Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/05/2017

LA FRANCE, LA RUSSIE ET LES USA DANS LE BOURBIER SYRIEN !

Source : Proche & Moyen-Orient, Gennady Gatilov, 08-05-2017

GENNADY GATILOV – VICE-MINISTRE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGERES : « commencer par la constitution… »

Le 25 avril dernier à la Mission de la Fédération de Russie auprès des Nations unies à Genève, la rédaction de prochetmoyen-orient.ch (PMO) a pu s’entretenir avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères Gennady Gatilov. 

 

Interview :

PMO : Le dernier « événement chimique » a passablement pesé sur la poursuite du processus de Genève. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault prétend détenir des « preuves irréfutables » permettant d’attribuer la paternité de cet « événement » au gouvernement syrien. Que pensez-vous d’une telle affirmation ?

GENNADY GATILOV : L’événement tragique de Khan Cheikhoun est-il le résultat d’un bombardement aérien, d’une attaque au sol ou d’un autre montage ? Nous avons immédiatement demandé l’ouverture d’une enquête, menée par des experts indépendants au sol, sur le terrain.

Cette demande n’a pas été suivie d’effet. Pourquoi ? Avant de brandir ce genre d’accusations, il faut disposer de preuves matérielles irréfutables, recueillies par des experts indépendants.

Nous souhaitions la formation d’une équipe d’experts indépendants ne provenant pas seulement de pays occidentaux et d’autres qui sont farouchement hostiles à la Syrie.

Les Etats-Unis et leurs alliés se sont opposés à cette proposition qui aurait pu être coordonnée par l’Organisation de l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Mais on a l’impression que ces mêmes États ne font pas confiance à l’OIAC… parce qu’ils cherchent, peut-être à influencer son travail dans la direction qu’ils souhaiteraient.

Une première analyse du document français de cinq pages soulève de nombreuses questions, notamment concernant les circonstances dans lesquelles la partie française a obtenu les échantillons qui, affirme-t-on, ont été prélevés directement sur les lieux des faits.

Si les services de renseignement français les ont prélevés eux-mêmes, cela signifie qu’ils ont accès à la zone contrôlée par des groupes armés de l’opposition syrienne liés à la Qaïda.

Si les échantillons ont été obtenus dans un autre endroit, disons dans un pays voisin de la Syrie, alors la véracité de l’analyse effectuée est immédiatement remise en question.

Il convient de rappeler que conformément aux règles internationales, les échantillons analysés doivent rester intacts durant tout le trajet entre le lieu des faits et le laboratoire.

Pour prouver que le sarin, soi-disant, utilisé à Khan Cheikhoun a été produit par la Syrie, les auteurs du rapport indiquent que sa « recette » témoigne de méthodes en vigueur dans les laboratoires syriens.

On ignore d’où vient cette certitude, étant donné que le sarin sous une forme « prête à l’emploi » n’a jamais existée en Syrie: il n’y avait que des composants précurseurs qui ont été entièrement évacués du pays en 2014. Par ailleurs les dispositifs mobiles permettant de synthétiser le sarin ont été détruits, comme l’a confirmé l’OIAC à plusieurs reprises.

L’unique « accroche » des auteurs du rapport français est la prétendue correspondance des résultats de l’analyse récente avec l’étude d’échantillons obtenus par la France en 2013 à partir des lieux d’un autre incident qui pourrait également être lié à l’usage de sarin.

C’est peu convaincant car la Mission de l’ONU, en 2013 déjà, n’avait pas pu confirmer indépendamment l’information du rapport français sur le prétendu incident à Saraqib et le respect de la procédure de préservation des preuves, y compris pendant le transport des échantillons prélevés.

La seule possibilité réelle d’établir la vérité serait d’envoyer à Khan Cheikhoun et sur la base aérienne de Chayrat, où se trouvait le soi-disant sarin utilisé à Khan Cheikhoun, la mission de l’OIAC d’établissement des faits en utilisant toutes les méthodes prévues par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

Il est également important que sa composition respecte le paragraphe 8 du mandat de l’organisation internationale, exigeant la formation d’un groupe d’experts sur la base géographique la plus large possible. C’est seulement dans ce cas que les résultats de l’enquête internationale pourront être admis avec confiance par tous les pays.

C’était précisément l’objectif du projet récemment soumis par la Russie et l’Iran pendant la session spéciale du Conseil exécutif de l’OIAC. Malheureusement, il a été bloqué essentiellement par les pays occidentaux, dont la France, qui à titre d’alternative à une enquête internationale impartiale a entrepris sa propre enquête très contestable d’un point de vue professionnel.

Nous appelons à nouveau à cesser les « jeux politiques » indécents autour du dossier chimique syrien et d’entreprendre les démarches sur lesquelles la Russie insiste depuis trois semaines: envoyer à Khan Cheikhoun et à Chayrat un groupe de spécialistes dont feraient également partie des représentants de pays qui ne sont pas aveuglés par leur haine envers le gouvernement légitime syrien.

 

PMO : Sur le plan de la consolidation du cessez-le-feu et des autres questions militaires, quelle est la prochaine étape du processus d’Astana initié par Moscou ?

GENNADY GATILOV : Depuis plus de quatre mois, le processus d’Astana cherche à consolider le cessez-le-feu, instauré en décembre 2016 après la reconquête d’Alep. Ce processus a besoin de s’installer dans la durée pour être consolidé afin de favoriser et faire avancer la négociation politique qui se déroule à Genève sous l’égide des Nations unies.

Les efforts d’Astana résultent de la volonté convergente de trois gouvernements : Russie, Iran et Turquie. Il faut rappeler que les différentes réunions d’Astana ont permis de réunir pour la première fois des chefs d’organisations de la rébellion armée avec des représentants du gouvernement syrien.

Par conséquent, le processus d’Astana va se poursuivre, sous différentes formes les plus appropriées, afin de conforter et d’aider la négociation de Genève.

Il faut le souligner, le processus d’Astana n’est ni parallèle, ni concurrent avec celui de Genève. Sa vocation première et essentielle est de favoriser, de toutes les manières possibles, le processus politique en cours à Genève sous l’égide du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies Staffan de Mistura.

 

 

PMO : Justement, sur le plan politique maintenant, la priorité des discussions en cours à Genève vise-t-elle d’abord des changements constitutionnels ? où en est-on ?

GENNADY GATILOV : La méthode élaborée par Staffan de Mistura a consisté à identifier quatre « baskets », quatre chantiers : 1) celui de la transition politique ; 2) celui de nouvelles élections ; 3) celui d’une nouvelle constitution ; 4) celui de la poursuite de la lutte contre le terrorisme.

Ces quatre chantiers sont discutés, conjointement, en parallèle. L’Arabie saoudite pèse de tout son poids pour privilégier la transition et la « gouvernance » tandis que les autorités syriennes veulent d’abord éliminer le terrorisme.

Pour notre part, et même si la lutte contre le terrorisme constitue toujours l’une de nos priorités, nous cherchons aussi à faire avancer les ajustements constitutionnels qui sont – comme le pense aussi Staffan de Mistura – directement liés aux progrès enregistrés à Astana sur les questions militaires.

La question est par où commencer ?

Mettre d’abord en avant les questions constitutionnelles permet de surmonter le gros problème de la représentativité des groupes de l’opposition et de différencier les plus aptes à être « inclusif » dans la recherche d’une solution commune.

Nous pensons qu’à partir d’une plateforme constitutionnel commune, il sera plus facile d’agréger le maximum de composantes possibles, afin d’être le plus « inclusif » possible. Je vous rappelle qu’à Genève – et à la demande de pays de la région – les Kurdes ne sont toujours pas représentés.

Cela dit, nous sommes désormais confrontés à deux facteurs qui viennent compliquer la négociation :

1) une nouvelle administration américaine qui prend ses marques et les positions changeantes de Donald Trump ;

2) les accusations occidentales unilatérales proférées contre le gouvernement syrien après le dernier « événement chimique » ont eu pour conséquence de durcir la position des autorités de Damas qui commençaient pourtant à faire des concessions.

Celles-ci ont ébranlé la confiance de Damas et il s’agit maintenant de regagner cette confiance, notamment en élargissant les zones de cessez-le-feu et de stabilité, notamment dans le nord du pays à l’ouest d’Alep.

La priorité est bien de travailler à l’élargissement de zones de stabilité dans l’ensemble du pays, en commençant par le Nord…

 

 

PMO : Comment dépasser le face à face entre la Turquie et les Kurdes ?

GENNADY GATILOV : Il est certain que la question kurde se retrouve en tête de l’agenda turc. D’un autre côté, comme je l’ai déjà souligné, on ne peut exclure les Kurdes de l’ensemble du processus et c’est pour cette raison que nous cherchons à les intégrer dans le processus d’Astana sur les questions militaires, notamment celle du cessez-le-feu. Les Kurdes ont – eux-aussi – leur propre feuille de route dont devra aussi tenir compte l’avancée des discussions de Genève.

 

 

PMO : Comment dépasser l’autre grande confrontation de la guerre civilo-globale de Syrie, à savoir celle opposant l’arabie saoudite à l’Iran ?

GENNADY GATILOV : Les nouvelles sanctions dernièrement adoptées unilatéralement contre l’Iran n’arrangent certainement pas l’état de la relation bilatérale Riyad/Téhéran, comme elles ne favorisent pas les discussions de Genève… Il s’agit certainement de favoriser tout ce qui peut améliorer les relations bilatérales des pays de la région. Par exemple, l’Iran entretient une relation bilatérale correcte et équilibrée avec le Qatar, mais sur le dossier syrien les deux pays restent radicalement opposés.

Par conséquent, il faut essayer de reprendre les choses à travers les éléments positifs et les intérêts communs de chaque relation bilatérale pour revenir aux oppositions qui perdurent sur le dossier syrien, mais qui – à terme – ne sont pas insolubles !

 

PMO : Qu’en est-il avec un autre partenaire de poids comme la Chine ?

GENNADY GATILOV : La Chine est aussi un partenaire stratégique de la Syrie. Il faut aussi rappeler que plusieurs milliers d’activistes chinois sont également engagés contre l’armée syrienne au nord-ouest du pays, dans la région d’Idlib. Pékin, comme Moscou a un intérêt majeur à œuvrer en faveur d’un retour à la stabilité en Syrie et dans toute la région de la Méditerranée orientale.

 

D’une manière générale, la Méditerranée est devenue une zone stratégique de première importance vers laquelle converge un ensemble de crises qui déstabilisent, non seulement les Proche et Moyen-Orient, mais aussi plusieurs régions d’Afrique.

Par conséquent, l’ensemble des pays concernés doivent chercher en Méditerranée des solutions à ces différentes crises.

 

Propos recueillis par Richard Labévière.
8 mai 2017

Source : Proche & Moyen-Orient, Gennady Gatilov, 08-05-2017

21/05/2017

GÉOPOLITIQUE ET GUERRES SOURNOISE ET TOTALE !

Entraide urgente : bonjour, nous avons besoin d’un coup de main pour reprendre sous Word les articles traduits. Très simple, et très utile. Me contacter si vous avez un peu de temps… Merci !

 

 

Source : Mémoire des Luttes, Maurice Lemoine, 27-04-2017

Equateur, 2 avril 2017 : au second tour de l’élection présidentielle, le candidat de la « révolution citoyenne » Lenín Moreno (Alliance Pays ; AP) affronte l’ex-ministre de l’économie (1999) et banquier multimillionnaire Guillermo Lasso (Créons des Opportunités ; CREO) qu’il a devancé au premier tour (39,36 % des voix contre 28,11 %). Rafael Correa qui, depuis 2007, a rendu sa stabilité au pays grâce à d’incontestables avancées sociales, ne se représentait pas [1].

Il n’est pas encore 17 heures et les bureaux de vote ne sont pas fermés quand Rafael Cuesta, ancien député social-chrétien (PSC, droite) devenu « vice-président de l’information » de la chaîne de télévision Canal Uno, annonce à l’écran, avec une évidente satisfaction : « Nous avons un président de la République et c’est Guillermo Lasso. »

A 18 h 30, sur la base du même sondage « sortie des urnes » effectué par l’Institut Cedatos, étroitement lié à la Banque de Guayaquil (dont le principal actionnaire s’appelle… Guillermo Lasso), le journaliste vedette Alfredo Pinoargote salue joyeusement sur Ecuavisa celui que, depuis six mois, il a invité moult fois dans son programme « Contact direct » : « Félicitations, président ! » Autre grande chaîne commerciale, Teleamazonas déroule la même partition.

Sondages et médias étant à l’évidence plus importants que les électeurs, les urnes et les résultats officiels, encore inconnus à ce moment, Lasso gratifie les siens d’un discours de chef d’Etat et tous, dans une grande allégresse, fêtent « le retour de la liberté ».

De quoi feindre tomber des nues lorsque, à 20 heures, le Conseil national électoral (CNE) annonce la victoire du socialiste Moreno avec 51,16 % des voix. Lasso, qui avait déjà hurlé à la fraude lors du premier tour, sans en apporter aucune preuve, entonne le même leitmotiv : outre Cedatos, deux « comptages rapides » – ceux des instituts Market et Informe Confidencial – l’ont placé en tête, dans une fourchette allant de 51,5 % à 53 % des suffrages. Informe Confidencial démentira bien avoir effectué un tel sondage, mais il en faudrait plus pour émouvoir la droite équatorienne et ses alliés.

Dès le lendemain, le quotidien Expreso publie une page entière dédiée au « président Lasso ». Les influents El Universo et El Comercio (pour ne citer qu’eux) semant également le doute sur la validité du résultat, les manifestations et tentatives de prise des locaux du CNE par quelques centaines de personnes se multiplient.

Sans jamais atteindre le niveau « protestations de masse » espéré par leurs initiateurs, elles vont se poursuivre, Lasso exigeant, sans aucune justification juridique, un recomptage de 100 % des bulletins et déclarant le 13 avril : « Pour se battre contre une dictature, il ne faut pas seulement des votes, il faut être dans la rue ! » Pourtant, les autorités ont déjà accédé partiellement à sa demande et le réexamen de 296 340 votes contestés dans cinq provinces n’a en rien modifié les résultats.

Manifestement conscients de l’inanité de leurs réclamations, les représentants de CREO ne se sont même pas déplacés pour assister au recomptage effectué dans la province de Pichincha : « Notre présence n’aurait fait que valider cet abus contre la démocratie », se sont-ils contentés de déclarer.

Lorsque, le 14 avril, « par souci de transparence et pour la tranquillité du pays » (dit autrement : pour en finir avec le « show » monté par l’opposition), le CNE annonce qu’il va effectuer le 18 avril un recomptage portant sur 1 275 450 voix, correspondant à 3 865 procès-verbaux contestés « dans les règles », en présence de délégués de toutes les organisations politiques nationales et locales, Lasso et les dirigeants de CREO annoncent… qu’ils refusent d’y assister.

Quelques jours auparavant, l’ex-député « ultra » du parti Société patriotique (SP) [2] Fernando Balda avait fait un appel du pied aux militaires : « Que coûte au haut commandement de donner une conférence de presse et de demander un recomptage total des votes ? » Avant de s’indigner, n’ayant trouvé aucun putschiste en puissance : « Ils ne le font pas ! »

Au jour dit, après que le recomptage, retransmis intégralement et en direct à la télévision, ait confirmé les chiffres initialement annoncés, Lasso déclarera : « Jamais je ne reconnaîtrai la victoire du candidat déclaré président élu par le CNE (… ) Lenín Moreno sera le successeur d’un dictateur et gouvernera sans légitimité [3]

» Pour qui douterait de la stratégie mise en œuvre, les journalistes Andrés Carrión et Martín Pallares interrogés le 4 avril dans le programme « Châtiment divin » l’avaient précisée : « Ce qui peut être fait, c’est miner la légitimité de ceux qui ont été, entre parenthèses, élus. Ces gens doivent savoir que, s’ils arrivent au pouvoir, ce sera un pouvoir vicié et affaibli. Qu’ils auront des problèmes pour l’exercer. »

 

En résumé : Lenín Moreno n’occupe pas encore sa fonction que déjà se dessine la guerre sournoise destinée à polariser la société et à le délégitimer afin de le déstabiliser plus facilement dès que les circonstances s’y prêteront.

Qui s’en souvient ? C’est ainsi qu’a commencé la très grave crise dans laquelle se débat actuellement le Venezuela. En avril 2013, Nicolás Maduro, « dauphin » du disparu Hugo Chávez, ayant battu Henrique Capriles (Table de l’unité démocratique ; MUD) avec 50,75 % des suffrages, ce résultat serré entraîna lui aussi des accusations non avérées de fraude, de très violentes mobilisations de rues (onze morts) et, ayant instillé le venin de la frustration chez les opposants, prépara la déstabilisation du pays qui, de sabotage économique en poussées de violence, atteint son climax aujourd’hui.

Les renversements de Manuel Zelaya au Honduras (2009), de Fernando Lugo au Paraguay (2012), puis de Dilma Rousseff au Brésil (2016) par des coups d’Etat dits « institutionnels », auxquels se sont ajoutés la mort de Chávez (mars 2013), ont amené les adeptes de « la fin de cycle » – un supposé recul définitif de la « vague de gauche » – à croire l’affaire bien engagée.

Alors que, après douze ans de « kirchnérisme » (trois mandats successifs de Nestor puis Cristina Kirchner), l’entrepreneur multimillionnaire Mauricio Macri venait de remporter l’élection présidentielle, l’ambassadeur des Etats-Unis Noah Mamet se félicitait en mars 2016 : la décision de Barack Obama de visiter l’Argentine était « une reconnaissance à la détermination de Macri de la réinsérer dans l’économie globale [4] ».

Le 7 septembre suivant, le vice-président américain Joe Biden qualifiait le renversement – rebaptisé « impeachment » – de Dilma Rousseff « d’un des meilleurs changements politiques qu’a connu la région ces derniers temps », avant, comme il se doit, d’appeler à ce qu’un référendum révocatoire soit tenu rapidement au Venezuela [5]>.

Quelques mois après la réélection de Daniel Ortega au Nicaragua, la victoire de Moreno en Equateur constitue un coup d’arrêt à cette restauration conservatrice ardemment souhaitée. D’autant que, dans les pays qu’elle affecte, les lendemains ne chantent pas particulièrement…

Au Brésil, dans le cadre des gigantesque affaires de corruption impliquant la compagnie pétrolière semi-publique Petrobras et le géant national du BTP Odebrecht [6], qui compromettent l’ensemble de la classe politique, le Tribunal suprême fédéral (TSF) a annoncé le 11 avril l’ouverture d’une enquête concernant cent huit personnalités, dont vingt-neuf sénateurs et quarante-deux députés (parmi lesquels les présidents des deux chambres du Congrès), huit ministres du président de facto Michel Temer – lequel fait lui-même face à de graves accusations.

On notera que si le Parti des travailleurs (PT) a sa part de responsabilité dans ce scandale systémique, celui-ci ne peut être invoqué pour expliquer la « destitution » de Dilma Rousseff – un motif puéril d’« irrégularité budgétaire » ayant servi pour justifier ce coup d’Etat, dont les objectifs réels et les conséquences apparaissent chaque jour plus clairement.

 En faisant voter la proposition d’amendement constitutionnel (PEC 55) qui gèle les dépenses publiques de l’Etat pour vingt ans, en s’attaquant aux retraites des travailleurs et en éliminant une partie de l’allocation chômage, en fermant le ministère du développement agraire, en menant une offensive brutale contre les droits conquis depuis une décennie, le pouvoir illégitime, après avoir jeté plus d’un million de personnes dans les rues les 8 et 15 mars, devra affronter une grève générale le 28 avril prochain.

Dans une Argentine affectée par les licenciements massifs et les augmentations faramineuses des tarifs des services publics, les enseignants en grève se sont faits sauvagement matraquer le 9 avril alors que cinq mobilisations massives avaient déjà eu lieu entre le 8 et le 24 mars et qu’une première grève générale contre la politique de rigueur avait paralysé le pays le 6 avril.

Pour tenter de juguler cette contestation montante, le parti du chef de l’Etat, Cambiemos (Changeons), a déposé le 14 avril devant la Chambre des députés un projet de loi destiné à durcir les sanctions contre les protestataires. En termes juridiques, la réforme proposée introduit dans le code pénal le concept de « manifestation publique », permettant à la police d’arrêter sans contraintes les manifestants et aux juges de leur appliquer des peines plus sévères.

Dans ce contexte, la fureur des oligarchies se retourne contre le pays, symbole de la résistance, « qu’il faut absolument faire tomber  » : le Venezuela. Depuis l’élection du président Maduro, le pays subit une guerre totale et multiforme. Début 2014, l’opération « La Salida » (la sortie), à travers ses opérations de guérilla urbaine, provoqua la mort de 43 personnes de toutes tendances politiques et fit plus de 800 blessés, mais le pouvoir résista, arrêtant et jugeant Leopoldo López, l’un des instigateurs du chaos.

Certes, l’importante diminution des prix du pétrole, la principale ressource du pays, a raréfié la rentrée des devises, rendant plus difficiles les importations de biens de consommation.

Certes, la gestion du gouvernement ne brille pas toujours par son efficacité.

Mais en aucun cas ces deux facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls la très dure crise alimentaire et les incessantes pénuries qui, épuisant et désorientant de larges secteurs de la population, y compris « chavistes », ont permis la victoire de la MUD aux élections législatives de décembre 2015.

N’en déplaise aux médias complices, incompétents, moutonniers, opportunistes ou fort peu courageux – la pression générale étant devenue telle que les « notables de l’info », fussent-ils « de gauche », ne veulent pas risquer leur réputation ou leur confort en semblant apparaître comme « les derniers défenseurs du Venezuela » – c’est bel et bien, similaire à celle des années 1970 au Chili, d’une déstabilisation économique qu’il s’agit.

S’apparentant à des aveux, la loi d’amnistie votée le 29 mars 2016 par la nouvelle majorité – et déclarée inconstitutionnelle par le Tribunal suprême de justice (TSJ) le 11 avril suivant – ne mentionnait-elle pas, parmi les délits et crimes (auto)-amnistiés de l’opposition, « la spéculation sur des aliments ou des boissons, des biens qualifiés comme de première nécessité » et « l’accaparement d’aliments ou de boissons, de biens qualifiés comme de première nécessité » ?

Le 12 novembre 2016, dans le cadre d’un dialogue dont les secteurs radicaux de la MUD ne veulent pas et qu’ils ont depuis fait capoter, c’est l’envoyé du pape en personne, Mgr Claudio María Celli, qui lit l’accord pour un calendrier de discussion dans lequel « le gouvernement et la MUD conviennent de combattre ensemble toute forme de sabotage, de boycott ou d’agression contre l’économie ». Vous avez dit « paranoïa » ?

D’emblée, début 2016, cette nouvelle majorité législative a annoncé son unique objectif : « sortir » Maduro du pouvoir en six mois. Que ce soit légalement ou non. Avec un choix délibéré de la seconde solution. Dix-huit mois plus tard, tout un chacun peut constater qu’elle a échoué.

Dans cette guerre qu’elle n’a pas méritée et dont elle ne veut pas, la « révolution bolivarienne » a encore assez de punch pour opposer une belle résistance. Quitte à tomber parfois dans le piège qui lui est tendu : face à une droite qui viole effrontément les règles du jeu démocratique, franchir à son tour la ligne jaune, dans son désir (et la nécessité) de rendre coup pour coup. Par exemple…

Dans leur obsession de renverser le chef de l’Etat, les dirigeants de la MUD ont, durant de longs mois, négligé la possibilité du référendum révocatoire, permis par la Constitution. Lorsque, ayant été mis en échec, ils s’y sont enfin résolus, ils avaient dépassé le délai permettant, en cas de victoire du « oui », l’organisation d’une élection : le vice-président « chaviste » remplacerait Maduro pour la fin du mandat si celui-ci était destitué. En outre, leur collecte de signatures a été entachée d’innombrables irrégularités.

Raison juridiquement motivée – mais aussi prétexte évident, le nombre de paraphes requis étant en tout état de cause largement atteint – dont s’est emparé le pouvoir pour bloquer le processus.

On peut le lui reprocher (on ne s’en prive pas). On peut aussi considérer que, compte tenu de la violence déstabilisatrice qui lui est imposée, il se trouve dans la situation d’un athlète de haut niveau à qui son adversaire brise les tibias à coups de barres de fer avant de lui intimer : « Maintenant, allons courir un cent mètres ensemble et voyons qui va l’emporter ! » S’il dispose d’arguments juridiques incontestables pour le faire, on comprendra que la victime puisse écarter ce type de « compétition ». Dont, d’ailleurs, l’opposition ne veut plus !

Dans le même ordre d’idée, la décision du TSJ, le 29 mars, d’assumer les fonctions de l’Assemblée nationale, non indéfiniment, comme il a été faussement affirmé, mais « tant que la majorité de droite continuerait à ignorer ses verdicts » – entre autres sur l’élection contestée de trois députés de l’Etat d’Amazonas qu’elle a néanmoins incorporés – ou refuserait de reconnaître les institutions et le chef de l’Etat était, quoi qu’on en dise, justifiée. Mais, intervenant au plus chaud d’une situation explosive, elle pouvait, habilement présentée par ses détracteurs, donner lieu à une accusation d’« auto-coup d’Etat ».

Ce qui n’a pas manqué de se produire.

La procureure générale de la République Luisa Ortega critiquant la décision et les plus hautes instances du pouvoir se rendant compte du danger de cette interprétation face à la « communauté internationale », le TSJ est revenu sur sa décision, mais le mal était fait.

La planète médias jouant son rôle, l’accusation demeure, bien qu’étant, surtout après ce recul, totalement injustifiée.

De même, la Cour des comptes (Controlaría general de la República) dispose d’accusations crédibles – détournement de fonds publics – pour mettre en cause l’ex-candidat à la présidence Henrique Capriles, gouverneur de l’Etat de Miranda. Toutefois, les faits remontent à… 2013. Que n’a-t-il été jugé plus tôt ? Le verdict rendu le 7 avril dernier et le déclarant inéligible pour quinze ans paraît, compte tenu du contexte, tomber à un moment particulièrement inopportun.

C’est faire à l’opposition et à ses puissants alliés extérieurs le cadeau d’un « martyr » que ceux-ci ne manquent pas d’exploiter.

Dès le 9 mars 2015, Barack Obama avait désigné par décret le Venezuela comme « une menace extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis », ouvrant le terrain juridique à une possible intervention (dont la nature reste à déterminer). Pour ce faire « l’Empire » dirigé aujourd’hui par l’irrationnel Donald Trump bénéficie de l’aide de son nouveau « cipaye » Luis Almagro, secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), objectivement redevenue le ministère des Colonies de Washington dénoncé en son temps par Fidel Castro. Une offensive féroce, obsessionnelle, tente d’isoler Caracas en la suspendant des activités de l’organisation.

Néanmoins, en juin 2016, une première tentative de faire activer à son encontre la charte démocratique a échoué. Au grand dam d’Almagro, son initiateur, une majorité des nations, allergiques aux « interventions extérieures », se prononça pour une continuation du dialogue alors mené entre le gouvernement et la MUD, sous les auspices du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), par les ex-présidents médiateurs José Luis Rodríguez Zapatero (Espagne), Leonel Fernández (République dominicaine) et Martín Torrijos (Panamá).

Silencieux sur le coup d’Etat au Brésil, méprisant tous les usages diplomatiques lorsqu’il traite publiquement Maduro de « traître, menteur, voleur et petit dictateur »,Almagro n’a pas hésité à se faire décorer de l’ordre Rómulo Betancourt, le 13 avril 2017, à Miami, par le président de l’Organisation des Vénézuéliens persécutés politiques en exil (Veppex), l’ex-lieutenant José Colina.

Ce dernier est poursuivi dans son pays pour avoir perpétué deux attentats à la bombe en février 2003, à Caracas, contre l’ambassade d’Espagne et le consulat colombien, crimes évidemment attribués dans un premier temps aux Cercles bolivariens de Chávez.

En cavale, Colina a obtenu l’asile politique aux Etats-Unis après avoir été défendu par l’avocat Matthew Archambeault, celui-là même qui, en avril 2011, fit absoudre définitivement par la « justice américaine » le terroriste cubano-vénézuélien Luis Posada Carriles – auteur intellectuel de la pose de deux bombes dans un vol de la Cubana de Aviación (73 morts le 6 octobre 1976) –, lui permettant de vivre depuis en toute impunité à Miami.

Dans ce contexte où, de l’intérieur et de l’extérieur, les deux interagissant, il s’agit de prendre la « révolution bolivarienne » en tenaille, la bataille fait donc rage à l’OEA.

Bien que son Conseil permanent ait tenu une nouvelle réunion d’urgence le 28 mars à Washington, celle-ci n’a pas débouché sur les résultats escomptés – la suspension de Caracas et des élections générales anticipées – par le « roitelet » de l’organisation.

Non seulement aucune résolution sanctionnant les supposés égarements du gouvernement vénézuélien n’a été adoptée, mais plusieurs Etats membres, dont Haïti, El Salvador et la République dominicaine, pourtant soumis à de très fortes pressions des Etats-Unis, ont fustigé l’attitude d’Almagro, la jugeant partiale et interventionniste. « Le moment est grave et dépasse de loin la question du Venezuela, déclara alors avec une grande dignité Harvel Jean-Baptiste, ambassadeur d’un pays, Haïti, qui n’appartient pas à l’« arc progressiste », mais auquel Washington menace de retirer son aide financière s’il continue à appuyer Caracas.

Les agissements du secrétaire général fragilisent notre organisation. Si nous laissons le secrétaire général, comme il le fait, s’immiscer sans réserve dans les affaires internes d’un pays, au détriment du principe du respect de la souveraineté des Etats, bientôt Haïti et d’autres pays de la région, seront eux aussi victimes de cette même dérive de l’organisation [7]. »

Un coup de force le 3 avril suivant – la Bolivie et Haïti, respectivement président et vice-président en exercice du Conseil ayant été écartés et remplacés, au mépris de toutes les règles, par le Honduras – a néanmoins permis à dix-sept des vingt-et-un pays présents d’adopter « par consensus » une résolution dénonçant « la rupture de l’ordre constitutionnel au Venezuela » tout en exigeant « des actions concrètes » de son gouvernement. Tandis que la République dominicaine, les Bahamas, le Belize et El Salvador s’abstenaient, la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela avaient, le jugeant illégal, abandonné ce « tribunal d’inquisition », comme le qualifia Maduro.

Echec à nouveau, au-delà des déclarations triomphales, puisque, en tout état de cause, il est nécessaire de rassembler les deux tiers de l’Assemblée générale (vingt-quatre pays) pour en exclure le Venezuela. Raison pour laquelle la campagne infernale se poursuit, dont le surréalisme échappe à nombre d’observateurs, sans doute un peu distraits : en tête de liste des onze pays de l’« Axe du bien » [8] qui, le 17 avril, au nom de la démocratie, ont appelé le gouvernement vénézuélien à « garantir le droit aux manifestations pacifiques », figurent la Colombie – plus de 130 dirigeants et militants de mouvements populaires assassinés d’octobre 2012 à la fin 2016 (23 depuis janvier 2017) – et le Mexique – 28 500 « disparitions forcées » depuis 2006 (dont les 43 étudiants d’Ayotzinapa), 11 journalistes exécutés et 23 de leurs confrères « disparus » en 2016.

Forte du soutien de ces paladins de la liberté, la MUD, qui a définitivement écarté le chemin du dialogue, multiplie depuis début avril les manifestations au cours desquelles, en marge des opposants pacifiques, des groupes de choc ultra violents multiplient agressions aux forces de l’ordre et actes de vandalisme. C’est que, pour la MUD, le temps presse.

Les prix du pétrole repartant à la hausse, fût-elle modérée, le gouvernement fournissant en urgence des produits de première nécessité à plus de six millions de familles à travers treize mille Comités locaux d’approvisionnement et de production (CLAP), réactivant l’agriculture et en appelant à la participation de certains groupes du secteur privé au redressement économique, la situation tend quelque peu à (et surtout « risque de ») s’améliorer.

Comme en 2002 lors du coup d’Etat contre Chávez ou en 2014 au cours des « guarimbas », il faut à l’extrême droite des cadavres pour émouvoir et mobiliser la communauté internationale. Le 18 avril, la veille de « la mère de toutes les manifestations », organisée par l’opposition – à laquelle répondra d’ailleurs une « marche des marches » des chavistes dans le centre de Caracas –, Mark Toner, porte-parole du Département d’Etat américain, dénonça une « répression criminelle »et la « violation des droits humains » du pouvoir bolivarien. Car déjà, comme en 2014, le décompte macabre des victimes donne lieu à une manipulation de première catégorie.

Dès le 14 avril, huit morts étaient à déplorer – par définition attribués « à la répression ». Il s’avéra rapidement que l’un d’entre eux, Brayan Principal, a été tué par un groupe d’individus cagoulés qui a criblé de balles une lotissement « chaviste », la Ciudad Socialista Alí Primera, construite par le gouvernement de Maduro à Barquisimeto. Qu’un autre, le jeune Miguel Ángel Colmenares, à Caracas, ne manifestait pas, mais est tombé dans une embuscade de sujets qui l’ont dépouillé de son argent avant de l’assassiner.

Qu’un autre encore, Oliver Villa Camargo, a été exécuté d’une balle dans la tête alors qu’il venait de tenter, en auto, de franchir une barricade. Que Ricarda de Lourdes González, 87 ans, n’est pas morte asphyxiée par les gaz lacrymogènes, mais, comme l’a précisé sa fille, parce que les « guarimberos » (manifestants) « ne nous ont pas laissé sortir quand – alors qu’elle était victime d’un accident cérébro-vasculaire – on a voulu l’emmener à la clinique Las Mercedes [9] ». Il s’agit là, non d’une liste exhaustive, mais de quelques cas.

Evoquant la mort d’un étudiant de 17 ans, Carlos Moreno, tué d’une balle dans la tête, à Caracas, le 19 avril, « par des motards qui ont tiré et lancé des gaz lacrymogènes », le « dévoyé spécial » de l’ex-quotidien français d’information Le Monde, Paulo Paranagua, précise (21 avril) : « Paola Ramirez Gomez, 23 ans, est morte en province, à San Cristobal, dans des circonstances similaires ».

Que ses lecteurs le sachent : Paranagua ment. Initialement attribué à des « collectifs chavistes », accusés de tous les maux, il a été prouvé après enquête que le meurtre de cette jeune femme a été commis depuis le deuxième étage d’un immeuble, par les tirs d’un individu nommé Iván Aleisis Pernía, militant d’opposition arrêté et incarcéré depuis. Il est vrai que Paranagua n’en est pas à une imposture près : n’a-t-il pas reproduit, sans aucune prise de distance ni commentaire (15 avril), cette déclaration ahurissante de Julio Borges, l’un des principaux dirigeants de l’opposition : « Les groupes paramilitaires du Venezuela menacent la paix en Colombie. »

Le premier réflexe est d’en rire. Le second est de ressortir de la poubelle, où on l’avait jeté, et de retourner contre lui, le prétentieux « Décodex » du Monde [10] : « Ce média diffuse régulièrement des fausses informations ou des émissions trompeuses. Restez vigilants ou cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information. »

Dans ce climat de violence exacerbée, on observe des excès de tous les côtés. Un mandat d’arrêt a ainsi été lancé contre quinze gardes nationaux présumés responsables du décès de Gruseny Antonio Canelón, à Cabudare, le 12 avril.

De l’autre côté des barricades, des membres des forces de l’ordre tombent également, tel le sergent de la Garde nationale Neumar José Sanclemente Barrios, assassiné par arme à feu le 19 avril à San Antonio de los Altos. Huit membres des forces de l’ordre avaient d’ailleurs déjà été tués par balles en 2014, sans trop émouvoir les « observateurs » pour qui, semblerait-il, l’assassin d’un policier, sur les Champs-Elysées, à Paris, est un « terroriste » quand l’assassin d’un policier au Venezuela est « un manifestant pacifique »…

Dans des circonstances particulièrement confuses, et après l’appel à manifestations de dirigeants anti-chavistes, la mise à sac d’une dizaine de commerces du secteur populaire d’El Valle (Caracas) par de supposées bandes d’« affamés  », la nuit du 19 avril, s’est soldée par la mort de onze personnes (trois par armes à feu, huit électrocutées par un système de protection en tentant de dévaliser une boulangerie). Dans leur furie destructrice, les mêmes hordes, qu’on suppose manipulées, n’ont pas hésité à attaquer un hôpital de soins pédiatriques – au prétexte sans doute qu’il s’appelle « Hugo Chávez » –, obligeant en catastrophe à en évacuer 54 mères, enfants et nouveaux-nés. Dans un tel chaos, la manipulation de l’information devient un jeu d’enfant :

« Les manifestations ont fait 20 morts en trois semaines  », peut-on lire ou entendre à peu près partout au même moment [11]. De quoi atteindre l’objectif recherché en faisant du Venezuela un « Etat failli ». Et, au passage, en utilisant la désinformation générale affectant ce pays, pour stigmatiser par la bande un homme politique – tel, lors du premier tour de la campagne présidentielle française, le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

A cet égard, le 6/9 de France Inter, consacré au Venezuela le matin même du scrutin aura constitué un modèle de perfidie subliminale – sans doute sévèrement critiqué s’il existait en France un Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Le 22 avril, à l’appel de l’opposition, des milliers de Vénézuéliens ont participé à une marche silencieuse en mémoire des victimes des manifestations du mois d’avril.

Devant le siège de la Conférence épiscopale, tandis que le député Henry Ramos Allup déclarait qu’il s’agissait d’un hommage « à tous les morts, y compris aux victimes potentielles et éventuelles qu’il y aura sûrement les jours prochains », son « collègue » Freddy Guevara précisait que les manifestations à venir avaient pour objectif de « dévoiler le véritable visage du dictateur » en générant « l’ingouvernabilité [12 ». Des messages qui ont le mérite de la clarté. Sauf, manifestement, pour les médias.

 

NOTES

[1] http://www.medelu.org/Coup-dur-pour-la-fin-de-cycle-en

 

[2] Parti de l’ex-président Lucio Guttiérez, renversé par un soulèvement populaire le 20 avril 2005. Candidat du parti, Patricio Zuquilanda a obtenu 0,77 % des voix lors du premier tour de la présidentielle, le 19 février. Gutiérrez n’a pas été élu lors des législatives auxquelles il se présentait.

 

[3]  Ecuadorinmediato, Quito, 19 avril 2017.

 

[4]  BBC Mundo, Londres, 23 mars 2016.

 

[5]  El País, Madrid, 7 septembre 2016.

 

[6] Petrobras (propriété d’actionnaires privés ou institutionnels à 51 %) a attribué des marchés surfacturés à des entreprises de BTP, permettant ainsi le versement de pots-de-vin destinés à financer les partis politiques ou des politiciens corrompus. Odebrecht aurait arrosé de bakchichs des fonctionnaires et hommes politiques de douze pays d’Amérique latine pour y rafler des chantiers.

 

[7]  Haïti Libre, Port-au-Prince, 29 mars 2017.

 

[8] Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Paraguay, Pérou et Uruguay.

 

[9]  El Universal, Caracas, 11 avril 2017.

 

[10] Outil censé, sur la Toile, aider les internautes à trier les vraies des fausses informations en stigmatisant les sites « mal pensants ».

 

[11]  Le Monde, France Info, CNews, LCI, La Dépêche, Presse Océan, La Libre Belgique, etc., du 21 au 23 avril 2017.

 

[12]  Alba Ciudad, Caracas, 22 avril 2017.

 

Source : Mémoire des Luttes, Maurice Lemoine, 27-04-2017

15/05/2017

RETOUR DU DONBASS : LA GUERRE CONTINUE .......

Retour du Donbass : la guerre se poursuit mais le peuple s’organise

 

On verra comment l’administration Macron honorera la signature de la France au bas des accords de paix de Minsk II.

 

Responsable d’une association humanitaire
 

Je rentre tout juste de la République populaire de Donetsk (RPD), une des deux républiques du Donbass qui ont fait sécession de l’Ukraine suite au coup d’État, encouragé par l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, à Kiev en février 2014.

J’y étais avec l’association Ouest-Est pour distribuer de l’aide humanitaire sur la ligne de front auprès des personnes qui souffrent des bombardements quotidiens de l’armée de Kiev.

 

La guerre a déjà fait plus de 10.000 victimes, mais personne ne sera Charlie pour les habitants d’ici : l’assassin est un ami de l’OTAN, et ça, ça change tout.

Les conditions sur le front sont souvent inhumaines, sans eau, ni électricité, ni soins médicaux.

J’étais également invité par la RPD à participer, le 9 mai, aux festivités de la victoire de 1945 sur le nazisme ainsi qu’au troisième anniversaire de la jeune république, deux jours plus tard.

 

Lors des deux manifestations publiques, j’ai été impressionné par la ferveur et le nombre de personnes dans les rues pour soutenir la jeune république.

J’ai vu des dizaines de milliers de personnes, et notamment des jeunes, venues de toute la région, et même des villes officiellement occupées par Kiev, marcher dans les rues, le sourire aux lèvres et fiers de défendre leur liberté malgré la guerre.

 

Les rues de Donetsk sont d’ailleurs impeccables, preuve que les citoyens ne se laissent pas abattre et entretiennent ce qui est leur.

Un peu taquin, un homme me dit : « La seule fois que vous réussissez, à l’Ouest, à mettre autant de personnes dans la rue, c’est pour une grève ou une Gay Pride. Chez nous, ça n’arrivera pas. »

 

 

Cette jeune république et ses citoyens affichent fièrement leurs nouvelles couleurs et tous m’ont dit qu’il était hors de question qu’ils retournent un jour cohabiter avec l’administration de Kiev.

 

« Comment voulez-vous que nous retournions habiter avec ceux qui nous tuent, nous coupent nos vivres et qui veulent nous interdire de parler notre propre langue ? » m’ont-ils tous dit.

 

Depuis qu’ils ont pris leur destin en main, il est vrai qu’eux, contrairement à Kiev, ont réussi à se débarrasser des oligarques et des injonctions de Bruxelles et du FMI. Cela est dû, notamment, au travail colossal réalisé par la toute jeune administration du très charismatique président Alexandre Zakhartchenko, que j’ai pu rencontrer, qui réussit à insuffler courage, confiance et détermination à son peuple.

On verra comment l’administration Macron honorera la signature de la France au bas des accords de paix de Minsk II.

 

En attendant, les habitants du Donbass ont besoin de notre aide et de notre soutien pour faire connaître leur calvaire au plus grand nombre et pour peser auprès de nos dirigeants afin d’obliger Kiev à déposer les armes.

 

Le Donbass, comme le reste de l’Europe, n’a pas besoin de guerre mais de paix.

http://www.bvoltaire.fr/retour-donbass

12/05/2017

MALI : L' OPÉRATION BARKHANE ET L' EMBOURBEMENT ......TRIBUNE LIBRE !

L’horizon compromis de la force Barkhane au Mali

Explorer l’option du dialogue ne garantit en rien son succès. Mais l’alternative de la poursuite la lutte antiterroriste sous sa forme actuelle n’est pas plus encourageante, du fait de son indifférence aux complexes fractures maliennes.

 

 

Par Yvan Guichaoua.
Un article de The Conversation

 

En visite à Gao (Mali) le 13 janvier 2017, tout juste quatre ans après le déclenchement de l’opération Serval, depuis transformée en déploiement Barkhane dans le vaste espace sahélo-saharien, François Hollande déclare aux soldats français sur place : The Conversation

Nous le savons tous, les terroristes qui attaquent notre propre territoire, qui agissent sur notre propre sol, sont liés avec ceux qui sont au Levant, en Irak et en Syrie mais aussi ici, dans la bande sahélo-saharienne. […]

 

C’est le même combat, c’est le même enjeu.

Peindre la crise en noir et blanc

Cette manière de justifier la présence militaire française au Sahel a quelques présupposés hautement discutables pour ce qui concerne le Mali (et vraisemblablement d’autres parties du globe).

Elle sous-entend l’existence d’une menace globale et coordonnée. Elle évacue tout questionnement au sujet des cibles : tout se passe comme si une pathologie exogène infectait un corps politique sain choisi au hasard. Le clivage mis en exergue est binaire, la pathologie uniforme.

Enfin, cette représentation de la crise contient par construction son mode de traitement : « On ne négocie pas avec les terroristes ». Postuler l’uniformité de la menace, c’est justifier l’uniformité de la réponse : la force est le seul mode opératoire approprié. Attacher le label « terroriste » à son ennemi c’est disqualifier par avance la possibilité d’un dialogue avec lui.

Aucun des postulats mentionnés ci-dessus ne va de soi dans le contexte malien. Or mal énoncer le problème, c’est risquer d’y apporter des réponses inappropriées.

S’entêter dans le paradigme du contre-terrorisme comme mode principal de résolution de la crise malienne a de fortes chances de mener vers une polarisation explosive du paysage politique.

Au contraire, requalifier la crise malienne au plus près de ses enjeux immédiats permet d’entrevoir les espaces dans lesquels la paix peut, éventuellement, s’insinuer.

 

Requalifier la crise malienne

Un fait majeur s’est produit il y a quelques semaines au Mali : la recomposition, officialisée par une vidéo, de différents mouvements djihadistes autour d’un chef touareg originaire de la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly.

Depuis la publication de cette vidéo, il ne se passe guère de jour sans qu’une attaque meurtrière dans le nord ou le centre du pays ne soit revendiquée par la nouvelle entité djihadiste, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.

L’année 2016 fut très mauvaise sur le plan des violences politiques au Mali. L’année 2017 ne s’annonce guère meilleure.

L’idiome qu’utilise Iyad Ag Ghaly dans sa vidéo de promotion est très explicitement celui du djihad global. L’allégeance aux grandes figures d’Al-Qaeda est proclamée. Un djihadologue patenté y retrouvera des figures de style familières. Le djihad global n’est pas un simple vernis rhétorique.

L’inscription de la lutte d’Iyad Ag Ghaly et des siens dans ce mouvement transnational a des implications idéologiques claires, dessine les contours d’une offre de gouvernance identifiable (testée temporairement pendant l’occupation du nord Mali par la coalition islamiste en 2012), désigne des ennemis, façonne un art de la guerre particulier, permet des transferts de technologie guerrière et ouvre les portes de réseaux de soutien étendus.

Mais la djihadologie « par le haut » n’épuise pas l’analyse des choix stratégiques et tactiques du mouvement armé qu’a fondé Iyad Ag Ghaly, pas plus qu’une nouvelle identité « djihadiste » n’annule automatiquement les formes de socialisation antérieures des néo-moudjahidines.

Les commandants et les combattants de ce mouvement armé sont, dans leur très grande majorité, extraits du contexte sahélien, lieu d’enjeux religieux et politiques spécifiques.

Les chefs emblématiques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa, sont respectivement Touareg et Peul. Le tour de table de la vidéo qui entérine la naissance du mouvement était aussi formé d’Arabes.

Cette diversité communautaire unie sous la bannière du djihad n’échappe à personne au Mali. Jusqu’à récemment, Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa étaient connus comme porte-drapeaux de leur communauté respective.

Le premier s’est battu dans les années 1990 au nom du séparatisme touareg et fut un intermédiaire incontournable entre autorités centrales et séparatistes touaregs. Le second, doté surtout de capital religieux plutôt que combattant, prêchait encore il y a deux ans le retour de l’ordre théocratique peul du Macina, en référence à l’empire du même nom créé au début du XIXe siècle.

Ces ancrages communautaires ne sont que partiellement reniés par les deux hommes au profit du djihad. Surtout ils offrent à l’organisation djihadiste un environnement relativement protecteur et informent les choix de ceux qui la rejoignent. C’est dans la zone de Kidal dont il est originaire qu’Iyad Ag Ghaly opère et recrute tandis que Koufa en fait autant dans le Macina.

 

Djihad « endogénéisé »

Au centre et au nord du Mali, chaque communauté, possiblement chaque famille, fait ainsi face au départ des siens vers la rébellion islamiste.

Cette rébellion séduit ceux qui ont des comptes à régler avec le statu quo.

L’ordre rejeté peut être local, fait de hiérarchies communautaires excluantes ou d’inégalités d’accès aux ressources naturelles, etc.

Il peut aussi être national : défiance à l’égard des forces de l’ordre, dégoût à l’égard d’élites corrompues.

Le djihad procède par percolation, dans des sociétés fracturées et violentes, comme le montrent à l’échelle du centre du Mali un rapport récent du Centre pour le dialogue humanitaire ou, à une échelle plus vaste, les travaux comparatifs de l’International Crisis Group.

Le djihad ne prospère pas au hasard, contrairement au portrait paresseux qu’en fait François Hollande. Il émerge dans les espaces où aucune forme de gouvernement légitime ne prévaut.

Ces espaces abondent au Mali, dont les autorités ont fait de l’instrumentalisation de milices communautaires un mode privilégié de gouvernance du nord du pays depuis de nombreuses années.

Sur un mur à Kidal, dans le nord du Mali, fin 2016.
Ferdaous Bouhlel

La lutte djihadiste fait d’autant plus résonner la corde des mécontentements locaux qu’elle est animée par des leaders connus des populations.

Le djihad malien contemporain, originellement importé d’Algérie et commandé par des Algériens est désormais endogénéisé, jusqu’en son commandement, selon une logique d’appropriation locale encouragée par Al-Qaeda.

Le djihad malien fait allégeance à une lutte de dimension globale mais exprime simultanément des griefs et un projet radical de régulation politique locaux.

 

Le contre-terrorisme inopérant

Requalifier la crise malienne selon ses paramètres maliens permet de mieux cerner les impasses du contre-terrorisme musclé, qui, s’il peut remporter des succès militaires ponctuels, ne saurait faire émerger des solutions durables à la crise.

Régulièrement, les officiers de Barkhane déplorent, avec un soupçon de condamnation morale, la « porosité » sociale ou économique » entre populations, mouvements signataires des accords de paix et mouvements djihadistes.

Cette porosité, qui en aucun cas ne signifie alignement politique, est pourtant un paramètre difficilement dépassable de la crise, qui met en exergue l’inanité de son traitement strictement militaire.

À quoi sert-il de sommer les populations de s’éloigner de « terroristes » qui ont les traits familiers de voisins, parents, et parfois – au prix de grandes souffrances psychologiques – de vos propres enfants ?

Quel sens y a-t-il à choisir le camp étatique lorsque l’État est vu comme l’origine même de vos tourments ?

Quelle confiance accorder à l’injonction de se distancer des terroristes émanant d’hommes surarmés, envoyés par l’ancien colonisateur, qui ne partagent ni votre langue ni votre religion ?

Le chercheur Charles Grémont a recueilli les paroles d’un intellectuel tombouctien de la tribu touarègue des Kel Ansar en 2013 qui évoque les amalgames perpétuels de l’armée malienne et résume puissamment l’aporie tragique du soupçon de la « porosité » et le dilemme des civils : « À force de vouloir faire de nous ce que nous ne sommes pas réellement, nous finissons par devenir ce que nous n’étions pas réellement ».

Les soldats français partiront bien avant les « terroristes », qui mettent continuellement sous pression les populations et n’hésitent pas à faire de quiconque collaborerait avec les « Croisés » une cible légitime.

Quelle que soit la manière dont les troupes françaises se comportent sur le terrain, elles s’engagent avec les populations dans une partie intrinsèquement viciée. Et malgré des standards professionnels exigeants, elles n’évitent pas les bavures.

Un enfant a été tué par Barkhane, fin novembre 2016. Il aura fallu un article de Jeune Afrique deux mois plus tard pour que la France communique sur cet incident pourtant abondamment commenté sur les réseaux sociaux locaux et au-delà.

Promesse fut faite par la France de rendre publics les résultats d’une enquête sur cet incident début février 2017.

Début mai 2017, le silence officiel persiste. Dans ce contexte, on saisit à quel point il sera difficile pour Barkhane de rallier « les cœurs et les esprits », ou, a minima, de tenir les populations éloignées des tentations contestataires.

 

Entendre les voix maliennes

La viabilité de Barkhane dans la durée est d’autant plus précaire que la refondation par les autorités maliennes d’une légitimité politique est en cale sèche.

L’un des jalons de la reconstruction nationale consistait, entre autres multiples mesures décidées avec la communauté internationale, à convoquer, en mars dernier, une Conférence d’entente nationale, « appelée à débattre des problématiques existentielles de la République du Mali, à dégager des dynamiques consensuelles et convenir des éléments fondamentaux, y compris la sécurité, la justice et l’équité, la gouvernance et le développement équilibré des régions ».

L’organisation de cette réunion fut chaotique mais elle délivra néanmoins un verdict provocant : un appel à ouvrir des négociations avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa, vus, non pas comme les déclinaisons maliennes du djihad mondial selon la perspective de François Hollande mais comme « des enfants du Mali » avec lesquels il faut faire la paix.

Quelques heures seulement après cette annonce, un ferme démenti émanait des autorités maliennes, appuyé par le ministre français des Affaires étrangères Jean‑Marc Ayrault : toute négociation avec les chefs terroristes est exclue.

Lorsque la société civile et les partis politiques maliens insistent sur l’endogénéité de la crise et proposent sa requalification selon ses termes spécifiquement maliens, le gouvernement malien et la France leur répondent par une fin de non-recevoir.

Ils substituent à la perception de la crise par les nationaux la lutte contre un terrorisme largement chimérique car dépouillé de ses attributs locaux.

Il est certainement plus commode pour l’État malien d’invoquer une menace venue d’ailleurs plutôt que d’interroger ses propres méthodes de gouvernance.

Rien ne dit qu’Iyad Ag Ghaly, s’il était sollicité, accepterait un dialogue. Ses choix des dernières semaines indiquent même un renforcement de son option guerrière.

Mais relevons qu’il y a moins d’un an des échanges étaient vraisemblablement en cours entre Iyad Ag Ghaly et des dignitaires religieux bamakois.

Un cessez-le-feu semblait envisagé. Par ailleurs, quand bien même un dialogue débuterait, nul ne semble être très au clair sur son éventuel contenu.

 

Mais il est possible de s’inspirer des expériences mauritaniennes de dialogue religieux et de repentir détaillées minutieusement par la chercheuse Ferdaous Bouhlel.

Explorer l’option du dialogue ne garantit en rien son succès. Mais l’alternative de la poursuite la lutte antiterroriste sous sa forme actuelle n’est pas plus encourageante, du fait de son indifférence aux complexes fractures maliennes.

Surtout, l’option étroite et incertaine du dialogue semble refléter la perception locale de la crise. Or les premiers concernés par la crise malienne vivent au Mali, pas à Paris.

 

 

Yvan Guichaoua, Maître de conférences sur les conflits internationaux, University of Kent

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

09/05/2017

DIPLOMATIE, LE BILAN POSITIF DE DONALD TRUMP .......

09 mai 2017

GÉOPOLITIQUE INTERNATIONALE : BILAN POSITIF EN MATIÈRE DE DIPLOMATIE POUR LE PRÉSIDENT DONALD J. TRUMP

SYRIE, IRAN, CHINE, ISRAËL :
 
LA NOUVELLE DIPLOMATIE
 
AMERICAINE DE DONALD TRUMP 
 
Publié par Pierre Rehov le 7 mai 2017
 

Pierre Rehov fait le bilan d’un début de présidence Trump positif en matière de diplomatie.

En France, tout a été écrit sur lui, mais assez rarement son contraire.

 

Dans un pays parfois baigné d’un antiaméricanisme issu du gaullisme et du communisme, religions politiques majeures de l’après-guerre, et exacerbé par les années Bush – que les Français, et autres Européens, considéraient comme un âne doublé d’un menteur va-t-en-guerre – pour avoir connu une sensible accalmie à l’arrivée d’Obama, l’élection de Donald Trump a fait l’effet d’un-raz-de marée similaire à celui qu’aurait engendré l’élection d’un Jean-Marie Le Pen.

 

Pour beaucoup, l’Amérique aurait sombré, ne se redresserait jamais et, tout compte fait, l’image archétypale du cow-boy inculte et violent, nourri aux hamburgers ne pouvait désormais que coller à ce pays trop puissant, ultracapitaliste et pétri d’injustices et d’inégalités.

Force est de constater qu’après 8 ans du management mou et partisan de Barak Obama, la puissante Amérique est de retour sur le devant de la scène.

 

Mais au-delà de la détestation systématique et savamment orchestrée qu’engendre le nouveau président américain, force est de constater qu’après 8 ans du management mou et partisan de Barak Obama (l’on se souviendra de son hallucinant discours du Caire, et de ses courbettes d’allégeance devant le roi d’Arabie Saoudite, mais surtout de sa passivité face aux atrocités commises par le dictateur Assad et ses souteneurs iraniens) la puissante Amérique est de retour sur le devant de la scène.

 

Elle n’est déjà plus le simple observateur paralysé d’une montée de la violence qui par certains aspects ferait penser aux scènes terrifiantes de World War Z, film dans lequel les zombies se multipliaient sans que personne ne sache les contenir et encore moins les contrer.

 

Pour rester dans l’analogie cinématographique, depuis l’élection de Trump, il semble bien que le sheriff soit de retour dans la ville.

 

D’où son exécration au cœur d’une culture qui, contrairement aux USA, n’aime mettre en scène les policiers que s’ils sont corrompus, abusifs de leur pouvoir, ou totalement idiots.

De fait, dès son arrivé à la Maison Blanche, Donald Trump a su retrousser les manches pour tenter de trouver des solutions aux menaces de plus en plus nombreuses pour la paix mondiale, selon un principe sain, hérité de Platon, et apprécié de Churchill: si vis pacem para bellum.

 

Si tu veux la paix, sois prêt pour la guerre !

 

Nulle surprise que le pacifiste Obama ait haï Churchill au point de faire enlever son buste de la Maison Blanche, alors que, dès son installation au pouvoir, Trump s’est empressé de le faire remettre.

Il est clair que pour Trump, la France de François Hollande comptait à peu près autant, sinon moins, sur le plan géopolitique, que le Portugal.

 

Certes, nous, français, pourrions nous sentir vexés qu’un président américain nouvellement élu ne daigne recevoir ni même s’adresser au chef de notre propre gouvernement.

 

Il est clair que pour Trump, la France de François Hollande comptait à peu près autant, sinon moins, sur le plan géopolitique, que le Portugal.

 

En revanche, tout observateur objectif, ne pourra que constater les avancées sécuritaires de ces premiers mois en rupture totale avec la politique de son prédécesseur.

Encore une fois du Churchill !

 

Alors que Chamberlain et Daladier, le teint blafard et le sourire triste, se félicitaient d’avoir abandonné la Tchécoslovaquie aux mains d’Hitler, en échange d’une promesse de paix prélude à la guerre la plus meurtrière de toute l’histoire, le grand homme Anglais, résuma la situation d’une phrase cinglante et prophétique: «Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre.

 

Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre» (7 novembre 1938).

 

Churchill aurait sans doute jugé Obama de la même manière.

L’histoire retiendra sans aucun doute que c’est Obama qui permit aux Ayatollahs de stabiliser leur pouvoir tout en poursuivant leur politique hégémonique et répressive sur fond de terrorisme.

 

Car, tandis qu’un Iran aux ambitions nucléaires, hégémoniques et génocidaires était à deux doigts de se fissurer, l’histoire retiendra sans aucun doute que c’est Obama (celui de la débâcle irakienne, l’Obama du lâche abandon de son ambassadeur torturé à mort à Benghazi, celui des menaces jamais suivies d’effet lorsque Assad dépassa la ligne rouge fixée par l’administration américaine en gazant sa propre population civile, l’Obama nobélisé pour ses visions pacifistes) qui permit aux Ayatollahs de stabiliser leur pouvoir tout en poursuivant leur politique hégémonique et répressive, sur fond de terrorisme et de négation des droits de l’homme.

 

Cette philosophie molle et non-interventionniste issue de la contre-culture et du traumatisme vietnamien, avait déjà, sous Carter, permis aux islamo-fascistes de renverser le Shah, et à Clinton de se laisser berner par le gouvernement de Phnom Penh ( lorsque, en 1994, il négocia une aide économique à la Corée du Nord en échange d’une promesse de respecter le traité de non-prolifération signé en 1985, qui, bien évidemment, n’a jamais été tenue).

 

L’aveuglement, volontaire ou non, face à la répétition de l’histoire permit également au président Obama de célébrer naïvement sa victoire diplomatique tandis que l’Iran continue de célébrer la sienne par des défilés militaires de triste mémoire, le financement du terrorisme, notamment par son soutien au Hezbollah, et la poursuite de son programme de développement de missiles longue portée.

 

Voici qu’un nouveau leader américain semble, quant à lui, avoir retenu la leçon de Churchill.

 

Mais voici qu’un nouveau leader américain semble, quant à lui, avoir retenu la leçon de Churchill.

 

 

Citons pour l’illustrer trois de ses actions.

  • La première, et non des moindres, est le bombardement massif de la base aérienne d’Al-Chaayrate, après que, sur ordre de Bachar Al Assad, et, sans aucun doute, sur instruction de son commanditaire iranien, l’armée syrienne a massacré une partie de la population de Khan Cheikhoun par l’envoi de gaz sarin.

Contrairement à Obama, Trump avait promis de ne pas intervenir en Syrie. Mais, le nouveau président américain n’est pas de la même trempe que son prédécesseur.

Et s’il a changé d’avis, c’est tout en son honneur, car ce revirement est né d’une vision d’horreur.

Celle des enfants et des bébés gazés, en train de suffoquer.

 

 

  • La seconde a vu le jour au même instant, et l’incident par lui-même aurait mérité de faire les grandes lignes de plus d’un quotidien.
  • Car, au moment où 59 missiles Tomahawks envoyaient un message clair au reste du monde par la destruction de la base aérienne d’où étaient partis les avions porteurs de gaz, le président Trump dînait à Mar el Largo avec son homologue chinois.
  • «À propos, aurait-il annoncé à Xi Jinping, tandis qu’était servi le dessert, nous venons de bombarder la Syrie»

 

De quoi faire vaciller toute la structure diplomatique développée par des décennies d’attentisme face à une Chine terrifiante par sa formule d’expansionnisme économique, et son protectionnisme d’états voyous.

 

 

Avec l’arrivée du gâteau, tout a changé.

  • Il est à noter que, tandis que Trump continue d’être accusé d’avoir été mis au pouvoir par Poutine – les anti-Trump ne sont pas à une théorie d’un complot près – ce revirement politique a instantanément détaché la Chine de son alignement quasi systématique avec la Russie au conseil de sécurité.
  • Il est également à noter que le bombardement de la Syrie a relancé une sorte de guerre froide entre les États Unis et l’ex URSS, qui est désormais poussée, si elle veut sortir de son enlisement économique et de son isolement politique, a s’éloigner progressivement de l’axe du Mal, composé par l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le gouvernement de Pyongyang.

Il faut reconnaître au président Trump d’avoir su trouver les arguments qui ont poussé le gouvernement de Pékin à un lâchage symbolique de son allié nord Coréen.

 

Il faut, enfin, reconnaître au président Trump d’avoir su trouver les arguments qui ont poussé le gouvernement de Pékin à un lâchage symbolique de son allié nord Coréen.

 

 

  • Ralentissement des vols «touristiques» entre Pékin et Pyongyang.
  • Blocage des importations de charbon.
  • Abstention au conseil de sécurité.
  • Sans compter, l’acceptation de facto d’une présence militaire américaine accrue dans la région, par l’arrivée du porte avion Carl Wilson et de sa flotte en mer du Japon…

 

Incidemment, et assez curieusement, les pays de l’Otan, donc protégés par l’ombrelle américaine, se sont récemment sentis dans l’obligation de payer à l’Amérique des années de cotisations en retard, honorant de la sorte leur part du contrat, et de développer une section destinée à la lutte contre le terrorisme, ce à quoi certains avaient longtemps rechigné.

 

Et voici que s’ouvre un nouveau volet de la politique étrangère américaine, dont pourrait bien dépendre une paix attendue depuis près d’un siècle.

 

Dans quelques jours, alors qu’Israël vient de fêter le soixante neuvième anniversaire de son indépendance, et que sera bientôt célébrée la réunification de Jérusalem, reconquise par la victoire de 67, la Maison Blanche a annoncé la relance des négociations avec l’Autorité Palestinienne, à condition que celle-ci cesse de financer et d’inciter le terrorisme en faisant de ses tueurs d’enfants des héros nationaux salariés.

 

Mahmud Abbas a beau avoir félicité et remercié le président américain, il est désormais clair qu’il ne pourra pas continuer à prétendre préparer son peuple à la paix, comme il vient de le faire une fois de plus devant les médias, alors qu’un tiers de son budget est consacré aux salaires des terroristes emprisonnés en Israël et à leurs familles.

 

Un «détail» volontairement omis dans toutes ses déclarations sur le processus de paix par l’administration américaine précédente.

 

Dans la même foulée, Trump prépare sa visite officielle en Israël, où, il semblerait qu’il puisse s’apprêter à annoncer le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv vers la capitale non encore reconnue de l’État hébreu, Jérusalem.

 

Certes, les pays arabes ne seront pas très contents. Mais auront-ils le choix quand l’Iran chiite est une menace bien plus pressante que cette défaite symbolique?

 

Certes Mahmud Abbas a menacé et trépigné.

 

Mais il se trouve que toute politique n’ayant, jusqu’à ce jour jamais tenu compte de la phrase de Platon reprise par Churchill a échoué à pacifier la région.

Si vis pacem para bellum.

 

Il faut, en effet, faire preuve de sa force et de sa détermination pour obtenir la paix lorsque l’adversaire ne sait survivre que dans le conflit.

En reconnaissant l’appartenance de Jérusalem à son peuple d’origine, Trump pourrait bien faire une nouvelle démonstration de force qui lui permettrait d’acquérir la stature d’un Churchill.

En reconnaissant l’appartenance de Jérusalem à son peuple d’origine, au-delà des mensonges et des détournements perpétrés à répétition par l’UNESCO et autres organisations onusiennes phagocytées par la majorité arabe automatique, Trump pourrait bien faire une nouvelle démonstration de force qui lui permettrait d’acquérir la stature d’un Churchill.

 

Celui-ci, sachant faire la différence entre Islam politique et musulmans, considérait l’islamisme comme la «plus grande force rétrograde de tous les temps».

C’est d’ailleurs pour cela que Barak Hussein Obama le haïssait.

 

 

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Pierre Rehov. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

 

112039170

 
Posté par DIACONESCO_TV à -

08/05/2017

EXERCICES : LA FRANCE S' ENGAGE A CÔTÉ DE LA FLOTTE AMÉRICANO-JAPONAISE !

samedi 6 mai 2017

Un Mistral français rejoint la flotte américano-japonaise qui menace la Corée du nord

Alors que Washington fait monter les tensions militaires sur la péninsule coréenne, le gouvernement PS a envoyé un vaisseau Mistral rejoindre des exercices des marines américaine et japonaise dans le Pacifique.

 

Les Mistrals sont des porte-hélicoptères qui ont participé à la guerre de l'OTAN en Libye en 2011.

 

 

newsnet_128414_ddf606

 

 

Samedi, le vaisseau est arrivé à la base navale de Sasebo, dans l'île de Kyushu au Japon, pour se joindre à l'armada américaine qui menace la Corée du nord et la Chine.

 

Il participera à des exercices dans les deuxième et troisième semaines de mai, avec des vaisseaux américains, japonais, et britanniques près des îles de Guam et Tinian, à environ 2.400 km du Japon.

 

C'est une menace sans ambiguïté contre la Corée du nord et son protecteur, la Chine. L'agence Reuters a d'ailleurs conclu que Paris envoyait « un message clair à la Chine ».

Le PS et son allié, le candidat présidentiel Emmanuel Macron, sont complices de la politique belliciste de l'administration du milliardaire d'extrême-droite Donald Trump.

 

Après avoir bombardé la Syrie le 7 avril, Washington s'est retourné vers la Corée du nord, une puissance nucléaire que Trump a ensuite menacée d'une « conflit majeur, majeur ».

 

Le Mistral intervient donc dans un conflit qui pourrait déclencher une guerre entre l'Otan et la Corée du nord, et qui vise derrière la Corée du nord la Chine.

 

Dans le dos du peuple français, l'armée et l'élite dirigeante menacent des pays qui n'ont mené aucune action militaire contre la France.

 

Alors que les médias exigent que les électeurs votent Macron pour faire barrage à Marine Le Pen et au Front national, ils font le silence sur le fait que le programme militariste de Macron fait partie d'une offensive impérialiste qui emmène le monde au bord du précipice d'une guerre nucléaire.

 

Le PS a passé des années à développer ses liens avec les principaux alliés de Washington dans son « pivot vers l'Asie » qui cible la Chine : l'Inde, l'Australie, le Singapour, la Malaisie, et le Japon.

 

Se faisant l'écho de responsables australiens et américains qui disent qu'ils envoient des vaisseaux patrouiller autour de la Chine afin de maintenir « la liberté de navigation », le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian a promis l'année dernière que la France était prête à envoyer des avions et des bâtiments partout en Asie, selons les besoins opérationnels.

 

Afin de mener cette politique réactionnaire, Hollande a dépensé des milliards sur l'armée et sur la construction d'un nouveau QG, l'Hexagone-Balard, pour les armées à Paris.

 

En même temps, il a imposé des mesures d'austérité qui ont coûté des dizaines de milliards d'euros aux travailleurs.

 

Afin d'imposer cette politique réactionnaire face à une colère sociale explosive, le PS a imposé et perpétué l'état d'urgence, envoyé l'armée patrouiller à l'intérieur de la France, et invité Le Pen à l'Elysée.

 

La poussée du PS pour rejoindre la guerre en Asie souligne que, à l'international comme à l'intérieur de la France, Macron est tout aussi dangereux pour les travailleurs que Le Pen.

 

Macron propose de rétablir le service militaire et augmenter massivement l'effort de défense.

Il représente la volonté des classes dirigeantes et des banques de tous les pays impérialiste, dont la France, de se partager violemment les profits et de menacer de faire la guerre à des pays dont la Syrie, la Corée du nord, la Russie, et la Chine.

 

Comme leurs ancêtre pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales, Macron et la bourgeoisie française veulent utiliser les jeunes en tant que chair à canon pour des guerres impérialistes.

 

Ceci souligne la justesse de l'appel du Parti de l'égalité socialiste (PES) à un boycott actif des présidentielles.

 

Il n'y a pas de moindre mal dans cette élection.

 

Les deux candidats, tant Macron que Le Pen, représentent une minuscule élite financière qui prépare la dictature et la guerre, et qui pose des dangers mortels aux travailleurs.

La seule voie pour aller de l'avant pour les travailleurs, comme l'a expliqué le PES dans sa déclaration, est un boycott actif des présidentielles.

 

Ceci signifie boycotter l'élection, encourager la plus large opposition politique des travailleurs et des jeunes aux deux candidats réactionnaires, et appeler à des grèves et à des manifestations pour mobiliser une opposition révolutionnaires des travailleurs au candidat réactionnaire qui remportera l'élection, que ce soit Macron ou Le Pen.

 

Les exigences de paix et d'égalité sociale qui soustendent la colère populaire face aux élections vont provoquer une collision explosive entre les travailleurs et la course à la guerre menée par la classe dirigeante, tant ses fractions social-démocrates que ses fractions néo-fascistes.

Athiyan Silva

La source originale de cet article est wsws.org

mondialisation.ca

01/05/2017

SYRIE: L' ATTAQUE CHIMIQUE SOUS FAUX DRAPEAU ?

lundi 1 mai 2017

Selon un ex- agent de la CIA : le Mossad et les Saoudiens sont derrière l’attaque chimique sous faux drapeau en Syrie

L’ex-agent de la CIA, Robert D. Steele, affirme que le Mossad et l’Arabie Saoudite, en collusion avec des responsables américains traitres, sont derrière l’attaque chimique du faux flagrant en Syrie.

 

Steele, un agent de renseignement du Corps des Marines, durant plus de 20 ans, était le deuxième plus haut niveau d’un civil dans les Marine Corps Intelligence.

Il a également expliqué que le sénateur John McCain et l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, sont responsables de la planification du faux drapeau à l’intérieur des  États-Unis.

 

 

photo_6002_17943460

 

 

 

Dans une interview vidéo publiée mardi, Steele a fourni des informations mises à jour qu’il a reçues de collègues du renseignement au sujet de l’attaque syrienne:

« Les grandes nouvelles ce soir, John McCain, John Brennon, McMaster à la Maison Blanche, les Saoudiens et les Israéliens, ont tous trahi le public américain. Bien sûr, nous devons nous demander si Donald Trump joue « Israël d’abord »  en  lieu et place de son « l’Amérique d’abord » qu’il annonçait lorsqu’il n’était que candidat.

« Le voyage de McCain en février (en Syrie) a été apparemment pour préparer la scène pour « cette attaque chimique ».

Et je dois vous dire que McCain n’est pas très bon pour garder les secrets.

Cela a été vérifié deux fois, et nous sommes sûrs que McCain est un traître opérant contre le gouvernement des États-Unis et le peuple américain « .

Steele a également expliqué que le sénateur John McCain et l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, sont responsables de la planification du faux drapeau à partir des États-Unis.

« J’ai entendu parler d’une source interne, absolument fiable, que l’attaque chimique sous faux drapeau avait été planifiée par le sénateur John McCain, l’ancien directeur de la CIA, John Brennan, et le conseiller à la sécurité nationale du président américain Herbert McMaster, qui est aussi un traître  au président des États-Unis.

« Maintenant, à son énorme crédit, le directeur de la CIA, Mike Pompeio, l’a identifiée correctement comme une attaque sous faux drapeau.

Mais aussi, autant que je sache, le FBI n’a pas informé le président que ce faux drapeau était, en fait, un acte de trahison planifié aux États-Unis et financé par l’Arabie Saoudite et Israël, qui se sont partagés le coût.

 

 

Le moment de la Baie des Cochons

« Donald Trump a été manipulé. C’est son moment de Baie des Cochons. Mais pour le crédit du directeur de la CIA, Mike Pompeio, tous mes collègues du renseignement disent que le directeur de la CIA l’a bien compris, a déclaré à Trump que c’était un faux drapeau peut-être par des éléments capricieux de la CIA, peut-être par le renseignement français, probablement du Mossad et des Saoudiens.

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/05/mike-pompeio.png

Mike Pompeio prète serment.

Mike Pompeio prète serment.

« Et Trump très, très bêtement, a exclu Mike Pompeio hors de la réunion de décision.

La ligne de fond ici est que Trump est trompé, il est manipulé. Jared Kushner est probablement un agent d’influence du Mossad [1].

« Je pense que Trump est très intelligent. Je veux qu’il réussisse. Mais en ce moment, c’est vraiment mauvais pour lui.

« Ce n’est pas la CIA qui lui a donné cette fausse information . C’est probablement venu de Jared Kushner, en revenant de sa récente visite au Moyen-Orient (Israël). Cela provient probablement des «Renseignements militaires», qui sont corrompus jusqu’à l’os.

Et je soupçonne, sur la base de conversations récentes que j’ai eu avec des gens extraordinairement talentueux au Royaume-Uni, je soupçonne qu’Israël dit à tous qu’ils ont détecté cette menace chimique massive, que des missiles seront lancés contre Israël avec des produits chimiques, que ce sera la fin du monde, et que Assad teste ses armes chimiques avant d’attaquer Israël.

« Donc, partout où Trump obtient un renseignement, ce renseignement est un mensonge« .

 

Steele a également donné son avis sur les membres de l’administration de Trump:

« Sean Spicer est un rigolo freudien. Je ne lui prête pas beaucoup d’attention. « 

« L’autre chose qui est sortie de cette affaire, c’est que Jared Kushner s’est compromis. Il est peut être un agent d’influence du Mossad « 

« Steve Bannon était une lumière brillante dans la Maison Blanche, il s’opposa à la frappe des missiles ».

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/05/jared-kushner.jpg

Jared Kushner

Jared Kushner

Michel Duchaine

 

 

NOTES

[1] Jared Kushner appartient au culte de « Doomsday » de Rothschild

Le gendre de Trump et son conseiller principal Jared Kushner, appartient à un culte élitiste du Doomsday (Jour du Jugement Dernier) qui inclue les Rothschild comme membres. Ce culte essaie de fomenter une troisième guerre mondiale «prophétisée».

Chabad Lubavitch est un culte de la suprématie juive qui sert les Illuminati. Malgré seulement 200 000 disciples d’élite, il a des liens intimes avec presque tous les dirigeants puissants du monde.

Le culte croit que les Juifs sont le peuple élu de Dieu et tous les autres humains sont des déchets.

 

Dans le livre Rassemblements de conversations, Rebbe Schneerson raconte à ses partisans que les Juifs sont une extension de Dieu et que les Gentils (i.e. les non juifs) ont été créés pour servir les Juifs.

Les Rothschild appartiennent à ce culte.

 

L’historien Wolfgang Eggert dit que Chabad Lubavitch est le vrai visage des Illuminati. Il dit que ce culte a l’intention d’initier un holocauste nucléaire pour accomplir la prophétie biblique et hâter le retour du Messie:

« L’histoire et la politique sont un grand film, et ils sont les réalisateurs, apportant la prophétie du vieux testament dans la réalité. Ils ont capturé la franc-maçonnerie en construisant les illuminati (à travers Rothschild / Jacob Frank / Weishaupt);

Ils ont fait un pacte avec la monarchie britannique quand ils ont financé William III pour devenir roi; Ils ont placé la royauté britannique à la tête des francs-maçons;

Ils ont fait le système bancaire moderne et la FED (à travers Rothschild);

Ils ont fait le sionisme, les guerres mondiales, l’Union Européenne et ainsi de suite.

 

Ils règnent à travers leurs marionnettes Rothschild (dont les ancêtres faisaient partie du culte hassidique) et Rockefeller, qui étaient la force directrice derrière Bilderberg, les trilatérales etc.

 

Nous sommes maintenant dans la « Fin des Temps »; Ils tentent de fomenter une «troisième guerre mondiale» prophétisée. »

Photo: Robert Steele,ex-agent de la CIA en Syrie.

source:https://michelduchaine.com/2017/04/30/selon-un-ex-agent-d...

 

 
Posté par Flick Flack à