Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/06/2018

LECTURE : L' ÉTRANGE SUICIDE DE L' EUROPE ! ( DOUGLAS MURRAY )

  • Quel prix ces fonctionnaires ont-ils payé d'avoir fermé les yeux sur ces atrocités modernes ? Quelle peine encourent-ils pour les avoir laissés se poursuivre sans lever le petit doigt ? Paieront-ils un jour ?

  • Certaines familles de filles violées ont raconté qu'elles avaient tenté à de multiples reprises d'alerter sur le sort de leurs filles. Mais l'État leur a claqué toutes les portes au nez.

  • Si la Grande-Bretagne doit remédier à la honte de cette culture de «gangs pédophiles », elle devrait commencer par modifier le rapport risque-bénéfice entre ceux qui paient pour avoir commis ces crimes monstrueux et ceux dont il est prouvé qu'ils ont aidé à les dissimuler.

Depuis l'arrestation de Tommy Robinson le 25 mai dernier, les mal nommés « gangs de pédophiles asiatiques » sont de retour sur le devant de la scène. La question de savoir si les victimes ont obtenu justice et les criminels leur juste peine a été également relancée.

Dans toute cette affaire, un élément clé n'a jamais été abordé. Quelle punition a frappé tous ces fonctionnaires et responsables publics en raison de leur aveuglement volontaire sur ces atrocités modernes ?

 

Quelle peine encourent-ils de les avoir laissées se poursuivre sans lever le doigt ? Paieront-ils un jour ? Policiers, élus, travailleurs sociaux et tous ceux qui ont échoué dans l'accomplissement de leur devoir n'ont subi aucune peine de prison pour leurs négligences. Il n'est pas exclu qu'ils échappent à une accusation pénale et qu'aucune accusation de non-assistance à personne en danger soit jamais portée contre eux.

Du coup, il n'est pas inintéressant de savoir si la vie de ces personnes, leur profil de carrière ou leur pension de retraite a été, est ou sera affecté par la faillite de leur comportement professionnel face à l'un des plus graves crimes jamais commis en Grande-Bretagne. Je parle ici du viol de masse de jeunes filles perpétré par des adultes poussés par (entre autres) le racisme, la bigoterie, la misogynie et le mépris de classe.

La carrière post-gang pédophile d'un seul de ces fonctionnaires peut apporter un embryon de réponse. Son nom est Joanna Simons.

 

En 2013, elle était directrice générale du conseil départemental d'Oxfordshire. C'est elle qui a piloté le programme « care » (aide sociale, soins) de l'Oxfordshire pendant près d'une décennie, c'est-à-dire toute la période où les viols de masse (l'enquête menée ultérieurement portera le nom d' « opération Bullfinch (Bouvreuil) ») ont été perpétrés. Parmi les actes de barbarie commis par ces hommes décrits à tort comme étant « d'origine asiatique », il y a eu cette fille dont le corps a été marqué d'un «M». M pour « Mohammed », le Mohamed en question exigeant que tout le monde sache que cette fille lui « appartenait », qu'elle était sa propriété.

Sur les centaines de victimes, nombreuses ont été celles qui ont enduré des violences parmi les plus horribles qui soient.

 

Certaines étaient sous la protection des services sociaux.

 

Parmi les histoires qui ont été dévoilées lors du procès de 2013 qui a eu lieu devant le tribunal pénal d'Old Bailey, il

 

faut citer le cas de cette fille droguée et violée en réunion. Après avoir réussi à s'échapper, elle a hélé un taxi qui l'a conduite au foyer de jeunes filles où elle résidait.

Mais le personnel du foyer a refusé de régler la note du taxi, alors le chauffeur a forcé la jeune fille à remonter en voiture et l'a ramenée à l'endroit dont elle venait de s'échapper. La bande a pu ainsi continuer de la violer. Je ne vous parle pas d'un cauchemar qui a eu lieu dans un pays lointain, ni même dans une de ces villes du nord de l'Angleterre ou les médias londoniens se risquent rarement, je vous parle d'un conte du verdoyant Oxfordshire.

 

Nombre de familles de ces filles ainsi violentées ont raconté qu'elles avaient tenté à de multiples reprises de sonner l'alarme sur ce qui arrivait à leurs filles, mais toutes les portes de l'État leur ont été claquées au nez.

 

Oxfordshire, Angleterre. (Source de l'image: Pixabay)

 

Après que des détails tels que ceux relatés ci-dessus aient été rendus publics, Joanna Simons a fait une vidéo qui a été mise en ligne par le conseil départemental d'Oxford. En cinq ans, moins de 2 000 personnes ont regardé ces 48 secondes d'excuses, lesquelles méritent pourtant un plus large public. Dans le film, Mme Simons fait face à la caméra et présente ses excuses aux personnes que le Conseil a laissé tomber, ce qui en dit long sur l'attitude qui a prévalu pendant des années en Grande-Bretagne.

De la première image à la dernière, tout sonne faux.

 

Le ton et le message laisse croire que Mme Simons s'excuse d'un retard dans le ramassage des poubelles ou la fourniture de sel contre le verglas. Rien ne colle à l'horreur - l'horreur crue et inimaginable - de ce qui a eu lieu sous les verts feuillages de la merveilleuse Oxford aux flèches rêveuses.

Simons a par la suite été interrogée par l'excellente Emily Maitlis du Newsnight de la BBC. Non seulement Simons a renouvelé ses excuses pour la défaillance de ses services, mais elle a délivré le message rassurant qu'elle et ses collègues du conseil d'Oxfordshire « avaient beaucoup appris ».

Quand Maitlis a demandé à Simons si elle comptait démissionner, Simons a répondu « Je me suis posé des questions très difficiles » mais « je ne vais pas démissionner parce que je suis résolue à faire tout ce qu'il est possible de faire pour régler le problème ».

Quand Maitlis a demandé à Simons ce qu'elle ferait si les victimes ou leurs familles réclamaient sa démission, Simons a joliment esquivé. Un de ces esquives qui révèlent mieux qu'une réponse franche et directe qu'elle n'avait aucune intention de démissionner même si chaque victime de chaque famille exigeait qu'elle quitte son poste.

Le désir de Simons de rester en poste était incontestablement motivé. Quand l'opération Bullfinch a éclaté, Mme Simons percevait un salaire annuel hors primes de plus de 196 000 £ (217 348€). Rappelons que le salaire annuel moyen au Royaume-Uni dépasse à peine 27 000 £ (30 880 €).

 

Le salaire annuel versé au Premier ministre du Royaume-Uni s'élève à un peu moins de 150 000 livres sterling par an (170 000 €). Ainsi, pour toute la peine qu'elle se donnait au sein du conseil départemental de l'Oxfordshire, Mme Simons percevait un salaire considérablement plus élevé que celui du premier ministre et plus de six fois le salaire moyen national.

Bien qu'elle ait réussi à se maintenir en poste envers et contre tout en 2013, les révélations ont continué. Un audit de l'affaire a mis en évidence que les travailleurs sociaux et la police connaissaient les violences commises contre des centaines de jeunes filles de l'Oxfordshire depuis 2005 mais qu'ils n'ont ni enquêté ni même enregistré cela comme un crime.

En 2015, le conseil du comté d'Oxfordshire a fait le choix de supprimer le poste de Simons, apparemment dans le but de faire des économies. Une décision qui ne semblait pas faire l'unanimité puisqu'elle a ensuite annulée.

 

La démission de Simons a finalement eu lieu en 2015, événement qui lui a valu une prime de départ du Conseil départemental d'un montant de 259 000 £ (296 300 €). Rappelons que le prix moyen d'une maison au Royaume uni (220 000 £ - 251 000 €) est inférieur à la prime de départ de Simons. En une seule année de travail, Simons a été en mesure de réaliser le rêve auquel la plupart des Britanniques consacrent une vie professionnelle entière, devenir propriétaire de son logement.

On aurait pu croire qu'une telle personne éviterait de réapparaître en public, profiterait de son pactole et se ferait discrète. Mais l'Oxfordshire n'a pas égaré Simons trop longtemps. En juillet dernier, l'organisme qui s'occupe de promouvoir le tourisme régional - « Faites l'Expérience de l'Oxfordshire » - a annoncé la nomination de Joanna Simons à la direction du conseil d'administration.

 

Le communiqué de presse annonçant sa nomination la citait elle-même entre guillemets. Simons parlait d'elle-même en affirmant que son expérience à la tête des services sociaux de l'Oxfordshire County Council la qualifiait pour assumer ce nouveau rôle.

 

Elle a exprimé son impatience « d'aider à promouvoir ce merveilleux endroit qu'est l'Oxfordshire pour vivre, travailler et faire du tourisme ». L'ancien président du conseil d'administration, un certain Graham Upton, a déclaré que Simons allait apporter au conseil sa « riche expérience ».

Mme Simons n'est qu'une personne parmi toutes celles qui, au Royaume-Uni, des années durant, ont fermé les yeux sur le viol collectif des jeunes filles de leur région. Bien entendu, ces gens ne sont pas en prison. Ils sont même rarement, voire jamais vilipendés quand bien même leur nom serait mentionné dans la presse nationale. Leur vie n'a pas été chamboulée.

Ils n'ont pas été persécutés à chaque coin de rue.

 

Au lieu de cela – pour autant que l'on puisse juger du cas de Joanna Simons - ils ont pu faire profil bas, encaisser le choc et réapparaître ensuite.

 

Si la Grande-Bretagne entreprend de remédier à cette honteuse culture de « gangs pédophiles », elle devrait commencer par modifier le rapport risque-bénéfice qui existe entre ceux qui paient pour ces crimes monstrueux et ceux dont il a été prouvé qu'ils les ont couverts.

 

 

Douglas Murray, auteur britannique, commentateur et analyste des affaires publiques, est basé à Londres, en Angleterre.

Son dernier livre, un best-seller international, est « L'étrange suicide de l'Europe: immigration, identité, islam » (l'Artilleur).

 

 

Source:   https://fr.gatestoneinstitute.org/12447/

 

 

29/05/2018

SYRIE : UNE GUERRE SANS LA GUERRE POUR EMMANUEL MACRON ???

La guerre sans la guerre, drôle de guerre !

 

 

Par Mathieu Épinay*

 

Moyen-orient. Le président Macron a déclaré que le fait d’envoyer des missiles frapper des sites en Syrie n’était pas un acte de guerre, mais juste des « représailles ».

 

Dans cette affaire, tout n’aura été que postures. 

 

 

Stupéfiant dans l’art consommé qu’il a de prendre les Français pour des imbéciles, le talentueux Macron, après avoir abordé les questions religieuses aux Bernardins, s’est mis à traiter les questions stratégiques avec la même sophistique. Toujours avec le même brio !

 

Dans l’entretien télévisé incongru du 16 avril, il a expliqué au journaliste Plenel de Mediapart que, grâce à nos frappes en Syrie, nous avons « réacquis de la crédibilité à l’égard des Russes ».

 

Pas de chance, le lendemain le ministre russe des Affaires étrangères faisait savoir, sans être démenti, que « la Russie et la coalition internationale dirigée par les USA ont été en contact au niveau du commandement peu avant les frappes contre la Syrie.

 

Moscou a notamment mis en garde contre les frappes sur certaines régions syriennes qui signifieraient le franchissement de lignes rouges. » Il ajoutait que « le chef d’état-major des armées russes avait averti la coalition internationale, bien avant qu’elle ne réalise ses frappes contre la Syrie, que si les activités militaires quelconques de la soi-disant coalition touchaient des militaires russes, la partie russe répondra d’une manière dure et claire. »

 

Pour Macron, une opération négociée avec les Russes et encadrée par leurs lignes rouges – ils ont aussi les leurs –, nous aurait donc rendus crédibles et dissuasifs à leur égard.

 

Un dispositif sans motif valable

Et voici ce qu’il a déclaré juste après ces bombardements, avec l’assurance de l’homme qui ne se trompe pas : « Le samedi 7 avril 2018, à Douma, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont été massacrés à l’arme chimique, en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute … J’ai donc ordonné aux forces armées … »

 

Or, les faits ne sont pas établis, loin s’en faut, et l’enquête n’a même pas commencé. Le document produit le lendemain par Macron pour prouver une attaque chimique et justifier sa décision n’a malheureusement que l’apparence d’une compilation d’éléments ramassés sur les réseaux sociaux.

 

À quoi sert d’inventer une loi « anti-fake news », si c’est pour se livrer soi-même à un genre d’exercice comparable. Il convient de soupeser les termes de ce texte officiel : « L’analyse des vidéos et des images (…) a permis de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication. » Extraordinaire, n’est-ce pas ?

 

En outre, « la nature spontanée de la mise en circulation des images sur l’ensemble des réseaux sociaux confirme (!) qu’il ne s’agit pas d’un montage vidéo ou d’images recyclées ».

Enfin, « une partie des entités ayant publié ces informations est reconnue comme habituellement fiable » ! C’est ubuesque, mais surtout un peu léger pour engager nos marins et aviateurs dans une opération risquée, désastreuse pour notre réputation et, comme il le dit si bien lui-même « en totale violation du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »

Cette attaque, lancée sans le moindre accord international, telle que fut naguère l’aventure libyenne de Sarkozy, inscrit donc clairement la République française dans le clan des États qui prétendent régenter le monde en traitant les autres États de voyous, ce qui permet précisément de s’éviter les normes habituelles du droit et de se comporter soi-même… en voyou.

 

Les éléments de langage macroniens sur « les dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés à l’arme chimique par Bachar » rappellent d’ailleurs ceux de Sarkozy sur « les fleuves de sang promis par Khadafi ». On connaît la réalité et la suite.

 

Beaucoup de désinformations

Il a fallu entendre beaucoup d’âneries sur cette affaire : ainsi un proche de l’Élysée explique que, grâce à Macron, les Américains ont limité les frappes ; eh oui !

 

Un expert militaire patenté raconte qu’un système russe permet de « ralentir la vitesse de nos missiles de croisière pour en faire une proie facile pour la défense », et ainsi de suite !

Restons sérieux et contentons-nous de quelques commentaires sur le plan militaire, puis sur le plan politique.

monde-5.jpg

Telles sont les images que le Département de la Défense a présentées le 14 avril après les frappes de missiles américains sur le site syrien d’Him Shinshar de stockage d’armes chimiques.

 

 

Le premier bobard, et c’est de bonne guerre, viendra des Russes qui annoncent que 71 missiles de croisière sur les 105 déclarés par la coalition ont été abattus par la DCA syrienne.

 

Quatre jours plus tard, ils ajoutent qu’ils en ont récupéré deux intacts, dont l’examen permettrait de modifier leur système de défense pour être capables de les intercepter !

Ils ne l’étaient donc pas, contrairement à la DCA syrienne ! Tout cela n’est pas cohérent !

De fait, il est très probable qu’aucun missile n’ait été intercepté et pour cause !

 

Les Tomahawk américains, les Scalp/Storm Shadow franco-britanniques et les missiles de croisière navals (MDCN) français sont des armements stratégiques, des missiles furtifs à faible signature infrarouge et radar, qui foncent, en haut subsonique, près du sol, sur plusieurs centaines de kilomètres selon une trajectoire programmée pour éviter les zones dangereuses, exploiter au mieux les masques du relief et leurrer les systèmes d’alerte.

 

Très discrets, parfaitement autonomes, ils suivent exactement l’itinéraire qu’on leur a assigné en comparant la carte en relief qu’ils ont en mémoire avec le profil du terrain survolé.

Si cela ne suffit pas, le missile se raccroche au GPS américain, au prix de la souveraineté, bien sûr. En phase d’attaque, c’est l’image thermique de l’autodirecteur corrélée avec l’image satellite de la cible chargée en mémoire qui génère les algorithmes de pilotage, ajustant la trajectoire au mètre près.

De plus, le vol des différents missiles est synchronisé pour saturer les défenses.

 

Bref, les artilleurs syriens n’ont pas les moyens d’arrêter un tel tir à trois heures du matin.

Le fait qu’un des 10 missiles Scalp portés par nos 5 Rafale ne soit pas parti relève d’un aléa technique qui sera identifié et corrigé ; c’est ennuyeux, ce n’est pas un drame.

En revanche, les pannes qui ont bloqué le départ de missiles MDCN sur plusieurs de nos frégates (FREMM) sont préoccupantes pour notre crédibilité.

 

Le silence assourdissant du ministre sur ce point était maladroit ; il fallait juste souligner d’emblée l’excellent comportement des 3 MDCN pour leur baptême du feu, sans occulter des difficultés de mise au point inévitables à ce stade final du développement, avec des risques identifiés et acceptés. Tout le monde aurait alors compris qu’on n’en ait pas tiré plus.

Mais sur une opération aussi contestable, la communication gouvernementale était un peu crispée.

Le MDCN, qui sera bientôt intégré sur nos nouveaux sous-marins d’attaque de classe Suffren, marque une révolution majeure dans la stratégie navale.

 

Il n’a d’ailleurs échappé à personne que les porte-avions, américains, français ou britanniques ont disparu de la scène, et que nos Rafale en Jordanie et aux Émirats, cloués au sol pour d’évidentes raisons de bienséance diplomatique, ont été facilement remplacés par d’autres, partis de France.

 

Monde-6.jpg

Le 24 avril, le président Macron, à côté de la First Lady Melania, enserre dans ses bras le président Trump, lors de la réception à la Maison Blanche. 

 

Politique de Trump : politique de Macron ?

Venons-en aux objectifs : les photos-satellite des résultats publiées par les Américains sont cohérentes ; ils n’ont pas de raison de les trafiquer.

 

Les trois immeubles du prétendu centre de recherche chimique de Brazeh, près de Damas, sont rasés et il y faut bien 76 missiles, équivalents à autant de bombes de 500 kg.

 

Certes Trump, qui ne pouvait ignorer que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) n’y avait rien trouvé lors d’une récente inspection, a un peu forcé la dose. Était-ce une provocation adressée aux faucons, néo-conservateurs ou démocrates, de son État profond ?

 

Les deux autres objectifs près d’Homs, des bunkers probablement vides, ont été atteints, sans surprise et aussi sans victimes ; les Russes, après avoir « proposé » les objectifs, auront prévenu le gouvernement syrien qui n’avait d’ailleurs rien à y faire garder.

 

Tout le monde est donc allé dormir ailleurs !

Que cherche donc Trump en envoyant des salves de missiles de croisière sur des objectifs désaffectés : une base aérienne en 2017, des immeubles et des bunkers vides en 2018 ?

 

Cette politique de la canonnière est en tout cas démonstrative de sa capacité à frapper partout à tout moment et sans risques d’enlisement. Et maintenant on apprend qu’il entend désengager les forces américaines du Moyen-Orient. Cependant, les enjeux de pouvoir à Washington rendent la politique étrangère américaine plus opaque.

 

S’agit-il de maintenir le chaos en Syrie ou de l’abandonner aux Russes pour se tourner vers le Pacifique ? Quelle est la part de théâtre dans les postures de Trump ?

 

Sont-elles destinées au public oriental, à l’Iran, au congrès américain, aux Russes, aux Européens ?

À Macron en particulier à qui il vient d’offrir une visite d’État et qui pense infléchir les décisions de l’imprévisible Trump. À tort ?

Comment fonctionne notre chef des armées pour se laisser entraîner aussi vite dans un jeu qu’il ne maîtrise pas ? Le comprend-t-il seulement ?

Dans une situation aussi confuse, il est urgent que la France prenne ses distances et définisse une ligne stratégique et politique qui lui soit propre au Moyen-Orient.

Y a-t-il encore des personnes qui pensent au sommet de l’État ?

 

Ou ceux qui pensent ne sont-ils chargés que d’exécuter les ordres de chefs qui ne connaissent que leur caprice ?   

 

Mathieu Épinay

* Collectif de spécialistes des questions de Défense
 
Source:   http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2018/05/28/

28/05/2018

ISRAÊLIENS / PALESTINIENS ! LA CHRONIQUE D' YVES MARIE LEULAN !

 

Israël va-t-il perdre son âme ?

 

Yves Marie Laulan ♦


Économiste,

Président de l’Institut de Géopolitique des Populations.

Israël, depuis sa création en 1974, a toujours été un pays d’exception . C’est encore le cas aujourd’hui.

Mais dans le mauvais, voire le pire sens du terme.

 

Quel pays civilisé, de nos jours, pourrait se permettre, comme le 14 mai dernier, de faire froidement abattre par son armée, « pour défendre ses frontières » s’il vous plait, 62 gamins palestiniens désarmés, braillards et turbulents, car désespérés, et d’en blesser 1500 supplémentaires, en prime, sans être mis, dans l’instant, au ban des nations et cela sans que la communauté internationale n’y trouve grand-chose à redire.

 

On voit bien qu’Israël bénéficie d’un traitement à part, comme nulle autre nation au monde, dans l’opinion publique internationale.

Ce pays peut se permettre à peu près n’importe quoi, sans avoir rien ou pas grand-chose à craindre.

C’est bien d’ailleurs ce qu’il fait, dans la plus grande impunité et avec la meilleure bonne conscience du monde.

Ce privilège immunitaire tient, bien en entendu , au fait que la création d’Israël en 1947 a permis d’offrir, aux dépens des Palestiniens autochtones , un territoire national aux rescapés de la Shoah.

 

Mais il se trouve par un singulier retour de l’histoire des hommes que les enfants et les petits enfants des martyrs de la Shoah ont tendance de nos jours à devenir à leur tour des bourreaux , au petit pied fort heureusement .

Il n’est nullement question , du moins, pour l’instant, d’installer des mitrailleuses, ou des mines le long de la frontière de Gaza pour aller plus vite en besogne dans une démarche globale d’élimination sporadique de ces Palestiniens décidément bien gênants.

Evidemment, Israël se trouverait bien mieux à son aise si ces malheureux Palestiniens disparaissaient une bonne fois pour toute de la surface de la terre par un coup de baguette magique.

Mais, hélas, ils sont toujours là, et même de plus en plus nombreux. Car ils ont même tendance à se multiplier, comme des lapins , au-dedans comme en dehors des frontières d’Israël.

Car un malheur ne vient jamais seul .

Les “trends démographiques” des Israéliens et des Palestiniens vont obstinément dans le mauvais sens. De plus en plus pour les uns , de moins en moins pour les autres.

Et bientôt, les Israéliens seront minoritaires dans leur propre pays. Et alors ? Que va-t-il se passer dans ce pays déchiré ?

Une deuxième expulsion massive par la force des Arabes, par exemple vers le bande de Gaza déjà misérable et surpeuplée.

Ou la création d’un deuxième Bantousland pour Arabes, comme aux beaux jours de l’apartheid en Afrique du sud ?

 

Israël vit sur un volcan démographique et ne le sait pas, ou fait semblant de ne pas le savoir.

En fait, cette situation deviendra franchement intenable à terme. C’est inévitable.

 

Car, pour comble de malheur, les Israéliens d’origine juive ont une fâcheuse tendance à considérer les Palestiniens exactement comme les Allemands d’autrefois considéraient les Juifs dans les territoires occupés, “des untermenshen”, des “sous hommes” , tout juste bons à exécuter des tâches subalternes, quitte à être regroupés, strictement cantonnés dans leurs déplacements, ou même mis hors d’état de nuire s’ils deviennent trop gênants .

 

Le mépris de l’ autre n’est jamais de bon conseil ni de bon augure.

A moins que, comme dans la Bible, la foudre divine ne vienne frapper ces Cananéens d’un nouveau genre pour mettre un terme brutal et définitif à leur présence inopportune sur le sol sacré d’Israël.

On peut être assuré qu’un leader extrémiste comme Bennyamin Netanyahu et aussi Donald Trump, le président américain , ce couple infernal , y songent sérieusement (on sait que la fille de ce dernier, convertie au judaïsme, a épousé Jared Kushner un membre éminent du lobby juif américain.

Il est devenu un conseiller écouté à la Maison Blanche .

 

Mais leurs objectifs ne se bornent pas au règlement du lancinant problème palestinien à coups de matraque

C’est aussi l’Iran qui est dans le collimateur du président américain et de son homologue israélien.

Après la révocation unilatérale des accords nucléaires avec l’Iran, et sous le plus vague des prétextes : on se souviendra utilement à cet égard des pseudo renseignements opportunément fournis à Georges Bush par les services de renseignement américains sur les effroyables armes de destruction massive à la disposition de Saddam Hussein.

On n’en a jamais trouvé la moindre trace après l’élimination expéditive du dictateur irakien).

Leur ambition est ici clairement d’obtenir la mise au pas de ce pays, grâce à de nouvelles « sanctions » renforcées, voire son asservissement pur et simple aux diktats américains. Cela ne sera pas forcément très aisé. Les Iraniens ont de la ressource et la tête dure.

Les Européens seront instamment priés de s’y associer, que cela leur plaise ou non , sous peine d’être eux aussi pénalisés.

Le malheur veut qu’il n’est pas aisé de dominer un pays deux fois millénaire de plus de 78 millions d’habitants ( et, ce qui ne gâte rien, de 1,6 millions de kms carrés doté d’une géographie montagneuse inextricable) dont l’histoire a maintes fois démontré la singulière capacité de résilience aux coups du sort.

 

Pour l’instant, le résultat le plus clair de la démarche de Donald Trump aura été de démontrer, s’il en était besoin, que la parole du locataire de la Maison Blanche ne valait rien. Nul doute qu’à l’autre bout du globe, en Corée du Nord, le petit Kim a pris bonne note de cette orientation avant de réduire en quoi que ce soit ses capacités nucléaires .

 

D’où la suppression récente du fameux sommet qui devait tout régler entre les deux hommes.


Nul doute qu’une opportunité historique de mettre un terme à une confrontation latente depuis plus d’un demi-siècle en Corée a été ainsi sottement jetée aux orties .

L’histoire ne repasse pas deux fois les plats. A quoi bon un sommet entre deux partenaires dont on sait que l’un des deux est un instable sans scrupules. Le bluff peut marcher sur le marché immobilier américain mais pas dans les relations géopolitiques. Les règles et les enjeux sont différents.

 

Par ailleurs, si l’Iran était tenté de posséder l’arme nucléaire, il ne fait guère de doute que face à un Trump provocateur et déséquilibré, cette envie deviendra irrésistible, ne serait-ce que par instinct de survie et par précaution.

Or il se trouvera bien de par le monde, tôt ou tard, quelque pays scélérat soucieux de d’arrondir ses fins de mois ou simplement trop heureux de créer de nouveaux ennuis à l’Amérique détestée, et à Israël son séide au Moyen Orient, pour aider l’Iran à se doter de l’arme atomique.

Autrement dit, à terme, la démarche américaine est condamnée à l’échec.

Or, en cas de conflit nucléaire, il n’y a que deux protections : une immense population ou un immense territoire. Israël n’a ni l’un ni l’autre .

Son territoire est minuscule et sa population réduite (8,2 million pour 20 770 kms carrés).

 

Il formerait une cible parfaite. En fait, en cas de conflit nucléaire fort heureusement hautement improbable, ce pays cesserait pratiquement d’exister. Il serait de facto rayé de la carte. Et en route pour une nouvelle diaspora millénaire.

 

Mais, pour l’instant, pour Israël, c’est un autre péril beaucoup plus immédiat et aussi grave qui le guette

 

Ce pays merveilleux est en grand danger de perdre son âme sous les coups de boutoir d’un dirigeant sans scrupules, Benhyamin Netanyahu, qui flatte sans vergogne les pires instincts d’une population émotionnellement fragile, et de Donald Trump, un président américain à l’esprit manifestement dérangé.

Le problème est que Trump passera sous le radar de l’actualité , peut-être plus tôt qu’on ne le pense . Mais les problèmes géopolitiques d’Israël persisteront.

Jusqu’à présent, ce pays exceptionnel a été protégé par un triple rempart, à savoir une armée conventionnelle qui compte parmi les meilleures au monde, la détention non officielle, mais bien réelle, de l’arme atomique , et aussi et surtout l’affection et le respect que lui vouait la communauté internationale. Jusqu’à aujourd’hui.

C’est ce dernier rempart qui est en passe de s’effriter. Ce pays “pas comme les autres” devient peu à peu “un pays comme les autres”, sinon “pire que les autres”, sous le double impact d’une sorte d’ “hubris” nationale doublée d’une arrogance peu commune.

On ne peut guère respecter les assassins d’enfants. Ce pays est peut-être en train de perdre son âme.

 

Il serait temps que les forces vives spirituelles d’Israël, singulièrement discrètes jusqu’à présent,( en fait depuis l’assassinat de Yitzhak Rabin “sur ordre de Dieu” en novembre 1995) se réveillent et fassent à nouveau entendre leur voix avec force.

 

Sinon il est à craindre que la colère divine ne vienne un jour ou l‘autre s’abattre sur ce peuple trop fier, trop sûr de lui et de ses droits, comme tant de fois dans l’histoire d’Israël que nous conte la Bible .

« ce peuple d’élite, sûr de lui- même et dominateur » disait déjà le Général de Gaulle.

Mais Israël croit-il encore au Dieu de la Bible? Rien de moins sûr.

 

Source et Publication :   https://metamag.fr/2018/05/27/

LA SYRIE ET LA DIPLOMATIE DE LA CANONNIÈRE ! TRIBUNE LIBRE !

 

Peter Ford est un expert du Moyen-Orient. Cet arabiste a officié en tant qu’ambassadeur britannique en Syrie et à Bahreïn avant de rejoindre l’ONU pour travailler sur les questions liées aux réfugiés. Il commente fréquemment la situation syrienne dans les médias. 


 

 

Par Peter Ford

Publié initialement le 10 mai 2018 sous le titre Syria in the crosshairs of gunboat diplomacy

 

Les puissances occidentales semblent parfaitement détendues à l’idée de porter des coups terribles à l’armée syrienne, alors que cela risque de déboucher sur une résurgence du djihadisme et sur la décapitation éventuelle de l’État syrien

Voici comment Ferdinand Mount, écrivain anglais et commentateur politique, a décrit la déclaration Balfour : « le dernier souffle de la désinvolture édouardienne ».

Un état d’esprit similaire – la même insouciance des conséquences pour la population indigène du Levant, un vernis d’humanitarisme analogue, dissimulant de grands intérêts de pouvoir – est apparu de manière évidente suite à l’utilisation présumée d’armes chimiques contre la ville syrienne de Douma, le mois dernier. Il faut craindre des conséquences similaires de grande portée, prévisibles mais volontairement non anticipées.

Le plan A des Américains et leurs alliés était censé frapper beaucoup plus sévèrement le président syrien Bachar al-Assad, notamment dans l’une de ses résidences personnelles.

Apparemment, ce n’est que grâce au secrétaire américain à la Défense, James Mattis, inquiet de représailles possibles contre les quelque 2 000 soldats américains stationnés en Syrie, qu’a finalement été adopté le plan B – un ensemble de sanctions plus légères.

Par la suite, les dirigeants occidentaux ont clairement indiqué que si Assad poussait l’imprudence jusqu’à utiliser à nouveau des armes chimiques, les prochaines frappes pourraient être fatales pour ses centres de commandement et de contrôle militaire, voire pour lui-même.

 

Une nonchalance à couper le souffle

Ces menaces ont été assorties de l’assurance lénifiante que nous ne cherchions pas un changement de régime – jamais au grand jamais : tout ce que nous voulions, c’était qu’enfin Assad cesse d’utiliser des armes chimiques, et une transition vers, disons, au final, un État où Assad n’aurait pas sa place.

Dans ce cas, la « désinvolture » est à couper le souffle. Ces menaces signifient que l’alliance tripartite (États-Unis, Grande-Bretagne et France) envisage tranquillement l’éventualité de porter des coups fatals à l’armée syrienne, ce qui pourrait déboucher sur une résurgence des djihadistes de toutes tendances dans toute la Syrie, et éventuellement, même, sur la décapitation de l’État syrien.

Visiblement, il s’agit d’armes chimiques. Mais même en acceptant – de façon purement hypothétique – qu’Assad a effectivement utilisé des armes chimiques à Douma, on ne saurait condamner les seules armes chimiques, si l’on recherche par ces sanctions un rééquilibrage en faveur des groupes armés qui combattent Assad.

Il est impératif de jeter sur lui un soupçon massif, car les gouvernements britannique et français, ainsi que certaines personnalités de l’administration américaine, comptent bien exploiter précisément à cette fin la question des armes chimiques.

Ils ne se sont pas résignés à la perspective qu’Assad gagne le conflit et ils chercheront, par une série de subterfuges, à empêcher un tel dénouement.

Comment interpréter sinon les avertissements répétés de ne pas permettre à l’aide internationale de soutenir la reconstruction dans le territoire contrôlé par Assad ?

Que dire encore de la persistance d’une présence américaine au nord-est de la Syrie ainsi que dans l’enclave al-Tanf à la frontière-Sud (présence encore renforcée par des forces spéciales françaises et britanniques), alors que ce qui reste du groupe État islamique (EI) dans ces terres désolées pourrait facilement être éliminé par l’armée syrienne, voire même par les seuls Kurdes ?

Comment interpréter autrement le soutien à un Comité de négociation syrien sans la moindre influence sur les groupes syriens de type talibans, alors qu’ils constituent la grande majorité des quelque 100 000 combattants encore présents sur le terrain ?

L’idée qu’Assad puisse concéder une « transition » à une poignée d’officiels pas même capables de garantir un cessez-le-feu entre ces groupes est si loufoque que l’on peut en faire un cas d’école du manque de sérieux de l’alliance tripartite quand elle évoque Genève.

 

Fuites sélectives

D’ailleurs, cette « désinvolture » ne se limite pas à l’éventualité de voir la politique occidentale – si tant est qu’elle aboutisse – conduire à la fragmentation de la Syrie.

Attitude également peu soucieuse des conséquences pour l’ensemble du Moyen-Orient et l’alliance tripartite elle-même.

Il faudrait être singulièrement naïf pour croire qu’un scénario de type Douma ne se reproduira pas – à Idleb ou même dans une ville reculée aussi totalement inconnue que Douma en son temps.

L’alliance tripartite s’est enfoncée elle-même dans l’impasse : elle a si complètement misé sur le bien-fondé de ses accusations au sujet de Douma qu’elle ne pourra jamais accepter de voir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) en venir à conclure, hypothèse possible, qu’aucune preuve de l’utilisation d’armes chimiques n’a pu être apportée. Les brillants jeunes fonctionnaires à Washington, Paris et Londres se prépareront à ne divulguer que des morceaux choisis du rapport attendu, de sorte que, quelle qu’en soit la teneur, il ne puisse donner l’impression d’invalider leur verdict préventif, déjà rendu a priori.

Si le rapport semble justifier les frappes, il sera salué comme le meilleur document jamais produit au Moyen-Orient depuis le retour de Moïse du mont Sinaï, les bras chargés des Dix Commandements gravés sur les Tables de la Loi. Dans le cas contraire, on lui reprochera de ne pas même valoir le papier sur lequel il a été rédigé, sous prétexte que Russes et Syriens auraient dissimulé les preuves.

 

Même à leur corps défendant, les membres de l’alliance tripartite se sentiraient alors contraints de passer à l’action, en réaction à l’imminence inexorable de l’incident présumé.

Bataille existentielle

Le problème, c’est qu’Assad, les Russes et les Iraniens pourraient la prochaine fois refuser de jouer leur rôle de punching ball.

 

L’option d’une frappe légère, précuite et parfaitement préparée, ne sera plus possible. L’alliance pro-Assad aura quant à elle défini ses propres représailles, et si l’affaire doit tourner à la bataille existentielle avec le sort du gouvernement Assad pour enjeu, tous les coups seront permis.

L’Iran n’aura plus aucune raison de ne pas ordonner au Hezbollah de tirer ses missiles sur Israël, même au prix du déclenchement d’une nouvelle édition de la guerre de 2006 au Liban. Bien avant cela, devant le spectacle glaçant des menaces échangées, les marchés auront porté un coup dur aux économies occidentales.

Avant même que soit tiré le moindre coup de feu, les primes d’assurance pesant sur les pétroliers dans le Golfe seront si élevées que l’approvisionnement en pétrole en sera menacé.

 

Les prix monteront en flèche, des files d’attente s’étireront devant les stations-service – et les électeurs demanderont des comptes à leur gouvernement pour les avoir mis dans une telle panade, qui aurait pu si facilement être évitée.

Et tout cela sans même inclure dans l’équation la réaction des Russes. Après Douma, les électeurs étaient déjà paniqués à la simple évocation d’une éventuelle Troisième Guerre mondiale.

 

Si les naïfs se rassureront du recul apparent de la Russie, les adultes du Pentagone auront compris qu’ils doivent le peu qu’ils on pu accomplir à la mansuétude du président russe, Vladimir Poutine – suffisamment compréhensif pour admettre qu’il était devenu impossible au président américain Donald Trump de rétropédaler.

Les théoriciens des jeux ne perdront guère de temps à faire ce calcul : la prochaine fois, soit Trump devra concéder que Poutine ne peut plus se permettre de temporiser, soit se préparer à une très « cinétique » opération, dont la seule perspective effrayera les marchés et rendront hystériques les électeurs.

La prochaine crise

Nous allons tout droit vers une nouvelle version de la crise d’Agadir, également connue sous le nom de coup d’Agadir. En 1911, l’humanité avait failli basculer dans la Première Guerre lorsque l’Allemagne, contrariée par la mainmise française sur le Maroc, dépêcha une canonnière à Agadir, invoquant une prétendue menace sur les commerçants allemands. Douma a démontré que les canonnières restent d’actualité – mais cette fois-ci elles sont armées de Tomahawks.

Même le retrait des troupes américaines, souhaité par Trump – mais combattu par l’establishment militaire – ne modifierait en quoi que ce soit l’équation stratégique.

À l’époque actuelle – où sont bafouées les lois internationales contre les agressions et où la force prime sur le droit, comme en 1911 – les États-Unis et ses acolytes peuvent utiliser leur puissance maritime dévastatrice où et quand bon leur semblera, sous n’importe quel prétexte qu’il leur plaira de manigancer, avec leurs propres peurs comme seul contrepoids.

Un simulacre de diplomatie régla la crise d’Agadir, au lendemain d’une chute de 30 % du marché boursier allemand, et Armageddon fut remis à plus tard.

 

La désinvolture avec laquelle les élites de l’Atlantique se préparent à aborder la prochaine crise syrienne – inévitable – n’augure pas vraiment aussi heureuse conclusion.

Peter Ford 

 

Source et Traduit de l’anglais par Dominique Macabies

24/05/2018

HAMAS / ISRAËL ET MÉDIAS ! TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

19/05/2018

QUAND LA SYRIE IMPOSE DE NOUVELLES RÈGLES ........

La Syrie impose de nouvelles règles de confrontation à Israël


 

Par Sayed − Le 12 mai 2018 − Source sayed7asan

Dans la nuit de mercredi 9 à jeudi 10 mai 2018, un échange de frappes sans précédent a eu lien entre Israël et la Syrie.

 

Les médias dominants, ainsi que certains médias « alternatifs » comme Russia Today (ou même Médiapart, pour les ingénus qui le classeraient dans cette catégorie), se sont empressés de relayer la version des faits de l’armée israélienne, selon laquelle l’entité sioniste aurait « riposté » à une « attaque iranienne menée par la Force Al-Quds des Gardiens de la Révolution » consistant en un tir de « vingt roquettes » contre des positions israéliennes dans le Golan occupé, dont quatre auraient été « interceptées par le Dôme de Fer » israélien et les autres se seraient « écrasées en territoire syrien », aucun dégât n’étant recensé en Israël.

 

Israël aurait répondu à cet « acte d’agression » inédit par une « opération de grande envergure » qui aurait détruit « l’ensemble de l’infrastructure iranienne en Syrie », afin de dissuader la République Islamique de toute velléité de frappe future.

 

Ce récit prend pour argent comptant les postulats, données et mythes de la propagande de l’entité sioniste – qui impose aux médias israéliens une censure militaire permanente, exposant tout contrevenant à une peine de prison ; et à en lire les médias internationaux, on pourrait croire que comme les sanctions économiques américaines, cette censure est extraterritoriale – mais aucun d’entre eux ne résiste à l’analyse.

L’agresseur est indubitablement Israël, qui a réalisé plus d’une centaine de frappes contre la Syrie depuis le début du conflit.

 

Après la mise en scène chimique de Douma, ses agressions se sont intensifiées avec les attaques contre la base syrienne T-4 le 9 avril, qui ont notamment tué 7 Gardiens de la révolution islamique d’Iran.

 

Suite à l’annonce américaine de retrait de l’accord sur le nucléaire iranien, de nouvelles frappes israéliennes ont ciblé des positions syriennes mardi 8 mai dans la banlieue sud de Damas, et mercredi 9 mai à Kuneitra, au sud du pays.

Incontestablement, la Syrie n’a fait que riposter à une énième agression, avec une fermeté qui a ébranlé Israël et l’a contraint à sortir du mutisme auquel il se confine habituellement.

La riposte syrienne – et non iranienne – a consisté en un tir de plus de cinquante – et non pas vingt – roquettes contre quatre bases militaires israéliennes sensibles dans le Golan occupé, qui ont causé des dégâts matériels et même des pertes humaines selon Al-Manar, le média du Hezbollah.

 

Celles-ci n’ont pas été rapportées par la presse israélienne du fait de la censure militaire drastique interdisant de mentionner l’agression initiale d’Israël, d’évoquer un tir de plus de vingt roquettes, d’identifier leurs cibles et de parler des dommages infligés, ce afin de rassurer la population à l’intérieur et de permettre aux capitales occidentales vassales d’égrener leur refrain du sacro-saint-droit-d’Israël-à-se-défendre.

 

La chaine libanaise Al-Mayadeen a précisément identifié les postes militaires frappés : 1/ un centre militaire de reconnaissance technique et électronique ; 2/ le poste de sécurité frontalière et de renseignement 9900 ; 3/ un centre militaire de brouillage électronique ; 4/ un centre militaire d’espionnage de réseaux sans fil et filaires ; 5/ une station de transmission ; 6/ un observatoire de l’unité d’armes de précision pendant les opérations au sol ; 7/ un héliport de combat ; 8/ le quartier général du commandement militaire régional de la brigade 810 ; 9/ le centre de commandement du bataillon militaire à Hermon ; 10/ le quartier général d’hiver d’une unité spéciale alpine.

 

Et comme cette chaine l’a rapporté, même les journalistes et analystes israéliens ont pu exprimer des doutes sur cette version peu crédible selon laquelle ces frappes massives, sans précédent depuis 1974 et donc inattendues, se seraient révélées inoffensives.

 

Du reste, comme l’a souligné Norman Finkelstein, rien n’a changé pour Israël entre les guerres à Gaza de 2008 et 2014 malgré le déploiement du « Dôme de Fer », seulement 5% des roquettes – largement primitives – du Hamas ayant été interceptées durant l’opération « Bordure Protectrice » ; et l’un des meilleurs spécialistes de la défense antimissile, Théodore Postol du MIT, a déjà révélé les déficiences chroniques de ce système.

 

Il est invraisemblable qu’il ait pu mieux faire face aux lance-roquettes multiples russes, chinois et iraniens bien plus sophistiqués que possède la Syrie.

 

Le succès des frappes israéliennes, qui, à en croire le ministre de la Guerre israélien Avigdor Lieberman, auraient détruit presque « l’ensemble de l’infrastructure iranienne », est largement exagéré : les responsables militaires russes, dont les radars ont suivi ce combat en temps réel, ont annoncé que plus de la moitié des 60 missiles tirés par 28 F-15 et F-16 israéliens – ainsi que des 10 missiles sol-sol – ont été interceptés.

 

 L’armée syrienne recense 3 morts et 2 blessés, une station radar et un entrepôt de munitions détruits et des dégâts matériels sur des unités de défense anti-aériennes syriennes.

Ces dernières ont déjà démontré leur efficacité face à Tel-Aviv, Washington, Londres et Paris, contrairement au mythique « Dôme de Fer » israélien.

La présence même de bases militaires iraniennes et/ou d’importants contingents iraniens en Syrie est une fable : l’Iran n’y dispose que d’une présence modeste (essentiellement composée de conseillers militaires, effectivement issus du corps des Gardiens de la Révolution Islamique), contrairement au Hezbollah ou à la Russie. 

 

Robert Fisk souligne bien que les allégations israéliennes au sujet de la présence de missiles iraniens en Syrie ont probablement été concoctées « de concert avec l’administration Trump », que la présence iranienne est « bien moindre que ce que s’imagine l’Occident », et que toutes les déclarations israéliennes doivent être rapportées avec la plus grande circonspection.

 

Tout reportage objectif sur ces événements devrait ressembler à celui de Robert Fisk : « Les Américains ont dû être informés en amont des dernières frappes israéliennes de la nuit dernière, supposément contre les forces iraniennes en Syrie après une attaque supposée de roquettes iranienne contre les forces israéliennes sur le Golan – et il est important d’utiliser le mot « supposé » et de ne pas prendre tout cela pour argent comptant. » 

 

 En effet, ces prétendues attaques inattendues étaient annoncées depuis des jours par l’armée israélienne, qui avait déjà mené une prétendue « frappe préventive » – bien plutôt une provocation – le 8 mai.

La « ligne rouge » que cette soi-disant présence iranienne constituerait pour Israël est démentie par le fait que Tel-Aviv n’a cessé, depuis le début du conflit, de ralentir la progression de l’Armée arabe syrienne et, sous de multiples prétextes (livraison d’armes au Hezbollah, riposte à des tirs réels ou supposés depuis le Golan, etc.), d’assister les groupes terroristes armés de toutes les manières possibles : armes, informations, frappes aériennes coordonnées avec les offensives, soins médicaux aux djihadistes, etc. Israël, le seul pays au monde qui ne craint officiellement rien (et n’a effectivement rien à craindre) de Daech, a vu la situation en Syrie virer du rêve – voir une myriade de groupes terroristes abattre le seul régime arabe anti-israélien et saigner le Hezbollah – au cauchemar – faire face à ses frontières à un Hezbollah, une armée syrienne et un Iran plus puissants et aguerris que jamais, et alliés à la Résistance palestinienne, à l’Irak et au Yémen, ainsi qu’à la Russie – ne fait que poursuivre son œuvre déstabilisatrice sous de nouveaux prétextes, et de manière plus directe :

 

Hassan Nasrallah, le Secrétaire général du Hezbollah, avait bien annoncé qu’après la défaite des proxies en Syrie, leurs commanditaires pourraient intervenir de plus en plus ouvertement.

 

L’Iran, dont l’opposition au projet raciste et colonialiste d’Israël est un principe et même un dogme depuis le triomphe de la Révolution islamique en 1979, n’est pas facilement provoqué à une réaction épidermique, et a toujours préféré agir avec patience et sur le long terme – souvenons-nous de sa retenue après le massacre de ses diplomates en Afghanistan en 1998.

 

L’objectif de l’Iran n’est pas de mener une simple opération de représailles pour venger ses officiers et soldats délibérément (ou accidentellement, comme ce fut le cas à Kuneitra en janvier 2015) tués par Israël, mais bien d’œuvrer à la libération complète de la Palestine en mettant fin au « régime sioniste » illégitime, à l’image du  régime d’apartheid en Afrique du Sud, qui s’est effondré après sa défaite militaire en Angola et en Namibie – contre des mulâtres cubains, considérés avec autant de racisme que le suprématisme juif israélien considère les ArabushimComme l’a souligné Hassan Nasrallah, l’agression directe d’Israël contre les forces iraniennes en Syrie constitue un tournant majeur dans l’histoire du conflit israélo-arabe – ou plutôt israélo-arabo-perse – et Israël doit maintenant s’attendre à affronter directement les forces iraniennes – que ce soit en Syrie, en Palestine occupée ou même ailleurs.

 

Du reste, lorsque les missiles iraniens entrent en scène, ils sont lancés depuis le territoire de la République islamique et avec un succès indéniable, comme l’ont montré les frappes contre Daech à Deir-Ez-Zor le 18 juin 2017, en représailles aux attaques terroristes survenues à Téhéran.

Comme on le voit, la réalité ne saurait être plus différente de la fable qui a été propagée par la majorité des médias. Les « journalistes » qui reprennent docilement les éléments de langage d’Israël se transforment en officines de propagande de Tsahal et de la véritable « diplomatie du mensonge » mise en place par Netanyahou. Israël ment en effet constamment au monde – et, de plus en plus, à sa propre population.

 

Et lorsque ses actions inconsidérées ont des répercussions désastreuses, il publie des communiqués hâtifs dans lesquels il se présente comme une victime d’une part, tout en affirmant d’autre part, via Lieberman et via la Russie, n’avoir aucune intention de se diriger vers une escalade et espérer qu’on s’en tiendra là – proclamer le succès de ses frappes de représailles est un moyen de faire comprendre qu’il ne veut pas aller plus loin.

 

Les médias internationaux se sont contentés de reprendre ces déclarations immédiatement après les premières attaques, sans la moindre distance critique.

 

Les acteurs rationnels comme l’Iran, la Syrie et le Hezbollah – ou la Russie – pour leur part, ne sont pas si pressés de s’exprimer et de confirmer ou infirmer les allégations des uns et des autres, laissant leurs adversaires s’empêtrer dans leurs mensonges, et certains de la primauté de la réalité du terrain qui leur devient plus favorable de jour en jour.

 

Du reste, le fait qu’un revers cuisant pour Israël, qui renverse littéralement la donne stratégique, soit transformé en un succès militaire par la propagande sioniste et atlantiste, et conjugué à des protestations israéliennes de non-belligérance, ne peut que conforter l’Axe de la Résistance dans ses choix.

 

 

Yoav Kish, membre de la Knesset cité par Al-Manar, a souligné qu’indépendamment même de l’auteur des frappes et de leurs résultats – que la censure interdisait d’évoquer – il s’agissait d’un revirement majeur dans l’histoire des guerres d’Israël, qui se voit attaqué depuis la Syrie. En effet, les installations militaires du Golan sont maintenant directement prises pour cibles suite aux agressions israéliennes, et non plus seulement l’aviation israélienne, qui a déjà vu son fleuron – le F-16 – se faire abattre le 10 février 2018.

 

Les journalistes et analystes israéliens ont également souligné les répercussions psychologiques et économiques de cet incident, plus de 20 000 colons du Golan ayant dû retrouver précipitamment, en pleine nuit, les chemins des refuges (combien seront-ils à la prochaine escalade ?), et le début de la période estivale ayant été inauguré par une vague de suppressions de réservations d’hôtel du fait des craintes d’une guerre entre Israël et l’Iran.

 

L’entité sioniste, qui inflige sans émoi les pertes et dégâts les plus considérables aux Palestiniens et à ses voisins, est pour sa part gravement ébranlée par les moindres pertes, insupportables pour la société israélienne – d’où la sévérité de la censure militaire.

L’accusation contre l’Iran s’explique par des facteurs essentiels (le racisme foncier de la société israélienne et de son Premier ministre, qui croient plus volontiers à une dangerosité de l’Iran perse qu’à celle de la Syrie arabe) et conjoncturels – un refus d’assumer les conséquences de la politique suicidaire du gouvernement Netanyahou, qui l’a amené à une confrontation directe avec l’ensemble de l’Axe de la Résistance, pour ne pas dire avec la Russie.

 

Et surtout, Israël veut capitaliser sur le retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien pour faire avancer sa principale obsession, plus ancienne que la crise syrienne, à savoir le programme balistique de Téhéran auquel il veut que l’Occident mette fin en exploitant le sempiternel prétexte nucléaire – rappelons que la fabrication, la possession et l’usage de l’arme nucléaire sont illicites en Islam selon l’Imam Khomeini et Ali Khamenei, autorités suprêmes en Iran. Netanyahou a  clairement affirmé qu’une guerre avec l’Iran est inévitable, et qu’il vaut mieux qu’elle se produise maintenant que plus tard.

 

Depuis 2005, il espère vainement que les États-Unis et leurs vassaux européens pourront la mener pour lui, mais aucune négociation, sanction ou agression ne pourra jamais faire plier l’Iran.

 

Et de même que les frappes israéliennes du 9 avril, censées encourager Washington, Londres et Paris à des frappes sévères contre la Syrie, se sont soldées par un échec cuisant, Israël n’a fait qu’aggraver sa situation et se retrouve une fois de plus seul face aux conséquences désastreuses de ses actes, à la mesure de l’arrogance aveugle qui les a déclenchés.

Et la Russie dans tout cela ? La présence de Netanyahou à Moscou pour la commémoration du 73e anniversaire de la victoire de l’URSS contre le nazisme, et les rapports selon lesquels la Russie ne livrerait pas les S-300 à la Syrie, ne doivent pas induire en erreur.

 

La Russie s’est beaucoup trop investie en Syrie pour permettre à quiconque – qu’il s’agisse de Washington, Tel-Aviv, Riyad ou Ankara – de réduire ses efforts à néant. Elle a affirmé qu’elle ne tolèrerait plus de frappes occidentales contre la Syrie en cas de nouvelle mascarade chimique, et qu’elle fournirait à Damas non pas le système anti-aérien S-300, mais bien, selon les propos de Sergueï Lavrov, « tout ce qui est nécessaire pour aider l’armée syrienne à prévenir toute agression ». Les systèmes de défense actuels, renforcés de jour en jour, ont déjà largement fait leurs preuves – notamment le Pantsir, bien plus adapté aux besoins de l’armée syrienne – et permettent d’envisager le jour où Israël aura perdu son seul avantage, à savoir la suprématie aérienne, sans laquelle son armée prétendûment invincible ne pourrait pas même tenir tête à Gaza.

 

L’utilisation par Israël de missiles sol-sol pour la première fois, et la concentration des attaques sur les défenses anti-aériennes syriennes – Tsahal a publié la vidéo de la destruction d’un système Pantsir S-1, probablement inactif – prouve qu’il est bien conscient de ses limites.

Il est évident que les agressions israéliennes contre la Syrie seront de plus en plus coûteuses, tant pour l’aviation israélienne que pour ses bases militaires intérieures et sa population, du fait de la détermination de la Syrie et de ses alliés (le Hezbollah et l’Iran) à riposter à toute agression, de leur expérience et de leurs nouvelles capacités, et de leurs succès sur le terrain.

 

L’Axe de la Résistance, dont la Russie ne fait pas partie, est dorénavant capable de faire face à Israël directement, avec un front uni et sans craindre une escalade.

Quant à Israël, déjà débordé par les manifestations pacifiques à Gaza qui doivent culminer le 15 mai, il n’est pas prêts à la guerre contre un seul des membres de l’Axe de la Résistance, et encore moins contre plusieurs simultanément.

 

La nouvelle équation imposée par l’armée syrienne le 10 mai est plus redoutable pour Israël que la perspective de la perte d’un autre F-16, car Damas a montré sa détermination à porter la guerre sur le territoire ennemi, et à frapper l’entité sioniste en profondeur.

L’Axe de la Résistance aura prochainement les yeux rivés sur le Golan occupé, que la Syrie n’a jamais renoncé à libérer par les armes – un droit conféré par le droit international même, ce territoire étant reconnu comme syrien par l’ensemble de la communauté internationale : toute opération syrienne y relève de la résistance légale et légitime contre l’agression israélienne commise en 1967 et l’occupation subséquente, même sans nouvelle provocation.

 

Dès mai 2013, Hassan Nasrallah avait annoncé la participation du Hezbollah à l’ouverture d’un nouveau front sur le Golan.

 

En mars 2017, la Brigade de Libération du Golan a été formée par le Hezbollah irakien, Harakat al-Nujaba, un mouvement soutenu par l’Iran et ayant participé à la libération de l’Irak et de la Syrie face à Daech.

 

Aujourd’hui, les frappes syriennes dans le Golan occupé ouvrent incontestablement un nouveau chapitre dans l’histoire des guerres israélo-arabes, dans lequel Israël sera de plus en plus acculé à une position défensive.

 

Verrons-nous prochainement Tsahal élever une muraille à la frontière du Golan occupé pour entraver toute invasion future, comme c’est le cas à la frontière libano-israélienne afin de prévenir toute incursion du Hezbollah en Galilée ?

 

Quoi qu’il en soit, la prochaine guerre contre Israël bouleversera complètement la carte du Moyen-Orient.

 

 

Sayed Hasan    http://lesakerfrancophone.fr

 

14/05/2018

DONALD TRUMP ET L' ACCORD IRANIEN ! LA GUERRE IMPROBLABLE ? ( MICHEL LHOMME )

Donald Trump et l’accord iranien : la guerre improbable ? 1/2

 
Iran USA

Donald Trump et l’accord iranien : la guerre improbable ? 1/2

 

Michel Lhomme ♦
Philosophe, politologue.

C’est le New York Times qui l’écrit : «Au Yémen, des Bérets verts américains ont prêté assistance aux troupes saoudiennes dans leur lutte contre la “menace” des rebelles houthis».

C’est encore une nouvelle du quotidien new-yorkais : «Après avoir servi de prétexte à l’invasion de l’Afghanistan et à la deuxième destruction de l’Irak, voici que les attentats du 11 Septembre sont désormais facturés à l’Iran : un juge fédéral de New-York a condamné par contumace l’Iran à payer des milliards de dollars de dommages et intérêts aux familles affectées par les attaques terroristes du World Trade Center».

 

 

On cherche encore un quelconque rapport des tours du 11 septembre avec l’Iran puisque nous avions cru comprendre que 15 des 19 terroristes impliqués dans l’attentat étaient plutôt citoyens de l’Arabie saoudite ! Nous reproduisons ici une infographie éloquente.

Elle montre clairement la disposition des 26 campements américains aux frontières de l’Iran. D’ordinaire, on appelle cela en jargon militaire « un encerclement ». Le président américain Donald Trump a donc annoncé ce mercredi que les États-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran.

Assistons-nous à une escalade de plus, aux préparatifs accélérés d’un nouveau conflit, la guerre contre l’Iran, prélude de la troisième partout annoncée ? L’Iran en position de force ?

 

Malgré une forte abstention, le Hezbollah chiite et ses alliés disposeraient de 42 sièges, soit le tiers de blocage au Parlement libanais, selon les résultats des élections législatives annoncés lundi soir 7 mai par le ministre de l’Intérieur. Dans une allocution télévisée, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a salué “une victoire politique et morale de la Résistance”. 

Quant au Premier ministre Saad Hariri, il annonce selon ses propres termes “de lourdes pertes” pour son parti.

L’Iran serait donc en plein essor au Moyen-Orient. Il a étendu effectivement, par l’intermédiaire du Hezbollah, son influence dans un arc géographique contigu qui va de Téhéran à Bagdad, en passant par Damas et Beyrouth.

 

Depuis l’assassinat de Jihad Moughniyah, le fils du chef militaire du Hezbollah libanais et d’officiers des Gardiens de la Révolution, en janvier 2015, à la ligne de démarcation syro-israélienne du Golan, l’Iran a réussi à implanter quelques bases militaires au sud de la Syrie dans le but de planifier une attaque coordonnée sur Israël depuis Gaza, le Liban et la Syrie.

 

L’Iran aurait-il réellement des volontés hégémoniques dans la région ? Les États-Unis et leurs alliés – Israël, Arabie saoudite et Émirats arabes unis (EAU) – n’ont-ils donc pas tort de ne pas considérer cette ambition hégémonique comme une menace ?

 

En fait, l’Iran nous rappelle l’Allemagne d’après le Traité de Versailles. Les sanctions qui l’étouffent depuis la révolution islamique de 1979 sont perçues comme une injustice historique.

Après les révoltes arabes de 2011, l’Iran avait décidé d’utiliser ses combattants  pour protéger un allié de longue date, le régime syrien, voyant sa perte comme un prélude possible à son propre encerclement.

 

Depuis le conflit syrien, toute la région est ainsi bloquée dans une spirale de lutte pour l’hégémonie dont maintenant l’Iran semble faire les frais. Nonobstant, la principale priorité des dirigeants iraniens, indépendamment de leur position géopolitique régionale, est d’assurer la perpétuation du régime, la République islamique.

 

Cet impératif comprend à l’intérieur la neutralisation des opposants et à l’extérieur celle des régimes voisins qui disposeraient d’un soutien occidental comme celui de l’Irak, le gouvernement syrien de Hafez el Assad et le Liban.

 

Le Hezbollah libanais demeure néanmoins autonome avec une logique religieuse et militaire propre au pays du Cèdre,  construite sur les approvisionnements militaires à travers la Syrie et consolidée surtout sur des victoires acquises jour après jour y compris face à Israël.

 

Or, les succès iraniens se déroulent depuis la Révolution islamique avec un accès limité au marché international des armes. Ils reposent essentiellement sur la foi des combattants et leur détermination morale et idéologique.

 

Ainsi, l’Iran a compensé son encerclement et sa faiblesse militaire conventionnelle par des capacités militaires asymétriques importantes dans une guerre hybride tout en investissant massivement dans un programme de missiles balistiques, après avoir été elle-même victime de ces armes pendant la guerre avec l’Irak et s’étant aussi rendu compte qu’ils constituaient un excellent moyen de dissuasion fiable contre Israël et sa population.

Depuis, l’Iran n’a cessé de consolider ce qu’il appelle l’«axe de résistance », l’alliance avec la Syrie, le Hezbollah et même indirectement le Hamas.


La nouvelle direction saoudienne aujourd’hui alliée avec le “diable” (Israël) se présente comme une réponse à cette montée des ambitions  perses.

 

Pourtant, la position stratégique d’un “hégémonikon moyen-oriental” n’est pas un sujet de débat en tant que tel chez les politiciens iraniens  préoccupés par une simple posture de défense même si les éléments les plus pragmatiques et les plus théologiens du régime des mollahs ont tendance à le considérer depuis quelques temps comme fondamental pour la sécurité nationale.

 

La structure du pouvoir iranien est multipolaire et les débats internes de la classe politique iranienne sont sans doute  fins et plus équilibrés que ceux de la classe politique française.

 

Les décisions militaires iraniennes se font par le biais d’un processus décisionnel consensuel au sein d’une institution centrale, le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC). Ce Conseil qui établit la politique nationale et étrangère, est dirigé par le président et comprend de hauts responsables gouvernementaux et militaires, ainsi que des décideurs représentant les principales factions politiques de l’Iran.

 

Ses décisions, lorsqu’elles bénéficient du soutien de l’Ayatollah Ali Khamenei, le chef suprême, également commandant en chef, sont définitives.

Au fil des années, le SNSC semble être devenu de plus en plus agile pour concevoir des réponses tactiques aux événements régionaux, soit en soutenant les Kurdes irakiens lorsqu’ils ont été menacés par l’attaque de Daesh en 2014, soit en condamnant la tentative de coup d’État contre le gouvernement turc en 2016.

 

Contrairement aux préjugés, les débats du SNSC ne sont pas invariablement remportés par le puissant Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI). Le CGRI a une voix forte en matière de pouvoir, mais il ne dispose pas du droit de veto dans cette assemblée.

Il y a cependant un défaut comme toujours dans une telle institution de consensus, c’est que l’État ne réagit pas rapidement à des changements stratégiques même face à de brusques revirements internationaux comme le fut d’abord l’élection de Donald Trump puis son virage néo-conservateur de janvier 2018.

 

 

Que veut  Tel Aviv ?

Jusqu’à l’élection de Donald Trump, les États-Unis avaient abandonné l’idée du changement de régime et accepté le droit de l’Iran à se doter d’un programme nucléaire pacifique.

L’arrivée de Mike Pompeo au Département d’État change tout par son adoption des positions les plus extrémistes et surtout son alignement sur Israël.

 

Alors que veut  Tel Aviv ? D’un côté, faire tomber la gérontocratie des mollahs iraniens et de l’autre obliger les États-Unis à rester en Syrie .

 

Les événements des derniers jours semblent donc suggérer que les Américains, en étroite collaboration avec leur principal allié au Moyen-Orient se dirigent vers un affrontement militaire direct avec l’Iran.

 

A peine une semaine et demie avant l’annonce du président Donald Trump, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou avait provoqué un coup de théâtre en prétendant avoir la preuve que l’Iran avait menti sur son programme nucléaire. Il avait ensuite exprimé sa confiance que Trump ferait “le bon choix”, c’est-à-dire celui de saborder l’accord nucléaire – l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien – conclu entre l’Iran et cinq grandes puissances: les USA, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, la Chine et la Russie.

 


Trump avait immédiatement salué la présentation de Netanyahou comme une confirmation qu’il avait eu “raison à 100 pour cent” en dénonçant l’accord nucléaire d’Obama comme un “horrible accord”.

En réalité, les experts nucléaires internationaux, les représentants européens et même les anciens responsables du renseignement israélien ont tous rejeté l’intervention de Netanyahou comme étant une farce politique destinée plus à le sauver  de sa destitution probable pour corruption.

 

En agitant le spectre patriotique de la menace d’une destruction chiite d’Israël, Netanyahou sauve politiquement sa peau.

Ce n’est diplomatiquement pas sérieux. Le gouvernement israélien, qui prétend avoir volé des centaines de milliers de dossiers à l’Iran, n’a encore produit aucune preuve que l’Iran ait participé à une forme quelconque de programme d’armes nucléaires depuis 15 ans, et encore moins qu’il ait violé les termes de l’accord sur le nucléaire dit JCPOA.

 

Au contraire, des rapports répétés de l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont un datant de février 2018, ont établi que Téhéran respectait les restrictions sévères sur l’enrichissement d’uranium et le régime d’inspections intrusives imposées par l’accord. Le plus inquiétant est que la présentation israélienne suivait une rencontre la veille du premier ministre israélien avec le nouveau secrétaire d’État américain Mike Pompeo à Tel Aviv.

 

Source et Publication:   https://metamag.fr/2018/05/12/

13/05/2018

LE PARJURE, LA TRAHISON ET LA HONTE ! ( JOSÉ CASTANO )

Le parjure, la trahison et la honte

« L’Histoire brûle les hommes. Après, il faut recueillir les cendres et raconter » (

Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc – « Les champs de braises »)

Du navire bondé de légionnaires et de parachutistes, en cet automne 1954, un haut-parleur annonça que l’on apercevait les côtes de France.

 

Bientôt le port de Marseille fut en vue. Mal réveillés, ils montèrent tous sur le pont, serrés les uns contre les autres, appuyés à la rambarde.

Le paradis dont ils avaient tellement rêvé dans les camps de prisonniers du Vietminh approchait lentement et déjà ils n’en voulaient plus. Ils rêvaient à un autre paradis perdu, l’Indochine… terre qui avait bu, plus qu’aucune autre leur sang. C’est à elle qu’ils pensaient tous à présent.

Ils n’étaient pas les fils douloureux qui s’en revenaient chez eux pour faire panser leurs blessures, mais des étrangers. En eux remontaient des aigreurs.


Ils se souvenaient avec colère et amertume de ces tonnes de médicaments régulièrement adressées au Vietminh par l’Union des Femmes Françaises (1) et leur indignation ne résultait pas de ce que l’ennemi recevait de la Métropole des colis de pénicilline, mais du fait que chaque jour des soldats français mouraient faute d’en posséder…


En 1950, à Orange, un train de blessés d’Extrême-Orient avait été arrêté par des communistes qui avaient injurié et frappé ces hommes sur leurs civières. Un hôpital parisien qui demandait du sang pour les transfusions sanguines spécifiait que ce sang ne servirait pas pour les blessés d’Indochine.

On avait refusé à Marseille, dont ils apercevaient maintenant Notre-Dame de la Garde, de débarquer les cercueils des morts…


On les avait abandonnés, comme ces mercenaires soudain inutiles que Carthage avait fait massacrer pour ne pas payer leur solde.


Des souvenirs terribles les hantaient… Ceux de ces partisans qu’ils avaient juré de ne jamais abandonner… Et parmi eux, la vision de ce vieux chef guerrier qui avait rallié sous le drapeau tricolore dix mille de ses hommes… alors que Diên-Biên-Phu était tombée et que tout allait mal dans le delta tonkinois.

 

Il avait alors demandé aux officiers français s’il était vrai que la France allait livrer le Tonkin au Vietminh car rien n’avait été prévu pour replier ses partisans et leurs familles. Les divisions viets déferlaient sur le Delta. Le système de défense cédait peu à peu.

Tout reposait sur ce vieux chef et sur ses hommes qui, connaissant admirablement le terrain, étaient à même de repousser mieux que quiconque les assauts des communistes.


Alors les officiers français lui mentirent et lui assurèrent que jamais ils ne le laisseraient tomber. Il eut foi en leur parole. Ses partisans restèrent à leur poste et continuèrent à se battre jusqu’au bout alors qu’ils étaient submergés.

 

Pendant ce temps l’armée française prépara la défense de Hanoi et de Haiphong et elle n’évacua personne. Le vieux chef fut pris par les communistes. Ils le torturèrent jusqu’à ce qu’il agonisât puis ils lui tranchèrent la tête. Les survivants parmi ses partisans subirent le même sort…


Et, le visage tendu, les mâchoires crispées, ils se souvenaient aussi de tous ceux à qui ils avaient affirmé qu’ils resteraient toujours et en particulier les catholiques… Ils essayaient de gagner à la nage les bateaux en partance pour la France… Combien de ceux-là périrent noyés ?

 


Plus tard, ces visions de cauchemar hanteront de nouveau ces hommes-là… Eux, les anciens d’Indochine, eux, les officiers qui représentaient la France dans ce pays, l’Indochine, ils la burent jusqu’à la lie.

Ils connurent la défaite et l’abandon. Leur parole qui était celle de la France, ils la renièrent mille fois dans cette guerre et ils en étaient couverts de honte. Les images qui s’entrechoquaient dans leur mémoire les harcelaient sans trêve…

Des familles entières menacées d’extermination par le Vietminh s’accrochaient désespérément aux ridelles des camions et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route.

 

Sept ans plus tard, ces mêmes visions apocalyptiques ressurgiront quand l’armée française abandonnera dans la honte et le déshonneur les Musulmans fidèles à la France.


Le Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc écrira dans « Les champs de braises » : « La plupart des Vietnamiens ne disent rien. Ils nous regardent simplement. Nous avons honte. Ils nous auraient tués à ce moment-là que nous aurions trouvé cela juste.

 

L’un d’eux me dit : « Alors, mon capitaine, vous nous laissez tomber ? » Je ne réponds rien ! » … « Les centaines d’hommes et de femmes à qui, au nom de mon pays et en mon nom, j’avais demandé un engagement au péril de leur vie, nous les avons abandonnés en deux heures.

 

Nous avons pris la fuite comme des malfrats. Ils ont été assassinés à cause de nous »…


Sur cette tragédie –conséquence à ses yeux d’un parjure- qui le traumatisera jusqu’à la fin de ses jours, il ajoutera : « La simple évocation de ces souvenirs suffit, cinquante ans après, à troubler mon regard et faire trembler ma main. »
Une fois la victoire acquise, les communistes lamineront le pays, faisant la chasse aux « collaborateurs », c'est-à-dire, ceux qui avaient pactisé avec les soldats français.

 

Pour eux, point de pitié. Une mort atroce les attendait…


Alors, quand en Algérie, le même processus s’engagera ; quand les officiers français se retrouveront coincés dans le même système, quand les harkis risqueront de connaître le même sort que leurs partisans indochinois… ils s’engageront… mais cette fois, personnellement, parce que le pouvoir sera trop faible, trop lâche pour tenir ses engagements.

 

Après, plus question de partir, ce sera terminé pour eux.

 

Ce ne sera plus la parole de la France ; ce sera la leur ! Et pour beaucoup de soldats, ce sera un engagement solennel : « La mort plutôt que le déshonneur ».


… Et c’est cet engagement qui poussera à la révolte, en avril 1961, des soldats valeureux refusant le parjure, la trahison et la honte.

Ils abandonneront ainsi leurs uniformes, sacrifieront leur carrière, seront séparés de leur famille parfois durant de longues années, connaîtront la prison, l’exil, le sarcasme de leurs vainqueurs et de ceux qui n’avaient pas osé, des poltrons, des lâches et des traîtres, pour être restés fidèles à leur serment et à leur idéal.

 


Le temps passera, l’oubli viendra, les légendes fleuriront, mais jamais assez l’Histoire ne mesurera la grandeur de leur sacrifice.

 


José CASTANO
Courriel : joseph.castano0508@orange.fr

(1) – Issue des comités féminins de la Résistance, l'Union des Femmes Françaises est créée par un congrès le 21 décembre 1944.

Elle se révèle rapidement liée au Parti communiste français, sous la houlette de Jeannette Vermeersch, qui en fait pendant les années de guerre froide, une organisation communiste de masse.

Elle se retrouve notamment impliquée dans des actes de sabotages et de découragement à l'encontre des soldats français lors de la guerre d'Indochine.


L'Union des femmes françaises devient Femmes solidaires en 1998

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

 

Conférence sur : « LES SEIGNEURS DE LA GUERRE »

- De l’Indochine à l’Algérie, la Légion étrangère au combat
- L’Odyssée et la fin tragique du 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Algérie.

« De l’Indochine à l’Algérie, le conférencier évoque le vécu, l’héroïsme et les sacrifices de ces légionnaires, Fils de France non par le sang reçu mais par le sang versé. Ces soldats-loups à la démarche souple de félins, accoutumés à la chasse et au guet, infatigables dans le chaos minéral de l’Aurès, acceptaient le défi de la guerre dans les défilés étroits comme des pièges, sur les pitons enneigés ou brûlés par le soleil et dans l’enfer du désert où le monde mort a chassé celui des vivants.

Ces hommes, « soldats pour mourir », constituaient le plus beau régiment du mode ; jalousés, admirés et vénérés parce qu’ils étaient capables de mourir avec panache en criant : « Vive la Légion ! »
… Puis il y eut le 22 avril 1961 et le soulèvement des meilleures unités combattantes dont le 1er REP était le « fer de lance »… sa dissolution et celle des plus belles unités parachutistes… l’émouvant adieu de la population de Zéralda à « leurs » légionnaires… le « cessez-le-feu » et la fin tragique de l’Algérie française… Le génocide des harkis commençait. »

Organisée par l’association « L’ALMA - LE CORSO » cette conférence sera donnée, Dimanche 3 JUIN 2018, à 10h, Maison Diocésaine Charles de Foucauld – 2, Faubourg Saint Jacques – 07220 VIVIERS - Entrée gratuite


Un repas (facultatif) est prévu à l’issue de la conférence au prix de 27€, vin et café compris.


Inscriptions et renseignements : Emile ESPASA (Trésorier) : emile.espasa@wanadoo.fr – 05 56 05 10 25… avant le 28 Mai, impérativement

-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

 

Mon blog cliquer sur : http://jose.castano.over-blog.com/

Ma biographie, cliquer sur :- http://www.francepresseinfos.com/2013/05/jose-castano-une-vie-au-service-de-la.html

Mes ouvrages, cliquez sur :-Ma Bibliographie –

 

 

11/05/2018

SYRIE / ISRAÊL : PROPAGANDE ET VIDÉO ! TRIBUNE LIBRE !

Propagande - Preuve par l'image: L'Iran n'a pas attaqué Israël, c'est la Syrie qui a riposté (vidéo)

Publié par wikistrike.com sur 11 Mai 2018, 07:45am

Catégories : #Politique internationale

Propagande - Preuve par l'image: L'Iran n'a pas attaqué Israël, c'est la Syrie qui a riposté (vidéo)

 

En anéantissant l’accord nucléaire avec l’Iran Trump a donné à Israël l’occasion de déclencher une guerre plus large avec la Syrie.

 

Une simulation israélienne de la situation avait abouti précédemment à la conclusion que :

La crise créée par l’administration américaine sur les failles de l’accord nucléaire pourrait être exploitée pour régler des questions plus urgentes pour Israël (principalement le programme de missiles de l’Iran et sa présence en Syrie).

Le gouvernement israélien prétend que le soutien iranien à la Syrie menace son pays. C’est bien sûr faux.

 

Le Premier ministre israélien Netanyahu se sert de la ’menace iranienne’ comme d’un épouvantail pour détourner l’attention d’autres questions comme les diverses affaires de corruption qui le menacent.

Au cours des dernières années, Israël a attaqué les positions de l’armée syrienne plus de 100 fois, souvent pour soutenir les ’rebelles syriens’ alignés sur Al-Qaïda.

 

La Syrie n’a pas riposté car elle était occupée à lutter contre l’invasion Takfiri à l’intérieur du pays.

 

En avril, Israël a augmenté les enchères en attaquant la base T4, au centre de la Syrie, à partir de laquelle les forces russes et iraniennes soutiennent la lutte de la Syrie contre l’EI.

Des soldats iraniens ont été tués dans l’attaque.

 

La défense aérienne syrienne a abattu au moins un des avions à réaction israéliens F-16.

On pensait qu’un nouvel équilibre se serait instauré, après la perte d’au moins un avion à réaction israélien, mais Israël a continué ses provocations.

 

Mardi, quand Trump a annoncé la rupture de l’accord nucléaire, Israël a lancé une autre frappe en Syrie sur de soi-disant missiles iraniens qui visaient Israël.

 

La frappe a touché un dépôt de l’armée syrienne. Quinze soldats, dont certains seraient des Iraniens, ont été tués.

 

Même les médias israéliens ont eu du mal à trouver des excuses à cette attaque ’préventive’ illégale :

Même si l’Iran n’avait pas l’intention de lancer des missiles sur Israël mardi, la frappe israélienne présumée a eu lieu et a transmis le message suivant aux Iraniens :

Vous avez augmenté la probabilité d’une attaque contre Israël, de sorte que nous augmentons le niveau de menace, malgré les tensions.

 

Ce n’est pas à l’Iran de répondre aux frappes israéliennes sur la Syrie.

 

Le gouvernement syrien voulait riposter immédiatement à la frappe de mardi, mais il a été retenu par la Russie qui pensait que ces provocations israéliennes étaient un piège. Hier, Netanyahou était à Moscou.

 

Le président russe lui a demandé d’arrêter les provocations. Netanyahou ne l’a pas écouté.

 

La nuit dernière, Israël a de nouveau attaqué les positions militaires syriennes à al-Quneitra dans le sud-ouest de la Syrie.

Cette fois, les forces de missiles syriennes ont répondu par un barrage de plus de 20 missiles contre les positions israéliennes sur le plateau occupé du Golan.

 

Israël a encore accentué l’escalade en opérant 70 frappes de plus contre les positions syriennes.

 

Des photos et des vidéos de Damas montrent que la défense aérienne syrienne en a intercepté un grand nombre.

 

Israël se targue maintenant d’avoir éliminé la ’menace iranienne’ en Syrie :

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a déclaré que les forces israéliennes avaient frappé ’presque toutes les infrastructures iraniennes en Syrie’ et que rien n’avait été touché sur les territoires d’Israël.

 

La revendication du succès est le signe qu’Israël ne veut pas aller plus loin :

’J’espère que nous avons terminé cet épisode et que tout le monde a compris’, a ajouté Lieberman, soulignant qu’Israël ne veut pas d’escalade, mais ’ne laissera personne nous attaquer ou construire une infrastructure pour nous attaquer à l’avenir’.

 

Cette glorification propagandiste d’un succès israélien nous en rappelle d’autres.

 

Le deuxième jour de la guerre de 2006 contre le Liban, Israël s’est vanté haut et fort d’avoir détruit ’tous les missiles à longue portée du Hezbollah’ au cours d’une campagne aérienne d’une durée de 34 minutes.

 

Mais plus de 100 missiles par jour ont continué à frapper Israël et même Tel-Aviv, loin de la frontière libanaise.

 

Trente et un jours plus tard, Israël a demandé la paix.

 

Son invasion du Liban avait échoué. Sa frappe ’réussie’ contre les missiles à longue portée du Hezbollah avait touché principalement des positions désertes.

La frappe israélienne en Syrie n’est pas beaucoup plus réussie que celle au Liban il y a douze ans.

 

 

La Syrie va maintenant continuer à riposter aux attaques israéliennes.

 

Cette fois, elle a limité ses frappes aux positions militaires situées sur le plateau occupé du Golan.

Les prochaines frappes iront plus loin.

 

Cette fois, Israël a envoyé la population du plateau occupé du Golan se mettre à l’abri dans des bunkers.

 

La prochaine fois, peut-être qu’il faudra que la moitié d’Israël se terre dans des abris souterrains.

Combien de temps Israël pourrait-il supporter cela ?

 

L’Iran ripostera également en cas d’attaques contre ses forces en Syrie.

Mais il n’a pas besoin de le faire à partir de la Syrie. Il y a d’autres options que l’envoi de missiles.

 

Que la Syrie, après bien des souffrances, ait été en mesure de riposter aux frappes israéliennes, trace une nouvelle ligne dans le sable.

 

Si Israël veut une guerre de plus grande ampleur, il en aura une.

 

Les destructions dans les pays concernés du Moyen-Orient, Israël inclus, pourraient les ramener 100 ans en arrière.

 

La Syrie, le Liban et l’Iran survivraient.   Il y a 100 ans, Israël n’existait pas.

 

 

Moon of Alabama

http://www.moonofalabama.org/2018/05/syria-sets-new-rules-for-israeli-…

Traduction : Dominique Muselet

source:https://www.legrandsoir.info/cette-fois-la-syrie-a-riposte-aux-frappes-israeliennes.html