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26/02/2021

GÉOPOLITIQUE : LE MOYEN-ORIENT ET L' APRÈS TRUMP .......

25/02/2021

GÉOPOLITIQUE : IRAN / YEMEN , LES U S A ET L' U E SE MASQUENT LA FACE !

15/02/2021

SYRIE: LES EUROPÉENS FONT PREUVE D' HYPOCRISIE .........

«Les Européens font preuve d’hypocrisie»: Nabil Antaki dénonce les sanctions occidentales contre la Syrie

 

Paru le 13.02.2021 sur le site Sputnik sous le titre «Les Européens font preuve d’hypocrisie»: un médecin d’Alep dénonce les sanctions occidentales contre la Syrie

Source: Sputniknews

 

Quel est l’impact des mesures américaines et européennes contre la Syrie sur la vie des Syriens, notamment face à la pandémie de Covid-19? Le Dr Nabil Antaki, directeur d’un hôpital à Alep, confie son témoignage exclusif au micro Rachel Marsden.

Joe Biden se distinguera-t-il de son prédécesseur dans sa manière d’aborder le conflit en Syrie?

L’Administration Trump a tout tenté pour évincer le Président Bachar el-Assad du pouvoir: sanctions, bombardements… Cependant, Donald Trump n’avait aucune envie d’engager des troupes au sol. Il a préféré confier cette mission à ses alliés turcs. Seule exception à cette sous-traitance, le nord-est du pays, riche en pétrole. Là, l’hôte de la Maison-Blanche jugeait que le jeu en valait la chandelle et il a déployé des forces spéciales autour des puits.

Mais, à présent, la situation en Syrie ne semble plus susceptible d’évoluer en faveur des intérêts américains. Que peuvent encore espérer les États-Unis en maintenant les sanctions? Quel est leur coût humain? Biden finira-t-il par les lever?

Membre de la congrégation des Maristes bleus, le Dr Nabil Antaki dirige un hôpital à Alep. Il dépeint le martyre du peuple syrien. Ainsi, faute de respirateurs, des patients atteints du Covid-19 meurent dans des ambulances:

«Les Européens font preuve d’hypocrisie. Ils prétendent que les produits médicaux sont exemptés de sanctions, mais c’est faux. Toutes les transactions financières émanant de citoyens syriens sont bloquées. Nous ne pouvons rien acheter: ni médicaments ni équipements médicaux, même si des Européens sont prêts à nous en vendre! Donc, pas de respirateurs.»

Le Dr Antaki décrit comment les mesures de rétorsion occidentales contre le gouvernement de Bachar el-Assad entravent la reconstruction du pays:

«La Russie et la Chine sont nos alliés. Ils nous secourent autant que possible. Mais le problème, c’est l’embargo. On ne peut pas reconstruire tant que les sanctions interdisent d’apporter la moindre aide à cet effet. Même rebâtir sa maison est inenvisageable puisque les ONG des pays européens n’ont pas le droit de financer de tels projets!»


Source : Sputniknews.com

QUESTION ! LA PALESTINE EST-ELLE UN ÉTAT ?

14/02/2021

GÉOPOLITIQUE : MILITARISME AMÉRICAIN ! L' AVENIR DE LA GUERRE SOUS JOE BIDEN !

13.février.2021 // Les Crises
 

L’avenir de la Guerre sous Joe Biden

 
 

Source : Consortium News, Danny Sjursen (Tomdispatch)

 

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Danny Sjursen propose ici un panorama Bidenesque du militarisme américain

 

2009 : Le vice-président Joe Biden salue des marins américains postés à San Diego, qui se préparent à être déployés dans le Pacifique occidental et l’océan Indien. (U.S. Navy, Amanda L. Ray)

Aussi difficile qu’il soit de le croire en ces temps de nombre record de décès dus à une pandémie, d’insurrection et de mesures d’impeachment sans précédent, Joe Biden est maintenant officiellement à la tête de la machine de guerre américaine. Il est, en d’autres termes, le quatrième président à superviser les interminables et infructueuses campagnes militaires américaines de l’après-11 septembre.

En termes de combat actif des États-Unis, cela ne s’est produit qu’une seule fois auparavant, aux Philippines, deuxième plus longue (bien que souvent oubliée) campagne de combat outre-mer des États-Unis.

Pourtant, ce conflit était circonscrit à un seul archipel du Pacifique. Biden hérite d’une guerre mondiale – et d’une nouvelle guerre froide naissante – qui s’étend sur quatre continents, ainsi que d’une armée embourbée dans des opérations actives dans des dizaines de pays, ui combat dans quelque 14 d’entre eux et qui en bombarde au moins sept.

Voilà près de vingt ans que ce cadre est devenu la norme pour les présidents américains. Pourtant, si les présidents de guerre post 11 septembre ont plus en commun que leurs divisions partisanes ne le laissent supposer, les disparités sont importantes, surtout à une époque où la Maison Blanche décide presque unilatéralement de la politique étrangère.

Alors, que peut-on espérer de Biden, Commandant en chef ? En d’autres termes, à quoi peuvent s’attendre d’une part les militaires américains qui consacrent leur vie et risquent leur intégrité physique en s’engageant pour d’éventuels conflits, mais aussi les spéculateurs du complexe militaro-industriel et les étrangers angoissés des pays encore empêtrés dans la guerre contre le terrorisme des États-Unis et qui risquent généralement de tout perdre ?

De nombreux trumpistes, et certains libertariens, prévoient le désastre : que l’homme qui, en tant que sénateur de premier plan, a facilité et encouragé la désastreuse guerre d’Irak, va sûrement s’engager dans l’escalade de l’aventurisme américain à l’étranger. Toutefois, les démocrates de l’establishment et la plupart des libéraux, qui sont éperdument (et à juste titre) soulagés de voir partir Donald Trump, trouvent cette prédiction absurde.

Il est évident que Biden a dû tirer les leçons des erreurs du passé, changer de ton et devrait, en toute responsabilité, mettre fin aux guerres américaines, même si le moment reste encore à déterminer.

Dans un sens, les deux prévisions peuvent s’avérer exactes – et d’un autre côté, les deux peuvent être fausses. À en croire ce vieil observateur de guerre (et ancien combattant) qui lit l’avenir dans le marc de café : attendez-vous à ce que Biden évite à la fois de s’engager dans de nouvelles grandes guerres, et cela sans cesser celles qui sont déjà en cours.

Marginalement, (pensons à l’Iran), il pourrait améliorer quelque peu les choses ; dans quelques secteurs assez sensibles (les relations avec la Russie, par exemple), il pourrait les aggraver ; mais dans la majeure partie des cas (le reste du Grand Moyen-Orient, l’Afrique et la Chine), il va probablement carrément camper sur le statu quo. Et je vous le dis, cela n’a rien de rassurant.

 

Le sergent John Hoxie assiste à la célébration de la semaine américaine de la 82e division aéroportée [Les parachutistes de la division participent à diverses épreuves telles que le concours de la meilleure équipe, un événement conçu pour évaluer l’aptitude au combat d’une équipe en induisant un stress physique et mental, NdT], le 18 mai 2009. Le sergent Hoxie revenait à Fort Bragg pour la première fois depuis qu’il a été blessé lors d’un déploiement en Irak en 2007. (Armée américaine/Flickr)

Faire de telles suppositions n’exige guère de clairvoyance. Tout simplement parce que Biden est fondamentalement ce qu’il dit être et ce qu’il a toujours été, et que l’homme n’a tout simplement jamais été changeant. Il suffit de regarder son passé long et généralement interventionniste ou la nature de ses choix actuels en matière de sécurité nationale pour savoir que l’investissement sûr c’est de continuer dans la même voie.

 

Qu’il s’agisse de guerre, de race, de criminalité ou d’économie, oncle Joe a fait carrière en suivant les vents politiques dominants, et il est peu probable qu’on puisse apprendre de nouvelles grimaces à ce vieux singe.

En outre, son équipe de politique étrangère est composée de recyclés Obama-Clinton, dont certains ont été les architectes – sinon des premières débâcles en Irak et en Afghanistan – tout au moins des désastres en Libye, en Syrie, en Afrique de l’Ouest, au Yémen et de la flambée de 2009 en Afghanistan. En d’autres termes, Biden met les ex-incendiaires à la tête des pompiers de la guerre illimitée.

Il y a d’autres raisons de craindre que dans un style trumpien, « Si Obama était pour, je suis contre », il en vienne même à rejeter la politique de guerre contre le terrorisme de Trump, et annule ainsi les retraits de troupes très tardifs et très modestes de Donald en Afghanistan, en Irak et en Somalie.

Pourtant, même si ce nouveau président, vieux routier, échappe à une escalade potentiellement existentielle avec la puissance nucléaire de la Russie ou de la Chine, et ne propose qu’un reboot d’Obama lorsqu’il s’agit d’une guerre de faible intensité persistante, ce qu’il fait aura encore de l’importance – surtout pour les citoyens du monde qui trop souvent en sont les victimes.

Voici donc un bref survol région par région de ce que l’équipe de Joe peut réserver au monde et aux militaires américains envoyés pour faire la police du monde.

Le Moyen-Orient : de vieilles prescriptions pour des affaires anciennes

Il est de plus en plus évident que les guerres héritées par Washington dans le Grand Moyen-Orient – l’Irak et l’Afghanistan, en particulier – ne sont généralement plus sur les écrans radar du public. Et voilà qu’arrive un vieil homme élu, qui est chargé de gérer de vieilles affaires qui, du moins pour la plupart des civils, ne sont plus d’actualité.

Il y a de fortes chances pour que les anciennes astuces de Biden se résument à des paris sûrs dans une région que les politiques américaines passées ont pratiquement détruite. Il est fort probable que Joe prendra une voie médiane dans la région, quelque chose qui se situera entre une intervention militaire à grande échelle du type de celle de Bush ou d’Obama et un retrait plus prudent à grande échelle.

Le résultat en sera que ces guerres vont probablement s’éterniser, restant juste en dessous du seuil de sensibilisation de l’opinion publique américaine, tout en évitant que le Pentagone ou des partisans ne l’accusent de mettre en danger la sécurité des États-Unis par cette façon de tourner le dos et de se retirer. La perspective de la « victoire » ne rentrera même pas en ligne de compte dans l’équation (après tout, les membres de l’équipe de Biden ne sont pas stupides), mais sa survie politique le fera certainement.

Voici à quoi pourrait ressembler un futur avec Biden dans quelques théâtres secondaires de ce type.

« Les guerres vont probablement s’éterniser, restant juste en dessous du seuil de sensibilisation de l’opinion publique américaine ».

La guerre en Afghanistan est sans issue et a depuis longtemps échoué selon toutes les mesures quantifiables de l’armée américaine, à tel point que le Pentagone et le gouvernement de Kaboul les ont toutes classées comme informations secrètes il y a plusieurs années.

Traiter avec les talibans et sortir rapidement d’une guerre dévastatrice susceptible de conduire à un avenir désastreux qui verra Washington s’en aller la queue entre les jambes est, en fait, la seule option qui reste. La question est de savoir quand et combien d’autres Américains vont tuer ou être tués dans ce « cimetière des empires » avant que les États-Unis n’acceptent l’inévitable.

Des pilotes d’hélicoptères de l’armée américaine en vol près de Jalalabad, en Afghanistan, le 5 avril 2017. (U.S. Army, Brian Harris, Wikimedia Commons)

Vers la fin de son mandat, Trump a montré une intention sérieuse, quoique cynique, de le faire. Et puisque Trump était par définition un monstre et que, même à l’occasion, les monstres de l’autre équipe ne pouvaient avoir raison, une coalition de démocrates et de républicains de style Projet Lincoln [The Lincoln Project est un comité d’action politique américain formé fin 2019, par plusieurs personnalités du Parti républicain en vue d’empêcher la réélection de Donald Trump,NdT] (et de fonctionnaires du Pentagone) a décidé que la guerre devait en fait continuer. Cette situation a atteint son apogée en juillet dernier lorsque le Congrès a officiellement bloqué les fonds nécessaires pour y mettre fin.

En tant que vice-président, dans son scepticisme vis-à-vis de la guerre en Afghanistan, Biden était meilleur que la plupart des gens, mais ses nouveaux conseillers ne l’étaient pas, et Joe est tout simplement politiquement malléable. De plus, puisque Trump n’a pas retiré suffisamment de troupes assez rapidement ni rendu le retrait irréversible en raison des objections du Pentagone, attendez-vous ici à une échappatoire de marque déposée Biden.

La Syrie a toujours été un gâchis, et les justifications de la présence militaire américaine dans ce pays évoluent en permanence, allant de la pression exercée sur le régime de Bachar al-Assad à la lutte contre l’État islamique, en passant par le soutien aux Kurdes, l’équilibre entre l’Iran et la Russie dans la région et (dans le cas de Trump) la préservation des maigres réserves de pétrole de ce pays.

Comme pour beaucoup d’autres choses, il existe une possibilité préoccupante pour que, dans les années Biden, une fois encore, le facteur personnel devienne le destin. De nombreux conseillers du nouveau président étaient enthousiastes à l’idée d’une intervention en Syrie pendant les années Obama, voulant même aller plus loin et renverser Assad.

De surcroît, lorsqu’il s’agit de convaincre Biden d’accepter de rester en Syrie, il existe un dangereux cocktail de bonnes raisons de le faire : la sympathie émotionnelle pour les Kurdes de Joe connu pour suivre son instinct ; sa vulnérabilité à la menace d’un État islamique revivifié (EI) ; et la perspective d’une compétition de « qui est le plus fort » avec la Russie.

En ce qui concerne l’Iran, attendez-vous à ce que Biden soit meilleur que l’administration Trump, phobique de l’Iran, mais qu’il reste cependant coincé, sans s’écarter des sentiers battus.

Tout d’abord, malgré le désir exprimé depuis longtemps par Joe de renouer avec l’accord nucléaire avec l’Iran de l’ère Obama dont Trump s’est retiré de manière si désastreuse, le faire pourrait s’avérer plus difficile qu’il ne le pense. Après tout, pourquoi Téhéran devrait-il faire confiance à ce cas désespéré qu’est un partenaire de négociation sujet à d’importants revirements politiques partisans, surtout si l’on considère la façon dont Washington a mené près de 70 ans d’interventions visant les hommes politiques et le peuple iraniens ?

De plus, Trump a légué à Biden le cheval de Troie des tenants de la ligne dure vis à vis de Téhéran, renforcés par la politique pugnace de Donald. Si le nouveau président souhaite réellement saper l’intransigeance iranienne et fortifier les modérés, il devrait faire preuve d’ambition et engager de vraies transformations. En d’autres termes, revoir l’accord nucléaire d’Obama, source de tension, en le relançant avec la carotte d’une normalisation diplomatique et économique à part entière. Malheureusement, Joe, tenant du statu quo, n’a jamais été du genre révolutionnaire.

Gardez un œil sur l’Afrique

Soldats djiboutiens, 31 octobre 2019. (U.S. Air Force, J.D. Strong II)

Bien qu’elle intéresse nettement moins le public que le terrain de jeu longtemps privilégié de l’armée américaine au Moyen-Orient, l’Afrique occupe une place importante dans l’esprit des gens du Pentagone, du Capitole et dans les groupes de réflexion influents de Washington.

Pour les faucons interventionnistes, y compris les libéraux, ce continent est tout à la fois une boîte de pétri et un terrain d’essai pour le développement du modèle de démonstration de puissance limitée des drones, des forces d’opérations spéciales, des conseillers militaires, des mandataires locaux et des missions de renseignement clandestines.

Peu importe si pendant les huit années de l’administration Obama – depuis la Libye, le Sahel de l’Afrique occidentale et jusqu’à la Corne de l’Afrique orientale – la guerre contre le terrorisme s’est avérée, au mieux, problématique, et elle a été pire pendant les années Trump.

Il demeure une perspective préoccupante, celle que le clan Biden puisse se montrer une fois de plus réceptif à l’alarmisme du Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) face à la renaissance de l’État islamique et à l’expansion d’autres groupes liés à Al-Qaïda dans ce pays, encouragés par des absurdités génératrices de peur qui se dissimulent sous la forme de bourses d’études sophistiquées du Centre de lutte contre le terrorisme de West Point, et par les promesses permanentes du Pentagone de trouver des débouchés à faible investissement, à faible risque et à forte rémunération sur le continent.

Ainsi, un parieur avisé pourrait miser sur une escalade de Biden dans le Sahel d’Afrique de l’Ouest et la Corne de l’Afrique de l’Est, même si c’est pour des raisons différentes.

Les forces spéciales et les conseillers militaires américains font des allées et venues dans les régions frontalières reculées entre le Mali et le Niger depuis au moins 2004, et ces jours-ci il semble qu’ils doivent y rester. Les Français ont conquis et maté certaines zones du Sahel à partir de 1892 et, bien qu’ils aient accordé une indépendance théorique à ces pays en 1960, ils étaient de retour en 2013 et y sont restés coincés dans leurs propres guerres interminables depuis lors.

La guerre américaine contre le terrorisme (pour terroriser) et la néo-colonisation française n’ont fait qu’enflammer les mouvements de résistance régionaux, renforcer la violence et conférer une résonance islamiste aux griefs locaux. Récemment, le rôle de premier plan de la France dans la région a véritablement commencé à se déliter – cinq de ses soldats ont été tués dans les premiers jours de 2021 et on prétend qu’elle aurait bombardé une autre fête de mariage. Déjà un vieux cliché en matière de guerre contre le terrorisme).

Ne soyez pas surpris si le président français Emmanuel Macron demande de l’aide et si Biden accepte de payer la caution pour l’en sortir. En dépit de leur différence d’âge évidente, Joe et Emmanuel pourraient être les plus récents et meilleurs potes. (Quelques centaines de militaires de plus entre amis, c’est pas grand chose).

D’autant plus qu’on pourrait affirmer que la secrétaire d’État de l’époque d’Obama, Hillary Clinton, et son garçon de courses favori de l’époque, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, ont créé la coalition actuelle des djihadistes au Mali et au Niger.

En effet, lorsque tous deux ont soutenu une intervention musclée de changement de régime contre l’autocrate libyen Mouammar Kadhafi en 2011, des milliers de ses combattants touaregs sont revenus dans la région avec bien plus que simplement des vêtements sur le dos. Ils ont afflué de la Libye post-Kadhafi vers leurs pays d’origine au Sahel, riches d’armes et de colère.

Ce n’est pas un hasard, en d’autres termes, si le dernier cycle d’insurrection au Mali a débuté en 2012. Aujourd’hui, Sullivan pourrait pousser le nouveau patron, Biden, à tenter de nettoyer son ancien bazar.

Jake Sullivan, deuxième à partir de la gauche, en tant que chef de cabinet adjoint de la secrétaire d’État, avec sa patronne Hillary Clinton et le président Barack Obama, le 20 novembre 2012. (Maison Blanche, Pete Souza)

De l’autre côté du continent, en Somalie, où Trump a entamé un retrait de la dernière heure d’une présence militaire américaine qui a longtemps échoué et qui est toujours sans objectif (en envoyant la plupart de ces soldats dans les pays voisins), il y a un risque réel que Biden double la présence dans la région, en y ajoutant des soldats, des opérateurs spéciaux et des drones.

Après tout, si Trump était contre, même après l’augmentation exponentielle des bombardements dans la région, alors tout bon démocrate devrait être pour, d’autant plus que le Pentagone, depuis un certain temps déjà, claironne à tout va que l’organisation islamiste al-Shabaab de Somalie est la plus grande menace pour la patrie.

Cependant, le réel argument de vente de Biden pourrait être le fantasme que la Russie et la Chine déferlent sur la région. Depuis que la stratégie de défense nationale de 2018 a fait passer de manière décisive l’attention du Pentagone des guerres antiterroristes à une « compétition des grandes puissances », ou GPC (Great power competition), l’AFRICOM a modifié de manière opportuniste son propre plan de campagne pour s’aligner sur la nouvelle menace du moment, ciblant l’influence russe et chinoise dans la région de la Corne.

En conséquence, le boniment pour le retour d’AFRICOM dans la Corne pourrait s’avérer être une aubaine que Biden pourrait vendre sans trop de difficultés.

Ours russes et dragons (de mer) chinois

Le président chinois Xi Jinping, à gauche, avec le président russe Vladimir Poutine lors de la visite d’État à Moscou, Xi Jinping. (Kremlin)

Cette nouvelle obsession de la sécurité nationale concernant la GPC étant susceptible d’être une politique de l’ère Trump qui reste fermement en place, aussi malavisée soit-elle, le plus grand risque que Biden puisse courir est peut-être la possibilité d’alimenter une nouvelle version de la guerre froide, celle du XXIe siècle, à deux théâtres (avec l’éventualté qu’à tout moment, elle se transforme en une véritable guerre).

Après avoir tout fait à l’égard de la Russie dans les années Trump, les démocrates en place pourraient bien se sentir obligés d’aller jusqu’au bout et d’intensifier les tensions avec Moscou qui ont déjà été amenées par Trump lui-même à la limite (de la catastrophe nucléaire). Ici aussi, le facteur personnel peut s’avérer être déterminant en politique.

Le candidat de Biden au poste de secrétaire d’État, Anthony Blinken, est un faucon en titre à l’égard de la Russie et a été l’un des premiers adeptes du « armons l’Ukraine ». Sur le sujet, Jake Sullivan a déjà tendance à en faire des tonnes, faisant des montagnes de simples taupinières, comme lorsqu’il a décrit un incident mineur d’agressivité sur la route comme constituant « une force russe en Syrie attaquant violemment des forces américaines et blessant en fait des membres des services américains. »

Et puis il y a le signal troublant de Victoria Nuland, la récente candidate au poste de sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, un choix qui devrait lui-même être considéré comme une provocation de type chauffard au volant. Nuland a un passé d’antagonisme faucon envers Moscou et on la sait méprisée par le président russe Vladimir Poutine. Sa confirmation servira certainement d’accélérateur de conflit.

Toutefois, il est possible que dans la course de la bande de Biden, la Chine soit le principal adversaire qui risque un cataclysme insensé. Tout au long de la campagne électorale, le nouveau président a semblé vouloir dépasser le bellicisme de Trump dans le Pacifique occidental, en écrivant ouvertement dans un article de mars 2020 qu’il a publié dans Foreign Affairs qu’il allait « durcir le ton » avec la Chine.

Joe avait également traité le président chinois Xi Jinping de voyou. Et si Michèle Flournoy n’a peut-être pas été nommée secrétaire à la défense (heureusement), sa position agressive envers Pékin continue d’inspirer ses collègues de l’équipe de Biden issus de l’administration Obama.

Comme l’a fait remarquer, en septembre dernier, Andrew Bacevich, un habitué de TomDispatch, un article de Flournoy Foreign Affairs a mis en lumière le genre d’absurdité qu’elle (et probablement plusieurs personnes nommées par Biden) juge nécessaire pour dissuader efficacement la Chine.

Elle a appelé à « renforcer les capacités militaires américaines afin que, de façon crédible, les États-Unis puissent menacer de couler tous les navires militaires, sous-marins et navires marchands de la Chine dans la mer de Chine méridionale dans les 72 heures ». Considérons que la stratégie du Dr Strangelove (Docteur Folamour, NdT] a ici été repensée à la lumière de l’arrivée d’une présidence impériale policée.

Fin de la partie : La guerre comme abstraction

Historiquement, les changements de paradigme en matière de politique étrangère sont extrêmement rares, surtout lorsqu’ils sont orientés vers la paix. De tels revirements semblent presque impossibles une fois que l’immense puissance du complexe militaro-industriel américain, investi à tous égards dans des guerres sans fin, ainsi que dans des préparatifs illimités pour les futures guerres froides, a atteint le niveau grotesque d’aujourd’hui.

C’est d’autant plus vrai lorsque chacun des modèles de candidats à la sécurité nationale de Biden a, symboliquement parlant, fait payer son hypothèque par une branche de cette industrie de guerre. En d’autres termes, comme le disait le romancier Upton Sinclair : « Il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme quand son salaire dépend du fait qu’il ne le comprenne pas ! »

Il faut compter sur des stratégies telles que des drones, des commandos, des espions de la CIA et des médias plutôt accommodants pour aider l’administration Biden à rendre la guerre encore plus invisible – du moins aux yeux des américains. La plupart des citoyens qui détestent Trump et qui se concentrent sur leur propre pays trouveront que c’est tout simplement génial, même si les soldats exténués, les familles de militaires et les étrangers bombardés ou sous blocus sont d’un autre avis.

Plus que tout, Biden souhaite éviter les situations embarrassantes à l’étranger, telles que les pertes américaines imprévues ou le nombre scandaleux de décès de civils étrangers, c’est-à-dire tout ce qui pourrait faire dérailler son programme national ou l’héritage de son leadership réparateur espéré.

C’est une chose qui, malheureusement peut se révéler être une chimère. Ce qui m’amène à deux dernières conclusions prédictives : la guerre sans fin, selon l’expression convenue, ne cessera de nous revenir en boomerang pour pourrir nos institutions républicaines, et pas plus un dieu céleste, que l’Histoire laïque ne jugeront avec indulgence Biden-président-de-guerre.

 

Danny Sjursen est officier de l’armée américaine, il est à la retraite et contribue à la rédaction de antiwar.com.

Son travail a été publié dans le LA Times, The Nation, Huff Post, The Hill, Salon, Truthdig, Tom Dispatch, entre autres publications.

Il a participé à des missions de combat avec des unités de reconnaissance en Irak et en Afghanistan et a ensuite enseigné l’histoire à son alma mater, West Point.

Il est l’auteur d’un mémoire et d’une analyse critique de la guerre en Irak, Ghostriders of Baghdad : Soldats, civils, et le mythe de la surenchère.

Son dernier livre s’intitule Patriotic Dissent : L’Amérique à l’ère de la guerre sans fin.

Suivez le sur Twitter à l’adresse @SkepticalVet.

Consultez son site web professionnel pour obtenir ses coordonnées, programmer des discours et/ou accéder à l’ensemble de ses écrits et de ses apparitions dans les médias.

 

Source : Consortium News, Danny Sjursen, 21-01-2021

Source et Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

09/02/2021

LE TIME : DONALD TRUMP FACE A LA CONSPIRATION ....

 

Trump a crié à la fraude, à la conspiration menée par toute la bien-pensance universelle contre lui afin qu’il perde les élections.

Le monde s’est moqué de lui, l’a traité de complotiste, a diabolisé ses soutiens. Tout le monde se souviendra des graves allégations de fraude formulées par l’équipe juridique de Trump au lendemain de la victoire de l’opposant démocrate, qualifiées de théories de « conspiration » et sans fondement. « Ils nous ont volé les élections », avait déclaré Trump devant ses partisans le 6 janvier. Et pourtant…

Tout à leur victoire, les opposant à Donald Trump se lâchent et ne cachent plus les sombres manœuvres entreprises pour empêcher que l’ancien président des Etats-Unis ne fasse un second mandat à la Maison Blanche.

Ce qui ressemble bien à une vaste conspiration commence à émerger dans la presse mainstream, racontée en détails par des protagonistes fiers d’eux-mêmes.

Le Time dans un article du 4 février dernier intitulé L’histoire secrète de la campagne fantôme qui a sauvé les élections de 2020, de la journaliste Molly Ball (biographe de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi) décrit ce qui s’est passé, recueillant les témoignages de toutes les figures clés du plan.

Il n’y a peut-être pas eu de fraude, qui n’a de toute façon pas été légalement prouvée, mais Donald n’a pas eu tort de parler de « conspiration » contre lui. Dans son étude le Time relate une histoire interne sans précédent et dramatique d’un « effort extraordinaire  visant à ‘garantir que le vote soit libre et équitable’ ».

« Pendant plus d’un an, une coalition d’activistes a soutenu les institutions américaines alors qu’elles étaient simultanément attaquées par une pandémie impitoyable et un président à tendance autocratique », écrit Time. En pratique, l’existence d’un « complot » contre Trump est admise, mais orchestrée afin de protéger les institutions américaines :

« Bien qu’une grande partie de cette activité ait été menée par la gauche, admet le journal, elle a été séparée de la campagne de Biden et a franchi les lignes idéologiques, avec des contributions cruciales d’acteurs non partisans et conservateurs. »

Cependant, ces « militants » ne cherchaient pas à saper l’éventuelle victoire du Donald, précise Molly Ball, mais à protéger le bon déroulement des élections, selon l’hebdomadaire américain. « Toute tentative d’interférer avec le résultat correct des élections a été rejetée », déclare Ian Bassin, co-fondateur de Protect Democracy, l’une des nombreuses entreprises impliquées. :

« Mais il est extrêmement important pour le pays de comprendre que cela n’est pas arrivé par accident. Le système n’a pas fonctionné comme par magie. »

L’article souligne qu’il y a eu un effort coordonné, d’une durée de plus d’un an, pour arrêter Trump, depuis l’automne 2019. Il en ressort qu’il s’agit d’une collusion de syndicats, d’hommes d’affaires, de médias, de grandes technologies et de mouvements de protestation des droits civiques avec l’un des deux partis en lice, le Parti démocrate.

Des intérêts politiques et économiques puissants et très différents qui ont agi à l’unisson contre un candidat, Trump.

Comme Molly Ball l’écrit avec insistance, « leur travail a touché tous les aspects de l’élection. Ils ont convaincu les États de changer leurs systèmes électoraux et leurs lois, ont aidé à lever des centaines de millions de fonds privés et publics.

Ils ont remporté des procès visant à supprimer des votes, recruté des armées de sondeurs pour les bureaux de vote et incité des dizaines de millions de personnes à voter par correspondance pour la première fois ». Le Parti démocrate, pendant la campagne électorale, a en fait exhorté les électeurs à voter par correspondance, tandis que Donald Trump a constamment remis en question sa fiabilité. Résultat : 3/4 des votes par courrier sont allés à Joe Biden et ils se sont avérés fondamentaux dans sa victoire. Dans ce plan, l’épidémie de Covid a fourni le prétexte pour changer le mode de scrutin, même sans introduire de vraies lois.

Le vote par correspondance, que l’article Time présente comme une « révolution » a affecté la moitié de l’électorat. Et s’il y a un type de vote qui ne peut pas être contrôlé, c’est bien le vote postal. En outre, ces militants démocrates « ont réussi à pousser les entreprises de médias sociaux à adopter une ligne plus ferme contre la désinformation ».

Au centre de l’intrigue, selon Ball, est le stratège de l’AFL-CIO (la plus grande fédération syndicale américaine) Mike Podhorzer, conseiller du président du syndicat. Il est également président du conseil d’administration de l’Analyst Institute et de Catalist, ainsi que du conseil d’administration d’America Votes, du Comité des États et de la Majorité Progressiste.

Toutes des institutions qui, dans le passé, ont reçu d’importants dons du magnat libéral George Soros, du monde d’Hollywood et de la Big Tech.

À partir de septembre 2019, il aurait commencé à créer un réseau d’acteurs politiques influents pour contrecarrer « deux résultats électoraux potentiels », à savoir la possibilité que Trump perde les élections et ne l’admette pas, ou la possibilité qu’il les remporte « avec les votes du Collège électoral (malgré la défaite au vote populaire), corrompant le processus de vote dans les États clés ».

Le réseau mis en place par Podhorzer comprenait de puissants gauchistes :

«Le mouvement ouvrier, la gauche institutionnelle comme Planned Parenthood et Greenpeace, des groupes de résistance comme Indivisible et MoveOn, des experts en informatique et des stratèges progressistes, des organisateurs de base au niveau de l’État, des militants pour la justice raciale et autre. »

Les grands réseaux sociaux Twitter et Facebook se sont impliqués dans le plan depuis sa création en novembre 2019, lorsque Mark Zuckerberg (Facebook) et Jack Dorsey (Twitter) ont rencontré des militants progressistes pour concevoir une stratégie contre les « fausses nouvelles ». 

Laura Quinn, qualifiée dans l’article de « co-fondatrice activiste progressiste de Catalist, a commencé à étudier le problème il y a des années. Elle a dirigé un projet secret qui n’avait jamais été discuté en public auparavant, qui traçait la désinformation en ligne.

» On a vu comment ce mécanisme fonctionne, dans la pratique : comptes de Trump suspendus, actualité supprimée, doutes sur la fraude électorale censurés par les réseaux sociaux. Ou les notifications persistantes de zélés « vérificateurs de faits indépendants » qui contestent tout ce que les utilisateurs disent en faveur de Trump.

Le mouvement Black Lives Matter a été particulièrement crucial, sur de nombreux points de vue. D’abord parce qu’il a permis la mobilisation de nombreux militants, devenus opérateurs et scrutateurs dans les bureaux de vote, et des services d’ordre intimidants, « une force de défenseurs électoraux qui, contrairement aux scrutateurs normaux, ont été formés aux techniques de désescalade ». Les représentants de la liste républicaine qui ont été violemment éloignés des bureaux de vote en savent peut-être quelque chose.

 

On lit aussi dans l’article du Time que « 150 groupes libéraux, de la Marche des femmes (Women’s March) au Sierra Club, de Colour of Change à Democrats.com en passant par les Socialistes démocrates d’Amérique, ont rejoint la coalition Protect Results. Le site Web du groupe, aujourd’hui disparu, contenait une carte de 400 manifestations post-électorales, qui devait être activée par message dès le 4 novembre. Pour arrêter le coup d’État qu’elles craignaient, les organisations de gauche étaient prêtes à envahir les rues ».

L’opinion des interviewés sur la couverture médiatique (visiblement biaisée) de l’élection est tout autant étrange :

« Fox News a surpris tout le monde en attribuant la victoire de l’Arizona à Biden (alors que seulement 40% des votes étaient encore comptés, ndlr). La campagne de sensibilisation du public a fonctionné : les présentateurs de télévision ont fait tout leur possible pour conseiller la prudence et encadrer avec précision le décompte des voix. »

 

Un tel jugement n’a aucun sens, à moins de le lire à la lumière des plans de protestation de masse : même les médias craignaient une déstabilisation, évidemment. S’ils avaient annoncé une victoire de Trump, ils auraient soulevé l’enfer. Mais est-ce le moyen de « sauver la démocratie » ?

Dans ce plan organisé par Podhorzer & Cie pour empêcher Trump de remporter les élections et que révèle Time, le scénario d’une véritable victoire de Donald n’a même pas été envisagé. Lu comme ceci, cela semblerait un plan d’urgence pour éviter un coup d’État de Trump.

Mais un parti politique qui prépare des plans d’urgence un an à l’avance est souvent, sinon toujours, le parti qui se tient debout pour préparer le coup d’État. `

 

En fait, chaque coup d’État de l’histoire est mené avec les meilleures intentions : déjouer le coup d’État de l’ennemi…

Par  Francesca de Villasmundo

 

Source:     https://www.medias-presse.info

08/02/2021

AU SAHEL : DERRIÈRE LES APPARENCES ........

Sahel : derrière les apparences…

 
 
 
 
 

A LA UNE

 
 

Lundi 1er février 2021, la  DGSE a publié la vidéo d’une réunion à laquelle participaient les trois principaux chefs d’Aqmi (Al-Qaïda) dans la BSS (Bande sahélo-saharienne), à savoir l’Algérien Abdelmalek Droukdel chef d’Al-Qaïda pour toute l’Afrique du Nord et la BSS, le Touareg Iyad ag-Ghali et le Peul Ahmadou Koufa.

 

Ce document est par définition antérieur au 3 juin 2020, date de l’élimination de Droukdel et de trois de ses commandants locaux (Sidi Mohamed Hame,  Abou Loqman alias Taoufik Chaib et Ag Baye Elkheir), tués par Barkhane au Mali, dans le cercle de Tessalit, à proximité de la frontière algérienne.

 

Selon la DGSE, lors de cette réunion, Abdelmalek Droukdel aurait décidé d’étendre les opérations d’Aqmi à la Côte d’Ivoire, au Ghana et à l’Europe.

 

Si cette menace est naturellement à prendre au sérieux, la liquidation d’Abdelmalek Droukdel a cependant changé le contexte régional sur trois points essentiels :

1) Iyad Ag Ghali et Ahmadou Koufa sont désormais autonomes et, semble-t-il, ils n’ont pas les mêmes objectifs que ceux qui avaient été définis par Abdelmalek Droukdel.

2) Al-Qaïda dans la BSS n’est plus dirigé par un étranger, en l’occurrence un Algérien, mais par deux Maliens, le Touareg Iyad Ag Ghali et le Peul Ahmadou Koufa.

3) Derrière les slogans faisant référence au califat universel, Iyad Ag Ghali et dans une moindre mesure Ahmadou Koufa, ont une approche politique « nationale ». L’islam est en effet pour eux, et à des degrés différents, le paravent de revendications ethno-politiques résurgentes enracinées dans leurs peuples.

 

Après la mort d’Abdelmalek Droukdel, j’ai formulé une hypothèse selon laquelle ses ordres qui étaient d’élargir la zone d’opérations d’Aqmi, non seulement ne seraient pas exécutés par Iyad Ag-Ghali, mais, et tout au contraire, qu’ils seraient remplacés par une volonté de règlement du conflit.

Du moins pour la partie nord du Mali, là où la guerre régionale a démarré en 2011.

Depuis, quatre éléments sont venus à l’appui de mon hypothèse qui ouvrent sur plusieurs scénarios :

 

La suite de cette analyse (77%) est réservée aux abonnés à l’Afrique Réelle (pour le faire c’est ici)

 

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

05/02/2021

NORDSTREAM-II, UN ENJEU EUROPÉEN VITAL !

NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital

Publié par wikistrike.com sur 5 Février 2021, 14:47pm

Catégories : #Economie, #Politique internationale

 
NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital

À l’époque maintenant révolue de l’administration Trump la Maison-Blanche était particulièrement hostile au gazoduc Nordstream-II pour diverses raisons, d’abord la « russophobie » prédominante mais aussi et surtout le marché allemand potentiel du gaz liquéfié en provenance des multiples puits forés dans la roche-mère américaine auquel il fallait trouver un débouché vers l’Europe et en particulier l’Allemagne était le client solvable visé.

Cette politique américaine entrait dans le cadre du vieux dessein américain de main-mise sur l’Europe datant de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Depuis les évènements d’Ukraine largement fomentés par l’administration Obama (il a été nobélisé pour ses faits d’armes) et le rattachement de la Crimée après un référendum populaire de tous les habitants de cette péninsule à la Russie le projet NordStream-II a fait l’objet d’une multitude de chantages de la part des USA.

L’Ukraine, se voyant privée à terme des revenus engendrés par le passage du premier gazoduc traversant son territoire depuis la Russie vers l’Europe, a organisé un forcing constant sur la Maison-Blanche pour ruiner le projet NordStream-II.

Forts de l’extraterritorialité de leurs lois les Américains ont menacé de sanctions tous les actionnaires du projet : Gasprom, Royal Dutch Shell, OMV et Engie pour ne citer que les plus emblématiques.

Ce projet d’un montant de 9,5 milliards de dollars est garanti par une série de banques qui ont très gros à perdre en cas d’arrêt définitif de ce projet : Euler Hermes, coordinateur, Crédit Agricole, Société Générale, Commerzbank, Unicredit, Deutsche Bank, SMBC (Japon), RBS, … `

 

Une multitude d’entreprises européennes sont impliquées dans ce projet ainsi que Sumitomo ou encore Rolls-Royce (Sources Wikipedia).

Avec l’arrivée du vieux Joe Biden la donne a quelque peu changé, en apparence du moins, puisque la pression des écologistes américains a brusquement remis en question la fracturation hydraulique des roches-mères et les nouvelles explorations semblent restreintes.

L’Allemagne, montrée du doigts, cette fois par les écologistes allemands et français, a un réel besoin de ce gaz russe pour réduire sa consommation de charbon.

Pourtant le président français pousse la chancelière allemande à abandonner le projet NordStream alors qu’il est presque achevé, conformément à sa politique de totale soumission à la Maison-Blanche.

Il semble d’ailleurs qu’il n’ait pas encore digéré que le locataire de la Maison-Blanche a changé …

De son côté la Pologne, évincée de ce projet, ne dit mot et va probablement se tourner soit vers la France, soit vers les USA, pour lancer un programme de nucléaire civil audacieux et s’affranchir également de son charbon pourtant domestique pour la production d’électricité.

C’est sans ignorer la présidente de la Commission européenne qui est une crypto-écologiste notoire et qui rappelle à la Pologne les engagements « verts » de la Commission.

Un autre point qui n’a peut-être rien à voir avec le projet NordStream est l’affaire Navalny mais que Macron a osé mentionner.

Comme le leader de la contestation à Hong-Kong, Navalny est piloté par la CIA. Comme à son habitude ce service de la CIA a procuré des documents photographiques susceptibles de ternir l’image de Vladimir Poutine.

Or il se trouve que la photo qui a fait le tour du monde et représentant l’hypothétique palace personnel de Poutine n’est autre qu’un hôtel de luxe en construction situé dans le sud de l’Allemagne au bord d’un lac.

Comme chacun sait l’Allemagne est sous la haute surveillance de la CIA (cf les écoutes téléphoniques dont a été victime Angela Merkel) et cette histoire Navalny arrive à point nommé pour discréditer l’utilité du projet NordStream, une sorte de complot ourdi par l’administration Trump mais repris au galop par le vieux Joe.

On en arrive donc au problème récurrent du choix de la source d’énergie pour la production d’énergie électrique.

L’Allemagne a décidé de démanteler la totalité de son parc nucléaire et la Pologne subit la pression des écologistes de la Commission européenne pour s’affranchir de son charbon.

Il lui reste le choix entre les moulins à vent + les panneaux solaires ou l’énergie nucléaire et, bien pensante, la Commission de Bruxelles songe à pousser la Pologne à s’adresser aux Américains ou aux Français pour construire des centrales nucléaires.

Drôle de choix quand on sait que les États-Unis n’ont pas construit une seule centrale nucléaire depuis plus de 30 ans et que la France est incapable de respecter les délais de construction tant de l’EPR finlandais que de l’EPR français.

Le projet britannique d’Hinkley Point C arrivera-t-il à son terme un jour ?

Nul ne le sait. Autant les Américains que les Français ont perdu dramatiquement leur savoir-faire dans le domaine du nucléaire civil.

Pour rappel les deux EPR chinois de Taishan ont été construits en 9 ans et la technologie des turbines Arabelle, fleuron d’Alstom-Energie vendu par Macron aux Américains, a été cédée clés en main à la société chinoise Dongfang Electric.

Il ne reste donc dans le monde que deux pays capables de construire des réacteurs nucléaires : la Chine et … la Russie.

Il est difficile d’imaginer que la Pologne fasse appel à la Russie car ce pays est son ennemi héréditaire.

Pour ce qui concerne la Chine, le « China-bashing » systématique organisé par les USA et repris stupidement par l’Europe complique la situation.

La Pologne n’a pas d’autre choix que de continuer à extraire son charbon pour produire son électricité quoiqu’en pense la Présidente de la Commission européenne.

Moralité de cette sombre histoire : si l’Europe occidentale refuse de normaliser ses relations avec la Russie elle signe par conséquent son arrêt de mort économique.

 

Le « Green New Deal » à l’européenne décidé par Madame Van der Leyen est déjà un arrêt de mort.

L’arrêt du projet NordStream provoquera des tensions au niveau des banques européennes qui seront un autre facteur d’accélération du collapsus généralisé de l’économie européenne.

Sans la création d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural » cette Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui va tout simplement disparaître …

 

Pour ceux de mes lecteurs qui désireraient approfondir mon analyse cette conversation me paraît intéressante :

 

 

source : https://jacqueshenry.wordpress.com/

GÉOPOLITIQUE : AUX ÉTATS-UNIS , L' ÉTAT DE GUERRE EST UNE SECONDE NATURE !

5.février.2021 // Les Crises
 

Aux États-Unis, l’état de guerre est une seconde nature

 
 

Source : Consortium News, Joe Lauria

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

 

 

William J. Astore nous dit que dans l’enfermement intellectuel collectif de l’Amérique, le militantisme pour la paix est une aberration, alors que l’acceptation d’un État de guerre est une seconde nature.

Vue aérienne du Pentagone. (Joe Lauria)

« Les POW [prisoners of war, prisonniers de guerre, NdT] n’ont jamais une belle journée » [ ce badge de boutonnière devrait aider à faire comprendre que les prisonniers de guerre n’ont jamais eu une bonne journée. Ils ont enduré des conditions terribles, et ces boutons devraient appeler aux gens ce qu’ils ont vécu, NdT].

Ce sentiment se trouve saisi sur le badge qu’un de mes amis portait pour notre photo de classe primaire en 1972. Que les prisonniers de guerre ne puissent jamais avoir une telle journée était confirmé par le visage triste sur le badge.

Peu après, les POW Américains seront par ailleurs relâchés par leurs geôliers nord-vietnamiens alors que la guerre américaine au Vietnam prenait fin.

Ils sont rentrés l’année suivante sous un battage médiatique de bienvenue aux héros orchestré par l’administration du président Richard Nixon, mais le gouvernement n’a jamais vraiment retiré ses drapeaux de prisonniers de guerre ou de disparus en mission.

Aujourd’hui, presque un demi-siècle plus tard, ils flottent toujours sur les installations fédérales, y compris au Capitole alors qu’il a été envahi et brièvement assiégé la semaine dernière par une horde manipulée par leur canard-boiteux de président, prétendument dans le but d’honorer les vétérans américains, qu’ils aient été prisonniers ou ne soient jamais rentrés parce qu’on n’a jamais retrouvé leurs corps.

Se rappeler des sacrifices de nos vétérans est juste et approprié ; c’est pour cela que nous avons institué le Memorial Day en mai et le Veterans Day en novembre.

Et c’est en pensant à ces prisonniers de guerre et au lourd héritage des conflits de ce pays depuis la Seconde Guerre mondiale, que j’en suis arrivé à un constat. Dans les années qui ont suivi, nous Américains sommes tous, en un sens, devenus des prisonniers de guerre.

Nous faisons tous partie d’une culture qui continue d’estimer la guerre, d’embrasser le militarisme, et qui voue plus de la moitié de son budget fédéral aux guerres, à l’armement, et à la militarisation de la culture américaine.

Nous vivons dans un pays qui est au premier rang mondial pour l’exportation de munitions meurtrières vers les points chauds les plus tragiques et les plus violents de la planète, ce qui a par exemple favorisé un génocide au Yémen, parmi d’autres conflits.

Il est vrai que, dans un pays qui ne connaît pas le service militaire, rares sont les américains qui arborent un uniforme de nos jours. Alors que commence l’année 2021, la plupart d’entre nous n’ont jamais été en possession d’une carte d’identité militaire sur laquelle figure la Convention de Genève relative au traitement approprié et légal des prisonniers de guerre, comme je l’ai fait quand j’ai porté un uniforme il y a longtemps.

Donc, quand je dis que tous les Américains sont effectivement des POWs, j’utilise bien évidemment cet acronyme non de manière formelle ou légale, mais bien dans le sens familier d’être captif d’un quelconque phénomène, d’être détenu par ce dernier, lui étant assujetti d’une façon qui restreint, voire élimine, la liberté de pensée et d’action, et de ce fait compromet la foi de ce pays en ses libertés individuelles sacrées.

En ce sens familier, il me semble que tous les Américains, d’une certaine manière, sont devenus des prisonniers de guerre, et je parle ici aussi de ces quelques « prisonniers » parmi nous qui se sont battus courageusement et sans relâche pour résister à ce phénomène.

Le dôme du Capitole des Etats-Unis, Washington

Posez-vous la question : en pleine pandémie meurtrière, alors que le nombre de morts en Amérique avoisine les 400 000 et continue son accélération, qu’est-ce qui réunit « nos » représentants au Congrès ?

Quel est le seul projet qui puisse bénéficier d’un large et fervent soutien des deux partis, sans parler de l’unique possibilité de passer outre au véto présidentiel de Trump au cours de ces quatre dernières années ?

Il ne s’agit certainement pas de garantir des soins de santé pour tous ou de donner aux familles en difficulté des chèques de 2 000 dollars pour assurer qu’il y aura de la nourriture sur toutes les tables américaines ou que des millions d’entre nous ne seront pas expulsés de nos foyers en plein milieu d’une pandémie.

Non, ce qui réunit « nos » représentants, c’est le financement du complexe militaro-industriel à hauteur de 740,5 milliards de dollars pour l’année fiscale 2021 (bien que, chaque année, le montant réel des dépenses pour ce qui se fait passer pour de la « sécurité nationale » dépasse régulièrement les mille milliards de dollars).

Pourtant, ce chiffre de 740,5 milliards de dollars est déjà en lui-même plus élevé que les dépenses militaires des 10 pays développés réunis qui suivent les États Unis sur la liste, dont la Russie et la Chine ainsi que la France, l’Allemagne ou encore le Royaumes-Uni, alliés des Etats-Unis.

Et ce n’est pas tout, le Congrès a ajouté un texte au dernier projet de loi de défense qui a véritablement bloqué véritablement le Président Trump dans ses efforts pour retirer toutes les troupes d’Afghanistan (et d’autres postées en Allemagne) avant qu’il ne quitte son poste le 20 Janvier.

Bien que l’on puisse douter qu’il aurait atteint de tels objectifs de toute façon, étant donnée sa propension à l’indécision, le fait que le Congrès ait œuvré pour lui faire obstacle en dit long sur « nos » représentants et leur allégeance au complexe de guerre.

Cela dit, l’administration hésitante de Trump s’est au moins montrée déterminée pour une chose : vendre des armes sophistiquées à l’étranger.

Elle s’est empressée d’exporter des bombes, des missiles et des chasseurs de combat de facture américaine au Moyen-Orient avant de confier au président Joe Biden et à son équipe de combattants de bureau le soin de garantir les efforts du gouvernement en faveur des marchands de mort américains.

En parlant de Biden, le fait qu’il ait sorti le Général Lloyd Austin III de sa retraite pour en faire son secrétaire à la défense envoie un signal fort, le plus fort possible, exprimant sa propre allégeance à la suprématie du militarisme et de la guerre dans la culture américaine.

Après tout, en prenant sa retraite, le Général Austin s’est empressé de passer à la caisse en rejoignant le conseil d’administration de United Technologies, ce qui lui a permis de percevoir quelque 1.4 millions de dollars en « actions et autres compensations » avant que cette entreprise ne fusionne avec le géant de l’industrie de l’armement Raytheon, et qu’il ne finisse par siéger au conseil d’administration de ce conglomérat. (Il possède à peu près 500 000 dollars d’actions Raytheon, un supplément fort appréciable à sa retraite militaire annuelle à 6 chiffres.)

Quoi de mieux que de le choisir comme secrétaire à la défense afin de s’assurer que le « militaire » et l' »industriel » restent étroitement soudés dans ce fameux complexe ?

Le secrétaire à la défense américain est, bien évidemment, censé être un civil, quelqu’un qui peut exercer une surveillance rigoureuse et indépendante sur le complexe de guerre toujours grandissant de l’Amérique, et pas un officier militaire et général à vie, profiteur de guerre évident par dessus le marché.

La guerre c’est la paix

Démonstration de la puissance aérienne et navale des États-Unis (U.S. Navy, Marine Américaine)

Comme l’a démontré le président de l’Institut Quincy, Andrew Bacevich, « de nombreux américains ont fait la paix avec un état de guerre sans fin ».

Dans la culture de guerre américaine, les militants pour la paix comme Medea Benjamin et les associations comme les Vétérans pour la paix ne sont pas seulement considérés comme « radicaux » mais aussi comme véritablement aberrants. En même temps, l’acceptation incontestable du fait que ce pays soit aujourd’hui éternellement en guerre contre une bonne partie de la planète est considérée comme normale, voire respectable. En tout cas, ce n’est assurément pas quelque chose qu’il faut prendre en considération, en réalité ou en théorie.

Le résultat étant que les belliciste tels que l’ancien Conseiller à la Sécurité Nationale de Trump, John Bolton, sont considérés dans certains milieux comme des réalistes purs et durs.

En voyant le monde comme un lieu hostile que les Américains doivent (mais ne peuvent pas, d’une façon ou d’une autre, presque 20 ans plus tard) dominer, cela signifie que leur tête est fermement vissée, pas comme ces penseurs verreux qui prônent la paix.

Mais comme l’a dit un jour Dorothy Day, militante catholique pour la paix : « Nos problèmes viennent du fait que nous acceptons ce système répugnant et pourri. »

Que les Américains refusent surtout de voir la guerre permanente comme répugnante et pourrie, ou de réfléchir sérieusement au budget de la « défense » qui l’accompagne montre ici le triomphe d’une culture de guerre plus vaste.

Alors que le complexe militaire hors de contrôle et ruineux de ce pays nous a valu une succession d’échecs retentissants à l’étranger (prenez juste en compte tous ces efforts désastreux pour gagner « les cœurs et les esprits » depuis le Vietnam jusqu’à l’Afghanistan en passant par l’Irak et j’en passe), il s’est avéré étonnamment efficace pour gagner – ou du moins apprivoiser – les cœurs et les esprits de la patrie.

Sinon, comment expliquer la façon dont ces budgets qui dépassent des milliers de milliards de dollars pour la « sécurité nationale » sont approuvés par le Congrès sans le moindre murmure de protestation ?

Au XXIe siècle, les Américains souffrent d’une forme de conditionnement culturel par lequel l’état de guerre est devenu la nouvelle norme. Comme l’a souligné un lecteur avisé de mon blog Bracing Views :

« Nous gardons en réserve notre désir de vivre sans guerre, et chaque fois que nous nous réveillons et que nous sortons dans la cour, cette perception est anéantie par les élites financières. »

Dans l’inconscient collectif des Américains, l’activisme pour la paix est une aberration, alors que l’acceptation de l’état de guerre est une seconde nature. Il ne faut pas s’étonner que le cabinet et l’administration proposés par Biden comptent autant de politiciens néoconservateurs ayant fait la paix avec la guerre, que ça soit en Irak et en Afghanistan, ou en Lybie et en Syrie (Antony Blinken comme Secrétaire d’Etat ; Jake Sullivan comme conseiller à la Sécurité nationale ; le général en retraite Lloyd Austin comme Secrétaire à la Défense ; et Avril Haines comme directrice du Renseignement national).

Le fait que Biden ait choisis des faucons place résolument leur destin dans les mains de la puissance militaire américaine. Et ils sont appelés à conseiller un nouveau président, ayant lui-même jadis soutenu la guerre en Irak et qui parle non pas de réduire les dépenses de « défense » mais de les augmenter.

29 Novembre 2011 : Le vice président Joe Biden avec l’ambassadeur américain en Irak James Jeffrey, et le commandant des Forces américaines en Irak, le général Lloyd J. Austin III, en Irak (équipe du sergent Caleb Barrieau/Wikimedia Commons)

Peut-être avez-vous remarqué, en effet, la façon dont chaque président depuis George W. Bush en 2001 est fier de se faire passer à un moment ou à un autre pour un président « de temps de guerre ».

Peut-être avez-vous également remarqué que ce pays ne peut pas ou ne veut pas fermer Gitmo, le centre de détention [militaire] de la Baie de Guantanamo, Cuba, débordant de prisonniers de la Global War on Terror [campagne militaire internationale lancée par les Etat-Unis après le 11 Septembre, NdT] depuis fin 2001, des hommes qui resteront probablement enfermés « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».

Peut-être est-ce la raison pour laquelle le gouvernement américain a « torturé des gens », comme le Président Barack Obama l’a formulé en 2014, et ont maltraité des prisonniers irakiens à Abu Ghraib en Irak. (Avril Haines, proposée au poste de directrice du Renseignement national par Biden, a autrefois aidé à dissimuler les preuves de tels abus et tortures.) Peut-être est-ce la raison pour laquelle chaque président en commençant par George W. Bush a impunément frappé des méchants du monde entier par le biais de drones assassins assistés par robots. ( Vous vous rappelez de l’assassinat par drone de Qasem Suleimaniu, major général iranien à l’Aéroport International de Bagdad par un certain Donald J. Trump ?)

Peut-être est-ce aussi la raison pour laquelle les bombardements américains et ces guerres semblent ne jamais vouloir s’arrêter, même lorsqu’un président prend ses fonctions en ayant promis que tout ça cessera. Après tout, c’est une telle preuve de puissance que d’être un président « de temps de guerre ! ».

Dans son roman 1984, George Orwell l’exprime de façon relativement simple lorsqu’il invente le slogan « la guerre c’est la paix » pour sa société dystopique fictive. Randolph Bourne ne l’exprime pas moins simplement quand, pendant la première guerre mondiale, il énonce que « La santé de l’État c’est la guerre ».

Rosa Brooks, qui a travaillé au Pentagone, l’a confirmé sans ménagement en 2016 lorsqu’elle a intitulé son livre Comment tout est devenu guerre et le militaire est devenu tout. Aujourd’hui en Amérique, la guerre est devenue aide sociale, une forme de capitalisme catastrophe fait maison, au profit d’un petit nombre et aux dépens du plus grand nombre.

Répétez : Nous sommes maintenant tous des POW. (prisonniers de guerre)

Le jour où j’ai rencontré un véritable POW

Un ancien POW après sa libération et le Colonel de l’Air Force américaine Robinson Risner lors d’une conférence de presse en 1971. (Wikimedia Commons)

Au début des années 90, quand j’étais un jeune capitaine de l’armée de l’air américaine, j’ai servi comme officier de liaison pour le général de brigade Robinson Risner. Il n’est pas exagéré de dire que Risner était tenu en grande estime dans l’armée de l’Air.

Pilote de chasse chevronné et as de la guerre de Corée, il a été colonel et fait la une de Time magazine en 1965, alors que la guerre du Vietnam s’enflammait, après quoi son avion a été abattu et il est devenu POW. Il écrira plus tard Le passage de la nuit, récit déchirant des sept années qu’il a passées comme prisonnier au « Hanoï Hilton », surnom ironique que les POW américains donnaient à la prison Nord Vietnamienne de Hoa Lo.

Ce qui a permis à Risner de tenir bon en dépit de la torture et des années de captivité, c’est sa foi chrétienne et son patriotisme. Je me souviens comme si c’était hier du discours qu’il a fait à l’Air Force Academy au sujet de son expérience, et comment cette foi qui était la sienne l’avait soutenu.

Je n’ai jamais entendu une évocation aussi saisissante de l’esprit de devoir, d’honneur et de loyauté envers son pays nourri par la foi en une puissance supérieure.

J’ai été fier qu’on me prenne en photo avec le Général Risner, alors que nous étions debout, à côté du trophée qui porte aujourd’hui son nom, et qui chaque année est attribué à l’étudiant major de sa promo de l’Ecole des armes de l’Air Force, le Top Gun de l’AF, si je puis dire.

Risner était courtois et fascinant, et la rencontre avec un prisonnier de guerre qui avait enduré et surmonté autant de choses m’a donné un sentiment d’humilité.

Pourtant, à ce moment là (pour être honnête), je ne m’étais jamais intéressé à ce qu’il avait accompli en tant que pilote de chasse, menant des missions de bombardement pour l’Opération Rolling Thunder au Vietnam [campagne de bombardements intensifs au nord du Vietnam et au Laos, NdT]. Étant donné que le gouvernement américain avait choisi de ne pas déclarer officiellement la guerre au Vietnam du Nord, on aurait pu s’interroger sur la légalité même de ses missions.

Par manque d’une déclaration officielle, d’aucun pourrait soutenir que Risner et les POW américains comme lui n’ont pas bénéficié des protections légales de la Convention de Genève. Si on utilisait la terminologie américaine d’aujourd’hui, on aurait tout à fait pu considérer Risner comme un « ennemi combattant » et l’incarcérer à vie, comme les Américains en ce moment retiennent captifs à Guantanamo des POW ayant bien peu d’espoir d’être jamais libéré.

Pour l’Américain moyen captivé par la culture de guerre américaine, il est facile ici de soulever des objections. Bien sûr, les missions de bombardement de Risner étaient légales. Bien sûr, il méritait d’être reconnu comme POW et ainsi traité avec décence.

Les Etats-Unis ne se lancent jamais dans la guerre sans une cause juste, en l’occurrence, il s’agissait d’endiguer un Etat communiste par tous les moyens sauf en ayant recours à l’arme nucléaire. Les Vietnamiens du nord, en revanche, ne voyaient pas les choses tout à fait de la même façon, peut-être parce que c’étaient eux qui étaient matraqués et écrasés par la puissance militaire américaine.

Là où je veux en venir, ce qu’il ne s’agit ni de faire l’éloge de Risner ni de le discréditer. Il est plutôt question ici d’enterrer la guerre et la culture qui la fait naître puis s’en nourrit.

Plus les Américains encouragent la guerre (essentiellement en l’ignorant, et de ce fait donnant leur accord tacite), plus Washington la finance, plus les populations meurent à cause de « nos » guerres et de « notre » armement, et plus ce pays devient une nation de POW au sens large.

 

Retour sur le badge de mon camarade

Vous vous souvenez du badge de mon camarade, celui qui assurait que les POW ne connaissent jamais de belle journée ? En tant que nation de POW au sens large, cela devrait s’appliquer à nous tous.

L’Amérique ne connaîtra plus jamais une seule belle journée tant qu’elle ne s’extirpera pas de la guerre sous toutes ses formes. Il n’y aura plus aucune belle journée tant que le Congrès financera les fabricants d’armes, et qu’il ne se mettra pas en quête de la paix et n’aidera pas les pauvres et les faibles.

Il n’y aura pas une seule belle journée tant que les Américains ne haïront pas la guerre avec cette même ferveur que celle qui les amène à agiter « patriotiquement » leurs drapeaux. Il n’y aura pas une seule belle journée tant que les présidents ne rendront pas grâce aux artisans de paix plutôt que de prier que Dieu protège les troupes.

Alors, la prochaine fois que vous verrez un drapeau POW/MIA [prisonniers de guerre/disparus en mission,NdT] devant un bâtiment fédéral, ne le balayez pas d’un revers de la main comme si c’était une relique du passé de l’Amérique. Pensez à son sens et à sa pertinence dans ces temps de guerre permanente et de dépenses militaires colossales.

Et puis, si vous l’osez, demandez-vous si vous aussi, vous n’êtes pas en quelque sorte un prisonnier de guerre – pas dans le sens légal strict qui s’applique aux militaires engagés en guerre déclarée, mais dans celui de ce pays que la guerre rend captif de tous ces morts, cette destruction et ce désespoir.

Et puis demandez-vous, collectivement, que doit faire l’Amérique pour se libérer du camp de prisonniers dans laquelle elle s’est elle-même enfermée ?

De cette question découle le futur de la république américaine.

 

William Astore, Lieutenant colonel à la retraite (USAF, U.S. Air Force) et professeur d’Histoire, est un contributeur régulier de TomDispatch et attaché supérieur au Eisenhower Media Network (EMN), rassemblement de vétérans militaires essentiels et professionnels de la sécurité nationale. Son blog personnel est Bracing Views.

 

Source : Consortium News, William Astore, 04-01-2021

Source et Traduit par les lecteurs du site Les-Crises