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28/05/2021

UN ARTICLE DE BERNARD LUGAN DANS " L' AFRIQUE RÉEL " !


  
 L' AFRIQUE RÉEL    DE BERNARD LUGAN
 
 
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Alors que, par « miracle », le Tchad n’a pas (encore ?) explosé après la mort d’Idriss Déby et cela, uniquement parce qu’un pouvoir fort a rempli le vide politique provoqué par sa disparition, le Parlement européen vient de sommer le CMT (Conseil militaire de transition),  d’entamer  d’ « urgence un processus démocratique pluraliste » en appelant à un surréaliste retour à l’ « ordre constitutionnel et au respect des valeurs démocratiques » par la remise du pouvoir à  des « acteurs de la société civile », afin de « garantir la transition pacifique au moyen d’élections démocratiques libres et équitables ».
 
Totalement ignorant des  failles de la tectonique ethnique tchadienne et de l’histoire chaotique du pays depuis les années 1960, aveuglé par l’idéologie démocratique, le « machin » bruxellois ne pouvait pas mieux faire pour mettre en place les conditions du chaos.

Cette prise de position hors-sol ne doit pas étonner car, en vérité, cet aveuglement  est la conséquence du « lobbying » pratiqué par des ONG irresponsables qui tissent la toile  idéologique dans laquelle elles emprisonnent le parlement bruxellois.

Derrière cette prise de position, l’on retrouve en effet, entre autres, la marque  de « Pain pour le Monde », l’organisation des églises protestantes et évangéliques allemandes, celle du « CCFD Terre solidaire », celle d’ « Agir ensemble pour les Droits humains, celle de « Misereor » l’organisme des évêques catholiques allemands » et celle d’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Et la liste pourrait être poursuivie…
 
Ainsi, au nom des « vertus chrétiennes devenues folles », ces ONG largement confessionnelles ont consciencieusement entrepris de préparer la voie à la dislocation du Tchad, verrou essentiel de la stabilité régionale.

En effet, si le CMT entamait un processus démocratique, l’ethno-mathématique électorale tchadienne donnerait le pouvoir aux plus nombreux, c’est-à-dire aux Sudistes.

Or, depuis l’indépendance, la vie politique du Tchad tourne au contraire autour des principales ethnies nordistes, à savoir les Zaghawa, les Toubou du Tibesti (les Teda), les Toubou de l’Ennedi-Oum Chalouba (les Daza-Gorane) et les Arabes du Ouadaï qui totalisent moins de 25% de la population du pays (voir à ce sujet mon livre : Les guerres du Sahel des origines à nos jours).

 

Or, les ONG et les députés européens refusent de voir que c’est autour de leurs rapports internes de longue durée, de leurs alliances, de leurs ruptures et de leurs réconciliations plus ou moins éphémères que s’est écrite l’histoire du pays depuis l’indépendance.

C’est autour d’eux que se sont faites toutes les guerres du Tchad depuis 1963.

C’est de leurs relations que dépend le futur du pays, la majorité de la population n’étant que la spectatrice-victime de leurs déchirements et de leurs ambitions.

Nous voilà bien loi de la « démocratie parlementaire… »
 
Si les actuels dirigeants tchadiens cédaient au diktat européen inspiré par les ONG, le Tchad basculerait dans la guerre comme le Mali, avec des populations nordistes minoritaires refusant le totalitarisme démocratique sudiste reposant sur la seule loi du nombre. 
 
Le Tchad doit donc rejeter le chantage démocratique et son compère, l’odieux et hypocrite néocolonialisme  de la pitié et de l’émotionnel. Il en va en effet de la paix civile.

Ne perdons pas de vue que ce fut le diktat démocratique imposé par la France socialiste au général Habyarimana qui réveilla puis exacerba les fractures de la société rwandaise, ce qui déboucha sur le génocide (voir à ce sujet mon livre Rwanda : un génocide en questions).
 
Plus généralement, et à moins de demeurer pour l’éternité des  colonisés, les Africains doivent chasser  les essaims des ONG qui s’abattent sur eux.

Que peuvent en effet leur apporter à long terme ces organisations composées d’exclus, de laissés pour compte ou de retraités des pays du Nord dont les motifs altruistes masquent le fait qu’ils sont trop souvent eux-mêmes à la recherche de solutions à leurs propres problèmes existentiels ou matériels ?

Sauf rares exceptions dans le domaine médical ou comme dans le cas de certaines organisations admirables comme l’est l’Ordre de Malte, ces « petits blancs » étouffent littéralement l’Afrique sous le poids de leurs jérémiades humanitaires, sous leurs « petits » projets aux « petites » capacités, portés par de « petites » ambitions, le tout soutenu par de « petits » moyens et surtout avec une absence totale de perspective et de coordination.
 
 
Plus d'informations sur le blog de Bernard Lugan. 

contact@bernard-lugan.com

 

27/05/2021

LA CHINE ÉTEND SON INFLUENCE EN AFRIQUE .....

 
 
 

La Chine étend son influence en Afrique en construisant des installations gouvernementales, l’Occident commence à s’y opposer

À la mi-mai, la Chine a investi 35 millions de dollars au Kenya pour construire un nouveau bâtiment du ministère des affaires étrangères. C’est le dernier d’une série d’investissements et de subventions accordés par le Parti communiste chinois (PCC) à des pays africains, qui permet au régime d’étendre son influence politique et économique sur le continent.

Les offres d’investissement de la Chine, principalement dans le cadre de ses initiatives “Nouvelle route de la soie” (NRS), ont été largement critiquées pour avoir créé des pièges à dettes pour les pays bénéficiaires, ainsi que pour les accusations d’espionnage et d’infiltration.

 

La façade du siège de l’Union africaine (UA) est photographiée à Addis-Abeba, le 13 mars 2019. (Ludovic Marin/AFP via Getty Images)

L’Occident a maintenant commencé à prendre des contre-mesures.

Le Southern China Morning Post a noté le 23 mai que le PCC s’est concentré sur le financement et la construction de bâtiments gouvernementaux pour les pays africains, ce qui a suscité la suspicion de la communauté internationale.

Actuellement, le nouveau siège de 80 millions de dollars des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), qui est financé par la Chine, est en cours de construction dans le sud d’Addis-Abeba en Éthiopie. Malgré l’avertissement du gouvernement américain en février 2020 selon lequel un CDC financé et construit par la Chine sera utilisé par le régime pour voler des “données génétiques africaines”, la construction a commencé en décembre 2020.

Selon The Heritage Foundation, la Chine a participé à la construction de plus de 186 bâtiments gouvernementaux à travers 40 des 54 pays africains. Même le siège de l’Union africaine (UA), situé en Éthiopie, a été entièrement financé et construit par la Chine.

En 2018, le journal français Le Monde a révélé pour la première fois que des techniciens de l’UA ont découvert qu’entre 2012 et 2017, le siège de l’Union africaine construit par la Chine avait transmis quotidiennement des données confidentielles de l’UA à Shanghai via le réseau informatique du bâtiment, en utilisant des serveurs fournis par la société chinoise Huawei.

Malgré cela, en 2019, l’UA a signé des accords avec Huawei pour étendre l’utilisation de ses technologies et équipements dans la construction de réseaux 5G, l’intelligence artificielle et l’informatique en nuage, entre autres.

La Chine a développé 70 % des réseaux 4G d’Afrique, et a même construit des réseaux de communication intra-gouvernementaux sensibles pour 14 pays africains.

 

Ces dernières années, le régime communiste chinois a prêté des milliards de dollars aux États africains tout en construisant des routes, des chemins de fer, des ports, des centrales électriques, des réseaux Internet, des bâtiments gouvernementaux dans le but d’amener le continent sous son influence, selon les médias britanniques. Le régime a également construit des bases militaires en Afrique, comme à Djibouti.

Des membres de l’Armée populaire de libération chinoise assistent à la cérémonie d’ouverture de la nouvelle base militaire chinoise à Djibouti, le 1er août 2017. (STR/AFP via Getty Image)

Les prêts chinois sont principalement proposés dans le cadre de la NRS, qui est le grand projet de politique étrangère du dirigeant chinois Xi Jinping, lancé en 2013. Il vise à étendre l’influence économique et politique du PCC aux pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique en recréant la route de la soie et la route de la soie maritime de la Chine ancienne pour le commerce au XXIe siècle. La NRS investit des capitaux chinois dans la construction de divers projets d’infrastructure à coût élevé dans plus de 60 pays participants.

Au moins 28 pays africains ont signé un accord de la NRS avec la Chine, selon le média d’État chinois Xinhua.

Récemment, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à prendre des mesures pour contrer l’expansion de la Chine en Afrique.

Lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères du Groupe des Sept (G7) début mai, les pays occidentaux ont souligné les ambitions du PCC et les menaces pour la sécurité des nations d’Afrique et d’Amérique latine, et ont suggéré que l’Occident étende ses partenariats à ces pays avec des “offres concrètes de coopération.”

Le 22 mai, un groupe d’entreprises de télécommunications financé par une agence américaine d’aide à l’étranger et dirigé par le groupe britannique Vodafone a remporté le contrat de construction du réseau 5G pour l’Éthiopie, devançant les entreprises d’État chinoises Huawei Technologies Co et ZTE Corp.

 

Source: The Epoch Times, le 26 mai 2021 – Traduction par Aube Digitale

26/05/2021

LA CHINE CONTINUE DE POLLUER ......

24/05/2021

QUAND LES DJIHADISTES ÉTAIENT NOS AMIS ! ( DENIS SOUCHON )

24.mai.2021 // Les Crises
 

Quand les djihadistes étaient nos amis – par Denis Souchon

 

Pendant une période comprise entre la défaite cinglante des États-Unis en Indochine (avril-mai 1975) et les craquements en chaîne dans les pays européens satellites de l’Union soviétique (notamment en Pologne, où l’état d’urgence est proclamé en décembre 1981), les Etats-Unis et l’Europe occidentale imaginent — ou font croire — que Moscou a lancé une grande offensive mondiale.

En Afrique, l’Angola et le Mozambique, nouvellement indépendants, semblent lui tendre les bras ; en Amérique centrale, des guérilleros marxistes font tomber une dictature proaméricaine au Nicaragua ; en Europe occidentale, un parti communiste prosoviétique oriente pendant quelques mois la politique du Portugal, membre fondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord.

Une magnifique archive du Monde Diplo à lire et à relire !

Lire l’article complet sur Le Monde Diplomatique

 

L’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge, en décembre 1979, semble marquer une fuite en avant de Moscou. Elle ouvre une nouvelle étape de la guerre froide entre les deux blocs.

Le combat des moudjahidines (« combattants de la foi engagés dans le djihad ») afghans va apparaître comme providentiel pour contrer les ambitions hégémoniques prêtées à l’Union soviétique.

Et, souvent, être célébré à la façon d’une épopée.

« Afghanistan : à cheval contre les tanks russes ! », par Cyril le Tourneur d’Ison, Le Figaro Magazine, 16 janvier 1988.

Peu importe que la quasi-totalité de ces combattants héroïsés soient des musulmans traditionalistes, intégristes, même. A cette époque, la religion n’est pas nécessairement perçue comme un facteur de régression, à moins qu’elle s’oppose, comme en Iran au même moment, aux intérêts stratégiques occidentaux.

Mais ce n’est le cas ni dans la Pologne catholique couvée par le pape Jean Paul II, ancien évêque de Cracovie, ni, bien sûr, en Afghanistan.

Par conséquent, puisque la priorité géopolitique est que ce pays devienne pour l’Union soviétique ce que le Vietnam a été pour les Etats-Unis, un récit médiatique quasi unique va, pendant des années, exalter les moudjahidins, présentant leur révolte comme une chouannerie sympathique, attachée à sa foi. Il dépeindra en particulier la place et la vie des femmes afghanes à travers le prisme essentialiste, naïf (et parfois enchanté) des traditions populaires.

Revenir trente-cinq ans plus tard sur ce discours général et sur ses images d’Epinal, pléthoriques dans la presse française — du Figaro Magazine au Nouvel Observateur —, permet de mesurer à quel point presque tout ce qui suscitait hier l’admiration quand il s’agissait de populariser le combat contre l’« empire du Mal » (l’Union soviétique selon Ronald Reagan) est devenu depuis source d’exécration et d’effroi. Entre 1980 et 1988, on applaudissait les exploits des « combattants de la foi » contre l’Armée rouge.

A partir de la décennie suivante, leurs cousins idéologiques en Algérie (Groupe islamique armé, GIA), puis en Afghanistan (talibans), et plus récemment au Proche-Orient avec Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), ont été dépeints sous les traits de « fanatiques », de « fous de Dieu », de « barbares ».

Assurément, les moudjahidins des années 1980, qui ne commettaient pas d’attentats à l’étranger, se distinguent par plusieurs aspects importants des militants du GIA algérien ou des membres de l’OEI. Il n’en est pas moins vrai que l’Afghanistan a souvent servi de creuset et d’incubateur à leurs successeurs.

Le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, considéré comme le « père » de l’OEI, y a débarqué au moment où l’Armée rouge s’en retirait et y est demeuré jusqu’en 1993. Oussama Ben Laden, fondateur d’Al-Qaida, a été dépêché par les services secrets saoudiens à Peshawar, au Pakistan, afin d’appuyer la lutte des moudjahidins.

L’Algérien Mokhtar Belmokhtar, dont le groupe, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), vient de revendiquer l’attaque contre l’hôtel Le Splendid à Ouagadougou, au Burkina Faso, est parti lui aussi pourchasser les alliés afghans de l’Union soviétique à la fin des années 1980 ; il est ensuite revenu en Algérie pendant la guerre civile et a combattu avec le GIA (les Algériens ayant le même parcours étaient appelés les « Afghans ») avant de rejoindre Al-Qaida.

Ceux-là, et beaucoup d’autres, ont été accueillis favorablement par l’Occident tant qu’ils servaient ses desseins stratégiques. Puis ils se sont retournés contre lui. L’image que la presse européenne ou américaine donna de leurs motivations, de leur extrémisme religieux, de leur férocité changea alors du tout au tout…

 

1. Alliés stratégiques de l’Occident

Le 3 février 1980, quelques semaines après l’intervention militaire de l’Union soviétique en Afghanistan (1), M. Zbigniew Brzezinski, conseiller pour les affaires de sécurité du président américain James Carter, se rend au Pakistan. S’adressant aux moudjahidins réfugiés de l’autre côté de la frontière, il leur promet : « Cette terre, là-bas, est la vôtre. Vous y retournerez un jour parce que votre combat va triompher. Vous retrouverez alors vos maisons et vos mosquées. Votre cause est juste. Dieu est à vos côtés. »

 

Le discours médiatique français relatif à l’Afghanistan va alors favoriser l’objectif géopolitique américain.

Devoir d’ingérence

« Il faut penser, il faut accepter de penser que, comme tous les résistants du monde entier, les Afghans ne peuvent vaincre que s’ils ont des armes, ils ne pourront vaincre des chars qu’avec des fusils-mitrailleurs, ils ne pourront vaincre les hélicoptères qu’avec des Sam-7, ils ne pourront vaincre l’armée soviétique que s’ils ont d’autres armes (…) que celles qu’ils parviennent à ravir à l’Armée rouge, bref, si l’Occident, là encore, accepte de les aider. (…)

Je vois que nous sommes aujourd’hui dans une situation qui n’est pas très différente de celle de l’époque de la guerre d’Espagne. (…)

En Espagne, il y avait un devoir d’intervention, un devoir d’ingérence. (…) Je crois qu’aujourd’hui les Afghans n’ont de chances de triompher que si nous acceptons de nous ingérer dans les affaires intérieures afghanes. »Bernard-Henri Lévy, journal télévisé de la nuit de TF1, 29 décembre 1981

 

Bernard-Henri Lévy appuiera avec la même ferveur l’intervention occidentale en Afghanistan consécutive aux attentats du 11 septembre 2001.

Comme au temps de la Résistance en France

« Pour permettre aux Afghans de parler aux Afghans, comme, pendant l’occupation en France, les Français parlaient aux Français, le Comité droits de l’homme a décidé d’aider la résistance afghane à construire une radio sur son territoire : Radio-Kaboul libre.

Il y a un an et demi, le 27 décembre 1979 (…), l’une des premières puissances du globe venait d’envahir un pays voisin, faible et sans défense. (…) Les vieux fusils sortent des coffres, les pistolets de dessous les bottes de paille. Mal armée, la résistance se lève. »Marek Halter, Le Monde, 30 juin 1981

Ici, Marek Halter renvoie à un vers connu du Chant des partisans, hymne de la Résistance française : « Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades. »

Le combat de toutes les victimes du totalitarisme

« Le combat des Afghans est celui de toutes les victimes des totalitarismes communistes et fascistes. »Jean Daniel, Le Nouvel Observateur, 16 juin 1980

« Comme à Berlin, comme à Budapest, l’Armée rouge a tiré »

« “Allah o Akbar” (“Dieu est le plus grand”), “Shuravi [les Russes] dehors” : musulmans et non communistes, les Kaboulis n’ont pas oublié. Le vendredi 22 février, ils entendaient manifester, drapeau vert de l’islam en tête, contre la présence de l’armée soviétique, jugée insupportable. Ce matin-là, comme jadis à Berlin-Est et à Budapest, l’Armée rouge a tiré. (…) Entre Marx et Allah, le dialogue apparaît impossible. »Jean-François Le Mounier, Le Point, 3 mars 1980

Se débarrasser de l’occupant soviétique, préserver une société d’hommes libres

« Un regard d’une fierté inouïe qu’on aurait du mal à rencontrer ailleurs dans le monde et qui donne une exacte mesure de la farouche volonté des Afghans de se débarrasser de l’occupant soviétique, même si leurs moyens peuvent paraître dérisoires. »Patrick Poivre d’Arvor, journal d’Antenne 2, 8 juillet 1980

« Ce qui meurt à Kaboul, sous la botte soviétique, c’est une société d’hommes nobles et libres. »Patrice de Plunkett, Le Figaro Magazine, 13 septembre 1980

Comme les Brigades internationales, les « Afghans » de l’Hexagone

Dans Le Monde du 19 décembre 1984, Danielle Tramard évoque quelques-uns des Français qui « travaillent avec les résistants afghans ». Nulle crainte à l’époque que ces combattants étrangers reviennent dans leur pays « radicalisés » par l’expérience de la guerre.

« C’est cela, l’amitié franco-afghane : un ami qui aide son ami. (…) François a appris le persan, comme Isabelle. Cet été, la frontière franchie, il a marché à pied pendant six jours, de jour et de nuit, parfois dans la boue, à un rythme assez soutenu. »

Claude Corse consacre à son tour un reportage du Figaro Magazine, le 19 décembre 1987, aux médecins, agronomes et ingénieurs français qui aident les Afghans. Avec une référence à la Résistance française.

« Barbes, turbans et même l’œil farouche : ces Afghans typiques sont des Français. Parmi eux, un marin breton spécialiste des vents de Polynésie, qui s’est fait agronome montagnard par goût pour un peuple qui vit vent debout ! (…) Précieuse ressource vivrière, cet arbre de vie [un châtaigner] symbolise l’espérance d’un peuple d’irrédentistes uni contre l’envahisseur communiste, comme les bergers corses de la Castagniccia le furent jadis contre les armées d’occupation. »

2. Exotisme et jolis paysages

Vaincre le communisme soviétique ne constituait pas un objectif universellement populaire en France. Pour que la cause des Afghans, patriotique mais aussi traditionaliste, dispose d’appuis plus nombreux, les grands médias l’associent à un désir d’aventure, à un paradis perdu.

C’est d’autant plus facile que le combat afghan se déroule dans un cadre géographique enchanteur, avec des lacs purs qui accrochent le regard.

`Le pittoresque des paysages (et des traditions) de l’Afghanistan renvoie toute une génération occidentale devenue adulte dans les années 1960 au pays dont ont rêvé les routards et qu’ils ont parfois traversé pour se rendre à Katmandou. Retour à la nature, aux vraies valeurs, aux « montagnes cruelles et belles ».

L’Afghanistan comme antithèse de la civilisation moderne, matérialiste et marchande.

Lire l’article complet sur Le Monde Diplomatique

Source : Le Monde Diplomatique – Février 2016

21/05/2021

LES FARCEURS RUSSES SE FONT PASSER PAR DES OPPOSANTS BIÉLORUSSES .........

21 mai 2021 14:24

Deux farceurs russes, auteurs de nombreux canulars téléphoniques aux dépens de différentes personnalités politiques, ont mené en bateau les dirigeants de la Fondation nationale américaine pour la démocratie (NED) en se faisant passer pour des opposants biélorusses.

Les prankeurs russes Vladimir Kouznetsov, alias Vovan, et Alexeï Stoliarov, connu comme Lexus, ont récemment piégé les dirigeants de la National Endewment for Democracy (Fondation nationale pour la démocratie, NED).

 Les farceurs, assistés par une complice, se sont fait passer pour la chef de file de l’opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa et des membres de son équipe.

 

L’entretien a porté sur l’activité de la NED en Biélorussie, mais aussi en Russie.

Pour participer à cette conversation, le président de la NED Carl Gershman a réuni sa vice-présidente pour la politique et la stratégie, son vice-président pour les programmes à l’étranger, une directrice pour l’Europe et une spécialiste responsable des programmes en Europe de l’Est, plus particulièrement en Biélorussie.

 

La vidéo du prank a été mise en ligne sur YouTube, mais les propos rapportés dans l’enregistrement ne peuvent pas être authentifiés par Sputnik.

Financement pour faire face à Loukachenko

M.Gershman a raconté que la NED finançait un institut démocratique national pour les questions internationales et un institut républicain international, ainsi qu’une institution affiliée à la Chambre de commerce des États-Unis et au Center for International Private Entreprise qui «travaillent activement» en Biélorussie, plus particulièrement avec «votre équipe».

«Nous les finançons pour qu’ils travaillent avec le secteur privé en Biélorussie, pour faire face à Loukachenko dans le rétablissement de l’économie du pays», a-t-il noté.

 

Soutien financier des médias «libres» et des exilés du pays

Le président de la NED a également révélé que la fondation travaillait avec les syndicats, subventionnait depuis longtemps différentes organisations, des médias et des personnes qui quittaient la Biélorussie.

«Nous soutenons les personnes qui fuient le pays. Nous soutenons leur séjour provisoire dans d’autres pays, tous leurs besoins.

Nous travaillons dans tous les pays, dans l’est… et dans d’autres parties du pays.

Nous soutenons la participation civique et finançons des collectifs.

Nous travaillons également dans l’ouest du pays avec les médias libres à Grodno où nous soutenons le journalisme civique.»

Il a ajouté que la NED accordait son soutien à la langue biélorusse et aux organisations culturelles et historiques qui s’occupait de la promotion de l’identité de la Biélorussie.

Le président de la fondation a même qualifié les événements qui avaient suivi l’élection présidentielle de l’été dernier de «révolution» et de «libération de la nation biélorusse».

La responsable des programmes de la NED en Europe de l’Est a indiqué que les personnes qui avaient suivi des stages dans des centres soutenus en Biélorussie depuis plus de 20 ans ont été aux premiers rangs des actions publiques.

«Le temps consacré à renforcer les relations de confiance avec nos partenaires en Biélorussie a sans aucun doute eu pour résultat les événements de l’été dernier», a-t-elle déclaré.

De vastes programmes en Russie

Le président de la NED a également abordé son implication en Russie.

Il a signalé que bien que la fondation ait été reconnue comme «organisation indésirable» par Moscou, elle soutenait «de nombreux groupes et de nombreux programmes partout dans le pays».

Il a fait état de ses contacts avec l’entourage de Navalny.

«Ils se concentrent actuellement sur les élections à la Douma en septembre. Ils ont une stratégie à long terme. D’où l’importance d’un dialogue entre votre mouvement [biélorusse, ndlr] et le mouvement russe, pour poursuivre la lutte en combinant des protestations et la préparation aux élections à la Douma et aux élections locales», a-t-il noté.

La vice-présidente de la NED pour les questions politiques a signalé que la fondation avait de «vastes programmes en Russie» et que leurs participants «s’étaient enracinés en province, dans diverses régions, en dehors de Moscou».

Elle a également mentionné le soutien accordé aux journalistes menant des enquêtes sur la corruption des fonctionnaires russes.

 

Protestations en Biélorussie

L’opposition biélorusse n’a pas reconnu les résultats de la présidentielle d’août 2020 remportée par Alexandre Loukachenko avec 80,1% des voix.

Elle a affirmé que l’élection avait été gagnée par Svetlana Tikhanovskaïa.

Des protestations sont apparues dans le pays et ont été réprimées par les forces de l’ordre.

Des poursuites avaient été engagées contre certains dirigeants de l’opposition, notamment pour des appels à la prise du pouvoir, la création de groupes extrémistes ou encore un complot de coup d’État.

Dès le mois d’août, Svetlana Tikhanovskaïa est partie pour la Lituanie. 

Les autorités biélorusses l’avaient ajoutée sur la liste des personnes impliquées dans des activités terroristes et réclament son extradition.

 

source     https://www.citoyens-et-francais.fr/2021/05/

18/05/2021

VROMBRISSEMENT DE CHARS : UN TOURNANT POUR GAZA ?

17/05/2021

PALESTINIENS LE CAUCHEMAR DES CHRÉTIENS ! JUSTE UN RAPPEL !

16/05/2021

CONFLIT ISRAELO-PALESTINIENS : LE RAID SUR LA MAISON DU CHEF DU HAMAS .......

 

Raid israélien sur la maison du chef du Hamas, 17 Palestiniens tués à Gaza

AFP16/05/2021 à 11:24
 
 

 

Des Palestiniens sortent  une petite fille des décombres d'un immeuble bombardé par Israël à Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / MAHMUD HAMS )

Des Palestiniens sortent une petite fille des décombres d'un immeuble bombardé par Israël à Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / MAHMUD HAMS )

 

L'armée israélienne a bombardé dimanche la maison d'un dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, où 17 Palestiniens ont été tués dans de nouvelles frappes alourdissant le bilan de ce nouveau conflit sanglant qui ne connaît aucun répit depuis près d'une semaine.

Les nouvelles violences entre Israël et le mouvement islamiste Hamas au pouvoir dans l'enclave palestinienne sous blocus israélien depuis plus de 10 ans, surviennent à quelques heures d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Franchissant un nouveau palier dans ses attaques contre le Hamas, ennemi juré de l'Etat hébreu, l'armée israélienne a annoncé sur Twitter avoir "attaqué le domicile de Yahya Sinouar et de son frère, un militant terroriste", publiant une vidéo montrant une maison pulvérisée dans un nuage de poussière.

Mais on ignorait dans l'immédiat le sort de ce chef du bureau politique du Hamas à Gaza, territoire pauvre de deux millions d'habitants d'où Israël s'était retiré unilatéralement en 2005 après près de 40 d'occupation. Des témoins ont confirmé cette frappe à l'AFP.

 

Des secouristes palestiniens portent une petite fille sortie des décombres d'un immeuble bombardé par Israël à Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / MAHMUD HAMS )

Des secouristes palestiniens portent une petite fille sortie des décombres d'un immeuble bombardé par Israël à Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / MAHMUD HAMS )

 

Depuis les premières heures de dimanche, 17 Palestiniens ont été tués dans des bombardements israéliens ailleurs dans l'enclave, selon les autorités locales. Et depuis le début du nouveau cycle de violences le 10 mai, 174 Palestiniens ont péri dont 47 enfants, et 1.200 ont été blessés, d'après un dernier bilan palestinien.

En Israël, dix personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées, dans les tirs de roquettes palestiniennes. 

Les nouvelles violences ont lieu au lendemain de bombardements à Gaza ayant fauché la vie d'enfants et pulvérisé les locaux de médias internationaux, et de tirs de salves de projectiles de Gaza vers Israël.

Alors que les protagonistes sont restés sourds jusque-là aux appels internationaux à la cessation des hostilités, les tractations diplomatiques s'intensifient avec une réunion virtuelle du Conseil de sécurité prévue à 14H00 GMT.

 

Des secouristes palestiniens cherchent des survivants dans les décombres d'un immeuble bombardé par Israël, le 16 mai 2021 ( AFP / MAHMUD HAMS )

Des secouristes palestiniens cherchent des survivants dans les décombres d'un immeuble bombardé par Israël, le 16 mai 2021 ( AFP / MAHMUD HAMS )

 

De son côté, un émissaire américain, Hady Amr, doit rencontrer dans la journée des dirigeants israéliens à Jérusalem et des responsables palestiniens en Cisjordanie occupée.

Et les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne tiennent mardi une visioconférence d'urgence, après "le nombre inacceptable de victimes civiles" selon les termes de Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, sur Twitter.

- Solidarité des médias -

 

Des soldats israéliens se rassemblent le long de la frontière avec la bande de Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / JACK GUEZ )

Des soldats israéliens se rassemblent le long de la frontière avec la bande de Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / JACK GUEZ )

 

Samedi, dix Palestiniens, parmi lesquels huit enfants d'une même famille, ont péri dans une frappe israélienne sur un camp de réfugiés de Gaza.

Un Israélien a, dans la foulée de la frappe, été tué dans la banlieue de Tel-Aviv dans l'explosion de roquettes tirées par le Hamas.

Plus tard, un immeuble de 13 étages qui abritait notamment les équipes de la chaîne d'information qatarie Al-Jazeera et l'agence de presse américaine Associated Press (AP) a été pulvérisé par des frappes israéliennes. 

Selon l'armée, qui avait demandé préalablement l'évacuation du bâtiment, l'immeuble abritait "des entités appartenant au renseignement militaire" du Hamas, accusé de se servir de civils comme "boucliers humains".

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s'est entretenu samedi avec le président américain, a affirmé avoir le soutien "sans équivoque" de Joe Biden.

 

Une boule de feu jaillit d'un bâtiment qui abritait les locaux de médias internationaux, pulvérisé par une frappe israélienne, le 15 mai 2021 à Gaza  ( AFP / MOHAMMED ABED )

Une boule de feu jaillit d'un bâtiment qui abritait les locaux de médias internationaux, pulvérisé par une frappe israélienne, le 15 mai 2021 à Gaza ( AFP / MOHAMMED ABED )

 

M. Biden, qui a également parlé au téléphone avec le président palestinien Mahmoud Abbas, a dit soutenir le droit d'Israël "à se défendre" tout en faisant part de sa préoccupation au sujet de "la sécurité des journalistes".

La direction d'AP s'est dite "choquée et horrifiée" par la frappe israélienne. Al-Jazeera a accusé Israël de vouloir "faire taire ceux qui montrent" "les destructions et les morts". 

L'AFP a exprimé sa "solidarité" avec les "collègues d'AP et d'Al-Jazeera".

- Violences en Cisjordanie -

D'après l'armée, 120 roquettes ont été tirées ces dernières heures depuis Gaza vers des villes israéliennes comme Tel-Aviv, et plusieurs dizaines ont été interceptées par le système de défense anti-aérien.

 

Des Israéliens fuient une plage pour se mettre à couvert pendant des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, à Tel-Aviv,le 15 mai 2021 ( AFP / Gideon MARKOWICZ )

Des Israéliens fuient une plage pour se mettre à couvert pendant des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, à Tel-Aviv,le 15 mai 2021 ( AFP / Gideon MARKOWICZ )

 

Et l'armée a dit avoir ciblé 90 positions du Hamas et du Jihad islamique ces dernières 24h à Gaza.

Depuis lundi, les secours israéliens affirment avoir pris en charge 636 personnes au total, en comptant les personnes victimes d'attaques de panique.

Ce conflit a commencé en réponse à un barrage de roquettes du Hamas sur Israël, tirées en "solidarité" avec les manifestants palestiniens et les centaines de Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. A l'origine des violences, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Les hostilités se sont étendues à la Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où des heurts avec l'armée israélienne ont fait depuis le 10 mai 19 morts palestiniens dont deux ont succombé à leurs blessures dimanche, selon un bilan palestinien.

 

Un bombardement israélien sur plusieurs cibles dans la bande de Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / MOHAMMED ABED )

Un bombardement israélien sur plusieurs cibles dans la bande de Gaza, le 16 mai 2021 ( AFP / MOHAMMED ABED )

 

Sur son territoire, Israël est également confronté depuis plusieurs jours à des violences inédites et des menaces de lynchages dans ses villes "mixtes", où vivent Juifs et Arabes israéliens.

Source:   bur-dar-gl/cgo/tp

15/05/2021

PALESTINE: LE HEZBOLLAH PRÊT À SE JOINDRE AU COMBAT !

Escalade militaire en Palestine. Le Hezbollah est prêt à se joindre au combat

 


Par Moon of Alabama

 

Paru le 13 mai 2021 sur le blog de l’auteur Moon of Alabama

La bataille actuelle que les occupants de la Palestine ont lancé contre la population indigène présente des caractéristiques inhabituelles.

Alors que le conflit a, sans aucun doute, été déclenché par les occupants, l’escalade récente semble être entretenue par la résistance. Elle pourrait bien faire partie d’un plan plus vaste.

L’armée israélienne avait prévu depuis un certain temps une manœuvre de grande envergure, d’une durée de 30 jours, pour s’exercer à une attaque contre le Hezbollah libanais. La semaine dernière, le Hezbollah avait réagi [ndlr, Jewishpress rapporte le 9 mai] : 

« L’organisation terroriste Hezbollah, basée au Liban, a annoncé qu’elle s’était mise en état d’alerte après le lancement par Tsahal du plus grand exercice militaire de son histoire.

Les FDI ont lancé dimanche leur exercice nommé « Chariots de feu », d’une durée d’un mois, simulant une guerre sur plusieurs fronts, et principalement contre le Hezbollah dans le nord, exercice incluant un tir massif de missiles et de roquettes, depuis tous les points de lancement possibles, contre le front intérieur.

Il s’agit de la manœuvre la plus importante et la plus complète de l’histoire de Tsahal... »

La manœuvre était annoncée depuis un certain temps. Le Hezbollah craignait que la manœuvre ne soit une diversion cachant un réel assaut israélien prévu contre le Liban. Elle était prévue à un moment intéressant.

La journée internationale d’Al-Quds (Jérusalem) a été initiée par l’imam Khomeini en 1979, l’année du triomphe de la révolution islamique en Iran, pour relancer la cause palestinienne, et est célébrée le dernier vendredi du mois de Ramadan.

Cette année, le dernier vendredi du Ramadan tombait le 7 mai. Le 5 mai, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a prononcé son discours annuel de la journée d’Al-Quds :

« Notre responsabilité pour la Journée d’Al-Quds est de fournir toute l’aide possible au peuple palestinien, à la Résistance palestinienne ; l’Axe de la Résistance doit être encore plus uni et attaché à la cause, et il l’est déjà, il doit augmenter sa préparation (pour la guerre finale), il doit se renforcer davantage, parce que c’est l’Axe de la Résistance qui façonnera l’avenir du Moyen-Orient« .

 

Si nous suivons le développement de la phase actuelle du conflit en Palestine, ces mots peuvent prendre un sens plus profond :

« La mosquée Al-Aqsa, l’un des trois sites les plus sacrés de l’Islam, est depuis longtemps l’emblème de la résistance palestinienne à l’occupation israélienne.

Al-Haram al-Sharif (le Noble Sanctuaire), le complexe de la vieille ville de Jérusalem qui abrite la mosquée – et qui comprend le Dôme du Rocher et d’autres sanctuaires islamiques – est sans doute le symbole le plus significatif de la souveraineté palestinienne.

Jérusalem est sous tension depuis des semaines en raison des restrictions imposées par Israël à l’accès des Palestiniens à certaines parties de la vieille ville pendant le mois sacré du ramadan et de la tentative des autorités israéliennes d’expulser plusieurs familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah pour laisser la place à des colons israéliens.

Al-Aqsa s’est retrouvée au centre d’un long week-end de violences qui, depuis vendredi, a fait des centaines de blessés et a donné lieu à une série d’échanges de roquettes meurtrières entre l’armée israélienne et le Hamas à Gaza.

Mardi soir, les forces de sécurité israéliennes avaient effectué quatre raids sur le lieu saint en cinq jours ».

 

Le vendredi 7 mai, jour d’Al-Quds, les premières manifestations à Al-Aqsa contre le vol des maisons de Sheikh Jarrah ont eu lieu. Elles s’opposaient également à la marche sous drapeaux « Mort aux Arabes » organisée cette année par des colons ultra-sionistes à travers Jérusalem-Est, qui était prévue pour le dimanche 9 mai.

La marche des colons a été annulée, mais les manifestations et les raids sur Al-Aqsa ont continué. Lundi soir, les forces de sécurité israéliennes avaient pris d’assaut Al-Aqsa à trois reprises. Selon la Croix-Rouge palestinienne, 305 Palestiniens ont été blessés et 228 autres hospitalisés, dont quatre dans un état critique.

Lundi, l’armée israélienne a annulé son exercice « Chariots de feu » dans le nord pour se concentrer sur une éventuelle escalade de la violence à Jérusalem.

C’est à ce moment-là que la résistance de la bande de Gaza s’est jointe au conflit en lançant des missiles sur les colonies israéliennes.

 

Ce geste n’était pas nécessaire. Gaza est entrée volontairement dans le conflit. On peut supposer que les dirigeants de la résistance à Gaza pensent qu’ils ont les capacités et le soutien nécessaires pour soutenir une nouvelle série de combats. Depuis lors, quelque 2 000 missiles ont été tirés contre des cibles israéliennes aussi éloignées de Gaza que Tel Aviv, à quelque 230 kilomètres au nord de Gaza.

Il s’agit d’une portée bien supérieure à celle des précédents missiles tirés depuis Gaza. Seuls quelque 10 à 20 % des missiles tirés atteignent leur cible. Certains sont interceptés par la défense antimissile israélienne, mais beaucoup d’armes produites localement ne sont pas assez précises ou échouent tout simplement.

Néanmoins, l’effet psychologique sur la population des colonies est important.

Israël a immédiatement commencé à mener une guerre aérienne contre Gaza. Comme dans les phases précédentes du conflit, il a pris pour cible les médias, la police et les infrastructures civiles.

Ces frappes sont des crimes de guerre. Elles ont été accompagnées d’une campagne d’assassinat contre des chefs présumés de la résistance.

Le lundi 10 mai, un autre front s’est ouvert avec des manifestations anti-juives à Lod. Des magasins ont été endommagés et des voitures incendiées. Les deux nuits suivantes, les pogroms anti-arabes et les émeutes anti-juives se sont intensifiées :

« Israël a connu mercredi sa pire nuit de chaos interne judéo-arabe depuis de nombreuses années, parallèlement au conflit armé en cours avec Gaza. Des scènes de troubles, d’émeutes, de rassemblements haineux et un chaos social croissant se sont répandus dans de nombreuses villes, dont certaines étaient autrefois considérées comme des symboles de coexistence

De violentes confrontations ont éclaté à Lod, Acre, Jérusalem, Haïfa, Bat Yam, Tibériade et dans bien d’autres endroits, faisant des blessés, parfois graves, ce qui a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu à annoncer qu’il envisageait de déployer l’armée à l’intérieur des villes pour rétablir l’ordre. …

Des foules juives ont été vues parcourant les rues de Tibériade et de Haïfa à la recherche d’Arabes à agresser.

À Jérusalem, un Arabe a été poignardé par des Juifs et grièvement blessé au marché de Mahane Yehuda.

« Mort aux Arabes » a été entendu dans de nombreux points de rassemblements juifs.

Pendant ce temps, à Acre, un homme juif a été agressé par des émeutiers arabes et frappé avec des pierres et des barres de fer, et a été hospitalisé dans un état critique.

Des émeutes arabes ont été signalées à Jérusalem, Lod, Haïfa, Tamra et ailleurs.« 

 

L’armée israélienne a appelé les réservistes et déplacé ses forces vers le sud, à la frontière avec Gaza. Aujourd’hui, la résistance de Gaza a utilisé pour la première fois des drones suicide contre les défenses antimissiles israéliennes. Les concentrations de troupes israéliennes autour de Gaza devront craindre cette nouvelle arme.

Le gouvernement israélien, sous la direction de l’actuel Premier ministre Netanyahou, menace maintenant d’envahir Gaza par voie terrestre.

Mais les assauts terrestres causent toujours des pertes au sein des forces attaquantes, ce que les Israéliens tiennent généralement à éviter. Il faudra davantage de missiles tirés depuis Gaza pour inciter Netanyahou à lancer une telle attaque.

Malgré le blocus israélien et égyptien de la bande de Gaza, les forces de résistance semblent être bien approvisionnées. Elles pourraient bien avoir plus de capacités qu’on ne le pense actuellement.

 

Avec les troubles à Jérusalem, les pogroms dans les villes israéliennes, une potentielle troisième intifada en Cisjordanie occupée et une invasion terrestre de Gaza, l’armée israélienne sera très occupée.

Si l’on en arrive là au cours des prochains jours, le moment pourrait être venu pour le Hezbollah, déjà en pleine alerte, d’intervenir et d’attaquer les troupes d’occupation, parce que c’est le moment.

Le discours de Nasrallah la semaine dernière peut être compris comme l’annonce d’une telle démarche :

« Mon dernier message sera pour les Israéliens eux-mêmes. Je leur dis ceci : vous savez bien, au fond de votre cœur, que ce soit sur la base de vos doctrines ou vos textes religieux, de vos livres ou de vos prophéties, et aussi sur la base de ce que disent certains de vos dirigeants et experts, et aussi certaines de vos autorités religieuses, vous savez (très bien) que cette entité (Israël) n’a pas d’avenir, qu’elle est au bord de l’extinction et qu’il lui reste peu de temps à vivre, très peu de temps. Par conséquent, dans cette bataille, vous gaspillez votre énergie, et vos jeunes gens gaspillent leur jeunesse et leur sang, en vain et sans résultat. …

Nous croyons en ce futur proche (où Israël n’existera plus), nous y croyons très fermement, et cette foi n’est pas basée uniquement sur des bases religieuses et idéologiques, mais elle est basée (surtout) sur les données, sur les événements qui se produisent, surtout sur ceux des dernières décennies, des dernières années et sur ce qui se passera (bientôt) dans cette région.« 

 

Il est bien possible que Netanyahou ait planifié l’escalade initiale à Jérusalem pour rester en poste :

Après quatre élections, Israël n’a toujours pas de nouveau gouvernement. Le premier ministre Netanyahou est en procès pour corruption. Une grosse guerre qui pourrait être transformée en une victoire pourrait l’aider à éviter un jugement et à gagner des voix pour les prochaines élections, qui auront probablement lieu bientôt.

 

Si tel était son plan, il a reçu un premier succès :

Le chef du parti Yamina, Naftali Bennett, a retiré de la table l’option de former un gouvernement sans le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en raison du conflit militaire en cours avec les terroristes de Gaza, selon une source politique.

Bennett a repris ses négociations avec le Likoud en raison de la situation d’urgence, et des équipes des deux partis se sont rencontrées aujourd’hui, dit la source sous couvert d’anonymat.

 

Mais ce n’est pas Netanyahou qui peut décider quand les missiles de Gaza cesseront d’être lancés. Ce n’est pas Netanyahou qui contrôle la jeunesse palestinienne. La maîtrise de l’escalade n’est pas entre ses mains mais entre celles de la résistance.

Ali @allushiii_new – 18:19 UTC – 13 mai 2021

Bismillahhhh. 3 roquettes tirées du Liban vers la Palestine

 

Le Daily Star libanais a confirmé le tir de roquettes de ce soir. Si Israël réagit à cette provocation comme il le fait habituellement, une guerre au nord du pays pourrait bientôt devenir une réalité. Et ce ne sera pas une petite guerre.

Ansar Allah, le mouvement dirigé par les Houthis au Yémen, a proposé de se joindre à la lutte contre les colons. Ils sont bien connus pour leurs capacités de surprise à longue portée et il se peut qu’à un moment donné, ils participent au combat.

Bien que je ne sois toujours pas sûr que tout cela fasse partie d’un plan – le discours du Hezbollah, les troubles à Jérusalem, les missiles de Gaza, les pogroms, jusqu’aux missiles libanais – cela ressemble en tous cas à une (ré)action bien préparée et coordonnée du front de la résistance.

Les plans du général Qasem Soleimani sont en train de se concrétiser.

Par Moon of Alabama


Source et Traduit par le Saker Francophone