Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/07/2017

IRAK: LA BATAILLE DE MOSSOUL ......

La Bataille de Mossoul
 

La Bataille de Mossoul

Long RetEx de Jean Cuny sur la Bataille de Mossoul. À savourer sans modération. Une partie des notes sont de la Rédaction.

 

I Capitale de l’État islamique.

Le 6 juin 2014, l’État islamique en Irak & au Levant et d’autres groupes sunnites comme l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya ou Ansar al-Islam attaquent Mossoul, après 4 jours de violents combats, les forces gouvernementales en déroute abandonnent la ville, ce qui permet aux insurgés de s’emparer d’un important butin : environ 3.000 Humvee, 50 chars lourds, 150 blindés légers et 60.000 armes individuelles.

Cette alliance entre groupes insurgés n’a pas duré longtemps car dés le 20 juin des combats ont éclaté entre les forces d’Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)1 et celles de l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya2 qui ont fini par rejoindre les troupes gouvernementales. Quant aux membres d’Ansar al-Islam, ils ont rejoint l’EI.

A l’issue de ces combats plus de 500.000 civils ont fui Mossoul.

Le 29 juin 2014, c’est à Mossoul qu’Abou Bakr al-Baghdadi annonce le rétablissement du califat et Mossoul en est la capitale.

Elle devient donc, en quelque sorte la vitrine de l’EI qui commença par réaliser une purification religieuse de la ville : les chrétiens encore présents dont les maisons avaient été marquées par la lettre N (Nazaréens) furent sommés de choisir entre trois options :

1- se convertir à l’Islam ;
2- payer la jyiziah (impôt payé par les non-musulmans) ;
3- ou partir, ce qu’ils choisirent de faire.

Le sort des Yézidis fut plus terrible : les hommes furent massacrés, les femmes violées et vendues comme esclaves, les enfants convertis de force à l’Islam.

L’EI mit en place sa politique à base d’exécutions publiques, de châtiments corporels, la police religieuse était omniprésente, les femmes devaient être voilées et porter des gants.

L’État Islamique étant en guerre, la ville de Mossoul devint un centre de production d’armement, essentiellement de munitions (obus de mortier, roquettes, roquettes anti-char) mais aussi de certaines armes (LRAC, canons sans recul).

La progression des troupes de l’EI vers le sud : prise de Ramadi, de Falloujah semble annoncer la chute de Bagdad, en outre l’EI s’empare d’une partie de la Syrie.

L’armée irakienne telle qu’elle avait été réorganisée par les États-Unis après 2003 comptait sur le papier 170.000 hommes, mais on estime que pour 30% il s’agissait de soldats fantômes ce qui permettait à leurs officiers de toucher leurs soldes, le reste des troupes était peu motivé, à cela s’ajoutait l’animosité entre sunnites et chî’îtes. Il ne faut donc pas s’étonner des revers subis par cette armée en 2014 et 2015.

La gravité de la situation explique que dans une fatwa (extrêmement rare dans l’Islam chî’îte, la dernière remontant à 1914), l’ayatollah Ali al-Sistani appelle au djihâd contre l’État Islamique. Des dizaines de milliers de volontaires rejoignent les milices chî’îtes.

Ces milices, essentiellement chiites mais aussi sunnites ou chrétiennes sont bientôt regroupées dans les Hachd al-Chaabi 3 dont les forces permanentes s’élèvent à environ 60.000 hommes.

L’armée irakienne est réorganisée avec le soutien de milliers de conseillers militaires occidentaux mais aussi iraniens, elle bénéficie de l’appui aérien d’une coalition arabo-occidentale, en fait essentiellement occidentale.

Cet appui a permis aux forces armées irakienne de bloquer l’offensive de l’EI puis de contre-attaquer à partir du printemps 2015.

 

II Offensives sur Mossoul.

Fin mars 2016, l’armée irakienne se lance à l’attaque pour reprendre pied dans la province de Ninive, mais la progression est lente car elles n’avancent que de 15 kilomètres en trois mois. A la fin du mois de septembre cependant, les forces irakiennes sont parvenues à portée de Mossoul.

Le 17 octobre 2016, le premier ministre irakien Haider al-Abadi annonce le début de la Bataille de Mossoul. Offensive appelée Qadimum ye Naynawa (Ninive, nous arrivons).

Quelles sont les forces en présences ?

Côté irakien 100.000 hommes, un chiffre qui semble impressionnant, mais il faut en déduire tous ceux qui sont affectés à la logistique, il est aussi nécessaire de maintenir de nombreux postes de garde face aux incursions des commandos de l’EI, en outre une bonne partie de ces forces n’est pas directement engagée contre Mossoul puisque les Unités de Mobilisations Populaires qui suivent la stratégie iranienne, à la grande fureur des Américains qui n’hésiteront pas à les bombarder plus d’une demi douzaine de fois, ont entrepris une attaque vers le nord ouest pour encercler Mossoul et empêcher les djihâdistes de s’enfuir vers la Syrie.

Dans ce chiffre il faut aussi compter les forces tribales sunnites qui s’élèvent à environ 20.000 hommes et au nord les Peshmerga.

Les Irakiens bénéficient bien sûr d’un important appui aérien mais aussi d’un appui d’artillerie dont des batteries américaines (XM-7774, M-142 HIMARS5 et françaises (4 CAESAR6) qui ont tiré 13.000 obus durant la bataille).

En face 3.000 à 5.000 djihâdistes dont plus d’un millier de combattants étrangers.

Dans les deux camps on commence à avoir une certaine expertise des combats urbains après les batailles pour Ramadi de décembre 2015 à février 2016 et pour Falloujah en mai-juin 2016.

Le fer de lance de l’armée irakienne est composé de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS), 7.000 hommes entraînés par des conseillers occidentaux (français du DIO de la 13e DBLE, américains, australiens, espagnols), instruction portant sur le combat urbain et la neutralisation des IED.

On utilise les mortiers pour dégager le terrain miné puis viennent les bulldozers blindés, ensuite les blindés et si la résistance est trop forte, on a recours à l’aviation.

Une méthode qui n’est pas particulièrement soft car la ville de Ramadi a été détruite à plus de 70%.

Côté djihâdiste on a recours à la trilogie voitures piégées, pièges explosifs, snipers. Il s’agit d’user peu à peu les forces attaquantes.

Pour se déplacer, les djihâdistes utilisent des tunnels, percent les murs pour se déplacer discrètement de maison en maison.
A Mossoul, les djihâdistes ont eu plusieurs mois pour se préparer : barrant les principales voies d’accès par des levées de terre, creusant des tunnels, préparant des centaines de voitures piégées.

La dernière quinzaine d’octobre voit les forces anti-EI s’emparer de la périphérie de Mossoul pendant que les Hachd al-Chaabi remontent vers le nord ouest pour isoler la ville.

 

III Dans l’enfer du combat urbain.

Le 4 novembre les forces irakiennes commencent à attaquer la partie est de la ville, très vite les combats deviennent extrêmement violents, en avant des forces irakiennes se trouvent les unités anti-terroristes puis viennent les forces de la police fédérale chargées de sécuriser les zones conquises, mais ces dernières, peu aguerries, abandonnent souvent leur poste à la moindre fusillade, ce qui contraint les unités anti-terroristes à revenir.

Même dans les zones conquises l’insécurité est totale du fait des infiltrations djihâdistes et surtout de l’emploi massif de voitures piégées, les conducteurs de celles-ci sont guidés par des drones qui permettent aux djihâdistes de repérer les concentrations de forces irakiennes et de les utiliser au mieux.

Du début novembre à la mi-décembre, les djihâdistes ont utilisé 630 véhicules piégés qui en plus des missiles anti-chars, des LRAC, des canons sans recul ont causé de lourdes pertes matérielles et humaines aux forces irakiennes : plusieurs dizaines de chars, des dizaines de véhicules blindés, plus de 300 Humvee.

Quant aux pertes humaines, elles dépassent les 2.000 morts début décembre, pertes pesant avant tout sur les unités d’élite en première ligne, la fameuse Division d’or des forces spéciales aurait perdu 20% de ses hommes et 35% de ses véhicules.

Pour donner une idée de la férocité des combats, prenons l’exemple de l’Hôpital al-Salam : le 6 décembre, la 9e Division blindée irakienne s’en empare, mais les djihâdistes contre-attaquent et reprennent l’hôpital, dans l’affaire les forces irakiennes ont laissé la bagatelle de 15 BMP-1détruits, 2 capturés, 6 Humvee et un bulldozer détruits, ils ont eu plus de 30 tués et plus de 40 blessés. L’hôpital ne sera repris qu’un mois plus tard par les forces irakiennes après de violents bombardements aériens (plus de 25 bombes).

Durant la seconde quinzaine de décembre, l’armée irakienne reprend son souffle et sécurise les zones conquises avant de se relancer à l’attaque début janvier 2017.

Il lui faut cependant 3 semaines pour venir à bout des derniers djihâdistes isolés dans Moussoul Est depuis la destruction des ponts et ce n’est que le 24 janvier que la partie est de la ville est considérée comme reprise.

Mais Mossoul Est est loin d’être sécurisée car y subsistent des cellules dormantes de l’EI qui bombarde cette partie de la ville avec des roquettes, des obus de mortier et utilise aussi un matériel plus précis, les drones armées. Durant la seule seconde quinzaine de février, il y a 200 morts à Mossoul-Est.

Après une nouvelle pause, les forces irakiennes lancent leur offensive par le sud contre Mossoul ouest le 19 février. Premier objectif l’aéroport et la Base militaire de Ghaziani dont la prise est effective le 23 février.

Puis les unités anti-terroristes et la police fédérale (ERD/FIR) entrent dans la ville, le 7 mars le siège du gouvernement fédéral est pris, mais une contre-attaque djihadiste met les forces irakiennes en difficulté, le 15 mars une voiture piégée parvient à s’infiltrer jusqu’au gouvernorat et détruit 34 Humvee 3 autres blindés, 1 camion et 1 char.

Devant les difficultés de l’avance, l’armée irakienne a massivement recours à l’artillerie et à l’aviation : le 17 mars, pour liquider 2 snipers, l’aviation américaine bombarde et tue plus de 100 civils.

Comme le dira le US Secretary of Defense, le général (Ret) James Mad Dog Mattis, « La perte de civils fait partie de la vie dans ce genre de cas ».

Pour enfoncer le clou et purger les toits des snipers on utilise aussi des obus au phosphore blanc7.

Le 23 mars des avions américains bombardent le quartier d’Al Mawsil al-Jadidah et tuent plus de 230 civils.

Fin mars, début avril, les forces irakiennes piétinent face à la farouche résistance des djihâdistes. Le commandant de la police fédérale annonce que celle-ci a perdu 325 officiers dans les combats à Mossoul ouest.

La Division d’or, meilleure unité des forces spéciales irakiennes a subi 50% de pertes en 6 mois.

Le 6 avril, un hélicoptère Bell 407 irakien est abattu.

Depuis octobre, les forces gouvernementales ont perdu plus de 9.000 hommes, 39 T-72, 47 Abrams, 125 blindés de divers modèles, près de 900 Humvee, près de 600 camions.

Le mois de mai et la première quinzaine de juin sont consacré à la reprise des quartiers entourant la vieille ville, les combats sont très violents : le Quartier du 17 juillet change 3 fois de main. L’EI emploie un camion citerne piégé et blindé portant des lance roquette sur le toit pour s’ouvrir la voie lors d’une contre attaque dans le quartier de Rifai.

L’armée irakienne emploie des bulldozer pour sécuriser ses flancs par des levées de terre afin de bloquer les voitures piégées et pour déblayer les rues des carcasses de voitures et des barricades construites par les djihâdistes, mais ces bulldozers sont des cibles de choix et l’on manque bientôt de conducteurs, ce qui est un signe de la dureté des combats.

Le 18 juin, l’armée irakienne annonce le début de son offensive contre la vieille ville de Mossoul. Elle emploie des unités de la Division d’or, des 15e, 16e Divisions et de la Police fédérale.

Les combats se déroulent dans des rues étroites où les forces irakiennes ne peuvent engager des blindés et les djihâdistes des voitures piégées, mais ils remplacent celles-ci par des motos piégées.

Le 21 juin, la grande mosquée Al-Nouri est détruite par les djihâdistes.

La progression est lente, l’armée irakienne a recours systématiquement à l’artillerie et à l’aviation dés qu’une trop forte résistance se fait sentir.

Mais les djihâdistes ne se contentent pas de simplement résister, ils lancent aussi des contre-attaques : le 25 juin, des islamistes parviennent à s’infiltrer dans 3 quartiers par l’armée irakienne et il faut l’intervention de deux brigades de la Division d’or pour les nettoyer de nouveau.

Des membres de la 82nd Airborne Division8 coordonnent l’action des troupes irakiennes et assurent la liaison avec l’appui aérien.

La progression est difficile, en outre les djihâdistes contre-attaquent encore le 3 juillet.

Finalement, le 9 juillet 2017, le premier ministre irakien Haidet al-Abadi annonce la libération de Mossoul, mais l’annonce est prématurée car ce n’est pas avant le 11 juillet que les combats se termineront dans la vieille ville. Celle-ci est dévastée : sur 5.536 bâtiments 490 sont complètement détruits, 3.310 sévèrement endommagés, 1.736 modérément endommagés.

Les forces irakiennes auraient au minimum perdu 1.000 tués et 6.000 blessés durant la bataille.

L’unité la plus touchée est sans conteste la Division d’or c’est à dire l’ICTS, unité formée par les Américains depuis 2003, elle a été engagée quasiment seule dans les combats à Mossoul Est où, selon un officier américain, sa 1ère Brigade aurait perdu à la mi-décembre 50% de ses Humvee.

Elle a de nouveau été engagée à Mossoul ouest, mais cette fois-ci, la Police fédérale a joué un rôle important et lors de l’assaut contre la vieille ville des unités de l’armée ont été engagées avec la volonté de finir vite, mais aussi pour compenser les pertes des autres unités.

On a comparé la Bataille de Mossoul à la Bataille de Stalingrad, en ce qui concerne la férocité des combats, c’est certain. Mais l’on oublie qu’à Stalingrad, les forces soviétiques ont bénéficié d’un flot continu de renforts et de l’appui de l’artillerie située sur la rive orientale de la Volga.

Les djihâdistes, rapidement encerclés ont été réduits à leurs seules forces, ils ont cependant bénéficié du fait qu’à Mossoul se trouvaient des ateliers de fabrication d’explosif et d’armes, ce qui leur a permis de construire des centaines de véhicules piégés, de disposer de larges quantités d’obus de mortier, de roquettes et de lance-roquettes et de multiplier les pièges explosifs.

La perte de Mossoul porte un rude coup à l’organisation djihâdiste car elle a subi des pertes non négligeables en terme d’effectifs, elle a perdu d’importantes capacités de production militaire, sa réduction du contrôle sur la population représente une perte importante de revenus et aussi une réduction de ses capacités de recrutement. Toutefois l’État Islamique est loin d’être vaincu.

Pour le gouvernement irakien, cela représente une victoire, victoire obtenue cependant au prix d’un affaiblissement de ses meilleures unités, à savoir l’ICTS qui a subi des pertes sensibles.

En outre, se pose le défi de la reconstruction d’une grande ville, plus de 800.000 personnes sont encore déplacées. Se pose aussi le problème des rapports entre sunnites et chî’îtes, le gouvernement irakien doit rétablir la confiance des sunnites à son égard, ce qui représente certainement le plus grand défi auquel il a à faire face.

 

Notes

1 Ou ÉIIL pour Émirat islamique en Irak & au Levant.
2 Ou Jayš Rajal al’-Tariqa al’-Naqshbandiyya (JRTN, Armée des hommes de la Naqshbandiyya), créée le 30 décembre 2006, la nuit qui a suivi l’exécution du président Saddam Hussein. Dirigée par Ezzat Ibrahim al-Duri, elle se réclame du Ba’asisme et aussi du soufisme de la confrérie de la Naqshbandiyya, elle regroupe 2.000 à 3.000 hommes.
3 Ou Unités de Mobilisation Populaire. Rassemblent 60 à 70 milices, certaines sont sunnites ou chrétiennes mais la majorité sont chî’îtes. Les plus importantes sont l’Organisation Badr dirigée par Hadi al-Ameri, les Kata’ib Hezbollah (Brigades du Parti de Dieu) dirigées par Abou Mahdi al-Muhandis qui est aussi le chef militaire des UMP.
4 Obusier US de 155/L39.
5 Pour HIMARS (High Mobility Rocket System) porte 6 roquettes de 227 mm, portée 480 km.
6 Ou Canon Équipé d’un Systéme d’ARtillerie, 155/L52 portée 42km.
7 Une arme prohibée par les conventions internationales. Mais, là, pas de ligne rouge…
8 Lire à son sujet l’excellent, Cahier du Retex, Les fantômes furieux de Falloujah : opération Al-Fajr/Phantom Fury (juillet-novembre 2004), publié Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF).

 

ET AUSSI

 

Combats entre milices chrétiennes dans la plaine de Ninive
Ryan al-Kildani (à droite)

Combats entre milices chrétiennes dans la plaine de Ninive

 

Pour la première fois – du moins officiellement – des combats entre milices chrétiennes se sont produits à Baghdeda, dans la région de Qaraqosh – à l’est de Mossoul – le 15 juillet dernier.

 

Responsables : les Unités de protection de la plaine de Ninive (NPU)financées par des Assyriens résidant aux Etats-Unis et dans le monde – qui ont arrêté 6 membres des Brigades de Babylone – autre milice chrétienne mais qui fait partie des Hachd al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire, force paramilitaire majoritairement chiite).

 

Leurs prisonniers sont accusés d’avoir saccagé des maisons et des églises chrétiennes, dont le monastère syriaque de Mar Behnam datant du 4ème siècle.

Comme il fallait s’y attendre, les Brigades de Babylone ont entrepris de les libérer…

Les accusations portées contre les Brigades de Babylone sont extravagantes.

Tout le monde sait que ce sont Les Lions de Babylone, comme on les appelle aussi, qui ont repris en novembre dernier le monastère de Mar Behnam occupé depuis juillet 2014 par les forces djihadistes, et qu’après les combats les bâtiments se trouvaient dans un triste état.

Ce clash entre milices chrétiennes fait suite à des interventions médiatisées de Sa Béatitude Louis Raphaël 1er Sako, patriarche de tous les Chaldéens, qui s’en est pris à plusieurs reprises, nommément, à Ryan Salem al-Kildani (le chaldéen) – chef des Brigades de Babylone, déclarant qu’il ne représente pas les chrétiens et exhortant ces derniers à ne pas s’engager dans sa milice.

Le patriarche semble avoir choisi son camp. On ne l’a pas entendu se plaindre de l’encadrement des milices chrétiennes basées au Kurdistan par d’anciens militaires occidentaux…

 

Les Hachd al-Chaabi redorent leur image

En fait, les chefs de ces milices – sous influence américaine, kurde ou israélienne – n’acceptent pas que des chrétiens irakiens, suivis par des membres d’autres minorités religieuses, combattent au sein des Hachd al-Chaabi.

 

Pourquoi ? Simplement parce qu’ils se positionnent du côté kurde, américain et anti-iranien dans la perspective des affrontements qui risquent de se produire prochainement à Kirkouk et dans les territoires contestés, c’est-à-dire occupés par les peshmerga.

Les chrétiens mésopotamiens ont la mémoire courte: à chaque fois qu’ils se sont alliés à des envahisseurs étrangers au Proche et Moyen-Orient, cela s’est mal terminé pour eux.

A vrai dire, les Hashd al-Chaabi ne sont plus tout à fait une organisation chiite. Le 13 juin 2014, la fatwa du Grand ayatollah Ali Sistani appelant au combat contre l’Etat islamique s’adressait à tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique.

Il a été en partie entendu : outre les chrétiens des Brigades de Babylone, des sunnites – membres de tribus victimes d’Al-Qaïda en Irak, puis de l’Etat islamique (EI) – sont dans leurs rangs. Ces trois dernières années, ils ont participé aux batailles livrées dans la région d’Al-Anbar.

Les Hachd ont profité de leur présence dans la plaine de Ninive pour recruter des combattants dans toutes les communautés religieuses et ethnies : turkmène, yézidie, shabak, y compris des Kurdes réfractaires aux injonctions de Massoud Barzani.

Complots contre les Hachd

Quoi que disent les porte-paroles du gouvernement de Bagdad et de la Division d’or, les Unités de Mobilisation Populaire ont participé à la bataille de Mossoul.

En février dernier, le cheikh Youcef, un des dirigeants des Hashd, m’a certifié à Téhéran – où il intervenait à la Sixième conférence de soutien à l’intifada palestinienne – qu’aucun assaut sérieux de l’armée irakienne contre les positions de l’Etat islamique n’avait lieu sans elles. Pourquoi le cacher  aujourd’hui?

Dans sa conférence de presse à Bagdad, le 13 juillet dernier, Hadi al-Amiri – secrétaire général de la puissante organisation chiite Badr -, leader officiel des Hachd al-Chaabi, n’a pas manqué de reprocher au Premier ministre Haïdar al-Abadi d’avoir « oublié » de rendre hommage aux Hachd pour leur rôle dans la libération de Mossoul et fait état de complots ourdis contre elles.

 

On sait que les Américains poussent Abadi à les dissoudre, voire que le Pentagone aurait constitué une force spéciale nommée « Les Tigres » pour localiser les membres du Haut-commandement des Hachd… et les éliminer.

 

France-Irak     Actualite

29/07/2017

LA BATAILLE DE MOSSOUL ! UN VASTE CIMETIÈRE .......

 
 

Massacre à Mossoul : « Nous avons tué tout le monde – l’EI, les hommes, les femmes et les enfants »

Des soldats irakiens sur les rives du Tigre. Compressés dans les gravats à leurs pieds, plusieurs centaines de corps (MEE)

 

Les derniers jours de la bataille contre l’EI, les soldats irakiens ont reçu un dernier ordre, très dur, de tuer tout ce qui bouge.

Écrasés sous les décombres, on peut trouver ceux qui en ont fait les frais

 

MOSSOUL, Irak – Le soldat irakien jette un coup d’œil à l’extérieur de la pièce où il se trouve, tenue par trois murs, à travers une friche de gravats s’effondrant abruptement jusqu’aux rives du Tigre.

Il réfléchit à ses derniers jours, très violents, de combats contre le groupe État islamique (EI).

« Nous les avons tous tués », raconte-t-il calmement.

« Daech, les hommes, les femmes et les enfants. Nous les avons tous tués. »

 

Ce qu’il reste de cette partie de la vieille ville de Mossoul, où les combattants de l’EI ont livré leur dernier combat, est un endroit terrible. Et ce qui se trouve en dessous trahit les sombres derniers jours de la bataille pour Mossoul.

« Nous les avons tous tués. Daech, les hommes, les femmes et les enfants. Nous les avons tous tués »

– Un soldat irakien, Mossoul

Des centaines de corps gisent, à moitié enterrés dans la maçonnerie effondrée et les décombres de ce qui avait été autrefois un quartier historique et trépidant.

La puanteur des corps en décomposition, qui arrive rapidement dans les 50°C de la chaleur de l’été, submerge les sens.

Les pieds sont les restes que l’on remarque en premier. Et il y en a beaucoup, perçant à travers les décombres.

Ces meurtres de masse ont laissé des traces terribles.

Au cours de la semaine dernière, des bulldozers blindés ont roulé, en avant et en arrière, sur les maisons toutes froissées, compressant des centaines de corps dans les décombres.

Mais les morts ne s’en vont pas. Le rouge-brun des morceaux de corps en train de pourrir tranche avec le gris pâle de ce paysage irrégulier de gravats, de poussière et d’immeubles détruits.

« Il y a beaucoup de civils parmi les corps », explique un commandant de l’armée irakienne à Middle East Eye. « Après l’annonce de la libération, ordre a été donné de tuer tout ce qui bouge. »

Témoignant sous couvert d’anonymat, le commandant admet que les ordres n’étaient pas bons, mais les militaires devaient les exécuter sans discuter.

 

« Nous arrêtons très peu de personnes »

L’argument avancé par certains soldats irakiens selon lequel les prisons de Bagdad sont trop remplies pour accueillir davantage de prisonniers de l’EI fait rire le commandant.

« Ce n’est pas vrai, nous avons plein de prisons, mais maintenant, nous ne sommes pas en train de traiter les prisonniers comme nous le faisions avant », reconnaît-il.

« Plus tôt dans la guerre, nous arrêtions de nombreux combattants de Daech et nous les amenions aux services de renseignement. Mais maintenant, nous arrêtons très peu de personnes. »

 

Lundi, plusieurs journalistes ont vu un prisonnier de l’EI se faire traîner dans les rues en ruines de la vieille ville par les soldats des forces spéciales.

L’homme était attaché et avait une corde nouée autour du cou. Les soldats ont confisqué les cartes mémoire des journalistes et on nous a ordonné de quitter la ville.

« Ici, il n’y a plus de loi maintenant », souligne le commandant. « Chaque jour, je vois que nous faisons la même chose que Daech. Les gens descendent vers le fleuve pour avoir de l’eau parce qu’ils meurent de soif, et nous les tuons. »

Les corps tapissent maintenant les rives du Tigre.

Tués par des frappes aériennes, des combats ou des exécutions, morts de faim ou de soif, certains ont été ramenés par le fleuve sur les rives pendant que d’autres flottent encore dans les eaux bleues.

Certains des corps sont très petits. Ce sont des enfants.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux le 17 juillet ont montré des hélicoptères irakiens en train de mener ce que l’on pense être les derniers raids aériens de la bataille pour Mossoul, qui a duré neuf mois.

Au son d’une musique joyeuse et victorieuse, les hélicoptères ciblent des personnes désespérées qui essaient de s’échapper de la vieille ville en nageant dans le fleuve, grand et dangereux.

Tout près, des soldats posent pour les photos de la victoire, un drapeau irakien enfoncé au bout d’une pile de décombres et de morceaux de corps.

Ils sont devenus insensibles au paysage de mort dans lequel ils se déplacent. La brutalité de ce long conflit et la barbarie de leur ennemi ont pris le dessus sur les forces armées irakiennes. Il ne reste plus beaucoup d’humanité.

Les soldats – la plupart le visage enveloppé dans des écharpes pour se protéger de l’odeur oppressante de la mort  – fouillent dans les décombres et les corps, tragiquement à la recherche de modestes butins de guerre.

Des pièces d’AK47 brulées et cassées, des magazines vides, quelques boîtes de munitions.

À la fin de la semaine dernière, les forces irakiennes se faisaient encore attaquer par quelques combattants de l’EI restant, surgissant de trous dans les décombres ou d’immeubles effondrés pour tirer sur des soldats ou lancer des grenades.

Jeudi, un soldat s’est approché de ce qu’il pensait être le cadavre d’un combattant de l’EI. L’homme faisait semblant d’être mort et tira à bout portant sur le soldat avec un pistolet.

Lundi, lorsque quatre combattants de l’EI – deux étrangers et deux Irakiens – ont été trouvés en train de se cacher sous terre, il y avait encore des gens en vie dans les décombres. Selon un soldat irakien stationné là, les quatre ont été tués.

Ceux-là, semble-t-il, faisaient partie des quelques rares survivants, selon les soldats.

Certains essaient toujours de prendre les soldats irakiens pour cible depuis des cachettes souterraines.

Jeudi dernier, Haidar, un soldat de l’armée irakienne, a déclaré que huit tunnels distincts, avec des gens à l’intérieur, avaient été identifiés par les militaires, principalement grâce à des entretiens avec les femmes et les enfants qui s’en étaient échappés.

« Dans notre zone, il y en a trois. Dans un tunnel, on a compté six combattants irakiens de l’EI.

Dans un autre, trente, dont neuf femmes.

Et dans le troisième, nous ne savons pas exactement combien il y en a mais les gens qui en sortent nous disent qu’il y en a beaucoup », résume-t-il.

 

Personne ne sait ce que sont devenus ces gens – mais très peu de civils ont émergé des ruines en vie depuis jeudi.

Les provisions en nourriture et en eau sont aussi rares, voire inexistantes sous le sol.

Les derniers civils à sortir des décombres ressemblaient à des victimes d’un camp de concentration, et plusieurs ont rapporté ne pas avoir mangé depuis deux semaines. Certains étaient presque mourants.

Mercredi dernier, un garçon yézidi affamé, âgé de 11 ans, s’est effondré en larmes dans un hôpital de campagne où il était traité pour déshydratation extrême et malnutrition.

Il racontait avoir vu mourir de soif quatre enfants avec lesquels il se cachait.

L’EI avait enlevé le garçon et sa sœur de 13 ans, qu’il n’a pas vue depuis un mois, dans leur maison, dans les montagnes de Sinjar en Irak en 2014.

L’EI a massacré des milliers de Yézidis – dont il qualifiait la foi ancestrale de rituel satanique – et fait prisonnier des milliers d’autres femmes et enfants.

« Nous ne leur donnerons rien », a dit Haider, jeudi.

« Hier, un des soldats s’est relâché et s’est baissé pour tendre une bouteille d’eau dans un trou où il pensait que des civils étaient piégés.

Un combattant de l’EI s’est saisi de son arme à son épaule. C’était un M4 (fusil d’assaut). »

Près de la rivière, Hussein, qui conduit des bulldozers, explique que son métier consiste à manœuvrer sur les décombres, pour combler les trous suspects où une activité de l’EI a été identifiée.

« Je remplis les trous avec des gravats pour que Daech ne puisse plus sortir », explique-t-il en admettant qu’il n’est pas tout à fait sûr de ne pas enterrer des gens vivants.

« Certains des tunnels s’étendent sur une longue distance et peut-être peuvent-ils sortir à un autre endroit. Mais mon boulot est de m’assurer qu’ils ne puissent plus sortir de ces trous. »

 

La mort est partout

Même dans les zones de la vieille ville libérées il y a des semaines, la mort rôde toujours.

Près des restes de la moquée al-Nouri, la tête noircie désincarnée d’une combattante de l’EI qui s’est fait exploser au milieu de femmes et d’enfants en train de fuir, gît à côté d’un cratère.

Dans la poussière à côté se trouvent une brosse, une sac à main à la mode, des vêtements de couleur – autant de petits objets avec lesquels les gens espéraient fuir – et puis… une jambe de femme.

Un chat se fraye un chemin à travers les rues en ruines. Un gros morceau de viande fraîche pend de ses mâchoires.

Il s’agit inévitablement de chair humaine – la seule chair qui reste dans la vieille ville est celle des cadavres.

De nouveaux corps apparaissent à différents endroits de la vieille ville. Certains ont clairement été exécutés. On leur a tiré dans la tête à une courte distance.

 

Ils sont plusieurs à toujours avoir des cordes traîner de leurs mains et de leurs pieds attachés, ce qui indique qu’ils ont été traînés à travers les rues désertes, en vie ou déjà morts.

Certains ont été brûlés pour réduire l’odeur de décomposition.

Les forces irakiennes revendiquent fièrement avoir tué au moins 2 000 combattants de l’EI lors des dernières phases de la bataille pour la vieille ville. Parmi eux, de nombreux combattants étrangers.

Aucun chiffre n’a été donné pour les victimes civiles – les femmes et les enfants qui n’ont pas pu s’échapper.

La façon dont les bulldozers ont roulé sur les décombres et les corps, labourant d’avant en arrière le terrain indique clairement que les pertes véritables, dans le massacre final du conflit de Mossoul, ne sera jamais connu.

 

La vieille ville de Mossoul, qui fut autrefois élégante, est aujourd’hui un vaste cimetière, un monument réduit en miettes pour un des conflits les plus terribles du XXIe siècle.

 

Source: MEE

GÉOPOLITQUE: ARABIE-SAOUDITE : RÉVOLUTION DE PALAIS CHEZ LES SAOUD !

 

29
Juil
2017

 

Un regard sur les coulisses du drame qui s’est déroulé à la cour montre jusqu’à quel point le récent changement de gouvernement du royaume a été une prise du pouvoir par un réformateur autoproclamé.

 

Riyad — Après avoir passé une nuit blanche confiné dans un salon d’un palace de La Mecque, le prince héritier de la couronne d’Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, est apparu dans une salle aux murs recouverts de marbre dans la matinée du 21 juin.

Le prince, âgé de 57 ans, a trouvé une foule qui l’attendait, des appareils photo, un garde du corps la main posée sur son revolver — et son cousin Mohammed ben Salmane, 31 ans, le fils préféré du roi Salmane nouvellement désigné comme son successeur en tant qu’héritier présomptif et prince de la couronne.

Un regard dans les coulisses du drame qui s’est déroulé — ainsi que sur des interviews de personnes proches de la cour, y compris celles soutenant chacun des deux princes, et sur des vidéos de manifestations — montre dans quelle mesure le remaniement a été une prise de pouvoir par un réformateur autoproclamé.

Sur une vidéo de leur rencontre ce matin du 21 juin, on voit l’aîné des deux princes marmonner un bonjour au plus jeune, qui s’approche, revêtu d’un vêtement lui arrivant à la cheville et d’une coiffe à carreaux rouges et blancs. Mohammed ben Salmane, ou « MBS » pour beaucoup de personnes, s’est agenouillé et a embrassé la main de son cousin plus âgé.

A ce moment, il aurait dû être clair pour Mohammed ben Nayef que sa longue carrière — au cours de laquelle il avait gagné la confiance des responsables du renseignement américains et était devenu une figure centrale dans les relations États-Unis-Arabie saoudite — était terminée, rapportent des personnes proches de la cour.

« Quand MBS vous embrasse », dit l’une d’elles, « vous comprenez que quelque chose de mauvais va vous arriver. »

Après la rencontre du 21 juin des deux princes, la cour a annoncé la promotion de Mohammed ben Salmane. Mohammed ben Nayef a disparu de la scène publique. Certaines personnes disent qu’il est retenu dans son palais de Djeddah, que ses déplacements sont retreints et qu’il est surveillé par des gardes fidèles à Mohammed ben Salmane.

Dans une réponse écrite à des questions portant sur le remaniement, un responsable de la cour a déclaré que Mohammed ben Nayef avait été « destitué ».

« Les raisons de sa destitution sont très confidentielles et personne n’est autorisé à les divulguer », a t-il dit, ajoutant que cette décision avait été prise « au nom de l’intérêt national ».

L’ex-prince héritier reçoit des visites chaque jour, a-t-il dit, « et a rendu visite plus d’une fois au roi et au prince héritier. »

L’ascension du prince cadet marque une réorganisation du pouvoir avec des implications profondes pour l’un des pays les plus riches et les plus secrets du monde.

Alors que le roi Salmane est souffrant, le nouveau prince héritier pourrait bientôt se trouver à la tête d’une des dernières monarchies absolues du monde, un royaume qui compte parmi les plus gros producteurs de pétrole et importateurs d’armes mondiaux, et qui utilise ses immenses ressources pour accroître son influence au Moyen-Orient.

La succession en Arabie saoudite est gouvernée par un ensemble de règles malléables et de coutumes familiales, et implique la contribution d’un conseil d’environ 35 des principaux princes représentant la descendance du fondateur du royaume.

Le changement du 21 juin se résume à une faction déposant l’autre, dans une des guerres de succession les plus chaotiques depuis que le roi Saoud a été chassé du trône par ses frères il y a 53 ans.

Cela a rendu quelques membres de la cour, préoccupés par la venue d’une nouvelle crise, inquiets des manœuvres qu’un autre clan pourrait comploter, disent certains familiers de la cour.

« A présent c’est une tradition », a déclaré l’un d’eux.

Le représentant de la cour a refusé de laisser à Mohammed ben Salmane le champ libre pour s’exprimer et a dit que Mohammed ben Nayef avait refusé tout commentaire.

Ces dernières années le prince Mohammed ben Salmane a fait d’audacieuses promesses de changement, promettant de moderniser et d’ouvrir l’Arabie saoudite sur les plans économique et culturel.

Son projet se concentre sur une liste d’actions de la compagnie pétrolière d’État à mettre sur le marché public et sur l’investissement des recettes pour diversifier l’économie.

Il a également adopté une politique étrangère agressive et a travaillé à établir des liens étroits avec la Maison-Blanche de Trump.

Son cousin plus âgé est un responsable discret, qui s’est relativement peu montré en public et a eu une approche indolente de la gouvernance au fil des années.

Il bénéficiait d’un large soutien parmi les princes saoudiens les plus âgés qui ont appuyé son approche plus conservatrice des affaires étrangères.

Durant ses années de lutte contre le terrorisme, il a eu des relations de longue date avec des responsables de la sécurité américains qui ont parfois été en désaccord avec l’actuelle Maison-Blanche.

Certains Saoudiens et observateurs étrangers ont exprimé l’espoir que la libéralisation économique entraînera plus de libéralisme politique et culturel, et que Mohammed ben Salmane apparaîtra comme une force pour un tel changement.

Son projet de réorganisation de l’économie comprend un effort pour amener plus de femmes sur le marché du travail et pour améliorer le niveau de l’enseignement.

Le différend entre les deux princes remonte à 2015, au début du règne du roi Salmane, quand celui-ci nomma Mohammed ben Nayef prince héritier et désigna son propre fils, Mohammed ben Salmane, comme vice-prince héritier.

Par la suite les initiatives du roi Salmane pour donner des pouvoirs à son fils dans les domaines des affaires étrangères, de l’armée et de l’économie ont alimenté des rumeurs selon lesquelles il [le roi] pourrait le faire monter dans l’ordre de la succession.

 

Le différend sur le Qatar

Plusieurs personnes proches de la cour indiquent qu’un débat sur la façon de gérer la confrontation avec le Qatar a commencé en juin, quand l’Arabie saoudite et d’autres pays arabes ont accusé leur voisin du golfe Persique de soutenir le terrorisme.

D’autres facteurs ont exacerbé le sentiment d’urgence au sujet du différend entre les princes. Le plus jeune a adopté une position plus belliciste, soutenant le blocus économique contre le Qatar qui l’a emporté et reste en cours.

« Mohammed ben Nayef ne s’est opposé à aucune des mesures prises contre le Qatar », a indiqué le représentant de la cour.

Certaines personnes proches de la cour disent que la détérioration de la santé du roi Salmane a alimenté des inquiétudes sur le peu de temps qui restait. Le jeune prince a commencé à faire pression sur son père afin qu’il le choisisse comme successeur.

A propos du monarque âgé de 81 ans, le représentant de la cour a dit : « La santé du roi est excellente. Il poursuit ses activités quotidiennes et variées d’une façon énergique et active. Au Royaume d’Arabie saoudite, le Roi reste roi jusqu’à sa mort. »

Ces dernières semaines la cour a enregistré une vidéo dans laquelle le roi déclare qu’il est temps pour Mohammed ben Salmane de devenir roi, disent plusieurs personnes proches de la cour. Ils disent que la vidéo non divulguée pourrait être utilisée au décès du roi comme une annonce d’abdication publique.

Sans faire directement référence à la vidéo, le responsable de la cour a déclaré : « Tout pays qui abandonnerait son souverain dans ses derniers moments pour cause de mauvaise santé serait un pays sans honneur ni prestige. »

Comme le jeune prince établissait son plan, il a prévenu l’administration de Trump. Une semaine avant le changement de pouvoir, rapportent plusieurs personnes proches de la cour, Mohammed ben Salmane a envoyé un jeune responsable nommé Turki al-Sheikh à Washington.

Le Président Donald Trump avait rencontré Mohammed ben Salmane à Riyad quelques mois plus tôt. M. al-Sheikh, un poète et parolier de chansons patriotiques sans expérience des affaires étrangères, avait été promu récemment par Mohammed ben Salmane à un poste important de la cour.

Lors de son voyage de juin à Washington, M. al-Sheikh a notifié à la Maison-Blanche que Mohammed ben Salmane était prêt à chasser son cousin, disent ces personnes.

Un responsable de la Maison-Blanche faisant référence au changement de dirigeant saoudien, a déclaré que le gouvernement des États-Unis « ne cherchait pas à intervenir, ni à être considéré comme intervenant dans une affaire interne aussi sensible » et « nous avons toujours insisté sur notre souhait de maintenir la coopération » avec le dirigeant saoudien.

Le responsable de la cour a déclaré : « En ce qui concerne le ministre Turki al-Sheikh, il n’a rencontré aucun responsable américain. Ni les États-Unis, ni aucun autre pays n’a été directement ou indirectement informé à ce sujet, car c’est un sujet absolument souverain. »

Le plan de Mohammed ben Salmane a commencé à se dérouler peu après le retour de M. al-Sheikh en Arabie saoudite, dans un drame décrit au Wall Street Journal par des proches de la cour.

Le 20 juin, Mohammed ben Nayef s’apprêtait à se détendre à l’occasion de l’Aïd, la grande fête qui marque le fin du mois sacré du Ramadan.

Cette nuit-là, il se dirigea vers le palais de La Mecque pour une réunion de routine avec des hauts fonctionnaires.

Il savait depuis des mois que son cousin pouvait agir contre lui. Au cours des trois semaines précédant l’Aïd, des proches de Mohammed ben Nayef l’avaient prévenu que Mohammed ben Salmane se préparait probablement à le chasser.

Cependant, Mohammed ben Nayef écarta leurs inquiétudes comme des théories complotistes.

Mohammed ben Nayef se disait : « pourquoi agirait-il maintenant puisque nous sommes dans les trois derniers jours avant l’Aïd ? » dit une des personnes proches de la cour.

Les gardes fidèles à Mohammed ben Nayef furent remplacés par d’autres, fidèles à Mohammed ben Salmane.

Le responsable de la cour dit que c’était la procédure normale et que des gardes royaux supplémentaires avaient été attribués au prince aîné, ajoutant qu’ils ne contrôlaient pas ses mouvements.

Le palace noir et blanc Al Safa de La Mecque domine d’environ dix étages la Kaaba, le site le plus sacré de l’Islam. Des vidéos montrent que lorsque le roi et son entourage y sont présents, comme ce 20 juin, ses salles de réunion recouvertes de moquette, grouillent de ministres, de membres du personnel et de serviteurs apportant des plateaux de café aux dignitaires assis dans des fauteuils de velours vert.

Complot au palais

Le prince héritier ne devait pas arriver au palace avant la nuit, après les prières du tarawih — moment où de nombreuses réunions de hauts responsables se déroulent dans la chaleur torride de l’été saoudien. A la nuit tombée, le cortège de Mohammed ben Nayef se mit en route pour le palace dans les rues animées de La Mecque.

Quand il arriva au palace ce soir-là, on lui dit de continuer seul, sans ses gardes du corps.

« Une fois qu’il fut passé d’une pièce à l’autre, ils prirent les armes, les téléphones, tous les objets appartenant à chaque personne de son entourage », dit l’une des personnes proches de la cour royale.

Des gardes poussèrent Mohammed ben Nayef à l’étage, en passant par des couloirs à motifs de fleurs, vers un petit salon. Ils fermèrent les portes, le laissant seul. Il était alors près de minuit, et le prince héritier ne partirait pas avant le matin.

Tandis que Mohammed ben Nayef attendait, Mohammed ben Salmane fit appeler les membres du Conseil d’Allégeance, le groupe d’environ 35 fils et petits-fils du fondateur du royaume qui pèsent dans la structure du gouvernement.

On leur dit que le roi voulait que Mohammed ben Salmane soit le prince héritier et on leur demanda leur soutien.

Le gouvernement saoudien affirme que 31 membres approuvèrent.

Dans cette pièce, Mohammed ben Nayef fut informé sur son sort : les grands princes du royaume voulaient son cousin comme prince héritier.

Mohammed ben Nayef fut « horrifié », rapporte l’une des personnes proches de la cour. On lui demanda de signer une lettre d’abdication et un serment d’allégeance à Mohammed ben Salmane, ajoute cette personne. Le prince héritier résista.

Pendant les heures suivantes, des représentants de la cour lui rendirent visite, le pressant de reconsidérer sa position. Un émissaire du roi lui dit de signer la lettre d’abdication sous peine d’avoir à affronter de graves conséquences.

Mohammed ben Nayef tint bon. Mais à l’aube il était épuisé. Il savait qu’il n’y avait pas de porte de sortie. Il fit le seul compromis qu’il pouvait faire — il accepta de faire un serment d’allégeance oral.

Le responsable de la cour déclara : « Le serment d’allégeance au Prince héritier a été fait de bonne grâce. »

Il était environ 7 heures du matin quand les hommes de Mohammed ben Salmane laissèrent sortir le prince héritier. Mohammed ben Nayef ne s’attendait pas à affronter tout de suite l’homme qui lui avait pris son titre.

Cependant, après à sa sortie de la pièce, il fut surpris d’entendre une foule. Il se dirigea du couloir vers la salle aux murs de marbre et vit des caméras et des photographes.

 

Un garde — pas l’un des siens — se tenait la main posée sur un revolver dans son étui, attitude que les gens proches de la cour disent être une violation du protocole en présence du prince héritier.

Puis il vit Mohammed ben Salmane se diriger rapidement vers lui. Il y eu le baiser et le serment d’allégeance marmonné.

Cela prit environ 15 secondes.

Puis un garde enveloppa les épaules de Mohammed ben Nayef d’un manteau noir et le conduisit à son palais de Djeddah.

Source : The Wall Street Journal, Justin Schek, Shane Harris & Summer Said, 19-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

28/07/2017

ÉTATS-UNIS: SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE ET RÉACTION .....

28 juillet 2017

 

Jeudi soir, le Sénat américain a adopté le projet de loi portant sur de nouvelles sanctions contre la Russie.

La réaction de Moscou ne s'est pas faite attendre: la Russie interdit à l'ambassade des États-Unis l'accès à deux sites moscovites à compter du 1er août.

En réponse à l'adoption par le Congrès américain de nouvelles sanctions antirusses, Moscou va interdire à l'ambassade américaine l'accès à ses deux sites situés à Moscou.

«À partir du 1er août, la partie russe suspend l'utilisation par l'ambassade des États-Unis en Russie à tous les entrepôts sur la rue Dorojnaia à Moscou et aux résidences secondaires dans le parc de Serebryani Bor», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

En outre, Moscou a demandé à Washington de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 le personnel de son ambassade et de ses consulats en Russie.

 

«Nous proposons à la partie américaine d'égaliser le nombre de diplomates et d'employés des ambassades et consulats américains (…) en conformité avec le nombre de diplomates et d'employés de l'ambassade russe aux États-Unis.

Cela signifie que le nombre total du personnel dans les ambassades et consulats américains se réduit à 455 personnes», précise le communiqué.

Le ministère a également prévenu que Moscou répliquerait en cas de nouvelle expulsion de diplomates russes par les Etats-Unis.

La riposte du ministère des Affaires étrangères aux sanctions a obtenu le feu vert du Président russe, a confirmé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

«De telles mesures sont impossibles sans l'autorisation du Président», a déclaré M.Peskov lors d'un point presse.

Le sénateur russe Franz Klintsevitch a commenté les contre-mesures russes et mis en garde la partie américaine sur le fait que «ce n'étaient que les premières mesures».

«Ce ne sont que les premières mesures, sans aucun doute, d'autres suivront», a-t-il déclaré.

Selon lui, la Russie pourrait adopter prochainement un ensemble de mesures politiques, y compris une interdiction d'entrée en Russie visant les membres du Sénat américain qui ont voté en faveur des sanctions antirusses.

Le Sénat américain a approuvé jeudi le projet de loi pour de nouvelles sanctions contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord.

Le document a été soutenu par 98 voix contre deux.

Le texte sera ensuite envoyé au Président Donald Trump qui pourrait toutefois y opposer son véto.

 http://www.citoyens-et-francais.fr/2017/07/

NIGÉRIA, L' ATTAQUE D' UNE MISSION PÉTROLIÈRE PAR BOKO HARAM !

28 juillet 2017

 

Plus de 50 personnes ont été tuées lors de l’attaque menée mardi par Boko Haram contre une mission pétrolière dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué hier des sources médicales et humanitaires.

 

« Le bilan ne cesse de s’aggraver« , a déclaré une source impliquée dans les suites de l’embuscade menée près Magumeri, ajoutant: « Nous en avons maintenant plus de 50 et de nouveaux corps arrivent« .

 

Les circonstances de l’embuscade tendue par le groupe djihadiste contre les gardes et une équipe de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), accompagnés de géologues de l’Université de Maiduguri, de retour d’une mission d’exploration, ne sont pas encore éclaircies, en raison du strict contrôle de l’armée sur les accès à l’Etat de Borno, épicentre des violences de Boko Haram.

 

De premiers éléments avaient fait croire initialement à une tentative d’enlèvement. Mais un secouriste à Magumeri, situé à 50 km au nord-ouest de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, a déclaré qu' »à 19H00 (18H00 GMT) hier (mercredi), 47 corps ont été retrouvés dans la brousse autour de Magumeri« .

« Onze d’entre eux ont été grièvement brûlés lors de l’attaque.

Ils ont été brûlés vifs dans leur véhicule, échoué dans un fossé.

On les a enterrés là-bas parce qu’on ne pouvait pas les emmener à Maiduguri« .

 

« Ce soir (jeudi), on a retrouvé six nouveaux corps, dont celui d’un soldat, et il se pourrait qu’on en retrouve beaucoup plus parce que les équipes de secours fouillent partout aux alentours« , a-t-il ajouté.

 

A l’Hôpital universitaire de Maiduguri (UMTH), un membre du personnel médical a déclaré de son côté: « Nous avons en ce moment 19 dépouilles de civils.

Quinze d’entre eux étaient des vigiles (milice civile, ndlr) et quatre faisaient partie du personnel de l’hôpital« .

Un syndicaliste enseignant de l’Université de Maiduguri, Dani Mamman, a confirmé la présence des quatre corps et précisé que deux d’entre eux étaient des enseignants.

« Nous avons encore d’autres personnels manquants« , a-t-il ajouté.


La production de pétrole au Nigeria est concentrée dans le delta du Niger (sud) depuis sa découverte en quantités commerciales en 1956.

 

Mais les attaques et sabotages répétés de rebelles locaux revendiquant un meilleur partage des ressources ont poussé le gouvernement à prospecter ailleurs.

Des explorations ont été lancées sur un territoire allant de l’État de Benue (centre) au nord-est où sévit Boko Haram.

 

Le Figaro

via http://www.fdesouche.com/873573-nigeria-au-moins-50-morts-dans-lattaque-dune-mission-petroliere-par-boko-haram

LIVERPOOL, AGRESSION DE " BLANCS " ET " NON-MUSULMANS " !

 
JMLB
 
ET APRÈS ON NOUS BASSINE AVEC LEUR RELIGION DE " PAIX ET D' AMOUR "  ???
 
 
 
 
28 juillet 2017

 

 

Une bande de jeunes musulmans ont traversé le centre-ville de Liverpool et ont attaqué plusieurs individus parce qu’ils étaient des «non-musulmans blancs».

 

Trois jeunes hommes ivres ont appréhendé plusieurs personnes dans les rues de Liverpool, l’un demandant aux gens leur religion.

Ils les ont frappés à plusieurs reprises s’ils n’étaient pas musulmans – en riant pendant qu’ils filmaient les assauts.

Gary Bohanna, un témoin choqué, a cru que Amin Mohmed, 24 ans, Mohammed Patel, 20 et Faruq Patel, 19 ans, étaient des terroristes de Daech en raison de la férocité de leurs coups et de ce qu’ils disaient.

 

Il a suivi le gang, l’un des agresseurs lui a demandé : «Je suis musulman, qu’est-ce que vous êtes?», Il a répondu «Je suis chrétien».

 

L’assaillant a alors crié: «Pourquoi n’êtes-vous pas musulman?»

Avant de le frapper deux fois, en cassant ses lunettes et en faisant une coupe de 2 cm au-dessus de son oeil gauche.

Mohammed Patel, l’un des trois enragés, a confirmé que les victimes étaient «ciblées parce qu’elles étaient blanches et non musulmanes».

 

Metro.co.uk

via http://www.fdesouche.com/873563-liverpool-3-musulmans-agressent-sauvagement-des-passants-parce-quils-sont-blancs-et-non-musulmans

 

9165130-14600340.jpg

SYRIE: LE RAPPROCHEMENT WASHINGTON / MOSCOU !

28
Juil
2017

 

Source : The Washington Post, Greg Jaffe & Adam Entous, 19-07-2017

Prenant ainsi une décision qui témoigne de sa volonté de collaborer avec la Russie, le président Trump a décidé de mettre un terme à un programme secret de la CIA qui soutenait les rebelles syriens en lutte contre le président Bachar al Assad.

 

Le président Trump a décidé de mettre un terme à un programme secret de la CIA visant à armer et à entraîner les rebelles modérés syriens en lutte contre le président Bachar al Assad, prenant ainsi une décision qui, selon les responsables états-uniens, était souhaitée par Moscou.

 

Ce programme était l’élément essentiel d’une politique commencée par l’administration Obama en 2013 et destinée à exercer une pression sur Assad pour le forcer à démissionner.

Cependant même les partisans de ce programme mettaient en doute son efficacité depuis que la Russie avait déployé ses forces en Syrie deux ans après.

Selon les responsables, l’abandon progressif de ce programme secret témoigne de la volonté de Trump de trouver des façons de collaborer avec la Russie, pour qui ce programme anti-Assad représentait une attaque contre ses intérêts. La fin de ce programme constitue aussi l’aveu des limites de l’influence de Washington, et de son moindre désir de voir Assad quitter le pouvoir.

Il y a exactement trois mois de cela, après que les États-Unis ont accusé Assad de faire usage d’armes chimiques, Trump a procédé, en représailles, à des frappes aériennes contre une base aérienne syrienne.

 

À l’époque, l’ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, avait déclaré : « Nous ne pouvons absolument pas imaginer qu’on arrive à la paix dans cette région avec Assad à la tête du gouvernement syrien. »

Selon des responsables, Trump a pris la décision de mettre un terme au programme de la CIA, il y a près d’un mois, après une réunion dans le Bureau ovale avec le directeur de la CIA, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, H. R. McMaster, avant sa rencontre du 7 juillet, en Allemagne, avec le président russe Vladimir Poutine.

Comment Trump transforme la politique étrangère de l’Amérique.

Les porte-parole du conseil national de la sécurité et de la CIA ont refusé de faire une déclaration à ce sujet.

Après la rencontre entre Trump et Poutine, les États-Unis et la Russie ont annoncé avoir convenu d’un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie, le long de la frontière jordanienne, où beaucoup de rebelles, soutenus par la CIA, ont longtemps opéré. Pour Trump, ce cessez-le-feu limité est un exemple des retombées positives d’une relation constructive de collaboration avec Moscou.

La décision de mettre fin au programme secret visant à armer les rebelles anti-Assad n’était pas une condition préalable à des négociations sur le cessez-le-feu, qui étaient déjà bien engagées, déclarent les responsables états-uniens, qui ont accepté de parler de ce programme secret, à condition que soit respecté leur anonymat.

Les rapports de Trump avec la Russie ont été passés au crible à cause des enquêtes sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de 2016.

La décision de mettre fin au soutien de la CIA aux rebelles sera accueillie favorablement par Moscou, qui, depuis son intervention en Syrie en 2015, a concentré ses forces contre ces combattants.

Certains responsables passés et actuels, partisans de ce programme, considèrent la décision de Trump comme une concession importante.

« C’est une décision très grave », déclare un responsable en poste actuellement, qui n’a accepté de parler du programme secret que sous couvert d’anonymat. « C’est Poutine qui a gagné en Syrie. »

Avec la fin du programme de la CIA, l’implication des États-Unis en Syrie se limite maintenant à une campagne aérienne d’envergure contre l’EI et à un programme de formation et d’équipement du Pentagone en faveur des rebelles, en majorité kurdes, qui avancent en direction des bastions de l’EI à Raqqa et le long de la vallée de l’Euphrate.

La stratégie à long terme de l’administration Trump, à la suite de la défaite de l’EI, consiste, semble-t-il, à faire tenir ensemble une série d’accords de cessez-le-feu régionaux avec des rebelles soutenus par les États-Unis, le gouvernement syrien et les Russes.

Le président syrien Bachar al Assad parle à l’Associated Press au palais présidentiel de Damas en 2016. L’administration Trump met fin à un programme de la CIA visant à armer les rebelles anti-Assad. (Syrian presidency via AP, File) (AP/AP)

D’après certains analystes, la décision de mettre un terme au programme va probablement accroître l’influence de groupes plus radicaux à l’intérieur de la Syrie et porter un coup à la crédibilité des États-Unis.

« Nous sommes en train de tomber dans le piège russe », a déclaré Charles Lister, attaché supérieur de recherches au Middle East Institute (Institut du Moyen-Orient), qui s’intéresse plus particulièrement à la résistance syrienne. « Nous fragilisons de plus en plus la résistance modérée. […] Nous sommes véritablement en train de les décapiter. »

Selon d’autres analystes, cette décision revient à reconnaître le caractère inexpugnable de la position d’Assad en Syrie.

« C’est probablement l’acceptation de la réalité », dit Ilan Goldenberg, un ancien responsable de l’administration Obama, directeur du programme de la sécurité au Moyen-Orient au Centre for a New American Security (centre pour une nouvelle sécurité américaine).

D’après des responsables du renseignement, les succès des rebelles en 2015 ont poussé la Russie à intervenir militairement et directement aux côtés du régime d’Assad.

Certains responsables états-uniens et leurs alliés dans la région ont exhorté le président Obama à réagir en fournissant aux rebelles des armes antiaériennes de pointe pour que ces derniers puissent mieux se défendre, mais le président a regimbé, se disant inquiet de voir les États-Unis prendre le risque d’entrer en conflit avec la Russie.

Selon des responsables états-uniens de premier plan, le programme secret serait abandonné de manière progressive sur une période de plusieurs mois.

Il n’est pas impossible, non plus, qu’on redirige cette aide vers d’autres missions, comme par exemple la lutte contre l’EI ou l’assistance aux rebelles pour leur permettre de se défendre contre les attaques.

« C’est une force que nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner complètement », déclare Goldenberg. « Si on cesse totalement d’aider les rebelles, alors on fait une énorme erreur stratégique. »

Selon des responsables états-uniens, la décision est soutenue par la Jordanie où certains des rebelles étaient entraînés, et elle a tout l’air de faire partie d’une stratégie d’ensemble de l’administration Trump qui cherche à se concentrer sur la négociation d’accords de cessez-le-feu limités avec les Russes.

Plus tôt dans le mois, cinq jours après l’entrée en vigueur du premier cessez-le-feu en Syrie, Trump a indiqué qu’un autre accord était en discussion avec Moscou. « Nous travaillons à un second cessez-le-feu dans une zone très difficile de la Syrie », a-t-il déclaré.

« Si nous réussissons à nous mettre d’accord pour celui-ci et pour quelques autres, on finira, tout d’un coup, par ne plus tirer aucun coup de feu en Syrie. »

Le gros risque potentiel que comporte l’arrêt de ce programme, c’est que les États-Unis pourraient bien se trouver incapables d’empêcher d’autres pays, comme la Turquie et ses alliés du golfe Persique, de faire passer aux rebelles anti-Assad, y compris à des groupes plus radicaux, des armes plus sophistiquées, comme des systèmes antiaériens portables, les MANPADS.

Vers la fin de l’administration Obama, certains responsables avaient préconisé l’arrêt de ce programme, prétendant que les rebelles n’arriveraient à rien si les États-Unis ne les soutenaient pas au prix d’une escalade d’envergure.

 

Toutefois le programme avait toujours le soutien d’une majorité des principaux conseillers d’Obama, qui faisaient valoir que les États-Unis ne pouvaient pas abandonner leurs alliés sur le terrain et laisser tomber l’opposition modérée, parce que cette décision porterait un coup à l’influence des États-Unis dans la région.

Même ceux qui se montraient sceptiques sur la valeur à long terme du programme le considéraient comme un atout crucial dans la négociation, atout qu’on pouvait utiliser pour forcer Moscou à faire des concessions quand on négocierait au sujet de l’avenir de la Syrie.

« On a commencé à penser à l’arrêt du programme, mais ce n’était pas quelque chose qu’on allait faire gratuitement », a déclaré un ancien collaborateur de la Maison-Blanche. « Abandonner [ce programme ] sans rien obtenir en échange serait stupide. »

Greg Jaffe est un journaliste du personnel national du Washington Post pour qui il travaille depuis mars 2009 et pour qui il avait auparavant couvert la Maison-Blanche et la Défense.

Adam Entous écrit sur la sécurité nationale, la politique étrangère et le renseignement pour le Post.

 

Il a rejoint le journal en 2016 après plus de 20 ans au Wall Street Journal et à Reuters, où il a couvert le Pentagone, la CIA, la Maison-Blanche et le Congrès. Il a couvert le président George W. Bush pendant cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001.

 

 

Source : The Washington Post, Greg Jaffe & Adam Entous, 19-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

27/07/2017

L' ÉTAT ISLAMIQUE ET SON ARSENAL D' HORREUR ! RAPPEL !

 

 

Source : Welt, Helmar Büchel, 25-06-2017

Des soldats irakiens se protègent avec des masques à gaz pendant la bataille de Mossoul.

La milice terroriste a utilisé des grenades à gaz toxique à plusieurs occasions lors de la bataille de Mossoul – et il est possible que les islamistes réunissent suffisamment de matériel nucléaire pour créer une bombe sale.

Le pouls est stable. Un bip signale chaque battement de cœur. Le lit dans la zone de quarantaine de l’hôpital d’urgence Erbil-West est isolé par un film.

 

Des médecins américains de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) [World Health Organization, WHO en anglais, NdT) viennent de terminer le protocole de décontamination sur la patiente.

« Elle survivra », déclare le Dr Lawan Miwan, directeur médical de la clinique, « elle a de la chance ».  Yusra A. est l’une des quinze victimes du gaz toxique qui sont traitées à Erbil, la capitale du gouvernorat d’Erbil et du Kurdistan irakien, au nord de l’Irak.

Son corps est défiguré par des cloques ; elle a les yeux rouges et brûlants. La femme de 55 ans vomit de façon répétée.

Cela fait trois mois qu’elle est dans cet état. Comme 700 000 autres réfugiés de la ville de Mossoul, contrôlée par l’EI et théâtre de violents combats, ainsi que les autres patients, elle vit maintenant dans l’un des camps de réfugiés des collines du nord de l’Irak.

Le sort de Yusra n’a jamais fait les gros titres de la presse internationale.

« Peut-être qu’ils ne veulent pas effrayer la communauté internationale », dit le Dr Miwan d’un air songeur pendant sa conversation avec WELT AM SONNTAG, « parce c’est indubitablement du gaz provenant de l’arsenal de « l’État islamique », auquel mes patients ont été exposés ».

Yusra A. a été victime d’une attaque de l’EI au gaz toxique. Elle est soignée dans un hôpital à Erbil.

Les quinze victimes des armes chimiques qui ont été hospitalisées au Centre des urgences d’Erbil Ouest, durant les deux premières semaines de mars, par des médecins de la Croix Rouge internationale et par des experts américains en armes chimiques de l’OMS, étaient tous des civils originaires de l’est de la métropole du Nord de l’Irak qui avait été libérée des semaines auparavant.

Initialement douze patients – cinq enfants, trois femmes et quatre hommes – ont été hospitalisés dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital d’Erbil entre le 1er mars et le 4 mars. Erbil est situé à 90 kilomètres à l’est de Mossoul dans le Kurdistan relativement sécurisé.

 

Dans la deuxième semaine, trois autres victimes d’armes chimiques sont arrivées, comme l’a récemment confirmé à WELT AM SONNTAG Sara Alzawqari, la représentante de la Croix Rouge internationale.

Apparemment tous les patients ont été d’abord décontaminés avant d’être transférés à des spécialistes américains pour traitement.

Le Dr Miwan déclare que tous les patients ont immédiatement montré des symptômes typiques du contact avec des armes chimiques.

De plus ils ont signalé avoir senti dans l’air une forte odeur ressemblant à celle de l’ail – une indication claire du gaz appelé gaz moutarde, qui fut utilisé par les soldats allemands pendant la Première Guerre mondiale.

Miwan poursuit : « Pendant ce temps, l’équipe de l’OMS m’a confirmé que du gaz moutarde avait bien été utilisé ».

Selon les victimes, les grenades contenant l’agent de guerre biologique à l’état liquide ont été lancées les 1er et 2 mars, puis lors d’une seconde vague d’attaques une semaine plus tard, et provenaient d’une zone à l’ouest de Mossoul alors sous le contrôle exclusif de l’EI.

Deux entités différentes impliquées, l’administration de la sécurité et une autre organisation, ont confirmé au journal ces conclusions, indépendamment l’une de l’autre.

Les tests préliminaires démontrent que l’agent biologique en question ne provient pas de reliquats des arsenaux secrets des gouvernements syrien et irakien, datant de dizaines d’années .

Il est clair que les échantillons obtenus n’ont pas été produits de façon industrielle, mais ont été apparemment mélangés par des chimistes de l’EI.

« Si l’on regarde les échantillons et les analyses, il semble que c’est une production plutôt rudimentaire et de mauvaise qualité, mais cependant mortelle et dangereuse », déclare un expert international qui souhaite rester anonyme car son organisation « n’a pas été mandatée pour nommer officiellement « l’État islamique » comme étant à l’origine de cette attaque aux armes chimiques ».

A la suite des bombardements aux armes chimiques, l’OMS a activé un plan d’urgence préexistant, a déclaré l’organisation.

De plus, la Croix Rouge internationale a distribué aux hôpitaux proches de Mossoul des kits d’urgence spéciaux pour le traitement des victimes du gaz moutarde, a confirmé le porte-parole de l’ICRC Alzawqari : « Mossoul est déjà une catastrophe pour les civils.

 

Notre clinique est située à seulement un kilomètre de la ligne de front réelle. Nous subissons des tirs de grenade et des raids aériens ininterrompus.

Et maintenant, également des armes chimiques ».

En fait, il y a de forts indices que la milice djihadiste al-Nosra travaille aussi depuis pas mal de temps à obtenir du sarin.

Le 20 juin 2013, des analystes de l’Agence du renseignement de la défense américaine ont adressé un rapport secret à David Shedd, alors directeur adjoint, qui commençait par cette phrase dramatique : « Al-Nosra a entretenu une cellule de production de sarin : son plan de production est le plus avancé depuis les tentatives d’al-Qaïda d’avant le 11 septembre ».

L’exposé de cinq pages, dont l’existence a été finalement confirmée par la Maison-Blanche sous Obama, continuait ainsi : « Des arrestations en Irak et en Turquie ont ralenti les opérations de la cellule.

Néanmoins, telle que nous évaluons la situation, ils vont poursuivre leurs efforts de production d’armes chimiques ».

L’attaque réelle au gaz de l’EI à Mossoul n’est pas un événement unique, comme le démontre l’IHS Conflict Monitor. Depuis le premier incident en juillet 2014, le Conflict Monitor a enregistré au moins 71 allégations que l’EI a utilisé des armes chimiques (41 en Irak et 30 en Syrie), déclare Colum Track, analyste en chef du think-tank basé à Londres. La plupart des attaques se sont produites à Mossoul et dans ses environs.

Jusqu’au début de l’offensive de reconquête, la ville, encore habitée par un million de résidents longuement éprouvés, dont 100 000 ont servi aux terroristes de « boucliers humains » involontaires, a été le centre de production d’armes chimiques de l’EI, déclare Strack.

Seul le « New York Times » a écrit sur l’enquête IHS, qui a été largement ignorée par ailleurs.

L’une de ces attaques est également mentionnée dans un rapport daté de 2016 et réalisé par un panel d’enquête collaboratif formé par l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques et les Nations Unies.

 

Il indique : « Il y a eu suffisamment d’informations pour conclure que les militants de l’État islamique étaient la seule entité ayant la compétence, la capacité et la motivation pour utiliser du gaz moutarde à Marea le 21 août 2015 ».

 

L’EI avait utilisé des grenades d’artillerie de calibre de 130 mm remplies de gaz toxique pour bombarder la ville syrienne, à 80 kilomètres d’Alep.

Cinquante civils furent blessés pendant l’attaque.

L’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) a déjà signalé des attaques aux gaz toxiques de l’EI dans la région de Mossoul à l’automne de l’année dernière.

Ils déclarent que des grenades ont été tirées les 20 et 21 septembre et encore les 6 et 10 octobre, destinées à la ville de Qayyarah et à la base aérienne à proximité utilisée par l’armée de l’air américaine ainsi que par les forces françaises et australiennes.

Plusieurs résidents et membres de la milice locale ont noté l’odeur caractéristique de l’ail et se sont plaints des symptômes typiques du gaz moutarde. En raison des combats en cours, les blessés ne pouvaient pas être conduits dans les hôpitaux.

Par conséquent, la confirmation toxicologique de l’utilisation présumée de l’arme chimique n’a pas pu être produite.

Il est tout à fait possible que le stock d’armes chimiques de l’État Islamique ne constitue pas le plus grand risque lors de la bataille finale à venir pour Mossoul.

Selon IHS Conflict Monitor, les terroristes, encerclés et prêts pour le martyre, peuvent être en possession de suffisamment de matières radioactives pour construire une charge nucléaire maison, une « bombe sale ». L’EI a contrôlé Mossoul pendant trois ans.

« Des sources médicales et industrielles de matières radioactives sont présentes dans un territoire détenu par l’État Islamique, par exemple, à l’hôpital Hazim al-Hafid, un établissement spécialisé en oncologie et médecine nucléaire à Mossoul », a déclaré Karl Dewey, analyste de CBR chez IHS Jane.

En juillet 2014, l’État Islamique a également acquis environ 40 kilogrammes de matières nucléaires de faible qualité de l’Université de Mossoul.

On ne sait pas si l’EI a construit une bombe sale mais « les commentaires faits par des partisans de l’État islamique suggèrent que ses membres ont au moins réfléchi à cette l’idée », a déclaré M. Dewey.

Sa clinique d’urgence est-elle équipée pour faire face à cette possibilité ? demande à M. Miwan le journaliste de WELT AM SONNTAG.

Le médecin hésite, puis soupire doucement : « Nous vivons dans un monde complètement fou – nous devons être prêts à tout.

Simplement à tout ».

 

Source : Welt, Helmar Büchel, 25-06-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

jmlb

En France, on palabre pour le retour des Djihadistes et comment les recevoir ? 

 

9165130-14600340.jpg

24/07/2017

LE MONT DU TEMPLE : LE MENSONGE DES PALESTINIENS ! TRIBUNE LIBRE !

 

 

  • Les policiers tués avaient été postés là pour assurer la sécurité des fidèles musulmans.

  • Les maitres en manipulation palestiniens tentent de faire croire que la crise a démarré quand Israël a installé des détecteurs de métaux alors qu'elle est née du meurtre de deux policiers.

  • Tout d'abord, les mesures de sécurité, y compris les détecteurs de métaux, répondaient à une attaque terroriste spécifique. Le gouvernement israélien n'a pas installé ces portiques pour empêcher les musulmans de prier ou dans le but de modifier le statu quo.

  • Deuxièmement, ce sont les Palestiniens qui ont pris la décision de prier ailleurs que sur le Mont du Temple en attendant le démantèlement des détecteurs de métaux. Les Palestiniens et le Waqf mentent au monde en disant qu'Israël empêche les musulmans d'accéder à leurs lieux saints.

  • Le refus des détecteurs de métaux n'a qu'une seule signification : les Palestiniens sont déterminés à transformer le Mont du Temple en cache d'armes et en rampe de lancement d'actions terroristes contre les Israéliens. Si la mosquée venait à être détruite dans ce processus, qui serait blâmé ? Tel est peut-être le véritable plan.

 

La controverse née de la décision des autorités israéliennes d'installer des détecteurs de métaux à l'entrée du Mont du Temple rappelle le fameux proverbe arabe : « il m'a battu, s'est mis à pleurer, puis il est venu me plaindre ».

 

Cette inversion de la réalité est fréquente quand les agresseurs tentent de se faire passer pour des victimes.

Les détecteurs de métaux ont été installés au Mont du Temple en réponse à l'assassinat de deux policiers israéliens par des terroristes arabes le 14 juillet dernier.

Les trois terroristes - des Arabes du village israélien d'Umm al-Fahm – étaient armés d'une mitraillette et de couteaux.

Les armes ont été introduites sur le Mont du Temple d'autant plus facilement que les policiers stationnés aux portes n'avaient pas pour mission de fouiller les fidèles qui se rendent à la mosquée et qu'ils ne disposaient pas de détecteurs de métaux.

Aussi invraisemblable que cela paraisse, les Palestiniens manifestent désormais quotidiennement contre la sécurisation du Mont du Temple : ils exigent que les détecteurs de métaux soient retirés.

Les dirigeants palestiniens ont exhorté les fidèles à refuser les détecteurs de métaux et à prier à l'entrée des lieux saints.

L'Autorité palestinienne (PA), la Jordanie et d'autres pays arabes et musulmans accusent Israël d'avoir violé le statu quo politique qui prévaut au Mont du Temple en installant les détecteurs de métaux.

On attend encore qu'ils dénoncent les terroristes qui ont assassiné les deux policiers israéliens : car ce sont eux qui ont porté atteinte au caractère sacré du site.

Ils n'ont pas condamné non plus le meurtre des policiers qui appartiennent à la communauté Druze et qui avaient pour mission de préserver la loi et l'ordre sur le Mont du Temple. Les policiers assassinés étaient là pour assurer la sécurité des fidèles musulmans.

Au contraire – de nombreux Palestiniens et Arabes ont applaudi l'attaque terroriste comme une « opération héroïque » contre l'ennemi sioniste. Les trois terroristes tués par des policiers israéliens sont considérés comme des « martyrs » et des « héros » qui ont donné leur vie en défense de la mosquée Al-Aqsa.

Il est triste de constater que de nombreux dirigeants arabes israéliens ont refusé de condamner l'attentat mené par trois de leurs concitoyens.

Les détecteurs de métaux n'ont qu'un but : empêcher les terroristes de transformer le Mont du Temple en cache d'armes. Ce sont ces actes de guerre qui devraient être considérés comme une profanation.

Mais plutôt que de soutenir les Israéliens qui cherchent à éviter la moindre effusion de sang sur ce sol sacré, les Palestiniens et les Arabes leur reprochent d'organiser la sécurité de tous, à commencer celle des fidèles musulmans.

Les maitres en manipulation palestiniens tentent de faire croire que les détecteurs de métaux sont à l'origine de la crise, alors que la crise est née du meurtre de deux policiers.

Les Palestiniens et les Arabes en appellent à la communauté internationale et accusent Israël d'invoquer des problèmes de sécurité pour attenter au statu quo concernant le Mont du Temple et empêcher les musulmans de prier à la mosquée Al-Aqsa.

Les faits racontent une histoire différente.

Les mesures de sécurité, y compris l'installation de détecteurs de métaux, ont été la réponse directe et nécessaire à une attaque terroriste spécifique. Le gouvernement israélien ne s'est pas réuni pour décider d'installer les détecteurs de métaux afin de modifier le statu quo ou empêcher les musulmans de prier.

Ensuite, ce sont les Palestiniens qui refusent de prier au Mont du Temple, jusqu'à ce que les détecteurs de métaux soient enlevés.

Les dirigeants palestiniens et les responsables du Waqf (l'organisme religieux qui gère le Mont du Temple), ont encouragé les fidèles musulmans à prier dans les rues et les places publiques pour protester contre les détecteurs de métaux.

Les fidèles musulmans préfèrent prier dans les rues et les places publiques plutôt que d'accéder au Mont du Temple à travers des détecteurs de métaux.

Les Palestiniens et le Waqf mentent au monde en affirmant qu'Israël refuse aux musulmans le droit d'accéder à leurs lieux saints.

 

Le 19 juillet 2017, environ 4 000 musulmans palestiniens ont prié à l'entrée de la vieille ville de Jérusalem, pour protester contre les détecteurs de métaux placés aux entrées du Mont du Temple. (Photo de Ilia Yefimovich / Getty Images)

 

La machine de propagande palestinienne diffuse à jet continu l'idée fausse que les détecteurs de métaux font partie d'un plan israélien pour déclencher une guerre religieuse destinée à détruire la mosquée Al-Aqsa.

Mais c'est tout le contraire.

Ce sont les dirigeants palestiniens et le Waqf qui apparaissent prêts à tout pour déclencher une guerre religieuse contre Israël et les Juifs.

Les incitations à la violence ont commencé il y a plus de deux ans, quand les dirigeants palestiniens et le Waqf ont affirmé à leur peuple et au reste du monde, qu'Israël planifiait la destruction de la mosquée d'Al-Aqsa et que les Juifs qui visitent le Mont du Temple « profanent de leurs pieds souillés » un site islamique sacré. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a le premier accusé les juifs de meurtre rituel, déclenchant ainsi une vague d'attentats au couteau et à la voiture bélier qui n'a pas cessé à ce jour.

Les trois terroristes du 14 juillet ont obéi aux instructions d'Abbas et des autres dirigeants palestiniens et musulmans : chaque musulman à le devoir de défendre la mosquée Al-Aqsa contre les juifs.

 

L'attaque du 14 juillet s'inscrit dans la vague d'attentats terroristes qui a commencé à la fin de 2015 et qui a été baptisée du nom d'« Intifada au couteau ».

Les Palestiniens ont aussi pris prétexte des visiteurs juifs du Mont du Temple pour lancer des attaques terroristes contre Israël. Les responsables palestiniens et les médias n'ont eu de cesse de décrire ces visites pacifiques comme des « raids violents de bandes de colons juifs contre la mosquée Al-Aqsa ».

La réalité est qu'aucun juif n'a mis le pied dans la mosquée. Les visites sont limitées au Mont du Temple - ce que les touristes non-musulmans font depuis 1968.

Ce sont les Palestiniens qui profanent le Mont du Temple en lançant des attaques violentes contre les juifs et en lapidant ceux qui prient au Mur des Lamentations.

Ce sont eux qui ont introduit des armes dans le Mont du Temple pour lancer des cocktails Molotov et des pierres aux visiteurs et aux policiers juifs. Les dirigeants palestiniens et les responsables du Waqf ont également encouragé les musulmans à harceler et insulter les visiteurs juifs et les policiers.

L'an dernier, les Palestiniens ont empêché la Jordanie d'installer des dizaines de caméras de sécurité au Mont du Temple.

 

L'opération avait pour but de réfuter ou confirmer les allégations palestiniennes selon lesquelles Israël cherchait à détruire la mosquée Al-Aqsa.

Cédant à l'intimidation palestinienne - y compris la menace de détruire les caméras - les Jordaniens ont renoncé.

Pourquoi s'en prendre aux caméras ? Les Palestiniens craignaient que la violence et le harcèlement auquel ils se livrent continuellement soient dévoilés, sans parler du stockage d'armes contre les juifs et la police.

En résumé : les Palestiniens travestissent une fois de plus la réalité, en prenant prétexte cette fois des détecteurs de métaux. Ils craignent d'être empêchés d'introduire des couteaux et des armes à feu sur le Mont du Temple.

Si la finalité de la mosquée Al-Aqsa est la prière, pourquoi s'inquiéter des détecteurs de métaux ?

Des milliers de Palestiniens passent tous les jours à travers des détecteurs de métaux pour se rendre en Israël, avec pour seule conséquence d'arriver sains et saufs sur leur lieu de travail.

Chaque jour, Palestiniens et Israéliens franchissent des détecteurs de métaux pour accéder à un centre commercial, un bureau de poste, l'assurance maladie, les hôpitaux et les centres médicaux. Sans tollé !

La guerre déclarée aux détecteurs de métaux du Mont du Temple ne signifie qu'une chose : les Palestiniens sont déterminés à transformer le site sacré en cache d'armes et en rampe de lancement d'attaques terroristes contre les Israéliens.

Si la mosquée était réellement détruite dans le processus, qui serait blâmé ?

Tel est peut-être même le véritable plan.

 

Qui au sein de la communauté internationale peut y souscrire ?

Bassam Tawil est un musulman basé au Moyen-Orient.

 

Source:   https://fr.gatestoneinstitute.org/10724/