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27/02/2022

GUERRE EN UKRAINE JOUR 3 ! BILAN ...

Guerre en Ukraine – Jour 3 – Bilan

 

Au troisième jour de guerre, la guerre de propagande bat son plein.

Pour l’instant, les Ukrainiens ont eu l’avantage.

Et il se répand en Occident une vision héroïque de Vladimir Zelensky et de l’armée ukrainienne. Mais les Russes ont commencé à riposter.

Ce n’est pas un hasard que la présence de Zelensky dans les Pandora Papers ait été rappelée à l’opinion ce matin 26 février.

De même, alors que les Ukrainiens parlaient du combat héroïque des 13 défenseurs de l’Ile aux Serpents qui avaient été tués jusqu’au dernier, la Russie a montré des images des prisonniers qui s’étaient rendus.

L’Occident a intérêt à une guerre longue, où le président russe s’enliserait. `

Ce dernier  a pour l

’instant misé sur une démoralisation rapide de l’armée ukrainienne et la capacité des Russes à s’emparer de Kiev. Il s’agit de montrer que la Russie veut protéger le peuple ukrainien de dirigeants corrompus.

Dans l’après-midi du 26 février, la Russie a annoncé intensifier son effort militaire.

Parallèlement, les pays européens se sont livrés à une surenchère d’annonces sur des livraison d’armes à l’Ukraine, l’exclusion de la Russie de Swift, la censure de médias jugés pro-russes. 

 

5h00: La bataille de Kiev s’est poursuivie cette nuit. L’avancée russe semble suffisamment inquiétante pour que les agents américains sur place aient reçu l’autorisation d’emmener le président Zelensky à Lviv. Les Américains expliquent à Zelensky qu’il sera tué par une frappe russe.

Des sources journalistiques russes expliquent que le but de Poutine est plutôt de le capturer vivant pour qu’il appelle les troupes ukrainiennes à cesser le combat. On peut imaginer aussi un scénario  où les milices fascistes ukrainiennes l’assassinent au moment où il voudrait ordonner un cessez-le-feu.

06h: Les Américains affirment sans donner de preuve que deux avions de transport russes ont été abattus.

07h: l’armée russe a repris ses tirs contre les aéroports militaires. Tout le territoire ukrainien est concerné jusqu’à Ternopil à l’ouest.

08h: le président ukrainien explique que son pays “ne déposera pas les armes” maintenant que l’armée ukrainienne a “cassé le plan de la Russie”.

Visiblement, après un moment de panique hier, Zelensky a été non seulement repris en main par les Américains. Mais il a compris qu’il est en train d’acquérir une réputation de héros sur la scène occidentale. Tentant pour un ancien acteur de se couler dans le rôle.

08h15: le mInistre de la Défense russe affirme que 83 sites militaires ukrainiens ont été détruits;  huit navires de guerre ukrainiens ont été détruits.

09h00: Dimitri Medvedev, ancien premier ministre, président et aujourd’hui président du conseil national de sécurité russe, indique que les sanctions occidentales ne détourneront pas la Russie d’aller au bout de l’opération en cours.

09h00: Emmanuel Macron explique que cette guerre va durer. Il espère sans doute au moins jusqu’au 24 avril, non?

09h00: La distribution d’armes “à la population” à Kiev  a conduit depuis hier à de nombreux pillages par des délinquants. Selon certaines sources, il règne une situation de chaos dans certains quartiers de la ville. Il y a là un danger pour les Russes car les images de chaos leur seront attribuées. Les <Ukrainiens ont commencé une distribution d’armes à Odessa.

L’armée ukrainienne dispose de suffisamment d’armes livrées par les Occidentaux pour infliger des dégâts à l’armée russe. Le but est d’essayer de faire durer le conflit. L’armée ukrainienne fait sauter des ponts pour ralentir l’avancée des unités russes. Surtout, on remarque que les Ukrainiens, se sachant en position d’infériorité militaire, s’installent au coeur des villes, avec des armes anti-aériennes légères. L’objectif est d’obliger les Russes à porter le combat dans les villes (Kiev, Severodonetsk) pour qu’il y ait des pertes parmi les civils.

La propagande kievienne marche à plein: un tir ukrainien de SAM  a endommagé un immeuble à Kiev ce matin. Il a été aussitôt attribué aux Russes.

Un autre aspect à prendre en compte dans la guerre de propagande qui s’est mise en place, c’est la présence d’unités tchétchènes du côté russe. Evidemment le commandement de l’armée russe préfèrent – vu le nombre de mariages mixtes entre Russes et Ukrainiens – ne pas mettre des troupes russes seulement sur les points durs du conflits (en particulier à Kiev). Mais l’image des “Tchétchènes” va être utilisée contre l’armée russe.  (Alors même qu’il y a des Tchétchènes anti-russes du côté ukrainien et – ce serait un sujet à traiter en soi – d’autre combattants des guérillas islamistes).

11h00: Kharkov, qui est un bastion de l’armée ukrainienne, semble à portée de l’armée russe. De même, les Russes semblent bien installés à Mélitopol en vue de prendre Zaporozhye.

12h00: L’armée ukrainienne affirme sans aucune preuve avoir détruit 14 avions, 8 hélicoptères, 102 chars, 536 véhicules blindés et 15 systèmes d’artillerie russes et tué 3 500 soldats. Il y a certainement eu des dégâts de matériel et des pertes russes. Les Russes avaient peut-être imaginé un scénario plus facile – comme en Crimée en 2014, où les troupes ukrainiennes avaient rapidement déposé les armes.

En tout cas, les troupes ukrainiennes résistent fièrement quand elles le peuvent. Et elles attaquent les territoires du Donbass à l’artillerie. Certains observateurs russes font valoir l’armée ukrainienne a été armée et entraînée depuis huit ans par les Américains.

Cependant, il faut se méfier du discours ambiant, en Ocicdent, sur Vladimir Poutine, expliquant qu’il a “raté son coup”. On en est seulement au troisième jour du conflit.

Et l’on comprend que c’est justement au renforcement constant de l’outil militaire ukrainien – armé massivement, encore en ce moment, par les Occidentaux, que le président russe a voulu mettre fin. Selon une source, les ambassadeurs ukrainiens à travers le monde ont pour instruction de “faire leurs courses” pour rapporte des armes en Ukraine.

 

Dernier élément d’analyse à la mi-journée. Pour ceux qui trouvent que l’armée russe avance lentement, on rappellera simplement que l’Ukraine est un pays d’un peu plus de 600 000 km², c’est-à-dire plus grand que la France et ses 550 000 km². 

Le réseau routier a été modernisé depuis les années 1990 mais il est déficient, une fois sorti des principaux axes. Et les Russes n’ont pour l’instant que des véhicules légers, y compris en blindés sur le terrain; et ils ont privilégié le recours aux avions de transport et à l’hélicoptère.

13h00: selon M; Volodine, président de la Douma, le président Zelensky n’est plus à Kiev . L’homme politique russe dit tenir cela de députés de la Rada ukrainienne qui voulaient rencontrer Zelensky à Kiev hier 25 février et ont été invités à Lviv. Cette information n’a pas été reprise, évidemment, par les médias occidentaux.

Cela entacherait le portrait de héros qu’on veut dresser de lui. En tout cas, il n’est pas impossible que les vidéos du Président aient été tournées à l’avance ou devant un décor. Le très sérieux M.K. Bhadrakumar reprend la nouvelle, signe qu’il la juge probable.

13h00: les combats pour Marioupol ont commencé. Les Russes ont conquis l’aéroport de Berdyansk (entre Mélitopol et Marioupol).

14h00: Les pays européens sont pris de folie et envoient des armes à l’Ukraine au lieu de travailler à la désescalade du conflit. La Pologne n’est plus seule, elle qui a envoyé dans les dernières semaines des munitions en grand nombre La République tchèque annonce envoyer 4000 obus et les Pays-Bas 200 missiles Stinger. La Belgique va livrer 2000 mitrailleuses et 3800 tonnes de carburant

14h00: On apprend que l’ambassade des Etats-Unis en Ukraine a effacé de son site internet des liens avec des recherches sur les armes biologiques menées sur le territoire ukrainien?

14h30: Les nouvelles affluent qui font état de violences, pillages, tentatives de lynchage de personnes considérées comme pro-russes dans les zones dominées par l’armée ukrainienne.

15h00: le président polonais propose que l’UE devienne membre de l’UE avec effet immédiat. C’est bien entendu une proposition très dangereuse puisque, de fait, cela rapprocherait l’Ukraine d’une entrée de facto dans l’OTAN.

15h00: Le commandement de l’armée russe fait savoir que la campagne va s’intensifier puisque l’Ukraine refuse la négociation malgré les espoirs nés le 25 février dans la matinée.

15h30: Des fusillades ont éclaté à Odessa où des armes avaient été distribuées comme à Kiev. L’Etat ukrainien perd de plus en plus le “monopole de la violence”.

16h00: l’ambassadeur de Chine à Moscou juge que les “USA sont le plus grand danger pour le monde”.

16h30: les troupes russes ont déblayé le canal de Crimée du Nord.

17h00: des informations concordantes montrent que Kiev est progressivement encerclée par des unités venues du nord, de l’est et du sud.

Carte au 26 février à 17h:

 

18h00: La Turquie a confirmé, contrairement aux affirmations de Zelensky, qu’elle n’empêchaient pas les navires russes de franchir les Détroits.

19h00: La Lettonie envoie du fret militaire et de l’aide médicale à Kiev.

20h00: l’Allemagne annonce qu’elle va livrer des armes à l’Ukraine: 400 lance-roquettes anti-char. Berlin va donc fournir en armes un pays où les combattants nostalgiques de la Waffen SS abondent !

21h: Un entretien téléphonique de plus d’une heure a eu lieu entre Emmanuel Macron et le président biélorusse Loukachenko.

23h00: Sous pression américaine, les pays européens se rallient les uns après les autres à une exclusion de la Russie de la plateforme Swift. De même ils ferment leur espace aérien aux avions russes; tandis que l’espace aérien russe leur est fermé.

23h30: Le Conseil de défense français ne s’est pas contenté de confirmer la livraison accrue d’armes à l’Ukraine; ni le ralliement à l’exclusion de la Russie de Swift: il a aussi laissé entrevoir la possibilité de censurer ou bloquer la diffusion de médias jugés comme pro-russes.

 

Source:  https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/02/26

 

22/02/2022

LA RUSSIE RECONNAIT L' INDÉPENDANCE DES ÉPUBLIQUES DU DONBASS ......

La Russie reconnait l’indépendance des Républiques du Donbass

Depuis une semaine les combats s’intensifient au Donbass ou l’armée ukrainienne bombarde massivement les républiques de Donetsk (DNR) et de Lugansk (LNR). Les civils continuent d’évacuer en direction de la Russie, près de 80.000 y sont déjà arrivés.

Par ailleurs hier 2 obus ont détruit un poste frontière sur le territoire russe, et aujourd’hui les garde-frontières du FSB ont intercepté une unité de saboteurs ukrainiens en territoire russe. Tous ont été éliminés.

 

Aujourd’hui encore le président Vladimir Poutine a eu un entretien avec macron; Aucun résultat autre que des déclarations sur la « nécessité de continuer à négocier » pour que l’Ukraine signe les « accords de Minsk » mais macron s’obstine à ne pas vouloir tenir compte des attaques ukrainiennes.

A l’issue de l’entretien, le porte-parole du Kremlin a déclaré que « Vladimir Poutine est certain que l’Ukraine n’appliquera pas les accords de Minsk ».

 

Aujourd’hui Vladimir Poutine a convoqué une réunion immédiate du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie, à l’issue de laquelle chacun des participants a exprimé son souhait de la reconnaissance des républiques de Donetsk (DNR) et de Lugansk (LNR):

Lavrov – Ministre des Affaires Etrangères: Reconnaissance
Bortnikov – Directeur FSB: Reconnaissance
Shoigu – Ministre de la Défense: Reconnaissance
Naryshkin – Directeur SVR (Services secrets extérieurs, eq.CIA): Reconnaissance
Zolotov – Directeur Rosguard: Reconnaissance
Volodin – Président de la Duma: Reconnaissance
Matvienko – Présidente du Sénat: Reconnaissance
Patrushev – Directeur Conseil de Sécurité: Reconnaissance si Biden n’intervient pas pour calmer l’Ukraine sous 2-3 jours
Mishustin – Premier Ministre: Reconnaissance si pas d’amélioration
Medvedev – Ancien président de Russie: Reconnaissance si pas d’amélioration
Bells – Membre: Reconnaissance
Shchegolev – Membre: Reconnaissance

 

Selon une source interne, immédiatement à l’issue de la réunion Vladimir Poutine a réuni Patrushev, Shoigu et Bortnikov et a déclaré en substance que le choix avait été fait et qu’il fallait maintenant aller jusqu’au bout, ordonnant la mise en état pour 23h30 (01:30 à Paris)

21h40 à Moscou: Vladimir Poutine s’adresse au peuple russe à la télévision, voici les grandes lignes de son discours (Certaines références historiques seront obscures pour les non Russes)

  • L’Ukraine est une partie de notre espace culturel
  • L’Ukraine moderne a été créee par la Russie
  • Krutshev a donné la Crimée à l’Ukraine
  • Staline a donné à l’Ukraine des terres appartenant à la Pologne, la Hongrie et la Roumanie
  • Pour rester au pouvoir les Bolchéviques ont satisfait toutes les exigences des nationalistes
  • Lénine est le créateur de l’Ukraine moderne
  • Aux ukrainiens: Vous voulez la « décommunisation »? Ceci nous plait, et nous pouvons vous montrer ce qu’est une réelle « décommunisation »
  • Les bolchéviques ont littéralement poussé de force le Donbass dans l’Ukraine
  • Rappels sur les dettes de l’Ukraine à la chute de l’URSS, dettes finalement remboursées par la Russie, et l’attitude en retour de l’Ukraine
  • L’Ukraine est maintenant dirigée par des clans qui ne voient pas l’intérêt du pays
  • Des forces extérieures ont poussé certains clans en avant pour agir contre la Russie
  • L’ambassade des USA versait un million de dollars par jour aux radicaux lors du « Maidan »
  • Les radicaux ont commencé à pourchasser ceux n’étant pas d’accord avec eux. Mention des évènements à Odessa ou plusieurs personnes ont été brûlées vives par les radicaux. Nous savons qui est derriere et leur feront payer. Odessa sera libérée!
  • Depuis 2014, les tarifs de l’eau en Ukraine ont augmenté de près d’un tiers, l’électricité et le gaz pour les ménages par des dizaines de fois, beaucoup de gens n’ont pas d’argent pour payer les services publics. La dot reçue non seulement de la Russie soviétique, mais aussi de l’Empire russe a été gaspillée. Antonov Concern n’a pas produit un seul avion de série depuis 2016. Le système de transport du gaz, qui a été créé par toute l’Union soviétique, est si délabré que son utilisation est dangereuse.
  • L’Ukraine est devenue une colonie des pays occidentaux avec des pantins à sa tête La langue russe est ostracisée et les russes persécutés. Le combat des « patriotes » ukrainiens n’est plus tourné vers la souveraineté de l’Ukraine, au contraire.
  • L’Ukraine a fait des plans pour envahir la Crimée, pousséee par ses sponsors occidentaux qui l’encouragent également à se fournir en armement nucléaire. Moscou doit réagir. 
  • Les États-Unis et l’OTAN ont commencé le développement éhonté de l’Ukraine en tant que théâtre d’opérations militaires potentielles en depensant des milliards de dollars. L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est un danger majeur pour la sécurité de la Russie: Bien que l’OTAN se prétende une organisation de défense, les exercices avec l’OTAN visent à permettre à des forces étrangères d’intervenir très rapidement contre la Russie
  • « Je le dirai pour la première fois. Dans les années 2000, lors de la visite de Bill Clinton, j’ai demandé : « Comment l’Amérique réagira-t-elle à l’acceptation de la Russie dans l’OTAN » ? La réponse à ma question a été très modérée. Et comment ils ont vraiment réagi est pratiquement visible dans leurs étapes pratiques. »
  • Les USA font de nous un ennemi car ils n’ont tout simplement pas besoin d’un pays aussi grand et indépendant que la Russie.
  • L’Ukraine est destinée à servir de base avancée pour des frappes contre la Russie. L’OTAN considère la Russie comme « l’ennemi » dans ses documents. L’installation de matériel militaire en Ukraine permettra aux USA de contrôler notre pays jusqu’à l’Oural
  • L’OTAN ne tient pas compte de nos inquiétudes et continue selon l’adage « le chien aboie et la caravane passe ». Nous ne pouvons pas être d’accord. Toutes nos propositions concernant la sécurité ont été ignorées. La Russie a le droit de prendre des mesures de riposte, et nous allons le faire.
  • [Le premier ministre britannique] Johnson a déclaré que la reconnaissance de la DPR et de la LPR est une violation du droit international
  • L’élite de Kiev a décidé une « guerre éclair » contre le Donbass et refuse d’appliquer les accords de Minsk qu’elle a signé. Il n’ya  pas un jour sans bombardements contre des civils et les pays civilisés occidentaux tentent d’ignorer le génocide dans le Donbass.
  •  
  • La Russie reconnait l’indépendance des républiques de Donetsk et de Lugansk et Vladimir Poutine signe un accord d’amitié, de coopération et d’assitance avec la DNR et LNR

 

Notes

Vladimir Poutine a employé le terme « Novorossya », terme employé par les patriotes russes favorables à l’intégration des DNR et LNR à la Fédération de Russie. Ce terme avait été employé par le gouvernement russe au compte-gouttes puis délaissé au profit de « Donbass » (nom de la région). Vladimir Poutine donc remet ce nom à l’ordre du jour.

L’intervention de Vladimir Poutine concerne non seulement le Donbass mais l’Ukraine dans son ensemble. C’est un avertissement sérieux pour la suite des évênements.

La suite est prévisible, on doit s’attendre à de fortes évolutions sur le terrain dès les heures qui viennent.

 

Par Boris Guennadevitch Karpov
https://boriskarpov.tvs24.ru

AFRIQUE : LE PEUPLE TOURNE LE DOS À LA FRANCE .......

lundi 21 février 2022

"Le peuple africain tourne le dos aux marionnettes françaises"

Alors que le mouvement anti-français se lève à nouveau en Afrique, la France, secouée par des coups d'État dans ses anciennes colonies, cherche des moyens de maintenir son emprise sur la région.

 D'autre part, alors que le mouvement panafricaniste se renforce partout dans le monde, des acteurs non occidentaux tels que la Turquie, la Russie et la Chine renforcent également leurs relations dans la région.

Nous avons évoqué les développements en Afrique, le rôle de la France et la situation du mouvement panafricaniste dans le monde avec l'un des leaders bien connus du mouvement panafricaniste, l'activiste franco-béninoise Kémi Seba.

 Le militant de 40 ans, né à Strasbourg et qui dirige l'ONG "Urgence panafricaine", est connu pour ses manifestations et campagnes contre le projet néo-colonialiste "Françafrique" et le franc CFA. Il travaille à mobiliser les peuples d'Afrique de l'Ouest contre le néo-colonialisme français.

 

Le plus grand ennemi est le néocolonialisme français

M. Seba, vous êtes connu comme une figure de proue du panafricanisme moderne. Vous avez été le fer de lance d'un mouvement contre le franc CFA.

 Pouvez-vous nous parler de vos activités pour soutenir l'Afrique dans le monde ?

Je suis à la tête d'une ONG, Urgences Panafricaines (Urgences Panafricanistes) qui intervient dans toute l'Afrique francophone au sein de la diaspora. 

Cette organisation lutte contre le néocolonialisme pour la justice sociale. Dans le domaine social, nous réalisons un large éventail d'activités visant à servir les familles les plus précaires et à fournir des micro-crédits, créant de petites entreprises qui leur permettront de nourrir leurs enfants.

 

D'autre part, nous menons des campagnes de mobilisation et de sensibilisation auprès de la population africaine et de la diaspora dans le domaine de la justice anticoloniale, aidant les populations à prendre pleinement conscience des dangers du néocolonialisme. 

Notre plus grand ennemi est le néocolonialisme français. 

Nous sommes également très vigilants contre le néocolonialisme américain et le néocolonialisme occidental en général, et nous craignons également que les grandes puissances comme la Chine, qui travaillent aujourd'hui avec les pays africains, respectent notre souveraineté. Notre mouvement est souverainiste, anti-impérialiste et panafricaniste.

 

Comment les mouvements indépendantistes en Afrique sont-ils perçus par la population d'ascendance africaine en France ? Sont-ils pris en charge ?

Les mouvements indépendantistes comme le nôtre sont en tout cas très bien perçus par les populations africaines car nous menons un combat qui leur touche le cœur. 

Nous parlons une langue qu'ils comprennent et une langue qui touche leur peuple.

 Nous nous sommes battus très fort sur le terrain de l'entente dans les rues. Nous sommes aux côtés de la population avec une solidarité sociale et, d'autre part, nous apparaissons beaucoup dans les médias africains et notamment dans les réseaux sociaux. 

C'est cette campagne à trois niveaux qui nous permet de faire passer le message à haute intensité.

Y a-t-il une différence entre les partis de gauche et de droite en France dans leur vision de l'Afrique ?

Pour nous, la France est un pays d'hypocrisie sur bien des points, et la gauche et la droite, même si officiellement elles n'ont pas la même ligne politique vis-à-vis de l'Afrique, quand elles sont au pouvoir, elles ont toujours la même attitude . 

Il s'agit soit d'une attitude paternaliste, soit d'un néocolonialisme ouvert.

 Dans les deux cas, ils cherchent toujours à voler des matières premières à l'Afrique.

J'ai vu une affiche de votre réunion à Paris. 

Comment l'Afro-diaspora dans le monde doit-elle s'organiser politiquement et économiquement pour soutenir l'Afrique ?

Nous travaillons pour que la diaspora devienne un lit de soutien pour les populations africaines sur le terrain qui mènent le combat. 

Ceux qui ne peuvent pas rentrer peuvent au moins contribuer financièrement à mettre en place des structures pour contribuer à aider le mouvement de libération qui s'organise sur le continent africain. Ici, nous agissons dans les limites de l'arène politique.

 Nos communautés agissent comme des lobbies d'orientation et d'influence pour contribuer, en français, aux élections.

 

Le rôle de la France en Afrique

Quel est le rôle de la France en Afrique ? 

Quelle est la situation du système Françafrique aujourd'hui ?

Ce serait trop long à expliquer, mais ce qui est certain, c'est que l'Afrique de la France aujourd'hui n'est rien de bon. 

C'est un système néo-colonial basé sur le pillage des ressources minérales, le pillage des matières premières, le pillage des ressources économiques et, franchement, la corruption politique de nos élites. 

Sans cette nouvelle forme de colonialisme, que nous appelons Françafrique, la France n'aurait pas atteint sa puissance actuelle dans le monde, elle doit donc continuer cette entreprise d'oppression et de pillage.

Quelles sont les raisons des récents coups d'État dans les pays traditionnellement sous influence française – Mali, Guinée, Tchad, une tentative de coup d'État ratée au Niger et la dernière en date au Burkina Faso ?

Ce sont des pays où la population ne supporte plus le degré de corruption de ses dirigeants et leur soumission aux intérêts français. 

Ce sont les pays où nous travaillons beaucoup pour sensibiliser la population pour l'inciter à se retourner contre les marionnettes africaines des intérêts français.

 

La CEDEAO est le reflet des intérêts occidentaux

Comment évaluez-vous les sanctions de la CEDEAO contre le Mali ?

On nous a dit que la CEDEAO est aujourd'hui le reflet des intérêts de l'Union européenne et de l'Occident, malheureusement. 

C'est une institution qui trahit ses objectifs initiaux. 

Ce sont les sanctions de l'appareil sentimental contre les intérêts africains.

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L'activiste franco-béninoise Kémi Seba

Nous acceptons le partenariat gagnant-gagnant

Turquie, Chine, Russie, ces puissances non occidentales tentent aussi activement de s'implanter en Afrique. Comment voyez-vous le rôle de ces pays en Afrique ? 

Ces forces peuvent-elles équilibrer le rôle de l'Occident ?

La Turquie, la Chine et la Russie, à des degrés divers, ont toutes un impact d'intérêt nécessaire pour contrebalancer l'influence occidentale.

 D'un autre côté, il y a aussi quelques nuances. Nous sommes dans un mouvement souverainiste et nous ne voulons pas la domination d'autres peuples. 

Nous voulons le respect de notre souveraineté, de notre indépendance et de notre intégrité. Nous pensons que lorsqu'un pays respecte notre souveraineté et veut être dans un partenariat gagnant-gagnant, nous sommes preneurs. 

Le problème est que lorsque ces pays viennent chez nous, ils rencontrent des dirigeants tellement corrompus que lorsqu'ils leur en donnent un peu pour leur poche, ils ont tendance à brader les ressources de nos pays. 

C'est pourquoi la société civile, où nous sommes aujourd'hui parmi les forces les plus influentes, doit assumer ses responsabilités pour exiger que les nations étrangères respectent le droit à la dignité et à la souveraineté de l'État.

 

Partenariat Turquie-Afrique

Vous avez récemment visité la Turquie. Comment voyez-vous les relations entre la Turquie et l'Afrique ?

J'ai visité la Turquie et je pense qu'il y a encore beaucoup de choses à faire. 

Je pense que la Turquie doit travailler avec la société civile africaine au-delà de ses dirigeants. 

La Turquie est un pays en plein essor. 

Je croyais qu'ils étaient proches de l'oligarchie occidentale, mais ces dernières années, nous avons vu le président Erdogan comprendre les tentatives de l'Occident de déstabiliser son pays.

 Il a compris l'importance de sourire au sud et de resserrer les liens.

 Ils ont vu que l'Afrique a un potentiel illimité en termes de créativité et de force précisément grâce à la solidarité.

Nous croyons vraiment qu'il peut y avoir un partenariat intéressant entre la Turquie et l'Afrique si la Turquie, comme je l'ai dit, respecte la souveraineté et continue sa ligne de contestation de l'hégémonie occidentale.

Eurasianisme, panafricanisme et bolivarisme…

L'Afrique en tant que continent, ou certains blocs régionaux en son sein, ou des pays individuels, peuvent-ils devenir non pas un objet, mais un pôle indépendant dans un monde multipolaire ?

Les populations de tout le continent, pas partout mais dans bon nombre d'endroits, voient se créer un sentiment d'unité africaine et de panafricanisme.

 On a le sentiment que de nouveaux cas sont traités de la même manière; il y a l'eurasianisme, il y a le panafricanisme et il y a le bolivarisme en Amérique du Sud. 

Le panafricanisme est un projet de liberté d'autodétermination, qui comprend plus que jamais que de tels objectifs ne pourraient être atteints sans les masses.

Elif İlhamoğlu est politologue et journaliste (Turquie). Elle prépare un doctorat au département de sciences politiques et relations internationales de l'Université d'Istanbul (études sur le Moyen-Orient). 

Elle a visité plusieurs fois les pays du Moyen-Orient, la Syrie, le Liban, l'Iran et a fait des entretiens avec des dirigeants comme Mahmoud Ahmadinejad, Hilal al-Hilal secrétaire général du parti Baas syrien.

Source : Elif İlhamoğlu - uwidata

 L' ALGÉRIE FACE A UNE DESTABILISATION IMPORTANTE ?

 
 
Lundi 21 février 2022

Un rapport sécuritaire français prévoit à moyen-terme « une déstabilisation importante » de l’Algérie

Un rapport sécuritaire français établi par la commission de la Défense nationale et des Forces armées du Parlement français prévoit le pire pour l’avenir de l’Algérie si le régime actuellement aux commandes du pays venait à « disparaître ». 

En effet, ce rapport sécuritaire a été rédigé par des parlementaires français en conclusion des travaux d’une mission d’information sur les enjeux de défense en Méditerranée.

Ce rapport enregistré auprès de l’Assemblée nationale française le 17 février 2022 a été présenté par les députés Jean-Jacques Ferrara et Philippe Michel-Kleisbauer.

Ces deux rapporteurs chargés de confectionner ce rapport résumant les actuels enjeux sécuritaires en Méditerranée ont consacré plusieurs chapitres à l’Algérie, son actualité politique et son rôle dans les futurs enjeux militaires du bassin Méditerranéen.

Et dans les colonnes de ce rapport parlementaire et sécuritaire français, nous retrouvons l’audition du colonel Jérôme, de la girection générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS), M. le capitaine de vaisseau Bruno, de l’État-Major de la Marine et M. le colonel Guillaume, de l’État-Major des Armées (centre de planification et de conduite des opérations).

Ces officiers français ont été auditionnés par la commission de la Défense nationale et des Forces armées, Assemblée nationale, 26 février 2020.

Il faut savoir à ce sujet que la girection générale des relations internationales et de la stratégie du ministère de la Défense (DGRIS) est rattachée au ministre français des Armées et elle a pour rôle de contribuer à la politique internationale coordonnée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Elle pilote aussi l’action internationale du ministère de la Défense en y associant l’État-Major des Armées (EMA), la direction générale de l’Armement (DGA) et le secrétariat général pour l’Administration du ministère des Armées (SGA).

Les officiers consultés par les rapporteurs de l’Assemblée nationale française ont prévu un avenir très sombre à l’Algérie.

L’officier de la DGRIS a affirmé ainsi dans les colonnes de ce rapport que « le système FLN contrôle les principaux leviers du pouvoir et ne peut disparaître sans faire basculer le pays dans le chaos ». Une prévision qui fait froid dans le dos.

Les deux rapporteurs auteurs de ce rapport sécuritaire ont constaté aussi que « la stabilité de l’Algérie dépendra de la capacité du pouvoir politico-militaire de répondre aux aspirations légitimes de la population algérienne ».

« Dans le cas contraire, l’hypothèse d’une déstabilisation importante du pays est à craindre et ne peut être écartée à moyen terme », estiment ainsi ces deux rapporteurs qui mettent en exergue un risque très élevé d’une déstabilisation majeure de l’Algérie dans un futur proche.

« Élu à la présidence de la République le 12 décembre 2019, M. Abdelmadjid Tebboune a entrepris une révision de la Constitution, adoptée par référendum le 1er novembre 2020, et dissout l’Assemblée populaire nationale le 21 février 2021, entraînant de nouvelles élections législatives en juin 2021.

Ces votes ont été marqués par une abstention massive et historique, signe d’une défiance politique majeure », a souligné toujours ce rapport portant sur les questions de Défense dans les pays méditerranéens.

« Cette instabilité politique s’est couplée à une situation économique dégradée, en raison de la pandémie mais également de la baisse des cours du pétrole depuis 2014.

Cette dernière a notamment entraîné l’épuisement en février 2017 du fonds de régulation des recettes chargé de la gestion des excédents budgétaires liés aux exportations d’hydrocarbure, comme l’ont souligné Mme Dorothée Schmid et M. Elie Tenenbaum, chercheurs à l’Institut français des Relations internationales (IFRI). Une telle situation est de nature à réduire les marges de manœuvre du régime pour soutenir financièrement la population en cas de nouvelles crises sociales », conclut enfin le même rapport qui évalue le risque très élevé d’un bouleversement dangereux de l’Algérie dans les années à venir.

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Source :  Algérie Part Plus

21/02/2022

LA SUÈDE, LA FINLANDE DANS LES BRAS DE L' OTAN ???

20/02/2022

MOSCOU DÉNONCE LES DÉCENNIES DE MENSONGES DE L' OTAN ......

Du Kosovo à l’Ukraine : Moscou dénonce des décennies de mensonges hystériques de l’OTAN

 

Interview du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov par la chaîne de télévision RT Moscou, le 18 février 2022.

Source : Ministère des Affaires étrangères russe

Révision : lecridespeuples.fr

 

Question : Les médias et les politiciens occidentaux continuent d’attiser l’hypothèse d’une « invasion » de l’Ukraine par la Russie, même si de plus en plus de personnes ne croient plus à leurs déclarations. C’est déjà devenu une blague, même au Royaume-Uni et aux États-Unis. Pourquoi continuent-ils à le faire ? Quel est leur objectif ?

Sergueï Lavrov : Je suis certain que les personnes qui s’intéressent un tant soit peu à la politique étrangère sont convaincues que tout ceci n’est que propagande, « fake news » et mensonges.

Le point principal est que les auteurs de ces fakes croient eux-mêmes ce qu’ils disent. Ils aiment ça.

Si ça leur est agréable, pourquoi ne pas continuer à le faire ?

 

 

 

Tout cela est ridicule. Des personnes adultes « débitent » chaque jour des prédictions, des incantations. La revue Politico a déjà changé plusieurs fois la date de l’ « invasion ».

Maintenant, elle annonce le 20 février. Dans le même temps, la Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères britannique Liz Truss déclare qu’une « invasion » pourrait survenir à tout moment dans les prochains mois.

Ils sont déjà en train de « marteler » cette perspective pour qu’elle devienne durablement une constante du paysage politico-médiatique.

Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que l’ « invasion » était une question de semaines, voire de jours.

Nous savons que le Département d’État américain a informé confidentiellement ses alliés de l’OTAN qu’il fallait s’attendre à une « invasion » avant la fin du mois de février. Dans le même temps, le Secrétaire Général de l’Alliance Atlantique, Jens Stoltenberg (quoi que l’on puisse penser de ses activités), déclare qu’il ne dispose d’aucune donnée sur une « attaque » imminente.

En parallèle, le Foreign Office britannique déclare : « Quoi qu’il arrive, nous devons être vigilants et prêts à tout.

Même si la Russie retire ses troupes, la menace ne disparaîtra pas.

» Ils préparent ainsi des prétextes pour l’avenir.

Les troupes russes retourneront dans leurs casernes après la fin des exercices.

Le processus est déjà en cours, comme ils peuvent le voir. Mais ils préparent le terrain et donnent le tempo pour l’avenir : « Même si la Russie ramène ses troupes là où elles sont stationnées en permanence, la menace restera présente ».

Tout cela se déroule sur la toile de fond du renforcement de la présence militaire et militaro-technique de l’OTAN, et de l’accroissement de ses infrastructures militaires.

Les Britanniques ont annoncé qu’ils doublaient leurs forces militaires présentes en Estonie, et y envoyaient tanks et véhicules blindés.

Linda Thomas-Greenfield, représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies, a été un exemple de « diplomatie raffinée » lorsqu’elle a déclaré devant des journalistes que « L’invasion de l’Ukraine par la Russie est imminente

. Nous les avons vus à l’œuvre quand ils ont envahi d’autres parties de d’Europe de l’Est.

» Ils ne nous accordent aucun répit.

 

 

 

Le chancelier allemand Olaf Scholz et les autres pays de l’OTAN affirment que l’OTAN est une alliance défensive. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur entretien, le Président russe Vladimir Poutine a rappelé à Olaf Scholz le bombardement de la Yougoslavie en 1999. Ce dernier a répondu que l’OTAN était intervenue pour empêcher le génocide des Albanais du Kosovo. Ils l’ont fait avec succès, selon eux, et maintenant la région serait prospère et florissante. Mais c’est loin d’être le cas. Le Kosovo et certaines autres régions des Balkans occidentaux sont devenus des foyers de criminalité. Il y a des terroristes, des trafiquants de drogue là-bas. Des mercenaires y sont recrutés pour combattre dans les conflits, que les États-Unis, entre autres, fomentent secrètement. Selon certaines informations, des mercenaires sont également recrutés au Kosovo, en Albanie et en Bosnie-Herzégovine pour déséquilibrer la Russie et être envoyés, entre autres, dans le Donbass. Nous sommes en train de le vérifier.

 

 

 

 

 

 

La situation décrite par Olaf Scholz (quand la Yougoslavie a été bombardée) n’a rien à voir avec un génocide. La justice internationale n’a pas rendu ce jugement. Nous savons très bien ce qui a provoqué les bombardements : un citoyen américain, William Volker, dirigeait la Mission de Vérification de l’OSCE au Kosovo.

C’était une période de combats.

À un moment donné, il a rassemblé des journalistes et annoncé à la télévision que dans le village de Racak, 30 corps de civils

avaient été retrouvés, torturés par les Serbes. Il a appelé ça un génocide et il a pris la décision unilatérale (alors qu’il n’en avait pas le droit) de retirer la Mission du Kosovo.

C’est ce qui a déclenché le bombardement. Ils ont déclaré qu’après les « atrocités » commises contre des civils dans le village de Racak, « la coupe était pleine » et qu’ils allaient mettre fin aux activités du « régime criminel ».

Plus tard, un groupe spécial a été chargé d’enquêter sur cet incident.

L’enquête a clairement établi qu’il ne s’agissait pas de civils mais de combattants tués au combat, qui avaient été habillés de vêtements civils après leur mort. Les trous dans leurs vêtements ne correspondaient pas aux blessures sur leurs corps.

Ces affaires ont fait l’objet d’une enquête très poussée. Dire que l’OTAN a envahi la Yougoslavie avec de nobles visées est inexact et contraire à l’éthique.

La déclaration de William Volker a joué le même rôle que le tube à essai du Secrétaire d’État américain Colin Powell, qui contenait du dentifrice en poudre, mais a fourni une excuse pour envahir et détruire l’Irak. Jusqu’à présent, ni la démocratie ni l’économie n’ont prospéré dans ce pays.

Nous connaissons bien le résultat de l’invasion américaine.

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Après la fiole d’anthrax, voici la preuve de l’assassinat de « l’opposant » Nemtsov par Poutine en 2015

Nos collègues de l’OTAN ne pourront pas éviter d’avoir une discussion sur la manière dont nous continuerons à mettre en œuvre les obligations auxquelles nous avons souscrit.

Ils ne pourront pas interpréter de manière sélective un concept approuvé au plus haut niveau et qui garantit que toutes les composantes de la sécurité indivisible sont liées entre elles.

Voir la Lettre d’injonction de Sergueï Lavrov aux Etats membres de l’OTAN au sujet du principe de sécurité collective

Nous correspondons avec nos collègues américains. Nous avons réagi à leur réponse à nos initiatives de décembre. Jusqu’à présent, nous n’avons guère progressé sur les questions de principe.

Nous continuerons à préconiser une approche globale.

Il est impossible de conclure des accords durables sur des questions d’importance secondaire sans se mettre d’accord sur les concepts politiques de base qui sous-tendent notre interaction.

 

 

 

Question : Selon certaines informations, vous rencontrerez prochainement le Secrétaire d’État américain Antony Blinken. Cette rencontre aura-t-elle lieu ? Attendez-vous un quelconque progrès ?

Sergueï Lavrov : Nous avons convenu avec le Secrétaire d’État Antony Blinken que quand la Russie aura envoyé son document et qu’ils auront pris connaissance de notre vision de la situation, une rencontre entre nous sera organisée. Nous sommes tous deux intéressés par une telle rencontre, qui est dans notre intérêt et dans nos projets.

 

 

 

Je le répète : nous souhaitons expliquer en détail à nos collègues américains et à tous leurs alliés de l’OTAN que nous ne pouvons pas nous contenter de promesses.

D’autant plus que les engagements écrits des chefs d’État et de gouvernement exigeant que les alliés de l’OTAN tiennent pleinement compte des intérêts de la Russie (sans parler des garanties verbales auxquelles le Président russe Vladimir Poutine a fait référence à plusieurs reprises) semblent n’avoir aucune valeur pour eux.

Ça ne va pas se passer comme ça.

Nous allons insister pour une résolution équitable des différends. Je n’aime pas m’exprimer de manière familière, mais nous avons une notion : « Un vrai mec fait ce qu’il dit ». Ces « principes » devraient aussi être respectés au niveau international.

Pour une brève histoire de l’Ukraine et une synthèse des choix de la Russie face à une agression du régime de Kiev contre le Donbass, lire Russian options in the LDNR et Le judo ukrainien de Poutine

***

Déclaration et droit de réponse du vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergey Vershinin, lors de la réunion d’information du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Ukraine, le 17 février 2022.

Source : Mission permanente de la Russie à l’ONU

Traduction : lecridespeuples.fr

Nous remercions la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme DiCarlo [diplomate des Etats-Unis], le Représentant spécial du Président en exercice de l’OSCE en Ukraine et au sein du Groupe de contact trilatéral Mikko Kinnunen, et le Moniteur en chef de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine Yaşar Çevik pour leurs idées.

Nous sommes également reconnaissants à Mme Tetiana Montian d’avoir partagé de précieuses informations de première main sur la manière dont les décisions du Conseil de Sécurité pour la résolution du conflit interne ukrainien sont mises en œuvre dans la pratique.

Il n’est pas anodin que le Conseil ait cette discussion aujourd’hui : il y a 7 ans jour pour jour, le Conseil de Sécurité, dans sa résolution 2202, a approuvé à l’unanimité l’ensemble de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk comme seule base juridique internationale pour régler le conflit civil dans l’Est de l’Ukraine.

C’est pourquoi nous pensons que l’objectif principal de cette réunion est que le Conseil de Sécurité affirme qu’il n’y a pas d’alternative à ce document, qui constitue un jalon historique pour l’Ukraine.

Maintenant, sept ans se sont écoulés et, malheureusement, nous voyons de plus en plus de raisons de croire que nos voisins ukrainiens ne mettront toujours pas en œuvre les Accords de Minsk. Ils le disent ouvertement. Permettez-moi de citer quelques exemples les plus récents.

Hier, la vice-première ministre ukrainienne Irina Vereshchuk a déclaré : « Il n’y aura pas de nouvelles lois (concernant le statut spécial du Donbass), pas de coordination directe ». C’était après que le Président Zelensky a parlé au Chancelier Scholz. Soit dit en passant, elle a également déclaré que Kiev ne subissait aucune pression de l’Occident pour mettre en œuvre les Accords de Minsk.

 

 

 

Le 4 février, dans une interview à la chaîne de télévision ukrainienne 1+1, le ministre des Affaires étrangères ukrainien D. Kuleba a déclaré que les accords de Minsk ne pouvaient pas être mis en œuvre « aux conditions russes », auxquelles il a en quelque sorte attribué un dialogue direct entre l’Ukraine et le Donbass.

Bien que cette exigence soit clairement stipulée dans les clauses des Accords de Minsk. Le chef du cabinet du Président de l’Ukraine,

A. Yermak, a exprimé la même idée lors de la récente réunion des conseillers politiques du format Normandie qui s’est tenue à Paris.

Plus tôt, le 2 février, M. Kuleba avait déclaré : « Aucune des régions ukrainiennes ne pourra opposer son veto aux décisions à l’échelle de l’État. Ceci est coulé dans la pierre ! Il n’y aura donc pas de statut spécial, comme la Russie l’imagine, et pas de droit de veto ».

La veille, le 1er février, le Président Zelensky a également rappelé au monde entier l’indocilité de l’Ukraine. Tout en laissant entendre qu’il existait une solution « alternative » au conflit dans le Donbass, il a déclaré : « Kiev a des opinions divergentes sur l’ordre de mise en œuvre de certaines dispositions des accords de Minsk ».

Le 31 janvier, le Secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine, O. Danilov, a déclaré dans une interview à l’Associated Press : « Le respect de l’accord de Minsk signifie la destruction du pays. Quand ils ont été signés sous le canon du fusil russe –sous les yeux des Allemands et des Français [qui n’ont rien fait]– il était déjà clair pour toutes les personnes rationnelles qu’il était impossible de mettre en œuvre ces documents. »

Les politiciens ukrainiens tentent constamment de faire croire à l’Occident que les accords de Minsk vont à l’encontre des intérêts de l’Ukraine. Mais si la construction de la paix sur le sol ukrainien fait partie de ces intérêts nationaux, de telles paroles ne devraient pas être prononcées.

Une autre excuse courante est la suivante : la Russie ne respecterait pas ses obligations au titre des Accords de Minsk. Je pense que nous pourrions entendre quelque chose de ce genre plus tard aujourd’hui.

En même temps, il est évident qu’il n’y a aucune raison de poser la question de cette manière, car les Accords de Minsk ne contiennent aucune mention de la Russie. Je ne citerai qu’un avis à cet égard, l’avis de l’ancien juge de la Cour constitutionnelle d’Ukraine V. Shishkin, qui a récemment proposé d’engager des poursuites pénales contre M. Koutchma et M. Poroshenko qui ont participé à la signature des Accords de Minsk.

Ce dernier est accusé du fait que « Minsk envisage 20 obligations pour l’Ukraine, 6 pour l’OSCE, 2 pour le Donbass, et aucune pour la Russie ».

Distingués collègues, permettez-moi encore une fois de vous rappeler brièvement le contenu du document [les Accords de Minsk] qui figure à l’ordre du jour de cette réunion. Je les résume disposition par disposition, dont l’ordre est strictement stipulé et ne peut être modifié :

1. Cessez-le-feu
2. Retrait des armes
3. Surveillance de l’OSCE
4. Lancement du dialogue entre Kiev et le Donbass
5. Amnistie
6. Échange de détenus
7. Accès humanitaire
8. Levée du blocus économique
9. Rétablissement du contrôle de la frontière par Kiev, si le segment 11 est appliqué
10. Retrait des formations étrangères et des mercenaires
11. Nouvelle Constitution qui prévoit un statut spécial pour le Donbass
12. Approbation de l’ordre de tenue d’élections
13. Intensification des travaux du Groupe de contact à Minsk

 

Sept ans se sont écoulés, mais aucune des dispositions de ces Accords n’a été pleinement mise en œuvre par l’Ukraine, à commencer par la toute première disposition, à savoir le cessez-le-feu. La cause profonde du problème est le refus systématique de Kiev d’avoir un dialogue direct avec les représentants autorisés de Donetsk et de Lougansk au sein du Groupe de contact.

Cela se produit malgré le fait que les alinéas 4, 9, 11 et 12 du document stipulent directement un tel dialogue.

Ce n’est pas notre « exigence » abstraite, c’est une obligation de l’Ukraine stipulée dans le document. Et c’est cette disposition que nos voisins cherchent de plus en plus souvent à contester, risquant ainsi de ruiner tout le processus de Minsk avec des conséquences des plus dévastatrices pour l’Ukraine.

 

 

 

L’Ukraine refuse obstinément de mettre en œuvre les dispositions des Accords de Minsk sur le dialogue direct avec le Donbass concernant l’ordre provisoire d’autonomie locale, le rétablissement des liens socio-économiques et la tenue d’une réforme constitutionnelle pour ancrer le statut spécial de la région.

À l’heure actuelle, un projet de loi sur la décentralisation a été soumis à la Verkhovna Rada [Parlement] d’Ukraine. Le projet n’a pas été coordonné avec le Donbass et n’envisage pas de statut spécial pour cette zone.

La partie ukrainienne a fixé le cap de rejeter toute communication directe avec le Donbass dans le cadre du mécanisme de coordination. Les modèles que Kiev propose ne laissent aucune marge de manœuvre pour une réaction efficace aux violations du cessez-le-feu.

Les tentatives de rejeter la responsabilité sur la Russie et de la présenter comme une partie au conflit sont nulles et totalement infondées.

 

 

 

Je dois dire que nous sommes très déçus par la position « d’autruche » de nos collègues occidentaux qui tentent d’ignorer ces évidences. Il est également surprenant qu’ils tentent de minimiser les clauses des Accords de Minsk tout en mettant davantage l’accent sur le Format Normandie.

Je rappelle que selon l’annexe 2 de la résolution 2202 du Conseil de Sécurité, le Format Normandie est « un mécanisme de surveillance » pour la mise en œuvre des Accords de Minsk plutôt qu’une plate-forme pour articuler de nouvelles décisions.

Depuis sept ans et sur toutes les plateformes, la Russie appelle les sponsors occidentaux de Kiev à exercer une certaine pression sur leurs protégés et à les obliger à respecter les Accords de Minsk.

Mais ils ont fait exactement le contraire.

Le sentiment croissant d’impunité et de permissivité a poussé les « têtes brûlées » à Kiev à inventer plus d’excuses et à se lancer dans de nouvelles aventures militaires contre leur propre population.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant, nous avons ce que nous avons : des milliers de victimes du conflit armé interne. Plusieurs millions d’habitants du Donbass sont des étrangers dans leur propre pays. Ils sont la cible de tirs de fusils d’assaut et de snipers, d’obus d’artillerie et de drones de combat. Quant aux représentants ukrainiens, ils ne cessent d’inventer des prétextes pour ne pas respecter leurs obligations et donnent l’ordre de bombarder la population pacifique.

Savez-vous ce qu’est « l’Allée des anges » ? C’est un mémorial à Donetsk commémorant les enfants tués par l’armée ukrainienne. Des enfants comme ceux qui sont morts sur la plage de Zugres, une ville du Donbass.

Le 13 août 2014, elle a été prise pour cible par l’armée de l’air ukrainienne. Plus de 20 personnes ont été tuées, des dizaines blessées.

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L’Allée des Anges

Anastasia Ruban, 24 ans, était sur la plage avec son fils Maksim, âgé de deux ans, lorsque les forces ukrainiennes ont ouvert le feu avec un lourd lance-roquettes multiple. L’un des obus est tombé juste à côté d’eux. « Il y avait de la fumée et du sang partout. Les corps ensanglantés des enfants gisaient par terre », se souvient la jeune fille.

Le comité d’enquête de Russie et le holding de médias RT ont rassemblé cette histoire et d’autres qui illustrent les crimes de l’armée ukrainienne, qui utilise des moyens et des méthodes de guerre interdits.

La Mission permanente de la Russie a fait circuler ces documents parmi les membres du Conseil de Sécurité hier. Je suggère que vous examiniez ces documents, mais s’il vous plaît soyez prêt à voir des choses terribles.

Voici un autre indicateur de « l’engagement » de Kiev à respecter les Accords de Minsk : l’enlèvement d’un observateur de Lougansk au Centre conjoint de contrôle et de coordination, A. Kosyak, qui s’est produit en octobre de l’année dernière. Monsieur Kinnunen, nous apprécierions que vous nous parliez de cet épisode.

Nous savons que cet acte perfide constituait une violation directe du paragraphe 5 du paquet de Minsk qui interdit « la poursuite et la punition des personnes en relation avec les événements qui ont eu lieu dans certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine ».

Chers collègues,

En conclusion, permettez-moi d’exprimer l’espoir que les représentants des États occidentaux résisteront à la tentation de transformer cette réunion en plate-forme de rhétorique sans fondement et agressive pour alimenter les caméras de télévision, et qu’ils s’abstiendront de faire des allégations non fondées selon lesquelles la Russie serait sur le point d’attaquer Ukraine. Je pense que nous avons eu suffisamment de spéculations à ce sujet, c.-à-d. lors de la réunion du Conseil de sécurité initiée par les États-Unis le 31 janvier 2022.

Nous avons expliqué tout ce qu’il y avait à expliquer.

La prétendue date d’invasion que vous avez annoncée est déjà passée, alors peut-être feriez-vous mieux d’arrêter de vous mettre dans une situation délicate.

Merci. […]

Droit de réponse

J’ai suivi de près notre discussion d’aujourd’hui et les déclarations de mes collègues. Permettez-moi de faire une remarque sur plusieurs questions qui ont été soulevées aujourd’hui. Tout d’abord, des spéculations superflues autour de l’adresse des membres de la Douma d’État russe au Président Poutine avec une demande de reconnaissance [de l’indépendance] du Donbass.

Le point le plus important est qu’ils ont seulement demandé que cette question soit examinée.

Cependant, la formulation même de la question reflète le sentiment qui peut être ressenti à la fois dans la société russe et dans le Donbass, dont la population a passé les sept dernières années sous les bombardements constants de l’armée ukrainienne. Nous en avons parlé aujourd’hui.

N’oublions pas que des centaines de milliers d’habitants de cette région ukrainienne ont la nationalité russe. Ils n’ont probablement pas eu d’autre choix une fois que l’Ukraine a cessé de remplir ses obligations en matière de sécurité sociale vis-à-vis de Donetsk et Lougansk.

Mais permettez-moi de souligner à nouveau qu’il ne s’agit que d’une initiative, d’une allocution de députés russes. C’est pourquoi il est important de se concentrer sur la mise en œuvre des Accords de Minsk, que beaucoup d’entre nous ont confirmés aujourd’hui, plutôt que sur des spéculations connexes.

Raison de plus pour éviter de les porter au Conseil de sécurité, sinon nous nous retrouverons un jour à réagir à toutes les décisions de tous les parlements du globe. Permettez-moi d’attirer à nouveau l’attention sur ce qu’a dit le Président Poutine lorsqu’il a souligné que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir que le problème du Donbass soit résolu par la mise en œuvre des Accords de Minsk.

Le distingué M. James Cleverly a parlé du contexte des problèmes d’aujourd’hui.

À mon avis, l’image était inexacte, unilatérale et même quelque peu superficielle. Permettez-moi de rappeler quelle période historique a précédé bon nombre des problèmes.

C’était le coup d’État illégal et meurtrier à Kiev en 2014, lorsque les nationalistes et les radicaux sont arrivés au pouvoir et ont rejeté le dialogue avec la population russophone, préférant la menacer. Je me souviens d’une répression de la langue russe qui a commencé en Ukraine et qui se poursuit aujourd’hui.

Je rappelle également que l’Ukraine développe de nouvelles versions de l’interprétation de l’histoire, qui envisagent même la glorification des criminels nazis. Tout s’est passé et a conduit, entre autres, à la sécession de la Crimée de l’Ukraine et à sa réunification avec la Russie après un référendum.

L’image de ce conflit qui se développe doit donc être claire et précise, elle doit refléter les véritables raisons et les évolutions réelles de la situation.

 

 

Voir l’indispensable documentaire Crimée : Le retour à la Patrie

Quant à l’agression que la Russie serait prétendument en train de préparer contre l’Ukraine, certains partageraient complaisamment avec nous quelques scénarios militaires. Par exemple, le Secrétaire d’État américain l’a fait aujourd’hui. Il a énuméré certaines provocations comme prétendus prétextes pour attaquer l’Ukraine.

De telles insinuations sont sans fondement mais causent nos plus profonds regrets.

De plus, comme je l’ai dit, ces propos sont dangereux car ils ajoutent de la tension à l’atmosphère déjà tendue. Mais ce sont des mots.

 

 

 

La discussion d’aujourd’hui a également porté sur les déclarations qui ont été faites.

Nous avons fait de nombreuses déclarations à différents niveaux qui soulignent ce que nous proposons et ce que nous sommes prêts à faire. Malheureusement, tout le monde ne perçoit pas et ne comprend pas ces déclarations qui sont prononcées à un niveau de décision très élevé à Moscou. Voilà pour les déclarations, passons maintenant aux faits. Quels sont les vrais faits ?

Le fait est que les forces russes ont été et restent sur le territoire russe.

Avant-hier, après les exercices, certaines unités ont commencé à se retirer vers les lieux de leur déploiement permanent sur le territoire russe. Les responsables russes ont répété à plusieurs reprises, et je me joins à eux, que notre pays mène des exercices militaires sur son territoire d’une manière que nous jugeons appropriée.

 

 

 

Permettez-moi de citer également d’autres faits.

L’Ukraine viole le Document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité.

Un contingent de 120 000 hommes est déployé à la frontière avec le Donbass du côté ukrainien.

Selon des données publiques, l’année dernière, les États-Unis ont fourni à l’Ukraine pour 650 millions de dollars d’armements supplémentaires. Ce ne sont pas des jouets.

Ce sont des armes qui tuent. Puis, seulement en janvier de cette année, ils ont fourni 200 millions de dollars supplémentaires d’armes. Cela n’inclut pas ce qui vient de Grande-Bretagne, du Canada, des États baltes.

Tous ces États fournissent à Kiev des armes meurtrières : drones de combat, lanceurs de missiles antiaériens « Stinger », missiles antichars « Javelin », armes légères et munitions. La Pologne livre des munitions pour les canons de 122 mm et 152 mm, qui sont interdits par les Accords de Minsk.

Que se passe-t-il donc ?

Toute cette rhétorique agressive et ces avertissements incessants sur la menace militaire russe, à quoi servent-ils ? Sont-ils nécessaires pour expliquer ces livraisons, pour servir de prétexte ?

Il est évident pour nous que l’objectif final de cette campagne est de minimiser l’importance des pourparlers sur les garanties de sécurité juridiquement contraignantes de longue date pour notre pays que nous demandons. Nous avons exigé de telles garanties de l’OTAN et des États-Unis – de manière franche et transparente. Nous sommes prêts pour un dialogue sérieux, mais pas pour sa limitation.

Vous savez qu’aujourd’hui, l’ambassadeur américain à Moscou a reçu notre réaction écrite à la réponse américaine sur les garanties de sécurité. Nous espérons que Washington étudiera très attentivement ce document écrit détaillé.

Merci. […]

En réponse au représentant de l’Ukraine

Aujourd’hui, nous avons entendu des mots tels que guerre et agression. Ce qui est intéressant, c’est que personne en Russie, à Moscou, n’a prononcé de tels mots. Je n’ai rien dit de tel non plus. Je regrette que les déclarations fortes et sérieuses que le Président Poutine a faites ces derniers jours concernant la situation autour de l’Ukraine et dans l’Est de ce pays n’aient pas été entendues.

Je demanderais à nos partenaires d’écouter ce qui a été dit lors de la conférence de presse à Moscou avec la participation du Président de la France et du Chancelier de l’Allemagne, où nos invités et le Président de la Fédération de Russie ont pris la parole.

Cette réunion est consacrée aux Accords de Minsk. Je suis heureux que la plupart des déclarations d’aujourd’hui aient souligné que les accords de Minsk sont la seule base juridique internationalement reconnue pour régler le conflit ukrainien.

D’ailleurs, j’apprécie beaucoup le travail de nos interprètes qui réussissent à retransmettre correctement ce que nous disons dans d’autres langues. Par exemple, le Président Zelensky a qualifié les Accords de Minsk de « médiocres ».

Je me demande comment cela se traduit, du moins en anglais et en français, car je ne pourrai pas le saisir dans les autres langues. Apparemment, le sens de la notion a été véhiculé.

Passons maintenant à ce qu’a dit l’ambassadeur [ukrainien] Kyslytsa concernant la légitimité de l’adhésion de la Russie aux Nations unies et au Conseil de sécurité. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que des représentants de divers États, dont l’Ukraine, cherchent à renforcer leur estime de soi en spéculant sur la légitimité du siège de la Russie au Conseil de Sécurité.

Nous comprenons pourquoi ils font cela. Ils s’adressent à un public inexpérimenté, à ceux qui sont éloignés du droit international. Parce que si on prend des professionnels, on verra qu’ils savent, les gens savent comment sont les choses.

 

 

 

La Russie a-t-elle présenté une nouvelle demande pour devenir membre de l’ONU ? Nous pouvons également demander si l’Ukraine l’a fait ou si vous agissez toujours au nom de la République socialiste soviétique d’Ukraine ? La Russie est l’État continuateur de l’Union soviétique.

Fondamentalement, il ne s’agit que d’un changement de nom de l’Etat. Quant à l’Ukraine, c’était l’État successeur de l’URSS, ce qui signifie qu’il s’agit d’une nouvelle formation d’État.

Quant à la poésie, c’est bien quand les messages politiques prennent la forme de poèmes. J’adore les poèmes sur la beauté de N. Zabolotskiy, un poète russe soviétique. Vous souvenez-vous de ces vers ?

Si c’est le cas, qu’est-ce que la beauté ? Décidons.
Et pourquoi construisons-nous pour elle un palais ?
Un calice, contenant le vide à l’intérieur,
Ou une flamme brûlante qui scintille dans le calice ?

Je me rends compte que c’est une tâche impossible pour les interprètes, mais j’espère quand même qu’ils en transmettent le sens. Je comparerais la beauté à la sagesse.

Nous devons avoir de la sagesse. Nous devons prendre de sages décisions.

En ce qui concerne le règlement de la situation dans l’Est de l’Ukraine sur la base des Accords de Minsk, je prône la sagesse.

Merci.

 

Source:  https://lecridespeuples.fr/2022/02/20/

 

18/02/2022

LE USA VERS UN NOUVEAU WATERGATE ?

 

Hillary Clinton et les démocrates auraient fait espionner Trump, les USA vers un nouveau Watergate?

Ça chauffe aux États-Unis, le rapport d’enquête remis par le procureur spécial John Durham est en train de secouer la classe politique Américaine et notamment les Démocrates.

Des alliés d’Hillary Clinton auraient fait espionner Donald Trump pendant sa campagne électorale de 2016 mais aussi durant sa présidence.

Un scandale d’État sans précédents va-t-il éclater ? Clinton, Obama en passant par le FBI, tous les ingrédients semblent, en tout cas, être réunis pour un nouveau Watergate.

Donald Trump et le bénéfice du doute - Kassataya Mauritanie

Vers le plus grand scandale politique de l’histoire des États-Unis

En 2016, au cours de la campagne présidentielle américaine qui opposait alors la candidate démocrate Hillary Clinton au candidat républicain Donald Trump, plusieurs scandales politiques ont été révélés par chaque camp, dans le but politique non dissimulé de faire du tort au camp adverse.

On peut notamment citer le serveur d’emails secret d’Hillary Clinton, qui continue à ce jour à faire couler beaucoup d’encre.

Suite à ces rumeurs de collusion entre le camp Trump et la Russie, un procureur spécial (Special Counsel) Robert Mueller, a été désigné par l’administration Obama pour enquêter sur cette affaire.

Nous savons aujourd’hui que cette histoire de collusion avec la Russie était complètement mensongère. Le rapport Mueller en arrive aux conclusions suivantes: « Aucune charge d’obstruction de la justice ou de collusion avec la Russie n’a été retenue »,

Des informations déclassifiées par la Commission judiciaire du Sénat ont révélés, qu’en septembre 2016, les responsables des services de renseignement américains ont transmis un dossier d’enquête sur Hillary Clinton approuvant soi-disant « un plan concernant le candidat présidentiel américain Donald Trump et les hackers russes entravant les élections américaines » afin de « distraire » le public et minimiser le scandale de ses courriers électroniques.

Ces informations indiquent aussi que l’administration de l’ancien président Obama était au courant d’allégations selon lesquelles l’ancienne candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton tentait de lier Trump à la Russie et de détourner l’attention de son scandale d’e-mail, avant l’élection présidentielle de 2016.

Il est aujourd’hui allégué que le parti Démocrate savait que ces rumeurs de collusion étaient infondées et que l’administration Obama a néanmoins déchainé l’ensemble de l’appareil d’état (FBI, CIA, etc.) contre le candidat Trump, puis contre l’administration Trump mise en place à la Maison Blanche.

WSJ Opinion: John Durham Issues an Important Indictment

Les révélations explosives du rapport Durham

Un autre conseiller spécial, le très discret John Durham, a été désigné dans les dernières semaines de l’administration Trump pour enquêter, entre autres, sur ces différents aspects.

Une première inculpation a été faite en aout 2020 contre Kevin Clinesmith, un avocat du FBI. Une seconde inculpation a été faite en septembre 2021 concernant un avocat de la firme Perkins Coie, Michael Sussmann.

Le premier acte d’inculpation concerne Kevin Clinesmith, ancien avocat au FBI, qui avait consciemment falsifié un email et qui l’a envoyé à un juge fédéral pour obtenir un mandat FISA à l’encontre de  Trump.

Ce mandat permet d’avoir accès à toutes les communications électroniques de la personne visée, ainsi qu’à celles de tout son entourage (SMS, emails, communications téléphoniques, etc.). Kevin Clinesmith a plaidé coupable aux accusations de falsifications dont il a fait l’objet, et c’est maintenant un criminel fédéral condamné.

Le second acte d’accusation concerne Michael Sussmann, un des avocats principaux de la prestigieuse firme Perkins Coie. Il est reproché à Sussmann d’avoir menti au FBI sur l’identité de son client. En effet, il s’est rendu au FBI et a utilisé ses connections de très haut niveau pour convaincre la police fédérale d’enquêter sur la supposée collusion entre Trump et la Russie.

Lorsqu’on lui a demandé s’il représentait un client dans cette dé

marche, Sussmann a omis de dire qu’il faisait ce travail pour le compte du parti Démocrate et de la campagne d’Hillary Clinton. C’est ce mensonge spécifique qui est au centre de son inculpation.

En résumé, la « campagne » Clinton et le parti Démocrate ont donné des millions de dollars à Perkins Coie.

Une partie de cet argent a été employé par le prestigieux cabinet d’avocat pour engager la firme Fusion GPS, société de recherche engagée par la campagne d’Hillary Clinton, afin qu’elle enquête sur le candidat Trump.

Cette firme a créé un rapport frauduleux, dont le but était de nuire politiquement à Trump. Sussmann a utilisé son influence pour pousser ce dossier, qu’il savait frauduleux, auprès du FBI et des grands médias mainstreams, qui se sont déchainés sur cette histoire de collusion avec la Russie.

Or nous savons, aujourd’hui, qu’il avait menti.

L&#39;enquête sur les e-mails d&#39;Hillary Clinton a été relancée en août - rts.ch  - Monde

Hillary Clinton en donneuse d’ordre ?

Le 11 février 2022, le procureur spécial Durham a déposé une nouvelle requête pour enquêter sur les conflits d’intérêts potentiels dans l’affaire Michael Sussmann.

La motion se fonde sur le fait que l’avocat actuel de Sussmann, Latham & Watkins LLP (Latham) pourrait avoir un conflit d’intérêts parce que Latham a déjà représenté Perkins Coie et Mark Elias

Il pourrait  y avoir un conflit parce que Latham représentait à la fois la campagne “Clinton et Hillary for America” mais aussi Sussman.

De fait, Durham observe que les devoirs de Latham envers ces anciens clients « pourraient faire diverger ses intérêts de ceux de Sussmann » .

Durham a aussi révélé que les avocats de la campagne Clinton avaient embauché une entreprise de technologie pour « infiltrer » les serveurs informatiques hébergés dans la Trump Tower, et plus tard, à la Maison Blanche.

 Soulevant par la même occasion de graves dysfonctionnements  de sécurité nationale concernant l’accès au trafic internet de la Maison Blanche.

Tous ces éléments tendent à supposer que  c’est H.Clinton qui a inventé cette pseudo collusion, l’a financé et a dirigé le processus aux fins de saper la campagne puis la présidence de Trump.

Or, aux États-Unis, c’est un crime de fournir à un organisme d’application de la loi, tel que le FBI, des informations sciemment fausses.

L’ancien président Trump a réagi au dossier, affirmant que le dossier de Durham “fournit des preuves indiscutables que ma campagne et ma présidence ont été espionnées par des agents payés par la campagne d’Hillary Clinton, dans le but de développer une collusion complètement fabriquée avec la Russie”.

“Il s’agit d’un scandale d’une portée et d’une ampleur bien plus importantes que le Watergate et ceux qui ont été impliqués dans cette opération d’espionnage, et qui étaient au courant, devraient faire l’objet de poursuites pénales”, a déclaré Trump. “Dans une période passé, ce crime aurait été passible de la peine de mort.”

De son côté, Hillary Clinton a répondu, le 15 février 2022, aux accusations du rapport Durham, en affirmant que les révélations du conseiller spécial sont un “faux scandale”

Cette réponse intervient après qu’elle a refusé de répondre aux questions du DailyMail sur ces allégations d’espionnage de la campagne Trump.

Ces révélations explosives restent, curieusement, ignorées de la plupart des médias mainstreams américains et internationaux, alors qu’elles pourraient avoir de profondes répercutions sur la capacité des Américains à faire confiance à leurs institutions et leurs politiciens.

La grosse chute de Joe Biden en montant dans Air Force One (Vidéo)! - Ton  Mag

Biden s’en relèvera-t-il ?

L’enquête de Durham sur les origines de l’enquête russe s’est sérieusement rapprochée de la  Maison Blanche, depuis fin 2021.

En effet, le rapport Durham mentionne un “conseiller en politique étrangère” dans l’acte d’accusation de Michael Sussmann : Jake Sullivan.

Or, Jake Sullivan n’est pas n’importe qui, il est le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden.

D’après le rapport il aurait été un autre acteur clé dans la « promotion » du canular de collusion russe. Sullivan, alors conseiller politique principal d’Hillary Clinton pour l’Amérique, a renforcé ces allégations afin que H.Clinton remporte les élections de 2016.

Dans un communiqué, amplifié par H.Clinton sur Twitter, et vantant la fausse histoire,  Sullivan a déclaré :“Il semble certainement que l’Organisation Trump ait senti qu’elle avait quelque chose à cacher, étant donné qu’elle a apparemment pris des mesures pour dissimuler le lien lorsqu’il a été découvert par des journalistes”.

Sullivan  a utilisé ses liens avec les médias institutionnels pour répandre des mensonges sur Trump et la Russie.

Mais malgré son ingérence « présumée » dans les élections de 2016 et sa diffusion d’informations erronées, Sullivan a été récompensé par les démocrates, obtenant un poste de premier plan à la Maison Blanche de Biden.

 

Notons également, que Sullivan, comme principal responsable de la politique étrangère américaine, a une voix dominante dans la réponse américaine dans le « conflit » actuel entre la Russie et l’Ukraine. 

La sénatrice Marsha Blackburn, du Tennessee, a accusé Sullivan d’un “conflit d’intérêts” dans ses efforts actuels pour tenter de désamorcer avec Moscou.

“L’implication de Jake Sullivan dans le canular de collusion avec la Russie est un conflit d’intérêts clair, et il ne devrait pas être autorisé à parler au nom des États-Unis alors que les tensions entre la Russie et l’Ukraine s’intensifient”, a déclaré Blackburn.

Interrogée lundi sur les révélations, l’attachée de presse adjointe de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a déclaré à plusieurs reprises qu’elle “ne pouvait pas parler” du dossier de Durham et a renvoyé les questions au ministère de la Justice.

Trump a publié dans une déclaration d’une ligne : “J’ai eu raison sur l’espionnage, et j’aurai raison sur 2020 !”

Hillarygate, Obamagate, nouveau Watergate … peu importe les qualificatifs, cette histoire est une véritable bombe, probablement plus grosse que le Watergate.

Dans une Amérique divisée, la présidence de Biden va-t-elle s’en relever alors que ce dernier commence à être lâcher par les siens et cristallise les tensions sur l’obligation vaccinale, les mensonges de Fauci, l’inflation aux USA ou encore le retrait chaotique des troupes américaines en Afghanistan.

Et puis les suspicions, concernant la fraude électorale de 2020, ne sont toujours pas dissipées.

 

Source:     https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/02/17/

16/02/2022

DOSSIER : OTAN / RUSSIE , L' EXPANSION DE L' OTAN ET LA CRISE !

 
 
 
15.février.2022
 
Article LesCrises

Expansion de l’OTAN : les origines de la grave crise actuelle 

 

Comme nous l’avons vu précédemment, la crise actuelle est fondamentalement liée à l’expansion de l’OTAN.

À force d’étendre l’OTAN vers l’Est, le problème d’un contact direct avec la Russie devait inévitablement se poser – situation que cette dernière considère comme inacceptable pour sa sécurité, puisqu’un incident de frontière pourrait déclencher une confrontation avec l’OTAN.

Aujourd’hui, à la date annoncée par les États-Unis de l’invasion possible de l’Ukraine par la Russie, nous vous proposons dans cette partie une chronologie détaillée de la crise actuelle en 3 parties.

Plan de l’article, en 3 billets

Partie 1/3

Partie 2/3

 


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I. 1990-1993 : Les promesses n’engagent que ceux qui les croient…

La crise actuelle trouve donc ses racines en 1990, dans les promesses faites à l’URSS de ne pas étendre l’OTAN à l’Est.

Afin de clore toute polémique inutile sur ce sujet, voici les promesses telles qu’elles figurent dans les archives occidentales (cliquez pour agrandir ; voir cet article pour le détail ; s) :

English version :

Au début des années 1990, l’Ouest continue à donner des garanties, plus limitées, à Boris Eltsine, comme nous l’avons vu dans ce billet, lui indiquant que la Russie pourra, un jour, intégrer l’OTAN.

Cependant, dès septembre 1993, les grands dirigeants occidentaux issus de la guerre froide ayant moins de poids sur la scène politique ou l’ayant quittée, leurs successeurs (la nouvelle administration Clinton en l’espèce) commencent à établir des plans d’élargissement de l’OTAN – par exemple avec ce plan secret soumis au Secrétaire d’État envisageant une extension progressive en une dizaine d’années, culminant avec une adhésion simultanée de la Russie, de l’Ukraine et de la Biélorussie. [s]

Au même moment, Eltsine écrit à Clinton que « l’esprit des accords de 1990 interdit l’option d’étendre l’OTAN à l’Est ». [s]

Et il fait savoir publiquement qu’il s’oppose à une extension de l’OTAN qui exclurait la Russie, proposition « inacceptable » puisqu’elle « saperait la sécurité en Europe ». [s]

Pour bien saisir l’importance du danger perçu par la Russie, les services de renseignements russes font même publiquement état de possibles contremesures militaires « radicales ». [s]

Le 22 octobre, le Secrétaire d’État américain se rend en Russie pour rencontrer Eltsine. Il lui indique que sa lettre à Clinton (qui lui indiquait que l’esprit de 1990 excluait tout élargissement) est arrivée pile au bon moment, et qu’elle « a joué un rôle décisif dans du président Clinton ». Il lui annonce la création d’un « partenariat pour la paix », et confirme clairement (comme le montre le compte-rendu américain) qu’il mettra tous les pays sur un « pied d’égalité » (dont la Russie), et qu’il n’y aura « pas d’adhésion » (à l’OTAN des pays de l’Est). [s]

Cela enthousiasme Eltsine, qui parle d’une « idée de génie », qui « dissipe toutes les tensions » russes, car « cela aurait été un problème pour la Russie si elle n’avait obtenu qu’un statut de seconde classe ». « Brillante idée, vraiment brillante » que ce partenariat pour tous, et non l’adhésion pour certains….

II. 1994 : Le clash de Budapest

Le 27 septembre 1994, le président Clinton reçoit Eltsine à la Maison-Blanche et lui indique que « L’expansion de l’OTAN n’est pas anti-russe ; elle n’est pas destinée à exclure la Russie, et il n’y a pas de calendrier imminent […] L’objectif plus large et plus élevé [est] la sécurité, l’unité et l’intégration européennes – un objectif que je sais que vous partagez ». [s]

Mais les Russes apprirent à l’automne 1994 que le nouveau secrétaire d’État adjoint pour l’Europe, Richard Holbrooke, accélérait les discussions sur l’expansion de l’OTAN, en lançant même en novembre une étude de l’OTAN sur le « comment et pourquoi » concernant de nouveaux membres. Eltsine se plaignit à Clinton le 29 novembre. [s]

Il exprima brutalement sa déception le 5 décembre 1994, lors du sommet de Budapest de la CSCE, dont nous avons présenté le contexte dans ce billet. Devant un Clinton interloqué, il critiqua fortement l’attitude de l’OTAN, l’accusant de vouloir de nouveau scinder le continent. Voici quelques extraits de ce discours très important, qui n’existe, hélas, en entier qu’en version audio en russe [à écouter ici ; txt]

« Notre attitude vis-à-vis des plans d’élargissement de l’OTAN, et notamment de la possibilité que les infrastructures progressent vers l’Est, demeure et demeurera invariablement négative. Les arguments du type : l’élargissement n’est dirigé contre aucun État et constitue un pas vers la création d’une Europe unifiée, ne résistent pas à la critique. Il s’agit d’une décision dont les conséquences détermineront la configuration européenne pour les années à venir. Elle peut conduire à un glissement vers la détérioration de la confiance entre la Russie et les pays occidentaux. […]

La Russie attend également que sa sécurité soit prise en compte. […] Pour la première fois, nous jetons les bases d’un espace commun de confiance dans le domaine militaire, couvrant une grande partie de trois continents et des océans du monde […] Nous sommes préoccupés par les changements qui se produisent à l’OTAN. Qu’est-ce que cela va signifier pour la Russie ? L’OTAN a été créée au temps de la guerre froide. Aujourd’hui, non sans difficultés, elle cherche sa place dans l’Europe nouvelle. Il est important que cette démarche ne crée pas deux zones de démarcation, mais qu’au contraire, elle consolide l’unité européenne. Cet objectif, pour nous, est contradictoire avec les plans d’expansion de l’OTAN. Pourquoi semer les graines de la méfiance ? Après tout, nous ne sommes plus des ennemis ; nous sommes tous des partenaires maintenant. Nous entendons des explications selon lesquelles il s’agit prétendument de l’expansion de la stabilité, juste au cas où il y aurait des développements indésirables en Russie. Si, sur ces bases, l’objectif est d’étendre l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie, laissez-moi vous dire une chose : il est trop tôt pour enterrer la démocratie en Russie. Nous ne répéterons pas les erreurs du passé. Aucun grand pays ne vivra selon les règles de l’isolement. […]

L’Europe, qui ne s’est pas encore libérée de l’héritage de la guerre froide, risque de plonger dans une paix froide. Comment éviter cela, telle est la question que nous devons nous poser. […] L’histoire démontre que c’est une dangereuse illusion de supposer que les destinées des continents et de la communauté mondiale en général peuvent être gérées d’une manière ou d’une autre à partir d’une seule capitale. Les blocs de coalition militaire ne fourniront pas non plus de véritables garanties de sécurité. La création d’une organisation paneuropéenne à part entière, dotée d’une base juridique fiable, est devenue une nécessité vitale en Europe. […]

L’année 1995 marque le cinquantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un demi-siècle plus tard, nous sommes de plus en plus conscients de la véritable signification de la Grande Victoire et de la nécessité d’une réconciliation historique en Europe. Il ne doit plus y avoir d’adversaires, de gagnants et de perdants. Pour la première fois de son histoire, notre continent a une réelle chance de trouver l’unité. Le manquer, c’est oublier les leçons du passé et remettre en question l’avenir lui-même. »


Haut de la première page du New York Times, et couverture du Los angles Times, 6 décembre 1994 [s ; s]

Clinton lui répondit alors un refrain qui deviendra classique [s] :

« L’OTAN n’exclura automatiquement aucune nation de l’adhésion. […] Dans le même temps, aucun pays extérieur ne sera autorisé à mettre son veto à l’expansion. »

Le vice-président Al Gore fut alors dépêché en urgence à Moscou pour rassurer les Ruses, à commencer par le président du Parlement Ivan Rybkin qu’il rencontre le 14 décembre 1994, et à qui il indique qu’il n’y aura « aucune expansion rapide » de l’OTAN, mais qu’elle serait « progressive, réfléchie, absolument ouverte et transparente, sans surprises« , avec « des discussions franches et approfondies avec la Russie à chaque étape de ce processus« , [s]

Il répète ceci à Eltsine deux jours plus tard. [s]

Le 10 mai 1995, lors des célébrations des 50 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, Eltsine résume parfaitement sa problématique : « Je ne vois rien d’autre qu’une humiliation pour la Russie si vous continuez […] Pourquoi voulez-vous faire ça ? Nous avons besoin d’une nouvelle structure pour la sécurité paneuropéenne, pas des anciennes ! […] Mais si j’acceptais que les frontières de l’OTAN s’étendent vers celles de la Russie, cela constituerait une trahison de ma part envers le peuple russe ». Pour sa part, Clinton a insisté sur une expansion « progressive, régulière et mesurée » de l’OTAN : et indique à Eltsine qu’il « ne soutiendrait aucun changement qui sape la sécurité de la Russie ou qui redécoupe l’Europe. » [s]

La suite allait rapidement démentir ces (nouvelles) belles promesses.

III. 1995-2004 : L’expansion vers l’Est

Le Président Clinton subissait depuis de nombreux mois la pression des faucons républicains comme démocrates pour élargir l’OTAN brutalement. [s]

Il s’y résout finalement, et lors du débriefing d’Al Gore le 21 décembre, Clinton indiqua qu’il avait décidé une expansion rapide de l’OTAN après 1996. [s] Cette année-là, il indiqua publiquement la date : 1999, pour les 50 ans de l’Alliance. [s]

Cependant, en septembre 1995, durant la guerre de Yougoslavie, « l’alliance purement défensive de l’OTAN » lance l’Opération Deliberate Force (Force délibérée [sic.]) visant à bombarder la République serbe de Bosnie (« Oh, des Slaves ! ») – qui n’avait pourtant agressé aucun de ses États membres. Au cours des 3 515 sorties aériennes, 338 sites sont bombardés, recevant 1 026 bombes. C’est au cours de ces opérations que 2 pilotes français dont l’avion a été abattu sont capturés puis libérés.

Bombardement d’une cible serbe en Bosnie durant l’opération [s]

C’est dans ce contexte que Eltsine alerta de nouveau sur le risque futur de guerre en Europe, avec la reconstitution de deux blocs, dénonçant le suivisme des Européens sur un sujet fondamental touchant à leur sécurité. [s]

Le 7 octobre 1996, Alexander Lebed, chef de la sécurité russe, déclara au siège de l’OTAN [s] :

« J’ai suggéré aujourd’hui que la question de l’élargissement ou non de l’OTAN devait être laissée à la prochaine génération qui n’aura pas la confrontation dans ses veines. J’espère que la prochaine génération n’aura pas tant de complexes et aura une approche nouvelle des choses. Malheureusement, nous sommes tous des produits de la guerre froide ».

Mais dans les mois qui suivirent, la Russie connut de gros problèmes financiers : le taux d’intérêt des emprunts publics dépassa 100 %, la dette dut être restructurée. La banqueroute ne tarderait pas (août 1998), mais, en attendant, l’État russe était « au bord du gouffre financier » [s] et il ne subsistait que grâce au soutien international, donc celui des Américains.

La Russie était désormais trop faible pour défendre ses intérêts fondamentaux. Elle dut donc céder, et négocier quelques compensations, comme la création d’un Conseil conjoint permanent OTAN-Russie, traitant de toute situation où la paix et la stabilité en Europe seraient en danger – mais où la Russie n’a aucun droit de veto sur les décisions de l’OTAN, chaque partie gardant le droit d’agir librement en cas de désaccord… [s ; s]

Le 27 mai 1997, fut signé lors du sommet de l’OTAN à Paris un acte fondateur sur les relations mutuelles, la coopération et la sécurité, ouvrant la voie à l’expansion de l’OTAN.

Lors du sommet de Madrid, en juillet 1997, les dirigeants de l’OTAN purent alors se battre pour… l’étendre le plus vite et le plus loin possible, ne tenant pas le moindre compte des (toujours) fermes protestations russes. [s ; s]

Lors de ce sommet, l’OTAN invita la Hongrie, la Tchéquie et la Pologne à entrer dans l’alliance militaire, ce qui sera fait le 12 mars 1999. [s]

Lever des drapeaux des trois nouveaux membres le 16 mars 1999

Ils arrivent tout juste à temps pour que, le 24 mars 1999, « l’alliance purement défensive de l’OTAN » lance l’Opération Allied Force (Force alliée [sic.]) visant à bombarder la Serbie (« Oh, encore des Slaves ! ») – qui n’avait pourtant agressé aucun de ses États membres. Au cours des 38 000 sorties aériennes, 7 600 sites sont bombardés, recevant 25 000 bombes en 78 jours. Au total, environ 500 civils et 1 000 militaires auront été tués dans ces interventions dans l’ex-Yougoslavie. L’OTAN, née le 4 avril 1949, ne pouvait rêver meilleur 50e anniversaire. [s ; s ; s]

Quartiers généraux de l’Armée yougoslave endommagés durant les bombardements de l’OTAN.

Le 12 mars 2004, ce sont enfin la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie qui rejoignent l’OTAN. Désormais 3 pays membres de l’OTAN ont une frontière commune avec la Russie.

Sommet d’Istanbul de 2004 et lever des drapeaux au siège de l’OTAN à Bruxelles le 2 avril 2004

Au final, force est de constater qu’une telle attitude est étonnante : on a ainsi élargi considérablement le nombre de pays qui, s’ils étaient agressés, nous feraient entrer automatiquement en guerre. En effet, suivant l’article 5 du Traité OTAN [s]:

« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. »

Rappelons que ces alliances militaires « défensives » sont donc tout sauf anodines : ce sont elles qui ont déclenché la Première et la Seconde Guerre mondiale.

Mais ils semblent que, pour ces dirigeants, elles fonctionnent apparemment comme des halls de gare : y rentre qui veut, sans se soucier des conséquences qu’une situation politique imprévue occasionnera 10, 20, 50 ans plus tard…

IV. « Nous ne cherchons pas du tout à isoler la Russie »

Le bilan de ces élargissements saute aux yeux si on compare les cartes :

Il explique les réactions passées, présentes et futures de la Russie.

Rappelons d’ailleurs que, lors du sommet de Budapest de 1994, le secrétaire général de l’OTAN, Willy Claes, avait lui aussi défendu les plans d’expansion de l’alliance. Il avait même indiqué, d’un ton persifleur :

« Nous ne voulons pas créer une fois de plus deux zones d’influence différentes en Europe. Nous ne cherchons pas du tout à isoler la Russie. »

La suite de cet article est dans ce billet.

 

15.février.2022 // Les Crises
 

Expansion de l’OTAN : l’explosion de Budapest en 1994

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Ce qu’a entendu Eltsine : De la guerre froide à la « paix froide

Les deux voies de Clinton se heurtent – l’élargissement de l’OTAN et la collaboration avec la Russie

Clinton et Eltsine à Naples, le 10 juillet 1994. Le Vésuve en sommeil est à l’arrière-plan. (L’éruption n’aura lieu qu’à Budapest). Source : Inosmi.ru

Source : Dossiers déclassifiés publiés par le National Security Archive, Svetlana Savranskaya & Tom Blanton, 24-12-2021

Série : « Les dossiers déclassifiés de l’expansion de l’OTAN »

Article 1 : Expansion de l’OTAN : ce que Gorbatchev a entendu

Article 2 : Expansion de l’OTAN : ce que Eltsine a entendu

Article 3 : Expansion de l’OTAN : l’explosion de Budapest en 1994

Voir également notre interview de Roland Dumas confirmant ces faits.

Washington, D.C., le 24 novembre 2021 – Le plus gros accident de train sur la voie de l’expansion de l’OTAN dans les années 1990 – l’explosion de « paix froide » de Boris Eltsine contre Bill Clinton à Budapest en décembre 1994 – était le résultat d’une politique intérieure  » inflammable  » aux États-Unis et en Russie, et de contradictions dans la tentative de Clinton de jouer sur les deux tableaux, en élargissant l’OTAN et en établissant un partenariat avec la Russie en même temps, selon des documents américains récemment déclassifiés publiés aujourd’hui par les Archives de la sécurité nationale.

L’éruption d’Eltsine, le 5 décembre 1994, a fait la une du New York Times le lendemain, avec l’accusation du président russe (devant Clinton et d’autres chefs d’État réunis pour un sommet de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, CSCE) que les États-Unis « dominateurs » « essayaient de diviser [à nouveau] le continent » par l’expansion de l’OTAN. Le ton colérique du discours d’Eltsine a trouvé un écho des années plus tard dans le célèbre discours prononcé par son successeur Vladimir Poutine en 2007 lors de la conférence de Munich sur la sécurité, même si, à cette époque, la liste des griefs de la Russie allait bien au-delà de l’expansion de l’OTAN pour englober des actions unilatérales des États-Unis telles que le retrait du traité sur les missiles antibalistiques et l’invasion de l’Irak.

Haut de la première page du New York Times, 6 décembre 1994

Les nouveaux documents, qui résultent d’une action en justice intentée en vertu de la loi sur la liberté d’information par les Archives de la sécurité nationale, comprennent une série de lettres révélatrices « Bill-Boris » durant l’été et l’automne 1994, ainsi que le mémorandum, jusqu’alors secret, du tête-à-tête entre les présidents lors du sommet de Washington en septembre 1994 (document 04). Clinton ne cesse d’assurer à Eltsine que tout élargissement de l’OTAN se fera lentement, sans surprise, en construisant une Europe inclusive et non exclusive, et en « partenariat » avec la Russie. Lors d’un appel téléphonique le 5 juillet 1994, Clinton a déclaré à Eltsine : « J’aimerais que nous nous concentrions sur le programme de partenariat pour la paix » et non sur l’OTAN. Au même moment, cependant, des « entrepreneurs politiques » à Washington relançaient le processus bureaucratique en vue d’un élargissement plus rapide de l’OTAN que ne le prévoyait Moscou ou le Pentagone 1 , qui s’était engagé à faire du Partenariat pour la paix le principal instrument d’intégration de la sécurité en Europe, notamment parce qu’il pouvait inclure la Russie et l’Ukraine. Par exemple, le Secrétaire à la Défense William Perry exprima ses profonds regrets du que les États-Unis aient choisi l’expansion de l’OTAN plutôt que de poursuivre le Partenariat pour la paix. 2

Les nouveaux documents comprennent des câbles perspicaces de l’ambassadeur américain à Moscou, Thomas Pickering, expliquant la nouvelle ligne dure d’Eltsine à Budapest comme le résultat de multiples facteurs. Pickering soulignait notamment « la forte opposition intérieure, dans tout l’éventail politique [russe], à une expansion rapide de l’OTAN« , les critiques à l’encontre d’Eltsine et de son ministre des Affaires étrangères, Andrei Kozyrev, jugés trop « dociles à l’égard de l’Occident« , et la conviction croissante, à Moscou, que la politique intérieure américaine – le balayage des élections de mi-mandat au Congrès par les républicains favorables à l’expansion en novembre 1994 – détournerait la politique américaine de la prise en compte des préoccupations de la Russie.

Pickering était peut-être trop diplomate parce qu’il y avait beaucoup de reproches à faire du côté américain. Clinton a écrit dans ses mémoires : « Budapest était embarrassant, un moment rare où les gens des deux côtés ont lâché la balle….  » 3 En fait, les lâchers étaient presque tous à Washington. Les responsables du planning de la Maison-Blanche, dirigés par le chef de cabinet Leon Panetta, ont essayé d’empêcher Clinton de se rendre à Budapest en limitant sa fenêtre à huit heures, ce qui signifiait qu’il n’avait pas de temps pour un tête-à-tête avec Eltsine. Clinton lui-même pensait faire une grande faveur à Eltsine en venant et attendait une bonne presse de la réduction substantielle des arsenaux nucléaires qui résulterait de la signature du mémorandum de Budapest sur les assurances de sécurité pour l’Ukraine (violé par la Russie en 2014). Le conseiller à la sécurité nationale Tony Lake a remis à Clinton un texte préparé qui « était tout yin et sans yang – sûr de plaire aux Européens centraux et aux enthousiastes de l’élargissement, mais tout aussi sûr de faire fuir les Russes….« . L’auteur de cette phrase, le secrétaire d’État adjoint Strobe Talbott, n’était même pas à Budapest, s’intéressant plutôt à la crise d’Haïti (« plus jamais« , a-t-il écrit plus tard, il ne manquerait une réunion avec Eltsine). 4

Les nouveaux documents comprennent un mémo du Conseil de sécurité nationale, précédemment secret, adressé par le directeur principal pour la Russie Nicholas Burns à Talbott, si sensible que Burns l’a fait livrer par coursier, décrivant la réaction de Clinton à Budapest comme étant « vraiment énervée » et signalant que « le président ne voulait plus être utilisé comme un accessoire par Eltsine. » Dans le même temps, Burns souligne que « nous devons séparer notre colère compréhensible sur le ton du débat des préoccupations de fond de la Russie que nous devons prendre au sérieux« . De même, les câbles de Pickering recommandaient d’utiliser le voyage du vice-président Al Gore, prévu en décembre à Moscou pour des réunions avec le Premier ministre Victor Tchernomyrdine, pour rencontrer également Eltsine, calmer la discussion et revenir sur une « voie praticable« .

Pour raccommoder les choses, Gore décrivit à Eltsine les voies parallèles de l’OTAN et des États-Unis et de la Russie comme des vaisseaux spatiaux s’amarrant simultanément et très soigneusement 5, et Gore puis Clinton assurèrent aux Russes (mais pas par écrit, comme Kozyrev ne cessait de le demander) qu’aucune action de l’OTAN concernant de nouveaux membres n’interviendrait avant les élections à la Douma de 1995 ou les élections présidentielles de 1996 en Russie.

L’assurance finale a été l’accord de Clinton (malgré la brutale guerre de Tchétchénie en Russie et les multiples pressions intérieures) de venir à Moscou en mai 1995 pour les célébrations du 50e anniversaire de la victoire sur Hitler. À Moscou, Eltsine a réprimandé Clinton au sujet de l’expansion de l’OTAN, n’y voyant « qu’une humiliation » pour la Russie : « Pour moi, accepter que les frontières de l’OTAN s’étendent vers celles de la Russie – cela constituerait une trahison de ma part envers le peuple russe. » Mais Eltsine a également vu que Clinton ferait tout ce qu’il pourrait pour assurer la réélection d’Eltsine en 1996, et c’est ce qui comptait le plus pour lui. Ce n’est qu’après le sommet de Moscou qu’Eltsine ordonne à Kozyrev de faire adhérer la Russie au Partenariat pour la paix.

Les nouveaux documents ne sont tombés dans le domaine public qu’à la suite d’une action en justice intentée en vertu de la loi sur la liberté de l’information par les Archives de la sécurité nationale contre le département d’État, qui souhaitait obtenir les dossiers de Strobe Talbott, aujourd’hui à la retraite. Grâce à l’excellente représentation du célèbre avocat David Sobel, spécialiste de la liberté d’information, le département d’État a établi un calendrier de communication régulière des documents aux archives au cours des trois dernières années. Le corpus complet de milliers de pages couvrant l’ensemble des années 1990 apparaîtra l’année prochaine dans la série primée publiée par ProQuest, The Digital National Security Archive, qui a été désignée par le magazine Choice comme un « Outstanding Academic Title 2018. » Les Archives ont également bénéficié de l’affectation par l’État du réviseur chevronné Geoffrey Chapman à la tâche d’évaluer les documents Talbott en vue de leur déclassification. Chapman se classe parmi les déclassifieurs les plus minutieux, les plus experts et les plus professionnels du gouvernement américain.


Lire les documents originaux

ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat.

À la veille du sommet du G-7 à Naples, Eltsine présente à Clinton ses espoirs maximums pour le partenariat américano-russe et la place de la Russie dans la transition du G-7 au G-8. Le président russe écrit comme si son pays était déjà un membre à part entière du G-8 (le G-8 « politique » vient d’être créé, principalement comme un geste symbolique pour garder Eltsine engagé). Eltsine considère que le partenariat américano-russe joue le rôle clé dans le G-8, le transformant en fait, selon lui, d’un simple symbole en une organisation réellement efficace en matière de sécurité internationale. Il décrit plusieurs domaines dans lesquels le partenariat américano-russe pourrait « donner le rythme et l’orientation » des travaux du G-8 : La Bosnie, la sécurité européenne, le maintien de la paix, la non-prolifération et la Corée du Nord. Pour la sécurité européenne, il propose une solution omnibus : « Tout en laissant un rôle clé à la CSCE, nous devrions nous orienter vers un modèle qui coopterait de façon naturelle l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, l’OTAN, le Conseil de coopération nord-atlantique, l’Union de l’Europe occidentale et la C.I.S. ». Ici, il se raccroche vraiment à toute autre structure que l’OTAN. Mais la clé de tout cela, le centre de la politique mondiale, comme le dira plus tard Eltsine, est le partenariat entre la Russie et les États-Unis, les deux superpuissances.

ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat

Clinton appelle Eltsine avant son départ pour la Pologne et les pays baltes, plusieurs jours avant leur rencontre au sommet du G-7 à Naples. Le but de cet appel est de dissiper les inquiétudes d’Eltsine concernant les rencontres du président américain avec les anciens alliés de la Russie, parmi lesquels les Polonais en particulier ont fait pression pour une expansion rapide de l’OTAN. Eltsine lui demande de mentionner la question des minorités russes dans les pays baltes. Clinton résume ce qu’il a l’intention de dire aux Polonais sur l’OTAN, mais sa formulation est très prudente. Au lieu de parler de l’expansion de l’OTAN, il se cite lui-même en janvier 1994, disant que « le rôle de l’OTAN finira par s’étendre », mais sans fixer de calendrier. C’est quelque peu trompeur, car Clinton dit à son homologue russe : « J’aimerais que nous nous concentrions sur le programme de Partenariat pour la paix afin de parvenir à une Europe unie où les gens respectent leurs frontières respectives et travaillent ensemble. » Pour Eltsine, cela ressemble exactement à ce qu’il a entendu en octobre 1993 de la part de Warren Christopher et Strobe Talbott : un Partenariat pour la paix plutôt qu’une expansion de l’OTAN. Clinton note également que leur partenariat fonctionne bien – un autre thème qu’Eltsine est impatient d’entendre. Toutefois, la compréhension du mot « partenariat » par Clinton semble être très différente de celle d’Eltsine.

Document 03 : Mémo de Strobe Talbott au secrétaire Christopher et Tony Lake : Manipulation d’Eltsine (en)

ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat.
 
Quelques heures avant le sommet de Washington, Talbott fournit des points de discussion détaillés sur ce qu’il faut dire à Eltsine sur les principales questions à l’ordre du jour et sur la façon de le faire. Ces conseils sont basés sur une longue conversation, la veille, avec l’interlocuteur russe le plus digne de confiance de Washington, le vice-ministre des Affaires étrangères Georgy Mamedov, dont les conseils se sont toujours avérés prémonitoires et utiles auparavant. Selon Talbott, Mamedov était « aussi inquiet que je ne l’ai jamais vu de l’interaction de la politique intérieure russe et américaine ». En ce qui concerne l’OTAN, il suggère d’assurer à Eltsine que la Russie reste un acteur clé dont les intérêts seront pris en compte, « un participant essentiel au processus de construction de nouvelles structures en Europe », qu’il s’agit d’un projet dans lequel les deux pays sont « unis » et que l’objectif des États-Unis est « l’intégration – résister à la tentation de créer de nouvelles divisions ou de recréer les anciennes ». Le mémo représente une combinaison fascinante d’empathie et de condescendance envers la Russie.
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Le deuxième jour du sommet de Washington, après avoir discuté de toute la gamme des questions de sécurité, Clinton rassure à nouveau Eltsine sur l’expansion de l’OTAN dans ce « tête-à-tête » avec Strobe Talbott comme preneur de notes. Clinton suit assez fidèlement le scénario proposé par Mamedov par l’intermédiaire de Talbott, affirmant qu’il n’a jamais dit que la Russie ne pourrait pas être considérée comme membre, et que « lorsque nous parlons de l’expansion de l’OTAN, nous mettons l’accent sur l’inclusion, pas sur l’exclusion. » Clinton affirme que sa priorité est l’unité et la sécurité européennes, qu’il ne réserverait aucune surprise à Eltsine et qu’il faudrait des années pour que les pays d’Europe de l’Est répondent aux exigences et que les autres membres disent oui. Plus important encore pour Eltsine, le président américain réaffirme que « l’expansion de l’OTAN n’est pas anti-russe ; elle n’est pas destinée à exclure la Russie et il n’y a pas de calendrier imminent. » Talbott oppose la position du ministre allemand de la Défense Volker Ruehe, qui a dit « jamais » à l’adhésion de la Russie à l’OTAN, à celle du secrétaire à la Défense William Perry. Eltsine déclare que « Perry est plus intelligent que Ruehe » pour avoir dit « nous ne l’excluons pas ».
ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat.
 
Cette lettre porte sur le partenariat stratégique tant convoité entre la Russie et les États-Unis, « sur la base de l’égalité », qui demeure la priorité absolue d’Eltsine et le « choix stratégique » de la Russie. Il écrit : « Il devrait exister une compréhension fondamentale du fait que le partenariat russo-américain constitue le facteur central de la politique mondiale. » Un mois avant le sommet de la CSCE à Budapest, le président russe évoque certaines « discordes émergentes », probablement fondées sur ce que Moscou a entendu des discussions sur l’OTAN à Washington. Pour lui, la clé pour surmonter les discordes est le maintien d’un haut niveau de confiance et la prise en compte attentive du point de vue du partenaire. Eltsine est prêt à coopérer avec Clinton sur la Bosnie, la Corée du Nord et l’Ukraine (il est très ouvert sur son soutien à l’Ukraine, affirme avoir une excellente relation avec le président Leonid Koutchma et est prêt à signer un document sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine à Budapest). Eltsine termine la lettre par un autre appel à un « partenariat pratique et égal » le plus complet possible, et il est impatient de rencontrer Clinton à Budapest, où ils parleront « avant tout de la transformation des structures de stabilité européennes ». Eltsine estime qu’ils ont une « compréhension mutuelle » de ce partenariat.
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Deux jours avant la réunion de l’OTAN à Bruxelles, Clinton rassure Eltsine sur leur partenariat et le processus d’expansion de l’OTAN. La lettre stipule ce qui suit : « Je tiens à vous assurer dès maintenant que ce que les alliés de l’OTAN feront lors de la prochaine session du Conseil de l’Atlantique Nord (CAN) à Bruxelles sera tout à fait conforme à ce dont vous et moi avons discuté à la Maison-Blanche lors de votre visite. » Mme Clinton déclare à Eltsine que la conversation au CAN ne portera pas sur la liste des nouveaux membres potentiels de l’OTAN ni sur le calendrier, mais sur l’élaboration d’une « vision commune des préceptes d’adhésion », qui sera ensuite présentée « à tous les membres du Partenariat pour la paix qui souhaitent la recevoir ». L’élargissement de l’OTAN serait « destiné à renforcer la sécurité et à promouvoir l’intégrité de l’Europe dans son ensemble » et non « dirigé vers un pays en particulier ». La lettre note que maintenant, après que la Rada de l’Ukraine a ratifié l’adhésion au Traité de non-prolifération, ce qui permettra le retrait complet des armes nucléaires d’Ukraine, Clinton est prête à rencontrer Eltsine et les présidents de l’Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan et à fournir des garanties de sécurité à ces pays. On distingue soigneusement les « garanties », que Eltsine s’est dit prêt à signer, et le mot « assurances » que les États-Unis ont insisté pour utiliser.

Document 07 : Lettre d’Eltsine à Clinton (en)

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Dans cette très courte lettre, à la veille du sommet de la CSCE à Budapest et la veille de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord, Eltsine réitère ce qu’il pense être une compréhension commune de la CSCE et de l’OTAN, sur la base de ses conversations avec Clinton à Washington et de la correspondance qui a suivi. La CSCE jouera un rôle clé dans la sécurité européenne, et elle a besoin de plus qu’une rénovation cosmétique – une transformation en une « organisation européenne à part entière avec une base juridique solide ». À propos de l’OTAN : « Nous sommes convenus avec vous qu’il n’y aura pas de surprises, que nous devrions d’abord passer par cette phase de partenariat, tandis que les questions relatives à l’évolution future de l’OTAN ne devraient pas être décidées sans tenir dûment compte de l’opinion et des intérêts de la Russie. » Eltsine met Clinton en garde de manière très spécifique contre le fait que « l’adoption d’un calendrier accéléré, les plans visant à entamer les négociations avec les candidats dès le milieu de l’année prochaine seront interprétés, et pas seulement en Russie, comme le début d’une nouvelle division de l’Europe ». Les informations d’Eltsine et de Kozyrev en provenance de Washington et des capitales européennes comprenaient certainement des rumeurs sur un calendrier accéléré de l’expansion de l’OTAN.
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Le communiqué du CNA du 1er décembre 1994, annonçant une étude des conditions d’adhésion à l’OTAN devant être achevée en 1995, a dû faire penser à Eltsine exactement à ce contre quoi il mettait en garde. L’étude sera achevée en novembre, juste avant les élections à la Douma, ce qui contribuera à la vulnérabilité électorale croissante d’Eltsine. À Bruxelles, Kozyrev, à la lecture du langage du communiqué, refuse de signer les documents du Partenariat pour la paix, concluant que le communiqué proclame que « le partenariat est subsidiaire à l’élargissement ». Il a également fait part de sa compréhension à Eltsine lors d’un appel téléphonique 6. Maintenant, deux jours avant le début du sommet de Budapest, tous les efforts de Clinton pour apaiser et rassurer Eltsine sont sur la corde raide. Dans une ultime tentative pour préserver la paix et le calme au sommet, Clinton envoie à son partenaire russe cette lettre, espérant le persuader qu’il s’agissait simplement d’une mauvaise compréhension du communiqué du CNA de la part de Kozyrev. Clinton se dit « surpris et déçu » par les actions du ministre des affaires étrangères. La lettre souligne que, depuis la rencontre entre Clinton et Eltsine à Washington, « nous avons adhéré assidûment aux principes sur lesquels vous et moi nous sommes mis d’accord : pas de surprises ; priorité élevée au maintien et au renforcement du partenariat entre les États-Unis et la Russie ; et délibérations prudentes et inclusives tenant pleinement compte de l’opinion et des intérêts de la Russie » – mais il est clair que ce n’est pas ce que l’on ressent à Moscou.

Document 09 : Lettre d’Eltsine à Clinton (en)

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En réponse immédiate à la lettre du président américain, Eltsine écrit :  » Je ne peux pas être d’accord avec votre évaluation de ce document « , c’est-à-dire le communiqué du CNA. Il estime que le malentendu actuel nécessite des explications plus précises. La réaffirmation par Clinton des accords conclus à Washington est très importante pour Eltsine, et un partenariat plus large entre les États-Unis et la Russie est sa priorité absolue. Il veut que le président fournisse « l’assurance que l’élargissement plutôt que le partenariat n’est pas mis en avant maintenant ». Il souhaite également engager un dialogue sur « les obligations spécifiques et les garanties de sécurité pour la Russie et l’OTAN. » Selon la Russie, la seule façon acceptable d’élargir l’OTAN est de rendre l’alliance effectivement « nouvelle et transformée par le partenariat. » La délégation américaine à Budapest, en l’absence de Strobe Talbott, a manqué les avertissements ici.
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Dans ce câble NODIS prémonitoire et très soigneusement formulé, l’ambassadeur Thomas Pickering donne son analyse du comportement de Kozyrev et d’Eltsine et de leur réaction au communiqué du CNA. Il cite plusieurs causes qui expliquent l’explosion ; parmi elles, les sensibilités personnelles de Kozyrev, l’opposition intérieure, et le sentiment que les États-Unis poussent plus fort pour l’expansion de l’OTAN que les autres pays de l’OTAN (et plus fort qu’ils ne l’ont admis aux Russes). Il souligne à juste titre la forte opposition à l’expansion de l’OTAN dans l’ensemble de l’échiquier politique russe et le soutien que les discours fermes ont reçu dans le pays. Les dirigeants russes ont eu l’impression que les États-Unis racontaient des choses différentes sur l’expansion de l’OTAN à leurs alliés occidentaux et à la Russie (vrai). Pickering recommande de ne pas chercher la bagarre avec Eltsine, mais de lui donner des assurances et de réparer les pots cassés lors de la prochaine visite de Gore à Moscou – en disant explicitement à Eltsine qu’il n’y aurait aucune décision sur l’expansion avant les élections russes de juin 1996 et aucun nouveau membre avant la fin du siècle.

Document 11 : Câble de l’ambassadeur Pickering au secrétaire d’État : prochaines étapes de l’OTAN et visite du vice-président (en)

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Ce câble de suivi immédiat du document 10, ci-dessus, fournit des conseils spécifiques pour préparer la visite de Gore et sa rencontre avec Eltsine. Il est basé sur une conversation franche avec Georgy Mamedov et la longue conversation précédente de ce dernier avec Kozyrev. Pickering pense « qu’il serait particulièrement important de se pencher aussi loin que possible en rassurant Eltsine sur le fait que nous n’envisageons aucune décision réelle sur les nouveaux membres avant juin 1996, et aucune entrée officielle de nouveaux membres avant bien après cela ». M. Clinton devrait envoyer à M. Eltsine une lettre énumérant des garanties spécifiques et poursuivre par un message personnel avec le vice-président. La visite de Gore serait la meilleure chance d’amener la discussion sur l’OTAN sur « une voie praticable ».

Document 12 : Nick Burns Memorandum to Strobe Talbott: Letter to Eltsin on Budapest and other items (en)

ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat.

Nick Burns envoie ce mémo très sensible et franc à Talbot personnellement par coursier. Talbott a manqué Budapest en raison de son implication dans la crise en Haïti, il s’est en partie rendu responsable de l’explosion et doit maintenant ramasser les morceaux. Le mémo est basé sur les conversations révélatrices de Burns avec Clinton dans l’avion et de retour à Washington. Burns décrit Clinton comme se sentant « vraiment énervé », qu’Eltsine l’avait « humilié » par ses critiques publiques de la politique américaine, et que « sa colère s’est accrue lorsque nous sommes rentrés à Washington » et que nous avons vu comment les événements étaient traités dans les médias. Le conseiller à la sécurité nationale Tony Lake a déclaré que Clinton « ne voulait plus être utilisé comme un accessoire par Eltsine ». Dans le même temps, le mémo montre le désir sincère de Clinton de bien faire les choses et sa recherche d’un moyen de résoudre la quadrature du cercle – élargir l’OTAN et préserver une grande relation avec la Russie en cours de réforme. Clinton se demande « si nous devrions ou non essayer d’être plus francs avec les Russes » au sujet de la vision américaine sur l’expansion et son calendrier. Il est important de noter que, même si elle en veut à Eltsine de s’être « défoulé sur nous en public », Clinton comprend que « nous devons également répondre aux préoccupations réelles et légitimes de la Russie en matière de sécurité concernant l’expansion de l’OTAN. » Burns exprime des doutes sur le canal Mamedov de Talbott parce qu’il n’a pas averti les États-Unis de ce que Kozyrev et Eltsine avaient l’intention de dire. La note de Talbott dans la marge suggère que Mamedov ne disposait pas lui-même de ces informations.

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Cette lettre, initialement rédigée par Nick Burns, tend la main de la réconciliation à Eltsine mais ne va pas aussi loin dans les assurances spécifiques que celles proposées par Pickering dans son câble précédent (document 10). Clinton expose sa vision d’une « Europe unifiée, stable et pacifique au siècle prochain ». Néanmoins, la lettre minimise l’importance de l’expansion de l’OTAN en tant que priorité de l’administration Clinton en la plaçant après le « renforcement de la CSCE » dans la liste des priorités américaines. Pour esquisser un scénario attrayant, la lettre énumère toutes les institutions occidentales dont la Russie deviendrait membre, notamment l’Organisation mondiale du commerce, le Club de Paris et le G-7. Clinton déclare : « Notre objectif commun devrait être de parvenir à une intégration complète entre la Russie et l’Occident – y compris des liens renforcés avec l’OTAN – sans nouvelles divisions en Europe. » La lettre exprime le point de vue de Clinton selon lequel les États-Unis ont scrupuleusement respecté l’engagement de « pas de surprises ». Il appelle Eltsine à maintenir leur relation de confiance et à discuter de cette « question la plus difficile que vous et moi allons affronter ensemble » de manière confidentielle plutôt que publique.

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Grandement soulagé par le succès de la visite en Russie du vice-président Gore, Clinton envoie cette lettre à Eltsine, dans laquelle il réitère son « engagement ferme à l’égard du partenariat États-Unis-Russie et de l’objectif d’une Europe stable, intégrée et non divisée » et réitère l’engagement pris en septembre selon lequel « le développement futur de l’OTAN se fera progressivement et ouvertement ». Ayant laissé ce « clivage » derrière eux, les États-Unis et la Russie peuvent maintenant se concentrer sur des discussions de fond concernant la « question la plus importante et la plus sensible » de la sécurité européenne. Clinton promet qu’il « continuera à prendre l’initiative pour s’assurer qu’un programme économique russe fort s’accompagne d’un soutien occidental à grande échelle ». Et surtout – ce que Eltsine veut entendre le plus – la lettre est remplie d’occurrences du mot « partenariat » et d’éloges sur ce que ce partenariat a réalisé jusqu’à présent. En d’autres termes, beaucoup de belles généralités, mais aucun message franc ou spécifique sur l’expansion de l’OTAN. La grande ironie de cette lettre est qu’elle a été envoyée trois jours seulement après que le Secrétaire à la défense Perry ait découvert, lors de la séance de débriefing du 21 décembre avec Gore, que le président s’était engagé à une expansion rapide de l’OTAN juste après 1996, plutôt que d’emprunter la voie beaucoup plus lente du Partenariat pour la paix, qui était l’option préférée de Perry. 7

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Ce câble NODIS « eyes only » présente un compte rendu détaillé d’un déjeuner de deux heures (en tête-à-tête, sans preneur de notes) que Talbott a eu avec le ministre russe des Affaires étrangères, Andrei Kozyrev. Le contexte de cette conversation est très important : l’armée russe tente de « nettoyer » la Tchétchénie avant le sommet de mai. Certaines des opérations les plus cruelles de la guerre de Tchétchénie ont eu lieu en avril 1995 (voir « Le massacre de Samachki »), mais cette question n’apparaît pas une seule fois au cours de ces deux heures. La conversation est au contraire entièrement consacrée à la question de l’expansion de l’OTAN. L’objectif de Talbott était de persuader le ministre russe des Affaires étrangères de signer les documents du Partenariat pour la paix avant le sommet de mai. Selon le câble, Kozyrev « s’est lancé dans un monologue qui a duré plus d’une heure ». Ce monologue présentait l’exposé le plus complet de la position russe sur l’OTAN. Kozyrev a mentionné qu’Eltsine était en train de terminer une lettre à Clinton sur la sécurité européenne et qu’il espérait une réponse avec des garanties écrites concrètes sur l’expansion de l’OTAN. M. Kozyrev a demandé une « lettre qui évite le langage vague et évasif » et affirme qu’il n’y aura pas de précipitation dans l’élargissement et que le PFP sera « pour de bon » et « au centre des choses pour les 2-3 prochaines années. »

Mais c’est inacceptable pour Talbott, qui sait bien que le train a déjà quitté la gare. Kozyrev décrit le contexte national dans lequel il doit travailler : les « militaires et les industriels sont furieux » parce que les États-Unis pénètrent sur les marchés d’Europe de l’Est et vendent leur matériel ; personne, pas même les libéraux, ne comprend « pourquoi [l’OTAN] déplace ses frontières vers la Russie » (même son ennemi juré, Vladimir Loukine, devient critique) ; et « le stimulus du partenariat a été dans une large mesure tué par l’élargissement ». Il établit un contraste frappant entre le PFP (« vous et nous ») et l’élargissement (« nous contre eux »).

Kozyrev souligne le moment clé où les malentendus ont commencé : La visite de Christopher à Moscou en octobre 1993 pour informer les Russes du Partenariat pour la paix. Lors de cette réunion, « Eltsine a réagi si favorablement en partie parce qu’il pensait que le PFP était une ‘alternative’ à l’expansion de l’OTAN. » Mais selon lui, « avec l’élargissement en cours, tout ce qui concernait le PFP est ruiné pour nous ». Avec cette conversation, Talbott se rend compte que le prochain sommet ne sera pas une promenade de santé, mais en même temps, il devient encore plus crucial que Clinton vienne à Moscou pour clarifier les choses en personne, amener les Russes à signer le PFP et parvenir à un modus vivendi avec Eltsine sur la question de l’expansion de l’OTAN.

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Ce mémo très franc est le résultat des conversations de Strobe Talbott à Moscou. Il montre qu’il comprend extrêmement bien la position russe sur l’expansion de l’OTAN et qu’il apprécie la difficulté à laquelle le président sera confronté lors du sommet de Moscou. Sans le vouloir, cependant, le mémo de Talbott met le doigt sur le plus gros problème : la « détermination du président à maintenir sur les rails deux stratégies cruciales pour [sa] vision de l’Europe de l’après-guerre froide : l’admission de nouveaux membres à l’OTAN et le développement d’une relation de sécurité parallèle entre l’Alliance et la Russie ». Ces deux stratégies se révéleront finalement inconciliables.

Le mémo passe en revue les principaux événements sur la voie de l’expansion de l’OTAN jusqu’à présent : le voyage en Europe en janvier 1994, le sommet de Washington avec Eltsine en septembre 1994 et l’explosion de la « paix froide » à Budapest en décembre, en essayant de fournir des explications aux actions d’Eltsine dans son contexte national. Mais malgré toute l’empathie pour la situation difficile d’Eltsine, la réponse des Etats-Unis, dit le mémo, est que « la voie de l’expansion de l’OTAN se poursuivra même si les Russes refusent de permettre des progrès sur la voie OTAN-Russie ». Par conséquent, le président doit essayer de persuader Eltsine qu’il est dans son intérêt de coopérer et de signer les documents du PFP. M. Talbott répète à Mme Clinton qu’il existe une forte opposition à l’expansion de l’OTAN dans tout l’éventail politique en Russie, mais il pense qu’Eltsine est tellement intéressé par un bon sommet et par l’intégration avec l’Occident qu' »il a une forte motivation personnelle pour essayer de résoudre la quadrature du cercle – et pour le faire au sommet ». Les alliés de l’OTAN veulent également voir une bonne relation OTAN-Russie et un bon sommet car « il n’y a rien de plus offensif qu’un Russe sur la défensive. »

Le mémo représente bien les priorités de Clinton à l’heure actuelle et, contrairement à ses communications avec Eltsine, la CSCE et les autres « nouvelles » structures de sécurité européennes ne sont même pas mentionnées.

ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat.

Dans cette longue conversation, M. Christopher tente de persuader M. Kozyrev de signer les documents relatifs au programme de partenariat public-privé avant le sommet du 10 mai. Il établit un lien entre cette signature et de nouveaux progrès dans la coopération OTAN-Russie et les assurances qui pourraient être données à la Russie concernant l’expansion de l’OTAN lors de la réunion ministérielle du Conseil de l’Atlantique Nord à la fin du mois de mai. M. Kozyrev réitère les préoccupations de la Russie qu’il a exposées à M. Talbott lors de leur rencontre à Moscou (document 15) et se plaint de la rhétorique enflammée sur l’expansion de l’OTAN qui nuit à tout progrès sur cette question. Kozyrev déclare que la Russie n’approuvera jamais une expansion hâtive de l’OTAN et la compare à une avalanche. Il promet de modérer la rhétorique et d’essayer de faire comprendre cela aux dirigeants polonais également. Kozyrev laisse entendre que Lech Walesa est le problème ici et qu’il attend du dirigeant polonais qu’il déclare immédiatement après la réunion ministérielle du Conseil de l’Atlantique Nord que la Pologne est prête à rejoindre l’OTAN dans un avenir proche. Kozyrev dit aux Américains combien de sang il a versé en essayant de faire avancer le PFP en Russie, en vain. Cette conversation déprimante ne débouche sur aucune conclusion ou résolution, mais elle indique clairement que tout accord entre les États-Unis et la Russie concernant l’expansion de l’OTAN ne peut être obtenu qu’au plus haut niveau, et que le moment est venu le 10 mai.

ource : Procès sur la liberté d’information. Département d’Etat.

Cette longue et vaste conversation est remarquable en tant qu’aperçu de la relation Bill-Boris. Eltsine apprécie beaucoup que Clinton soit venu à Moscou pour célébrer le 50e anniversaire de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, malgré une opposition importante aux États-Unis. C’est ici qu’il présente son véritable cri de cœur sur l’OTAN. Il ne voit « rien d’autre qu’une humiliation » pour la Russie si l’OTAN s’étend, qu’il appelle un « nouvel encerclement ». Il affirme que ce dont ils ont besoin, c’est d’un nouveau système de sécurité européen, et non de vieux blocs. Il affirme avec émotion que « si j’acceptais que les frontières de l’OTAN s’étendent vers celles de la Russie – ce serait une trahison de ma part envers le peuple russe ».

En réponse, Clinton explique patiemment et clairement la position des États-Unis sur l’expansion de l’OTAN – elle doit être considérée dans le contexte d’une implication continue des États-Unis dans la sécurité européenne et d’un effort pour créer une Europe pleinement intégrée. Il fait allusion à des compromis si Eltsine accepte l’expansion de l’OTAN – la Russie serait un membre fondateur du régime post-COCOM, rejoindrait le G-7, aurait une relation spéciale avec l’OTAN – mais seulement si la Russie « franchit les portes que nous vous ouvrons ». La priorité urgente d’Eltsine est les prochaines élections ; il confie au président américain que sa « position à l’approche des élections de 1996 n’est pas vraiment brillante. » Il demande au président de reporter la discussion sur l’élargissement au moins jusqu’après les élections. Clinton est très direct sur ses propres pressions électorales avec les républicains et les électeurs du Wisconsin, de l’Illinois et de l’Ohio qui poussent à l’expansion de l’OTAN.

Eltsine finit par accepter à contrecœur l’offre de Clinton – pas de décision concernant l’OTAN avant la fin des élections, seulement une étude de l’expansion ; mais aussi pas de rhétorique anti-OTAN de la part de la Russie et un accord pour signer le PFP avant la fin mai. Eltsine a besoin du soutien de Clinton pour gagner dans les urnes et il ne voit pas d’autre solution que de s’en remettre aux assurances des Américains.

Le président Bill Clinton et le président russe Boris Yeltsin lors d’une cérémonie d’arrivée du président russe sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 27 septembre 1994.

Bill Clinton et Boris Yeltsin lors de leur rencontre à la Maison Blanche le 27 septembre 1994. L’interprète américain Dimitry Zarechnak est debout entre eux. (Photo reproduite avec l’aimable autorisation de la bibliothèque présidentielle de William J. Clinton).

Boris Eltsine, à gauche, Bill Clinton, le président ukrainien Leonid Koutchma et le premier ministre britannique John Major signent le Mémorandum de Budapest le 5 décembre 1994. (Photo : Brookings Institution)

Boris Eltsine avec Bill et Hillary Clinton lors du défilé du jour de la Victoire à Moscou en 1995. (Photo : RIA Novosti)

Bill Clinton commémore les pertes soviétiques dans la Grande Guerre patriotique lors de célébrations à Moscou, le 9 mai 1995. (Photo : WSJ Graphics)

Annexe :

[1994] Eltsine déclare que l’OTAN est en train d’essayer, à nouveau, de diviser le continent, par Elaine Sciolino

Source : The New York Times, Elaine Sciolino, 1994

Archives du New York Times

Un sommet de 52 pays visant à renforcer la sécurité dans toute l’Europe a été perturbé aujourd’hui par l’opposition de la Russie à l’expansion de l’OTAN et les récriminations de la Bosnie au sujet de l’échec de la communauté internationale à mettre fin à la guerre dans les Balkans.

D’un ton caustique qui rappelle la guerre froide, le président russe Boris N. Eltsine a dit sans ambages aux autres dirigeants du monde, dans cette ancienne capitale communiste, que l’OTAN essayait de diviser l’Europe avec son projet d’admettre des membres de l’ancien Pacte de Varsovie et que les États-Unis ne devraient pas être autorisés à dominer le monde.

Reflétant les tensions sur la Bosnie qui ont dominé la scène européenne pendant deux ans, le président de Bosnie-Herzégovine, Alija Izetbegovic, s’en est pris à ses collègues chefs d’État, en prédisant que leur incapacité à lui venir en aide ferait des ravages en Europe.

Bien que les deux présidents aient eu des ordres du jour radicalement différents, leurs remarques ont éclipsé un événement décisif dans l’histoire de la maîtrise des armements, à savoir l’adhésion officielle de l’Ukraine au traité pour mettre fin à la prolifération des armes nucléaires. Cet accord permettra la mise en œuvre du Traité sur la réduction des armements stratégiques et supprimera plus de 9 000 ogives des États-Unis et de l’ex-Union soviétique.

Le président Clinton, qui a fait une brève apparition, et M. Eltsine ont mis de côté tout différend au sujet de l’OTAN pour participer à la cérémonie.

La réunion avait d’abord été conçue comme une sorte de réunion des chefs d’État pour transformer l’organisation complexe et impuissante de la guerre froide, connue sous le nom de Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, en un lieu plus solennel pour résoudre les conflits régionaux et les prévenir en premier lieu.

En particulier, l’administration Clinton avait voulu que la réunion mette en exergue un plan américain visant à accélérer l’expansion de l’OTAN et à renforcer le groupe paneuropéen.

Mais c’était avant que l’OTAN ne décide de ne pas mener de frappes aériennes punitives pour aider à protéger la ville bosniaque de Bihac des attaques serbes et avant que le ministre russe des Affaires étrangères Andrei V. Kozyrev n’embarrasse les États-Unis et ses alliés européens à Bruxelles la semaine dernière en refusant de manière inattendue d’accepter leur « Partenariat pour la paix » avec l’OTAN.

Aujourd’hui, M. Eltsine a rappelé à ses partenaires européens et nord-américains réunis au Centre des congrès communiste moderne de Budapest le rôle éminent de la Russie dans l’élaboration de la politique étrangère en Europe.

Irrité, de manière évidente, par la décision prise la semaine dernière par l’OTAN de commencer à définir les conditions d’adhésion à l’OTAN, M. Eltsine s’en est pris aux pays qui le laisseraient en dehors de ce que les Américains appellent « la nouvelle architecture de sécurité » pour l’Europe. La Russie craint qu’un groupe d’armées équipées par l’OTAN à ses frontières occidentales ne devienne une menace.

« Pourquoi semez-vous les graines de la méfiance ? » a demandé M. Eltsine aux 16 membres de l’OTAN à propos de la perspective d’augmenter le nombre de leurs membres, ajoutant qu’au lendemain de la guerre froide, « L’Europe est court le risque de plonger dans une paix froide ».

Dans une critique à peine voilée de ce que la Russie perçoit comme l’émergence de Washington comme seule superpuissance mondiale, M. Eltsine a déclaré : « L’histoire démontre que c’est une dangereuse illusion de croire que les destinées des continents et de la communauté mondiale en général peuvent être gérées d’une manière ou d’une autre à partir d’une seule capitale ».

Bien que les États-Unis et leurs partenaires de l’OTAN insistent pour qu’aucun pays européen ne soit empêché d’adhérer à l’OTAN, un point que M. Clinton a rappelé aujourd’hui, l’OTAN et Moscou savent tous deux que la Russie reste, en Europe, perçue comme l’ennemi et serait au bas de la liste.

M. Eltsine a fait cette remarque aujourd’hui lorsqu’il a dit : « Nous entendons des explications selon lesquelles il s’agirait d’une extension pour la stabilité juste au cas où il y aurait des développements indésirables en Russie. »

L’apparition précipitée de M. Clinton à l’ouverture de cette réunion de deux jours n’a pas comblé l’écart grandissant entre les deux pays.

« L’OTAN n’exclura pas automatiquement un pays de l’adhésion », a-t-il dit. « En même temps, aucun pays extérieur ne sera autorisé à opposer son veto à son extension. »

Quant au groupe de sécurité européenne plus large, M. Clinton a déclaré qu’il devrait être « notre première ligne de défense souple contre les conflits ethniques et régionaux », ajoutant : « En se concentrant sur les droits de l’homme, la prévention des conflits et la résolution des conflits, la C.S.C.E. (Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe) peut aider à prévenir de futurs conflits en Bosnie ».

Comme M. Clinton, d’autres chefs d’État, dont le chancelier allemand Helmut Kohl, le président français François Mitterrand et le premier ministre britannique John Major, ont appelé à un accord de paix comme seul moyen de mettre fin à la guerre en Bosnie. M. Clinton a exhorté les participants au sommet à tirer les leçons de l’expérience de la Bosnie.

Pour sa part, M. Izetbegovic, dont le pays est pris dans une guerre qui a fait plus de 200 000 morts ou disparus, a déclenché une attaque au vitriol comme on en entend rarement dans de tels rassemblements diplomatiques et a juré que ses soldats se battraient jusqu’à la fin.

« Quel sera le résultat de la guerre en Bosnie, qui se prolonge en raison d’un mélange d’incapacité, d’hésitation et parfois même de mauvaise volonté de l’Occident ? » a demandé M. Izetbegovic. « Le résultat sera une ONU discréditée, une OTAN ruinée, des Européens démoralisés par un sentiment d’incapacité à répondre à la première crise après la guerre froide. »

Il a brossé un tableau de ce qu’il a appelé un monde différent à la suite de l’échec européen et américain en Bosnie, « un monde pire dans lequel les relations entre l’Europe et les États-Unis, l’Occident et la Russie, et l’Occident et le monde musulman ne seront plus jamais les mêmes ».

L’ironie de la présentation spectaculaire de M. Izetbegovic a été que pendant qu’il parlait, les dirigeants qui détiennent la clé d’un règlement bosniaque n’étaient pas là. M. Clinton, M. Eltsine, M. Mitterrand et M. Major assistaient à une cérémonie au cours de laquelle ils se sont engagés par écrit à donner à l’Ukraine des garanties de sécurité en échange de son accord formel de devenir une puissance non nucléaire.

Et alors même que le président ukrainien, Leonid Kuchma, louait l’adhésion de son pays au traité comme « l’un des pas les plus importants » vers un monde sans armes nucléaires, la télévision hongroise montrait des images sanglantes des morts et des bâtiments rasés de la guerre des Balkans.

M. Clinton, qui n’a passé que sept heures ici, n’a pas eu une véritable réunion avec M. Eltsine ; ils n’ont eu que de brefs échanges en marge des cérémonies sur le contrôle des armements.

Ses seules rencontres avec d’autres dirigeants de la communauté internationale ont été ce que les responsables de la Maison-Blanche ont décrit comme deux brefs « apartés », l’un avec M. Izetbegovic et le président croate Franjo Tudjman, l’autre avec M. Kohl.

M. Clinton a rencontré les deux présidents des Balkans pendant une dizaine de minutes pour souligner l’importance que les États-Unis attachent à leur fragile union politique vieille de cinq mois, a déclaré un haut responsable de l’administration, familier de ce type de réunion.

M. Clinton a également dit aux Bosniaques que les États-Unis ne soutiennent pas une confédération « ou quelque chose comme ça » entre les Serbes de Bosnie et la République de Serbie, et que ceux qui l’ont dit ont déformé la position officielle américaine, a dit le responsable. Parmi les responsables américains qui ont laissé ouverte la possibilité d’une confédération, il y a Charles E. Redman, l’ambassadeur en Allemagne et un envoyé spécial dans les Balkans, mais de telles différences ont souvent affecté la politique des États-Unis à l’égard de la Bosnie.

Il y a quelques jours à peine, M. Clinton devait assister aujourd’hui au déjeuner officiel des chefs d’État. Au lieu de cela, la Maison-Blanche a accepté l’offre de Gundels, le restaurant hongrois le plus élégant de Budapest, de préparer le déjeuner pour M. Clinton et son entourage de 60 personnes en route vers Washington à bord d’Air Force One.

Source : The New York Times, Elaine Sciolino, 1994

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Notes

Notes
1 Voir notamment James Goldgeier, Not If But When : The US Decision to Enlarge NATO (Washington DC : Brookings Institution Press, 1999), pp. qui sont apparus dans des comptes rendus médiatiques contemporains et des débats d’opinion remarqués par Moscou.
2 Voir ses mémoires, My Journey at the Nuclear Brink (Stanford, CA : Stanford University Press, 2015), pp. 116 -129.
3 Bill Clinton, Ma vie (New York : Knopf, 2004), p. 636-637.
4 Pour la promesse de Clinton à Eltsine, voir Strobe Talbott, The Russia Hand : A Memoir of Presidential Diplomacy (New York : Random House, 2002), p. 137 ; pour « tout yin et pas de yang », p. 141 ; pour « plus jamais ça », p. 142.
5 Pour les points de discussion de Gore, voir Svetlana Savranskaya et Tom Blanton, « Expansion de l’OTAN : ce que Eltsine a entendu, » National Security Archive Electronic Briefing Book No. 621, 16 mars 2018, Document 16. Gore a déclaré que toute expansion de l’OTAN serait progressive , ouvert, et non en 1995 « lorsque vous aurez des élections législatives ». La métaphore du vaisseau spatial se trouve dans Strobe Talbott, The Russia Hand , p. 144.
6 Strobe Talbott, La main russe , p. 140.
7

Un livre à paraître de la professeure de Johns Hopkins Mary Sarotte, Not One Inch : America, Russia, and the Making of Post-Cold War Stalemate (New Haven : Yale University Press, 2021), soutient que le « changement » de Clinton contre le Le Partenariat pour la paix a considérablement augmenté le « coût par centimètre » de l’expansion de l’OTAN et a contribué à la tension et à l’impasse actuelles dans les relations américano-russes. Voir ME Sarotte, « Containment Beyond the Cold War: How Washington Lost the Post-Soviet Peace », Foreign Affairs , novembre-décembre 2021.

 

 

Source et Publication:   https://www.les-crises.fr

 

 

13/02/2022

RAID DJIHADISTE AU BÉNIN ! UN FRANÇAIS PARMI LES VICTIMES !

Un ancien militaire français parmi les six victimes décédées d’un raid djihadiste au Bénin

Des rangers et des soldats béninois ont été attaqués dans un parc national du Nord, mardi 8 février 2022. Un ancien militaire français a perdu la vie dans l’embuscade.

Le parc national du W couvre 8000 km2 au Bénin.
Le parc national du W couvre 8000 km2 au Bénin. | AFRICAN PARKS

Au moins six membres des forces de l’ordre béninoises ont trouvé la mort, mardi 8 février 2022, lors d’une embuscade dans un parc naturel transfrontalier géré par le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, a annoncé mercredi African Parks, une ONG sud-africaine de défense de l’environnement. African Parks gère le W National Park, un parc transfrontalier depuis 2017, dans le cadre d’un accord de dix ans avec le Bénin.

Le communiqué de l’entreprise précise que « dans l’après-midi du mardi 8 février, une équipe de rangers a été prise en embuscade dans le W National Park au Bénin, alors qu’elle effectuait une patrouille à la limite nord du parc, frontalière aux trois pays Bénin, Burkina Faso et Niger.

Le bilan provisoire fait état de six morts dont cinq parmi les rangers, et un agent des Forces Armées béninoises ainsi que d’une dizaine de blessés.

Des renforts des Forces Armées Béninoises et des écogardes supplémentaires ont actuellement été déployés sur le terrain. »

« Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement du Bénin et toutes les autorités locales pour assurer la sécurité de notre personnel et des communautés locales.

Nous adressons toutes nos sincères condoléances aux familles de ceux qui ont perdu la vie et vous tiendrons informés lorsque nous aurons de plus amples informations », est-il aussi indiqué dans ce document.

 

Un Français tué

Le bilan serait plus lourd selon des sources locales. Une dizaine de tués aurait été recensée et plusieurs rangers et militaires seraient portés disparus (capturés ?).

Parmi les tués figure un ancien militaire français de 50 ans, ancien adjudant-chef du 1er RPIMa et du 23e BIMa, qui avait été chef du département de lutte anti braconnage au sein d’African Parks, dans le cadre d’un contrat en RCA. Il aurait été recruté en 2018 pour ce contrat au Bénin.

L’opération a commencé par une attaque contre les rangers puis une embuscade a été tendue aux renforts militaires envoyés à la rescousse.

Des engins explosifs improvisés (IED) et des lance-roquettes de type RPG7 ont été utilisés par les assaillants contre la patrouille de rangers.

Plusieurs attaques ont été recensées dans le pays dont l’enlèvement en mai 2019 de deux touristes français dans le parc national de la Pendjari et le meurtre de leur guide local, l’attaque d’une police des frontières en février 2020 et l’arrestation d’un djihadiste en mars 2021 (parc de la Pendjari). La plus récente attaque djihadiste a eu lieu le 2 décembre dernier.

 

Source:   https://www.ouest-france.fr/