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25/06/2015

LA CHRONIQUE DE ROBERT SPIELER ! ( RIVAROL )

jeudi, 25 juin 2015

Chronique de la France asservie et résistante

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Robert SPIELER - RIVAROL N° 3193 du 18 juin 2015

BRUNO Gollnisch s’était longuement adressé aux catholiques dans une interview accordée à Civitas le 26 mai dernier. Il appelait très bizarrement les catholiques à rejoindre le FN des mignons marinistes. Décidément Bruno Gollnisch doit être masochiste ou poursuit d’obscurs intérêts personnels. Il avait donné cette interview deux jours avant d’être viré de la Commission des conflits. Jacques Bompard lui réplique excellemment sur son blog :

 

« Le 26 mai dernier, Bruno Gollnisch s’adressait aux catholiques en les invitant à rejoindre le Front National. Rien de plus naturel, pour celui qui, contre toutes les insultes, avait considéré qu’il lui fallait maintenir le cap au “Front”. Deux jours plus tard, le Front National nettoyait ses statuts en minimisant l’importance de Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu. Rien de plus naturel dans une structure qui a fait de la purge une maxime politique.[…]

 

Je crois qu’il faut désormais dire bien clairement aux bonnes volontés du Front National : vous faites fausse route. J’ai aimé, combattu, milité et donné plus que beaucoup pour ce parti. Je ne préfère pas me prévaloir de quelque grade militant qu’il soit, mais le patriotisme n’a, je crois, jamais eu à se plaindre de mon investissement. Le Front National a abandonné sa doctrine, décimé ses troupes sincères, et veut maintenant utiliser la fougue et la belle vigueur électorale que lui donnent les media du système pour asseoir les délires mégalomaniaques qui se sont emparés de Nanterre. Preuve, si vous en vouliez encore, que la dictature de l’esprit partisan finit systématiquement par abîmer les individus. Toujours.

 

J’en sais qui ne supporteront pas cette critique. Je veux leur dire que j’entends que la motivation d’un engagement se satisfait parfois du vernis. Néanmoins, ce vernis a fini par laisser éclater sa nocivité. Je vous épargne l’énumération des hommes et des femmes admirables recalés du marinisme. On voit aujourd’hui à quelle communauté la fille d’un père bafoué préfère confier l’avenir de votre labeur […] Vous savez bien que le Front National choisit d’exploiter discrètement les bonnes volontés identitaires pendant que l’entourage d’un ancien du MRC (NDLR : le parti de Chevènement) recueille les fruits financiers et honorifiques de votre travail.

 

Alors je veux dire aux catholiques qu’on appelait hier à rejoindre en masse le Front National, qu’aucun parti ne mérite un don aveugle de leur volonté. C’est leur famille, leur commune, leur terre, leur lignée et leur héritage qui méritent ce don total. Force est de constater que le Front National ne satisfait pas à nos aspirations. Engagez-vous chez vous, il n’est aucun besoin du marinisme pour changer notre quotidien et celui de nos proches. C’est même le plus grand obstacle à la conscience et à l’organisation réelle que la majorité des Français appellent de leurs vœux. »

 

Rien à ajouter ni à retrancher.

 

LES PURGES SUCCÈDENT AUX PURGES AU FN MARINISTE

 

Seize candidats aux élections départementales ont été définitivement exclus du Front national, selon Nicolas Bay, secrétaire général du parti, le 10 juin. Ils auraient tenu sur les réseaux sociaux des propos jugés xénophobes, islamophobes, antisémites ou homophobes, lors de la campagne des départementales ou des municipales. C’est Marine Le Pen, la présidente du FN, qui a tranché après que les media les eurent mis en accusation. Elle a suivi « pour l’essentiel les préconisations de la commission », précise Nicolas Bay. Lequel n’a pas souhaité communiquer les noms des candidats convoqués et des exclus. Il a eu cette phrase d’une grande profondeur : « On ne donne pas les noms. Ça se saura localement… » Outre ces 16 exclusions ont été validées quinze autres sanctions : deux suspensions de deux ans, trois suspensions d’un an, quatre suspensions de six mois, une suspension de trois mois, un blâme, un avertissement, et trois personnes ont été « mises en indésirables (n’étant plus adhérentes statutairement, elles n’auront pas la possibilité de réadhérer) ». Bruno Gollnisch n’a, quant à lui, pas eu la chance de pouvoir contribuer à exclure ses camarades. Il vient lui-même d’être viré de la Commission de discipline.

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VENEZ TOUS À LA FÊTE DE LA NÉGRESSE !

 

La Négresse est un quartier de Biarritz. Tous les ans a lieu une petite fête amicale qui rassemble les habitants. La prochaine a lieu le 20 juin. Un méchoui… Jusque-là, amis Rivaroliens, pas de motifs d’indignation. Sauf que l’inénarrable Jakubowicz, président de la Licra, y est allé de son indignation. Et ces gens-là osent tout et c’est bien à cela qu’on les reconnaît. Une fête de la Négresse ! Mais ça pue le racisme, estime Jakubowicz ! Il a écrit sur Twitter : « Ça se passe à Biarritz en 2015. Ça se passe de commentaire. Mais ça ne fait passer ni la nausée ni la honte. » Un des internautes relève : « Ça ne fait en tout cas pas passer la connerie ». Du coup, les internautes se déchaînent devant cet Himalaya de bêtise crasse. À propos, écrit l’un d’eux, l’Association des Paralysés de France demande qu’on rebaptise les Invalides et qu’on les appelle « Les personnes à mobilité réduite » et il ajoute : « Sinon les Fêtes de la Négresse à Biarritz c’est très bien. Interdit aux cons par contre ». Pauvre Jakubowicz ; il va encore hurler à l’exclusion…

 

LE CHÂTEAU DE NOS ROIS UNE NOUVELLE FOIS SOUILLÉ

 

Le philosophe Luc Ferry, ancien ministre de l’Education nationale a parfois des fulgurances qui flirtent dangereusement avec le politiquement et le culturellement incorrects. Il s’exprime ainsi au sujet de l’immondice, le vagin de la Reine, œuvre d’Anish Kapoor (je l’ai évoqué en ces colonnes dans le récent numéro de RIVAROL), déposé devant le château de Versailles et qui prétend être une œuvre d’art contemporain. Ferry n’y va pas de main morte, déclarant : « Exposition d’art contemporain à Versailles : même pas choquant, juste un Himalaya de laideur, de bêtise et de vulgarité. Qui osera le dire ? » Eh bien, RIVAROL l’a écrit ! Le philosophe a reformulé de façon encore plus explicite ses propos un peu plus tard : « Une pure merde pour cons prétentieux ».

 

Voilà qui est bien dit !

 

L’“ARCHEVÊQUE” DE STRASBOURG AIME L’ISLAM MAIS PAS JEANNE D’ARC

 

L’inauguration de la mosquée de la rue de l’Ill, à Strasbourg s’est faite, il y a quelques jours, dans le plus grand syncrétisme, en présence de “Mgr” Grallet, “archevêque” de Strasbourg. Le quotidien alsacien Les Dernières Nouvelles d’Alsace en vibre d’émotion. On peut y lire : « La vie de la mosquée de la rue de l’Ill a commencé avec une cérémonie interreligieuse et républicaine à haute valeur symbolique, vouée à rester dans les mémoires ». Une plaque, dévoilée par le maire socialiste Roland Ries et par le président de la mosquée, Chaïb Choukri rappellera aux générations ce beau souvenir d’une inauguration qui a eu lieu le 17 chaâban 1436 (4 juin 2015), mois du ramadan. Ils y étaient tous : “archevêque”, rabbin, pasteur, collectivités, associations, paroisses, politiciens, anonymes, homosexuels, pédophiles, drag queens et même hétérosexuels, pour se réjouir de ce moment de bonheur et de paix. Mais connaissez-vous “Mgr” Grallet ? Un petit rappel : le vendredi 6 janvier 2012 une messe dans la crypte de la cathédrale de Strasbourg était annoncée en l’honneur du 600e anniversaire de la naissance de Sainte Jeanne d’Arc. L’office devait être célébré par le “curé” de la Cathédrale, le “Chanoine” Michel Wackenheim, dans le rite romain traditionnel. Une cinquantaine de personnes étaient présentes. Stupeur : elles apprirent que “Mgr” Grallet avait interdit la célébration sans fournir aucune explication. Ce n’est pas la première fantaisie du personnage. Il avait déjà réuni tous les représentants de diverses religions et sectes au nom des Droits de l’Homme, histoire que ce beau monde signe un « décalogue pour la paix ». Ce “décalogue” est censé se situer dans la lignée de l’Appel pour le respect mutuel et le dialogue du maire Roland Ries. Pas étonnant que Ries et Grallet soient copains comme cochons. On se souvient qui déclarait en 2011, à propos des menus servis dans les cantines scolaires de la ville : « Nous servons de la viande halal par respect pour la diversité mais pas de poisson (le vendredi) par respect pour la laïcité ». Qui se ressemble, s’assemble…

 

QUEL LÈCHE-BABOUCHES, CE CAZENEUVE !

 

Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, rencontrait le samedi 6 juin un panel de lecteurs et d’auditeurs de confession musulmane sélectionnés par différents media. Le journaliste d’OummaTV a demandé au ministre s’il pouvait adresser un message aux mahométans à l’occasion du prochain mois de Ramadan qui débute ce 18 juin. Cazeneuve prit sa respiration, afficha un air des plus pénétrés et se lança avec une émotion non feinte, déclarant : « Je veux dire aux Français de confession musulmane, vivez intensément ce moment (le Ramadan), vivez-le au plus profond de vous-mêmes et au moment où vous le vivrez, pensez à la République ». Et il ajouta : « La République a besoin des Français de confession musulmane pour porter haut et loin ses valeurs. »

 

Interdit de rire…

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22/06/2015

LA FACE CACHÉE DE TARIQ RAMADAN !

LA FACE CACHÉE DE TARIQ RAMADAN…

 
LA FACE CACHÉE DE TARIQ RAMADAN…

En septembre 1994, Tariq Ramadan, professeur de français dans un collège de Genève, crée l’association Musulmans, Musulmanes de Suisse (MMS) et se bombarde président, sans tenir compte du fait que la plupart des musulmans de Suisse ne viennent pas d’Afrique du Nord mais de Turquie, de Bosnie, du Kosovo, et vivent en Suisse alémanique. Dès le 16 décembre 1994, Tariq Ramadan organise le premier congrès du MMS. Les musulmans ne se bousculent pas pour répondre à son appel. Qu’à cela ne tienne, il fait venir par bus entiers de l’Hexagone des militants de l’union des organisations islamiques de France (UOIF), proches des Frères musulmans, notamment Malika Dif et Hassan Iquioussen. Mais une journaliste du magazine suisse L’Hebdo révèle le pot aux roses, titrant « Les musulmans de Suisse étaient… français ». Elle raconte qu’à l’intérieur du congrès, les non musulmans et les journalistes auraient été traités d’« insectes ». Tariq Ramadan ne s’en relève pas. Il décide d’abandonner la Suisse pour la France.

Faux professeur à Fribourg

Aujourd’hui encore, le petit-fils d’Hassan Al-Banna, le fondateur des Frères musulmans égyptiens, peine à se faire entendre sur les bords du lac Léman. Le Centre islamique de Genève, créé en janvier 1961 par Saïd Ramadan, le gendre d’Hassan Al-Banna, aujourd’hui dirigé par son fils Hani Ramadan, le frère de Tariq, est considéré par beaucoup de musulmans comme une secte obscurantiste. C’est sans doute la seule mosquée en Europe appartenant exclusivement à une seule famille, les Ramadan. Quant à Tariq Ramadan, il n’a pas laissé que de bons souvenirs en Suisse. Enseignant, il séchait très souvent sa classe, critiquait ses collègues. Dans son livre Les Musulmans dans la laïcité, publié en 1994, il écrit en page 175 que les cours de biologie, d’histoire et de philosophie « peuvent contenir des enseignements qui ne sont pas en accord avec les principes de l’islam ».

Et surtout, il adresse des chroniques dans les journaux, notamment dans Le Monde, pour réclamer « un moratoire sur l’application de la charia ». Il se présente comme « professeur de philosophie et d’islamologie à l’université de Fribourg ». Or, il n’est ni professeur, ni même assistant. Tariq Ramadan se contente de donner bénévolement chaque semaine un exposé d’une heure sur l’islam aux étudiants fribourgeois. Néanmoins, c’est cette carte de visite biaisée qui lui permet de se faire passer à l’étranger pour un universitaire. « Malgré un bagage intellectuel assez léger, Ramadan se prévaut aujourd’hui d’enseigner à Oxford. Il oublie simplement de préciser que sa chaire universitaire est financée intégralement par le Qatar », souligne Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE. Pour mémoire, en sortant son chéquier, l’un des fils de Kadhafi avait obtenu un doctorat d’une université britannique, ne se donnant même pas la peine de le rédiger lui-même.

Des guetteurs sur la Toile

Charles Genequand, spécialiste du monde arabe à l’université de Genève, n’a jamais été convaincu par le sérieux de Tariq Ramadan. Il lui a refusé sa thèse portant sur le réformisme islamique et Hassan Al-Banna. Les raisons ? Tariq Ramadan tentait de faire passer son grand-père pour un Gandhi musulman. « Non seulement, il refusait d’apporter des corrections à sa thèse, mais il harcelait les membres du jury pour l’obtenir au plus vite », se souvient Charles Genequand. Témoignage confirmé par Ali Merad, professeur émérite à l’Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III et auteur de trois Que sais-je ? sur l’islam. Tariq Ramadan est allé jusqu’à le menacer d’une plainte universitaire s’il n’obtenait pas son doctorat. « J’ai été directeur de thèse pendant près de quarante ans en France, en Belgique, en Suisse. Je n’ai jamais vu un étudiant se conduire de la sorte », a témoigné Ali Merad (1). À cette époque, Tariq Ramadan décrochait lui-même son téléphone pour insulter et menacer tous ceux qui n’appréciaient pas à sa juste mesure son talent.

Aujourd’hui, il peut compter sur des dizaines de guetteurs sur la Toile. « Il suffit que j’écrive trois lignes sur Internet un peu critique vis-à-vis de Tariq Ramadan pour que je reçoive immédiatement une cinquantaine de messages plus que désagréables de la part de ses sbires », dénonce Ahmed Benani, politologue et anthropologue à l’université de Lausanne. « Tariq Ramadan n’est qu’une icône télévisuelle. Où sont ses travaux universitaires ? Aucun chercheur, qu’il s’agisse d’Olivier Roy, de Gilles Kepel, de Rachid Benzine, de feu Mohammed Arkoun ou d’Abdelwahab Meddeb ne l’a jamais pris au sérieux », lâche Ahmed Benani, qui a connu à Genève Saïd Ramadan, le père d’Hani et de Tariq Ramadan, disparu en 1995.

Les musulmans privés de parole

Même son de cloche de la part de Mohamed-Chérif Ferjani, islamologue et professeur à l’université Lyon-2. « Les insultes ? Je ne prends même plus le temps de les lire. En revanche, Tariq Ramadan n’ose pas m’affronter directement. J’ai dénoncé ses multiples mensonges dans mon livre Le politique et le religieux dans le champ islamique (2) ». Pour enjoliver l’image d’Hassan Al-Banna, Tariq Ramadan gomme systématiquement le caractère militaire et violent des Frères musulmans, en traduisant par exemple « jundî », non pas par « soldat », mais par « militant », et « katîba » par « cercle » au lieu de « brigade » ou « phalange ». Plus grave, il oublie de rappeler qu’Hassan Al-Banna prônait le califat « comme la seule forme possible de l’Etat islamique ». « Une bonne partie des attaques sur Internet sont pilotées par des professeurs d’université français. Ils demandent à leurs étudiants-chercheurs d’insulter tous ceux qui émettent des doutes sur les compétences de Tariq Ramadan », assure Mohamed-Chérif Ferjani.

« Bien évidemment, Tariq Ramadan a beau jeu de prétendre qu’il n’y ait pour rien. Mais je constate qu’il n’a jamais pris ses distances avec les insultes et les menaces proférées par ses acolytes. Ces derniers s’en prennent tout spécialement aux intellectuels d’origine musulmane. Le but est de créer un climat détestable et de tout faire pour empêcher les musulmans, qui ne partagent pas les idées de Ramadan, de s’exprimer », commente Haoues Seniguer, maître de conférence en science politique à Sciences Po Lyon. « C’est d’autant plus désagréable que les écrits de ce personnage méprisant manquent terriblement d’épaisseur scientifique. Un élément significatif : les lacunes révélatrices en matière de culture islamologique où les références à des penseurs tels que Rachid Benzine, Nasr Hâmid Abû Zayd, ou Mohamed Arkoun sont systématiquement absentes, voire écartées, car elles ne cadrent pas avec son système idéologique global ».

La bouche tordue par la haine

Même son de cloche de la part de Dominique Avon, agrégé d’histoire, licencié d’arabe, professeur à l’université du Maine, spécialiste des religions : « Dans Muhammad, vie du prophète, Tariq Ramadan s’en tient à un discours de traditionniste en présentant Adam comme le premier prophète ! Adam est une figure mythique, aucun autre universitaire un peu sérieux n’oserait écrire ce genre de chose », souligne-t-il, ajoutant que « celui qui se présente comme islamologue n’utilise jamais la moindre source académique pour parler des premiers siècles de la religion musulmane ». Ses seules références sont le Coran, les Hadiths (les actes et les paroles du prophète) non soumis à la critique historique, et quelques commentateurs médiévaux soigneusement sélectionnés.

Face à des contradicteurs, Tariq Ramadan abandonne très vite son sourire de miel, pour éructer, la bouche tordue par la haine. Le docteur Bakary Sambe, enseignant-chercheur au centre d’étude des religions, UFR des civilisations, arts et communication, à l’université Gaston Berge, à Saint-Louis du Sénégal, en a fait la triste expérience. « Alors qu’en France, il se vante d’être pleinement européen. En Afrique, il désigne l’Occident comme l’origine de tous les maux des musulmans. Sur l’intervention française au Mali, il adopte exactement la même position que les Frères musulmans, le Tunisien Rachid Ghannouchi et l’Egyptien Mohamed Morsi », rappelle Bakary Sambe. Mais pour s’être opposé à Tariq Ramadan, l’universitaire sénégalais a été présenté comme « anti-arabe » et même « pro-israélien », dans des écrits adressés à des étudiants musulmans, jusqu’aux Etats-Unis. « J’ai été obligé d’écrire un article en anglais pour contrer tous les mensonges que Tariq Ramadan proférait à mon égard », dénonce le chercheur africain.

Ian Hamel, « La vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie », Editions Favre, 2007.


Mohamed-Chérif Ferjani, « Le politique et le religieux dans le champ islamique », Fayard, 2005.

Source     http://www.delitdimages.org/la-face-cachee-de-tariq-ramadan/

CALAIS N' EST PLUS LA FRANCE ! REVUE DE PRESSE !

 

Migrants : à Calais, une journée tristement ordinaire

REPORTAGE - Manifestations pro et anti-migrants samedi à Calais sur fond de rumeurs. Dans la "new jungle", le provisoire devient définitif. Et chez les riverains la colère monte.

Ça va mal finir. À Calais, depuis quelques jours, tous les véhicules de police ont la même consigne : arrêter les agresseurs de migrants. Le scénario qui se répète depuis deux semaines inquiète les pouvoirs publics. Un véhicule maraude aux abords de la lande. Muni d'une barre de fer, un homme s'en extirpe brutalement, frappe à l'aveugle dans les jambes et la tête des migrants isolés, puis s'enfuit laissant sa proie au sol.

La police aurait enregistré deux plaintes mais il y aurait eu trois agressions ou peut-être quatre. Selon les associations, une des victimes est toujours hospitalisée à Lille. Une autre, un bandage sur le crâne a réintégré la "new jungle", le bidonville où vivent les quelque 3.000 migrants de Calais. "Selon les témoignages que nous avons recueillis, il s'agirait tantôt d'une berline noire type BMW, tantôt d'une grosse voiture grise", explique un enquêteur. "On nous a donné des numéros de plaques d'immatriculation, poursuit-il, mais ils ne correspondent à rien." Ratonnades planifiées ou acte individuel? Mise en scène sordide ou affabulations?

"We're not animals... Stop la police..."

Dans les rangs des militants associatifs et de la police, l'affaire est prise au sérieux. Avec un sentiment partagé – pour une fois – dans les deux camps : ne pas souffler sur les braises pour ne pas attiser la colère qui couve à Calais. Samedi, cette colère s'est exprimée sur le parvis de la mairie, alors que 200 à 300 migrants, des Africains originaires du Soudan pour la plupart, et des militants associatifs marchaient en cortège vers le centre-ville pour célébrer la Journée mondiale des réfugiés en brandissant des slogans rédigés en français et en anglais. "We're not animals… Stop la police…"

Devant la mairie, l'association d'extrême droite Sauvons Calais avait convoqué une vingtaine de ses membres, reconnaissables à leurs crânes rasés, à leurs tatouages, aux écussons bleu, blanc, rouge, siglés "Pour la France" et à leurs Doc Martens lacées de blanc. Le collectif et son porte-parole, Kevin Reche, ont émergé en 2013. Âgé de 21 ans, le jeune homme est au chômage et s'occupe de sa mère malade. Dernier boulot, dans la sécurité. En novembre 2014, il s'est rapproché du Parti pour la France de Carl Lang, dont il devient le candidat à Calais aux élections départementales.

Avec ses amis, il se revendique principalement… anti-immigration. Lors d'une de leurs dernières manifestations, des slogans racistes avaient fusé. Hier le discours était plus contrôlé. "On n'est pas contre les migrants mais contre l'immigration", répétait à l'envi Kevin Reche devant les journalistes, un petit sourire au coin des lèvres.

Au pied du splendide beffroi, quelques Calaisiens sont venus écouter les discours de Sauvons Calais. Un peu perdus, ils n'avaient pas vraiment l'air conscients du pedigree des organisateurs mais semblaient plutôt à la recherche de caméras et de micros. L'envie d'être écoutés. Pour une fois. Marie-Claire, 62 ans, tirée à quatre épingles dans son blazer bleu ciel, était accompagnée de son mari, un ancien de la police aux frontières à la retraite.

Jusqu'à l'âge de 52 ans, Marie-Claire a travaillé dans la confection, mais son usine a fermé. Elle s'est reconvertie dans l'aide à domicile. "J'ai tous mes trimestres et je touche 850 € net par mois de retraite, explique-t-elle avec des sanglots dans la voix. Je n'en peux plus de les voir arriver toujours plus nombreux. Il n'y a plus de boulot ici. Je n'ai jamais fait une manifestation de ma vie mais là il faut qu'on se mobilise. C'est pas contre eux, c'est pour nous. La maire était bien au début mais maintenant, elle devient pro-migrants. Il n'y a personne qui nous représente!" Marie-Claire s'éloigne un peu. Et affirme qu'elle n'a "rien à voir avec les fachos".

"Ils sont en train de nous envahir"

Un peu plus loin, une femme blonde, le cheveu court, écoute religieusement les conversations, sa petite croix catholique autour du cou. "Je quitte Calais, raconte t -elle à qui veut l'entendre, ici tout est mort. Ils sont en train de nous envahir. Il suffit de regarder le journal télévisé pour comprendre que ce n'est que le début. Aujourd'hui, ils sont 3.000 mais dans un an, ils seront le double ou le triple. C'est l'invasion." Raciste? "Je suis bénévole aux Restos du cœur", rétorque-t-elle en gage de sa bonne foi.

Trois hommes haussent le ton. "J'étais à Nanterre en 1968, lance l'un d'eux, eh bien, il y avait moins de CRS. On ne veut pas nous laisser parler." La conversation s'échauffe encore un peu. "En 1940, nos parents, ils sont restés pour chasser les Allemands. Ils n'ont pas émigré comme ceux-là. Ils se battraient dans leur pays s'ils étaient courageux.".

Au loin, les tambours et les cris des migrants résonnent. La police et les associations se sont mises d'accord pour éviter aux deux groupes de se croiser.

"Les vols ont baissé car nous avons renforcé les moyens sur le terrain, explique Gilles Debove, du syndicat SGP-Police FO, nous avons par exemple les collègues de la BAC de Lille qui viennent tous les jours. Mais ce n'est pas suffisant. La population supporte de moins en moins. Elle a le sentiment que les migrants bénéficient d'une sorte d'impunité. On les relâche souvent faute de moyens, alors qu'un Calaisien serait mis en garde à vue. Ils ne comprennent pas que ce n'est pas un traitement de faveur mais un principe de réalité."

La promesse de 10.500 places d'hébergement

C'est aux abords de la "new jungle", le camp des migrants, installée à quelque 7 km du centre-ville, que l'on sent le plus grand désespoir. La ville qui vient de signer une convention d'un montant de 500.000 euros avec l'État commence à aménager le terrain de 18 hectares laissé pour l'instant à l'état sauvage. L'eau, l'électricité, le ramassage des ordures, des toilettes sont en cours d'installation.

"C'est normal, reconnaît une riveraine, on ne peut pas laisser des pauvres gens dans une telle misère, mais cela veut dire qu'ils vont rester là des années." Cette kiné de profession vient de donner son congé à son bailleur. "Je ne vais pas payer 800 € par mois pour cela", raconte-t-elle. Son propriétaire a mis la maison en vente. "Je lui avais demandé de baisser le loyer, il n'a pas voulu. Tant pis pour lui, poursuit-elle, il y a quatre maisons en vente sur cinq dans le lotissement. Elles ne trouveront jamais preneur. Mon voisin a deux petites filles. Il a dû rentrer sa piscine gonflable. Les migrants venaient se laver dedans."

Un peu plus loin, sur le pas de sa porte, le voisin regarde le cortège rentrer au camp. "Moi, il ne me dérange pas, commente-t-il, je les comprends même. Mais avant ici, la route de Gravelines, c'était très résidentiel. Et puis ma femme, le matin quand elle commence à 5 heures, elle n'est pas rassurée. Certains boivent toute la nuit. Ils n'ont pas l'habitude."

Cette semaine, la promesse de créer 10.500 places d'hébergement, les barbelés en Hongrie et les sit-in à la frontière franco-italienne ont fait monter la pression d'un cran. Bien plus que les nouvelles arrivées. À Calais, l'idée que cela va mal finir s'installe. Durablement.

Marie-Christine Tabet, envoyée spéciale à Calais (Pas-de-Calais) - Le Journal du Dimanche

dimanche 21 juin 2015

 
http://www.lejdd.fr/Societe/Migrants-a-Calais-une-journee-tristement-ordinaire-738620  
Hier, deux manifestations se sont tenues à Calais. L'une en soutien aux migrants, l'autre contre l'immigration.*Paru dans leJDD
 

Samedi, deux manifestations se sont tenues à Calais. L'une en soutien aux migrants, l'autre contre l'immigration. (Rafael Yaghobzadeh pour le JDD)

MOTS-CLÉS ASSOCIÉS

Migrants, le micmac des chiffres

Comment se répartissent les migrants en Europe? La question devient de plus en plus épineuse. Surtout entre la France et l'Italie, qui se renvoient les demandeurs d'asile d'un côté et de l'autre de la frontière à Vintimille. L'Italie, principale porte d'entrée au sud de l'Europe, aurait accueilli sur son sol quelque 90.000 migrants depuis le début de l'année. Elle reproche au reste de l'Europe et à la France en particulier de lui laisser gérer la majeure partie des demandes d'asile.

Les chiffres d'Eurostat pour le premier trimestre 2015 montrent que la réalité est plus nuancée. Au cours des trois premiers mois de l'année, l'Europe a enregistré 185.000 nouvelles demandes d'asile. Un chiffre en hausse de 84% depuis le premier trimestre 2014. Avec quelque 73.000 demandes reçues (40% du total), l'Allemagne est le pays le plus sollicité. La Hongrie qui menace de fermer sa frontière avec la Serbie arrive en deuxième position (32.000 demandes) puis l'Italie (15.000 demandes) et la France (14.800).

Au premier trimestre 2015, par rapport au dernier trimestre 2014, la France et l'Italie accusent même une légère baisse des requêtes officielles, respectivement en recul de 5% et… de 28%. Cette baisse s'explique en partie par l'origine des demandeurs, principalement des Kosovars, et les routes qu'ils empruntent.

Dans le cas de l'Italie, ses voisins la suspectent de laisser passer les réfugiés sans enregistrer leurs empreintes et de ne pas traiter leurs dossiers de demande d'asile. Faute de trouver un accord de répartition, chacun joue sa partition. Quant aux Britanniques, ils auraient accueilli depuis le début de l'année, 10.000 migrants passés clandestinement par Calais. M.-C.T.
 

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LE JOURNAL EN LIGNE

LE PARTI DE LA FRANCE SUR TOUS LES FRONTS .....

21 juin 2015

CIVITAS MANIFESTE POUR LES CHRÉTIENS D’ORIENT ET RÉCLAME DES SANCTIONS CONTRE L’ARABIE SAOUDITE ET LES PAYS ALLIÉS DE L’ETAT ISLAMIQUE

Publié par Guy Jovelin

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Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi après midi à Paris à l’appel de l’institut Civitas en soutien aux Chrétiens d’Orient persécutés. La manifestation qui visait les pays complices des persécutions est partie de la place St Augustin pour se diriger vers l’ambassade d’Arabie Saoudite. Ce rassemblement a reçu l’appui de nombreuses personnalités qui ont apporté leur concours au défilé par leur présence ou en relayant l’appel sur différents médias.

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Sur une des banderoles on pouvait lire: « Il faut sanctionner l’Arabie Saoudite et les autres pays alliés de l’Etat Islamique » avec à l’extrémité une photo de François Hollande serrant la main du roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud d’Arabie Saoudite.

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Avant le départ du défilé, plusieurs personnalités (Marie d’Herbais, Jany Le Pen, le sénateur hre Bernard Seillier, l’avocat Elie Hatem) se sont relayées pour dénoncer le sort fait aux Chrétiens d’orient et le malheur qui s’abat sur l’Irak et la Syrie par la faute des tenants d’un nouvel ordre mondial.

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Au cours de la marche, plusieurs manifestants ont brandi des panneaux dénonçant les pays complices de l’Etat Islamique ainsi que les mensonges de certains politiques occidentaux.

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Arrivé à proximité de l’ambassade d’Arabie Saoudite, ce fut au tour de Marion Sigaut et du bouillonnant président de Civitas de prendre la parole. Celui-ci a dénoncé la récupération politique des persécutions subies par les Chrétiens d’Orient par François Fillon et Valérie Pécresse, qui organiseront à leur tour un rassemblement en leur faveur mardi 23 juin, s’interrogeant sur la sincérité de leur démarche alors « qu’en réalité François Fillon et Valérie Pécresse appartiennent à un parti qui comme le PS sont des alliés de la coalition qui a mis en place l’Etat Islamique« , remontant aux causes de la création de l’EI et de son développement fulgurant. Selon Alain Escada, ce n’est que parce que l’EI a reçu un soutien financier important de la part de certains pays que celui-ci a pu connaître une telle progression.

Il a cité à plusieurs reprises l’axe Washington Tel-Aviv qui voudrait, selon lui, redessiner les frontières du Proche et Moyen Orient en plaçant à leur tête des chefs d’état serviles. L’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweit, le Bahreïn et la Turquie ont été dénoncés comme étant associés à ce processus.

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Alain Escada a rappelé l’origine et la méthode mise en oeuvre qui a aboutit à déstabiliser la région: la coalition, en renversant Saddam Hussein, a mis le chaos en Irak, puis en renversant Mouammar Kadhafi a récidivé en Lybie. Par le même procédé, en renversant Bachar el-Assad, Alain Escada  prévoit que les coalisés mettront pareillement le chaos en Syrie. Celui-ci en a profité au passage pour dénoncer « le désordre mondial imposé par le nouvel ordre mondial. »

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Le président de l’association catholique traditionaliste a terminé son discours en considérant que messieurs Hollande, Valls, Fabius et Sarkozy avaient du sang sur les mains et que la place de BHL devrait être devant un tribunal pénal international.

MPI TV vous proposera sous peu les discours des différents intervenants.

 

ET AUSSI

 

 

 

dimanche, 21 juin 2015

Alors que les collabos nous bassinaient avec leur "journée pour l'immigration" : "SAUVONS CALAIS" SAUVE L'HONNEUR DE LA FRANCE

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Hier les associations pro-immigration avaient prévu des manifestations à travers le pays. A part les nouveaux arrivants qui pensaient obtenir plus vite des allocs en y participant, le bide fut total.

A Calais cependant le collectif Sauvons Calais, dirigé par Kevin Reche, avait lui aussi organisé une manif. Celle-ci visait à protester contre le climat de violence qui règne dans la ville depuis l'arrivée massive de clandestins. Ce rassemblement  démontre à lui-seul le ras-le-bol grandissant des Calaisiens et des Français en général face à l'incapacité du pouvoir de mettre fin à cette situation de plus en plus insupportable pour tous.

Partout en France la Résistance nationale et identitaire face au Système broyeur des peuples doit s'intensifier.

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PALMYRE : LE RÉSULTAT DES PALABRES DE L' ONU ET DE L' OTAN .....

L'EI a truffé d'explosifs le site antique de Palmyre

Publié par wikistrike.com sur 21 Juin 2015, 16:27pm

 

L'EI a truffé d'explosifs le site antique de Palmyre

Le groupe djihadiste a miné la ville antique de Palmyre, inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité.

Les djihadistes du groupe État islamique ont miné la ville antique de Palmyre, dans le désert du centre de la Syrie, faisant craindre un désastre pour ce site inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité. Le site est désormais truffé de mines et d'explosifs, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), un mois jour pour jour la conquête de Palmyre par les djihadistes, qui en ont chassé les troupes gouvernementales. Déjà tristement célèbres pour leurs destructions irrémédiables de trésors archéologiques en Irak, les jihadistes risquent d'effacer de la carte le joyau du désert syrien, et avec lui un pan de l'histoire du pays.

Des intentions incertaines. Il n'était cependant pas clair dans l'immédiat si l'intention des djihadistes était de menacer de s'en prendre à la ville antique pour empêcher les forces syriennes d'avancer, ou bien de faire sauter quoiqu'il arrive le site réputé pour ses colonnades torsadées romaines, ses temples et ses tours funéraires, a précisé l'OSDH. Mais une source au sein des services de sécurité syriens a assuré que le régime ne serait pas sensible à un tel chantage. "L'armée interviendra dans toutes les régions où se trouvent les terroristes pour les en chasser, y compris à Palmyre", a affirmé cette source. Un colonel connu pour avoir mis fin au blocus par les rebelles de la partie d'Alep contrôlée par le régime, a reçu la mission de reprendre Palmyre selon un responsable politique à Damas.

Des destructions au bulldozer. En avril, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des jihadistes de l'EI détruire à coups de bulldozers, de pioches et d'explosifs le site archéologique irakien de Nimroud, joyau de l'empire assyrien fondée au 13e siècle. Dans les dix jours qui ont suivi la prise de Palmyre, l'EI a exécuté dans et à l'extérieur de la ville plus de 200 personnes, dont 20 abattus dans le théâtre antique. L'EI, qui a profité du conflit déchirant la Syrie depuis mars 2011 pour s'y implanter, contrôle désormais la moitié du pays, selon l'OSDH.

 

Source

19/06/2015

LE MARIAGE DE LA CARPE ET DU LAPIN ???

L’alliance secrète entre Israël et les pays arabes du Golfe rendue publique

 

 

 

En 2009, un câble diplomatique du Département d’Etat américain donna un des premiers aperçus d’une alliance montante entre Israël et les pays arabes du Conseil de Coopération du Golfe (le CCG). Le câble citait Yacov Hadas, un officiel du Ministère des Affaires étrangères israélien: » les Arabes du Golfe croient dans le rôle d’Israël à cause de la perception qu’ils ont des relations étroites entre Israël et les Etats-Unis. » Et ajoutait que les pays du CCG « pensaient qu’Israël pouvait faire des miracles. »

Israël et les pays du Golfe avaient aussi un intérêt commun, celui de contrer ce qu’ils considéraient comme l’influence croissante de l’Iran au Moyen-Orient. Ainsi, alors que les deux parties croisaient le fer en public- l’opération militaire israélienne « Plomb Durci », qui venait juste de faire plus de 1 400 victimes dans la Bande de Gaza, était condamnée par les termes de « violente agression » par l’Arabie saoudite dans une lettre adressée à l’ONU  – les deux pays entretenaient  » d’excellentes relations » derrière des portes closes. Hadas aurait ajouté que les Arabes du Golfe n’étaient pas encore « prêts à faire en public ce qu’ils disaient en privé. »

Six ans plus tard, il semblerait que les pays du CCG soient prêts à rendre public leur rapprochement avec Israël. Lors d’une réunion cette semaine à Washington, au Conseil des Relations étrangères, commentée sur Bloomberg TV par Eli Lake, d’anciens officiels de haut rang saoudiens et israéliens ont non seulement partagé la scène mais ils ont révélé que les deux pays avaient eu toute une série de rencontres de haut niveau pour discuter de stratégies communes, concernant surtout la prédominance de l’Iran sur la région. L’ancien général saoudien Anwar Eshki a ouvertement appelé à un changement de régime en Iran. De son côté, Dore Gold, ancien ambassadeur israélien à l’ONU, qui fut en son temps un farouche opposant à l’Arabie saoudite, a parlé de sa sensibilisation à ce pays au cours des dernières années et des possibilités d’aplanir les divergences résiduelles entre les deux pays. Il a déclaré: » Le fait que nous soyons ensemble ici sur cette scène aujourd’hui ne signifie pas que nous avons résolu tout ce qui nous sépare depuis tant d’années mais nous espérons fermement y parvenir tout à fait dans les années à venir. »

Cela fait longtemps que les relations avec Israël sont un troisième rail pour les pays arabes. Suite à la création de l’état d’Israël en 1948 et la fuite de centaines de milliers de réfugiés palestiniens, d’autres pays du Moyen-Orient ont maintenu une position d’hostilité déclarée envers Israël, en accord avec leurs opinions publiques. Certains pays tels que l’Egypte, sous une dictature militaire, ont conclu des traités de paix officiels avec Israël au mépris de leur opinion publique, mais les pays du Golfe, pour la plupart, sont restés à l’écart.

Cependant, ces dernières années, le double phénomène des printemps arabes et de l’influence montante de l’Iran a rapproché d’Israël les dirigeants des pays du CCG  L’an dernier, le prince saoudien Turki bin Faisal s’est offert le luxe, fait sans précédent, d’écrire un éditorial dans un grand journal israélien, appelant à la paix entre Israël et les pays du CCG et à la résolution du conflit israélo-palestinien. Comme l’administration d’Obama a poursuivi ces dernières années une politique de détente avec l’Iran, des rapports ont dévoilé une coopération secrète sur la sécurité entre Israël et les pays du CCG. Le site d’investigations Middle East Eye a dernièrement montré l’existence de vols secrets réguliers entre Abu Dhabi et Tel Aviv en dépit de la soi-disant interdiction faite aux citoyens israéliens d’entrer aux Emirats Arabes Unis.

Dans son livre publié en 2012, After the Sheikhs: The Coming Collapse of the Gulf Monarchies, Chris Davidson, professeur à l’université de Durham, écrit que les pays du Golfe continueront à rechercher le soutien d’Israël à cause des pressions extérieures grandissantes qui se font sentir suite aux soulèvements régionaux. Même s’il dit que les pays du CCG sont constitués de « populations nationales pour la plupart anti-israéliennes et pro-palestiniennes hyper sensibles sur les sujets du Sionisme et d’Israël », le livre montre bien une coordination clandestine croissante sur les plans économique et politique entre les dirigeants des pays du CCG et leurs homologues israéliens au cours de ces dernières années.

Il y a cependant des signes indiquant que même les sentiments populaires anti-israéliens dans ces pays sont en train de changer. Un récent sondage de l’opinion saoudienne réalisé par des étudiants du Centre Interdisciplinaire d’Herzliya, université israélienne, a montré qu’une minorité de Saoudiens considérait Israël comme une menace pour leur pays. Ils disaient plutôt que l’Iran ou l’Etat islamique naissant étaient leur principal objet d’inquiétude. Alex Mintz qui a supervisé le sondage d’opinion a déclaré:  » La façon dont nous voyons les Saoudiens, ici en Israël, ne correspond pas exactement à ce qu’ils sont. Nous croyons savoir ce que pensent les gens en Iran, à Gaza et en Arabie saoudite, mais aucune des personnes à qui j’ai parlé ne pensait que les Saoudiens diraient qu’ils avaient bien plus peur de l’Iran que d’Israël. Personne n’avait prévu ça. »

Avec l’administration d’Obama qui cherche à conclure cet accord nucléaire crucial avec l’Iran le mois prochain, il semble probable que les pays du Golfe et Israël, alliés traditionnels des Américains mais unis dans leur refus de cet accord, continueront à construire leur coordination stratégique. Que d’anciens officiels de haut rang représentant à la fois les intérêts du Golfe et ceux d’Israël aient décidé de rendre publique leur coopération est le signe que cette alliance se renforce. Comme cette relation s’épanouit dans le contexte de la crise israélo-palestinienne et de la prédominance en Israël de partis politiques d’extrême droite, il semble clair que les dirigeants des pays du CCG ont décidé, suite aux printemps arabes, de placer leurs petits intérêts personnels au-dessus des principes annoncés haut et fort concernant la stabilité dans la région.

MURTAZA HUSSAIN – 6 juin 2015

Article original en anglais : https://firstlook.org/theintercept/2015/06/05/israel-gcc-...

Traduit par Christine Malgorn  – Auteur de Syrie, mon amour. 1860, au cœur de la guerre oubliée. EditionHarmattan, 2012  – Voir la vidéo  (disponible sur Amazon);  et de « Bienvenue au Shéol » paru en avril 2015 (disponible en numérique sur Amazon, et en format papier). Voir son blog:https://cmalgorn.wordpress.com)

Source: http://arretsurinfo.ch/lalliance-secrete-entre-israel-et-...

MAIS Où SONT PASSÉS LES AMIS DE LA LYBIE ? ( AHMED KADHAFI )

Ahmed Kadhafi: « Mais où sont donc passés les amis de la Libye?

Irak Libye Syrie
 
 
Ahmed Kadhaf ad-Dam KadhafiLe cousin du feu dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a accordé une interview exclusive à l’agence Sputnik.
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Les puissances occidentales ne semblent pas être intéressées par une stabilisation de la Libye, plongée dans le chaos depuis l’intervention de l’Otan en 2011, estime l’ex-colonel de l’armée libyenne Ahmed Kadhaf ad-Dam Kadhafi, cousin de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi.

Dans un entretien exclusif avec l’agence Sputnik, il déplore « la destruction et l’effusion de sang quotidiennes » qui se poursuivent dans le pays sans que la communauté internationale ne s’en préoccupe.

 

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« Malheureusement, le monde ignore ce qui se passe en Libye, et la laisse errer parmi les décombres. Il y a deux millions de réfugiés et de prisonniers dans le pays, et c’est vraiment très triste », a déclaré l’ex-colonel.

Selon lui, les pays occidentaux ne sont pas vraiment intéressés par la stabilisation de la Libye. »Ils avaient leur intérêt à éliminer Mouammar Kadhafi, mais où sont-ils maintenant, ces +amis de la Libye+? (…). Le pays est en ruines, et les gens y sont tués chaque jour; c’est une honte pour les Nations unies », lance-t-il.

 

L’ancien officier a également accusé l’Occident d’avoir pavé la voie à l’Etat islamique en Libye à l’époque de la révolte contre Mouammar Kadhafi.

 

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« Ils sont venus d’Afghanistan, du Pakistan, du Bangladesh et de plusieurs autres pays, et les Etats étrangers leur ont fourni un soutien aérien (…).

Leur principal objectif était de tuer Mouammar Kadhafi, car il voulait unifier le continent africain. Ils considèrent l’Afrique comme une mine, ils veulent la recoloniser de nouveau et réduire les Africains en esclavage », affirme l’interlocuteur de l’agence. »Ils nous traitent de façon barbare, puisqu’ils ne maîtrisent pas d’autres langues que celle de la force.

Ils n’ont jamais envisagé de solution pacifique ni de projet positif pour les Africains ou les Libyens », indique-t-il.Toujours d’après lui, la Syrie serait devenue « un enfer similaire » sans le soutien de la Russie et de son président Vladimir Poutine.

 

 

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Dans le même temps, évoquant l’expansion actuelle de l’Etat islamique en Libye et en Syrie, Ahmed Kadhafi a estimé que les forces de la coalition internationale « ne combattaient pas du tout l’EI ». »Au contraire, ce sont l’Occident et l’Otan qui ont créé l’EI.

Il n’y avait pas d’extrémisme en Irak, en Syrie ou en Libye avant l’intervention de l’Otan dans ces pays », souligne Ahmed Kadhafi. »La question est de savoir comment il est possible que l’intervention de l’Otan ait permis à la moitié des territoires irakiens et syriens de passer sous le contrôle de l’EI ?

L’Otan est-elle devenue si faible? », se demande-t-il.

 

Sputnik – 18.06.2015

Source : http://fr.sputniknews.com/international/20150618/...

COMMENT ON ÉLIMINE LES PAYSANS ...........

L’accaparement mondialisé des terres agricoles: Un marché spéculatif en forte expansion et élimination des paysan

Publié par wikistrike.com sur 18 Juin 2015, 12:12pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie#Economie

L’accaparement mondialisé des terres agricoles: Un marché spéculatif en forte expansion et élimination des paysan

La concession ou l’acquisition de la terre pour des fins spéculatives n’est pas un phénomène nouveau. Celui-ci s’est produit, au cours des derniers siècles, avec l’établissement des latifundios, de grands domaines appropriés ou usurpés par de riches propriétaires terriens ou par les institutions bancaires comme on a pu l’observer fréquemment en Amérique latine. Ou encore quand des terres consacrées aux cultures vivrières sont transformées pour laisser place à des cultures pour l’exportation telles que les cultures du café, de la canne à sucre ou du cacao. En général, ceux qui faisaient l’acquisition de vastes propriétés foncières dans un pays étaient le plus souvent originaires ou habitaient le pays. Aujourd’hui, les acheteurs peuvent se retrouver un peu partout sur la planète et parcourent le monde pour saisir les possibilités d’acquisition de propriétés de valeur et très souvent offertes à bas prix par leurs propriétaires ou par les gouvernements nationaux. C’est la course aux investissements rentables ou la financiarisation du domaine foncier. C’est une forme extrême du colonialisme qui ne connaît pas de frontières. Dans les faits, c’est toute la planète qui est sacrifiée pour le bénéfice des grands pouvoirs financiers et ce le plus souvent avec le concours des États et des organisations internationales telles que la Banque mondiale.

Le processus que nous observons aujourd’hui s’est développé au cours de la dernière décennie et les terres sont devenues l’objet d’un marché mondial. Un certain nombre de pays tels que l’Arabie Saoudite et la Corée du Sud se sont rués sur les terres du continent africain. D’autres ont opté pour celles des Amériques. Selon les derniers rapports rendus publics par les organisations non gouvernementales telles que GRAIN, le phénomène s’est intensifié au cours des dernières années et les expressions employées pour le qualifier ont souligné ses effets pervers pour la paysannerie des pays pauvres : Razzia, escroquerie au détriment de la population, néo-colonialisme foncier, destruction des ressources agricoles, extorsion coordonnée au plus haut niveau, etc. Cette agression par les pouvoirs financiers contre la paysannerie est tout simplement abominable comme on peut l’observer au Honduras et dans plusieurs pays africains. Elle laisse entrevoir un appauvrissement accentué des paysans qui deviennent des travailleurs agricoles dans leurs propres terroirs à l’instar de ceux qui ont été forcés d’abandonner leurs terres au profit des producteurs de fraises étrangers au Mexique dans les années 1970 (http://revistas.bancomext.gob.mx/rce/magazines/40...).

Dans cet essai, nous allons décrire les principales composantes de l’accaparement des terres agricoles telles que définies par la FAO et les ONG internationales et, notamment, GRAIN. Nous essayerons de mesurer l’ampleur du phénomène à l’échelle mondiale et nous donnerons un aperçu des conséquences néfastes qui s’exercent sur la paysannerie des pays pauvres. Un grand nombre de rapports d’enquête ont été produits concernant cette problématique et, notamment, ceux de la FAO (2009 et 2011), ceux des organismes de défense des droits fonciers de la paysannerie, les résultats de consultation dans plusieurs pays tels que le Groupe canadien de réflexion sur la sécurité alimentaire (2013) et les réflexions contenues dans un mémoire présenté en mars 2015 par l’Union des Producteurs agricoles (UPA) au gouvernement du Québec, Canada.

Figure 1. Vue globale de l’accaparement des terres agricoles

Source : http://www.alimenterre.org/image/laccaparement-te...

I. L’accaparement des terres. Des perceptions divergentes

« Dans le jargon des économistes et au sein des institutions internationales, l’accaparement des terres, qui vient de l’expression anglaise « land grabbing », se définit comme l’acquisition controversée de grandes étendues de terres agricoles auprès des pays en développement par des sociétés privées, gouvernementales ou des fonds d’investissement » ( UPA).

Selon GRAIN, « l’accaparement est l’acquisition (location, concession, achat…)- par des firmes ou des États- de vastes zones cultivables (>10 000 ha), à l’étranger et à long terme (souvent 30-99 ans)- pour produire des denrées de base destinées à l’exportation par le biais d’une agriculture spécialisée et délocalisée désormais vue comme une stratégie d’approvisionnement par des gouvernements fortement dépendants des importations » (slideshare.net).

Lors de la présentation de son Rapport sur l’accaparement des terres en mai 2009, la FAO indiquait que «les transactions sur la terre peuvent créer des opportunités (débouchés garantis, emplois, infrastructures et hausse de productivité agricoles) mais peuvent aussi causer des dommages si les populations locales sont exclues des décisions et si leurs droits fonciers ne sont pas protégés ». Selon l’L’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), tout dépend du modèle commercial mis en place, des modalités de partage des bénéfices et de la gouvernance qui encadre le tout (paysansdumonde.over-blog.com). Selon les ONG cette interprétation n’est pas acceptable, car elle tend à rendre ce phénomène légitime (voir plus bas l’Appel de Dakar contre l’accaparement des terres lancé en 2011).

II. La Planète est à vendre!

Les pouvoirs financiers vs la paysannerie. L’empire du capital met en danger la sécurité alimentaire de la planète

Le phénomène de l’accaparement des terres a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie. Les transactions se sont multipliées et de nouveaux acteurs sont entrés en scène de sorte que l’on peut parler maintenant d’un processus qui affecte de plus en plus de pays et qui risque de mettre en danger la sécurité alimentaire de la Planète en ayant à l’esprit que plus de 70% des denrées alimentaires produites dans le monde le sont par les petits paysans. Les divers intervenants sont classés ainsi : Les investisseurs, les gouvernements hôtes, la société civile (les organisations des ruraux pauvres et de leurs groupes de soutien), les agences internationales de développement, les investisseurs qui définissent des options visant à maximiser la sécurité pour les investissements et les gains de développement durable ainsi que les fonds d’investissement des fonds souverains y compris ceux qui sont plus familiers avec les transactions financières autres que celles du monde agricole.

2009 – Constats –  L’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED, Londres), la FAO et le Fonds international de développement agricole (IFAD)

Selon ces organisations, on peut conclure, à partir de diverses analyses de la situation globale, que les activités liées à l’accaparement des terres sont fort significatives dans l’analyse des inventaires qui ont été documentés pour un total de 2 492 684 hectares d’allocations de terres depuis 2004 dans cinq pays du continent africain en excluant les allocations de moins de 1000 hectares. On a observé une hausse des investissements au cours des cinq dernières années, avec une tendance à une augmentation dans tous les pays et on s’attend à une croissance des niveaux d’investissement dans l’avenir  (ftp.fao.org).

Augmentation de la taille des terres accaparées

Les demandes de terres de grandes superficies constituent encore une faible proportion du total des terres appropriées dans tous les pays, mais la plus grande partie des terres restantes sont déjà mises en valeur ou revendiquées le plus souvent par les populations locales, une pression croissante s’exerçant  sur les terres de grande valeur et, notamment, celles qui ont un fort potentiel pour l’irrigation ou celles qui sont situées à proximité des marchés de consommation. On s’attend à observer une augmentation de la taille des acquisitions montrant des variations considérables selon les pays – Citons trois cas de terres dont l’attribution a été confirmée et documentée, soit le projet de biocarburants de 452,500 hectares à Madagascar, un projet destiné à  l’élevage de 150.000 hectares en Éthiopie et un projet d’irrigation de 100 000 hectares au Mali (ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/011/ak241e/ak241e.pd...).  .

Tandem secteur privé-secteur public

On a observé la prépondérance du secteur privé dans les transactions foncières et, bien souvent, avec un fort soutien financier de la part des gouvernements ainsi que des niveaux significatifs d’investissements proprement étatiques. Des fonds de développement gouvernementaux jouent un rôle majeur dans l’octroi de prêts, d’assurances et d’autres formes de soutien aux sociétés d’État et aux entreprises privées opérant à l’étranger (ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/011/ak241e/ak241e.pd...).

Rôle déterminants des gouvernements nationaux

Les investisseurs nationaux jouent aussi un rôle majeur dans l’acquisition de terres, un phénomène qui a reçu beaucoup moins d’attention internationale jusqu’à maintenant. Lorsque les gouvernements acquièrent des participations dans des terres, les fonds souverains jouent un rôle moins important que prévu. Des arrangements pour la propriété publique des biens fonciers dans les pays étrangers se font par le biais d’entreprises publiques et avec des participations minoritaires dans des entreprises privées. Les transactions foncières directes de gouvernement à gouvernement se font rares. Des fonds de développement gouvernementaux jouent un rôle majeur dans la fourniture de prêts, d’assurances et d’autres formes de soutien aux entreprises publiques et aux entreprises privées opérant à l’étranger (ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/011/ak241e/ak241e.pd...).

2011 – GRAIN – Principaux constats

Le tableau brossé par GRAIN et publié en 2011 donnait un bon aperçu de l’état de lieux dans le monde. Avec la crise alimentaire de 2007 et 2008 l’agriculture délocalisée est vue désormais par les gouvernements dépendants des importations comme étant une stratégie d’approvisionnement. Le foncier agricole devient une nouvelle source de bénéfices pour l’industrie de la finance. Les objectifs officiels poursuivis visent les cultures vivrières plutôt que le caoutchouc ou le café. Plus de 60 pays sont ciblés par des centaines de firmes et une douzaine de gouvernements (slideshare.net).

Plus de 56 millions d’hectares sont loués ou vendus en 2008-2009. Selon l’ILC (2011), plus de 80 millions d’hectares depuis 2001 et, selon la Matrice foncière (2012) un total de 227 millions d’hectares (slideshare.net). En Afrique, selon Global Land Project (2010), 62 millions d’hectares ont été échangés dans 27 pays en 2009 alors que l’Oakland Institute (2011) parle de 50 millions d’hectares dans 20 pays (slideshare.net).

En Afrique, selon Global Land Project (2010), 62 millions d’hectares ont été échangés dans 27 pays en 2009. Oakland Institute (2011) parle de 50 millions d’hectares dans 20 pays. Selon le High Quest Partners US $15 à 50 milliards sont déjà investis par le secteur privé. On s’attend à ce que cette somme triple dans le court terme (US$45 à 150 milliards).Mais ce n’est bien sûr pas quelque chose d’isolé. Ça fait partie d’un processus plus large de restructuration et d’expansion de l’agrobusiness mondial (intégration des firmes, entrée de nouveaux acteurs, nouveaux flux de capitaux, financiarisation, etc.) qui déplace/détruit les paysanneries et prend le contrôle des ressources naturelles.

Figure 2. Plantations d’huile de palme en Malaisie

Source : http://www.terraeco.net/L-huile-de-palme-en-Malai...,12537.html

De nombreux États qui demandent, prônent et/ou facilitent des accords et deviennent des gouvernements “demandeurs”. Ce sont principalement les États du Golfe, la Corée du Sud, Chine, le Japon…, mais aussi Singapour, l’Inde, la Malaisie, Maurice et l’Afrique du Sud. Le gouvernement philippin a offert des terres aux États du Golfe et à la Chine. Ce sont les entreprises qui mènent les projets (de leur propre chef ou poussées par les États). Un mélange de firmes agro-alimentaires et industrielles et -surtout- financières. Les Agences multilatérales correspondant aux banques de développement, à la coopération bilatérale et aux organismes internationaux promeuvent ces accords. La firme indienne Karuturi s’est implantée en Éthiopie et s’étendra vers la Tanzanie, l’Ouganda et le Kenya (slideshare.net).

2011 – Constats de la FAO – 50 à 80 millions d’hectares ont fait l’objet de négociations avec les investisseurs étrangers entre 2006 et 2011 (figure 3)

Selon les constats de la FAO, « Au cours des cinq dernières années (2006=2011), « de 50 à 80 millions d’hectares de terres agricoles dans les pays en développement ont ainsi fait l’objet de négociations avec les investisseurs internationaux cherchant à acheter ou à louer ces terres. Les deux tiers d’entre eux en Afrique sub-saharienne », précise le groupe d’experts. L’ONG Oxfam, chiffre elle, à 227 millions le nombre d’hectares accaparés depuis 2001 ! « Parallèlement, dans ces mêmes pays, près d‘un milliard de personnes manquent de nourriture et un autre milliard souffre de formes diverses de malnutrition, et ce malgré une production alimentaire mondiale suffisante », souligne la FAO (figure 4). D’autant que la hausse des prix records alimentaires, depuis fin 2010, est venue aggraver la crise dans la Corne de l’Afrique où la famine a désormais été officiellement déclarée dans le sud de la Somalie et menace deux régions du Soudan… L’accaparement des terres agricoles est un autre facteur empirant cette situation de famine qui devrait durer jusqu’à fin 2011 (actu-environnement.com).

L’accaparement des terres, facteur croissant d’insécurité alimentaire (figure 3)

L’achat de terres, dans des pays où généralement règne l’insécurité alimentaire, pour externaliser la production alimentaire ”risque encore de s’intensifier à l’avenir”, préviennent les experts. ”C’est un sujet de préoccupation croissante car il aggrave un problème historique lié à la répartition des terres dans de nombreux pays”, indiquent-ils » (actu-environnement.com).

 « L’appropriation de terres agricoles des pays du Sud par des investisseurs publics ou privés s’accélère et inquiète le groupe d’experts de la FAO sur la sécurité alimentaire dans une nouvelle étude. Ce rapport daté de juillet dernier (2011) a été rendu public à l’occasion de la session annuelle du Comité sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA) qui se clôt samedi 22 octobre à Rome, après une semaine de débats » (actu-environnement.com).

Les agro-carburants, moteur des investissements fonciers – 2011 – 14 millions d‘hectares étaient consacrés à la production de biocarburants

« La production alimentaire et fourragère n’est pas le seul moteur de ces transactions foncières, explique la FAO. Les terres sont également achetées pour la production de biocarburants dans le secteur des transports, de produits forestiers (bois d’œuvre) et de minéraux par des acteurs aux intérêts très divers, qui viennent ainsi gonfler les rangs des participants à cette ruée vers les terres, anciens et nouveaux”. Le boom des agro-carburants de première génération (huile de palme, canne à sucre, éthanol) et de jatropha est de nouveau pointé du doigt par la FAO. En cause : les politiques de soutien aux agro-carburants aux États-Unis et dans l’UE qui figurent aussi parmi les plus gros consommateurs. “On estime qu’en 2006, 14 millions d‘hectares étaient consacrés à la production de biocarburants, soit environ 1 % des terres arables de la planète. Ce chiffre devrait grimper pour atteindre 35 à 54 millions d’hectares d’ici à 2030”.

Ce qui devrait représenter 2,5 à 3,8 % des terres arables disponibles. L’essor des agro-carburants constitue ”un puissant moteur pour les investissements fonciers internationaux”. La spéculation financière n’est pas en reste et participe aussi à cette mainmise sur les terres »  (actu-environnement.com).

« Autres facteurs : les stress écologiques, comme les pénuries d’eau et les sécheresses, combinés à certaines politiques environnementales (protection de la nature, projets de fixation du carbone comme REDD+) ”encouragent également les investissements fonciers étrangers. Tous ces facteurs sont susceptibles de prendre de l’ampleur au cours des décennies à venir, et de s’intensifier avec les effets changeants du réchauffement climatique sur la production agricole, accentuant encore la pression qui pèse sur les ressources en terres et en eau”, ajoute le rapport » (actu-environnement.com).

« Le rapport confirme l’augmentation substantielle ces cinq dernières années des investissements liés à la terre. Le secteur privé y est dominant même si nombre d’entreprises sont soutenues par leurs États d’origine par le biais des fonds gouvernementaux de développement qui pourvoient des prêts ou des assurances. Dans plusieurs pays, des investisseurs étrangers entrent dans le capital des entreprises locales. Si les questions de sécurité alimentaire sont les principales raisons des gouvernements étrangers d’investir dans les terres, beaucoup d’opérations sont dirigées vers l’agriculture non alimentaire, les agro-carburants par exemple, dont ils espèrent un très haut niveau de rentabilité ».

Plusieurs facteurs aggravants

En somme, cet examen nous amène à relever les facteurs aggravants de ce phénomène de l’acquisition des terres agricoles, soit le binôme complice État-entreprise, la grande vulnérabilité des terres communales, le financement gouvernemental de la production des biocarburants par les USA et l’UE, la pénurie croissante d’aliments dans certains pays, l’augmentation du prix des aliments et, enfin, une plus grande pression démographique dans les régions marquées par l’appauvrissement de la majorité, ce qui facilite les transactions avec les paysans leur laissant croire que ceux-ci feront une bonne affaire en louant ou vendant leurs terres et, enfin, la dominance de régimes ploutocratiques.

III. Un tour du monde

La figure 3 identifie les principaux pays acheteurs ou loueurs, les pays cible et les pays à la fois acheteur et cible. Les principaux pays acheteurs et loueurs sont la Corée du Sud, l’Arabie saoudite, le Japon et la Malaisie. Les pays cible sont, notamment, l’Australie, l’Argentine, le Paraguay, le Brésil, l’Uruguay, le Mozambique, l’Indonésie,

Figure 3. La géographie de l’accaparement de terre

Source : http://fr.slideshare.net/hantarabeko/accaparement...

Figure 4. La terre change de mains

Source : http://www.capital.es/2012/10/12/los-nuevos-terra...

Des pourcentages devenus astronomiques dans les circonstances – 67% des terres du Liberia appartiennent à des étrangers.

La figure 3 identifie les pays acheteurs ou loueurs, les pays cible, les pays qui sont à la fois acheteurs et terrains d’investissements et le pourcentage des terres d’un pays aux mains d’investisseurs étrangers. Certains pays comme le Liberia, le Paraguay et l’Uruguay ont plus de 20% de leurs terres entre les mains d’investisseurs étrangers, le Liberia montrant le plus fort total avec 67%. En bref, la figure 2 permet de constater que la presque totalité des pays sont affectés par ce phénomène.

Figure 5. L’accaparement des terres agricoles et la faim

Source : http://plumesdepaname.fr/laccaparement-des-terres...

Le pillage du continent africain se poursuit

On peut constater qu’en 2008 tous les pays faisant l’objet de l’accaparement des terres souffraient de la faim à des degrés divers. Dans le continent africain on comptait 22 pays dont une partie des terres avait été accaparée (figure 3). « Au moins 2,5 millions d’hectares de terres ont été achetés en Afrique par des États étrangers, des multinationales ou des fonds de pension, soit l’équivalent du territoire de la Belgique. C’est ce que révèle un rapport de la FAO – l’Agence de l’Onu pour l’agriculture et l’alimentation rendu public en 2009. La FAO s’inquiète un peu des violations des droits des paysans que ces accaparements de terres peuvent entraîner, et s’interroge sur la participation des populations locales aux bénéfices générés. Mais elle y voit avant tout une perspective de développement ». Cette attitude de l’organisme onusien est questionnée, car elle laisse entendre que l’accaparement des terres peut avoir des retombées régionales positives sur la paysannerie alors que les faits nous démontrent partout le contraire (paysansdumonde.over-blog.com).

« En Éthiopie, au Ghana, au Mali, à Madagascar et au Soudan, les transactions ont porté depuis 2004 sur 2,5 millions d’hectares (ha) – soit presque l’équivalent de la Belgique ! – pour un montant total de 920 millions de dollars. Pour les pays hôtes, les « bénéfices » prennent principalement la forme d’une augmentation des investissements étrangers, de création d’emplois, de développement des infrastructures et de transferts de technologie et de savoir-faire. Les informations ont principalement été recueillies auprès des agences gouvernementales. Mais les chiffres cités sont probablement bien en deçà de la réalité. Le rapport souligne le manque de fiabilité des données officielles. En Éthiopie, l’information sur la taille des terres cédées ou en cours de négociation en 2008 étaient manquantes. Au Soudan, les données sont encore plus incomplètes qu’ailleurs. Des médias ont ainsi pu décrire des transactions qui ont eu lieu mais qui n’apparaissent que partiellement dans les recensements gouvernementaux. L’agence Reuters a fait état d’un investissement pour 13 000 ha de la compagnie allemande Flora EcoPower en Éthiopie alors que l’agence éthiopienne de promotion de l’investissement n’a enregistré que 3 800 ha pour cette opération. Un accord portant sur 400 000 ha au Soudan, rapporté dans les médias, est tout simplement absent des statistiques officielles disponibles » (paysansdumonde.over-blog.com).

Les États du Golfe Persique : 100 contrats pour leur sécurité alimentaire

Selon des données compilées par GRAIN, ces États ont conclu des contrats là où règne l’insécurité alimentaire et où on souffre de la faim, soit le Soudan, l’Indonésie, le Pakistan, la Birmanie, les Philippines, l’Inde, l’Égypte, le Maroc, la Turquie, le Kenya, l’Éthiopie, la Tanzanie, le Kazakhstan, le Sénégal, l’Australie, le Laos, l’Ukraine, le Mali, le Viet Nam et la Thailande. La superficie totale n’a pas été calculée, mais GRAIN croit que ces transactions correspondent à plusieurs dizaines de millions d’hectares  (slideshare.net).

Figure 6. 2009-2013. Quelques transactions majeures à travers le monde aux conséquences fatales pour la paysannerie. New Internationalist magazine. People, ideas and action for global justice. Référence : New Internationalist magazine. Land Grabs – Hotspots. Mai 2013

Source : http://newint.org/features/2013/05/01/land-grabs-...

Quelques cas de transactions parmi les plus controversées. New Internationalist magazine. Land Grabs – Hotspots. Mai 2013.

En ligne : http://newint.org/features/2013/05/01/land-grabs-...

Cameroun. Un test pour l’Afrique. Des terres agricoles à capitaux étrangers. Le pays regorge de plantations d’huile de palme destinées à la production de biocarburants (newint.org).

Des appels lancés au niveau mondial. Le cas du rapt des terres agricoles par la holding luxembourgeoise Socfin (figure 7)

« Bolloré a pris nos terres.  Et maintenant notre liberté ».

Des paysans d’Afrique et d’Asie accusent la holding luxembourgeoise Socfin de s’être accaparée leurs terres pour ses cultures d’huile de palme. Ils ont lancé une série de blocages dans les plantations pour que l’actionnaire principal Bolloré s’emploie à faire respecter leurs droits et restituer leurs terres. Soutenons leur action ! (sauvonslaforet.org).

Figure 7. Lutte des paysans du Cameroun

Source : https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1002/bol...

« La population est en colère » nous a confié Emmanuel Elong, le président de l’Alliance Internationale des riverains des plantations Socfin Bolloré. Et les Camerounais ne sont pas les seuls. Des milliers de paysans manifestent pour les mêmes raisons dans les plantations de Socfin au Libéria, en Côte d’Ivoire et au Cambodge.

La holding réfute les accusations d’accaparement des terres et affirme au contraire son engagement pour la « promotion du progrès social ». Elle menace même de « poursuites » les auteurs de ce qu’elle nomme « exactions ». Le groupe Bolloré est, avec un total de 38,75%, l’actionnaire principal de Socfin. Son PDG Vincent Bolloré avait entamé un dialogue avec les paysans africains à l’automne dernier avant de se rétracter, expliquant n’avoir finalement pas d’influence au sein de Socfin. Emmanuel Elong y voit un clair manque de considération. Les paysans dépendent de leurs terres pour vivre. Certains redoutent une intervention violente de la police. Tous espèrent la reprise des négociations.

Les paysans demandent le respect de leurs droits et la rétrocession de leurs parcelles. Soutenons-leurs revendications ! (sauvonslaforet.org).

Éthiopie. Ses terres intéressent des entreprises indiennes. On constate la présence importante de terres agricoles à capitaux étrangers. Le gouvernement a rendu 3,6 millions d’hectares disponibles à la locationen utilisant la violence et l’intimidation. (newint.org)

Honduras. On note la présence active d’accapareurs locaux. Des terres agricoles appartiennent à des capitaux étrangers. C’est le pays dans lequel on observe les plus violents conflits entourant les droits fonciers. L’agro-industrie nationale de production d’huile de palme est en pleine expansion. L’entreprise Dinant possède plus de 22 000 hectares d’huile de palme. La demande mondiale de palme a triplé au cours de la dernière décennie et les élites du Honduras ne veulent pas être laissées pour compte. Les terres saisies dans les années 1990 ont généré un mouvement d’insurrection pour la reprise des exploitations paysannes dans la vallée de l’Aguán Nord. Mais depuis le coup d’État de 2009 les petits agriculteurs ont perdu du terrain (http://newint.org/features/2013/05/01/land-grabs-...) (figure 8).

En 2009, le bras du privé de la Banque mondiale, la Société financière internationale, a prêté 530 millions de dollars à Dinant… Des conflits fonciers qui se sont produits entre septembre 2009 et août 2012 ont causé la mort de 53 paysans, des enlèvements, des passages à tabac et des expulsions forcées. Au moins neuf agriculteurs ont été tués au cours de 2012. Les abus ont incité la Banque mondiale à commander une enquête.

Figure 8. Honduras. Les expulsions se font manu militari : « En un ambiente de impunidad y crisis alimentaria, ante la cual el Estado hondureño se muestra indiferente, se agudiza  la criminalización,  persecución, secuestros,  represión, asesinatos y desalojos contra familias campesinas que luchan por el acceso a la tierra en el país, especialmente en el  Bajo Aguán »  (honduprensa.wordpress.com).

Source : https://honduprensa.wordpress.com/tag/bajo-aguan/...

IV. La lutte contre l’accaparement des terres agricoles

Ce boom de l’investissement est considéré comme une nouvelle forme de colonialisme par les communautés locales qui sont expulsées des terres ou elles ont toujours vécu et dont elles dépendent pour leur subsistance. La Banque mondiale elle-même note que «l’acquisition de terres est à l’origine de graves préoccupations au sujet de l’échec de droits locaux et d’autres problèmes.” De nombreux pays riches en terres et autres ressources naturelles ont, cependant, ont un très grand nombre de personnes affamées – plus d’un milliard de personnes se couchent avec l’estomac vide. “Il y a des pays en Afrique qui voient leurs terres utilisées pour les cultures alors directement exportées ou utilisées à d’autres fins [biocarburants],” dit David Garner, DGC Asset Management. Par conséquent, les organisations comme GRAIN, La Via Campesina, et l’International Land Coalition (ILC) ont proposé non seulement de résister à ce phénomène, mais de défendre la souveraineté alimentaire des pays. Leur attaque n’épargne pas la Banque mondiale, une institution qu’ils accusent de camoufler cette thésaurisation comme un investissement responsable et de promouvoir la privatisation de la terre elle-même. La spéculation financière a affecté d’abord la nourriture et s’est ensuite étendue à la terre.

GRAIN – Un acteur proactif reconnu au plan international avec une représentation sur tous les continents

GRAIN est une petite organisation internationale qui soutient la lutte des paysans et des mouvements sociaux pour renforcer le contrôle des communautés sur des systèmes alimentaires fondés sur la biodiversité (http://www.grain.org/fr).

Les principales interventions de GRAIN en 2014

GRAIN porte son attention les thèmes suivants : Les grandes entreprises, le pouvoir et le système alimentaire mondial ; le contrôle des semences par les populations ; l’accaparement des terres, et la crise climatique et l’agriculture…En collaboration avec des partenaires du monde entier, nous démontrons comment le système alimentaire industriel détruit les vies, les moyens de subsistance et les milieux écologiques et nous soutenons les luttes pour des solutions alternatives. (grain.org).

Apporter un soutien aux communautés locales pour les aider à lutter contre les transactions foncières

En 2014, l’un des éléments importants du combat de GRAIN contre l’accaparement des terres a été de « soutenir les organisations qui travaillent avec les communautés locales pour les aider à lutter contre les transactions foncières qui menacent leur vie et leurs moyens de subsistance. Tout au long de l’année, nous avons été en contact avec des activistes des communautés et des organisations dans beaucoup de régions d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et nous les avons aidés à mettre en place des réseaux, afin qu’ils aient davantage de soutien et de visibilité au niveau international »(issuu.com). Voici quelques exemples de ses actions en 2014.

-        Nous avons aidé à apporter plus de visibilité à la longue lutte contre l’accaparement des terres en Indonésie : au centre de cette lutte les villageois de Buol, dans la province de Sulawesi central, qui se battent depuis 20 ans;

-        Nous avons suivi le cas de l’activiste camerounais Nasako Besingi, au tribunal pour avoir protesté pacifiquement contre Heracles Farms, un accapareur de terres de Wall Street dont nous avions déjà parlé l’an dernier. Nous avons été en contact direct avec Nasako pour le soutenir. En juin, nous avons publié un communiqué de presse avec l’Oakland Institute et le World Rainforest Movement exigeant qu’Heracles et le gouvernement camerounais retirent leurs charges contre Nasako et ses camarades activistes;

-        En octobre, nous avons publié un entretien avec Erastus Odindo, un pays kenyan, dont la communauté se bat depuis plus de dix ans pour récupérer les terres et l’eau dont s’est emparée l’entreprise américaine Dominion Farm  (issuu.com).

Via Campesina. L’unité parmi les paysannes et les paysans. Une voix écoutée

« La Via Campesina est le mouvement international qui rassemble des millions de paysannes et de paysans, de petits et de moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du monde rural, d’indigènes, de migrants et de travailleurs agricoles…  Elle défend l’agriculture durable de petite échelle comme moyen de promouvoir la justice sociale et la dignité. Elle s’oppose clairement à l’agriculture industrielle et aux entreprises multinationales qui détruisent les personnes et l’environnement »  (viacampesina.org).

La Via Campesina regroupe environ 164 organisations locales et nationales dans 73 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. En tout, elle représente environ 200 millions de paysannes et de paysans. C’est un mouvement autonome, pluraliste et multiculturel, sans affiliation politique, économique ou autre.

Un mouvement né en 1993

La Via Campesina a été créé par un groupe de représentants et représentantes d’organisations paysannes provenant des quatre continents lors d’une rencontre en 1993 à Mons, en Belgique. À l’époque, les politiques agricoles et l’industrie agroalimentaire entraient dans un processus de mondialisation et les petits producteurs devaient développer une vision commune et lutter pour la défendre. Les organisations paysannes voulaient que leur voix soit également reconnue et souhaitaient participer directement aux décisions qui affectaient leur quotidien.

La Via Campesina est maintenant reconnue comme acteur central dans les débats sur l’alimentation et l’agriculture. Elle est écoutée par des institutions telles que la FAO et le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, et elle est largement reconnue par d’autres mouvements sociaux tant au niveau local que global.

Mondialisons la lutte, mondialisons l’espoir!

« La Via Campesina s’enracine dans un profond sentiment d’unité et de solidarité entre les petits et moyens producteurs agricoles du Nord et du Sud. L’objectif principal du mouvement est de réaliser la souveraineté alimentaire et de mettre fin au processus destructeur de l’économie néolibérale. Le mouvement est basé sur la conviction que les paysannes et les paysans, les pêcheurs traditionnels, les éleveurs pastoraux et les peuples indigènes, qui forment près de la moitié de la population mondiale, sont capables de nourrir leurs communautés et la planète d’une manière durable et saine. Les femmes jouent un rôle crucial dans le travail de La Via Campesina. Selon la FAO, les femmes produisent 70% de la nourriture sur la planète mais elles sont marginalisées et opprimées par le néolibéralisme et le patriarcat. La Via Campesina lutte contre toutes les formes de violence faites aux femmes ».

En défense de la souveraineté alimentaire

« La Via Campesina a lancé l’idée de la “souveraineté alimentaire” au Sommet mondial de l’Alimentation en 1996. Cela a donné naissance à un mouvement populaire global porté aujourd’hui par une grande diversité de secteurs sociaux tels que des communautés urbaines défavorisées, des associations de défense de l’environnement et des consommateurs, des organisations de femmes, de pêcheurs traditionnels, d’éleveurs pastoraux et beaucoup d’autres. La souveraineté alimentaire est également reconnue par plusieurs institutions et gouvernements » (viacampesina.org).

La souveraineté alimentaire se présente maintenant comme l’une des réponses les plus crédibles aux crises actuelles de l’alimentation, de la pauvreté et du climat.

Une structure décentralisée

« La Via Campesina est un mouvement populaire de masse dont la vitalité et la légitimité proviennent d’organisations paysannes de base. Le mouvement s’organise de façon décentralisée au sein de 9 régions. La coordination entre les régions est gérée par le Comité de Coordination International qui est constitué d’une femme et d’un homme élus par les organisations membres de chaque région. Le secrétariat opérationnel international se déplace selon une décision collective prise tous les 4 ans par la Conférence Internationale. Il est passé de la Belgique (1993-1996) au Honduras (1997-2004) pour s’installer ensuite en Indonésie jusqu’en 2013. depuis septembre 2013, il est hébergé par l’organisation Zimsoff au Zimbawe . Le mouvement est financé par les contributions de ses membres, des dons privés et par le soutien de certaines ONG, fondations et autorités locales ou nationales » (viacampesina.org).

La Coalición Internacional de la Tierra (ILC) – Rome – Italie

La Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC) est une alliance mondiale de la société civile et des organisations intergouvernementales travaillant ensemble pour promouvoir un accès sécurisé et équitable à la terre et son contrôle pour les femmes et les hommes pauvres à travers l’incidence, le dialogue, le partage des connaissances et le renforcement des capacités.

La vision de la Coalition est de fournir un accès sûr et équitable à la terre et à son contrôle, réduisant ainsi la pauvreté et contribuant à l’identité, à la dignité et à l’inclusion .

Conclusion

L’examen global du phénomène de l’accaparement des terres permet de conclure que toutes les surfaces continentales sont devenues un marché mondial des terres. L’ampleur du phénomène est tout simplement ahurissante. Presque tous les pays sont affectés et le processus enclenché s’accélère. Cette ruée vers les terres agricoles et leur prise de possession par des intérêts étrangers risquent d’affecter à la fois la souveraineté des pays en développement et leur capacité d’assurer l’approvisionnement alimentaire de leurs propres populations. On assiste donc à un processus de confiscation des terres traditionnellement mises en valeur par la paysannerie. Plusieurs facteurs aggravent cette situation globale : Le binôme complice État-entreprise, le libre accès aux terres communales ou terres patrimoniales d’un pays, le financement par les États de la production des biocarburants, les besoins grandissants d’aliments dans les pays à forte croissance démographique, la hausse du prix des aliments, la vente des terres dotées de sols de qualité supérieure et le grand nombre de régimes politiques ploutocratiques. Tous ces facteurs concourent à rendre les transactions légitimes et même utiles aux yeux des décideurs.

Les attentes de la population rurale active sur des terres appropriées. Stopper le processus d’accaparement et agir de façon urgente

Les rapports consultés invitent les gouvernements à agir et ce de façon urgente. Déjà, des dommages considérables ont été causés dans un grand nombre de pays. Il faut que le processus d’accaparement soit stoppé ou du moins placé sous un contrôle strict de la part des agences responsables. Il importe d’intervenir en priorité dans les domaines de la fiscalité agricole et de l’accès aux terres pour la relève.

En ce qui a trait à la fiscalité, une révision de la fiscalité foncière agricole est requise afin que la méthode d’évaluation des terres et des actifs agricoles ne soit pas basée seulement sur la valeur établie des transactions, mais se doit de tenir compte des ventes intergénérationnelles et de leur valeur agronomique. Pour l’accès aux terres, de vives inquiétudes sont exprimées concernant la capacité de la relève agricole à concurrencer les fonds dédiés à l’achat d’actifs agricoles et le développement de l’économie rurale (centralisation de l’achat d’intrants et d’équipements).

Nous sommes conscients, à la suite de cette analyse du portrait global de l’accaparement des terres, qu’il est fort difficile pour la paysannerie de voir ses revendications prises en compte quand les gouvernements eux-mêmes sont juges et parties ou même complices proactifs des pouvoirs financiers internationaux. Quand la spéculation devient le leitmotiv dans le processus de la production alimentaire les terres vivrières sont alors sacrifiées au meilleur offrant et on assiste alors à la dépossession des terres cultivées et à l’intensification du processus de l’exode rural, ce qui s’est produit en Amérique latine et ce qui caractérise aujourd’hui les mouvements migratoires dans l’ensemble du continent africain.

Nous reproduisons, ici, l’Appel de Dakar contre les accaparements de terres – 2011

Appel de Dakar contre les accaparements de terres

Créé le mercredi 2 mars 2011

Nous, organisations paysannes, organisations non-gouvernementales, organisations confessionnelles, syndicats et autres mouvement sociaux, réunis à Dakar pour le Forum Social Mondial de 2011:

Considérant que les agricultures paysannes et familiales qui regroupent la majorité des agriculteurs et des agricultrices du monde, sont les mieux placées pour : répondre à leurs besoins alimentaires et ceux des populations, assurant la sécurité et la souveraineté alimentaires des pays, fournir des emplois aux populations rurales et maintenir un tissu économique en zones rurales, clé d’un développement territorial équilibré, produire en respectant l’environnement et en entretenant les ressources naturelles pour les générations futures ;

Considérant que les récents accaparements massifs de terres au profit d’intérêts privés ou d’États tiers ciblant des dizaines de millions d’hectares – que ce soit pour des raisons alimentaires, énergétiques, minières, environnementales, touristiques, spéculatives, géopolitiques – portent atteinte aux droits humains en privant les communautés locales, indigènes, paysannes, pastorales, forestières et de pêcherie artisanale de leurs moyens de production. Ils restreignent leur accès aux ressources naturelles ou les privent de la liberté de produire comme ils le souhaitent. Ces accaparements aggravent également les inégalités d’accès et de contrôle foncier au détriment des femmes ;

Considérant que les investisseurs et les gouvernements complices menacent le droit à l’alimentation des populations rurales, qu’ils les condamnent au chômage endémique et à l’exode rural, qu’ils exacerbent la pauvreté et les conflits et qu’ils contribuent à la perte des connaissances, savoir-faire agricoles et identités culturelles;

Considérant enfin que la gestion foncière, ainsi que le respect des droits des peuples, sont d’abord sous la juridiction des parlements et gouvernements nationaux et que ces derniers portent la plus grande part de responsabilité dans ces accaparements ;

Nous en appelons aux parlements et aux gouvernements nationaux pour que cessent immédiatement tous les accaparements fonciers massifs en cours ou à venir et que soient restituées les terres spoliées. Nous ordonnons aux gouvernements d’arrêter d’oppresser et de criminaliser les mouvements qui luttent pour l’accès à la terre et de libérer les militants emprisonnés. Nous exigeons des gouvernements nationaux qu’ils mettent en place un cadre effectif de reconnaissance et de régulation des droits fonciers des usagers à travers une consultation de toutes les parties prenantes. Cela requiert de mettre fin à la corruption et au clientélisme, qui invalident toute tentative de gestion foncière partagée.

Nous exigeons des gouvernements et Unions Régionales d’États, de la FAO et des institutions nationales et internationales qu’elles mettent immédiatement en place les engagements qui ont été pris lors de la Conférence Internationale pour la Réforme Agraire et le Développement Rural (CIRADR*) de 2006, à savoir la sécurisation des droits fonciers des usagers, la relance des processus de réformes agraires basés sur un accès équitable aux ressources naturelles et le développement rural pour le bien-être de tous. Nous réclamons que le processus de construction des Directives de la FAO* soit renforcé et qu’il s’appuie sur les droits humains tels qu’ils sont définis dans les différentes chartes et pactes internationaux – ces droits ne pouvant être effectifs que si des instruments juridiques contraignants sont mis en place au niveau national et international afin que les États respectent leurs engagements. Par ailleurs, il incombe à chaque état d’être responsable vis à vis de l’impact de ces politiques ou des activités de ses entreprises dans les pays ciblés par les investissements. De même, il faut réaffirmer la suprématie des droits humains sur le commerce et la finance internationale, à l’origine des spéculations sur les ressources naturelles et les biens agricoles.

Parallèlement, nous invitons le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale (CSA*) à rejeter définitivement les Principes pour des Investissements Agricoles Responsables (RAI*) de la Banque Mondiale, qui sont illégitimes et inadéquats pour traiter le phénomène, et à inclure les engagements de la CIRADR ainsi que les conclusions du rapport d’Évaluation Internationale des Connaissances, des Sciences et Technologies Agricoles pour le Développement (IAASTD*) dans son Cadre d’Action Globale.

Nous exigeons que les États, organisations régionales et institutions internationales garantissent le droit des peuples à avoir accès à la terre et soutiennent l’agriculture familiale et l’agro-écologie. Ces initiatives doivent être basées sur l’agriculture familiale et la production vivrière agro-écologique. Des politiques agricoles appropriées devront prendre en compte les différents types de producteurs (peuples autochtones, éleveurs nomades, pêcheurs artisanaux, paysans et paysannes et bénéficiaires des réformes agraires) et répondre plus spécifiquement aux besoins des femmes et des jeunes.

Enfin, nous appelons les citoyen-ne-s et les organisations de la société civile du monde entier à soutenir – par tous les moyens humains, médiatiques, juridiques, financiers et populaires possibles – tous ceux et toutes celles qui luttent contre les accaparements de terres et à faire pression sur les gouvernements nationaux et sur les institutions internationales pour qu’ils remplissent leurs obligations vis à vis des droits des peuples.

Nous avons tous le devoir de résister et d’accompagner les peuples qui se battent pour leur dignité !

(viacampesina.org).

Jules Dufour

Centre de recherche sur la Mondialisation

Jules Dufour, Ph.D., C.Q., géogrpahe. Professeur émérite. Membre Chevalier de l’Ordre national du Québec. Membre de la Commission mondiale des Aires protégées de  l’Union Internationale de la nature (UICN), Gland, Suisse. Membre, Cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, Paris.

 

Références

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UNION DES PRODUCTEURS AGRICOLES DU QUÉBEC. 2015. L’accaparement des terres agricoles : Quatre raisons d’agir! Mémoire présenté par l’Union des Producteurs du Québec (UPA) à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles. Le 16 mars 2015. 25 pages. En ligne : http://www.upa.qc.ca/content/uploads/2015/03/Memo...

VIA CAMPESINA. 2011. La voix des paysannes et des paysans du monde. Mouvement paysan international. Le 9 février 2011. En ligne : http://viacampesina.org/fr/index.php/organisation...

VIA CAMPESINA. Migrations forcées : ces politiques néolibérales qui chassent les paysans de leurs terres. Le 28 mai 2015. En ligne : http://viacampesina.org/fr/index.php/les-grands-t...

WIKIPÉDIA. Accaparement des terres. Dernière mise à jour : En ligne :

World Rainforest Movement. 2012. Déclaration de la 3e Conférence spéciale sur la souveraineté alimentaire, pour les droits et pour la vie. Le 30 avril 2012. Inclus dans Bulletin 177. En ligne :http://wrm.org.uy/fr/les-articles-du-bulletin-wrm...

Vidéos

Accaparement des terres – Reportage de l’aJT05/03/2015 – 21. Le 5  mars 2015. En ligne :https://www.youtube.com/watch?v=2xTerusJqsQ

Annexe 1.

Déclaration de la 3e Conférence spéciale sur la souveraineté alimentaire, pour les droits et pour la vie

Le texte intégral de la déclaration publié le 30 avril 2012. En ligne : http://www.radiomundoreal.fm/get.php?file=IMG/pdf/Declaracion_III_Conf_mov_sociales_x_sob_alimentaria.pdf&type=application/pdf

 

 

18/06/2015

SYRIE, IRAK LES DERNIÈRES NOUVELLES ....;

Les dessous des frappes US contre la Syrie et l'Irak…

Posted: 16 Jun 2015 11:48 AM PDT

 
«Le groupe terroriste Daesh est un instrument que les Etats-Unis utilisent, pour pouvoir mettre en application leur stratégie, à long terme, dans le monde arabe. Cela, c’est quelque chose de bien clair et net, sans qu’on ait besoin des documents déclassifiés de Washington, pour le découvrir», indique le journal syrien, "Al-Watan". 
«Les documents, récemment, déclassifiés de Washington, font preuve de l’implication de ce dernier, dans la formation et la propagation du groupe Daesh. Ces documents montrent, aussi, que les chefs de l’opposition syrienne ont rencontré, en 2012 et 2013, les responsables israéliens. Avons-nous, vraiment, besoin de documents déclassifiés, pour découvrir toutes ces réalités ? 
Dès l’émergence et la montée en puissance du groupe terroriste Daesh, en Irak et en Syrie, la Maison Blanche a annoncé que la lutte anti-Daesh prendra des décennies, et que ce groupe ne pourra pas être éradiqué, en un ou deux ans. C’est ainsi qu’elle a tracé une feuille de route, pour la soi-disant Coalition anti-Daesh, pendant les vingt années à venir. 
Aujourd’hui, ce n'est plus un secret pour personne que la création d’une coalition anti-Daesh n’était qu’un tapage médiatique, dès le début, plutôt qu’une réalité concrète. La soi-disant Coalition anti-Daesh ne lutte pas contre Daesh ! Tout ce qu’elle fait consiste à lancer une poignée de frappes sélectives, pour rendre le terrain propice à l’application de la stratégie des Etats-Unis, une stratégie, qui comprend, aussi, la mise sur pied de Daesh. La plupart des médias des pays arabes se plaignent de l’absence d’une bonne stratégie américano-occidentale, pour éradiquer Daesh, tandis que le problème n’est pas l’absence d’une stratégie, la stratégie existe, en effet, mais on la cache.
Il n’y a point de doute que Washington avait, déjà, tracé une stratégie définie, voire, mise sur le papier, pour les objectifs qu’il cherche à atteindre, via le groupe Daesh. D’où les attaques sélectives de la Coalition contre les terroristes de Daesh ! Les objectifs cachés que les Etats-Unis veulent réaliser, par l'intermédiaire de Daesh, apparaissent, les uns après les autres. Dans la foulée, le général Martin Dempsey a fait part, il y a deux jours, de la décision des Etats-Unis d’implanter des bases militaires, en Irak, afin de pouvoir lutter contre Daesh. Ayant quitté, un jour, l’Irak, sous la pression des forces de la résistance populaire, les forces américaines s’installent, de nouveau, en Irak, pour l’occuper, sous prétexte de la lutte anti-Daesh. En Syrie, les frappes sélectives de la Coalition anti-Daesh contre les positions des terroristes cachent un objectif néfaste de Washington : partitionner la Syrie, favoriser la mise en place des régimes autoritaires et indépendants et permettre à Daesh de s’installer et de se répandre, dans les régions déterminées par la Maison Blanche. 

Sinon, comment un groupe terroriste pourrait-il avoir autant d’armes, de fonds, de munitions et de mercenaires, juste un an après sa formation ? Comment un nouveau groupe armé pourrait-il s’étendre, depuis l’Irak et la Syrie, jusqu’en Libye et en Tunisie, d’autant plus qu’il est classé parmi les organisations terroristes. Des milliers de terroristes arrivent, en Turquie, à partir des quatre coins du monde, afin de se rendre, en Syrie et en Irak, et de rejoindre les terroristes. Sachant que la Turquie est un allié de l’Occident et un membre de l’OTAN, comment peut-on expliquer cette chose ? Les pays occidentaux restent les bras croisés et ne font rien, pour poursuivre les sponsors et les trafiquants des terroristes, tandis qu’ils pourraient, facilement, le faire, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. Un grand nombre de terroristes arrivent, en Turquie, mais pas même un seul attentat terroriste ne s’y produit. Comment cela peut-il s'expliquer ? Comment l’Occident ne peut pas lutter contre ce phénomène terroriste, qui se produit au nez et à la barbe des pays occidentaux ?
 Le groupe terroriste Daesh fait du commerce avec le pétrole de la Syrie, ainsi qu' avec les patrimoines culturels de la Syrie et de l’Irak, et en tire grand profit. Il vend, aussi, le pétrole syrien et irakien à la Turquie et au régime sioniste, sans que les satellites de l’Occident puissent identifier les camions-citernes en vadrouille, et que les banques occidentales bloquent ses revenus.
 Est-ce possible ? Comment ? Entre autre, les Etats-Unis, la Turquie, Israël, l’Arabie saoudite et le Qatar jouent, chacun, leur propre rôle. Point est nécessaire de le prouver ! Il va de soi que Daesh est un moyen stratégique des Etats-Unis, dans le monde arabe, ce qui est, à présent, plus manifeste que jamais, pour ceux qui ne voulaient pas croire aux objectifs néfastes de Washington. Les personnalités de l’opposition syrienne affichent un silence de mort envers le massacre de leurs compatriotes et la destruction des infrastructures de leur pays, et elles servent, en effet, les intérêts du régime sioniste. Aucun document n’est nécessaire, pour le prouver !
On n’a aucun besoin de documents déclassifiés, pour découvrir des réalités concrètes et manifestes. Mais, peut-être, existe-t-il des personnes qui ne peuvent pas croire à des faits incontestables, à moins qu’une source colonialiste ne la révèle. Le journal américain, "Washington Post", a révélé, samedi dernier, que le financement et l’armement des groupes terroristes, actifs dans le Sud de la Syrie, coûtaient un milliard de dollars, par an, aux services d’espionnage des Etats-Unis. Selon le journal américain, cette somme d’argent, dans sa totalité, est destinée aux éléments armés de l’Armée Syrienne Libre, (ASL). Cette générosité n’est pas réservée aux Américains ! C’est ce que font, aussi, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Si on met en parallèle cette collaboration des Etats-Unis avec ce qu’ils ont fait, en Afghanistan, au Nicaragua et dans les autres pays, où ils forment des groupes terroristes, il est facile de constater qu’en Syrie, Washington n’a assumé qu’une petite partie des dépenses, et qu’il les impute, pour la plupart, à ses alliés régionaux. Le soutien de la CIA aux terroristes, en Syrie, fait partie des plus grands plans secrets de cette organisation d’espionnage, dans le monde. Les dollars que la CIA dépense, en Syrie, au profit des terroristes, constituent 1/15 des coûts de cette organisation, par an.
 La CIA donne des formations militaires aux terroristes, leur fournit des armements et des équipements logistiques, d’autant plus qu’elle collecte les informations, dont elle a besoin, pour perpétuer ses crimes. 

 

ET AUSSI

 

Irak: les "Sunnites" contre le Hezbollah?!

Posted: 16 Jun 2015 11:53 AM PDT

 
 
Alors que le commandement des forces de la mobilisation populaire irakienne attribue la lenteur des opérations militaires, à Al-Anbar, à la situation humanitaire, le journal libanais, Al-Akhbar" révèle que la partie américaine a entamé des contacts avec des groupes et des factions armées sunnites, qui combattaient l’occupation US, entre 2003-2011. L’objectif en est de former une force sunnite parallèle à la force de mobilisation populaire. 
Pendant ce temps, une source politique éminente a fait savoir que des contacts, à un haut niveau, sont en cours, pour mettre en place une importante force internationale, comprenant des forces arabes, pour intervenir, à Al-Anbar. De même source, "Al-Akhbar" indique que des contacts américains ont eu lieu, récemment, via des dirigeants politiques et des chefs de tribus de l’Ouest de l’Irak avec des dirigeants des factions sunnites, anciennement, affiliées au groupe terroriste Al-Qaïda. Cette mesure survient, malgré le ralliement de dizaines de milliers de jeunes de provinces de l’Ouest aux forces de la mobilisation populaire, et la participation de certains, au comité de consultation. Ces contacts se déroulent, à travers des politiciens et des dirigeants notables, et le parrain de cette action est l’un des dirigeants de l’alliance des forces irakiennes, recherché par la justice, Rafeh al-Issaoui. 
Celui-ci avait effectué, le mois dernier, une visite controversée, aux Etats-Unis, simultanément à la visite du gouverneur de Ninive, Athil Noujeifi. Issaoui tente d’obtenir le feu vert américain, pour que son mouvement, «le Hamas d’Irak», prédomine les factions sunnites concernées. Tentative de former une force régionale, pour Al-Anbar. Entretemps, une source locale, à Kirkouk, a dévoilé au journal libanais, que des personnalités américaines ont mené des visites «presque secrètes», dans la ville, durant les dernières semaines. Celles-ci ont rencontré des dirigeants de «factions sunnites», qui ont fui Al-Anbar et Ninive, à l’instar des brigades de la révolution Al-Eshrine, celles des révolutionnaires de tribus, et le mouvement Naqshbandi. Le député de l’alliance des forces irakiennes, Abdel Azim Ajman, a confirmé ces informations, tout en prétendant que ces visites sont en rapport avec la formation de la force sunnite en question. Selon l’expert des affaires sécuritaires, Hicham Hachémi, les groupes, avec lesquels des négociations américaines sont en cours, sont, entre autre : «Ansar el-Sunnah», (partisans des Sunnites), «le Hamas d’Irak», «la jamaa islamiya, pour la résistance irakienne». 
Pour le chercheur, dans les affaires politiques et stratégiques, Abdel Aziz Issaoui, les dernières mesures américaines et le déploiement accru de soldats montrent le partage des zones d’influence entre les Etats-Unis et la Turquie. Pour ces deux pays, Al-Anbar est considérée comme appartenant aux Américains, et Ninive, à la Turquie! Donc, les pressions turques et américaines se multiplient, pour empêcher l’entrée des forces populaires, dans ces deux régions. Selon Issaoui, «ces mesures reflètent l’appétit américain à mener une intervention terrestre d’envergure, dans cette région d'Irak. Des informations font état de la décision du Congrès d’envoyer 10.000 soldats américains, en Irak, sous différents titres», souligne-t-il. Concernant la formation de la force militaire «sunnite», le professeur en géopolitique et expert des affaires américaines, Zayd Khafaji, a estimé que cette force sera le noyau de la «province sunnite», applaudie par certaines parties politiques irakiennes et arabes. 
 
 
 
"Al-Akhbar"

 

Source: 

Le National Émancipé