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31/07/2021

SEIF AL-ISLAM , LE FILS DE KADHAFI FAIT SON RETOUR EN POLITIQUE .......

Seif al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, lors de son procès en mai 2014.
Seif al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, lors de son procès en mai 2014. —
RIPOLI, LIBYE CRÉDITMAHMUD TURKIA / AFP


Libye : Le fils de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi évoque une candidature à la présidentielle

POLITIQUE Seif al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, veut « restaurer l’unité perdue » de la Libye après une décennie de chaos





Un autre Khadafi pour diriger la Libye ? Seif al-Islam Kadhafi, fils de l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, veut « restaurer l’unité perdue » de la Libye après une décennie de chaos et évoque une candidature à la présidentielle, dans une rare interview accordée au New York Times.

Les hommes politiques libyens n’ont « apporté que misère. L’heure est au retour dans le passé. Le pays est à genoux (…), il n’y a pas d’argent, pas de sécurité. Il n’y a pas de vie ici », a déclaré Seif al-Islam, 49 ans, réapparu pour la première fois depuis des années.

Un « homme libre » qui organise son retour en politique

En 2011, après quatre décennies d’un pouvoir sans partage, Mouammar Kadhafi et ses proches sont tombés sous le coup d’un soulèvement populaire, éliminés, emprisonnés ou forcés à l’exil.

Trois des fils Kadhafi ont été tués, mais le sort du quatrième, Seif al-Islam, qui a longtemps fait figure de successeur à son père, est resté un mystère.

Capturé en novembre 2011 par un groupe armé à Zenten, dans le nord-ouest de la Libye, il a été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif.

Le groupe le détenant a néanmoins refusé de le livrer aux autorités ou à la Cour pénale internationale (CPI), qui le recherche pour « crimes contre l’humanité », mais l’a libéré en 2017.

Seif al-Islam affirme aujourd’hui qu’il est désormais un « homme libre » et qu’il organise un retour politique, sans indiquer précisément comment, a-t-il indiqué au New York Times.

Un gouvernement provisoire mis en place en mars

Après une décennie de lutte pour le pouvoir sur fond d’ingérences étrangères, la Libye s’est dotée en mars d’un gouvernement provisoire chargé d’unifier les institutions d’ici à un double scrutin législatif et présidentiel prévu en décembre.

Une éventuelle candidature de Seif al-Islam serait confrontée à un problème de taille : sa condamnation par un tribunal libyen et le mandat d’arrêt de la CPI. Lui est « convaincu que ces questions juridiques pourraient être négociées si une majorité du peuple libyen le choisissait comme chef », écrit le New York Times, qui conclut : « Seif semble croire que lui seul peut représenter l’Etat pour tous les Libyens ».

 

Source:    https://www.20minutes.fr/monde/3094475-20210730-libye-

 

Et aussi

 

L’expérience libyenne

 

par Lucas Bitencourt Fortes.

Au mois de septembre dernier, nous nous sommes souvenu d’une autre année où il y eut une révolution libyenne, celle qui a porté au pouvoir Muammar Khadafi, et nous analyserons en même temps ce que nous pouvons apprendre de l’expérience libyenne.

Avant cela, nous devons comprendre que lorsque nous parlons de révolution, nous faisons référence à un processus de changements structurels dans les systèmes de gouvernement, et c’est ce qui s’est passé en Libye avec l’arrivée au pouvoir de Khadafi.

Une révolution peut se produire par le biais d’un mouvement armé, d’une mobilisation de masse et même d’élections libres. Dans le cas de la Libye, nous parlons d’une révolution qui a bénéficié d’un large soutien militaire et populaire le 1er septembre 1969, ce qui l’a rendue possible sans aucune effusion de sang.

Dans un pays où la corruption, les inégalités sociales et la servitude à l’égard de l’Occident étaient évidentes, un changement était nécessaire, une chose à laquelle le peuple libyen aspirait.

Avec Khadafi au pouvoir, le peuple se voyait libre et possédait à ce moment-là les conditions minimales d’une vie digne, le peuple ayant accès à la santé, à l’éducation et au logement, faisant de la Libye l’indice de développement humain (IDH) le plus élevé du continent africain.

La nouvelle Libye était souveraine et ne dépendait plus des étrangers. Sa nouvelle structure gouvernementale était adaptée aux particularités et aux besoins de son peuple, et cette nouvelle structure pouvait être comprise comme une véritable démocratie, puisque le peuple était désormais présent et actif dans le processus politique.

Khadafi avait des défauts et a également commis des fautes évidentes, beaucoup de ses actions sont discutables, mais nous devons également tenir compte du contexte historique et socio-culturel de ce pays, héritier d’une longue histoire de domination et de dépendance par l’Occident et d’une société complexe et conflictuelle divisée en plusieurs tribus; un pouvoir fort, autoritaire et stable était dès lors nécessaire pour des raisons d’unité nationale et de souveraineté.

Le pétrole libyen et l’idée audacieuse de remplacer le dollar américain par le dinar-or sur le continent africain ont été des facteurs prédominants qui ont conduit au renversement de Khadafi, avec une large coalition de pays unis contre une Libye finalement petite et isolé.

Ce qui a été construit en des années a été détruit en très peu de temps, son leader a vu son pays en ruines et une bonne partie de sa famille mourir, avant d’être assassiné lâchement, sans avoir eu droit à un procès, pour les crimes supposés qu’il avait commis.

La révolution libyenne est un exemple de la possibilité de dépasser les modèles politiques en vigueur, de la possibilité de construire des alternatives qui tiennent compte du contexte national et des besoins réels de la population.

On peut y remettre en question le modèle de la démocratie libérale et valoriser l’importance des traditions dans la gestion du pays. Mais surtout, la plus grande leçon est certainement celle ci : ne faites jamais confiance à l’Occident !

Une analyse critique, séparant ses aspects positifs et négatifs, peut devenir quelque chose d’extrêmement profitable et valable. Pour ceux qui souhaitent savoir ce qu’était réellement la Libye de Khadafi, je recommande les livres de Luiz Alberto de Vianna Moniz Bandeira et José Gil de Almeida, respectivement « A Desordem Mundial : O Espectro da Total Dominação » et « A Líbia de Muamar Kadaffi ».

Sans oublier, bien sûr, le « Livre vert », écrit par le leader libyen. Des ouvrages fondamentaux pour comprendre l’expérience révolutionnaire libyenne et savoir qui a bénéficié de sa fin.


source: http://novaresistencia.org

via http://euro-synergies.hautetfort.com

30/07/2021

LE HAUT - KARABAGH : DES ENSEIGNEMENTS POUR LA FRANCE ?

Guerre du Haut-Karabagh : quels enseignements pour la France ?

La guerre du Haut-Karabagh, qui a opposé l’Azerbaïdjan à la république d’Artsakh soutenue par l’Arménie, a défrayé la chronique mondiale du 27 septembre 2020 à la signature du cessez-le-feu sous patronage de la Russie le 10 novembre de la même année.

Résurgence d’un conflit territorial ancien, les hostilités ont pris la forme d’une guerre interétatique, symétrique, comme on n’en avait pas vu depuis longtemps.

A la fois classique du point de vue de ses enjeux et des parties en conflit et contemporain sur le plan des moyens employés et des équipements, ce conflit apparaît comme un laboratoire de la guerre de haute intensité.

 

Une synthèse du rapport d’information sénatorial « Haut-Karabagh : dix enseignements d’un conflit qui nous concerne » par Alban Wilfert pour Conflits.

[NB : Les mots ici entre guillemets sont entre guillemets dans le texte du rapport ou visent à citer les mots de personnes interrogées, l’auteur de ces lignes ne les a pas ajoutés].

Quelles leçons les autres Etats, la France en premier lieu, peuvent-ils tirer d’un tel conflit ?

C’est pour mieux le comprendre qu’Olivier Cigolotti et Marie-Arlette Carlotti, membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat ont remis à la présidence de la chambre haute un rapport d’information dégageant « dix enseignements » de ce « conflit qui nous concerne ».

Ce rapport, structuré en deux parties, revient sur des enseignements géopolitiques et militaires.

C’est ce second temps de la réflexion, sous le vocable « Une guerre du XXIe siècle ? », qui fera ici l’objet d’une synthèse.

 

Les drones, nouvel avatar de la guerre aérienne

La guerre du Haut-Karabagh a mis en évidence une nouveauté majeure sur le plan de la conflictualité dans la troisième dimension.

Alors même que l’aviation et les hélicoptères y ont très peu servi, en raison de leur vulnérabilité aux défenses anti-aériennes et de leur rapport coût/efficacité, voire de la crainte d’une escalade avec la Turquie, le rôle des drones s’est avéré déterminant.

Plutôt que de s’ajouter à l’arme aérienne, les drones s’y sont substitués, jouant les rôles qui étaient jusqu’alors confiés à celles-ci.

Présentant l’avantage d’être moins détectables par les défenses anti-aériennes que les avions et moins coûteux que ces derniers, la trentaine de drones à la disposition de l’armée azérie a servi à effectuer des frappes contre des véhicules peu blindés et à servir d’appui-feu, en plus de remplir des fonctions ISR (pour intelligence, surveillance, reconnaissance, autrement dit des missions de renseignement militaire).

En combinant drones « senseurs », chargés de missions ISR, et drones « effecteurs », servant à la désignation d’objectifs et à des frappes aériennes, l’Azerbaïdjan a fait remplir à ces systèmes d’armes la totalité des fonctions classiques confiées aux avions, à moindres frais : la perte éventuelle de drones est bien moins onéreuse.

Il s’agit, dès lors, d’un équipement conçu comme « consommable », ce qui s’observe également à travers l’usage complémentaire par l’Azerbaïdjan de 250 « munitions maraudeuses ».

Ces loitering munitions importées d’Israël sont télé-opérées et dotées d’une charge explosive, pouvant atteindre une autonomie de plusieurs heures et un rayon d’action de 1000 km, ce qui leur vaut d’être qualifiées de « drones suicides » ou « kamikazes ».

Ces armes, dont les progrès de l’intelligence artificielle amélioreront sans doute à l’avenir l’autonomie et l’efficacité, ont notamment servi à la suppression des défenses anti-aériennes ennemies.

L’un des éléments-clés de la victoire azerbaïdjanaise est l’efficacité de son « complexe de reconnaissance-frappe », combinant artillerie et drones avec gain en précision des frappes et raccourcissement de la boucle décisionnelle, accélérant de la sorte les boucles de tir et accroissant leur précision.

Jean-Jacques Patry, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), y voit une nouvelle doctrine d’emploi des forces, promise à un bel avenir, qu’il nomme doctrine des « salves manœuvrantes », reposant sur le rassemblement de machines communicantes non habitées de manière à leur faire remplir les fonctions d’une flotte d’attaque habitée : « mouvement, brouillage, leurrage, reconnaissance et identification de cibles, destruction et évaluation des dommages »[1].

Si cette guerre n’est pas la première à voir le développement de ce type de dispositifs, dont les Etats-Unis ont déjà fait usage, l’intégration de munitions maraudeuses dans ceux-ci est une innovation de la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan.

Ce pays a minutieusement préparé cette campagne interarmées et pensé ce concept d’opération d’usure du potentiel arménien, fondé sur l’usage du binôme drones-artillerie et de munitions maraudeuses, souligne Jean-Jacques Patry[2].

De toute évidence, la France devrait tirer les enseignements de l’émergence d’une telle doctrine nouvelle. Si les forces armées françaises devraient compter un millier de drones armés d’ici trois ans, leur emploi de MALE Reaper et d’Eurodrone reste essentiellement stratégique, quasi exclusivement pour des opérations de haute valeur ajoutée.

A contrario, l’Azerbaïdjan a fait un usage tactique d’armes moins coûteuses, « consommables », au profit de ses unités de première ligne.

Un tel constat implique par ailleurs de repenser la défense sol-air (DSA) et la lutte anti-drones (LAD).

De fait, dans les armées françaises, la défense sol-air a pâti des coupes drastiques liées à la fin de la guerre froide et au contexte de contrainte budgétaire.

Les environnements des opérations extérieures (opex) se caractérisant par une supériorité aérienne française, ces opérations ont favorisé l’abandon des systèmes de défense sol-air à courte et moyenne portée, au point que la spécialisation dans la DSA n’est plus l’apanage que d’un seul régiment français, le 54e d’artillerie.

Auditionné à l’Assemblée Nationale en octobre 2019, le chef d’état-major des armées (CEMA) François Lecointre, a souligné le « choix » fait « il y a quinze ans d’abandonner la capacité de défense sol-air d’accompagnement », avant de reconnaître que « le phénomène drone change la donne ».

Les auteurs du rapport relèvent donc l’importance que devront revêtir DSA et LAD dans la prochaine loi de programmation militaire. Il faudra en effet se prémunir contre des attaques combinant menaces conventionnelles et éléments plus « rustiques » et nombreux tels que des drones et munitions télé-opérées.

En effet, une telle combinaison posant de nouveaux défis en termes de détection, qui devront être relevés par des radars de nouvelle génération, et de neutralisation, impliquant une évolution des moyens de défense, d’autant plus que l’autonomie des drones va croissant.

Pour ce faire, la France fait depuis 2014 l’acquisition de moyens mobiles de lutte anti-drones (MILAD) et de fusils brouilleurs destinés à équiper forces terrestres, aériennes et navales tant en métropole que sur un théâtre d’opération extérieure. Toutefois, cela ne fera pas tout : il s’agira également d’arriver à la supériorité par la saturation de l’espace aérien. Cela pose d’emblée la question de la guerre de haute intensité.

A lire également : Conflit au Haut-Karabagh : le point de vue de l’Azerbaïdjan

 

Les défis posés par la guerre de haute intensité

Les sénateurs le soulignent, la guerre du Haut-Karabagh est l’un des premiers conflits interétatiques du XXIe siècle, ravivant le modèle de la guerre classique, symétrique, mais non sans innovations.

Elle a vu, écrivent-ils à plusieurs reprises, le retour de la manœuvre, avec une armée azérie à l’offensive, alternant actions de fixation et de contournement et mettant en œuvre tous les matériels à sa disposition.

Le concept de haute intensité, qui a fait beaucoup parler de lui au sein des états-majors ces dernières années, renvoie à une guerre qui changerait d’échelle, touchant aussi bien les domaines politique, économique ou diplomatique que le militaire, « tous les champs et milieux de confrontation, en soumettant nos forces et nos zones arrières à des menaces multiples de désinformation, brouillage, menace aérienne et en provoquant l’épuisement rapide des stocks de pièces et de munitions, voire des pertes humaines élevées », selon les mots écrits en octobre 2020 par le général Thierry Burkhard[3], qui a récemment succédé à François Lecointre au poste de chef d’état-major des armées.

Le récent conflit constitue un exemple de guerre de haute intensité, très consommatrice en termes économiques, humains et matériels.

On compte 4000 morts chez les militaires de chaque camp, un chiffre considérable si on le rapporte aux 40 000 naissances célébrées chaque année en Arménie.

Si les pertes matérielles sont six fois plus importantes chez les Arméniens que chez les Azéris, ces derniers ont toutefois assisté à la destruction de 26 de leurs drones.

Ainsi, alors que la supériorité « 3D » est assurée aux armées occidentales dans bien des opérations de guerre asymétrique qu’elles mènent à l’étranger, ce conflit est l’occasion de réfléchir à de futurs conflits où elles n’en jouiront plus.

En effet, c’est le matériel utilisable en opex, plutôt que celui qui devrait servir à une potentielle guerre de haute intensité, qui est privilégié depuis des années par la France dans ses choix budgétaires.

Par conséquent, ses forces armées ne comptent plus guère de moyens de minage anti-chars mécaniques ou de moyens de déminage lourds si ce n’est un modèle d’engin blindé du génie… vieux de quarante ans. Le développement du matériel destiné à la haute intensité doit donc, désormais, être planifié, pour retrouver une dynamique de croissance des stocks.

En amont, les programmes d’armement doivent tenir compte des modes opératoires nouveaux de nos adversaires potentiels en étant en mesure d’adapter rapidement les défenses.

Ces programmes doivent être souples, aptes à des adaptations qui viseraient à y intégrer des éléments d’innovation. L’arbitrage entre la « masse » et la technologie doit aujourd’hui être repensé, arbitrage au centre des enjeux du programme Titan de rénovation du segment lourd de l’armée de terre ou encore de programmes franco-allemands autour du char MGCS (Main Ground Control System) et de l’artillerie CIFS (Common Indirect Fire System).

A titre d’exemple de cette alternative entre précision et saturation, l’Azerbaïdjan use de lance-roquettes multiples et de missiles balistiques, quand la France recourt au lance-roquettes unitaire (LRU).

Or, dans un conflit de haute intensité, la saturation de l’espace aérien est essentielle, ce qu’a compris l’Azerbaïdjan qui a privilégié la « masse » en usant avant tout de drones « consommables ».

Il faut, selon le général Burkhard cité par les auteurs, préférer à la « très haute technologie » des systèmes d’armes qui « soient toujours relativement résilients et stables et qu’en plus, ils soient capables de fonctionner en mode dégradé ».

Les équipements doivent être en mesure d’apporter un soutien direct sur le théâtre d’opération, d’aider à la réactivité.

 

Surprise stratégique et complexification des conflits : le visage des hostilités au XXIe siècle ?

Au même titre que la prise de Mossoul par Daesh, que l’annexion de la Crimée par la Russie (2014) ou que l’engagement de ce dernier pays en Syrie (2015) ou encore, dans un autre registre, que la pandémie de Covid-19, la guerre du Haut-Karabagh est une illustration du risque de surprise stratégique.

La notion de surprise, qui a toujours été au cœur de la stratégie dans la mesure où elle donne l’avantage à celui qui prend l’initiative, est encore d’actualité.

Ces opérations courtes, préparées dans la discrétion, permettent de mettre la communauté internationale devant le fait accompli, notamment dans le cas de conflits hybrides, gelés, qu’on ne pensait plus susceptibles de dégénérer en guerre ouverte.

En ne laissant qu’un temps de préavis très bref, de quelques semaines dans le cas de la guerre du Haut-Karabagh, entre les premiers signaux d’alerte et le début du conflit proprement dit, l’attaquant bénéficie d’un avantage certain sur une défense qui n’a pas eu le temps de s’organiser. Seul un travail du renseignement, impliquant non seulement des « capteurs » en quête d’informations mais également des moyens d’analyse et de recherche, peut permettre de se prémunir contre ce genre d’opérations.

De fait, alors que les investissements effectués par Bakou dans la défense ces dernières années se sont montrés considérables au point de porter le pays à la 9e place mondiale des dépenses militaires rapportées au PIB, on y a vu un moyen pour lui de rééquilibrer les forces en présence par rapport à la guerre précédente qu’il avait perdu plutôt que le signe d’un conflit prochain.

La vente d’armes à l’Azerbaïdjan comme à l’Arménie était soumise depuis les années 1990 à un embargo, embargo toutefois trop peu contraignant pour empêcher toute importation.

Des preuves photographiques ont été apportées de la présence d’équipements fournis par des sociétés canadiennes.

Dans le même temps, l’Azerbaïdjan renforçait ses liens avec la Turquie quand l’Arménie voyait ses relations avec la Russie se détériorer : la dégradation du contexte international et le retour des « Etats puissances » peuvent faire dégénérer des hostilités gelées en conflits ouverts.

Le partenariat avec la Turquie s’est en effet avéré une aide précieuse pour l’Azerbaïdjan qui a notamment pu compter sur l’envoi de 1500 à 2000 mercenaires djihadistes par son allié, tandis que l’Arménie avait à ses côtés quelques combattants français et libanais d’origine arménienne.

Le phénomène du mercenariat n’a rien de nouveau, ayant au contraire connu son apogée à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne.

Toutefois, il monte aujourd’hui en puissance, à l’instar notamment du groupe russe Wagner, présent en Syrie et sur le continent africain, en dépit du droit international humanitaire qui exclut les mercenaires des garanties de protection comme le statut de prisonnier de guerre, et de textes réprimant cette activité, signés par certaines puissances dont la France.

Le caractère symétrique, interétatique, de tels conflits, n’empêche pas qu’une composante hybride, faite d’interférences d’acteurs, étatiques ou non, étrangers aux parties en conflit, vienne les complexifier.

 

A lire également : Penser la stratégie. Entretien avec Martin Motte

 

Notes

[1] La « salve manœuvrante » : une avancée décisive dans les combats des 20 prochaines années en attendant l’ère des essaims autonomes, Jean-Jacques Patry, FRS, Défense & Industries, n°15, avril 2021 (cité dans le rapport).

[2] Ibid.

[3] Général Thierry Burkhard, Cahiers de la RDN sur la Vision stratégique de l’armée de terre (octobre 2020) (cité dans le rapport).

 

Source:    https://www.revueconflits.com/haut-karabagh

AFRIQUE ET GÉOPOLITIQUE: LE TERRORISME DANS LA ZONE DES TROIS FRONTIÈRES !

Les conditions géopolitiques du terrorisme dans la zone des trois frontières

 

La zone des trois frontières, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, concentre aujourd’hui toutes les inquiétudes.

Ce vaste plateau latéritique de savane ouest-africaine est traversé par la vallée du Niger, qui s’écoule du nord-ouest vers le sud-est.

Il forme un quadrilatère de plus de 500 000 kmcompris entre Tombouctou et Kidal, au nord, Ouagadougou et Niamey, au sud.

Enclavé et soumis à l’épreuve de l’aridité, qui s’accentue avec la désertification du Sahel, cette région transfrontalière, d’agriculture et d’élevage, abrite environ 10 millions de personnes.

Le Liptako-Gourma – puisque c’est ainsi qu’on désigne traditionnellement cet espace – forme désormais, de l’avis de nombreux observateurs, l’épicentre du « dijhadisme sahélien »,greffé à la prolifération des groupes armés et aux affrontements ethniques.

Le Sahel semble un cas d’école pour les stratèges français : ou bien la lutte conduite par la force Barkhane se prolonge, au prix de l’enlisement et de la prolifération des menaces, ou bien elle s’achève et se résigne à l’effondrement de ces rivages de sable déjà bien érodés.

Au sud-est du Niger, la région de Tillabéri est ainsi le théâtre de nombreuses violences depuis plus d’un an : 71 soldats nigériens ont péri dans une attaque à Inatès le 10 décembre 2019, 89 de leurs camarades dans l’attaque du camp de Chinégodar le 9 janvier 2020, 100 personnes dans la commune de Mangaïzé sept jours auparavant, et encore 58 morts dans l’ouest du Niger le 15 mars 2021.

L’enlèvement du journaliste Olivier Dubois le 8 avril 2021 à Gao au Mali par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) vient confirmer encore l’irrésistible dégradation de la situation sécuritaire dans la région.

À lire également

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Une région pauvre et vulnérable

Le Liptako-Gourma forme une de ces zones grises dont la complexité est un enjeu majeur pour la géopolitique.

Elle souffre d’un niveau de pauvreté élevé et d’une insécurité alimentaire chronique, comme l’a bien documenté récemment une analyse très fine publiée conjointement avec le soutien de l’Unicef et de l’OCHA[1].

Massivement rurale (plus de 90 % de la population), partagée entre l’agriculture traditionnelle (mil, sorgho, riz), la pêche et l’élevage extensif, la population des trois frontières est très vulnérable aux risques climatiques et sanitaires.

Jeune (50 % de moins de 15 ans) et féconde (presque huit enfants par femme en moyenne), elle connaît, malgré le sous-peuplement relatif de la région, une pression démographique croissante.

De 2015 à 2018, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire a augmenté de plus de 60 % pour atteindre plus de 875 000 en 2018 (9 % des habitants de la zone).

Ces dernières années, les rivalités entre agriculteurs et éleveurs se sont multipliées.

La raréfaction de l’eau et des ressources fourragères, le climat d’insécurité au nord du Mali, poussant les populations vers le sud (24 000 Maliens sont ainsi réfugiés au Burkina, 54 000 au Niger) ont augmenté la compétition pour les terres dans la région des trois frontières.

La question des trafics

Les confins ont toujours été propices aux trafics en tout genre. Le Liptako-Gourma n’échappe pas à la règle.

Un changement d’échelle est cependant nécessaire pour saisir l’origine des circulations mafieuses dont il est le théâtre. Comme ailleurs, en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, les trois frontièressont traversées par les circuits de contrebande classique portant sur les médicaments, le pétrole, les DVD, dont le Nigeria est pour la région un pourvoyeur important.

L’effondrement du régime de Kadhafi en 2011 a pour sa part largement encouragé la circulation d’armes de petit et gros calibre, type kalachnikov, en même temps que de mercenaires reconvertis dans le djihadisme sahélien.

Enfin, les ports du golfe de Guinée sont devenus ces vingt dernières années des plateformes de circulation de la cocaïne depuis l’Amérique latine vers l’Europe, en passant par les États intermédiaires du Sahel.

Dès le début du conflit, Mathieu Guidère affirmait ainsi que « l’intervention militaire française au Mali a été un coup de pied dans la fourmilière, qui a totalement perturbé les trafics de drogue, d’armes et d’immigration clandestine dans la région, faisant éclater tous les réseaux qui passaient par le nord du Mali »[2].

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Conflits ethniques inter et intracommunautaires

Le djihadisme se greffe également aux conflits ethniques de la région.

Selon Bernard Lugan, fin connaisseur de l’histoire du Sahel, c’est même le facteur déterminant[3].

Historiquement, la région du Liptako-Gourma est une zone de brassage entre des groupes ethniques aux traditions socio-économiques complémentaires ou concurrentes : Peuls, Tamasheqs, Songhaïs, Bozos, Dozos, Bambaras, Dogons, Daoussaks, Ifoghas, Imghads, Haoussas.

Leurs normes se superposent aux lois nationales que les États impuissants de la région ne parviennent de toute manière pas à imposer.

Une dure compétition s’exerce entre les ethnies pour le contrôle du pouvoir local, de la terre, des ressources naturelles, au premier rang desquelles les pâturages et l’eau.

Ces conflits sont traditionnels mais deviennent plus violents avec la pression démographique des peuples qui ont fui le nord du Mali et la circulation des armes.

En témoignent les règlements de compte récurrents entre Imdghads et Peuls sur la frontière Mali-Niger (cercles de Ménaka et d’Asongo au Mali) ou encore entre Peuls, Dozos, Dogons et Bambaras sur la frontière Mali-Burkina.

La conflictualité interethnique ne doit pas faire oublier qu’il existe aussi de fortes tensions sociales au sein de chacune de ces communautés, en particulier entre les aristocraties propriétaires et les couches sociales défavorisées.

Les rancœurs sont nombreuses et la méfiance est grande vis-à-vis des États qui semblent faibles et lointains. Cette situation explique sans doute la prolifération des milices d’autodéfense qui compensent l’absence de l’armée nationale et de la gendarmerie.

La question religieuse

Il serait sans doute excessif d’évacuer complètement la dimension religieuse des troubles du Liptako.

La région a embrassé l’islam, en la personne du souverain de Gao, dès le xesiècle.

La conversion resta cependant un phénomène limité à l’élite urbaine jusqu’aux mouvements de djihads populaires des xviiie-xixe siècles (chez les Peuls, Toucouleurs et Bambaras). Islam de synthèse, mâtiné d’animisme – au grand dam d’Ibn Battuta, célèbre voyageur arabe passé à la cour du roi Mansa Moussa au milieu du xivesiècle –, cette « religion du masque et de la mosquée » comme l’écrit l’historien François-Xavier Fauvelle, avec ses saints et son culte des ancêtres, connaît aujourd’hui, comme l’ensemble du monde musulman, un processus de radicalisation salafiste sur lequel prospèrent les groupes armés terroristes (GAT).

Parmi eux, on peut distinguer les groupes avec une assise ethnique et régionale forte, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) des Touaregs ou encore le Front de libération du Macina (FLM) des Peuls.

Les revendications territoriales semblent l’emporter sur le reste. Mais d’autres groupes, dont la dimension ethnique n’est pas non plus négligeable comme l’indique le recrutement massif de Peuls, adoptent une rhétorique et des moyens d’action plus clairement djihadistes, comme l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), installé dans le cercle de Ménaka et qui a fait plus de 200 morts en mars 2021 ou encore son rival, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

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Un effondrement né de la faillite des États

Les groupes djihadistes du Liptako se nourrissent des mêmes trafics et du même ressentiment ethnique, politique, social et religieux, né de la faillite des États.

« L’enrôlement est volontaire : il est lié à la présence de groupes armés à proximité des lieux de vie et du maillage de leurs réseaux ; ils apportent la sécurité, des revenus et des armes face aux autres ethnies dont on se méfie, aux bandits et aux coupeurs de route.

Le processus de radicalisation ou d’endoctrinement religieux est secondaire dans ce panel »,écrivait Olivier Hanne en mai 2020[4].

Pour reprendre les mots de Stephen Smith, la France est donc menacée « d’ensablement » au Sahel[5].

Dans tous les cas, on agit contre l’épouvantail du djihadisme alors que l’effondrement régional naît de la faillite des États. La réponse militaire est insuffisante, la réponse économique illusoire.

Sous la forme du state building, théorisé par les Américains, la réponse politique ne fonctionne pas : ses effets pervers sont trop nombreux (déresponsabilisation des élites nationales, corruption, dépendance) et la légitimité des structures étatiques trop fragile aux yeux de l’opinion publique.

C’est toujours de l’intérieur qu’un État se construit, et à partir d’une nation qui se donne les moyens d’en être une. L’État-nation n’est pas un luxe occidental. Pour l’avoir ignoré, le Mali, le Niger et le Burkina Faso en font aujourd’hui les frais dans la région des trois frontières.

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Notes

[1]Lucile Gingembre, Analyse préliminaire des risques, des vulnérabilités et des actifs de résilience dans la région du Liptako-Gourma, février 2019.

[2]France Info Afrique avec l’AFP, « Un trafic de cocaïne impliquant les mafias italiennes démantelé en Côte d’Ivoire », 12 juin 2019.

[3]Bernard Lugan, Les guerres du Sahel des origines à nos jours, 2019, et aussi « Le djihadisme sahélien au piège de l’ethnisme », article en ligne sur le blog du 360, 18 mai 2021.

[4]Olivier Hanne, « Sahel : sortir de l’impasse ? » in Conflits, 15 mai 2020.

[5]Voir aussi Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Une guerre perdue, Jean-Claude Lattès, 2020.

[1] Lucile Gingembre, Analyse préliminaire des risques, des vulnérabilités et des actifs de résilience dans la région du Liptako-Gourma, février 2019.

[2] France Info Afrique avec l’AFP, « Un trafic de cocaïne impliquant les mafias italiennes démantelé en Côte d’Ivoire », 12 juin 2019.

[3] Bernard Lugan, Les guerres du Sahel des origines à nos jours, 2019, et aussi « Le djihadisme sahélien au piège de l’ethnisme », article en ligne sur le blog du 360, 18 mai 2021.

[4] Olivier Hanne, « Sahel : sortir de l’impasse ? » in Conflits, 15 mai 2020

[5] Voir aussi Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Une guerre perdue, Jean-Claude Lattès, 2020.

29/07/2021

LES TRAFICS DU HEZBOLLAH EN AMÉRIQUE LATINE

 
Publié par Christian Larnet le 29 juillet 2021

Le 6 janvier 2021, le réseau d’information du Golfe Al Arabiya a publié une révélation explosive.

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Fin 2016, un agent du Hezbollah haut placé nommé Nasser Abbas Bahmad s’est rendu dans ce que l’on appelle la zone des trois frontières (ZTF), où les frontières de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay se rejoignent. Sa mission apparente : établir une ligne d’approvisionnement de cargaisons de plusieurs tonnes de cocaïne depuis l’Amérique latine vers les marchés étrangers afin de générer des fonds pour le groupe terroriste libanais Hezbollah, qui a des bases dormantes en Europe, notamment en Allemagne et en France.

Des articles d’investigation ont rapidement suivi dans la presse argentine et paraguayenne. Et ils sont sur la bonne voie : une source policière de l’un des trois pays a déclaré, sous couvert d’anonymat, que Bahmad et son partenaire commercial, Hanan Hamdan, de nationalité australo-libanaise, ont été placés sur une liste de surveillance américaine en décembre 2020.

 

Pourtant, ce que cette histoire révèle est la face visible de l’iceberg, beaucoup de choses restent obscures.

Au cours des dernières décennies, le Hezbollah a construit une machine bien huilée de blanchiment d’argent et de trafic de drogue de plusieurs milliards de dollars en Amérique latine, qui blanchit les gains mal acquis du crime organisé via de multiples points de passage dans l’hémisphère occidental, en Afrique de l’Ouest, en Europe et au Moyen-Orient.

Traditionnellement, le Hezbollah utilisait l’économie illicite de la TBA comme une plaque tournante pour le blanchiment d’argent, mais pas pour le trafic de cocaïne. Pendant des années, les trafiquants de drogue liés au Hezbollah dans la TBA n’ont transporté que des quantités relativement faibles de cocaïne. Les cargaisons de plusieurs tonnes sont une toute autre histoire.

Les grosses cargaisons de cocaïne liées aux réseaux de blanchiment d’argent du Hezbollah provenaient de Colombie et du Venezuela.

La Colombie reste le plus grand producteur de poudre blanche d’Amérique latine et le Venezuela, sous le régime de Nicolas Maduro, favorable à l’Iran, est un point de transit essentiel pour les expéditions de cocaïne.

Si le Hezbollah est désormais impliqué dans l’établissement d’une importante ligne d’approvisionnement en cocaïne dans la TBA, quelque chose a dû changer dans son modus operandi. Les routes commerciales du Hezbollah ont-elles changé ?

Comme si cela n’était pas assez déroutant, voici un autre mystère que les révélations des médias laissent en suspens.

  • En décembre 2017, Bahmad – autrefois producteur de films connu pour ses talents de propagandiste mais apparemment sans expérience des affaires – avait quitté la région, pour ne plus jamais y revenir.
  •  
  • GTG Global Trading Group S.A., la société qu’il a créée quelques mois seulement avant de disparaître, est toujours en sommeil à ce jour. Pourquoi Bahmad a-t-il disparu avant que le premier envoi de ses produits n’ait été expédié du Paraguay ? Les autorités locales ont-elles contrecarré sa mission ? Quelqu’un l’a-t-il dénoncé ? Ou bien le producteur a-t-il produit – c’est-à-dire qu’il a accompli sa mission, ne lui laissant aucune raison de rester dans la TBA ? A-t-il trompé tout le monde, établi sa ligne d’approvisionnement et l’a-t-il placée dans des mains de confiance avant de disparaître ?

Basée sur des dizaines d’entretiens avec des sources confidentielles, des documents obtenus auprès d’informateurs des services de renseignements régionaux et des recherches de sources ouvertes, cette affaire révèle l’histoire singulière de Nasser Abbas Bahmad et de son incursion en Amérique latine.

Son histoire illustre la manière dont le Hezbollah a établi son plus grand blanchiment d’argent en Amérique latine et comment, malgré les efforts des services de répression américains et sud-américains, il fonctionne à plein régime et finance l’armement des ennemis de l’Amérique et d’Israël.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

 

Source : https://besacenter.org/hezbollah-money-laundering-drug-trafficking/#.YP6r7eASmx4.twitter

28/07/2021

GÉOPOLITIQUE: LES USA ET LES BOMBARDEMENTS RÉCENTS SUR L' IRAK ET LA SYRIE .........

 

 
28.juillet.2021 // Les Crises
 

Irak-Syrie : Les récents bombardements américains sont manifestement inconstitutionnels

 
 

Il faudra bien plus que l’abrogation des AUMF (Authorization for Use of Military Force, autorisation pour l’usage de forces armées, NdT) pour empêcher le président de prendre des décisions unilatérales de faire la guerre.

Source : Responsible Statecraft, Bruce Fein


Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Images: Sascha Burkard and Konstantin L via shutterstock.com

Le président Joe Biden a récemment ordonné des frappes aériennes anticonstitutionnelles en Irak et en Syrie contre deux milices prétendument parrainées par l’Iran qui auraient été impliquées dans des attaques de drones contre du personnel américain en Irak quelques semaines auparavant.

Ces frappes aériennes faisaient suite au bombardement anticonstitutionnel de la Syrie par le président Biden en février, qui a fait au moins 22 morts.

Il s’agit là d’une histoire de pouvoir corrompu. Biden et le pouvoir absolu qui le corrompt absolument.

Le président syrien Bashar Assad et le Premier ministre irakien Mustafa al-Kadhimi se sont tous deux opposés aux frappes. Ce dernier les a condamnées comme une « violation flagrante et inacceptable de la souveraineté et de la sécurité nationale de l’Irak. »

Les frappes aériennes du président Biden constituent des actes de guerre agressive contre la Syrie et l’Irak selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

L’article 8 bis définit le crime d’agression comme incluant « le bombardement par les forces armées d’un État contre le territoire d’un autre État ou l’utilisation de toute arme par un État contre le territoire d’un autre État. »

Lors d’une audience de la Commission des services armés de la Chambre des représentants en 2011, le député républicain Randy Forbes de Virginie a pressé Robert Gates, alors secrétaire à la Défense, sur le refus de l’administration Obama de qualifier les frappes de missiles contre le libyen Mouammar Kadhafi d’actes de « guerre ».

Forbes a demandé à Gates s’il s’agirait d’un acte de guerre si un autre pays tirait un missile de croisière sur la ville de New York – comme les États-Unis l’ont fait contre Tripoli – et Gates a répondu « probablement. »

En vertu de la Declare War Clause [Clause de déclaration de guerre, NdT] – article I, section 8, clause 11 – telle qu’elle a été universellement comprise par les rédacteurs et les ratificateurs de la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir d’autoriser l’utilisation offensive des forces armées.

Le président conserve toutefois l’autorité de repousser les attaques soudaines d’ennemis qui ont déjà rompu la paix.

Or, ni la Syrie ni l’Irak n’attaquaient les États-Unis ou le personnel des forces armées américaines lorsque le président Biden a lancé ses frappes aériennes.

Le président a eu amplement le temps de demander au Congrès des déclarations de guerre équivalentes.

En tant que sénateur candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2007, Biden a adhéré sans réserve à cette signification inattaquable de la Declare War Clause.

En effet, il s’est engagé à mener la charge pour mettre en accusation et destituer le président George W. Bush si l’Iran était attaqué sans déclaration du Congrès.

L’échange suivant avec Chris Matthews de MSNBC en décembre 2007 en dit long :

MATTHEWS : Vous avez dit que si le président des États-Unis avait lancé une attaque contre l’Iran sans l’approbation du Congrès, cela aurait été une infraction passible de destitution.

BIDEN : Absolument.

MATTHEWS : Voulez-vous revoir ce commentaire que vous avez fait ? Quelle est votre position actuelle à ce sujet ?

BIDEN : Oui, je le veux. Je veux m’en tenir au commentaire que j’avais fait. La raison pour laquelle j’ai fait ce commentaire était un avertissement. Je ne dis pas ces choses à la légère, Chris. Vous me connaissez depuis longtemps.

J’ai été président de la commission judiciaire pendant 17 ans, ou son membre le plus haut placé. J’enseigne la séparation des pouvoirs et le droit constitutionnel. C’est quelque chose que je connais.

J’ai donc réuni un groupe de constitutionnalistes pour rédiger un texte que je vais remettre à l’ensemble du Sénat des États-Unis, soulignant que le président n’a pas l’autorité constitutionnelle de faire entrer cette nation en guerre contre un pays de 70 millions d’habitants, à moins que nous soyons attaqués ou qu’il y ait des preuves que nous sommes sur le point de l’être.

Et s’il le fait, je proposerais de le mettre en accusation. La Chambre doit évidemment le faire, mais je prendrais la tête d’une démarche pour le mettre en accusation.

Ce n’est pas que le président Biden aime moins la Constitution en abandonnant son évangile de la Clause de déclaration de guerre, mais il convoite davantage le pouvoir exécutif illimité.

Le ministère de la Justice a été ostensiblement silencieux quant à l’autorité de Biden de bombarder la Syrie et l’Irak sans directive statutaire du Congrès.

Ce silence témoigne d’un embarras face à l’indéfendabilité constitutionnelle des agressions du président Biden. Au lieu de cela, le porte-parole du Pentagone, John F. Kirby, a été dépêché pour expliquer les actes de guerre unilatéraux du président.

L’expérience enseigne le scepticisme à l’égard de tout récit de guerre du Pentagone.

La résolution mal conçue d’août 1964 sur le golfe du Tonkin, qui a engendré le désastre de la guerre du Vietnam, est le fruit de mensonges de l’exécutif.

Non seulement il n’y a pas eu de deuxième attaque à la torpille nord-vietnamienne sur le Mattox et le Turner Joy, mais la complicité américaine dans des attaques provocatrices antérieures sur le Nord-Vietnam (nom de code Plan d’opérations 34A) a été dissimulée.

L’abrogation des autorisations de recours à la force militaire de 2001 et 2002 ne contribuera en rien à limiter les pouvoirs de guerre présidentiels inconstitutionnels.

Le président Biden affirmera le pouvoir inhérent de l’article II de déclencher la guerre à son gré, en tant que commandant en chef ou autre.

C’était la réponse du président Richard Nixon à l’abrogation de la résolution du Golfe du Tonkin pour justifier la poursuite de la guerre du Vietnam.

Il n’existe que deux approches infaillibles pour mettre fin aux guerres présidentielles. Une résolution du Congrès les définissant comme des crimes et délits passibles de destitution, voir H. Res. 922 (115e Congrès) et H. Res. 411 (116e Congrès) ; ou une loi rendant criminelle toute dépense de fonds des États-Unis pour soutenir l’utilisation offensive des forces armées sans une déclaration de guerre préalable du Congrès.

Source : Responsible Statecraft, Bruce Fein, 29-06-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

23/07/2021

HIGH TECH : LA CHINE SE PRÉPARE À EXPROPRIER LES ACTIONNAIRES ÉTRANGERS........

18/07/2021

AFRIQUE DU SUD : LA RÉVOLTE DES ZULU .......

 

 

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Les très graves émeutes-pillages qui secouent l’Afrique du Sud depuis le 8 juillet dernier ont été déclenchées par la faction pro-Zuma de l’ANC (Zulu), avec pour objectif de déstabiliser la présidence de Cyril Ramaphosa (Venda), auquel elle reproche d’avoir évincé son leader en 2018.

La présidence sud-africaine a d’ailleurs été très claire à ce sujet en parlant de « conspiration ethnique » et en inculpant douze hauts cadres zulu de l’ANC qui, selon elle, seraient impliqués dans l’organisation de ces émeutes. Dudane Zuma, un des fils de Jacob Zuma a, quant à lui, clairement appelé les Zulu à se mobiliser.


Tout le reste n’est qu’analyses journalistiques affligeantes de médiocrité et de superficialité, surtout quand elles présentent ces évènements comme s’il s’agissait d’une simple révolte sociale due à une crise économique aggravée par le Covid…

Le retour au réel passe par la mise en évidence de deux étapes distinctes, ce qui permet de ne pas confondre les causes et leurs conséquences:

1) Tout est parti du pays zulu, le Kwazulu-Natal, avec pour épicentres les villes zulu de Durban et de Pietermaritzburg, et cela, à partir du moment où Jacob Zuma a été incarcéré. Dans la région de Johannesburg, seuls les townships zulu ont été touchés. Il est remarquable de constater que les zones non-Zulu n’ont pas suivi le mouvement. 

Les raisons de ce soulèvement sont claires : les Zulu n’acceptent pas le coup d’Etat de 2018 qui a abouti à l’éviction de Jacob Zuma par son vice-président Cyril Ramaphosa. Ils l’acceptent d’autant moins que ce coup de force fut suivi de poursuites judiciaires contre Jacob Zuma, considérées par eux comme une vengeance de ses adversaires ethniques au sein de l’ANC.

D’autant plus qu’ils accusent à raison l’actuel président, l’ex syndicaliste Cyril Ramaphosa, d’avoir bâti sa colossale fortune sur la trahison de ses mandants.

Nommé dans les conseils d’administration des sociétés minières blanches, il y fut en effet coopté pour son « expertise » syndicale, c’est-à-dire en échange de son aide contre les revendications des mineurs noirs dont il fut le représentant avant 1994 !!! 

Considérant qu’à travers Jacob Zuma c’est leur peuple qui est attaqué, les Zulu se moquent de savoir qu’il était effectivement totalement corrompu.

Englué dans plusieurs affaires de corruption, il a même été pris la main dans le sac d’une gigantesque entreprise de favoritisme d’Etat au profit de la famille Gupta[1] et une commission judiciaire fut désignée pour enquêter sur la gravissime accusation de « State Capture ».

Ces gangsters affairistes d’origine indienne avaient en effet réussi à imposer leur droit de regard sur les nominations officielles, ce qui leur avait permis de placer leurs agents à tous les rouages de décision de l’Etat et des entreprises publiques. 

Estimant que l’Etat-ANC est contre eux, les partisans de Jacob Zuma ont donc pensé qu’ils n’avaient que la violence pour s'exprimer.

D’où les premiers évènements du début du mois de juillet, immédiatement suivis, comme toujours en pareil cas, de pillages d’opportunité associés à une puissante et sanglante vengeance contre ces commerçants-usuriers indiens qui, comme des sangsues, vivent aux dépens des paysans zulu.

Et ce fut alors que la deuxième étape du mouvement se produisit.

2) Conséquence d’un mouvement politique, ces pillages sont le révélateur de la faillite économique et sociale[2] de la « nation arc-en-ciel » si lyriquement chantée par les naïfs au lendemain de la fin de l’ « apartheid ».

Le bilan économique de bientôt trois décennies de pouvoir ANC est en effet désastreux avec un PIB qui ne cesse de baisser (3,5% en 2011, 2,6% en 2012, 1,9% en 2013, 1,8% en 2014, 1% en 2015,  0,6% en 2016,  une entrée en récession en 2017 suivie d’un très léger rebond à 0,2% et 0,1% en 2019 et 2020).

Les mines, premier employeur du pays ont perdu près de 300 0000 emplois depuis 1994.

Quant aux pertes de production et de revenus, elles se conjuguent avec des coûts d’exploitation en hausse constants, cependant que les dramatiques coupures d’électricité  ont eu pour conséquence la fermeture des puits secondaires et la mise à pied de dizaines de milliers de mineurs.

En réalité, depuis 1994, l’Afrique du Sud vit sur l’immense héritage légué par le régime blanc.

Ses nouveaux maîtres de l’ANC n’ayant pas réalisé les nécessaires et colossaux investissements qu’il était pourtant urgent de faire afin de simplement maintenir les capacités de production.

En plus de cela, le climat social a découragé les éventuels investisseurs qui ont préféré faire « glisser » leurs activités vers des pays plus  fiables.

L’agriculture avait, elle aussi, perdu plusieurs centaines de milliers d’emplois avant le coup mortel porté aux fermiers le mardi 27 février 2018, quand le parlement sud-africain vota le commencement d’un processus de nationalisation-expropriation sans compensation des 35.000 fermiers blancs.


Résultat, au lieu de se combler, comme l’ANC le promettait  en 1994, les inégalités se sont au contraire davantage creusées.

Aujourd'hui 75% des familles noires vivent  en dessous du seuil de pauvreté.

Quant au chômage, il est officiellement de 30% de la population active alors que les agences indépendantes parlent de plus de 50% avec des pointes à 80% dans certaines régions. 

Enfin, chiffre terrible pour tous ceux qui croyaient dans l’avenir de la société « post-raciale » sud-africaine, aujourd’hui, le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994 !!!

Ce qui a fait dire à un célèbre chroniqueur noir qu’au rythme auquel se décompose le pays, il va bientôt falloir  se décider à en « rendre la direction aux Boers » !!! 

Une remarque d’une grande profondeur car le soit disant héritage « négatif » de  «l 'apartheid » a, des années durant, servi d’excuse aux dirigeants sud-africains.

Or, aujourd’hui, personne ne peut plus nier qu’en 1994, quand le président De Klerk hissa au pouvoir un Nelson Mandela incapable de le prendre de force[3], il légua à l’ANC la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine. Force est également de constater que, libérée de l’ « oppression raciste », la « nouvelle Afrique du Sud » fut immédiatement la proie du parti prédateur ANC dont les cadres, aussi incapables que corrompus, eurent comme objectif principal leur propre enrichissement. 

Aujourd'hui, l’ANC n’est plus qu’une coquille vide  ayant perdu toute forme idéologique et politique. Fragmenté par une infinité de facteurs, il ne survit plus que comme machine électorale destinée à distribuer des sièges de députés à ses membres.

Quant aux masses noires totalement paupérisées, elles constituent un bloc explosif potentiel dont la colère se tournera un jour ou l’autre contre les Blancs qui n’auront plus que le choix entre l’émigration ou le repli vers l’ancienne province du Cap.

Décérébrés par l’auto-culpabilisation, par les glapissements des « décoloniaux » et par le sida mental introduit par la « culture woke » (voir à ce sujet mon livre

Pour répondre aux décoloniaux), les chapons gras occidentaux continueront pourtant à se pâmer devant la figure tutélaire de Nelson Mandela, tout en continuant à avoir  « les yeux de Chimène » pour le fantasme de la « nation arc-en-ciel ».

Ne voyant pas que ce qui se passe actuellement en Afrique du Sud annonce le futur apocalyptique de l’Europe « multiraciale » préparé par les mondialistes, la Commission de Bruxelles et ce pape tiers-mondiste qui ne cesse d’appeler à l’accueil des « Autres »...


[1] Voir à ce sujet le dossier consacré à cette question publié dans le numéro  du mois de juillet 2017 de l’Afrique Réelle (n°91) sous le titre « Jacob Zuma peut-il survivre au Gupta Gate ? ».


[2] Cette question sera développée dans le numéro du mois d’août de l’Afrique réelle que les abonnés recevront le 1er août.
[3] Voir à ce sujet mon livre « Histoire de l’Afrique du Sud des origines à nos jours ». Editions Ellipses, 2010.

Disponible en librairie.


Plus d'informations sur le blog de Bernard Lugan. 

17/07/2021

EN CHINE : LE DÉBAT CONFUS SUR LES ORIGINES DU VIRUS ......

12/07/2021

AFGHANISTAN : APRÈS LE DÉPART DES AMÉRICAINS , LES TALIBANS PROCHENT DE LA VICTOIRE !

En Afghanistan, les islamistes se rapprochent de la victoire

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Par Antoine de Lacoste.

S’il y a un point sur lequel Donald Trump et Joe Biden sont d’accord, c’est bien sur le fait d’abandonner leur allié afghan et de laisser le champ libre aux talibans.

Ce nom exotique ne doit pas faire illusion : les talibans sont des islamistes purs et durs et une chappe de plomb va probablement s’abattre à nouveau sur ce malheureux pays.

Le nom d’ « ultras-conservateurs » revient trop souvent dans la presse française pour qualifier les talibans : cela relève de la désinformation pure et simple.

Le processus d’abandon, engagé sous Donald Trump qui fit libérer de nombreux prisonniers talibans sans aucune contrepartie, s’est accéléré avec Biden qui a fixé au 11 septembre le départ du dernier soldat américain.

La grande base de Bagram a déjà été évacuée, et il n’y a plus guère que l’aéroport de Kaboul à être encore sous protection américaine. Cela devrait cesser d’ici peu. Après, l’armée afghane sera seule face aux islamistes. Ces derniers ont déjà lancé plusieurs offensives dans le nord, montrant par là leur totale détermination à reprendre le contrôle du pays qu’ils avaient perdu après le 11 septembre 2001 et l’invasion américaine organisée en représailles des attentats.

Plusieurs districts ont ainsi été facilement reconquis aux dépens de l’armée afghane qui a souvent fui sans combattre. Ce n’est pas nécessairement par lâcheté ou compromission, les choses sont plus complexes.

Car l’armement dont disposent les soldats est souvent pitoyable avec des munitions inadaptées ou insuffisantes, la stratégie militaire est sommaire et la corruption endémique.

Certains se sont battus courageusement mais ordre leur a été donné d’évacuer des postes ruraux intenables pour tenter la défense des grandes villes.

Pourquoi pas. Mais tout de même, on se demande ce qu’ont organisé les Américains après vingt ans d’occupation et mille milliards de dollars dépensés. Ce chiffre, devenu symbolique aux Etats-Unis, exaspère les membres du Congrès dont beaucoup militent pour cesser toute aide financière à l’Afghanistan.

C’est le syndrome de la guerre du Viet-Nam qui se renouvelle : les Américains, non contents d’avoir abandonné leur allié, ont ensuite cessé toute aide, militaire ou financière, précipitant sa défaite.

Car en face, l’Union soviétique était toujours là pour ravitailler son allié. Saïgon est tombé deux ans après le départ américain une longue nuit meurtrière a commencé pour les malheureux vietnamiens et elle n’est toujours pas achevée.

Les islamistes ont remplacé les communistes mais l’histoire est la même. Car derrière les talibans, il y a toujours le Pakistan, très actif dans son soutien aux talibans.

Les Etats-Unis, désireux de pas se fâcher avec ce pays pour des raisons géopolitiques qui se défendent, a tout de même choisi de ne pas choisir, laissant les services secrets pakistanais organiser patiemment la reconquête du pays par le biais des talibans, sans cesse bombardés par l’aviation américaine.

Au royaume de l’absurde, l’opération afghane tiendra une bonne place dans la stratégie américaine.

L’inquiétude commence à croître dans les grandes villes et des règlements de compte se sont déjà produits. Une probable grande vague d’émigration aura lieu en cas de succès taliban, et certaines ambassades fermeront courageusement leurs portes.

Qu’est-ce qui pourrait empêcher la victoire islamiste annoncée ? Un sursaut de l’armée afghane puisqu’aucune aide ne viendra de l’extérieur. Mais on l’a compris, il ne saurait être que provisoire car le temps joue en faveur des islamistes.

Cela rappelle le propos d’un chef taliban tenus à un général américain et restés célèbres : « vous avez une montre mais nous, nous avons le temps ».

Décidemment la politique extérieure américaine depuis trente ans n’est qu’un champ de ruines. 


Retrouvez l’ensemble des chroniques proche-orientales d’Antoine de Lacoste parmi les articles de notre catégorie Actualité Monde.