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31/12/2021

OTAN / RUSSIE / UKRAINE : LA FRANCE EST BIEN AUX ORDRES DE WASHINGTON !

LA FRANCE ET L' AFRIQUE FRANCOPHONE ! LE BILAN ........(( YVES MONTENAY )

 
Revue de Presse !
 
 

2001-2021. Quel bilan pour les relations entre la France et l’Afrique francophone ? Yves Montenay

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La France conserve des liens importants avec les anciens espaces colonisés d’Afrique, liens économiques et militaires mais aussi linguistiques.

Cela contribue à créer une relation spéciale, qui a beaucoup évolué au cours des vingt dernières années. Entretien avec Yves Montenay.

Ingénieur de formation, Yves Montenay a été consultant pour de nombreuses PME en Asie et en Afrique. Il a travaillé auprès de Léopold Sédar Senghor et a réalisé une thèse en démographie politique. Il a enseigné dans plusieurs établissements supérieurs, lui permettant de visiter régulièrement les différents pays africains.

L’arrivée de la Chine et la présence de plus en plus forte de la Russie donnent l’impression que la France est rejetée de son pré carré africain. Les soldats de Wagner sont présents en Centrafrique et l’hostilité à l’égard de la France se manifeste de façon fournie. Ces 20 dernières années n’ont-elles pas marqué la fin de la présence française sur le continent africain ?

Un mot d’abord sur la Centrafrique où l’activité concrète de Wagner devrait être mieux diffusée. D’abord, ils se sont distingués par des brutalités envers la population, ce qui est en train d’être documenté, et ensuite leur service n’est pas gratuit. Ils sont rémunérés par un prélèvement de 25 % sur les activités minières.

Les Maliens, qui sont habitués au « service gratuit » de la force Barkhane, et qui rêvent de voir arriver « nos amis russes » devront leur donner une partie de leur production, d’or notamment, ce qui signifie qu’il faudra employer la force dans les mines informelles.

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Mais attention, ce n’est pas du colonialisme, c’est de l’amitié ! Et puis, ils ne seront que quelques milliers, comme les Français. Il ne faudra donc pas compter sur eux pour occuper le terrain au nord. Alors à quoi serviront-ils ? Probablement de garde prétorienne aux dirigeants actuels, qui, rappelons-le, ont été formés à Moscou.

On s’en apercevra dès que la population demandera un peu de démocratie ou, plus simplement, sera déçue par l’absence de miracles sécuritaires ou économiques.

Afrique de l’Ouest (c) Wikipédia

Faut-il pour autant parler de la fin de la présence française sur le continent africain ?

La situation est extrêmement variable d’un pays à l’autre, et dans certains les difficultés de la France augmentent à toute vitesse.

Je suis plutôt pessimiste, car il s’agit d’une coupure générationnelle nourrie par des puissances, la Chine, la Russie et la Turquie pour se borner aux principales, qui sont parfaitement rodées aux opérations d’influence et y consacrent des moyens importants.

Cela dit la France a très peu d’intérêts économiques dans la région, notamment au Mali, et cela va être accentué par la vente des avoirs de Bolloré à un groupe suisse.

De plus, l’Afrique subsaharienne n’est pas du tout un bloc. Chaque pays est très différent du voisin, et je vais les classer en trois groupes :

Les pays côtiers, auxquels on peut rajouter le Congo Brazza et Madagascar sont à majorité ou à encadrement chrétien (sauf le Sénégal). Ils n’ont pas de problèmes graves avec la France, même si certains comportements peuvent agacer Paris, comme la tentation du Gabon pour le Commonwealth. Cela n’empêche pas ces pays d’avoir des problèmes internes aigus, particulièrement à Madagascar et au Cameroun, où le pouvoir réprime la partie anglophone (dont ils devraient à mon avis donner une autonomie au plus vite !). Et la partie musulmane de leur population n’est pas à l’abri de ce qui se passe au Sahel (Boko Aram compris pour les Cameroun) et de la propagande wahhabite,

La République Démocratique du Congo, qui est un monde à elle seule, avec ses 92 millions d’habitants. La francophonie semble y être bien implantée, notamment grâce à un important secteur scolaire chrétien, mais la politique y est imparfaite et on n’y est pas à l’abri d’une surprise.

Par exemple Kabila père avait décrété l’anglais langue officielle, ce qui n’a eu aucune conséquence pratique, avant que cette décision ne soit effacée (ce fut également le cas à Madagascar). Je ne connais pas de problème particulier entre la RD Congo et la France qui n’était pas la puissance colonisatrice.

Restent les pays du Sahel, et le cas particulièrement difficile du Mali, qui sont incapables de faire face à l’offensive djihadiste et dont la partie la plus bruyante de la population accuse la France de tous les maux. Néanmoins, j’ai des échos différents d’une autre partie de la population qui a des liens intellectuels ou de coopérations ou familiaux avec la France.

Dans les années 1990, l’ONU avait dressé des objectifs du millénaire pour l’Afrique. La France est très investie dans le développement du continent, via l’AFD et ses nombreuses ONG. Pourtant, ces aides semblent être un puits sans fond et aucun grand résultat ne semble être visible. A-t-on fait 20 ans d’aides pour rien ?

Je vais remonter plus en amont. On est passé insensiblement de la période coloniale à une période que l’on appelle néocoloniale.

Le terme est techniquement justifié, par contre sa connotation négative ne l’est pas du tout, puisqu’en général cette période néocoloniale a été la meilleure pour la majorité de ces pays, comme l’illustrent par exemple Madagascar et la Côte d’Ivoire.

J’ai été témoin de cette époque néocoloniale au cours de laquelle beaucoup d’administrateurs français sont passés de la position de cadre à celle de conseil.

Auparavant, et contrairement à ce qui se dit aujourd’hui, la fin de la période coloniale était celle d’un développement peut-être paternaliste, mais non d’un pillage, terme qui d’ailleurs n’a de réalité concrète que dans le domaine militaire et n’a pas de sens économique.

NB : l’étude économique de la colonisation et la critique de la notion de « pillage » sont développés dans mon livre 

Le mythe du fossé Nord-Sud, et comment on cultive le sous-développement

 

Et les pays qui ont coupé violemment avec la métropole comme la Guinée se sont écroulés.

Cette période néocoloniale s’est souvent terminée par des révolutions, des coups d’État ou des guerres civiles, laissant une situation très dégradée.

Cela a été particulièrement net à Madagascar, qui ne s’en est jamais relevée, et en Côte d’Ivoire où la prospérité qui était due en partie à la présence des PME françaises brutalement expulsées n’est pas complètement revenue.

Il est exact que cette période néocoloniale s’est également traduite par une influence politique de la France, qui s’est notamment traduite par des votes en sa faveur à l’ONU et par des interférences dans le choix des dirigeants des pays africains. Mais c’est une époque terminée depuis longtemps et les héritiers de l’influence politique française, par exemple au Gabon au Cameroun ou au Tchad sont libres, et d’ailleurs leur comportement autocratique est mal vu à Paris… qui toutefois n’intervient pas.

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Mais la propagande antifrançaise utilise cette période néo coloniale pour proclamer : « certes, nous sommes mal gouvernés, mais c’est parce que la France nous a imposé de mauvais gouvernants ».

On oublie que les indépendances ont maintenant environ 65 ans et que tous les intéressés ont disparu. On oublie également les succès économiques de cette période néo coloniale, surtout comparée à la situation d’aujourd’hui.

Donc l’usage de cet argument dans la propagande antifrançaise aujourd’hui s’appuie sur l’ignorance des jeunes générations.

Cette coupure générationnelle est aggravée par la scolarisation dans l’enseignement supérieur sur place, et non plus en France.

Il y a donc méconnaissance de cette dernière, sans parler du rôle de certains enseignants qui ont cherché à « se poser en s’opposant » ou à des cadres formés dans les pays hostiles évoqués plus haut, auxquels on peut ajouter les universités islamistes, dont celle de Riyad.

Le sentiment antifrançais des étudiants en provenant se colore d’une hostilité à la langue française (la « vraie » langue étant l’arabe) et à l’Occident « décadent » en général.

En Afrique noire, la France regarde surtout vers l’ouest : Côte d’Ivoire, Sahel, Sénégal. L’Afrique de l’Est et celle des Grands Lacs est-elle définitivement perdue pour la France ?

La France n’y a jamais été très présente, malgré la période « mondialiste et anglophone » du MEDEF.

D’ailleurs cette région, contrairement à sa réputation se développe plutôt moins bien que l’Afrique francophone, à l’exception du Ghana et du Kenya. Le poids lourd, l’Afrique du Sud, est certes le pays le plus développé d’Afrique, mais stagne depuis maintenant longtemps.

Le poids lourd démographique est le Nigéria, qui dispose théoriquement d’une manne pétrolière. Mais on sait que cette soi-disant manne est en fait un handicap qui exacerbe les rivalités tribales, nourrit la corruption et pèse sur le développement.

Tandis que la grosse moitié musulmane du pays, au nord, reste particulièrement sous-développée et en partie désorganisée par Boko Aram et ses rivaux.

La francophonie a-t-elle encore aujourd’hui le rôle qui était le sien en 2001 ?

Contrairement au Commonwealth, l’Organisation internationale de la francophonie n’a jamais eu d’objectifs économiques et se borne à une action culturelle.

Ce qui me paraît important, ce n’est pas cette organisation, mais la diffusion de la langue française. Cette dernière s’est beaucoup élargie depuis 2001, pour trois raisons.

La première est le progrès de la scolarisation en français et notamment des écoles privées de la maternelle à l’université. Certes, il n’y a pas d’écoles partout, et certaines ne sont composées que d’une classe unique encadrée par un instituteur mal payé, voire pas du tout et donc nourri par les parents. Mais il ne faut pas oublier le grand nombre d’écoles fonctionnant normalement.

La seconde est que la bourgeoisie locale en est de plus en plus souvent à la troisième génération scolarisée, ce qui fait du français sa langue maternelle. Le français n’est donc plus une langue étrangère pour cette bourgeoisie, mais la langue véritablement nationale.

La troisième raison, mieux connue, est la croissance démographique rapide de l’Afrique. Cette croissance démographique mènera l’ensemble des pays francophones vers 750 millions vers 2050, si les événements politiques ne viennent pas interrompre la scolarisation en français.

Enfin le milieu littéraire parisien et notamment celui des éditeurs auraient longtemps sous-estimé les écrivains francophones. Cette période semble terminée comme l’illustre l’attribution du dernier prix Goncourt à Mohamed Mbougar Sarr.

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Mais bien sûr, qui dit francophonie ne dit pas forcément francophilie. Les opposants à la France les plus virulents s’expriment en français.

Un mot sur l’Afrique du Nord

Le Maghreb approche les 100 millions d’habitants, auxquels on peut ajouter les quelque 100 millions d’Égyptiens. La croissance démographique jugée très rapide vue de France y est en fait plus faible qu’au sud du Sahara, où le seul Nigéria va bientôt dépasser l’ensemble de la région.

C’est par ailleurs la partie de l’Afrique la plus développée, bien que cette comparaison n’ait pas grand sens, vu les disparités régionales au nord comme au sud du continent

Au Maghreb, les trois pays, humainement et historiquement assez semblables, ont continué à diverger, mais les principales données n’ont pas changé depuis 2001 :

Un Maroc partant de plus bas que les autres, mais en progression solide avec une bonne base industrielle et agricole aux critères européens et une liberté politique et religieuse supérieure au reste du monde arabe, Tunisie exceptée. L’enseignement public est déplorable, mais le privé, largement francophone, avec néanmoins un progrès de l’anglais, fournit les cadres moyens. Sauf incident ponctuel, les relations avec la France sont bonnes,

Une Tunisie qui partage beaucoup de caractéristiques avec le Maroc, mais part de plus haut en matière de niveau de vie et de démocratie, malgré les échecs récents,

Une Algérie qui au contraire a du mal à se sortir du socialisme et du non-développement, les recettes pétrolières étant largement confisquées.

Ces recettes permettent une économie fondée sur les importations avec peu de production nationale, même si la privatisation de culture et une relative libéralisation industrielle ont permis de petits progrès. Bref, un échec économique et politique flagrant, dont la responsabilité est attribuée contre toute évidence à la France. Ce qui s’e

st traduit en économie par une éviction des exportations françaises au bénéfice notamment de la Chine et sur le plan culturel par une pression sur la partie francophone de la population.

Quant à l’Égypte, elle a quasiment fait un tour complet dans les 20 dernières années : la dictature militaire de Moubarak a fait place à une démocratisation qui a amené les Frères musulmans au pouvoir. Leur échec a généré une nouvelle contestation, qui s’est terminée par le retour de l’armée au pouvoir. La position de la France, prépondérante jusqu’en 1956, a été détruite par l’affaire de Suez et le socialisme nassérien a ruiné le pays, qui ne s’en est que partiellement remis et dont l’équilibre économique précaire ne tient qu’à une aide américaine, les redevances du canal de Suez, un peu de gaz et de pétrole et les envois des expatriés en Arabie Saoudite.

L’image de la France reste bonne, mais nos intérêts économiques ne sont pas très importants et la francophonie s’est réduite à une partie des milieux privilégiés.

Pour conclure, il est frappant de voir resurgir la diabolisation de la colonisation, alors que cette dernière à 60 ans et parfois beaucoup plus, et n’est donc pour rien dans les problèmes africains actuels.

Mais le fait est que cet argument a beaucoup plus de succès qu’au moment des indépendances, peut-être justement parce que les témoins ont disparu. Et qu’ils ne peuvent contredire les proclamations « anti coloniales » des concurrents de la France et de l’Occident en Afrique.

Cela alors que la Russie et la Turquie ont été longtemps des colonisateurs sanglants, et que la Chine n’a pas été tendre depuis avec les Manchous, les Mongols et les Tibétains, et plus récemment avec les Ouïghours.

 
 
 
Yves Montenay

Yves Montenay

 

Source et Publication : https://www.revueconflits.com

 

 

 

29/12/2021

FACE À L' OTAN , LA RUSSIE NE PEUT PLUS RECULER ......

 

Poutine : « Face à l’OTAN, la Russie ne peut plus reculer »

 


Poutine sur la crise en Ukraine

Réunion élargie du Conseil du ministère de la Défense, le 21 décembre 2021.


Source : en.kremlin.ru

Vidéo (extraits)


Transcription :

[…] Camarades officiers,

En nous appuyant sur nos bases solides et sur les puissantes réalisations en matière de recherche et de technologie de ces dernières années, nous devons absolument continuer à améliorer et à renforcer nos forces armées, et c’est exactement ce que nous ferons.

La situation militaro-politique dans le monde reste compliquée, avec un potentiel de conflit accru et de nouveaux foyers de tension dans plusieurs régions. En particulier, la croissance des forces militaires des États-Unis et de l’OTAN à proximité directe de la frontière russe et leurs exercices militaires majeurs, y compris imprévus, sont une source de préoccupation.

Il est extrêmement alarmant que des éléments du système de défense mondial américain soient déployés près de la Russie. Les lanceurs MK 41, qui sont situés en Roumanie et doivent être déployés en Pologne, sont adaptés pour le lancement des missiles de frappe Tomahawk.

Si cette infrastructure continue d’avancer, et si des systèmes de missiles américains et de l’OTAN sont déployés en Ukraine, leur temps de vol vers Moscou ne sera que de 7 à 10 minutes, voire de 5 minutes pour les systèmes hypersoniques. C’est un énorme défi pour nous, pour notre sécurité.

Dans ce contexte, comme vous le savez, j’ai invité le président américain à entamer des discussions sur la préparation d’accords concrets. Incidemment, au cours de notre conversation, il a en fait proposé de nommer des hauts fonctionnaires pour superviser ce domaine.

C’est en réponse à sa proposition que nous avons rédigé nos propositions visant à empêcher la poursuite de l’expansion vers l’Est de l’OTAN et le déploiement de systèmes de frappe offensive dans les pays voisins de la Russie.

Comme vous le savez, nous avons envoyé les projets d’accords pertinents à nos collègues américains et à la direction de l’OTAN.

Nous avons besoin de garanties juridiquement contraignantes à long terme. En fait, nous savons très bien que même les garanties juridiques ne peuvent pas être totalement infaillibles, car les États-Unis se retirent facilement de tout traité international qui a cessé de les intéresser pour une raison quelconque, offrant parfois des explications et parfois non, comme l’était le cas avec le Traité ABM et le Traité Ciel Ouvert – rien du tout.

Cependant, nous avons besoin d’au moins quelque chose, au moins un accord juridiquement contraignant plutôt que de simples assurances verbales. Nous connaissons la valeur de telles assurances verbales, de ces belles paroles et promesses. Prenez le passé récent, à la fin des années 80 et au début des années 90, quand on nous a dit que nos inquiétudes concernant l’expansion potentielle de l’OTAN vers l’Est étaient absolument sans fondement. Et puis nous avons vu cinq vagues d’expansion du bloc vers l’Est. Vous vous souvenez comment c’est arrivé ? Vous êtes tous des adultes. Cela s’est produit à une époque où les relations de la Russie avec les États-Unis et les principaux États membres de l’OTAN étaient sans nuage, nous étions pour ainsi dire complètement alliés.

Je l’ai déjà dit en public et je vous le rappelle encore : des spécialistes américains étaient présents en permanence dans les installations d’armement nucléaire de la Fédération de Russie. Ils allaient à leur bureau là-bas tous les jours, avaient des bureaux et un drapeau américain. N’était-ce pas suffisant ? Quoi d’autre est requis ? Des conseillers américains travaillaient au sein du gouvernement russe, des officiers de carrière de la CIA donnaient leurs conseils. Que voulaient-ils d’autre ? Quel était l’intérêt de soutenir le séparatisme dans le Caucase du Nord, et même de soutenir Daech – enfin, pas Daech, mais il y avait d’autres groupes terroristes. Ils ont manifestement soutenu les terroristes. Pourquoi ? Quel était l’intérêt d’élargir l’OTAN et de se retirer du Traité ABM ?

Ils sont à blâmer pour ce qui se passe actuellement en Europe, pour l’escalade des tensions là-bas. La Russie devait réagir à chaque pas et la situation allait de mal en pis.

Elle se détériorait tout le temps

. Et nous voici aujourd’hui, dans une situation où nous sommes obligés de la résoudre : après tout, nous ne pouvons pas permettre le scénario que j’ai évoqué. Est-ce que quelqu’un est incapable de comprendre cela ? Cela devrait être clair.

Parfois je me demande : pourquoi ont-ils fait tout cela dans les conditions d’alors ? Ce n’est pas clair.

Je pense que la raison réside dans l’euphorie suscitée par la victoire dans la soi-disant guerre froide ou la soi-disant victoire dans la guerre froide.

Cela était dû à leur mauvaise évaluation de la situation à ce moment-là, en raison de leur analyse non professionnelle et erronée des scénarios probables. Il n’y a tout simplement pas d’autres raisons.

Je tiens à souligner à nouveau : nous n’exigeons pas de conditions exclusives particulières pour nous-mêmes. La Russie défend une sécurité égale et indivisible dans toute l’Eurasie.

Naturellement, comme je l’ai déjà noté, si nos collègues occidentaux poursuivent leur ligne manifestement agressive, nous prendrons les mesures réciproques militaro-techniques appropriées et nous répondrons avec fermeté à leurs démarches hostiles. Et je voudrais souligner que nous avons pleinement droit à ces actions qui visent à assurer la sécurité et l’indépendance de la Russie.

Comme nous le savons bien, ils opèrent à des milliers de kilomètres de leur territoire national sous différents prétextes, dont la nécessité d’assurer leur propre sécurité.

Lorsque le droit international et la Charte des Nations Unies se mettent en travers de leur chemin, ils les déclarent obsolètes et inutiles.

Cependant, lorsque quelque chose répond à leurs intérêts, ils se réfèrent immédiatement aux normes du droit international, à la Charte des Nations Unies, au droit international humanitaire, etc. J’en ai assez de leurs manipulations.

À cet égard, comme je l’ai déjà dit, il est important de poursuivre le développement systématique, planifié et régulier des forces armées, y compris conformément à leurs priorités, énoncées dans la dernière version de la Stratégie de Sécurité Nationale et du Concept visant à la construction et au développement des forces armées jusqu’en 2030.

L’année prochaine, nous devrons nous concentrer sur les tâches principales suivantes.

Premièrement, il est nécessaire de poursuivre l’achat planifié et équilibré d’armes et d’équipements modernes pour les unités militaires et de consacrer une attention particulière aux livraisons de systèmes de haute précision, de systèmes de reconnaissance, de navigation, de communication et de contrôle de pointe.

Deuxièmement, les programmes d’entraînement au combat et tactique devraient donner la priorité aux efforts visant à maîtriser les armes modernes, ainsi que les nouvelles formes et méthodes d’opérations de combat. Dans ce cadre, les programmes d’entraînement au combat devraient être modifiés, afin qu’ils puissent être pris en compte lors des exercices de l’année prochaine, dont l’exercice de poste de commandement stratégique Vostok 2022.

Troisièmement, le succès total dans de nombreux domaines dépend désormais directement d’une prise de décision réfléchie et rapide. Dans le domaine militaire, lors des opérations de combat, les décisions se prennent en quelques minutes voire quelques secondes.

Il est donc nécessaire de développer des systèmes d’aide à la prise de décision des commandants à tous les niveaux, notamment au niveau tactique, et d’introduire des éléments d’intelligence artificielle dans ces systèmes.

Quatrièmement, il va sans dire que des algorithmes opérationnels efficaces devraient être établis à tous les niveaux, et des systèmes automatiques avancés devraient également être introduits. En même temps, nous pouvons voir que les conflits militaires modernes ne se déroulent pas selon des schémas préétablis.

Comme auparavant, les commandants jouent un rôle clé dans ces conflits. Beaucoup dépend de leurs connaissances, de leur expérience, de leurs qualités personnelles, et ceux qui prennent des décisions vraiment non conventionnelles gagnent des batailles. Par conséquent, lors de l’entraînement opérationnel et au combat, il est nécessaire de former des commandants polyvalents qui possèdent des connaissances dans tous les domaines. Ils devraient être répertoriés dans la réserve de personnel des principaux commandants militaires, et il est nécessaire de les surveiller dès maintenant, de les guider et de leur offrir des opportunités de promotion ultérieure.

Et, enfin, voici le cinquième aspect. Compte tenu de la complexité de la situation internationale, il est nécessaire de développer la coopération militaire et militaro-technique avec les États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai et de l’Organisation du traité de sécurité collective et d’accorder une attention particulière au renforcement des capacités de défense de l’État de l’Union russo-biélorusse. […]

De manière informelle, j’aimerais ajouter quelques mots à ce que le ministre de la défense a dit et à mes propres remarques liminaires. Tout le monde en parle et, bien sûr, principalement les Forces armées.

Je fais référence à nos documents, nos projets de traités et d’accords pour assurer la stabilité stratégique que nous avons envoyés aux dirigeants des États-Unis et de l’OTAN.

Nous voyons déjà que certains de nos détracteurs les interprètent comme l’ultimatum de la Russie. Est-ce un ultimatum ou pas ? Bien sûr que non.

Pour rappel : tout ce que nos partenaires – appelons-les ainsi – les États-Unis ont fait au cours des années précédentes, soi-disant assurant leurs intérêts et leur sécurité à des milliers de kilomètres de leur territoire national – ils ont fait ces choses dures, les choses les plus audacieuses, sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU.

Quel était le prétexte pour bombarder la Yougoslavie ? Est-ce que c’était autorisé par le Conseil de sécurité, ou quoi ? Où sont la Yougoslavie et où sont les États-Unis ?

Ils ont détruit le pays.

En effet, il y avait un conflit interne, ils avaient leurs propres problèmes, mais qui leur a donné le droit de mener des frappes aériennes contre une capitale européenne ? Personne.

Ils ont juste choisi de le faire, et leurs Etats-satellites couraient derrière eux en jappant. Voilà pour le droit international.

 

Sous quel prétexte sont-ils allés en Irak ? C’était que l’Irak développait des armes de destruction massive. Ils sont entrés, ont détruit le pays, créé un foyer de terrorisme international, puis il s’est avéré qu’ils avaient fait une erreur : « Les renseignements nous ont fait défaut. » Wow ! Ils ont détruit un pays.

Nos services d’intelligence ont échoué – c’est tout ce qu’ils avaient à dire pour justifier leurs actions. Il s’est avéré qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive là-bas. Au contraire, tout avait été détruit comme convenu.

Comment sont-ils allés en Syrie ? Avec l’autorisation du Conseil de sécurité ? Non. Ils font tout bonnement tout ce qu’ils veulent. Cependant, ce qu’ils font, essaient ou prévoient de faire en Ukraine ne se passe pas à des milliers de kilomètres de notre frontière nationale.

C’est à la porte de notre maison. Ils doivent comprendre que nous n’avons tout simplement nulle part où nous retirer.

Il y a des experts ici, assis avec nous, je reste en contact permanent avec eux. Les États-Unis ne possèdent pas encore d’armes hypersoniques, mais nous savons quand ils en auront. Cela ne peut pas être caché.

Tout est enregistré, les tests réussis comme les tests infructueux.

Nous avons une idée assez claire du moment où cela pourrait arriver. Ils installeront des armes hypersoniques en Ukraine et les utiliseront ensuite comme couverture – cela ne veut pas dire qu’ils commenceront à les utiliser demain, car nous avons déjà Tsircon et eux pas – pour armer les extrémistes d’un État voisin et les inciter contre certaines régions de la Fédération de Russie, comme la Crimée, lorsqu’ils penseront que les circonstances leur sont favorables.

Pensent-ils vraiment que nous ne voyons pas ces menaces ? Ou pensent-ils que nous resterons les bras croisés à regarder émerger des menaces contre la Russie ?

C’est le problème : nous n’avons tout simplement pas de place pour battre en retraite.

Telle est la situation.

 

Les conflits armés et les effusions de sang ne sont absolument pas notre choix. Nous ne voulons pas que les événements se déroulent ainsi. Nous voulons utiliser des moyens politiques et diplomatiques pour résoudre les problèmes, mais nous voulons au moins disposer de garanties juridiques clairement formulées.

C’est l’objet de nos propositions. Nous les avons consignées sur papier et envoyées à Bruxelles et à Washington, et nous espérons recevoir une réponse claire et complète à ces propositions.

Il y a certains signaux que nos partenaires semblent prêts à travailler là-dessus. Mais il y a aussi le danger qu’ils tentent de noyer nos propositions dans des vaines discussions, ou dans un marécage, pour profiter de cette pause et faire ce qu’ils veulent.

Que ce soit clair pour tout le monde : nous en sommes conscients, et cette tournure des événements, ces évolutions, ne fonctionneront pas pour nous.

Nous attendons avec impatience des pourparlers constructifs et significatifs, avec un résultat visible – et dans un délai précis – qui garantirait une sécurité égale pour tous.

C’est ce que nous nous efforcerons d’atteindre, mais nous ne pourrons le faire que si les Forces armées se développent correctement.

Au cours des dernières années, nous avons réussi à gérer cela et nous avons atteint un bon niveau de préparation au combat. J’en ai parlé et le ministre vient d’en faire rapport. Nous avançons à un rythme décent – ​​le genre de rythme dont nous avons besoin.

Il y a des questions qui nécessitent plus d’attention, comme la production, que nous t

raitons de façon continue. Comme vous le savez peut-être, nous nous réunissons à Sotchi deux fois par an.

Pourquoi Sotchi ? Ce n’est pas à cause du beau temps, mais parce que tout le monde s’y rend et que nous y éliminons les distractions telles que les affaires de routine pour nous concentrer sur l’industrie de la défense et le développement des forces armées.

Ces réunions sont très significatives et efficaces.

Je le répète, il y a beaucoup de questions, mais nous sommes pleinement dessus.

J’espère vivement que nous continuerons à maintenir ce rythme alors que nous progressons dans nos efforts pour assurer la sécurité de la Russie et de ses citoyens.

Merci beaucoup. Bonne année !

Source : en.kremlin.ru


Traduction : lecridespeuples.fr

 

ET AUSSI

 

Lavrov: « L’Otan se comporte de manière assez étrange »

 

Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, pour la chaîne YouTube Soloviev Live, Moscou, 27 décembre 2021


Source : https://mid.ru/fr/foreign_policy/news/1792420/


Vladimir Soloviev: Nous sommes actuellement comme des oiseaux à trois ailes. Notre Ministère des Affaires étrangères agit sur trois axes: la communication avec les partenaires américains; avec l’Otan; et avec les Européens, quel que soit le nom qu’ils se donnent (l’OSCE est un peu plus large que la seule dénomination « Européens »). Quel est l’élément principal de ce dialogue difficile, que nous avons entamé avec des méthodes totalement inhabituelles pour la diplomatie russe traditionnelle? Il s’avère que c’est très efficace. Quelle est l’orientation principale?

Sergueï Lavrov: L’essentiel, comme l’a dit le Président russe Vladimir Poutine, est qu’il n’y ait pas de bavardage, que nos propositions ne s’enlisent pas dans des discussions sans fin, ce que l’Occident sait faire et ce pour quoi il est réputé. Pour que tous ces efforts diplomatiques donnent un résultat.

Et un résultat dans un laps de temps bien défini. Nous ne lançons pas d’ultimatums, mais nous n’avons pas besoin non plus de négociations sans fin, au cours desquelles l’Occident recommencera à faire des promesses ambiguës, qu’il ne tiendra pas à coup sûr. Les États-Unis sont le principal pays avec lequel nous négocions. C’est avec les États-Unis que nous tiendrons le principal cycle de négociations, qui commencera dès la fin des vacances du Nouvel An.

Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l’Otan et président du Conseil Otan-Russie, a suggéré (manifestement à la demande des États-Unis) qu’une réunion du Conseil Otan-Russie se tienne immédiatement après, littéralement un jour plus tard. Cette forme d’organisation reflète les projets que nous avons proposés et présentés aux Américains et à l’Otan.

Je veux parler de l’accord sur les garanties de sécurité entre les États-Unis et la Russie et de l’accord entre l’Otan et la Russie sur la limitation des risques et des menaces sur le théâtre européen (par un théâtre d’opérations militaires, j’espère).

Ces accords contiennent des propositions très concrètes. Vous avez vu ces documents. Ils portent sur la manière dont nous envisageons une configuration moins dangereuse des forces du côté de l’Otan et du côté de la Fédération de Russie et de nos alliés.

Vladimir Soloviev: Qui va mener les négociations?

Sergueï Lavrov: Les négociations seront menées par une délégation interministérielle avec la participation du Ministère des Affaires étrangères et des militaires. En ce qui concerne les États-Unis, il n’y a pas de malentendu.

En ce qui concerne l’Otan, nous les avons prévenus que dans la mesure où ils ont gelé pratiquement toutes les activités sur la thématique militaire depuis 2014 et qu’ils se sont limités à des appels téléphoniques occasionnels au chef de l’état-major général, la conversation n’aura de sens qu’avec une participation directe des militaires. Les militaires seront représentés à haut niveau dans notre délégation. Nous leur avons demandé de confirmer si nous avions bien compris qu’ils feraient la même chose de leur côté. Nous attendons une réponse.

Vladimir Soloviev: L’Otan, justement, se comporte de manière assez étrange. D’une manière générale, nous ne communiquons pas avec eux – pas du tout, en fait. Ils ont expulsé nos représentants. Les contacts ont été presque entièrement détruits. Ce que Jens Stoltenberg s’est permis de dire a provoqué une crise internationale. Il a déclaré que, le cas échéant, ils seraient prêts à déployer l’infrastructure nucléaire de l’Otan à l’Est de l’Allemagne. Le Président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a répondu, après quoi on a commencé à formuler des prétentions à son égard.

Sergueï Lavrov: Oui, Jens Stoltenberg a un caractère « nordique ». Il s’exprime sans trop de circonvolutions. C’est vrai, oui.

Vladimir Soloviev: Comment communiquer avec lui?

Sergueï Lavrov: Cette communication ne se fera pas avec lui. Une fois encore, je voudrais dire que nous avons proposé un traité entre la Russie et l’Otan. Il n’est absolument pas nécessaire, bien qu’il ne soit pas interdit, que ce traité soit préparé dans le cadre du Conseil Otan-Russie. Le négociateur ne sera pas Jens Stoltenberg, qui est globalement le chef administratif du secrétariat de l’Alliance de l’Atlantique Nord.

Il s’agira des membres clés du bloc, principalement des États-Unis. Ce n’est pas pour rien que le Président des Etats-Unis Joe Biden a réagi à notre initiative dans les jours qui ont suivi sa présentation. Il a mentionné le cercle des négociateurs: « Les Etats-Unis + les quatre principaux Etats occidentaux ».

Les autres membres de l’Otan et même l’Ukraine ont immédiatement réagi en déclarant qu’ils avaient l’obligation de participer à ces négociations. Pour nous, ce qui compte, ce n’est pas la forme du contact avec l’Otan mais le fond des négociations.

Tout d’abord, la nécessité de parler au niveau militaire de manière professionnelle et responsable.

Vladimir Soloviev: L’Otan est, de l’extérieur, une structure très amorphe. Ils disent: qu’attendez-vous de nous? Nous avons besoin d’un consensus entre les pays.

Sergueï Lavrov: Cela ne nous intéresse pas. C’est leur problème interne. Nous ne sommes pas intéressés par ce que contient le traité de Washington, notamment l’article 5 qui impose de défendre tous les membres. Si l’Otan était une alliance défensive, comme Stoltenberg ne cesse de le répéter à « tous les coins de rue », l’organisation ne se serait pas étendue vers l’Est. L’Otan, aujourd’hui, est un pur projet géopolitique pour s’emparer de territoires qui semblaient « abandonnés » après la disparition du Pacte de Varsovie et la chute de l’Union soviétique. Voilà quelle est la nature de leur activité. Le fait qu’ils « mettent la main », comme l’a dit le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, sur le « seuil de notre maison », ne peut pas nous laisser indifférents.

Vladimir Soloviev: Qu’en est-il du droit qu’ils ont eux-mêmes proclamé pour chaque pays de choisir lui-même ses alliés? Ils essaient en permanence de nous le « faire avaler ».

Sergueï Lavrov: Ils essaient, d’une certaine manière, de se soutenir. Il s’agit d’une tentative sans scrupules d’utiliser, avec des « moyens impropres », un document qui est le fruit d’un compromis dont on ne peut retirer une seule brique car alors tout le compromis s’écroulerait. C’est exactement ce qui est fait. Même la Charte de Paris pour une nouvelle Europe de 1990 stipule que chaque État a le droit de choisir les méthodes par lesquelles il entend garantir sa sécurité, notamment par l’adhésion à des alliances. Mais elle précise également que cela doit se faire dans le respect du principe d’indivisibilité de la sécurité.

Vladimir Soloviev: C’est-à-dire que, comme l’a dit le Président russe Vladimir Poutine sur le thème du gaz, « ils mentent encore »?

Sergueï Lavrov: C’est une demi-vérité, ce qui est certainement pire qu’un mensonge direct car ils essaient de faire en sorte que leur position soit juridiquement irréprochable. Bien que le terme « juridiquement » ne soit pas approprié ici. Tous ces documents – la Charte de Paris pour une nouvelle Europe et les documents du sommet d’Istanbul de l’OSCE de 1999 – sont des engagements politiques.

Il en va de même pour l’Acte fondateur Otan-Russie de 1997, qui est également un document politique. Tous ces engagements politiques, solennellement proclamés à haut niveau, de ne pas renforcer sa sécurité au détriment de celle des autres, de ne pas déplacer les infrastructures militaires, de ne pas déployer de forces de combat substantielles ont été détruits de manière répétée et constante, y compris, comme l’a dit le Président russe Vladimir Poutine, par la quintuple expansion de l’Otan contraire à toutes les promesses.

C’est pourquoi nous n’insisterons désormais (il ne peut y avoir d’autre solution) que sur des garanties de sécurité juridiquement contraignantes: « Fais confiance, mais vérifie ».

Vous avez mentionné l’OSCE – la façon dont cette organisation veut se positionner est un sujet à part. En 1975, lors de la signature de l’Acte final d’Helsinki (il s’agissait alors encore de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe), le président américain Gerald Ford avait déclaré solennellement, je dirais même avec grandiloquence: « L’histoire jugera cette conférence non pas par ce que nous disons ici aujourd’hui, mais par ce que nous ferons demain, non pas par les promesses que nous faisons, mais par celles que nous tiendrons ».

Vladimir Soloviev: Des paroles pleines de sagesse.

Sergueï Lavrov: Je dirais même « des paroles en or ». Nous sommes guidés par ce testament de l’un des plus grands présidents américains.

Vladimir Soloviev: Dans le même temps, Jens Stoltenberg affirme « nous n’avons jamais promis à la Russie que l’Otan ne s’étendrait pas vers l’Est, Gorbatchev me l’a dit lui-même ».

Après quoi je montre la vidéo à Gorbatchev qui dit : « Comment peuvent-ils dire qu’ils n’ont rien promis?

James Baker me l’a promis le 9 février 1990. Voilà, ils l’ont dit, c’était enregistré, il y a des transcriptions ». Pour ces personnes, seul ce qui est écrit sur le papier a un sens. Ils nous ont promis, au moins quelque part, que l’Otan ne s’étendrait pas vers l’Est. C’est bien le genre de narration que les Américains ne cessent de répéter.

Sergueï Lavrov: Bien sûr qu’ils l’ont promis. Récemment, j’ai lu quelque part les souvenirs d’un diplomate anglais qui avait participé aux pourparlers, y compris ceux liés à la réunification de l’Allemagne et aux thèmes qui s’étaient « enroulés » autour de l’Allemagne unie dans le contexte de l’Otan, les armes nucléaires, qui ne devaient pas se situer à l’Est de la ligne où elle suivait à l’époque.

Il dit que, oui, ils ont vraiment promis que l’Otan ne s’étendrait pas, mais bien sûr, ils ne le pensaient pas.

Ils étaient tirés en avant par la chance historique de « construire » une nouvelle Europe sans affrontements, etc. Zbigniew Brzeziński, dans une conversation avec l’un de ses collègues, a dit sans ambages: « We tricked them » – « Nous les avons piégés ».

Vladimir Soloviev: Au temps de Boris Eltsine, nous-mêmes n’avions demandé aucun engagement écrit, au contraire, nous avions convenu lors d’une visite en Pologne que…

Sergueï Lavrov: C’est tout ce qu’il y avait dans nos relations avec l’Occident lorsque l’Union soviétique a disparu et qu’une nouvelle relation s’est construite – le Président russe Vladimir Poutine l’a dit à de nombreuses reprises. Il y avait un niveau de confiance absolument sans précédent, un niveau de volonté d’être amis, un désir de devenir presque alliés, comme le rappelle périodiquement Vladimir Poutine. Mais tout cela, nous le comprenons maintenant très bien, était une erreur. Vous ne pouvez pas prendre ces gens au mot.

Vladimir Soloviev: Un homme qui fut un jour à la tête du Ministère russe des Affaires étrangères, aujourd’hui retraité de Floride du nom d’Andreï Kozyrev, a fait remarquer avec condescendance que la Russie aurait déjà dû rejoindre l’Otan. Pourquoi la Russie ne veut-elle pas rejoindre la famille des nations civilisées?

Sergueï Lavrov: Pour beaucoup de nos hommes politiques, avant tout d’opposition, l’Occident est un idéal totalement parfait, un leader incontestable à suivre en tout. Ils ne voient aucun vice dans l’Occident, ils ne voient aucun « dommage » dans ce que l’Occident fait dans le monde, en détruisant des pays, des États.

Certains souhaitent simplement se soumettre à ce qui se passe. Pourquoi traverser l’océan pour aller en Floride? C’est une lecture quotidienne. L’administration présidentielle nous fournit une telle revue de presse, avec des articles provenant de tous les médias russes, y compris Meduza, Republic, et Novaya Gazeta. Et voilà, dans ces publications…

Vladimir Soloviev: Boulgakov avait pourtant dit : « Ne lisez pas… »

Sergueï Lavrov: Ils ne sont pas communistes…

Vladimir Soloviev: Ils sont les mêmes en essence, mais avec une pensée opposée.

Sergueï Lavrov: J’ai compris il y a longtemps qu’aujourd’hui, comme à l’époque soviétique, j’avais appris à lire les gros titres et à comprendre de quoi il s’agissait.

On peut faire de même avec de nombreux médias de masse aujourd’hui. Il y a eu, par exemple, des déclarations panégyriques à la fois dans Republic et Novaya Gazeta. L’une de nos figures d’opposition bien connue a décrit ce que l’Occident a tenté de présenter comme une crise à la frontière avec l’Ukraine au printemps dernier, lors d’un nouvel exercice (il y avait eu un tollé mondial à l’époque).

Puis les exercices ont pris fin et les troupes sont retournées à leurs lieux de stationnement permanent. Il a été déclaré: « Voilà, vous voyez comment Vladimir Poutine a eu peur. Joe Biden l’a appelé et immédiatement les troupes ont été retirées ».

Ce texte a été écrit par une personne sérieuse qui a fait partie de notre système politique et qui était considérée comme intéressante (vous l’avez d’ailleurs reçu dans certains débats). Puis il y a eu un grand article dans Novaya Gazeta avec le titre « Le sort d’un paria. Où va la politique étrangère de la Russie ». Naturellement, il s’agissait de la Fédération de Russie qui « bafouillait », incapable d’accepter le fait qu’elle devait occuper sa « place » dans les relations internationales. Elle a perdu la Guerre froide et c’est tout.

Elle aurait dû se comporter de manière plus modeste après cela. Rester là où elle s’était retrouvée après cette défaite. À titre de parallèle historique, d’exemple historique, il est fait référence à l’Allemagne et au Japon après la Seconde Guerre mondiale. Ils ont perdu, ils l’ont accepté et ont reçu une « belle démocratie ».

Cet article est écrit par un ancien vice-Ministre des Affaires étrangères de l’époque que vous mentionnez. Il avait d’ailleurs participé activement à nos négociations sur les îles Kouriles avec Tokyo.

Vladimir Soloviev: Ce n’est pas étonnant.

Sergueï Lavrov: Beaucoup ont eu de telles « errements ». C’est une chose assez grave que de voir dans l’Occident une vérité de dernière instance.

Vladimir Soloviev: Beaucoup de gens ont eu ce genre d’errements. Mais au tout début du mandat présidentiel de Vladimir Poutine, il a déclaré que « nous ne verrions pas d’inconvénient » à accepter d’autres conditions pour rejoindre l’Otan, sur un pied d’égalité, dans le cadre d’un partenariat. Ces conditions nous sont-elles proposées? Est-il possible pour la Russie de rejoindre l’Otan?

Sergueï Lavrov: Bien sûr que non. Je ne visualise pas une telle situation, car tout le processus ne tourne pas autour de l’Otan ou de l’Union européenne. Il tourne autour du fait que l’Occident ne veut pas avoir de rivaux plus ou moins comparables en influence sur l’arène internationale. D’où l’hystérie suscitée par la montée en puissance de la Chine. Elle s’est hissée en acceptant les règles du jeu que l’Occident avait introduites dans l’économie mondiale, la finance mondiale. Et dans le cadre de cette mondialisation, selon les règles de l’Occident, elle a surclassé l’Occident sur son propre « terrain ». Maintenant, Washington et Bruxelles, demandent de changer toutes les règles de l’OMC, de réformer l’Organisation mondiale du commerce. Ils disent carrément que l’Amérique et l’Europe doivent le faire. Le reste d’entre nous n’a pas besoin d’y penser. Nous vous dirons ce qu’il faut faire plus tard. Je ne vois même pas d’idéologie ici. Le Président russe Vladimir Poutine a dit à plusieurs reprises qu’il ne s’agit pas tant d’une idéologie que d’une lutte d’influence.

Vladimir Soloviev: Napoléon disait que la guerre était avant tout une question de géographie. La politique est avant tout une question de géographie.

Sergueï Lavrov: Oui, c’est le cas.

Vladimir Soloviev: Nous sommes donc les ennemis? C’est-à-dire que pour l’Otan nous sommes l’ennemi à abattre?

Sergueï Lavrov: La forme que peut prendre cette vie, cette géographie, peut aussi être appelée hostilité.  Mais il peut aussi s’agir de rivalité et de concurrence. Si l’Occident s’engageait dans une concurrence loyale, je pense que ce serait la meilleure façon de sortir de la confrontation actuelle.

Vladimir Soloviev: Ce ne serait plus l’Occident.

Sergueï Lavrov: Ce ne serait plus l’Occident. Aujourd’hui ils veulent changer les règles de la mondialisation et de l’Organisation mondiale du commerce simplement parce que la Chine est leader sur la base de ces règles. Si la Chine maintient le rythme actuel, alors elle sera la première puissance en 2030 selon tous les indicateurs.

Vladimir Soloviev: Puisque nous avons évoqué l’OMC, comment avons-nous pu, comment n’avons-nous pas honte: ils nous ont imposé des sanctions et au lieu de tomber et de pleurer, nous avons riposté. Maintenant ils disent qu’ils ont compté combien d’argent nous leur devions.

Sergueï Lavrov: Ce n’est pas l’OMC qui le fait.

Vladimir Soloviev: L’OMC est sollicitée.

Sergueï Lavrov: L’Organisation mondiale du commerce doit suivre ses procédures.

Elle est aujourd’hui paralysée de manière significative. L’organe de règlement des différends était incapable de fonctionner et ne travaillait plus jusqu’à récemment.

Lorsque les Chinois ont inondé l’organe de plaintes parfaitement valables et équitables contre les États-Unis en matière de concurrence déloyale, les États-Unis, par le biais d’astuces procédurales, ont commencé à empêcher l’organe de pourvoir les postes vacants, et celui-ci n’avait plus de quorum.

A suivre


Source:   https://mid.ru/fr/foreign_policy/news/1792420/

GÉOPOLITIQUE: STOP À L' EXPENSION DE L' OTAN SUR L' EST DE L' EUROPE !

29.décembre.2021 // Les Crises
 

Poutine fixe une nouvelle ligne rouge à l’expansion de l’OTAN

 
 

Depuis qu’elle s’est engagée à ne pas étendre ses activités ne serait-ce que d' »un pouce » au delà de l’Allemagne, l’alliance se retrouve 1000 kilomètres plus près de la Russie.

Source : Responsible Statecraft, Ted Snider


Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Il est possible de réellement quantifier la malhonnêteté de Washington. Quelle en est son ampleur ? Elle est de près de 1 000 km.

En 1990, selon des documents déclassifiés, le secrétaire d’État James Baker a assuré au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce » à l’est de l’Allemagne. Il y a trente ans, c’était la ligne rouge de la Russie.

Le 2 décembre, cette ligne rouge est passée d’un pouce à 1 000 km, Vladimir Poutine ayant déclaré qu’il souhaitait désormais obtenir la promesse que l’OTAN ne s’étendrait pas plus loin à l’est vers l’Ukraine.

Depuis ces assurances, l’OTAN a progressé à travers la Hongrie, la République tchèque, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Albanie, la Croatie, le Monténégro et la Pologne. 1 000 kilomètres de promesses non tenues ont amené les États-Unis et l’OTAN à la frontière de l’Ukraine.

Le 1er septembre, le président Biden a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche. Biden a utilisé des mots codés pour parler de l’empiètement de l’OTAN lorsqu’il a promis son « soutien aux aspirations euro-atlantiques de l’Ukraine » et un soutien américain pour que l’Ukraine « soit complètement intégrée en Europe ».

Il a ensuite annoncé « un nouveau programme d’aide à la sécurité d’un montant de 60 millions de dollars » qui s’ajoutent aux 400 millions de dollars d’aide à la sécurité que les États-Unis ont déjà fournis à l’Ukraine cette année.

Après avoir reculé de 1 000 km par rapport à la ligne rouge de Gorbatchev, Poutine a tracé une nouvelle ligne rouge le 2 décembre, demandant des « garanties de sécurité fiables et à long terme ».

Ces garanties « excluraient toute nouvelle avancée de l’OTAN vers l’est et le déploiement de systèmes d’armes qui nous menacent à proximité immédiate du territoire russe. »

Poutine est parfaitement conscient que la ligne rouge s’est déplacée de 1 000 km vers l’est.

Lors de la conférence de Munich sur la politique de sécurité en 2007, Poutine a demandé au monde : « Et qu’est-il advenu des assurances données par nos partenaires occidentaux après la dissolution du pacte de Varsovie ? Où sont ces déclarations aujourd’hui ? Personne ne s’en souvient.

Mais je vais me permettre de rappeler à ce public ce qui a été dit. Je voudrais citer le discours du Secrétaire général de l’OTAN, M. Woerner, prononcé à Bruxelles le 17 mai 1990.

Il a déclaré à l’époque que « le fait que nous soyons prêts à ne pas placer une armée de l’OTAN en dehors du territoire allemand donne à l’Union soviétique une solide garantie de sécurité.  » Où sont ces garanties ? »

Les garanties étaient une tromperie, et la ligne rouge s’est déplacée de plusieurs centaines de kilomètres et est devenue une menace.

Sept ans plus tard, dans son bilan de 2014, le ministère russe des Affaires étrangères notait que « l’expansion continue vers l’est [et] les vagues successives d’élargissement de l’OTAN [sont] contraires aux assurances émises au plus haut niveau. »

En 2015, la stratégie de sécurité nationale de la Russie notait que « l’expansion continue de l’OTAN et le rapprochement de son infrastructure militaire des frontières de la Russie, tout cela crée une menace pour la sécurité nationale. »

La première garantie a été donnée le 9 février 1990, lorsque le secrétaire d’État Baker a assuré à Gorbatchev que si l’OTAN obtenait l’Allemagne et que la Russie retirait ses troupes d’Allemagne de l’Est, l’OTAN ne s’étendrait pas à l’est de l’Allemagne.

Dans ses mémoires, Gorbatchev indique qu’il a accepté les conditions de Baker « avec la garantie que la juridiction ou les troupes de l’OTAN ne s’étendront pas à l’est de la ligne actuelle. »

Dans son livre « Superpower Illusions » [Illusions de super puissance, NdT], Jack F. Matlock Jr, qui était ambassadeur américain en Russie à l’époque et qui était présent à la réunion, confirme le récit de Gorbatchev en disant qu’il « est conforme aux notes que j’ai prises lors de la conversation, sauf que les miennes indiquent que Baker a ajouté « pas d’un pouce ». »

Le lendemain, selon des documents du ministère ouest-allemand des Affaires étrangères, le 10 février 1990, le ministre ouest-allemand des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher a déclaré à son homologue soviétique Edouard Chevardnadze : «

Pour nous […] une chose est certaine : l’OTAN ne s’étendra pas à l’est. « 

Et parce que la conversation tournait principalement autour de l’Allemagne de l’Est, Genscher a ajouté très explicitement : « En ce qui concerne la non-expansion de l’OTAN, cela s’applique également aux autres pays ». »

Encore plus tôt, le 31 janvier 1990, Genscher avait déclaré dans un discours important qu’il n’y aurait pas « d’expansion du territoire de l’OTAN vers l’est, autrement dit, plus près des frontières de l’Union soviétique. »

Le 12 décembre 2017, les Archives de la sécurité nationale ont publié les véritables documents détaillant ce qui avait été promis à Gorbatchev.

Selon le regretté Stephen Cohen dans son livre « War With Russia ? » [En guerre avec la Russie ? NdT], les documents révèlent enfin, et avec autorité, que « la vérité, et les promesses non tenues, sont beaucoup plus étendues qu’on ne le pensait auparavant : toutes les puissances occidentales impliquées – les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne elle-même – ont fait la même promesse à Gorbatchev à de multiples occasions et de diverses manières catégoriques. »

Cela ne devait pas forcément se passer ainsi. Comme Gorbatchev avant lui à la fin de la Guerre froide, Poutine espérait contribuer à la création d’une communauté internationale qui, plutôt que de construire des blocs, mettrait en avant la coopération entre pairs.

Il avait même émis l’idée d’une adhésion de la Russie à l’OTAN. Même dans le discours où il a tracé la nouvelle ligne rouge de la Russie, Poutine continuait de mentionner une solution de coopération. Il a déclaré que « l’élaboration d’accords spécifiques » devait se faire « dans le cadre d’un dialogue avec les États-Unis et leurs alliés.

» Il a ajouté, avec diplomatie, que « nous n’exigeons pas de conditions particulières pour nous-mêmes et nous sommes conscients que tout accord doit tenir compte des intérêts de la Russie et de tous les pays euro-atlantiques. »

Bien qu’il s’agisse manifestement de la voie la moins conflictuelle, elle est celle qui a le moins de chances d’être empruntée, car les seules assurances données aujourd’hui le sont par le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, qui a récemment rassuré la Géorgie et l’Ukraine en leur disant que la « porte est toujours ouverte » à leur adhésion à l’OTAN, au grand dam de Moscou.

Source : Responsible Statecraft, Ted Snider, 04-12-2021


Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

28/12/2021

AVEC CEUX DU DONBASS ....... JUSTE UN RAPPEL !

 
Admin
 
 
Article de Kristina Melnikova pour EADaily
 
Volontaire de la brigade internationale française, écrivain, philosophe et tireur d'élite ′ Pyatnashka′ Erwan Castel (nom de guerre Alawata), qui peut désormais être considéré comme un ami proche de notre publication pour plusieurs interviews exclusives directement sur la ligne du front donnée au correspondant d'EADaily , a été emporté par une mine en septembre lors de la bataille. tâches dans le sud de la RPD.
 
Après cela, il a passé un mois en soins intensifs, où les micro-chirurgiens de Donetsk ont ​​fait de leur mieux pour sauver la main d'un tireur d'élite, qui a été condamné par ses collègues les plus sceptiques à l'amputation.
 
Des fragments de mine ont interrompu deux artères et ont écrasé l'os. Les chances étaient minimes et les prévisions préliminaires étaient pessimistes.
Mais des miracles se produisent, et malgré des ennemis furieux et jubilés, Castel a déjà été transféré dans une pièce ordinaire et se rétablit maintenant.
 
Erwan, comment est-ce arrivé ? Comment avez-vous eu cette terrible blessure ?
 
- Passé la rotation sur le front sud, est venu à une nouvelle position.
 
En tant que tireur d'élite, j'ai décidé de reconnaître cette position, les abris, les tranchées de combat, les tranchées de surveillance et le site des fusils.
Dans la tranchée, qui était encore en construction, je suis tombé sur une mine installée là-bas à la veille du DRG ukrainien.
 
C'était une mine à double canon. J'ai entendu le premier clic et j'ai essayé de marcher mais de revenir en arrière.
 
À ce stade, la tranchée a formé un coude, une courbe, et j'ai essayé de me cacher derrière.
 
En conséquence, le côté droit de mon corps a été protégé, mais le côté gauche était dans la zone touchée et a subi des blessures.
 
Ensuite, j'ai eu des fragments dans mes jambes, dans mon estomac, dans mes poumons, dans mon dos, mais le bras gauche a été particulièrement touché.
 
Tout s'est passé rapidement, ce n'était qu'un instant, mais en même temps, il a été déposé à jamais dans la mémoire.
Je me souviens du sifflement et du rugissement de l'explosion, de la chaleur et de l'éclat d'une lumière aveuglante.
 
Bien sûr, j'ai crié de douleur. Mes camarades étaient dans une cabine à cinq ou six mètres de moi, ont immédiatement couru et m'ont fourni les premiers intervenants.
 
Ils m'ont donné un garrot hémostatique et anti-caillot. Je suis resté conscient, j'ai vu et vécu ce que l'on peut appeler un exploit, l'héroïsme.
Quand on parle d'héroïsme, on imagine souvent un soldat combattant face à face avec l'ennemi.
 
Mais j'ai vu des jeunes de 20 ans qui, presque à la limite de leurs capacités physiques, m'ont conduit le long de cette longue tranchée jusqu'à la voiture où j'ai été évacué vers l'hôpital de Novoazovsk. Je n'oublierai jamais ces jeunes hommes. Pour moi, ce sont plus que des camarades, ce sont des héros et des frères (
Erwan n'a pas pu retenir les larmes de gratitude, ici l'interview a dû être brièvement interrompue. - note de l'auteure).
 
Quand je suis arrivé à Novoazovsk, j'ai vu le commandant de mon unité, le commandant du bataillon et son assistant. Ils étaient tous dans ma tête, ils ont tous couru là-bas pour m'aider.
Plus tard, j'ai appris que Donetsk avait donné l'alerte que les officiers de bataillon au niveau ministériel et hospitalier essayaient de s'assurer que toutes les mesures étaient prises pour me sauver la main. Donc, j'ai été envoyé à Donetsk où j'ai été immédiatement opéré par un microchirurgien.
Je tiens à vous remercier maintenant, même si je ne pourrai jamais remercier toutes ces personnes pour tout ce qu'elles ont fait pour moi. Du simple soldat au commandant de bataillon, tous ces gens ont prouvé que la fraternité existe.
 
Peut-être que l'Union soviétique était basée sur ces principes.
J
'ai vu de mes propres yeux que tous ces gens ont fait plus que leur travail. Ils ont donné leur cœur, leur force, ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes pour sauver un petit Breton, que je suis.
 
Union soviétique, je ne te comprends pas du tout.
 
- L'URSS est pour moi synonyme de fraternité. J'ai demandé à de nombreuses personnes nées dans le Donbass qui elles considéraient, quelle était leur identité, qui elles étaient et j'ai dit qu'elles étaient des Soviétiques.
 
Cela peut s'expliquer par le terme «empire», une grande association de personnes différentes qui peuvent avoir des appartenances territoriales, ethniques et religieuses différentes, qui vivent dans des endroits différents, mais gardent dans leur cœur le sentiment d'une famille nombreuse.
-
Autant que je sache, avez-vous eu une opération très compliquée à Donetsk ?
-
Le premier diagnostic est l'amputation. Mais une équipe de médecins à Donetsk a insisté pour essayer de sauver une main. Deux artères se sont brisées, tous les os de mon bras ont été écrasés. L'opération a été très délicate, et maintenant nous pouvons dire avec certitude qu'elle a été un succès.
Cela signifie que les professionnels travaillent à Donetsk. Je ne sais pas à quoi ressemblent les autres services et départements, mais la microchirurgie ici est une très grande classe.
 
- Ressentez-vous le soutien des compatriotes ? Ici, récemment, toute une délégation française est venue chez vous.
- Oui, ils me soutiennent en France, ça se sent grâce aux réseaux sociaux qui ont été déplacés après ma blessure. Des centaines de messages m'est venu, ils étaient tous inquiets pour moi, ils m'ont soutenu. Malheureusement, je ne pouvais répondre à personne, car j'étais en soins intensifs. J'ai été en réanimation pendant un mois, et maintenant, dès mon départ, j'ai renoué des contacts avec les gens et maintenant je peux remercier tout le monde du fond du cœur pour leur soutien, leur sympathie et leur fidélité.
 
Avez-vous une période de réadaptation maintenant ?
- La réhabilitation prendra du temps. Je connais des exemples où il m'a fallu plusieurs années pour récupérer, mais j'espère bien sûr réussir plus vite.
C'est un nouveau test qui m'attend. Maintenant, c'est une question de patience et de travail.
Plus important encore, ma ma
in droite agit exactement comme mon cœur et ma tête. Je ne veux pas répéter ce qui m'est arrivé, pas même à mes pires ennemis.
Mais je ne regrette rien, je ne regrette pas d'être arrivé au Donbass, et si je pouvais tout rembobiner, je le referais, sauf bien sûr, cette tranchée malheureuse (rires).
 
Donbass m'a apporté l'expérience humaine, que je ne voudrais jamais oublier et rejeter.
 
J'ai reçu beaucoup de sang de personnes que je ne connais pas, et maintenant je ne peux plus dire qui je suis: russe ou breton.
 
Il n'y a que pour apprendre la langue.
 
C'est aussi mon objectif car maintenant j'aurai certainement beaucoup de temps.
 
- Et pour écrire un livre ? Allez-vous consacrer votre temps à y travailler ?
 
- Bien sûr, j'ai ces plans. Et je vais certainement continuer mon travail d'information, j'ai aussi un projet pour organiser un nouveau média, mais j'en parlerai un peu plus tard.
-
Donc, lors de notre première interview, vous n'étiez pas sûr de rester pour toujours au Donbass. Que pensez-vous maintenant ?
- Oui, maintenant je veux rester au Donbass, j'espère aussi avoir l'opportunité de rendre visite à mes amis et de voir la Russie. Je rêve d'aller en Ossétie et à Saint-Pétersbourg.
 
Et puis, s'il y a des moyens, des forces et du temps, je voudrais contempler tous les beaux horizons russes jusqu'au Kamtchatka.
 
ET AUSSI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 26 décembre 2021

Ayant déjà l'Honneur, nous refusons honneurs et mépris !

 

 

 
Lorsqu'on vient mettre son idéal et sa peau au bout d'un fusil, on en n'a rien à foutre des médailles, des avantages et même de la reconnaissance, car ce qui est important au coeur du volontaire c'est avant tout de servir et d'être en accord avec lui-même.
 
Dans le Donbass, des dizaines de milliers de volontaires sont venus défendre, non pas le gouvernement de la République qu'ils servent en tant que militaires mais les enfants, les femmes et les hommes de cette région russe agressée par les ukro-atlantistes dans un conflit à caractère génocidaire.
 
Aujourd'hui on reparle de ces volontaires ayant tout abandonné pour défendre le Donbass et malheureusement ce n'est pas à l'avantage de la bureaucratie russe, car nombre d'entre eux se voient aujourd'hui refuser l'accès à la citoyenneté russe pour des raisons obscures qui souvent ne sont que la conséquence d'une complexité administrative dont l'incohérence est souvent poussée jusqu'au débilisme. 
 
En Russie, le premier ennemi intérieur c'est bien sa propre bureaucratie et c'est même devenu un sujet populaire de railleries et quolibets. Pour illustrer à quel point cette bureaucratie russe est stupide jusqu'à être inhumaine je ne citerai ici que les expulsions réalisées de vétérans du Donbass vers les prisons de leurs pays d'origine au seul motif que leur passeport national est périmé. Certains sont ainsi condamnés à plus de 10 ans derrière les barreaux pour avoir défendu un peuple russe uniquement parce que la bureaucratie fédérale a relevé une date périmée ou un tampon manquant sur leurs documents. 
 
Le portrait de Courteline devrait remplacer celui de Poutine dans certains services administratifs russes !
 
Mais là où cela devient doublement scandaleux, c'est que d'une part certains volontaires toujours dans le Donbass ont quand même besoin d'un passeport russe pour pouvoir réaliser leurs projets sociaux et familiaux ou plus urgemment de se soigner en Russie, quand d'autres foutriquets, mythomanes et lécheurs de cul, profitant d'un népotisme hérité de la décadence ukrainienne et toujours persistant dans les administrations républicaines, obtiennent la validation administrative sans avoir foutu réellement foutu le pied dans les tranchées. 
 
Et oui, tout n'est pas parfait en Russie, contrairement à ce que veulent nous faire croire les propagandistes russolâtres, dont la malhonnêteté fanatique est du même niveau que celle des autres larbins qui de l'autre côté du front sont les mêmes thuriféraires d'un manichéisme stupide et belliciste (et pour lequel il ne risqueront jamais leurs vies).
 
Et pourtant, les volontaires du Donbass aimons la Russie et ses peuples plus que tout et nous mêmes, jusqu'à offrir nos vies pour leur défense. 
 
Nous ne voulons pas les honneurs, nous laissons cela aux mythomanes et aux laquais, car notre choix est celui de l'Honneur, mais nous refusons avec la même force le mépris des bureaucrates et des imposteurs ! 
 

 

Ce 14 décembre 2021, une délégation de volontaires étrangers a rencontré Alexander Borodaï et Anastasia Kouznetsova, Président et représentante pour les républiques de Donetsk et Lugansk du "SDD", l'Union des Volontaires du Donbass, une organisation russe regroupant des vétérans et actuels membres des milices républicaines.

L'objet de cette réunion était d'aborder le double problème de l'obtention des passeports russes et de l'accès au soins hospitaliers spécialisés de Russie, ce qui concerne un nombre non négligeable de volontaires, puisqu'un minimum de 180 demandes de passeports ont été refusés, et avec elles la possibilité d'accéder aux système de santé russe.

Je parle ici de volontaires dont je fais partie et qui, préférant ramper dans les tranchées plutôt que dans les salons ministériels comme certains mythomanes, larbins et calomniateurs français, préfèrent obéir aux procédures administratives réglementaires que de rechercher des passe-droits quand bien même seraient-ils mérités.

C'est en août 2015, sous la houlette d'Aleksandr Borodaï, ancien premier ministre de la République Populaire de Donetsk que fut créée l' Union des Volontaires du Donbass.

Cette organisation s'est donnée pour objectif de prêter assistance aux volontaires sur le plan administratif et humanitaire. De nombreuses actions du SDD ont déjà permis à des vétérans d'éviter leurs expulsions administratives et à des blessés d'accéder aux soins médicaux nécessaires.

Lors de cette réunion, ont été abordés les 2 problèmes actuels importants (et urgents pour certains) de l'obtention du passeport russe et de l'accès aux soins spécialisés du système hospitalier russe.  Alexander Borodai a promis d'intervenir auprès des responsables russes pour modifier la législation fédérale et intégrer dans les procédures administratives le cas particulier des volontaires étrangers venus verser leur sang pour la Grande Russie.

Aujourd'hui nous attendons avec confiance que cesse ce mépris administratif abject et qui trahit la noble cause pour laquelle nous avons pris une arme.

Erwan Castel

Source de l'article : Nouvelles populaires

 
Les défenseurs du Donbass du monde entier ont
déclaré leur désir de devenir citoyens de la Russie

Situation dans le Donbass

Les défenseurs internationaux du Donbass ont déclaré leur désir de devenir citoyens de la Russie

Le 14 décembre, à Donetsk, le premier Premier ministre de la RPD, chef de l'organisation publique "Union des volontaires du Donbass" et député de la Douma d'État de la Fédération de Russie, Alexander Borodai, a rencontré des volontaires étrangers qui ont défendu le Donbass et a discuté des problèmes qu'ils visage.

La réunion s'est également déroulée en présence du président de la Chambre publique du RPD, Alexander Kofman.

 

(Alexander Borodaï et Anastasia Kouznetsova de l'Union des Volontaires du Donbass)

 

Les volontaires réunis à la table ronde en provenance des pays de l'ex-URSS, d'Europe et des États-Unis ont tout d'abord évoqué leurs difficultés à obtenir la citoyenneté de la Fédération de Russie.

Pour diverses raisons, les défenseurs du Donbass ne peuvent pas rassembler tous les papiers nécessaires dans leur pays d'origine, beaucoup craignent d'être persécutés pour avoir soutenu le Donbass. Il convient de rappeler que la tragédie du Donbass en 2014 a attiré aux côtés des républiques des volontaires aux opinions antifascistes, altermondialistes et simplement attentionnés du monde entier.

Une partie importante d'entre eux au cours des dernières années ne peut plus imaginer leur vie sans Donbass, et ils sont restés vivre dans les républiques, continuant leur service militaire ou reprenant des activités pacifiques.

De nombreux anciens combattants ont également besoin de traitements et de prothèses complexes. Certaines opérations médicales ne sont possibles qu'en Russie.

Dans cette affaire, l'« Union des volontaires du Donbass » apporte également une aide aux anciennes milices.  

 

(Au centre de la photo Alexander Kofman, président du parlement de la République Populaire de Donetsk. Je l'avais rencontré dès 2015, alors qu'il était Ministre des Affaires Etrangères. Un
homme politique attentionné et à l'écoute des initiatives défendant la cause du Donbass.) 

 

"Ce sont des gens qui, par leur valeur, leur persévérance, leur abnégation, ont mérité le droit d'être citoyens de la Russie. Et, bien sûr, ce droit doit être exercé. Et je crois qu'à la fois en tant que personne et en tant que chef de "l'Union des volontaires du Donbass" je suis simplement obligé de leur apporter un soutien maximal sur cette voie ", a commenté Aleksandr Borodai sur le principal problème qui préoccupe les volontaires.

Ces jours-ci, Donetsk accueille un forum économique international dédié à la restauration de l'économie de la région.

"L'économie du Donbass est dans une situation difficile. Mais en même temps, il est de plus en plus intégré à l'économie de la Fédération de Russie. C'est un processus qui, bien sûr, a besoin d'être soutenu, et en même temps, ce processus a besoin d'une certaine gestion, et, éventuellement, de quelques initiatives législatives...

Et, naturellement, j'aiderai toujours la république, avec tout ce que je pouvez! " - a déclaré le député de la Douma d'Etat Alexandre Boroday au correspondant de Narodnye Novosti.

 

(Présent à cette intéressante réunion, avec bien sûr l'écusson tradition
de la brigade internationale "Piatnashka" que je sers depuis plus de
4 années maintenant, contrairement à certains mythomanes français
qui s'y inventent un passé militaire après seulement 2 semaines.)

 

Parmi les personnes réunies autour de la table ronde, des uniformes militaires côtoient des vêtements civils. A proximité se trouvent des personnes bien connues et moins célèbres de différents pays qui ont servi dans différentes divisions. Mais toutes les personnes présentes font partie du Donbass international et du monde russe.

Après chacune des nombreuses guerres, le Donbass (comme toute la Russie) a été reconstruit à nouveau et est devenu le foyer de personnes attentionnées et honnêtes du monde entier.

Par Dmitry Astrakhan

 

 

26/12/2021

ETATS-UNIS: BIDEN OUVRE LA VOIE À UNE IDÉOLOGIE DANGEREUSE !

Biden ouvre la voie à une idéologie dangereuse

Le président Joe Biden de retour à la Maison Blanche, à Washington, le 20 décembre 2021,  après avoir passé le week-end dans sa résidence à Delaware. (Photo AP/Patrick Semansky)
Le président Joe Biden de retour à la Maison Blanche, à Washington, le 20 décembre 2021, après avoir passé le week-end dans sa résidence à Delaware. (Photo AP/Patrick Semansky)
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  • Le Conseil des relations américano-islamiques est l’unique source de cette vague politique islamiste qui déferle depuis peu aux États-Unis
  • Les islamistes recourent à un processus de victimisation puis de glorification de leurs actions au nom de «l’islamophobie»

Les membres démocrates de la Chambre des représentants des États-Unis ont adopté une loi la semaine dernière dans le but de créer un poste d’envoyé spécial pour lutter contre l’islamophobie dans le monde.

Le projet de loi est parrainé par la représentante musulmane, Ilhan Omar, une démocrate du Minnesota, et par sa collègue juive, Jan Schakowsky, représentante démocrate de l’Illinois.

À première vue, la création de ce poste est une chose remarquable: elle rassure les minorités musulmanes persécutées ou victimes de racisme à travers le monde sur la disposition du leader du monde libre à reconnaître leurs souffrances et à les défendre si nécessaire. Pourtant, la réalité est tout autre. 

En tant qu’Américaine de religion musulmane, je m’oppose à ce projet de loi et de nombreux musulmans partagent mon opinion: ils savent d’expérience ce qu’est l’islamisme politique et sont prêts à lutter contre ces tentatives.

Le terme «islamophobie» est lui-même discutable; il n’est rien d’autre qu’une invention d’islamistes politiques désireux de faire taire jusqu’aux voix musulmanes qui remettent en question leurs motivations et s’opposent à leur idéologie totalitaire au nom de la liberté de religion.

Le projet de loi, fièrement soutenu par le Parti démocrate, n’est même pas parvenu à définir l’islamophobie.

Le fait de qualifier le Hamas de groupe terroriste entre-t-il dans cette catégorie? Qu’en est-il de la condamnation des attentats-suicides perpétrés par des djihadistes islamistes?

Et, surtout, s’opposer aux Frères musulmans et à leurs défenseurs ferait-il de vous un «islamophobe» qui mériterait d’être sanctionné?

Personne n’est capable de répondre à ces questions à l’exception des islamistes eux-mêmes,qui tentent de s’infiltrer dans le système politique occidental et de le modifier en fonction de leur agenda politique; ce dernier n’a rien à voir avec la foi musulmane.

Si ce n’était pas le cas, pourquoi donc Ilhan Omar, qui prétend lutter pour les droits de l’homme dans le monde, a-t-elle refusé de soutenir une résolution qui reconnaît le génocide arménien, si ce n’est au profit du président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, qui l’a rencontrée à New York à titre privé à l’occasion de la 72e Assemblée générale des nations unies, avant sa candidature au Congrès américain?

 

Les Américains doivent comprendre que les islamistes sont les oppresseurs dans leur propre patrie. Ils sont prêts à tout pour manipuler la bonne volonté de l’Américain moyen qui respecte la liberté de religion et s’attend à ce que les autres le fassent aussi.

 

Dalia al-Aqidi

Si l’on se penche sur les organisations qui ont contribué à la préparation et à la présentation de personnalités politiques américaines telles qu’Ilhan Omar ou Rashida Tlaib, dans le Michigan, ainsi qu’un nombre important d’islamistes qui se sont portés candidats aux élections américaines, on se rend compte qu’elles proviennent toutes d’une même source, ce qui explique ce récit unifié et l’utilisation d’un vocabulaire commun.

Le Conseil des relations américano-islamiques, qui se définit comme la plus grande organisation musulmane des libertés civiles – et dont le directeur exécutif, Nihad Awad, ne cache pas son admiration pour le régime turc ni ses liens étroits avec Erdogan –, est l’unique source de cette vague politique islamiste qui déferle depuis peu aux États-Unis.

Awad a appelé la direction du Congrès et l’administration Biden-Harris à soutenir ce projet de loi et à rendre concret ce poste d’envoyé spécial.

 «Alors que l’islamophobie mondiale, les politiques étatiques antimusulmanes et les incidents motivés par la haine augmentent au cours des deux dernières décennies, la communauté musulmane américaine a toujours appelé à la création d’un poste d’envoyé spécial pour surveiller et combattre ce flot croissant de haine», écrit-il.

Au cours du présent mois, le Conseil des relations américano-islamiques a décerné à Ilhan Omar le prix du fonctionnaire américano-musulman de l’année pour «son militantisme au sein de la Chambre des représentants des États-Unis, à la lumière de sa récente querelle avec la représentante Lauren Boebert [la représentante du Colorado], qui a tenu des propos islamophobes à l’encontre de sa collègue membre du Congrès».

C’est exactement ainsi que fonctionnent les islamistes: en se victimisant, puis en glorifiant leurs actions au nom de «l’islamophobie», profitant du fait que le président Joe Biden ouvre la voie à l’idéologie la plus dangereuse de notre histoire moderne.

«L’administration est impatiente de travailler avec le Congrès afin de garantir que le secrétaire d’État dispose de la flexibilité et de l’autorité permissive nécessaires pour désigner un bureau ainsi qu’un envoyé spécial et pour fournir un rapport annuel de surveillance des actes d’islamophobie dans les pays étrangers», déclare la Maison Blanche.

Les Américains doivent comprendre que les islamistes sont des oppresseurs dans leur propre patrie. Ils sont prêts à tout pour manipuler la bonne volonté de l’Américain moyen qui respecte la liberté de religion et s’attend à ce que les autres le fassent aussi.

Les deux cent douze députés républicains qui ont voté contre cette loi ne sont pas des «islamophobes».

Au contraire, ils ont pris cette mesure courageuse afin de défendre des musulmans qui, comme moi, croient en la Constitution américaine et sont la cible des islamistes américains – justement parce qu’ils y croient. Ils l’ont fait pour protéger la première modification apportée à la Constitution, qui garantit la liberté d’expression en interdisant au Congrès de restreindre la presse ou les droits des individus à s’exprimer librement.

Cependant, le combat est loin d’être fini. L’année prochaine, le projet de loi sera présenté au Sénat américain, où il devrait stagner – comme il se doit – tandis que des sénateurs tels queTed Cruz devraient se concentrer sur la désignation des Frères musulmans comme groupe terroriste avant qu’il ne soit trop tard.

 

Par Dalia al-Aqidi est chercheuse principale au Center for Security Policy.

Twitter: @DaliaAlAqidi

NDLR: L’opinion exprimée dans cette page est propre à l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle d’Arab News en français.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

25/12/2021

DONBASS: UN JOYEUX NOËL POUR CEUX QUI SE BATTENT POUR LA LIBERTÉ .....

 
 
 
 
 
 2septembre 
 
LA GESTE DU DONBASS
 
Depuis 7 années les volontaires du Donbass tiennent une ligne de front meurtrière soumise à une guerre d'attrition ukrainienne cherchant à saigner les corps et les esprits.
 
Depuis 7 années la brigade internationale Piatnashka, que j'ai l'honneur de servir, défend la cité libre et rebelle de Donetsk et depuis des positions ressemblant aujourd'hui aux récifs de l'île monde sur lesquels se brisent les vagues brunes d'une thalassocratie occidentale enragée.
 
Sur le front au Nord de la cité minière, dans les ruines de la zone industrielle de "Promka"(front de Yasinovataya), les "ukrops" sont arrivés à une centaine de mètres seulement de nos avants postes, mais sans jamais pouvoir les conquérir malgré leurs continuelles pressions offensives, imposant aux défenseurs républicains une attention physique et une tension psychologique dont l'intensité pesante est ici difficile à décrire.
 
Chaque semaine les volontaires reviennent de cette première ligne soumise un feu quotidien, les visages rongés par la barbe et la fatigue, les treillis maculés d'une glèbe labourée par l'acier des obus et des pelles...
 
...mais au milieu de leurs ombres harassées, les regards des volontaires brillent toujours de cette flamme intacte qui fait du soldat cet alchimiste révélant aux Hommes, dans le creuset de leurs souffrances la noblesse de leur destinée et du rêve républicain une réalité.
 
"La guerre et le courage ont fait plus de grandes choses que l’amour du prochain" rappelait Nietzsche, dans "Ainsi parlait Zarathoustra". C'est une observation qui loin des utopies humaines ne doit pas nous désespèrer, mais au contraire nous aider à tenir le cap de nos espérances, vent debout dans les tempêtes de nos folies.
 
Hier soir, communiquant avec Victoire Chevreul, nous évoquions avec émotion ces visages disparus dans la tourmente du Donbass, regards à jamais gravés dans nos mémoires de personnalités tel que Katia Katina, Alexandre Zakharchenko, Oleg Mamaïev et tant d'autres anonymes et inconnus sans souffle portés dans l'ombre d'une tranchée ou apercus encore vivants dans les larmes d'une mère.
 
Depuis 6 ans passés dans ce Donbass martyrisé mais toujours debout, sa terre, sa population, ses volontaires, leurs souffrances et leurs rires, leurs héroïsmes et leurs humilités ont fusionné dans un rapport charnel quasi mythique à cette Liberté rebelle et cette idée d'Empire qui offre à ses identités multiples une communauté de destin sacrée.
 
Et du sang d'une interminable hémorragie que les assassins veulent cacher, les hommes et les femmes du Donbass inscrivent dans la steppe matricielle de la civilisation européenne une nouvelle page d'une geste héroïque qui nous rappelle, depuis les sagesses antiques, ce que nous devons devenir.
 
"C’est toujours dans l’histoire d’un grand malheur que se manifeste la beauté de la geste. "
Dominique Venner
 

Sur l' auteur   ( Wikipédia)

Erwan CASTEL

Auteur de la rédaction « Méthode »


 

Sur l'auteur

Erwan Castel, breton de France à 53 ans se définit comme un européen, païen et rêvant d'une « Europe aux cents drapeaux » dont l'unité serait fondée sur le respect de ses peuples natifs et fondateurs et la reconnaissance de leurs identités dans une vision fédérale fondée sur les principes de subsidiarité et de démocratie participative.


A l'issue d'études d'Histoire, Erwan Castel vit pendant 12 années une carrière d'officier au sein d'unités françaises spécialisées dans le renseignement aéroporté.

Puis, il retourne en Bretagne pour militer au sein du mouvement culturel breton, notamment dans le sport et le chant traditionnels, avant de reprendre son sac à dos et s'installer en Guyane française où il exercera le métier de Guide expédition en milieu amazonien pendant 14 ans. 


Resté attentif à la tectonique géopolitique du monde, Erwan Castel qui s'est engagé depuis environ 25 ans dans un combat antimondialiste de plus en plus prononcé, décide au moment du Maïdan de dénoncer la propagande de guerre occidentale et de sur les réseaux où il essaye de ré-informer l'opinion.

En juin 2014, il décide d'abandonner sa situation privée et professionnelle et de rejoindre le Donbass, ce qu'il réalisera en janvier 2015.

Après avoir servi au sein des forces armées de la République de Donetsk pendant 1 an,

Erwan Castel vit aujourd'hui au Nord de Donetsk à proximité de l'aéroport et se consacre exclusivement au travail de réinformation qu'il réalise seul, sur des blogs et les réseaux sociaux disponibles sur Internet.

 

23/12/2021

L' UKRAINE DANS L' OTAN ? LA DERNIÈRE PROVACATION ........

23 décembre 2021 00:12
Alors que Washington est déterminé à étendre l’Otan aux frontières de la Russie en intégrant l’Ukraine, Vladimir Poutine a lancé un avertissement à l’Occident.
Pour l’essayiste Nikola Mirkovic, le point de non-retour n'est plus très loin. Analyse.
 

"Ce genre de discours atlantiste m’inquiète. L’attitude, le comportement, les agissements des Occidentaux me rappellent ce que j’ai vu en Yougoslavie."

Au micro de Sputnik, Nikola Mirkovic, auteur de L'Amérique empire (Éd. Temporis, 2021) partage son appréhension face à la montée des tensions aux frontières orientales de l’Europe.
Situation qui selon lui commencerait à sérieusement exaspérer Moscou. "Nous allons prendre des mesures militaires et techniques adéquates" en cas de "maintien de la ligne très clairement agressive" des États-Unis, a averti Vladimir Poutine lors d'une réunion au ministère de la Défense ce 21 décembre.
Devant ses généraux, le chef du Kremlin a durci le ton à l’attention des Occidentaux.
Son message est clair et demeure le même: l’intégration de l’Ukraine dans l’Otan est une ligne rouge à ne pas franchir.
 
Il ne s’agit pas du premier rappel du Président russe en matière de "ligne rouge". Pourtant, cette menace ne serait pas une parole en l’air aux yeux de notre intervenant.
"Il est train de dire que ça pourrait déraper", estime le fondateur de l’ONG Ouest-Est qui vient en aide aux victimes de la guerre dans le Donbass.
 
"Autant les Américains sont capables de simuler, autant ce n’est pas le cas des Russes", poursuit-il.

"On est sur le pas de notre porte, nous ne pouvons pas reculer"

Depuis plusieurs semaines, la Russie et les pays occidentaux traversent un épisode de tensions.
La presse américaine ne cesse de souffler que Moscou aurait massé 100.000 hommes en prévision d’une invasion de l’Ukraine.
 
Mais aucun élément concret n’a étayé ces allégations.
 
Hormis des clichés satellites de matériel militaire russe abandonné dans la petite ville d’Ielnia, à proximité de la frontière biélorusse, après les manœuvres conjointes Zapad-2021 en septembre.
 
Qu’à cela ne tienne, depuis trois semaines, les menaces des chancelleries et des dirigeants européens se succèdent à l’encontre de la Russie à qui l’on prête l’intention d’agresser son voisin.
 
Pendant ce temps, celui-ci en profite pour répéter auprès de Washington sa volonté d’intégrer l’Otan.
Le Président ukrainien Volodymyr Zelensky et le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg à Kiev le 31 octobre 2019. - Sputnik France, 1920, 08.12.2021
International
L’Ukraine dans l’Otan? Une "provocation injustifiable", fustige l’eurodéputé Lebreton
Afin d’enclencher une désescalade durable entre la Russie et l’Alliance atlantique, Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a présenté le 17 décembre deux projets d’accord aux Américains. Moscou y demande notamment à Washington de renoncer à l’intégration de l’Ukraine dans l’Otan et d’abandonner la création de bases militaires US dans les pays post-soviétiques.
De façon mutuelle, en échange de l’arrêt des manœuvres militaires atlantistes à sa frontière, Moscou s’engagerait à ne plus mener de manœuvres sur son territoire à proximité des frontières européennes. Même chose concernant les missiles balistiques de courte et moyennes portée: les Russes proposent aux Américains un moratoire sur leur déploiement en Europe et en Russie, afin que les deux parties ne puissent mutuellement s’atteindre directement.
 
À moins de déménager le pays, difficile d’offrir mieux: les forces de l’Otan opèrent déjà à la frontière russe. "On est sur le pas de notre porte, nous ne pouvons pas reculer", comme l’a résumé Vladimir Poutine.
 
Preuve en est l’incident évité de justesse au-dessus de la mer Noire en juin dernier.
Un appareil espion de l’Alliance avait coupé le couloir aérien d’un vol de la compagnie aérienne russe Aeroflot.

"C’est l’hôpital qui se moque de la charité"

Washington a adressé un refus catégorique aux propositions de Moscou. Il n’y aura aucun "compromis" sur "le fait que tous les pays ont le droit de décider de leur propre avenir et de leur politique étrangère sans être soumis à une influence extérieure", a déclaré Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche.
"C’est l’hôpital qui se moque de la charité, réagit, écœuré, Nikola Mirkovic, c’est ubuesque!" L’essayiste dénonce tant "l’arrogance des Américains qui provoquent, puis refusent le dialogue" que le deux poids, deux mesures auquel ils s’adonnent.
 
Arménie, Géorgie, Ukraine: l’auteur de L'Amérique empire égrène les cas "d’ingérence", de "soutien à des mouvements séditieux" de la part des Occidentaux dans les pays de l’ex-glacis soviétique.
 
Des mouvements, comme ceux des révolutions de couleurs, qui visaient à instaurer des régimes favorables aux intérêts occidentaux.
 

"On a notamment l’enregistrement de Victoria Nuland et de Geoffrey Pyatt, l’ambassadeur américain à Kiev.

Début février 2014, ils sont en train de discuter de qui devra constituer le futur gouvernement ukrainien alors que Ianoukovytch est encore au pouvoir", rappelle Nikola Mirkovic.

En Europe, l’enregistrement avait soulevé une vaguelette d’indignation.
 
Le motif de cet émoi: Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe pour l’Europe et l’Eurasie, avait lâché un "que l’UE aille se faire foutre".
 
La même avait confié, deux mois plus tôt, lors d’une rencontre de l’US-Ukraine Foundation, que les États-Unis avaient "investi" 5 milliards de dollars depuis l’effondrement de l’URSS afin de "soutenir la transition démocratique" à Kiev.
 
"Plus récemment, on a bien vu le soutien de l’intelligentsia européenne à Navalny et à l’opposition biélorusse avec notamment l’accueil par la Pologne de toute la nébuleuse Nexta [chaîne Telegram considérée par Minsk comme extrémiste, ndlr]", poursuit l’essayiste.
 
En somme, cette inversion constante des rôles par les Occidentaux et leurs accusations à l’encontre d’une Russie à qui ils prêtent des intentions bellicistes relèvent d’un phénomène classique de fabrication de l’ennemi. Processus de préparation mentale au déclenchement d’une guerre.
À ce titre, Nikola Mirkovic rappelle avec quel aplomb les États-Unis mentent pour justifier leurs conflits.

"C’est du sang européen qui sera versé", pas du sang américain

Les faux témoignages dans l’affaire des couveuses au Koweït en 1990 ont précédé l’entrée en guerre des Occidentaux contre l’Irak…
Le supposé "massacre" de Račak en 1999 a justifié l’intervention de l’Otan en Serbie…
Le rapport des services américains sur l’arsenal imaginaire d’armes de destructions massives et bactériologique de Saddam Hussein a préludé à la seconde guerre d’Irak, en 2003.
"Des sources solides" que le secrétaire d’État américain de l’époque, Colin Powell, aura l’audace d’aller défendre en brandissant à l’Onu une fiole blanchâtre censée contenir de l’anthrax irakien.
 
Le même procédé a manqué de peu de détruire la Syrie, à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta que Washington et ses alliés ont attribuée à l’armée régulière syrienne.
"La provocation est une marque de fabrique américaine", martèle Nikola Mikovic.
Seule différence, cette fois-ci, comme l’a rappelé Biden en cas de conflit en Ukraine: les soldats américains ne prendront pas part aux hostilités.



 

"À la fin, c’est du sang européen qui sera versé. Cette guerre peut avoir des conséquences catastrophiques en Europe.

Si l’Otan s’implique, cela veut dire que de jeunes Français pourraient mourir.

Les Américains, de

leur côté, ne verront pas leur économie ni leur territoire touché.

Ils pourront continuer à manger tranquillement leur pop-corn pendant que les Européens s’entretueront", met en garde l’essayiste.

 

 

SOURCE     https://www.citoyens-et-francais.fr/2021/12/

05/12/2021

LES LIGNES ROUGES DE LA RUSSIE ....... ( ERWAN CASTEL )

Dimanche 5 décembre 2021

Les lignes rouges de la Russie

 

Alors que les tensions entre Washington et Moscou, sur fond d'une nouvelle éruption de la crise ukrainienne, le président étasunien Biden, répondant à la proposition du président russe Poutine de négocier par traité des garanties juridiques empêchant toute progression de l'OTAN vers l'Est, vient de rejeter ce 4 décembre 2021 toute idée de "lignes rouges du Kremlin" en Europe de l'Est.

 

L'intervention de Jo Biden au sujet des "lignes rouges" du Kremlin
introduite par la rhétorique alarmiste et malhonnête de TV5 Monde
illustrant cette russophobie hystérique de la merdiacratie occidentale
aux ordres de cette propagande de guerre mondialiste qui la finance.
 
Dans le scénario vécu ou prévu d'une confrontation militaire Est-Ouest, la principale faiblesse de la défense russe est l'absence critique de profondeur stratégique car la majorité des centres névralgiques se la Russie se situent au bord de son flanc occidental.
 
Déjà par le passé,  les polono-lituaniens (17e siècle) ou les français (19e siècle) par exemple avaient réussi à s'emparer de Moscou, et les allemands (20e siècle) étaient arrivés aux portes de Leningrad,
Moscou, et Stalingrad, imposant d'immenses sacrifices pour la libération du territoire national.
Et Staline, comprenant, avant la chute du IIIe Reich, qu'une autre  confrontation Est-Ouest menacerait la Russie avait doté la Russie de cette profondeur stratégique occidentale qui lui fait cruellement défaut, grâce aux républiques socialistes soviétiques de l'Europe de l'Est.

 

Lorsque l'URRS s'effondre, cette absence de profondeur stratégique russe reste une obsession pour les russes et à juste titre car depuis 1991, la stratégie occidentale va rapprocher ses forces militaires jusqu'aux frontières de la Fédération de Russie, trahissant jusqu'à aujourd'hui la promesse faite en 1990 à Gorbatchev de ne jamais étendre l'OTAN à l'Est de l'Allemagne réunifiée. 

Et aujourd'hui, dans le contexte de la nouvelle aggravation des relations Est-Ouest, la Russie souffre plus que jamais de cette absence de profondeur stratégique du fait des portées accrues des armements et radars modernes.

Si avant Moscou n'était qu'à quelques semaines des armées napoléoniennes ou quelques jours des armées hitlériennes, aujourd'hui, la capitale de la Russie n'est qu'à quelques minutes des missiles de l'OTAN !

Pour comprendre en quelques minutes cette situation géostratégique 
occidentale de la Russie, voici l'analyse, neutre, claire et pertinente de
Benjamin Tremblay un animateur du média québéquois indépendant 
"7 jours sur Terre".
Mise à part l'utilisation erronée du terme invasion 
russe pour la Crimée (elle était constitutionnellement déjà présente dans
sa péninsule historique), cette synthèse non partisane est remarquable. 

 

 

Or, l'Ukraine, que le géopolitologue polono-étasunien Zbigniew Brzeziński définissait comme le "pivot stratégique de l'Europe est aujourd'hui sur le point de tomber à son tour dans l'escarcelle de l'OTAN, et factuellement cette dernière a déjà mis un pied sur cette côte de la Mer Noire où se trouve la base de Sébastopol cette sentinelle Sud vitale à la défense occidentale russe et dont la péninsule de Crimée reste l'objectif prioritaire de l'OTAN motivant sans nul doute le coup d'Etat du Maïdan (à quelques mois du renouvellement du contrat de stationnement de la flotte de la Mer Noire), mais protégée in extrémis par Moscou en mars 2014 via un référendum populaire auprès de sa population russe.

Pour visualiser l'importance stratégique vitale de la Mer Noire, de l'Ukraine et particulièrement de la Crimée qui est sa clef de voute militaire, voici deux exemples de portée de systèmes de défense que la Russie y a installé pour protéger son flanc occidental Sud (ce même principe stratégique se retrouve au centre du continent en Belarus et au Nord, sur les bords de la Mer Baltique, à Kaliningrad :
 
Parmi l'arsenal des radars terrestres, maritimes et aériens russes 
installés en Péninsule de Crimée se trouve le radar ultra moderne 
Voronezh-SM  permettant à Moscou de surveiller l'ensemble des
activités de l'OTAN en Europe, en Méditerranée jusqu'à Gibraltar.
 
Enfin, en cas de conflit contre la Russie, le bastion de Crimée a en plus 
des moyens dédiés à sa propre défense péninsulaire,  dispose d'une force 
de frappe terrestre et embarquée permettant à Moscou de réagir en avant
de ses frontières, comme ici avec le missile de croisière 3M54K Kalibr qui
peut atteindre sa cible à plus de 660 km (ici depuis le port de Sébastopol).


Malgré le rattachement référendaire de la Crimée à la Fédération de Russie, les ukro-atlantistes n'ont pas abandonné leur stratégie, bien au contraire, car s'il ne peuvent plus faire main basse sur Sébastopol, ils rêvent de l'assiéger avec des bases de l'OTAN, terrestres et navales (dont une est déjà en construction à Ochakov, sur l'embouchure du Dniepr), au mépris des "lignes rouges" pourtant maintes fois rappelées par Vladimir Poutine et dont la patience semble avoir atteint ses limites.
 
Unités de blindés ukrainiens sur le front du Donbass
Et c'est ici qu'intervient la guerre du Donbass, entretenue méticuleusement par les ukrainiens comme le feu sous une marmite avant que ne commence le repas, tandis que Washington comme à son habitude sert en apéritif son discours hypocrite émaillé d'inversions accusatoires et de mensonges éhontés comme ceux de déclarer une invasion imminente de l'Ukraine par la Russie ou de prétendre que l'intégration de Kiev dans l'OTAN n'est pas à l'ordre du jour :
 
 
Un délire russophobe qui n'est qu'inversion accusatoire
 
Dans un concert tonitruant d'articles, de déclarations, de reportages, d'"expertises" etc. la propagande politico-médiatique occidentale alerte quotidiennement l'opinion d'une invasion russe imminente de l'Ukraine dans des hypothèses toutes plus délirantes les unes que les autres !
  
Dernier délire occidental : une cartographie du journal allemand Bild décrivant 
"selon des sources du Pentagone" l'invasion russe de l'Ukraine, prévue début 2022.

Et pour argumenter leurs délires, les ukro-atlantistes nous montrent les concentrations militaires des forces russes autour de l'Ukraine, niant le droit élémentaire qu'a une armée de manœuvrer sur son propre territoire tout en trouvant normal que des unités de l'OTAN quittent leurs territoires nationaux pour se déployer le long des frontières russes et bélarusses !
 
Un autre délire de la propagande ukro-occidentale, cette fois vomi par le Washington 
Post, et qui nous montre 175 000 russes assoiffés de sang ukrainien sur le point de 
précipiter le Monde dans la 3ème guerre mondiale !
Fait très intéressant dans cette 
infographie officielle: après avoir hurlé pendant 7 années que les militaires russes 
avaient envahi l'Ukraine dans le Donbass, les voilà maintenant absents du territoire 
des républiques de Donetsk et Lugansk: Quand un mensonge en chasse un autre !

Et dans leur coutumière malhonnêteté journalistique collaborant ici avec les criminels de guerres ukrainiens, ces médias occidentaux omettent bien sûr de mentionner les bombardements accrus sur les territoires de Donetsk et Lugansk, l'accumulation de nouvelles forces ukrainiennes portant leurs effectifs sur le front à 125 000 hommes en articulation offensive.

Bien sûr l'OTAN ne veut pas plus que la Russie d'une confrontation militaire directe et les dernières déclarations des hauts responsables étasuniens et de l'alliance le confirment, promettant de lourdes sanctions contre la Russie en cas d'agression russe en Ukraine mais jamais de riposte militaire occidentale, tout au plus une aide accrue à l'armée ukrainienne.
 
On pourrait résumer cette stratégie occidentale, et qui n'est pas dénuée de cynisme vis à vis de son partenaire ukrainien, à cette expression populaire "vouloir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière", car un conflit russo-ukrainien, même limité à un accrochage éphémère provoqué par Kiev, permettra à l'Occident désignant Moscou comme coupable de passer ses sanctions anti-russes à la vitesse supérieure vers un blocus total de la Fédération et à l'OTAN d'accélérer sa militarisation du territoire ukrainien qu'il occupera massivement, vraisemblablement à l'Ouest du Dniepr, au prétexte de le protéger contre la très méchante Russie, mais sans s'impliquer directement dans le conflit (sauf concernant ses ressources de renseignement qui sont déjà en mission depuis plusieurs années sur le front du Donbass et les frontières russes).
 
C'est ce que vient de confirmer à demi mots Christina Queen, la chargée d'affaires des Etats-Unis à son ambassade en Ukraine à l'occasion d'une réunion avec le ministre ukrainien de l'Intérieur Denis Monastyrsky où elle a assuré que les USA étaient prêts "à continuer à soutenir" l'Ukraine en cas d'aggravation de la situation à ses frontières. 
"Continuer" c'est donc rien de nouveau comme un engagement militaire direct sur le front, mais aider par la logistique, la formation et la vente d'armes comme vient de le confirmer Jo Biden en débloquant une autre enveloppe de 60 millions de dollars pour la fourniture d'armes dont de nouveaux missiles antichars "Javelin".
 
Mais, même si l'OTAN ne s'engage pas directement dans un conflit armé avec Moscou, sa présence sur le territoire de Kiev imposant à Moscou une intégration de facto de l'Ukraine dans l'alliance (ou plus précisément une intégration de l'OTAN dans l'Ukraine) est inadmissible aux yeux de la Russie qui a été à nouveau définie comme l'ennemi principal dans les derniers sommets de l'alliance militaire occidentale comme vient de le rappeler une fois encore Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires Etrangères :
 
"La décision du sommet de l'OTAN, à Bucarest en avril 2008, que la Géorgie et l'Ukraine deviendront membres de l'OTAN mine les fondations mêmes de la structure de sécurité européenne. Une première fois, en août 2008, elle a déjà « explosé » lorsque Mikhaïl Saakachvili, qui était dans l'euphorie du point de vue de l'OTAN, a décidé d'une aventure militaire qui s'est transformée en conséquences désastreuses pour la Géorgie elle-même et a amené la situation de sécurité en Europe sur une ligne dangereuse... 
 
Il est parfaitement clair que la transformation de nos pays voisins en un tremplin pour la confrontation avec la Russie, le déploiement des forces de l'OTAN à proximité immédiate de zones stratégiquement importantes pour notre sécurité est catégoriquement inacceptable".

 

La Russie, tout en maintenant la porte du dialogue ouverte a décidé de marquer elle même ses lignes rouges, ignorées par Washington, par des actes concrets et de prévenir par exemple par le voix de son Etat Major : "Les deux bases navales en mer Noire et en mer d'Azov, que Kiev commence à construire (annoncées par annoncée par le ministre ukrainien de la Défense Alexeï Reznikov), seront ciblées à 100 % par les forces armées russes si des navires lance-missiles de l'OTAN qui menacent la RF y sont déployés.".

A bon entendeur salut !

Par Erwan Castel