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30/01/2020

AFGHANISTAN: LA GUERRE PREND DE L' AMPLEUR !

La guerre aérienne en Afghanistan prend de l’ampleur


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 27 janvier 2020

 

Sous l’administration Trump, les attaques aériennes américaines en Afghanistan ont fortement augmenté.

Mais il semble maintenant que les talibans aient acquis des moyens pour les contrer.

L’année dernière, les États-Unis ont largué un nombre record de bombes sur l’Afghanistan, ce qui a entraîné une augmentation constante du nombre de victimes parmi les civils :

 

Selon les statistiques sur la puissance aérienne 2013-2019 publiées fin janvier par le commandant 
de la composante aérienne des forces combinées (CFACC), Des armes ont été utilisées au cours de
7 423 missions effectuées en Afghanistan en 2019. Il y a eu le plus grand nombre d’utilisations
d'armes au cours de la plupart des mois de cette année, comparés à ceux des années précédentes,
depuis que les registres ont été publiés pour la première fois en 2009 ; le mois de septembre
enregistrant le plus grand nombre d’utilisations d'armes pour l'année, soit 948.
Le record annuel précédent était de 7 362 en 2018, et les deux dernières années ont vu plus
d’utilisations d'armes en Afghanistan que pendant toute la période 2012 à 2017.

Vingt bombardements par jour, c’est un chiffre assez impressionnant.

De nombreux civils sont tués dans ces bombardement menés par les étasuniens.

ils semblent souvent ne pas savoir qui ils frappent.

 

Ce rapport datant de la semaine dernière est typique :

Une attaque de drone menée par les forces américaines au début du mois dans l'ouest de l'Afghanistan
qui visait apparemment un groupe taliban dissident a également tué au moins 10 civils, dont trois
femmes et trois enfants, a déclaré mercredi un responsable des droits de l'homme afghan et un
membre du conseil. ..
. Il n'y a eu aucun commentaire immédiat de la part de l'armée afghane ou des forces américaines.
Mais Wakil Ahmad Karokhi, un membre du conseil provincial de Herat, a déclaré que l'attaque du 8
janvier avait également tué le commandant d'un groupe dissident taliban, connu sous le nom de Mullah
Nangyalia, ainsi que 15 autres militants. ...
Les funérailles du commandant ont eu lieu le lendemain dans le quartier de Guzargah, dans la
capitale provinciale de Herat, et des dizaines de militants y ont assisté. Karokhi a estimé que cette frappe était une "énorme erreur", affirmant que le commandant était une
protection utile contre les talibans dans le district de Shindand, prenant les armes avec ses
combattants contre les insurgés "quand personne d'autre ne le faisait" et laissant les civils de la
région en paix.

L’armée américaine, ses alliés et les représentants afghans ne sont pas les seuls à se battre.

Les talibans peuvent riposter en frappant des hélicoptères et des avions et, à en juger par le nombre d’incidents aériens récents, ils ont maintenant trouvé des moyens efficaces pour le faire.

 

Il y a deux jours, ils ont détruit un autre hélicoptère :

Drexluddin Spiveyzai @RisboLensky - 9:44 UTC – 25 Jan 2020

Un hélicoptère touché par un missile dans la région de Kajaki du #Helmand 4 soldats blessés via 
@TOLOnews #Afghanistan Son drapeau est #Moldavien. L'hélicoptère a été gravement touché. Un vrai miracle qu'il n'y ait pas
de morts #Les talibans ont pris la responsabilité d'abattre un hélicoptère militaire à Helmand en Afghanistan
C'est le 4ème hélicoptère qui s'est écrasé en janvier Vidéo de Kajaki


Quatre pertes d’hélicoptères en un mois, c’est assez significatif.

 

Plus tôt dans la journée, on apprenait qu’un avion de ligne civil afghan s’était écrasé.

Ces informations se sont avérées fausses.

Mais un avion s’était effectivement écrasé dans la province de Ghazni, au sud de Kaboul.

Il s’agissait d’un avion militaire :

Harry Boone @towersight - 12:37 UTC – 27 Jan 2020

L'épave de l'avion qui s'est écrasé aujourd'hui en Afghanistan semble être un Bombardier Global 
6000 / E-11A "BACN" de l'USAF (Battlefield Airborne Communications Node) Quatre E-11A américains sont affectés au 430e Escadron expéditionnaire de combat électronique et
opèrent généralement depuis la base aérienne de Kandahar.

Voici les vidéos de l’avion en feu et brûlé.

Agrandir

 

Selon des sources afghanes, les talibans ont revendiqué avoir abattu l’avion. D’autres disent que non.

Mais ce qui est sûr, c’est que l’avion s’est écrasé sur un territoire tenu par les talibans. Au moins deux personnes à bord ont été tuées.


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Les stations de relais radio volantes « BACN » sont en Afghanistan depuis un certain temps. Selon un rapport militaire datant de mars 2017 :

Qualifié "d’aussi essentiel au succès d’une mission que des balles", le E-11A effectuait, le 24 
février 2017, sa 10.000ème sortie depuis son arrivée dans ce pays il y a huit ans. Le 430e escadron expéditionnaire électronique opérant à partir de Kandahar est la seule unité de
l'armée de l'air américaine qui utilise le E-11A avec la charge utile BACN. Il a été créé pour
répondre à ce que l'on appelle un besoin opérationnel urgent commun, lorsqu'il a été constaté que
le terrain de l'Afghanistan posait de sérieux problèmes de communication.

l’E-11A


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Il semble qu’il n’existe que quatre de ces avions qui sont des jets d’affaires Bombardier Global 6000 à ultra long rayon d’action fortement modifiés. Ils ne sont utilisés qu’en Afghanistan.

La perte est importante. Les troupes au sol dépendent des communications radio lorsqu’elles dirigent les bombardiers vers leurs cibles.

Sans les stations relais volantes, elles n’ont aucune chance d’y parvenir à cause des montagnes afghanes.

On ignore encore quels sont les nouveaux moyens dont disposent les talibans pour abattre des avions et des hélicoptères.

En 2018, quelques missiles antiaériens Stinger ont été trouvés lors d’un raid contre des Talibans.

Mais ils semblaient vieux et ne fonctionnaient probablement plus.

Les hélicoptères peuvent être abattus avec des mitrailleuses ou même avec des missiles antichars (RPG).

 

Mais les E-11A volent généralement à une altitude importante et l’avion écrasé n’était pas près d’un aéroport.

Les missiles portables de défense aérienne (MANPAD) habituels, comme le Stinger étatsunien, n’atteignent qu’une altitude maximale de 3 500 mètres.

Cela laisse à penser que les Talibans auraient acquis de nouveaux stocks de missiles plus performants.

On peut se demander d’où ils viennent.

Le 5 janvier, le chef du Hezbollah, Hassan Nazrallah, annonçait comment l’« axe de la résistance » allait réagir au meurtre du général iranien Soleimani et du chef du PMU irakien Al-Muhandis.

La réponse au sang de Soleimani et d'Al-Muhandis doit être l'expulsion de toutes les forces 
américaines de la région.

L’utilisation de moyens efficaces pour abattre même les avions américains volant à haute altitude serait un moyen possible d’atteindre cet objectif.

 

Mais l’Iran n’est pas la seule source possible de tels missiles. La Chine et la Russie produisent également des missiles anti-aériens efficaces et les militaires du Pakistan et du Tadjikistan en ont achetés en grand nombre.

 

Tous ces pays s’abstiennent généralement de fournir des missiles anti-aériens aux militants car ils pourraient également mettre en danger leurs propres avions (civils).

 

Mais la perte de cinq hélicoptère ou avions en un mois en Afghanistan pourrait bien signifier que la situation a changé.

 

Par Moon of Alabama

Source et Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

SYRIE : UNE VILLE REPRISE ET LIBÉRÉE AUX DJIHADISTES !

Syrie. L’armée libère le Maarat al-Numan


Mais les États-Unis insistent pour garder le contrôle de la région


Par Moon of Alabama – Le 28 janvier 2020

Aujourd’hui, l’armée arabe syrienne a libéré la ville de Maarat al-Numan, au sud-est d’Idleb.

Avant la guerre, la ville comptait environ 60 000 habitants.

Cette libération a eu lieu après plusieurs semaines de progrès constants au cours desquelles deux douzaines de villages ont été repris aux djihadistes qui dirigeaient la région d’Idleb.

 

Sud-est d’Idleb. Le 28 janvier 2020 – Agrandir

 

Venant de l’est, l’armée syrienne a traversé l’autoroute M5 au nord et au sud de la ville en un mouvement de pince. Les djihadistes qui tenaient la ville ont fui vers l’ouest en direction de Kafranabel et Al Barah sur les seules routes qui restaient pour sortir.

La ville elle-même a été prise sans combat.

La carte ci-dessus ne reflète pas encore cette dernière évolution. Les photos prises par un photographe russe montrent les troupes syriennes à l’intérieur de la ville. La campagne de bombardement qui a précédé l’attaque a causé d’importants dégâts dans la ville.

 

Selon un producteur de la BBC en Syrie, les djihadistes ont confirmé la prise de contrôle :

Riam Dalati @Dalatrm - 14:36 – 28 Janvier 2020

#Les comptes des rebelles syriens semblent confirmer le récit pro-régime de la prise de contrôle 
de MaaratalNuman. "Cher Dieu, nous plaçons Maarat sous votre garde. S'il vous plaît, préservez-le
avec soin". Une répétition de la prise de #KhanSheikhoun quand #HTS avait évacué pendant la nuit
par une brèche intentionnelle de la #SAA.

Le mouvement coupe un point d’observation turc au sud de Maarat al Nunman. C’est le troisième point de ce type qui est maintenant entouré par les forces gouvernementales syriennes.

Plus tôt dans la journée, un convoi d’une trentaine de véhicules turcs était entré dans le gouvernorat d’Idleb en provenance de Turquie. Ils devraient ériger un nouveau point d’observation près de Saraqib où les autoroutes M4 et M5 se rejoignent. Saraqib sera la prochaine cible de la campagne de l’armée syrienne.

Cette avance intervient alors que le gouvernement turc engage des djihadistes d’Idleb pour les envoyer en Libye comme mercenaires au côté du soi-disant gouvernement d’entente nationale à Tripoli.

Au moins 2 000 hommes y ont déjà été déployées et le nombre total devrait atteindre au moins 6 000.

Il s’agit là d’une réduction significative des forces auxquelles l’armée syrienne devra faire face dans le cadre de sa campagne pour récupérer le gouvernorat d’Idleb.

Entre-temps, la crise bancaire au Liban a frappé très durement l’économie syrienne.

La livre syrienne s’est encore dévaluée au cours du mois dernier et les importations sont devenues presque inabordables.

Ces difficultés économiques obligent la Syrie à trouver un accord avec son voisin, la Turquie. La Turquie a soutenu la rébellion djihadiste en Syrie depuis le tout début et elle occupe plusieurs régions du nord de la Syrie. La Russie a fait pression sur les deux pays pour qu’ils trouvent un accord et mettent fin à la guerre :

L'intensification des efforts russes s'est finalement traduit par un dialogue direct de haut
niveau entre les deux parties lorsque le chef des services de renseignement turcs, Hakan Fidan,
et son homologue syrien, le général Ali Mamlouk, se sont rencontrés à Moscou le 13 janvier.
Malgré des contacts discrets, cette rencontre en face à face est la première réunion de haut niveau
entre les deux parties depuis 2011. Consciente du fait que la crise syrienne ne peut être réglée sans établir des ponts, la Russie
fait pression pour rétablir les liens sur la base de l'accord d'Adana de 1998, qui prévoit une
coopération renforcée en matière de sécurité contre les organisations terroristes.
Les deux maîtres de l'espionnage se seraient mis d'accord sur une feuille de route en neuf points
pour faire avancer le dialogue, dont un objectif de coopération contre le terrorisme, selon des
rapports turcs.

Pour la Turquie, le terrorisme désigne les Kurdes du PKK/YPG en Syrie qui combattent également les forces turques en Turquie et en Irak. Dans l’est de la Syrie, les Kurdes coopèrent avec les troupes américaines qui occupent les ressources pétrolières syriennes. La Turquie veut que la Syrie désarme au moins les Kurdes.

Les Kurdes utilisent cependant leurs relations avec les États-Unis pour demander l’autonomie et pour empêcher tout accord avec le gouvernement syrien.

Ni Ankara ni Damas ne semblent encore prêtes à faire la paix.

Mais les deux pays ont des problèmes économiques et devront trouver une solution. Il y a encore 10 000 djihadistes dans le gouvernorat d’Idleb dont le sort doit être réglé.

Aucun des deux pays ne veut de ces gens.

L’exportation de ces djihadistes vers la Libye, dont la Turquie est à l’origine, laisse entrevoir une solution assez peu conventionnelle à ce problème.

Les États-Unis n’ont toujours pas renoncé à leurs efforts pour renverser le gouvernement syrien par de nouvelles sanctions économiques. Ils font également pression sur l’Irak pour que leurs troupes puissent rester dans le pays.

Après l’assassinat par les États-Unis du général iranien Soleimani et du chef du PMU irakien al-Muhandis, leur position en Irak est gravement menacée.

Si les États-Unis étaient contraints de quitter l’Irak, ils devraient également abandonner leur emprise sur le pétrole syrien.

Pour éviter cela, les États-Unis ont réactivé leur ancien plan de division de l’Irak en trois États :

Il y a neuf mois, un groupe de politiciens et d'hommes d'affaires irakiens des provinces d'Anbar,
de Salah al-Din et de Ninive ont été invités à la résidence privée de l'ambassadeur saoudien en
Jordanie à Amman. Leur hôte était le ministre saoudien des affaires du Golfe, Thamer bin Sabhan al-Sabhan, l'homme
de confiance du prince héritier Mohammed bin Salman pour la région. On ne sait pas si Mohammed al-Halbousi, le président du parlement, ayant des liens à la fois avec
l'Iran et l'Arabie Saoudite, a assisté à la conférence secrète d'Amman, mais on dit qu'il a été
informé des détails. A l'ordre du jour figurait un plan visant à faire pression pour une région autonome sunnite,
semblable au Kurdistan irakien. Le plan n'est pas nouveau. C’est une idée avec laquelle les États-Unis ont longtemps joué, mais
comme ils se battent pour maintenir l'Irak dans leur sphère d'influence, elle a trouvé un nouveau
souffle pendant que l'Arabie Saoudite et l'Iran se disputent l'influence et la domination de la
région.
La région d'Anbar représente 31 % de la superficie de l'État irakien. Elle possède d'importantes
réserves inexploitées de pétrole, de gaz et de minéraux. Elle a une frontière commune avec la Syrie. Si les troupes américaines devaient effectivement être forcées par le prochain gouvernement
irakien à quitter le pays, elles devraient également quitter les champs pétrolifères du nord de la
Syrie car c'est de l'Anbar que les fournitures arrivent. Anbar héberge quatre bases militaires
américaines. La province occidentale est en grande partie désertique, peuplée d'à peine plus de deux millions
d'habitants. En tant que région autonome, elle aurait besoin de main-d'œuvre. Celle-ci, a-t-on dit
à la réunion, pourrait provenir de réfugiés palestiniens et s'inscrirait donc parfaitement dans
le plan de Donald Trump, dit "l’Accord du siècle", qui vise à débarrasser Israël de son problème
de réfugiés palestiniens. Anbar est presque entièrement sunnite, mais Salah al-Din et Ninive ne le sont pas. Si l'idée
fonctionnait à Anbar, d'autres provinces dominées par les sunnites suivraient.

Au moins trois grandes réunions ont déjà eu lieu à propos de ce plan, la dernière aux Émirats arabes unis.

Le calendrier indique que le plan a été initié lorsque John Bolton, en tant que conseiller à la sécurité nationale de Trump, était encore en poste.

 

Diviser l’Irak en trois États que les États-Unis contrôleraient est un vieux rêve néoconservateur.

 

Agr andir

 

Au plus fort de la guerre en Irak, Joe Biden l’avait publiquement soutenu.

Le plan initial a échoué lorsqu’en 2006 le Hezbollah a contré l’attaque israélienne sur le Liban et que la résistance irakienne a écrasé les forces d’occupation américaines.

Je doute fort que le plan puisse être réalisé tant que le gouvernement de Bagdad est soutenu par une majorité de chiites. Bagdad comme Téhéran feront tout pour empêcher un tel plan.

Après le meurtre de Soleimani, l’Iran a tiré des missiles balistiques bien guidés contre les forces américaines sur la base aérienne d’Ain al Assad à l’ouest de Ramadi dans la province d’Anbar et contre l’aéroport d’Erbil dans la région kurde. Ce sont exactement les bases dont les États-Unis veulent garder le contrôle.

Les missiles ont démontré que les États-Unis devraient mener une toute nouvelle guerre pour mettre en œuvre et protéger leur plan.

 

Du point de vue de la Résistance, ce nouveau plan n’est qu’une nouvelle tentative des États-Unis pour diriger la région après l’échec de ses nombreuses tentatives précédentes.

 

Par Moon of Alabama

Source et Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

 

25/01/2020

À JÉRUSALEM, MACRON JOUE LES GROS BRAS ! ALORS QU'EN RÉLITÉ ......

TRIBUNE LIBRE !
 
Publié par Eber Haddad le 25 janvier 202

Après l’épisode électoral bien orchestré de Jérusalem, des informations remontent, jamais publiées par les médias français.

Le site Algemeiner rapporte que « le président français Macron a été filmé en train de crier sur les gardes de sécurité israéliens à l’entrée d’une église dans la vieille ville de Jérusalem mercredi, mais selon un nouveau rapport, Macron est en fait dépendant d’un système de défense israélien. »

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L’avion de Macron, qui a joué les gros bras à Jérusalem en gueulant avec les policiers israéliens en anglais, avec un accent mieux compris à La Courneuve que dans le Devonshire, parce que ça n’a aucun risque et que ça peut rapporter gros en voix électorales, est protégé par un système antimissile israélien, le plus performant au monde. Nul doute qu’il n’essayera certainement pas de s’en séparer…

Ce système antimissile a été développé par la société Elbit Systems. Plus connu sous le nom de DIRCM (Directional Infrared Counter Measures) est un système à laser utilisant des rayons qui brouillent les logiciels des missiles sol-air.

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eber Haddad

 

 

24/01/2020

OPÉRATION BARKHANE ENCORE DEUX SOLDATS BLÉSSÉS..........

Des soldats français dans le nord du Mali le 22 avril 2019.
Des soldats français dans le nord du Mali le 22 avril 2019. — GEAI LAURENCE/SIPA

Mali: Deux soldats français blessés dans une attaque djihadiste

EXPLOSION Au moins sept soldats maliens ont été tués dans une autre attaque près de la frontière avec le Burkina Faso

 

La situation est toujours très difficile pour les militaires au Mali.

Deux soldats français de l’opération antidjihadiste Barkhane ont été blessés lors de l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED) au passage de leur camion ravitailleur dans la région de Tombouctou, dans le nord du pays.

Cette attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), organisation djihadiste liée à Al-Qaida.

 

Leur pronostic vital n’est pas engagé

L’explosion de l’IED a provoqué un départ d’incendie au niveau de la cabine du véhicule CaRaPACE (Camion Ravitailleur Pétrolier de l’Avant à Capacité Étendue), rapidement maîtrisé.

« Les deux soldats qui s’y trouvaient ont pu quitter le véhicule pour se mettre en sécurité. Blessés, leur pronostic vital n’est pas engagé », a détaillé jeudi soir l’état-major français.

Les deux militaires français « ont été évacués par hélicoptère et vont être rapatriés en France dans les heures prochaines », a souligné l’armée, en précisant que « l’impact de l’explosion a été atténué par le blindage de la cabine » de ce super poids lourd, dont le premier exemplaire a été déployé au Sahel à l’été 2018.

 

Les attaques de djihadistes sont récurrentes dans cette région.

Peu avant celle contre les Français, au moins sept soldats maliens ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’attaque de leur poste dans le centre du pays en guerre, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Le bilan de cet assaut contre le poste de Dioungani est encore provisoire, a souligné le gouvernement qui a fait aussi état de blessés, sans en préciser le nombre.

4.000 morts en 2019

Le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq depuis 2016 au Mali, Burkina et Niger pour atteindre environ 4.000 morts en 2019 selon l’ONU. Le conflit au Sahel a fait des centaines de milliers de déplacés.

L’état-major français a cependant indiqué jeudi que la force Barkhane avait mis « hors de combat » plus d’une trentaine de djihadistes dans le centre du Mali ces deux dernières semaines.

Cinq autres ont été tués dimanche dans une frappe de drone non loin de la frontière nigérienne.

 

Source:   https://actualite.20minutes.fr/monde/2702415-20200124-mali-deux-soldats-francais-blesses-attaque-djihadiste#xtor=EREC-182-[actualite]

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17/01/2020

CES HARKIS AFGHANS QU' ON ABANDONNE .........

Ces harkis Afghans qu’on abandonne « L’avenir, c’est la trahison des promesses » (Daniel PENNAC)

 

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, une opération de l’OTAN fut lancée en Afghanistan dans le but « d’éradiquer le terrorisme ».

La France en fit partie et envoya en 13 ans plus de 70 000 soldats dont 90 perdirent la vie.

L’objectif avoué était d’éliminer Ben Laden, chasser les talibans de Kaboul, détruire les camps d’entraînement d’Al Qaïda et reconstituer une armée afghane.

 

Dans cette optique, la France fit appel à des centaines d’interprètes indispensables dans la conquête du terrain, la négociation avec les chefs de tribus et l’interrogatoire des prisonniers islamistes.

Ils étaient, en outre, chargés de mettre en place des barrages sur les routes, d’entrer dans les maisons des villageois, de leur demander de sortir avant que les forces françaises procèdent à des fouilles. « Les Français ne connaissent pas la culture afghane.

C’était donc à l’interprète afghan d’entrer et d’avertir les occupants, surtout les femmes », explique l’un d’eux.

Pour la plupart, ces traducteurs étaient des jeunes, éduqués, issus de la classe moyenne-supérieure que les militaires français étaient allés chercher directement dans le lycée français de Kaboul ou dans les universités.

 

Quand les soldats du dispositif international quittèrent définitivement l’Afghanistan (les Français ont entamé leur retrait graduel en 2012 pour l’achever en décembre 2014), ils laissèrent derrière eux non seulement une tragique incertitude sur l’avenir du pays, mais aussi des milliers d’Afghans très inquiets pour leur propre avenir, pour leur propre vie : les interprètes… estimés à 700 quant à la partie française.

 

Pour l’armée française, la question de l’avenir de ces traducteurs était d’autant plus sensible que notre histoire militaire reste marquée à jamais par la répudiation puis le massacre de milliers de harkis en Algérie. Qu’allait décider le gouvernement français face à une situation qui n’était rien d’autre que le prolongement historique de l’abandon de ces Musulmans fidèles à la France ?

 

La réponse est cruelle ! Ces traducteurs allaient –comme les harkis- être abandonnés et livrés avec leur famille à la vindicte des talibans. « On a partagé les risques avec les militaires français, on se sent frères d’armes avec eux et aujourd’hui, ils nous laissent tomber ».

 

Ce fut le cri de détresse lancé par ces hommes ! « L'histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète » disait Paul Morand. Rien n’est plus vrai ! Des voix (notamment parmi les militaires) s’élevant pour dénoncer la gravité de la situation, Emmanuel Macron, dans une vidéo de février 2017 lors de la campagne présidentielle, eut des mots forts.

 

Comparant la situation de ces anciens interprètes de l'armée française à celle des harkis, il évoquait la « trahison » de la France envers ceux qui l'avaient servie et expliquait alors : « Nous avons commis une faute comparable avec nos interprètes afghans »… sans pour autant, une fois élu, entreprendre quoi que ce soit pour leur venir en aide.

 

Dès le départ des forces occidentales d’Afghanistan, les interprètes reçurent des menaces de mort souvent suivies d’effets… En effet, ces hommes étaient perçus comme des traîtres par les talibans qui les accusaient d’avoir « collaboré avec l’ennemi ».

Leurs vies et celles de leurs familles étaient désormais en danger.

On se souvient, entre autres, de ce traducteur opérant pour les Américains, décapité et dont la vidéo fut diffusée sur les réseaux sociaux… Tous sollicitèrent les nations avec lesquelles ils avaient collaboré et demandèrent un visa leur permettant d’obtenir l’asile politique…

Seuls, quelques-uns eurent satisfaction.

Parmi eux, un homme de 33 ans, marié et père de trois petits garçons : Qader Daoudzai. Cet ancien interprète afghan qui avait affronté les talibans au côté des soldats américains, avait rejoint entre 2010 et 2012 les forces françaises en Afghanistan.

Au départ de ces dernières, comme ses collègues, il se savait menacé par les islamistes et, dans une lettre adressée au Parlement français, avait demandé un visa pour venir en France, ajoutant : « J'aimerais aussi dire que depuis que les forces françaises ont quitté l'Afghanistan, nous n'avons reçu aucune aide de leur part, ils nous ont complètement oubliés, ils n'en ont rien à faire de nos vies maintenant »…

La réponse lui parvint en 2015… cinglante… inhumaine : Refusé !... sans la moindre explication… Réponse aux antipodes de l’assertion de Caroline Decroix, vice-présidente de l'Association des anciens interprètes afghans de l'armée française, « En France, les anciens auxiliaires afghans de l'armée française qui ont déposé une demande d'asile ont tous obtenu le statut de réfugié »

 

. En vérité, seule, une centaine d’entre-eux ont obtenu un visa pour la France. « À partir de maintenant, je suis mort ! » confia à ses proches Qader Daoudzai, quand il eut connaissance de ce rejet. Le 20 octobre 2018, jour des élections législatives, un attentat-suicide dans un bureau de vote à Kaboul coûta la vie à 78 Afghans.

 

Parmi les débris humains, on identifia Qader Daoudzai, déchiqueté par la bombe. La « justice » des talibans était passée par là !

José CASTANO -o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o- http://www.secoursdefrance.com/wp-content/uploads/2016/12/header_nl.jpg Sauver de la mort ces nouveaux Harkis : les interprètes afghans de l’armée française

 

Pour lire la suite : Cliquez sur ces trois liens :

· Sauver les interprètes afghans ·

Action en faveur des interprètes afghans ·

Nos interprètes Afghans, les nouveaux oubliés de la France

 

Site : www.secoursdefrance.com – Courriel : contact@secoursdefrance.com

14/01/2020

COLONISATION : SI ON DISAIT LA VÉRITÉ ........

lundi 13 janvier 2020

 

Quand Arte apporte sa pierre à l’escroquerie historique de la « légende noire » de la colonisation

La chaîne Arte vient de se surpasser dans le commerce de l’insupportable escroquerie historique qu’est la « légende noire » de la colonisation.

Or, le bilan colonial ne pourra jamais être fait avec des invectives, des raccourcis, des manipulations et des mensonges.

 

Regardons la réalité bien en face : la colonisation ne fut qu’une brève parenthèse dans la longue histoire de l’Afrique. Jusque dans les années 1880, et cela à l’exception de l’Algérie, du Cap de Bonne Espérance et de quelques comptoirs littoraux, les Européens s’étaient en effet tenus à l’écart du continent africain. Le mouvement des indépendances ayant débuté durant la décennie 1950, le XXe siècle a donc connu à la fois la colonisation et la décolonisation.

Quel bilan honnête est-il possible de faire de cette brève période qui ne fut qu’un éclair dans la longue histoire de l’Afrique ? Mes arguments sont connus car je les expose depuis plusieurs décennies dans mes livres, notamment dans Osons dire la vérité à l’AfriqueJ’en résume une partie dans ce communiqué.

 

1) Les aspects positifs de la colonisation pour les Africains

 

La colonisation apporta la paix

 

Durant un demi-siècle, les Africains apprirent à ne plus avoir peur du village voisin ou des razzias esclavagistes. Pour les peuples dominés ou menacés, ce fut une véritable libération.

Dans toute l’Afrique australe, les peuples furent libérés de l’expansionnisme des Zulu, dans tout le Sahel, les sédentaires furent libérés de la tenaille prédatrice Touareg-Peul, dans la région tchadienne, les sédentaires furent débarrassés des razzias arabo-musulmanes, dans l’immense Nigeria, la prédation nordiste ne s’exerça plus aux dépens des Ibo et des Yoruba, cependant que dans l’actuelle Centrafrique, les raids à esclaves venus du Soudan cessèrent etc.

A l’évidence, et à moins d’être d’une totale mauvaise foi, les malheureuses populations de ces régions furent clairement plus en sécurité à l’époque coloniale qu’aujourd’hui…

 

La colonisation n’a pas pillé l’Afrique

 

Durant ses quelques décennies d’existence la colonisation n’a pas pillé l’Afrique. La France s’y est même épuisée en y construisant 50.000 km de routes bitumées, 215.000 km de pistes toutes saisons, 18.000 km de voies ferrées, 63 ports équipés, 196 aérodromes, 2000 dispensaires équipés, 600 maternités, 220 hôpitaux dans lesquels les soins et les médicaments étaient gratuits.

En 1960, 3,8 millions d’enfants étaient scolarisés et dans la seule Afrique noire, 16.000 écoles primaires et 350 écoles secondaires collèges ou lycées fonctionnaient. En 1960 toujours 28.000 enseignants français, soit le huitième de tout le corps enseignant français exerçaient sur le continent africain.

 

Pour la seule décennie 1946 à 1956, la France a, en dépenses d’infrastructures, dépensé dans son Empire, donc en pure perte pour elle, 1400 milliards de l’époque. Cette somme considérable n’aurait-elle pas été plus utile si elle avait été investie en métropole ? En 1956, l’éditorialiste Raymond Cartier avait d’ailleurs écrit à ce sujet : 

 

« La Hollande a perdu ses Indes orientales dans les pires conditions et il a suffi de quelques années pour qu'elle connaisse plus d'activité et de bien-être qu’autrefois.

Elle ne serait peut-être pas dans la même situation si, au lieu d’assécher son Zuyderzee et de moderniser ses usines, elle avait dû construire des chemins de fer à Java, couvrir Sumatra de barrages, subventionner les clous de girofle des Moluques et payer des allocations familiales aux polygames de Bornéo. »

 

Et Raymond Cartier de se demander s’il n’aurait pas mieux valu « construire à Nevers l’hôpital de Lomé et à Tarbes le lycée de Bobo-Dioulasso ».

 

Jacques Marseille[1] a quant à lui définitivement démontré quant à lui que l’Empire fut une ruine pour la France.

L’Etat français dût en effet se substituer au capitalisme qui s’en était détourné et s’épuisa à y construire ponts, routes, ports, écoles, hôpitaux et à y subventionner des cultures dont les productions lui étaient vendues en moyenne 25% au-dessus des cours mondiaux.

Ainsi, entre 1954 et 1956, sur un total de 360 milliards de ff d’importations coloniales, le surcoût pour la France fut de plus de 50 milliards.

Plus encore, à l’exception des phosphates du Maroc, des charbonnages du Tonkin et de quelques productions sectorielles, l’Empire ne fournissait rien de rare à la France.

C’est ainsi qu’en 1958, 22% de toutes les importations coloniales françaises étaient constituées par le vin algérien qui était d’ailleurs payé 35 ff le litre alors qu’à qualité égale le vin espagnol ou portugais était à19 ff.

Quant au seul soutien des cours des productions coloniales, il coûta à la France 60 milliards par an de 1956 à 1960.

 

Durant la période coloniale, les Africains vivaient en paix

 

Dans la décennie 1950, à la veille des indépendances, à l’exception de quelques foyers localisés (Madagascar, Mau-Mau, Cameroun) l’Afrique sud-saharienne était un havre de paix.

Le monde en perdition était alors l’Asie qui paraissait condamnée par de terrifiantes famines et de sanglants conflits : guerre civile chinoise, guerres de Corée, guerres d’Indochine et guerres indo-pakistanaises.

En comparaison, durant la décennie 1950-1960, les habitants de l'Afrique mangeaient à leur faim, étaient gratuitement soignés et pouvaient se déplacer le long de routes ou de pistes entretenues sans risquer de se faire attaquer et rançonner.

 

Soixante-dix ans plus tard, le contraste est saisissant: du nord au sud et de l'est à l'ouest, le continent africain est meurtri :

 

- Dans le cône austral, ce qui fut la puissante Afrique du Sud sombre lentement dans un chaos social duquel émergent encore quelques secteurs ultra-performants cependant que la criminalité réduit peu à peu à néant la fiction du "vivre ensemble".

- De l'atlantique à l'océan indien, toute la bande sahélienne est enflammée par un mouvement à la fois fondamentaliste et mafieux dont les ancrages se situent au Mali, dans le nord du Nigeria et en Somalie.

- Plus au sud, la Centrafrique a explosé cependant que l'immense RDC voit ses provinces orientales mises en coupe réglée par les supplétifs de Kigali ou de Kampala.

 

Si nous évacuons les clichés véhiculés par les butors de la sous-culture journalistique, la réalité est que l’Afrique n’a fait que renouer avec sa longue durée historique précoloniale. En effet, au XIX° siècle, avant la colonisation, le continent était déjà confronté à des guerres d’extermination à l’est, au sud, au centre, à l’ouest. Et, redisons-le en dépit des anathèmes, ce fut la colonisation qui y mit un terme.

 

Aujourd’hui, humainement, le désastre est total avec des dizaines de milliers de boat people qui se livrent au bon vouloir de gangs qui les lancent dans de mortelles traversées en direction de la "terre promise" européenne.

Les crises alimentaires sont permanentes, les infrastructures de santé ont disparu comme l'a montré la tragédie d'Ebola en Afrique de l'Ouest ou la flambée de peste à Madagascar, l'insécurité est généralisée et la pauvreté atteint des niveaux sidérants.

 

Economiquement, et à l’exception d’enclaves dévolues à l’exportation de ressources minières confiées à des sociétés transnationales sans lien avec l’économie locale, l’Afrique est aujourd’hui largement en dehors du commerce, donc de l’économie mondiale, à telle enseigne que sur 52 pays africains, 40 ne vivent aujourd’hui que de la charité internationale

 

2) Les conséquences négatives de la colonisation

 

La colonisation a déstabilisé les équilibres démographiques africains

 

La colonisation a mis un terme aux famines et aux grandes endémies. Résultat du dévouement de la médecine coloniale, la population africaine a été multipliée par 8, une catastrophe dont l’Afrique aura du mal à se relever.

En effet, le continent africain qui était un monde de basses pressions démographiques n’a pas su « digérer » la nouveauté historique qu’est la surpopulation avec toutes ses conséquences : destruction du milieu donc changements climatiques, accentuation des oppositions entre pasteurs et sédentaires, exode rural et développement de villes aussi artificielles que tentaculaires, etc.


La colonisation a donné le pouvoir aux vaincus de l’histoire africaine

 

En sauvant les dominés et en abaissant les dominants, la colonisation a bouleversé les rapports ethno-politiques africains. Pour établir la paix, il lui a en effet fallu casser les résistances des peuples moteurs ou acteurs de l’histoire africaine.

Ce faisant, la colonisation s’est essentiellement faite au profit des vaincus de la « longue durée » africaine venus aux colonisateurs, trop heureux d’échapper à leurs maîtres noirs.

Ils furent soignés, nourris, éduqués et évangélisés. Mais, pour les sauver, la colonisation bouleversa les équilibres séculaires africains car il lui fallut casser des empires et des royaumes qui étaient peut-être des « Prusse potentielles ».

 

La décolonisation s’est faite trop vite

 

Ne craignons pas de le dire, la décolonisation qui fut imposée par le tandem Etats-Unis-Union Soviétique, s’est faite dans la précipitation et alors que les puissances coloniales n'avaient pas achevé leur entreprise de « modernisation ».

Résultat, des Etats artificiels et sans tradition politique ont été offerts à des « nomenklatura » prédatrices qui ont détourné avec régularité tant les ressources nationales que les aides internationale. Appuyées sur l’ethno-mathématique électorale qui donne automatiquement le pouvoir aux peuples dont les femmes ont eu les ventres les plus féconds, elles ont succédé aux colonisateurs, mais sans le philanthropisme de ces derniers…

 

Les vraies victimes de la colonisation sont les Européens

Les anciens colonisateurs n’en finissent plus de devenir « la colonie de leurs colonies » comme le disait si justement Edouard Herriot.

L’Europe qui a eu une remarquable stabilité ethnique depuis plus de 20.000 ans est en effet actuellement confrontée à une exceptionnelle migration qui y a déjà changé la nature de tous les problèmes politiques, sociaux et religieux qui s’y posaient traditionnellement.

 

Or, l’actuelle politique de repeuplement de l’Europe est justifiée par ses concepteurs sur le mythe historique de la culpabilité coloniale. A cet égard, la chaîne Arte vient donc d’apporter sa pierre à cette gigantesque entreprise de destruction des racines ethniques de l’Europe qui porte en elle des événements qui seront telluriques.

Par Bernard Lugan

[1] Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, histoire d’un divorce. Paris, 1984. Dans ce livre Marseille évalue le vrai coût de l’Empire pour la France.

Publié par Administrateur 

 

 

 

ET AUSSI

dimanche 5 janvier 2020

 

Et si son intervention militaire en Libye était d’abord pour la Turquie un moyen de pression pour obtenir la révision du Traité de Lausanne qui fixa ses frontières maritimes en 1923 ?

 

Trois événements de grande importance rebattent le jeu géopolitique méditerranéen :

 

1) Le 7 novembre 2019, afin de contrôler le tracé du gazoduc EastMed par lequel se feront les futures exportations de gaz du gigantesque gisement de la Méditerranée orientale vers l’Italie et l’UE, la Turquie a signé avec le GUN (Gouvernement d’Union nationale libyen), l’un des deux gouvernements libyens, un accord redéfinissant les zones économiques exclusives (ZEE) des deux pays.

Conclu en violation du droit maritime international et aux dépens de la Grèce et de Chypre, cet accord trace aussi artificiellement qu’illégalement, une frontière maritime turco-libyenne au milieu de la Méditerranée.

 

2) La sauvegarde de cet accord passant par la survie militaire du GUN, le 2 janvier 2020, le Parlement turc a voté l’envoi de forces combattantes en Libye afin d’empêcher le général Haftar, chef de l’autre gouvernement libyen, de prendre Tripoli.

 

3) En réaction, toujours le 2 janvier, la Grèce, Chypre et Israël ont signé un accord concernant le tracé du futur gazoduc EastMed dont une partie du tracé a été placée unilatéralement en zone maritime turque par l’accord Turquie-GUN du 7 novembre 2019.

Ces évènements méritent des explications:

 

Pourquoi la Turquie a-t-elle décidé d’intervenir en Libye ?

 

La Libye fut une possession ottomane de 1551 à 1912, date à laquelle, acculée militairement, la Turquie signa le Traité de Lausanne-Ouchy par lequel elle cédait la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Dodécanèse à l’Italie (voir à ce sujet mes deux livres Histoire de la Libye  et Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours).

Depuis la fin du régime Kadhafi, la Turquie mène un très active politique dans son ancienne possession en s’appuyant sur la ville de Misrata.

A partir de cette dernière, elle alimente les groupes armés terroristes sahéliens afin d’exercer un chantage sur la France : « Vous aidez les Kurdes, alors nous soutenons les jihadistes que vous combattez  »…

A Tripoli, acculé militairement par les forces du général Haftar, le GUN a demandé à la Turquie d’intervenir pour le sauver.

Le président Erdogan a accepté en échange de la signature de l’accord maritime du 7 novembre 2019 qui lui permet, en augmentant la superficie de sa zone de souveraineté, de couper la zone maritime économique exclusive (ZEE) de la Grèce entre la Crête et Chypre, là où doit passer le futur gazoduc EastMed.

 

En quoi la question du gaz de la Méditerranée orientale et celle de l’intervention militaire turque en Libye sont-elles liées ?

 

En Méditerranée orientale, dans les eaux territoriales de l’Egypte, de Gaza, d’Israël, du Liban, de la Syrie et de Chypre, dort un colossal gisement gazier de 50 billions de m3 pour des réserves mondiales de 200 billions de m3 estimées. Plus des réserves pétrolières estimées à 1,7 milliards de barils de pétrole.

En dehors du fait qu’elle occupe illégalement une partie de l’île de Chypre, la Turquie n’a aucun droit territorial sur ce gaz, mais l’accord qu’elle a signé avec le GUN lui permet de couper l’axe du gazoduc EastMed venu de Chypre à destination de l’Italie puisqu’il passera par des eaux devenues unilatéralement turques…

Le président Erdogan a été clair à ce sujet en déclarant que tout futur pipeline ou gazoduc nécessitera un accord turc !!! Se comportant en « Etat pirate », la Turquie est désormais condamnée à s’engager militairement aux côtés du GUN car, si les forces du maréchal Haftar prenaient Tripoli, cet accord serait de fait caduc.

 

Comment réagissent les Etats spoliés par la décision turque ?

 

Face à cette agression, laquelle, en d’autres temps, aurait immanquablement débouché sur un conflit armé, le 2 janvier, la Grèce, Chypre et Israël ont signé à Athènes un accord sur le futur gazoduc EastMed, maillon important de l’approvisionnement énergétique de l’Europe.

L’Italie, point d’aboutissement du gazoduc devrait se joindre à cet accord.

De son côté, le maréchal Sissi a déclaré le 17 décembre 2019 que la crise libyenne relevait de « la sécurité nationale de l’Egypte » et, le 2 janvier, il a réuni le Conseil de sécurité nationale.

Pour l’Egypte, une intervention militaire turque qui donnerait la victoire au GUN sur le général Haftar représenterait en effet un danger politique mortel car les « Frères musulmans », ses implacables ennemis, seraient alors sur ses frontières. De plus, étant économiquement dans une situation désastreuse, l’Egypte, qui compte sur la mise en chantier du gazoduc à destination de l’Europe ne peut tolérer que ce projet, vital pour elle, soit remis en question par l’annexion maritime turque.

 

Quelle est l’attitude de la Russie ?

 

La Russie soutient certes le général Haftar, mais jusqu’à quel point ? Quatre grandes questions se posent en effet quant aux priorités géopolitiques russes :

 

1) La Russie a-t-elle intérêt à se brouiller avec la Turquie en s’opposant à son intervention en Libye au moment où Ankara s’éloigne encore un peu plus de l’OTAN ?

2) A-t-elle intérêt à voir la mise en service du gazoduc EastMed qui va fortement concurrencer ses propres ventes de gaz à l’Europe ?

3) Son intérêt n’est-il pas que la revendication turque gèle la réalisation de ce gazoduc, et cela, pour des années, voire des décennies, compte tenu des délais impartis aux cours internationales de justice ?

4) A-t-elle intérêt à affaiblir le partenariat qu’elle a établi avec la Turquie à travers le gazoduc Turkstream qui, via la mer Noire, contourne l’Ukraine et qui va prochainement être mis en service. ?

D’autant plus que 60% des besoins en gaz de la Turquie étant fournis par le gaz russe, si Ankara pouvait, d’une manière ou d’une autre profiter de celui de la Méditerranée orientale, cela lui permettrait d’être moins dépendante de la Russie…ce qui ne ferait guère les affaires de cette dernière…

 

Et si, finalement, tout n’était que gesticulation  de la part du président Erdogan afin d’imposer une renégociation du Traité de Lausanne de 1923 ?

 

La Turquie sait très bien que l’accord maritime passé avec le GUN est illégal au point de vue du droit maritime international car il viole la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) que la Turquie n’a pas signée.

Cet accord est également illégal au regard des Accords de Skrirat du mois de décembre 2015 signés sous les auspices des Nations Unies et qui constituèrent le GUN car ils ne donnent pas mandat à son chef, Fayez el-Sarraj, de conclure un tel arrangement frontalier. De plus, n’ayant que le Qatar pour allié, la Turquie se trouve totalement isolée diplomatiquement.

Conscient de ces réalités, et misant à la fois sur l’habituelle lâcheté des Européens et sur l’inconsistance de l’OTAN effectivement en état de « mort cérébrale », le président Erdogan est soit un inconscient jouant avec des bâtons de dynamite soit, tout au contraire, un calculateur habile avançant ses pions sur le fil du rasoir.

Si la seconde hypothèse était la bonne, le but de la Turquie serait donc de faire monter la pression afin de faire comprendre aux pays qui attendent avec impatience les retombées économiques de la mise en service du futur gazoduc EastMed, qu’elle peut bloquer le projet.

A moins que l’espace maritime turc soit étendu afin de lui permettre d’être partie prenante à l’exploitation des richesses du sous-sol maritime de la Méditerranée orientale. Or, pour cela, il conviendrait de réviser certains articles du Traité de Lausanne de 1923, politique qui a déjà connu un début de réalisation en 1974 avec l’occupation militaire, elle aussi illégale, mais effective, de la partie nord de l’île de Chypre.

 

Source:    https://bernardlugan.blogspot.com/

Le pari est risqué car la Grèce, membre de l’OTAN et de l’UE et Chypre, membre de l’UE, ne semblent pas disposées à céder au chantage turc. Quant à l’UE, en dépit de sa congénitale indécision, il est douteux qu’elle acceptera de laisser à la Turquie le contrôle de deux des principaux robinets de son approvisionnement en gaz, à savoir l’EastMed et le Turkstream.

08/01/2020

TURQUIE / LIBYE ET PÉTROLE ! COMMUNIQUÉ DE BERNARD LUGAN !

mercredi, 08 janvier 2020

Et si son intervention militaire en Libye était d’abord pour la Turquie un moyen de pression pour obtenir la révision du Traité de Lausanne qui fixa ses frontières maritimes en 1923 ?

LUGAN B 1.jpgCommuniqué

de Bernard Lugan 

 

 

Trois événements de grande importance rebattent le jeu géopolitique méditerranéen :

1) Le 7 novembre 2019, afin de contrôler le tracé du gazoduc EastMed par lequel se feront les futures exportations de gaz du gigantesque gisement de la Méditerranée orientale vers l’Italie et l’UE, la Turquie a signé avec le GUN (Gouvernement d’Union nationale libyen), l’un des deux gouvernements libyens, un accord redéfinissant  les zones économiques exclusives (ZEE) des deux pays.
Conclu en violation du droit maritime international et aux dépens de la Grèce et de Chypre, cet accord trace aussi artificiellement qu’illégalement, une frontière maritime turco-libyenne au milieu de la Méditerranée.
 
2) La sauvegarde de cet accord passant par la survie militaire du GUN, le 2 janvier 2020, le Parlement turc a voté l’envoi de forces combattantes en Libye afin d’empêcher le général Haftar, chef de l’autre gouvernement libyen, de prendre Tripoli.
 
3) En réaction, toujours le 2 janvier, la Grèce, Chypre et Israël  ont signé un accord concernant le tracé du futur gazoduc EastMed dont une partie du tracé a été placée unilatéralement en zone maritime turque par l’accord Turquie-GUN du 7 novembre 2019.
 
Ces évènements  méritent des explications:
 
 
Pourquoi la Turquie a-t-elle décidé d’intervenir en Libye ?
 
La Libye fut une possession ottomane de 1551 à 1912, date à laquelle, acculée militairement, la Turquie signa le Traité de Lausanne-Ouchy par lequel elle cédait la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Dodécanèse à l’Italie (voir à ce sujet mes deux livres Histoire de la Libye  et Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours).
 
Depuis la fin du régime Kadhafi, la Turquie  mène un très active politique dans son ancienne possession en s’appuyant sur la ville de Misrata. 
A partir de cette dernière, elle alimente les groupes armés terroristes sahéliens afin d’exercer un chantage sur la France : « Vous aidez les Kurdes, alors nous soutenons les jihadistes que vous combattez   »…
 
A Tripoli, acculé militairement par les forces du général Haftar, le GUN  a demandé à la Turquie d’intervenir pour le sauver.
Le président Erdogan a accepté en échange de la signature de l’accord maritime du 7 novembre 2019 qui lui permet, en augmentant la superficie de sa zone de souveraineté, de couper la zone maritime économique exclusive (ZEE) de la Grèce entre la Crête et Chypre, là où doit passer le futur gazoduc EastMed.
 

En quoi la question du gaz de la Méditerranée orientale et celle de l’intervention militaire turque en Libye sont-elles liées ?
 
En Méditerranée orientale, dans les eaux territoriales de l’Egypte, de Gaza, d’Israël, du Liban, de la Syrie et de Chypre, dort un colossal gisement gazier de 50 billions de m3 pour des réserves mondiales de 200 billions de m3 estimées. Plus des réserves pétrolières estimées à 1,7 milliards de barils de pétrole.
 
En dehors du fait qu’elle occupe illégalement une partie de l’île de Chypre, la Turquie n’a aucun droit territorial sur ce gaz, mais l’accord qu’elle a signé avec le GUN lui permet de couper l’axe du gazoduc EastMed venu de Chypre à destination de l’Italie puisqu’il passera par des eaux devenues unilatéralement turques…
 
Le président Erdogan a été clair à ce sujet en déclarant que tout futur pipeline ou gazoduc nécessitera un accord turc !!!
Se comportant en « Etat pirate », la Turquie est désormais condamnée à s’engager militairement aux côtés du GUN car, si les forces du maréchal Haftar prenaient Tripoli, cet accord serait de fait caduc.
 
 
Comment réagissent les Etats spoliés par la décision turque ?
 
Face à cette agression, laquelle, en d’autres temps, aurait immanquablement débouché sur un conflit armé, le 2 janvier, la Grèce, Chypre et Israël  ont signé à Athènes un accord sur le futur gazoduc EastMed, maillon important de l’approvisionnement énergétique de l’Europe.
 
L’Italie, point d’aboutissement du gazoduc devrait se joindre à cet accord.
 
De son côté, le maréchal Sissi a déclaré le 17 décembre 2019 que la crise libyenne relevait de « la sécurité nationale de l’Egypte » et, le 2 janvier, il a réuni le Conseil de sécurité nationale.
 
Pour l’Egypte, une intervention militaire turque qui donnerait la victoire au GUN sur le général Haftar représenterait en effet un danger politique mortel car les « Frères musulmans », ses implacables ennemis, seraient alors sur ses frontières.
 
De plus, étant économiquement dans une situation désastreuse, l’Egypte, qui compte sur la mise en chantier du gazoduc à destination de l’Europe ne peut tolérer que ce projet, vital pour elle, soit remis en question par l’annexion maritime turque.
 
 
Quelle est l’attitude de la Russie ?
 
La Russie soutient certes le général Haftar, mais jusqu’à quel point ? Quatre grandes questions se posent en effet quant aux priorités géopolitiques russes :
 
1) La Russie a-t-elle intérêt à se brouiller avec la Turquie en s’opposant à son intervention en Libye au moment où Ankara s’éloigne encore un peu plus  de l’OTAN ?
 
2) A-t-elle intérêt à voir la mise en service du gazoduc EastMed qui va fortement concurrencer ses propres ventes de gaz à  l’Europe ?
 
3) Son intérêt n’est-il pas que la revendication turque gèle la réalisation de ce gazoduc, et cela, pour des années, voire des décennies, compte tenu des délais impartis aux cours internationales de justice ?
 
4) A-t-elle intérêt à affaiblir le partenariat qu’elle a établi avec la Turquie à travers le gazoduc Turkstream qui, via la mer Noire, contourne l’Ukraine et qui va prochainement être mis en service. ?
 
D’autant plus que 60% des besoins en gaz de la Turquie étant fournis par le gaz russe, si Ankara pouvait, d’une manière ou d’une autre profiter de celui de la Méditerranée orientale, cela lui permettrait d’être moins dépendante de la Russie…ce qui ne ferait guère les affaires de cette dernière…
 
 
Et si, finalement, tout n’était que gesticulation  de la part du président Erdogan afin d’imposer une renégociation du Traité de Lausanne de 1923 ?
 
La Turquie sait très bien que l’accord maritime passé avec le GUN est illégal au point de vue du droit maritime international car il viole la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) que la Turquie n’a pas signée.
Cet accord est également illégal au regard des Accords de Skrirat du mois de décembre 2015 signés sous les auspices des Nations Unies et qui constituèrent le GUN car ils ne donnent pas mandat à son chef, Fayez el-Sarraj, de conclure un tel arrangement frontalier. De plus, n’ayant que le Qatar pour allié, la Turquie se trouve totalement isolée diplomatiquement.
 
Conscient de ces réalités, et misant à la fois sur l’habituelle lâcheté des Européens et sur l’inconsistance de l’OTAN effectivement en état de « mort cérébrale », le président Erdogan est soit un inconscient  jouant avec des bâtons de dynamite soit, tout au contraire, un calculateur habile avançant ses pions sur le fil du rasoir.
 
Si la seconde hypothèse était la bonne, le but de la Turquie serait donc de faire monter la pression afin de faire comprendre aux pays qui attendent avec impatience les retombées économiques de la mise en service du futur gazoduc EastMed, qu’elle peut bloquer le projet.
 
A moins que l’espace maritime turc soit étendu afin de lui permettre d’être partie prenante à l’exploitation des richesses du sous-sol maritime de la Méditerranée orientale.
 
Or, pour cela, il conviendrait de réviser certains articles du Traité de Lausanne de 1923, politique qui a déjà connu un début de réalisation en 1974 avec l’occupation militaire, elle aussi illégale, mais effective, de la partie nord de l’île de Chypre.
 
Le pari est risqué car la Grèce, membre de l’OTAN et de l’UE et Chypre, membre de l’UE, ne semblent pas disposées à céder au chantage turc.
 
Quant à l’UE, en dépit de sa congénitale indécision, il est douteux qu’elle acceptera de laisser à la Turquie le contrôle de deux des principaux robinets de son approvisionnement en gaz, à savoir l’EastMed et le Turkstream.
 
 
 

11:03 Publié dans Communiqués de presse

L' AFRIQUE RÉELLE ! LA REVUE DE BERNARD LUGAN !



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Communiqué de Bernard Lugan

Trois événements de grande importance rebattent le jeu géopolitique méditerranéen :

1) Le 7 novembre 2019, afin de contrôler le tracé du gazoduc EastMed par lequel se feront les futures exportations de gaz du gigantesque gisement de la Méditerranée orientale vers l’Italie et l’UE, la Turquie a signé avec le GUN (Gouvernement d’Union nationale libyen), l’un des deux gouvernements libyens, un accord redéfinissant les zones économiques exclusives (ZEE) des deux pays. Conclu en violation du droit maritime international et aux dépens de la Grèce et de Chypre, cet accord trace aussi artificiellement qu’illégalement, une frontière maritime turco-libyenne au milieu de la Méditerranée.

2) La sauvegarde de cet accord passant par la survie militaire du GUN, le 2 janvier 2020, le Parlement turc a voté l’envoi de forces combattantes en Libye afin d’empêcher le général Haftar, chef de l’autre gouvernement libyen, de prendre Tripoli.

3) En réaction, toujours le 2 janvier, la Grèce, Chypre et Israël ont signé un accord concernant le tracé du futur gazoduc EastMed dont une partie du tracé a été placée unilatéralement en zone maritime turque par l’accord Turquie-GUN du 7 novembre 2019.
Ces évènements méritent des explications:

Pourquoi la Turquie a-t-elle décidé d’intervenir en Libye ?

La Libye fut une possession ottomane de 1551 à 1912, date à laquelle, acculée militairement, la Turquie signa le Traité de Lausanne-Ouchy par lequel elle cédait la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Dodécanèse à l’Italie (voir à ce sujet mes deux livres Histoire de la Libye et Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours).
Depuis la fin du régime Kadhafi, la Turquie mène un très active politique dans son ancienne possession en s’appuyant sur la ville de Misrata. A partir de cette dernière, elle alimente les groupes armés terroristes sahéliens afin d’exercer un chantage sur la France : « Vous aidez les Kurdes, alors nous soutenons les jihadistes que vous combattez »…
A Tripoli, acculé militairement par les forces du général Haftar, le GUN a demandé à la Turquie d’intervenir pour le sauver. Le président Erdogan a accepté en échange de la signature de l’accord maritime du 7 novembre 2019 qui lui permet, en augmentant la superficie de sa zone de souveraineté, de couper la zone maritime économique exclusive (ZEE) de la Grèce entre la Crête et Chypre, là où doit passer le futur gazoduc EastMed.

En quoi la question du gaz de la Méditerranée orientale et celle de l’intervention militaire turque en Libye sont-elles liées ?

En Méditerranée orientale, dans les eaux territoriales de l’Egypte, de Gaza, d’Israël, du Liban, de la Syrie et de Chypre, dort un colossal gisement gazier de 50 billions de m3 pour des réserves mondiales de 200 billions de m3 estimées. Plus des réserves pétrolières estimées à 1,7 milliards de barils de pétrole.


En dehors du fait qu’elle occupe illégalement une partie de l’île de Chypre, la Turquie n’a aucun droit territorial sur ce gaz, mais l’accord qu’elle a signé avec le GUN lui permet de couper l’axe du gazoduc EastMed venu de Chypre à destination de l’Italie puisqu’il passera par des eaux devenues unilatéralement turques…

 

Le président Erdogan a été clair à ce sujet en déclarant que tout futur pipeline ou gazoduc nécessitera un accord turc !!! Se comportant en « Etat pirate », la Turquie est désormais condamnée à s’engager militairement aux côtés du GUN car, si les forces du maréchal Haftar prenaient Tripoli, cet accord serait de fait caduc.

Comment réagissent les Etats spoliés par la décision turque ?

Face à cette agression, laquelle, en d’autres temps, aurait immanquablement débouché sur un conflit armé, le 2 janvier, la Grèce, Chypre et Israël ont signé à Athènes un accord sur le futur gazoduc EastMed, maillon important de l’approvisionnement énergétique de l’Europe. L’Italie, point d’aboutissement du gazoduc devrait se joindre à cet accord.


De son côté, le maréchal Sissi a déclaré le 17 décembre 2019 que la crise libyenne relevait de « la sécurité nationale de l’Egypte » et, le 2 janvier, il a réuni le Conseil de sécurité nationale.

Pour l’Egypte, une intervention militaire turque qui donnerait la victoire au GUN sur le général Haftar représenterait en effet un danger politique mortel car les « Frères musulmans », ses implacables ennemis, seraient alors sur ses frontières.

De plus, étant économiquement dans une situation désastreuse, l’Egypte, qui compte sur la mise en chantier du gazoduc à destination de l’Europe ne peut tolérer que ce projet, vital pour elle, soit remis en question par l’annexion maritime turque.

Quelle est l’attitude de la Russie ?

La Russie soutient certes le général Haftar, mais jusqu’à quel point ? Quatre grandes questions se posent en effet quant aux priorités géopolitiques russes :

1) La Russie a-t-elle intérêt à se brouiller avec la Turquie en s’opposant à son intervention en Libye au moment où Ankara s’éloigne encore un peu plus de l’OTAN ?


2) A-t-elle intérêt à voir la mise en service du gazoduc EastMed qui va fortement concurrencer ses propres ventes de gaz à l’Europe ?


3) Son intérêt n’est-il pas que la revendication turque gèle la réalisation de ce gazoduc, et cela, pour des années, voire des décennies, compte tenu des délais impartis aux cours internationales de justice ?


4) A-t-elle intérêt à affaiblir le partenariat qu’elle a établi avec la Turquie à travers le gazoduc Turkstream qui, via la mer Noire, contourne l’Ukraine et qui va prochainement être mis en service. ?

D’autant plus que 60% des besoins en gaz de la Turquie étant fournis par le gaz russe, si Ankara pouvait, d’une manière ou d’une autre profiter de celui de la Méditerranée orientale, cela lui permettrait d’être moins dépendante de la Russie…ce qui ne ferait guère les affaires de cette dernière…

Et si, finalement, tout n’était que gesticulation de la part du président Erdogan afin d’imposer une renégociation du Traité de Lausanne de 1923 ?

La Turquie sait très bien que l’accord maritime passé avec le GUN est illégal au point de vue du droit maritime international car il viole la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) que la Turquie n’a pas signée.

Cet accord est également illégal au regard des Accords de Skrirat du mois de décembre 2015 signés sous les auspices des Nations Unies et qui constituèrent le GUN car ils ne donnent pas mandat à son chef, Fayez el-Sarraj, de conclure un tel arrangement frontalier.

De plus, n’ayant que le Qatar pour allié, la Turquie se trouve totalement isolée diplomatiquement.


Conscient de ces réalités, et misant à la fois sur l’habituelle lâcheté des Européens et sur l’inconsistance de l’OTAN effectivement en état de « mort cérébrale », le président Erdogan est soit un inconscient jouant avec des bâtons de dynamite soit, tout au contraire, un calculateur habile avançant ses pions sur le fil du rasoir.


Si la seconde hypothèse était la bonne, le but de la Turquie serait donc de faire monter la pression afin de faire comprendre aux pays qui attendent avec impatience les retombées économiques de la mise en service du futur gazoduc EastMed, qu’elle peut bloquer le projet.

A moins que l’espace maritime turc soit étendu afin de lui permettre d’être partie prenante à l’exploitation des richesses du sous-sol maritime de la Méditerranée orientale.

Or, pour cela, il conviendrait de réviser certains articles du Traité de Lausanne de 1923, politique qui a déjà connu un début de réalisation en 1974 avec l’occupation militaire, elle aussi illégale, mais effective, de la partie nord de l’île de Chypre.


Le pari est risqué car la Grèce, membre de l’OTAN et de l’UE et Chypre, membre de l’UE, ne semblent pas disposées à céder au chantage turc.

Quant à l’UE, en dépit de sa congénitale indécision, il est douteux qu’elle acceptera de laisser à la Turquie le contrôle de deux des principaux robinets de son approvisionnement en gaz, à savoir l’EastMed et le Turkstream.


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U S A , LE CONGRÈS VA VOTER UNE AUGMENTATION POUR LA DÉFENSE !

 
8.janvier.2020 // Les Crises
 

Le congrès va voter une augmentation de 22 milliards pour la défense, une semaine après la réduction considérable des coupons alimentaires par Trump –

Par Alex Emmons

 
 

Source : The Intercept, Alex Emmons, 10-12-2019

Un convoi de véhicules blindés américains patrouille dans la ville de Qahtaniyah, dans le nord-est de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, le 31 octobre 2019. Photo : Delil Souleiman/AFP via Getty Images

 

Les législateurs démocrates et républicains des commissions des services armés du Congrès ont publié lundi un projet de loi de compromis qui autoriserait 738 milliards de dollars de dépenses militaires en 2020, soit une augmentation de 22 milliards de dollars par rapport à 2019.

 

S’il est adopté, le projet de loi établira officiellement la « Force spatiale » proposée par le président Donald Trump comme sixième force armée et portera l’augmentation annuelle totale des dépenses du Pentagone sous l’égide de Trump à plus de 130 milliards de dollars.

Mais les Démocrates du flanc gauche du parti soutiennent que le compromis rend caduc d’importantes restrictions sur les pouvoirs de guerre de Trump incluses dans la version de la Chambre du projet de loi, où un amendement soutenu par les progressistes aurait interdit à l’administration

Trump d’utiliser des fonds pour lancer une guerre offensive non autorisée contre l’Iran.

Le compromis a également écarté une mesure appuyée depuis longtemps par la Démocrate californienne Ro Khanna qui aurait interdit le soutien militaire des États-Unis à l’intervention dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen et une autre du Démocrate du New Jersey Tom Malinowski qui aurait interdit la vente de munitions air-sol à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

Dans un communiqué commun, le candidat à la présidence, le sénateur Bernie Sanders, et Khanna, qui est le président de la campagne de Sanders, ont qualifié la Loi d’autorisation de la défense nationale de « projet de loi d’une étonnante lâcheté morale » et déclaré que le Congrès ne devrait pas adopter la version de ce compromis.

« Il n’y a aucune raison pressante pour que le Congrès couvre Trump, ses amis saoudiens et les entrepreneurs du Pentagone du complexe militaro-industriel avec ce cadeau de 738 milliards de dollars des contribuables », ont déclaré Sanders et Khanna. « On doit au peuple américain de refaire nos devoirs. »

Différentes versions du NDAA [ National Defense Authorization Act : nom générique d’une série de lois votées annuellement par le Congrès des États-Unis donnant au gouvernement fédéral le droit d’établir le budget et les dépenses du département de la Défense1.

Ces lois peuvent viser d’autres aspects de la défense des États-Unis – Wkipedia, NdT] ont été adoptées par la Chambre des représentants sous contrôle des Démocrates et par le Sénat sous contrôle des Républicains au début de l’année, et depuis trois mois, les membres des comités des services armés négocient les détails de l’énorme ensemble de directives et d’autorisations de financement.

La plupart des membres du Congrès considèrent que la loi NDAA est « incontournable », aussi les membres se battent-ils pour y joindre leurs amendements. Mais les derniers détails ont été mis au point à huis clos par la commission chargée de concilier les versions de la Chambre et du Sénat.

Le chiffre des dépenses est conforme à un accord budgétaire bipartite conclu plus tôt cette année, et les contours fondamentaux du compromis ont été présentés la semaine dernière par le Wall Street Journal.

En échange de l’officialisation par les Républicains de la « Force spatiale » de Trump, les Démocrates pourront ajouter 12 semaines de congé parental payé pour tous les employés fédéraux qui ont travaillé au gouvernement pendant au moins un an, et pas seulement pour les mères de militaires qui ont déjà droit à cette prestation.

 

En outre, le projet de loi prévoit une augmentation de salaire de 3,1 % pour les membres des forces armées ; il renforce la surveillance du logement militaire en exigeant que les services élaborent une déclaration des droits des locataires ; il élargit la portée des visas pour les Afghans qui ont aidé les forces américaines ; et il restreint l’utilisation par les militaires de produits chimiques toxiques à base de PFAS [substances perfluoroalkyliques et polyfluoroalkyles du type Fréon, NdT] dans les bases, qui ont été liés à une série de problèmes de santé pour le personnel en service actif.

 

Dans un communiqué commun, les Démocrates et les Républicains des deux commissions des services armés ont déclaré que ce projet de loi était un « accord bipartite et bicaméral » qui « mettait nos troupes et la sécurité des États-Unis au premier plan en continuant à reconstruire notre armée » et « se souciait des membres de nos forces armées et de leurs familles ».

Mais l’omission des dispositions concernant l’Arabie saoudite est particulièrement frappante, étant donné que le Congrès a adopté des mesures bipartites similaires plus tôt cette année – une qui interdirait le soutien américain à l’intervention au Yémen et une autre qui visait à bloquer les ventes d’armes « d’urgence » de Trump aux Saoudiens.

Trump a opposé son veto à ces deux mesures, mais comme le NDAA contient une autorisation de financement sous-jacente pour le Département de la Défense, il serait beaucoup plus difficile pour Trump d’opposer son veto à l’ensemble de ces mesures.

Le sénateur Jack Reed, le principal démocrate de la commission sénatoriale des services armés, a déclaré qu’il s’était battu pour que ces mesures soient incluses dans le projet de loi final, mais qu’il n’avait pas pu surmonter l’opposition des négociateurs républicains.

« En cette période de discorde importante, ce NDAA représente un compromis responsable qui renforce nos capacités de défense nationale », a déclaré Reed dans un communiqué.

« Il y a plusieurs points de politique environnementale et du Moyen-Orient pour lesquels je me suis battu jusqu’à la fin, mais je n’ai pas pu passer outre l’opposition farouche de l’administration et des républicains. Ils seront de nouveau sur ma liste de priorités quand nous commencerons ce processus l’année prochaine. »

Le financement du Pentagone a divisé les Démocrates sous Trump. Ceux de gauche, et la plupart des démocrates qui se présentent à la présidence en 2020, ont appelé à une réduction globale des dépenses militaires. Mais au Congrès, les Démocrates ont continué à soutenir des programmes de dépenses alors que les demandes budgétaires de Trump pour le Pentagone sont de plus en plus importantes.

Le contrôle des chiffres du budget incombe en grande partie aux commissions des services armés, dont les membres cherchent à assurer l’état de préparation militaire et accordent donc fréquemment plus de poids aux demandes du Pentagone.

De plus, l’administration Trump et la communauté de la politique étrangère ont passé des années à faire valoir que des augmentations massives sont nécessaires pour soutenir le passage à une stratégie de concurrence de grande envergure avec la Chine et la Russie.

En juin 2017, l’ancien secrétaire à la Défense James Mattis et l’ancien président de l’État-major interarmées, le général Joseph Dunford, ont témoigné que le Pentagone avait besoin d’une augmentation annuelle de 3 à 5 % de son budget jusqu’en 2023, ce qui représente des dizaines de milliards de dollars par an.

Dunford a déclaré que ces augmentations étaient nécessaires pour « maintenir le niveau compétitif » des forces armées, mais que de telles hausses massives placeraient les dépenses militaires américaines en temps de paix à des niveaux historiques jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’année dernière, la Commission de la stratégie de défense nationale, un groupe de professionnels de la sécurité nationale non politisés nommés par des membres des commissions des services armés de la Chambre des représentants et du Sénat, a publié un rapport faisant écho à la conclusion selon laquelle « une croissance annuelle réelle de 3 à 5 % est indicative des investissements nécessaires » pour concurrencer la Chine.

Mais alors que les progressistes ont enregistré une poignée de votes de protestation contre les augmentations passées, ils sortent maintenant en force pour dire qu’une telle augmentation ne devrait pas compromettre les priorités nationales.

Mark Pocan, un représentant démocrate du Wisconsin et ancien coprésident du Congressional Progressive Caucus, a déclaré que l’augmentation de 2020 était inexcusable alors que le gouvernement Trump réduisait les programmes sociaux.

« En même temps que ce gouvernement a réduit les bons d’alimentation, le programme Medicaid et les services de santé gynécologiques des Américains ordinaires, ce président veut ajouter plus de cent milliards de dollars pour poursuivre des guerres sans fin et non autorisées », a déclaré M. Pocan dans un communiqué lundi soir.

« C’est la définition du gaspillage gouvernemental. »

La Chambre et le Sénat devraient commencer à voter sur le projet de loi de compromis dès cette semaine.

 

Source : The Intercept, Alex Emmons, 10-12-2019

Source et Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.