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09/12/2016

APRÈS ALEP, AU TOUR DE RAQQA !

9 décembre 2016

une explosion, image d` illustration

L’aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis a bombardé la région d’al-Msheirfeh, dans la province syrienne de Raqqa.

 

L’attaque a emporté la vie de 20 Syriens civils.

D’après l’agence de presse syrienne SANA, les avions de la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont effectué des frappes aériennes dans la région d’al-Msheirfeh, dans la province syrienne de Raqqa. ​

Vingt Syriens ont trouvé la mort lors du bombardement.

« Les avions de la coalition internationale ont massivement bombardé des bâtiments résidentiels dans la région d’al-Msheirfeh, au nord de Raqqa.

On dénombre 20 morts ». Il y a en outre des blessés graves, annonce SANA.

 

Le raid aérien a en outre considérablement endommagé l'infrastructure de la ville et les biens personnels des habitants.

La coalition internationale avec les Etats-Unis en tête n’a pas donné de commentaires officiels en la matière.

L’attaque précédente des forces aériennes alliées contre les civils syriens à Raqqa remonte au 29 novembre. Les avions des forces aériennes alliées ont frappé la localité d’Er Rahyat.

L’attaque a fait 4 morts.  Le 21 novembre, la coalition a bombardé la localité d'Al-Salih, également à Raqqa. Les obus sont tombés dans une zone où se trouvait une usine de coton.

Trois employées, un habitant local ainsi qu’une famille de 6 personnes, dont des enfants, ont perdu la vie.

Le Pentagone a pourtant déclaré que la coalition n'avait pas fait de frappes.

Les États-Unis frappent les positions de Daech en Syrie depuis 2014 sans autorisation des autorités de ce pays.

Des entités des forces spéciales américaines soutiennent également des groupes locaux opposés au président syrien Bachar el-Assad dans leur lutte contre les terroristes.

Raqqa est considérée comme une « capitale » non officielle des djihadistes de Daech en Syrie, leur deuxième fief dans la région, après Mossoul en Irak. Les djihadistes ont pris le contrôle de la ville en 2013.

Actuellement, les forces de l’opposition syrienne mènent une opération visant à bloquer Raqqa et à la libérer.



En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/2016120910290856...

SYRIE: LES TAKFIRIS ONT ÉCHOUÉ ......

Le changement de régime par Takfiris interposés a échoué

Crises Droit international Irak Qatar Syrie Turquie
 

Les lobbyistes appellent à l’occupation américaine de la Mésopotamie supérieure

Moon of Alabama – 7 décembre 2016

La bataille d’Alep se termine. La Syrie va remporter la guerre contre les Takfiris soutenus par l’étranger, tout comme l’Irak. Il faut donc que les instigateurs et les commanditaires de la guerre trouvent autre chose pour atteindre leurs objectifs.

Voilà une carte du chaudron est-Alep il y a 2 jours.

alep-carte-1

Voilà la carte de ce matin.

alep-carte-2

Cartes de @NatDefFor

Depuis ce matin, une autre partie de la zone tenue par les « rebelles » au sud-est du chaudron, le quartier du Sheik Sa’ed, a été libérée par les forces gouvernementales syriennes.

On pense que toute la zone tenue par les « rebelles » d’Al-Qaïda sera libérée et nettoyée des Takfiris ce week-end. Les miliciens qui y sont encore ont le choix entre partir ou être – inévitablement – tués.

Comparez ces cartes à la (grande) carte que nous avons postée dans notre dernier article sur Alep. Au total, les quelque 90% de la superficie détenue par les « rebelles » il y a deux semaines sont maintenant revenue dans les mains du gouvernement.

Toutes les zones tenues par les « rebelles » au nord et au nord-est de la Citadelle d’Alep, qui hier encore étaient détenues par les Takfiris alignés sur al-Qaida, sont maintenant aux mains du gouvernement syrien.

La dernière avancée résulte de la reddition d’un groupe de « rebelles » locaux aux forces gouvernementales syriennes. Pour la première fois depuis 5 ans, l’entrée principale de la Citadelle est accessible depuis Alep-Ouest qui est tenue par le gouvernement.

Au total, il y avait là 28 700 civils qui ont quitté les zones précédemment « rebelles ». C’est un chiffre un peu plus élevé que notre estimation d’un maximum de 25 000 civils dans Alep-Est, mais beaucoup moins que les 250 000, 300 000, 500 000 ou 1 000 000 de civils brandis par les Nations Unies et les médias de l’opposition.

Après avoir remporté la bataille d’Alep, le gouvernement syrien disposera de quelque 35 000 soldats prêts à libérer les autres régions de la Syrie encore détenues par des Takfiris payés par l’étranger.

C’est une force assez importante et expérimentée et on peut s’attendre à ce que les opérations nécessaires pour libérer toute la Syrie soit terminées dans quelques mois.

alep-mines

Les démineurs russe sont à l’ouvrage partout où l’armée avance


En Irak, les forces gouvernementales combattent les derniers restes de l’Etat islamique qui détiennent la ville de Mossoul dans un siège comparable à celui d’Alep.

Mais la lutte à Mossoul est plus difficile parce qu’il y a encore au moins un million de civils dans la ville et que les combattants ISIS là-bas sont des fanatiques qui n’hésitent pas à envoyer des centaines d’écoliers en kamikazes contre les forces irakiennes qui approchent.

Si la résistance se maintient à ce niveau, il faudra sans doute des mois pour reprendre toute la ville.

Heureusement pour la Syrie la ville de Mossoul est maintenant complètement encerclée. Le plan original des États-Unis était de laisser ouverte la zone occidentale de Mossoul afin que les combattants d’ISIS puissent s’échapper vers la Syrie.

Le Premier ministre irakien Abadi a empêché cela en envoyant des Forces de mobilisation populaires fermer la zone occidentale.

Les Etats-Unis avaient déjà préparé le terrain pour que les troupes d’ISIS en retraite prennent la ville de Deir Ezzor dans l’est de la Syrie où les combattants d’ISIS sont assiégés par des troupes gouvernementales syriennes.

Ils auraient ainsi créé la « principauté salafiste » qu’ils veulent créer depuis au moins 2012. Le mouvement irakien pour fermer Mossoul, soutenu par l’Iran et la Russie, a réussi à empêcher cela.

Le projet de remettre des zones de l’est de la Syrie et de l’ouest de l’Irak à un « ISIS modéré » a échoué, mais les habituels « experts » encadrés, comme Michael Weiss et Hassan Hassan, plaident maintenant pour que les États-Unis occupent toute la zone et y installent des bases militaires américaines permanentes pour contrôler l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak, riches en pétrole. Les forces spéciales américaines qui travaillent avec des unités de JPG kurdes dans le nord-est de la Syrie ont déjà construit plusieurs petits aérodromes.

Voilà ce qu’écrivent ces impénitents suppôts de guerre:

Transformer ces territoires en solides ancrages dans la région donnera aux États-Unis une capacité de collecte de renseignements absolument nécessaire dans la Jazira ou la Haute Mésopotamie, qui englobera la plaine aride qui s’étend au nord-ouest de l’Irak, au nord-est de la Syrie et au sud-est de la Turquie.

Garder les contingents des forces américaines dans la région constituera un moyen de dissuasion efficace qui permettra de défendre des combattants anti-ISIS fiables et compétents et de dissuader le régime Assad de toute velléité de reconquête.

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Haute Mésopotamie, al Jazera ca. 80 avant JC – Carte via Wikimedia

Une telle entité américaine d’occupation dans la Jazera :

– Empêcherait tout trafic de l’Iran chiite et de l’Irak avec les zones syriennes et libanaises de la côte méditerranéenne. Le soi-disant croissant chiite serait coupé par une entité contrôlée par les États-Unis, composée majoritairement de peuples sunnites.

-Créerait un espace pour le pipeline de gaz naturel que veut l’entité Qatar-Turquie-Europe tout en empêchant la construction d’un éventuel pipeline de gaz naturel Iran-Méditerranée-Europe à travers la même zone.

-Réaliserait une autre étape du plan Yinon qui appelle au morcellement de tous les États arabes en entités plus petites pour sécuriser le royaume d’Israël.

Attendez-vous à entendre les « experts » de think tanks, achetés au prix fort, bientôt affirmer qu’il faut confier cette nouvelle « mission » complètement démente aux forces américaines.

Le président élu, Donald Trump, a répété hier qu’il ne ferait rien de la sorte :

Trump a promis de rendre l’armée plus forte qu’elle l’a jamais été, mais il a dit que, sous son commandement, le pays « cesserait de courir renverser des régimes étrangers dont nous ne savons rien ».

« Il faut mettre fin à ce cycle destructeur d’interventions et de chaos, » a-t-il dit.

On peut espérer que Trump s’en tiendra à cette position raisonnable et renoncera à toute ingérence dans les affaires des peuples du Moyen-Orient et d’ailleurs.

 

 

Moon of Alabama | 7 décembre 2016

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/le-changement-de-regime-par-takfir...

06/12/2016

QUI VEUT DESTABILISER LE SYSTÈME BANCAIRE RUSSE ???

6 décembre 2016

Le 2 décembre, le FSB a publié une note informant de l’intention des services spéciaux étrangers de mener une attaque contre les grandes banques russes afin de destabiliser le système financier national.

La source a été identifiée en Hollande... c’est-à-dire au coeur de l’Union européenne.

 

Les mesures nécessaires ont été prises, mais restent en suspend des questions, devenues rhétoriques : nous sommes en guerre contre la Russie ?

Quelle est la légitimité des individus qui prennent de telles décisions si nous vivons dans un système démocratique ?

 

Comme cela a été publié sur le site du FSB :

 

Dans une période partant du 5 décembre, des services spéciaux dont les forces et le centre de commandement ont été basés en Hollande, ont préparé une cyber attaque contre certains grandes banques russes afin de destabiliser le système financier.

Ils utilisent pour cela un hébergeur ukrainien, BlazingFast.

 

L’attaque était prévue en deux temps : d’une part l’attaque cybernétique elle-même et d’autre part le lancement d’une campagne de désinformation par SMS, messages dans les blogs, les groupes sociaux etc, diffusant de fausses informations sur le retrait de licence de certaines banques et leurs succursales, leur banqueroute etc. dans une zone géographique couvrant une dizaine de centres urbains.

 

La Banque centrale russe et le FSB ont pris les mesures nécessaires pour prévenir, ce qui n’est pas une nouveauté.

En novembre, 5 des plus grandes banques russes ont subi une DDoS-attaque, considérée comme sans précédent du point de vue de son ampleur et engageant déjà des Etats étrangers.

Il est évident que les sanctions, notamment adoptées contre le système financier russe, n’ont pas permis d’atteindre le but recherché : son effondrement. Il faut donc passer à une phase plus agressive.

 

Or, si des services spéciaux étrangers agissent, au nom d’Etats, de cette manière contre un Etat souverain, en l’occurrence la Russie, c’est au minimum qu’ils considèrent cet Etat comme ennemi, comme une cible à abattre.

Sauf erreur de ma part, aucun Etat n’a reçu mandat de sa population, qui reste encore le Souverain, pour mener ce types de politique suicidaire.

 

Si nous sommes réellement en démocratie, pourquoi ne pas organiser un référendum pour demander aux citoyens s’ils veulent adopter des sanctions contre la Russie ?


S’ils veulent que leur pays s’engage dans une politique de confrontation avec la Russie, que celle-ci soit militaire, économique, politique ?


Auncun de ces référendums ne sera jamais organisé en Europe de l’Ouest car chacun connait la réponse : les gouvernants n’obtiendront jamais de soutien populaire pour mener cette politique, qui est actuellement menée dans leUE contre la Russie.

Quelle est alors la légitimité de notre système politique, de notre système de gouvernance ?

 

Karine Bechet-Golovko 
vendredi 2 décembre 2016

Russie politics

04/12/2016

RAPPEL: LE SECRET DES ACCIDENTS D' ARMES NUCLÉAIRES ..........

LECTURE:   LES DOSSIERS DU DIMANCHE !
 
4
Déc
2016

Source : The Guardian, le 14/09/2013

 

 

En juillet 1956, un avion s’est écrasé dans le Suffolk, au risque de faire exploser une bombe atomique. 

 

En janvier 1987, un camion de la Royal Air Force transportant des bombes à hydrogène a quitté la route dans le Wiltshire. 

 

D’autres accidents évités de justesse demeurent secrets.

 

 Quel est le risque réel pour les armements nucléaires britanniques ?

Le secret entourant les accidents d'armes nucléaires anglaises va bien au-delà du black-out américain. Illustration: Noma Bar

 

 

Le secret entourant les accidents d’armes nucléaires anglaises va bien au-delà du black-out américain. Illustration: Noma Bar

Eric Schlosser

 

 

Samedi 14 septembre 2013

En octobre 1983, Mick Jones venait de quitter the Clash, Roger Moore interprétait encore James Bond, Ronald Reagan était dans sa troisième année de présidence des USA, Margaret Thatcher venait de rempiler comme Premier ministre, et la Guerre froide venait d’entrer dans sa phase la plus dangereuse depuis la crise des missiles de Cuba. Un échange sur les dossiers nucléaires entre les USA, l’URSS et leurs alliés semblait possible. Cet été-là, Reagan avait présenté les Soviétiques comme “le diable du monde moderne, un empire diabolique” et son administration mettait en place un accroissement sans précédent de l’effort de guerre en temps de paix. Youri Andropov, le leader paranoïaque de l’URSS, en phase terminale de sa maladie, pensait que les USA pourraient programmer une attaque surprise. En septembre, le vol 007 de la Korean Airlines, un Boeing 747 transportant près de 300 passagers, avait été abattu après s’être aventuré dans l’espace aérien soviétique. Les USA allaient bientôt déployer deux nouveaux systèmes d’armes nucléaires : des missiles de croisière implantés sur le sol britannique et des missiles Pershing II en Allemagne de l’Ouest. Et ce 22 octobre, près de 250 000 personnes avaient manifesté dans Hyde Park contre de tels déploiements, la plus grande manifestation anti-nucléaire de toute l’histoire britannique.

 

Au milieu de ce climat inquiétant et apocalyptique, l’administration Reagan décida de construire de nouveaux missiles balistiques pour sous-marins. Le Trident D5 serait le missile le plus précis jamais transporté sur sous-marin, capable de lancer huit têtes nucléaires sur la moitié du globe pour détruire des “cibles dures” : des silos de missiles soviétiques et les bunkers de leurs dirigeants. Contrairement aux précédents missiles sur sous-marins, le Trident D5 n’était pas conçu seulement comme une arme de représailles, devant être utilisée après que les USA aient été l’objet d’une attaque nucléaire. Les nouveaux missiles pourraient être lancés sur l’URSS lors d’une première attaque des États-Unis.

 

 

Trente ans plus tard, la Guerre froide est oubliée, l’Union soviétique a disparu, Reagan et Thatcher sont morts – et un sous-marin anglais Trident se trouve constamment en mer, jour et nuit, attendant l’ordre de tirer ses missiles D5 et leurs dizaines de têtes nucléaires. Durant les prochaines années, la Grande-Bretagne devra décider s’il faut remplacer les quatre vieux sous-marins de type Trident. David Cameron veut construire quatre nouveaux sous-marins, à un coût d’environ 25 milliards de livres Sterling, afin qu’un au moins soit toujours en mer, à l’abri d’une attaque et prêt à lancer ses missiles.  

 

Le Labour party semble approuver cette stratégie : son secrétaire à la Défense virtuel, Jim Murphy, a récemment confirmé son soutien à une “force de dissuasion maritime continue.” Bien que les Démocrates libéraux ont critiqué la position de Cameron, leur préférence semble difficilement radicale : construire un, ou peut être deux, sous-marins en moins, histoire de faire des économies. Les trois principales parties sont toutes d’accord sur le besoin d’armes nucléaires. L’opposition la plus forte aux Trident provient des politiques écossais, là où sont basés les sous-marins. Alex Salmond, leader du SNP, a promis que si l’Écosse devient indépendante l’an prochain, sa nouvelle constitution interdira toute arme nucléaire. Ceci pourrait être désastreux pour la force de dissuasion nucléaire anglaise : construire une nouvelle base pour sous-marins et des installations de stockage des armes en Grande-Bretagne pourrait nécessiter plusieurs années et coûter des dizaines de milliards.

 

 

Le débat public au sujet des sous-marins Trident et leurs missiles s’est focalisé principalement sur les coûts à long terme et les bénéfices économiques en les remplaçant, le nombre d’emplois qui pourraient être créés ou perdus, la nécessité de patrouilles 24/24. Quelques questions fondamentales ont été oubliées. 

Comment un missile type Guerre froide, devant rester opérationnel durant 30 ans, pourrait être utilisé dans un conflit au 21e siècle ? Quelles cibles pourrait-il détruire et dans quelles circonstances ? Qui est-il supposé tuer ? 

 Finalement, et c’est sans doute le point le plus important : le peuple anglais fait-il face à une plus grande menace d’être atteint par ses propres armes nucléaires, à la suite d’un accident ou une erreur, que lors d’une attaque surprise ?

A Grand Forks, Nord Dakota, en septembre 1980, un bombardier B-52, chargé de 12 bombes à hydrogène avec leurs têtes nucléaires, a pris feu. Il s'est consumé durant deux heures, alimenté par une pompe à carburant. Seuls des vents forts ont pu éteindre les flammes, et un pompier grimpant sur l'avion en feu a pu couper le circuit, évitant le désastre.

 

A Grand Forks, Nord Dakota, en septembre 1980, un bombardier B-52, chargé de 12 bombes à hydrogène avec leurs têtes nucléaires, a pris feu. Il s’est consumé durant deux heures, alimenté par une pompe à carburant. Seuls des vents forts ont pu éteindre les flammes, et un pompier grimpant sur l’avion en feu a pu couper le circuit, évitant le désastre.

 

“La crédibilité du Royaume-Uni en matière de dissuasion est cruciale,” a déclaré le Trident Alternatives Review (rapport sur l’alternative au Trident) du gouvernement en juillet cette année. Sur une seule page du rapport, les mots “crédible” et “crédibilité” sont utilisés sept fois pour décrire la stratégie britannique de “dissuasion minimum”. 

 

Mais le rapport ne dit jamais qui doit être dissuadé, ni ce que le R-U ferait réellement si la dissuasion par ses armes nucléaires échouait. Le Strategic Defence And Security Review de 2010 (rapport sur la sécurité et la défense stratégique) mentionne le risque de “terrorisme nucléaire” et “la possibilité qu’une menace d’attaque nucléaire majeure contre le R-U ré-émerge.” Cela implique la possibilité que la Corée du Nord, la Chine, le Pakistan, l’Iran ou la Russie veuillent un de ces jours faire disparaître Londres, en dépit des investissements de taille fait par certains de ces pays dans la cité. 

 

Mais le rapport de sécurité n’explique pas dans quelles circonstances les missiles Trident anglais pourraient être lancés, citant la nécessité de rester “délibérément ambigu”.

 

Depuis l’aube de l’ère atomique, cette sorte d’ambiguïté supposée essentielle pour confondre des ennemis potentiels a permis aux fonctionnaires du gouvernement d’éviter toute supervision et responsabilité. Il y a quelques semaines le parlement a voté pour empêcher Cameron d’autoriser une attaque relativement modeste sur la Syrie, alors même qu’un premier ministre puisse autoriser une attaque nucléaire qui tuerait des millions de personnes sans approbation publique ni débat parlementaire. 

L’intense secret qui entoure le plan de guerre nucléaire a dissimulé non seulement la dévastation infligée aux cibles, mais aussi les graves dangers et accidents sérieux sur la nation par ses propres armes. Et quand ces secrets nucléaires seront révélés, même partiellement, les plans qui étaient jugés “crédibles” par ces gens au pouvoir paraîtront  non crédibles et presque incroyables à tous les autres.

Les armes nucléaires sont les machines les plus mortelles jamais inventées, mais la dissuasion qu’elles procurent est quelque chose d’indéfinissable. “Le but principal de la dissuasion… est psychologique,” comme l’expliqua une fois un rapport du Pentagone. “La mission, c’est la persuasion.” La destruction d’Hiroshima et Nagasaki a montré ce qu’une seule bombe peut infliger à une ville. 

 

Mais la répulsion générale au sujet des pertes humaines a poussé les USA à explorer l’utilisation des armes nucléaires sur des cibles militaires traditionnelles.

 

En 1946, les USA ont mené leurs premiers essais d’après-guerre d’armes atomiques. Le but de l’un de ces tests était de découvrir l’effet d’une explosion nucléaire sur une flotte de navires de guerre. Le résultat fut décourageant. Sur les 88 navires arrimés près du point de déflagration dans l’atoll de Bikini, seulement cinq ont coulé. 

 

L’Evaluation Of The Atomic Bomb As A Military Weapon (évaluation de la bombe atomique comme arme militaire), un rapport top secret envoyé à Harry Truman concluait que “les navires en mer” et les “corps d’armée” étaient des cibles médiocres. “La bombe est en premier lieu une arme contre la vie et les activités humaines dans des grands site urbains et industriels” avançait le rapport. De telles armes étaient utiles, principalement, pour tuer et terroriser des civils. Selon le rapport, certaines des meilleures cibles étaient “les villes marquées par une forte signification sentimentale.”

 

 

Le premier plan de guerre nucléaire américain, adopté en 1948 au nom de code Halfmoon, estimait à 50 le nombre de bombes atomiques devant être larguées sur l’Union soviétique. Leur nombre fut porté ensuite à 133, visant 70 villes. Leningrad devait être touchée par sept bombes, Moscou par huit. Il n’y avait, semble-t-il, aucune alternative à la menace de massacres de masse. Cette stratégie américaine fut désignée comme “le concept de massacre d’une nation.”

Durant une audition au Congrès en octobre 1949, les USA ont eu le débat de haut niveau le plus médiatisé à propos de l’éthique de telles cibles nucléaires. Un groupe d’amiraux condamna fermement le plan de l’US Air Force contre les Soviétiques. “Je ne crois pas aux massacres de masse de civils,” a témoigné l’amiral Arthur W Radford, alors que le vice-amiral Ralph A. Ofstie, qui avait visité les cités détruites au Japon, décrivait le feu atomique comme “un massacre aléatoire d’hommes, de femmes et d’enfants,” et disait que l’idée même était “impitoyable et barbare”, contraire aux valeurs américaines.

Au milieu des années 50, le plan de guerre américain avait été modifié. De plus de frappes sur les cibles (villes) “contreproductives” en destruction de cibles “antagonistes” (installations militaires). 

L’invention de la bombe à hydrogène a créé des armes nucléaires des centaines de fois plus puissantes que celle qui a détruit Hiroshima. L’Union soviétique avait alors ses propres armes nucléaires, et les détruire devint le but principal de l’Air Force.

En décembre 1960, les USA approuvaient son premier Single Integrated Operational Plan (Siop) [Plan Intégré Unique Opérationnel], qui spécifiait le moment et les cibles des attaques menées par les forces US et le UK Bomber Command (Commandement des bombardiers UK). Ce plan, sous une forme ou une autre, restera d’actualité pendant plus de trois décades. La plupart du SIOP reste secret, mais des mémos rédigés durant l’administration de JFK, au sommet de la crise de Berlin en 1961, donne une idée de l’ampleur de la destruction que provoquerait le SIOP. Il indique 3729 cibles, devant être frappées par 3423 armes nucléaires.

 

 Les cibles sont localisées en Union soviétique, Chine, Corée du Nord et Europe de l’Est. Environ 80% sont des objectifs militaires, le reste civils. Sur les “complexes industriels civils destinés à la destruction”, 295 étaient en Union soviétique, 78 en Chine.

 

 

Les estimations des dommages et victimes du SIOP était très restreintes. Elles étaient basées seulement sur l’effet de l’explosion, et excluaient le mal pouvant être causé par la radiation thermique, les incendies et les retombées radioactives, qui étaient compliquées à évaluer. En trois jours d’une attaque initiale par les USA et le R-U, la puissance totale du SIOP tuerait à peu près 54% de la population russe, 16% de la population chinoise: environ 220 millions de personnes. En plus des millions qui périront de brûlures et d’exposition aux radiations.

 

Les plans de guerre en Grande-Bretagne n’ont jamais été aussi conflictuels que ceux des USA. Après quelques semaines après la destruction d’Hiroshima, Clement Attlee a exprimé succinctement ce qui deviendra la philosophie britannique : “La réponse d’une bombe atomique sur Londres sera une bombe atomique sur une autre grande cité.” La grande Bretagne n’a pas les moyens de construire des armes nucléaires pouvant menacer des dizaines de milliers de cibles militaires en Union soviétique. Et la population anglaise n’est pas largement dispersée sur un grand continent. En 1955, un rapport secret de William Strath, un fonctionnaire au Central War Plans Secretariat (Secrétariat central des plans de guerre), concluait que si 10 bombes à hydrogène frappaient la côte ouest du Royaume-Uni, les incendies et la radioactivité consécutifs tueraient immédiatement environ 1/3 de la population. La plupart des terres agricoles du pays seraient inutilisable pendant deux mois, et l’eau potable serait contaminée. Même si la Grande-Bretagne arrivait plus ou moins à détruire la plupart des armes nucléaires en Union soviétique, une poignée d’armes soviétiques pourrait provoquer l’effondrement de la société britannique.

 

 

En 1958, le plan d’urgence du Bomber Command américain prévoyait la destruction de 44 villes russes. Une telle attaque aurait causé la mort d’environ 38 millions de personnes. Une bombe à hydrogène devait être lâchée sur chaque centre-ville, sauf Moscou qui devait en recevoir quatre et Leningrad deux. Si la Grande-Bretagne était entrée en guerre aux côté des États-Unis au début des années 60, elle aurait demandé au Bomber Command de détruire 25 villes russes supplémentaires. A mesure que l’Union soviétique améliorait ses défenses anti-aériennes, la Grande-Bretagne réduisait le nombre de centres urbains qu’elle souhaitait détruire de son propre chef. 

 

A la fin des années 60, les missiles embarqués par les sous-marins Polaris servirent de dissuasion stratégique à la Grande-Bretagne et n’étaient plus pointés que sur une petite douzaine de villes russes. Jusqu’à la fin de la Guerre froide, la destruction totale de la capitale de l’Union soviétique – connue sous le nom de “critère Moscou” – était le principal objectif du Royaume-Uni.

 

Le Joint Intelligence Committee a considéré que les plans de guerre soviétiques seraient encore plus brutaux. Selon son rapport sur “les probables cibles nucléaires au Royaume-Uni”, Londres serait touchée par huit bombes à hydrogène et deux bombes atomiques. Edimbourg serait atteinte par deux de chaque type, Glasgow par quatre bombes à hydrogène et une bombe atomique, tandis que les bases anglaises de sous-marins, en Ecosse, seraient atteintes par quatre bombes à hydrogène et quatre bombes atomiques. Au final, le JIC s’attendait, dans le cas d’une guerre avec l’Union soviétique, à ce que le Royaume-Uni soit touché par environ 300 armes nucléaires.

 

La base navale de Faslane, sur la Clyde. L'Écosse accueille les sous-marins anglais de type Trident et attire la plus forte opposition, avec le leader du SNP Alex Salmond visant à les supprimer si l'Écosse gagne son indépendance. Ceci pourrait être désastreux pour la force de dissuasion anglaise : construire une nouvelle base prendrait des années et coûterait des milliards. Photo: Murdo MacLeod.

 

La base navale de Faslane, sur la Clyde. L’Écosse accueille les sous-marins anglais de type Trident et attire la plus forte opposition, avec le leader du SNP Alex Salmond visant à les supprimer si l’Écosse gagne son indépendance. Ceci pourrait être désastreux pour la force de dissuasion anglaise : construire une nouvelle base prendrait des années et coûterait des milliards. Photo: Murdo MacLeod.

 

 

Un secret officiel strict a permis aux stratèges anglais et américains de choisir leurs cibles sans la curiosité du public. Cela a aussi facilité la gestion de l’opinion publique sur les armes nucléaires. Le rapport Strath a été supprimé, et Winston Churchill a ordonné à la BBC de ne pas diffuser d’information sur la bombe à hydrogène pour ne pas effrayer les gens. De la décision d’Attlee de construire une bombe atomique jusqu’aux négociations de James Callaghan pour obtenir des USA des missiles Trident, la politique nucléaire britannique a été menée sans beaucoup de supervision parlementaire. 

“Toutes les décisions clés ont été prises par un petit nombre de très vieux ministres du gouvernement, se rencontrant dans des comités ad hoc informels,” comme le soulignent les historiens John Baylis et Kristan Stoddart. 

“Ces décisions ont été gardées secrètes des principaux cabinets d’alors.”

Aux USA, les spécifications planifiées des armes nucléaires n’ont même pas besoin d’être secrètes. Selon le Atomic Energy Act de 1946, elles sont “nées secrètes”, classées aussitôt créées. C’est le simple bon sens de garder secrets les plans de l’arme nucléaire, mais le secret justifié par la nécessité de prévenir l’espionnage étranger est devenu une habitude, plutôt que de cacher les problèmes de sécurité, en cachant les accidents nucléaires et protégeant les bureaucraties de la Défense de l’embarras.

 

 

La liste des bavures et problèmes avec des armes nucléaires, qui auraient pu menacer le public, mentionne 32 accidents. Et encore, une étude de 1970 par un des laboratoires sur les armes nucléaires américaines, obtenue grâce au Freedom of Information Act, a recensé 1200 armes impliquées dans des accidents entre 1950 et 1968. 

La plupart de ces accidents était bénins, mais un nombre d’accidents sérieux ont en quelque sorte été oubliés de la liste du Pentagone. Et surtout le risque d’explosions nucléaires accidentelles n’a pas été entièrement compris par les stratèges américains jusqu’à la fin des années 60, et ce risque est en fait beaucoup plus grand que l’on pouvait s’attendre. Un crash d’avion, un incendie, une explosion de missile, un éclair d’orage, une erreur humaine, et même la chute d’une arme d’un avion parqué sur une piste sont des causes répertoriées d’une explosion nucléaire potentielle.

 

Deux parmi les pires accidents arrivèrent en un seul mois. Le 15 septembre 1980, un des réacteurs d’un bombardier B-52 prit feu à la base de l’Air Force de Grand Forks au Nord Dakota. L’avion portait quatre bombes à hydrogène et huit missiles à tête nucléaire de courte portée. Un vent fort éloigna les flammes des armes, et un pompier grimpa sur l’avion en feu, éteignit le feu et prévint un désastre. Trois jours après, un technicien fit tomber un outil dans le silo d’un missile balistique intercontinental Titan II près de Damascus, Arkansas. L’outil heurta le fond du silo, rebondit, frappa le côté du missile, perça la coque et causa une fuite de carburant. Le Titan II portait l’ogive nucléaire la plus puissante construite par les USA. Malgré un effort héroïque pour sauver le missile, il explosa, mais pas l’ogive nucléaire. Ces deux Etats auraient pu être détruits.

Les problèmes de sécurité avec les armes nucléaires américaines ont été tenus secrets jusqu’à la fin de la Guerre froide. Une étude financée plus tard par le Congrès donne une “note de sécurité” à chaque type d’arme nucléaire de l’arsenal national. Les notes étaient basées sur le risque potentiel d’une explosion accidentelle ou de dispersion de plutonium. Trois armes reçurent un A. Sept reçurent un B. 

 

Deux reçurent un C+. Quatre un C. Deux un C-. Et douze obtinrent un D, la note la plus basse.

Les problèmes de sécurité des armes nucléaires américaines ont des implications bien au-delà des frontières des États-Unis.

 

 Les forces de l’OTAN s’appuient sur beaucoup d’entre elles. Pendant des années, le nombre d’armes nucléaires américaines déployées en Grande-Bretagne excéda le nombre de ses propres armes. Selon l’historien John Simpson, en 1959, la RAF comptait 71 bombes atomiques britanniques et 168 bombes américaines. 

Dans les années qui ont suivi, le nombre d’armes nucléaires fabriquées en Angleterre atteignit, remarquablement, celui de celles fabriquées en Amérique, grâce au US-UK Mutual Defence Agreement (Accord Mutuel de Défense US-UK). La conception de “Red Snow“, le composant nucléaire au cœur de la première bombe à hydrogène anglaise largement déployée, était basé sur celui de la bombe Mark 28 américaine. En 1961, Harold Macmillan a été averti que le développement de l’armement s’était “presque entièrement limité à copier les modèles américains.”

 

Le secret entourant les accidents d’armes nucléaires a bien dépassé celui destiné à cacher les accidents américains. En juillet 1992, un rapport de Sir Ronald Oxburgh, conseiller scientifique en chef au ministère de la Défense, annonça 19 accidents arrivés avec des armes britanniques, entre 1960 et 1991. Le rapport Oxburgh suggérait qu’aucun de ces accidents n’était particulièrement tracassant, et selon le ministère de la Défense, le Royaume-Uni n’a pas enregistré d’accidents impliquant des armes américaines sur le sol anglais.

 Cependant, en cherchant les problèmes de sécurité concernant les armes américaines, je suis tombé sur une information à propos d’accidents très sérieux, non mentionnés dans le rapport Oxburgh.

 

Deux des accidents arrivèrent sur la base RAF de Lakenheath. En juillet 1956, un bombardier américain B-47 faisait des exercices de touch-and-go. L’appareil dévia hors de la piste et alla cogner contre un igloo de stockage contenant des bombes Mark 6. Un officier américain témoin de l’accident l’a décrit dans un télégramme classifié : “Le B-47 a déchiqueté l’igloo et tapé dans environ trois Mark 6. 

 

L’avion a alors explosé en une pluie de carburant en feu. L’équipage est mort. Une grande partie de la carcasse pivota sur l’igloo puis stoppa avec le nez juste en avant du quai de l’igloo, ce qui a maintenu l’incendie de carburant en dehors de l’igloo détruit. Des officiers démineurs ont fait un examen préliminaire et ont dit que c’est un miracle que l’un des Mark 6, dont les détonateurs ont été cisaillés, n’ait pas explosé. Les pompiers ont éteint l’incendie rapidement autour des Mark 6.”

 

Les cœurs nucléaires des armes étaient stockés dans un autre igloo. Si le B-47 avait heurté cet igloo, un large nuage de plutonium aurait flotté au-dessus de la campagne du Suffolk. Les poussières de plutonium sont mortelles quand on les inhale. 

Une fois dispersées, c’est très difficile de s’en débarrasser et elles demeurent actives pendant 24 000 ans.

 

Un autre accident arriva à Lakenheath le 16 janvier 1961. Les réservoirs de carburant placés sous les ailes d’un chasseur américain F-100D ont été largués par erreur quand le pilote a démarré son réacteur. Les réservoirs largables ont touché la piste et se sont fissurés, du carburant a pris feu, et une bombe à hydrogène Mark 28 montée sous l’avion a été noyée par les flammes. Les pompiers ont réussi à circonscrire l’incendie avant que la bombe ne soit gravement endommagée. Une erreur dans le câblage des bombes à hydrogène Mark 28, découverte plus tard, aurait pu permettre à une chaleur excessive de court-circuiter le mécanisme de sûreté de l’arme et entraîner une détonation nucléaire.

 

 

La sécurité des missiles Trident D5 a longtemps été source de débat. En décembre 1990, le Panel on Nuclear Weapons Safety (groupe de travail sur la sécurité des armes nucléaires), un groupe d’éminents physiciens rémunérés par le Congrès américain, a alerté que leur conception inusitée entraînait des risques significatifs. 

Pour gagner de la place, les multiples têtes nucléaires n’étaient pas montées au sommet du missile, elles entouraient le troisième étage du moteur de la fusée. Et le carburant class 1.1 à “haute énergie” utilisé par ce moteur de fusée avait plus de probabilité d’exploser que tout autre carburant. “Le problème de sécurité mis en avant,” a annoncé le panel, “est de savoir si un accident durant les manipulations d’un missile opérationnel – c’est-à-dire, transport, chargement – pourrait faire détonner le carburant qui, à son tour, ferait exploser les HE (explosifs à fort pouvoir de destruction) des têtes nucléaires, menant à la dispersion de plutonium, voire au déclenchement d’une explosion nucléaire.”

 

 

La décision d’utiliser le carburant ayant le plus fort pouvoir énergétique et les explosifs les plus instables fut prise au début des années 1980, pour augmenter la distance franchissable du missile Trident D5 et diminuer le poids des ogives. Le premier sous-marin britannique Trident est parti patrouiller en mer quatre ans après la découverte de ces risques, et le missile Trident D5 est supposé rester en service jusqu’en 2042. Le risque d’une explosion et de la diffusion de plutonium est le plus élevé quand les charges militaires sont chargées ou déchargées du sous-marin, ou transportées par route entre l’Écosse et l’Atomic Weapons Establishment à Aldermaston, Berkshire.

 

 

Le pire accident qui aurait pu survenir durant les manipulations d’armes nucléaires au Royaume-Uni, selon le rapport Oxburgh, est arrivé le 7 janvier 1987, quand un camion de la RAF a fait une embardée pour éviter un autre véhicule sur une route verglacée du Wiltshire. Le camion, qui transportait deux bombes à hydrogène, est sorti de la route et s’est couché sur le flan. Un camion de la RAF, derrière lui, transportant deux autres bombes, a également quitté la route. Aucune des armes n’a été endommagée. 

Mais des documents US récemment déclassifiés révèlent des détails au sujet d’un autre incident sérieux survenu au Royaume-Uni, et d’autres ont eu lieu sans aucun doute. Le 17 août 1962, dans une base de la RAF non précisée, quelque part en Angleterre, deux rétrofusées sur un missile Thor se sont déclenchées alors qu’il subissait un contrôle de routine. Le pas de tir a été évacué et quand les employés sont revenus, ils ont constaté que le cône du nez du missile, contenant l’ogive, n’avait pas été déplacé. 

 

L’ogive était environ 60 fois plus importante que la bombe qui a détruit Hiroshima. “La cause de l’incident,” annonce le rapport, “fut l’échec à suivre des règles de sécurité préétablies.”

Une étude américaine a déterminé des niveaux de sécurité pour chaque arme nucléaire au sein de l'arsenal national. 12 ont reçu la note D, la plus faible.

Une étude américaine a déterminé des niveaux de sécurité pour chaque arme nucléaire au sein de l’arsenal national. 12 ont reçu la note D, la plus faible.

 

Les USA ont grandement réduit le nombre de leurs armes nucléaires stratégiques, de près de 90% depuis l’ère Reagan. Le Siop a été remplacé par un autre jeu de cibles, connu comme l’Operations Plan (OPlan) 8010, plus particulièrement conçu pour utiliser les armes nucléaires face à la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Syrie et l’Iran. “Un plan adaptatif” permet de choisir des cibles dans d’autres pays à la dernière minute. En juin, l’administration Obama a publiquement diffusé la nouvelle Stratégie d’Emploi des Armes Nucléaires

 

Elle affirme que les USA utiliseraient les armes nucléaires seulement contre des cibles militaires et “ne visera pas intentionnellement des populations civils ou des équipements civils.” Une des erreurs avec une telle stratégie antagoniste est qu’elle peut transformer les armes nucléaires en armes légitimes à utiliser dans une campagne militaire. Même l’attaque nucléaire la plus précise entraînera des dommages collatéraux et des retombées radioactives mortelles.

 

 

Comme l’observait feu Michael Quinlan, ex-secrétaire permanent au ministère de la Défense, après la Guerre froide, les plans de guerre anglais semblaient avoir acquis un caractère très général de “à-ceux-qui-pourraient-être-concernés”. Le Strategic Defence and Security Review de 2010 confirma cette opinion : “Aucun État en ce moment n’a l’intention et la capacité de menacer l’indépendance et l’intégrité du Royaume-Uni.” 

 

Le rapport appela la politique britannique de dissuasion nucléaire minimum une “ultime police d’assurance” dans un “âge d’incertitude”, sans spécifier comment ou contre qui. Et il n’y a pas mention qu’une telle politique ait traditionnellement souligné la destruction de villes, non de forces militaires.

Il peut bien sûr être nécessaire de menacer des millions de gens d’annihilation pour dissuader d’une attaque au Royaume-Uni. Cet argument, cependant, devrait être basé sur plus que la confiance méritée de fonctionnaires élus. 

 

D’après les Accords de Nassau de 1962 qui garantissent au Royaume-Uni l’utilisation des bases sous-marines nucléaires américaines, ces armes devraient être employées seulement au nom de l’OTAN, sauf si le gouvernement anglais sent qu’il y ait un “intérêt national supérieur en jeu.” Le sens de cette phrase n’a jamais été expliqué, et aucun Premier ministre n’a décrit de situation plausible dans laquelle le R-U aurait à utiliser ses armes nucléaires unilatéralement, sans aucun support des USA ou des autres nations de l’OTAN. Une attaque qui détruirait Londres, par exemple, tuerait aussi 200 000 Américains. Durant la précédente décade, les USA ont financés deux guerres, au coût de 2 trillions de dollars, pour venger la mort de beaucoup moins de personnes.

 

Le seul mot utilisé plus souvent que “crédible” dans les rapports officiels anglais sur la dissuasion nucléaire, est “indépendance”. Mais les missiles Trident D5 dans les sous-marins anglais n’appartiennent pas spécifiquement au R-U. Ils sont fournis par un groupe anglo-américain, ils retournent aux USA pour leur rénovation et être remplacés par d’autres missiles. Il y a presque 50 ans, Harold Wilson a soulevé la question à propos “de la soi-disant dissuasion, soi-disant indépendante, soi-disant anglaise.” Ces questions n’ont jamais reçu de réponses appropriées.

 

Maintenir délibérément l’ambigüité sur les plans de guerre nucléaire est un bon moyen pour les responsables du gouvernement d’étouffer un débat significatif. Et alors que des problèmes nationaux plus pressants dominent l’actualité, celui-ci ne pourrait être plus important. 

 

La Grande-Bretagne n’a jamais eu un débat total et vigoureux au sujet de ses armes nucléaires, basé sur des faits. Alors que d’autres pays cherchent à s’équiper en armes de destruction massive, l’enjeu ne saurait-être plus élevé. Est-ce que les sous-marins Trident vont protéger la Grande-Bretagne ou compromettre son futur ? J’espère que le peuple anglais en décidera.

 

 

Source : The Guardian, le 14/09/2013

 

Source et Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

SYRIE: ALEP, L' AIDE HUMANITAIRE ET LE MENSONGE BRITANNIQUE ???

3 décembre 2016

Alep

Les propos tenus par le porte-parole de la première ministre britannique Theresa May, selon lesquels la Russie aurait empêché les livraisons d’aide humanitaire aux habitants d’Alep, n’ont pas manqué de faire réagir le ministère russe de la Défense.

« Depuis le début du conflit syrien, la Grande-Bretagne n'a pas fourni un gramme de farine, pas un médicament, pas une couverture pour aider les civils », a fait remarquer aujourd'hui le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov.

Cette intervention fait suite à une déclaration récemment publiée par le Daily Mail.

Sur les pages du quotidien britannique, le porte-parole de la première ministre Theresa May accusait la Russie d'« empêcher les livraisons d'aide humanitaire à Alep assiégée, n'acceptant pas le cessez-le-feu ».

 

« Si le gouvernement britannique souhaite réellement envoyer une aide humanitaire aux habitants d'Alep-Est, les conditions y sont favorables », a poursuivi le porte-parole, remarquant que l'aide britannique semble pourtant être « coincée » quelque part.

Et d'ajouter : « Et si aucune aide humanitaire britannique pour Alep n'existe, n'empêchez pas les autres d'aider. »

« Il semble que sur fond de russophobie, le gouvernement britannique ait cessé de percevoir d'une manière objective ce qui se passe en Syrie, et surtout à Alep », a observé M. Konachenkov.


Pendant tout ce temps, les habitants d'est d'Alep reçoivent quotidiennement de l'aide humanitaire, des médicaments ainsi que des vêtements chauds fournis par le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit et le gouvernement syrien, a conclu Igor Konachenkov.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/2016120310289898...

03/12/2016

L' HUMANITAIRE , LES PHILOSOPHE FRANÇAIS ET LA GUERRE !

BHL: Le philosophe de la guerre

Publié par wikistrike.com sur 3 Décembre 2016, 11:14am

 

BHL: Le philosophe de la guerre

LES ENJEUX STRATÉGIQUES ET MÉDIATIQUES DE L’INGÉRENCE HUMANITAIRE.

Douze ans après l’invasion américaine de l’Irak, Tony Blair, premier ministre britannique de l’époque, et qualifié en son temps de «caniche anglais de Bush Jr» a présenté ses excuses pour ses erreurs d’appréciation des conséquences de cette intervention anglo-américaine, notamment les faux renseignements justificatifs de cette guerre, l’éradication du parti Baas et de l’armée irakienne ainsi que sur sa responsabilité indirecte dans la création de Daech.

Signe des temps: L’ouvrage le plus recherché de la bibliothèque des Nations-Unies est une thèse sur «l’Immunité des Chefs d’état et des représentants de l’état face aux cimes de guerre» (Immunity of Heads of State and State Officials for International Crime), de Ramona Pedretti-Nijhoff – My Book Editions.

Toute la question est de savoir si l’ouvrage a été consulté par des responsables en vue d’organiser leur défense pour échapper à la justice, ou par des activistes désireux de poursuivre des criminels de guerre.

La bibliothèque Dag Hammarskjöld, du nom de l’ancien secrétaire général de l’ONU dont l’avion a été abattu en 1961, alors qu’il effectuait une mission de conciliation au Congo, héberge la totalité de la production onusienne, qu’elle met à la disposition des délégations accréditées auprès de l’organisation internationale. En septembre 2015, le bâtiment l’abritant a été fermé au public pour une durée indéterminée en raison de sa trop grande exposition aux risques d’attentat. Quel drôle de hasard.

 

Retour sur ce sujet porteur de grandes controverses

Le dilemme humanitaire réside dans l’ambiguïté du terme et dans le fait que les grandes puissances sont souvent perçues pyromanes et non comme des pompiers, en fait des pompiers pyromanes; ce qui tend à accréditer l’idée que l’humanitaire sert d’alibi à des équipées impériales.

A l’aune des Médias, le débat est biaisé par le monopole du récit médiatique et le rôle prescripteur de l’Occident exercé par cinq siècles d’hégémonie absolue sur la planète et par le fait que le droit international est un droit des rapports des forces sous habillage juridique.

La notion d’ingérence humanitaire a évolué en fonction de l’évolution de la notion de souveraineté et de l’évolution de la configuration stratégique internationale.

Elle se nourrit de présupposés idéologiques empruntant à la notion du discours du dominant et la notion de lanceur d’alerte et masque des enjeux stratégiques et médiatiques.

1 ère idée force : Les grandes puissances, des «Pompiers pyromanes»

Le dilemme humanitaire réside dans l’ambiguïté du terme, dans le fait que les grandes puissances sont souvent perçues pyromanes et non comme des pompiers, en fait des pompiers pyromanes ; Ce qui tend à accréditer l’idée que l’humanitaire sert d’alibi à des équipées impériales.

 

Au terme d’un demi-siècle d’intervention humanitaire, force est de constater que l’ingérence a toujours été une action dirigée depuis le nord vers les pays du sud, tant il paraît peu vraisemblable que les états puissants soient la cible d’une action d’ingérence.

Déjà lors de la conquête de l’Amérique, ce n’est pas au nom de la modernisation, mais au nom de la christianisation, que les conquérants européens s’exprimaient, mettant l’accent sur «les bienfaits apportés par les Espagnols aux contrées sauvages», notamment le fait que les Espagnols ont supprimé les pratiques barbares telles que les sacrifices humains, le cannibalisme, la polygamie, apportant , en contrepartie, le christianisme, le costume européen et les outils.

 

 

2ème idée force : L’ingérence humanitaire un substitut à la défaillance interne

Par ailleurs l’ingérence humanitaire sur le plan international se substitue à la défaillance interne, dont elle constitue un cache misère (Resto du Cœur, compagnon d’Emmaüs, Armée du salut, «une Chorba pour tous» constituent, ce que le philosophe Jankélévitch, qualifie de «bonne conscience chronique de la mauvaise conscience».

L’humanitaire permet aux dirigeants du monde d’assurer un gardiennage des populations, un conditionnement à l’aide des populations les plus démunies, et donne une bonne conscience à l’opinion publique des pays donateurs.

L’humanitaire un excellent instrument d’ouverture du marché (Haïti scientologie) dans la mesure où les assistés sont contraints à acheter les produits manufacturés des pays donateurs.

 

3ème idée force : L’ingérence humanitaire débouche sur une impunité

L’ingérence humanitaire débouche ainsi sur une impunité humanitaire au prétexte que celui qui apporte l’aide ne peut faire que du bien, quand bien même l’objectif atteint est contraire à l’objectif initialement souhaité.

 

LA NOTION D’INGÉRENCE HUMANITAIRE A ÉVOLUÉ EN FONCTION DE L’ÉVOLUTION DE LA NOTION DE SOUVERAINETÉ ET DE L’ÉVOLUTION DE LA CONFIGURATION STRATÉGIQUE INTERNATIONALE.

Elle se nourrit de présupposés idéologiques empruntant à la notion du discours du dominant et la notion de lanceur d’alerte et masque des enjeux stratégiques et médiatiques.

 

A l’aune des Médias, le débat est biaisé par le monopole du récit médiatique et le rôle prescripteur de l’Occident exercé par cinq siècles d’hégémonie absolue sur la planète et par le fait que le droit international est un droit des rapports des forces sous habillage juridique.

Cinquante ans se sont écoulés depuis la première mise en œuvre du principe de l’ingérence humanitaire (Biafra juillet 1967-janvier 1970).

Le délai paraît largement suffisant pour dresser un premier bilan.

De dégager les lignes des forces et des faiblesses de la notion d’ «l’ingérence humanitaire», particulièrement en 2015, alors que cinq grandes opérations militaires à prétention humanitaire-, la guerre de l’OTAN en Libye, l’opération Serval au Mali et Sangaris en République Centre Afrique, ainsi que la guerre en Syrie et la guerre de la coalition internationale contre une excroissance pétromonarchique Daech, avec le soutien des pétromonarchies les plus répressives de la planète se sont déroulées simultanément sur fond d’une controverse entre partisans et adversaires de ces interventions quant à leur bien-fondé juridique et leur opportunité politique.

Avec leur argumentaire rituel à savoir si l’ingérence humanitaire est une immixtion de type coloniale ou para-coloniale ou une intervention forcée par l’urgence humanitaire de la situation. Le Droit international, c’est un peu du droit et beaucoup d’international, ce qui signifie que le droit dans cette matière est tributaire de l’environnement international.

Contrairement au droit privé interne, où une querelle de voisinage se règle par une paire de gifle, alors qu’en droit international, les conflits risquent de se régler parfois par les bombes atomiques (crise des missiles soviétiques à Cuba). C’est dire si les enjeux sont sensiblement différents et leurs conséquences aussi.

A ce titre la notion d’ingérence humanitaire au sein d’un ETAT par définition souverain, constitue pour beaucoup de juriste une singularité. En quoi est-ce une singularité? Précisément parce que l’État est souverain.

Il détient, sur le plan interne, le monopole de la violence organisée, en même temps que des pouvoirs régaliens (monopole de battre la monnaie, de rendre la justice, d’engager l’État sur le plan international, de déclarer la guerre et de signer la paix. Il n’en est pas de même sur le plan international, où l’état est soumis aux traités internationaux et aux conventions qui s’imposent à lui et limite sa souveraineté.

L’ingérence humanitaire, dans cette perspective, apparaît comme une atteinte déguisée ou manifeste au principe de souveraineté. Mais pour certains juristes, il s’agit d’une atteinte dans la nature des choses, dans la mesure où elle s’exerce à l’encontre d’un État qui a souscrit volontairement à un traité international, en l’occurrence la charte des Nations unies, particulièrement la déclaration universelle des Droit de l’homme de 1948 qui fait que la légalité internationale s’impose à légalité interne et partant à la souveraineté de l’État.

 

LA NOTION D’INGÉRENCE HUMANITAIRE, UNE NOTION ANTIQUE

Dans sa magistrale « Histoire de la guerre du Péloponnèse », Thucydide décrit en effet comment Athènes intervient dans les cités qui ne lui font pas allégeance pour y imposer (ou rétablir) des régimes démocratiques tandis que sa grande rivale Sparte en faisait de même avec une préférence pour les régimes aristocratiques.

La réalité est que chacun de ces deux cités-états s’employait à installer des gouvernants à sa dévotion, dans le but final pour les deux cités rivales d’instaurer son hégémonie sur l’ensemble des cités grecques.

Thucydide démontre, magistralement, que dans les rapports entre cités (États), il n’est question ni de droit ni de justice mais uniquement de rapports de force.

La démission de l’ONU face aux violations systématiques de sa propre Charte par les États-Unis et ses alliés européens est une illustration moderne de ce constat. Thucydide avait pour ambition de réaliser une œuvre intemporelle qui montrerait que tant que les hommes seront ce qu’ils sont les conflits obéiraient aux mêmes mécanismes.

Vingt-quatre siècles plus tard, les hommes n’ont pas changé. 2. 400 ans après Thucydide, il est étonnant que l’on relève autant de monde pour débattre du bien-fondé de l’instauration de la démocratie, de la protection des peuples (sans oublier la libération des femmes) par les armes. À force de bombardements, la démocratie fera peut-être son chemin…

 

L’évolution de la notion de souveraineté des États

L’état souverain, acteur majeur et unique de l‘ordre international, est passé désormais, avec l’ordre supranational (SDN, ONU) au statut d’acteur principal, mains non exclusif de l’ordre international. Les infléchissements proviennent de notions dérivées, le fardeau de l’homme blanc, la Mission civilisatrice de l’Occident.

Le grand jeu afghan et le Grand Moyen Orient. Les premières altérations au principe de souveraineté sont intervenues avec la création d’organisations supranationales (CICR, SDN) et plus contraignantes comme en témoigne le Chapitre VII de la charte des Nations Unies).. A cet égard, le CICR constitue la première amputation de la notion de souveraineté pour des motifs humanitaires. La belligérance est contenue par des considérations humanitaires.

La convention de Genève sur les prisonniers de guerre se substitue au prince de «Malheurs aux vaincus».

 

Historique de l’évolution de la notion de souveraineté des États: la distinction entre guerre juste et guerre injuste.

La notion d’ingérence humanitaire est ancienne. Elle résulte d’une conjonction de contributions d’auteurs religieux ou laïcs, mystiques ou profanes.

L’idée de l’intervention humanitaire trouve ses sources dans le concept de «guerre juste» développé, en premier lieu, par Saint Augustin au IV siècle qui la définissait comme une guerre pour sanctionner l’injustice …et accessoirement pour diffuser la chrétienté. Cette idée sera reprise par Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), Francisco de Vittoria (1480-1546), Francisco Suarez (1548-1617) qui défendent l’idée que pour le bonheur de la société et de l’individu l’existence de la paix et la liberté est incontestable.

Les théoriciens de la Guerre Juste considèrent que la nature de l’homme permet une coopération et que l’homme ne fait pas la guerre juste pour ses propres intérêts mais aussi contre les injustices. La guerre juste est définie comme la guerre contre une attaque injuste par les moyens proportionnés avec le but visé en déterminant l’agresseur par les valeurs morales.

Le premier objectif de la guerre juste est de sauver les victimes et établir la paix qui va assurer la justice.

Dans son ouvrage Le Droit de la Guerre et la Paix Hugo Grotius (1583-1645) évoque un droit accordé à la société humaine pour intervenir dans le cas où un tyran ferait subir à ses sujets un traitement que nul n’est autorisé à faire.

De ces idées l’intervention d’humanité est née au 19e siècle, ce qui est l’intervention d’un État à un autre État pour protéger ces propres citoyens qui habitent dans cet État. Vattel (Le droit des gens ou principes de la loi naturelle appliquées à la conduite et aux affaires des nations et des souverains (Washington Carnegie 1916, Livre II, Chapitre IV, paragraphe 56, page 298) proclame que «toute puissance étrangère est en droit de soutenir un peuple opprimé qui lui demandera assistance».

 

La notion d’ingérence humanitaire est donc ancienne. Elle reprend et élargit la notion d’intervention d’humanité qui, au XIX me, siècle autorisait déjà une grande puissance à agir dans le but de protéger ses ressortissants ou des minorités (religieuses par exemple) qui seraient menacées :

La France au Liban 1860.C – La conjonction de deux notions de «guerre juste» et de «Droit des gens», matrice du concept de l’ingérence humanitaire. Concept de «guerre juste». Cf. «Le Droit de la Guerre et la Paix Hugo Grotius (1583-1645), concept de «Droit des gens». Cf. Vattel (Le droit des gens ou principes de la loi naturelle appliquées à la conduite et aux affaires des nations et des souverains» 1901.

 

L’IDÉE DE L’INTERVENTION HUMANITAIRE A ÉVOLUÉ EN FONCTION DE L’ÉVOLUTION DE LA CONFIGURATION STRATÉGIQUE INTERNATIONALE.

La fin de la bipolarité américano-soviétique (1980) a libéré l’ingérence humanitaire des contraintes du veto des grandes puissances. Deux types d’intervention avant 1990 (Biafra, Bangladesh) et après 1990 (Irak, Somalie, Ex Yougoslavie).

Le Droit international public est un Droit des rapports des forces. Il donne un habillage juridique aux rapports de forces, en les codifiant, en les enrobant de considérations morales. Les grands principes moraux universels obéissent rarement à des motivations altruistes. Elles répondent plus souvent à des considérations égoïstes.

L’histoire l’enseigne, l’expérience le prouve: Il en va du principe de l’intervention humanitaire, que des autres grands principes généraux tels que la Liberté du commerce et de l’industrie, la liberté de navigation ou la libre circulation de l’information, voire même la libre circulation des personnes et des biens.

Cela valu dans le passé, cela vaut aussi pour le présent et sans doute pour le futur, en dépit de la Mondialisation heureuse, du «village planétaire», autant de notions forgées comme des leurres, des appâts pour la réceptivité des idées, la perméabilisation des esprits à ces idées.

Terme complexe qui englobe un faisceau de situations, notion controversé, notions larvaires dont les précurseurs sont pour l’exemple Robin Hood et Mère Teresa, (Inde), sœur Emmanuelle (Égypte) … de particulier à particulier dans l’ordre interne intra étatique)

 

 

LES PRINCIPALES INTERVENTIONS HUMANITAIRES

Les exemples d’intervention humanitaire peuvent être classifiés selon la conjoncture mondiale qui affecte l’application du principe. En fait il existe une classification de trois périodes.

 

Première période (1960-1990), période de la guerre froide.

Les interventions se basent sur les concepts de décolonisations, d’autodétermination, de souveraineté. Les interventions humanitaires sont «indirectes» car la motivation humanitaire est secondaire.

Le Biafra, l’intervention fondatrice, le cas de l’inde au Pakistan (1971-1972), Le cas de la Tanzanie en Ouganda (1979-1980). Le Pakistan a été créé par la division de l’Inde en deux en 1947. Il a été divisé ainsi, les deux provinces, sans continuité territoriale, étaient séparées par l’immensité de l’Inde.

Le Pakistan occidental, la patrie de Mohammad Ali Jinnah, le fondateur du Pakistan moderne, monopolisait le pouvoir et les richesses, ainsi que les relations avec les pétromonarchies du Golfe. En réaction, la partie orientale (Dacca), défavorisée économiquement et socialement s’est rapprochée de l’Inde, sous la houlette du Cheikh Mujibbur Rahman, chef de la Ligue Awami League.

L’intervention du pouvoir central, à Rawalpindi-Islamabad, contre sa province rebelle a conduit l‘Inde, en réponse à l’afflux des réfugiés, à une intervention militaire dans l’est du Pakistan et à la proclamation de l’Indépendance de ce qui sera le Bangladesh.

Avant l’intervention, l’ONU soulignait l’importance du respect de l’intégrité territoriale du Pakistan. Mais la conjoncture de guerre froide a empêché le Conseil de Sécurité de prendre une décision qui sanctionne ou approuve l’intervention puisque la Chine et les États-Unis soutenaient le Pakistan, alors que la Russie soutenait l’Inde.

La justification de l’intervention par l’Inde était le flux de réfugiés, mais non pas la violation des droits de l’homme. L’Inde a évoqué devant l’Assemblée Générale de l’ONU les «graves violations de ses droits» dont souffrait le peuple bengali et que le but du gouvernement indien était de les sauver.

L’intervention n’était pas principalement motivée par des raisons humanitaires, mais la mention même des droits de l’homme comme justification, a constitué un tournant dans l’argumentaire du discours international.

L’intervention de la Tanzanie en Ouganda en 1979 se base sur une région de la Tanzanie, Kagera. Idi Amin Dada, sous-officier de l’armée, prend le pouvoir en Ouganda par un coup d’état en 1971 et renverse Milton Obote, démocratiquement élu. Idi Amine Dada, par ses excès, sera accusé de la responsabilité de la mort ou la disparition de 300.000 personnes en 8 ans, selon Amnesty International.

Pis, en 1978, l’Ouganda annexe Kagera sous la prétexte que cette région est historiquement liée à l’Ouganda. Les forces de Tanzanie repoussent les ougandais et franchissent la frontière pour renverser Idi Amin.

L’Ouganda porte l’affaire devant le Conseil de Sécurité, mais sa démarche est rejetée en raison de la position isolée de Tanzanie du jeu géopolitique de la communauté internationale.

Les arguments de la Tanzanie sur l’existence des violations de droits de l’homme en Ouganda ne sont pas pris en compte par la communauté internationale, alors que cette intervention remplissait tous les critères de l’intervention humanitaire.

Ces exemples d’interventions humanitaires dites «indirecte» montrent que pendant la guerre froide l’intervention pour des objectifs humanitaires est toujours accompagnée d’objectifs militaires ou géostratégiques. A l’époque, l’argument majeur était «la légitime défense» et non l’intervention humanitaire.

 

Deuxième période

Avec la fin de Guerre Froide, La suprématie du système occidental promeut les thèmes de «démocratie» et «protection des droits de l’homme», alors que, parallèlement, les zones de confrontation de deux superpuissances de la Guerre Froide, se transforment en zones de conflits ethniques, religieux, nationalistes, conduisant à des interventions humanitaires. Les interventions disposent un caractère humanitaire «directe» sous l’influence de la démocratie libérale et de la montée de l’importance des droits individuels.

L’humanitaire couvre en fait de vastes manipulations : Théorie du combat des chiens et de la désorientation informative»

Le premier exemple d’intervention humanitaire directe est apparu après la Guerre de Golfe de 1991 avec l’occupation du Koweït par l’Irak.

Pour la première fois, au nom du droit d’ingérence humanitaire, plusieurs États occidentaux sont intervenus au Kurdistan irakien en avril 1991 après l’évocation par le Conseil de sécurité d’une «menace contre la paix et la sécurité internationales» (résolution 688 du Conseil de sécurité).

L’Irak est une mosaïque humaine, propice à toutes les manipulations, dès lors que les circonstances s’y prêtent. La minorité kurde au nord du pays, et les chiites du Sud sont encouragés par la défaite de Saddam Hussein à se révolter.

Leur répression violente par l’armée irakienne est considérée comme une grave violation des droits de l’homme pouvant avoir des conséquences internationales. Le 5 Avril 1991 le Conseil de Sécurité approuve la résolution 688 qui fait référence au problème de réfugiés en tant que menace à la paix et la sécurité plaçant ce problème humanitaire dans le cadre du Chapitre VII de la Charte de l’ONU.

Dans la résolution les membres du Conseil demande à l’Irak de mettre fin à la répression, d’assurer le respect des droits de l’homme et de permettre l’accès des organisations internationales humanitaires en Irak.

La résolution ne fait pas de référence à une opération armée, mais pour la première fois reconnaît que les violations des droits de l’homme dans un pays menace la sécurité et la paix internationale.

La Somalie : Autres exemples d’interventions humanitaires de cette période, «Restore Hope», menée en Somalie à partir de la fin 1992 (résolution 794).

En 1991 le nord du pays déclare son indépendance, déclenchant une guerre civile et une grande famine.

La médiatisation du conflit conduit l’ONU à prendre une décision d’embargo sur les livraisons d’armes et d’équipement militaire à la Somalie. En Somalie et non en Éthiopie en ce que l’Éthiopie, pays africain non musulman, assume un rôle de gendarme dans la corne de l’Afrique.

 

Rwanda, l’opération Turquoise menée par la France au Rwanda en 1994,Le Massacre des Tutsis et les Hutus à la suite de la destruction en vol de l’avion du président de l’époque Juvénal Habyarimana, sur fond de rivalités entre l’Ouganda anglophone et la France.

La résolution 872 du Conseil de Sécurité constitue une mission onusienne, UNAMIR, au Rwanda pour la mise en place de l’accord de la paix, pour établir un gouvernement transitoire et pour la démilitarisation des milices.

La protection des droits de l’homme n’était pas la première motivation annoncée. Dans cette affaire, il y a eu cafouillage de l’ONU.

Dans la foulée du massacre de dix soldats belges qui avaient le rôle central dans les opérations, le Conseil de Sécurité adopte une résolution de réduit le nombre des soldats onusiens à 270 personnes. Cette décision a soulevé l’indignation de l’opinion publique internationale et contraint l’ONU à envoyer 5.500 soldats au Rwanda.

Devant le retard de l’ONU, la France a pris l’initiative de l’Opération Turquoise pour prévenir un massacre inter tribal et sans doute préserver ses intérêts dans la zone. Le massacre a quand même eu lieu. Le seul résultat du génocide du Rwanda est la fondation du Tribunal Pénal Internationale pour le Rwanda.

Ou encore les interventions armées en Bosnie-Herzégovine en 1994-1995, au Liberia, en Sierra Leone, en Albanie en 1997 ou l’envoi d’une force d’intervention de l’OTAN.

 

Kosovo-Yougoslavie

Au Kosovo en 1999, des opérations qui révèlent la complexité d’interventions autant militaires qu’humanitaires. La décomposition de la Yougoslavie, dans la foulée de la dislocation du bloc soviétique, et de la disparition de son chef fédérateur Josip Broz Tito, a déclenché un phénomène de scissiparité au sein des composantes de la fédération.

Une lutte à mort s’engage alors entre le président Slobodan Milosevic, partisan de la grande Serbie, et se ses rivaux, le Président de la République de la Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegovic. L’ONU enverra des Casques Bleus en vertu de la résolution 743 du Conseil de sécurité. Mais l’existence de l’UNPROFOR n’a pas pu empêcher l’épuration ethnique menée par les Serbes contre les musulmans de Bosnie.

L’Otan, sous le feu vert de l’Onu, interviendra après le massacre de Srebrenica en votant la résolution 770 autorisant l’usage de force en Bosnie.

La défaite des Serbes a été sanctionnée par les Accords de Dayton (le 21 Novembre 1995), prévoyant la fondation d’un État multiethnique et l’établissement de la paix à l’aide de déploiement d’une force de paix multinationale, l’IFOR.

En plus, un Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie a été créé pour faire comparaître et juger les responsables des crimes de guerre et crimes contre l’humanité sur les territoires de l’ex-Yougoslavie depuis 1991.

La fin de la guerre froide a, en effet, libéré l’ONU des contraintes de la bipolarité (veto soviétique ou américain, ou même français dans le cas de l’Algérie), déblayant la voie à la multiplication des opérations internationales sous l’égide de l’ONU, avec des mesures coercitives prévues par le Chapitre VII de la charte.

Avec une prolifération d’ONG de plus en plus spécialisées (Action contre la faim, Amnesty International, Médecins sans frontières, Reporters sans frontières, avocats sans frontières, dentistes sans frontières etc….) et l’infiltration des services de renseignements dans ces nouvelles structures sous couvert d’humanitarisme.

 

 

source:  https://info.yamar.org/2016/12/01/lhumanitaire-dans-tous-ses-etats-ses-faits-ses-bienfaits-et-ses-mefaits/

SYRIE, LE DERNIER MASSACRE DE L' EMPIRE ?

Syrie, le dernier massacre de l’Empire ?


2016-07-19_11h15_59Le 29 novembre 2016 – Source entrefilets

 

 

En octobre dernier, Moscou et Damas ont accepté une énième trêve humanitaire, voulue par l’Oncle Sam pour sauver ses barbus coincés dans la poche d’Alep-Est.

 

Durant plus de trois semaines, la Russie n’a opéré aucune frappe aérienne, se contentant d’effectuer un méticuleux travail de renseignement, tout en organisant des couloirs humanitaires pour permettre l’évacuation des civils.

De leur côté, les coupeurs de têtes modérés du Bloc atlantiste empêchaient la population de les emprunter, se réarmaient et se regroupaient pour préparer une grande offensive destinée à briser le siège d’Alep-Est.

 

Lancée à la fin octobre, l’opération a finalement tourné au baroud d’honneur et, début novembre, la riposte des troupes syriennes et du Hezbollah a totalement renversé la situation. Trois semaines plus tard, l’enclave est aujourd’hui brisée et sur le point de tomber.

Avec la prise d’Alep, c’est la fin des derniers espoirs occidentaux de renverser la vapeur.

Durant près de six ans, l’Empire US et ses succursales d’Europe et du Golfe ont ainsi déversé des hordes de djihadistes sur le pays, permettant au passage l’avènement de Daesh dans une énième opération de regime change, aussi ratée et sanglante que les précédentes.

 

Fiasco et boîte de Pandore

N’en déplaise aux propagandistes de l’im-Monde ou Libération, il n’y a jamais eu de guerre civile en Syrie. Dès les premiers mois de ce qui fut faussement présenté comme un Printemps arabe, la machine de guerre américaine était en effet à l’œuvre, à travers ses canaux habituels de Riyad notamment et, à l’époque en tous cas, d’Ankara.

Deux mois après les stupides et sanglantes répressions organisées par le régime syrien pour mater des contestations populaires bien légitimes, les premières cargaisons d’armes et de mercenaires arrivaient ainsi dans le pays, sous le contrôle de la CIA.

Pourquoi ? Pour les ressources, comme toujours. Déjà en délicatesse avec la Russie de Vladimir Poutine, l’Empire et ses suppôts du Golfe voulaient en effet faire transiter le précieux produit de leurs gisements de gaz par une Syrie débarrassée de Bachar al-Assad et donc asservie, le passage par l’Irak chiite étant par ailleurs impossible.

 

Un projet comme d’habitude merveilleux sur le papier à en-tête de Langley, mais qui a rapidement tourné au fiasco et ouvert une boîte de Pandore d’où sont sortis tous les appétits régionaux les plus divergents.

 

 

La Russie et l’arc chiite raflent la mise

Aujourd’hui, la chute imminente d’Alep pourrait signifier en quelque sorte le début du début de la fin de la guerre en Syrie.

Bien sûr, il faudra des mois pour réduire entièrement Daesh et, dans le Nord du Pays, le bras de fer entre Ankara et les Kurdes ira à son terme, avec de bonnes chances toutefois de voir émerger le Rojava tant espéré des Kurdes.

Enfin, Moscou et Damas devront encore s’entendre sur le périmètre syrien à reconquérir réellement, soit le pays entier, soit la Syrie utile.

Mais d’ores et déjà, il est certain que l’Empire US est le grand perdant de cette monstrueuse passe d’armes.

Sa nouvelle équipée meurtrière au Moyen-Orient a en effet abouti à l’exact opposé de tout ce qui a constitué l’axe de sa politique belliciste, ces quinze dernières années : à savoir contrôler les routes énergétiques et empêcher la constitution de cet arc chiite qui commence en Afghanistan, se poursuit à travers l’Iran, traverse l’Irak – devenu désormais chiite par la grâce d’une autre intervention éclairée de l’Empire –, se prolonge dans les centres de pouvoir syriens pour aboutir au Hezbollah libanais – avec éventuellement une extension amicale au Hamas palestinien, d’ailleurs.

Et comme si cela ne suffisait pas, ce puissant arc est désormais totalement tourné vers… la Russie de Vladimir Poutine, en qui il a trouvé un allié responsable et fiable.

En résumé, toutes les dernières interventions de l’Empire US dans la région ont conduit à son éviction pure et simple du Moyen-Orient, en provoquant au passage une crise migratoire favorisant l’éclatement de l’Europe pro-US et la dissémination du terrorisme international.

Le fiasco est total, fascinant même, et devrait sans conteste devenir un objet d’étude, sous la rubrique contre-exemple, dans toutes les écoles militaires du monde.

L’Empire US s’effondre ainsi de lui-même, par overdose.

Reste à espérer que Trump arrive sain et sauf à la Maison Blanche pour acter de cette redistribution des cartes.

Le temps des grands massacres US pourrait alors avoir une toute petite chance de prendre fin.

Alléluia !

 

Source:  entrefilets.com

 

29/11/2016

SYRIE : REVUE DE PRESSE ! A CHAUD.......

« Des civils qui tentaient de fuir Alep-Est ont été abattus par les terroristes »

Syrie
 

L’Occident ne veut pas la libération d’Alep par l’Etat syrien. La France, qui veut la chute d’Assad – autrement dit la victoire des « rebelles » – vient de demander une réunion « immédiate » du Conseil de sécurité de l’ONU. 

alep

Le début de la fin ?

Par Nabil Antaki

Sans vouloir vendre la peau de l’ours avant de l’avoir abattu, les nouvelles du front d’Alep sont, aujourd’hui, bonnes avec une certaine réserve.

Deux des principaux quartiers de la banlieue Est d’Alep tenus par les rebelles-terroristes depuis 4 ans (Hanano et Sakhour) ont été libérés par l’armée syrienne et celle-ci avance en gagnant rue après rue.

Au moins quatre mille de nos concitoyens d’Alep-Est, retenus en otage par les terroristes, ont pu fuir avec l’aide de l’armée syrienne et ont été abrités momentanément a Jibrine. D’autres ont pu fuir vers Cheikh Maksoud. Voici, certes, deux bonnes nouvelles.

Mais, en revanche, il y’a 2 mauvaises nouvelles et une appréhension.

D’une part, des civils Alépins d’Alep-Est qui tentaient de fuir ont été abattus par les terroristes.

Et d’autre part, les obus de mortiers continuent a pleuvoir sur Alep lancés par les terroristes d’Alep-Est avec 12 victimes aujourd’hui (28 nov). On serait tentés de dire que c’est en représailles a l’avancée de l’armée si nous n’étions pas les cibles de ces bombardements quotidiens depuis 4 ans.

L’appréhension vient de notre crainte de voir les gouvernements occidentaux (*) et certains organismes demander une trêve pour raisons humanitaires (comme ils l’ont fait avec succès dans le passé) et orchestrer une campagne médiatique dans le même sens afin d’empêcher l’armée de l’Etat syrien de poursuivre la libération complète Alep des groupes terroristes. D’ailleurs, aujourd’hui 28 novembre, lors de deux interviews téléphoniques avec deux médias, la question de la « catastrophe humanitaire » a Alep-Est m’a été posée.

La désinformation se poursuit.

Dr Nabil Antaki | Alep, 28 novembre 2016

 

Préambule 

 

Selon que l’on soit informé par une source non attachée à la propagande des groupes armés, ou par la presse qui la propage, ce n’est pas le gouvernement Assad qui est le criminel. Ci-dessous quelques exemples d’articles publiés hier par les médias traditionnels, si éloignés de la vérité sur le terrain.

Exemple Radio France. La version des faits du journaliste Omar Ouahmane le 28/11/2016, une pièce maîtresse de la propagande relayée par Radio France, calquée sur la position de la diplomatie belliciste française.

Exode massif à Alep-Est : avec les attaques chimiques, « la population n’est à l’abri nulle part »

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a estimé lundi que près de 10 000 civils avaient fui Alep-Est en moins de 24 heures. Le secteur de la ville est la cible de bombardements et d’attaques chimiques.

Omar Ouahmane – franceinfo Radio France – 28/11/2016

Le chiffre est énorme. Lundi 28 novembre, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a affirmé qu’en moins de 24 heures près de 10 000 civils avaient fui la partie rebelle de la ville d’Alep. Conséquence des bombardements dévastateurs et de l’avancée des forces du régime de Bachar el-Assad, qui contrôlent désormais les quartiers du nord-est de l’ancienne capitale économique de la Syrie, cet exode massif s’explique également par l’utilisation d’armes chimiques [il n’est pas précisé que s’ils le peuvent les civils vont se réfugier dans la partie Ouest, sous la protection du gouvernement, ndlr].

Des attaques mortelles au chlore

Youssef, un infirmier, se souvient avoir senti une forte odeur de javel, en arrivant sur les lieux d’un bombardement le 20 novembre. « Dans un appartement, nous avons découvert une famille entière, morte, raconte-t-il à franceinfo. Il y avait quatre enfants et les parents, allongés sur le sol dans une même pièce. »

On avait l’impression qu’ils dormaient. Ils avaient les lèvres bleues et les joues gonflées. Youssef, infirmier à franceinfo

Cette découverte macabre est probablement due à une attaque au chlore. À très forte concentration, le produit brûle les tissus des poumons et peut entraîner la mort. L’objectif : pousser les civils à fuir. « Lors de bombardements ‘classiques’, la population a tendance à trouver refuge dans les sous-sols, où elle pense être à l’abri des frappes, explique le docteur Jelloul, qui répond à franceinfo depuis la campagne d’Alep. Avec les armes chimiques, le régime veut terroriser et signifier à la population qu’elle n’est à l’abri nulle part. »

Le régime utilise ces armes chimiques pour atteindre les endroits où les gens pensent être hors d’atteinte Dr Jelloul à franceinfo

Lancée par le régime le 15 novembre pour reprendre la totalité d’Alep, l’offensive est devenue un enjeu majeur du conflit. Les troupes syriennes contrôlent désormais au moins un tiers du secteur rebelle de la ville. Selon l’OSDH, la guerre en Syrie, déclenchée en 2011, a fait plus de 300 000 morts.

Francetvinfo.fr


 

Exemple Libération: Le journaliste de Libération ne fait aucune mention du sort des civils à Alep-Ouest, attaqués par les tirs d’obus des terroristes et qui attendent que l’armée syrienne en finisse avec leur présence. Il se contente de relayer la propagande des ONG proches des terroristes.

 

L’implacable offensive contre Alep

Par Luc Mathieu Libération— 28 novembre 2016

Damas et ses alliés s’attaquent avec une violence inédite depuis 4 ans à la deuxième ville du pays. Jamais les opposants anti-Assad [appeler « opposants » les terroristes qui agressent les civils d’Alep-Ouest où il n’y a pas d’armée, faut-il le préciser, montre le degré de collusion de ce journaliste avec la terreur, ndlr] ne s’étaient retrouvés dans une telle position de faiblesse.

C’est une avancée implacable, quartier après quartier, bombardement après bombardement. Les forces du régime syrien et ses alliés ont continué à progresser lundi face aux rebelles qui contrôlent l’est d’Alep. Les opposants anti-Assad n’ont jamais été dans une telle position de faiblesse depuis leur entrée dans la ville, en juillet 2012 [des « opposants » qui ne sont pas d’Alep, Afghans, Tunisiens, Français, Saoudiens, ect, ndlr]. Ils ne contrôlent plus désormais qu’une partie de l’est de la cité, la deuxième de Syrie.

Ils font face à des milliers d’hommes : soldats du régime, miliciens du Hezbollah libanais, combattants chiites iraniens, irakiens et afghans. Les bombardements sont massifs, d’une violence jamais vue dans la ville depuis plus de 4 ans. Les appareils syriens et russes détruisent à coup de missiles et de barils d’explosifs non seulement les positions rebelles mais aussi ce qu’il reste d’infrastructures, y compris les dispensaires et les écoles. Depuis le 15 novembre, au moins 225 civils ont été tués, dont 27 enfants, dans les quartiers est d’Alep, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

«Le plan B est que les gens meurent de faim»

La violence de l’offensive a poussé près de 10 000 civils à s’enfuir depuis samedi. Environ 6 000 ont rejoint le quartier de Cheikh-Maqsoud, contrôlé par les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) [le journaliste ne précise pas que les civils étaient en majorité otages des terroristes qui ont ont réussi à s’enfuir vers Alep-Ouest, auprès du gouvernement, ndlr]. Les combattants kurdes sont accusés par les opposants de servir de supplétifs aux forces loyalistes. Lundi, ils ont attaqué des positions rebelles dans le quartier de Bustane-Al-Basha. […]

Luc Mathieu – Libération


Exemple Le Monde: Le quotidien parisien a été tout au long de cette guerre si atroce pour les Syriens hostiles aux groupes terroristes qui agressent leur pays, un des principaux canaux de propagande, avec Libération. Le Monde, parle de « férocité », de « sauvagerie ». Il s’agit bien évidemment de  criminaliser l’armée syrienne et russe selon la ligne officielle. Jamais la sauvagerie des « opposants » terroristes. Pour le journaliste du Monde le point de vue des civils d’Alep qui attendent qu’on les libère depuis 4 ans de la terreur des groupes qui infestent leur ville, ne compte pas. Pour preuve, ce n’est pas sous l’angle de la victoire attendue par les civils que Le Monde interprète les faits à venir :

 

 « Si l’opposition devait être vaincue… le régime de Bachar Al-Assad et la Russie empocheraient une victoire majeure ».  SC.

Syrie : pourquoi cette férocité sans précédent à Alep ?

Si l’opposition devait être vaincue dans la capitale économique de Syrie, le régime de Bachar Al-Assad et la Russie empocheraient une victoire majeure.

LE MONDE | 29.09.2016 | Par Alain Frachon

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L’hôpital où j’opère à Alep, en Syrie, est dans une cave. L’immeuble au-dessus a été tellement bombardé qu’on ne peut plus y travailler. Notre cave est fortifiée comme un bunker, avec des plots de ciment et des sacs de sable (…). Nous sommes une poignée de chirurgiens pour une population de quelque 300 000 personnes. »

Samer Attar est un médecin américain d’origine syrienne. Il est chirurgien oncologue à Chicago (Illinois). Il s’est rendu cinq fois à Alep, dans la partie orientale de la ville, aux mains de la rébellion depuis 2012.

Le dernier voyage remonte à l’été, juste avant la terrible offensive russo-syrienne de ces derniers jours. La situation était déjà cauchemardesque. Cité millénaire, Alep, deuxième ville du pays, capitale économique, représente un enjeu clé dans la guerre de Syrie.

La famine menace

Elle commande le nord du pays. Elle est la dernière place forte urbaine de l’insurrection syrienne. Si l’opposition était vaincue à Alep, le régime de Bachar Al-Assad et la Russie empocheraient une victoire majeure. L’enjeu « explique » sans doute la sauvagerie de l’assaut qu’ils mènent aujourd’hui.

Le Monde


 
 

 

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27/11/2016

FIDEL CASTRO LE DICTATEUR COMMUNISTE EST MORT ! LA BELLE AFFAIRE !

 
 
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Cuba : la sinistre comédie castriste est-elle finie ? [Replay]

Publié le dans Amérique latine

Par Yves Montenay.

Cuba

Castro credits chrisUK (licence creative commons)

 

En 2009, j’avais écrit « Pourquoi le Vietnam progresse et Cuba s’enfonce » : j’y décrivais un « ancien régime » cubain et sud-vietnamien loin des caricatures répandues par les communistes, la profonde régression générée par ces deux « révolutions » puis les étapes de la libéralisation pareille de l’économie vietnamienne et les grands progrès qu’elle avait engendrés, tandis que Cuba s’obstinait dans un communisme dogmatique.

 

Un voyage à Cuba en cette année 2016 permet de refaire le point.

Aucune publicité dans l’aérodrome, nous sommes bien dans un pays communiste (non, « pas de pub » ce n’est pas le paradis naguère vanté par mes amis de gauche ; c’est qu’il n’y a rien à vendre !).

 

En ville, quelques panneaux exaltent la révolution « éternelle », mais toujours rien de commercial.  Par contre, l’Internet a fait son apparition, bien que rare, lent, cher et sans cesse interrompu, pour que la censure ait le temps d’examiner les messages, disent les mauvaises langues.

En résumé, un pays communiste qui commence à bouger.

 

Quelques réformes à Cuba

Depuis 2009, le Vietnam a encore progressé mais, comme la Chine, bute sur l’obstacle politique et peine à aller plus loin.

Cuba a enfin lancé des réformes très partielles, suite au remplacement de Fidel Castro par son frère Raul, vieux stalinien certes, mais qui « ne se contente pas de parler et prend des mesures concrètes » : liberté pour les paysans de vendre sur des marchés libres en complément des marchés d’État pour les aliments rationnés, possibilité de commerces privés, et liberté d’embauche pour ces derniers, liberté d’acheter et de vendre certains logements, agrément de quelques investisseurs étrangers, notamment dans l’hôtellerie, et ouverture corrélative au tourisme…

Résultat, on se croirait  au Vietnam ou dans l’Europe orientale du début des années 1990 ; au Vietnam pour l’avancée très progressive des réformes et le retour de l’animation urbaine autour des boutiques privées ; en Europe orientale pour le splendide décor architectural européen, à demi écroulé mais en cours de restauration par les nouveaux commerçants, les étrangers ou encore l’UNESCO pour les crédits accordés aux « villes coloniales » de l’île, dont La Havane, classées «  au patrimoine mondial de l’humanité ».

 

Les cafés et restaurants se multiplient dans les plus beaux endroits… néanmoins pouilleux et voisinant avec des bâtiments jadis splendides, mais en cours de dislocation par les racines des herbes et des arbustes qui les colonisent.

 

En effet, suite aux confiscations et aux exécutions de la révolution, beaucoup de propriétaires ont quitté le pays, l’État a nationalisé leurs immeubles et les a loués aux « classes populaires », puis en a transmis la propriété à ces locataires qui ne peuvent les entretenir… et n’avaient pas le droit de les vendre.

Cela avant les toutes dernières réformes, qui ne vont toutefois pas jusqu’à permettre une vente aux étrangers.

 A Cuba, le peuple est appauvri

Les classes supérieures ayant disparu dès le début, et les classes moyennes quelques années plus tard avec « l’offensive révolutionnaire » (suppression de toutes les activités indépendantes), reste « le peuple », appauvri par la paralysie économique générale.

Touristes et habitants des ex-beaux quartiers font donc assaut d’un habillement très sommaire, celui des touristes n’étant pas le plus élégant, tandis que les résidents d’origine africaine exhibent leur musculature. Le nombre croissant d’immeubles rénovés et retrouvant leur splendeur améliore heureusement le décor. Bien sûr je parle des quartiers les plus envahis ; et d’autres se rénovent paisiblement.

Bref cela semble être le début de la fin d’un castrisme longtemps regardé avec indulgence par l’Occident. L’image de Fidel Castro et du « Che » (prononcer « ché » et ne rajoutez pas « Guevara », ça fait réac) était bizarrement romantique, s’agissant de dictateurs implacables, sanglants et calamiteux à la manière de l’« oncle Ho » au Vietnam (Ho Chi Minh, décidément vous êtes un réac indécrottable).

 

Encore quelques années, et Cuba sera de nouveau en Occident avec ses riches étrangers dans les demeures rénovées, ses hordes de touristes et ses prostituées, dont on entrevoit déjà les ombres dans la nuit.

 

Bref tout ce que Castro proclamait éradiquer par une révolution purificatrice. Je prévois un retour à la case départ, pour le plus grand bien d’un peuple qui a terriblement souffert près de 60 ans…

Le contraste est frappant entre La Havane et une autre ville, Carthagène (en Colombie) également grand port jadis espagnol du même Atlantique Ouest (baptisé ici mer des Caraïbes) abritant elle aussi une magnifique rade, et ayant eu la même architecture, la même histoire commerciale et militaire, la même langue, la même religion, la même population (blancs, noirs et mulâtres). Mais elle a échappé à « la révolution ». Inutile de dire laquelle est la plus moderne et la plus prospère.

 

La différence du décor architectural, de niveau de vie et de qualité des biens et services est saisissante. Le chemin est tout tracé pour les Cubains…

Sur le web

 

ET AUSSI

Fidel Castro mort : un dictateur de moins, rien de plus

Publié le dans Histoire

Par Gérard-Michel Thermeau.

Fidel Castro-Havana-1978 by Marcelo Montecino(CC BY-SA 2.0)

Fidel Castro-Havana-1978 by Marcelo Montecino(CC BY-SA 2.0)

 

Le Président de la république a cru devoir rendre hommage à « une figure du XXe siècle ».

 

Certes Fidel Castro était une figure et il a exercé son pouvoir au XXe siècle. Mais il a été surtout un sinistre dictateur. Son goût de l’uniforme, qui exerçait une telle fascination sur les intellectuels progressistes pour lesquels il perd sa dimension négative quand il est porté par des « révolutionnaires », le prouvait assez.

Jean-Paul Sartre en 1960 s’extasiait, atteint de jeunisme : « Pas de vieux au pouvoir ! » Pour Simone de Beauvoir, Castro avait « bouleversé les notions de possible et d’impossible. »  Claude Jullien, correspondant du Monde, le journal de référence, était en état de lévitation permanente.

 

Pour Henri Alleg, impitoyable pourfendeur de la torture (mais en Algérie uniquement), « l’exploitation de l’homme (était) liquidée. »

Fidel-Castro-en-compagnie-de-Sartre-et-Beauvoir-by-rv1864

Fidel-Castro-en-compagnie-de-Sartre-et-Beauvoir-by-rv1864-Licence Creative Commons

 

 

 

Les années 60 virent ainsi se multiplier les extases lyriques de la fine fleur de l’intelligentsia hexagonale1. La fascination pour Fidel Castro les rendait remarquablement aveugles au caractère totalitaire du régime pourtant affirmé dès les débuts.

Un régime totalitaire dès 1959

En effet, dès la prise du pouvoir, Castro organise des parodies de procès faisant exécuter 600 partisans du dictateur déchu Batista. Il refuse d’organiser des « élections libres » : « Pour quoi faire ? » s’étonne-t-il ? La constitution de 1940 garantissant les droits fondamentaux, il s’empresse de la suspendre et gouverne pendant 17 ans sans constitution. En 1976, il impose un texte qui est une copie carbone de la constitution soviétique.

 

Très vite les libéraux qui avaient fait alliance avec lui pour renverser la dictature Batista comprennent à qui ils ont affaire. Ils démissionnent, laissant la place aux fidèles de Fidel. À l’automne 1960, les derniers opposants qui n’avaient pas pris le chemin de l’exil sont arrêtés et éventuellement exécutés. C’est le début aussi d’un exil des classes moyennes : médecins, professeurs ou avocats manqueront cruellement à leur pays.

Les ouvriers, prétendument objets de tous les soins des communistes, ne seront pas épargnés. Les syndicats sont noyautés puis réduits à un seul, la CTC qui demande « spontanément » la suppression du droit de grève. L’Église catholique perd toute liberté, les établissements scolaires religieux sont tous fermés. Fidel Castro avait pourtant fait ses études dans le collège jésuite de Belen. Quant aux artistes, Castro avait clairement défini leur place : « Dans la révolution, tout, en dehors rien ! »

D’innombrables victimes

Un mouvement de révolte dans les montagnes de l’Escambray est impitoyablement réprimé, les paysans déportés. Les « contre-révolutionnaires » sont trainés au poteau d’exécution sous l’œil vigilant de Che Guevara. Sous la triste dictature, les prisonniers politiques étaient dépourvus de tout droit. Un étudiant récalcitrant, Pedro Luis Boitel, condamné à dix ans de prison, fait une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements. Le régime le laisse cyniquement mourir, refusant à la mère de voir le corps de son fils. Une victime parmi tant d’autres…

Le tendre frère de Fidel Castro, Raul Castro, fut chargé du ministère de la Défense et se montra très actif dans l’activité des tribunaux militaires si attachés à la noble tradition du poteau d’exécution. La sécurité d’État, qualifié tendrement de « Gestapo rouge » par les Cubains, avait mis en place les travaux forcés. Chargée d’espionner la population, elle visait à établir un dossier sur chaque Cubain.

Soigneusement protégé par des milliers d’hommes, ayant à sa disposition des « goûteurs » (un empoisonnement est toujours possible) et un corps médical spécial, la vie du Lider Maximo avait donc un certain coût pour la population. Mais quand on aime, on ne compte pas…

Les camps de concentration furent opérationnels en 1965 notamment pour les individus socialement nuisibles : prêtres catholiques comme homosexuels, témoins de Jéhovah comme proxénètes. Mais ce système trop voyant devait susciter des protestations internationales. Un système de travail forcé extrêmement violent lui fut substitué.

La torture, plus souvent psychologique que physique, était commune dans les prisons cubaines. Qui ne connaît la Cabana avec ses « trous à rats » ?

Les innombrables détenus ont constitué « la principale force de travail de l’île » selon les mots d’un responsable du régime en 1974. Ils ont construit notamment de nombreux établissements d’éducation qui suscitaient l’admiration d’illustres visiteurs. Les opposants étaient désignés sous le nom poétique de « vers de terre » (gusanos). La haine sociale était ainsi érigée en règle du gouvernement de Fidel Castro.

En 1980 l’exode massif de dizaines de milliers de Cubains par le port de Mariel soulignait combien le discours du régime était mensonger : ces Cubains appartenaient aux couches les plus modestes de la société. Un cinquième des Cubains vivaient en exil à la fin du règne personnel de Fidel Castro. Plus de cent mille Cubains ont subi sous une forme ou une autre la répression communiste.

Fidel Castro est mort ? La belle affaire…

 
  1. Lire François Hourmant, Au pays de l’Avenir radieux, Aubier 2000, 281 p. ↩