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31/08/2016

CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE US ET MARCHANDS D' ARMES .....TRIBUNE LIBRE !

Les marchands d’armes utilisent la menace russe pour augmenter leurs ventes.


« Les bravades russes offrent de gros avantages aux fabricants d'armes, car c’est devenu l'argument idéal en faveur de la hausse des dépenses du Pentagone – même si le Pentagone a déjà suffisamment d'argent pour répondre à toute menace réelle pour les États-Unis. » – William Hartung, directeur du Arms & Security Project

Par Lee Fang – Le 19 aout 2016 – Source The Intercept

L’escalade de la rhétorique anti-russe dans la campagne présidentielle américaine survient au moment même où les marchands d’armes cherchent à donner une image de Moscou comme étant un ennemi puissant qui doit être contré par une augmentation drastique des dépenses militaires des pays de l’OTAN.

 

Ces mêmes marchands d’armes disent aux investisseurs qu’ils comptent sur les tensions avec la Russie pour faire de nouvelles affaires, profitant de l’annexion de la Crimée par la Russie et de la modeste augmentation du budget militaire de celle ci.

En particulier, l’industrie de l’armement − à la fois directement et par l’intermédiaire de son arsenal d’experts et des lobbyistes rémunérés − fait pression sur les pays membres de l’OTAN pour qu’ils augmentent leurs dépenses militaires selon l’objectif de l’OTAN qui voudrait que les États membres consacrent au moins 2 % de leur produit intérieur brut pour la défense.

Le général à la retraite, Richard Cody, vice-président chez L-3 Communications − leseptième plus grand fabricant d’armes des États-Unis − a expliqué aux actionnaires, en décembre, que l’industrie est face à une occasion historique.

Après la fin de la guerre froide, a dit Cody, la paix s’était « installée à peu près partout dans le monde » à cause du déclin russe et des pays de l’OTAN célébrant la chute du mur et « tous les budgets de défense ont baissé ».

Maintenant, a fait remarquer Cody, la Russie est « résurgente » partout dans le monde, mettant du coup la pression sur les alliés américains. « Les nations qui appartiennent à l’OTAN sont censés utiliser 2 % de leur PIB à la défense, a-t-il dit, selon une transcription de ses propos.

Nous savons que ces dépenses vont se faire et nous nous positionnons pour cela. »

Parlant aux investisseurs lors d’une conférence organisée par le Crédit Suisse en juin, Stuart Bradie, le directeur général de KBR, une entreprise travaillant avec l’armée, a discuté « des opportunités en Europe », soulignant l’augmentation des dépenses de défense des pays de l’OTAN en réponse à « ce qui se passe avec la Russie et l’Ukraine ».

La National Defense Industrial Association, un groupe de pression industriel, a demandé au Congrès de rendre plus facile pour les entrepreneurs américains de vendre des armes aux alliés en réponse à la menace russe.

Des articles récents dans un magazine de défense nationale discutent de la nécessité pour les alliés de l’OTAN de stimuler les dépenses militaires dans la marine, les dépenses sur les systèmes en Arctique, et la défense antimissile, pour contrer la Russie.

De nombreux experts ne sont pas convaincus que la Russie constitue une menace militaire directe.

L’armée de l’Union soviétique comptait autrefois plus de 4 millions de soldats, mais aujourd’hui, la Russie en compte moins d’un million.

Le budget militaire combiné de l’OTAN devance largement celui de la Russie − les États-Unis à eux seuls dépassent largement le budget militaire de la Russie, 609 milliards de dollars pour les premiers et moins de 85 milliards de dollars pour la seconde.

Et pourtant, l’Association des industries aérospatiales, un groupe de pression travaillant pour Lockheed Martin, Textron, Raytheon, et d’autres entrepreneurs de la défense, a prétendu, en février dernier, que le Pentagone ne dépense pas assez pour contrer « l’agression russe aux portes de l’OTAN ».

Les autres think tanks, financés par d’importantes entreprises travaillant pour la défense − dont l’Institut Lexington et le Conseil de l’Atlantique − ont eux aussiréclamé des budgets militaires plus élevés pour contrer la Russie.

Stephen Hadley, ancien conseiller à la sécurité nationale auprès du président George W. Bush, qui travaille maintenant au conseil d’administration de Raytheon − une entreprise qui participe aux appels d’offre pour les grands contrats militaires de l’OTAN − a beaucoup insisté pour que les budgets attribués à la défense soient augmentés et pour fournir une aide létale à l’Ukraine. Hadley a déclaré dans un discours, l’été dernier, que les États-Unis  « doivent augmenter la pression sur la Russie pour ce qu’elle est en train de faire en Ukraine », ajoutant que « même le président Poutine est sensible aux sacs mortuaires ».

La presse économique a remarqué l’évolution. Le Washington Business Journal a noté que « si quelqu’un bénéficie bien du malaise entre la Russie et le reste du monde, c’est Lockheed Martin », ajoutant que l’entreprise a remporté un contrat majeur en Pologne, pays qui modernise son armée pour faire face à la Russie. Roman Schweizer − un analyste pour l’industrie de défense à Guggenheim Securities − a prédit l’année dernière que les ventes d’armes américaines continueraient à augmenter, en particulier parce que « les pays de l’Est de l’OTAN vont augmenter leur achats à cause de l’activité russe permanente en Ukraine ».

À l’Exposition Internationale sur la Sécurité et la Défense, une conférence de marchands d’armes qui s’est tenue à Londres l’automne dernier, les entrepreneurs ont été prompts à utiliser la Russie et les budgets de défense en hausse pour vendre leurs produits. « La menace des tanks est […] beaucoup, beaucoup plus proche de vous aujourd’hui parce que Poutine est en train de préparer quelque chose » dans l’est de l’Ukraine, a déclaré un représentant, vantant les lanceurs de roquette portatif de Saab, à Defense One.

« Les entreprises comme Lockheed Martin et Boeing se sont engagées à augmenter la part des exportations dans leur chiffre d’affaires global, et elles ont été à la recherche d’importantes transactions commerciales avec l’Europe centrale et orientale depuis les années 1990, lorsque l’expansion de l’OTAN a commencé », a déclaré William Hartung, directeur du Arms & Security Project au Center for international Policy. Hartung a noté que comme certains pays commençaient déjà à augmenter leurs dépenses, les entreprises américaines allaient « frapper à la porte, cherchant à vendre de tout, des avions de chasse aux systèmes de défense antimissile ».

« Les bravades russes offrent de gros avantages aux fabricants d’armes, car c’est devenu l’argument idéal en faveur de la hausse des dépenses du Pentagone – même si le Pentagone a déjà suffisamment d’argent pour répondre à toute menace réelle contre les États-Unis », a-t-il ajouté.

Lee Fang

Article original publié sur The Intercept

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

LECTURE : " TERREUR ISLAMISTE " ( JOSÉ CASTANO )

Madame, Monsieur,

J’ai le plaisir de porter à votre connaissance la parution de mon nouvel ouvrage intitulé : « TERREUR ISLAMISTE » qui analyse la place qu’occupent désormais l’islam et l’islamisme dans le cadre de nos institutions.

Il apporte aussi un éclairage particulier sur le rôle de nos médias, des associations « humanistes », des partis politiques et de l’église dans la montée du fondamentalisme.


Dans cette nouvelle guerre de religion basée sur le fanatisme, le terrorisme et la terreur, les « fous d’Allah » partent désormais à la conquête du monde libre avec au bout du voyage la mort qu’ils recherchent. Leur objectif est clair : Rétablir le califat en usant d’un argument de poids : La charia !


En vous priant de bien vouloir prendre connaissance de la préface de cet ouvrage.
Bien cordialement
José CASTANO

PRÉFACE

« Continuez à allumer des bougies, à faire des dessins, à vous câliner, à fanfaronner avec des « même pas peur ! », à creuser le gouffre de la niaiserie avec des « Je suis Charlie », « Je suis Paris », « Je suis Bruxelles »… Non ! Je ne suis pas une ville ! Je suis en guerre !...

Et quand on est en guerre, on ne fait pas des bisous et des câlins devant la caméra de BFM TV en guise de réaction aux attentats…

Quand je vois la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, pleurnicher lors d’une conférence de presse, j’ai envie de hurler : « Virez-moi cette conasse et mettez-moi une Margaret Thatcher ou une Golda Meir ! »…

Quand allez-vous cesser d’être dans le pathos dégoulinant, pour réagir en véritables guerriers impitoyables ?...

Continuez à chouiner, en attendant, les islamistes creusent vos tombes. »


(Myriam Ibn Arabi, professeur de français à Arcachon, franco-marocaine, de culture musulmane, qui lutte contre l'obscurantisme islamique)



On a prêté, à tort, à Malraux la phrase suivante : « Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas ». Si l’on ne connaît le véritable auteur de ces mots, ils reflètent cependant avec une acuité saisissante, le changement brutal qui s’est opéré depuis un demi-siècle dans les mentalités et les modes de vie du monde oriental.
Durant toutes ces années, s’est substituée, subrepticement, à une idéologie usée et corrompue : Le communisme, une idéologie tout aussi délétère : L’islamisme… comme si un vide devait être comblé. C’est ainsi que par analogie, une nouvelle guerre de religion (surnommée « le communisme du 21ème siècle), a éclaté et, cette fois, à l’échelle planétaire.


« Nous avons construit des outils pour dénoncer le soviétisme et le nazisme, mais on peine à analyser le phénomène de l’islamisme alors qu’il n’est pas si différent ». Cette voix qui crie dans le désert est celle de l’auteur algérien de best-sellers, Boualem Sansal.
Un peu partout sur la planète -notamment au Moyen-Orient- les Islamistes massacrent les peuples avides de liberté dans une orgie de violence...


Que ce soit en France, en Angleterre, en Espagne en Belgique ou aux USA -là où le terrorisme a frappé le plus ignoblement- on retrouve également ces mêmes scènes d’horreur visant à foudroyer le monde occidental. Et ces tueries à grande échelle, ce déchaînement sans pitié d'un islam renaissant voulant dominer le monde ont eu leur source, en Algérie, dès le 1er Novembre 1954 par l’insurrection armée généralisée et les massacres qui s’ensuivirent durant près de huit années dans une apathie méprisante du peuple français et de l’Occident.
Si d'aucuns -réfractaires aux bienfaits de la colonisation française- persistent à ne vouloir considérer que cette « guerre sainte » a réellement pris naissance à cette date en Algérie, depuis un demi siècle elle se déroule désormais (naturellement) en France ou contre la France, partout où flottent ses couleurs...
L'histoire n'est pas une éprouvette où il faudrait mettre les mêmes corps en présence, les mêmes catalyseurs et où il faudrait reproduire les mêmes conditions physico-chimiques pour avoir la même réaction et les mêmes produits. Son étude permet toutefois d'avertir les chefs politiques et militaires sur la tournure que peuvent prendre les événements lorsque certaines conditions sont réunies.


Une évidence s’impose : Le terrorisme islamiste et son cortège de barbarie inhumaine auxquels nous sommes confrontés depuis une trentaine d’années ressemblent à s’y méprendre à ceux du FLN algérien. Et bien que ces attentats se soient toujours réclamés du « djihad », il était de bon ton de ne pas le remarquer parce qu’il était impensable pour nos bien-pensants d’en dire la provenance…
Ce n’était qu’une « petite guéguerre » où les protagonistes « exprimaient leur mal être »… Pas de quoi s’inquiéter !… Il ne fallait surtout pas affoler l’opinion ! Au besoin, la chloroformer et la faire se tromper de cible… sauf qu’aujourd’hui, nous mesurons avec stupéfaction le prix humain de cette mauvaise vision politico-médiatique qui a livré les Français en pâture à l’islamisme et à son fanatisme.


D’un monde judéo-chrétien, nous passons à un monde musulman qui est à l’opposé de l’esprit français, de ses mœurs, de ses coutumes, mais qui veut par la force et le crime imposer son idéologie religieuse.
Tout cela porte un nom : djihad!... guerre sainte!... guerre révolutionnaire, odieuse, cruelle, qui n'en est qu'à ses prémices, visant à disloquer le monde libre.


L'objectif des islamistes : la victoire d’un totalitarisme qui ne diffère en rien du communisme et du nazisme en imposant par la terreur, la charia -la loi islamique- son cortège d'intolérance, de fanatisme et de barbarie.
Pour la seule année 2015, 250 morts, victimes du terrorisme, ont été dénombrés en France et entre 2000 et 2015, 28 146 attaques terroristes mortelles ont été perpétrées par des musulmans de par le monde. Et le pire est à venir... 2016 battra tous les records !


Un constat s’impose… Après chaque tuerie, il y a d’abord eu la stupeur, l’émotion, le chagrin, les larmes, la compassion, la solidarité, la nausée, la colère…
Après le massacre du Bataclan, les Français ont allumé des bougies, déposé des fleurs et ont pleuré sans pour autant réclamer de compte à leurs gouvernants qui, à l’instar du « plus illustre d’entre eux », se félicitent de leur bilan dans un optimisme béat dénué de réalité…


Après le carnage de Nice, les Français, soumis, ont recommencé à allumer des bougies, déposer des fleurs, pleurer, refouler leur rage… sans, pour autant, réclamer de comptes à ceux qui, dans le même temps, après nous avoir imposé de légitimer l’islam, religion de « paix et d’amour », déversaient à profusion devant les caméras, leurs larmoyantes jérémiades et leurs discours lénifiants d’une fadeur à donner la nausée…
Pourtant, cette colère des Français ne s’est jamais véritablement exprimée… hormis l’ac

cueil houleux réservé, à Nice, à Manuel Valls. Face à tant de barbarie mais aussi à tant d’inertie, d’incurie et de médiocrité de la part de gouvernants frileux, gavés aux « droits de l’homme » et imprégnés d’idéologie antiraciste, cette colère aurait dû se manifester au niveau national... non pas la colère aveugle, mais la juste colère…
Mais combien d’autres massacres devrons-nous encore subir, combien d’autres morts devrons-nous encore pleurer avant de prendre réellement conscience que nous sommes en guerre ?... Avant que l’on désigne clairement l’ennemi ? Refuser de répondre à une guerre ouvertement déclarée équivaut à une capitulation !
Nos gouvernants sont-ils insensibles à ce point à la douleur humaine pour se complaire dans leur déni de réalité sur les causes et l’extension de la barbarie islamiste ? Pour taire ce qui apparaît comme une évidence ? N’y a-t-il pas là une sorte de mépris à l’égard des victimes et de leurs familles ?


« Nous sommes en guerre ! » clament à tout va Hollande, Valls et Cazeneuve… Dans ce cas, que ne désignent-ils pas clairement l’ennemi ?… Et celui-ci, c’est l’islam ! C’est lui –et lui seul- qui légitime les terroristes qui égorgent, décapitent, massacrent et se font exploser parmi les innocents.
Il est temps que le peuple français prenne en main son destin et exprime sa colère… Il est temps de sanctionner ceux qui –au gré des mandatures- ont mené la France au chaos… Il est temps de se révolter contre cet islam, là, et retrouver pleinement son âme, son identité, ses libertés et cet amour sacré de la Patrie !
« Je vous le dis, s’ils se taisent, les pierres crieront » (Luc 19:40).

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Puis… Oh miracle ! Est-ce ce verset de l’Evangile selon Saint Luc ou les voix de ces centaines de martyrs qui ont rendu plus prolixe François Hollande ? Après avoir inlassablement répété durant des années que « l’islam est compatible avec la démocratie »… que « l’islam est une religion de tolérance, d’amour et de paix » et qu’il ne « faut pas faire d’amalgame », voilà que le 15 juillet 2016, dans une allocution télévisée depuis l’Elysée, le Chef de l’Etat déclare pour la première fois : « C’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste ! »
Ce n’est pas en versant des larmes, en déposant des fleurs, en allumant des bougies, en multipliant les « cellules de crise »… et en mettant en place des N° verts et des clips « contre le racisme », qu’on combattra le terrorisme islamiste… Ce n’est pas en célébrant des offices religieux et en écrivant « Je suis Paris »… « Je suis Nice »… ou, plus affligeant encore : « Vous n’aurez pas ma haine ! », qu’on vaincra le monstre… mais en le traquant et en lui assénant les coups les plus meurtriers.


De la haine, il en faut !... de cette haine que les soldats entretiennent pour pouvoir continuer à être des soldats ! Il faut monter en première ligne, il faut que la peur change de camp afin que le monstre retourne et s’enterre dans les sables du désert…
La France est aux yeux de l’islam une aire de guerre, « dâr al-harb », et elle se doit de traiter ce dernier de la même manière qu’il la traite. Tout le reste n’est que discussion stérile et vaine logomachie !
Et c’est encore Boualem Sansal qui nous avertit et dicte la conduite à tenir : « Les rassemblements officiels où l’on vient se lamenter et pleurnicher donnent de la France officielle une image déplorable qui encourage les islamistes. La France devrait, à travers ses chefs, donner l’image d’un pays DEBOUT et capable d’affronter le pire ! »
Mais, une fois encore, le temps fait son œuvre… Il laisse inexorablement la place à un scepticisme désenchanté, une relativisation des choses, un détachement pervers de nos opinions fatiguées et, le pire, une mémoire qui s'estompe et qui n'est que trop voisine de l'égoïsme, de l'indifférence et de la lâcheté.


Après s’être réveillés brutalement de leur sommeil, les Français se replongent dans leur amnésie habituelle et reprennent leur morne sommeil...
Brave peuple résigné, continue à ne rien vouloir entendre, à ne rien vouloir voir… Persiste dans ta léthargie mais, combien dur sera le réveil !...


Dans « Crime et Châtiment », Dostoïevski écrivait : « L'homme est une ordure, il s'habitue à tout ». Il rejoignait, là, Voltaire qui, dans son chapitre 30 de Candide ironisait : « Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures… »


Combien faudra-t-il donc ajouter de siècles à ceux qui sont derrière nous pour qu’ils n’aient pas honte de leurs aînés ?...
José CASTANO

Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

«TErreur Islamiste » (214 pages)
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30/08/2016

AVEC POUTINE, ON NE PLAISANTE PAS ET C' EST TANT MIEUX !!!

30 août 2016

Les USA déforment les objectifs de la Russie en Syrie Diverses erreurs pèsent sur les épaules de l’Occident quant à ses rapports avec l’Etat russe.
« On peut critiquer la Russie, mais malgré tout, il faut se rendre compte du fait que l’Occident a entrepris de nombreuses démarches erronées par rapport à elle, il a maintes fois négligé les intérêts russes », a déclaré le député allemand dans un entretien au journal Welt am Sonntag.

Parmi les erreurs, il a nommé les bombardements de la Yougoslavie, le déploiement des systèmes ABM en Europe de l’est, ainsi que l’aspiration à faire adhérer l’Ukraine à l’Otan.


Quant au rattachement de la Crimée, il aurait fallu appliquer des mesures diplomatiques au lieu des sanctions imposées. « Les sanctions sont de toute façon une erreur », a-t-il poursuivi, ajoutant que ces mesures restrictives frappaient plutôt les Occidentaux eux-mêmes que la Russie alors que cette dernière explorait de nouveaux marchés en Asie et en Amérique latine.
Ensuite, M.Gysi a rappelé l’attaque occidentale contre la Serbie en 1999, et ce sans résolution du Conseil de sécurité de l’Onu. Vladimir Poutine © Sputnik. Sergei Guneev Poutine affiche un sourire impénétrable … et attend « S’y est ajoutée la permission de déployer des missiles américains en Pologne et dans la République tchèque », a-t-il poursuivi.
« Et maintenant imaginez que la Russie décide de déployer ses missiles au Mexique, expliquant qu’elle veut le protéger de la Colombie, les Américains y croiraient-ils? ».

Les Etats-Unis ne sont pas non plus tout blanc. Par exemple, Washington a imprudemment considéré la Russie comme une puissance régionale… « Il y a des erreurs de la part des Américains aussi.

L’une d’elles est la déclaration de Barack Obama selon laquelle la Russie est une puissance régionale.

Le fait est que M.Poutine a montré aux Américains que la Russie en Syrie était tout de même une puissance mondiale », a souligné le député.

« M. Poutine a une poigne de tigre, mieux vaut s’abstenir de lui dire des choses pareilles », a-t-il d’ailleurs fait remarquer dans une interview à Die Welt.

Et les effets collatéraux de leur politique parfois irréfléchie deviennent évidents au fil du temps, a-t-il résumé.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/2016082810274920...

DES FRANÇAIS DANS LE BOURBIER UKRAINIENS .....

UKRAINE :

LES DOCS QUI MONTRENT

L’IMPLICATION DE L’EXTRÊME DROITE FRANÇAISE DANS LA GUERRE

BLOC IDENTITAIRE, TROISIÈME VOIE, FRONT NATIONAL…

 
 

#DONETSKLEAKS | INFOS STREETPRESS | par Mathieu Molard , Paul Gogo | 29 Août 2016

C'est la plus importante fuite de documents émanant

du « gouvernement » séparatiste pro-Russe de Donetsk.

Des milliers de pages qui nous permettent de raconter

le rôle des Français, combattants ou propagandistes,

engagés dans le Donbass.

Mercredi 3 août – Le compte Twitter de Tatiana Egorova, membre du service de presse du gouvernement de l’autoproclamée République Populaire de Donetsk (DNR), publie un étrange message, taguant au passage les services de sécurité ukrainiens (SBU) :

« Moi, Egorova Tatiana S., employée du MGB [ministère de la Sécurité nationale, ndlr.] de la DNR, je ne peux plus mentir et je ne veux plus permettre à d’autres de le faire. »

 

Le tweet comporte un lien Dropbox qui sera désactivé quelques heures plus tard.

Il renvoie vers 1.449 mails et 2.773 pièces jointes issus de la boîte mail de Tatiana Egorova, soit la plus importante fuite de documents émanant du « gouvernement » de ce territoire de l’Est de l’Ukraine où des séparatistes prorusses ont pris le pouvoir au printemps 2014, déclenchant une guerre toujours en cours. StreetPress a pu consulter ces documents et les a consciencieusement épluchés.

Une correspondance qui permet de comprendre en détail l’implication de Français pour la plupart liés aux différentes chapelles de l’extrême droite dans le conflit.

Combattants « volontaires » passés par Troisième Voie ou le Bloc Identitaire, propagandistes en charge du fichage des journalistes qui couvrent le conflit, humanitaires très politisés, proches de Marine Le Pen, chercheur ou barbouzes, grâce à ces docs nous découvrons qu’ils sont plusieurs dizaines de Français à venir dans le Donbass, servir la cause de ce petit état auto-proclamé soutenu par le Kremlin.

 

drapeau
Vive la France ! / Crédits : DR.

 

Rien ne permet cependant de confirmer que cette collaboratrice du service de presse de la république séparatiste est à l’origine de la fuite.

Christelle Néant, une Française qui collabore à ce service depuis Donetsk, affirme à StreetPress que Tatiana Egorova a conservé ses fonctions.

Elle ne conteste pas la véracité des documents, mais défend la thèse d’un piratage.

Une hypothèse crédible, d’autant que le groupe de nationalistes ukrainiens Mirotvorets a déjà par le passé mis en ligne plusieurs documents volés, dans le but de s’attaquer aux journalistes ayant mis les pieds à Donetsk.

 

1L’extrême droite française prend les armes dans le Donbass

Au fil des mails, StreetPress a recensé 23 noms de Français partis prendre les armes aux côtés des séparatistes.

Une liste non-exhaustive, car selon Christelle Néant, ils seraient entre 35 et 40 à s’être engagés depuis 2014.

Ex-militants de Troisième voie, du Bloc Identitaire ou du Parti de la France, adeptes de la quenelle… Sur le front, presque toutes les chapelles de l’extrême droite française sont représentées.

A leur arrivée à Donetsk – souvent via la Russie – ils sont interrogés par les services du « ministère de la Sécurité nationale » (MGB) avant de rejoindre un bataillon.

Aucun document n’évoque de rémunération, mais plusieurs Français, joints par StreetPress, confirment toucher une paye de 15.000 roubles (200 euros) par mois.

DES « VOLONTAIRES » AU PASSÉ CHARGÉ

L’Unité Continentale, qui se voulait franco-serbe, regroupe les premiers combattants français arrivés sur place.

Sept ou huit « volontaires »débarqués pour les premiers en juin 2014 et passés par différents groupuscules d’extrême droite radicale en France. «

L’Unité Continentale est l’organisation de nos jeunes volontaires.

Ils appartenaient à Troisième voie, ils sont de vrais anti-impérialistes et ne sont pas des néonazis», expliquait très sérieusement le président du Réseau Voltaire France, Alain Benajam dans une interview donnée à Sputnik(link is external) en juillet 2014.

Pourtant Troisième voie, groupuscule skninhead « national révolutionnaire » dirigé par Serge Ayoub, a été dissout en 2013, suite à l’assassinat de Clément Meric.(link is external)

 

unité continentale
Photo de classe. / Crédits : DR.

 

A l’origine d’Unité Continentale, deux ex-militaires : le franco-serbe Nicolas Perovic et Victor Alfonso Lenta, passé par le Bloc Identitaire et les Jeunesses Nationalistes (un groupuscule néo-fasciste, également interdit en 2013).

Ce dernier a été radié de l’armée après avoir pris part à une soirée à la gloire d’Hitler.

Le 19 avril 2008 avec ses potes adeptes du bras tendu ils fabriquent des croix gammées en bois qu’ils enflamment avant de saccager la mosquée de Colomiers, rapporte la Dépêche du Midi.(link is external)

L’unité a aussi ses « infirmiers » : Guillaume Lestradet dit « Little doc » et Yannick Lozach, surnommé « Big doc ».

Le second était, selon la Dépêche(link is external) toujours, déjà surveillé par les services renseignements, accusé« de ne pas être en règle avec la législation sur les armes ».

Il affirme dans un reportage de TV5 Monde – réalisé par une proche de ces combattants – avoir perdu son oreille gauche et 50% de son oreille droite lors d’un bombardement à Marioupol en janvier 2015.

Il n’est pas le seul à entretenir, avant son départ, une passion pour les armes.

Le Parisien Mickael Takahashi s’est, d’après ses publications Facebook, entraîné au sein de l’Association Nationale de Tir de la Police.

Un club également fréquenté par Samy Amimour,(link is external) terroriste du Bataclan.

Il s’affiche en soutien de Bachar El Assad, comme la majorité de ses camarades, dont son ami normand Guillaume Cuvelier.

Des photos présentes dans les mails montrent que ce Rouennais, ancien militant du Parti de la France de Carl Lang puis de Troisième Voie, a gravé un soleil noir (symbole nazi) sur sa kalachnikov et un « S » sur sa hache.

Interrogé par StreetPress, il récuse toute sympathie pour le nazisme et ne concède qu’une « proximité avec l’extrême droite, si vous voulez faire du sensationnalisme ».

 

Cuvelier armes
Les armes décorées par Guillaume Cuvelier. / Crédits : DR.

 

Les membres d’Unité Continentale seraient « des erreurs de castings», nous affirment plusieurs Français toujours présents dans le Donbass.

Si cet engagement gène, c’est que côté russe on présente le combat des séparatistes comme « antifasciste ».

La plupart des « volontaires » sont acceptés dans le Donbass.

Mais les recruteurs serrent parfois un temps la vis. Dans un mail, Laurent Brayard*, l’un des premiers Français engagé aux côtés des séparatistes, décide de refuser l’accès à un compatriote qu’il trouve « bizarre » et « fasciste ».

L’Unité Continentale a finalement été dissoute en janvier 2015.

En juin de la même année, la DNR annonce(link is external) « la suspension provisoire de l’accueil d’éventuels volontaires étrangers ».

VENDETTA PERSONNELLE ET ACCUSATIONS DE CRIMES DE GUERRE

 

VIDÉO Castel chante pour les habitants de Donetsk

 
Erwan Castel, le plus âgé des combattants français du Donbass, 53 ans, est à l’origine de plusieurs recrutements grâce à sa page Facebook.
 
 
 
 
L’ancien officier gère la page intitulée Soutien à la rébellion du Donbass(link is external)(plus de 11.500 fans).
 
 
Petite star de la facho-sphère française, il a récemment décidé de quitter le terrain pour se consacrer à l’écriture d’articles pour son blog et donne régulièrement des interviews par skype aux médias francophones de « réinformation ».

 

La majorité des « volontaires » français venus combattre dans le Donbass – dont d’anciens membres d’Unité Continentale – a rejoint le bataillon des Cosaques du Don, stationné dans la région de Lougansk.

Un groupe réputé pour son non-respect du cessez-le-feu et son indépendance gênante vis-à-vis du « gouvernement ».

Le comportement de certains Français a d’ailleurs été largement critiqué, jusque dans le camp séparatiste.

Le Facebook de Ghislain Lagrega, un Français stationné dans la région de Lougansk depuis fin 2015, évoque des agissements en dehors des clous.

Sa passion pour l’Ukraine et surtout ses habitantes ne date pas d’hier, comme le prouve ses profils sur de nombreux sites de rencontres.

Il déclare d’ailleurs à StreetPress s’être rendu 4 fois à Kiev avant le début du conflit.

Sauf que le joli cœur semble s’être fait soutirer de l’argent par l’une de ses conquêtes virtuelles (il pourrait d’ailleurs s’agir d’un faux profil).

 

Lagrega
Arrivé dans le Donbass, il s’est mis en tête de se faire rembourser… / Crédits : DR.

 

Arrivé dans le Donbass, il s’est mis en tête de se faire rembourser… kalach au poing.

Le premier décembre 2015, il poste une photo en arme, accompagnée de la légende suivante (en anglais) :

« Je vais trouver la famille de [nom de la jeune femme] à Lougansk. Je ne suis pas idiot, je vais trouver rapidement.
Une femme est payée pour trouver l’adresse de sa famille. (…) Rendez mon argent, ou vous allez travailler pour moi comme prostituée en France. »

 

Et de terminer sur une menace :

« Cette histoire va très mal se terminer, pour moi ou votre famille. »

 

L’ancien pâtissier, originaire de la côte d’Azur, explique à StreetPress êtrevenu dans le Donbass pour se venger de la jeune femme et « pour le fun ». Il ne va pas être déçu.

Un autre « volontaire » français l’aurait dénoncé comme « espion » en raison de son idéologie « nationaliste à penchant national socialiste » :

« Ça m’a couté 35 jours de prison dans le noir, et trois mois sans passeport. »

 

Si lui n’a pas subi de maltraitances, il affirme avoir « entendu des soldats ukrainiens se faire torturer pendant plus de 1h30 », par le troisième bataillon de la garde républicaine. « Ils font disparaitre les personnes après. »

A StreetPress, il explique rentrer en France « dans 10 jours ». Il ne lâche pas pour autant l’affaire :

« Je dois revenir ici pour la fille et pour Philippe [le Français, qui l’aurait dénoncé, ndlr.].  Je ne pardonne pas, jamais. »

 

LES PIEDS NICKELÉS QUITTENT LE DONBASS POUR LA FRANCE… OU L’IRAK

Ghislain Lagrega n’est pas le seul à prendre ses cliques et ses claques pour rentrer au bercail.

« Il reste moins d’une dizaine de combattants français dans le Donbass », assure Christelle Néant, qui collabore au service presse de la DNR.

Un mail daté de janvier 2016 recense d’ailleurs les noms de quelques « Français qui veulent rentrer à la maison ».

Tous les retours ne se font pas sans encombre. Erwan Castel est toujours coincé sur place.

L’ancien officier se serait fait voler son passeport alors qu’il tentait de faire renouveler son visa en Russie.

L’ambassade de France en Russie, qu’il contacte pour s’en procurer un nouveau explique un brin taquine ne pas pouvoir l’aider : le Donbass étant en territoire ukrainien, c’est à l’ambassade de Kiev que la chancellerie lui a proposé d’aller régler son problème.

Oups ! Le combattant ne peut sérieusement pas traverser le front, risquant d’être capturé par les Ukrainiens.

Comme le montre la lettre présente dans les leaks, il décide alors d’écrire à Vladimir Poutine, himself.

Sans que l’on sache si l’homme fort de la Russie ait daigné lui répondre.

A StreetPress, Jacques Clostermann explique avoir intercédé en sa faveur auprès de l’ambassadeur de Russie en France.

Ce qui, selon ce soutien de Marine Le Pen, devrait permettre de débloquer la situation.

En attendant Erwan Castel, continue de ré-informer via son blog et s’est mis à la lecture des œuvres du chantre de l’eurasime, l’intellectuel rouge brun, Alexandre Douguine.(link is external) qu’il trouve « intéressant », explique Castel(1) à StreetPress.

 

Cuvelier s’est fait un copain en Irak

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D’autres semblent ne pas vouloir rentrer en France.
 
 
C’est le cas de Guillaume Cuvelier qui après être tombé amoureux d’une journaliste américaine dans le Donbass, a décidé de partir se battre en Irak avec sa copine, accompagnés de Mickael Takahashi.
 
 
 
 
Le trio a pris les armes contre l’Etat Islamique, avec les peshmergas pendant quelques mois, jusqu’en mars 2016 avant de disparaitre.
 
Le couple franco-américain s’est désormais installé aux Etats-Unis.
 
Et Cuvelier tente activement d’effacer de la toile toute trace de son passage dans les différentes zones de conflit.

 

Il n’est pas le seul à avoir trouvé l’amour à l’Est. L’ancien de Troisième voie, Renault Regeard(link is external) a lancé une cagnotte sur le site « pot commun »,pour faire financer son mariage.

 

Pot commun
vous auriez une petite pièce ? / Crédits : CC.

 

2Politiques, chercheurs et « humanitaires » en balade dans le Donbass

 

VIDÉO Clostermann dans le Donbass


Les « volontaires » ne sont pas les seuls Français à venir se dégourdir les gambettes dans le Donbass.
 
A intervalles réguliers, Laurent Brayard membre du service de presse, très souvent cité dans ces mails, fait remonter des demandes d’invitation officielles.
 
Le document permet de séjourner dans la nouvelle république auto-proclamée.
C’est encore à l’extrême droite, qu’on trouve le plus important contingent de visiteurs.
 
Début janvier 2016, c’est un soutien de Marine Le Pen qui débarque : l’ancien pilote de chasse, Jacques Clostermann, candidat aux prochaines législatives dans les Bouches-du-Rhône sous l’étiquette Mon Pays la France.(link is external)
Un micro parti, membre du Rassemblement Bleu Marine, qu’il a fondé avec son pote le député Gilbert Collard.
Ce dernier « voulait venir, malheureusement il n’a pas pu se libérer », confie à StreetPress l’ancien pilote de chasse.
 
Finalement il amène avec un lui un autre copain de Collard, l’ancien bâtonnier de Béziers, l’avocat Josy-Jean Bousquet. « Un homme de gauche », assure Clostermann, lui-même se définissant comme Gaulliste.

 

Clostermann avait programmé un second voyage dans le Donbass. A l’occasion des 2 ans de « l’indépendance » de la DNR, une importante délégation de Français devait se rendre à Donetsk.

Les mails (avec passeports en copie) nous apprennent qu’aux côtés de Clostermann, étaient conviés le pape du conspirationnisme Thierry Meyssan, Samy Merlo-Cavaillon, candidat UPR aux européennes, Alexandre Latsa chroniqueur pour les versions francophones de plusieurs médias russes, Alexis Troude chercheur, chargé de cours à l’université de Versailles-Saint Quentin et auteur notamment de Balkans : un éclatement programmé(livre préfacé par l’ancien proche de Marine Le Pen, Paul-Marie Coûteaux).

Du beau monde… qui ne viendra pas. Finalement, ils ne seront qu’une poignée à faire le voyage.

Philippe Migault, ancien journaliste au Figaro, aujourd’hui directeur de Recherche à l’IRIS(link is external) explique à StreetPress, être venu – sur ses congés et à ses frais – « en compagnie de [ses] amis »Xavier Moreau* et Nikola Mirkovic* Le premier, ancien officier parachutiste, reconverti dans l’intelligence économique en Russie, est au cœur – selon Mediapart(link is external) – des réseaux russes de Marine Le Pen.

Le second est membre de Solidarité Kosovo,(link is external) une association satellite du Bloc Identitaire dans laquelle on trouve le patron du mouvement Philippe Vardon et son candidat putatif à la présidentielle de 2012, Arnaud Gouillon.

Sur place le trio rencontre Emmanuel Leroy, l’ex-megretiste fut aussi un temps un très proche conseiller de Marine Le Pen.

Aujourd’hui il préside l’association Urgence Enfants du Donbass.

Il n’est pas le seul représentant très politisé d’assos humanitaires : Nikola Mirkovic est membre de Vostok France Solidarité Donbass.

Début Juin, un autre adhérent de cette structure fait le voyage en compagnie de Gilles Emmanuel Jacquet, représentant de l’association suisse Don paisible et contributeur(link is external) du site du proche de Marine Le Pen,   Xavier Moreau.

 

Mirkovic
Les petits cadeaux entretiennent l'amitié. / Crédits : FB.

 

Politiques, chercheurs ou humanitaires sont autant de relais dans les médias.

Sur place, le service de presse de Donetsk les suit à la trace et met en ligne des vidéos de leurs séjours.

A leurs retours, la version francophone de Sputnik, média d’Etat russe, ne manque pas de relayer leurs témoignages.

Comme de nombreux médias d’extrême droite : TV Libertés, Boulevard Voltaire…

Et même pour Philippe Migault, le Figaro ou Valeurs actuelles.

DES RESPONSABLES DES RÉPUBLICAINS RÊVENT DE VENIR

Le service presse de Donetsk n’a cependant pour le moment pas réussi à attirer de gros poissons. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, comme nous l’explique Christelle Néant.

La Française qui collabore au service presse a envoyé des invitations à des politiques de gauche comme de droite.

Seul le député des Républicains Thierry Mariani se serait fendu d’une réponse.

Selon elle, le boss de la Droite Populaire aurait promis de venir sur place.

On trouve également un courrier de Pascal Ellul, président des jeunes de ce courant et membre du conseil national des Républicains, faisant du gringue aux séparatistes. Extrait :

« La Droite Populaire et Thierry Mariani en tête ont toujours eu un positionnement différent sur la crise ukrainienne en ayant compris les véritables enjeux et les luttes d’influences en jeux (sic) entre l’impérialisme Etasunien et la Fédération de Russie, fidèle à défendre notre civilisation et la chrétienté. »

 

Joint par StreetPress,  Ellul assume son soutien au « combat qui se mène là-bas contre une certaine forme d’impérialisme ».

Mais faute de moyens, le projet est tombé à l’eau.

En attendant de ramener de plus gros poissons dans ses filets, le service presse de Donetsk se met au tourisme de guerre.(link is external) Mais « sans voyeurisme », assure Christelle Néant.

Après la venue d’un groupe de Finlandais, il organise un séjour réservé aux francophones « amis du Donbass ».

Pour quelques centaines d’euros vous pourrez du 16 au 22 octobre découvrir les« villes bombardées, villages en ruines », « rencontrer la population locale » mais aussi les « soldats, les autorités ».

Sans oublier tout de même quelques musées. Des volontaires ?

 

3Le fichage des journalistes

 

DONI, agence de réinformation

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Les leaks révèlent aussi un gigantesque système de fichage des journalistes qui couvrent le conflit.
 
On trouve en pièce jointe de plusieurs mails, une liste regroupant les noms de plus de 6.000 journalistes, traducteurs ou fixeurs ayant travaillé en DNR, régulièrement mises à jour.
 
Les noms sont agrémentés d’un code couleur : Rouge pour les journalistes jugés hostiles. « Suggestion: ne pas délivrer l’accréditation », est-il précisé dans un autre mail. Jaune pour les journalistes « medium ».
 
Vert pour les gentils, les « positifs » et enfin blanc pour les « neutres ».
 
Les évaluations des journalistes sont parfois assorties de commentaires. «
 
Elle est très agressive envers la Russie », « Il appartient au cercle de Porochenko (ndlr : le président ukrainien) »,« Il a fait des reportages sur des bataillons néo-nazis »…

 

Jusqu’en juin 2015, la décision de délivrer ces accréditations était prise par le « ministère de l’Information » en coopération avec le « ministère de la Sécurité nationale ».

Mais par la suite, les autorités rebelles ont décidé de déléguer une partie du travail à DONI,(link is external) « une agence de presse internationale » financée par le businessman russe Andreï Stepanenko et dirigée par l’ancien militant du parti nationaliste finlandais IPU, Janus Putkonen.

Dans une lettre issue des leaks, ce dernier détaille le rôle du « système de protection de l’information » de DONI :

« Repérer et empêcher l’arrivée d’agents de l’étranger et de propagandistes ennemis cachés derrière le journalisme international, et freiner leurs activités dans le contexte de la guerre de l’information. »

 

Des informations qu’ils font remonter au « ministère de la Sécurité nationale » qui décide ensuite de délivrer ou non une accréditation.

DES FRANÇAIS AU CŒUR DE LA PROPAGANDE

Deux français le secondent dans la surveillance des journalistes francophones.

Dans un premier temps, c’est Laurent Brayard, dont le nom apparaît souvent dans ces leaks, qui se charge de cette tâche.

Cet historien autoproclamé est membre de l’UPR, petit parti conspirationniste, dont StreetPress vous a déjà parlé.

Il est recruté à Moscou par Svetlana Kissileva, qui l’invite à un congrès organisé à Donetsk où il intègre Novorossia Today, puis DONI.

Cette francophone est l’un des principaux maillons qui lie l’extrême droite française et les séparatistes. Juste après les événements du Maïdan, elle participe à la création du site de « réinformation » Novorossia Vision et préside l’associaton parisienne Novopole, fondée par André Chanclu, ancien du GUD (syndicat étudiant d’extrême droite) et Alain Benajam, compagnon de route de Thierry Meyssan et président du Réseau Voltaire France.

 

VIDÉO Christelle, une française dans le Donbass


Brayard est ensuite rejoint en mars 2016, par Christelle Néant qui débarque à Donetsk en voiture après un trip de « plus de 4.000 km »,accompagnée de son chien.
 
 
A StreetPress, l’ancienne militante de l’Unef-id (syndicat étudiant de centre gauche, aujourd’hui intégré à l’Unef), explique avoir « choisi le camp des opprimés ».
 
Comme Brayard, elle publie des articles et des vidéos de « réinformation » pour le site de DONI et collabore au « système de protection de l’information » de l’agence.

 

DES RAPPORTS ENVOYÉS À MOSCOU

L’agence de presse ne prend pas son rôle à la légère. Elle liste les publications des journalistes souhaitant se rendre en DNR, examine leurs comptes sur les réseaux sociaux… Aucune information jugée déplaisante ne doit leur échapper.

Elle rédige un rapport chaque semaine, classé « confidentiel » et envoyé au service de presse de la DNR, regroupant toutes ces informations et reprenant le code couleur Rouge-Jaune-Vert-Blanc des listings.

Un mail datant du 5 mai 2016, évoque même « un officier de Moscou » auquel les membres de DONI doivent faire des rapports. Un job de surveillance des journalistes que Christelle Néant assume :

« Dans les médias on trouve une propagande digne de Goebbels. Certains journalistes ont fait du travail de merde.
Ils déforment la réalité pour qu’elle colle à leur scénario. C’est normal qu’on leur interdise l’accès. »

 

 

Carte de voeux
La carte de voeux de DONI, côté pile. / Crédits : DONI

 

Les mails nous montrent que certains médias passent parfois entre les mailles du filet, à l’instar de la BBC :

« La BBC n’est pas sympa avec la Russie et la DNR. Mais il vaut mieux lui donner une accréditation car ils sont très influents. »

 

En cas de doute, une rencontre avec Janus Putkonen ou Laurent Brayard, est éventuellement envisagée. C’est ce qui fut par exemple proposé à un journaliste travaillant pour des médias français.

Le travail du correspondant ne les convainc pas à 100%.

L’idée d’un rendez-vous à Donetsk est lancée. « Je vais le rencontrer dès qu’il arrivera en DNR. Ensuite nous surveillerons son travail de très près », écrit Putkonen à ses collègues. Pas de bol, le journaliste ne viendra pas.

Malgré toutes ces difficultés, l’obtention d’une accréditation n’est pas synonyme de fins des ennuis pour les journalistes.

Une fois sur place, les autorités poursuivent leur contrôle. « J’avais quatre paires d’yeux qui me surveillaient », raconte à StreetPress une journaliste qui s’est rendue récemment en DNR.

Sur la ligne de front par exemple, « il y avait des accompagnants » du « ministère de la Défense » qui vérifiaient en fin de journée le travail réalisé, précise-t-elle.

 

carte voeux2
Et côté face ! / Crédits : DONI

 

Janus Putkonen, lui, ne tarit pas d’éloges sur son service de « protection de l’information », dont le travail est jugé « très fiable ».

Pourtant, environ un an après sa création, il annonce sa fermeture (à compter du 1er juillet 2016) dans une lettre en pièce jointe adressée au « ministère de la Sécurité nationale » et à « l’administration » de la DNR.

Il dénonce un manque de« soutien officiel » des autorités rebelles vis-à-vis de DONI, qui a donc dû réduire drastiquement son budget.

A StreetPress, Christelle Néant explique d’ailleurs vivre grâce à des dons de particuliers.

Laurent Brayard, lui, a quitté le Donbass pour des vacances.

Il faut dire que ces derniers mois n’ont pas été simple pour lui: Il semble mal vu par beaucoup de Français engagés à Donetsk, au point d’avoir été dénoncé par ses camarades au FSB comme ennemi de la Russie.

Il serait sorti blanchi d’un interrogatoire avec les services secrets russes.

Une affaire qui l’a poussé à partir : un e-mail laisse apparaître qu’il aurait demandé des renseignements au ministère russe des Affaires étrangères concernant une éventuelle demande d’asile politique.

À moins que la question ne se règle avec un mariage, ce qu’il serait en train de préparer en Russie.

*Contactés par StreetPress, ils n’ont pas donné suite à nos demandes d’interview.
 
(1) Erwan Castel tient à préciser qu’il se définit comme « anti-mondialiste » et qu’il a par ailleurs été adhérant du parti de gauche indépendantiste Breton Emgann et des Verts Tamanoirs en Guyane (également classé à gauche).
Il revendique par ailleurs avoir « dénoncé la présence de fachos même minoritaires dans le premier groupe des volontaires français ».

 

Spurce:  http://www.streetpress.com/sujet/1472465929

LES OPTIONS MILITAIRES RUSSES ! DE LA SYRIE ET DE L' UKRAINE !

Les options militaires de la Russie en Syrie et en Ukraine (mise à jour)


Saker US
Saker US

Par The Saker – Le 16 août 2016 – Source thesaker.is

Les deux dernières semaines ont été riches en développements militaires affectant directement la Russie.

Bien que non directement liés, divers éléments pointent vers une possible escalade militaire qui pourrait résulter de ce que la Russie a été contrainte d’engager son armée dans des opérations de combat en Syrie, en Crimée et en Novorussie. Il est donc pertinent, à ce stade, de répertorier les options russes sur tous ces théâtres de guerre.

La Syrie

1) La Russie a annoncé qu’elle veut transformer la base aérienne de Khmeimim en une base militaire à part entière avec une force opérationnelle déployée en permanence.

2) La Russie déploiera son transporteur d’avions équipés de missiles (souvent mentionné en Occident comme étant simplement un porte-avion) Amiral Kouznetsoven Méditerranée orientale pour vérifier les capacités de combat du navire et de son groupe de frappe et pour engager, pour la toute première fois, les hélicoptères de pointe Ka-52K Katran.

L’Ukraine

1) Suite à l’échec de la tentative des Ukronazis d’infiltrer des saboteurs dans la péninsule de Crimée, que le président Poutine a qualifiée de « stupide et criminelle »,Porochenko a maintenant ordonné un renforcement de ses troupes sur la frontière avec la Crimée et l’Ukraine orientale et placé ses soldats en alerte maximum.

2) Les autorités de Kiev ont décidé de ne pas accepter les lettres de créance dunouvel ambassadeur russe en Ukraine.

3) Le président Poutine a déclaré que, dans ce contexte, les négociations avec Kiev sont « sans intérêt ».

Bien que non directement liés, tous ces éléments pointent vers une possible escalade militaire qui pourrait résulter de ce que la Russie a été contrainte d’engager son armée dans des opérations de combat en Syrie, en Crimée et en Novorussie. Donc il est pertinent, à ce stade, de répertorier les options russes sur tous ces théâtres de guerre.

Le théâtre syrien

Il y a beaucoup de malentendus sur les options militaires russes en Syrie. Comme l’intervention russe importante à laquelle on s’attendait au début a échoué à se concrétiser (l’intervention russe actuelle a été très limitée à la fois en taille et en durée), le renforcement de la base de Khmeimim ne produira pas un changement stratégique majeur dans les rapports de force régionaux. Quelques rappels.

D’abord, la base navale russe à Tartous n’est pas du tout une base navale. C’est un port que la Marine russe a utilisé, mais il manque de capacité d’amarrage pour de grands navires et il n’est pas défendu d’une manière dont le serait une base navale russe. En fait, les Russes en parlent comme d’un « пункт материально-технического обеспечения » ou « point d’approvisionnement matériel et technique ».Il est possible, et même probable, que la Russie étende et renforce Tartous à un moment donné, mais dans un avenir prévisible, Tartous ne sera pas un avant-poste militaire important pour la Marine russe.

Ensuite, la base aérienne de Khmeimim est située dans un endroit très dangereux : à 1000 km environ de la frontière russe et à seulement 50 km de la frontière turque. Elle est aussi joliment coincée entre la zone de responsabilité du CENTCOM et de l’OTAN. Ce n’est donc certainement pas un endroit à partir duquel vous voudriez essayer de menacer les forces étasuniennes. Et aussi, ce n’est pas un endroit que la Russie défendrait par des moyens nucléaires.

Le ministre de la Défense Shoigu a en fait précisé clairement ce que sera le but de la présence russe à Khmeimim : a) attaquer les terroristes et b) défendre les ressortissants russes. De nouveau, ce sont des objectifs très limités qui seront atteints par des moyens limités. C’est sûr, Khmeimim deviendra aussi une plaque tournante essentielle du renseignement pour la Russie et, une fois que la base aérienne sera agrandie, les capacités russes de recherche et de sauvetage seront considérablement augmentées. Pour ces deux tâches, les forces spéciales russes seront stationnées en permanence à la base. Enfin, les Russes augmenteront la taille des pistes pour les rendre accessibles à de plus lourds avions de transport. Mais la caractéristique essentielle de la base aérienne de Khmeimim rappellera toujours qu’elle restera vulnérable en raison de sa localisation et de son grand éloignement de la Russie.

Quant au déploiement du Kouznetsov, qui est principalement un superbe navire de défense aérienne, il permettra au Russes d’avoir une image beaucoup plus complète des signaux de renseignement dans la région et offrira une protection solide à la fois à Tartous et à Khmeimim. Le premier déploiement des Ka-52K (prévus à l’origine pour être installés sur les Mistral français) sera un test annexe, mais rien qui pourrait changer la donne dans la guerre.

Dans l’ensemble, les Russes accroissent très certainement leurs capacités dans le nombre d’options à choisir parmi toutes celles qui dépendent de l’évolution de la situation.

À ce stade, il n’y a aucun signe de changement important dans la position russe : depuis le semi-retrait des forces aérospatiales russes de Syrie, la Russie continue à compter prioritairement sur ses bombardiers à longue portée (Tu-22M3). Ceux-ci peuvent, si nécessaire, être complétés par des groupes d’attaque de Su-34/Su-30/Su-35 décollant du sud de la Russie.

Le théâtre ukrainien

La situation en Ukraine est beaucoup plus imprévisible que celle de la Syrie et l’a été depuis un bon moment déjà. Presque chaque semaine, nous voyons des avertissements à propos d’une attaque ukrainienne possible, quelquefois même annoncée comme imminente, puis cette attaque n’a pas pu se concrétiser.

Ce qui est dangereux avec ces fausses alertes est qu’elles n’étaient pas fausses du tout et que ces attaques auraient vraiment pu se produire chaque semaine.

Pire que tout, maintenant un phénomène du garçon qui criait au loup s’installe, où tout le monde est lassé par les avertissements incessants sur une attaque ukronazie imminente. Le problème est bien sûr qu’une telle attaque devient de plus en plus probable à chaque jour qui passe.

Il y a ceux qui soutiennent qu’une attaque ukronazie contre la Crimée serait suicidaire, et ils ont absolument raison, et qu’une attaque ukronazie contre la Novorossie serait peu susceptible de réussir, et de nouveau, ils ont raison.

L’hypothèse ici est que le régime de Kiev est capable de calculs rationnels et que le but d’une telle attaque serait une victoire. Mais, en réalité, la victoire n’a jamais été un but pour les Ukronazis.

Au contraire, le but a toujours été d’entraîner la Russie dans une guerre ouverte. Les Ukronazis se trompent eux-mêmes en espérant qu’ils parviendront à faire ce que les Croates ont fait en 1995 lorsqu’ils ont attaqué, avec le plein soutien de la puissance aérienne de l’OTAN, les Croates serbes (désarmés) dans ce qu’on appelle les Krajinas.

En réalité, la situation au Donbass est tout à fait différente : non seulement les Novorusses ne sont pas désarmés comme les Serbes de la Krajina (dont toutes les armes lourdes étaient dans des dépôts contrôlés par l’UNPROFOR), mais contrairement aux pauvres Serbes (qui ont été trahis par Milosevic), les Novorusses savent que si les choses tournent mal, la Russie les soutiendra, y compris par des frappes d’artillerie à longue portée dont elle niera le fait (comme elle l’a fait en juillet 2014).

Quant à la Crimée, même les Ukrainiens qui se font le plus d’illusions doivent réaliser maintenant, même s’ils se refusent à l’admettre, qu’ils ne reprendront jamais la Crimée.

Le problème pour la Russie est que tandis que le régime de Kiev sombre lentement dans l’insignifiance, il n’y a qu’une chose que l’Ukraine peut offrir à l’Empire anglosioniste : devenir l’agneau du sacrifice dans un effort désespéré pour inciter les Russes à intervenir et donc rendre totalement irréversible l’actuelle guerre tièdeentre l’OTAN et la Russie, ou même la rendre chaude.

Une contre-attaque russe ouverte au Donbass ou même à partir de la Crimée est le rêve que tous les néocons désirent voir se réaliser.

Jusqu’à présent, tout ce que les Ukronazis ont été capables de faire était de bombarder constamment les civils des républiques de Donetsk et de Lougansk qui, dépendantes à 100% de Moscou, ont dû endurer cette horreur même si des quantités de civils innocents étaient tués chaque jour.

Il y a aussi beaucoup de preuves indirectes que les capacités des Novorusses ont énormément augmenté l’an dernier et c’est d’autant plus frustrant pour eux de supporter les provocations et les meurtres constants de civils. Le Kremlin, toutefois, a décidé, à l’évidence qu’un flux modeste et constant de civils tués dans le Donbass reste préférable à une opération militaire à grande échelle suivie, et c’est souvent négligé, par l’occupation d’au moins une partie du territoire ukrainien.

En effet, une fois que vous l’occupez – vous le possédez et en êtes responsables. Personne en Russie ne veut assumer les coûts d’une guerre et de l’occupation qui s’ensuit ni de la reconstruction d’un territoire actuellement sous contrôle ukronazi.

Enfin, pourquoi donner au régime de Kiev une distraction qui lui sauverait la vie lorsqu’il accomplit un travail de premier ordre pour se détruire lentement mais sûrement lui-même ?

Le paradoxe ici est que la force russe est aussi sa faiblesse : les chances sont que les Novorusses soient capables non seulement de stopper une attaque ukronazie mais même de réaliser une contre-attaque opérationnelle profonde. Donc il est fort probable que la Russie elle-même ne soit pas entraînée dans une guerre au Donbass.

Mais en Crimée, il n’y a pas de Novorusses, pas de républiques populaires de Donetsk ou de Lougansk.

En Crimée, il n’y a que des Russes et la Crimée est la Russie. Par conséquent une attaque ukronazie sur la Crimée serait un acte de guerre direct contre la Russie, que celle-ci ne pourrait pas ignorer ou à laquelle elle ne pourrait pas répliquer en utilisant une combinaison de voentorg et de vent du nord (voentorg : fourniture secrète d’armes ; vent du nord : fourniture secrète de spécialistes militaires).

Si la Crimée est attaquée, les Russes devront riposter, qu’ils le veuillent ou non.

Si cela se produit, la contre-attaque russe sera très vraisemblablement limitée et se concentrera probablement sur les forces directement responsables de l’attaque.

Mais si les Ukronazis utilisent leur artillerie à partir de positions bien retranchées pour déclencher un barrage constant sur les villes du nord de la Crimée ou si, à Dieu ne plaise, les Ukronazis utilisent des missiles balistiques pour viser les grands centres urbains en Crimée, les Russes n’auront pas d’autre choix que de contre-attaquer rapidement et de manière décisive.

Et depuis le 08.08.08 [intervention russe en Géorgie, NdT], il est devenu clair que l’Occident accusera toujours la Russie, même si elle est attaquée la première par une autre partie.

En termes strictement militaires, tout conflit entre les forces armées russes et les Ukronazis serait un massacre : tout ce que les Ukrainiens peuvent amener sur le champ de bataille, c’est le nombre, mais ils sont totalement dépassés, quantitativement et, même plus, qualitativement, par les Russes.

L’artillerie russe est actuellement la plus capable sur la planète, elle est même largement supérieure à l’artillerie occidentale, et ses effets sur l’armée ukrainienne ont été tout à fait dévastateurs dans le passé.

La Russie a une combinaison unique de capacités en termes de drones et de guerre électronique, qui sont directement intégrés aux systèmes de ciblage des lance roquettes multiples qui peuvent atteindre l’arrière de l’ennemi jusqu’à 90 km.

Enfin, les Russes ont travaillé depuis des années sur des sous-munitions avancées et des ogives thermobariques qui peuvent être utilisées avec un effet dévastateur sur les forces blindées et les positions fortifiées.

Cette combinaison de drones et de lance roquettes multiples constituent ce que les Russes appellent un complexe d’attaque de reconnaissance ou RSC [dans son acronyme anglais, NdT] (разведывательно-ударный комплекс) qui est un complexe d’abord développé par les Soviétiques dans les années 1960.

Le RSC intègre complètement tous les éléments suivants : reconnaissance, guidage, contre-mesures électroniques, navigation et engagement d’armes de haute précision.

Maintenant, avec l’avènement de nouveaux drones et de radars contre-batteries , ce concept a atteint sa pleine maturité. Il est aujourd’hui la pierre angulaire des opérations interarmes russes. Ce que tout cela signifie concrètement est que les Russes ont maintenant la capacité de détruire totalement plusieurs bataillons mécanisés en seulement deux ou trois minutes. Et il n’y a rien, rien du tout, que les Ukrainiens pourraient faire contre cela.

Les Russes ont aussi des blindés, des capacités de guerre électronique, des forces aérospatiales, des capacités de renseignement et de reconnaissance, de formation largement supérieurs – et bien d’autres encore. Les Ukrainiens n’ont pas une seule chance.

Un des canards diffusés par la presse est que les livraisons américaines d’armes létales à l’Ukraine feraient en quelque sorte pencher la balance. En réalité, aucune quantité d’armes ne ferait une différence.

Les capacités russes aujourd’hui sont tout aussi supérieures à celles de l’Ukraine que l’armée américaine l’était en 1990 pendant Tempête du désert par rapports aux capacités de l’armée irakienne.

Alors qu’en 1991, l’armée ukrainienne était théoriquement plus grande que l’armée russe (l’Ukraine a hérité de tout le second échelon stratégique des forces soviétiques), elle n’a pas eu une guerre en Tchétchénie pour la forcer à se réorganiser comme ce fut le cas pour l’armée russe, ni n’a eu un président comme Poutine qui, dès qu’il a accédé au pouvoir, a entrepris une immense réforme de celle-ci, dont les fruits se manifestent enfin aujourd’hui.

Résultat, les Russes ont effectué plusieurs percées générationnelles tandis que les Ukrainiens sont fondamentalement bloqués avec des engins des années 1980 et une armée totalement désorganisée, corrompue et incompétente. Il faudra des années à l’Ukraine pour rattraper les Russes et cela seulement si une sorte de miracle économique, hautement improbable, se produit.

Conclusion

Les guerres en Syrie et en Ukraine, comme c’est si souvent le cas, sont largement prédéterminées par la géographie. Il n’y a vraiment rien que la Russie puisse faire pour s’opposer significativement et directement à l’armée étasunienne au Moyen-Orient ou en Méditerranée.

De même, il n’y a rien que les États-Unis puissent raisonnablement et directement faire pour s’opposer aux forces armées russes dans l’est de l’Ukraine. C’est pourquoi les deux côtés tenteront d’agir indirectement, aux marges, à travers des intermédiaires mais sans s’exposer directement.

Alors que cette stratégie est fondamentalement sûre, elle est également dangereuse parce que faire indirectement la guerre, par procuration, est plus difficile à contrôler et laisse les deux côtés ouverts aux provocations, aux opérations sous fausse bannière et à l’implication secrète de tiers.

C’est pourquoi les deux guerres sont si frustrantes à suivre : d’une part toutes sortes de scénarios hautement spéculatifs ne peuvent tout simplement pas être rejetés, mais d’autre part, pas grand chose ne semble se passer.

Et lorsque quelque chose finalement se passe, on ne sait pas ce que pourraient être les conséquences.

Enfin, les deux guerres impliquent des acteurs hautement et fondamentalement idéologiques (les Ukronazis, les cinglés de Daech, les néocons) sur lesquels on ne peut pas compter pour agir rationnellement. Hélas, toutes les théories de la dissuasion supposent un acteur rationnel. Mais comment dissuader un maniaque délirant ?

Les options russes dans ces deux conflits sont limitées par les circonstances objectives et par des considérations politiques plus vastes. Je dirais que la Russie a accompli un travail absolument étonnant en Syrie avec des moyens très limités et dans un environnement extrêmement dangereux.

En ce qui concerne le Donbass, je serais plus nuancé. Alors que je crois que la Russie a pris la bonne décision en n’envoyant pas ouvertement ses forces armées en Ukraine orientale, je dois aussi admettre qu’elle a aussi mal choisi son moment et a même montré de l’indécision dans le traitement des cinglés nazis à Kiev : cela a pris beaucoup de temps aux Russes pour mettre en place et faire fonctionner leVoentorg et le Vent du nord et, alors que c’était la bonne réponse, il a fallu aussi beaucoup de temps pour qu’elle devienne pleinement efficace.

Ensuite, il y a la question de (l’ancien, aujourd’hui) ambassadeur russe à Kiev, Mikhail Zurabov, qui était totalement inefficace pour ne rien obtenir du tout (c’est un mystère pour moi qu’il soit resté en place si longtemps).

C’est vrai, Zurabov n’avait personne à qui parler, mais cela ne justifie pas qu’il soit intime et qu’il copine avec Porochenko comme on dit qu’il l’aurait fait. Maintenant que les Russes ont enfin nommé une personne compétente à ce poste, Mikhail Babich, les  Ukrainiens refusent de l’accréditer, ce que le Kremlin accepte avec une étrange sérénité.

En décembre, Poutine a aussi nommé une autre personnalité très puissante, Boris Gryzlov, un membre permanent du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, en tant que représentant plénipotentiaire de la Fédération de Russie dans le Groupe de contact sur le règlement de la situation en Ukraine. Il a fallu très longtemps à la Russie, mais maintenant, avec Gryzlov et Babich, la Russie implique pour finir quelques personnalités extrêmement énergiques dans le processus de négociations traitant de la guerre en Ukraine. Une bonne décision, de nouveau, mais une décision très tardive.

Ces mesures indiqueraient-elles que les Russes ont des informations que quelque chose d’important va bientôt se passer avec l’Ukraine ?

C’est possible. Je ne sais pas du tout, mais cela me semble comme s’ils préparaient quelque chose.

Quant à la Syrie, les Russes tentent d’augmenter leurs choix, mais il est peu probable que quoique ce soit d’important se passe avant l’arrivée de la nouvelle administration étasunienne. En outre, avec Erdogan toujours occupé à réprimer toute opposition, on ne sait pas quelle voie la Turquie prendra une fois que les purges seront terminées.

Ensuite, seulement ça

Selon Almasdar news, l’Iran vient d’accorder à la Russie le droit d’utiliser la base aérienne de Hamedan à l’ouest du pays. L’article original, intitulé La Russie déploie des avions à réaction sur une base aérienne iranienne pour combattre les insurgés en Syrie (photos), affirme même montrer des images de Tu-22M3 russes déjà déployés en Iran.

Si c’est vrai, c’est très significatif. Contrairement à Khmeimim, Hamedan est sûre et parfaitement située pour mener des attaques militaires en Syrie et ailleurs au Moyen-Orient.

Un problème cependant : Almasdar news est une source israélienne, qui fait partie d’Israel Project, une «organisation de diplomatie publique pro-Israël fondée aux Etats-Unis à l’apogée de la seconde intifada». J’ai vérifié auprès d’une source iranienne bien informée, qui ne confirme rien de tout cela en ce moment.

Le blogueur russe Colonel Cassad, cependant, a mené sa propre enquête et semble considérer que l’information est plausible.

D’autres sources russes confirment que la Russie a demandé à l’Iran d’autoriser des missiles de croisière russes à voler dans l’espace aérien iranien. Il semble que la collaboration entre l’Iran et la Russie se renforce, ce qui est, bien sûr, une très bonne nouvelle.

Enfin, si Erdogan est sérieux au sujet de sa collaboration avec la Russie et l’Iran contre Daech, alors une manière pour la Turquie de le faire serait d’ouvrir l’espace aérien turc aux attaques aériennes et aux missiles russes contre Daech.

Si cela se fait, la Russie aura le choix de quatre endroits pour lancer ses attaques : la Crimée, la Russie méridionale (l’Abkhazie), Khmeimim en Syrie et, espérons, Hamedan en Iran.

L’aéroport militaire de Bombora, tout près de Gudauta, en Abkhazie

Un endroit sur lequel garder tout spécialement un œil est l’aérodrome militaire de Bombora près de Gudauta, en Abkhazie.

Selon Lentra.ru, la longueur de la piste principale est de 4 km (c’est une erreur, la longueur actuelle est de 3 km) et cette piste aboutit se termine sur le bord de mer, permettant aux avions de décoller à très basse altitude et de rester ainsi sous la couverture radar de l’ennemi.

Cet aérodrome est actuellement protégé par quelque 4 000 soldats russes déployés en Abkhazie, équipés avec les nouveaux systèmes d’armes russes et formant l’épine dorsale de la 7e base russe[pour en savoir plus sur cette base, voir ici (source anti-russe) et ici, y compris des photographies très intéressantes].

Cet aérodrome est idéalement situé pour devenir un centre majeur pour les opérations des forces aérospatiales russes.

The Saker

Article original paru sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan relu par Cat pour le Saker francophone

 

28/08/2016

L' OCCIDENT A BIEN CONTRIBUÉ À CRÉER L' ETAT ISLAMIQUE !!! ANALYSE !

Comment l’Occident a contribué à créer l’« État Islamique »

 

 

Une remarquable analyse de Maxime Chaix. [ASI]

 

etata ilamique -american-made-weapons


En armant le Front al-Nosra dès 2012, les services secrets occidentaux et leurs alliés proche-orientaux ont directement et massivement soutenu le futur « État Islamique », comme je tente de le démontrer dans ma dernière analyse sur le conflit syrien. Publiée sur le site Contrepoints.org, elle inclut de brèves mais percutantes interventions du spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche et du député PS Gérard Bapt.

Je les remercie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions, et je vous encourage à diffuser largement cet article si vous estimez qu’il est digne d’intérêt.

Le site du magazine Foreign Policy vient de publier une enquête particulièrement instructive sur la rencontre qui a conduit à la séparation entre le Front al-Nosra – la branche syrienne d’al-Qaïda dirigée par Abou Mohammed al-Joulani–, et le réseau qui était alors connu sous le nom d’État Islamique en Irak (EII).

Dans cet article, Foreign Policy nous détaille cette rencontre cruciale entre d’importants commandants jihadistes, dont Abou Bakr al-Baghdadi, qui était alors le leader de l’EII, et Abou Omar al-Shishani, le chef militaire de Daech qui a été tué par une frappe de l’U.S. Air Force en juillet 2016.

Initialement, al-Shishani avait été formé par des instructeurs du Pentagonelorsqu’il combattait au sein des Forces spéciales géorgiennes en 2006.

Décrit comme un « élève star » à cette époque, il avait combattu l’armée russe en 2008 lors du conflit en Ossétie du Sud. En 2013, avec les miliciens du mouvement jihadiste qu’il avait fondé, le Jaish al-Muhajireen wal-Ansar, il a joué un rôle déterminant dans la prise de la base aérienne de Menagh, au nord d’Alep. Il recevait alors ses ordres du colonel Okaidi, un commandant de l’Armée Syrienne Libre (ASL)soutenu par les États-Unis et la Grande-Bretagne qui, de son propre aveu, entretenait des relations « fraternelles » avec les extrémistes du Front al-Nosra et de l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Cette même année 2013, Abou Omar al-Shishani prêta allégeance à l’EIIL, s’imposant rapidement comme le « ministre de la guerre » de Daech.

Comme nous le verrons, al-Shishani est loin d’être le seul combattant de cette organisation à avoir bénéficié d’un soutien occidental direct, du moins jusqu’en 2013.

Organisée en avril de cette même année, cette rencontre entre chefs jihadistes a lancé le processus de création de l’« État Islamique », qui fut décrété au mois de juin 2014 par son leader, Abou Bakr al-Baghdadi. 

Au plan symbolique, elle a conduit au changement de nom de l’EII, qui s’est alors rebaptisé l’EIIL (État Islamique en Irak et au Levant). Interrogé parForeign Policy, un participant à cette rencontre – surnommé « Abou Ahmad » pour des raisons de sécurité –, décrit le fonctionnement interne de ces milices terroristes. 

Essentiellement, cet article nous indique que cette rencontre a abouti non pas à une scission entre ces deux organisations, mais à une véritable absorption des combattants, des cadres et des moyens militaires et logistiques du Front al-Nosra par l’EIIL d’al-Baghdadi au printemps 2013.

Nous analyserons donc dans quelle mesure les opérations clandestines de la CIA et de ses alliés, dont les services français, ont alimenté dès 2012la montée en puissance de l’EII au sein d’al-Nosra, donc de ce qui allait devenir l’EIIL en avril 2013, puis l’« État Islamique » en juin 2014.

Printemps 2013 : l’EII absorbe la majorité des moyens humains et militaires d’al-Nosra

Pour le lecteur averti, l’information la plus importante de cet article de Foreign Policy se trouve dans sa conclusion.

En effet, lors de la séparation d’avril 2013 entre l’EII et le Front al-Nosra, une «large majorité de commandants et de combattants d’al-Nosra en Syriene suivirent pas » leur leader Mohammed al-Joulani – le fondateur d’al-Nosra issu de l’EII, qui durant l’été 2011 avait été envoyé en Syrie par Abou Bakr al-Baghdadi pour y mener le jihad.

Au contraire, ces combattants prêtèrent massivement allégeance à al-Baghdadi, se séparant du Front al-Nosra et constituant ce qui allait officiellement devenir l’« État Islamique » en juin 2014. Selon Foreign Policy, « le changement de l’EII vers l’EIIL signifiait que tous les groupes ou factions qui avaient rejoint l’EIIL perdraient leur nom. Pour le Front al-Nosra et son leader, Abou Mohammed al-Joulani, ce développement était un potentiel désastre ; il pouvait signifier la fin de leur influence dans le champ de bataille jihadiste le plus important au monde. Al-Joulani ordonna donc aux combattants d’al-Nosra de ne pas rejoindre l’EIIL, et d’attendre que [le numéro un d’al-Qaïda Ayman] al-Zawahiri se prononce sur qui devait diriger le jihad sur le théâtre de guerre syrien.

Une large majorité de commandants et de combattants d’al-Nosra en Syrie ne suivirent pas [al-Joulani].Lorsqu’Abou Ahmad visita Alep quelques semaines plus tard seulement, environ 90 % des combattants d’al-Nosra dans cette ville avaient déjà rejoint l’EIIL.

Les nouveaux soldats de Baghdadi ordonnèrent aux quelques derniers loyalistes d’al-Nosra de quitter l’hôpital d’al-Oyoun, qui avait été jusqu’à présent la principale base d’al-Nosra dans cette ville. “Vous devez partir ; nous constituons al-dawla [l’État] et nous regroupons la vaste majorité des combattants” dirent-ils aux hommes d’al-Nosra, selon Abou Ahmad.

“Donc ces quartiers généraux nous appartiennent.”Partout dans le Nord de la Syrie, l’EIIL s’empara des QG d’al-Nosra, des caches de munitions et des dépôts d’armes.

Étonnamment, la branche d’al-Qaïda en Syrie devait soudain combattre pour sa survie. Une nouvelle époque démarrait – celle de l’État Islamique. »

Interrogé sur ces informations de Foreign Policy, l’expert de la Syrie Fabrice Balanche confirme leur exactitude, tout en précisant que « ces faits étaient connus à l’époque, mais plutôt du côté des spécialistes ».

Selon lui, « entre avril 2013 et janvier 2014, la majorité du Front al-Nosra s’est rangée du côté de l’EIIL. Al-Joulani s’est donc retrouvé en minorité. Le rapport devait être d’un quart de combattants restant loyaux à al-Nosra, contre trois quarts se ralliant à l’EIIL.

La majorité des combattants du groupe jihadiste étaient des étrangers, dont beaucoup d’Irakiens. Ils ont donc préféré al-Baghdadi. » D’après ce chercheur, qui travaille actuellement au Washington Institute, « al-Nosra en Syrie regroupait environ 20 000 combattants avant la scission d’avril 2013. Par conséquent, près de 15 000 auraient rejoint l’EIIL et 5 000 seraient restés combattre sous la bannière d’al-Nosra – même si ces chiffres sont approximatifs.

Par la suite, al-Nosra s’est renforcé en s’alliant avec d’autres groupes syriens contre l’EIIL. Dans cette histoire complexe, il faut retenir que la guerre entre al-Nosra et l’EIIL fut particulièrement sanglante durant l’hiver 2013-2014.

Elle a laissé des traces, ce qui empêche les deux groupes de joindre leurs efforts. » Également interrogé sur cette scission, le député socialiste Gérard Bapt précise que «l’EIIL a ensuite été soutenu par les services spéciaux du prince Bandar pour contrer l’influence des Frères Musulmans qui s’exprimait à travers le Front al-Nosra, une milice appuyée principalement par le Qatar et la Turquie.

Les Saoudiens n’imaginaient probablement pas les conséquences d’un tel soutien, avec la proclamation désastreuse de l’État Islamique entre l’Irak et la Syrie en juin 2014. »

Les services secrets saoudiens et la CIA : du jihad afghan au takfir syrien

Rappelons alors qu’en juillet 2012, le prince Bandar était nommé à la tête des services spéciaux saoudiens, ce qui avait été analysé par la plupart des experts comme un signe de durcissement de la politique syrienne de l’Arabie saoudite.

Surnommé « Bandar Bush » du fait de sa proximité avec la dynastie présidentielle du même nom, il était ambassadeur à Washington à l’époque des attaques du 11-Septembre.

Depuis plusieurs années, cet homme intimement lié à la CIA est accusé par l’ancien sénateur de Floride d’avoir indirectement soutenu certains des pirates de l’air désignés coupables de ces attentats.

Après qu’il fut écarté de son poste de chef des services spéciaux en avril 2014, le Guardiansouligna que « Bandar avait dirigé les efforts saoudiens visant à mieux coordonner les livraisons d’armes aux rebelles combattant el-Assad en Syrie. Néanmoins,il a été critiqué pour avoir soutenu des groupes islamistes extrémistes, risquant ainsi le même “retour de bâton” que celui des combattants saoudiens d’Oussama ben Laden rentrant au pays après le jihad contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980 – une guerre sainte qui avait été autorisée officiellement. »

Or, comme à l’époque du jihad afghan, la CIA et les services secrets saoudiens ont étroitement collaboré en Syrie, la grande proximité du prince Bandar avec l’Agence facilitant cette politique clandestine.

En réalité, les relations entre la CIA et les services saoudiens sont littéralement fusionnelles. Début 2016, le New York Timesrévéla que l’Arabie saoudite avait été « de loin » le principal financeur de la guerre secrète anti-Assad de la CIA, baptisée « opération Timber Sycamore ».

Afin de renverser le gouvernement syrien, l’Agence a mobilisé « environ un milliard de dollars » chaque année depuis 2013, dans le cadre de ce que le Washington Posta décrit comme un « plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie », c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie.

En d’autres termes, la CIA a facilité et coordonné dès janvier 2012 les opérations syriennes des services secrets de ces pays, essentiellement financées par les pétrodollars saoudiens. Comme des experts et des journalistes américains l’on expliqué à l’automne 2015, cette guerre secrète aurait pu aboutir au renversement de Bachar el-Assad, essentiellement du fait des pertes infligées à l’armée syrienne par les missiles TOW made in USA.

En 2013, sous couvert d’équiper sa garde nationale et son armée de terre, l’Arabie saoudite avait acheté plus de 15 000 missiles TOW à la multinationale américaine Raytheon – soit un investissement de 1,1 milliard de dollars. En réalité, plusieurs milliers de missiles ont été distribués aux rebelles anti-Assad par différents services depuis les « MOC » (Military Operations Centers), des bases secrètes supervisées par la CIA en Turquie et en Jordanie.

Toujours selon le New York Times, « les efforts saoudiens [en Syrie] furent dirigés par le flamboyant prince Bandar ben Sultan, (…) qui demanda aux espions du royaume d’acheter des milliers [de mitrailleuses] AK-47 et des millions de munitions en Europe de l’Est pour les rebelles.

La CIA a facilité certains [sic] de ces achats d’armements pour les Saoudiens, dont un vaste deal avec la Croatie en 2012.

Durant l’été de cette même année, ces opérations semblaient être hors de contrôle à la frontière entre la Turquie et la Syrie, les nations du Golfe transmettant de l’argent et des armes à des factions rebelles – y compris à des groupes dont les hauts responsables américains craignaient qu’ils soient liés à des organisations extrémistes comme al-Qaïda. »

En réalité, malgré ces craintes, la CIA coordonnait clandestinement depuis le mois de janvier 2012 au moins deux réseaux d’approvisionnement en armes financés par les pétromonarchies du Golfe et la Turquie : une série de livraisons aériennes depuis les Balkans, qui a récemment fait l’objet d’une enquête approfondie du BIRN et de l’OCCRP confirmant le rôle central de la CIA dans ce trafic d’armes illégal ; et une autre voie d’approvisionnement maritime depuis la Libye, selon les révélations jamais démenties du journaliste d’investigation Seymour Hersh.

Concernant le trafic en provenance des Balkans, seuls cinq médias francophones ayant rapporté cette enquête sont recensés par Google Actualités.

Et parmi eux, seuls Mediapart.fr etBruxelles2.eu ont souligné la coresponsabilité des États-Unis dans ces opérations, contrairement à Liberation.fr,DirectMatin.fr, et LOpinion.fr – qui se sont contentés d’articles laconiques pour traiter ce sujet.

En juillet 2013, d’après le parlementaire britannique Lord Ashdown, ces opérations clandestines de la CIA et de ses partenaires avaient armé « presque exclusivement » les jihadistes du Front al-Nosra, qui incluait jusqu’au printemps 2013 l’EII d’al-Baghdadi. Bon connaisseur des Balkans, cet ancien Haut Représentant des Nations-Unies en Bosnie-Herzégovine confirmait ainsi les révélations du New York Times, qui nous avait informés en mars 2013 que les services spéciaux turcs, qataris, jordaniens, émiratis et saoudiens avaient introduit au moins 3 500 tonnes d’armements en Syrie depuis janvier 2012 avec l’aide discrète de la CIA – ce qui a considérablement renforcé la coalition Front al-Nosra/EII avant la séparation d’avril 2013.

 

Et comme nous l’avons démontré, la majorité des combattants d’al-Nosra ont alors été absorbés par l’EII, qui s’est rebaptisé EIIL et qui s’est accaparé les principales ressources humaines, logistiques et militaires d’al-Nosra.

Il est donc indéniable que ces politiques clandestines ont grandement encouragé le développement de ce qui allait devenir Daech en juin 2014, du moins sur le théâtre de guerre syrien. En Occident, le fait que si peu d’observateurs l’aient souligné semble être symptomatique d’une réticence collective à accepter que les réseaux d’al-Qaïda en Syrie furent massivement armés et soutenus par nos propres services spéciaux, et ce dans le but de renverser Bachar el-Assad.

L’irrésistible montée en puissance de Daech est donc bel et bien une conséquence directe de cette stratégie, comme l’avait prédit le Renseignement militaire du Pentagone dès 2012.

La coresponsabilité des alliés occidentaux et israéliens de la CIA dans le chaos islamiste en Syrie

Bien qu’ils aient joué un rôle majeur dans ce désastre, la CIA et ses alliés turcs et pétromonarchiques n’en sont pas les seuls fautifs. Selon les magistrats de la Haute Cour criminelle britannique, les services spéciaux de Sa Majesté ont soutenu la coalition Front al-Nosra/EII, potentiellement pour le compte de la CIA afin que cette dernière puisse échapper à la supervision du Congrès.

Depuis 2014, il est de notoriété publique qu’Israël soigne des combattants d’al-Nosra et, comme le grand reporter Robert Parry l’a souligné, Tsahal « a également mené des frappes aériennes en Syrie qui ont soutenu les avancées d’al-Nosra, ce qui a notamment impliqué l’élimination de conseillers du Hezbollah et de l’Iran qui aidaient le gouvernement syrien ».

En décembre 2012, le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius avait repris à son compte les arguments des alliés pétromonarchiques de la France, qui pensaient que le Front al-Nosra faisait du « bon boulot sur le terrain » alors que le Département d’État plaçait cette milice sur la liste onusienne des organisations terroristes – en contradiction avec la politique clandestine de la CIA et de ses partenaires. Cette déclaration stupéfiante, qui fut relayée par le journal Le Monde, n’avait pas été reprise dans la presse.

Elle avait été prononcée par Laurent Fabius alors que l’EII faisait partie intégrante de ce réseau terroriste ce qui, manifestement, n’a été relevé par aucun observateur.

En mars 2016, le magazine Marianne a révélé que la direction de la prospective du Quai d’Orsay avait, dès octobre 2012, alerté le ministre des Affaires étrangères et l’Élysée sur le fait que l’Arabie saoudite et le Qatar finançaient les groupes jihadistes en Syrie. Dans une note qui fut ignorée par leur hiérarchie, ces experts soulignaient que le « piège [venait] du Golfe », et que « nous [risquions] d’y tomber ».

Finalement, à partir de 2014, plusieurs députés de l’opposition ont affirmé que la France avait soutenu le Front al-Nosra. Interrogé sur cette question, le député Gérard Bapt confirme un « soutien clandestin de l’État français en faveur des différentes mouvances islamistes en Syrie, au regard de la porosité et de la proximité entre ces groupes alliés sur le terrain.

Or, l’aide française aux rebelles en Syrie, et plus généralement le soutien occidental en leur faveur, se sont poursuivis y compris après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, pourtant revendiqués par al-Qaïda. »

Nous pouvons conclure de ces différentes révélations que les services secrets occidentaux et leurs partenaires régionaux ont, au moins jusqu’en 2013, massivement armé et soutenu la milice takfiriste qui allait devenir Daech l’année suivante, puisque l’EII et al-Nosra constituaient une seule et unique entité avant leur séparation d’avril 2013.

Par conséquent, le Pentagone et ses alliés, qui incluent les forces aériennes françaises, sont en train de bombarder une organisation terroriste dont la CIA et ses partenaires ont grandement favorisé la montée en puissance en Syrie à partir de janvier 2012.

Hélas, cette schizophrénie stratégique subsiste : depuis deux ans, nos armées sont engagées dans des opérations contre Daech à l’efficacité d’ailleurs contestable, alors que la CIA et ses alliés continuent de soutenir al-Qaïda pour renverser le gouvernement el-Assad.

Or, selon un prestigieux think tank britannique cité par le Guardian en décembre dernier, « plus de la moitié des combattants rebelles en Syrie qui sont opposés au Président Bachar el-Assad sont favorables aux vues de l’État Islamique ». Dans ce même article, il est précisé que « si Daech est vaincu [en Irak et en Syrie], au moins 65 000 combattants appartenant à d’autres groupes salafistes-jihadistes sont prêts à prendre sa place ».

Ainsi, comme l’avait préconisé Michel Colomès en octobre 2015, il serait peut-être temps d’arrêter de « jouer les “bons” contre les “méchants” islamistes », une politique qui revient selon lui à « payer la corde qui nous pendra ».

Et comme l’avait dénoncé la représentante au Congrès Tulsi Gabbard le 19 novembre 2015 – soit moins d’une semaine après les attentats de Paris –, «renverser le gouvernement syrien d’el-Assad est le but de Daech, d’al-Qaïda et d’autres groupes islamistes extrémistes. Nous ne devrions pas nous allier avec ces fanatiques en les aidant à remplir leur objectif, car cela est contraire aux intérêts sécuritaires des États-Unis et de la civilisation. »

Quinze ans après le 11-Septembre, et dans un contexte de multiplication des attentats en Occident, ces arguments ne peuvent que remettre en cause l’impunité que laraison d’État légitime, et qui encourage des politiques échappant totalement aux contre-pouvoirs démocratiques.

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Source: http://maximechaix.info/?p=3583

 

27/08/2016

SUR LA CLIQUE DES VA-T-EN GUERRE ! TRIBUNE LIBRE !

Corbyn vient de jeter une bombe de vérité sur la clique des va-t-en guerre

   Crises Hégémonie Russie Ukraine
 
 

jeremy corbin

Ce 18 août, la raison pour laquelle l’establishment trouve Corbyn si dangereux s’est révélée dans toute sa clarté. Répondant à une question sur la défense, lors d’un débat contradictoire à la direction du Labour, il a refusé de justifier les actions de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), s’engageant en revanche à créer « un monde où il n’y ait pas besoin de faire la guerre ».

Pour des millions de citoyens de par le monde, c’est une excellente nouvelle. Mais pour ceux dont le seul but est de soutenir les pouvoirs en place et les industries si lucratives dont ils dépendent, les vues de Corbyn sont un vrai désastre.

Voulez-vous faire partie de notre gang ?

Dans le cours de ce débat, une question a été posée à Corbyn et à son collègue Owen Smith [L’autre candidat à la direction du Labour, NdT] à propos de la Russie :

–  Comment réagiriez-vous, en tant que Premier ministre, à une violation, par Vladimir Poutine, de la souveraineté d’un pays membre de l’OTAN ?

Corbyn a répondu :

On devrait d’abord faire en sorte qu’une telle chose n’arrive pas. C’est-à-dire qu’on devrait avoir au préalable établi une bonne base de dialogue avec les Russes, en leur demandant de respecter les frontières et en  respectant les leurs. La première chose que nous essayerions de faire, serait d’en arriver à une démilitarisation entre la Russie et l’Ukraine, et aux autres frontières entre la Russie et l’Europe de l’Est.

« Ce que nous ne pouvons pas permettre, c’est l’accroissement exponentiel de troupes des deux côtés de ces frontières, qui ne peut conduire qu’à des dangers de plus en plus grands. Dans l’état actuel des choses, tout cela ressemble furieusement à une politique de guerre froide. Il nous faut collaborer avec la Russie, nous engager à démilitariser cette région, de façon à éviter que de mortels dangers se concrétisent.

L’OTAN a été créée en 1949, dans le sillage de la Deuxième guerre mondiale. Elle a été créée, d’emblée, contre la Russie. Il s’agissait d’établir une alliance capable de défier « l’ours » rouge, partout où c’était jugé nécessaire. Mais, une fois le mur de Berlin tombé et l’Union Soviétique dissoute, les tensions avec la Russie ont diminué, et l’OTAN, décidée à justifier la permanence de son existence, est passée à d’autres objectifs. »

À présent, les tensions de la guerre froide sont de retour et, comme le dit Corbyn, il y a « un accroissement exponentiel de troupes » le long de la frontière russe. Le 10 février, par exemple, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenbergannonçait que :

« Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont mis d’accord sur une présence accrue dans la partie orientale de l’Alliance. »

Ceci est le jargon de l’OTAN pour désigner une augmentation massive de sa présence militaire dans six pays qui touchent directement le territoire de la Russie. Le Royaume Uni y participe avec cinq navires de guerre et un nombre considérable de militaires. Cette annonce faisait suite à celle du président US Barack Obama, décidant de quadrupler les dépenses militaires de la superpuissance en Europe à hauteur de 3,4 milliards de dollars.

À peu près à la même époque, le secrétaire US à la Défense, Ashton Carter expliquait que « l’environnement sécuritaire d’aujourd’hui » est « dramatiquement différent » de ce qu’il était au cours des deux décennies passées. Pendant les 25 dernières années, notait Carter, la défense US s’est surtout concentrée sur les « forces insurgées » comme les Taliban et certains groupes extrémistes. Mais maintenant, les États-Unis passent à la vitesse supérieure « en revenant à une compétition entre grandes puissances », avec des « ennemis haut de gamme » tels que la Russie et la Chine.

L’OTAN est à l’avant-garde de cette « compétition entre grandes puissances ».

Jouez selon nos règles ou sortez du jeu.

Comme la plupart des joueurs qui comptent des deux côtés de la « compétition » ont empilé de considérables stocks d’armes nucléaires, toute escalade des tensions aboutira en effet ce que « les mortels dangers [que nous courons] se concrétisent ». C’est la crainte que Vladimir Poutine lui-même a exprimée, lorsqu’il s’est adressé récemment à la presse étrangère :

« Vos populations n’ont pas l’air d’avoir conscience du danger pourtant imminent. C’est là ce qui m’inquiète ! Comment ne comprenez-vous pas que le monde est entraîné vers une catastrophe irréversible ? »

Corbyn a estimé que le « dialogue », la « démilitarisation » et la « collaboration » sont exactement les tâches auxquelles nous devons nous atteler, afin qu’aucune violation de souveraineté ne se produise pour commencer. Il prône la prévention des hostilités plutôt que des efforts pour y remédier une fois qu’elles ont éclaté.

Mais ce genre de tactiques ne semble pas vraiment faire partie des règles du jeu de l’OTAN. Au contraire, des mails récemment divulgués du commandant suprême en retraite de l’OTAN Philip Breedlove montrent qu’il a sciemmentcomploté autant qu’il le pouvait pour vaincre la répugnance du président Obama à faire grimper les tensions militaires en Ukraine.

Et Stoltenberg, dans son annonce au sujet de l’accroissement de troupes aux frontières de la Russie a tenu à mettre l’accent sur le principe de l’OTAN, selon lequel « une attaque contre un allié est une attaque contre tous les alliés », et que « l’Alliance toute entière y répondra »

C’est ce principe qui veut que tous les membres soient prêts à agir militairement si l’un d’entre eux se voit menacé qui a fait l’objet du débat à la direction du Labour. Et Smith a docilement répondu, en parfait accord avec la politique de l’OTAN :

« Nous porterions secours au pays membre de l’OTAN ; c’est la matière même des accords de l’OTAN. Ce serait le boulot de la Grande Bretagne, au cas où un pays membre serait envahi, c’est évident. Mais ce serait calamiteux et nous ne devrions jamais avoir à en arriver là.

Nous devons travailler diplomatiquement pour nous assurer que l’agression russe – et je pense qu’il s’est agi de rien moins que cela – que l’expansionnisme et l’agression militaire de ces dernières année par Poutine soit endiguée. »

Quel pourra être le succès de la « diplomatie », dès lors qu’on n’entend discuter que de « l’agression de la Russie » ? C’est une éventualité plutôt difficile à imaginer. Et si Smith croit vraiment que « nous ne devrions jamais avoir à en arriver là », il semble bien que la prévention soit le seul moyen d’y parvenir.

Une entreprise explosive

Réinterrogé avec insistance sur la question de savoir s’il est prêt à entreprendre une action militaire qui s’avérerait nécessaire, Corbyn, a conclu :

« Je n’ai pas envie de faire la guerre. Ce que je veux, c’est faire en sorte que dans le monde où nous vivons, il n’y ait pas besoin de faire la guerre, où cela ne soit pas nécessaire. Et y parvenir est possible. »

Après des décennies d’interventions militaires qui ont laissé la quasi-totalité du Moyen Orient en ruines, qui ont propulsé le terrorisme wahhabite sur la scène mondiale et qui ont érodé la confiance dans les communautés de tout l’hémisphère occidental, il ne faut pas s’étonner que l’assistance ait éclaté en applaudissements enthousiastes.

Mais les gens au pouvoir n’aiment pas ça du tout. Lord West, ex-ministre travailliste de la Sécurité et chef de la Royal Navy, a dit que les propos tenus par Corbyn étaient « absolument effrayants ». Le député travailliste Wes Streeting a, pour sa part, affirmé qu’il s’agissait d’« une grossière trahison de toutes les valeurs internationalistes du Labour ».

On pourrait pourtant estimer qu’il est justement du plus pur internationalisme de prôner une solution diplomatique à tous les conflits qui menacent non seulement les pays de l’OTAN mais tous les citoyens de tous les pays du monde, qui risquent d’en faire les frais. Mais ce n’est pas ainsi qu’on voit les choses dans les milieux que fréquente Streeting.

Certains pourraient même considérer qu’il est « absolument effrayant »  de ne pas essayer de convaincre l’OTAN – seule alliance militaire dont le Royaume Uni fasse partie – d’épuiser toutes les solutions pacifiques avant de se lancer dans des actions militaires.

Les médias de masse peuvent bien, s’ils veulent, donner libre cours à leur servilité légendaire en piaillant que Corbyn est « allé trop loin », et invoquer les mânes de Clement Atlee, fondateur de l’Alliance, dans leurs anathèmes.

Le monde d’aujourd’hui est un endroit très différent de celui où Atlee a négocié. Après les incessantes interventions des dernières années, il faut que nos furieuses démangeaisons militaires (et celles des autres) soient maîtrisées, si nous voulons qu’il y ait la moindre espérance de paix mondiale.

La vraie question géopolitique à l’ordre du jour n’est pas « qui va dominer le monde » mais « qui va le sauver ».

Impliquez-vous !

Agissez avec la Coalition Stop the War

Soutenez les Anciens Combattants pour la Paix, qui se battent maintenant pour que des solutions pacifiques soient trouvées aux problèmes du monde.

Carlyn Harvey – ICH – The Canary – 20 août 2016

Carlyn Harvey écrit sous un pseudonyme. Son vrai nom est Tracy Keeling. Elle est anglaise et travaille depuis des années dans l’éducation et le théâtre. Elle a une certaine expérience en tant qu’écrivain de fiction et, à ce titre, elle a été frappée par la capacité créatrice dont les médias de masse font preuve dans leurs reportages. Tracy pense qu’il y a comme un consensus de masse aussi dans les fables qu’ils servent au public du Royaume Uni, et elle trouve que celui-ci a nettement besoin de voix alternatives. C’est à quoi s’efforce Le Canari (The Canary) et elle est ravie d’y participer.

Article original: http://www.informationclearinghouse.info/article45318.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

Source: Les Grosses Orchadesl


Pour les anglophones :

En direct « live » de Birmingjam

Débat Corbyn-Smith du 18 août pour la direction du parti travailliste

 

FAUT-IL SORTIR DE L' OTAN ???

Nous devons prendre nos distances vis-à-vis de l’OTAN si nous voulons éviter le guerre

 

9
 

 

Le point de vue de trois médecins suédois qui militent dans le Mouvement pour la Paix au sujet de la dangerosité de l’OTAN

 

otan manif

Le risque de guerre nucléaire n’a jamais été plus grand, et c’est partiellement parce que l’OTAN a réarmé les pays qui entourent la Russie.

Pourtant, ces pays sont sûrs d’être eux aussi des cibles, si Poutine décide de riposter. Voilà ce qu’écrivent trois médecins suédois, dans un article qui a paru sur Göteborgsposten, le vendredi 12 août.

Pendant la crise des missiles cubains, le président Kennedy avait discuté avec ses conseillers les différentes options qui s’offraient à lui. L’une était de lancer une attaque limitée sur des bases anti-missiles soviétiques. On escomptait que Moscou accepterait cette réaction, au lieu de riposter d’une façon dont le résultat serait la dévastation aussi bien des États-Unis que de l’Union Soviétique.

De 1950 aux années 1980, il y a eu une doctrine de stratégie militaire appelée MAD (Destruction Mutuellement Assurée). MAD signifiait que si une grande puissance attaquait l’autre en premier, il serait toujours possible que la nation attaquée rendît les coups. Cette possibilité de frappe en retour a longtemps servi de dissuasion suffisante.

La sécurité relative qu’offrait la doctrine MAD n’existe plus. Les États-Unis et la Russie s’accusent aujourd’hui mutuellement et ouvertement de constituer une « menace existentielle ». L’équilibre, dans la stratégie militaire, devient de plus en plus inégal.

Le réarmement nucléaire des États-Unis et l’encerclement de la Russie par l’OTAN ont créé une situation hautement précaire et dangereuse. Il devient de plus en plus difficile de résister aux avantages d’une « première frappe ». Avec le soutien de l’OTAN, la Roumanie et la Pologne sont en train d’installer un nouveau système robotique de défense appelé « Aegis ashore ». Le président Poutine a averti les deux pays qu’en cas de conflit ils seraient ses premières cibles. Les inquiétudes de la Russie quant à une première attaque destinée à la désarmer semblent réelles. Si ces inquiétudes sont fondées, nous ne pouvons pas le savoir. Mais les arrière-pensées et les intentions de chaque superpuissance sont absolument cruciales pour notre sécurité.

Les risques n’ont jamais été plus grands.

L’ex-secrétaire à la Défense US William Perry a mis le monde en garde : les risques d’une guerre nucléaire sont aujourd’hui plus grands que jamais. Et le sont pour les raisons suivantes :

– La rupture de l’engagement pris lors de la dissolution de l’URSS (en 1990) de ne jamais étendre l’OTAN.

– Le nombre de pays membres de l’OTAN est passé, depuis, de 13 à 28.

– L’intervention illégale de l’OTAN en Yougoslavie (1999) et la création non moins illégale d’un Kosovo indépendant.

– La dénonciation unilatérale du TNP (Traité de non-prolifération des armes nucléaires) en 2001 par les États-Unis.

– L’installation de bases « anti-missiles » en Roumanie et en Pologne (voi ci-dessus), qui sont très facilement reprogrammables en bases d’attaque robotisées.

– La modernisation du système d’armement nucléaire US qui a coûté un trillion (douze zéros) de dollars.

– Le coup d’État illégal fomenté et soutenu par les USA (2014) en Ukraine.

– La supériorité militaire stratégique de l’OTAN en termes de possibilités de recourir à une « première frappe ».

– La démonisation de Vladimir Poutine, par comparaison systématique avec Hitler (Un « Hitler » n’est pas quelqu’un avec qui on puisse négocier, mais quelqu’un qui doit être éliminé.)

Les analystes américains indépendants en matière de sécurité tels que VIPS (Anciens Agents de Renseignement Professionnels pour la Santé Mentale) considèrent les jeux de guerre de l’OTAN dans le voisinage immédiat de la Russie comme extrêmement provocateurs et dangereux. De plus en plus d’hommes politiques européens prennent publiquement leurs distances avec la politique agressive de l’OTAN. Par exemple le Premier ministre grec Tsipras, le ministre des Affaires étrangères allemand Frank-Walter Steinmeier et le président français François Hollande. [?? NdT]

Effets opposés

L’OTAN est globalement fort. L’OTAN dépense, en armes, dix fois plus d’argent que la Russie. Beaucoup de pays s’imaginent que devenir membre de l’OTAN est un gage de sécurité. Mais quand un équilibre militaire est asymétrique, les conséquences logiques sont inversées. Si les USA et l’OTAN décident de frapper « préventivement » la Russie à partir des bases encerclant la Russie, les chefs de l’armée russe n’auront pas le temps de réagir.

La Russie a fait savoir clairement qu’une telle situation ne serait pas tolérée. Par conséquent, la Russie applique présentement une doctrine qui prévoit une frappe nucléaire avec des restrictions (« Concept de Désescalade »). L’avantage supposé de cette doctrine est qu’une première attaque limitée rendra une guerre tous azimuts moins probable. En ne répondant pas [à une frappe qui serait limitée à des pays d’Europe, NdT ] les États-Unis éviteront le risque d’une extension du conflit à leur propre territoire. Franchement, est-ce qu’un président des États-Unis voudra risquer de voir dévaster son propre territoire sous prétexte de punir les Russes d’une première frappe sur des bases européennes ?

La situation militaire stratégique est donc extrêmement instable. Des pays voisins de la Russie ont permis l’installation de bases de l’OTAN sur leur sol, au risque de plus en plus grand de devenir eux-mêmes les objectifs d’une première frappe. Le résultat de l’élection présidentielle US, quelle qu’en soit l’issue, ne peut être d’aucun secours.

Des causes et des effets

Si les politiciens occidentaux sont incapables de faire la différence entre des causes et des effets, entre une provocation et une réaction, les conséquences peuvent être dévastatrices. La Russie se trouve face à trois solutions possibles, en termes de rapports avec l’OTAN :

1) Céder, se laisser faire, et accepter de devenir vassale des USA

2) Attendre qu’une première frappe de l’OTAN la neutralise.

3) Frapper la première, avec des armes nucléaires tactiques, certaines bases « anti-missiles » européennes constituant pour elle une menace directe, en escomptant que les USA ne répliqueront pas pour ne pas risquer une contre-attaque sur leur territoire. (Donald Trump a déjà fait comprendre que les USA ne s’engageront pas militairement de façon inconditionnelle pour protéger leurs alliés de l’OTAN.)

Le président Poutine a fait savoir que c’est le troisième scénario que la Russie envisage aujourd’hui. L’unique détail qui ne soit pas sûr est « quand ». Le seul perdant assuré, dans tous les cas de figure, sera l’Europe.

Le rapprochement entre la Suède et l’Otan a augmenté le risque, pour notre pays, d’être entraîné dans une guerre. Pour cette raison, il est particulièrement important – pour la Suède et pour les autres pays d’Europe – de soutenir toutes les initiatives allant dans le sens d’une détente et d’un désarmement, et d’ainsi créer une opinion publique qui exige que nous prenions nos distances d’avec l’OTAN.

Leif Elinder, Anders Romelsjö et Martin Gelin – I.C.H. – 20 août 2016

Publié initilement en suédois sur Göteborgsposten – Titre original : “Vi måste fjärma oss från Nato om vi vill slippa krig”. Traduit en anglais par Siv O’Neall: http://www.informationclearinghouse.info/article45320.htm

Traduit en francais par c.l. pour Les Grosses Orchades

26/08/2016

SYRIE / ÉTATS-UNIS ...........

Syrie : les États-Unis mettent le bazar pendant que les grandes personnes réfléchissent à des solutions


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 22 août 2016 – Source   Moon of Alabama

La semaine dernière, un amiral chinois est allé à Damas et a promis le soutien de son pays. Le ministre d’État indien aux Affaires extérieures y a aussi fait un saut.

Le chef adjoint du renseignement turc y est allé en secret.

Auparavant, le président turc s’était rendu en Russie et le ministre turc des Affaires étrangères s’était rendu à Téhéran.

Cela fait beaucoup de discussions entre des grands pays qui sont des acteurs importants du conflit en Syrie.

Aucun d’entre eux, même pas Barzani, n’est dans le camp des États-Unis.

Je suppose que cette flambée diplomatique, qui court-circuitait Washington, a fait craindre aux États-Unis qu’une décision sur la Syrie ne soit prise sans eux. Ils devaient donc jouer leur propre carte.

Voilà l’explication la plus probable pour les heurts soudains à Hasaka où les YPG (Unités de protection du peuple) kurdes syriens se sont brusquement décidés à chasser la garnison de l’armée syrienne qui protège la population arabe à cet endroit.

Les forces spéciales américaines conseillent ces Kurdes.

La garnison de l’armée syrienne est isolée et les Kurdes sont bien capables de l’écraser. Ils ont donné aux soldats syriens le choix entre déposer les armes ou mourir.

Le but de cette manœuvre est de créer un bloc nord-est en Syrie qui soit complètement sous contrôle kurde – et parsemé de nouvelles bases américaines.

Cela donnerait aux États-Unis au moins un certain contrôle sur l’avenir de la Syrie. D’une manière ou d’une autre, les États-Unis doivent avoir réussi à soudoyer les YPG kurdes pour qu’ils créent ce mini-État au nord-est de la Syrie. Je crois que c’est une grave erreur de calcul de la part des Kurdes et qu’ils vont la regretter.

Les États-Unis ne sont pas un ami fiable et ils ne défendront pas les Kurdes si les autres acteurs se retournent contre eux avec toute leur puissance.

Les Russes tentent actuellement de négocier un nouveau cessez-le-feu à Hasaka et pourraient eux aussi exercer une certaine pression.

Auparavant, c’était l’armée syrienne et les Russes qui soutenaient les Kurdes et les approvisionnaient en armes et en munitions pour se défendre contre État islamique pendant que les États-Unis soutenaient les rebelles modérés. Se retourner maintenant contre leurs bienfaiteurs est de la trahison.

Pour le premier ministre turc, un tel mini-État kurde serait « inacceptable ». Il deviendrait la base arrière des Kurdes du PKK qui se battent en Turquie pour l’autonomie kurde.

Le PKK tue une douzaine de membres des forces de sécurité turques par semaine. Mais le PKK ne pourra jamais gagner une guerre contre l’État turc.

Seulement la moitié des Kurdes de Turquie, et probablement moins, les soutiennent, et même la gauche politique en Turquie, qui était favorable jusqu’à présent à une sorte de fédération, se retourne maintenant contre eux. Entraîner le front syrien dans cette lutte et se faire ainsi des ennemis supplémentaires n’a pas grand sens.

Avec le soutien aérien intensif des États-Unis, les YPG kurdes ont récemment chassé État islamique de Manbij.

Les combattants d’État islamique ont été autorisés à partir avec leurs familles. Ils vont recommencer à se battre et à tuer dès que possible.

Au nord de Manbij, à la frontière avec la Turquie, se trouve Jarablus (le point rouge sur la carte), qui est aussi aux mains d’État islamique actuellement.

C’est la prochaine cible des forces kurdes (en violet) qui veulent annexer toute la région de la frontière syro-turque, de l’est à l’ouest, jusqu’à la Méditerranée.

Jarablus était un point d’approvisionnement très important pour État islamique tant que la Turquie permettait aux biens et aux personnes de franchir la frontière. Le flux semble s’être arrêté, du moins pour les grosses quantités.

Ce n’est pas pour autant que les Turcs laisseront les Kurdes prendre la ville. L’artillerie turque frappedes cibles d’État islamique autour de Jarablus et un contingent de rebelles syriens modérés, c’est-à-dire des Turkmènes islamistes d’Asie centrale, se prépare en Turquie à traverser la frontière et à prendre Jarablus à État islamique.

Des frappes d’artillerie turques atteignent aussi parfois les positions des YPG.

Quel camp de ce combat à trois soutiennent les États-Unis ? Vont-ils, comme un expert fou lerecommande, bombarder tout le monde pour le symbole moral que cela représenterait, et pour montrer qu’ils sont prêts à exercer leur rôle légitime de superpuissance ?

L’ingérence des États-Unis en Syrie crée de plus en plus de chaos. Bientôt tout le monde va se battre conte tout le monde. Est-ce leur objectif ?

Quoiqu’il en soit, espérons que les nations plus grandes, plus anciennes et plus adultes que sont la Russie, l’Inde, la Chine et l’Iran, se mettront d’accord pour trouver une solution raisonnable et viable à ce conflit.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/