sale type qui mérite l’opprobre. Ça, c’est pour ceux qui veulent bien se donner la peine de regarder l’histoire autrement qu’à travers leurs fantasmes idéologiques !

Aussitôt cette décision connue, les plus ultras ont débarqué à Charlottesville pour protester contre ce crime de lèse-Lee, où d’autres ultras les attendaient, de la gauche cette fois. Des rixes s’en sont suivies, jusqu’à ce qu’un illuminé du Sud fonce sur les antiracistes pas mal belliqueux de leur côté, loin de l’image d’Épinal que les médias français diffusent en ce moment.

Des médias outrés par les déclarations du président Trump à propos de ces violences, lequel a renvoyé dos-à-dos ces extrémistes : « Tous lui reprochent notamment ses premières réactions où il a renvoyé dos à dos les deux camps.

“Nous condamnons dans les termes les plus forts ces démonstrations flagrantes de haine, de bigoterie et de violence de tous les côtés, de nombreux côtés”, a ainsi déclaré M. Trump, ignorant les questions des journalistes lui demandant s’il dénonçait l’idéologie nationaliste des groupuscules suprémacistes blancs qui ont manifesté. »

(http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/08/13/donald...)

Eh oui, le président américain a cruellement rappelé une vérité intangible : l’extrémisme n’est pas l’apanage de la droite !

En attendant, vouloir démonter la statue du général Lee était une provocation et ceux qui ont pris cette décision savaient quels troubles cela entraînerait. Rappelons que le gouverneur de Virginie, qui s’est contenté de fustiger les « méchants » de droite, est démocrate, c’est-à-dire que mettre dans l’embarras l’actuel locataire de la Maison Blanche ne lui pose aucun cas de conscience. Donald Trump est même accusé d’avoir été élu grâce à ces voix de l’Amérique extrémiste.

 

Un président qui a pourtant prié au Mur des Lamentations à Jérusalem, cherchez l’erreur ! Tout est bon pour le salir en somme.

Bilan après l’attaque à la voiture : une femme est morte et il y a plusieurs blessés à l’heure où j’écris, ce qui cadre parfaitement avec ces fanatiques du KKK et autres néonazis, ne nous cachons pas la vérité.

 

Quant aux « gentils » manifestants de gauche, que ne vont-ils manifester devant les mosquées, sachant que l’islam et l’esclavage c’est une vieille histoire d’amour qui perdure !

Charles Demassieux

06/08/2017

LE RWANDA ET LE GÉNÉRAL LECONTRE ! ( BERNARD LUGAN )

Pourquoi le général Lecointre est-il accusé par les amis du général Kagamé d’avoir « défendu les auteurs du génocide » du Rwanda ?

 

A peine nommé Chef d’Etat-Major des Armées, voilà le général Lecointre devenu la nouvelle cible des amis du régime de Kigali.

 

En 1994, le capitaine Lecointre, participa à l’opération humanitaire Turquoise, ce qui lui vaut d’être aujourd’hui accusé par l’Humanité – journal en cessation de paiement depuis 2000 et qui reçoit annuellement en moyenne 600 000 euros de subventions de l’Etat français (Source Contribuables associés)-, de complicité de génocide.

Cette accusation aussi violente qu’insensée a été portée dans un article au titre dénué de toute ambigüité : « Le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais ».

Parmi d’autres journaux, le Nouvel Observateur a ensuite imprudemment repris cet article-tract.

Imprudence en effet, parce que, avant d’en venir aux véritables raisons de cette attaque contre le général Lecointre, donc contre nos Armées, il importe de donner aux lecteurs de ce blog trois informations qui leur ont été soigneusement cachées par la presse.

En premier lieu par le Figaro qui, au début du mois de juin 2017, fut particulièrement en pointe dans l’affaire des accusations portées par M. de Saint-Exupéry contre la France et son armée :

1) M. de Saint-Exupéry aurait alors été avisé de modérer ses propos puisque la cour d’appel de Paris, dans un arrêt du 18 décembre 2014, avait retenu le caractère diffamatoire de ses précédentes accusations portées contre les officiers français de l’opération Turquoise, excluant sa « bonne foi ».

Or, à aucun moment, les journalistes qui, au mois de juin 2017 lui ouvrirent complaisamment leurs antennes ou leurs colonnes ne firent allusion à cette condamnation…

2) Contestant cet arrêt, M. de Saint-Exupéry s’était pourvu en Cassation. Or, dans un arrêt en date du 11 juillet 2017, la Cour de Cassation vient de rejeter son recours, estimant que la Cour d’Appel avait régulièrement jugé et qu’il y avait bien eu diffamation, condamnant de surcroît son auteur à une amende. La condamnation est donc définitive.

Là encore, le silence des médias fut assourdissant…

3) Pour mémoire, dans l’affaire du général Quesnot, chef d’état-major particulier du président Mitterrand, la Cour de Cassation dans un arrêt du 14 janvier 2014 avait déjà fait litière des accusations portées contre l’armée française.

Alors pourquoi de telles campagnes de presse ?

Les journalistes sont-ils à ce point ignorants ou arrogants qu’ils ne tiennent aucun compte des jugements rendus, reprenant inlassablement le « marronnier » de la prétendue « complicité française » dans le drame rwandais et cela dans l’ignorance bétonnée du dossier ?

Pourquoi aujourd’hui cette attaque contre le général Lecointre ?

La réponse est claire. En mettant la pression sur Paris à travers des articles écrits par quelques spadassins de plume qui sont ses obligés ou ses dhimmis, le régime Kagamé se livre en réalité à un chantage: l’abandon de l’instruction des juges Herbaut et Poux dans l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana contre la fin de la campagne médiatique anti-française.

Pour Kigali, il y a en effet péril en la demeure car l’étau se referme sur les auteurs de cet attentat qui déclencha le génocide du Rwanda.

Voilà pourquoi une pression est exercée sur l’Etat français afin d’éviter la défaite judiciaire qui pourrait s’annoncer avec les conséquences cataclysmiques qui en découleraient car, comme l’a dit Madame Carla Del Ponte, Procureur du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) :

« S’il était avéré que c’est le FPR qui a abattu l’avion du président Habyarimana, c’est toute l’histoire du génocide du Rwanda qu’il faudrait réécrire ».

 

Or, les éléments allant dans ce sens semblent s’accumuler comme je le montre dans le communiqué en date du 29 juin 2017 publié sur mon blog.

D’autant plus qu’un rapport confidentiel de l’ONU dont l’Afrique Réelle publiera les principaux éléments dans le numéro que les abonnés recevront le 1er août prochain (pour vous abonner, cliquez ici), nous apprend que les Casques bleu de la mission de paix au Congo (Monusco) ont mis la main sur un missile sol-air de la même série et fabriqué à la même date (avril 1987), que ceux qui ont abattu l’avion présidentiel rwandais le 6 avril 1994, missile récupéré sur une milice du Kivu armée par Kigali…

Ce nouvel élément dans la question de savoir qui, le 6 avril 1994, a assassiné le président Habyarimana, déclenchant ainsi le génocide de 1994, vient donc encore alimenter le volumineux dossier des juges français en charge de l’enquête sur ce crime qui coûta la vie à deux présidents en exercice, celui du Rwanda et celui du Burundi, qui avaient pris place dans le même avion.

Comme, par les énormes pressions qu’ils exercèrent sur le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, alliés du régime de Kigali, réussirent à interdire au TPIR d’enquêter sur cet attentat, seule l’enquête française pourrait donc permettre de connaître un jour la vérité.

Voilà pourquoi, pour Kigali, il est vital que cette enquête soit annulée ou suspendue.

Et c’est encore pourquoi le général Lecointre est attaqué, le régime rwandais voulant à travers ce tir de semonce de très gros calibre, indiquer au gouvernement français qu’il ne relâchera jamais sa pression et qu’il ne reculera devant aucune attaque puisqu’il en va de sa survie…

Désormais, une seule question doit être posée : la France se laissera-t-elle une fois de plus intimider par le général Kagamé comme ce fut tant de fois le cas sous les présidences Sarkozy et Hollande ?

Dans une enquête très documentée parue dans le « UN », n°140 du 1° février 2017 sous le titre « Récit d’une manipulation », Pierre Péan explique en effet comment, à partir de l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy et jusqu’au départ du juge Trévidic, un groupe comprenant diplomates, magistrats, politiques et hommes de l’ombre, groupe relayé par les réseaux pro-Kagamé français se serait ingénié à saboter l’enquête française sur l’attentat du 6 avril 1994.

 

Cet article hautement explosif ne fut relayé par aucun média français bien qu’il détaille de nombreux et très graves faits d’entrave à la justice.

La nouvelle administration française décidera-t-elle de mettre enfin un terme à ces obscures pratiques pour dire clairement au général Kagamé que le temps des compromissions et des marchandages avec son régime est terminé ?

Le président de la République française qui s’est récemment plu à rappeler qu’il est le Chef des Armées, peut-il tolérer qu’un régime rwandais aux abois traîne ainsi son CEMA, donc les Armées françaises, dans la boue ?

Bernard Lugan

Pour en savoir plus, voir le livre de Bernard Lugan : Rwanda : un génocide en questions

Source : Le blog officiel de Bernard Lugan

Crédit illustration  : Wikipedia

ÉTATS-UNIS, IRAN, SYRIE, RUSSIE , POURQUOI L' ESCALADE DANS LA GUERRE ???

 

 

 

Les néoconservateurs américains reviennent frapper les tambours de guerre en exhortant le président Trump à intensifier ses attaques à l’intérieur de la Syrie, même si cela implique de frapper des cibles russes et de risquer une nouvelle guerre mondiale, rapporte Robert Parry.

La diabolisation presque universelle par les médias mainstream américains du président syrien Bachar al-Assad et du président russe Vladimir Poutine – ainsi qu’une haine similaire dirigée contre l’Iran et le Hezbollah – mènent le monde sur le sentier de la Troisième Guerre mondiale.

Le destroyer à missiles guidés USS Porter effectue des opérations de frappe contre une base aérienne syrienne depuis la Méditerranée, le 7 avril 2017 (Photo de la Navy par le sergent de marine 3e classe Ford Williams).

De façon ironique, le meilleur espoir pour éviter une dangereuse escalade vers un conflit mondial est de s’en remettre à Assad, à Poutine, à l’Iran et au Hezbollah pour faire preuve de retenue face aux attaques militaires illégales, à l’intérieur de la Syrie, des États-Unis et de ses alliés au Moyen-Orient .

En d’autres termes, après que l’armée américaine a bombardé des forces du gouvernement syrien sur son propre territoire et abattu un avion de guerre syrien dimanche dernier – et après qu’Israël a lancé ses propres frappes à l’intérieur de la Syrie et que l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe ont financé et formé des djihadistes pour renverser Assad – il appartient maintenant au gouvernement syrien et à ses alliés de tendre l’autre joue.

Bien sûr, il existe également un danger résultant d’une telle maîtrise de soi, car elle peut encourager les agresseurs à tester encore plus les limites, considérant cette retenue comme l’acceptation de leur impunité et une bonne raison pour ignorer tous les avertissements et toutes les lignes rouges qui leur sont adressés..

En effet, si vous suivez le New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal et d’autres organes de presse aux États-Unis, la pensée unique la plus frappante qu’ils partagent est que le gouvernement américain et ses alliés ont le droit d’intervenir militairement n’importe où dans le monde. Leur slogan pourrait se résumer comme suit : « Le droit international – c’est pour le gars d’en face ! »

Dans ce monde à l’envers de l’hégémonie américaine, Assad devient « l’agresseur » lorsqu’il cherche à reprendre le contrôle du territoire syrien contre les insurgés armés, dominés par al-Qaïda et l’État islamique (EI), ou lorsqu’il proteste contre l’invasion du territoire syrien par des forces étrangères.

Quand Assad recherche légalement l’aide de la Russie et de l’Iran pour vaincre ces djihadistes armés et soutenus par l’étranger, les médias et les politiciens mainstream des États-Unis traitent ses alliances comme inappropriées et posant problème. En revanche, les interventions intrusives en Syrie des États-Unis et ses divers alliés, y compris la Turquie et Israël, sont traitées comme normales et attendues.

 

Exiger l’escalade

La grande majorité des critiques des médias américains concernant la politique américaine en Syrie provient de néoconservateurs et d’interventionnistes libéraux qui préfèrent une guerre beaucoup plus ambitieuse et vigoureuse de « changement de régime », même si elle est enveloppée de phrases plus jolies telles que « zones de sécurité » et « zones d’exclusion aérienne ».

Nikki Haley, représentante permanente des États-Unis à l’ONU, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie le 27 avril 2017 (Photo ONU)

Donc, on a l’éditorial du Wall Street Journal de mardi qui se félicite de ce que les Américains ont abattu dimanche un avion militaire syrien parce que celui-ci aurait prétendument lâché des bombes « à proximité » de l’un des groupes de rebelles soutenus par les États-Unis – bien que les Syriens affirment qu’ils visaient une position de l’État islamique.

Bien que ce soit les États-Unis qui ont abattu l’avion syrien au-dessus de la Syrie, l’éditorial du journal dépeint les Russes et les Syriens comme des têtes brûlées pour avoir dénoncé l’attaque américaine comme une provocation et avoir averti que des frappes aériennes similaires ne seraient pas tolérées.

En réponse, les rédacteurs néoconservateurs du journal ont réclamé qu’une plus grande force militaire soit exercée contre la Russie et la Syrie :

« Le risque d’escalade est réel, mais ce n’est pas une escarmouche que les États-Unis peuvent facilement éviter. M. Assad et ses alliés à Moscou et à Téhéran savent que les jours de l’EI sont comptés. Ils veulent exercer un contrôle sur le plus grand territoire possible entre-temps, ce qui signifie écraser le SDF [les forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis].

« La menace russe lundi de cibler, avec des missiles antiaériens, tout avion américain volant à l’ouest du fleuve Euphrate en Syrie fait partie de la même stratégie d’intimidation.

La Russie a également suspendu une ligne téléphonique directe entre les deux forces armées destinée à réduire le risque d’une erreur militaire.

L’Iran, qui arme et assiste M. Assad sur le terrain, a promis d’autres attaques du régime syrien contre le SDF, défiant pratiquement les avions américains de riposter sous la menace russe.

« La Maison-Blanche et le Pentagone ont réagi avec retenue lundi, appelant à une désescalade et à la réouverture des lignes de communication. Mais si la Syrie et ses alliés sont décidés à intensifier les combats, les États-Unis devront soit battre en retraite, soit se préparer à un effort plus concerté pour protéger leurs alliés, et maintenant les avions américains.

« C’est une situation fâcheuse dans laquelle le président Obama a mis les États-Unis quand, en esquivant ses responsabilités en Syrie, il a créé un vide permettant à Poutine d’intervenir.

Si les États-Unis avaient établi une zone d’exclusion aérienne ou une autre zone de sécurité pour protéger les réfugiés, le Kremlin aurait sans doute été plus prudent ».

Comme de hauts responsables américains l’ont cependant expliqué, l’idée agréable d’une « zone d’exclusion aérienne ou autre zone de sécurité » impliquerait une campagne militaire américaine massive à l’intérieur de la Syrie qui dévasterait les forces gouvernementales et aboutirait à la mort de milliers de civils, car de nombreuses défenses aériennes sont situées en zones urbaines.

Cela pourrait également conduire à une victoire d’al-Qaïda et/ou de son dérivé, l’État Islamique, un sort horrible pour la plupart des Syriens.

 

La valeur de la propagande

Mais l’illusion de la « zone de sécurité » aurait une forte valeur en tant que propagande, n’étant guère que le nouvel emballage de l’autre guerre de « changement de régime » que les néoconservateurs désiraient en Syrie, à la suite de l’invasion de l’Irak en 2003, mais qu’ils ne pouvaient réaliser immédiatement parce que la guerre en Irak avait tourné au désastre sanglant.

Au début de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, le président George W. Bush a ordonné à l’armée américaine de mener une attaque aérienne dévastatrice sur Bagdad, connue sous le nom de « Choc et stupeur ».

Au lieu de cela, les néoconservateurs ont dû se contenter d’une guerre par procuration contre la Syrie, financée et armée par le gouvernement américain et ses alliés régionaux, en s’appuyant sur les djihadistes violents pour mener l’essentiel des combats et des tueries. Quand le gouvernement d’Assad a réagi maladroitement à ce défi, les grands médias américains ont dépeint Assad comme le méchant et les « rebelles » comme les héros.

En 2012, l’agence de renseignement de la Défense, alors sous le commandement du général de corps d’armée Michael Flynn, a averti que la stratégie américaine donnerait lieu à « une principauté salafiste déclarée ou non déclarée à l’Est de la Syrie ».

Flynn est allé plus loin dans une interview en 2015 quand il a déclaré que, pour le renseignement, il était « très clair » que l’administration d’Obama avait pris « la décision délibérée » de soutenir ces djihadistes en connivence avec des alliés au Moyen-Orient. (Flynn a brièvement eu la fonction de conseiller à la sécurité nationale du Président Trump mais a été limogé au milieu du « scandale » grandissant du Russie-gate.)

C’est seulement en 2014, quand les militants de l’État islamique ont commencé à décapiter des otages américains et à conquérir des villes en Irak, que l’administration Obama a fait marche arrière et a commencé à attaquer l’EI, tout en fermant les yeux sur les ravages causés par d’autres groupes rebelles alliés au front Nosra d’al-Qaïda, incluant de nombreuses organisations jugées « modérées » dans le vocabulaire américain.

Mais le problème est que pratiquement rien de cette histoire n’existe dans le récit dominant aux États-Unis, qui – comme l’ont fait les rédacteurs néoconservateurs du Journal mardi – décrivent simplement Obama comme faible et provoquent ensuite le président Trump pour qu’il montre militairement plus de muscle.

 

Quel intérêts nationaux pour les États-Unis ?

L’éditorial du Journal a critiqué Trump pour n’avoir aucune stratégie, à part l’éradication de l’EI, et a ajouté : « Il est grand temps de réfléchir à une telle stratégie car la Syrie, la Russie et l’Iran savent ce qu’ils veulent.

M. Assad veut réaffirmer son contrôle sur tout le territoire syrien, et non un pays divisé entre des parties alawites, sunnites et kurdes. L’Iran veut un arc d’influence de Téhéran à Beyrouth.

M. Poutine se contentera d’un port sur la Méditerranée et de la démonstration qu’on peut faire confiance à la Russie pour soutenir ses alliés, tandis que l’Amérique est peu fiable. Rien de cela n’est dans les intérêts nationaux des États-Unis ».

Le président syrien Bachar al-Assad

Mais en quoi n’est-ce pas dans les intérêts nationaux des États-Unis ? Qu’y a-t-il de mal à une Syrie unifiée et laïque, qui pourrait commencer à reconstruire ses infrastructures anéanties et à rapatrier les réfugiés qui ont fui en Europe, déstabilisant le continent ?

Quel gros problème pose un « arc d’influence chiite » ? Les chiites ne sont pas une menace pour les États-Unis ni pour l’Occident. Les principaux groupes terroristes – Al Qaïda et Daech – proviennent de la version extrémiste saoudienne de l’Islam sunnite, connu sous le nom de Wahhabisme. Je comprends qu’Israël et l’Arabie saoudite ont visé la Syrie en partie pour détruire « l’arc chiite », mais nous avons vu les horribles conséquences de cette stratégie. En quoi le chaos qu’a déchaîné la guerre en Syrie a-t-il été bénéfique pour les intérêts nationaux des États-Unis ?

Et qu’est-ce que ça peut faire que la Russie ait une base navale sur la mer Méditerranée ? Cela n’est pas non plus une menace pour les États-Unis.

Mais quelle est la prescription alternative de la part des rédacteurs néoconservateurs du Journal ? L’éditorial conclut : « L’alternative serait de démontrer que M. Assad, l’Iran et la Russie paieront un prix plus élevé pour leurs ambitions.

Cela signifie refuser de revenir sur la défense des alliés américains sur le terrain et riposter si des avions ou des missiles russes tentent d’abattre des avions américains.

Ce que nous croyons, c’est que la Russie ne veut pas plus d’un engagement militaire avec l’armée des États-Unis que les États-Unis n’en veulent un avec la Russie, mais la Russie continuera de faire pression pour avoir l’avantage à moins que Trump ne montre plus de fermeté que son prédécesseur ».

Donc, au lieu de permettre au gouvernement syrien de restaurer une forme d’ordre en Syrie, les néoconservateurs veulent que l’administration Trump continue à violer la loi internationale, qui interdit l’invasion militaire de pays souverains, et qu’elle continue à faire couler le sang.

En plus de cela, les néoconservateurs veulent que l’armée américaine joue au plus fort avec l’autre super-puissance nucléaire à partir de l’hypothèse que la Russie reculera.

Comme d’habitude, les guerriers en chambre néoconservateurs ne réfléchissent pas beaucoup à ce qui pourrait se passer si les avions militaires attaquant le territoire syrien étaient abattus.

Il est à supposer que cela obligerait le président Trump à autoriser une contre-attaque puissante contre des cibles russes avec la possibilité que ces escalades n’échappent à tout contrôle.

 

Mais c’est dans une telle folie qu’un régime continu de propagande des néoconservateurs/faucons libéraux a conduit l’Amérique.

Nous sommes prêts à risquer un conflit nucléaire et à mettre fin à toute vie sur la planète, pour qu’Israël et l’Arabie saoudite puissent réduire en cendres un « arc d’influence chiite » et pour que les politiciens américains n’aient pas à subir les coups de fouets rhétoriques des néoconservateurs et de leurs acolytes faucons libéraux.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé de nombreuses affaires de l’Iran-contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 80.

 

Source : Robert Parry, Consortium News, 20-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

Source:   http://www.les-crises.fr/

05/08/2017

POURQUOI LES ÉTATS-UNIS VEULENT DESTABILISER LE LIBAN ?

4 août 2017

 

 

«Les forces du Liban sont fortement limitées, notre pays ne pourra pas subir des évènements qui dépassent ses capacités», a déclaré à Sputnik le député du parlement libanais Yasin Jabir, au sujet de l’éventuelle application par Washington des sanctions contre le mouvement libanais Hezbollah.

Alors que le Congrès des États-Unis s'apprête à imposer des sanctions à l'encontre du Hezbollah une fois que les opérations antiterroristes seront terminées, le député du parlement libanais Yasin Jabir dénonce leur effet néfaste pour l'économie du pays.

«Si vous voulez voir encore un pays détruit sur la côte méditerranéenne, alors continuez à exercer sur nous cette pression irrationnelle.

Le Liban fait beaucoup d'effort pour lutter contre le terrorisme et respecter les lois internationales.

Parfois ces lois agissent contre nous, comme, par exemple, la loi de 2015 portant sur des sanctions.

Les forces du Liban sont fortement limitées, notre pays ne pourra pas subir des évènements qui dépassent ses capacités», a-t-il affirmé lors d'une interview à Sputnik.

Par ailleurs, le député, qui vient de rentrer de Washington dans le cadre d'une visite officielle d'une délégation libanaise, a fait part de son espoir que les États-Unis comprendront tout de même tout le sérieux de la situation économique actuelle du Liban.

«Peut-être que cela aurait pu atténuer l'effet néfaste des mesures prises contre le Liban.

Dans ces conditions, le secteur le plus fragile est le secteur bancaire, et il est très important pour l'économie du pays», a-t-il insisté, soulignant que le gouvernement libanais critiquait vertement toutes les sanctions visant le pays mais qu'il était «obligé de coopérer avec le Congrès américain pour pouvoir trouver un compromis».

Selon M.Jabir, il était important d'établir une coopération avec Washington à tous les niveaux.

 

Auparavant, l'on a appris par la chaîne libanaise lebanon24 que le Congrès des États-Unis était prêt à imposer des sanctions contre le mouvement libanais Hezbollah après avoir éliminé les djihadistes de Daech.

Les sanctions devraient alors être mises à jour à partir du mois d'août ou de septembre.

Les mesures entreprises pourraient, entre autre, viser ceux qui financent ce mouvement.

En outre, l'Union européenne a l'intention d'inscrire le Hezbollah dans la liste des groupes terroristes.

De son côté, les représentants du mouvement en question, cités par les médias locaux, ont déclaré que les nouvelles sanctions américaines n'étaient rien d'autre qu'une tentative de déstabiliser la situation à l'intérieur du pays.

source

 
 
 

03/08/2017

EUROPE: SANCTIONS ÉTASUNIENNES ET DOMMAGES COLLATÉRAUX !

Dommages collatéraux


Les sanctions étasuniennes contre la Russie heurtent les alliés européens


Par Diana Johnstone – Le 28 juillet 2017 –

 

Source UNZ Review

Réalisent-ils ce qu’ils font ?

Lorsque les membres du Congrès des États-Unis adoptent des sanctions draconiennes visant principalement à neutraliser le président Trump et exclure toute mesure visant à améliorer les relations avec la Russie, se rendent-ils compte que ces mesures constituent une déclaration de guerre économique contre leurs chers « amis » européens ?

Qu’ils le réalisent ou pas, visiblement ils s’en fichent.

Les politiciens américains considèrent le reste du monde comme leur arrière cour, juste bonne à être exploitée, abusée et ignorée en toute impunité.

 

Le projet de loi H.R 3364 intitulé « Contrer les adversaires de l’Amérique par la loi sur les sanctions » a été adopté le 25 juillet par tous les membres de la Chambre des représentants sauf trois.

Une version avait déjà été adoptée par tous les sénateurs, sauf deux. Le passage final à un nombre de voix suffisant pour empêcher un veto présidentiel est une certitude.

Cette crise de colère du Congrès part dans toutes les directions. Les principales victimes risquent bien d’être les chers alliés européens, tant aimés de l’Amérique, notamment l’Allemagne et la France.

Qui sont parfois des concurrents, mais de si vulgaires considérations n’ont pas lieu d’être dans les salles sacrées du Congrès des États-Unis, totalement dévouées à respecter la moralité universelle.

 

Le « soft power » économique frappe fort

Sous ces sanctions étasuniennes, toute nation de l’UE faisant des affaires avec la Russie risque de se trouver confrontée à des problèmes.

Ce dernier projet de loi s’adresse en particulier aux entreprises impliquées dans le financement de Nord Stream 2, un gazoduc conçu pour fournir à l’Allemagne le gaz naturel dont elle a tant besoin.

Du coup, mais juste pour aider, les entreprises américaines vont volontiers vendre leur propre gaz naturel à leurs amis allemands, à des prix beaucoup plus élevés.

Ce n’est qu’un exemple de ce à quoi ce projet de loi soumettrait les banques et les entreprises européennes, des restrictions invalidantes, des poursuites judiciaires et des amendes gigantesques.

Alors que les États-Unis prônent la « libre concurrence », ils prennent constamment des mesures pour biaiser la libre concurrence au niveau international.

Suite à l’accord de juillet 2015 qui garantit que l’Iran ne pourra pas développer des armes nucléaires, des sanctions internationales ont été levées, mais les États-Unis ont conservé leurs propres sanctions.

Depuis lors, toute banque ou entreprise étrangère envisageant un commerce avec l’Iran est susceptible de recevoir une lettre d’un groupe new-yorkais se nommant « Unis contre un Iran nucléaire » qui prévient qu’il existe encore de sérieux risques juridiques, politiques, financiers et de réputation associés aux activités commerciales avec l’Iran, en particulier dans les secteurs de l’économie iranienne comme le pétrole et le gaz ».

La liste des risques encourus inclut des milliards de dollars d’amendes (américaines), la surveillance par « une multitude d’organismes de contrôle », un danger personnel, un risque de non couverture par les assurances, l’insécurité cybernétique, la perte d’activités plus lucratives, le préjudice à la réputation de l’entreprise et une baisse de la valeur de ses actions.

Les États-Unis s’en sortent malgré ce comportement de gangster car, au cours des années, ils ont développé un vaste et obscur labyrinthe juridique et sont capables d’imposer leur volonté sur l’économie du « monde libre » grâce à l’omniprésence du dollar, une collecte de renseignements inégalée ou la simple intimidation.

Les dirigeants européens ont réagi avec indignation aux dernières sanctions. Le ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré qu’il était « inacceptable que les États-Unis utilisent des sanctions comme instrument pour servir l’intérêt de l’industrie étasunienne ».

Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé l’« extraterritorialité » de la législation étasunienne comme étant illégale et a annoncé que « pour nous protéger contre les effets extraterritoriaux de la législation américaine, nous devrons travailler à l’ajustement de nos lois françaises et européennes ».

En fait, un amer ressentiment contre l’arrogance étasunienne, la poussant à imposer ses propres lois sur d’autres pays, grandit en France et a fait l’objet d’un rapport parlementaire sérieux, présenté aux comités des affaires étrangères et des finances de l’Assemblée nationale française le 5 octobre dernier, sur le thème de l’« extraterritorialité de la législation américaine ».

 

L’extraterritorialité

Le président de la commission d’enquête, Pierre Lellouche, député de longue date à Paris, résume ainsi la situation :

« Les faits sont très simples. Nous sommes confrontés au mur extrêmement dense de la législation américaine dont l’intention précise est d’utiliser la loi pour servir les objectifs de l’imperium économique et politique avec l’idée de gagner des avantages économiques et stratégiques.

Comme toujours aux États-Unis, cet imperium, ce bulldozer normatif, fonctionne au nom des meilleures intentions du monde puisque les États-Unis se considèrent comme un ‘pouvoir bienveillant’, un pays qui ne peut que faire le bien. »

Toujours au nom de la « lutte contre la corruption » ou de la « lutte contre le terrorisme », les États-Unis se donnent le droit de poursuivre judiciairement toute entité considérée légalement comme une « personne étasunienne », qui, en vertu d’une loi américaine étrange, peut se référer à toute entité exerçant des activités dans le pays de la liberté, que ce soit en ayant une filiale américaine, en étant cotée à la bourse de New York, en utilisant un serveur basé aux États-Unis, ou même, tout simplement, en commerçant en dollars, ce qui touche toute grande entreprise internationale.

En 2014, la principale banque française, BNP-Paribas, a accepté de payer une amende de près de neuf milliards de dollars, essentiellement pour avoir utilisé des transferts en dollars dans des accords avec des pays touchés par des sanctions américaines.

Les transactions étaient parfaitement légales en droit français.

Mais parce qu’elles ont été payées en dollars, les paiements ont été transférés par les États-Unis, où des experts en informatique diligents ont pu dénicher cette aiguille dans la meule de foin.

Les banques européennes sont alors confrontées au choix entre des poursuites, ce qui implique toutes sortes de restrictions et de sanctions avant qu’un verdict ne soit atteint, ou bien, conseillées par des avocats d’entreprises américains coûteux, d’entrer dans l’obscure culture du « plea bargain » [le marchandage d’une amende], typique du système judiciaire américain et si peu familier aux Européens. Tout comme pour un pauvre accusé de voler une épicerie, les avocats insistent pour que les grandes entreprises européennes plaident coupables afin d’échapper à des conséquences encore pires.

Alstom, une multinationale importante dont la section ferroviaire produit les trains à grande vitesse français, est un bijou de l’industrie française.

En 2014, sous la pression d’accusations américaines de corruption (probablement des pots-de-vin aux fonctionnaires de quelques pays en développement), Alstom a vendu sa filière électrique à General Electric.

L’accusation sous-jacente est que cette prétendue « corruption » par des entreprises étrangères fait que les entreprises américaines perdent des marchés.

C’est possible, mais il n’y a pas de réciprocité dans ce cas.

Toute une gamme d’agences de renseignement américaines, capables d’espionner les communications privées de tout le monde, sont engagées dans un espionnage commercial qui atteint le monde entier.

À titre d’exemple, le Bureau du contrôle des actifs étrangers, consacré à cette tâche, fonctionne avec 200 employés sur un budget annuel de plus de 30 millions de dollars. Le bureau comparable à Paris emploie cinq personnes.

Telle était la situation en octobre dernier. Le dernier cycle de sanctions ne peut qu’exposer les banques et les entreprises européennes à des conséquences encore plus sévères, notamment en ce qui concerne les investissements dans le vital gazoduc Nord Stream.

Ce projet de loi est tout simplement le dernier d’une série de mesures législatives américaines tendant à dégrader la souveraineté juridique nationale et à créer une juridiction mondialisée dans laquelle n’importe qui peut intenter des poursuites pour n’importe quoi, avec la capacité d’enquête ultime et le pouvoir exécutif détenus par les États-Unis.

 

Détruire l’économie européenne

Plus d’une douzaine de banques européennes (britanniques, allemandes, françaises, néerlandaises et suisses) ont été victimes de cette justice étasunienne moralisante, alors qu’une seule banque américaine a été touchée : JP Morgan Chase.

Les États-Unis visent les pays fondateurs européens, alors que leur forte influence sur le nord de l’Europe, la Pologne, les États baltes et la Suède, empêche l’Union européenne de prendre des mesures (nécessairement unanimes) contraires aux intérêts étasuniens.

De loin, la plus grande prise dans la partie de pêche financière de l’Oncle Sam est la Deutsche Bank.

 

Comme l’a averti Pierre Lellouche lors de l’audition finale des discussions sur l’extraterritorialité, en octobre dernier, les poursuites étasuniennes contre la Deutsche Bank risquent de toucher l’ensemble du système bancaire européen. Bien qu’elle ait déjà payé des centaines de millions de dollars à l’État de New York, Deutsche Bank est confrontée au risque d’une « amende de 14 milliards de dollars, alors qu’elle n’en vaut que cinq et demi. (…)

En d’autres termes, si cela se réalise, nous risquons un effet domino, une crise financière majeure en Europe ».

Bref, les sanctions étasuniennes représentent une épée de Damoclès menaçant les économies de ses principaux partenaires commerciaux.

Cela risque d’être une victoire à la Pyrrhus, ou plus simplement, tuer la poule aux œufs d’or.

Mais hourra, l’Amérique serait le grand gagnant au milieu d’un champ de ruines.

L’ancienne ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, a qualifié la situation de choquante et a fait remarquer que la France avait déclaré à l’ambassade des États-Unis que la situation était « insupportable », insistant sur le fait que « nous devons être fermes ».

Jacques Myard a déclaré que « le droit américain est utilisé pour gagner des marchés et éliminer les concurrents. Nous ne devrions pas être si naïfs et plutôt réaliser ce qui se passe ».

Cette enquête fut un pas de plus dans la sensibilisation et la résistance française  à cette nouvelle forme de « fiscalité sans représentation » exercée par les États-Unis contre ses satellites européens. Les membres du comité ont tous convenu qu’il fallait faire quelque chose.

C’était en octobre dernier. En juin, la France a tenu des élections législatives. Le président de la commission, Pierre Lellouche (républicain), la rapporteuse Karine Berger (socialiste), Elisabeth Guigou (une socialiste de premier plan) et Jacques Myard (républicain) ont tous perdu leurs sièges pour des nouveaux entrants inexpérimentés, recrutés par le parti La République en Marche du président Emmanuel Macron.

Les nouveaux arrivants ont de la difficulté à trouver leur chemin dans la vie parlementaire et n’ont pas de mémoire politique, par exemple de ce Rapport sur l’extraterritorialité.

Quant à Macron, en tant que ministre de l’économie, en 2014, il s’est opposé aux décisions antérieures du gouvernement en approuvant l’achat d’Alstom par GE. Il ne semble pas désireux de faire quoi que ce soit pour déplaire aux États-Unis.

Cependant, certaines choses sont tellement injustes qu’elles ne peuvent pas durer éternellement.

Diana Johnstone

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

AMÉRIQUE LATINE : VENEZUELA , LA VÉRITÉ !

 

La vérité sur ce Venezuela qui plaît tant à Mélenchon

 

Par Jean-Yves Naudet.
Un article de l’IREF-Europe

 

Le 6 décembre 2015, l’opposition, regroupement de partis de droite et de gauche, avait très largement emporté les élections législatives, première défaite de la gauche socialiste depuis qu’Hugo Chavez était arrivé au pouvoir en 1999 ; défaite cuisante pour son successeur, Nicolas Maduro, l’opposition ayant obtenu les deux tiers des voix comme des sièges, et le parti socialiste unifié du Venezuela au pouvoir le tiers restant.

Victoire d’autant plus remarquable que le pouvoir chaviste avait tout fait pour museler l’opposition dans les médias et pour faire pression sur les électeurs, tandis qu’il emprisonnait de nombreux opposants.

Cette défaite s’explique largement par la situation dramatique de l’économie vénézuélienne et la leçon de l’expérience chaviste, une de plus dans l’histoire tragique du socialisme marxiste, est claire : quinze années de socialisme ont détruit l’économie vénézuélienne, pourtant longtemps soutenue par la manne pétrolière.

Certes, la page du socialisme vénézuélien n’est pas encore tournée, car le Président Maduro a montré qu’il ne reculait devant rien, face à cette cohabitation nouvelle pour lui.

Il s’est empressé de prendre certaines mesures, prétendant dialoguer directement avec le peuple (avec un quasi-parlement parallèle) et non avec les parlementaires élus, et retirant certains pouvoirs de nomination au Parlement, alors qu’il contrôle déjà l’armée, la banque centrale et la grande entreprise pétrolière.

Le discours officiel à la télévision est sans ambiguïtés : l’opposition aurait mené « une guerre économique sans merci contre le pouvoir révolutionnaire, permettant une victoire de la droite fasciste. » Discours souvent entendu sous d’autres cieux.

 

Files d’attente et inflation typiques des régimes socialistes

La situation économique du Venezuela est typique des régimes socialistes.

D’abord, ce sont les files d’attente dans les magasins : c’est la pénurie de nombreux produits qui caractérise le système en raison de la destruction du commerce et des importantes restrictions à la liberté d’entreprendre, des contrôles bureaucratiques et des prix fixés arbitrairement par l’État : de quoi faire disparaître les produits des magasins, en particulier les produits de base, du sucre à l’huile, en passant par les médicaments ou le papier toilette.

Mais aussi de quoi alimenter un marché noir, qui, lui, pratique les vrais prix, avec en prime corruption, criminalité et spéculation ! La file d’attente est la première carte de visite de toute économie socialiste, les pays de l’Est en ont fourni l’exemple jusqu’à la chute du mur de Berlin.

Le contrôle des changes vient compléter le tableau, avec des taux de change artificiels (et donc un marché parallèle).

Mais si le contrôle des prix fait disparaitre l’offre des produits contrôlés, le déséquilibre se manifeste ailleurs, avec une inflation ouverte.

Le chiffre n’est plus publié depuis un an, mais une fuite a permis d’obtenir le résultat des douze derniers mois : 270% ! Le pouvoir d’achat est directement atteint : pénuries et hyperinflation ont lourdement pesé sur le vote des électeurs.

 

Effondrement de l’offre et gaspillage de la rente pétrolière

venezuela maduro rené le honzecL’effondrement de l’offre, accentué par tous les contrôles étatiques, se traduit aussi par une récession et le recul du PIB, déjà supérieur à 4% en 2014, s’est accentué en 2015.

 

Le FMI l’évalue à 10%, car les chiffres officiels ont disparu, pour ne pas faire le jeu de la « guerre économique » que l’opposition et « l’impérialisme américain » mèneraient au pouvoir. « Transparencia internacional » a même, en vain, essayé d’agir en justice pour obtenir la publication des statistiques économiques, au nom de la transparence.

 

Le gouvernement s’est lancé dans une fuite en avant monétaire, prenant totalement le pouvoir à la banque centrale, qui finance ainsi l’incroyable déficit budgétaire (25% du PIB) et les nombreuses entreprises publiques.

Cette dégradation rapide de l’économie a eu lieu en dépit de la rente pétrolière, qui représente 96% des exportations et 25% du PIB. Cette rente a été totalement gaspillée en mesures démagogiques destinées à calmer l’opinion, tandis que le reste de l’économie se délabrait peu à peu.

Mais le pétrole n’a pas empêché le surendettement du pays.

Certains mettent en avant la chute des cours du pétrole pour expliquer la débâcle actuelle, mais l’économie était déjà en crise quand le pétrole était au plus haut, et la chute récente n’a fait que révéler le désastre du reste de l’économie, que masquait la rente pétrolière.

Un des pires indices de liberté économique

Cette catastrophe économique est parfaitement illustrée par l’indice de liberté économique publié chaque année par la Fondation Heritage et le Wall Street Journal. Il montre que le Venezuela se situe, pour les libertés économiques, à la 175ème place sur 178 pays !

On ne trouve de pire que le Zimbabwe, Cuba et la Corée du nord, de quoi faire rêver !

La note sur 100 du Venezuela est de 36,4 quand celle du premier pays, Hong Kong, est supérieure à 90. Même la France, pourtant lourdement étatisée, à la 70ème place, a une note presque double, 63,5 !

Remarquons d’ailleurs que le Venezuela n’est pas seul en Amérique latine à être sinistré en matière de libertés économiques, car, outre Cuba, on trouve aussi l’Argentine (168ème), l’Équateur (159ème) et la Bolivie (158ème).

Cet indice mesure en particulier la liberté d’entreprendre et celle des échanges, le poids des impôts et des dépenses publiques, la protection de la propriété ou encore la liberté sur le marché du travail. Indice de libertés pour les notes élevées, il devient donc a contrario un indice de socialisme pour les notes basses.

L’effondrement économique des pays du bas du classement, en Amérique latine comme ailleurs, a une cause simple : c’est la conséquence des mesures socialistes d’étatisation mises en place et de la faiblesse de l’état de droit.

La leçon de l’ex-URSS et des pays d’Europe Centrale et Orientale, comme d’autres en Asie ou ailleurs, et la souffrance de leurs populations n’ont donc pas suffi à ouvrir les yeux. Le Venezuela est désormais à la croisée des chemins, car les chavistes feront tout pour rester au pouvoir.

Mais la leçon est claire, une fois de plus : le socialisme est un outil efficace de destruction économique, alors que la liberté est le moteur de la prospérité.

 

Cet article a été publié une première fois le 16 avril 2017.

Sur le web

 

 

ET AUSSI

 

 

 

La passivité criminelle de la gauche castrochaviste

Face aux violations des droits humains commises par les régimes en place à Cuba et au Venezuela, force est de constater qu’il ne reste aucun principe, de ceux brandis autrefois par la gauche radicale, qu’elle n’ait trahi et adultéré.

Par Fabio Rafael Fiallo.

Au siècle dernier, époque où les dictatures militaires de droite semaient la désolation en Amérique latine, les mouvements de gauche jouèrent un rôle majeur dans le combat contre la perpétuation au pouvoir (continuisme) des caudillos du moment et les coups d’États militaires, ainsi qu’en faveur du respect des droits humains.

Inspirés d’une idéologie marxiste qu’ils croyaient « scientifique », ils se proclamaient, en outre, hérauts d’une société juste et égalitaire.

Pour une si louable attitude, ses membres (ni moins ni plus que les porte-drapeaux d’idéaux libéraux, antitotalitaires et donc anticommunistes) payèrent un lourd tribut en termes d’emprisonnements, de tortures et d’assassinats.

 

Silence face aux violations des droits de l’homme

Aujourd’hui, à la lumière de l’indolence complice de la gauche radicale latino-américaine et de ses alliés européens (Podemos, le Monde diplo et autres Mélenchon) face aux violations des droits humains commises par les régimes en place à Cuba et au Venezuela, force est de constater qu’il ne reste aucun principe, de ceux brandis autrefois par la gauche radicale, qu’elle n’ait trahi et adultéré.

À commencer par la dénonciation du continuisme. Tout comme hier, ils s’insurgent contre les tentatives de réélection des dirigeants politiques placés à droite ou même au centre de l’échiquier politique.

En revanche (et là réside l’incohérence), ils comprennent, justifient, et vont jusqu’à applaudir, la plus longue et tragique perpétuation au pouvoir connue en Amérique latine, celle de la gérontocratie castriste, ainsi que le continuisme des mégalomanes du « socialisme du 21e siècle », tels Hugo Chavez (aujourd’hui défunt), Evo Morales (Bolivie) et Daniel Ortega (Nicaragua).

 

L’autoritarisme de Maduro

Ils comprennent et justifient également que le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, détesté par la population selon tous les sondages, essaie de se maintenir au pouvoir en convoquant – sans respecter la procédure prévue à cet effet par la Constitution léguée par Hugo Chavez – une assemblée constituante qui n’a pour but que de remplacer l’Assemblée nationale (élue par le peuple et dans laquelle l’opposition est largement majoritaire) et de permettre à Maduro de réprimer encore plus aisément le mécontentement populaire.

Il convient de signaler que l’assemblée constituante concoctée par Maduro est rejetée, non seulement par l’opposition vénézuélienne, mais aussi par un nombre croissant de figures importantes du chavisme.

Ainsi, pendant que des chavistes de la première heure se démarquent de leur président, la gauche radicale de l’Amérique latine et ses alliés européens ferment les yeux devant les dizaines de tués, les centaines de blessés et de torturés et les milliers de détenus par le régime vénézuélien pour avoir pris part aux manifestations de rue qui, depuis déjà plus de 100 jours, réclament le départ de Maduro et la tenue d’élections libres.

 

La gauche aveugle

La nature despotique du régime vénézuélien est dénoncée même par la procureure générale de la Nation, Luisa Ortega Diaz, en rupture avec Maduro à cause des méthodes dictatoriales employées par ce dernier. Mais la gauche radicale opte pour ignorer avec dédain les graves accusations lancées par cette figure clé du chavisme.

 Même ambivalence à l’égard des coups d’État. Pour la gauche radicale, les putschs sont bons tant qu’ils proviennent des « forces progressistes ».

Cela fut le cas, à la fin des années 60 du siècle dernier, des coups d’État du général Velasco Alvarado au Pérou et du général Omar Torrijos au Panama, puis de la tentative de putsch d’Hugo Chavez en 1992.

Par contre, cette gauche moralement hémiplégique aura crié haro sur la tentative de renversement du président Hugo Chavez en 2002, ainsi que sur l’éviction du pouvoir (faite pourtant en conformité avec les procédures constitutionnelles) des alliés du castrochavisme Manuel Zelaya (Honduras) et Fernando Lugo (Paraguay).

 

Rien sur la bolibourgeoisie

Le deux poids, deux mesures de la gauche castrochaviste a aussi fait voler en éclats les prétentions égalitaristes de celle-ci.

Ses membres saisissent toutes les occasions, comme à l’accoutumée, pour condamner les inégalités dans les sociétés capitalistes ; mais ne disent pas un mot sur la nouvelle classe corrompue du Venezuela (la bolibourgeoisie ou bourgeoisie bolivarienne), dont les fortunes sont placées sur des comptes bancaires à l’étranger ou investies dans des entreprises ou des immeubles luxueux dans « l’empire » haï (les États-Unis).

Entre-temps, au Venezuela (le pays ayant les plus grandes réserves de pétrole au monde), le peuple est aux prises avec l’hyperinflation, les pénuries d’articles de première nécessité, l’effondrement de la monnaie nationale, et en fin de compte la misère.

Puis, quand les scandales de corruption concernant les dirigeants du castrochavisme sont dévoilés – comme cela a été le cas avec les Panama Papers et avec l’enquête menée par la justice brésilienne sur les pots-de-vin payés par l’entreprise Odebrecht – la gauche radicale préfère regarder ailleurs, paraît-il pour ne pas faire le jeu des « ennemis de la révolution », et va jusqu’à qualifier de telles dénonciations de « schémas politiques interventionnistes ».

 

Silence de la gauche sur la corruption

C’est ainsi que ces gauchistes, si prompts à condamner les liens d’Odebrecht avec les gouvernants d’autres pays, et à réclamer des sanctions exemplaires contre ces derniers, se taisent sur le fait que le pays où les pots-de-vin payés par cette entreprise brésilienne ont atteint leur niveau maximum (après le Brésil) n’est autre que le Venezuela chaviste.

Non moins sidérant est le silence des adorateurs du castrochavisme à l’égard des inégalités à Cuba, où le standing des caciques du régime castriste (qui seuls ont le pouvoir d’achat nécessaire pour se payer des articles et des services offerts dans le très luxueux hôtel Manzana Kempinski, récemment ouvert à La Havane) est en flagrant contraste avec les déboires du Cubain de la rue, obligé de consacrer chacune de ses journées à chercher, sans garantie de trouver, de la nourriture, des médicaments et autres articles de première nécessité.

 

Silence de la gauche sur la violence envers les femmes

La gauche radicale montre également une indolence époustouflante à l’égard des violences envers les femmes que l’on observe dans plus d’un pays membre de l’arc castrochaviste.

En effet, les « révolutionnaires » de l’Amérique latine et d’Europe n’ont jamais rien dit sur les arrestations violentes et les tabassages récurrents que, à Cuba, subissent les Dames en Blanc dont le seul « crime » est celui de réclamer la libération des prisonniers politiques de leur pays.

Comme ils n’ont jamais rien dit sur les innombrables propos misogynes du président bolivien Evo Morales. 

Ces gauchistes impénitents ont aussi le toupet de continuer à louer, pour sa rhétorique « antiimpérialiste », un Daniel Ortega (président du Nicaragua) que seul le pouvoir aura sauvé des accusations d’abus sexuel formulées à son encontre par sa belle-fille Zoilamerica.

Au Venezuela, la femme est en train de payer le prix fort pour avoir le courage de prendre part aux manifestations de protestation contre le régime.

Plus de 300 ont subi des arrestations arbitraires, parfois même la torture.

Et cinq parmi elles ont dénoncé avoir été victimes de fouilles corporelles humiliantes au cours de leur détention. Mais de cela, la gauche radicale de l’Amérique latine et d’Europe se moque éperdument.

 

Humiliation des opposants

La complicité de la gauche radicale atteint dans ce domaine des magnitudes innommables.

Car comment est-ce possible que les membres de cette gauche soient demeurés impassibles devant l’opprobre subi par Lilian Tintori– épouse du prisonnier politique Leopoldo Lopez – à qui, plus d’une fois, les geôliers du régime vénézuélien ont fouillé les parties les plus intimes du corps avant de l’autoriser à rendre visite à son mari ?

Arrêtons-nous un instant et posons-nous une simple question :  est-ce que ces gauchistes indolents – dont un bon nombre avaient connu directement ou par parent interposé des sévices de tout ordre dans les prisons des dictatures de droite d’antan – auraient aimé que leurs mères, épouses, filles ou tantes eussent reçu ce genre de traitement quand elles rendaient visite à un être aimé dans telle ou telle prison des régimes militaires qu’ils combattaient ?

Pour justifier leur silence à l’égard des atrocités commises par les régimes castrochavistes, nos gauchistes aiment à sortir de leurs poches le sempiternel joker de l’anti-impérialisme.

Contre toute évidence, ils rétorqueront qu’il s’agit de mensonges ou tout au plus d’exagérations utilisées par l’empire honni et ses complices dans le but, poursuivent-ils, de discréditer, et finalement renverser, des gouvernements qui se battent avec courage pour défendre le droit à l’autodétermination de leurs peuples face aux ingérences impériales.

Argument fallacieux s’il en est. Car si ces gauchistes tenaient vraiment à soutenir le droit à l’autodétermination des peuples, la première chose qu’ils devraient faire, c’est exiger que les dictatures castrochavistes permettent à leurs peuples le droit de choisir librement leurs dirigeants.

Après une telle dénaturation de valeurs et de principes, la gauche castrochaviste (Podemos, le Monde diplo et autres Mélenchon inclus) n’a aucune, mais aucune, autorité pour donner à quiconque des leçons de morale.

 

Cet article a été publié une première fois le 22 juillet.

 

Lire sur Contrepoints notre dossier spécial Amérique latine.

 

30/07/2017

IRAK: LA BATAILLE DE MOSSOUL ......

La Bataille de Mossoul
 

La Bataille de Mossoul

Long RetEx de Jean Cuny sur la Bataille de Mossoul. À savourer sans modération. Une partie des notes sont de la Rédaction.

 

I Capitale de l’État islamique.

Le 6 juin 2014, l’État islamique en Irak & au Levant et d’autres groupes sunnites comme l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya ou Ansar al-Islam attaquent Mossoul, après 4 jours de violents combats, les forces gouvernementales en déroute abandonnent la ville, ce qui permet aux insurgés de s’emparer d’un important butin : environ 3.000 Humvee, 50 chars lourds, 150 blindés légers et 60.000 armes individuelles.

Cette alliance entre groupes insurgés n’a pas duré longtemps car dés le 20 juin des combats ont éclaté entre les forces d’Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)1 et celles de l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya2 qui ont fini par rejoindre les troupes gouvernementales. Quant aux membres d’Ansar al-Islam, ils ont rejoint l’EI.

A l’issue de ces combats plus de 500.000 civils ont fui Mossoul.

Le 29 juin 2014, c’est à Mossoul qu’Abou Bakr al-Baghdadi annonce le rétablissement du califat et Mossoul en est la capitale.

Elle devient donc, en quelque sorte la vitrine de l’EI qui commença par réaliser une purification religieuse de la ville : les chrétiens encore présents dont les maisons avaient été marquées par la lettre N (Nazaréens) furent sommés de choisir entre trois options :

1- se convertir à l’Islam ;
2- payer la jyiziah (impôt payé par les non-musulmans) ;
3- ou partir, ce qu’ils choisirent de faire.

Le sort des Yézidis fut plus terrible : les hommes furent massacrés, les femmes violées et vendues comme esclaves, les enfants convertis de force à l’Islam.

L’EI mit en place sa politique à base d’exécutions publiques, de châtiments corporels, la police religieuse était omniprésente, les femmes devaient être voilées et porter des gants.

L’État Islamique étant en guerre, la ville de Mossoul devint un centre de production d’armement, essentiellement de munitions (obus de mortier, roquettes, roquettes anti-char) mais aussi de certaines armes (LRAC, canons sans recul).

La progression des troupes de l’EI vers le sud : prise de Ramadi, de Falloujah semble annoncer la chute de Bagdad, en outre l’EI s’empare d’une partie de la Syrie.

L’armée irakienne telle qu’elle avait été réorganisée par les États-Unis après 2003 comptait sur le papier 170.000 hommes, mais on estime que pour 30% il s’agissait de soldats fantômes ce qui permettait à leurs officiers de toucher leurs soldes, le reste des troupes était peu motivé, à cela s’ajoutait l’animosité entre sunnites et chî’îtes. Il ne faut donc pas s’étonner des revers subis par cette armée en 2014 et 2015.

La gravité de la situation explique que dans une fatwa (extrêmement rare dans l’Islam chî’îte, la dernière remontant à 1914), l’ayatollah Ali al-Sistani appelle au djihâd contre l’État Islamique. Des dizaines de milliers de volontaires rejoignent les milices chî’îtes.

Ces milices, essentiellement chiites mais aussi sunnites ou chrétiennes sont bientôt regroupées dans les Hachd al-Chaabi 3 dont les forces permanentes s’élèvent à environ 60.000 hommes.

L’armée irakienne est réorganisée avec le soutien de milliers de conseillers militaires occidentaux mais aussi iraniens, elle bénéficie de l’appui aérien d’une coalition arabo-occidentale, en fait essentiellement occidentale.

Cet appui a permis aux forces armées irakienne de bloquer l’offensive de l’EI puis de contre-attaquer à partir du printemps 2015.

 

II Offensives sur Mossoul.

Fin mars 2016, l’armée irakienne se lance à l’attaque pour reprendre pied dans la province de Ninive, mais la progression est lente car elles n’avancent que de 15 kilomètres en trois mois. A la fin du mois de septembre cependant, les forces irakiennes sont parvenues à portée de Mossoul.

Le 17 octobre 2016, le premier ministre irakien Haider al-Abadi annonce le début de la Bataille de Mossoul. Offensive appelée Qadimum ye Naynawa (Ninive, nous arrivons).

Quelles sont les forces en présences ?

Côté irakien 100.000 hommes, un chiffre qui semble impressionnant, mais il faut en déduire tous ceux qui sont affectés à la logistique, il est aussi nécessaire de maintenir de nombreux postes de garde face aux incursions des commandos de l’EI, en outre une bonne partie de ces forces n’est pas directement engagée contre Mossoul puisque les Unités de Mobilisations Populaires qui suivent la stratégie iranienne, à la grande fureur des Américains qui n’hésiteront pas à les bombarder plus d’une demi douzaine de fois, ont entrepris une attaque vers le nord ouest pour encercler Mossoul et empêcher les djihâdistes de s’enfuir vers la Syrie.

Dans ce chiffre il faut aussi compter les forces tribales sunnites qui s’élèvent à environ 20.000 hommes et au nord les Peshmerga.

Les Irakiens bénéficient bien sûr d’un important appui aérien mais aussi d’un appui d’artillerie dont des batteries américaines (XM-7774, M-142 HIMARS5 et françaises (4 CAESAR6) qui ont tiré 13.000 obus durant la bataille).

En face 3.000 à 5.000 djihâdistes dont plus d’un millier de combattants étrangers.

Dans les deux camps on commence à avoir une certaine expertise des combats urbains après les batailles pour Ramadi de décembre 2015 à février 2016 et pour Falloujah en mai-juin 2016.

Le fer de lance de l’armée irakienne est composé de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS), 7.000 hommes entraînés par des conseillers occidentaux (français du DIO de la 13e DBLE, américains, australiens, espagnols), instruction portant sur le combat urbain et la neutralisation des IED.

On utilise les mortiers pour dégager le terrain miné puis viennent les bulldozers blindés, ensuite les blindés et si la résistance est trop forte, on a recours à l’aviation.

Une méthode qui n’est pas particulièrement soft car la ville de Ramadi a été détruite à plus de 70%.

Côté djihâdiste on a recours à la trilogie voitures piégées, pièges explosifs, snipers. Il s’agit d’user peu à peu les forces attaquantes.

Pour se déplacer, les djihâdistes utilisent des tunnels, percent les murs pour se déplacer discrètement de maison en maison.
A Mossoul, les djihâdistes ont eu plusieurs mois pour se préparer : barrant les principales voies d’accès par des levées de terre, creusant des tunnels, préparant des centaines de voitures piégées.

La dernière quinzaine d’octobre voit les forces anti-EI s’emparer de la périphérie de Mossoul pendant que les Hachd al-Chaabi remontent vers le nord ouest pour isoler la ville.

 

III Dans l’enfer du combat urbain.

Le 4 novembre les forces irakiennes commencent à attaquer la partie est de la ville, très vite les combats deviennent extrêmement violents, en avant des forces irakiennes se trouvent les unités anti-terroristes puis viennent les forces de la police fédérale chargées de sécuriser les zones conquises, mais ces dernières, peu aguerries, abandonnent souvent leur poste à la moindre fusillade, ce qui contraint les unités anti-terroristes à revenir.

Même dans les zones conquises l’insécurité est totale du fait des infiltrations djihâdistes et surtout de l’emploi massif de voitures piégées, les conducteurs de celles-ci sont guidés par des drones qui permettent aux djihâdistes de repérer les concentrations de forces irakiennes et de les utiliser au mieux.

Du début novembre à la mi-décembre, les djihâdistes ont utilisé 630 véhicules piégés qui en plus des missiles anti-chars, des LRAC, des canons sans recul ont causé de lourdes pertes matérielles et humaines aux forces irakiennes : plusieurs dizaines de chars, des dizaines de véhicules blindés, plus de 300 Humvee.

Quant aux pertes humaines, elles dépassent les 2.000 morts début décembre, pertes pesant avant tout sur les unités d’élite en première ligne, la fameuse Division d’or des forces spéciales aurait perdu 20% de ses hommes et 35% de ses véhicules.

Pour donner une idée de la férocité des combats, prenons l’exemple de l’Hôpital al-Salam : le 6 décembre, la 9e Division blindée irakienne s’en empare, mais les djihâdistes contre-attaquent et reprennent l’hôpital, dans l’affaire les forces irakiennes ont laissé la bagatelle de 15 BMP-1détruits, 2 capturés, 6 Humvee et un bulldozer détruits, ils ont eu plus de 30 tués et plus de 40 blessés. L’hôpital ne sera repris qu’un mois plus tard par les forces irakiennes après de violents bombardements aériens (plus de 25 bombes).

Durant la seconde quinzaine de décembre, l’armée irakienne reprend son souffle et sécurise les zones conquises avant de se relancer à l’attaque début janvier 2017.

Il lui faut cependant 3 semaines pour venir à bout des derniers djihâdistes isolés dans Moussoul Est depuis la destruction des ponts et ce n’est que le 24 janvier que la partie est de la ville est considérée comme reprise.

Mais Mossoul Est est loin d’être sécurisée car y subsistent des cellules dormantes de l’EI qui bombarde cette partie de la ville avec des roquettes, des obus de mortier et utilise aussi un matériel plus précis, les drones armées. Durant la seule seconde quinzaine de février, il y a 200 morts à Mossoul-Est.

Après une nouvelle pause, les forces irakiennes lancent leur offensive par le sud contre Mossoul ouest le 19 février. Premier objectif l’aéroport et la Base militaire de Ghaziani dont la prise est effective le 23 février.

Puis les unités anti-terroristes et la police fédérale (ERD/FIR) entrent dans la ville, le 7 mars le siège du gouvernement fédéral est pris, mais une contre-attaque djihadiste met les forces irakiennes en difficulté, le 15 mars une voiture piégée parvient à s’infiltrer jusqu’au gouvernorat et détruit 34 Humvee 3 autres blindés, 1 camion et 1 char.

Devant les difficultés de l’avance, l’armée irakienne a massivement recours à l’artillerie et à l’aviation : le 17 mars, pour liquider 2 snipers, l’aviation américaine bombarde et tue plus de 100 civils.

Comme le dira le US Secretary of Defense, le général (Ret) James Mad Dog Mattis, « La perte de civils fait partie de la vie dans ce genre de cas ».

Pour enfoncer le clou et purger les toits des snipers on utilise aussi des obus au phosphore blanc7.

Le 23 mars des avions américains bombardent le quartier d’Al Mawsil al-Jadidah et tuent plus de 230 civils.

Fin mars, début avril, les forces irakiennes piétinent face à la farouche résistance des djihâdistes. Le commandant de la police fédérale annonce que celle-ci a perdu 325 officiers dans les combats à Mossoul ouest.

La Division d’or, meilleure unité des forces spéciales irakiennes a subi 50% de pertes en 6 mois.

Le 6 avril, un hélicoptère Bell 407 irakien est abattu.

Depuis octobre, les forces gouvernementales ont perdu plus de 9.000 hommes, 39 T-72, 47 Abrams, 125 blindés de divers modèles, près de 900 Humvee, près de 600 camions.

Le mois de mai et la première quinzaine de juin sont consacré à la reprise des quartiers entourant la vieille ville, les combats sont très violents : le Quartier du 17 juillet change 3 fois de main. L’EI emploie un camion citerne piégé et blindé portant des lance roquette sur le toit pour s’ouvrir la voie lors d’une contre attaque dans le quartier de Rifai.

L’armée irakienne emploie des bulldozer pour sécuriser ses flancs par des levées de terre afin de bloquer les voitures piégées et pour déblayer les rues des carcasses de voitures et des barricades construites par les djihâdistes, mais ces bulldozers sont des cibles de choix et l’on manque bientôt de conducteurs, ce qui est un signe de la dureté des combats.

Le 18 juin, l’armée irakienne annonce le début de son offensive contre la vieille ville de Mossoul. Elle emploie des unités de la Division d’or, des 15e, 16e Divisions et de la Police fédérale.

Les combats se déroulent dans des rues étroites où les forces irakiennes ne peuvent engager des blindés et les djihâdistes des voitures piégées, mais ils remplacent celles-ci par des motos piégées.

Le 21 juin, la grande mosquée Al-Nouri est détruite par les djihâdistes.

La progression est lente, l’armée irakienne a recours systématiquement à l’artillerie et à l’aviation dés qu’une trop forte résistance se fait sentir.

Mais les djihâdistes ne se contentent pas de simplement résister, ils lancent aussi des contre-attaques : le 25 juin, des islamistes parviennent à s’infiltrer dans 3 quartiers par l’armée irakienne et il faut l’intervention de deux brigades de la Division d’or pour les nettoyer de nouveau.

Des membres de la 82nd Airborne Division8 coordonnent l’action des troupes irakiennes et assurent la liaison avec l’appui aérien.

La progression est difficile, en outre les djihâdistes contre-attaquent encore le 3 juillet.

Finalement, le 9 juillet 2017, le premier ministre irakien Haidet al-Abadi annonce la libération de Mossoul, mais l’annonce est prématurée car ce n’est pas avant le 11 juillet que les combats se termineront dans la vieille ville. Celle-ci est dévastée : sur 5.536 bâtiments 490 sont complètement détruits, 3.310 sévèrement endommagés, 1.736 modérément endommagés.

Les forces irakiennes auraient au minimum perdu 1.000 tués et 6.000 blessés durant la bataille.

L’unité la plus touchée est sans conteste la Division d’or c’est à dire l’ICTS, unité formée par les Américains depuis 2003, elle a été engagée quasiment seule dans les combats à Mossoul Est où, selon un officier américain, sa 1ère Brigade aurait perdu à la mi-décembre 50% de ses Humvee.

Elle a de nouveau été engagée à Mossoul ouest, mais cette fois-ci, la Police fédérale a joué un rôle important et lors de l’assaut contre la vieille ville des unités de l’armée ont été engagées avec la volonté de finir vite, mais aussi pour compenser les pertes des autres unités.

On a comparé la Bataille de Mossoul à la Bataille de Stalingrad, en ce qui concerne la férocité des combats, c’est certain. Mais l’on oublie qu’à Stalingrad, les forces soviétiques ont bénéficié d’un flot continu de renforts et de l’appui de l’artillerie située sur la rive orientale de la Volga.

Les djihâdistes, rapidement encerclés ont été réduits à leurs seules forces, ils ont cependant bénéficié du fait qu’à Mossoul se trouvaient des ateliers de fabrication d’explosif et d’armes, ce qui leur a permis de construire des centaines de véhicules piégés, de disposer de larges quantités d’obus de mortier, de roquettes et de lance-roquettes et de multiplier les pièges explosifs.

La perte de Mossoul porte un rude coup à l’organisation djihâdiste car elle a subi des pertes non négligeables en terme d’effectifs, elle a perdu d’importantes capacités de production militaire, sa réduction du contrôle sur la population représente une perte importante de revenus et aussi une réduction de ses capacités de recrutement. Toutefois l’État Islamique est loin d’être vaincu.

Pour le gouvernement irakien, cela représente une victoire, victoire obtenue cependant au prix d’un affaiblissement de ses meilleures unités, à savoir l’ICTS qui a subi des pertes sensibles.

En outre, se pose le défi de la reconstruction d’une grande ville, plus de 800.000 personnes sont encore déplacées. Se pose aussi le problème des rapports entre sunnites et chî’îtes, le gouvernement irakien doit rétablir la confiance des sunnites à son égard, ce qui représente certainement le plus grand défi auquel il a à faire face.

 

Notes

1 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
2 Ou Jayš Rajal al’-Tariqa al’-Naqshbandiyya (JRTN, Armée des hommes de la Naqshbandiyya), créée le 30 décembre 2006, la nuit qui a suivi l’exécution du président Saddam Hussein. Dirigée par Ezzat Ibrahim al-Duri, elle se réclame du Ba’asisme et aussi du soufisme de la confrérie de la Naqshbandiyya, elle regroupe 2.000 à 3.000 hommes.
3 Ou Unités de Mobilisation Populaire. Rassemblent 60 à 70 milices, certaines sont sunnites ou chrétiennes mais la majorité sont chî’îtes. Les plus importantes sont l’Organisation Badr dirigée par Hadi al-Ameri, les Kata’ib Hezbollah (Brigades du Parti de Dieu) dirigées par Abou Mahdi al-Muhandis qui est aussi le chef militaire des UMP.
4 Obusier US de 155/L39.
5 Pour HIMARS (High Mobility Rocket System) porte 6 roquettes de 227 mm, portée 480 km.
6 Ou Canon Équipé d’un Systéme d’ARtillerie, 155/L52 portée 42km.
7 Une arme prohibée par les conventions internationales. Mais, là, pas de ligne rouge…
8 Lire à son sujet l’excellent, Cahier du Retex, Les fantômes furieux de Falloujah : opération Al-Fajr/Phantom Fury (juillet-novembre 2004), publié Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF).

 

ET AUSSI

 

Combats entre milices chrétiennes dans la plaine de Ninive
Ryan al-Kildani (à droite)

Combats entre milices chrétiennes dans la plaine de Ninive

 

Pour la première fois – du moins officiellement – des combats entre milices chrétiennes se sont produits à Baghdeda, dans la région de Qaraqosh – à l’est de Mossoul – le 15 juillet dernier.

 

Responsables : les Unités de protection de la plaine de Ninive (NPU)financées par des Assyriens résidant aux Etats-Unis et dans le monde – qui ont arrêté 6 membres des Brigades de Babylone – autre milice chrétienne mais qui fait partie des Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire, force paramilitaire majoritairement chiite).

 

Leurs prisonniers sont accusés d’avoir saccagé des maisons et des églises chrétiennes, dont le monastère syriaque de Mar Behnam datant du 4ème siècle.

Comme il fallait s’y attendre, les Brigades de Babylone ont entrepris de les libérer…

Les accusations portées contre les Brigades de Babylone sont extravagantes.

Tout le monde sait que ce sont Les Lions de Babylone, comme on les appelle aussi, qui ont repris en novembre dernier le monastère de Mar Behnam occupé depuis juillet 2014 par les forces djihadistes, et qu’après les combats les bâtiments se trouvaient dans un triste état.

Ce clash entre milices chrétiennes fait suite à des interventions médiatisées de Sa Béatitude Louis Raphaël 1er Sako, patriarche de tous les Chaldéens, qui s’en est pris à plusieurs reprises, nommément, à Ryan Salem al-Kildani (le chaldéen) – chef des Brigades de Babylone, déclarant qu’il ne représente pas les chrétiens et exhortant ces derniers à ne pas s’engager dans sa milice.

Le patriarche semble avoir choisi son camp. On ne l’a pas entendu se plaindre de l’encadrement des milices chrétiennes basées au Kurdistan par d’anciens militaires occidentaux…

 

Les Hachd al-Chaabi redorent leur image

En fait, les chefs de ces milices – sous influence américaine, kurde ou israélienne – n’acceptent pas que des chrétiens irakiens, suivis par des membres d’autres minorités religieuses, combattent au sein des Hachd al-Chaabi.

 

Pourquoi ? Simplement parce qu’ils se positionnent du côté kurde, américain et anti-iranien dans la perspective des affrontements qui risquent de se produire prochainement à Kirkouk et dans les territoires contestés, c’est-à-dire occupés par les peshmerga.

Les chrétiens mésopotamiens ont la mémoire courte: à chaque fois qu’ils se sont alliés à des envahisseurs étrangers au Proche et Moyen-Orient, cela s’est mal terminé pour eux.

A vrai dire, les Hashd al-Chaabi ne sont plus tout à fait une organisation chiite. Le 13 juin 2014, la fatwa du Grand ayatollah Ali Sistani appelant au combat contre l’Etat islamique s’adressait à tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique.

Il a été en partie entendu : outre les chrétiens des Brigades de Babylone, des sunnites – membres de tribus victimes d’Al-Qaïda en Irak, puis de l’Etat islamique (EI) – sont dans leurs rangs. Ces trois dernières années, ils ont participé aux batailles livrées dans la région d’Al-Anbar.

Les Hachd ont profité de leur présence dans la plaine de Ninive pour recruter des combattants dans toutes les communautés religieuses et ethnies : turkmène, yézidie, shabak, y compris des Kurdes réfractaires aux injonctions de Massoud Barzani.

Complots contre les Hachd

Quoi que disent les porte-paroles du gouvernement de Bagdad et de la Division d’or, les Unités de Mobilisation Populaire ont participé à la bataille de Mossoul.

En février dernier, le cheikh Youcef, un des dirigeants des Hashd, m’a certifié à Téhéran – où il intervenait à la Sixième conférence de soutien à l’intifada palestinienne – qu’aucun assaut sérieux de l’armée irakienne contre les positions de l’Etat islamique n’avait lieu sans elles. Pourquoi le cacher  aujourd’hui?

Dans sa conférence de presse à Bagdad, le 13 juillet dernier, Hadi al-Amiri – secrétaire général de la puissante organisation chiite Badr -, leader officiel des Hachd al-Chaabi, n’a pas manqué de reprocher au Premier ministre Haïdar al-Abadi d’avoir « oublié » de rendre hommage aux Hachd pour leur rôle dans la libération de Mossoul et fait état de complots ourdis contre elles.

 

On sait que les Américains poussent Abadi à les dissoudre, voire que le Pentagone aurait constitué une force spéciale nommée « Les Tigres » pour localiser les membres du Haut-commandement des Hachd… et les éliminer.

 

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