Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/07/2016

LA CHINE, LE DOLLAR ET LA FINANCE MONDIALE ....;;

17 juillet 2016

Au cours du premier sommet annuel de la BAII, la Banque Asiatique d’Investissement pour les Infrastructures qui a eu lieu à Pékin, les Chinois ont montré leur intention d’assumer le leadership mondial dans le domaine du financement des infrastructures.
À la fin de cette année, il est probable que la BAII aura plus de 100 pays membres, ce qui lui permettrait de devenir la première institution de prêts multilatéraux, dans l’histoire, sous le contrôle des plus importants pays émergents.
Cependant, on attend toujours qu’elle se décide à abandonner le dollar, parce que c’est la seule façon de briser enfin l’hégémonie des États-Unis sur la finance internationale.

 

La Chine a déjà pris la tête — devant les États-Unis — dans la course au financement global des infrastructures. Les finances internationales sont en voie de transformation, en dépit de la forte opposition de la puissante tutelle états-unienne. L’année dernière, depuis Washington, de hauts fonctionnaires ont tenté de saboter le lancement de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures — la BAII — mais ils ont échoué.
 
En fait, ceux qui étaient soi-disant alliés dévoués du gouvernement des États-Unis, comme l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, ont pris, en fin de compte, la décision de se joindre à la nouvelle institution de prêts multilatéraux promue par Pékin.
Le président Barack Obama ne pouvait pas concevoir que, en quelques mois, la BAII gagnerait le soutien de plus de cinquante pays.

 

 
Sans aucun doute, la Chine précipite le déclin US dans le monde entier. En avril 2015, Larry Summers, qui était secrétaire du Trésor sous le président Bill Clinton, a déclaré que la convocation réussie de la BAII a représenté l’un des épisodes les plus dramatiques pour l’hégémonie états-unienne : « On se souviendra du mois dernier comme celui du moment où les États-Unis ont perdu leur rôle de garant du système économique mondial » [1].

 

Pékin retarde l’offensive majeure contre le dollar

 

Cependant, jusqu’à présent la Chine a agi avec une extrême prudence. En conséquence, presque tous les pays du G-7 — l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni — ont salué le lancement de la BAII.

 

Cependant, même s’il est vrai que l’extraordinaire capacité d’attraction de Pékin a miné l’influence de Washington dans le financement mondial des infrastructures [2], la BAII se retient de rejeter le dollar. Bien que beaucoup aient spéculé [3] sur le fait que les prêts de la BAII seraient libellés en yuans — ou peut-être en monnaies locales — à ce jour, leurs demandes ont été émises en monnaie US.

 

En outre, il faut noter que sur les quatre prêts approuvés cette année par la BAII, pour un total de 509 millions de dollars, trois d’entre eux sont liés à des projets d’investissement qui impliquent également des institutions de l’ancien ordre financier mondial, celles qui ont été construites à l’image de Washington après la Seconde Guerre mondiale.

À mon avis, les Chinois veulent profiter des actions qui ont été investies dans la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, ainsi que des excellentes relations qui ont été établies avec l’Europe.
 
À l’heure actuelle, la BAII finance un programme d’amélioration de l’habitat en Indonésie, avec la Banque mondiale, par le biais d’un prêt de 216,5 millions de dollars ; la construction d’une route au Pakistan, pour un coût de 100 millions de dollars, est réalisée en collaboration avec la Banque asiatique de développement et le Département pour le développement international du Royaume-Uni ; un prêt de 27,5 millions de dollars, financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, est utilisé pour la mise à niveau d’une route au Tadjikistan ; un prêt de 165 millions de dollars pour apporter l’électricité dans les zones rurales du Bangladesh est le seul projet que la BAII porte elle-même.

 

La Banque Asiatique a une vocation mondiale à investir dans les infrastructures

Malgré tout, la naissance de la BAII marque un tournant dans l’histoire des institutions multilatérales de crédit car elle est la première — en plus de la nouvelle banque de développement des BRICS — dans laquelle les économies émergentes sont les principaux actionnaires [4].

 

Les contributions économiques des trois puissances orientales des BRICS sont impressionnantes : la Chine est à 29,78 %, suivie par l’Inde avec 8,36 %, et la Russie troisième avec 6,53 %.
En revanche, les vingt partenaires non régionaux contribuent au capital de la BAII pour seulement un quart des 100 milliards de dollars autorisés [5].

 

Dans un premier temps, la BAII a été conçue avec l’idée de fournir principalement un financement aux pays d’Asie, cependant, il semble que la Chine envisage de la transformer en une institution à vocation globale capable d’unir les aspirations de toutes les économies émergentes [6]. Dans cette perspective, à la cérémonie d’ouverture de son premier sommet annuel à Beijing en juin dernier, le président de la BAII, le chinois Jin Liqun, a annoncé qu’il envisage actuellement l’ajout de vingt-quatre autres pays [7].

 

En Amérique latine, le Chili, la Colombie, le Venezuela sont candidats. En Afrique, l’Algérie, la Libye, le Nigeria, le Sénégal et le Soudan ont présenté leur candidature. Il faut également souligner la candidature du Canada, qui, en collaboration avec le Mexique et les États-Unis fait partie de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

 

En Europe, Chypre, la Grèce et l’Irlande sont extrêmement intéressés. Si tout se passe aussi bien que jusqu’à présent, il est fort possible que d’ici la fin de cette année la BAII rassemble plus de cent pays membres [8], soit ont au moins 34 adhérents de plus que la Banque asiatique de développement, mais elle est encore loin d’atteindre les 183 adhérents de la Banque mondiale.

 

Opter pour un monde multipolaire

La BAII a de nombreuses tâches en suspens. En effet, bien qu’ayant enregistré des taux de croissance élevés du produit intérieur brut (PIB) au cours des deux dernières décennies, la région asiatique a échoué à mettre en place un système d’infrastructures de premier plan. Le sultan Ahmed Al Jaber, qui est le ministre du gouvernement des Émirats Arabes Unis, a révélé que dans la région Asie-Pacifique près de 1 500 millions de personnes manquent d’installations sanitaires de base, 260 millions n’ont pas accès à l’eau potable et au moins 500 000 n’ont pas l’électricité dans leurs maisons [9].

 

En conclusion, le premier sommet annuel de la BAII a montré la détermination de la Chine à se faire entendre dans la « première ligue » de la finance internationale. Par son engagement dans la construction de la nouvelle « Route de la soie » [10], la BAII est un puissant contrepoids à l’influence géo-économique des États-Unis et du Japon dans la région asiatique.

 

Toutefois, pour accélérer la construction d’un ordre mondial multipolaire, il est crucial que les gestionnaires de la BAII décident finalement d’abandonner le dollar, et surtout, ne renient jamais leur promesse d’améliorer les conditions de vie de l’humanité.

 

Ariel Noyola Rodríguez

Traduction
JJ
site : Le Saker Francophone

Source
Russia Today (Russie)

QUAND ASSAD DÉNONCE LES SOUTIENS AUX TERRORISTES !

Assad: « J’ai défendu mon pays face à des milliers de terroristes étrangers »

Etats-Unis Irak Iran Russie Syrie
 
 
Dans une interview avec la chaîne américaine  NBC , le président al-Assad a indiqué que « l’armée arabe syrienne avait récemment réalisé une grande progression », faisant savoir que « le temps nécessaire pour remporter la guerre dépend de plusieurs paramètres, notamment l’arrêt du soutien qu’apportent certains pays, tels que la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite, aux terroristes »
 

Selon l’agence syrienne Sana, Assad a ajouté: « Si ces pays mettent fin à leur soutien aux terroristes, la guerre prendra fin en quelques mois. »

Relations avec la Russie

Interrogé sur la participation de la Russie à la guerre en Syrie et sur son rôle dans la mutation actuelle dans le cours de la guerre, le président al-Assad a assuré que « le soutien russe à l’armée syrienne constituait un facteur décisif dans la guerre contre les terroristes ».

Il  a affirmé que « le président Poutine n’a rien demandé pour intervenir en Syrie pour deux raisons, la 1ère est que la politique de la Russie se base sur les valeurs et la 2ème est l’intérêt que porte le peuple russe à la lutte contre le terrorisme » soulignant que « sa relation avec le président Poutine est très franche et honnête, et se base sur le respect mutuel ».

Assad a souligné que « ni le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ni le président Poutine ne lui avaient demandé d’engager une transition politique », estimant que « c’est au peuple syrien seul de décider qui sera le président, quand il le deviendra et quand il devra partir ».

Le président al-Assad en a profité pour remercier la Russie, l’Iran et la Chine pour leur soutien à la Syrie au niveau politique, militaire ou économique.

Quant à  la réunion entre le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry et le président Poutine, le président al-Assad a indiqué qu’il ne craint pas la conclusion d’un accord, et pour cause « la politique russe qui ne se base pas sur la conclusion des transactions, mais sur les principes », explique-t-il.

Il a ajouté que la Russie avait été invitée juridiquement et officiellement par le gouvernement syrien pour intervenir en Syrie, disant: « Il est du droit de tout gouvernement d’inviter n’importe quel Etat pour l’aider dans toute affaire. Donc, la présence russe en Syrie est légale ».

Assad dénonce les USA

En revanche, le président al-Assad a affirmé que « les raids américains sont inefficaces et ont un impact négatif » soulignant que « les Etats-Unis ne disposent pas de la volonté de vaincre les terroristes, mais de les dominer et de les utiliser comme une carte. »

Le président al-Assad a indiqué que « Daech n’est pas un ennemi commun pour la Syrie et les Etats-Unis car ces derniers ont supervisé puis formé les groupes terroristes dans le but de renverser  le gouvernement syrien et ils ne veulent point lutter contre le terrorisme ».

A la question de savoir s’il accueille favorablement la fin du mandat du président Obama, le président al-Assad a fait savoir: « Nous en Syrie, nous ne misons sur aucun président qui vient ou qui part, car ce qu’ils disent dans leurs campagnes est différent de ce qu’ils font après leur élection. »

Assad a mis en garde les Etats-Unis contre toute attaque de la part de Daech contre eux: « Oui, car Daech attaque les civils et je ne peux pas demander aux innocents aux Etats-Unis d’assumer la responsabilité des mauvaises intentions de leurs responsables. »

Pour ce qui est des risques de  propagation du terrorisme aux Etats-Unis en cas de la défaite de Daech, le président al-Assad a fait noter: « Non, si on vainc Daech, on aidera le monde entier.

En cas de la non défaite des terroristes qui viennent de plus de 100 pays dans le monde, dont les pays occidentaux, ils retourneront à leur pays avec encore plus d’expérience, de fanatisme et d’extrémisme, et ils les attaqueront».

Sur le terrain

Par ailleurs, le président al-Assad a affirmé que « nous pouvons recourir à toute arme, sauf celles prohibées par le droit international pour vaincre le terroristes » soulignant que « nous n’avons pas utilisé des armes chimiques et personne n’a présenté des preuves à cet égard, tout ce qu’ils ont présenté n’étaient que des allégations. »

Interrogé sur certaines régions encerclées par  l’armée syrienne, le président al-Assad a répondu : « Comment peut-on interdire l’accès de nourriture à certaines zones alors qu’on ne leur interdit pas d’obtenir les armes pour nous tuer ?

On assiège tout ou on autorise tout. Comment ces gens peuvent-ils rester vivants sans nourriture ? ».

Dans cet entretien, M. Assad a soutenu que la journaliste américaine Marie Colvin, tuée dans un bombardement imputé au régime syrien en 2012 à Homs (centre), était « responsable » de sa propre mort.

Elle « est entrée illégalement en Syrie, a travaillé avec les terroristes (…). Elle est donc responsable de tout ce qui lui est arrivé », a jugé le président syrien.

Enfin, en guise de conclusion, Assad a espéré que « l’histoire se souviendra de lui comme d’un homme ayant défendu son pays face au terrorisme venu de l’étranger et non comme un  dictateur sanguinaire « .

Il a estimé que « cette image de tyran brossée par  les médias occidentaux était injuste et qu’une personne qui lutte contre des terroristes et qui arrive à les vaincre est en principe qualifié de patriote et non d’homme sauvage ».

Source:.Al manar

 

16/07/2016

LA TURQUIE ET LA TENTATIVE DE COUP D' ÉTAT ........

Turquie : comment s'est déroulée la tentative de coup d'Etat avortée

Dans la nuit de vendredi à samedi, des mutins ont essayé de prendre le pouvoir.

Francetv info revient sur les événements de la nuit.

Des manifestants sur un pont à Istanbul (Turquie) pour protester contre le coup d'Etat de certains militaires, le 16 juillet 2016.
Des manifestants sur un pont à Istanbul (Turquie) pour protester contre le coup d'Etat de certains militaires, le 16 juillet 2016. (GURCAN OZTURK / AFP)

Louis San

Mis à jour le , publié le

Le dernier bilan provisoire de la tentative de putsch militaire en Turquie fait état de 161 tués et 1 440 blessés parmi les forces loyalistes et les civils, sans compter les putschistes. Le Premier ministre Binali Yildirim a annoncé l'arrestation de 2 839 militaires en lien avec cette tentative de coup d'Etat qui s'est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi.
Voici comment se sont déroulés les événements.

>> DIRECT. Suivez les dernières informations en Turquie après la tentative de coup d'Etat

L'événement est inattendu. Il est 21h44, vendredi 15 juillet, lorsque l'agence Reuters envoie une alerte rapportant que des hélicoptères et des avions militaires survolent à basse attitude Ankara, la capitale de la Turquie. Quelques minutes plus tard, la chaîne de télévision turque NTV affirme que des forces de sécurité, à Istanbul, ont fermé à la circulation automobile les deux ponts qui enjambent le Bosphore, dans le sens Asie-Europe.

BREAKING 2 bridges closed by mil police in , tanks on highways, reports of jets flying low in .

 

"J’étais au balcon, avec des amis, je suivais les informations quand j’ai vu trois tanks débouler dans la rue", confie à Libération Gulcan, 29 ans, habitante de la rive asiatique de la ville.

 

Des coups de feu sont entendus à Ankara précise, à 21h55, un journaliste de Reuters sur place. D'autres reporters de l'agence britannique présents à Istanbul rapportent également apercevoir des hélicoptères au-dessus de la plus importante ville du pays.

A ce moment de la soirée, c'est la confusion la plus totale. Aucune explication n'est disponible. Aucun lien ne peut être établi entre les deux événements.

"Action illégale"

C'est alors que le Premier ministre turc, Binali Yildirim, annonce peu après 22 heures qu'il s'agit d'une tentative de coup de force militaire.

Certains individus ont entrepris une action illégale sans l'aval de la chaîne de commandement.

Binali Yildirim, Premier ministre turc

 

"Le gouvernement élu par le peuple reste en fonction. Ce gouvernement ne partira que lorsque le peuple lui dira de le faire", ajoute Binali Yildirim. Il prédit également aux mutins qu'ils paieront "le prix le plus élevé". C'est une "tentative de coup d'Etat", selon plusieurs chaînes d'informations turques.

Peu avant 22h30, l'armée turque annonce avoir pris le pouvoir dans un communiqué publié sur le site de l'état-major des armées. Elle affirme l'avoir fait pour maintenir l'ordre démocratique et les droits de l'Homme. Elle ajoute que toutes les relations internationales sont maintenues et que l'Etat de droit doit rester une priorité.

Le chef de l'état-major retenu en otage

L'agence pro-gouvernementale Anatolie, citant des "sources crédibles", affirme que "le général Hulusi Akar, chef d'état-major des armées est retenu en otage par un groupe de militaires qui tentent un soulèvement", au siège de l'armée, à Ankara.

Vers 23 heures, le présentateur de la chaîne publique TRT dit lire au nom de l'armée un communiqué. Il annonce qu'un "conseil de paix dirige" la Turquie, qu'un couvre-feu et que la loi martiale sont décrétés.

Le Premier ministre turc s'est exprimé. Mais où est le président Recep Tayyip Erdogan ? CNN Turk affirme qu'il est en lieu sûr, ce que confirme une source proche de la présidence. 

Le Quai d'Orsay recommande, au même moment, aux ressortissants Français en Turquie de rester chez eux en raison des "évènements graves" en cours. De son côté, le président américain Barack Obama dit se tenir informé de l'évolution de la situation. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, appelle à éviter "tout affrontement meurtrier". Selon lui, "les problèmes de la Turquie doivent être résolus dans le respect de la Constitution".

Erdogan s'exprime via Facetime

Ce n'est qu'aux alentours de 23h30 que Recep Tayyip Erdogan, dans un lieu indéterminé, fait son apparition via Facetime, sur CNN Turk.

BREAKING Turkish President Erdoğan blames network & calls on public to go to public squares and airports.

Il dénonce un "soulèvement d'une minorité au sein de l'armée" et appelle les Turcs à descendre dans les rues pour résister à la "tentative de coup d'Etat". Et l'homme du pays se montre confiant.

Je ne pense absolument pas que ces putschistes réussiront.

Recep Tayyip Erdogan, président turc

via Facetime sur CNN Turk

Après cette apparition mystérieuse, les événements continuent de s'accélérer et la situation est toujours très confuse. La chaîne publique TRT cesse d'émettre. Dans le même temps, une violente explosion secoue la capitale. Peu après, une journaliste de Reuters sur place indique qu'un hélicoptère militaire a ouvert le feu à Ankara. Des reporters de l'AFP disent entendre des coups de feu dans le centre-ville.

"Rien à craindre" des putschistes, dit un commandant

Il est environ 00h20 lorsque l'administration turque annonce que les forces loyalistes prennent le dessus sur les putschistes mais qu'elles font encore face à des difficultés dans certaines zones de la capitale et d'Istanbul.

L'agence de presse Dogan rapporte dix minutes après que plusieurs chars de l'armée sont déployés autour du Parlement turc, à Ankara. Pour un membre du gouvernement turc, la situation va se résorber rapidement. Il estime que l'insécurité va probablement se poursuivre pendant 24 heures, mais pas au-delà. Un commandant des forces loyalistes se veut rassurant et affirme qu'il n'y a "rien à craindre" des putschistes, qui ne sont qu'un petit groupe.

Les combats s'intensifient vers 1 heure du matin. Des blessés sont recensés à Istanbul après des tirs de soldats sur la foule. Une source officielle indique que des avions de chasse F-16 abattent un hélicoptère des putschistes, dans une ville dont le nom n'est pas précisé mais qui pourrait être Ankara. Un premier bilan des médias locaux fait état de 17 policiers tués dans la capitale.

"Une initiative idiote vouée à l'échec"

En Europe et aux Etats-Unis, les dirigeants politiques continuent de réagir. La chancelière allemande Angela Merkel déclare, via son porte-parole, que"l'ordre démocratique doit être respecté", et Barack Obama appelle à "éviter violence et bain de sang".

Le Parlement turc est ensuite bombardé vers 1h30. Et alors que l'Otan appelle au calme, peu avant 2 heures, les renseignements turcs annoncent"un retour à la normale". De son côté, le Premier ministre turc affirme que la situation est maîtrisée.

C'est une initiative idiote vouée à l'échec et elle est largement sous contrôle.

Binali Yildirim, Premier ministre turc

En exil aux Etats-Unis, l'ennemi juré du président turc, Fetullah Gülen, condamne "toute intervention armée dans les affaires intérieures de la Turquie". L'Union européenne appelle à "un retour rapide à l'ordre constitutionnel" dans le pays.

Recep Tayyip Erdogan atterrit à Istanbul vers 2h30. Selon des chaînes de télévision locaux, il est accueilli par de nombreux partisans. Peu avant, des manifestants ont chassé des putschites présents devant l'aéroport Atatürk.

 

Des manifestants chassent les militaires putschistes de l’aéroport d’Istanbul ✌️

 

A la descente de l'avion, l'homme fort de la Turquie s'adresse à la presse. Il affirme que l'hôtel où il se trouvait en vacances, sur la côte turque à Marmaris, a été bombardé après son départ. Il ajoute qu'il ne connaît pas savoir ce qu'est devenu le chef de l'armée. "Ceux qui sont descendus avec des chars seront capturés car ces chars ne leur appartiennent pas", assure-t-il.

Il y a en Turquie un gouvernement et un président élus par le peuple qui sont au pouvoir et si Dieu le veut nous allons surmonter cette épreuve.

Recep Tayyip Erdogan, président turc

devant la presse à l'aéroport Atatürk

Le Premier ministre annonce vers 3h30 plus de 120 arrestations après la tentative de putsch alors qu'il ordonne à l'armée d'abattre les avions et hélicoptères des putschistes.

Vers 4h30, un bilan du parquet du district de Gölbasi, banlieue d'Ankara, fait état de 42 morts lors des heurts survenus dans la nuit. Mais la situation reste tendue. Des coups de feu sporadiques se font toujours entendre près d'Ankara et des F-16 bombardent, aux alentours de 5h30, des chars de rebelles aux abords du palais présidentiel. Des médias locaux montrent en direct, peu après, une cinquantaine de soldats se rendre aux forces de sécurité. 

Lourd bilan

Un nouveau chef de l'armée par intérim est nommé par le Premier ministre à 6 heures. Sur CNN Turquie, le ministre turc de la Justice Bekir Bozdag annonce 336 arrestations à l'échelle nationale. Le bilan est provisoire. Il n'est pas loin de 7 heures lorsque l'agence de presse Anatolie fait état de 754 militaires arrêtés. Elle précise que cinq généraux et 29 colonels ont été démis de leurs fonctions. La revanche du président turc ne fait que commencer. 

Samedi à la mi-journée, le dernier bilan provisoire fait état de 161 tués et 1 440 blessés parmi les forces loyalistes et les civils, sans compter les putschistes. Le Premier ministre Binali Yildirim a annoncé l'arrestation de 2 839 militaires en lien avec cette tentative qu'il a qualifiée de "tache" sur la démocratie turque. Le chef de l'armée a fait état de son côté de 104 putschistes abattus.

13/07/2016

OTAN / RUSSIE : LA FRANCE À LA BOTTE DES ÉTATS-UNIS !

13 juillet 2016

Lorsque Poutine se retire dans le silence

 

DES DÉCISIONS IMPORTANTES S’EN SUIVENT 

À la veille de la rencontre de l’OTAN à Varsovie, Vladimir Poutine a annulé tous ses déplacements pour se retirer dans un silence qui ne peut que présager de décisions importantes.

Ces dernières seront des réponses aux actions provocatrices de l’OTAN, véritables menaces à la sécurité du peuple russe et à la paix mondiale.

Nous savons que le président Poutine n’est pas du genre à réagir sous l’effet de la passion ou de la provocation, mais sous ceux de faits soigneusement analysés et d’une stratégie d’intervention soigneusement orientée à prendre l’ennemie là où il s’y attend le moins. 

Il ne faut pas oublier cet aveu de Poutine, devenue incontournable : « Dans mon enfance, les rues de St-Petersburg m’ont appris que lorsque l’entente devient impossible, il faut frapper le premier ».

Une première réaction du ministère des Affaires extérieures de Russie demande aux dirigeants de l’OTAN des explications sur ce déploiement tous azimuts des forces de l’OTAN aux frontières de la Russie. 

 "Au mépris de l'impératif objectif du maintien de la paix et de la stabilité en Europe et contrairement à la nécessité d'œuvrer en synergie pour relever les défis effectifs, et non imaginaires, l'OTAN se concentre sur la +dissuasion+ d'une menace inexistante à l'Est »

Et d’ajouter la représentante du ministère extérieur russe, Maria Zakharova : 

« L'OTAN refuse de voir ces conséquences négatives et risquées à long terme pour l'ensemble de la sécurité euro-atlantique que recèlent les démarches de Washington et Bruxelles visant à perturber l'équilibre de forces actuel", a indiqué la porte-parole, citant en exemple le déploiement accéléré d'éléments du bouclier antimissile É.-U./OTAN en Europe. »

Tout le scénario de l’OTAN consiste à couvrir ce déploiement majeur sur les frontières russes par un discours qui fait de la Russie l’ennemie aux prétentions de conquêtes et de domination des pays qui lui sont frontaliers. Elle fait de la Russie l’envahisseur de l’Ukraine et, de ce fait, le conquérant potentiel de tous les pays qui lui sont frontaliers. 

« Elle (OTAN) a (…) suspendu toute coopération avec ce pays (RUSSIE) en réponse à l’intervention militaire de ce dernier en Ukraine, que les Alliés condamnent avec la plus grande fermeté. Les canaux de communication politiques et militaires, quant à eux, restent ouverts.

L'OTAN demeure préoccupée par les activités militaires et le discours agressif de la Russie, qui font songer à une manoeuvre de déstabilisation, qui viserait l'Ukraine, mais pas seulement elle.  »

Le mensonge de l’intervention militaire de la Russie en Ukraine est énorme et dire qu’il est avalé par les 28 pays membres de l’OTAN. C’est tout de même incroyable. 

Il faut lire ici les dessous d’un coup d’État en Ukraine que nous présente l’excellent analyste, Michel Collon et, également, ici , ce qu’en pense Poutine. Si G.W. Bush s’est servi d’un monstrueux mensonge pour envahir l’Irak, Obama et ses pairs de l’OTAN peuvent en faire tout autant pour envahir la Russie.

Sauf que dans ce dernier cas la situation de Poutine est toute autre de celle de Saddam Hussein. 

Il est incroyable que ces 28 chefs d’État qui chapeautent l’OTAN se disent « préoccupés par les activités militaires et le discours agressif de la Russie qui font songer à une manœuvre de déstabilisation qui viserait l’Ukraine et pas seulement elle. »

 À ce que je sache, le déploiement militaire se fait sur le territoire russe et en Syrie, à la demande du Président de ce pays pour lutter contre le terrorisme.

Cette situation n’a rien de comparable avec ce déploiement des forces de l’OTAN sur les frontières russes et un peu partout dans le monde.

Que dire maintenant de ce discours agressif de Poutine ? Il n’est pas du genre à menacer à tout vent et à s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays comme le font les États-Unis et plusieurs pays de l’OTAN.

Pour ne parler que des États-Unis, voyons ce qu’ils font en Amérique latine, tout particulièrement au Venezuela qu’ils déclarent comme une menace à la sécurité nationale des États-Unis.

Une déclaration qui devient une véritable menace de guerre. Si ce n’est pas là un discours agressif de Washington, je n’y comprends rien.

Le Venezuela n’est pas à la frontière des États-Unis et n’en constitue d’aucune manière une menace militaire pour les États-Unis.

C’est une situation tout autre que vit la Russie avec les forces de l’OTAN à sa frontière.

Que va décider Poutine ?

Lui, plus que tout autre, sait les mensonges qui servent à manipuler l’opinion publique occidentale contre la Russie. Il sait que les peuples de l’Occident ne sont pas des ennemis de la Russie, mais que leurs dirigeants, soumis aux volontés de Washington, le sont.

Plus que tout, il sait que Washington est effectivement son véritable ennemi. Ce sont les ambitions de ce dernier qui mettent en péril la Russie et une grande partie du monde.

Il sait également que l’unité de l’Europe se fragilise et que les peuples deviennent de plus en plus conscients de la manipulation dont ils sont victimes. 

La France, l’Italie, l’Espagne font toujours plus partie de ces peuples soumis au pouvoir des marionnettes qui les dirigent.

Si Poutine décide de frapper le premier, ce ne sera pas contre les peuples, mais contre ces forces sur lesquelles compte Washington pour envahir la Russie. Je lui souhaite bonne chance.

Je pense qu’on s’approche d’un automne qui risque d’être chaud.

 

Oscar Fortin

Le 10 juillet 2016 

http://humanisme.blogspot.com

 

13 juillet 2016

Moscou a dénoncé le 10 juillet la focalisation de l'Alliance atlantique sur une menace russe «qui n'existe pas», après le sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, largement consacré à renforcer son flanc oriental, à Varsovie.

«Une analyse préliminaire des résultats de la rencontre montre que l'OTAN continue de voir le monde politico-militaire à travers une sorte de miroir déformant», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. «Contrairement à l'intérêt objectif de maintenir la paix et la stabilité en Europe [...]

l'Alliance concentre ses efforts sur la dissuasion d'une menace qui n'existe pas venant de l'est», poursuit la déclaration.

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN)  a tenu à afficher son unité lors d'un sommet qui s'est tenu les 8 et 9 juillet à Varsovie consacré aux grands défis auxquels elle doit faire face : l'action de la Russie en Ukraine, en proie à une insurrection pro-russe dans sa partie orientale et le rattachement de la Crimée à la Russie.

 

D'après l'Otan : «Les actions de la Russie portent atteinte à l'ordre en Europe»

«Les actions de la Russie, en particulier en Ukraine [...] portent atteinte à l'ordre fondé sur des règles en Europe», indique le document adopté par les 28 pays de l'OTAN.

L'Alliance a décidé de déployer quatre bataillons dans les Etats baltes et en Pologne, un défi sans précédent envers Moscou depuis la fin de la guerre froide.

«Nous ne voyons aucune menace immédiate vis-à-vis d'un allié de l'OTAN» venant de la Russie, a toutefois assuré le 10 juillet le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

Le président russe Vladimir Poutine avait accusé fin juin l'OTAN de vouloir entraîner son pays dans une course aux armements «frénétique» et de rompre «l'équilibre militaire» en vigueur en Europe depuis la chute de l'URSS.

A lire aussi : Mikhaïl Gorbachev : «l'OTAN veut faire de la Guerre froide une guerre chaude»

POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA FRANCE !!! PAR PHILIPPE DE VILLIERS !

LE SOMMET DE L’OTAN ET LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA FRANCE (interview de Philippe de Villiers)

Cet interview de Philippe de Villiers est paru sur le site RT (anciennement Russia Today) le 8 juillet 2016.

Le sommet de l’OTAN apporte des nouvelles : davantage de soldats en Europe de l’Est, préparation aux cyberattaques…

Une autre aventure américaine qui n’apporte rien de bon pour l’Europe, selon l’ancien candidat à la présidence Philippe de Villiers.

RT France : Lors du sommet de l’OTAN à Varsovie les Etats-Unis ont annoncé le déploiement de 1 000 soldats en Pologne.

Des milliers de soldats de l’OTAN participent aux entraînements en Europe de l’Est et dans les pays baltes.

Selon Barack Obama, «l’agression russe contre l’Ukraine» menace l’Europe, c’est pourquoi il appelle à «renforcer la défense» de ses alliés en Europe centrale et orientale.

Comment évaluez-vous cette prise de position ?

 

Philippe de Villiers : Je pense que la position européenne calquée sur les ordres reçus de l’Amérique, donc calquée sur la position américaine repose sur un contresens.

L’Europe écrit depuis la fin de la guerre son avenir sur le continent américain.

C’est l’Europe de l’après-guerre qu’on poursuit avant la chute du mur de Berlin alors que l’Europe doit être l’Europe «de l’Atlantique à l’Oural» en comprenant la Russie au sens que l’entendait le général de Gaulle quand il utilisait cette expression.

L’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres

Aujourd’hui il faut faire une Europe confédérale, c’est-à-dire celle qui s’appuie sur les souverainetés nationales à l’Est comme à l’Ouest, qui s’élargisse à la Russie qui peut servir d’interface pour les hommes de la puissance de demain.

Il est absurde de considérer aujourd’hui Poutine et la Russie comme des ennemis.

La Russie est notre amie, la Russie ne demande qu’à être notre amie.

Elle est non seulement une alliée sur le plan historique, mais il y a des liens plus profonds – par exemple, Dostoïevski parlait français, écrivait en français.

Et moi qui connais bien la Russie, je peux dire que c’est une absurdité de ne pas vouloir réunir les deux chrétientés de l’Europe – celle de l’Est et celle de l’Ouest.

C’est un crime de vouloir installer plus d’agressivité, plus de haine dans les nations qui étaient jadis sous le joug soviétique.

Il faut leur expliquer que la Russie n’est pas leur ennemi, que la Russie n’est pas l’ennemi de l’Europe et que l’Europe ne doit pas continuer à se faire manipuler par Monsieur Obama et l’Amérique qui elle est agressive, qui dépense deux fois plus pour son budget militaire que l’ensemble des nations du monde.

L’OTAN n’a plus de raison sociale

 

RT France : Lors du même sommet à Varsovie, il a été déclaré un renforcement de partenariat entre l’UE et l’OTAN. Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, a déclaré que les deux organisations ont «une position commune sur la Russie : l’UE a imposé des sanctions économiques, l’OTAN a procédé au renforcement de la défense collective après la fin de la guerre froide, le plus important depuis la guerre froide».

Cette coopération entre l’Union européenne et l’OTAN, a quoi peut-elle mener ?

Philippe de Villiers : A la guerre. L’OTAN est en fait le bras militaire de l’Amérique.

L’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres.

Souvenez-vous du Kosovo, des «printemps arabes», de la Syrie, de l’Irak.

Il faut bien comprendre que le nouveau monde dans lequel nous sommes entrés n’est pas le monde de l’après-guerre. L’OTAN a été créé pour contrer l’Union soviétique. L’URSS est morte, le mur de Berlin est tombé, cela fait des décennies. Et donc l’OTAN n’a plus de raison sociale.

La décomposition de l’Europe va maintenant aller très vite depuis le Brexit

Il faut bien comprendre par exemple que Madame Merkel obéit à Monsieur Obama, obéit à l’OTAN quand elle se prosterne devant le sultan Erdogan parce que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et que c’est l’Amérique qui veut faire rentrer la Turquie dans l’Union européenne. Quand vous confiez votre défense, c’est-à-dire l’essentiel de votre puissance régalienne, à une autre nation que la vôtre – en l’occurrence les Etats-Unis – alors vous n’êtes plus indépendant.

Donc vous ne pouvez plus avoir une diplomatie propre. C’est tragique pour la France et c’est tragique pour l’Europe.

C’est un signe avant-coureur de la décomposition de l’Europe qui va maintenant aller très vite depuis le Brexit parce que les Anglais ont compris qu’il y avait une contradiction entre la loi anglaise et le loi européenne et que l’Europe c’était l’immigration à tout va.

Monnet, Schuman et tous les autres grands prêtres de cette Europe supranationale ont menti

Aujourd’hui les Français sont de plus en plus nombreux à comprendre qu’on leur a menti.

Monnet, Schuman et tous les autres grands prêtres de cette Europe supranationale ont menti.

Ils ont dit que l’Europe ce sera la prospérité ; on voit que ce n’est pas le cas, la sécurité ; on voit que ce n’est pas le cas. Ils ajoutaient – et c’est le plus grand mensonge – que l’Europe ce serait l’indépendance, ce serait la puissance, c’est-à-dire l’émancipation des Etats-Unis.

Il y aura les Etats-Unis de l’Europe qui s’émanciperont des Etats-Unis et c’est pour cela que les gens avaient voté «oui» à Maastricht en se disant qu’on sera une très grande puissance, on sera «une France démultipliée».

On a une Amérique démultipliée qui met la main ferme et lourde sur le continent européen

Aujourd’hui on n’a pas de France démultipliée, on a une Amérique démultipliée qui met la main ferme et lourde sur le continent européen pour empêcher à tout prix qu’il y ait entre la Russie, la France et d’autres pays européens un échange qui est dans l’ordre des choses et dans la nécessité de la paix et de l’harmonie.

Je suis triste, je suis bouleversé, je suis effaré et écœuré de voir l’attitude des dirigeants européens qui sont des menteurs et des manipulateurs parce qu’ils sont eux-mêmes sujets aux mensonges américains et manipulés par l’Amérique.

Obama c’est un grand enfant

RT France : Barack Obama a appelé l’OTAN à agir contre Daesh, la Russie et le Brexit.

Selon vous, pourquoi le président américain met ces trois phénomènes dans le même panier ?

Philippe de Villiers : Obama dit n’importe quoi. Mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Mettre dans le même panier le Brexit, Daesh et la Russie, c’est montrer qu’on comprend rien en histoire, qu’on est inculte. On ne peut pas commenter une position comme celle-là.

L’Amérique a une vision du monde qui est la même, c’est-à-dire un monde monocentré sur l’Amérique, alors que la Russie accepte le monde polycentré et travaille pour cela.

Dans la conversation que j’ai eue avec Vladimir Poutine en août 2014, il m’a dit qu’il ne voulait pas un monde centré-américain, mais un monde qui soit organisé en pôles régionaux. C’est beaucoup plus sûr pour la paix.

Mais l’Amérique ne conçoit le monde qu’à sa botte. Tout ce qui lui résiste ou lui déplaît, c’est l’ennemi.

Donc on fait un paquet cadeau.

Avec la Russie, le Brexit et Daesh c’est une pochette surprise de la kermesse flamande. On met tout le monde dans le même panier.

Mon père disait que les Américains sont sympathiques mais ils sont de grands enfants. Obama c’est un grand enfant.

L’Amérique est un pyromane qui met le feu à une maison et se met au premier rang en criant «au feu !»

 

RT France : L’OTAN et l’UE viennent de signer une déclaration commune afin de faire face «aux nouveaux défis», notamment aux «menaces hybrides» des cyberattaques. A votre avis, comment l’OTAN va-t-il contrer ces menaces cybernétiques qui pourraient menacer l’Europe ?

Philippe de Villiers : C’est assez amusant d’entendre le pyromane expliquer qu’il se propose de se faire pompier.

En réalité sur cette question des cyberattaques, tous ceux qui ont un peu de renseignement savent que c’est l’Amérique qui est concernée en premier – c’est elle qui nous menace, c’est elle qui nous écoute, c’est elle qui installe des réseaux, c’est elle qui veut mettre la main sur toute cette communication nouvelle pour nous écouter, nous menacer et nous faire du chantage.

On le sait très bien parce que Merkel, Hollande et tous les autres sont écoutés par l’Amérique. Donc s’il y a un risque de cyberattaque dans le monde alors il vient de l’Amérique.

C’est drôle que les Etats-Unis demandent à l’OTAN de les aider à éteindre le feu parce que ce sont eux qui ont allumé le feu. L’Amérique me fait penser à ce pyromane qui met le feu à une maison et qui ensuite ne peux pas résister au plaisir de venir se mettre au premier rang en criant «au feu !»

Nous ne sommes pas les neveux de l’Oncle Sam

RT France : Est-ce que cette phase de tension entre l’OTAN et la Russie est surmontable ?

Philippe de Villiers : Le jour où il y aura un chef d’Etat en Europe, peut-être en France ou ailleurs, qui comprendra qu’on ne peut pas construire notre avenir sans la Russie ou contre la Russie – alors tout changera.

Mais pour ça, il faut qu’il y ait un pays – la France – qui quitte l’OTAN. Tant que la France sera dans l’OTAN, les choses ne bougeront pas.

Moi, j’appelle la France à quitter cette structure, cette organisation militaire qui pèse sur notre diplomatie, et dont nous ne recueillons aucun fruit, sinon une croissante dépendance par rapport à l’Amérique, l’Oncle Sam.

Nous ne sommes pas les neveux de l’Oncle Sam.

Cet interview de Philippe de Villiers est paru sur le site RT (anciennement Russia Today) le 8 juillet 2016.

Bannière 2016

Share Button

12/07/2016

LIBYE: SAÏF AL ISLAM KADHAFI DE RETOUR AU POUVOIR ???

11 juillet 2016

 

Début mai, j’avais écrit « Gardez à l’esprit que Saïf Kadhafi pourrait jouer un rôle important dans le futur. »

 

Beaucoup d’étrangers ont été surpris d’apprendre que Saïf Al Islam Kadhafi, l’héritier naturel de son père, avait été libéré d’une prison libyenne de Zintan, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui pourrait se produire: son retour au pouvoir d’une manière ou d’une autre.

 

Pendant le soulèvement du printemps arabe de la Libye en 2011, Saïf a rejoint son père et ses frères sur les barricades pour combattre les rebelles soutenus par l’OTAN dans une âpre guerre révolutionnaire. Les rebelles ont par la suite attrapé et assassiné son père et son frère Mouammar Moatassim à Syrte, mais Saïf, lui, a été capturé vivant alors qu’il essayait de fuir à travers le désert du Sahara au Niger.

Il a peut-être dû sa bonne fortune au fait que les unités qui l’ont capturé étaient de Zintan, une ville montagneuse du sud de Tripoli, qui a combattu par la suite l’Aube de Libye, un groupe islamiste qui a pris la capitale en 2014. Lors du procès collectif d’anciennes personnalités du régime, Zintan a refusé de livrer Saïf, lui épargnant ainsi les brutalités infligées à d’autres prisonniers dont l’ancien chef du renseignement Abdullah al Senussi et son jeune frère Saadi. Un film montre ce dernier en train d’être tabassé dans la cellule d’une prison de Tripoli.

Les Zintanis n’étaient pas des amis de l’ancien régime. Ils étaient l’un des groupes rebelles les plus efficaces dans la lutte contre les forces de Kadhafi pendant le soulèvement que les bombardements de l’OTAN ont permis de remporter.

Mais d’après ce qu’en ont dit les quelques personnes autorisées à lui rendre visite dans un lieu étroitement gardé quelque part dans la ville, Saïf a été bien traité et jouissait d’un régime similaire à l’assignation à résidence.

Il y a un an un tribunal de Tripoli, opérant sous le contrôle du groupe Aube de la Libye, l’a condamné à mort ainsi que quelques autres, dont Al Senussi. A Zintan, peu de choses ont changé pour Saïf, parce que Zintan a refusé obstinément de l’envoyer à la misérable prison d’Al Hadba à Tripoli.

Le chaotique Gouvernement d’entente nationale (GNA), soutenu par l’ONU et dirigé par un premier ministre homme de paille, qui opère à partir de la base navale de Tripoli, la seule partie de la ville qu’ils contrôlent, semble toutefois être à l’origine de l’acte d’amnistie dont ont bénéficié Saïf et d’autres prisonniers en avril, annulant leurs condamnations à mort et ordonnant leur libération.

Depuis lors, l’endroit où se trouve Saïf est un mystère, mais l’attitude des Zintanis à son égard est tempérée par leur alliance avec les tribus qui soutenaient Kadhafi auparavant, dont celles de Beni Walid et de Warshefani, pour lutter à mort contre les islamistes d’Aube de la Libye. La tribu de Kadhafi elle-même a une base au sud de Zintan près de Sebha, et fait cause commune avec les Zintanis contre les milices d’Aube de la Libye qui contrôlent la capitale et le Gouvernement d’entente nationale (GNA).

Avant le soulèvement en Libye, Saïf sillonnait le monde pour chercher des soutiens à son projet de démocratisation du pays. Il est difficile de savoir si ses ambitions dans ce domaine ont avorté parce qu’il n’était pas sérieux, ou à cause de la ligne dure de ses frères et sœurs Moatsem et Khamis. Quoi qu’il en soit, il sort de captivité pour retrouver une Libye profondément changée, ce qu’il avait prédit.

En février 2011 Saïf al-Islam a fait un discours où il prédisait ce qui allait arriver. Et il ne s’est pas trompé. « Il y aura la guerre civile en Libye … nous allons nous entretuer dans les rues et toute la Libye sera détruite.

Il nous faudra 40 ans pour parvenir à un accord sur la façon de diriger le pays car, désormais, tout le monde voudra être président ou émir, et tout le monde voudra diriger le pays. »

Saïf savait que son pays serait déchiré si le régime de son père était détruit par l’Occident.

Les brutalités du régime de son père ont, depuis, été égalées par celles de certaines des milices qui l’ont renversé, comme on le voit avec le passage à tabac de son frère Saadi dans une prison de Tripoli, filmé dans tous ses macabres détails par ses geôliers.

La plupart des tribus qui soutenaient autrefois Kadhafi se battent maintenant contre les islamistes et leurs alliés opportunistes de Misrata d’Aube de la Libye, et elles verront en SaÏf une personnalité qui peut unifier leurs revendications et empêcher leur éviction de la vie politique libyenne.

Il semble que l’opposition à ce qu’il joue un rôle politique soit en train de diminuer, parce qu’il n’a jamais fait partie du « muscle » du régime de Kadhafi; il passait beaucoup de temps à Londres et fréquentait le cercle doré des riches magnats, des universitaires et de l’élite politique de Tony Blair.

En d’autres termes, de nouvelles perspectives s’ouvrent à cet homme qui a été châtié par les rebelles pour avoir condamné leur rébellion à la télévision verte de Kadhafi pendant le soulèvement, mais qui n’a jamais tiré une seule balle.

Sa libération pourrait lui permettre de mettre en œuvre le projet qu’il a toujours prétendu porter: réformer son pays et unir les principales tribus qui se sentent marginalisées par ceux qui détiennent le pouvoir en Libye.

Les choses se mettent en place pour qu’il puisse faire éventuellement partie d’une sorte de grand conseil. Comme le Gouvernement d’entente nationale (GNA) est incapable de convaincre aucun des deux autres gouvernements de Libye de se joindre à lui, certains pensent qu’il faudrait faire appel à une médiation plus large, l’Arabie Saoudite et surtout Oman s’offrant comme médiateurs.

Cela sera discuté à Bruxelles le 18 juillet avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Dans ce pays, livré au chaos et à la destruction, dont les gouvernements se battent entre eux et où l’Etat islamique progresse, Saïf Kadhafi pourrait devenir une partie de la solution plutôt que du problème.

Depuis la nouvelle de sa libération, il y a 24 heures, des Libyens de différentes villes du pays brandissent des photos de Saïf en criant son nom.

A ma connaissance, c’est la première fois qu’il y a des manifestations pro-Kadhafi aussi ostensibles dans tant d’endroits du pays à la fois depuis 2011.

Il est temps que Saïf joue un rôle, avec d’autres libertaires, dans et au dehors de la Libye pour promouvoir l’ancienne constitution et surtout pour bannir les membres du Groupe islamique combattant en Libye (GIGL, Al-Jama’a al-Islamiyyah al-Muqatilah bi-Libya), une ancienne filiale d’al-Qaeda.

 

Selon la rumeur, Saïf donnera bientôt une conférence de presse. Cela sera vraiment très intéressant si c’est le cas.

 

Richard Galustian,
Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7350

11/07/2016

HILLARY CLINTON , LA VA-T-EN GUERRE ???

Source : Consortiumnews.com, le 17/06/2016

Le 17 juin 2016

Les faucons du département d’État et les néoconservateurs en poste à Washington ont très envie qu’Hillary soit présidente. Ils espèrent ainsi pouvoir déployer plus librement les forces américaines autour du monde, mais, selon Michael Brenner, l’avenir n’est peut-être pas si simple.

Par Michael Brenner

Hillary est-elle une va-t-en-guerre ? Eh bien, ses antécédents nous montrent que c’est certainement un faucon, quelqu’un qui croit fortement à l’utilité des forces armées et qui est prête à les utiliser.

De nombreux éléments pourraient donc nous faire pencher pour une réponse affirmative.

Son action en tant que secrétaire d’État tout comme ses discours et ses déclarations de candidate donnent l’image d’une présidente présomptive qui voit dans le monde une menace inquiétante, qui est persuadée que, sur le globe tout entier, on s’en prend aux intérêts américains fondamentaux, qui préconise, avec conviction, l’intervention préventive comme en Syrie et en Libye aussi bien que l’intervention préemptive et défensive, qui tient énormément à garder des rivaux présumés comme la Chine ou la Russie dans une position de subordonné.

La candidate démocrate à la présidence, Hillary Clinton.

La candidate démocrate à la présidence, Hillary Clinton.

Toutes ces attitudes la distinguent très nettement de Barack Obama. Et en effet, au début de sa campagne, elle s’obstinait à critiquer la Maison-Blanche pour sa politique ouvertement modérée vis à vis de Bachar el-Assad, Vladimir Poutine et Xi Jinping. Et elle n’a changé de discours que lorsqu’en face des succès inattendus de Sanders, il est devenu évident qu’elle devait avaliser le bilan du président.

Les critiques spécifiques qu’adressent à Hillary Rodham Clinton (HRC) ceux qui la trouvent trop va-t-en-guerre sont bien connues. Ainsi elle a voté en faveur de la guerre en Irak, elle a soutenu avec enthousiasme la Guerre mondiale contre le Terrorisme sous toutes ses facettes, elle a collaboré avec le groupe mené par Robert Gates pour pousser le président à intensifier l’escalade en Afghanistan, elle a préconisé une action directe en Libye pour renverser Mouammar Kadhafi et en Syrie pour détrôner Assad, elle s’est montrée acharnée dans sa volonté de confiner l’Iran, même après l’accord nucléaire, elle a traité Poutine de « Hitler » après la prise de la Crimée par la Russie.

Dans son important discours sur la politique étrangère prononcé devant le Conseil des relations étrangères, elle donne encore l’impression d’être une jusqu’au-boutiste radicale surtout en ce qui concerne l’équilibre des forces.

En outre, son soutien sans nuances au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne laisse aucune place aux réalistes, qui eux s’inquiètent de voir les États-Unis s’infliger un préjudice inutile en appuyant sans réserve tout ce que fait Israël.

Louée par les néoconservateurs

Ce n’est pas un hasard si Robert Kagan et d’autres sommités néoconservatrices la couvrent de louanges, eux qui la voient comme une présidente acquise à leur conception audacieuse et virile de la politique étrangère américaine. Un certain nombre de personnes qui ont travaillé avec Hillary Clinton au secrétariat d’État et/ou sont maintenant ses principaux conseillers font partie de ce regroupement de néoconservateurs et d’interventionnistes libéraux très zélés, qui ont très fortement incité à l’intervention en Libye, comme Samantha Power, Ann-Marie Slaughter et Susan Rice, et qui maintenant poussent à aider les Saoudiens et le Conseil de coopération du Golfe au Yémen et à attaquer la Syrie.

L'intellectuel conservateur Robert Kagan. (Photo credit: Mariusz Kubik, http://www.mariuszkubik.pl)

L’intellectuel conservateur Robert Kagan. (Photo credit: Mariusz Kubik, http://www.mariuszkubik.pl)

L’exemple le plus frappant, c’est Victoria Nuland, la porte-parole d’Hillary Clinton au secrétariat d’État, maintenant secrétaire adjointe d’État pour l’Europe, qui a mené avec beaucoup d’enthousiasme la croisade anti russe. Elle avait été auparavant la vice-conseillère en politique étrangère du vice-président Dick Cheney.

Victoria Nuland a été introduite dans l’administration Obama par Strobe Talbot qui l’avait sous ses ordres à l’Institut Brookings et dont elle était la protégée.

Talbot lui-même, qui avait été vice-secrétaire d’État pendant le second mandat de Bill Clinton, avait, peu à peu, rejoint la ligne la plus belliqueuse de l’establishment de la politique étrangère. L’affiliation à Brookings d’un important néoconservateur comme Robert Kagan, le mari de Victoria Nuland, peut avoir aidé à ratifier l’accord.

Certains des défenseurs d’Hillary Clinton soutiennent qu’il faut considérer ses vues va-t-en-guerre dans un contexte politique. Ses ambitions présidentielles, expliquent-ils, l’ont forcée à trouver une façon de surmonter ses handicaps au sujet de la sécurité nationale en tant que présumée libérale. En effet, d’abord elle est censée faire partie de la dynastie Clinton qui encourageait à bâtir des ponts de coopération en politique étrangère, c’est, du moins, la façon dont cela était perçu par ses critiques républicains, et ensuite c’est une femme.

Ella a été obligée d’agir ainsi après le 11-Septembre. Ainsi l’a-t-on vue se démener en choisissant son camp lors des votes ou en prononçant des discours pour avoir l’air d’un faucon. C’est là aussi la raison de son amitié très médiatisée avec John McCain, qui s’est affichée lors des voyages tous frais payés des sénateurs dans des endroits exotiques aux noms étranges où, comme le rapportent les journalistes, elle s’est montrée l’égale de son mâle collègue en sifflant de nombreuses vodkas.

On doit garder à l’esprit que la politique étrangère n’a jamais beaucoup intéressé Hillary Clinton. Et très certainement pas la sécurité nationale. Ce qui l’intéressait, c’étaient les problèmes intérieurs qu’elle connaissait bien. Elle ne s’est penchée sur les questions de politique étrangère qu’en 2008 lorsqu’elle a décidé de se présenter à la primaire démocrate.

Conviction ou pragmatisme ?

On peut raisonnablement inférer que ce qui a commencé comme un exercice de pragmatisme politique s’est transformé en vraie conviction. Aucun élément ne vient attester qu’HRC ait élaboré une stratégie exhaustive sur le rôle des États-Unis dans le monde, encore moins une théorie sur ce que doivent être les affaires internationales.

La secrétaire d'État adjointe pour les affaires européennes et eurasiennes, Victoria Nuland, pendant une conférence de presse à l'ambassade de Kiev en Ukraine, le 7 février 2014. (U.S. State Department photo)

La secrétaire d’État adjointe pour les affaires européennes et eurasiennes, Victoria Nuland, pendant une conférence de presse à l’ambassade de Kiev en Ukraine, le 7 février 2014. (U.S. State Department photo)

En même temps, cependant, il y a de fortes raisons de croire que la dureté de ses discours et de ses propositions politiques expriment, effectivement, ses opinions, aussi nébuleuses soient elles. Ses quelques propositions concrètes sont mal conçues et irréalistes, comme, par exemple, l’idée de mettre en œuvre « une zone de sécurité » dans le nord de la Syrie.

Tout ce à quoi cette mesure aboutirait serait de créer une base protégée pour al-Qaïda et al-Nosra et leurs associés salafistes, tout en comportant le risque élevé d’un clash avec les forces russes qui opèrent dans cette zone.

Est-ce que cela signifie qu’après son élection, Hillary Clinton aurait l’intention de déployer des troupes en Syrie ? Qu’on intensifierait les efforts contre l’EI ? Qu’on enverrait en Libye des forces conduites par les Américains ? Qu’on provoquerait toujours plus la Russie en Europe de l’est, en invitant, par exemple, l’Ukraine à rejoindre l’OTAN comme le lui avait déjà proposé George W. Bush ?

Il est un peu tôt pour répondre à ces questions par l’affirmative. Les discours chauvinistes, ce n’est pas difficile de les tenir quand on n’est pas au pouvoir.

Quand on est celui qui doit prendre les décisions à propos des déploiements de l’armée et s’attendre à en gérer les conséquences imprévisibles, alors là on agit toujours avec une certaine prudence.

Il est plus probable qu’Hillary Clinton ait à faire face à une guerre qu’elle n’avait pas prévue plutôt qu’elle ne se mette à en engager une de façon calculée, et ce pour un certain nombre de raisons. D’abord, il n’y a pas d’endroits où intervenir massivement avec des troupes au sol, pas d’Irak bien tentant, comme en 2003.

L’Iran est en haut de la liste des priorités des néoconservateurs, mais avec l’accord nucléaire, il n’y a plus de justification. L’Irak, de nouveau, et la Syrie sont aussi des candidats théoriques.

Qui, cependant, est l’ennemi et quel serait la cible d’une telle intervention ?

L’EI, évidemment, mais maintenant il est confiné et perd de plus en plus d’influence. Des troupes américaines au sol amèneraient simplement une guérilla dont on ne verrait pas la fin. Quant à al-Qaïda et al-Nosra en Syrie, on ne les considère pas comme des ennemis, mais bien plutôt comme des alliés tacites à l’intérieur du camp « modéré ».

Il y a Assad. Avec des troupes russes au sol, cependant, et sans consensus occidental ou sans perspective de permettre la mise en œuvre d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, une invasion pour remplacer le parti Baas par des salafistes de l’EI ou/et al-Qaïda n’aurait pas de sens, même avec l’agitation des Kagan et de Samantha Power.

En outre, c’est une tâche dont, contrairement à la CIA, ne veulent pas les pontes du Pentagone. Après tout, beaucoup de sang a été versé et beaucoup d’argent a été dépensé pour immuniser l’Afghanistan contre une présence terroriste beaucoup moins importante que celle qui règne maintenant en Syrie — et pour rien du tout !

La Libye est le seul endroit où l’on pourrait envoyer des troupes en nombre important. L’argumentation pour agir ainsi nous ramènerait à un Afghanistan bis.

Pourtant, en l’absence d’un événement comme le 11-Septembre, il serait difficile de faire accepter une telle décision au peuple américain.

Les risques de guerre par erreur de calcul sont plus élevés. Barack Obama lègue à son successeur un pays bloqué dans un champ de mines au Moyen-Orient, sans ami ni GPS diplomatiques. Hillary, bien sûr, porte une grande part de responsabilité dans la création de cette topographie incertaine et pour la prédominance d’habitudes hyperactives dans la politique américaine, une combinaison qui peut s’avérer fatale.

D’abord, maintenir un état de tension élevée avec l’Iran peut favoriser des incidents dans le Golfe persique. En outre, les troupes américaines et iraniennes se mêlent en Irak comme l’eau et l’huile. Il n’est donc pas tout à fait exclu qu’on voie des incidents relativement mineurs dégénérer en des combats sérieux, attisés par les fanatiques des deux côtés.

 

Jouer avec les allumettes en Ukraine

C’est en Ukraine que se situe l’autre foyer de conflit. Là, la belle histoire de la Russie méchant agresseur qui veut à tout prix récupérer son empire d’Europe de l’est a conduit, de la part de Washington, via l’OTAN, à une série de décisions militaires provocatrices, qui sont en train de susciter une nouvelle Guerre froide.

La force des ultra-nationalistes de Kiev, encouragés par leurs soutiens dans l’administration Obama et la farouche rhétorique des commandants militaires américains, ont empêché une résolution du conflit en Ukraine de l’est grâce à l’accord Minsk II.

Le président russe Vladimir Poutine s'adresse à la foule le 9 mai 2014, lors de la célébration du 69ème anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie et le 70ème anniversaire de la libération du port criméen de Sébastopol tenu par les nazis. (Photo du gouvernement russe)

Le président russe Vladimir Poutine s’adresse à la foule le 9 mai 2014, lors de la célébration du 69ème anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie et le 70ème anniversaire de la libération du port criméen de Sébastopol tenu par les nazis. (Photo du gouvernement russe)

La paranoïa déferle sur les États baltes et la Pologne, de nouveau avec la connivence active du « parti de la guerre » de Washington dont Hillary Clinton est un membre fondateur.

Même si l’on peut être certain qu’elle n’a pas réfléchi aux implications de cette décision et, en passant, qu’on peut être rassuré par la retenue de Poutine, le manque de prudence qui se manifeste là rend cette situation infiniment dangereuse.

Puis, il y a le facteur Bill. C’est le joker du jeu de cartes. On sait qu’Hillary a l’habitude de le consulter sur toutes les questions d’importance. Il est son confident polyvalent. Il va de soi qu’il sera une sorte d’éminence grise à la Maison-Blanche.

Alors la question principale est de savoir quel rôle il va jouer et quels conseils il va donner. Il y a de bonnes raisons pour croire qu’il va tempérer les tendances va-t-en-guerre de sa femme.

Après tout, ce dont Bill Clinton a plus envie que tout à ce moment de sa vie, c’est de retourner à la Maison-Blanche où il pourra déambuler à loisir et murmurer à l’oreille de sa femme. Il savoure cette position unique dans l’histoire, il savoure le fait d’être l’objet de l’attention.

C’est le statut qui compte, pas ce que l’on fait.

En tout cas, il a quelques convictions au sujet des problèmes de politique étrangère les plus importants. Ainsi son instinct lui dira d’éviter les coups de téléphone à 3 heures du matin, les crises graves et les risques qu’elles comportent.

Les actes aventureux qui exigent du courage et de la force d’âme n’ont jamais été son point fort.

Comme Barack Obama, ce n’est pas un héros.

Nous devrions en être reconnaissants.

Source : Consortiumnews.com, le 17/06/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

10/07/2016

RAPPEL : HOLLANDE ET LA SYRIE ......

Lorsque le Président Hollande voulait bombarder la Syrie…

 
 
 

hollande - aout 2013

Rencontre à l’Elysée, le 28 août 2013 où se préparait l’intervention militaire contre la Syrie . Photo AFP


Il y a 3 ans, les dirigeants français étaient prêts à « punir » le gouvernement syrien qu’ils accusaient d’être responsable de l’attaque aux gaz chimiques de la Goutta dans la banlieue de Damas.

Il semble important de revenir sur cet épisode, absolument sidérant, avec le recul et en tenant compte des renseignements disponibles à ce jour.

Au mois d’août 2013, une information faisait la une des médias, et provoquait un émoi légitime dans l’opinion publique.

Selon des vidéos diffusées en boucle, des centaines de civils syriens avaient été intoxiquées par une attaque conduite par l’armée syrienne. Le nombre de victimes variait entre 1500 morts et plusieurs centaines.

Les médias s’affolèrent et en rajoutèrent dans la surenchère ; l’opinion publique exigeait une juste riposte de la communauté internationale.

Le président Obama n’avait-il pas fixé une ligne rouge à ne pas franchir par le gouvernement syrien, à savoir l’emploi d’armes chimiques ?

 

Une véritable psychose s’empare de nos dirigeants.

Il est intéressant de noter que la France fut en première ligne sur le chemin de la guerre.

Lors d’un discours de politique étrangère devant les ambassadeurs français réunis à Paris le mardi 27 août 2013, le Président Hollande déclarait, avec l’air martial d’un chef de guerre :

« La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents… Aujourd’hui, notre responsabilité est de rechercher la riposte la plus appropriée aux exactions du régime » martelant que « le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse ».

Et d’ajouter : « J’ai décidé d’accroître notre soutien militaire à la coalition nationale syrienne » sans donner de précisions.

 

Suite au traditionnel Conseil des ministres à l’Élysée, un conseil de défense sur la situation en Syrie s’était tenu le mercredi 28 août 2013.

Autour de François Hollande, quatorze hauts responsables dont le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault et trois ministres, Roland Fabius (Affaires étrangères), Manuel Valls (Intérieur) et Jean-Yves Le Drian (Défense) ont fait le point sur le conflit et la réponse qui devait être rendue.

A l’issue de la réunion, quelques petites phrases ont glissé. « Il y a beaucoup de contacts internationaux qui sont pris, et le président de la République prendra, le moment venu, les décisions qui s’imposent » a déclaré laconiquement Laurent Fabius.

 « Nous devons désormais trouver la riposte appropriée » a renchéri la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Avec le recul, ces déclarations martiales apparaissent dans tout leur ridicule.

Le plan de guerre de Londres, Washington et Paris était prêt. Il était prévu que des raids devaient être menés avec des missiles Tomahawk embarqués sur des navires croisant en Méditerranée ou des chasseurs opérant en dehors de l’espace aérien syrien.

Il s’agissait de « punir » le régime de Bachar al-Assad et de lui envoyer un message, et non pas, officiellement, d’anéantir ses capacités militaires et donner un avantage décisif à la rébellion.

[Si nous comprenons bien, pour « envoyer un message », il faut envoyer d’abord un paquet de bombes et de missiles ?]

 

On connaît la suite de l’histoire

La désinformation de l’opinion sur cette prétendue attaque aux gaz, par l’ensemble des médias, fait l’objet d’une analyse détaillée dans le tome 2 de « Guerre en Syrie- Le mensonge organisé des médias et politiques français » de François Belliot (1).

Nous ne l’évoquerons donc pas.

L’arrogance des dirigeants français est stupéfiante.

De quel droit, le gouvernement français peut-il décider, sans l’aval du conseil de sécurité, de « punir » l’Etat syrien, en bombardant des sites stratégiques, politiques et symboliques, comme la présidence, les services secrets, des quartiers militaires ; et en même temps, comme le déclarait le général français Vincent Desportes, ex-directeur de l’Ecole de guerre à Paris :

« Il ne faut pas en faire trop car, si le président Assad meurt, ou si le régime s’effondre, on irait vers un bain de sang, un terrible chaos à l’échelle du pays. Ce serait donc un nouvel échec stratégique, à l’image de ce qui s’est passé en Libye. »

Mais il y a plus grave

Soit le gouvernement français, comme il le prétendait, possédait les PREUVES de ses accusations, et donc de l’implication directe de l’armée gouvernementale dans cette attaque aux gaz chimiques.

Rappelons-nous ces images où l’on nous montrait les dirigeants français présentant un dossier, fort mince d’ailleurs, censé contenir les PREUVES.

On notera simplement que ces PREUVES n’ont jamais fait l’objet d’une expertise quelconque.

S’agissait-il d’un dossier « bidouillé » avec quelques photos et des documents falsifiés pour faire croire à l’opinion publique et à la représentation nationale à la réalité de cette accusation ?

Si VRAIES PREUVES il y avait eu, elles auraient été largement diffusées par l’ensemble des médias qui participaient avec une belle unanimité au lynchage du « régime Assad ».

Or aucun média n’a jamais apporté aucun document prouvant que c’était le « régime » qui avait fait usage de gaz chimiques.

Soit le gouvernement français SAVAIT que l’attaque chimique n’était pas le fait du gouvernement syrien.

Nous voulons croire que les services de renseignements français disposaient de réseaux compétents pour connaître la réalité des événements et qu’ils étaient en mesure, comme leurs collègues états-uniens, sinon d’être capables de désigner les vrais commanditaires, au moins d’émettre quelques doutes sur la version officielle.

Dans cette hypothèse, le Président Hollande a sciemment menti aux Français : il était prêt à déclencher une guerre punitive contre le régime syrien sur de fausses accusations !

Cela nous rappelle le prétexte invoqué par le président Bush, à savoir la présence d‘Armes de Dissuasion Massive (les fameuses ADM) en Irak pour déclencher en 2003 une guerre d’agression contre ce pays.

Prétexte qui s’est révélé une énorme mystification. Tout le monde se souvient de Colin Powell présentant devant le Conseil de Sécurité de l’ONU une fiole censée contenir de l’anthrax et des photos de soi-disant véhicules susceptibles de contenir des ADM.

Aujourd’hui, on connaît les conséquences catastrophiques pour tout le Proche-Orient de cette guerre.

Depuis 2003, un ouragan de feu et de mort s’est abattu sur les malheureuses populations de ces pays. Et les flammes se sont propagées jusqu’en Europe…

 

La suite des événements (2) nous a apporté la preuve que l’Etat syrien n’était pas impliqué.

Dès lors :

-soit le dossier français était un faux, fabriqué sur demande du gouvernement français, pour justifier sa décision de bombarder le régime syrien

-soit les services de renseignements français étaient incapables de déceler le vrai du faux, ne disposant pas de réseaux opérationnels

-soit les services de renseignements connaissaient la vérité, mais ont reçu l’ordre de la dissimuler au public et de fabriquer des fausses preuves.

Dans tous les cas de figure, le Président Hollande a fait preuve d’un amateurisme doublé d’un aveuglement évident.

Par chance le vote négatif du parlement britannique a douché son ardeur belliqueuse.

Heureusement aussi que la volte-face du Président Obama, dont les raisons réelles restent pour l’instant au stade des suppositions, a empêché l’irrémédiable.

Sinon que se serait-il passé ? L’exemple de la Libye, bombardé par les avions de l’Otan, qui a depuis sombré dans le chaos, est clair.

L’Etat syrien, affaibli par la guerre, n’aurait pas tenu le choc devant l’offensive des rebelles appuyée par les bombes larguées sur les infrastructures de l’armée syrienne.

Damas serait tombée.

L’horreur se serait installée en Syrie, comme en Libye…

Marc JEAN | 9 juillet 2016

(1) Editions SIGEST, août 2016 – edsigest.blogspot.com/

(2) http://arretsurinfo.ch/armes-chimiques-qui-donne-des-leco...

DAMAS / MOSCOU : ALEP BIENTÔT LIBÉRÉ ???

Syrie : et si Damas et Moscou parvenaient à libérer Alep ?

 
 
Dans une certaine indifférence médiatique, l’Armé syrienne vient de couper la dernière route qui reliait les bases de la rébellion islamiste à Alep.
Pour Hadrien Desuin, c’est une victoire stratégique pour le régime de Damas et pour Moscou.
 
 FIGAROVOX/TRIBUNE

Hadrien Desuin |

Ancien élève de l’École spéciale militaire de St-Cyr puis de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d’un master II en Relations internationales et en Stratégie sur la question des Chrétiens d’Orient, de leurs diasporas et de la géopolitique de l’Égypte, réalisé au Centre d’Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005.
Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012.
Aujourd’hui il collabore à Causeur et Conflits, où il suit l’actualité de la diplomatie française dans le monde.