07.11.2009

LE 11 NOVEMBRE: RASSEMBLER ET RESISTER

Rassembler et resister…

GRAND RENDEZ-VOUS NATIONAL ET IDENTITAIRE DE L’AUTOMNE...

Dans la logique de rassemblement de la Droite nationale, Synthèse nationale organise la 3ème journée nationale et identitaire. Son directeur, Roland Hélie a répondu à cette occasion aux sites d’informations catholiques e-deo et Génération FA8.

RASSEMBLER ET RESISTER !

LA 3ème JOURNEE DE SYNTHESE NATIONALE

Mercredi 11 novembre 2009, de 11 h 00 à 18 h 30, à Paris (Forum de Grenelle - 5, rue de la Croix Nivert 75015 - métro Cambronne), se déroulera la 3ème journée nationale et identitaire organisée à l’occasion du 3ème anniversaire de la revue Synthèse nationale.

Ont déjà annoncé leur participation à cette journée :

- Franck Abed, écrivain, président de Génération FA8
- Gabriel Adinolfi, écrivain et journaliste (Rome)
- Josep Anglada, Président de Plataforma per Catalunya (Barcelone)
- Francis Bergeron, écrivain
- Olivier Bonnet, Instigateur de La Desouchière
- Duarte Branquinho, Tierra e povo (Lisbonne)
- Pierre Descaves, ancien député, Président de France résistance
- Hilde De Lobel, Vlaams belang (Anvers)
- André Gandillon, rédacteur en chef de Militant
- Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale
- Anne Kling, écrivain
- Carl Lang, Président du Parti de la France
- Jean-Gilles Malliarakis, éditeur
- Annick Martin, secrétaire générale du MNR
- Frédéric Pichon, président d’Europae gentes
- Philippe Randa, écrivain et éditeur
- Enrique Ravello, directeur de Identidad (Madrid)
- Marc Rousset, écrivain
- Jean-Claude Rolinat, écrivain et journaliste
- Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire
- Nicolas Tandler, écrivain et journaliste
- Alberto Torresano, rédacteur à Identidad (Madrid)
- Pierre Vial, président de Terre et Peuple.
- Judith Wolter, Présidente du groupe Pro Köln au conseil municipal de Cologne

Et bien d’autres...

11 h 00 : ouverture des portes, visite des stands.

11 h 30 / 12 h 30 : 1ère table ronde avec des représentants de la presse nationale et du monde associatif.

12 h 30 / 14 h 00 : restauration rapide sur place.

14 h 00 / 15 h 00 : 2ème table ronde sur la nécessaire reconquête culturelle.

15 h 15 / 16 h 15 : interventions des invités européens.

16 h 00 : point presse

16 h 30 / 18 h 00 : "RASSEMBLER et RESISTER" avec Annick Martin, Pierre Vial, Carl Lang, Robert Spieler et Roland Hélie.

18 h 00 / 18 h 30 : c’est la tournée de Synthèse nationale, apéritif géant offert aux participants...

Les collaborateurs de la revue, Lionel Baland, François Ferrier, Pieter Kerstens, Patrick Parment, Vincent Valois... seront présents.

De nombreux stands de librairies, revues, associations, mouvements, blogs sont prévus.

PAF : 10,00 euros.

Entretiens politiques de Roland Hélie sur e-deo et Génération FA8

UN ARTICLE SUR LES NOUVEAUX ANTI-SÉMITES ?

Les nouveaux antisémites

L’antisémitisme fait partie intégrante du corpus idéologique de l’extrême droite. Historiquement, il fait figure de mythe fondateur pour cette famille politique.

Néanmoins, l’objet de notre article n’est pas de revenir sur l’antisémitisme brandi jadis par l’Action française et repris en l’état ou en partie par des mouvements nationalistes traditionnels, mais de nous pencher sur l’irruption d’un antisémitisme revisité par la rencontre de différents schémas de pensées issu de l’antisionisme radical ou de l’islamisme.

Pour ces structures, l’antisémitisme apparaît comme un socle structurant l’identité du groupe. Surfant sur la crise économique, le repli communautaire, l’abandon des quartiers populaires et le déclin des solidarités de classe, ces groupes entendent rencontrer un écho parmi les populations paupérisées en désignant le « Juif » comme le responsable de la situation. La guerre contre le sionisme est présentée comme l’enjeu majeur de la lutte en faveur de l’émancipation.

Ici, l’emploi du terme « sionisme » se révèle un cache-sexe sémantique régurgité à l’envi désignant les Juifs en général. Sous couvert d’un pseudo-discours antisystème, les nouveaux antisémites se présentent comme des « rebelles » et entendent occuper le terrain dans les quartiers comme sur la Toile.  Panorama.


1) Égalité et Réconciliation.


Difficile d’évoquer E&R sans prendre en considération le curriculum vitae de son fondateur : Alain Soral. Né en 1958, cet essayiste, sociologue autoproclamé, provocateur des plateaux télés, ancien membre du Parti communiste, a été remarqué dès 1993 pour ses prises de position rouge-brun1.

Malgré son sexisme et son homophobie affichés, sa posture antisystème a un temps fait illusion. Il est l’un des premiers soutiens de Dieudonné après le sketch du rabbin, et forme politiquement le comique. Ils participent ensemble à la liste EuroPalestine en 2004. Les responsables de la liste seront d’ailleurs contraints de prendre leurs distances avec eux.

En cause, les propos antisémites tenus par Soral, pour lesquels il sera condamné2. Il participe au voyage de Dieudonné au Liban. Il décrira l’union des différentes forces libanaises face à Israël : Maronites, PSNS3 et Hezbollah4. Cette découverte l’a inspiré au point de vouloir fédérer rouges-bruns, extrême droite et communautaristes contre le système, le mondialisme ou le « sionisme » ! Soral s’est habilement rapproché de Marine Le Pen. Il est devenu en 2005 une éminence grise du FN.

Son parcours s’inscrit dans le climat de luttes intestines qui règne au sein du parti à la veille de la succession programmée de Jean-Marie : Marine coupe les têtes des principales tendances.

Le FN cesse d’être un conglomérat de tendances opposées réunies le temps d’élections pour se scinder en deux, selon J-Y Camus, avec « une [tendance], qui reste fidèle au nationalisme de l’État-nation et peut évoluer vers une conception multiethnique de celui-ci (c’est l’orientation de Marine Le Pen); et l’autre, qui se réclame d’un nationalisme européen, fondé sur l’Europe des régions et des ethnies, totalement anti-intégrationniste et islamophobe5 ».

E&R est fondé par Soral en juin 2007, il s’adjoint les services de deux anciens du Liban : Georges et Chatillon, et de deux ex-gudards, Penninque et Mahé.

L’association se veut à la fois une pépinière au service du FN et un mouvement développant une doctrine nouvelle et autonome qui réorienterait le discours vieillot de l’extrême droite vers l’électorat actuel.

Le mouvement drague à gauche : Soral a confirmé qu’E&R est « un peu6 » l’héritier du Cercle Proudhon7 et ouvre résolument ses portes à tous les communautarismes prônant « un nationalisme français, assimilationniste mais non métisseur ».
Les deux universités du mouvement ont compté parmi leurs invités des figures aussi diverses que Le Pen, Dieudonné, Christian Bouchet (animateur du site vox-NR), Serge Ayoub8 (« Batskin »), Jacques Cheminade, représentant Lyndon Larouche, politicien rouge-brun nord-américain, Franck Timmermans, dirigeant du Parti populiste fondé par d’anciens militants du FN mais aussi « un chrétien libanais partisan du général Aoun, [...] de jeunes beurs radicalisés, [...] quelques islamistes dont un salafiste [...] partisan du FN au nom du séparatisme communautaire9 ». Le discours « anti » se construit en creux : la posture victimaire nécessite un adversaire unique. Le mouvement professe ainsi que les politiques français sont contrôlés par les USA et derrière eux, par Israël10.

Le socle théorique qu’il propose offre à l’évidence une forme de nouvelle voie qui agrège en un corpus confus certains éléments idéologiques issus de l’extrême droite traditionnelle et privilégie cependant des pratiques neuves, notamment en termes d’alliances. Plus profondément, ce sont les bases du nationalisme tel qu’il a été pensé et porté en France depuis plus d’un siècle qu’il réinterroge. Il recherche l’« union sacrée de la gauche du travail et de la droite des valeurs » et lui oppose le manque de moralité des libertaires, alliés au capitalisme mondialisé. Il valorise la nation, seule capable de « protéger le peuple de la violence du libéralisme mondialisé et de la tentative hégémonique de ce mondialisme comme mouvement politique11 ». Soral considère les Français « d’origine étrangère » au même titre que les Français « de souche », comme des victimes du pouvoir financier qui les a importés comme main-d’œuvre à bas prix pour casser les acquis sociaux des Français.

La notion de république, systématiquement accolée à celle de nation, lui permet aussi d’élargir la notion de peuple français traditionnel à l’ensemble des détenteurs d’une carte d’identité en y incorporant les enfants de l’immigration. C’est principalement en ceci qu’il rompt avec l’un des piliers idéologiques de l’extrême droite : le droit du sang. Conscient du potentiel électoral offert par les Français issus de l’immigration, il souhaite les assimiler à la République, tout en refusant le métissage (« la destruction de toutes les différences12 »). Son projet est une « république des communautés ».

Les victimes de ses ennemis sont ses alliés, or « il y a des lobbies qui poussent [...] à la ratonnade. Le bouc émissaire a changé, aujourd’hui, c’est le Maghrébin13 ». Il s’oppose d’ailleurs à la stratégie d’une partie de l’extrême droite qui tend à agiter la menace islamiste. Afin de cimenter cette alliance, il cherche à définir un ennemi commun protéiforme et impalpable, à la fois trotskyste mondialisé, « sioniste », impérialiste, atlantiste, etc.

Ce champ lexical, ainsi que la référence permanente au sionisme laisse penser que cet ennemi n’est pour E&R pas si flou que Soral le laisse entendre…

Mais peut-être se souvient-il de sa condamnation en 2007, et son courage politique, plastronné sur tous les plateaux de télé, a ses limites.

1 Corédacteur avec Marc Cohen et Jean-Paul Cruse de l’appel « Vers un front national » paru dans L’Idiot international.
2 « On cherche à obtenir de la part des gens qui sont dans les médias un soutien inconditionnel à Israël [...]. En gros, c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois qu’ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans, ils se font dérouiller. »
3 Parti syrien national-socialiste, d’inspiration nazie.
4 Soral, entretien à radio Courtoisie, le 19 septembre 2006.
5 CAMUS (J-Y), cité in D. SEVERNAY, Ce n’est plus Jean-Marie Le Pen qui dirige le Front national, Rue89, 17 novembre 2008.
6 « Ce soir ou jamais », France 3, 12 novembre 2007.
7 Cercle de réflexion qui réunissait, au début du XXe siècle, maurrassiens et syndicalistes révolutionnaires sur fond d’antisémitisme.
8 S’est désolidarisé l’année suivante en faisant main base sur le local/bar d’E&R. Il pensait que « tout axer » sur l’idée que « le nationalisme serait ressourcé par l’immigration » était une erreur.
9 CAMUS (J-Y), Actualité juive, 3 octobre 2007.
10 Rivarol, extrait : « Sarkozy [...] est un pur agent néoconservateur, le candidat des républicains en partie financé par de puissants lobbies américains. N’est-il pas allé à New York rencontrer les dirigeants de l’AIPAC (American-Israël Political Action Committee ? [...] Son premier voyage officiel après cette prise de pouvoir [au sein de l’UMP, ndlr] fut aussi pour l’État d’Israël. »
11 « Ce soir ou jamais », France 3, 1er novembre 2007.
12 Alain Soral, conférence à Fréjus, 23 septembre 2008.
13 Ibid.



2) Dieudonné : chute libre dans l’antisémitisme !


Depuis l’histoire du fameux sketch, Dieudonné enchaine les dérapages frôlant l’antisémitisme et les rapprochements avec l’extrême droite. De déclarations en fréquentations douteuses, « l’humoriste » a progressivement franchi la ligne jaune. En 2004, il participe à la campagne EuroPalestine avant d’être exclu par le collectif qui lui reproche sa promiscuité avec Alain Soral et Ginette Skandrani.

Dès lors, rien ne pourra arrêter sa fuite en avant et l’escalade vers l’antisémitisme. Après avoir parrainé le site les Ogres, Dieudonné s’affiche aux côtés de Jean-Marie Le Pen à la fête des BBR de 2006. Il poursuit sur sa lancée en participant à un voyage au Liban avec Soral et sa clique. Il n’hésite pas, en grand mécène, à mettre son théâtre de la Main-d’or à disposition de Kemi Seba ou d’Égalité et Réconciliation.

Malgré de multiples sketches contre les religions, il organise le baptême et le parrainage de sa fille par Jean-Marie Le Pen à l’église traditionaliste de Saint-Éloi.

Le 26 décembre 2008, à l’occasion d’une représentation au Zénith, il sombre définitivement. Devant 5000 personnes, il invite le négationniste Robert Faurisson à monter sur scène. Au cours d’une mise en scène macabre, un technicien habillé en déporté juif portant une étoile de David sur la poitrine remet à Faurisson « le prix de l’infréquentabilité et de l’insolence ». Désormais, Dieudonné aura du mal à faire pire…



3) « La banlieue s’exprime » : farces et attrapes sémantiques.


« Je préfère parler avec un raciste intelligent qu’avec un antiraciste idiot. Et Le Pen n’est ni raciste, ni idiot1. » Qui peut bien avoir prononcé de telles inepties ? Un cadre du Front national dans la bataille interne qui fait rage ? Pas du tout ! Ces propos tenus en 2006 dans l’hebdomadaire d’extrême droite Minute sont ceux de Moualek Ahmed, actuel président de l’association La banlieue s’exprime (LBS).

Âgé de 37 ans, Moualek Ahmed a été en 2007 candidat d’un parti obscur dont le président, Jean-Marc Governatori, est un ardent défenseur des petits porteurs et patron de nombreuses PME. Vitrine d’une soi-disant parole de banlieue, LBS n’a d’existence réelle que son site Internet – dont les « articles » publiés à fréquence régulière, prennent tout pour sujet sauf la banlieue.

L’association a d’ailleurs une conception toute particulière de celle-ci, la réduisant à une question « d’appartenance ethnique », au lieu d’interroger sa problématique sociale. LBS fait partie des dizaines de satellites de la nébuleuse Dieudonné.

Son parrainage par l’« humoriste » est officialisé dans une vidéo publiée sur le site les Ogres, dont Moualek est également responsable.

C’est encore le président de LBS, qui accompagne Dieudonné, Soral, Meyssan, et Chatillon au Liban.

Le monde est petit : le théâtre de la Main-d’or, appartenant à Dieudonné est le point de rencontres de plusieurs groupes dont l’obsession est officiellement le « sionisme »; il vient d’ailleurs d’être adopté comme point de ralliement officiel d’E&R.

Les « articles » paranoïaques publiés sur le site LBS frôlent le dérapage permanent. Moualek Ahmed en a même profité pour débattre avec Kemi Seba, qui entretient une approche différente du modèle d’intégration (cf. lexique).

Cependant, loin de la question palestinienne, le salut, pour lui, viendra le jour où le Crif cessera d’être2.

Ce discours, qui jongle aisément entre antisionisme et antisémitisme n’est certes pas nouveau à l’extrême droite, mais tout comme le changement de discours du FN en 2007, qui offre une subvention financière en pleine crise à Dieudo, LBS s’adresse à une frange particulière de la population, sur une question essentiellement identitaire.

LBS prône le mélange des contraires, entretient de vifs paradoxes, amalgamant communautarisme et principes républicains (notamment en organisant des campagnes d’inscriptions sur les listes électorales chapotées par des « référents » des quartiers3) et tente de tirer profit d’une crise identitaire résurgente afin d’y apporter sa solution : qu’importe la construction politique et cohérente d’une vraie structure, LBS tente de nous faire croire que le monde est séparé en deux : d’un côté, les Noirs et Arabes qui sont tous musulmans, et de l’autre côté le Crif et consorts.

1 Minute, 13 décembre 2006.
2 Conseil représentatif des institutions juives de France.
3 Le Parisien, lundi 6 février 2006.



Lexique.



Kémitisme : le kémitisme est une résurgence de la religion de l’Égypte ancienne. Il faut distinguer deux types de kémistime, le premier, néopaïen, et le deuxième, panafricain, dont se réclamait la Tribu Ka, affirme que la pensée kémite est à la source des plus grandes religions monothéistes d’aujourd’hui.

Afrocentrisme : l’afrocentrisme est une mythologie raciste et réactionnaire. Cette notion suggère que rien d’important ne s’est produit dans l’histoire des peuples noirs depuis le temps des pharaons, rendant ainsi futile l’histoire des Noirs américains. L’afrocentrisme insiste sur l’Égypte, ce qui est, pour le dire crûment, complètement absurde. (Clarence E. Walker).

Suprématisme : doctrine fondée sur la supériorité de personnes suivant leur couleur de peau. Prône une séparation entre les « races ». Les plus connus parmi ceux qui se revendiquent suprématistes sont le KKK aux USA ou la Génération Kemi Seba, à ses débuts.

Assimilationnisme : cette approche a pour but de gommer tout particularisme culturel et religieux, et de faire en sorte que les minorités adoptent la culture du pays, y compris en l’imposant. Une sorte de contrat social et civique passé, qui supplanterait les origines, appartenances et laisserait de côté la question « identitaire ».

Ethnodifférentialisme : Antithèse de l’universalisme abstrait, cette théorie prône la reconnaissance d’un héritage culturel propre à chaque « peuple » qui se doit d’être reconnu et préservé. À la différence du suprématisme, aucune hiérarchie dans les ethnies n’est développée, mais « l’identité » est tellement forte que les brassages culturels et religieux sont rejetés.



4) Le Mouvement des damnés de l’impérialisme.


Petit retour en arrière. Mai 2006, une trentaine de militants de la Tribu Ka débarquent rue des rosiers, quartier juif parisien, et déclarent ouvertement la guerre aux groupuscules d’extrême droite sioniste.

Déferlement médiatique, la machine s’emballe, la Tribu Ka a réussi son coup et parvient à faire parler d’elle. Jusqu’ici, la Tribu Ka cantonnait son activité à la tenue de réunions informelles interdites aux « leucodermes » (Blancs), aux Juifs et aux Arabes, et ne rassemblait pas grand monde hormis une trentaine de mecs probablement recrutés pour leurs gabarits plutôt que pour leurs capacités intellectuelles. Objet politico-mystique non identifié, la Tribu Ka, par l’intermédiaire de son leader autoproclamé, le Fara (guide) Kemi Seba, se réclame du kémitisme et de l’afrocentrisme.

Cocktail idéologique hasardeux. Ils revendiquent l’héritage spirituel de Malcolm X, des Black Panthers et de Marcus Garvey revus et corrigés à la sauce suprématiste noire. La Tribu Ka connaît une disparition précoce, rapidement inquiétée par la justice qui ordonne sa dissolution pour incitation à la violence et à la haine raciale.

La Génération Kemi Seba prend le relais et amorce sa mutation. GKS se définit principalement comme une organisation « antisioniste », c’est pourquoi une petite frange de l’extrême droite française (notamment le Renouveau français1) lui fait des œillades. Composée principalement de militants noirs, elle annonce son intention de présenter une liste aux élections municipales de Sarcelles.

Objectif avorté, la GKS ne parvient pas à dépasser le stade groupusculaire. En avril 2008, le groupe est condamné pour reconstitution de ligue dissoute. Les déboires judiciaires n’entravent pas l’acharnement de Kemi Seba qui voit ici l’occasion de tirer avantage de ce nouveau revers, de repenser totalement l’organisation et son discours public. Il impulse conséquemment le MDI avec la volonté de structurer le mouvement et de le doter d’une orientation « rationalisée ». Stellio Capo Chichi – alias Kemi Seba – n’en est d’ailleurs pas à son premier virage théorique.

Après un passage par la Nation de l’Islam puis un dérapage dans le kémitisme (il déclare alors que l’Islam est une secte lors d’un meeting à Rosny-sous-Bois, en 2005), sa trajectoire opportuniste le pousse finalement à se convertir en juillet 2008. Le MDI est une organisation revendiquant l’ethnodifférentialisme, ouverte à tous ceux qui cherchent à se regrouper pour lutter contre le « sionisme », quelles que soient leurs origines.

Le mouvement se structure autour d’un bureau composé d’une demi-douzaine de membres ayant chacun en charge un secteur d’intervention. Parmi ces derniers, nous retrouvons Boris le Lay, au poste de chargé des relations extérieures, girouette animatrice du blog « le réveil des indigènes » qui est passé sans transition de la défense des intérêts d’Israël en qualité de président de Breizh Israël à la haine du sionisme2. Afin de se parer d’une envergure nationale de façade, le mouvement désigne une petite dizaine de responsables d’antennes régionales et locales. L’implantation dans les quartiers semble être la priorité du mouvement.

En septembre 2008, Banlieues anti-système (BAS) fusionne avec le MDI. Soumayya Sekhmet Fal est nommée à la tête du secteur banlieue et responsable des Jeunesses Kemi Seba dont l’objectif est de recruter et d’intégrer les jeunes des quartiers. Seyf Awa, quant à elle, rejoint la direction de la branche panarabe qu’elle coanime avec Siddiq Seth, « spécialiste » de la question palestinienne. Pour compléter le tableau, le MDI a également mis en orbite une branche panafricaine chargée d’animer le mouvement sur les problématiques identitaires noires. Au regard de la structuration du mouvement, l’objectif de conquérir les quartiers est indéniable. Pour l’instant, quelques cellules faméliques revendiquent leur existence dans un nombre très limité de communes.

Cependant la capacité de mobilisation du MDI a été multipliée par cinq en deux ans. La stratégie employée est simple : agiter la théorie du complot, déverser sur la Toile des vidéos expliquant que le « sionisme » est à l’origine de tous les maux : crise financière, écrasement du peuple palestinien, humiliation des Arabes, néocolonialisme au Maghreb débouchant sur la déstabilisation de l’économie, le chômage des jeunes et l’émigration ; que les Juifs ont été les initiateurs de l’esclavage des Noirs…

En parallèle, le MDI organise des meetings dans les quartiers, des prises de parole sauvages à Châtelet et des rassemblements lors de ses multiples comparutions judiciaires. Indéniablement, le discours du MDI s’est radicalisé alors que Siddiq Seth explique que « c’est parce que nous avons le même ennemi que nous allons nous unir et marcher ensemble quitte à faire couler notre sang jusqu’à la mort et éradiquer le sionisme dans nos pays respectifs3 ». Soumayya Sekhmet Fal estime que la « Jeunesse Kemi Seba, n’ayons pas peur des mots, c’est la jeunesse […] qui veut prendre les armes pour abattre radicalement le système, qui veut prendre les armes pour éradiquer une bonne fois pour toutes le sionisme4 ». Le tribun Seba, quant à lui, ne s’embarrasse pas de circonvolutions oratoires en affirmant : « Le sionisme est le sida de l’humanité5. »
En terme d’alliances politiques et religieuses, le MDI ignore les contradictions pourvu que le préalable à toute entente réside dans la haine profonde et commune du « sionisme ».

En mai 2008, le mouvement co-organise un rassemblement à Paris avec la Droite Socialiste contre la politique militaire française en Afrique. En août, Kemi Seba se déplace au centre Zahra. Au cours de son entretien avec Seyyed Yahia Gouasmi, président du centre et de la fédération des chiites de France, structure proche des Iraniens, le leader du MDI fera l’éloge du Hezbollah avant de faire part de son « profond sentiment de respect » pour le président iranien6.

En septembre, « les ethnodifférencialistes » poursuivent sur cette voie et appellent à la mobilisation pour « la journée mondiale de Jérusalem ». Véritable conglomérat « d’antisionistes » plus que douteux, la manifestation interdite par la préfecture devait réunir indistinctement le MDI, la fédération des chiites de France, le Centre Zahra, le Parti des musulmans de France de Latreche7, la Plume et l’Olivier de Ginette Skandrani8 et la Droite Socialiste…

1 Alain Ka ou Tribu Soral, Reflexes, 4 décembre 2006.
2 De l’oxymore en politique, Reflexes, 10 juin 2008.
3 Vidéo MDI, branche panarabe, du 21 octobre 2008.
4 Le Monde, 23 septembre 2008, L’alliance des extrémistes noirs et blancs.
5 Vidéo du 24 octobre 2008, conférence de presse au théâtre de la Main-d’or suite à l’annulation de la Journée mondiale de Jérusalem en présence de Kemi Seba, Seyyed Yahia Gouasmi et Dieudonné.
6 Vidéo du MDI avec le Hezbollah contre le sionisme.
7 Latreche arrive à faire parler de lui en 2003 en organisant avec quelques nationalistes révolutionnaires européens une opération « bouclier humain » en Irak. Le leader du PMF publiera avec Skandrani Le Manifeste judéo-nazi d’Ariel Sharon qui « regorge de fantasmes antisémites » d’après l’observatoire du communautarisme.
8 Membre fondatrice des Verts, Ginette Skandrani est exclue du parti pour sa proximité avec les milieux négationnistes en 2005. En 2007, elle était membre du bureau de campagne de Dieudonné pour la présidentielle.



Banlieue Anti-Système.


BAS naît en 2008 de la volonté de deux jeunes femmes, Soumayya Sekhmet Fal et Seyf Awa de rassembler les jeunes des quartiers sous les bannières de « l’antisionisme » et de l’anti-impérialisme. L’association publie un manifeste censé dresser un constat sur l’état des banlieues et l’histoire de l’immigration en rupture avec le discours de victimisation. Elle tente de fédérer autour d’elle par le biais d’outils de médiation nouveaux, notamment en instrumentalisant le rap. La courte histoire du BAS se résume à une prise de micro forcée à l’antenne de Génération 88.2 pour dénoncer la dérive mercantile du hip-hop qui constitue son principal fait d’armes, à la tenue d’une conférence à Evry, d’un débat sur « l’essence du rap » dans le XVIIIe arrondissement et d’une interview accordée à Égalité et Réconciliation. Cette interview officialise le rapprochement opéré entre BAS et une fraction de l’extrême droite. L’organisation met d’ailleurs carte sur table lorsqu’elle affirme que « malgré les désaccords idéologiques, [ils se retrouvent] sur leur volonté intrépide de rompre avec ce système inique qui est incarné par l’hydre atlanto-sioniste…». La lutte contre « le sionisme » apparaît dès lors comme le fil conducteur de l’association définissant ses alliances et son discours. Les effectifs de BAS se bornent finalement à deux oratrices et une poignée de militants agrémentés d’une poignée de rappeurs inconnus. La principale force de BAS réside dans la détermination de ses deux porte-parole. En septembre 2008, BAS est logiquement absorbée par le MDI. Cette OPA amicale est motivée par l’objectif de concentrer les forces au sein de « l’unique cellule de lutte et de résistance directe à l’empire sioniste en France1 ».

1 Site de BAS.

5) Droite Socialiste.
C’est en mai 2008 que la Droite Socialiste apparaît au grand jour lors du traditionnel défilé du 1er mai. Leur existence en tant que mouvement organisé prend initialement consistance dans des modes d’apparition troubles aux partenariats déroutants : une présence remarquée au Congrès nationaliste du Renouveau français ou un appel à manifester contre la présence de l’armée israélienne lors du défilé du 14 juillet qui sera finalement interdit par la préfecture. La Droite Socialiste frappe les esprits le 8 mai dernier, en coorganisant avec les troupes de Kemi Seba un rassemblement pour le retrait des militaires français d’Afrique et d’Afghanistan. Plus que le message confus, c’est l’image donnée par le groupe qui interpelle, avec un look paramilitaire élaboré, qui dote la DS d’un apparat nostalgique plus que douteux. Boris le Lay, par ailleurs membre du MDI, semble être la cheville ouvrière du rapprochement opéré avec le MDI. La proximité idéologique sur la question « antisioniste » ne pouvait que faciliter la chose. Depuis les deux structures ne se quittent plus. La tête pensante de la DS est Thomas Werlet, porte-parole et rédacteur d’articles sur le blog de l’organisation. Ce blog est la principale source d’information sur l’idéologie du groupe : radicalement « antisioniste », la DS semble obsédée par la thèse du complot juif. Elle a depuis peu amorcé un rapprochement avec la Gauche Nationale. Forum et communiqués communs témoignent de cette proximité structurelle et idéologique. On peut considérer que la DS développe une identité politique qui se rapproche du national-socialisme. À l’instar d’une frange de l’extrême droite radicale actuelle, elle teinte ses discours d’un pseudo-altermondialisme, se revendique d’une lutte contre le capital aux relents « d’antisionisme ». Son logo n’est pas sans rappeler celui de la Légion des volontaires français (LVF). Dans les faits, la DS n’est composée que d’une trentaine de militants « paumés » fantasmant sur American History X : le groupe rassemble quelques jeunes naziskins (dont certains ont fait les frais d’une mauvaise rencontre avec des antifas à l’été 2007). Parmi ses membres figurent également des individus qui tombèrent autrefois sous le coup d’une « fatwa » de Kemi Seba ! Celui-ci les menaçait explicitement dans une vidéo consécutive à l’agression dans le métro d’enfants noirs. Nomad 88, la branche dure du groupe chargée du SO, ouvertement bonehead, est devenue célèbre fin mai 2008 en faisant la une de la presse à faits divers. Des membres de la branche ont été interpellés après avoir ouvert le feu sur un groupe de jeunes dans une cité d’Évry, ainsi que pour la détention d’armes de guerre, alarmant flics et médias sur cette nouvelle génération néonazie… Dernièrement, la DS a décidé de changer de nom et de s’appeler Parti solidaire français (PSF), clin d’œil évident au PSF des années trente, celui du colonel de La Rocque.


L’irruption de groupes d’extrême droite ravivant les vieilles lunes de l’antisémitisme comme socle structurant leurs discours et actions est un phénomène à prendre en compte dans nos pratiques militantes.

Comme nous l’avons vu, ces groupes parviennent à dépasser leurs contradictions, à travailler ensemble de manière régulière ou occasionnelle. En se positionnant comme les seuls rebelles face au « système », ces mouvements renouent avec un discours teinté d’anticapitalisme et d’antisionisme qui cultive une ambiguïté malsaine.

En désignant les « Juifs » comme responsables de la crise, ces associations entendent souffler sur les braises encore vivaces d’un antisémitisme historique qui ne demande qu’à reprendre corps dans la société française et sur fond de conflit israélo-palestinien parmi les populations issues de l’immigration

Source et publication : baricata

MARSEILLE: INCENDIE DE CARPIAGNE ???

Un rapport d'expertise définitif décharge le légionnaire déjà mis en examen de la responsabilité des tirs qui ont provoqué l'incendie du 22 juillet.


Qu'est-ce qui a déclenché le spectaculaire incendie qui a ravagé mille hectares aux portes de , le 22 juillet dernier ? Selon un rapport d'expertise définitif, le sinistre a bien été déclenché par des tirs militaires, mais sans que des balles traçantes soient en cause.

Ces conclusions pourraient réorienter l' vers la chaîne de commandement militaire, déchargeant de toute responsabilité le légionnaire mis en cause jusqu'alors.

L'adjudant Philippe Fontaine, qui dirigeait la séance de tirs dans le camp de Carpiagne d'où sont parties les flammes, a été mis en examen au motif qu'il avait utilisé des balles traçantes interdites durant l'été dans les zones à risque pour les incendies.

Selon une source judiciaire, «on pourrait déboucher sur des poursuites collectives, au civil ou devant le tribunal administratif, plutôt qu'au pénal».

L'opportunité des tirs, par forte chaleur et dans une zone à risque pour les incendies, avait été mise en cause dès cet été.

Le préfet des Bouches-du-Rhône Michel Sappin, s'en était pris à l'armée avec beaucoup de fermeté.

Le maire Jean-Claude Gaudin avait alors, de son côté, crié à la «stupidité».

«Le recours à la juridiction administrative me semble le plus logique.

Il y a une faute de l'armée, donc de l'Etat.

Ce dernier ne pouvant se soustraire, il va donc lui falloir payer», déclare José Allegrini, adjoint au maire de Marseille en charge de la protection civile.


Publié dans : Légion -


Par http://www.leparisien.fr

MILITAIRES FRANCAIS À LA MECQUE ?

Le 18 novembre, quelque 200 militaires français et des membres de leur famille devaient s'envoler pour l'Arabie saoudite, direction La Mecque et son pèlerinage annuel.

La grippe A(H1N1) et des lenteurs de l'administration saoudienne ont eu raison de ce projet, inédit dans le paysage militaire et cultuel français.

"Le pèlerinage aura lieu en 2010", assure Abdelkader Arbi, aumônier militaire en chef du culte musulman, qui indique avoir pris seul la décision d'annuler l'édition 2009 du hadj face aux risques de pandémie. "Le pèlerinage répond à une forte demande des militaires de confession musulmane et constitue un signe de reconnaissance du fait religieux et de l'islam dans l'armée française", estime cet ex-employé de l'industrie chimique, nommé à son poste en 2006, date de création de l'aumônerie musulmane.


Installé dans le bâtiment "Artois 1914" du fort de Vincennes, l'aumônier reçoit en civil dans son bureau orné de photos de La Mecque ; un tapis de prière est plié sur une chaise. Inquiet des soupçons d'entorse à la laïcité que pourrait nourrir le projet de pèlerinage, il tient à lever toute ambiguïté. "C'est l'Association de soutien de l'aumônerie musulmane, en charge de nos oeuvres sociales, qui gère cette initiative. Les militaires-pèlerins devront prendre une permission pour se rendre à La Mecque et payeront leur voyage. En aucun cas, l'armée ne mettra un avion à leur disposition ; le ministère de la défense ne déboursera rien", martèle-t-il. Pas question non plus, comme c'est le cas à Lourdes lors du pèlerinage catholique, de s'y rendre en uniforme. "De toute façon, à La Mecque, chacun revêt la tenue du pèlerin(un simple tissu blanc)", précise M. Arbi.


"Visa hadj"

Symboliquement, l'organisation du hadj par une structure émanant d'un ministère régalien entend marquer une nouvelle étape dans la normalisation de la présence de l'islam dans les institutions.

Mais au-delà, l'aumônerie militaire musulmane souhaite contribuer à un certain assainissement du marché français du pèlerinage en obtenant un agrément auprès des autorités saoudiennes.

Cet agrément, attendu pour cette année mais qui n'a finalement pas été délivré, permettra à l'association d'obtenir des "visas hadj", d'organiser le voyage en évitant les intermédiaires et de réduire les coûts. L'idée étant d'offrir un service "professionnel et transparent ", selon M. Arbi.

Jusqu'à présent, l'aumônerie militaire musulmane, fondée peu après la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) sur le modèle de ses homologues catholique, protestante et israélite, s'est attachée à assurer la livraison de repas halal et à organiser des lieux de culte pour les militaires musulmans ; elle les accompagne spirituellement et joue un rôle de conseil auprès de la hiérarchie.

Elle est intervenue lorsqu'un soldat musulman a invoqué un cas de conscience pour justifier son refus de combattre en Afghanistan.

L'aumônerie militaire musulmane, souvent présentée comme l'une des rares réussites du CFCM, compte aujourd'hui 31 aumôniers, contre une cinquantaine de protestants, une trentaine de juifs et quelque 200 catholiques (y compris ceux qui officient à temps partiel).

Son installation a été facilitée par la reconnaissance accordée aux aumôniers militaires, qui, contrairement à ceux des prisons ou des hôpitaux, disposent d'un statut clair et d'un salaire attractif.

Faute de statistiques sur le nombre de musulmans dans l'armée, leur proportion est, selon M. Arbi, calquée sur celle estimée dans la population globale, "soit entre 7 % et 8 %".

L'islam y est aussi considéré comme la seconde religion.


Source et publication : opexnews


LA CHRONIQUE DE PHILIPPE RANDA

Et si on commémorait plutôt la réconciliation européenne ?


Philippe Randa


Politique
Et si on commémorait plutôt la réconciliation européenne ?
Après l’armistice de 1914-1918 dont les conditions s’apparentaient davantage pour l’Allemagne à une défaite aux conditions tellement draconniennes qu’elles en furent criminelles, un souhait était largement répandu dans la population française : « Plus jamais ça ! »

« Ça », rappelons-le, c’était tout de même « près de 10 millions de pertes militaires, 9 millions de pertes civiles et… près de 21 millions de blessés militaires(auxquelles s’ajouteront) vingt-et-un ans plus tard près de 24 millions de victimes parmi les militaires, 41 millions parmi les civils (…) puisqu’il semble au moins entendu pour la quasi-totalité des historiens que la Deuxième (Guerre) ne fut que la suite inévitable de la Première », comme rappelé dans le bi-mensuel Flash du 8 octobre dernier qui osait titrer ce que beaucoup pensent tout bas : «Et si on tournait la page ? » C’est sans doute la question que s’est posée, lui aussi, Nicolas Sarkozy, à propos des commémorations du 11 novembre : « À quoi bon encore tout cela ? »

À quoi bon, oui, continuer de fêter ainsi, certes la fin des hostilités entre deux peuples, mais surtout la défaite de l’un sur l’autre, à l’heure où l’entente franco-allemande est une chose entendue pour tous ?

Et surtout, en ce début de XXIe siècle où l’Union européenne, malgré toutes les critiques que l’on peut formuler à son égard – et elles sont nombreuses – est une autre incontestable réalité.

« Nicolas Sarkozy souhaite, après la mort du dernier poilu, que le 11 novembre devienne une journée de réconciliation franco-allemande, pour bâtir un avenir partagé », indique la présidence française.

Fort bien, mais pourquoi s’en tenir « seulement » à cette commémoration-là et continuer d’honorer celle du 8 mai 1945 qui, certes, mit fin aux hostilités militaires, mais scella la fracture entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest pour près d’un demi-siècle et plongea le Monde dans une autre guerre, pudiquement appelée « froide », jusqu’à un certain jour d’automne de 1989 ?

Dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, le « mur de Berlin » chuta après 28 années d’existence, entraînant peu après la fin des régimes communistes d’Europe centrale et mettant un terme à l’indécent partage de notre continent à Yalta.

Cette chute du Mur de Berlin, voilà vingt, ans, est actuellement amplement rappelée. Elle se fit dans l’ivresse ou la stupéfaction de millions d’Européens sans mort aucun.
Plutôt que « d’amitié », mot trop souvent galvaudé et qu’il est tout de même incongru d’appliquer sur une victoire pour certains mais forcément une défaite pour d’autres, ne serait-il pas plus enthousiasmant de fêter ce qui a été une incontestable réalité : la réconciliation non pas seulement de deux peuples, mais de tout un continent ?


Source: voxnr

FRANCE: ENQUÊTE SUR L'ISLAM RADICAL

Enquête sur l'islam radical
en France

Dossier coordonné par Cyril Drouhet -

Reportage Nadjet Cherigui (texte) et Axelle de Russé/Le Figaro Magazine (photos)

06/11/2009



La vision de ces silhouettes fantomatiques dans les rues dérange, surprend et effraie parfois.

En France, le voile intégral est objet de polémiques.

Pourtant, ces femmes ne sont que la partie la plus visible et la plus frappante de l'iceberg d'une mouvance appelée salafiste.

Nous avons rencontré ces «puristes» de l'islam, pour qui les règles du quotidien ne peuvent se calquer que sur celles du prophète Mahomet.

Quitte à faire fi des lois de la République...

Ce reportage est un document. Un témoignage exceptionnel.

Pour la première fois, en plein débat sur l'identité française, au moment même où le port du voile divise l'ensemble de la communauté musulmane, des femmes salafistes ont accepté de s'expliquer. De se livrer comme jamais et d'ouvrir leurs portes à des journalistes.

Pour aller aussi loin, pour plonger ainsi au cœur de l'islam radical de France et gagner la confiance de ces femmes qui ne sortent que très rarement de chez elles, Nadjet Cherigui et Axelle de Russé ont négocié des semaines. Pas à pas. Puis, elles se sont immergées en profondeur, enquêtant comme personne n'avait réussi à le faire avant elles, en se plongeant dans un monde, semble-t-il, irrationnel, mais totalement codifié. Si certains salafistes ont accepté de jouer le jeu de la transparence, les accueillant chez eux, d'autres, notamment à proximité des mosquées les plus dures, les ont reçues avec des injures et parfois des menaces, leur interdisant même de prendre des photos dans des rues où la liberté de mouvement se restreint lentement. Pour approfondir ce voyage en terre inconnue, Le Figaro Magazine s'est aussi adressé au journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui, spécialiste des mouvements intégristes.

L'occasion de comprendre la nature réelle du salafisme, ce mouvement en plein essor qui attire à lui chaque année toujours plus de «convertis».

En présence d'hommes étrangers à la famille, ou face à un appareil photo, Fatima porte le voile, même chez elle. Mais ce sont les mêmes gestes du quotidien, ceux d'une mère douce et attentive avec ses enfants.
En présence d'hommes étrangers à la famille, ou face à un appareil photo, Fatima porte le voile, même chez elle. Mais ce sont les mêmes gestes du quotidien, ceux d'une mère douce et attentive avec ses enfants.

Tout commence simplement par un rendez- vous à quelques kilomètres de Paris, dans une petite ville de banlieue de l'Essonne.

La cité, certes, est populaire, mais proprette. Aucun pitbull ni rottweiller à l'horizon. Ceux qui «tiennent» les halls sont de gentils retraités discutant pétanque bien au chaud. Fatima * nous reçoit chez elle. La jeune femme a fait le choix du minhaj (le chemin) salafi. Elle porte le jilbab, mais se voile intégralement lorsqu'elle est maquillée ou pour ne pas laisser apparaître son visage en photo. Derrière la porte, point de voile ni d'austérité, mais un accueil chaleureux et le sourire d'une beauté d'ébène au corps de liane. Elégante et féminine, la jeune femme a pris le soin d'accorder la couleur de ses boucles d'oreilles au bleu de son piercing au nez. Fatima, 23 ans, mère d'un bébé de six mois, nous invite gentiment à nous déchausser avant d'entrer.

L'intérieur est impeccablement tenu, la décoration, ultraminimaliste. Pas de photo ni de tableau, aucune référence à l'islam si ce n'est quelques livres religieux reliés de dorures et soigneusement rangés dans un meuble du salon.

Un épais rideau beige sépare la pièce principale du reste de l'appartement. « Cela nous permet de diviser l'espace lorsque je reçois mes amies.

La mixité nous est interdite. Quand mes copines viennent prendre le thé ici, je baisse les rideaux et mon mari s'éclipse toujours dans une autre pièce.»

A 29 ans à peine, déjà mère de quatre enfants, (Sephora, 11 ans, Shaïma 10 ans, Thaouban, 9 ans, Ajar, 7 ans), Kenza a de l'énergie à revendre sous son niqab.

A 29 ans à peine, déjà mère de quatre enfants, (Sephora, 11 ans, Shaïma 10 ans, Thaouban, 9 ans, Ajar, 7 ans), Kenza a de l'énergie à revendre sous son niqab.

«L'école publique est incompatible avec mes principes religieux»

Fatima, d'origine malienne, est née et a grandi en France dans une famille musulmane de huit enfants. Son cheminement vers plus de religion s'est fait naturellement, explique-t-elle. «Je suis la seule de la famille à avoir fait le choix du voile. J'ai lu le Coran, étudié la vie du Prophète et de ses femmes, qui sont pour moi des modèles à suivre. C'est ainsi qu'elles se couvraient, je fais de même. J'ai trouvé en l'islam les réponses à mes questions, le din (la religion) est simple et les interdictions sont claires. Il n'y a qu'à suivre ce que disent les textes.» Pour le reste, Fatima raconte une vie de jeune femme comme les autres. Elle surfe sur le net, apprécie le shopping et les sorties au resto avec les copines. « Mes amies sont de toutes origines et confessions. On parle de tout et n'importe quoi, même de sexe ! Tant que cela se passe entre filles, il n'y a pas de tabou », précise-t-elle. Convaincue de son choix, Fatima n'émet aucun doute. Sa voie est certaine, c'est celle des salafis et de la sunna (la tradition du Prophète). Elle n'osera exprimer qu'un regret : l'exclusion du monde du travail. Mais aussi une douleur : les regards pesants, les sarcasmes cruels et les insultes blessantes. « Je ne comprends pas un tel déferlement de haine, je ne suis en aucun cas en dehors des lois de la République, se persuadet- elle.

Chaque fois que je suis sortie en sitar (voir encadré), j'ai accepté de me dévoiler pour les contrôles. La seule chose qui ne me convienne pas, c'est le modèle de l'école publique. C'est incompatible avec nombre de mes principes religieux. Pour ma fille, j'ai déjà commencé l'école à la maison quelques heures par jour et l'apprentissage des quelques sourates de base. Plus tard, elle ira dans une école privée musulmane. » Dans la République, point de salut !

La règle est claire : on baisse les yeux quand on s'adresse à son mari

Un bruit de serrure. Sur le pas de la porte, Yvon (son époux), accompagné de Bertrand, son frère jumeau, rentrent du travail. Aujourd'hui, Yvon a consenti une entorse à l'interdiction de la mixité afin d'échanger avec nous. Son épouse accepte également, mais rappelle que si la parole est libre, les règles, elles, sont claires : on doit baisser les yeux lorsque l'on s'adresse à son mari.

Rapidement, Yvon, en tenue de boulanger (c'est son métier), se retire pour réapparaître en kamis. Ce grand gaillard athlétique porte le cheveu court, la barbe longue et fournie comme il est de rigueur chez les « salafs ». Les deux frères «Français de souche, avec quelques origines juives», tiennent- ils à préciser se sont tous deux convertis à l'islam il y a huit ans. Une enfance difficile, le chômage, l'alcoolisme des parents, et puis très vite la délinquance. Vulnérables économiquement autant que socialement et psychologiquement, les jumeaux ont trouvé refuge dans les écrits salafs. Si eux s'en défendent, nombre de nouveaux convertis peuvent être la proie de ceux qui cherchent à attirer les plus égarés. «Nous étions des cas sociaux, l'islam nous a sauvés. Aujourd'hui, je ne me dégoûte plus. Si Dieu accueille le repenti et pardonne, je peux aussi me pardonner à moi-même.»

Yvon et Fatima sont mariés depuis quatre ans, après une seule et unique rencontre bien codifiée et surveillée. La moukabala, «un genre de speed dating à la musulmane », confie Fatima en souriant. Dans le milieu, pas question de se fréquenter hors mariage. Ceux qui sont désireux de convoler en justes noces le font savoir à l'entourage. Le réseau s'active et les propositions arrivent. «Il s'agit d'être précis quant aux critères physiques, d'âge, de couleur de peau, etc., explique Fatima. Ensuite on se rencontre, toujours en présence d'un tuteur pour la femme (un père, un oncle, un frère...).»

Visite chez le médecin.
Visite chez le médecin.

Loin d'être un rendez-vous galant romantique, la moukabala est un moment important. Pas de place au coup de foudre ! La priorité : partager les mêmes valeurs. On parle donc éducation des futurs enfants, vie de couple, pratique de la religion. Chacun prend alors «librement» nous dit-on la décision de poursuivre ou non et peut renouveler l'expérience tant que l'âme soeur n'est pas trouvée. Beaucoup plus au sud, à quelques centaines de kilomètres, dans les rues d'un quartier populaire d'Avignon, Kenza, 29 ans, s'avance entièrement couverte de noir. Son niqab ne laisse apparaître que des yeux que l'on devine rieurs. Babouches aux pieds, la jeune femme marche d'un pas énergique. Drapée de noir, elle surprend par son enthousiasme et sa spontanéité. «Je n'ai aucun problème avec mon niqab dans la rue, s'exclame- t-elle. Moi, j'ai le voile dans la peau !» Kenza presse le pas, elle est attendue chez sa meilleure amie, Marie-France, pour une leçon culinaire autour du couscous. Marie- France est une quinqua coquette, dynamique et enjouée, mais aussi une très fervente catholique. «C'est notre amour de Dieu qui nous a réunies. La seule différence, c'est que je mange du porc contrairement à Kenza. Pour le reste nous avons les mêmes valeurs et la même façon de pratiquer : ils ont le ramadan, nous avons le carême... Quarante jours, en plus ! J'ai un bon coup de fourchette et je peux vous dire que j'en souffre !» s'exclame-t-elle avec l'accent parfumé de la Provence. Dans le salon, Sainte- Thérèse, la Vierge Marie, Jésus, les flacons d'eau bénite et autres crucifix partagent très naturellement l'espace avec le poster d'une bimbo à moitié nue. «Cela ne vous choque pas tout de même... ? se moque Marie-France. Je la trouve belle tout simplement...»

La polémique autour du voile intégral, elle la refuse et défend son amie. «Toutes nos bonnes soeurs portent le voile ! Et n'oublions pas que, jusque dans les années 60, on ne mettait pas un pied dans une église sans se couvrir !» Etrange alliance de ces deux religions que bien des points opposent.

Le temps passe. Kenza doit aller chercher ses enfants à la sortie de l'école. Puis c'est la prière en famille avec Allal, le père, sur le tapis du salon. Sereinement, Allal et Kenza racontent leur choix de vie. « Je n'ai jamais forcé ma femme à porter le voile. C'est en lisant les textes qu'elle a pris seule sa décision.» La jeune femme acquiesce : «D'ailleurs, quand on s'est connus je ne portais rien... ; ah si, une culotte ! lâche-t-elle dans un éclat de rire. En tant que musulmans, nous sommes tous salafs. Notre devoir est de suivre les pratiques du Prophète à la lettre et c'est ce que je fais.» L'heure tourne et les enfants se pressent autour de leur mère pour le jeu du soir. Près d'une heure de questions-réponses autour de l'islam, du Coran et du prophète Mahomet. « Il n'y a pas pire péché que d'obéir par obligation, explique Allal. Il est essentiel pour nous d'éduquer nos enfants à la religion et cela peut être aussi ludique, la preuve !»

Quelques semaines plus tard en banlieue parisienne, à Gennevilliers. Le ton change. C'est jour de fête pour la communauté musulmane. La sublime mosquée tant attendue est enfin inaugurée. Dans la foule, Nadia, 40 ans. Cette mère de quatre enfants ne cache pas son émotion. « Cela fait près de dix ans que l'on attendait une mosquée plutôt que ces salles de prière aussi obscures que douteuses qui sont devenus des nids à salafs. Mes enfants viendront y suivre les cours de Coran donnés par l'association El Nour (La Lumière). Les éduquer, c'est le seul moyen de les protéger de toute manipulation idéologique.» Derrière l'inquiétude de cette mère de famille, il y a la colère d'une femme blessée. Mariée pendant près de quinze ans, Nadia a vu l'homme qu'elle aimait se transformer au point de ne plus le reconnaître. «Mon mari aimait la vie et sa famille jusqu'à ce qu'il commence à fréquenter des groupes de prière suspects et des forums de discussions salafistes. Très vite, il m'a reproché de travailler et d'être en contact avec d'autres hommes à l'extérieur. J'étais devenue sheitan (le diable). Il m'a quittée pour épouser le salafisme.»

Sur ses conseils, nous nous rendons dans l'une de ces mosquées qu'elle qualifie d'obscures. Au rez-de-chaussée, l'accueil des hommes est tout juste poli. L'étage réservé aux femmes est un espace exigu. L'atmosphère âpre, presque irrespirable, n'a rien à envier à l'ambiance. Au fond de la pièce, une femme voilée de noir fait les cent pas, récitant frénétiquement des versets du Coran. Trois jeunes filles, respectivement en niqab, sitar et jilbab (voir encadré) étudient à voix haute des passages du livre saint. Elles expriment des doutes quant à notre identité : «Vous pourriez être envoyées par les renseignements généraux», explique très sérieusement Salima du haut de ses 20 ans. Avec le même sérieux et un sourire glacial, elle dit ses certitudes quant à notre destinée de mécréants ou de catholiques (peu importe). L'issue sera forcément cruelle, douloureuse et inéluctable. «Vous brûlerez en enfer... à moins de vous convertir.» La jeune fille se ferme. L'échange s'arrête net. En sortant, quelques jeunes de la cité voisine nous interpellent, nous provoquent mais se ravisent très vite lorsque l'un d'entre eux lâche : «Laisse-les tranquilles, elles sortent de la mosquée !»

Porter le voile ne signifie pas forcément l'exclusion. Beaucoup de femmes savent composer avec la modernité. Même le McDo est permis tant que l'on n'y consomme pas les viandes (non halal). Derrière cette apparente normalité, la plus grosse difficulté à gérer est de manger ses frites et profiter de son soda avec un niqab devant le visage.
Porter le voile ne signifie pas forcément l'exclusion. Beaucoup de femmes savent composer avec la modernité. Même le McDo est permis tant que l'on n'y consomme pas les viandes (non halal). Derrière cette apparente normalité, la plus grosse difficulté à gérer est de manger ses frites et profiter de son soda avec un niqab devant le visage.

Un petit peu plus loin, aux abords de cette même mosquée, un très jeune couple s'avance. Lui est français et converti. Quant à son épouse, nous ne verrons d'elle que des mains délicates et soigneusement manucurées. Les échanges sont vifs, il n'est pas question «d'avoir à se justifier», «nous ne sommes pas des animaux», «laissez-nous vivre en paix». Bien plus virulente que son mari, la jeune femme n'a de cesse de répéter «excuse-moi, chéri», chaque fois qu'elle hausse le ton (les femmes n'ont pas le droit d'élever la voix). L'homme insiste sur un point : «Je ne tiens à vous dire qu'une chose. Nous sommes dirigés dans ce pays par des gens qui travaillent pour Satan.» Là encore, impossible de poursuivre, ils se sont déjà éloignés. Quand la doctrine est extrême, le dialogue devient impossible. Dans une librairie accolée à la mosquée, Thomas, derrière son comptoir, ne lève les yeux de son Coran que pour répondre à une cliente en quête d'un jilbab à sa taille. «J'ai un gros arrivage en provenance d'Arabie saoudite prévu la semaine prochaine, il y aura plus de choix.» Tenues islamiques et onguents au parfum d'Orient côtoient nombre de livres. Beaucoup de Coran de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Pour le reste, l'essentiel des ouvrages proposés sont signés par les références de la pensée salafiste. Dans les rayons, des jeunes hommes barbus s'installent, plus pour lire qu'acheter. Thomas, le gérant, 26 ans, est né et a grandi dans un presbytère. Elevé dans une famille aux valeurs très catholiques (son frère a fait le séminaire), il a lu la Bible, la Torah, puis le Coran. Aucun doute pour lui : la vérité ne se trouve que dans ce dernier. Un choix et une conversion qu'il a payés le prix fort. Sa famille n'accepte pas et a rompu tout lien avec lui. «Je ne suis pas en colère, mon coeur ne leur sera jamais fermé s'ils veulent m'accepter comme je suis. Mais jamais je ne renoncerai à ma foi.» Thomas s'arrête, fait évacuer le magasin et baisse les rideaux pour quelques minutes. C'est l'heure de la prière.

Après la banlieue, retour à Paris dans une mosquée du XVIIIe arrondissement. Le lieu est un fief ostensiblement salafiste. Notre seule présence et nos questions provoquent une réaction en chaîne. D'abord quelques protestations, des invectives, et très vite viennent les menaces. L'argument ? La rue appartient aux fidèles et la loi, c'est eux. Francine n'est pas musulmane. Habitante du quartier, elle ne cache pas son exaspération et son inquiétude. «Depuis trois ans, tout a basculé ici. L'atmosphère devient très pesante pour les riverains et les passants. Tous les vendredis, la rue est fermée pour permettre aux fidèles de prier jusque sur le trottoir à cause du manque de place à l'intérieur. Je n'ai rien contre l'islam et les croyants, mais là, il s'agit d'autre chose, les comportements sont excessifs. Certains vont même jusqu'à empêcher les femmes de circuler dans la rue parce qu'il y a une mosquée et que l'espace doit être réservé à la seule gent masculine.» Dehors, l'ambiance est électrique. Sortant de la salle de prière, un homme nous interpelle. Complètement exalté, il confirme. «Nous sommes de plus en plus nombreux et bientôt nous vous laverons le cerveau !»

» Le salafisme en dix questions

* Les prénoms ont été changés à la demande des intéressés.

FRANCE: ENCORE PLUS DE MOSQUÉE

France : des centaines de mosquées sont à l’étude


Des centaines de mosquées sont à l’étude ainsi que le révèle cet article du Figaro.

Avec, bien entendu, l’aide active de mairies qui contournent la loi sur la laïcité en achetant, au prix fort et avec l’argent du contribuable, des terrains destinés à la construction de mosquées pour les louer ensuite dans le cadre de baux emphytéotiques contre paiement de loyers très symboliques à des associations pour des activités censément cultuRelles (voir ici pour plus d’infos).

C’est évidemment scandaleux, mais, de tempérament moutonnier et tenu dans une relative ignorance de ces ignobles petites combines, le bon peuple laisse ses édiles prostituer les principes républicains et contribuer ainsi à l’ du territoire.

Il existe aujourd’hui en déjà plus de 2000 lieux de culte musulmans.

Quel enrichissement culturel pour le peuple français que la multiplication de ces lieux dans lesquels on inculque les enseignements de l’islam, dont par exemple, le fait que la femme ne vaut que la moitié de l’homme, qu’on peut la frapper lorsque l’on craint sa désobéissance, qu’il faut tuer les homosexuels, les athées et les apostats ainsi que lapider les adultères, et que chrétiens et juifs doivent avoir le choix entre trois alternatives : la conversion, la mort, ou garder sa foi dans le cadre d’une citoyenneté de seconde zone (la dhimma), et ce contre le paiement d’une taxe. Quel enrichissement culturel, vraiment. Merci Monsieur le Maire !

mosquée france

L’imam Mohamed Moussaoui visite une en construction à Strasbourg, en mai 2009. Crédits photo : AFP

Ces dernières années, plusieurs grandes mosquées ont fleuri en .

Ces projets coûteux et laborieux n’aboutissent que lorsqu’ils sont soutenus par des maires. Qui voient dans la « cathédrale» un signal adressé aux musulmans et la possibilité de réunir des croyants autrement dispersés dans de petites salles mal contrôlées.

Mais ces grandes mosquées devraient rester l’exception. Elles sont «coûteuses, à la construction comme à l’entretien», glisse-t-on au ministère de l’Intérieur et des Cultes.

À Créteil, en région parisienne, il a fallu plusieurs années et l’intervention énergique du maire pour rassembler les 5,5 millions nécessaires à l’édification du vaste bâtiment coiffé d’un minaret. Des donateurs étrangers ont également participé au projet.

À Toulouse, la grande cherche encore ses financements, trois ans après le début des travaux.

Plusieurs projets pharaoniques, à Poitiers, à Reims, attendent des dons pour voir le jour.

Désormais, «ces mosquées cathédrales sont supplantées par des projets plus modestes, municipaux, qui, eux, sortent de terre à vive allure, notamment en Seine-Saint-Denis», précise-t-on à Beauvau. Près de 200 chantiers sont en cours.

Le ministère ayant décidé qu’il ne modifierait pas la loi de 1905 sur le financement des cultes, les associations musulmanes comme les édiles se sont accommodés des possibilités actuelles, notamment de la solution des baux emphytéotiques.

Quant au muezzin, aucune association ne l’a jamais demandé. Mais il reviendrait au maire, comme pour les cloches, de trancher.











Source : Cécilia Gabizon, Le Figaro/Bivouac-id