22/11/2014

LES SOURCES DE FINANCEMENT DE L' ÉTAT ISLAMIQUE

 

 

http://www.lorientlejour.com/article/897174/quelles-sont-les-principales-sources-de-financement-de-letat-islamique-.htmlQuelles sont les principales sources de financement de l’État islamique ?

Syrie-Irak

Impôts, pillages, enlèvements, contrebande de pétrole et de gaz, trafic d'antiquités, donations de particuliers...

21/11/2014
 

Le groupe État islamique (EI) est « probablement l'organisation terroriste la mieux financée », indiquait en octobre dernier David Cohen, le sous-secrétaire américain au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme. Si, depuis plusieurs mois, l'EI choque le monde par ses terribles exactions – viols, rapts, exécutions, crucifixions, nettoyage ethnique – dans les régions qu'il a conquises en Irak et en Syrie, ses sources de financement suscitent de nombreuses interrogations.

Depuis le 8 août, la coalition internationale emmenée par les États-Unis mène des frappes contre l'EI dans une tentative de freiner ses avancées.

Mais les Occidentaux ont toutes les peines du monde à s'attaquer au nerf de la guerre que constituent les finances du groupe, riche à millions grâce aux méthodes « mafieuses » qu'il applique dans les territoires sous son contrôle, expliquent des analystes. S'attaquer à ces sources est l'un des volets de la stratégie qu'avait exposée le 10 septembre le président américain Barack Obama pour « affaiblir » et au final « détruire » l'EI.

Contrairement à el-Qaëda, dont les ressources proviennent de dons, les jihadistes de l'EI contrôlent un territoire aussi grand que le Royaume-Uni, mais en grande partie désertique, sur lequel ils font régner leur loi à coups de racket, de pillages, d'enlèvements, de contrebande de pétrole, de gaz et d'antiquités, et de trafic d'êtres humains, expliquent des analystes.

Du coup, les sanctions occidentales n'ont pas prise sur ces sources de financement totalement souterraines, souligne Evan Jendruck, consultant chez IHS Jane's, cité par l'AFP.


Quelles sont ces sources desquelles l'EI puise son financement ?

 

 

 

Pétrole et gaz

 

Après des semaines de combats, les forces irakiennes ont pris, vendredi 14 novembre, le contrôle total de la ville stratégique de Baiji située près de la plus grande raffinerie d'Irak, après en avoir chassé les jihadistes de l'EI.

La ville de Baiji, qui échappait au contrôle de l'armée depuis plusieurs mois, est stratégique car elle se trouve sur la route principale menant de Tikrit à Mossoul, deux villes tenues par l'EI. Outre le fait d'isoler un peu plus les jihadistes à Tikrit, la prise de Baiji pourrait permettre de sécuriser le site de la plus grande raffinerie du pays, située à proximité de la ville et dont les jihadistes font le siège depuis plusieurs mois.

 

Combien ?
La dizaine de champs pétrolifères saisis dans l'est de la Syrie et dans le nord de l'Irak sont la principale source de revenus de l'EI.

Le pétrole extrait des champs d'exploitation dans ces deux pays, qui est raffiné dans des raffineries saisies, est revendu à prix réduit au marché noir. Il rapporte environ un million de dollars par jour à l'EI depuis la mi-juin, a indiqué en octobre David Cohen, le sous-secrétaire américain au Trésor.


Le cabinet américain IHS estimait de son côté, en octobre, les revenus pétroliers de l'EI à 800 millions de dollars par an, soit l'équivalent de 2 millions de dollars par jour. « Le groupe terroriste (...) est capable de générer des revenus significatifs, même en produisant seulement une fraction des capacités pétrolières du territoire qu'il contrôle et en vendant le pétrole qu'il produit avec une forte remise au marché noir », souligne IHS.


Le cabinet américain estime que l'EI contrôle des capacités de production de 350 000 barils par jour (bj) mais qu'il ne produit que 50 000 à 60 000 bj, qu'il vend ensuite au marché noir à un prix compris entre 25 et 60 dollars le baril (40 dollars en moyenne), soit bien moins que les tarifs pratiqués sur les marchés internationaux, le Brent évoluant actuellement autour de 80 dollars le baril.


En revanche, les capacités de raffinage de l'EI ne sont pas clairement établies, IHS estime qu'elles sont plutôt limitées à des unités mobiles couvrant principalement la propre consommation du groupe.

 


Après des semaines de combat, les forces irakiennes ont pris, vendredi 14 novembre, le contrôle total de la ville stratégique de Baïji située près de la plus grande raffinerie d’Irak, après en avoir chassé les jihadistes de l'EI.

La ville de Baïji, qui échappait au contrôle de l'armée depuis plusieurs mois, est stratégique car elle se trouve sur la route principale menant de Tikrit à Mossoul, deux villes tenues par l'EI.

Outre le fait d'isoler un peu plus les jihadistes à Tikrit, la prise de Baïji pourrait permettre de sécuriser le site de la plus grande raffinerie du pays, située à proximité de la ville et dont les jihadistes font le siège depuis plusieurs mois. Photo d'archives/AFP

 

Qui achète ?
Selon M. Cohen, ce pétrole est vendu à des Kurdes en Irak qui le revendent ensuite en Turquie, mais il assure que les autorités turques et kurdes en Irak « se sont engagées à combattre la contrebande de pétrole ». Il souligne également qu'il y a des indications que ce pétrole est aussi vendu au régime syrien de Bachar el-Assad, qualifiant ces achats de « signe supplémentaire de la dépravation » du gouvernement de Damas.
Les ventes de pétrole de l'EI se font « principalement via des camions par les routes de contrebande par la frontière turque », estime, pour sa part, IHS. « Le pétrole alimente la machine de guerre de l'EI, tout particulièrement les véhicules militaires vitaux pour ses mouvements et ses capacités de combat », et « finance directement les nombreuses activités » du groupe, souligne le cabinet.


Début septembre, Mediapart rapportait que, devant des députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, l'ambassadrice de l'Union européenne en Irak, Jana Hybaskova, avait affirmé que « malheureusement, des États membres de l'UE achètent le pétrole (vendu par l'EI) ». Soulignant que l'information n'était pas publique, elle n'a pas voulu donner plus de détails aux députés.


Selon Lou'aï al-Khatib, chercheur au Brookings Doha, les jihadistes raffinent l'or noir dans des raffineries de fortune puis le font passer en camion, par bateau ou même à dos d'âne vers la Turquie, l'Iran et la Jordanie. L'EI « a réussi à faire fortune sur le marché noir en développant un vaste réseau d'intermédiaires dans des pays et territoires voisins », a-t-il expliqué en septembre dernier, cité par l'AFP.


Des experts estiment que l'EI contrôle sept champs pétrolifères et deux raffineries dans le nord de l'Irak, et six des dix champs en Syrie, notamment dans la région de Deir ez-Zor (Est) et Hassaka (Nord-Est).

 

(Pour mémoire : L'Etat islamique vend du pétrole syrien à des négociants irakiens)

 

Impact des frappes
Les récentes frappes militaires de la coalition internationale ont « commencé à diminuer les capacités de l'EI à générer des revenus de cette contrebande », relève M. Cohen, soulignant que sur le plan financier « quiconque faisant commerce du pétrole volé par l'EI serait la cible de sanctions financières ». « Grâce aux frappes aériennes sur les raffineries mobiles de l'EI ainsi que d'autres actions militaires, nous avons observé une réduction du chiffre d'affaires tiré des ventes de pétrole, de un million de dollars par jour à plusieurs millions par semaine », assure le responsable, sans toutefois donner de chiffres plus précis.
Outre les champs pétrolifères, les jihadistes ont pris possession de champs gaziers en Syrie et en Irak, autre importante source de revenus pour ce groupe qui vend le gaz liquide à des négociants irakiens qui les transportent quotidiennement dans des camions-citernes vers l'Irak, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

 

 

Des experts estiment que l'EI contrôle sept champs pétroliers et deux raffineries dans le nord de l'Irak et six des dix champs en Syrie, notamment dans la région de Deir el-Zor (est) et Hassaka (nord est).

 

 

 Infographie publiée en septembre 2014.

 

 

Impôts et pillages

 

Des combattants jihadistes. Photo d'archives/AFP



Depuis le début de son offensive massive en Irak, en juin, l'État islamique a pu voler des millions de dollars en liquide dans les banques et des équipements dans les installations militaires désertées, rapportait en septembre Associated Press.
Bachar Kiki, le chef du conseil provincial de Ninive, dont Mossoul est la capitale, précisait en septembre à l'AFP que les réserves en liquide des banques de la ville atteignaient avant cette offensive environ 400 millions de dollars. Mossoul est depuis juin sous le contrôle de l'EI.


Selon une source proche du ministère de la Défense citée par le quotidien français Libération, le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a confisqué les avoirs de trois grosses banques à Mossoul. « Montant du butin : 429 millions de dollars (330 millions d'euros) et plus de 600 milliards de dinars irakiens (398 millions d'euros) », rapportait le quotidien en septembre.


Autres sources de rentrées régulières d'argent, le racket des commerçants locaux et les taxes imposées par l'EI aux populations locales dans les territoires qu'il occupe. Un responsable du renseignement américain qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat a précisé en septembre que les jihadistes prélèvent des taxes sur les automobilistes et chauffeurs routiers qui empruntent les routes dans les territoires sous leur contrôle.


Dans une étude publiée en août dernier, le le Council on Foreign Relations rapportait que même avant la prise de Mossoul, deuxième plus grande ville d'Irak, en juin, l'EI avait prélevé des taxes d'une valeur estimée à plus de huit millions de dollars par mois des petites et grandes entreprises. Selon le site Al-Monitor basé à Washington et spécialisé sur le Moyen-Orient, toute personne ne se pliant pas au paiement de la taxe pourrait être tuée.

 

Production de céréales


Le groupe jihadiste épaissit son portefeuille grâce également à la production de céréales. Romain Caillet, expert des mouvements islamistes, précise à L'Orient-Le Jour que la production de céréales (blé et orge) devrait rapporter aux jihadistes 200 millions de dollars par an.
M. Caillet explique à titre d'exemple que l'EI contrôle la région du nord-est d'Alep (notamment Manbij et Raqqa), considérée comme le grenier du pays. Selon lui, elle produit du blé pour un million de personnes (par jour) qui en fin de compte ne peuvent pas survivre sans pain.
Dans le cadre de sa campagne contre les sources de financement du groupe jihadiste, la coalition internationale a récemment mené des raids sur Manbij. Un silo de blé a été détruit.

 



Enlèvements et trafic d'êtres humains


Les populations civiles sont les premières victimes des exactions de l'EI. Le groupe ne se contente pas de leur faire subir toutes sortes de violences et tortures, il les utilise également pour se remplir les poches. Comment ?


- En réclamant des rançons contre la libération de personnes kidnappées : selon le sous-secrétaire au Trésor chargé du Terrorisme, l'EI a ainsi engrangé « au moins 20 millions de dollars de rançons cette année ». M. Cohen a dans ce cadre pressé chaque nation de refuser de payer ces rançons, regrettant qu'au printemps dernier, l'EI ait reçu « plusieurs paiements de plusieurs millions de dollars » en échange de la libération de journalistes et otages de différents pays européens.

 

Des femmes yazidies. Photo Ahmad Al-Rubaye / AFP

 


- En vendant des « esclaves » : dans la dernière édition, en octobre, de son magazine de propagande Dabiq, l'EI affirmait avoir offert comme butin de guerre à ses combattants les femmes et enfants yazidis capturés dans le nord de l'Irak, se targuant d'avoir rétabli l'esclavage.

Dans un article intitulé « La relance de l'esclavage avant l'heure », Dabiq indiquait pour la première fois clairement que l'esclavage des personnes considérées comme ayant des croyances religieuses déviantes a redonné son sens à un aspect de la charia. Dabiq expliquait en outre que « les gens du Livre » (les chrétiens et les juifs, NDLR) peuvent échapper à ce sort car ils ont la possibilité de verser une taxe appelée « jizia » ou de se convertir. Mais cela n'est pas appliqué aux yazidis. 

 

(Repère : Qui sont les Yazidis ?)


Fin août, l'OSDH a rapporté que des dizaines de femmes yazidies capturées en Irak par l'EI avaient été forcées à se convertir à l'islam puis avaient été « vendues » pour être mariées de force en Syrie à des combattants du groupe jihadiste. « Chaque femme a été vendue contre un montant de 1 000 dollars après avoir été convertie à l'islam », avait précisé l'ONG.


À Paris, à la mi-août, une famille yazidie ayant fui Mossoul avait raconté, lors d'une conférence de presse organisée par le Chredo (Coordination des chrétiens d'Orient en danger), que les jihadistes avaient vendu aux enchères, quelques jours plus tôt, 700 femmes yazidies au prix moyen de 150 dollars par esclave.




Trafic d'antiquités

 

 

Photo d'archives du Musée national d'Irak. AFP/AHMAD AL-RUBAYE



En septembre dernier, au cours d'un colloque de l'Unesco, des diplomates et experts ont accusé l'EI de se livrer à la destruction de sites historiques en Irak et de vendre des antiquités pour se financer.
Le groupe jihadiste, qui estime que les statues sont de l'idolâtrie, a dynamité de nombreuses églises et autres monuments, sanctuaires des patrimoines chrétiens, juifs ou musulmans, ont souligné de nombreux interlocuteurs cités par l'AFP.


« Il y a des mafias internationales s'occupant des vestiges et de tout ce qui a trait au patrimoine qui informent Daech (acronyme arabe de l'État islamique) de ce qui peut être vendu », a souligné Qais Hussen Rachid, directeur du musée de Bagdad, ancien directeur du patrimoine et des antiquités.

« Daech fait des fouilles pour vendre des objets sur les places européennes et asiatiques par l'intermédiaire des pays alentour. Ces montants financent le terrorisme », a-t-il accusé, jugeant impossible de chiffrer l'ampleur de ce trafic ou les pertes pour son pays.


En juin, le quotidien britannique The Guardian, citant des responsables de services de renseignements étrangers, a rapporté que l'EI aurait empoché au moins trente-six millions de dollars dans juste une province en Syrie en vendant des objets vieux parfois de huit mille ans.



Donations de particuliers

Bien que difficiles à évaluer, les donations de certains pays de la région au groupe jihadiste dès son émergence ont joué un rôle dans sa montée en puissance. Des pays du Golfe, notamment le Qatar, ont régulièrement été montrés du doigt.
« Le financement étatique des groupes islamistes par des pays du Golfe s'est arrêté à l'été 2013, précise à L'Orient-Le Jour Alain Chouet, ancien officier de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Au Qatar, le changement s'est opéré avec l'abdication de l'ancien émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, qui a cédé le pouvoir à son fils, le prince héritier Tamim. »
Quelques jours plus tard, l'ex-Premier ministre et homme fort de l'émirat, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, était écarté de la Qatar Investment Authority (Qia), le fonds souverain très courtisé dont les avoirs sont estimés entre 150 et 200 millions de dollars, dont il était vice-président.
Depuis la formation de la coalition internationale anti-EI, l'émir du Qatar a, à plusieurs reprises, nié que son pays finance des groupes extrémistes, et affirmé un engagement sans faille et à long terme dans la coalition.


En Arabie, poursuit Alain Chouet, le paysage s'est transformé « avec la reprise en main par le cabinet royal, opposé au financement des mouvements islamistes, des services de renseignements du royaume ». En avril 2014, Riyad a écarté le prince Bandar ben Sultan, le puissant chef des services de renseignements saoudiens, auquel la gestion du dossier syrien avait été auparavant retirée. L'Arabie a en outre soutenu le coup d'État de l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi en Égypte et surtout criminalisé les activités des jihadistes dans la région.

 

Et les financements privés ?


Un rapport parvenu aux autorités libanaises et se basant essentiellement sur des informations officielles venues du Danemark indique que les combattants de l'EI recevraient des aides financières en provenance du Qatar, sous couvert d'associations islamiques de bienfaisance ou de contributions de donateurs qataris dans le cadre d'aides sociales, rapportait L'Orient-Le Jour en octobre dernier.
« Il y a toujours des financements privés que les États-Unis essaient d'identifier, souligne M. Chouet. Mais aujourd'hui, avec ses diverses sources de financement, l'EI en a moins besoin. » Romain Caillet confirme que l'EI s'autofinance en grande partie, les dons privés ne représentant que 2 % de ses ressources (près de 50 millions de dollars), précise-t-il à L'Orient-Le Jour, citant le dernier rapport des spécialistes Jean-Charles Brisard et Damien Martinez (Thomson Reuters).



Comment l'EI dépense-t-il son argent ?

 

Photo d'illustration/AFP



Le groupe paie ses combattants
Le groupe en compte « entre 20 000 et 31 500 », selon la dernière évaluation de l'agence américaine du renseignement (CIA) qui remonte à septembre dernier.
Les combattants syriens et irakiens sont payés environ 400 dollars par mois, précise à L'Orient-Le Jour Samir Seifan, un économiste syrien basé à Dubaï. À ce salaire s'ajoutent, pour les jihadistes mariés, des bonus de 100 dollars par épouse et 50 dollars par enfant, ajoute-t-il.
« Une somme supplémentaire variant entre 700 et 1 000 dollars est attribuée aux combattants des autres nationalités (Européens et autres, NDLR), qu'on appelle les mouhajiroun », précise M. Seifan. Le chercheur indique que ces chiffres ne sont pas documentés mais qu'il s'agit plutôt d'informations qui lui sont parvenues. « Ce qui fait la force du groupe jihadiste, c'est sa capacité à tirer profit de la situation économique et sociale, et d'embrigader un grand nombre de combattants à une période où les gens ne trouvent plus rien à manger », note Samir Seifan.


L'EI « est une mafia qui gouverne par la terreur. Et les gens sont forcés par la faim à rejoindre leurs rangs car c'est la seule manière d'avoir un salaire décent », indiquait de son côté Fourat al-Wafaa, un militant de Raqqa, bastion du groupe dans le Nord syrien, utilisant un pseudonyme. Selon lui, le salaire de base est de 300 dollars.


Selon le responsable américain David Cohen, les ambitions territoriales de l'EI vont rapidement être « un fardeau financier » pour l'organisation. « Tenter de contrôler des villes et des territoires en Irak et en Syrie, et fournir un minimum de services publics aux populations que l'organisation cherche à soumettre coûtent cher», a-t-il dit, prenant l'exemple du budget officiel irakien pour les provinces actuellement occupées par l'EI qui dépassait 2 milliards de dollars. « Cela dépasse largement les revenus de l'EI (...). Cela signifie que l'organisation ne peut tout simplement pas répondre aux besoins les plus essentiels de la population qu'elle cherche à contrôler », a-t-il affirmé fin octobre à l'AFP, mentionnant déjà des pénuries d'eau et d'électricité à Mossoul, en Irak.

 

 Une photo d'archives datant du 29 juin 2014 montrant des combattants de l'EI à Raqqa, en Syrie. Photo AFP

 

L'EI achète des armes
Lors de sa fulgurante offensive en Irak, l'EI a mis la main sur des équipements militaires dont disposait l'armée irakienne. « Les arsenaux de l'armée irakienne représentent près de 95 % du matériel militaire de l'EI », indique Alain Chouet à L'Orient-Le Jour.
Outre les équipements militaires récupérés de l'armée irakienne, dont notamment des Humvee et des armes légères américaines, l'EI dispose d'armes lourdes prises à l'armée syrienne et aux rebelles. Romain Caillet souligne sur ce point qu'« il est plus facile pour le groupe jihadiste d'acheter des armes à des groupes rebelles syriens » en raison de la corruption qui les gangrène.

 

(Pour mémoire : L'EI dispose de trois avions militaires saisis à l'armée syrienne)




L'EI frappe désormais sa propre monnaie


Signe que le groupe se veut bel et bien un État autonome malgré la campagne militaire internationale menée contre lui, l'EI a annoncé la semaine dernière qu'il allait frapper sa propre monnaie, des pièces en or, argent et cuivre, qui sera utilisée dans le territoire qu'il contrôle en Syrie et en Irak. « Si Dieu le veut, différentes pièces vont être fabriquées en or, argent et cuivre », a affirmé l'EI dans un communiqué diffusé sur les forums jihadistes.


L'organisation explique que l'objectif est de remplacer « le système monétaire tyrannique imposé aux musulmans qui a conduit à leur oppression ». Il a également précisé que l'objectif est de libérer les musulmans du « mercantilisme et de l'oppression économique satanique ».


Sur les photos publiées par l'EI, apparaît sur une face « l'État islamique », « le califat », ainsi que le poids et la valeur de la monnaie. Des symboles comme la mosquée al-Aqsa à Jérusalem apparaissent aussi sur différentes monnaies.

(Lire aussi : Quand l'État islamique s'improvise banque centrale)

 

 

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UKRAINE: VERS UN NOUVEAU GÉNOCIDE ???

Vendredi 21 novembre 2014
Ukraine Kiev Donbass

Le président ukrainien Petro Porochenk. Crédits : president.gov.ua

Le président ukrainien Petro Porochenko a signé le 14 novembre un décret gouvernemental ordonnant l’interruption du fonctionnement de toutes les institutions étatiques dans les républiques de Donetsk et Lougansk. Une décision accueillie avec stupeur par Moscou et effroi par les populations de ces deux régions.

Couper les ponts

La réponse de Kiev à la tenue d’élections dans les républiques autoproclamées de Donetsk (RPD) et Lougansk (RPL) le 2 novembre dernier ne s’est pas faite attendre. Dès le 4, le Conseil de sécurité national ukrainien (SNBO) proposait au gouvernement un plan de « mesures immédiates pour la stabilisation de la situation socio-économique » dans ces régions. Celui-ci, entériné par Petro Porochenko le 14 novembre, prévoit notamment « la suspension du fonctionnement des entreprises, institutions, représentations, filiales et organisations de l’État dans les villes situées dans la zone antiterroriste des régions de Donetsk et Lougansk, ainsi que l’évacuation des membres de leur personnel (avec leur consentement) et le rapatriement des biens mobiliers et des documents. »

Le texte demande également au ministère de la justice ukrainien de transférer de cette zone vers d’autres villes les tribunaux, les condamnés et les détenus, ainsi que de prévoir un plan d’amnistie des individus inculpés pour des délits mineurs. La Banque centrale ukrainienne, quant à elle, est invitée à suspendre la gestion des comptes bancaires des sociétés et citoyens des régions de Donetsk et Lougansk dans le courant du mois.

Le gouvernement encourage enfin le ministère de l’énergie à remettre en état les centrales électriques et de chauffage de ces régions.

Un « génocide »

La nouvelle a été très mal accueillie par le président russe, qui assistait au sommet du G20 à Brisbane les 15 et 16 novembre. « Je pense qu’il s’agit d’une grave erreur.

Les Ukrainiens se coupent eux-mêmes de ces régions ! Pourquoi ? », a-t-il interrogé, rappelant que la Russie n’était jamais allée jusque-là en Tchétchénie.

« Même lors des plus fortes tensions de la guerre en Tchétchénie, nous n’avons jamais cessé de payer les retraites et les allocations des habitants de la république tchétchène, a-t-il martelé face aux journalistes russes.

Nous avons même continué de verser à la région les subventions du budget fédéral. Alors que cela semblait un peu idiot, vu que les gens qui contrôlaient la situation sur place volaient cet argent et pouvaient aussi l’utiliser à des fins peu nobles… Mais au bout du compte, c’était la seule chose à faire : la population a estimé notre soutien. »

« Pourquoi, aujourd’hui, le pouvoir à Kiev se coupe-t-il de ces territoires ? Je ne le comprends pas. Enfin si, on peut le comprendre – c’est probablement pour faire des économies budgétaires.

Mais le moment est très mal choisi pour ce genre de préoccupations », a déclaré le président russe.

Le Premier ministre de la république de Lougansk, Igor Plotnitski, n’a pas mâché ses mots : il ne voit dans cette décision ni plus ni moins qu’un « acte de génocide et la perte de notre peuple ». « Il est révoltant de voir que ce nouveau riche, arrivé au pouvoir sur les cadavres de Maïdan, est soutenu par l’Union européenne et les États-Unis, alors qu’il agit selon les pires traditions nazies et veut transformer le Donbass en un vaste camp de concentration » a-t-il asséné publiquement.

Plus serein, le dirigeant de la république voisine de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a interprété cette mesure comme un signe de faiblesse de la part de Kiev. « Ce blocus économique ne nous fait pas peur. Nous vivons dans cet isolement depuis deux mois déjà.

Cette décision signifie simplement que Kiev nous reconnaîtra très prochainement », a-t-il affirmé, cité par RIA Novosti.

Le 19 novembre, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué la possibilité qu’en se retirant du Donbass, Kiev se prépare en réalité à mener une nouvelle opération militaire dans cette région. « Il existe une école de pensée qui soutient que derrière ce décret du 14 novembre, il y a une volonté de préparer le terrain pour une nouvelle intervention militaire et une nouvelle tentative de résoudre le problème par la force », a-t-il déclaré.

Suite en page 2

 

vu sur : http://www.lecourrierderussie.com/2014/11/kiev-donbass/?utm_source=Le%20Courrier%20de%20Russie%20-%20Newsletter&utm_campaign=d5958fea8e-Newsletter11_21_2014&utm_medium=email&utm_term=0_76a16a0a15-d5958fea8e-167605677

21/11/2014

LA RUSSIE ET LA SÉCURITÉ DE L' EUROPE !

Jeudi 20 novembre 2014
Merkel : la sécurité en Europe ne peut être assurée sans la Russie

 

Par La Voix de la Russie | 

 

La sécurité en Europe ne peut être assurée qu'avec la Russie, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel qui a participé avec la première ministre polonaise Ewa Kopasz à Krzyzowa à l'inauguration d'une exposition consacrée au 25e anniversaire de la reconciliation entre la Pologne et l'Allemagne.

« C'est seulement avec la Russie que nous pourrons assurer la sécurité en Europe », a-t-elle dit. Et d'ajouter : « Les sanctions ne sont pas une fin en soi. Nous tenons à mener le dialogue avec la Russie ».

« La Pologne et l'Allemagne se prononcent pour la sécurité et la liberté, ce qui revêt une importance particulière sur fond du conflit en Ukraine. Il importe pour nous d'utiliser le droit de la loi et non pas le droit de la force », a noté la chancelière.

vu sur : http://french.ruvr.ru/news/2014_11_20/Merkel-la-securite-en-Europe-ne-peut-etre-assuree-sans-la-Russie-2066/

BRISBANE, C' EST OBAMA QUI LE DIT ???

Vendredi 21 novembre 2014
Citation d’Obama : « Les USA soutiennent des principes internationaux… et notamment qu’on ne doit pas envahir un autre pays »

On croit rêver

« Brisbane,  – Dimanche, le président Obama a annoncé qu’il a confirmé en réunion au Président Vladimir V. le week-end dernier que les  et leurs alliés continueraient d’imposer des  à la Russie suite à son comportement en , qu’Obama a pratiquement qualifié d’.

Les USA, a dit monsieur Obama, tiennent « fermement au maintien de principes fondamentaux dans les , et l’un de ces principes est que l’on n’envahit pas un autre pays ». Il a également affirmé que les russes fournissaient des armes lourdes et un soutien financier aux séparatistes en Ukraine. »

SACREDIEU !!! Si vous faites sécher cette citation, vous avez assez de fertilisant pour toute la pelouse sud de la Maison Blanche.

Nous avons bien compris que nous vivons dans un monde post-post-moderne, où la vérité n’a plus à exister, et dans lequel l’objectivité n’est qu’une forme patriarcale d’oppression subjective. Mais tout de même, les amis, tout cela devient ridicule !

Votre correspondant s’apprêtait à rédiger une longue et désolante liste de tous les pays que les USA ont bombardé, envahi, torturé, ruiné à jamais durant les seules vingt dernières années, mais pourquoi s’en donner la peine ? Nous préférons laisser la parole [2] à Ivan Eland, un membre reconnu à The Independent Institute :

« Durant la période qui a suivi la Seconde  mondiale, on a pu constater de façon empirique que les États-Unis ont été le pays le plus agressif au monde, en terme de nombre d’actions  entreprises, et la grande majorité de celles-ci n’ayant rien eu à voir avec la diffusion de la liberté, certaines d’entre elles la détruisant bien au contraire ».

C’est la traduction en langage hippie d’un « les États-Unis tiennent fermement au maintien de principes fondamentaux dans les relations internationales, et l’un de ces principes est que l’on n’envahit pas un autre pays ».

Vivons-nous maintenant dans une zone crépusculaire digne d’un Escher sous stéroïdes ? On a dû oublier de nous prévenir.

Riley Waggaman
Traduit par Etienne pour vineyardsaker.fr

[1] Obama Says Russia’s Arming of Separatists Breaks Pact With Ukraine (nytimes.com, anglais, 16-11-2014)

[2] Why Is the United States So Hypocritical in Foreign Policy? (huffingtonpost.com, anglais, 03-11-2014)

Source : Obama: US « Upholds Core International Principles…You Don’t Invade Other Countries. » Is This Real Life?(russia-insider.com, anglais, 16-10-2014)

Selon Vanity Fair, Riley Waggaman est le « petit reporter le plus écouté aux États-Unis ».

 

http://www.vineyardsaker.fr/2014/11/18/citation-dobama-les-usa-soutiennent-principes-internationaux-notamment-quon-pas-envahir-autre-pays-on-croit-rever/

 

vu sur : http://www.wikistrike.com/2014/11/citation-d-obama-les-usa-soutiennent-des-principes-internationaux-et-notamment-qu-on-ne-doit-pas-envahir-un-autre-pays.html

20/11/2014

UKRAINE / RUSSIE : ANALYSE TACTIQUE DU CONFLIT.......

Explication plausible... Dans les années 90, les inspections réciproques existaient bien en matière de "Maîtrise des armements"


Analyse tactique du conflit par un ancien militaire

Traduction E&R Rhône-Alpes



Publié le : jeudi 20 novembre
Mots-clés : Biélorussie; Défense; Ex-URSS; Histoire; OTAN; Russie; Ukraine

 


Source : russia-insider.com


L’auteur anonyme de cette mini-série de trois articles est un blogueur américain (pseudonyme Shellback) qui se présente comme un ancien militaire, expert pour l’OTAN du désarmement à l’époque de Brejnev.

Il n’estime pas que la Guerre froide fut une chose rigolote au point que nous devrions essayer de la recommencer.

Il répond à trois questions sur ce conflit.

 

I. D’où viennent les armes ?

Au moment où l’ampleur des pertes ukrainienne commence à être connue – Porochenko admet que l’Ukraine a perdu les trois-quarts de son matériel militaire – les Occidentaux, trompés par la propagande de leurs propres médias, s’imaginent que la Russie a approvisionné les séparatistes en armes et en munitions. S’il est probable que du matériel a franchi la frontière, il existe une autre source d’approvisionnement inconnue de la plupart des Occidentaux.

Ce que la plupart des commentateurs ne veulent pas comprendre à l’Ouest, c’est que l’URSS se préparait à recommencer la Deuxième Guerre mondiale, avec des armées immenses composées de millions de conscrits et de réservistes. Or, des millions de soldats ont besoin d’immenses quantités d’armes et de munitions. Celles-ci doivent être déjà en place au moment de la mobilisation. Par conséquent, on trouvait des dépôts d’armement dans toute la partie occidentale de l’URSS. La plupart de ces sites étaient présentés comme le quartier général d’une division, squelettique en temps de paix, mais destinée à recevoir un flot de réservistes qui y trouverait, le moment venu, tout le nécessaire pour partir au combat.

Les Soviétiques divisaient leurs unités militaires en trois catégories. Autant que je puisse m’en rappeler au bout de trente ans, la Cat. I correspondait aux unités entièrement équipées et prêtes au combat ; dans la Cat. II, elles se composaient d’une partie du personnel, mais de la totalité de l’équipement ; et la Cat III était le niveau minimum. L’idée était que les unités de Cat. I étaient prêtes à démarrer immédiatement (lorsque le Mur est tombé, on m’a dit que les unités d’Allemagne de l’Est étaient prêtes à partir sous 48 heures, ce qui, entre parenthèses, montre qu’elles n’avaient pas l’intention de déclencher l’offensive. Comme il en était de même du côté de l’OTAN, cela explique probablement pourquoi nous sommes toujours là !). Les unités de Cat. II disposaient d’un délai d’une semaine environ, et la dernière de quelques mois.

Toute la tactique militaire soviétique était basée sur des vagues d’attaques (échelons) successives, recherchant les points faibles pour « renforcer le succès ». Ainsi, par exemple, les unités de la Cat. I d’Allemagne de l’Est ou de Pologne, recevaient un soutien d’unités de la Cat. II, positionnées à l’arrière, en Biélorussie ou en Ukraine, et ainsi de suite. Leurs propres unités de soutien se trouvaient positionnées à leur tour dans la République soviétique de Russie, et ainsi de suite.

Lorsque tout cela a pris fin, tout ce système est parti à vau-l’eau. La Russie a repris à son compte le matériel des pays du Pacte de Varsovie, et l’Ukraine, par exemple, a nationalisé ce qui se trouvait sur son territoire. À propos des unités de Cat. I postées en première ligne, la Russie était responsable de l’équipement et de son transfert en Russie. Quant au personnel, les conscrits sont rentrés à la maison et les soldats des différentes nationalités sont repartis chez eux. En bref, d’un jour à l’autre, une division blindée prête au combat s’est transformée en un tas d’équipements destinés à être rapidement rapatriés en Russie par un personnel en sous-effectif. Je ne pense pas qu’il y ait eu des unités de Cat. I en Biélorussie ou en Ukraine. Je crois me rappeler qu’il n’y avait là que des unités de Cat. II. Ces transferts ont été réalisés assez rapidement, et le système soigneusement élaboré a été détruit. J’ai l’habitude d’expliquer ce qui s’est passé par l’analogie suivante : les Russes avaient le fer de la lance et l’Ukraine et la Biélorussie la hampe. L’un et l’autre inemployables sans l’autre partie. Mais les gigantesques dépôts d’équipements nécessaires pour transformer les unités de Cat. II en Cat. I sont restés en Ukraine (ou en Biélorussie).

Pendant des années, la Russie a prétendu que les sites sur son territoire abritaient des divisions réelles. À l’époque, j’étais en contact permanent avec nos forces en Europe et des inspecteurs chargés de l’application du Traité de Vienne, mais la seule chose que trouvaient ces inspecteurs, lorsqu’ils débarquaient sur le site d’une prétendue division de fusiliers mécanisés ou division blindée, c’était des champs entiers de blindés mal entretenus, des officiers et pas de troupes. Nous imaginions à l’époque que le secret que les Russes cherchaient à garder était qu’ils n’avaient pas de soldats : « Ouais, en fait, ils sont sur le terrain, à l’entraînement ! » « C’est ça ! sans officiers et sans blindés ? » Mais comme le traité ne concernait que les équipements, et que les Russes coopéraient totalement là-dessus, ce n’était pas un problème. Entre parenthèses, l’entraînement était impossible. Je me souviens d’une femme russe me disant que son frère commandait une compagnie où il y avait deux soldats ! L’expression technique utilisée était « unités vides ».

Et puis, brutalement, un été (j’ai oublié l’année ; au cours des deux années séparant les deux guerres en Tchétchénie), nous avons reçu un flot de notifications (selon les règles du Traité) qui disaient toutes : « Supprimez de la liste la division mécanisée X., et remplacez-la par la Base d’approvisionnement n. Y, au même endroit. » Lorsque cela a été terminé, il y avait un nombre bien inférieur de divisions (transformées peu à peu en groupe de brigade indépendant) et de nombreuses bases d’approvisionnement. Après réflexion, nous avons pensé que l’idée de base d’approvisionnement était une tentative pour créer des emplois plutôt que de payer des retraites à des officiers en surnombre. Dans les réunions, à l’époque, les militaires russes nous disaient tout le temps qu’ils ne pouvaient pas payer les retraites et le logement des centaines de milliers d’officiers en surnombre. Les autres degrés de la hiérarchie étaient plus faciles à réduire, bien entendu. Les conscrits, il suffisait de les renvoyer chez eux plus tôt. Ces changements étaient la preuve que le vieux système soviétique avait disparu pour toujours.

Les choses ont commencé à changer ensuite. Je me souviens parfaitement de l’un des inspecteurs revenant très excité de l’inspection d’une brigade à Bouïnaksk, en 98 ou 99. Là-bas, ils avaient enfin trouvé une unité avec tout le matériel nécessaire, les hommes et, plus significatif encore, un officier pour commander tout cela. Plus personne ne prétendait qu’une poignée d’officiers fatigués, un champ de matériel, par un coup de baguette magique, se remplirait un jour de conscrits pour devenir une authentique division. Ce processus a dû commencer dans le Caucase du Nord, et est l’une des nombreuses raisons des meilleures performances des Russes dans la seconde guerre de Tchétchénie.

À la fin du processus, l’Armée russe : 1) disposait des commencements d’une structure rationnelle ; 2) avait abandonné l’utopie d’une gigantesque armée formée de nombreuses divisions, avec des problèmes momentanés de main-d’œuvre ; 3) des pseudo-divisions, disposant de stocks d’armes mal gardés par des officiers démotivés, se transformaient en quelque chose de plus sûr et de plus approprié, et le processus d’élimination d’armements obsolètes et dangereux pouvait commencer. Avec un gouvernement stable et de l’argent, beaucoup d’améliorations ont été apportées depuis 2000.

Rien de tout cela ne s’est produit pour les forces armées ukrainiennes (UAF). Il n’est pas difficile d’imaginer que le territoire ukrainien était couvert d’armureries mal gardées et de « formations vides ». Un officiel russe a récemment confirmé cela en affirmant :

« Lorsque l’URSS s’est effondrée, le territoire ukrainien était rempli de millions de fusils, de mines, de postes d’artillerie et d’autres armes. La zone où se déroulent les combats, où Kiev mène aujourd’hui ses opérations punitives, n’est pas une exception. Il y avait là des armureries dont les milices se sont emparées. »

On dit qu’à Sloviansk, en particulier, il y en avait une particulièrement importante dans une ancienne mine.

En bref, l’UAF est dans l’état où étaient les forces russes dans les années quatre-vingt-dix, plus une quinzaine d’années supplémentaires d’abandon. La plupart de ces équipements abîmés ne sont plus en état de marche. Mais si vous cannibalisez 100 chars pour en obtenir 10 en état de marche, c’est mieux que rien. Ici, nous devons nous rappeler que le Donbass est un pays de mécaniciens, de techniciens, d’artificiers, etc., sans parler qu’il compte plein de types qui ont servi en Afghanistan. La plupart des armes utilisées en Ukraine datent de l’époque de la guerre en Afghanistan. Le lance-roquettes multiple BM-21 « Grad » [cf. photo ci-dessus – NDLR], l’arme la plus puissante entre les mains des rebelles, et responsable de destructions effrayantes, par exemple, est en service depuis les années soixante. Les deux caractéristiques du matériel soviétique : facile d’emploi et très très rouillé. On a même vu des types remettre en marche un T-34 qui avait passé au moins 50 ans posé sur un plot en béton sous la pluie et la neige : toutes les caractéristiques évoquées plus haut illustrées d’un seul coup ! [1]

L’autre détail que nous avons appris au moment de l’effondrement est que, à la différence de l’Occident, où les arsenaux sont éclairés à gogo, ceinturés de clôtures barbelées, gardées par des patrouilles armées, etc., qui les rendent très visibles, mais très bien protégées, le style soviétique était d’avoir des sites beaucoup plus discrets, dans des lieux à l’écart, et de se fier davantage au silence pour les sécuriser. Une ancienne mine, comme il y en a beaucoup au Donbass, est l’idéal. Étant donné que le quartier-général de l’Armée soviétique était à Moscou, il est très possible que le gouvernement ukrainien n’ait même pas eu connaissance de la localisation de beaucoup de ces dépôts. L’un des services rendus par Moscou aux rebelles peut avoir été de leur indiquer où chercher.

À partir de là, je n’ai aucune difficulté à imaginer les rebelles pillant un dépôt pour s’emparer d’armes et de munitions. Ils ont le personnel pour les reconditionner et de nombreux vétérans de l’ex-Armée soviétique pour les faire fonctionner. À cela, on peut ajouter le matériel capturé sur leurs positions après la fuite des conscrits ukrainiens, et certains éléments achetés officiellement ou sous le manteau.

Finalement, tout ce dont ils pouvaient avoir besoin de la part de Moscou, c’était une certaine forme de commandement, des équipements de contrôle et du renseignement.

Le problème de l’Ukraine aujourd’hui, est qu’elle dispose des restes rouillés pendant deux décennies de ce qui était supposé à l’origine être la ligne de soutien des éléments les meilleurs et les mieux préparés, mais jamais une force valant pour elle-même. Et, pendant ces années-là, Kiev a vendu le meilleur à l’étranger (la Géorgie s’est approvisionnée auprès de l’Ukraine) et a laissé pourrir ce qui restait. Ainsi, les rebelles et les forces de Kiev sont bien mieux équipés que ce qui aurait été normalement le cas lors d’une révolte de la périphérie contre le centre. Les uns et les autres apprennent sur le terrain, mais les rebelles sont bien plus motivés, tandis que Kiev peut disposer d’un stock d’armement bien plus important.

Mais les rebelles s’améliorent bien plus vite que l’on s’y attendait, et ont un bon stock d’armes et de munitions. C’est l’une des raisons pour lesquelles beaucoup se sont imaginés à l’Ouest qu’ils étaient aidés par les Russes.

 

II. Les rebelles ont-ils eu des armes secrètes ?

Deux armes décisives dans cette guerre ont donné la victoire aux séparatistes : les missiles anti-aériens portatifs et le lance-roquettes multiple Grad (« grêle »). Au commencement du conflit, Kiev disposait de la supériorité aérienne totale. Peu d’hélicoptères et d’aéronefs, mais les seuls disponibles sur le terrain. En face, les rebelles disposaient de stocks de Sam-7, des lance-missiles portatifs. Comme beaucoup d’armes soviétiques, depuis sa mise en service dans les années soixante-dix, il avait été modifié et modernisé par étapes, et produit en grande quantité. Il est guidé par infra-rouge et mis en œuvre à l’épaule. Il est plus efficace contre les aéronefs attaquant le lanceur de face, c’est-à-dire lorsque l’aéronef se situe dans un angle de tir fermé. Selon le Kiev Post, Kiev aurait perdu dix hélicoptères et neuf avions. Le chiffre est probablement supérieur, mais l’essentiel est que ce système d’arme a réellement anéanti la supériorité aérienne du régime de Kiev. Soit ils ont détruit les avions, soit ils les ont obligés à voler à une altitude ou à une vitesse supérieure et, par conséquent, à être moins efficaces. Ces armes ont transformé la guerre en combat au sol.

Mais la véritable destruction des forces de Kiev, évoquée plus haut, a été réalisée avec les lance-roquettes Grad. Autre système d’arme ancien, le Grad est un camion dont la plateforme supporte 40 tubes lance-roquettes de 122 mm. L’arme n’est pas d’une grande précision – c’est ce qu’on appelle une « arme de zone » – mais le fait que les quarante roquettes peuvent être tirées en vingt secondes signifie qu’avec à peine quelques coups, on peut balancer une quantité effrayante d’explosifs en quelques instants. On trouve de très nombreuses vidéos de tirs de Grad sur Internet, et qui montrent l’efficacité des tirs, en particulier dans les « chaudrons » (ou « котёл » en russe). La majorité des rebelles, comme je l’ai déjà dit, sont des gars qui connaissent le terrain : les routes secondaires, où conduit ce sentier forestier, où se trouve cette colline et comment y arriver sans se faire voir. Les forces de Kiev ne connaissent pas la zone, possèdent des cartes notoirement inutiles (certains informations parlent de cartes des années vingt), et ne disposent pas d’informations.

Parce qu’elles s’appuient sur leur matériel lourd, elles restent cantonnés sur les axes principaux. Leur encadrement est ouvertement incompétent, les troupes sont composées soit de conscrits peu motivés, sous-entraînés, enrôlés de force, soit d’unités de « volontaires » motivés et débordants d’enthousiasme, gonflés aux jeux de guerre vidéos, qui se lancent sur les routes et se retrouvent pris au piège. Dans tous les cas, les forces d’éclairage des rebelles ont facilement repéré leurs positions et désigné les cibles. Quelques coups de réglage, une centaine de roquettes ou plus… C’est ce qui s’est produit à de nombreuses reprises. Le tout accomplit par de petites unités (comme le fameux groupe « Motorola ») et quelques Grad positionnés dans un rayon de vingt kilomètres.

 

III. Pourquoi ce retournement spectaculaire de situation ?

« P’tits gars contre gros costauds »

Beaucoup, à l’Ouest, se demandent comment les rebelles du Donbass ont bien pu battre les forces ukrainiennes sans une aide considérable de la Russie. Mais c’est oublier que la chose s’est déjà produite de nombreuses fois. Des « petits gars » ont souvent battu de « gros costauds ». Les Vietnamiens ont battu les Américains, les Israéliens ont battu les Arabes en 1948. Mais l’exemple le plus valable pour nous, c’est d’observer comment les Finlandais ont battu les Soviétiques pendant la « Guerre d’hiver ».

En 1939, les Soviétiques franchirent la frontière finlandaise sur toute son étendue. Les Forces armées finlandaises, réduites et peu mécanisées, étaient déterminées et connaissaient le terrain sur lequel elles combattaient. Elles étaient chez elles, après tout. L’Armée rouge était nombreuse, lourdement mécanisée pour les standards de l’époque, mais mal commandée. Staline venait d’éliminer ou d’emprisonner ses meilleurs officiers dans les Grandes Purges.

Qu’est-ce que firent les Finlandais ? Ils auraient pu se rendre ; mais ils étaient Finlandais, et peu disposés à cela. Ils devaient se battre sur deux fronts. Le premier était situé au sud, en Carélie. Là, ils comprirent qu’il ne pouvait y avoir de retraite. Ils construisirent la « ligne Mannerheim » et y installèrent tout l’armement lourd dont ils pouvaient disposer. Un mot finlandais défini leur tactique : « sisu », qui pourrait se traduire en français par « cran », « en avoir dans le ventre » ou « pas question de se rendre ». Un film illustre cette attitude, Talvisota (1989).

Mais les Soviétiques franchirent aussi la frontière nord. On raconte qu’ils avaient reçu en dotation des dictionnaires russo-suédois en vue de leur arrivée de l’autre côté du pays. Là, les Finlandais ne pouvaient pas concentrer leurs armes lourdes et leurs troupes, mais ils ne pouvaient pas non plus se permettre d’être battus.

En Finlandais, le mot « motti » signifie « bûche ». La tactique des Finlandais consista à « tronçonner » les envahisseurs. Le terrain était parsemé de forêts et de lacs gelés, terrifiants pour les conscrits russes [2], ukrainiens et biélorusses, mais un terrain de jeu familier pour les Finlandais. Ils tracèrent des pistes de ski parallèles aux routes utilisées par les Soviétiques. Ils « tronçonnèrent » les colonnes soviétiques avec des abattis (des arbres abattus en travers des routes formaient des obstacles infranchissables). Les groupes de soldats isolés se retrouvèrent pris dans un cauchemar hostile et glacé, avec pour seules ressources ce qu’ils avaient emporté comme nourriture, carburant et munition. Deux soldats se rapprochent pour allumer une cigarette : l’un d’entre eux est abattu par un sniper invisible. Une cuisine roulante est éclairée pour distribuer de la nourriture chaude : un sniper invisible abat le cuistot, un autre détruit la cuisinière. Des troupes soviétiques font une reconnaissance dans la forêt. Elles ne voient rien. Au retour, un sniper invisible abat l’officier. Des divisions soviétiques disparaissent. On ne retrouve que des véhicules détruits et des cadavres gelés. La tactique fonctionne : une force d’infanterie légère réduite, mobile, connaissant le terrain, triomphe de forces beaucoup plus puissantes. La tâche ne fut pas facile, les combats furent acharnés à certains endroits, mais, globalement, cinq ou six divisions soviétiques disparurent purement et simplement (lire A Frozen Hell, de William R. Trotter). À l’époque, bien entendu, la plupart des « experts militaires » parièrent sur les Soviétiques : plus de chars, plus d’avions, plus de troupes, etc. Comme aujourd’hui la plupart des « experts militaires » ont probablement prédit la victoire de Kiev sur les rebelles.

Or, c’est à peu près la même chose qui s’est passé dans l’Est de l’Ukraine. Le mot employé là-bas est « chaudron » (« котёл » en russe). La différence principale est que vous ne pouvez pas créer des « motti » dans une zone de plaine, seulement des « котёл ». Mais la technique est à peu près la même. Collées aux routes, mal commandées, de lourdes unités mécanisées s’avancent trop loin, et se retrouvent coupées de leurs bases. Parfois, elles peuvent rompre l’encerclement, mais la situation s’aggrave si elles restent immobiles : chaque jour, elles disposent d’un peu moins de nourriture, de carburant, de munitions et d’eau. Leur choix est simple : la mort ou la reddition. En Ukraine, les choses se sont passées en été. Au moins les Ukrainiens ne sont pas morts gelés comme des milliers de Soviétiques dans les « motti ».

Et voilà comment les « p’tits gars » (mais qui ont dû être drôlement courageux et déterminés) peuvent battre les « gros costauds ». Nous avons vu la même chose en Irak ou en Afghanistan, d’ailleurs. La différence est que les insurgés afghans ou irakiens sont empêchés par la maîtrise de l’air des Américains de se concentrer pour former des « motti » ou des « котёл ». Une autre ressemblance, et de taille, entre l’Ukraine, la Finlande, le Vietnam, l’Afghanistan et Israël en 1948, note James Clapper, directeur du NIA (USA), est que les attaquants n’ont pas prévu « la volonté de combattre » de l’adversaire. En juin, Porochenko déclarait que toute l’affaire serait traitée rapidement : « En heures, pas en semaines ! » Mohammed Ali, grand stratège militaire, le disait : « Lorsque vous n’avez pas la force d’attaquer frontalement, voletez comme un papillon et piquez comme une guêpe. » Et découpez-les en « motti » si vous en avez l’occasion !

Notes

[1] Il suffit de visionner quelques vidéos pour constater la rusticité et l’ancienneté du matériel employé : pas ou peu d’électronique dans les nombreux blindés des années soixante, voire cinquante ; tout à fait à la portée d’un mécano ou d’un vétéran débrouillard. – NdT.

[2] Souvent originaires du Sud de l’URSS, car Staline doutait de la loyauté des conscrits de la zone frontalière – NdT.

BURKINA FASO, L' HOMME DE PAILLE ........

L'homme de paille des États-uniens


Publié le : jeudi 20 novembre
Mots-clés : Burkina Faso; International
Source : 7sur7.be


Le lieutenant-colonel Isaac Zida, nommé mercredi Premier ministre du Burkina Faso, a demandé au peuple burkinabè et à la communauté internationale d’"accompagner sans a priori" son gouvernement, dans sa première déclaration depuis sa prise de poste.

"J’en appelle à l’ensemble de la communauté nationale (et) internationale (...) à nous accompagner sans a priori pour gagner le challenge d’une transition apaisée", a déclaré le militaire. La communauté internationale avait exercé de fortes pressions sur l’armée pour qu’elle rende le pouvoir aux civils après la chute du président Blaise Compaoré le 31 octobre.

"Redonner confiance au peuple"

"Nous allons œuvrer en toute humilité et dans un engagement sacerdotal et patriotique à redonner confiance à notre peuple" par l’"ardeur au travail", le "don de soi" et l’absence de "calcul égoïste du gouvernement", dont l’annonce interviendra "au plus tard dans les 72 heures", a déclaré M. Zida. Le lieutenant-colonel Zida a été nommé mercredi Premier ministre par le président intérimaire Michel Kafando, un ancien diplomate.

Méfiance

"Ce n’est pas la gueule de bois mais il y a un peu de ça", a réagi un diplomate après la désignation de M. Zida. "Personne ne va se tromper, c’est lui qui va diriger le pays". "La question des sanctions", déjà envisagées par les partenaires du Burkina Faso pour encourager un transition civile, "pourrait se reposer", a-t-il estimé.

Gouvernement de transition

M. Zida doit maintenant nommer les 25 ministres du gouvernement de transition. Selon les accords de transition adoptés par l’armée, les partis politiques et la société civile burkinabè, M. Zida et M. Kafando ne pourront légalement pas être candidats aux élections présidentielle et législatives de novembre 2015, qui marqueront la fin de la transition.
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Burkina-Faso-le-lieutenant-colonel-Zida-nouveau-Premier-ministre-29216.html

L' OPÉRATION " CHAMMAL " RENFORCÉ........

 

Le dispositif de l’opération Chammal va être renforcé

 
 
 
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m2000d-20141119

Au cours de la nuit du 18 au 19 novembre, deux Rafale engagés dans l’opération Chammal – nom de la participation française à la coalition anti-Daesh (État islamique, EI) – ont effectué de nouvelles frappes dans le nord de l’Irak contre un « ensemble de tranchées utilisées » par les jihadistes pour « tenir le siège de Kirkouk ».

Et l’État-major des armées (EMA) de préciser : « Cette action a été complétée par des frappes simultanées de nos alliés, permettant de créer une brèche dans le système défensif des terroristes au niveau de la ligne de front entre les forces irakiennes et les combattants du groupe autoproclamé Daech ».

Actuellement, les moyens français déployés au sein de la coalition emmenée par les États-Unis reposent sur la frégate anti-aérienne Jean Bart, intégrée à la Task Force 50, onstituée autour du porte-avions USS Carl Vinson ainsi que sur 9 Rafale, 1 avion de patrouille maritime Atlantique 2 pour les missions de renseignements et 1 ravitailleur C-135 FR. Tous ces appareils sont basés à al-Dhafra, aux Émirats arabes unis. Aussi, les missions des équipages sont longues…

Quant à l’E3F Awacs, engagé dans l’opération Chammal il y a 3 semaines, il vient de regagner la France après avoir effectué 9 missions au-dessus de l’Irak consistant à assurer le commandement et la conduite des opérations.

 

Cette décision s’explique par le nombre d’appareils de ce type mis en oeuvre par l’armée de l’Air, qui en compte seulement 4, dont 1 en cours de modernisation.

Qui plus, ces avions sont très demandés actuellement, avec les mesures de « réassurances » prises par l’Otan en faveur des pays baltes et de la Pologne.

Cela étant, et alors que l’idée de déployer d’autres avions de combat en Jordanie est dans l’air, Stéphane Le Foll, qui est à la fois le ministre de l’Agriculture et le porte-parole du gouvernement, a annoncé, ce 19 octobre, sur BFMTV, un renforcement prochain du dispositif de l’opération Chammal.

« Je n’ai pas ce matin de chiffre des Mirage qui seront envoyés ni à préciser où ils iront. Je sais une chose: dans cette bataille, dans cette guerre, la France va renforcer son dispositif », a-t-il déclaré.

Il serait question d’envoyer entre 3 et 6 Mirage 2000D, de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, en Jordanie, où sont déjà déployés les F-16 belges et néerlandais. Et, selon le quotidien La Provence, le Transport de chalands de débarquement (TCD) Siroco, qui sera désarmé l’an prochain, serait chargé d’acheminer le matériel nécessaire à ce renforcement dans un port jordanien.

Ce que l’État-major des armées s’est refusé à confirmer, pour des raisons de sécurité opérationnelle.

 

Source et publication: zone militaire

L' ÉDITO DE CYRANO ! RIPOSTE LAÏQUE !

EDITO DE CYRANO

Reconquérir une parole libre contre la dictature des islamo-collabos

Ri7TubianaprocesRL

 

La cour d’Appel de Montpellier, présidée par Madame de Talance, a donc décidé de relaxer notre collaboratrice Josiane Filio et Richard Roudier, désavouant ainsi spectaculairement le Préfet de Paris, Bernard Boucault, qui les avait poursuivis devant les tribunaux, et avait obtenu, dans un premier temps, à Carcassonne, une condamnation de principe. Il est intéressant de lire les brefs attendus de ce verdict, pour en mesurer la portée. Qu’ont dit les juges ?

Ils ont rappelé au Préfet nommé par Valls que le fait de détenir une fonction publique l’exposait encore davantage à la critique qu’un citoyen moyen. Autrement dit, ils ont fait savoir à Boucault qu’on n’était pas en URSS, qu’il n’est pas une vache sacrée, et qu’il n’était pas interdit de contester la manière dont il exerçait son mandat, ni de douter de ses compétences. C’est ce qu’explique Christine Tasin en analysant les attendus du procès et ses conséquences s’ils devaient faire jurisprudence.

http://resistancerepublicaine.eu/2014/montpellier-les-jug...

Ce jugement de la Cour d’Appel est un ballon d’oxygène, dans un contexte de plus en plus pesant où la clique des antiracistes vient de se distinguer en poursuivant l’entraîneur de Bordeaux, Willy Sagnol, devant les tribunaux, suite à ses propos sur les joueurs africains. Nous avons appris d’autre part que le Parquet de Paris avait décidé de faire appel, suite au premier jugement de la 17e chambre, qui avait pourtant condamné l’hebdomadaire Minute à 10.000 euros d’amende, suite à sa Page une sur Taubira « maligne comme un singe ayant retrouvé la banane », mais acquitté le dessinateur David Miège, auteur d’un dessin représentant un singe se plaignant d’avoir été dessiné en Taubira. Anne-Sophie Leclère, victime d’un verdict digne d’une République bananière (neuf mois de prison, 50.000 euros d’amende), a fait appel, mais sera de nouveau jugée chez Taubira, à Cayenne !

Notre mouvance sera, elle, confrontée, dans les jours et semaines qui vont suivre, à deux verdicts concernant Christine Tasin. Ce mardi, nous connaîtrons la décision des juges de la 17e chambre correctionnelle de Paris, après la plainte du Parquet et de la LDH contre la présidente de Résistance républicaine et Dominique Jamet, directeur de publication de Boulevard Voltaire, suite à la parution de cet article.

http://www.bvoltaire.fr/christinetasin/que-faire-des-musu...

Le 4 décembre prochain, nous saurons, par ailleurs, si la Cour d’Appel de Besançon maintiendra la première condamnation du tribunal correctionnel de Belfort, qui, à la demande du procureur Chevrier, avait condamné Christine à 3000 euros d’amende, dont 1500 avec sursis, pour avoir prononcé la désormais célèbre phrase : « L’islam est une saloperie ».

Rappelons que le même procureur a déposé une nouvelle plainte contre notre amie, suite à cette vidéo, mise en ligne après l’annonce du premier verdict, où elle faisait savoir que, par ce verdict, les juges de Belfort avaient réintroduit le délit de blasphème en France et qu’il s’était comporté comme un tribunal islamique.

Selon le sieur Chevrier, cela s’appellerait un outrage à magistrat… comme pour Boucault, cela s’appelait un outrage à fonctionnaire, doté de l’autorité publique, dans l’exercice de ses fonctions…

Plus personne ne peut rien dire dans ce pays, sans risquer de se retrouver au tribunal. Rappelons les propos d’Eric Zemmour, dans son livre « Le suicide français », commentant la loi Pleven de 1972, et ses conséquences.

« Pour faire respecter cette vérité officielle, la loi Pleven a sous-traité sa fonction répressive à des associations à qui elle a accordé des privilèges exorbitants de puissance publique. En les autorisant à saisir la justice au même titre que le procureur de la République pour tout propos déplacé, l’Etat leur a donné droit de vie ou de mort politique et financière sur tous les « déviants » et dissidents.

Ces associations en tirent un avantage pécuniaire (indemnités quand elles gagnent le procès), idéologique et médiatique. Cette situation évoque beaucoup la défunte Union soviétique, lorsque le Parti communiste et les organisations sociales qui lui étaient affiliées, se chargeaient d’exercer la police de la pensée devant les tribunaux. (…)

Les monarques absolus ont disparu ; on a seulement changé de maîtres ; mais les nouveaux ne sont pas les moins tyranniques.

La liberté et l’imprimerie ne sont plus libres en France ».

Nous ne voyons toujours pas pourquoi on n’aurait pas le droit de dessiner Taubira en singe, quand, historiquement, comme l’a montré Maxime Lepante dans ce remarquable article, on a représenté des rois de France, d’autres présidents de la République ou des hommes politiques ou publics de la même façon, et que l’animalisation du débat politique a toujours été une tradition gauloise.

http://ripostelaique.com/taubira-et-les-singes-pour-la-ga...

Dans le même registre, ceux qui n’aiment pas Marine Le Pen peuvent la représenter en truie s’ils le veulent. Le délit, c’est quand on appelle, comme le fit ce militant de Front de Gauche, un nommé Alain Bousquet, à lui briser les os, donc qu’on encourage la violence physique à son encontre.

Nous devons pouvoir critiquer tous les dogmes, sans exception. Quiconque doit avoir le droit de dire, s’il le pense, que le christianisme, le protestantisme, l’athéisme, le paganisme, le communisme, l’islam, le capitalisme, le mondialisme, le fascisme, le nazisme, le matérialisme, le déisme, le survivalisme sont des saloperies. Et laissons les adeptes de ces pratiques répondre à leurs détracteurs.

Sur l’islam, chacun, s’il le souhaite, doit pouvoir écrire que ce n’est pas une religion, mais un projet politico-religieux de conquête. Encore davantage après les décapitations de masse qui viennent de se dérouler en Irak, on peut considérer que c’est la pire menace pour nos démocraties, et juger que c’est le cancer de l’humanité. On a le droit, n’en déplaise à la clique islamo-collabo de prétendus antiracistes, en s’appuyant sur le contenu du Coran, de démontrer que ces décapitations de masse, c’est le programme de l’islam, comme l’avait fait Maxime Lépante dans cet article intitulé « L’histoire sanglante de l’islam, de Mahomet à aujourd’hui ».

http://ripostelaique.com/decapitations-lhistoire-sanglant...

On doit pouvoir interpeller les disciples d’Allah, et leur faire savoir que s’ils ne contestent pas les sourates du Coran appelant au meurtre de tout ce qui n’est pas musulman, alors ils sont complices. Salem Ben Ammar, apostat de l’islam, a plus que quiconque le droit d’écrire « Un musulman modéré, c’est un djihadiste en sommeil ».

On doit même pouvoir dire, ce qui est incontestable, que « l’islam, c’est quand même la religion la plus con », comme l’a fait Michel Houellebecq, et qu’elle laisse ses adeptes dans l’arriération et l’obscurantisme. On doit pouvoir écrire que, par principe de précaution, il est légitime de renvoyer dans des pays musulmans quiconque, en France, se revendique de la charia, que le voile n’a rien à faire chez nous, si un gouvernement démocratiquement élu le décide.

Là encore, n’en déplaise aux islamogauchistes, les musulmans doivent accepter ce fait, et naturellement, répondre par des arguments, et pas par des égorgements ou des attentats mortels (bientôt 25.000 depuis le 11 septembre 2001).

Et on a le droit de qualifier d’incompétent – comme son préfet Boucault – Cazeneuve, qui nous fait le coup de « l’islam ce n’est pas cela », après les nouvelles décapitations. Cet incapable nous avait déjà expliqué qu’il fallait empêcher les djihadistes français de partir en Syrie (au lieu de leur interdire le retour).

D’autre part, au lieu de couvrir ses hommes, suite à la mort de Rémi Fraisse, il les désarme encore plus. Du balai, et vite !


« Les terroristes ont abandonné les valeurs de l… par Europe1fr

Dans la même continuité, nous devons pouvoir qualifier de traîtres à leur pays les immigrationnistes, islamo-collabos, évêques, et mondialistes qui participent de la fin de la France, de sa culture, de sa civilisation, de son peuple et de sa souveraineté. Libre à Mélenchon, Valls, Hollande, Duflot, Juppé, Barbarin, Sopo, Attali, Besancenot et autres d’y répondre.

 

Et libre au Bloc Identitaire ou à Laurent Ozon de prôner la remigration.

attalimmigres

On doit pouvoir, dans le même esprit, contester l’Holocauste, ou tout fait historique même jugé indiscutable.

 

Si un hurluberlu veut remettre en cause la réalité de la guerre de 1914-18, et dire qu’il n’y a jamais eu Verdun, ni 1,3 million de morts en France, qu’il le fasse, et laissons les historiens régler ces débats. Nous croyons beaucoup plus à cette conception du débat démocratique et historique, qu’à l’efficacité de multiplier les procès contre Faurisson ou Dieudonné, laissant ainsi à penser que, si le sujet est tabou, il y aurait peut-être anguille sous roche.

Assez de lois mémorielles, assez de persécutions contre les Pétré-Grenouilleau, Gouguenheim ou Zemmour, place au libre débat, et nos compatriotes jugeront, en toute connaissance de cause.

De même, pour revenir aux stéréotypes, qui ont été reprochés à Willy Sagnol, on doit pouvoir parler librement de certains stéréotypes de footballeurs… Et que les racketteurs nous foutent la paix !

On doit avoir le droit d’utiliser ces mêmes stéréotypes sur les habitants de toutes nos régions, et ironiser, dans le meilleur esprit gaulois, sur la force basque un peu primaire, le côté têtu des Bretons, l’aspect peu travailleur des Corses, l’arrogance des Parisiens, les fanfaronnades des Marseillais, la radinerie des Auvergnats, l’amour de la bière des ch’tis, le côté indécis des Normands, également un peu pingres, le côté casque à pointe des Alsaciens…

 

Cela fait partie de la culture française, avec toute la capacité à rire de nous-mêmes qui est le propre des civilisations évoluées.

Ri7Sopo-sifaoui

 

Nous en avons plus que marre des associations dites antiracistes, des lobbies de type homosexualistes ou féministes, des nouveaux bigots de la bien-pensance, qui nous font le coup, la bouche en cul-de-poule, de l’incitation à la haine ou à la discrimination pour corseter le débat démocratique, et transforment notre France en un pays où le totalitarisme de la pensée gagne du terrain.

Nous en avons marre des juges Murs des Cons, qui appliquent trop souvent l’idéologie dite antiraciste, et pratiquent sans vergogne dans leurs verdicts la discrimination positive, en faveur des nouveaux venus, tout en se montrant sans pitié pour nos compatriotes.

Et nous revendiquons, là encore, le droit de le dire et de l’écrire, car, comme le disait Geert Wilders «

Plutôt mourir que renoncer à s’exprimer librement ».

Bien évidemment, nous encourageons nos détracteurs à la critique de Riposte Laïque, même la plus féroce. Mais nous aimerions parfois qu’ils aient davantage de rigueur dans leurs articles à charge, et ne tombent pas dans la caricature grossière en faisant, contre toute évidence, le coup « des méchants racistes d’extrême droite ». Mais nous ne les traînerons pas devant les tribunaux pour autant, préférant le débat démocratique, voire des confrontations publiques, comme celle ayant opposé Pierre Cassen à Hani Ramadan, en Suisse.

Il est grand temps de renvoyer dans les poubelles de l’Histoire les staliniens du 21e siècle, les commissaires politiques de l’antiracisme, meilleurs alliés des fascistes islamiques et des décapiteurs-égorgeurs.

Il est temps de retrouver une France où on n’est pas obligé de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, ou de tourner sept fois la plume dans sa main avant d’écrire.

Pour cela, c’est très facile. Il suffit d’abroger toutes les lois liberticides Pleven-Gayssot-Taubira. Il suffit de revenir à ce qui existait avant 1972, et ne permettre qu’à une personne elle-même victime d’un préjudice d’ester en justice.

Il suffit enfin, à l’image des votations de nos amis suisses, de demander l’avis du peuple, sur des questions aussi essentielles que l’immigration, l’islam, l’insécurité, la justice, l’école, les impôts, le nombre de politiciens et d’autres fondamentaux de la société française.

Bref, revenons aux fondamentaux. Socrate disait : « La seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien« . Voltaire, dans une phrase qui lui était attribuée, osait : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire. » Invitons nos juges à faire leur cette maxime, et mettons en place les politiques qui nous permettront de retrouver une parole libre qui manque cruellement aux Français.

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MICHAËL DOS SANTOS : DU FOOTBALL AU TERRORISME !

 

Michaël Dos Santos, un footballeur prometteur devenu bourreau pour l'EI

S. Le. Publié le mercredi 19 novembre 2014 à 23h55 - Mis à jour le jeudi 20 novembre 2014 à 01h48

Vidéo

Un destin raconté par ses ex-partenaires de jeu.

 

Michaël Dos Santos, un jeune de 22 ans originaire de Champigny-sur-Marne, fait la une de l'actualité. Il est en effet soupçonné d'être le second Français apparaissant dans la dernière vidéo de décapitation de l'Etat islamique (voir tous les détails ici).
Ses anciens partenaires de foot, qui l'ont côtoyé dans la région parisienne durant son adolescence, sont sous le choc et racontent à nos confrères de So Foot leurs souvenirs avec ce "bon joueur, bien éduqué" mais qui est "parti en sucette".

Michaël Dos Santos a en effet évolué pendant deux ans et demi au CO Vincennes, dans le Val-de-Marne.

Ses anciens équipiers se rappellent notamment du voyage effectué jusqu'en Bretagne, en 2005, pour disputer un tournoi de jeunes de renommée internationale.

C'est là qu'ils ont vraiment appris à connaître Michaël. "Il était peut-être moins brailleur que certains d'entre nous, mais pour un premier voyage, il rigolait beaucoup. Il regardait aussi beaucoup de films, à l'arrière du bus", confie ainsi un de ses partenaires à So Foot. Et un autre d'ajouter: "Il était plutôt drôle dans son genre. Il avait toujours ses petites blagues à lui."

Le coach de l'époque, également sous le choc suite à la nouvelle, n'en revient pas. Il se souvient d'un bon gars, bien éduqué. "Pour moi, qui suis aussi d'origine portugaise, il était l'archétype de l'enfant portugais, bien éduqué. J'avais le sentiment d'avoir reçu la même éducation, celle qui te pousse à ne jamais faire trop de bruit auprès des autres. Il nous respectait, il était très poli et très respectueux avec nous, les éducateurs."

Un excellent footballeur qui a côtoyé de futures stars

Son entraîneur évoque également les qualités sportives du joueur. "C'était l'un des meilleurs. Déjà, à ce tournoi, il faisait partie des trois qui tenaient l'équipe. C'était vraiment un bon joueur de foot. Techniquement doué, mais surtout très vif et très rapide." Il faut dire qu'au contact de Yacine Brahimi (actuel international algérien) et Riffi Mandanda (frère du gardien de l'Olympique de Marseille), Michaël Dos Santos pouvait encore mûrir et qui sait, connaître lui aussi la réussite et devenir professionnel.

Sauf que voilà, son destin aura été tout autre. Après deux saisons et un peu plus passées au CO Vincennes, on perd sa trace. "Au fur et à mesure du temps, on a perdu contact. J'ai d'abord eu des échos, puis il y a eu des "on dit". Dans le coin, on disait qu'il partait en sucette, qu'il était parti dans un mauvais délire. Pourtant, au foot, il était net", confie ainsi un ancien équipier à So Foot.

Quant à son coach à Vincennes, il reconnaît que la gamin était influençable. Et c'est sans doute cela qui, combiné à son attachement déjà très fort pour l'islam à 13 ans, explique les récents événements. "Il a certainement dû faire de mauvaises rencontres. Pour moi, il était quelqu'un qui allait potentiellement se réfugier dans la religion, vivre renfermé sur lui. Tu sentais qu'il avait envie de faire partie d'un groupe, de se trouver une identité."

Et c'est comme cela que l'EI sera certainement parvenu à l'embrigader...

 

Source et publication:   http://www.dhnet.be/actu/monde/michael-dos-santos-un-footballeur-prometteur-devenu-bourreau-pour-l-ei-546d214c3570d36fe863c08c