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30/07/2019

L' ÉTAT ISLAMIQUE RELÈVE LA TÊTE EN SYRIE ET AILLEURS !

Syrie : l’Etat Islamique renaît dans le camp de djihadistes d’Al-Hol

 
 
 
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Le 15 juillet dernier, un drapeau noir de l’Etat Islamique (EI) était à nouveau hissé au-dessus d’une foule en Syrie.

Pas par n’importe qui : c’est un enfant qui est monté l’accrocher sur un mat.

 

Et pas n’importe où : au-dessus du camp de Al-Hol, véritable poudrière à ciel ouvert au nord-est de la Syrie, où s’entassent près de 80.000 membres des familles de djihadistes, dont 11.000 étrangers.

 

Plusieurs manifestations autour de l’étendard noir des djihadistes ont eu lieu depuis le 15 juin. Elles attestent de la présence de supporters de l’État Islamique dans de nombreux pays : Turquie, Inde (au Cachemire), Mali, Philippines, Libye, Égypte, Somalie, Yémen, Mozambique, Cameroun.

 

L’EI relève la tête en Syrie et ailleurs

Des cellules de l’EI existent par ailleurs au Congo (Zaïre), dans la région du Lac Tchad, en Tunisie, en Palestine et dans d’autres pays.

 

En Libye, l’EI a attaqué une milice à Zila fin mai (17 morts), puis début juin des troupes du maréchal Haftar à Jufra et Fukaha près de Sabha, tuant des hommes et s’emparant d’armes ; le 2 juin un attentat à la voiture piégée à Dern, dans un camp de l’armée de Haftar (LNA) aurait fait 19 morts ; le 10 mai une autre embuscade sur un camp d’entrainement de la LNA à Sabha dans le Fezzan a fait 9 morts, dont un a été décapité, et 7 blessés graves.

Fin juin dernier, les forces spéciales russes ont mis hors d’état de nuire un terroriste de l’EI qui préparait un attentat à Saratov, une ville du sud de la Russie située sur la Volga.

 

En Somalie, le 8 mai dernier, un drone américain a tué 13 combattants de l’EI dans le Puntland.

Un attentat dans le quartier Al-Qadam, au sud de Damas, a été revendiqué ce 23 juillet par l’EI, pour la première fois depuis le printemps 2018.

 

L’EI est aussi très active depuis deux mois dans la province de Hassakah, au nord-est de la Syrie, notamment à Qamishli (quatre explosions de véhicules piégés, deux attaques terroristes), Hassakah (quatre explosions de véhicules piégés) et sur les routes entre Shaddadi et Deir-Ezzor (quatre attaques à main armées).

 

L’un de ces attentats visait une église – le 12 juillet à Qamishli et trois autres, le même jour à Hassakah, ont été commis avec des motos piégées. Le 28 juin, une embuscade a tué ou blessé dix combattants kurdes à Hajjin, non loin de Baghouz, dernier bastion de l’EI.

« On peut constater qu’une part importante de la population arabe locale soutient encore l’EI », relève le canal russophone loyaliste Vestnik Damaska.

Les impôts levés par les kurdes sur la population arabe, la conscription forcée et l’absence de reconstruction des villes détruites par les combats ne font certainement qu’aggraver le phénomène.

 

Al-Qaim, ville frontalière de la Syrie, a beau avoir été reprise en novembre 2017, elle est toujours en ruine et les soldats irakiens ne s’y sentent absolument pas en sécurité face aux combattants insaisissables de l’EI, soutenus et ravitaillés par une part de la population locale.

Par ailleurs l’Etat Islamique détiendrait encore plusieurs centaines de millions de dollars sur des comptes bancaires dans le monde, ainsi qu’une tonne d’or.

(L’essentiel des 40 tonnes d’or en lingots récupérées dans des banques en Syrie et Irak lors de l’âge d’or du Califat aurait en revanche été remis aux États-Unis en échange de la vie sauve pour les derniers milliers de partisans de l’EI retranchés à Baghouz, affirment des sources russes.)

 

AL-Hol, poudrière à ciel ouvert

À Al-Hol s’entassent, mal gardées par des kurdes débordés, 80.000 personnes, en majorité des femmes et des enfants proches des derniers djihadistes de l’EI. Au milieu d’un désert brûlant, le camp est en surcapacité d’au-moins 30.000 personnes.

Près de 11.000 étrangers dont 7.000 mineurs de moins de 12 ans sont gardés dans une partie distincte du camp.

Actuellement, 29.000 enfants étrangers de djihadistes sont bloqués en Syrie, dont 20.000 irakiens et 9.000 de soixante autres pays.

Douze cents enfants étrangers se trouvent aussi en Irak dans des conditions humanitaires aussi catastrophiques.

Al-Hol est une poudrière à ciel ouvert.

 

La situation humanitaire y est déplorable et l’ONU a appelé les divers pays concernés à récupérer leurs ressortissants.

On relève des cas de rougeole, leishmaniose, méningite et un risque élevé d’épidémie. Des évasions se produisent régulièrement – six femmes de djihadistes belges dernièrement ‑ et des djihadistes se cachent parmi les femmes et les enfants.

Des prisonnières sont violées par leurs gardes ; la photo de l’un d’eux, un couteau entre les omoplates, a fait grand bruit le 4 juillet dernier.

« Bagarres au couteau, jets de cailloux et menaces sont monnaie courante entre les détenues : les plus radicales attaquent celles qu’elles jugent «infidèles», écrit Libération (18 juillet).

En mai dernier, des « sœurs du camp d’Al-Hol, sorties parmi les dernières de Al-Baghouz suite à la trêve » [qui permettait la sortie des femmes et des enfants] et originaires de Tchétchénie et d’Ingouchie, deux républiques musulmanes irrédentistes du Caucase russe, ont écrit une lettre ouverte, en russe sur les réseaux sociaux :

« Dans ce camp il y a des meurtres, des pillages et des tabassages de nos sœurs et de leurs enfants. A l’intérieur du camp certains ont décidé que notre vie et nos biens sont à leur dispositions et nous attaquent chaque jour […]

Aux mères qui essaient de sortir leurs filles de là, leur vie n’est pas en danger : certaines couchent avec les kurdes et même entre elles, d’autres sont enceintes de kurdes ».

 

Pis, dans ce Guantanamo moyen-oriental, règne une hyper-radicalisation qui risque d’annoncer une renaissance explosive du djihad.

De quoi s’interroger sur l’opportunité de faire revenir ces femmes dans les pays d’où elles sont parties.

A ce jour, seuls dix-sept enfants sont revenus en France, l’Élysée ayant reculé devant un rapatriement massif à cause de l’hostilité de l’opinion…

 

« Je reviendrai foutre en l’air tous les kafirs »

Une détenue appelle sa grand-mère dans le Caucase russe, mi-juillet.

Elle fait répéter ses phrases à son enfant : « Ne t’inquiète pas pour moi, je vais bien. Je reviendrai bientôt faire mon istichhadiya.

Inch Allah je reviendrai, je vais foutre en l’air tous les kafirs. Ne t’inquiète pas, je tiens bon et ne pleure pas, prie pour moi, je suis sur le chemin d’Allah ».

L’istichhadiya signifie se faire exploser, quant aux kafirs, c’est le synonyme des kouffars, les infidèles.

 

Le 16 avril, des journalistes de la chaîne Al-Arabia diffusent un reportage tourné avec les femmes du camp d’Al-Hol : « habillées tout en nor, ces femmes derrière la clôture relatent leur idéologie.

L’administration du camp affirme qu’elles sont toujours fidèles aux idées de l’Etat Islamique.

L’une de ces femmes nous a dit : personne ne pourra renverser notre foi et nos croyances.

Ni Trump, ni les USA, ni les Juifs, ni les infidèles, personne. Ces croyances sont aussi en nos enfants ».

Pis, les journalistes ont été attaqués à plusieurs reprises par ces femmes qu’ils ont trouvées « bien plus fanatiques que leurs maris » djihadistes.

Certaines avaient d’ailleurs participé à la résistance du dernier carré de l’EI à Baghouz en tirant sur les assaillants kurdes mi-mars.

L’équipe d’Al-Arabia a dû quitter le camp précipitamment sous les jets de pierre.

« Dans ce camp il y a une atmosphère de terreur. Toute personne qui est soupçonnée par les femmes de l’EI de ne pas être loyal envers les terroristes peut être tabassé ou même tué ».

Le 22 juillet, des journalistes en reportage dans le camp d’Al-Hol sont accueillis par des femmes vêtues de niqabs noirs et des enfants très jeunes :

« l’Etat Islamique tiendra ! On viendra nous sauver ! Abu Bakr al Bagdadi va nous sauver ».

Une vidéo montre des enfants qui crient « l’État Islamique tiendra », et se répandent en menace contre les Infidèles et les musulmans qui se convertissent, les murtads ou apostats.

 

Le retour en Europe des femmes et enfants de djihadistes pourrait être in fine bien plus dangereux encore que celui des djihadistes eux-mêmes.

Par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : camp de Al-Hol en mars 2019, photo Voice of America, domaine public


[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

SYRIE: À IDLEB , L' ARMÉE SYRIENNE PIÉTINE ......

  International - 29 juillet 2019

L’armée syrienne piétine devant Idleb

 

Lorsque l’armée syrienne a lancé son offensive, en avril, contre la province d’Idleb, dernier territoire tenu par les islamistes, chacun savait que l’affaire serait difficile. Elle s’avère encore plus complexe que prévu.

En plus de trois mois de combats, des gains marginaux ont été obtenus, au prix de pertes importantes.

 

Les bombardements russes se font rares et c’est l’aviation syrienne qui doit effectuer la majeure partie du travail.

 

Or, son efficacité est loin de valoir celle de son homologue russe.

La presse internationale se fait régulièrement l’écho des victimes civiles de ces bombardements, qui attendraient 700 victimes, chiffre qu’il est impossible de vérifier, ainsi que de faire la part entre les vrais civils et les djihadist

En face, les islamistes sont nombreux (plus de 50.000) et aguerris. Beaucoup viennent d’autres provinces (environs de Damas, frontière libanaise) d’où ils ont été acheminés par les Russes à la suite de redditions négociées, mais après des années de combats qui leur ont donné une expérience très utile aujourd’hui.

Il est vrai qu’ils n’ont plus le choix : Idleb est le dernier territoire. S’il tombe, c’est la mort ou l’exil. Ce dernier ne peut avoir lieu qu’en Turquie, dont la province islamiste est frontalière dans sa partie nord.

Or, la majeure partie des islamistes combattants sont affiliés au groupe Hayat Tahrir al-Cham, successeur du Front al-Nosra, qui s’est imposé au détriment d’autres milices islamistes soutenues par Ankara.

Les combats ont été violents et ont entraîné de nombreux morts. Il n’est évidemment pas certain, dans ce contexte, que les Turcs accueillent chaleureusement ceux qui ont tué leurs amis.

Les combattants islamistes sont donc particulièrement déterminés et chaque attaque de l’armée syrienne se heurte à une farouche résistance. La semaine dernière, pour la conquête d’un village à l’importance stratégique limitée, chaque camp a perdu une cinquantaine de combattants.

Quand on connaît les problèmes d’effectifs de l’armée syrienne, il y a de quoi être inquiet.

Un autre élément vient encore compliquer la tâche de l’armée syrienne : cette fois, pas de combattants iraniens ou du Hezbollah libanais pour soutenir les offensives. Téhéran a, en effet, jugé que cette province ne représentait aucun intérêt stratégique pour son implantation en Syrie et que tout cela relevait donc d’un problème interne qui ne le concernait pas.

Ce défaut de fantassins se fait cruellement sentir, d’autant qu’eux aussi sont des combattants de grande valeur.

Les Russes, de leur côté, sont prudents. Ils aident leur allié syrien avec parcimonie, ce qui n’était pas dans leurs habitudes.

Et même si Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, affirme régulièrement qu’il faut mettre hors d’état de nuire les terroristes d’Idleb, il souhaite dans le même temps ménager la Turquie. Erdoğan a rappelé qu’il y avait de nombreux soldats turcs dans cette province et qu’ils s’opposeraient à une offensive générale qui les mettraient en danger.

Au moment où les Turcs acquièrent les fameux missiles russes S-400 (ce qui rend les Américains furieux), Poutine veut ménager son ombrageux partenaire qui, sans être un allié, n’est plus un ennemi.

La situation est donc particulièrement complexe et les islamistes en profitent donc.

Ils n’hésitent pas à lancer de meurtrières contre-offensives qui font provisoirement reculer l’armée syrienne. Dans le même temps, ils bombardent régulièrement des zones civiles à Alep, Hama et même Lattaquié, récemment, le fief alaouite.

Des victimes sont à déplorer, mais de celles-là, la presse internationale ne parle jamais.

Mais Bachar el-Assad ne reculera pas.

Un quart du territoire de la Syrie, à l’est, est occupé par les Kurdes avec le soutien américain et, avant de tenter de résoudre cet épineux problème, il est absolument nécessaire de réduire le dernier territoire tenu par les islamistes.

Mais ce sera long et difficile.

 

Par Antoine de Lacoste      https://www.bvoltaire.fr

 
 

28/07/2019

ENTRE PALESTINIENS ET SAOUDIENS , LE TORCHON BRÛLE ........

  •  
  • Les Palestiniens qui ont agressé et humilié le blogueur saoudien au cœur de la mosquée Al-Aqsa ont été incités à le faire.

  • L'incitation à la violence est venue principalement du Syndicat des journalistes palestiniens (PJS), un groupe affilié au Fatah, un mouvement que certains, en Occident mais aussi en Israël, qualifient de "modéré" et "pragmatique".

  • Cracher au visage d'un blogueur saoudien et le traiter d' « animal » et de « sioniste » ne sont de nature à faciliter l'aide économique et financière de l'Arabie Saoudite. Quel Etat – ou toute autre institution qui se respecte - acceptera d'être giflé au moment même où il fournit de l'aide.

 

A peine les Palestiniens ont-ils remarqué la présence du blogueur saoudien Mohamed Saoud sur le site de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, qu'ils lui ont donné un échantillon des insultes et des crachats qu'ils réservent à leurs frères arabes.

Qu'a fait le visiteur saoudien pour mériter cette humiliation et cette violence physique ?

Photo : Mohamed Saoud se protège des crachats des Palestiniens, à Jérusalem, le 22 juillet. (Source image : capture d'écran vidéo Twitter)

 

Ce 22 juillet, le blogueur saoudien Mohamed Saoud espérait prier tranquillement dans la mosquée Al-Aqsa, avant d'aller humer le parfum des marchés qui sillonnent la vieille ville de Jérusalem.

En tant qu'arabe et musulman, Saoud pensait qu'il serait chaleureusement accueilli par ses frères palestiniens.

Il s'est trompé.

Sitôt remarqué, le blogueur saoudien s'est vu infliger, sur l'un des sites les plus sacrés de l'islam, le traitement que les Palestiniens réservent à leurs frères arabes.

Les vidéos qui ont circulé sur les médias sociaux ont ainsi révélé que nombre de Palestiniens ont insulté Saoud et lui ont craché dessus.

L'un d'eux a même projeté sur lui une chaise en plastique au moment où il quittait la mosquée.

Pourquoi humilier et agresser un visiteur saoudien ? Quel crime a-t-il commis pour être traité de « poubelle », d'« animal », de « traître » et de « sioniste ? »

 

Ce malheureux Saoudien a commis le crime - aux yeux des Palestiniens – de faire partie d'une délégation de journalistes arabes invités en Israël.

Ces visites sont considérées par les Palestiniens comme une forme de normalisation des relations avec Israël.

Or, non seulement les Palestiniens sont opposés à toute forme de normalisation avec Israël, mais ils la considèrent comme une trahison.

Si les Arabes normalisent leurs relations avec Israël, ils cesseront (craignent-les Palestiniens) d'apporter leur aide.

Pour les Palestiniens, aucune normalisation entre Israël et les pays Arabes ne saurait avoir lieu avant une quelconque résolution du conflit israélo-palestinien.

Ce traitement humiliant réservé à Saoud n'a rien eu d'un incident isolé. Sitôt informés de l'arrivée en Israël de cette délégation de journalistes arabes, les médias palestiniens ont multiplié les dénonciations et les appels au boycott.

Le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS), politiquement proche des loyalistes du Fatah, la faction au pouvoir du président Mahmoud Abbas, a été le premier à dénoncer les journalistes arabes et à les accuser de promouvoir la normalisation avec Israël.

Le PJS et d'autres associations de médias palestiniennes ont lancé un appel à la Fédération des journalistes arabes pour qu'elle demande des comptes aux visiteurs et qu'elle inscrive ces journalistes sur sa "liste noire".

 

Si cette demande était entendue, les journalistes qui ont visité Israël, seraient radiés de toute organisation professionnelle, boycottés par leurs confrères arabes et perdraient leur emploi au sein de n'importe quel média arabe.

Les personnes qui ont agressé et humilié le blogueur saoudien a la mosquée Al-Aqsa, ont été incitées à agir ainsi.

Elles ont été incitées à agir ainsi par le PJS, un syndicat affilié au Fatah, un mouvement que certains en Occident - mais aussi en Israël -, décrivent comme « modéré » et « pragmatique ».

Récemment, le même PJS, affilié au Fatah, a mis en garde les journalistes palestiniens qui se rendraient à la Maison-Blanche, à l'invitation de Jason Greenblatt, émissaire présidentiel américain.

En juin, le PJS a condamné Bahreïn pour avoir invité des journalistes israéliens à couvrir la conférence « De la Prospérité à la Paix», patronnée par les États-Unis.

Rami Alshrafi, l'un des responsables du PJS dans la bande de Gaza, a menacé de dénoncer publiquement tout journaliste suspecté de contribuer à la normalisation des relations avec Israël.

 

« Nous publierons une liste de tous les journalistes arabes engagés dans des activités de normalisation avec l'Etat d'occupation israélien », a-t-il déclaré. «

 

Nous publierons une liste noire de toutes les organisations de journalistes arabes et de tous les journalistes qui accueillent des journalistes israéliens. »

Il y a quelques années, le PJS a organisé un boycott des journalistes israéliens et a menacé de boycotter tout responsable palestinien qui accorderait une interview à un média israélien. Le président du PJS, Nasser Abu Bakr, ancien journaliste de l'Agence France-Presse (AFP), a expliqué que la décision avait été prise après mure réflexion de ses collègues et de lui-même.

Nous avons conclu a-t-il dit « qu'aucune interview de responsables [palestiniens] [dans des médias israéliens] n'était utile à la cause palestinienne ».

Bizarrement, alors que ce syndicat proche d'Abbas a appelé à plusieurs reprises à boycotter les journalistes israéliens, ce même Abbas continue de rencontrer ici et là des représentants de médias israéliens. Inutile de préciser que le PJS et ses membres regardent ailleurs chaque fois qu'Abbas transgresse leur interdiction. S'ils avaient le malheur de s'en prendre au président de l'Autorité palestinienne, ils perdraint leurs subventions, seraient jetés en prison - voire pire encore.

Le processus de séparation a eu lieu par étapes. Tout d'abord, les journalistes palestiniens ont monté la population contre les journalistes israéliens et ont appelé à les boycotter. Ensuite, ils ont dénoncé les journalistes palestiniens qui osaient rencontrer des Israéliens.

Désormais, les journalistes arabes non-palestiniens sont devenus une cible parce qu'ils mettent le pied en Israël.

Au lieu de bien accueillir les journalistes arabes en visite à Jérusalem et de les inviter à Ramallah, la capitale de facto des dirigeants palestiniens, les Palestiniens ont choisi d'insulter et d'agresser physiquement un visiteur saoudien.

Et comme si cela ne suffisait pas, ils exigent aussi que les Arabes et les musulmans punissent le blogueur et ses collègues pour avoir soi-disant promu la normalisation avec Israël.

Les violences commises contre le blogueur saoudien ne présagent rien de bon pour les relations palestino-saoudiennes, ni pour les relations des Palestiniens avec les autres pays arabes.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs Saoudiens ont réagi avec dégoût. « Je ne comprends pas ces Palestiniens qui ont le wakaha (le culot) d'exprimer leur satisfaction de l'agression de Saoud », a déclaré Ibrahim Al-Sulieman, un citoyen saoudien.

Abdullah, un autre Saoudien, a commenté : « [Saoud] ne représente que lui-même, mais la haine des Palestiniens s'adressait à l'Arabie saoudite ».

Les responsables israéliens ont immédiatement dénoncé la « cruauté » de l'attaque infligée au blogueur saoudien, alors que les dirigeants palestiniens n'ont pas réagi. Une telle absence d'empathie ne risque guère d'apaiser les tensions entre les Palestiniens et l'Arabie saoudite.

Une autre raison pousse les Palestiniens à rejeter la présence des Saoudiens hors d'Al-Aqsa : ils craignent probablement que l'Arabie saoudite ne réclame le rôle de « gardien des lieux saints » à Jérusalem, un rôle actuellement occupé par la Jordanie.

La rumeur veut que la Jordanie et les Palestiniens se soient alliés pour l'occasion, afin de dénier tout rôle aux Saoudiens dans la gestion des lieux saints de Jérusalem.

Le monopole religieux actuel confère à ceux qui le détiennent, prestige et respect dans les capitales arabes et islamiques.

Le mauvais accueil du blogueur saoudien est un signe tangible des tensions entre les Palestiniens et certains pays arabes, notamment l'Arabie saoudite.

Selon certains témoignages, les Saoudiens mettraient sous pression les Palestiniens qui résident dans le royaume chérifien.

Des dizaines de Palestiniens ont été arrêtés et harcelés par les autorités.

La multiplication récente d'articles de presse signalant un rapprochement entre plusieurs pays arabes et Israël inquiète les Palestiniens. Ils ont le sentiment que leurs frères arabes leur tournent le dos.

Le refus de l'Arabie saoudite et de certains États arabes d'obtempérer à l'appel des Palestiniens et de boycotter la conférence économique de Bahreïn, conforte cette impression.

Selon un récent sondage, 80% des Palestiniens interrogés ont considéré la participation des pays arabes à la conférence de Bahreïn comme un abandon de la cause palestinienne.

D'une certaine manière, les Palestiniens n'ont pas tort : leurs frères arabes commencent effectivement à leur tourner le dos. Si les Palestiniens se posent la question du pourquoi, voici un indice : cracher au visage d'un blogueur saoudien, le traiter d' « animal » et de « sioniste » n'incitera guère l'Etat dont il est le ressortissant à dégainer son carnet de chèques.

 

Aucune institution qui se respecte n'accepterait d'attribuer une subvention après avoir été giflée.

 

Source:  Khaled Abu Toameh, journaliste primé basé à Jérusalem, est Shillman Journalism Fellow au sein du Gatestone Institute.

27/07/2019

POLOGNE: UNE ZONE SANS IDÉOLOGIE DU LOBBY LGBT .....

 

 

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Pologne : un hebdomadaire nationaliste distribue à ses lecteurs des autocollants « Zone sans idéologie LGBT »

 
 

Le 26 juin dernier, la cour constitutionnelle polonaise, contrôlée par le parti conservateur Droit et Justice, a déclaré que les commerçants polonais ont désormais le droit de refuser de servir les clients homosexuels.

 

Cette décision fut prise à la suite d’une polémique judicaire qui a vu la condamnation d’un imprimeur au motif que celui-ci avait refusé d’honorer la commande d’une fondation LGBT afin de « ne pas contribuer à sa promotion ».

 

La cour constitutionnelle a déclaré cette sanction contraire à la constitution et à la « liberté de conscience ».

Comme il fallait s’y attendre, la presse mondialiste et bien-pensante est immédiatement montée au créneau, dénonçant une entreprise de discrimination et d’institutionnalisation de l’homophobie.

Les comparaisons douteuses fusèrent, évoquant des ressemblances avec l’apartheid sud-africain ou, comble de l’originalité, avec la Seconde guerre mondiale, lorsque les troupes allemandes avaient créé dans toute la Pologne des zones «nur für Deutsche» (Réservés aux allemands).

Si une telle situation avait eu lieu en France, où le lobby LGBT est de plus en plus puissant, L’imprimeur aurait sans doute été sévèrement condamné sans possibilité de recours.

 

Toute la presse et la classe politique se serait vite couchée devant tous les chantres de la tolérance et du « progrès ».

C’est d’ailleurs en toute logique que Manon Aubry, députée européenne LFI, s’est fendue d’un tweet rageur : « En Pologne, où il est devenu légal de refuser l’entrée d’un magasin à une personne LGBTI, certains distribuent désormais des stickers « zone réservée aux hétéros ».

Le silence de l’UE sur les violations des droits fondamentaux en Europe est impardonnable. »

Ce tweet est amusant car il démontre l’incompréhension de la députée mélenchoniste de la situation : aucun commerçant n’a le droit de refuser à un homosexuel d’entrer dans son magasin.

 

En revanche, il peut refuser de le servir.

 

Une subtilité qui ne pouvait qu’échapper à cette gauche toujours plus encline à faire primer l’émotivité sur la raison.  

Pologne : des jeunes manifestants protestent contre un défilé des partisans de toutes les perversions et dégénérescences

Or, il se trouve qu’il existe des pays européens qui n’ont pas encore totalement sombré dans l’inversion des valeurs.

En effet, la résistance contre le lobby LGBT en Pologne n’est pas seulement du fait de la cour constitutionnelle, mais aussi de la presse nationaliste et d’une partie de la population.

Ce mercredi 24 juillet, l’hebdomadaire Gazeta Polska a sorti en kiosque un numéro spécial accompagné d’un autocollant « Zone sans idéologie LGBT ».

Au texte s’ajoute une illustration montrant les couleurs arc-en-ciel barrées d’une croix noire.

Cette initiative n’est pas qu’une provocation puisqu’elle est destinée aux commerces et collectivités locales se revendiquant comme « Zone sans idéologie LGBT ».

Il va de soi que la présence de cet autocollant ne fait pas l’unanimité auprès de la presse polonaise, plusieurs diffuseurs ayant déclaré qu’ils ne distribueraient pas le numéro spécial, au nom du « respect des individus ».

 

Afin de justifier son initiative, le rédacteur en chef de Gazeta Polska affirme, dans son éditorial, vouloir s’opposer à un nouveau totalitarisme : « Les LGBT, ce n’est pas une minorité, mais un mode de pensée qui a tous les traits d’une idéologie totalitaire […]. Nous protestons contre son imposition par la force, et plus particulièrement contre la destruction des gens qui pensent différemment. […] Les zones sans idéologie LGBT, ce sont des zones de liberté d’expression, de tolérance et de respect pour les personnes qui pensent différemment.”.

 

En Occident, le lobby LGBT gagne du terrain chaque jour.

Ce lobby qui ne cache pas son intention de détruire tout ce qui fait le socle de la nation, à savoir la famille traditionnelle avec la promotion du mariage homosexuel ou encore de la PMA et de la GPA.

 

Ce lobby tout-puissant qui n’hésite pas à poursuivre et à condamner tous ceux qui osent émettre la moindre critique ou la moindre velléité de résistance envers ce projet destructeur.

 

Pourtant, il est rassurant de voir qu’il reste encore des européens fiers et courageux, refusant de courber l’échine face à ce qui est effectivement un totalitarisme.

 

LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ET LE CYNISME DES ORGANISATIONS HUMANITAIRES !

LU, VU ET ENTENDU !

 

Organisations humanitaires, cynisme et nouvel ordre mondial


Le 29 mai 2019 − Source South Front

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Le premier quart du 21e siècle a été marqué par une vague sans précédent de revitalisation de toutes sortes d’organisations humanitaires.

Cela est compréhensible, puisque la prétendue protection des minorités est devenue la principale façade de la réalité néolibérale postmoderne dominante.

 

L’aide humanitaire, ou plutôt son apparence, est maintenant un fétiche à la mode que les consommateurs modernes, mobiles, multiculturels et cosmopolites affichent les uns aux autres.

 

Cependant, un être humain est social, hiérarchisé, souvent avide, égoïste et vain.

Cela est particulièrement évident dans les sociétés qui rejettent toutes les valeurs conservatrices.

Vers le début des années 2010, à un moment donné, la scène abondait de personnes agissant par «bonne volonté», tout en ayant en même temps de grandes ambitions.

Les fonds alloués par les idéologues du nouvel ordre mondial – financiers et sociétés transnationales – à «l’activité humanitaire» étaient épuisés.

 

De plus, dans leurs «nobles accès passionnels», les activistes humanitaires ont commencé à commettre des crimes et leurs actions sont devenues de plus en plus répugnantes.

Cela a créé un conflit d’intérêts avec les minorités qu’ils étaient censés protéger. Les buts de certaines organisations humanitaires furent «assaillis» par d’autres organisations humanitaires.

Dans le but de rester dans le courant dominant mais aussi dans la zone de confort au sein des structures de financement, les organisations humanitaires ont focalisé leur énergie des unes contre les autres, ce qui a fait remonter à la surface une série de scandales et de révélations.

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Survival International

 

Par exemple, il existe une entité remarquable appelée «Survival International» (SI), anciennement connu comme «Fonds des peuples primitifs» (Primitive People’s Fund).

 

Les activités de l’organisation sont controversées non seulement en termes de buts et d’objectifs, mais également pour ses approches et ses méthodes.

 

Comment, par exemple, peut-on concevoir qu’interdire le déplacement des personnes de petites villes et villages vers des grandes villes, est une mesure de protection contre la disparition de petites nations ?

 

En fait, ils tentent de transformer de force les villages en réserves, voire en zoos humains.

 

Apparemment, cela servirait à financer l’organisation elle-même. En phase avec la lutte pour la protection démographique, et dans ce cas des communautés aborigènes locales, Survival International a préparé une série de documents de haut-niveau, très médiatisés, sous le titre général les «Victimes de WWF (World Wildlife Fund )»[Une autre ONG]. 

 

Ces documents contiennent de nombreuses parties intéressantes et controversées. Dans ce cas, le thème principal lui-même est assez stupéfiant. 1 Par exemple ici (vidéo).

Les forêts pluviales sont l’un des objets clés qui relèvent de la protection par le WWF. Il y existe une biodiversité, de faune et de flore, qui, apparemment, est nécessaire au développement de l’humanité avancée, c’est-à-dire le «milliard doré». 2 Tout le reste est considéré comme un obstacle.

L’Organisation des nations unies soutient activement le WWF. La position officielle du Commissaire de l’ONU chargé de cette question est de conserver autant que possible l’état actuel, afin de permettre l’auto-régénération de la biosphère.

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Rangers gabonais financés par WWF

Son noble désir rencontre un obstacle : les indigènes, qui vivent traditionnellement aux frontières de ces régions protégées – aires de conservation – et baignent dans les merveilles de la nature que fournit leur habitat.

 

Entre-temps, les singes endommagent beaucoup plus la faune et la flore locales que l’agriculture de subsistance des indigènes.

 

Néanmoins, les singes relèvent du concept de protection du WWF, alors que les humains n’en relèvent pas.

Le WWF a mis au point un programme de protection de ces forêts sacrées, tendrement intitulé «Des personnes saines, des écosystèmes sains : un manuel sur l’intégration de la santé et de la planification familiale dans les projets de conservation», qui propose des mesures intéressantes pour la conservation de ces ressources naturelles.

 

Par exemple, dans de rares cas, il est recommandé de tirer pour tuer des personnes incapables de lire les panneaux d’avertissement bien qu’ils aient vécu toute leur vie dans ces réserves.

Une autre suggestion propose la possibilité de stériliser la population qui aurait atteint un certain âge.

De plus, en 2017, les premiers éco-milices ont été formées dans le but d’empêcher les habitants du Congo d’entrer dans la ceinture forestière pour satisfaire leurs besoins en nourriture et en poissons dans les étendues d’eau, car il s’agit désormais d’une zone de conservation.

Il s’agit du premier cas pleinement documenté dans lequel les droits de l’homme – selon la version du concept de l’ONU – sont négligés, traités comme secondaires par rapport au bien-être des plantes et des animaux.

On pourrait attribuer la situation actuelle à la croyance sincère des fonctionnaires du WWF que les populations locales, et non les grandes entreprises mondiales, causent des dommages irréparables à la nature dans la zone de conservation et qu’il est temps de réduire leurs droits au profit de la nature.

 

Cependant, le WWF est également connu pour son cynisme et sa ruse politique.

 

Par exemple, selon l’enquête «Le silence des pandas» sur les accords commerciaux conclus par WWF avec des multinationales, environ 3 000 hectares de terres des aires de conservation ont été transférés à Shell, Monsanto et Bayer, pour un usage spécifiquement industriel.

Pour cela le WWF a reçu approximativement $3 milliards «en donations bénévoles».

Au passage, cette enquête a été publiée sous forme de livre.

 

La totalité de l’édition a été épuisée et puis tranquillement interdite à la vente dans plusieurs pays de l’Union européenne, prétextant que l’investigation ne comprenait aucune preuve, rien que de la spéculation.

Aucun procès pour diffamation n’a suivi.

 

South Front

Source et Traduit par Alexandre Moumbaris, relu par Marie-José Moumbaris pour le Saker Francophone

 
  1.  Soutien du WWF pour des programmes de stérilisation et de «tir à vue» dénoncés par la Télévision néerlandaise. ↩
  2.  Le milliard d’êtres humains les plus fortunés dans le monde ↩

24/07/2019

QUE DEVIENNENT LES ARABES CHRÉTIENS DU LIBAN ?

19/07/2019

GÉOPOLITIQUE : LE CONFLIT IRAN / USA ET LEURS ALLIÉS .......

 

VLADIMIR POUTINE ET L' ACCUEIL DES MIGRANTS ....

Poutine attaque l’accueil des migrants : « Où sont les intérêts de la population autochtone ?36454291_122063535367450_7937267002308034560_n.jpg

 

Poutine attaque l’accueil des migrants : « Où sont les intérêts de la population autochtone ? »

Vladimir Poutine, président de la Russie, accordait récemment au Financial Times un entretien très commenté dans lequel il attaquait frontalement le libéralisme menant à l’accueil des migrants par de nombreux pays européens.

 

Voici la traduction d’extraits de cet entretien par les soins de Polémia.

Financial Times : Une question générale maintenant. J’ai parlé au début de notre entretien d’une fragmentation. Un autre phénomène aujourd’hui est la vive réaction populaire contre les élites et l’establishment et vous avec vu cela avec le Brexit.

Peut-être parlerez-vous de l’Amérique de Trump. Vous avez vu cela avec l’AFD en Allemagne, en Turquie et dans le monde arabe.

Combien de temps pensez-vous que la Russie pourra rester immunisée contre ce mouvement global de réaction contre l’establishment ?


Vladimir Poutine : Vous devez examiner les réalités dans chaque cas particulier. Bien sûr il y a des tendances, mais elles sont seulement générales.

Dans chaque cas particulier, lorsque l’on regarde la situation, et la manière dont elle se déroule, vous devez prendre en compte l’histoire du pays donné, sa tradition et ses réalités. Combien de temps la Russie restera-t-elle stable ? Le plus longtemps sera le mieux.

Parce que de nombreuses choses, et sa position dans le monde, dépendent de sa stabilité, de sa stabilité intérieure.

Ultimement, le bien-être du peuple dépend tout d’abord de sa stabilité. Une des raisons, la raison interne, pour laquelle pour laquelle l’URSS s’est effondrée, est que la vie quotidienne était difficile pour le peuple, dont les salaires nets étaient très bas.

Les magasins étaient vides et le peuple perdait le désir intrinsèque de préserver l’Etat. Les gens pensaient que les choses ne pouvaient pas empirer, quoi qu’il arrive. Or il advint que la vie devint pire pour de nombreuses personnes, spécialement au début des année 1990, lorsque la protection sociale et le système de santé s’effondrèrent et que le système industriel s’émiettait.

Le régime soviétique était probablement inefficace mais au moins les gens avaient un travail. Après l’effondrement ils l’ont perdu.

Donc vous devez étudier chaque cas particulier de manière séparée.

Que se passe-t-il en occident ? Quelle est la raison du « phénomène Trump », comme vous l’avez dit, aux Etats-Unis ? Que se passe-t-il aussi en Europe ? Les élites au pouvoir se sont détachées du peuple. Le problème évident est le fossé entre les intérêts des élites et ceux de l’écrasante majorité du peuple.

Nous ne devons pas négliger cette possibilité. Une des choses que nous devons faire en Russie est de ne jamais oublier que le but de l’exercice et de l’existence de tout gouvernement est de créer une vie stable, normale et sûre pour le peuple, et d’œuvrer pour un avenir meilleur.

Il y a aussi la prétendue idéologie libérale qui a survécu à son objectif initial. Nos partenaires occidentaux ont admis que de nombreux éléments de l’idéologie libérale, comme le multiculturalisme, ne sont plus tenables.

 

Quand le problème des migrations est devenu une préoccupation majeure, de nombreuses personnes ont admis que la politique multiculturaliste n’était pas efficace, et que les intérêts de la population nationale devaient être placés en premier. Il est vrai que ceux qui font face à des difficultés dans leur propre pays, pour des motifs politiques, ont aussi besoin de notre aide.

C’est un bel idéal, mais où sont les intérêts de la population autochtone quand le nombre de migrants se dirigeant vers l’Europe de l’ouest n’est pas une simple poignée, mais des milliers ou des centaines de milliers de personnes ?

 

Financial Times : Angela Merkel a-t-elle commis une faute ?

Vladimir Poutine : Une faute cardinale.

On peut critiquer Trump pour son intention de construire un mur entre le Mexique et les Etats-Unis. Peut-être cela va-t-il trop loin.

Je ne veux pas discuter cela.

Mais il devait faire quelque chose contre l’énorme flux entrant de migrants et de narcotiques.

Personne ne fait rien.

On dit à l’envi que ce n’est pas bien. Mais qu’est-ce qui n’est pas bien ? Que faut-il faire ? Personne n’a rien proposé. Je ne dis pas qu’un mur doit être construit, ou les droits de douane relevés de 5 % par an avec le Mexique.

Ce n’est pas ce que je dis, cependant quelque chose doit être fait.

Trump cherche au moins une solution.

A quoi je veux en venir ? Ceux qui sont concernés à propos de cela, les Américains ordinaires, regardent cela et disent : « C’est bien, au moins il fait quelque chose, en proposant des idées et en cherchant une solution ». Les tenants de l’idéologie libérale ne font rien.

 

Ils disent que tout va bien et que tout est comme cela devrait être.

Ils sont installés dans leurs bureaux confortables tandis que ceux qui sont confrontés aux problèmes chaque jour, au Texas ou en Floride, ne sont pas heureux, et ils devront bientôt gérer leurs problèmes eux-mêmes.

La même chose est en train de se passer en Europe. J’ai discuté de ce problème avec mes collègues mais personne n’a la réponse.

Ils disent qu’ils ne peuvent pas mener une politique dure contre l’immigration pour de multiples raisons. Pourquoi exactement ? Juste parce que.

« Nous avons des lois » disent-ils. Et bien alors, changez les lois ! Nous aussi avons des problèmes dans notre propre sphère.

Nous avons ouvert les frontières avec les anciennes républiques soviétiques, mais au moins ces gens là parlent russe. Vous voyez ce que je veux dire ?

Et en outre nous avons pris des mesures pour rationaliser les choses dans ce domaine. Nous travaillons avec les pays d’origine de ces migrants, on leur apprend le russe à l’école, et nous travaillons aussi avec eux ici.

 

Nous avons durci la législation afin de montrer que ces migrants doivent respecter les lois, les coutumes et la culture de notre pays.

En d’autres mots, la situation n’est pas si simple en Russie non plus, mais nous avons commencé à travailler à l’améliorer.

Alors que l’idéologie libérale présuppose que rien n’a besoin d’être fait.

 

Les migrants peuvent tuer, piller et violer avec impunité car leurs droits en tant que migrants doivent être protégés.

 

De quels droits s’agit-il ? Chaque crime doit être assorti d’une peine.

Donc l’idéologie libérale est devenue obsolète. Elle est venue en conflit avec les intérêts de l’écrasante majorité de la population.

 

Entretien accordé par Vladimir Poutine au Financial Times via Polémia

MANDÉLA : LES SUD-AFRICAINS SE DÉTOURNENT DE SA POLITIQUE ......

Polémiques - Politique - 18 juillet 2019

Mandela et l’Afrique du Sud ? Parlons-en !

La guerre froide entre deux blocs, OTAN et pacte de Varsovie, avait longtemps gelé toute évolution planétaire : bousculer un crucial sujet stratégique ou géopolitique, c’était risquer le feu nucléaire.

 

Après la chute du mur de Berlin, le dégel finit par faire tomber l’Afrique du Sud de l’apartheid, avec d’autres dominos politiques hérités d’un autre âge.


Cette inévitable mise à jour déclencha alors une incroyable Mandela-manie. Libre, l’Afrique du Sud (RSA) verrait exploser d’immenses capacités jusqu’alors brimées.

Sous la démocratique houlette du sage Mandela, le pays arc-en-ciel deviendrait une grande puissance. Pourquoi pas ?

Or, vingt-cinq ans après, la RSA va mal : ravageuse insécurité, insolentes inégalités – ses propres experts officiels le clament haut et fort, on le verra plus bas.

Mais désormais payés pour vanter la mondialisation heureuse et le mélangisme sans frontières, les médias d’« information » français camouflent ces graves échecs et persistent à vanter un mirage arc-en-ciel – dont les Sud-Africains noirs eux-mêmes se détournent avec dégoût ou colère.

Cet échec, le voici.

Les inégalités. CNN (média libéral, citant la bienséante Banque mondiale) accuse : après 25 ans de démocratie, et autant d’années au pouvoir pour le parti de Mandela, l’ANC (African National Congress), l’Afrique du Sud est devenue le pays le plus inégalitaire du monde. Plus inégalitaire, même, qu’en 1994 !

Arc-en-ciel ou pas, le revenu des ménages riches (Blancs) est dix fois plus élevé que celui des ménages pauvres (Noirs).

La fragile classe moyenne – cruciale pour le développement du pays – stagne depuis 2008. Les élites (5 % du haut de la pyramide sociale) restent quasiment blanches.

La sécurité. Violence, gangs, stupéfiants, le chaos criminel ravage la RSA. Depuis 2015, le taux d’homicide du pays est le cinquième pire du monde (dit l’ONU).

 

20.300 homicides en 2018, record sur quinze ans, +3.000 victimes sur 2017. Seule baisse réelle : le taux d’élucidation par la police de ces homicides.

Les provinces et métropoles les plus criminalisées, Gauteng, KwaZulu-Natal, Cape Town, ont les taux d’homicide d’une zone de guerre.

Déjà en 2017, le nombre d’homicides augmentait de 7 % sur 2016. Taux d’homicide en RSA : ±36/100.000 habitants. 57 morts violentes par jour en moyenne !

Comparons : ce taux est-il usuel en Afrique ?

La RSA subirait-elle une sorte de fatalité criminelle continentale ? Non, car voici les taux d’homicide d’autres grands pays africains : Nigeria : ±10/100.000, Kenya : ± 6/100.000.

De fait, juge la BBC, le taux d’homicide de la RSA approche celui de la Somalie (38,4/100.000), pays d’Afrique subissant une longue et sanglante guerre civile.

 

Le ravage criminel de la RSA est d’autant plus inacceptable que le problème – très localisé – paraît plutôt aisé à résoudre, selon d’officielles statistiques :
– 50 % des homicides adviennent sur le ressort de 13 % des 1.144 commissariats du pays, d’usage situés dans les bidonvilles (townships) hors contrôle ;
– Ces townships sont connus pour leurs extravagants taux d’homicide :
. le pire de la province du KwaZulu-Natal : 177/100.000 ;
. le pire de la Eastern Cape province : 215/100.000 ;
. le pire de la banlieue de Cape Town : 322/100.000 ! (record du monde pour une simple localité).

 

Or, durant la lutte anti-apartheid, les townships furent les durables bastions de l’ANC.

Paralysés politiquement et aussi fort corrompus, les dirigeants de la RSA ne font donc rien pour juguler cette ravageuse criminalité des bidonvilles.

De ce fait, l’insécurité qui irradie de ces dangereux foyers criminels touche désormais les parties plus calmes du pays, centres-villes, campagnes.

 

Par   Xavier Raufer

 

Docteur en géopolitique et criminologue

Il enseigne dans les universités Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de Sciences politiques et de droit (Pékin)
 
 
 
Source:   https://www.bvoltaire.fr/mandela