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30/08/2017

LES SANCTIONS AMÉRICAINE INQUIÈTE LE LIBAN ......

 
Publié par Prescilla Stofmacher le 29 août 2017

Les responsables américains disent que le Hezbollah est financé non seulement par l’Iran, mais aussi par des réseaux libanais et des entreprises privées et internationales.

Les sanctions américaines plus strictes proposées contre le Hezbollah ont été suffisamment modifiées pour apaiser les craintes de dégâts majeurs sur l’économie du Liban, signe que Washington s’inquiète sérieusement de la stabilité libanaise, ont déclaré des banques et des sources politiques.

 .

Mais les banques ont déclaré que les autorités libanaises n’ont pas de quoi se réjouir car la position du Président américain Donald Trump sur l’Iran et ses alliés ne peut pas être prédite, et le projet de loi ne sera pas discuté et voté avant l’automne, lorsque le Congrès se réunira de nouveau.

Lorsque des projets américains pour étendre une législation anti-Hezbollah ont été diffusés au Liban au début d’année, les médias locaux ont mis en garde contre les conséquences désastreuses pour l’économie fragile du Liban et la politique sectaire de haine du Hezbollah.

La principale préoccupation pour les autorités libanaises est que les banques américaines – qui font face à d’énormes amendes si elles font du commerce avec des personnes ou des entreprises condamnées – pourraient considérer les banques libanaises comme trop risquées pour faire affaire avec elles.

Cela compromettrait l’économie, qui repose sur des dépôts en dollars transférés d’expatriés libanais.

Le gouvernement du Liban, la banque centrale et les banques privées ont fait pression sur les politiciens et les banques américaines cette année – et continuent de le faire – pour persuader Washington d’équilibrer sa position anti-Hezbollah avec la nécessité de préserver la stabilité du pays.

Leur message principal est que la dernière chose dont les Etats-Unis ont besoin, alors qu’ils soutiennent l’armée libanaise dans sa lutte contre l’Etat Islamique et d’autres militants venus de Syrie, serait d’un autre État défaillant au Moyen-Orient.

Leurs efforts peuvent avoir fonctionné. Le projet de loi soumis au Congrès à la fin de juillet ne comprenait pas les principaux éléments ayant causé ce qu’une source au sein des banques avait appelé «l’anxiété» de Beyrouth.

Les sources financières ont déclaré à Reuters que la législation proposée contre le Hezbollah, par rapport aux projets antérieurs, vise plus spécifiquement qui pourrait être ciblé, et n’est plus perçue comme affectant l’ensemble de la population musulmane chiite du Liban.

Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, est notre ennemi majeur

Le puissant Hezbollah chiite soutenu par l’Iran est dans le gouvernement fragile d’union nationale du Liban mais classé comme un groupe terroriste par Washington. Les responsables américains disent que le Hezbollah est financé non seulement par l’Iran, mais aussi par des réseaux libanais et des entreprises privées et internationales.

La loi américaine de 2015 sur la prévention du financement international du Hezbollah visait à bloquer les campagnes de financement du groupe dans le monde et, en juillet, les législateurs républicains et démocrates américains proposaient des amendements pour la renforcer.

Les sources bancaires ont déclaré que les amendements de 2017 n’entravent pas de façon significative la législation initiale, le choc initial que le Liban a absorbé ne devrait pas avoir d’impact majeur s’ils deviennent loi.

« Jusqu’à présent, les autorités libanaises ont réussi à limiter les retombées des sanctions américaines sur les banques libanaises », a déclaré Mathias Angonin, analyste de l’agence de notation de Moody’s.

Lobbying

Les modifications ont porté sur des points majeurs tirés des plans préliminaires qui auraient débuté avec le législateur américain au début de cette année. Les banques et les sources politiques l’attribuent au lobbying de Beyrouth.

« Il est certainement atténué par rapport à celui que nous avons vu quand nous étions là-bas, donc évidemment nos arguments ont été pris en considération … C’est plus ciblé », a déclaré Yassine Jaber, député qui a dirigé une délégation politique à Washington mi-mai après l’apparition des projets, a déclaré à Reuters.

Les banques, comme les règlements sur les sanctions, sont spécifiques aux cibles, elles évitent des amendes inattendues, et permettre d’éviter d’exclure inutilement des personnes du système bancaire.

Contrairement aux projets, les amendements ne ciblent pas, selon une copie publiquement disponible de la législation analysée par Reuters, le mouvement chiite Amal du parlementaire Nabih Berri.

En ciblant Amal, le Hezbollah, et leurs associés – les deux partis représentant la population chiite du Liban – la loi risquait de marginaliser une grande partie de la société, des banques et des sources politiques.

Les propositions actuelles donneraient au Président américain le pouvoir de décider qui devrait être sanctionné au lieu du personnel subalterne.

Elles demandent également que des sanctions soient imposées aux personnes qui fournissent un « important » soutien financier, matériel ou technologique au Hezbollah. Le mot «important» n’était pas dans le projet précédent.

L’implication du Hezbollah dans la guerre civile en Syrie, où il se bat aux côtés du Président Syrien Bashar al-Assad, est une cause de tension politique à Beyrouth et rend délicate la politique du Liban de « dissociation» des conflits régionaux.

Le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a déclaré que les tentatives des États-Unis de l’affaiblir ne fonctionneraient pas.

Des enjeux élevés

Avec l’un des ratios de dette du PIB les plus élevés au monde, la croissance a été fortement impactée par six ans de guerre en Syrie adjacente, et un gouvernement qui s’efforce de faire accepter des réformes vitales, l’économie du Liban est fragile.

Les banques libanaises soutiennent l’économie. En utilisant de l’argent déposé par des libanais expatriés, les banques locales achètent la dette publique, financent le déficit budgétaire et la dette de l’État.

« Il n’y a jamais eu de problème avec ce système mais c’est un système à haut risque », a déclaré Toby Iles de l’agence de notation Fitch.

Les dépôts pourraient s’effondrer si les banques correspondantes estiment que le Liban est risqué et ne permettent pas de liquider les transactions en dollars pour les banques locales.

Les sources financières affirment que la confiance dans la capacité de la banque centrale d’appliquer la réglementation est forte.

Mais le Liban reste un pays politiquement risqué et les banques correspondantes sont devenues plus réticentes à prendre des risques mondiaux au cours des dernières années alors que la réglementation américaine antiterroriste et anti-blanchiment s’est durcie.

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Prescilla Stofmacher pour Dreuz.info.

DÉFAITE DE DAESCH ! TRIBUNE LIBRE , POINT DE VUE ET CONSTAT !

Hassan Nasrallah : Israël est au désespoir face aux défaites de Daech

 

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 28 août 2017, à l'occasion de la Seconde Libération, suite à la capitulation complète des terroristes de Daech et d'Al-Nosra au Liban

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr


https://www.youtube.com/watch?v=LW49c8DqRwM


Transcription :

[...] Nous sommes donc véritablement face à une très grande victoire (face à Daech au Liban). Partant de là, il faut considérer que le 25 mai 2000, nous avons expulsé l'Occupant sioniste (du Liban), et qu'aujourd'hui, nous tous (les armées syrienne et libanaise et la Résistance) avons expulsé l'occupant terroriste takfiri.

C'est là une des similitudes fondamentales.

Sur la frontière, des territoires vastes et sensibles (des montagnes, des hauteurs, des positions stratégiques) étaient aux mains des sionistes, et ici également, de vastes étendues, des montagnes, des hauteurs, des collines, des positions stratégiques étaient aux mains des takfiris.

A la frontière, de l'autre côté de la frontière internationale, les Israéliens représentaient une menace en permanence et c'est toujours le cas, et les takfiris représentaient une menace à chaque instant contre tout le Liban, et en particulier contre toute la Bekaa, pas seulement contre Baalbeck-Hermel et les villages frontaliers.

Dernièrement, tout le monde sait qu'ils planifiaient là-bas, dans le Jurd de Ersal, Daech préparait des opérations suicide et des attentats à Zahlé et dans les villages alentours, mais les services de renseignement de l'armée libanaise les ont découverts avant que les opérations ne soient menées.


Aujourd'hui, nous sommes face à cette réalité. Et peut-être qu'il viendrait à l'esprit de certains de dire « ô Sayed [Nasrallah], en ce qui concerne Israël, c'est une chose très différente (de ce qui se passe aujourd'hui). » Mais non, c'est une continuation. Jour après jour, il est démontré que Daech et tous ces groupes takfiris ont été créés par le pouvoir américain et ont combattu pour réaliser le projet israélien. Ils ont combattu (dans les intérêts) du projet israélien. Et ce que ces groupes terroristes takfiris ont offert à Israël, Israël n'avait jamais pu l'obtenir durant des décennies.

Et plus dangereux encore... Je ne veux pas classer ces deux dangers, car je considère que ces groupes terroristes combattent au sein même du projet américano-israélien, qu'ils le sachent ou non. Leurs dirigeants le savent avec certitude.

Les dupes sont les combattants qui se sont laissés berner par les slogans mensongers et superficiels. Israël est un projet d'occupation et d'hégémonie. Israël est un projet d'occupation.

Les Etats-Unis sont un projet d'hégémonie.

Daech et les autres groupes takfiris sont un projet d'extermination. D'extermination de tout ce qui est différent (d'eux) : musulman, chrétien, Sabéen, Yazdi, absolument tout. C'est un projet d'extermination. L'extermination de l'homme, de l'Histoire, de la civilisation, de la société, de toute chose.

Et ensuite, lorsque notre région aura été détruite, ses armées, ses régimes, ses Etats, ses institutions, sa structure sociale,elle sera offerte (sur un plateau d'argent), apprêtée, cuite à point, rôtie et farcie à l'Amérique et à Israël, pour qu'elles s'en emparent et imposent leurs conditions à tout le monde.

Et c'est pourquoi, aujourd'hui, qui donc verse des larmes sur le sort de Daech en Syrie,dans le Qalamoune, en Irak ? Netanyahu et les responsables israéliens ! Ce sont eux qui pleurent (à chaudes larmes) et qui poussent des lamentations (éplorées) ! Actuellement, leur problème avec l'administration de Trump est qu'elle s'est engagée à faire de l'éradication de Daech sa priorité, cette administration même qui reconnait que c'est l'administration d'Obama (et Clinton) qui a créé Daech.

C'est pour cela que personne ne doit venir nous dire qu'il y a une grande différence entre la libération du Sud(-Liban en 2000 face à Israël) et cette bataille (contre Daech), et que la libération du Sud vient en première place (d'importance), et que celle (de nos frontières) est au 10e rang (par exemple), en aucune façon ! (La libération du Sud-Liban face à Israël vient) en premier, (la libération de nos frontières face à Daech) est tout de suite en deuxième position ! Car c'est une continuation de la bataille contre Israël.

Lisez (les déclarations et la presse) israéliennes. Les Libanais et les Arabes ne lisent (malheureusement) pas beaucoup. Lisez ce qu'ils disent, ce qu'ils écrivent, surtout ces jours-ci, avec l'éradication de Daech en Irak, en Syrie et au Liban, afin de bien vous rendre compte que Daech est un véritable projet israélien.

Nous sommes donc bel et bien face à la Seconde Libération (du Liban). La date de la Première Libération est le 25 mai 2000. La date de la Seconde Libération, pour l'Histoire, est aujourd'hui (28 août 2017). Je ne parle pas du jour (qui sera sélectionné pour une commémoration annuelle de cet événement). Aujourd'hui, nous devons écrire... La dernière fois, dans le calendrier,

la date d'aujourd'hui, le 28 août 2017, était vide (de toute commémoration). Mais pas pour 2018. Par la volonté de Dieu, ce jour et ce mois (a été gravé dans l'Histoire) par l'Armée libanaise, l'Armée syrienne et les combattants de la Résistance islamique au Liban.

Cela a été écrit aujourd'hui (dans les annales de l'Histoire) : le 28 août 2017 est le Jour de la Seconde Libération, qui sera enregistré comme un jour glorieux dans l'Histoire du Liban et l'Histoire de la région.

Maintenant, que le gouvernement libanais (dirigé par le pro-saoudien Saad Hariri et sa coalition du 14 mars, face au mouvement du 8 mars du Hezbollah et de ses alliés) la reconnaisse ou pas, c'est son problème,tout comme ce qui s'est passé le 25 mai 2000.

La situation était quelque peu différente à l'époque : cette date avait été décrétée jour de fête nationale, puis a été supprimée du calendrier à l'époque d'un des Premiers ministres précédents.

Mais ensuite, Dieu merci, un chef de gouvernement suivant a refait de l'occasion du 25 mai un jour de commémoration à respecter.

Nous avons maintenant une occasion à commémorer : le 28 août 2017. Je ne parle que de l'événement historique qui a eu lieu le 28 août, je n'écris pas l'histoire de moi-même. Mais aujourd'hui, il n'y a plus aucun daechiste, takfiri, (membre du) Front al-Nosra ou (tout autre terroriste) sur le moins grain de sable, la moindre montagne ou la moindre colline du Liban. C'est à cette date (que cet événement s'est produit).

Après, si le gouvernement souhaite garder cette date, ou choisir le 27 août, le 25 août, le 31 août, ou le 3 septembre (pour la commémoration), je n'ai aucun problème. Je ne précède personne, je ne parle que de (la date de) l'événement historique.

Sur cette base, je souhaite conclure par cet appel : vous vous rappelez que le 25 mai 2000, c'est tout le Liban qui a gagné, et le Liban était heureux de cette victoire, à l'exception de ceux qui avaient placé leurs espoirs dans l'occupation israélienne, et il y en avait (un certain nombre) dans le pays, et de ceux qui avaient placé leurs espoirs dans l'armée d'Antoine Lahd.

Et c'est pourquoi ce jour-là, il y avait une majorité (de Libanais) heureux, et (une minorité) de gens dont les visages étaient assombris (par l'amertume) car leurs projets s'étaient effondrés.

Aujourd'hui.... Mais (en 2000), les gens les plus heureux, malgré le fait qu'il s'agissait d'une journée, d'une fête et d'une victoire nationales, ce sont les habitants du Sud, les habitants du Sud du Liban et de Jabal Amel qui étaient les plus heureux de tous face à cette victoire et à cette Libération.

La raison en est simple : c'est parce que l'occupation avait eu lieu sur leurs montagnes, leurs collines, leurs villes, que ce sont leurs fils et leurs filles qui étaient emprisonnés, on tirait sur leurs paysans et leurs agriculteurs, et une menace quotidienne pesait sur eux. On se souvient des bombardements contre Saïda et Nabatiye et des têtes arrachées des enfants et des écoliers dans les rues. Il est tout à fait normal que les habitants du Sud, qui sont ceux qui ont le plus souffert et se sont le plus sacrifiés, aient été (les plus) heureux le 25 mai 2000.

Aujourd'hui, tout le Liban a gagné, et en toute logique, la grande majorité (de la population) est heureuse, à l'exception de ceux qui ont placé leurs espoirs sur le Front al-Nosra, sur Daech et sur les états régionaux et les puissances mondiales qui se tiennent derrière eux. Il est compréhensible qu'ils soient fâchés, attristés et consternés, et qu'ils présentent leurs condoléances, c'est normal. Et il y a quelques jours, 2 ou 3 semaines, ils (nous) ont insultés, injuriés, calomniés, mais qu'ils agissent à leur guise. Nous comprenons leur tristesse et leur douleur.

Mais en toute certitude, la grande majorité des Libanais sont heureux, car sans ces confrontations (victorieuses) depuis plusieurs années jusqu'à ce jour, Daech, le Front al-Nosra et leurs semblables auraient pu s'emparer de la Bekaa, du Nord et parvenir à d'autres endroits du Liban et on aurait vécu une catastrophe. Voyez donc ce qui s'est passé dans les pays et les sociétés autour de nous (Syrie, Irak, Libye).

Mais il est également naturel que les gens les plus heureux de cette Seconde Libération soient notre noble peuple de la Bekaa. Car ce sont eux dont les montagnes étaient occupées, ainsi que les Jurds et les champs, à qui on envoyait des voitures piégées et des kamikazes, contre Hermel, la Bekaa, et Ras Baalbeck, et toute la région était menacée jusqu'à Zahlé et toute la Bekaa, et aujourd'hui que ce cauchemar se dissipe de leurs montagnes, de leurs collines, de leurs Jurds, de leurs maisons et de leurs terres, il est certain qu'ils vont être les plus heureux de tous.

Car ils ont souffert plus que tous, et dans cette bataille, c'est parmi eux qu'il y a eu le plus de sacrifiés (martyrs). Il est vrai que nos frères, nos familles et les officiers et soldats de l'Armée libanaise venaient toutes les régions du Liban et ont combattu sur ce front, mais il ne fait aucun doute qu'aujourd'hui, dans la Bekaa, il n'y a aucun village, surtout à Baalbeck-Hermel, où ne se trouvent pas un, deux ou trois martyrs, et un, deux ou trois blessés. Les habitants de la Bekaa ont également façonné cette victoire par le sang de leurs bien-aimés et de leurs enfants, la prunelle de leurs yeux, les meilleurs éléments d'entre leurs jeunes gens. Sans parler des blessés qui sont toujours dans les maisons et dans les hôpitaux.

C'est pourquoi il est normal qu'ils se réjouissent, se félicitent et s'enorgueillissent de cette victoire qui est une victoire nationale de manière générale, mais aussi tout particulièrement une victoire pour la Bekaa. [...]

 

http://sayed7asan.blogspot.fr

L' ENNEMI IDÉOLOGIQUE DES ÉTATS-UNIS, C' EST L' EUROPE !

 

L'Europe, pire ennemi des Etats-Unis ? Vous n'êtes pas sérieux. L'islamisme, la Russie, les illégaux... n'importe, mais sûrement pas l'Europe !

Ne sommes-nous pas unis au sein de l'OTAN ? N'échangeons-nous pas des volumes considérables de marchandises et de services tous les jours ? Ne partageons-nous pas les mêmes racines culturelles, la même civilisation, la même vision du futur ? N'est-ce pas la France qui a donné à l'Amérique sa statue de la liberté, "La liberté éclairant le monde" ?!

Tout cela est vrai mais l'Europe a changé. En un sens, l'Europe ressemble aujourd'hui à un continent où les Démocrates américains auraient détenu le pouvoir sans interruption depuis 30 ans, non seulement dans les Etats nationaux, mais également au niveau de l'Union européenne.

Aux Etats-Unis, le spectre politique se partage entre Démocrates et Républicains, globalistes et nationalistes, pro-vie et pro-choix, pro-armes et anti-armes, etc. Même de nos jours, avec une présidence et une Cour suprême clairement à droite, ces oppositions sont plus vivaces que jamais.

Par contraste, en Europe, une telle palette d'opinions n'existe plus — du moins au niveau "officiel".

Politiquement parlant, en Europe occidentale, dans la presse et à l'université, soit vous êtes de gauche, soit vous êtes un pariah. Si vous êtes de droite et soutenez publiquement des thèses et opinions en ce sens, vous risquez d'être poursuivi pour "islamophobie", "racisme", "discrimination" et autres délits à l'avenant. Pour s'en convaincre, il n'est que de consulter les actualités juduciaires d'un pays comme la France où un intellectuel comme Eric Zemmour, qui serait considéré comme de droite et relativement modéré aux Etats-Unis, est constamment harcelé devant les tribunaux en raison de son "extrémisme".

Ce déséquilibre s'explique par plusieurs facteurs. L'un d'eux est la différence de maturité politique entre Américains et Européens. Tandis que les Américains "ordinaires" — pas seulement les "élites" — ont parfaitement compris le rôle fondamental que joue la Cour suprême dans le maintien des libertés constitutionnelles et comme phare culturel qui tranche en dernier ressort toutes les grandes questions de société, les Européens considèrent le rôle d'une juridiction suprême comme mineur et purement technique.

Cette différence de perception apparaît de façon éclatante avec la couverture médiatique du récent décès du juge Antonin Scalia de la Cour suprême.

Pendant des semaines, la presse US a évoqué les "opinions" et la carrière du juge Scalia, son influence sur la société américaine, l'importance du profil idéologique de son remplaçant etc. À telle enseigne que son remplacement est devenu l'un des enjeux de la dernière élection présidentielle !

Pareil débat est impensable en Europe. En Europe, nous avons deux cours suprêmes : la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui siège à Strasbourg. Et la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), qui siège à Luxembourg.

Il n'existe probablement par un citoyen européen sur un million qui est capable de nommer ne serait-ce que l'un des juges de ces deux juridictions !

La raison en est que la nomination de ces juges est opaque, purement gouvernementale dans le cas de la CEDH, principalement gouvernementale dans le cas de la CJUE, avec un simulacre de débat dans un Parlement européen dominé de la cave au grenier par la gauche culturelle.

 

En Europe, nous avons deux cours suprêmes : la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui siège à Strasbourg. Et la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), qui siège à Luxembourg. (Image : Transparency International/Flickr)

 

La meilleure illustration de cette déconnection des cours suprêmes européennes et des peuples européens est le dossier de l'immigration. Le sujet fait débat aux Etats-Unis, qui a toujours accueilli des migrants du monde entier, attirés par la lumière de la torche de la liberté. Ces dernières années, avec le développement exponentiel du terrorisme islamique, le débat américain s'est fait plus nourri.

Rien de tel en Europe, où le sujet est de facto prohibé. L'Europe est envahie depuis quelques années par des millions de migrants, musulmans dans leur écrasante majorité, dont l'ONU reconnaît que la plupart ne répondent en aucune façon aux conditions de l'asile.

Ce sont, en d'autres termes, des réfugiés économiques qui n'ont pas leur place en Europe. Comment expliquer cette situation ?

L'un des motifs est la politique de frontière ouverte de la chancelière Merkel, qui a permis l'entrée sur le territoire allemand d'un millions de réfugiés en un an, non seulement sans ce que les Américains appellent "extreme vetting" — contrôle renforcé — mais sans contrôle à l'entrée d'aucune sorte.

Toutefois, il existe un motif plus structurel à l'anarchie migratoire en Europe. Ce motif réside dans un arrêt de la CEDH, l'arrêt Hirsi Jamaa and Others v. Italy qui, en 2012, stipulait que les Etats européens ont l'obligation de secourir les clandestins en Méditerranée — en n'importe quel endroit qu'ils se trouvent, fût-ce à quelques centaines de mètres des côtes libyennes — et de les emmener sur le territoire européen, de telle façon qu'ils puissent introduire une demande d'asile.

Dans l'affaire en question, l'Italie avait intercepté des clandestins en mer et les avait ramenés à leur point d'origine, la Libye, en vertu d'une convention bilatérale conclue entre l'Italie et la Libye.

Balayant la souveraineté italienne, la CEDH décrète l'illégalité de cette convention et condamne en sus l'Italie à payer 15.000 euros de dommages-intérêts à chacun des clandestins concernés.

15.000 euros est l'équivalent de dix années de revenus dans des pays comme la Somalie et l'Erythrée (dont étaient issus MM. Hirsi et ses compagnons). En 2016, le PIB par tête de la Somalie était estimé à 400 US$, 1300 US$ en Erythrée.

Bien entendu, l'arrêt Hirsi n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. En Afrique, il devint clair que si un clandestin se fait intercepter en Méditerranée, la marine européenne a désormais l'obligation de l'acheminer vers son objectif final : l'Europe.

De telle sorte que si l'objectif du clandestin, avant Hirsi, était de ne pas se faire intercepter, il devint, après Hirsi, de se faire intercepter.

Ce qui créa un formidable appel d'air dans tout le continent africain et au-délà (de nombreux clandestins qui arrivent ces jours-ci en Italie par la Libye viennent du Bengladesh !).

Alors qu'ils étaient quelques centaines à se noyer en Méditerranée avant Hirsi, ils sont désormais 5000 enfants, femmes et hommes à se noyer, chaque année, en se mettant à la mer dans l'espoir de se faire secourir par une marine européenne (chiffres de 2016). Tragique et meurtrière conséquence d'une jurisprudence qui se voulait inspirée par les plus hauts principes moraux.

Des ONG telles que Médecins sans frontières en sont à affréter spécialement des bateaux au large des côtes libyennes, pour servir d'interface entre les marines européennes et les passeurs mafieux, dont elle se font ainsi les complices objectifs.

Les Américains doivent lire l'arrêt Hirsi, qui est la parfaite synthèse de la jurisprudence européenne contemporaine.

Ils constateront que la CEDH n'hésite pas à considérer les arguments de fait et de droit d'ONG comme Amnesty international comme faisant autorité; ce qui revient à reconnaître à ces ONG un statut équivalent à celui de source de droit !

Bien sûr, il reste de l'espoir.

La révolte gronde en plusieurs points du continent européen.

Ainsi des pays du groupe de Visegrad — Tchèquie, Pologne, Hongrie, Slovaquie — de l'Autriche, qui a dépêché des véhicules blindés à sa frontière avec l'Italie, ou de la Flandre (Nord de la Belgique) et de la Bavière, qui sont lasses de l'anarchie européenne.

 

Mais l'Amérique doit comprendre que, pour l'heure, la gauche culturelle monopolise si bien tous les lieux du pouvoir européen, que leur pire ennemi idéologique n'est pas l'islam ou la Russie : c'est l'Europe.

 

Drieu Godefridi, auteur libéral belge, est le fondateur de l'institut Hayek à Bruxelles. Il est PhD en philosophie (Sorbonne) et juriste et il investit par ailleurs dans des entreprises européennes.

 

https://fr.gatestoneinstitute.org/10915/europe-ennemi-ideologique

29/08/2017

ÉTATS-UNIS: FACE A LA DISCRIMINATION CONTRE LES BLANCS !

 
 

« Les électeurs de Trump voient les Démocrates comme le parti des minorités »

Entretien avec Lauric Henneton, historien des Etats-Unis

 
 

A Charlottesville (Virginie), le déboulonnage de la statue du général sudiste Lee initiée par des militants antiracistes a provoqué la mobilisation de l’ultradroite.

Le 12 août, un suprémaciste blanc a même tué une activiste antifasciste en fonçant sur la foule avec sa voiture.

La question raciale, que certains pensaient réglée avec l’élection d’Obama en 2008, n’est pas encore close aux Etats-Unis.

 

Entretien avec Lauric Henneton, spécialiste de l’histoire américaine.


Plus de cent-cinquante ans après la Guerre de Sécession, pourquoi le conflit mémoriel autour du Général Lee a-t-il rejaillit cet été ?

La Guerre de sécession n’est toujours pas terminée, pour un certain nombre de Sudistes, et il est fort possible qu’elle ne le soit jamais tout à fait. Dans un premier temps, après 1865, il a fallu trouver un sens à l’Histoire, à la défaite des Confédérés.

Il s’agissait d’une « étrange défaite » dans la mesure où ils estimaient leur cause juste et se pensaient protégés par Dieu (mais les Nordistes aussi). Ils étaient persuadés d’incarner la véritable essence des Etats-Unis, contrairement aux Yankees.

Dans l’immédiat après-guerre, il faut donc à la fois essayer de comprendre le passé immédiat, la défaite militaire, mais aussi un présent qui conjugue l’humiliation, avec l’occupation militaire par les soldats de l’Union, jusqu’en 1877, l’émancipation des esclaves et l’arrivée au pouvoir de certains Noirs, avec l’effondrement de toute une économie et d’une rationalisation de l’esclavage comme système.

 C’est donc la conjugaison d’un sentiment d’effondrement, de dépossession et d’humiliation, et c’est ce qu’on voit refaire surface dans les années 1960, et actuellement, comme je l’explique dans mon prochain livre (La Fin du rêve américain ? sortie le 11 octobre chez Odile Jacob).

La fin de la Reconstruction, en 1877, se traduit par la fin de l’occupation militaire du Sud mais aussi par la reprise en main politique par ce qu’il reste de l’élite blanche, avec un fort sentiment de revanche.

Pour les Noirs Américains, la défaite de la Confédération n’a apporté que des droits théoriques

Les décennies qui suivent, en gros jusqu’à la Première guerre mondiale, voient fleurir le mythe (au sens anthropologique de croyance profonde, pas de mensonge) de la « Cause perdue », qui se manifeste notamment par des commémorations et l’érection de monuments, donc de statues.

Mais c’est aussi l’essor d’un nouveau modus vivendi, la ségrégation, entérinée par la Cour suprême au niveau fédéral, donc pas seulement cantonnée au Sud, en 1896. Pour les Noirs, cette idéologie dominante de la « suprématie blanche » se manifeste par des brimades, des intimidations, un système de séparation stricte et des violences physiques (les lynchages). Ce qui veut dire que la défaite de la Confédération ne leur a apporté que des droits théoriques qu’ils ne peuvent pas faire valoir.

Vous oubliez le mouvement des droits civiques et les réformes de Lyndon Johnson en faveur des Afro-américains…

Il faut attendre un siècle, exactement, pour que le mouvement pour les droits civiques porte ses fruits et que l’exercice de la citoyenneté puisse enfin être garanti avec les lois votées en 1964 et 1965, là encore dans un contexte de violence. Le Vieux Sud n’a guère changé en un siècle, et digère très mal ce qu’il vit comme une dépossession humiliante, encore une fois imposée de l’extérieur. Le président Lyndon Johnson, pourtant démocrate et texan, comprend qu’il perd le Sud en signant ces textes de loi, et c’est le cas : à quelques exception près (Jimmy Carter en Géorgie), les Etats du Vieux Sud deviennent un bastion conservateur et républicain à partir de 1968.

Jusqu’à aujourd’hui dans certains comtés, l’administration décourage les Noirs d’aller voter

La question raciale y est d’ailleurs toujours présente, notamment sous la forme de mesures bureaucratiques visant à imposer des contraintes aux Noirs pour les priver du droit de vote. Un exemple : on exige qu’ils présentent une pièce d’identité avec une photo pour pouvoir voter mais, dans les comtés où ils sont majoritaires, on ferme le bureau qui les délivre. Du coup il faut aller dans un autre comté, ce qui les décourage et les éloigne de la vie citoyenne.

L’élection de Donald Trump a-t-elle envenimé cette guerre des mémoires ?

L’élection de Trump est plus un symptôme que le mal lui-même. Le spectre de la dépossession est démographique, avec le déclin de la population blanche au profit des minorités, et notamment des Hispaniques, mais aussi économique, avec la précarisation du marché du travail, y compris pour les Blancs. Beaucoup de suprémacistes disent que l’Etat fédéral les ignore et n’aide que les minorités dans les grandes villes. Ils se considèrent comme des oubliés : oubliés tant par les Démocrates que par les Républicains « mainstream ».

Ils ont vu en Trump une personnalité abrasive, provocatrice, un électron libre qui pourrait les représenter. L’élection d’Obama, donc d’un Noir même s’il est à moitié blanc, a davantage été un catalyseur du sentiment de dépossession, de marginalisation. L’élection de Trump a constitué une sorte de revanche, elle a eu l’effet d’une forme de désinhibition de la parole, notamment antisémite et homophobe. C’est l’ouverture de la boîte de Pandore.

L’alt right considère les Républicains comme des ploutocrates déconnectés de leurs intérêts identitaires

Les gens les plus mobilisés pour défendre les symboles sudistes sont « l’alt right » (droite alternative), les suprémacistes blancs, le Ku Klux Klan et des militants néo-nazis. Est-ce une alliance de circonstance ou un bloc uni ?

L’alt-right est une nébuleuse composée de groupes et groupuscules très divers, dont le point commun est d’être en marge (alt) de la droite républicaine classique (right). Ce sont des insatisfaits qui estiment que les Républicains sont trop modérés sur les sujets identitaires et sécuritaires, ou que ce sont des ploutocrates éloignés de leurs intérêts. Mais c’est une mouvance très hétérogène. Certains groupes néo-confédérés, qui jouent sur la nostalgie d’une identité clairement sudiste, se disent totalement hostiles aux groupes néonazis ou suprémacistes, d’autres sont plus ambigus. Certains disent être attachés au drapeau confédéré pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le racisme.

Dans les années 1980, Tom Petty, un rocker très connu aux Etats-Unis et marqué à gauche, comme Bruce Springsteen, par exemple, avait consacré un album à son identité sudiste (« Southern Accent »). Il y avait des drapeaux confédérés sur scène pendant ses concerts et ça n’a pas suscité de polémique à l’époque.

Rétrospectivement, notamment à la suite  du retrait des drapeaux confédérés de Caroline du Sud après les assassinats de Noirs par Dylann Roof, Tom Petty a regretté d’avoir utilisé ces drapeaux, qu’il voit désormais comme des symboles de racisme, alors qu’il est absolument exclu que ses intentions initiales aient pu relever du racisme et de la nostalgie confédérée. Les intentions sont donc complexes, et les temps changent : ce qui était assez anodin en 1985, et tenait d’une forme de fierté régionaliste, est devenu totalement inacceptable en 2015.

Pour les groupes nostalgiques sudistes, en revanche, toucher aux symboles confédérés relève d’une forme d’effacement identitaire, de violence, de provocation. De ce fait, chaque statue qui fait l’objet d’une polémique devient un abcès de fixation, attirant manifestants identitaires et contre-manifestants.

On trouve des groupes néo-nazis et suprémacistes blancs partout aux Etats-Unis, pas seulement dans le Sud

Quel est le poids respectifs des groupes suprémacistes dans les Etats du Sud et dans le pays en général ?

Le poids de ces groupes est difficile à mesurer, et pas forcément révélateur : il faut distinguer l’alt-right planquée derrière son clavier, sur les forums Reddit et 4Chan, composée de trolls dont le principal plaisir est la provocation des « gauchistes », par exemple, et ceux qui sont prêts à venir en découdre physiquement. Ce qui est plus éclairant, c’est plutôt la recrudescence des actes, recensés par le Southern Poverty Law Center. On trouve des groupes néo-nazis et suprémacistes blancs partout aux Etats-Unis, pas seulement dans le Vieux Sud : en Californie, dans le Massachusetts, dans le Colorado. Le Ku Klux Klan est davantage présent dans le Sud, mais il a des antennes bien au-delà (Californie, Maine, Indiana, jusque sur Long Island à New York). Le plus souvent, ces groupes se manifestent par des inscriptions (croix gammées, slogans), parfois par des dégradations, et, comme on l’a vu à Charlottesville, par des rassemblements qui peuvent mal tourner quand ils rencontrent des contre-manifestations.

On trouve dans ces groupes plusieurs dénominateurs communs : une peur de la perte de contrôle, un sentiment de dépossession qui va chercher des boucs émissaires (les immigrés, les juifs…), un rejet violent du politiquement correct, notamment dans sa version la plus caricaturale, sur les campus, et une exaltation de la virilité et de la force, ce qui explique le désir de l’affrontement physique, à la fois pour rejeter un féminisme perçu comme castrateur et une forme de féminisation de la société, vue comme un affaiblissement, un signe de dégénérescence.

Le sentiment de dépossession qu’éprouve certains Blancs s’appuie aussi sur une demande de protectionnisme

Ces tensions mémorielles sont-elles liées au mouvement « Black lives matter » et aux violences policières contre des individus noirs qui avaient émaillé le second mandat de Barack Obama ?

C’est beaucoup plus général. L’élection de Trump était à la fois une défaite pour les Démocrates mais aussi pour le Parti républicain classique. Du même coup, pour les électeurs de Trump, c’était une façon de se débarrasser des deux. Ils voient les Démocrates comme le parti des non-Américains : des minorités, de l’immigration, du multiculturalisme (évolution du cosmopolitisme juif d’antan), des villes, du politiquement correct des campus, qui veut par exemple décoloniser le théâtre et retirer les hommes blancs des programmes de littérature ou de philosophie. Les « safe spaces », où l’on peut échapper à toute contradiction et câliner des ours en peluche, sont considérés comme la quintessence de la dégénérescence de la société et notamment des élites intellectuelles.

Déjà au XIXe siècle, le Parti démocrate était le parti des esclavagistes sudistes et des immigrants catholiques (irlandais, allemands) alors que les Whigs, ancêtres des Républicains, étaient le parti des protestants d’origine britannique, qui se voyaient comme les « vrais » américains.

Chacun a vu dans Trump ce qu’il voulait y voir

Singulièrement, le schéma semble désormais inversé. L’électorat républicain de « petits blancs » que Trump a su capter se résume-t-il à une coalition de WASP racistes et frustrés ?

Aujourd’hui, les Républicains mainstream sont vus comme le parti du Big Business, pas des petits blancs. Longtemps il n’y avait pas vraiment le choix. Certains ne votaient pas du tout, d’autres votaient républicain faute de mieux. L’alt-right qui a contribué à porter Trump au pouvoir est aussi composée de jeunes (hommes essentiellement), qui n’avaient guère eu l’occasion de voter auparavant. En 2016, la candidature de Donald Trump a constitué un profond renouvellement de l’offre politique, qui permettait de renverser la table, de donner un coup de pied dans la fourmilière. Ce que l’on appelle un peu vite le populisme.

Chacun a vu dans Trump ce qu’il voulait y voir. La critique de l’establishment pouvait être lue comme un antisémitisme qui ne disait pas son nom, l’intransigeance sur l’islamisme et l’immigration mexicaine était une façon d’affirmer l’identité à la fois chrétienne et européenne, blanche, du pays, mais aussi la pureté raciale face à l’abâtardissement par le métissage. Il s’agit au fond d’un mouvement identitaire visant à rendre à l’Amérique une grandeur qui aurait disparu. Et « grandeur » peut être traduit par blancheur, christianisme, ascendance européenne, libération de la chape de plomb du politiquement correct des campus, dont les outrances sont systématiquement relayées par les médias conservateurs (Fox News, Breitbart). Black Lives Matter n’est qu’une petite partie de ce qui, pour cette frange de la droite identitaire, fait que l’Amérique n’est plus tout à fait l’Amérique.

Cette droite estime majoritairement que les Blancs font l’objet de discriminations, davantage que les Noirs.

Mais c’est beaucoup plus diffus et le sentiment de dépossession est plus profond. Il n’est d’ailleurs pas exclusivement raciste, puisqu’il s’appuie aussi clairement sur le protectionnisme économique le plus strict (« America First »).

 

https://www.causeur.fr/trump-charlottesville-kkk-obama-146322?utm_

20/08/2017

CHARLOTTESVILLE: DÉMOLIR LES STATUES C' EST SEMER LA DIVISION !

 TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !

 

Démolir des statues, semer la division

 

 

Après Charlottesville la ville de Baltimore fait retirer quatre statues confédérées.


À la suite des manifestations concurrentes de Charlottesville, la vague de destruction des statues confédérées s’est accélérée.

La nuit dernière, quatre statues confédérées ont été mises par terre à Baltimore. Des statues de soldats et marins confédérés honorés, et d’une femme confédérée. Ailleurs aussi, des statues ont été renversées ou dégradées.

Le conflit de Charlottesville lui-même portait sur le déboulonnage d’une statue du général Robert E. Lee, commandant des forces confédérées pendant la guerre civile américaine.

Des militants de la droite politique protestaient contre le déboulonnage, les militants de la gauche politique manifestaient contre la manifestation de la droite. Selon des témoins cités par le LA Times il y avait des deux côtés des sous-groupes prêts à se livrer à la violence.

En 2003, un tank américain a démoli la statue de Saddam Hussein sur la place Firdos à Bagdad. Une image de télévision étroitement cadrée laissait penser que c’était des Irakiens qui faisaient tomber la statue.

Mais ils n’étaient que de simples acteurs dans un spectacle de propagande américain. En démolissant la statue, les Etats-Unis manifestaient leur manque de respect envers ceux qui avaient combattu et travaillé avec Saddam Hussein ou qui l’avaient soutenu.

Cela a contribué à stimuler la résistance à l’occupation des États-Unis.

Les cinglés de la droite ukrainienne qui, sous la direction des États-Unis, ont renversé par la force le gouvernement légitime d’Ukraine, ont abattu les centaines de statues de Lénine qui étaient encore debout dans le pays.

Les anciens combattants qui se sont battus sous les Soviétiques dans la seconde guerre mondiale ont pris cela comme un manque de respect. D’autres encore y ont vu une attaque contre les bons souvenirs qu’ils avaient de temps meilleurs et ils ont essayé de les protéger. L’effacement forcé de l’histoire a divisé encore plus le pays:

« Ce n’est pas comme si à l’Est ils voulaient Lénine, et à l’Ouest ils voulaient l’abattre », a déclaré M. Gobert. « Ces oppositions ne sont pas seulement géographiques, elles se manifestent à l’intérieur même des générations, de la société et de l’économie, à l’intérieur des zones urbaines et rurales ».

 

Les statues situées dans les villes et les lieux sont bien plus que la vénération d’une personne ou d’un groupe. Ce sont des symboles, des repères et des fragments de souvenirs personnels:

« Un homme a dit qu’il ne se souciait pas vraiment de Lénine, mais la statue était au centre du village et c’était là qu’il avait embrassé sa femme pour la première fois », a expliqué M. Gobert. « Quand la statue est tombée, c’est une partie de son histoire personnelle qui est partie avec ».

(Les gens avaient de meilleures relations sexuelles sous le socialisme. Ne serait-ce que pour cela, Lénine ne mérite-t-il pas des statues ?)

Robert Lee était un homme brutal qui se battait pour maintenir le racisme et l’esclavage. Mais il y a peu de figures historiques sans défauts. George Washington ne « possédait »-t-il d’esclaves? Lyndon B. Johnson n’a-t-il pas menti à propos de l’incident du Golfe du Tonkin et n’a-t-il lancé une gigantesque guerre injuste contre des non-blancs sous de faux prétextes? Il y a des gens qui y penseront en voyant leurs statues.

Devraient-elles être aussi enlevées ?

La signification d’un monument change à mesure que le temps passe. Bien qu’il ait sans doute été érigé dans le cadre d’une idéologie ou d’un concept particulier, l’idée qu’on se fait de lui change au fil du temps:

[La statue de Charlottesville] a été inaugurée par l‘arrière-petite-fille de Lee en mai 1924. Comme c’était la coutume, la cérémonie a été accompagnée d’un défilé et de discours. Dans l’allocution, Lee a été célébré comme un héros qui incarnait « la grandeur morale de l’Ancien Sud » et comme un des artisans de la réconciliation entre les deux camps. La guerre elle-même a été décrite comme un conflit entre deux « interprétations de notre Constitution » et entre deux « visions idéales de la démocratie ».

 

Les racistes blancs qui venaient « protéger » la statue à Charlottesville ne l’ont certainement pas fait au nom de la réconciliation. Ni ceux qui sont venus s’opposer violemment à eux. Lee était raciste.

Ceux qui sont venus  « défendre » la statue étaient principalement des racistes de la « suprématie blanche ». Il faut bien sûr s’opposer à eux.

 

Mais le problème ici est plus large. Nous ne devons pas oublier que les statues ont plusieurs significations et messages. Lee a aussi écrit:

Que la guerre est cruelle ! Elle sépare et massacre familles et amis, elle détruit les plus purs joies et bonheurs que Dieu nous a accordés dans ce monde; elle remplit nos cœurs de haine au lieu d’amour pour nos voisins et elle dévaste le beau visage de ce monde magnifique.

 

 

Ce n’est pas parce que Lee était raciste qu’il faut abattre sa statue.

Le Lee Park, le parc de Charlottesville où se trouve la statue, a récemment été rebaptisé Emancipation Park. Il paraît logique d’y laisser la statue pour faire réfléchir sur le contraste entre elle et le nouveau nom du parc.

Les anciens monuments et statues ne doivent pas (seulement) être considérés comme une manière de célébrer les gloires de l’époque. Ils incarnent notre histoire. Avec un peu d’éducation, ils peuvent devenir de précieux enseignements.

George Orwell a écrit dans son livre 1984: « Le moyen le plus efficace de détruire les gens est de nier ou d’effacer la compréhension qu’ils ont de leur histoire ».

Les gens ne veulent pas être détruits. Ils se battront contre ceux qui voudront les détruire.

Le fait de déboulonner des monuments ou des statues sans un large consensus divise une société. Une grande partie des États-Unis a voté pour Trump.

On a l’impression que la vague actuelle de déboulonnage de statues est ressentie comme une « punition » bien mérité à l’encontre de ceux qui ont mal voté, c’est-à-dire qui n’ont pas voté pour Hillary Clinton. De nombreux électeurs de Trump n’aiment pas les statues de Robert Lee, mais ils vont détester encore plus la campagne pour les déboulonner.

Il y a peut-être des intentions cachées derrière la querelle actuelle. La radicalisation des camps adverses a peut-être un but.

Le camp de Trump peut l’utiliser pour couvrir ses plans de priver toujours plus les citoyens de leurs droits.

 

La fausse « résistance » des partisans de Clinton a besoin de ces conflits culturels pour couvrir son manque de résistance politique aux projets de Trump.

 

En tout cas, tous ceux qui sont tentés d’attiser le feu de ces dissensions feraient bien d’y réfléchir à deux fois.

 

Moon of Alabama | 16 août 2017

Article original en anglais: Smashing Statues, Seeding Strife

Source: http://arretsurinfo.ch/demolir-des-statues-semer-la-divis...

 

 

ET AUSSI

 

Source:  http://www.medias-presse.info/

Les récents incidents de Charlottesville sont l’occasion pour les médias dominants d’une fois de plus tenter de manipuler l’opinion publique.

 

 

Rappelons que ces incidents sont la conséquence d’une provocation absurde : la volonté de déboulonner la statue du Général Lee, commandant en chef de l’armée confédérée et véritable héros pour tout le sud des Etats-Unis.

 

 

 

 

Or, dans cette histoire, les médias dominants manipulent l’opinion publique à plusieurs titres.

 

 

D’abord, en continuant à propager le mythe que la guerre de sécession avait pour motif principal la volonté du Nord d’abolir l’esclavage. 

C’est là une réécriture de l’Histoire destinée à entretenir une légende dorée en faveur des vainqueurs (les fédérés) et fermer les yeux sur toutes leurs exactions.

 

 

Un autre mensonge des médias dominants consiste à faire croire que seuls les Blancs racistes sont encore attachés au général Lee et au drapeau confédéré. 

 

C’est tout simplement nier la réalité du Sud des Etats-Unis.

 

 

 

Et ce que ces médias dominants veulent à tout prix éviter de vous montrer, ce sont ces citoyens noirs du Sud des Etats-Unis qui défendent le drapeau confédérée et la mémoire du général Lee et de l’armée confédérée.

 

 

 

Car il y a une autre réalité qui va à l’encontre de l’histoire tronquée racontée par les médias dominants : ce sont les soldats noirs qui ont fièrement combattu dans les rangs de l’armée confédérée.

 

 

 

L’histoire des confédérés noirs est sans doute le sujet le plus controversé de la guerre civile car il dérange la version officielle.

 

 

 

250.000 noirs libres ont été recrutés en tant que soldats et des milliers d’esclaves loyaux se sont battus à côté de leurs maîtres, bien que la Confédération l’ait théoriquement interdit.

 

 

Bien sûr, les historiens politiquement corrects refusent de voir l’importance (et même simplement l’existence) de ces confédérés noirs dans la guerre de sécession. 

 

 

 

 

Ce qui dérange le plus le politiquement et historiquement correct, c’est l’énorme poids symbolique que représentent ces Noirs esclaves qui ont volontairement combattu avec leurs maîtres, car ils explosent le mythe selon lequel un esclave ne se battrait pas au nom des maîtres. 

 

Les historiens sérieux reconnaissent pourtant que tout au long de l’histoire, les sociétés pratiquant l’esclavage ont eu des esclaves armés, parfois promis à la liberté. Ils reconnaissent également qu’un petit nombre d’Afro-Américains étaient des propriétaires d’esclaves (environ 3.700, selon Loren Schweninger). 

 

En fait, la plupart des 3 700 «maîtres noirs» dans la décennie avant la guerre civile vivaient dans ou autour de Charleston, Natchez et la Nouvelle-Orléans . 

 

 En plus de posséder des esclaves, ils ont créé des églises, des écoles et des associations de bienfaisance dans leurs efforts pour s’identifier aux blancs.

 

Les Afro-Américains ont été les premiers à rappeler à l’opinion publique la présence des confédérés noirs.

 

 

 

Selon les documents et témoignages d’époque, on s’aperçoit par exemple que trois régiments de Noirs se battaient pour la Confédération à Manassas.  

La plupart des soldats noirs ayant combattu à Manassas étaient des Noirs libres.

 

 

 

 

Un autre exemple significatif des troupes confédérées noires libres est le Louisiana Native Guards, basé à la Nouvelle-Orléans.  

Quelque 1 500 hommes se sont enrôlés au début de la guerre et ont annoncé leur détermination à « prendre les armes à tout moment et à se battre avec les autres citoyens » en défense de la ville.

 

19/08/2017

L' IDÉOLOGIE ANTIRACISTE SOURCE DE VIOLENCE ......


L'idéologie antiraciste, à la source des violences à Charlottesville


Rédigé le Jeudi 17 Août 2017 à 09:41 |

Benoît-et-moi 2017 a traduit un article éclairant de La Bussola sur les événements à Charlottesville. Extraits :


"Les faits en bref: à Charlottesville, dans une manifestation d'extrême droite, commencée vendredi soir, et qui incluait aussi le Ku Klux Klan, les anti-fascistes américains ont réagi avec des contre-manifestations. 

Samedi matin il y a eu une escalade. Le cortège antifasciste s'est heurté à des militants de droite, malgré les efforts de la police (qui a dû annuler les permis de manifester). En fin de compte, on a enregistré 15 blessés des deux côtés. 

Mais à 2 heures de l'après-midi, heure locale, une voiture conduite par un jeune de vingt ans, un certain James Fields, s'est lancée à toute vitesse contre la marche antifasciste, avec l'intention claire de provoquer un massacre. 

C'est un acte de terrorisme intérieur. Une femme de 32 ans, Heather Heyer est la victime. 19 autres manifestants ont été blessés. 

Les médias pointent du doigt Trump. Ils l'accusent explicitement de ne pas avoir condamné sans équivoque l'extrême-droite.

 Considérant que la victime était dans un cortège de gauche, cette accusation des médias contre Trump est pertinente. La presse accuse également Trump d'avoir dédouané l'extrême droite et donc d'être implicitement responsable de l'affrontement mortel de samedi. 

Mais c'est hors-sujet. La cause de la violence est antérieure à l'administration Trump.

L'origine du conflit est un monument. A Charlottesville, on a proposé d'enlever la statue équestre du général Robert E. Lee, commandant en chef l'armée du Sud dans la guerre de Sécession (1861-1865). 

C'est depuis avril que la droite locale protestait contre cette idée. Dans la manifestation de vendredi, la droite, réunie sous le sigle Unite the Right, émanation de la Alt Right (la droite, organisée notamment sur Internet, qui a soutenu la campagne de Donald Trump), avait l'intention initiale de défendre la liberté d'expression. 

Toutefois, à la fin, on n'a pas beaucoup vu de liberté, et en compensation, le cortège s'est rempli de néo-nazis, du Ku Klux Klan et de suprémacistes blancs. 

De l'autre côté de la barricade s'étaient donnés rendez-vous, venant de toute l'Amérique, des mouvements d'extrême gauche et Black Lives Matter, la version années 2000 du Black Power.

Pourquoi un affrontement aussi violent et aussi idéologique autour d'une statue dédiée à un personnage historique d'un siècle et demi auparavant? Le visiteur européen peut rester très surpris de voir autant d'hommages aux vaincus de la guerre civile. En Italie, par exemple, il serait impossible de trouver dans le Centre et le Sud des monuments dédiés aux généraux des armées pontificales et des Bourbons, qui se sont battus contre les Savoie et Garibaldi. 

 

En Italie, depuis un siècle et demi, l'effort politique et culturel a consisté en un vaste processus d'unification à travers la rééducation, qui inclut la «damnatio memoriae» des ennemis du Risorgimento [ndt: la même chose vaut en France, avec la Révolution, et par exemple, l'insurrection vendéenne]. 

Les États-Unis, en revanche, sont et restent un pays fédéraliste. En 1861, la Fédération s'est déchirée sur les valeurs fondamentales, à la fois sur l'esclavage (que le Sud voulait préserver) et les droits des États à leur pleine autonomie gouvernementale (que le Nord voulait redimensionner sinon supprimer). 

Pour réparer la déchirure, après cinq ans de guerre, 650 mille morts et une période d'occupation dure des États du Sud, on est parvenu à une sorte de compromis culturel. Chaque État célèbre ses morts.

 Des livres et des films à succès, comme Autant en emporte le vent, et des monuments et des musées dédiés à la mémoire des héros de la Confédération, sont la manifestation de cette pacifification culturelle. Ou plutôt, étaient.

C'est la gauche progressiste américaine qui a rompu l'équilibre. Elle a décidé de se comporter à l'européenne. Au nom de l' antiracisme, elle a décrété la damnatio memoriae des Sudistes, le retrait (quand et si possible) des monuments qui leur sont dédiés, tandis que les drapeaux confédérés sont abaissés. 

Ce n'est pas seulement la gauche, qui le veut, mais aussi la droite. Sans oublier que le Parti républicain fut celui de Lincoln, du Nord, et des années 50 du XXe siècle, et aussi des droits civils contre la ségrégation raciale. C'est Nikki Haley, actuelle ambassadeur à l'ONU de l'administration Trump, qui a fait abaisser le drapeau confédéré devant son palais de gouverneur de Caroline du Sud.

La gauche et les républicains anti-racistes ont pourtant, intentionnellement ou non, idéologisé l'histoire. Ils ont transformé la mémoire de la plus sanglante guerre des États-Unis en une lutte, encore en cours, contre le racisme. Et ainsi, l'idéologisation promue par les autorités, a permis aux extrémistes idéologiques de descendre sur le terrain. A gauche, sur le front de l'anti-racisme, est né et a grandi le mouvement noir Black Lives Matter

Obama, durant son second mandat (2012-2016) a toujours montré une certaine tolérance envers lui, même après les manifestations les plus violentes. Pas même après l'assassinat de cinq policiers à Dallas, en 2016, le Président Obama n'a condamné fermement le climat de haine créé par des extrémistes de gauche. 

Et à cette époque, les médias (les mêmes médias qui aujourd'hui condamnent la complaisance de Trump pour la droite) n'ont rien trouvé à redire.

Ce «climat infâme» a permis à un monstre symétrique et opposé de refaire surface, le racisme blanc, qui semblait cantonné aux livres d'histoire et qui au contraire, au moins durant les deux dernières années, a recommencé à se mobiliser, d'abord sur le Web, puis aussi dans les rues. 

Ainsi, à cause de la lutte entre racisme et anti-racisme, les Etats-Unis commencent à connaître, avec près d'un siècle de retard, la lutte entre les «fascistes» et les «anti-fascistes». 

Dans un pays qui n'a jamais connu le totalitarisme dans sa chair."

 

Source : http://benoit-et-moi.fr/2017/actualite/usa-racisme-et-anti-racisme-.html
via

JOUNALISME ET CHASSE AUX NATIOS .......TRIBUNE LIBRE !

Nadia Daam, la journaleuse qui rêve de balancer tous les natios « neo-nazis »

Publié le 18 août 2017 - par  
 
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La chaîne alimentaire est ainsi faite : les chasseurs d’hier sont les chassés d’aujourd’hui.

Dans le cas de skinheads braillards et violents, on est tentés de penser que ce n’est que justice. Quoique…

Dans une société digne de ce nom, tout doit avoir des règles, même la guerre, sous peine de tomber dans les travers de ceux que l’on prétend combattre.

Après les manifestations de Charlottesville, les SJW (social justice warriors), toujours à l’affût d’une idée humaniste, ont décidé d’organiser une « chasse aux nazis ».

Un compte twitter « Yes you’re racist », créé en 2012 pour dénoncer le racisme ordinaire sur les réseaux sociaux, s’est chargé de mener la traque. « Si vous reconnaissez n’importe lequel de ceux qui ont manifesté à Charlottesville, envoyez-moi leurs noms/profils et je les rendrai célèbres« , a lancé le propriétaire du compte, un certain Logan Smith, jeune antiraciste de trente ans.

Aidé par certains internautes, le jeune Logan n’a pas tardé à dénicher l’identité de plusieurs participants au rassemblement de Charlottesville.

Certains ont été vus en compagnie de figures majeures du GOP, d’autres occupent des emplois éminents d’enseignant, d’ingénieur, d’entrepreneur… Bien loin de l’image du puceau chômeur aigri et inculte que les médias accolent généralement aux militants de l’extrême-droite. Il va de soi que dans un pays libéral comme les États-Unis, où le licenciement est une affaire de quelques minutes, cette exposition peut briser la carrière et la vie familiale d’une personne aux idées contrevenantes.

Certains en ont déjà fait les frais. Dès le lendemain de la manifestation, Logan Smith claironnait tout fiérot : « Cole White, le premier que j’ai exposé n’a plus de travail« .

Jeune prolétaire californien issu du milieu ouvrier, ledit Cole White travaillait comme serveur dans un restaurant de hot-dogs qui l’a renvoyé dès que son nom a été associé à Charlottesville, alors même qu’il avait manifesté pacifiquement et qu’il est un simple nationaliste sans aucune affiliation avec les nazis. (On oublie en effet de dire que les nazillons et autre skins – dont certains sont de source sûre des agents provocateurs – étaient ultraminoritaires dans ce rassemblement, la plupart des manifestants étant venus pour protester contre la démolition de la statue du général Lee).

Le restaurant où il officiait s’est fendu d’une longue lettre d’excuses sur sa page facebook : le gérant y condamne les idées de son ex employé et jure qu’il ne l’aurait pas embauché s’il avait su à qui il avait affaire.

Un autre jeune homme, étudiant dans le Nevada, s’est lui aussi vu brocarder sur les réseaux sociaux, alors qu’il n’est pas néonazi mais un défenseur de l’héritage confédéré.

Une pétition a même vu le jour au sein de son université (signée par plusieurs centaines d’étudiants et… quelques professeurs) pour qu’il soit expulsé. Heureusement pour lui, celle-ci n’a pas abouti, la direction arguant (à juste titre) que ledit jeune homme n’avait commis aucun acte illégal et que, même si ses opinions étaient condamnables, elles ne méritaient pas une exclusion.

En effet, il s’agissait d’une manifestation légale. Seuls quelques manifestants (arrêtés par la police) ont fait preuve de violence. Une pareille chasse aux sorcières aurait été compréhensible dans le cadre d’un événement illégal mais cela revêt des airs de dictature quand aucune loi n’a été enfreinte. Il ne s’agit donc plus d’une sanction pénale mais d’une réprobation morale.

On ne vous condamne plus pour ce que vous avez fait mais pour ce que vous êtes.

Révéler les données personnelles de quelqu’un est en revanche un délit… surtout quand ce n’est pas la bonne personne. Ainsi, un certain Billy Roper a reçu une avalanche d’insultes et de menaces après qu’il ait été présenté comme néonazi par le compte Yes You’re Racist qui a ensuite rectifié (« ce n’est pas Billy Roper mais un autre raciste ») sans pour autant effacer le tweet où il l’incriminait.

Un professeur d’université a lui aussi encouru les foudres de ses étudiants (dont certains ont annoncé qu’ils ne fréquenteraient plus ses cours) après que son nom a été brocardé par Yes You’re Racist. Or, le pauvre homme n’était pas à Charlottesville ce jour là mais en vacances en Jamaïque.

De retour chez lui, le magister a découvert effaré qu’on l’avait confondu avec un manifestant arborant un tatouage nazi.

Même si Logan Smith a reconnu l’erreur et annoncé publiquement que l’homme sur la photo n’était pas le professeur, ce dernier continue de recevoir des insultes et a même dû faire une conférence de presse où il a juré presqu’en larmes qu’il n’était pas suprématiste et qu’il abhorrait ces idées.

Heureusement, de nombreux internautes états-uniens se sont insurgés contre ce doxxing (divulgation des données privées) et cette chasse aux sorcières qui rappelait à certains le maccarthysme. Car, oui, les mânes de McCarthy sont de retour, à ceci près que les communistes et antifas ont repris le flambeau.

Étrangement, c’est en France que l’initiative de Logan Smith a reçu le plus de soutien sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes français ont tweeté leur admiration (dans un anglais approximatif) au jeune antifasciste et regretté que pareille initiative n’ait pas vu le jour en France.

 

Notons aussi cet article hallucinant publié sur Slate.fr par une certaine Nadia Daam dont on espère que c’est son véritable nom. http://www.slate.fr/story/149925/faut-reveler-identites-d...

Dans sa tribune très lyrique, l’auteur justifie la divulgation de l’identité des militants d’extrême-droite par le fait que « ces derniers agissent à visage découvert » et qu’il n’y a donc aucune interdiction à « dévoiler leur identité et leur faire répondre de leurs actes ».

Pour elle, ces militants (qu’elle assimile tous au nazisme) devraient assumer à plein temps leur engagement : « on ne peut être militant d’extrême-droite lors des meetings et employé modèle ou papa poule dans son cercle privé », ânonne-t-elle.

Si « le but est évidemment de nuire », il faut en passer par là, pour « combattre la haine avec vigueur ». On rappellera seulement que la manifestation de Charlottesville était tout à fait légale et qu’il s’agit ici de dénoncer des gens pour avoir fait quelque chose qui n’était donc pas interdit.

Le malaise survient lorsque Nadia Daam affirme qu’il faut poursuivre cette traque malgré les erreurs d’identification, qui, selon elle, ne sont « pas si graves » même si elles valent des insultes et des menaces à des personnes innocentes confondues avec d’autres (qui sont tout aussi innocentes légalement).

Elle appelle ainsi à « assumer les pots cassés » et conclut par une sentence qui fleure bon les moisissures idéologiques de l’ère soviétique : « Il doit être insupportable d’être accusé à tort et de subir insultes, et menaces. Mais, les personnes mises injustement en cause, auront toujours la possibilité de rétablir la vérité. Même si elles y auront laissé des plumes. »

Coupable jusqu’à preuve de votre innocence…

Au vu du soutien que cette idée rencontre en France, il faut se préparer, camarades, à ce qu’un jour nos noms aussi soient traînés publiquement dans la boue, assimilés au nazisme et aux pires infamies. Bref, soyons prêts, chers camarades, à être tricards de partout, à être – selon les paroles douces de cette Nadia Daam – « exclus de la société ».

C’est une éventualité que nous devons sérieusement envisager au vu de l’évolution (ou régression) des mentalités. Si nos universités nous excluent, si nos entreprises nous renvoient, si nos propres familles nous renient à cause de nos opinions (à l’instar de ce père antiraciste qui a lu sur CNN une lettre reniant son fils qui avait été à Charlottesville) alors que faire ?

Le seul chemin courageux sera celui du maquis : entrer en lutte contre le régime qui aura brisé nos vies.

Nicolas Kirkitadze     http://ripostelaique.com

17/08/2017

LE COMMUNISME, L' ISLAM ET LE GRAND MENSONGE !

LE MENSONGE DANS LE COMMUNISME ET L’ISLAM


Conférence donnée lors des Journées Jean Vaquié, Avrillé, 14-16 Juillet 2017
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1. QU’EST CE QUE LE MENSONGE ?
2. LE MENSONGE EN ISLAM.
3. LE MENSONGE DANS LE COMMUNISME.
4. DIFFÉRENCES
5. RESSEMBLANCES.
6. L’ALLIANCE INVRAISEMBLABLE MAIS HISTORIQUE DU COMMUNISME ET DE L’ISLAM.
7. QUELQUES DÉFAITES DE L’ÉGLISE.
8. CONCLUSION
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1. QU’EST CE QUE LE MENSONGE ?

« Le mensonge consiste à affirmer comme vrai ou comme faux, par des paroles ou par des actes, ce qu’on ne croit pas tel.

De combien d’espèces est le mensonge ?

Le mensonge est de trois espèces : le mensonge joyeux, le mensonge officieux et le mensonge pernicieux.
Le mensonge joyeux est celui dans lequel on ment par pure plaisanterie et sans faire tort à personne.
Le mensonge officieux est l’affirmation d’une chose fausse pour sa propre utilité ou celle d’un autre, mais sans qu’il y ait de préjudice pour personne.
Le mensonge pernicieux est l’affirmation d’une chose fausse qui fait tort au prochain.

Est-il permis de mentir ? 

Il n’est jamais permis de mentir ni par plaisanterie, ni pour son propre avantage ni pour celui d’autrui, car c’est une chose mauvaise par elle-même.

Le mensonge concerne-t-il plusieurs péchés ? 

Quand le mensonge est joyeux ou officieux, c’est un péché véniel ; mais s’il est pernicieux et que le préjudice causé soit grave, c’est un péché mortel.

Est-il toujours nécessaire de dire tout ce que l’on pense ?

Non, cela n’est pas toujours nécessaire, surtout quand celui qui vous interroge n’a pas le droit de savoir ce qu’il demande. »

Voilà ce qu’enseigne au sujet du mensonge le Catéchisme de saint Pie X.
Le mensonge est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité, ou sa dissimulation (mensonge par omission), une forme de manipulation visant à faire croire, ou faire faire à autrui, ce qu’il n’aurait pas cru ou fait s’il avait su la vérité. Le mensonge est donc avant tout mauvaise foi, et c’est pourquoi il est un péché, car « tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché (Rm 14.26) ».

Le Catéchisme de Jean-Paul II précise : « La gravité du mensonge se mesure selon la nature de la vérité qu’il déforme, selon les circonstances, les intentions de celui qui le commet, les préjudices subis par ceux qui en sont victimes. Si le mensonge, en soi, ne constitue qu’un péché véniel, il devient mortel quand il lèse gravement les vertus de justice et de charité. (CEC n°2484) ». 

Il en ressort une double leçon, utile pour notre étude du mensonge dans l’islam et le communisme (un double pléonasme) :

1) Le mensonge est toujours un péché, mais pas toujours mortel.
2) Dire la vérité à qui n’a pas le droit de la connaître n’est pas requis.  

Il est clair que la Vérité doit être aimée pour elle-même, comme le montre le fait qu’elle n’a pas besoin d’être qualifiée, alors que toute vertu demande à être vraie. Cependant, “amour et vérité s’embrassent (Ps 84.11)”, en sorte que les exigences de l’amour deviennent celles de la vérité… Existe-t-il des cas où l’on ne puisse pas dire la vérité sans causer un dommage très grave au prochain ou trahir un très grave devoir ? Le mensonge est-il parfois permis ? “Vous abritez un Juif ou un résistant dans votre grenier.

La Gestapo qui le cherche vous interroge. Allez-vous dire la vérité ? Allez-vous (ce qui reviendrait au même) refuser de répondre ? Bien sûr que non ! Tout homme d’honneur, tout homme de cœur, et même tout homme de devoir, se sentira non seulement auto-risé mais tenu de mentir. […] Il faut dire la vérité, ou le plus de vérité possible, puisque la vérité est une valeur, puisque la sincérité est une vertu ; mais pas tou-jours, mais pas à n’importe qui, mais pas à n’importe quel prix, mais pas n’importe comment ! Il faut dire la vérité autant qu’on peut, ou autant qu’on doit, disons autant qu’on peut le faire sans manquer par là à quelque vertu plus haute ou plus urgente.”(1)

Différentes théories ont fleuri pour essayer de justifier le mensonge dans ces situations extrêmes. Nous nous contenterons ici de donner la solution thomiste. Elle consiste dans la notion de restriction mentale, qui existait déjà chez saint Augustin et que saint Thomas connaît sous le nom de « dissimulation de la vérité (dissimulatio veritatis) » : « Il est permis de cacher prudemment la vérité sous quelque dissimulation, comme le dit saint Augustin (q. 110, a. 3, ad 4) ».

La restriction mentale n’est pas un mensonge : elle consiste à employer un langage volontairement équivoque pour cacher une vérité à un interlocuteur qui n’a pas le droit de la connaître. Maintenir l’interdiction du mensonge tout en acceptant des stratégies de tromperie où ce qui est dit n’est pas faux mais peut être faussement interprété, paraît la seule façon possible d’accorder la lettre de la Loi, qui a été faite pour l’homme et non pas l’homme pour elle (Mc 2, 27), avec la fidélité à l’Esprit de Dieu, qui nous demande d’être candides comme des colombes et prudents/rusés comme des serpents, brebis que nous sommes au milieu de loups (Mt 10, 16)… 

Nous connaissons la ruse d’Abraham qui déclara au roi Abimélek en Égypte que la très belle Sara était non pas sa femme, mais sa sœur, tant il craignait pour sa vie si la vérité était connue. Abraham se justifia de la chose en invoquant le fait que Sara étant la fille de son père sans l’être toutefois de sa mère, il pouvait sans mentir l’appeler sa sœur, bien qu’elle fût aussi sa femme. Saint Augustin innocente le patriarche de l’accusation de mensonge en affirmant qu’« il cacha la vérité, mais ne dit rien de faux (Contre Fauste, liv. 22, chap. 34) ».

La menace de mort rendit licite la dissimulation de la vérité. Le simple choix de la tromperie négative (dissimulation) plutôt que du mensonge témoigne d’un souci moral, celui d’éviter un plus grand mal.

Jésus Lui-même a usé d’équivoques et de restrictions mentales, Il dit par exemple aux Juifs : « Détruisez ce Temple, et en trois jours Je le rebâtirai. (Jn 2.19) ». Les Juifs crurent, comme ils ne pouvaient que le comprendre, qu’Il parlait du Temple de Jérusalem, mais Lui parlait de Son corps… Il dit à ses disciples : « Notre ami Lazare dort, mais Je vais aller le réveiller. ». L

es disciples crurent qu’Il parlait du sommeil de Lazare, mais Jésus parlait de sa mort (Jn 11.11,14)… Ou bien encore, Jésus dit à ses cousins : « Vous, montez à la fête ; Moi, Je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n’est pas encore accompli. (…) Mais quand ses frères furent montés à la fête, alors Il monta Lui aussi, pas au grand jour, mais en secret. (Jn 7.8,10) ».

On peut reprocher aux équivoques et aux restrictions mentales de n’être que des subtilités inventées pour se persuader qu’on ne ment point, alors que leur effet est bel et bien de tromper et de détruire la confiance mutuelle, indispensable à la vie sociale. Car les relations sociales ont besoin de franchise, de confiance mutuelle et de sincérité. C’est pourquoi Dieu promet le bonheur à son peuple moyennant l’obéissance à Ses commandements : « Tu n’invoqueras pas le nom de Dieu en vain. (…) Tu ne porteras pas de faux témoignages (Ex 20.7,16). ». Jésus ne dit-Il pas : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Tout ce que l’on dit en plus vient du Mauvais. (Mt 5.37) » ? Jusqu’à quel point la ruse pratique est-elle moralement défendable ?

Pour répondre à cette question, certains moralistes, y compris parmi les Pères de l’Église, font valoir que si l’usage de la violence est interdit, mais devient légitime pour s’en défendre (dans les cas précisément de légitime défense), alors, vouloir connaître indûment une vérité constitue pareillement une violence, contre laquelle il est alors légitime de résister par cette violence qu’est le mensonge. 

Si le mensonge est violence, et si l’usage de la violence est parfois légitime, alors, comme nous l’avons vu dans l’exemple d’Abraham ou de Jésus, les équivoques et les restrictions mentales, peuvent être légitimes. A la différence du mensonge, elles ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais seulement si elles sont utilisées sans nécessité ou avec la volonté de nuire. L’intention de préserver un secret légitime les rend licites.

L’Église enseigne que « La charité et le respect de la vérité doivent dicter la réponse à toute demande d’information ou de communication. Le bien et la sécurité d’autrui, le respect de la vie privée, le bien commun sont des raisons suffisantes pour taire ce qui ne doit pas être connu, ou pour user d’un langage discret [adapté ?]. […] Personne n’est tenu de révéler la vérité à qui n’a pas droit de la connaître (cf. Si 27.16 ; Pr 25.9-10). (CEC n°2489) ».

Saint Thomas d’Aquin montre le fondement de cette possibilité d’un usage défensif du langage dans la distinction entre la fausseté matérielle et objective du mensonge, qui est l’énoncé inexact, et sa fausseté formelle et subjective, qui est l’intention de tromper. Il est clair qu’un perroquet ne peut pas plus mentir que dire la vérité, car il n’a ni connaissance ni intention. C’est donc cette « fausseté formelle qui constitue la raison de mensonge, à savoir la volonté d’exprimer ce qui est faux. C’est pourquoi on appelle “mensonge” ce que l’on dit “contre sa pensée” (II-II, Q 110, a.1) », mais on appelle tromperie, la trahison de la confiance.

Aussi, « Vouloir tromper quelqu’un, lui faire croire ce qui est faux, cela ne ressortit pas spécifiquement du mensonge, mais à une certaine perfection du mensonge. (II, Q. 110, a. 1.) ». Il faut donc distinguer mensonge et perfection du mensonge. C’est de cette dernière seulement dont il va être question dans notre propos sur le mensonge dans l’islam et le communisme.

La distinction thomiste de la tromperie et du mensonge rend légitime des stratégies de secret, dont la qualification morale dépend de l’intention. Vouloir cacher n’est pas tromper, même si tel sera le résultat. Et dans ce cas, le trompé devra assumer la responsabilité d’avoir été trompé, car il a posé des questions qu’il n’aurait pas dû poser, exigé des vérités qu’il ne devait pas connaître, en sorte qu’il a pris pour vérités non des mensonges, mais d’autres vérités, destinées à le détourner de celles qu’il recherche.

Plutôt donc qu’une morale prohibant toute forme de mensonge, telle celle de Kant, refusant de mentir à un meurtrier pour épargner sa victime (François Boituzat, Un droit de mentir ? Constant ou Kant, Paris, PUF, 1993), maintenir l’interdiction du mensonge tout en acceptant des stratégies de tromperie où ce qui est dit n’est pas faux mais peut être faussement interprété, paraît la seule façon possible d’accorder la lettre de la Loi, qui a été faite pour l’homme et non pas l’homme pour elle (Mc 2.27), avec la fidélité à l’Esprit de Dieu, qui nous demande d’être candides comme des colombes et prudents/rusés comme des serpents (Gn 3.1), brebis que nous sommes au milieu de loups (Mt 10.16)….

Bref, il y a donc une différence essentielle entre tromper pour sauver ce qui doit l’être et tromper pour nuire à autrui.

C’est à cette dernière acception que nous allons maintenant faire référence en traitant des rapports de l’islam et du communisme au mensonge. Islam et communisme refusant l’un et l’autre d’adorer Jésus, qui est La Vérité (Jn 14.6), sont déclarés par Jésus Lui-même « fils du Diable », lequel « est menteur et père du mensonge (Jn 8.44) ».

 

2. LE MENSONGE EN ISLAM.

« La ruse appartient à Allah en totalité (Coran 13.42) » qui « est le meilleur pour fomenter un complot (Coran 8.30) ». Aussi, à son école, Mahomet complote : « Attire par ta voix ceux que tu pourras ; fonds sur eux avec tes cavaliers et tes piétons ; sois leur associé dans leurs richesses et leurs enfants et fais-leur des promesses. Satan ne fait des promesses que pour aveugler les hommes. (Coran 17.66) ».

« Il est permis de mentir si le but à atteindre est louable. (Ghazali, Reliance of the Traveller, Amana, Maryland, USA, 1997, p.745) », et ce but peut être l’assassinat d’innocents… car personne n’est innocent qui ne veut se soumettre à l’islam (Coran 5.33).

C’est ainsi qu’Usayr ibn Zarim et trente des ses hommes, désarmés par Mahomet après la promesse qu’il leur fit d’un sauf-conduit, furent par lui assassinés (Bukhari 52.269). Mahomet, modèle de tout musulman (Coran 33.21), n’utilisait pas le mensonge seulement pour cacher ses secrets ou tromper ses prétendus ennemis, mais pour nuire à autrui. C’est ainsi qu’ayant appelé à assassiner le poète critique Kab bin Arshaf, Muhammad bin Maslama demanda à Mahomet s’il était permis de lui mentir pour lui tendre un piège.

Mahomet le lui assura, et le félicita lorsque ce dernier revint lui apporter la tête de sa victime (Bukhari, 52.271, 64/15 ; Muslim, 32-3359 ; Muslim, 19/4436). Mahomet signa un traité de paix de dix ans avec les Mecquois, ce qui lui donna le temps de refaire ses forces pour s’emparer de la ville deux ans plus tard, après avoir exécuté les personnes qui lui avaient fait confiance (Ibn Ishaq, Sira, 981 ; 834 & 837).

Vous le voyez, il n’est pas question ici de tromper pour sauver, mais de tromper pour nuire à autrui dans l’entreprise universelle et perpétuelle du djihad. « Mentir est obligatoire si l’objectif à atteindre s’impose. (Reliance of the Travaller, Maryland, USA, 2011, Para r8.2) ». Imposer l’islam est le devoir de tout musulman, et donc pareillement le mensonge.

C’est ainsi que s’appuyant sur un hadith d’Ali : « La takia (principe légitimant le mensonge) est notre vraie religion et celle de nos parents. Celui qui ne l’exerce pas, qu’il se considère comme un non-pratiquant de l’islam. » (2), l’imam Ja‘far as-Sadiq enseigne : « Quiconque n’observe pas la dissimulation n’a pas de Foi ». (3) En résumé « la takia est voile pour le croyant, et celui qui n’a pas de takia n’a pas de religion. ». (4)

 

Ce devoir du mensonge en islam se décline sous quatre formes : la takia, qui est la plus connue, mais aussi la tawriya, le kitman et le muruna.

La Tawriya, peut être définie comme l’« inventivité dans l’art du mensonge ».

A ce titre on peut mentionner le soi-disant apport de la culture grecque et scientifique à l’Occident, mensonge éhonté qu’a si bien démonté Sylvain Gougueuheim dans son ouvrage Aristote au Mont Saint-Michel, mais que toute la nomenklatura veut continuer à faire passer pour une vérité historique ; ou bien le mythe de l’âge d’or de la tolérance entre les religions qui aurait existé lors de l’occupation musulmane de l’Andalousie, etc. La Tawriya permet de changer le sens d’un serment sans en changer la lettre (Reliance of the Travaller, Maryland, USA, 2011, o19.1, o19.5).

C’est ainsi qu’un musulman niera que les Juifs et les chrétiens sont déclarés par le Coran « des égarés, objets de la colère d’Allah », car le verset ne le dit pas textuellement, bien qu’aucun autre sens n’est logiquement possible. Pour faire accroire à la haine de l’islam pour le mensonge, il pourra citer : « La malédiction d’Allah tombe sur les menteurs. (Coran 3.61) », sauf que les menteurs sont pour le Coran ceux qui refusent l’islam. Et s’il souhaite la paix à un non-musulman, ce sera pour lui souhaiter intérieurement sa conversion à l’islam.

Le Kitman consiste à ne dire qu’une partie de la vérité afin de la déformer entièrement. Un exemple bien connu est celui d’affirmer que le terme djihad désigne le combat contre soi-même, alors que ce combat contre soi-même est celui de résister à la tentation de quitter l’islam et de contribuer à promouvoir l’islam (Coran 2.193 et 8.39). Un autre exemple est la citation de versets apparemment tolérants, mais qui ont été abrogés.

Le Muruna signifie faire preuve de souplesse, savoir s’adapter. C’est l’arme suprême pour s’infiltrer chez l’ennemi. A l’imitation de la conduite d’Allah abrogeant certains versets de sa parole éternelle pour de meilleurs (Coran 2.106), un musulman est justifié de ne pas respecter certaines règles musulmanes s’il obéit à un « meilleur commandement ».

Ainsi un jihadiste se rasera la barbe, boira de l’alcool, ira en boite de nuit, ne respectera pas le ramadan, épousera une non-musulmane, critiquera même le Coran, etc.

La Takia est l’art de dissimuler l’identité musulmane pour protéger l’islam ou le musulman.

Elle permet aux musulmans de dissimuler jusqu’à leur croyance, voire de la renier et d’en pratiquer publiquement une autre, s’ils estiment la chose nécessaire à la sauvegarde de leurs intérêts (Coran 3.28,54 ; 16.106), et cela dans l’attente que le rapport de forces ne s’inverse et qu’il leur devienne possible d’envisager l’agression : « Ne montrez point de lâcheté et n’appelez point les infidèles à la paix quand vous leur êtes supérieurs… (Coran 47.38) ».

Même si chiites et sunnites s’accusent mutuellement d’avoir une pratique peccamineuse de la takia, les uns et les autres la pratiquent à l’école d’Allah qui justifie le parjure : « Allah a institué pour vous un moyen de vous délier de certains de vos serments. (Coran 66.2) ».

La takia est la foi dans une tactique infaillible permettant d’instaurer le califat sur la terre entière.

 

Elle est plus importante que la pratique des cinq piliers de l’islam. Sa connaissance est par définition insaisissable. C’est en soi une religion impliquant une pratique dans tous les domaines de la vie. Il existe essentiellement deux formes de takia, défensive et offensive, notions qui recoupent notre distinction entre la tromperie pour sauver et la tromperie pour nuire.

Je ne traite ici que de la seconde, l’offensive, visant à s’approprier le pouvoir d’un pays puis de l’ensemble de l’humanité, selon des techniques sophistiquées comprenant une grande diversité de méthodes. Cet art du mensonge procède par étapes en vue d’infiltrer les esprits progressivement et de les soumettre en douceur, en s’adaptant à chaque situation.

L’origine de la takia remonte au projet d’Allah de démasquer Satan, qui était si expert en takia qu’Allah lui-même ne pouvait le distinguer parmi les anges fidèles… Allah résolut alors de créer Adam pour tendre un piège à Satan, celui de devenir le calife de la Création (Coran 2.30).

Et pour qu’Adam pût rivaliser avec Satan, il fallut qu’Allah lui enseignât la takia. Adam transmit ensuite cette technique qui est enseignée aujourd’hui chez les musulmans et les Juifs. Sauf que les juifs la pratiqueraient au service de Satan, et les musulmans au service d’Allah. En fait Adam n’a pas mangé du fruit défendu, mais selon le plan convenu avec Allah, il a fait semblant afin de montrer aux anges fidèles la nature perverse de Satan l’ayant invité à pécher…

Certes, la pauvre Ève, dans son ignorance a été impliquée dans cette comédie, mais elle a été créée faible pour cette raison…

Et voici la première règle de la takia : profiter de la faiblesse et de l’ignorance d’autrui. Pour les vrais musulmans, la fin justifie les moyens, et la vie humaine n’a aucune valeur au regard d’Allah. L’histoire Sainte est réinterprétée selon cette loi du mensonge : l’histoire de Joseph (Gn 37-50) n’est qu’une application de la takia par Jacob et Joseph pour entrer en Égypte et en conquérir le pouvoir (Coran 12.4-10) ; de même, la tante maternelle de Moïse put le sauver de la mort décrétée par Pharaon pour tous les nouveau-nés mâles Hébreux, parce qu’elle était devenue l’épouse de Pharaon en vue de faciliter le départ d’Égypte du peuple Hébreu devenu nombreux et riche. Le même principe a présidé à la Shoah en vue de la création de l’État d’Israël…

Mahomet a pratiqué la takia jusque dans le Coran, avec les versets dits tolérants ou usant du principe de l’abrogation (Coran 2.106, 5.15 ; 16.101). 


Aujourd’hui la takia se sert de la démocratie, des Droits de l’homme, de la liberté religieuse, pour imposer la charia dans l’espace public. Elle déclare « modérés » ceux qui iront demain rejoindre l’armée du Mahdi, et qui en attendant font fructifier au profit de l’islam les concessions que leur obtient la peur des actes terroristes.

L’islam ne vit que par la peur qu’il inspire : peur d’Allah qui menace sans cesse des tourments de l’Enfer, et peur de l’Ouma chargée de faire appliquer sa volonté jusqu’à la mort du mécréant. Islam intégriste, islam modéré et étatique, œuvrent de concert à accomplir la volonté de l’unique Allah : « Allah a envoyé son Prophète avec la religion de la Vérité pour la faire prévaloir sur toute autre religion. (Coran 9.33 ; 2.193 ; 8.39) ». Il est indéniable que les attentats ont conduit les pouvoirs publics français à choyer la communauté musulmane jusqu’à lui créer le CFCM et L’islam de France, toute honte bue du reniement du sacro-saint principe laïciste de la séparation de l’État et des religions.

A l’instar des pays arabo-musulmans affrontés eux-aussi au terrorisme, ils pensent couper ainsi l’herbe sous les pieds des islamistes en islamisant eux-mêmes la société à leur place ! La takia est si parfaite qu’elle réussit à faire honorer l’islam par une civilisation qu’il se doit de détruire.

L’islam-religion, jouant du respect de la liberté de conscience et de religion, est le cheval de Troie utilisé chez nous pour implanter la charia, but du djihad. Les propos de M. Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000, ne laissent aucun doute sur le caractère pacifique de la présence islamique en Occident : « Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques. […]

La renaissance islamique ne peut commencer sans une révolution religieuse, mais elle ne peut se poursuivre et être menée à bien sans révolution politique. Notre première tâche doit être de gagner non le pouvoir mais les hommes. […]

Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Nous devons être des prêcheurs et ensuite des soldats. […]

Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale* et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique. (Déclaration islamique) »

3. LE MENSONGE DANS LE COMMUNISME.

Le communisme c’est l’avenir/l’anticommunisme c’est le passé ! ; le communisme c’est la générosité/l’anticommunisme c’est l’égoïsme ! ; le communisme c’est la paix/ l’anticommunisme c’est la guerre ! ; Le communisme c’est le progrès/l’anticommunisme c’est la stérilité, la stagnation, la pauvreté ! Voilà les slogans que l’on entendait il y a encore vingt cinq ans.


Si le communisme a pu s’imposer en si peu de temps à des sociétés aussi différentes que la Chine, Cuba ou la Guinée, représentant au total la moitié de l’humanité, c’est parce qu’il a joué avec ce qu’il y a d’universel dans l’homme, en lui proposant le projet messianique recyclé d’une société heureuse ici-bas, dont l’avènement était aussi certain que la science est certaine,(5) faisant appel aux idéaux de justice, de générosité, de partage, de sacrifice, le tout mis en regard des injustices sociales de la société occidentale en train de s’industrialiser et de conquérir le monde.

 

Comme toujours, le démon s’est appuyé sur quelque chose de vrai, à savoir la pitoyable condition des ouvriers au début de l’ère industrielle, et le cruel amour de l’argent de ceux qui les exploitaient, pour instiller en eux et entre eux la haine, la haine de Dieu.

La haine comme moteur de l’histoire dans l’assurance de pouvoir se procurer sans Dieu et même contre Dieu, par ses propres forces, le bonheur. Voilà l’abominable mensonge qui a poussé le pape Pie XI à déclarer que le communisme était « intrinsèquement pervers (Divini Redemptoris, n°58) ». Saint Paul avait déjà qualifié l’athéisme de péché « inexcusable (Rm 1.18) ». 

Pour notre sujet, il est important de remarquer que le pape Pie XI associe le jugement qu’il porte sur la nature perverse du communisme à la dénonciation de ses mensonges, afin, dit-il, de « mettre en garde contre les ruses et les tromperies avec lesquelles les communistes s’appliquent et sont déjà parvenus à gagner à leur cause des hommes qui sont pourtant de bonne foi. […]

Le communisme athée s’est montré au début, tel qu’il était, dans toute sa perversité, mais bien vite il s’est aperçu que de cette façon il éloignait de lui les peuples : aussi a-t-il changé de tactique et s’efforce-t-il d’attirer les foules par toutes sortes de tromperies, en dissimulant ses propres desseins sous des idées en elles-mêmes bonnes et attrayantes.

Ainsi, voyant le commun désir de paix, les chefs du communisme feignent d’être les plus zélés fauteurs et propagateurs du mouvement pour la paix mondiale ; mais, en même temps, ils excitent à une lutte de classes qui fait couler des fleuves de sang, et sentant le manque d’une garantie intérieure de paix, ils recourent à des armements illimités.

Ainsi encore, sous divers noms qui ne font pas même allusion au communisme, ils fondent des associations franchement catholiques et religieuses. Ainsi, sans rien abandonner de leurs principes pervers, ils invitent les catholiques à collaborer avec eux sur le terrain humanitaire et charitable comme on dit, en proposant parfois même des choses entièrement conformes à l’esprit chrétien et à la doctrine de l’Église. (Divini Redemptoris, n°56,57) ».

 

Voilà franchement dénoncé l’usage systématique au mensonge de la part du communisme. Est-ce que l’Église est aujourd’hui capable de dénoncer pareillement l’usage du mensonge de la part de l’islam, ou bien est-elle déjà tellement islamisée qu’elle ne le peut plus ?

Le mensonge niant l’existence de Dieu a nécessairement conduit le communisme à mentir au sujet du péché originel, et donc à avoir une vision faussée de l’homme et des rapports humains, de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la Rédemption, et de tout l’ordre surnaturel de la Grâce en lequel nous entrons par notre appartenance à l’Église. Mais Marx a fondé le communisme sur trois autres mensonges, aussi singuliers qu’énormes :

1) Il n’y aurait plus lieu de chercher à comprendre le monde ― comme les philosophes l’ont fait jusqu’alors ―, mais à le transformer (Contribution à la critique de l’Économie politique, Londres, 1859).
2) La religion (et donc Dieu) serait « l’opium du peuple » (Contribution à la critique de la philosophie du Droit de Hegel, Londres, 1843).
3) Et l’histoire de toute société jusqu’à nos jours serait celle de « la lutte des classes » (Manifeste du Parti communiste, Londres, 1848) .(6)

Ces trois mensonges contiennent en germe tous les maux que le communisme a apportés au monde : des malheurs temporels innombrables, depuis la misère matérielle pire que celle des sociétés bourgeoises dénoncée par Marx, en passant par la privation de toute liberté, jusqu’à la damnation d’un nombre incalculable d’âmes à qui l’athéisme fut inculqué comme profession de foi ! 

1) Premier mensonge : 

Comment prétendre transformer le monde sans le penser, et donc sans le connaître ? Qui ne voit le non-sens absolu d’une telle prétention et l’orgueil qu’elle suppose ?! C’est aussi stupide que de faire précéder l’essence par l’existence, selon la célèbre formule de Descartes : « Je pense, donc je suis. ».

En effet, pour penser, il faut d’abord être ! Comment celui qui n’est pas pourrait-il penser ?! Penser avant d’être, c’est se croire immatériel… se prendre en quelque sorte pour Dieu, ce qui est évidemment plus facile après avoir nié son existence. Et tout le monde, ou presque, s’extasie devant de telles stupidités !

Comment les artisans, les techniciens et les ingénieurs pourraient-ils agir s’ils ne connaissaient pas d’abord les lois régissant la matière sur laquelle ils travaillent ? Tout est objet de connaissance et de science, même Dieu ! Comment prétendre changer le monde sans connaître quel est le sens de l’Histoire, et comment s’interroger sur le sens de l’histoire sans reconnaître l’existence de Dieu et de la Révélation hébréo-chrétienne ? Si l’être humain n’a pas de sens, comment l’Histoire en aurait-elle un ?

C’est pourquoi, avant de prétendre changer le monde, il faut d’abord savoir ce qu’est le monde, quelle est sa raison d’être, ce que seule la Révélation hébréo-chrétienne donne à connaître.


Quel mensonge de prétendre que la science nie l’existence de Dieu, alors que le principe de causalité, au fondement de la science, appliqué au monde, ou à l’histoire, désigne infailliblement Dieu pour leur origine ! Les immenses découvertes scientifiques de notre temps, issues de la fécondité des siècles chrétiens passés, ont beau avoir été mises au service de la Révolution, elles n’ont fait que signer sa défaite, en n’apportant ni paix ni bonheur, parce que seule la communion à Jésus-Christ peut les donner.

Sans Lui, qui est Amour, rien, ni libération, ni sciences, ni richesses, ni plaisirs, ni la vie elle-même, rien, n’apporte la paix. Sans la reconnaissance de l’existence du Dieu et Père de Jésus-Christ, sur quoi reposerait l’égalité des hommes et la fraternité universelle à laquelle prétend conduire le communisme ?

2) Deuxième mensonge :

Si Marx trouve que « la religion est l’opium du peuple », et donc Dieu, c’est parce qu’il a appris sur les genoux de son père juif converti au protestantisme les récits de l’Exode, de la Terre promise, du bouc émissaire, du salut des pauvres, la malédiction des riches, le caractère frondeur de Jésus (Lc 5.38-39), l’existence d’un projet de salut pour l’humanité, un projet débuté dans l’opposition à l’ordre établi, un combat entre le royaume de Dieu et celui de Satan.

Il en a déduit qu’il fallait se défier des institutions et des riches, et de Dieu, finalement responsable de tous les malheurs. Dans son orgueil, il s’est voulu le nouveau Moïse qui ne donnerait pas le salut seulement aux Hébreux ni comme le Christ un salut spirituel, mais la libération du pouvoir même de Dieu, origine de tout et donc du mal. `

Quel mensonge éhonté que d’affirmer l’existence de Dieu contraire à la liberté de l’homme, alors que non seulement c’est Dieu qui a créé l’homme libre et le veut tel (Jn 8.32), mais que l’athéisme est à l’origine des drames du monde moderne ! Étant athée et antichrétien, le communisme était incapable de changer le monde mais seulement d’ajouter à la somme de ses malheurs, ainsi que l’histoire ne l’a que trop montré. L’athéisme a fait plus de victimes durant le premier tiers du XXe siècle que la chrétienté n’en a faits durant les dix neuf siècles précédents. Le premier slogan des Soviets : « Chassons les capitalistes de la terre et Dieu du Ciel ! »(7) ou ces mots de Michael Bakounine, membre de la Première Internationale : « Satan est le premier libre-penseur et sauveur de ce monde. Il libère Adam et imprime sur son front le sceau de l’humanité et de la liberté en le faisant désobéir. » (idem, p.27), exprimaient parfaitement l’esprit de Marx, lui qui dans son poème « La vierge pâle », écrivait : « J’ai perdu le ciel, je le sais très bien. Mon âme naguère fidèle à Dieu a été marquée pour l’Enfer. » (idem p.21) .

 

Bref, le projet de salut doit cette fois aller jusqu’au bout, jusqu’au rejet total de Dieu. Et avec le rejet de Dieu, c’est l’abolition de la morale, la victoire du mensonge sur la vérité. « Marx, l’homme plein d’amour pour l’humanité » n’est qu’un mythe inventé après sa mort.

Ce que Marx voulait réellement pour l’humanité est exprimé par exemple dans son poème Oulanem, anagramme d’Emmanuel, dont voici un extrait : « S’il y a quelque chose capable de détruire, je le prendrai à corps perdu, quitte à mener le monde à sa ruine. Oui, ce monde qui fait écran entre moi et l’abîme, je le fracasserai en mille morceaux à force de malédictions. » (idem, p.18) …

3) Troisième mensonge :

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes. ». D’où vient la lutte des classes, identifiée au mal, si le péché originel n’existe pas ? Aveuglé par Satan, Marx considère que le mal est inhérent à la diversité et à la complémentarité des individus, aussi prêche-t-il l’abolition de toutes les différences et hiérarchies naturelles dans la société.(8) J’ai été frappé, il y a quelques jours, du témoignage d’une réfugiée Nord-Coréenne disant qu’en Corée du Nord les enfants n’existent pas en tant que tels, ce sont des Révolutionnaires, à l’instar des adultes.

Les différences naturelles et sociales sont pourtant une réalité, qui est aussi la condition nécessaire à l’harmonie et au bonheur des individus et des sociétés, aussi vrai que l’amour, s’exprimant par le don, suppose la différence… à l’image du vrai Dieu, qui est Amour, Trinité, en laquelle chaque personne est distincte des autres… L’amour, par le don, rend hommage au caractère gratuit de la vie reçue. Il la rend ainsi digne d’être vécue, et donc heureuse.

Mais au lieu de l’amour, le communisme enseigne la haine. En faisant de « la lutte des classes » le moteur de l’histoire, Karl Marx a déclenché une réaction en chaine de la haine, qui a saigné de nombreux pays et les a conduits à la misère la plus noire. Si en un seul jour, peu de temps avant Octobre 1917, Lénine rédige les décrets de la dictature du prolétariat, traitant de la paix, de la répartition des terres, de la nationalisation des banques, du contrôle ouvrier de la production, de l’abolition de la peine de mort… ces mesures seront aussitôt oubliées en raison du devoir d’exécuter les milliers d’ennemis du Parti, dans la plus parfaite illégalité révolutionnaire.

 

La Tcheka, la police politique, n’allait pas tarder à devenir la grande pourvoyeuse d’ennemis dans l’Au-delà inexistant !  Il fallait « assassiner les gens du passé ». C’était même « le plus grand service que l’on pouvait leur rendre », tant ils étaient devenus obsolètes à partir de 1917.

La référence à la Terreur est très fréquente sous la plume de Lénine : « On va exterminer, il faut exterminer ! ». On croirait entendre s’exprimer les djihadistes. A l’instar de Mahomet, Lénine a été un monstre de ruse et de duplicité. Le bonheur des masses l’indifférait. « Déjà, tout jeune, à Saratov, lors d’une famine qui faisait des milliers de morts, il considérait qu’aider les paysans retarderait le développement du capitalisme et l’évolution vers le socialisme. »… Ce n’est pas sans raison que Jésus ayant désigné le Diable comme « le père du mensonge », a fait suivre ce titre du suivant : « Homicide dès le commencement (Jn 8.44) », tant mensonge et meurtre sont liés…

 

La première année de la révolution bolchevique a fait deux fois plus de morts (entre 15 et 20 000) que plus d’un siècle de répression policière sous les Tsars, de même que “La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition en avait fait au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l’Europe”.(9) Dans les deux cas, il s’agit de soumettre les esprits par la terreur. La surenchère dans la terreur est un des moteurs du processus révolutionnaire.

Il s’agit de soumettre le reste de la population en la rendant complice de crimes à l’instar de ce que le fait le « pacte de sang » dans la mafia.

4. DIFFÉRENCES

• Le communisme se différencie de l’islam de par son matérialisme et sa négation absolue de l’existence de Dieu (et donc de la Révélation), que l’islam affirme au contraire très fortement, reconnaissant également l’existence de l’âme et des esprits.
• Dans le communisme l’histoire est linéaire, comme dans le christianisme. Dans l’islam, il n’y a pas d’histoire. Le temps est circulaire, comme dans le mythe. Le but de l’islam est le retour à l’âge d’or, au VIIe siècle de Médine.
• Le communisme est certainement moins dangereux du fait que ne croyant pas à un Au-delà, la sauvegarde de cette vie constitue pour lui un talon d’Achille, faiblesse que n’a pas l’islam pour qui cette vie terrestre n’est rien au regard de la vie éternelle promise à ceux qui tuent et se font tuer pour Allah (Coran 9.111) (10)… C’est peut-être pourquoi le communisme est davantage porté à cacher ses crimes, qui contredisent si bien ses promesses de bonheur apporté ici-bas aux masses (par exemple, le Holomodor, famine organisée en Ukraine en 1932-1933 qui fit environ 5 millions de morts, ne fut connu qu’à la chute du communisme). (11)

5. ET RESSEMBLANCES

• L’islam avec le Coran, et le communisme avec la science, se croient en possession d’un savoir infaillible, que tout esprit raisonnable ne peut qu’accueillir. 
• L’islam ne connaît pas la loi naturelle, mais seulement le Coran. De même, le communisme ne reconnaît pas la loi naturelle mais seulement l’idéologie du Parti.
• Islam et communisme se donnent pour des programmes de salut du monde, ce sont des messianismes. Ils ont pareillement la prétention d’éradiquer le mal du monde et de lui apporter le bonheur. Celui qui croit à leur propagande reçoit la satisfaction d’être dans le camp du bien et dans le sens de l’histoire, de participer déjà au paradis promis et… il échappe à la persécution des ennemis du système !
• Le communisme comme l’islam demande un engagement total, de type religieux, jusqu’à la mort si nécessaire.
• Si nous avions plus de temps, il serait intéressant de montrer l’influence et l’importance du judaïsme talmudique à l’origine aussi bien de l’islam que du communisme. De même que l’islam identifie religion et foi, le communisme identifie vérité et doctrine.
• Jésus est récupéré aussi bien au service de l’islam que du communisme.

Il est le prophète qui annonce Mahomet (Coran 61.6), comme il a passionné Proudhon et tant de socialistes depuis Rousseau qui ont vu en Lui « le premier des sans-culottes », « le premier des communistes » jusqu’à Hugo Chavez se déclarant « chrétien marxiste (15.01.2010) » tout en célébrant « le Christ révolutionnaire ». 


• Islam et communisme méprisent la vie contemplative, la chasteté, et l’esprit de pauvreté.
• L’un et l’autre donnent aux mots des sens différents, en sorte que le dialogue est piégé.
• Mensonge au sujet de la personne. Dans le communisme la personne est détruite pour devenir un simple rouage de la disociété. Privée de transcendance, elle perd toute dignité, liberté et autonomie. De même, dans l’islam, comme dans la langue arabe, la notion de personne n’existe pas, pour la simple raison qu’Allah n’est pas un être personnel, et qu’il n’y a pas non plus de nature humaine. La personne reçoit sa dignité du seul fait d’être musulmane. Elle n’existe qu’en tant qu’elle appartient à l’Ouma.
• Une des conséquences de cette négation de la personne humaine est l’incapacité à former une société juste et heureuse. Le communisme a fait croire au monde qu’il avait la recette pour construire la société heureuse, la société socialiste, mais il n’a jamais produit que des structures artificielles, de faux syndicats, de faux journaux, etc. qui ne se maintenaient que par la terreur.

De même, aucune société musulmane ne peut exister si elle n’est pas soumise à une tyrannie, du fait qu’aucune autorité politique ne peut se revendiquer d’une légitimité divine…


Pour garder leurs peuples soumis dans l’ignorance et pour assurer ainsi leur survie, communisme et islam utilisent désinformations et mensonges. Le halal, par exemple, enferme les musulmans dans le ghetto des purs, loin des impurs susceptibles de rompre le charme qui les envoûte. L’histoire est réécrite. Par exemple, le communisme tire de sa participation à la destruction de l’État nazi une respectabilité qui doit empêcher toute critique à son égard, sous peine d’être suspecté de sympathie pour le fascisme.

Qui est capable de citer les noms de quelques camps de concentration soviétiques, comme il est certainement capable de le faire pour des camps de concentration nazis ? Pourtant, le communisme ayant duré – et durant encore ! – a eu le temps de faire beaucoup plus de victimes que le nazisme… Mais de cela, il ne faut rien savoir…

De même, l’islam attire la sympathie en se victimisant à tous propos au nom de l’antiracisme ou de l’islamophobie.

Islam et communisme assurent ainsi leur survie grâce à la triple barrière protectrice constituée par l’ignorance, la désinformation, les mensonges, mais aussi les bons sentiments des idiots utiles occidentaux.
Ces ressemblances sont telles qu’elles vont permettre :

6. L’ALLIANCE INVRAISEMBLABLE MAIS HISTORIQUE
DU COMMUNISME ET DE L’ISLAM.

Du 31 août au 1er septembre 1920, en Azerbaïdjan, à Bakou, sur les bords de la mer Caspienne, sous la présidence de Zinoviev,

Mise en page 1

présenté comme le « chef du communisme mondial », s’est forgée une alliance entre révolutionnaires marxistes et nationalistes musulmans. Zinoviev : « Nous voulons que ces deux mouvements se rapprochent de plus en plus et que le second se débarrasse de ses préjugés nationalistes ; nous voulons que ces deux courants n’en fassent qu’un dont l’impétuosité et la puissance emporteront tous les obstacles et purifieront la terre de maux dont nous avons si longtemps souffert. (Jean-Gilles Malliarkis, op. cit. p.52) ». Le but de ce Congrès des peuples de l’Orient était d’unir tous les ennemis de l’impérialisme et du capitalisme.(12) Le communisme ne faisait qu’y tolérer l’islam, le temps que les gogos musulmans aient détruit les structures sociétales qui étaient alors les leurs : « Il vous appartient de détruire la foi en le sultan [et ce qui la soutient, c’est à dire la foi musulmane…] et d’édifier de vrais soviets. Les paysans russes avaient eux-aussi une grande foi dans le tsar.

Quand la véritable révolution populaire éclata, cette foi disparut pourtant sans laisser de traces. La même chose se produira aussi en Turquie et partout en Orient, quand la vraie révolution paysanne s’y allumera. Les peuples perdront vite alors leur foi en le sultan, leur foi en leurs maîtres (Idem pp 52-53) [La vie religieuse est identifiée et constitutive de l’ordre ancien à abattre] » .

Pour arriver à leur fin, les communistes utilisaient un langage capable de convaincre des cœurs musulmans : « La tache qui se pose devant nous est de susciter une véritable guerre sainte contre les capitalistes anglais et français. (…) Camarades ! Frères ! Le jour est venu où vous pouvez commencer l’organisation de la véritable guerre sainte contre vos oppresseurs. Frères ! Nous vous appelons à la guerre sainte, à la guerre sainte tout d’abord contre l’impérialisme anglais ! (Idem pp.55,57) »

Ou comment djihad et communisme ont partie liée.

Ce désir d’alliance du communisme avec l’islam n’a pas cessé depuis. Ainsi, en 1972 sous l’égide du KGB dans le camp palestinien de Badawi au Liban, le pacte du même nom, a réuni les Brigades Rouges italiennes, le Parti Communiste Combattant Italien, l’Armée Rouge japonaise, la Fraction Armée Rouge d’Andreas Baader avec des groupes terroristes musulmans du Proche-Orient. Pas plus que les Brigades Rouges italiennes ne se préoccupaient du niveau de rémunération des ouvriers de Fiat, les terroristes musulmans n’avaient cure des conditions de vie et de l’avenir des réfugiés arabes de Palestine…

Au contraire même ! Les camps et leur misère étaient d’excellents viviers de recrutement et servaient la propagande. Les Fedayins de l’islam, chiites iraniens, fusionnèrent avec les Frères musulmans, mouvement social sunnite et égyptien, pour former une immense nébuleuse et matrice du terrorisme islamique au niveau mondial. Venait de naître l’Internationale du terrorisme…

L’instrumentalisation de la cause palestinienne utilisant des moyens terroristes (attaques de cars scolaires, prises d’otages, attentats aussi aveugles que meurtriers…) empêcha la mise en œuvre des accords d’Oslo d’octobre 1993 et permit la renaissance et le développement de la guerre sainte lancée à Bakou en 1920. Ce n’est pas sans raison que l’historienne iranienne Ladan Boroumand définit l’islamisme comme « une manière d’être communiste sans devenir athée. »…

Cette alliance du communisme et de l’islam pour détruire l’Occident capitaliste et chrétien est toujours vivante. Qu’il suffise de rappeler comment la France a renoncé à ce que l’UOIF (filiale de l’association terroriste des Frères Musulmans) inscrive le droit de changer de religion dans sa charte, « parce que cela est contraire à la charia », aux pays européens ayant ordonné de censurer l’origine ethnique et la religion des criminels dans les médias et les statistiques, à la reconnaissance des tribunaux de la charia en Grande-Bretagne, où les élèves sont invités à apprendre l’Ourdou et le Punjabi afin que les migrants musulmans se sentent bien accueillis, à Najat Valaud-Belkasem ayant voulu l’apprentissage de l’arabe dès le primaire, à ces féministes suédoises (Elena Gustafsson, Gudrun Schyman…) qui défendent les violeurs musulmans de jeunes filles suédoises, à Jonatan Brown, professeur à Georgetown (USA), qui justifie l’esclavage et la viol des femmes esclaves, à l’université de l’Ohio qui a créé un cours intitulé : « Comment les musulmans ont aidé à construire l’Amérique », à cette célèbre phrase du maire socialiste, de Strasbourg, M. Ries : « Nous ne servons pas de poisson le vendredi dans les cantines scolaires par respect de la laïcité, et nous n’y servons pas du porc par respect de la diversité. », etc. etc…

Bref, de même que les postchrétiens ont admiré le communisme et nié ses génocides, ils accueillent aujourd’hui l’islam en excusant ses massacres afin de ne point stigmatiser « la meilleure communauté qui soit (Coran 3.110) »…

V

Chine communiste/Pakistan islamique : la ténébreuse alliance antichrétienne

7. DE QUELQUES BÉVUES DE L’ÉGLISE

• En 1963, après la Crise des missiles à Cuba, Jean XXIII dans son encyclique Pacem in Terris se fait l’écho de la propagande communiste selon laquelle l’humanité ne comptait plus de peuples dominés, mais seulement des nations ayant librement constitué « des communautés politiques indépendantes (n°42-43) », passant ainsi par pertes et profits la situation effrayante des pays derrière le rideau de fer…
• Cette même encyclique ordonne de distinguer entre les doctrines fausses touchant à la morale et à la religion, et les buts libérateurs pour lesquels les communistes sont prêts à se dévouer, et qui seraient nécessairement ceux de tous les hommes de bonne volonté. La conséquence de cette distinction sera l’adoption du marxisme comme analyste crédible des rapports sociaux, et sa transformation en théologie de la Libération.
• Aveuglée par son désir de réunion avec l’Orthodoxie, Rome accepte de ne pas mentionner le communisme lors du concile Vatican II, sinon englobé dans la critique générale de l’athéisme. L’erreur tragique fut de taire les dégâts sociaux et moraux engendrés par le communisme et de laisser croire que hormis son athéisme, le communisme pouvait être considéré comme n’importe quel autre régime politique. Or, avant de s’attaquer à l’ordre surnaturel, le communisme était une attaque contre l’ordre naturel lui-même, par la destruction totale de la famille, de la propriété, et donc des libertés, du langage, du droit, bref de tout ce qui constitue une société. Sans ordre naturel, à quoi servirait l’ordre surnaturel ? Ce silence au sujet du communisme s’est maintenu dans l’Église jusqu’à la chute du mur de Berlin. Dénoncer un ennemi était alors un manque de charité…
• L’Église s’est leurrée en imaginant comme base de dialogue avec le communisme une bonne volonté réciproque au motif de buts communs, comme celui du développement. La propagande communiste en ce domaine fut en effet particulièrement efficace, et l’Église ne fut pas la seule à croire à l’efficacité des plans communistes de développement : à peu près tout le monde y croyait ! Comment penser en effet que le « socialisme réel », né du refus de l’injustice dans la répartition des richesses pût lui-même être le champion de l’injustice ? L’Église a voulu croire à la propagande communiste lui assurant que le modèle social communiste était conforme à une partie de sa doctrine sociale. Mais ce faisant, quelle écoute avait-elle des personnes qui en régime communiste n’avaient aucun moyen de faire valoir leurs intérêts ni d’exiger la justice distributive ?
• Le dialogue avec le communisme était illusoire parce qu’il n’y avait pas de buts communs ni d’accord sur le sens des mots… Un leurre magistral fut le thème de la paix à laquelle le communisme ne cessait d’appeler alors même qu’il n’avait nullement renoncé à son projet de révolution mondiale et qu’il voulait tout simplement du temps pour rattraper son retard face aux USA en matière d’armement (13) 

8. CONCLUSION

Islam et communisme ne sont pas moins destructeurs l’un que l’autre du christianisme et de la nature. En travestissant, imitant, falsifiant le christianisme, ils constituent de terribles de redoutables tentations pour tant de gens intellectuellement mal formés ou de peu de foi. (14) C’est ainsi que l’un et l’autre sont souvent accueillis comme des tentatives humaines louables puisque désireuses, pour l’une, d’établir la justice, et pour l’autre, d’adorer Dieu sans partage…
Dans leurs rapports au communisme, la grave erreur des chrétiens aura été de penser possible une entente avec les communistes. Cette erreur se répète aujourd’hui avec les musulmans. La Vierge était pourtant venue nous mettre en garde contre le communisme… Je veux croire qu’elle est venue aussi nous avertir au sujet de l’islam, non seulement en raison du nom du lieu qu’elle a choisi, mais encore par la vision de l’Enfer. En effet, l’Enfer est la raison dernière pour un musulman d’être musulman. L’importance de l’Enfer en islam est inversement proportionnelle à ce qu’elle l’est devenue dans la foi des chrétiens… Je vois dans cette disproportion la raison de la perte de la foi en Occident, comme celle, concomitamment, de son islamisation…
Tout laisse penser que les responsables de l’Église misent sur leur amabilité largement affichée pour séduire et convertir les musulmans. Prisonniers de l’image qu’ils veulent donner d’eux-mêmes, ils fuient tout ce qui pourrait la salir, comme le fait d’être jugés intolérants ou intransigeants. Ils sont si bons avec tout le monde qu’ils ne peuvent avoir d’ennemis. Aussi, pour ne déplaire à personne, ils usent d’un langage si ambigu, qu’il est parfois ouvertement contraire à la doctrine catholique. Ainsi, dans les pays musulmans les conversions sont repoussées pour ne pas enfreindre les lois du pays les interdisant. Des évêques félicitent les imams à l’occasion du « mois bénit du ramadan » ― béni par qui ? Le Pape François déclare que « la juste interprétation du Coran et le véritable islam s’opposent à toute violence. (Evangelii Gaudium, n°253), etc. Beaucoup, voulant professer la foi chrétienne dans le respect de la foi musulmane, en arrivent à professer la foi musulmane dans le respect de la foi chrétienne… C’est ainsi qu’ils font croire que :

♦ Chrétiens et musulmans adoreraient le même Dieu, alors que dans un cas l’adoration relève de la vertu de religion et dans l’autre de la Foi. Comment les musulmans pourraient-ils adorer Dieu si nul ne va au Père que par le Fils de Dieu (Jn 14.6) ? Ne savent-ils pas que l’islam rejette et le Père et le Fils (1 Jn 2.22) ?

♦ L’Église estime « les musulmans qui professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique (Nostrae Aetatae, n°3) », comme si chrétiens et musulmans avaient la même foi en professant la foi d’Abraham ! Comme si l’Abraham coranique était l’Abraham biblique ! Comment des chrétiens peuvent-ils se réjouir que Jésus soit vénéré dans l’islam en tant que prophète, puisqu’il y prophétise la venue de Mahomet (61.6) ? Comment peuvent-ils se réjouir que Marie soit invoquée avec piété dans l’islam puisque cette dévotion ne s’adresse pas à la Mère de Dieu, mais à une parfaite musulmane ? Comment l’Église peut-elle féliciter les musulmans d’être antichrétiens ? Qui peut en effet venir après le Christ, sinon l’Antichrist ?

Comment nier que l’Église soit piégée par un miroir aux alouettes ?

L’histoire avec l’islam ― que le concile Vatican II a certainement eu tord d’inviter à oublier ―, comme aussi que l’échec du dialogue avec le communisme (15) qu’avec l’islam, devraient inviter l’Église à réviser sa pratique du dialogue. Qui ne voit que la pusillanimité le dispute à la niaiserie au seul bénéfice de l’islam qui retire de ces rencontres officielles la respectabilité et la légitimité dont il a besoin pour s’installer en douceur et profondeur en Occident ? Les responsables de l’Église portent une lourde responsabilité dans l’islamisation actuelle de l’Europe, les malheurs et la damnation des âmes qui s’en suivent.

Il me semble que les Apôtres ont enseigné un tout autre comportement vis-à-vis des Antichrists (Ga 1.8-9 ; 2 Co 6.14-18 ; 2 Jn 1.7-11 ; Jude 1.23)…

Si, selon Jean Vaquié, « les ennemis à la manœuvre » estiment nécessaire « une phase de régime totalitaire dans le monde entier pour établir le collectivisme, et plus particulièrement dans les pays chrétiens pour réaliser l’extermination de leurs élites religieuses (…) faire table rase et éliminer la Religion de Notre-Seigneur » (16), alors n’est-ce pas que l’actuelle, immense et incompréhensible immigration musulmane en Occident trouve une explication ? Car, pour réaliser ce but, quel meilleur allié que l’islam, ce peuple de soumis à un Dieu arbitraire et cruel, ayant pour mission de détruire l’Église (Coran 2.193 ; 8.39 ; 9.33) ? Nous n’avons certainement pas fini de voir s’accomplir ce qu’annonçait Notre Dame à Fatima : « Beaucoup de bons seront martyrisés, le Saint Père aura beaucoup à souffrir et plusieurs nations seront anéanties ».

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« Sa venue à lui, l’Impie, aura été marquée, par l’influence de Satan, de toute espèce d’œuvres de puissance, de signes et de prodiges mensongers, comme de toutes les tromperies du mal, à l’adresse de ceux qui sont voués à la perdition pour n’avoir pas accueilli l’amour de la vérité qui leur aurait valu d’être sauvés. Voilà pourquoi Dieu leur envoie une influence qui les égare, qui les pousse à croire le mensonge, en sorte que soient condamnés tous ceux qui auront refusé de croire la vérité et pris parti pour le mal. (2 Th 2.9-12) ».

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(1) André Comte-Sponville, Petit Traité des grandes vertus, Paris, puf, 1995, pp. 267,271. Il y a des théologiens pour qui « On ne doit jamais mentir, ni dans l’intérêt de la religion, dont la première base est la vérité, ni sous prétexte de procurer la gloire de Dieu, qui ne peut être glorifié que par le triomphe de la vérité, ni pour détourner le pécheur du crime, ni pour sauver la vie à un innocent, ou procurer le salut à une âme qui est en danger. (Mgr Thomas M.J. Gousset, Théologie morale à l’usage des curés et des confesseurs, 1846) », et d’autres pour qui le respect scrupuleux de la vérité, en certaines circonstances, est si difficile que : « le mensonge devient alors nécessaire et la fausseté utile ; ainsi nous mentons pour cacher un homme à quelqu’un qui veut le frapper, pour ne pas donner un témoignage qui ferait condamner un innocent, pour rassurer un malade sur sa guérison  (Saint Hilaire, Episcopi Pictaviensis, Tractatus super Psalmos, Corpus Scriptorum Ecclesiastorum Latinorum, vol. 22, 1891, In Ps. XIV, 10, p.91) ».

(2) Med Karim Labidi, “Al-Takia” ou l’art de tromper l’ennemi chez les islamistes, A.I.M.E., Colloque « islam contre islam », Paris, 2004, p.41. Qu’on nous permette une question : si Ali était un compagnon de Mahomet, comment ses parents pouvaient-ils pratiquer l’islam ?

(3) Cité in Anne-Marie Delcambre, La schizophrénie de l’Islam, DDB, p.133. « Le Coran permet au musulman de cacher la vérité au chrétien et de parler et agir contrairement à ce qu’il pense et croit. (Mgr Beylouni, archevêque d’Antioche, Synode pour le Moyen-Orient, Rome, 2010) ».

(4)  Encyclopedia of Islam, 1st ed, s.v. “Takia” (Djumayyil, Kdmus al-shanca, pp. xiii, 127-28).

(5) « La base scientifique du communisme repose sur les travaux de Marx, d’Engels et de maints autres savants. Les masses laborieuses possèdent donc, pour élaborer leur profession de foi prolétarienne, des valeurs scientifiques incomparablement supérieures à celles de la bourgeoisie. Je dois ajouter que le prolétariat se considère comme une classe qui ne saurait se libérer du joug capitaliste sans en délivrer en même temps toutes les classes de la société. De ceci, il ressort clairement que, seul, le prolétariat peut poursuivre la réalisation d’une véritable culture humaine. (Mousouchef, in Jean-Gilles Malliarkis, La faucille et le croissant (FC), Éditions du Trident, 2015, FC 147) ».

(6) Philippe Gabriel, La prophétie de Fatima, L’Icône de Marie, 1997, p.111.

(7) Richard Wurmbrand, Karl Marx et Satan, Apostolat des éditions, 1978, p.25.

(8) « Nous combattons aussi les riches quels qu’ils soient. (Jean-Gilles Malliarkis, La faucille et le croissant, Éditions du Trident, 2015, p.53-54) » Pour le Juif Radek, dirigeant du Kominterm : « Il ne suffit pas d’avoir la haine des oppresseurs. (Idem p.60) », mais « Il vous faudra souffrir cruellement de la faim, et verser votre sang. (Idem p.74) » pour « l’œuvre de reconstruction d’une nouvelle humanité libre où il n’y aura plus de gens de couleur, où il n’y aura plus de différences entre les droits et les obligations. (Idem p.75) ».

(9) Pierre Chaunu, L’Homme Nouveau, 10 mythes antichrétiens – Hors-série n°4. La Révolution d’Octobre 1917 en Russie a fait plus de 10 millions de morts, puis Staline en fait 40 millions, Mao 80, et les Khmers rouges ont assassiné le tiers de leurs concitoyens… Plus de 60 millions ont été assassinés parce que croyants…

(10) « Ce n’est pas vous qui les avez tués, mais c’est Allah qui les a tués. Lorsque tu frappais, ce n’est pas toi qui frappais, mais c’était Allah qui frappait. (Coran 8.17) » ; « Allah a envoyé son messager avec la religion de la vérité afin qu’elle triomphe sur toute autre religion (Coran 9.33) »; etc. etc.

(11) 

Armed Soviet soldier guarding a grain storage during the Holodomor, Ukrainian famine/genocide dead from starvation on the streets of Kharkiv 1933

Victim of the Ukrainian famine/genocide dead from starvation on the streets of Kharkiv 1933

Scène de cannibalisme durant la famine organisée par Staline en Ukraine en 1932-1933. ..

Scène de cannibalisme durant la famine organisée par Staline en Ukraine en 1932-1933. ..

(12) L’Internationale communiste promettait aux « paysans de l’Orient sous la direction expérimentée des ouvriers organisé de l’Occident  » de les « aider à s’emparer des terres et à créer une libre alliance de tous les peuples du monde. », ainsi que « la suppression du régime social faisant des pauvres et des riches, la création d’États basés sur le travail, et l’union étroite avec les travailleurs organisés du monde entier. (Jean-Gilles Malliarkis, La faucille et le croissant, Éditions du Trident, 2015, p.50-51) ».

(13)  Cf. Alain Besançon, Problèmes religieux contemporains, Fallois, 2015, p.95.

(14) C’est ainsi que les mystiques chiite et soufie, effaçant les différences dogmatiques entre les confessions religieuses, séduisent nombre de chrétiens sans grande formation dogmatique.

(15) Le 1er juillet 1949, un décret du Saint-Office avait pourtant interdit, sous peine de sanctions, voire d’excommunication, la collaboration avec des partis ou organisations d’obédience communiste…

(16) Jean Vaquié, Réflexions sur les ennemis et la manœuvre, 1986, p.23.

Cf. Judaïsme, communisme et messianisme.

 

https://www.islam-et-verite.com/mensonge-communisme-lislam/

 

 

16/08/2017

100 APRÈS LE COUP D' ÉTAT BOLCHEVIQUE !

100 ans après le coup d’État bolchevique


Le messianisme nihiliste et la révolution


Par Youssef Hindi − Le 8 août 2017 − Source geopolitica.ru

À l’occasion du centenaire de la Révolution d’Octobre 1917, nous avons l’intention de poser la même série de questions aux personnalités de la Moldavie, la Roumanie, la Russie et les pays occidentaux.

Ces entretiens ont pour but de représenter une modeste contribution à la réévaluation des événements qui ont marqué le XXe siècle.

Bien que 100 ans se soient écoulés, dans la conscience du public de l’espace ex-communiste et du monde entier, il y a encore beaucoup de préjugés sur les causes profondes de ce bouleversement majeur, mais aussi sur la façon dont la « révolution prolétarienne » est traitée par l’élite politique, le milieu universitaire et la hiérarchie de l’Église.

Trouver des réponses appropriées à certaines questions d’une telle complexité nous semble absolument vital.

Iurie Roșca

 


1. Quelles sont les origines spirituelles, intellectuelles et idéologiques de la Révolution d’Octobre ?

Il faut remonter au XVIIIe siècle pour identifier les origines spirituelles, idéologiques et intellectuelles de la Révolution bolchévique.

Dès la veille de la Révolution française de 1789, une fusion va s’opérer entre une des variantes du messianisme juif – le messianisme nihiliste issu sabbato-frankiste – et les idées des Lumières (voir : Youssef Hindi, La Mystique de la Laïcité). Tout au long du XIXe siècle, le socialisme (comme le républicanisme), issu de cette fusion, va muer sous ses différentes formes, mais garder toujours la structure du messianisme juif.

Comme on le sait, les bolchéviques feront du socialisme étatiste centralisateur et progressiste de Karl Marx la religion de leur régime, après avoir subverti l’ordre ancien par le chaos ; par un nihilisme très proche de  l’anarchisme d’un Mikhaïl Bakounine.

Le socialisme scientifique, qui croit au progrès technique (apporté par le capitalisme qu’il combat dans un rapport dialectique), tout comme l’anarchisme qui prône l’abolition de la loi et de l’État (de droit), doivent mener, à la fin de l’Histoire, à la restauration d’un passé idéalisé – par exemple le néolithique qui peut être considéré comme le Jardin d’Eden des matérialistes athées – ou d’une utopie encore jamais connue par l’Humanité.

Cette contradiction apparente reflète en réalité la dialectique motrice entre deux tendances qui résident depuis le Moyen Âge au sein du messianisme juif : d’un côté le rétablissement d’un idéal passé, c’est-à-dire le retour à l’Éden paradisiaque (terrestre), et de l’autre la réalisation d’une utopie, l’avènement d’un monde idéal qui n’a jamais existé. Le concept juif – biblique et kabbalistique – de tikkun (à la fois restauration, réparation et réforme) est la traduction de cette dualité du messianisme.

Ce monde idéal doit être instauré/restauré par l’action volontariste de l’Homme. Une conception de l’Histoire née du messianisme juif (et plus précisément de la kabbale lourianique. Voir : La Mystique de la Laïcité) ; une théorie de l’action du peuple juif, puis des non-juifs – en particulier, dans le socialisme, les masses prolétariennes. Le philosophe juif marxiste Georg Luckacs  (1885-1971) parlera du prolétariat comme « porteur de la rédemption sociale de l’humanité et classe-messie de l’histoire du monde » (Georg Luckacs, Le bolchevisme comme problème moral, 1918).

La rédemption sociale correspond aux temps messianiques, à la rédemption (geoula) du peuple juif qui passe par une révolution universelle.

Le grand historien du judaïsme, spécialiste du messianisme juif et de la Kabbale, Gershom Scholem (1897-1982), a eu une réflexion pénétrante sur ce messianisme sous-jacent des révolutions socialistes du XXe siècle :

« Le messianisme prouve à notre époque sa puissance précisément en réapparaissant sous la forme de l’apocalypse révolutionnaire, et non plus sous la forme de l’utopie rationnelle (si l’on peut ainsi l’appeler) du progrès éternel qui fut comme le succédané de la rédemption à l’époque des Lumières. » (Gershom Scholem, Considération sur la théologie juive, in Fidélité et Utopie).

 

En clair, le culte de la Raison, qui a engendré le positivisme des élites et qui avait été présenté aux peuples d’Occident comme le point culminant de l’évolution de l’esprit humain, ne fut que ce que les kabbalistes appelleraient une kelippah (une coque) recouvrant l’essence religieuse, messianique et apocalyptique de la Révolution progressiste et mondiale.

La phase historique débutant avec les Lumières fut recouverte d’un mensonge utopique imperceptible mais qui finit par disparaître avec ses promesses non accomplies et indéfiniment ajournées.

Telle est l’essence et la finalité de la Révolution bolchévique.

 

 

2. Pourquoi ce coup d’État s’est-il produit spécifiquement en Russie et dans quelle mesure est-ce un « projet importé » ?

Ce projet est totalement étranger à la culture russe et à la religion orthodoxe.

Comme je l’ai dit plus haut, il est issu du messianisme juif. D’ailleurs, le socialisme et le libéralisme, avant de s’implanter en Russie, sont nés dans les communautés juives d’Europe centrale ; lieu de naissance et de maturation du messianisme frankiste.

Plus concrètement, l’écrasante majorité des révolutionnaires bolchéviques étaient des juifs. Le 13 juin 2013, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a affirmé, à l’occasion de sa visite au Musée juif de Moscou et devant un parterre de religieux :

« Jusqu’à 80% à 85% des membres du gouvernement de l’Union soviétique étaient juifs. Et ces juifs guidés par de fausses pensées idéologiques ont arrêté et réprimé les adeptes du judaïsme, du christianisme, de l’islam et d’autres religions. Ils n’ont pas fait de différence. »

Dans un article publié le 21 décembre 2006 par le journal israélien Yediot Aharonot, Steve Plocker écrit à propos des massacres perpétrés par les bolchéviques :

« Un étudiant israélien termine ses études supérieures sans avoir entendu parler de Genrikh Yagoda, le plus grand meurtrier juif du XXe siècle, le fondateur et commandant du NKVD. Yagoda a mis en place la collectivisation stalinienne et est responsable de la mort d’au moins 10 millions de personnes. Ses députés juifs ont établi et dirigé le système du goulag.

Lorsqu’il ne fut plus en odeur de sainteté auprès de Staline, Yagoda a été démis de ses fonctions et exécuté, et il fut remplacé en 1936 par Yezhov, le ‘nain assoiffé de sang’. »

Yezhov n’était pas juif mais été marié à une activiste juive.

Dans son livre Staline : la cour du tsar rouge, l’historien juif Sebag Montefiore écrit que durant la période de terreur la plus sombre, quand la machine à tuer communiste travaillait à plein régime, Staline était entouré par de belles et jeunes femmes juives…

De nombreux juifs ont vendu leur âme au diable de la révolution communiste et ont du sang sur les mains pour l’éternité.

En 1934, d’après les statistiques publiées, 38,5% de ceux qui occupaient les postes les plus élevés dans les appareils de sécurité soviétiques étaient d’origine juive.

« Il s’avère que les juifs, lorsqu’ils sont capturés par l’idéologie messianique, peuvent devenir de grands meurtriers, parmi les plus grands connus de l’histoire moderne. » (Steve Plocker, Stalin’s jews, Yediot Aharonot, 21/12/2006).

Si l’on se penche sur l’histoire de la Révolution universelle, l’on constate qu’elle ne visait pas spécifiquement la Russie.

Elle a frappé la France en 1789 et s’est servie d’elle comme siège pour instaurer une république universelle sur les ruines des régimes traditionnels et des Églises.

La Russie bolchévique a joué au XXe siècle le même rôle que la France révolutionnaire aux XVIIIe et XIXe : répandre à travers le monde les idées des Lumières, du messianisme progressiste et de l’Humanité nouvelle.

Les révolutionnaires ne se sont pas trompé d’ennemi ; en attaquant la Russie, ils ont visé le siège de l’Orthodoxie, l’héritière de Byzance, tout comme ils avaient visé la Fille aînée de l’Église romaine.

Pour illustrer mon propos, je citerai le philosophe théologien et kabbaliste juif allemand Franz Rosenzweig (1886-1929), qui s’est exprimé sur la révolution bolchévique :

« Ce n’est pas un hasard, si c’est maintenant pour la première fois qu’on a commencé à transformer les exigences du Royaume de Dieu en exigence de l’actualité.

C’est seulement en ce moment qu’ont été entrepris ces actes de libération qui, sans être nullement en eux-mêmes le Royaume de Dieu, constituent néanmoins les pré-conditions de son avènement. ‘Liberté Égalité Fraternité’, qui étaient des paroles-coeur de la foi, sont devenus des mots d’ordre actuels, imposés de haute lutte à un monde paresseux, avec sang et larmes, avec haine et passion ardente, dans des combats inachevés. » (Franz Rosenzweig, Stern der Erlösung, III, p. 35)

 

On voit ici le lien de parenté qu’établit à raison Rosenzweig entre les espérances messianiques juives, la Révolution de 1789 et la Révolution bolchévique. Un processus historique révolutionnaire qui doit se conclure par une révolution mondiale, totale, dont celle des bolchéviques ne devait être (comme l’affirme Rosenzweig) qu’une étape.

 

 

3. Le régime soviétique a produit une idéologie spécifique qui est aussi nommée la religion de la civilisation soviétique.

Quelles sont les causes et les caractéristiques de la soviétolâtrie ?

Comment expliqueriez-vous le fait que le virus communiste persiste encore en Russie et dans les anciens pays socialistes, même après plus d’un quart de siècle ?

Ce que vous appelez la soviétolâtrie est un phénomène tout à fait classique qui s’explique par l’anthropologie et l’histoire des religions.

Il s’agit de l’adhésion des peuples à une idéologie dominante nouvelle qui a remplacé la précédente. Dans le cas de la Russie, c’est le communisme qui a remplacé momentanément (70 ans représentent une période très courte au regard de l’histoire de la Russie) le christianisme orthodoxe.

L’anthropologue et psycho-sociologue Gustave Le Bon (1841-1931) a expliqué que les termes démocratie, socialisme, égalité, liberté, etc., ont une puissance vraiment magique qui est attachée à leurs brèves syllabes, comme si elles contenaient la solution de tous les problèmes.

Ils synthétisent, nous dit Le Bon, des aspirations inconscientes variées et l’espoir de leur réalisation (Gustave Le Bon, Psychologie des foules).

Il faut par conséquent redéfinir ce que signifie le communisme aujourd’hui en Russie et dans les anciens pays socialistes pour évaluer dans quelle mesure il serait un virus et s’il s’agit vraiment d’une persistance.

De plus, la mort d’une croyance collective n’entraîne pas instantanément sa disparition totale et définitive. Il s’agit d’un processus lent à l’échelle humaine.


La croyance collective se meurt lorsque sa valeur commence à être discutée (ce qui fut le cas en Russie par les intellectuels dissidents bien des années avant la chute finale du régime).

Puis, explique Gustave Le Bon, lorsque même une croyance est fortement ébranlée, les institutions qui en dérivent conservent leur puissance et ne s’effacent que lentement.

Quand elle a enfin perdu complètement son pouvoir, tout ce qu’elle soutenait, à savoir le régime et ses institutions, s’écroule.

Par conséquent, que des résidus de socialisme, ou ce qui s’en apparente, continuent à résider dans l’esprit de certains Russes – moins de 30 ans après l’effondrement du régime soviétique – qui sont nés et ont vécu sous l’empire de la religion communiste, ne doit faire l’objet ni d’un étonnement ni d’une inquiétude particulière. Le temps fera son œuvre.

 

 

4. Ceux qui critiquent l’expérience soviétique fonctionnent souvent avec le système de référence de la démocratie occidentale pour aborder les effets politiques et économiques de cette période. Pourquoi les aspects du religieux, spirituel, métaphysique restent-ils la plupart du temps au second plan ?

L’on nous a vendu deux systèmes censés être les deux seules voies idéologiques et politique du « salut » des Hommes : le capitalisme libéral incarné dans un premier temps par l’Empire britannique puis par l’Amérique-monde, et le système communiste réalisé dans l’Union soviétique.

Il n’est donc au fond pas étonnant que Karl Marx ait été réfugié à Londres, centre du capitalisme mondial ; de plus, c’est à Londres que fut créée (1864) et siégeait l’Internationale communiste.

C’est d’ailleurs dans la capitale de l’Angleterre que s’était réuni le congrès de leur parti (1903) où étaient présents Staline et Trotsky.

Ces deux systèmes matérialistes ce sont établis – lentement depuis l’avènement du protestantisme – contre la société traditionnelle, contre les religions traditionnelles. Le modernisme a imposé une vision purement matérialiste de l’Histoire, un règne de la quantité qui ne juge et étudie les sociétés humaines que par le prisme des graphiques statistiques.

Le paradigme matérialiste s’est imposé culturellement, il a envahi de fait les milieux intellectuels, de sorte que les historiens, politologues et autres s’interdisent même de voir dans ces systèmes matérialistes (capitalisme, socialisme, droit-de-l’hommisme…) la dimension mystique et messianique ; ils n’observent et étudient que l’épaisse surface des choses sans les pénétrer.

 

 

5. Aujourd’hui, le libéralisme et le communisme sont considérés comme deux idéologies totalement différentes. Cependant, en les examinant de plus près, nous pouvons identifier une série de coïncidences et de complémentarités frappantes.

Comment décririez-vous les différences et les similitudes entre ces théories politiques ?

Répertorier les différences et les similitudes entre ces théories politiques nécessiterait une étude approfondie, mais soyons ici schématiques et synthétiques.

L’utopie révolutionnaire s’est très tôt fondée sur la nostalgie d’un monde pré-capitaliste fantasmé, mais aussi sur un progressisme matérialiste qui est généré par le capitalisme.

Ainsi, Karl Marx et ses disciples vont développer une conception foncièrement mécaniste, qui veut qu’une fois accompli le progrès technique nécessaire, le progrès moral suive de lui-même (dixit Georges Orwell dans sa lettre à Humphry House du 11 avril 1940).

Aujourd’hui, un idéologue libéral ne dirait pas autre chose que les marxistes de ce point de vue là.

La foi dans le progrès technique menant à la fin de l’Histoire unit les libéraux et les marxistes dans cette perspective. De même que la lutte des classes en tant que moteur de l’Histoire ne les oppose pas idéologiquement, à posteriori.

Le milliardaire américain Warren Buffet dira à ce propos : « Il y a une lutte des classes, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous la gagnons » (CNN, le 25/05/2005).

Il y a une évidente dialectique historique entre capitalisme et communisme ; le communisme s’est historiquement nourri du capitalisme moderne – et s’est opposé à lui – et de son avatar : la révolution industrielle.

Capitalisme et communisme se sont nourris l’un de l’autre dans une opposition dialectique, sur les plans historique, idéologique et géopolitique, jusqu’à la chute du Mur de Berlin.

 

Suite à l’effondrement de l’Union soviétique, le capitalisme et le communisme, la thèse et son antithèse, ont commencé leur fusion pour former la synthèse, incarnée aujourd’hui par la Chine, par l’Union européenne, et dans une certaine mesure par le système oligarchique américain où les grandes banques et multinationales ont pris le contrôle de l’État (ce qu’a très bien démontré l’économiste américain James K. Galbraith dans son livre L’État prédateur).

 

 

6. Certains chercheurs affirment que le projet communiste a trouvé une suite logique dans le projet globaliste. Dans quelle mesure cette opinion est-elle valable ?

Il est vrai dans la mesure où, comme je l’ai dit précédemment, le projet communiste est celui de la révolution universelle.

Un projet messianique global qui avait pour vocation de s’imposer à l’Humanité entière. Si l’Union soviétique s’est effondrée, si le communisme tel qu’on le connaissait à disparu (mis à part dans quelques pays), l’essence de ce projet messianique révolutionnaire demeure toujours.

Aujourd’hui, ce sont les institutions internationales, l’Union européenne… pilotées par l’oligarchie occidentale judéo-protestante, qui accomplit ce projet globaliste.

Le projet se transforme, il ne change que de formes, mais l’arkhê, le principe premier, l’essence, se perpétue grâce à ces transformations.

 

 

7. Dans le monde ex-communiste et en Occident, la russophobie est alimentée par la confusion entretenue artificiellement entre l’Union Soviétique et la Russie (jusqu’en 1917 et après 1991), les crimes de l’ancien régime communiste étant attribués à la nation russe.

C’est la même chose que si le nazisme était attribué à la nation allemande, quelque chose qui devrait causer la germanophobie.

À qui profite le maintien de cette confusion et comment pourrait-elle être surmontée ?

La Russie tsariste était déjà un ennemi à abattre. Le communisme fut à la fois un outil de destruction de la Russie traditionnelle et un prétexte pour maintenir le monde dans une opposition capitalisme/communisme.

Durant la guerre russo-japonaise (1904-1905), le britannique Sir Ewen Cameron (un ancêtre de l’ancien Premier ministre David Cameron), président de la Hong Kong and Shangai Bank, a joué un rôle clé pour faciliter les prêts consentis par la famille de banquiers juifs Rothschild au Japon (Takahasi Korekiyo, The Rothschild and the Russo-Japanese War, 1904-1907), ceci afin d’affaiblir la Russie dans le contexte de la première tentative de révolution qui allait éclater en 1905 avec la défaite de l’Empire.

Nous avons affaire aujourd’hui, comme à l’époque tsariste, à une guerre contre la Russie et ses alliés par les forces thalassocratiques, anglo-américaines et judéo-protestantes.

Ce ne sont pas les crimes de l’Union soviétique qui sont utilisés comme prétexte à la propagande anti-russe, mais plutôt le caractère supposé dictatorial du Président Vladimir Poutine, son opposition aux forces atlantistes en Ukraine et en Syrie, sa volonté de préserver la famille traditionnelle contre les attaques des organisations LGBT…

En résumé, le fond du problème est l’insoumission de la Russie.

Il s’agit d’une guerre idéologique que mène l’Occident moderniste contre la Russie chrétienne et un certain nombre de pays musulmans.

Il faut, par ailleurs, bien distinguer l’Europe et l’Occident. L’Occident est une construction liée à cette fabrication idéologique qu’est le judéo-christianisme, et qui renvoie bien plus au monde anglo-saxon thalassocratique qu’au continent européen.

J’ai analysé dans un de mes ouvrages (Occident et Islam – Sources et genèse messianiques du sionisme) des évènements majeurs dans l’histoire de l’Angleterre du XVIIe siècle qui ont transformé plus tard et de manière décisive – notamment à l’occasion des deux guerres mondiales – le rapport de ce monde anglo-saxon à l’Europe continentale.

Ce que l’on appelle aujourd’hui l’Occident n’est pas seulement une construction idéologique, mais politique, à savoir l’Union européenne et son pendant géostratégique, le bras armé des États-Unis, l’OTAN, qui est tourné contre la Russie.

Cet Occident a le visage du monde anglo-saxon qui a connu une expansion économique et géopolitique poussée en avant par un messianisme vétérotestamentaire, lequel a accompagné et a suivi la Révolution d’Oliver Cromwell (1599-1658).

Le monde occidental est donc cet ensemble idéologique, politique et géopolitique qui a absorbé peu à peu l’Ancien monde catholique, gréco-latin, mais aussi germanique.

Le théoricien de l’histoire sur la longue durée et de la civilisation Arnold J. Toynbee (1889-1975) avait très bien perçu quel était le fond de la guerre menée par l’Occident moderniste contre les traditions. Ainsi il écrivait en 1947 :

« Cette attaque concentrique lancée par l’Occident moderne contre le monde de l’Islam a inauguré le présent conflit entre les deux civilisations.

On verra qu’il participe d’un mouvement encore plus vaste et plus ambitieux par lequel la civilisation occidentale ne vise rien moins qu’à l’incorporation de toute l’humanité en une grande société unique, et au contrôle de tout ce que, sur terre, sur mer et dans l’air, l’humanité peut exploiter grâce à la technique occidentale moderne.

Ce que l’Occident est en train de faire à l’Islam, il le fait en même temps aux autres civilisations survivantes – chrétiens orthodoxes, indiens, monde extrême-oriental – et aux sociétés primitives survivantes qui sont actuellement aux abois, même dans leurs ultimes réduits d’Afrique tropicale. »

(Arnold J. Toynbee, L’Islam, l’Occident et l’avenir, 1947).

 

Par conséquent, l’erreur à ne pas faire, c’est de se soumettre en permanence aux « valeurs » occidentales, se laisser acculer chaque jour, comme le fait l’Allemagne, par le chantage à l’homophobie, à l’antisémitisme et au racisme.

Il ne faut pas se limiter à mener une guerre défensive sur les plans diplomatique et géopolitique, mais il faut mener une bataille culturelle en rejetant catégoriquement le paradigme moderne et ses avatars qui tuent purement et simplement les peuples en détruisant leurs religions, leurs valeurs et leurs traditions.

 

 

8. Une autre confusion fréquente en Russie et dans l’ancien espace communiste est l’attachement simultané d’une partie de la population à la fois à l’Église et à la civilisation soviétique, qui est par définition antichrétienne.

Que faut-il faire pour surmonter cette approche au moins incohérente ? La hiérarchie de l’Église pourrait-elle contribuer de façon substantielle au dépassement de ces déviations ?

Comme je l’ai dit précédemment, le régime communiste s’est effondré il y a moins de 30 ans, beaucoup de Russes sont nés et ont vécu une partie de leur vie sous ce régime. Il faut donc relativiser cette prégnance du communisme sur une partie de la population.

Si le christianisme a pu renaître en Russie c’est justement parce que le communisme en tant que croyance collective et idéologie du régime est mort.
Si la Russie s’est redressée politiquement et économiquement, c’est grâce au retour du christianisme qui a restructuré la société russe.

Ce qui reste de communisme en Russie sera effacé par le temps dans une ou deux générations. Mais l’on ne pourra jamais effacer de l’histoire russe et de sa mémoire les 70 ans de communisme. Ce serait une erreur et une perte considérable de temps et d’énergie que de s’essayer à effacer cette histoire des mémoires.

Le travail de la hiérarchie de l’Église doit consister, entre autres choses, à solidifier le christianisme et la foi des Russes ; aider la Russie et son État dans ce combat culturel contre l’hégémonie mondiale du modernisme, plutôt que de combattre les spectres du communisme.

 

 

9.  Comment pourrait-on expliquer que plus d’un quart de siècle après la chute du communisme et de l’URSS, le mausolée de Lénine soit intact et que ses restes mortels ne soient pas enterrés ?

Les explications qui se réfèrent à éviter d’agiter la sensibilité d’une partie des personnes âgées qui nourrissent la nostalgie ou celles de l’opportunité politique ne résistent pas à la critique.

Quelles sont les causes spirituelles qui déterminent cette paralysie volitive et que devraient faire l’élite russe, l’Église, les intellectuels de pointe, l’administration gouvernementale pour sortir du filet de cette malédiction historique ?

Dans la prolongation de ma réponse à la question précédente, je dirai qu’il ne faut pas donner plus d’importance que cela mérite aux oripeaux (choses qui ont un éclat apparent et sous lesquelles il n’y a rien de solide) du communisme. Je doute que les jeunes Russes considèrent Lénine comme étant un prophète et son mausolée un temple. Il est indéniablement un personnage historique central du XXe siècle à l’échelle mondiale.

Je ne pense pas qu’il y ait une paralysie volitive, c’est une question générationnelle. L’attachement au communisme et à ses prophètes disparaîtra avec la génération qui a été modelée par eux.

L’histoire de la longue durée nous apprend à relativiser et à étudier les croyances collectives au-delà de l’échelle humaine.

 

 

10. Au cours des dernières années de plus en plus de gens se tournent vers la Russie comme un bastion des valeurs traditionnelles du monde.

Le courant de pensée anti-libéral en Russie pourrait-il avancer à la mesure d’une Révolution conservatrice d’envergure mondiale et quelles sont, selon vous, les chances d’une résurrection religieuse d’envergure qui pourrait supprimer le paradigme libéral dominant de la scène de l’histoire ?

La Russie a pris des positions courageuses sur le mariage homosexuel, l’homoparentalité, qui ont eu un retentissement mondial et qui peuvent inspirer nombre de nations, c’est indéniable. Mais il ne me semble pas (vu de l’extérieur), que le libéralisme économique et sociétal (les deux étant liés) soit prêt à reculer en Russie, du fait qu’il a, dans le pays, des relais importants et puissants.


Je ne crois pas en une révolution conservatrice à l’échelle mondiale, mais il peut y avoir, dans certains pays, et sous des modes différents, des avancées conservatrices en réaction aux poussées du libéralisme.

Pour mener une révolution conservatrice, il faut au préalable élaborer un projet de société global. Les réaction ponctuelles, comme la Manif’ pour tous en France, ne constituent aucunement un projet de société capable d’endiguer le libéralisme sous ses diverses formes ; tout au plus elles peuvent être un point de départ, une impulsion.

En Russie, l’Église orthodoxe, qui a repris ses droits, peut jouer un rôle très important dans le sens d’une révolution conservatrice, que l’État ne peut entreprendre à lui seul (du fait des intrications des intérêts économiques et leur poids dans les décisions politiques).

Les religieux, les docteurs de la foi, les philosophes, les politiques et les intellectuels de tous les domaines doivent travailler de concert à l’élaboration d’un projet global en vue de la refondation de la société sur des bases traditionnelles.

L’Histoire pourrait bien offrir cette chance, dans la mesure où, à mon sens, notre monde est en train de basculer, avec l’effondrement des dernières idéologies modernes, dans une nouvelle ère, l’ère véritablement postmoderne.

 

 

Une interview de Youssef Hindi réalisée par Iurie Rosca parue le 8 août 2017 dans la revue GEOPOLITICA.RU à l’occasion du centenaire de la révolution bolchevique.

Note du Saker Francophone     http://lesakerfrancophone.fr/

Les lecteurs attentifs auront noté que 2 autres intervenants Valérie Bugault et Emmanuel Leroy 
sur ce site auront répondu à la question il y quelques semaines.
Youssef Hindi donne un troisième éclairage sur cette révolution.