31.07.2009

LA TAXE CARBONE , GUERRE COMMERCIALE ?

La taxe carbone alimente les craintes d'une guerre commerciale

L'inclusion d'une taxe aux frontières sur le CO2 dans un projet de loi américain relance le débat sur ce mécanisme qui, en Europe, est uniquement soutenu par la France.

co2 tax.jpgUne majorité de pays européens est réticente à s'engager dans les débats qui ont cours actuellement en France et aux Etats-Unis à propos des droits de douane sur le carbone, de peur de déclencher une guerre commerciale "verte". Cette "taxe carbone" aux frontières est destinée à écarter la concurrence des pays qui ne se sont pas engagés à réduire leurs émissions de CO2.


Jusque-là, la France a été le seul Etat membre à se rallier ouvertement à la possibilité d'introduire des mesures aux frontières pour protéger la compétitivité de l'industrie européenne, afin de la protéger des économies émergentes. Elle a mis cette mesure sur la table en 2008 quand l'UE était en pleine discussion sur le marché de quotas d'émissions (ETS).

Mais depuis décembre 2008, date de l'accord sur cette directive-phare du paquet énergie-climat, la question des droits de douane sur le CO2 a largement disparu des débats. Jusqu'à ce que les Etats-Unis relancent l'idée dans un projet de loi sur le climat. Mais en Europe, la France éprouve toujours bien des difficultés à rallier d'autres Etats membres à cette taxe aux frontières.

Lors du conseil informel des ministres européens de l'Environnement, les 24 et 25 juillet à Are (Suède), la présidence suédoise de l'UE a averti que l'évocation de mesures protectionnistes par les européens pourraient bloquer les progrès vers un accord international sur le climat, dont elle estime qu'ils sont déjà trop lents.

"La menace de taxes nuisant aux pays en voie de développement rendrait les négociations plus difficiles", a estimé le ministre suédois de l'Environnement Andreas Carlgren.

Le secrétaire d'Etat allemand Matthias Machnig s'est fait l'écho de la position suédoise selon laquelle les droits de douane sur le CO2 serait un mauvais signal envoyé à la conférence de Copenhague, qui aura lieu en décembre. Il a estimé que ce type de taxe constituait une "nouvelle forme d'éco-impérialisme".

De plus, la taxe aux frontières sur le carbone pourrait aller à l'encontre des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui promeuvent la concurrence libre et non faussée (EurActiv.com, 01/07/09).

L'Union européenne octroie des permis d'émissions de CO2 aux industries les plus menacées par les délocalisations, encore appelées "fuites carbone" (EurActiv.com, 26/05/09). La majorité des Etats membres, ainsi que la Commission européenne, tend à considérer ces mesures internes comme des dispositions de premier secours, alors que la taxe aux frontières fait plutôt figure de dernier recours.

Dans son projet de loi sur le climat, la chambre des représentants américaine a inséré une disposition permettant au pays d'imposer un "ajustement aux frontières" après 2020 sur certains produits provenant de pays qui ne limitent pas leurs émissions de gaz à effet de serre.

Mais le président Barack Obama s'est fermement opposé à de telle mesures, s'exprimant après le vote de la Chambre sur ce texte. "Alors que l'économie mondiale est toujours confrontée à une profonde récession, et que nous avons assisté à une baisse significative du commerce international, je ne pense pas qu'il soit très prudent d'envoyer des signaux protectionnistes", a-t-il averti au cours d'une interview.

Le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec), Rajendra Pachauri, a également critiqué le projet de texte, avertissant que cela devrait autoriser les pays en voie de développement à taxer les exportations en retour. "Les Etats-Unis ont toujours soutenu un marché libre. (...) Une législation qui s'éloignerait de ce principe serait clairement contreproductive", a-t-il déclaré à l'agence AP.

La Chine et l'Inde ont immédiatement interprété le projet de loi comme une attaque à l'encontre de leurs industries. L'administration américaine a tenté d'apaiser ces craintes durant le Dialogue stratégique et économique sino-américain, qui s'est achevé le 28 juillet à Washington.

Le négociateur américain pour le climat, Todd Stern, et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont eu des pourparlers fréquents avec leurs partenaires chinois et indien, afin de les convaincre de prendre des engagements pour réduire leurs émissions. Dans ce cas, la logique qui prévaut voudrait que plus les mesures adoptées par les deux pays sont ambitieuses, moins ils seront confrontés à des taxes aux frontières appliquées à leurs produits exportés vers les pays occidentaux.

Source du texte : EURACTIVE.FR:/ theatrumbelli


 

LES FRANCAIS EN PREMIÈRE LIGNE

Afghanistan : les Français de plus en plus visés

En huit jours, depuis le 21 juillet, les soldats français ont essuyé huit attaques en Afghanistan, faisant trois blessés dont un grave parmi ses soldats dans les provinces de Kapisa, du Wardak et du Logar, proches de la capitale Kaboul (centre), selon le commandement français.

f1.jpgLe 21 juillet, un véhicule blindé sanitaire a sauté sur une bombe artisanale dans le Wardak, blessant les trois occupants du véhicule, un médecin capitaine du 126e régiment d'infanterie (grièvement) et deux caporaux-chefs, indique l'armée dans un communiqué.

Dans la même semaine, les soldats français avaient déjà affronté à deux reprises les rebelles en Kapisa, et essuyé quatre tirs de mortiers ou roquettes dans le Wardak et le Logar, sans enregistrer de victimes.

Enfin, lors de la reconnaissance d'un bureau de vote lundi en Kapisa, quelque 250 soldats français et afghans ont affronté une cinquantaine de rebelles dispersés en petits groupes, qui les ont attaqués à plusieurs reprises à la mitrailleuse et à la roquette dans la vallée de Bedrau.

Source

AFGHANISTAN: OFFENSIVE ALLEMANDE




L’offensive allemande en Afghanistan



Ulrich Rippert 


L’offensive allemande en Afghanistan
Ces derniers jours l’armée allemande a fortement intensifié ses interventions en Afghanistan. Au cours d’une offensive majeure dans le Nord de l’Afghanistan, elle a déployé de l’armement lourd tel le véhicule de combat d’infanterie Marder et l’obusier lourd de type Mörser.
Selon des articles de presse, l’obusier lourd de 21 cm Mörser 18 avait été l’une des principales armes utilisées par la Wehrmacht d’Hitler sur les fronts de la Seconde Guerre mondiale. A présent, la même arme est utilisée une fois de plus dans sa forme moderne pour annihiler l’ennemi.
La décision pour le récent déploiement ne fut pas prise par le parlement allemand, mais par le haut commandement de l’armée allemande même. C’est avec une arrogance sans pareil que le général d’armée, Wolfgang Schneiderhan, avait annoncé cette action militaire en disant : « Le moment était tout simplement venu pour entreprendre cette intensification. »
L’armement lourd avait été transporté dans la zone de guerre il y quelque temps déjà. Il incombait au commandement militaire sur place la responsabilité de décider quand et comment l’armement devait être utilisé et une décision a donc été prise, a déclaré Schneiderhan.
Le ministre de la Défense, Franz Josef Jung (Union chrétienne démocrate, CDU) a cherché à minimiser la signification de ce dernier déploiement. C’est, a-t-il dit, seulement une opération menée par les forces de sécurité afghanes dans la lutte contre les talibans à laquelle ont participé 800 soldats afghans et 100 policiers afghans entourés de « 300 soldats allemands pour soutenir l’offensive afghane ».
C’est pourquoi il n’avait pas été nécessaire, a-t-il poursuivi, d’obtenir une extension du présent mandat pour l’armée allemande ou d’ouvrir un nouveau débat au parlement. L’actuel déploiement étant « entièrement » couvert par le mandat déjà accepté par les députés, a-t-il affirmé.
Jung a ajouté que ce ne serait pas un problème que d’envoyer 1000 soldats supplémentaires à Kundus pour augmenter le contingent allemand à 4500 hommes. En ce qui concerne la sécurité dans la région, la situation s’est considérablement aggravée au cours de ces quelques dernières semaines, mais elle ne requiert pas un nouvel ordre de mission, a souligné Jung.
Les commentaires faits par Jung montrent clairement le peu de valeur qu’il faut accorder à l’affirmation selon laquelle l’armée allemande moderne, contrairement à sa devancière, la Wehrmacht, est une armée responsable devant le parlement. Les affirmations sans cesse répétées par les politiciens que l’une des plus importantes leçons tirées de l’histoire allemande est que la politique militaire allemande ne doit plus être déterminée par le haut commandement allemand mais par les représentants élus du peuple ne servent à rien d’autre qu’à induire en erreur la population.
Après les crimes commis par l’armée allemande il y a 70 ans, le commandement de l’armée fut contraint de jouer les innocents. Maintenant, le commandement de l’armée réapparaît en affichant son arrogance d’antan.
Le général Schneiderhan a expliqué de manière claire et nette que le haut commandement prendra les décisions importantes quant au déploiement futur de l’armée allemande et décidera quand le parlement allemand devra lui donner un blanc seing pour ses actions militaires. Le ministre Jung a souligné le lien étroit qui existe entre le commandement militaire et le gouvernement tout en mettant en garde au même moment que l’armée allemande manquait de soutien au sein de la population. Indirectement, il a appelé les députés à intensifier leurs efforts pour justifier les interventions militaires de l’armée.
Visant le Parti de la Gauche qui à l’occasion s’exprime contre la guerre en Afghanistan, le ministre de la Défense a déclaré qu’il était totalement irresponsable de recourir à l’intervention de l’armée allemande en Afghanistan et de l’utiliser comme « munitions dans la campagne électorale ». Les talibans radicaux islamistes, a-t-il dit, avaient délibérément visé l’armée allemande pour leurs attaques parce qu’ils étaient conscients de l’impopularité de la guerre en Allemagne même.
Jung a cherché à insinuer que les opposants à la guerre étaient des complices des talibans et qu’ils partageaient la responsabilité de la mort des soldats allemands.
Le gouvernement est tout à fait conscient qu’une écrasante majorité de la population est opposée à la guerre. Et pourtant, le gouvernement est prêt à déployer de l’armement lourd et à planifier l’extension des opérations de l’aviation allemande, tout en étant prêt à payer le prix fort en victimes civiles afghanes, en davantage de soldats allemands tués et en accroissant le danger de représailles terroristes sur le sol allemand. Ce faisant, tout à l’image d’une junte militaire, il développe des arguments qui suggèrent que l’ensemble de la population, qui est opposée à la guerre, est responsable du nombre grandissant des victimes.
Certains des va-t-en-guerre les plus virulents se trouvent dans le Parti social-démocrate (SPD). Dans la tradition du dirigeant du SPD, Gustav Noske, qui avait mis sur pied le groupe de mercenaires des corps francs (Freikorps) à la fin de la Première Guerre mondiale et qui fut responsable de la répression sanglante qui coûta la vie à des milliers de travailleurs révolutionnaires, les sociaux-démocrates réclament aujourd’hui une répression plus sévère des opposants à la guerre.
« Ce qui me met en colère c’est que les Allemands ne veulent pas soutenir cette guerre », a déclaré l’ancien ministre de la Défense, Peter Struck, dans la dernière édition du journal Die Zeit. Il a ajouté, « Il revient maintenant à Madame Merkel, en tant que chancelière allemande, de contrer ce climat. »
Cette invitation à l’adresse du gouvernement à agir plus fermement contre la population équivaut à un appel en faveur de structures répressives et dictatoriales et ne se limite pas qu’à la guerre. Face aux conséquences dramatiques de la crise économique, l’augmentation du chômage et la pauvreté croissante, la crainte de troubles sociaux s’accentue au sein des cercles dirigeants. En réaction, Struck et les autres politiciens en appellent à l’Etat pour mettre en avant des mesures autoritaires dans le but de sauvegarder la loi et l’ordre.
L’opposition à la guerre grandit en Allemagne. Les derniers sondages d’opinion faisaient état que 85 pour cent des sondés étaient contre. Le lien étroit existant entre la question de la guerre et les questions sociales fait toutefois que ni les partis traditionnels ni les syndicats ne veulent appeler à manifester contre la guerre. Les manifestations qui eurent lieu il y a quelques années contre la guerre en Irak avaient été passées sous silence et le Parti de la Gauche s’abstient d’appeler à manifester de crainte qu’un mouvement de masse populaire ne se retourne contre la politique antisociale qu’il pratique à Berlin où il partage la responsabilité gouvernementale.
Bien que le Parti de la Gauche ait lancé plusieurs fois des appels en faveur d’un retrait des troupes allemandes d’Afghanistan, son orientation consiste à rechercher la collaboration politique avec le SPD, l’un des plus fervents partisans et défenseurs de la guerre.
Dans le but de dissimuler les vrais objectifs de la guerre, Jung continue d’affirmer que le déploiement des troupes allemandes est certes un déploiement armé mais pas une intervention dans une guerre. L’offensive actuelle, toutefois, pousse à l’absurde la propagande du gouvernement concernant un déploiement dans le cadre d’un « humanitarisme agressif ». Les routes qui furent construites au nom de l’aide humanitaire sont maintenant détruites par des tanks et des véhicules militaires et nombre de bâtiments récemment construits sont saccagés suite à la récente intensification de la guerre.

Chaque jour qui passe, il devient de plus en plus évident que l’Allemagne, qui dispose de la troisième plus grande présence militaire en Afghanistan après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, soutient directement la guerre de conquête coloniale effectuée par les Etats-Unis et l’OTAN. Ce faisant, l’élite dirigeante allemande poursuit ses propres intérêts en renouant avec une tradition de longue date de la politique de grande puissance.

Dans un livre sur les relations germano-afghanes, Martin Baraki, professeur à l’Université de Marburg, en Allemagne, écrit : « La classe dirigeante de l’Allemagne wilhelmienne avait suivi très attentivement le développement de la politique intérieure en Afghanistan en cherchant pour la première fois à exploiter les aspirations à l’indépendance du peuple afghan de la domination britannique au profit des propres objectifs militaires de l’Allemagne durant la Première Guerre mondiale. »

La description faite par le même auteur des efforts considérables entrepris par le régime d’Hitler en vue d’entretenir de bonnes relations durables avec la clique dirigeante à Kaboul souligne à quel point l’importance de l’Afghanistan est grande pour les ambitions géopolitiques de l’Allemagne.


Source: alterinfo

UNIVERSITÉS ISLAMIQUE EN FRANCE

FORMATION, INVASION ???

Des universités islamiques en France pour bientôt ?
Notons tout d’abord que ces instituts on déjà le mérite d’exister, donc rendons hommage aux créateurs de ces centres d’apprentissage de l’arabe et des science islamiques et louons donc l’esprit et l’objet social pour lesquels ces instituts on vu le jour.



Néanmoins nous sommes obligés de constater que cette constellation de petits instituts montre que là encore, l’islam en France n’est que divers, mais surtout dispersée !



Les instituts :

-Les associations loi 1901

Institut européen des sciences humaines (IESH) à Château-Chinon et Paris

Centre d’études et de recherches sur l’islam (CERSI) à Saint-Denis

Institut français des études et des sciences islamiques (IFESI) à Boissy-Saint-Léger

Institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris (destiné à la formation des imams)

Institut supérieur des sciences islamiques (ISSI) à Saint-Ouen
(Seine-Saint-Denis)

Académie française des cultures et des langues (AFCL) à Vitry-sur-Seine

-Les établissements d’enseignements supérieurs privés

Institut Avicenne des sciences humaines (IASH) à Lille (Nord)

(Statut en cours de d’obtention) Institut international de la pensée islamique (IIIT) à Saint-Ouen

Mais c’est en dehors de la France, dans le pays de Jacques Brel en Belgique, mais aussi au pays des tulipes, la hollande, que l’on trouve un établissement qui semble se donner les moyens de mutualiser les compétences à travers l’alliance entre de la Faculté des Sciences Islamiques de Bruxelles (FSIB), l’Université islamique d’Europe* de Rotterdam. Cette université prépare des bachelors masters et doctorats.

Justement en parlant de mutualisation pourquoi, tous nos institut français ne se regroupent dans une sorte de Pole de Recherche et d’Enseignement Supérieur des Sciences Islamiques (PRESSI) afin de répondre à la demande croissante de formation en études islamiques et en recherche, dans des domaines divers comme la finance islamique, management interculturels, gestion des ressources humaines et des projets internationaux, risque pays…etc.

En espérant inchallah que tous ces nobles instituts réussissent mieux que les établissements supérieurs publiques pour régler des problèmes liés aux différentes cultures et identités institutionnelles, et donc de leur stratégie de développement, qui il faut le rappeler ne devrait être que la quête de la délivrance des savoirs dans l’islam et dans les sciences humaines, plutôt que des luttes de chapelles, stériles et contre productives.

Mehdi Baudouin

Source: alterinfo

QUAND LES FEMMES S' EN MÊLENT ?

Collectif des Féministes Pour l’Égalité Jeudi 30 Juillet 2009


Je fais ce que je veux avec mes cheveux , Obama, le port du hijab et la France

On peut certes émettre certaines réserves quant à la tonalité générale du discours de Barack Obama, qui tend à réduire les musulmanes et musulmans à leur seule dimension religieuse.

De même, en choisissant de s’adresser aux « musulmans du monde entier » et à « l’islam », Barack Obama situe d’emblée son discours dans un cadre extrêmement large, au risque de privilégier une certaine orthodoxie – qui est globalement défavorable aux droits des femmes – oblitérant la pluralité des identités islamiques, et présentant l’islam, les musulmanes et les musulmans comme des réalités a-spatiales et intemporelles.

Nous rappelons donc qu’il s’agit là d’un discours politique, et qu’il est par conséquent légitime qu’il soit appréhendé et critiqué comme tel [2].

Mais revenons sur les propos qui ont suscité la polémique en France. Au cours de son discours, Barack Obama mentionne par trois fois la tenue des femmes musulmanes :

« En outre, la liberté en Amérique est indissociable de celle de pratiquer sa religion. (…) C’est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit. »

« Il importe que les pays occidentaux évitent d’empêcher les musulmans de pratiquer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple, en dictant ce qu’une musulmane devrait porter. »

« Je rejette l’opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d’une façon ou d’une autre moins égale » [3]

Les propos de Barack Obama sont parfaitement clairs : il n’est nullement question – comme la majorité des voix s’étant élevées contre lesdits propos le prétendent – de défendre voire de promouvoir le port du hijab. Il est uniquement question de défendre, y compris par le recours au droit positif lorsque cela se révèle nécessaire, le droit de le porter pour les femmes qui le souhaitent. Il n’appartient à personne – quels que soient son sexe et son orientation spirituelle – d’imposer aux femmes une quelconque tenue vestimentaire. De même qu’il n’appartient à personne de restreindre quelque droit fondamental que ce soit, sinon pour garantir la dignité de la personne, la liberté individuelle ou l’ordre public.

Il n’est certes pas expressément fait mention des femmes, musulmanes ou non, à qui le port du hijab ou toute autre restriction vestimentaire est imposé, de manière directe ou indirecte, et nous le regrettons. Le discours présidentiel gagnerait notamment à être complété par les deux propositions suivantes :

« C’est pour cette raison que le gouvernement des États-Unis a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hijab comme à ne pas le porter et pour punir ceux qui leur contesteraient ces droits »

« Nous rejetons l’opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir ou de ne pas se couvrir la tête est d’une façon ou d’une autre moins égale »

Toute liberté implique nécessairement l’existence d’alternatives contradictoires et/ou complémentaires. Nous réaffirmons par conséquent que le droit de ne pas porter le hijab a pour corollaire le droit de le porter. L’ensemble des propos de Barack Obama relatifs au port du hijab concernent des pays, notamment les Etats-Unis, dont la majorité de la population n’est aujourd’hui pas musulmane : il apparaît donc légitime qu’il y soit davantage question de la défense du droit des femmes musulmanes de porter le hijab, même si nous réaffirmons la nécessité de lutter afin que nulle ne soit contrariée dans sa liberté de ne pas le porter.

De plus, Barack Obama consacre une section entière de son discours à la promotion de l’éducation des filles et des femmes musulmanes. On pourra certes arguer que les déclarations d’intention ne prennent leur valeur que lorsqu’elles sont suivies de mesures effectives, mais il est purement et simplement malhonnête de réduire le contenu du discours présidentiel à l’égard des femmes à la seule défense de leur liberté de porter le hijab.

Nous soulignons, pour finir, que Barack Obama n’omet pas de préciser que la question de l’égalité des femmes ne saurait constituer une question proprement islamique. Il invite en cela l’ensemble des sociétés à poursuivre la lutte en faveur des droits des femmes. Nous remarquons que cet aspect du discours n’a opportunément fait l’objet d’aucun commentaire de la part des diverses voix féministes s’étant élevées contre la position présidentielle vis-à-vis du port du hijab, de même que n’a pas été commentée l’affirmation selon laquelle

« nous ne pouvons pas déguiser l’hostilité envers la religion sous couvert de libéralisme ».

Si la France, État laïque, n’a aucunement vocation à défendre une quelconque orientation spirituelle per se, nous rappelons qu’il relève de son devoir d’assurer effectivement l’égalité de l’ensemble de ses citoyennes et citoyens.

Priver d’accès à l’éducation les fillettes et jeunes filles portant le hijab – qu’elles aient ou non choisi cette tenue – sous couvert d’émancipation, contrevient manifestement à ce devoir, et entrave profondément et durablement l’émancipation effective des femmes.



Mais il est certes autrement plus confortable de hurler avec les loups, et de déclarer à l’instar d’une Annie Sugier [4] que

« porter soi-disant “librement” un accessoire vestimentaire qui, dans toute une partie du monde, est une obligation légale imposée à toutes les femmes (…) représente une allégeance à l’égard des théocraties qui y font la loi ». [5]

Un tel raisonnement conduit à affirmer que, puisque certains systèmes politiques et/ou sociaux persécutent, sur la base d’un argumentaire religieux, les femmes qui vont tête nue, la France, État laïc, est fondée à persécuter les femmes qui couvrent leurs cheveux. On ne peut assurer – à moins de faire le deuil de toute honnêteté intellectuelle [6] – que le port du hijab dans des contextes aussi divers que Brasilia, le Caire, Dakar, Kuala Lumpur, Londres, Los Angeles, Moroni, Nouakchott, Paris, Pristina, Ryadh ou Téhéran ne procède que d’une seule et même logique : « signifier leur statut de deuxième rang » aux femmes, par le biais du « signe le plus radical de [leur] oppression », au « sens humiliant ».

Dans la continuité de nos réflexions et de nos actions depuis cinq ans, le Collectif des féministes pour l’égalité persiste à dénoncer la loi promulguée le 15 mars 2004 qui, si elle prétend viser tous les signes religieux, s’attaque avant tout aux filles musulmanes qui portent le hijab, et a pour conséquence leur déscolarisation. Nous dénonçons aussi le mensonge de Nicolas Sarkozy et l’aplomb avec lequel il a osé répliquer au président Obama que

« en France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire » [7].

En France, non seulement les filles voilées ne peuvent fréquenter l’école publique, mais que ce soit partout, dans la rue, dans les transports en commun, dans les administrations, à l’université, ou encore dans les commerces, la stigmatisation constante de l’islam, largement relayée par les médias et la classe politique – Nicolas Sarkozy inclus – est source d’humiliations et de discriminations quotidiennes.

Combien de temps encore la France exclura-t-elle les femmes au prétexte de les émanciper ?


p class="signature">Collectif des Féministes Pour l'Égalité

Notes

[1] Une rapide recherche via internet permet de constater la profusion et la quasi unanimité des points-de-vue et analyses publiés, tant dans la presse que du fait de personnalités et/ou organisations diverses.

[2] Voir notamment les articles suivants : Alain GRESH, « Quelques réactions au discours d’Obama au Caire », et Yassin TEMLALI, « Barack Obama et l’illusion d’une nouvelle Amérique « islamophile ».

[3] L’ensemble des citations du discours est extrait de la traduction proposée sur le site officiel de la Maison blanche.

[4] Présidente de la Ligue du droit international des femmes. Voir le communiqué « Le discours du président Obama à l’Université du Caire ».

[5] Nous précisons qu’à ce jour, seuls les régimes théocratiques d’Arabie saoudite et d’Iran sont dotés d’une législation imposant aux femmes – musulmanes ou non, citoyennes ou non – le port du hijab.

[6] De très nombreux travaux offrent une perspective socio-anthropologique de la diversité du phénomène du port du hijab de par le monde. Voir notamment les études suivantes : Françoise GASPARD et Farhad KHOSROKHAVAR, Le foulard et la République, La Découverte, 1995 ; GÖLE Nilüfer, Musulmanes et modernes. Voile et civilisation en Turquie, La Découverte, 1993 ; Eve WARBURTON, Private Choice or Public Obligation ? Institutional and Social Regimes of Veiling in Contemporary Indonesia , University of Sydney, 2006.



http://lmsi.net/spip.php?article920 http://lmsi.net/spip.php?article920

METTEZ LES VOILES !!!

367 burqas en France : "c'est déjà trop"

NOUVELOBS.COM | 30.07.2009 

Le député UMP Thierry Mariani estime qu'il ne "faut pas attendre d'en avoir 2.000 ou 3.000" dans les rues pour "agir et trouver une solution".

Une femme portant le niqab (sipa)

Une femme portant le niqab (sipa)

Le chiffre de 367 femmes en France qui portent la burqa "justifie la mission d'information", estime, jeudi 30 juillet, le député UMP Thierry Mariani.
Une note des services du ministère de l'Intérieur révèle que 367 femmes en France portent la burqa ou le niqab.

Interrogé par Nouvelobs.com, le député du Vaucluse souligne qu'"il n'y avait pas de burqa dans nos rues il y a encore 3 ou 4 ans. Aujourd'hui, il y en a 367. C'est déjà trop.
Allons-nous attendre d'en avoir 2.000 ou 3.000 et qu'il soit trop tard", interroge-t-il. "Il faut réfléchir et trouver une solution".

Sur Europe 1, le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur a déclaré jeudi matin qu'"il n'y a pas lieu de lancer une réflexion nationale" sur le voile intégral. "Qu'est-ce que ça veut dire", rétorque Thierry Mariani, "que les gens n'en valent pas la peine" au-dessous d'un certain nombre ?
Pourtant, Dalil Boubakeur juge qu'"il y a une disproportion entre la réponse qui a voulu être donnée en prenant des mesures graves, sérieuses (..) à un phénomène extrêmement marginal".

"Un chiffre croissant"


Dalil Boubakeur insiste : "Trois cent et quelque femmes voilées sur six millions de musulmans en France, ça ne traduit pas l'émergence dans notre société d'un phénomène fondamentaliste. (...) On ne s'offusque pas pour si peu de monde donc il n'y a pas lieu de mettre en branle toute une réflexion nationale avec tout ce qu'elle comporte, pour quoi faire ? ".
Thierry Mariani estime que le chiffre "est croissant et que lorsque l'on se veut le pays des droits de l'homme, il faut intervenir face à un problème de soumission des femmes".
"Même s'il n'y en avait qu'une, il faudrait agir. A d'autres occasions, le parlement a légiféré pour moins que ça".

"L'iceberg recouvert d'une marée noire"


Une mission parlementaire d'information sur la question du voile intégral a été mise en place début juillet à la demande du député PCF du Rhône André Gerin. Elle a pour tâche de faire un "état des lieux" et rendra son rapport fin janvier 2010.
Mercredi, il avait réagi à la publication du décompte du ministère de l'Intérieur, en jugeant "le chiffre avancé plutôt ridicule". "Le voile intégral, c'est l'iceberg recouvert d'une marée noire.
Ne nous trompons pas, l'emprise des fondamentalistes, des intégristes islamistes, tente de régenter la vie civile de certains territoires de notre pays", écrivait-il dans un communiqué.

"Un pilon pour écraser une mouche"


Claude Bartolone
, le président socialiste du Conseil général de Seine-Saint-Denis, a estimé lui aussi que légiférer serait comme "sortir un gros pilon pour écraser une mouche".
"J'ai vraiment l'impression que par rapport au nombre, moins de 400 cas sur 60 millions, une loi, un débat parlementaire", ce serait comme "sortir un gros pilon pour écraser une mouche", a indiqué le député de Seine-Saint-Denis sur RTL.
"Je ne sais pas en combien de temps on est passé de 0 à 360, mais on voit bien que c'est une pratique extrêmement minoritaire et il y a un certain nombre de textes qui dans le cadre des règles du vivre ensemble en France peuvent être utilisées pour empêcher ce genre de comportement", a dit Claude Bartolone.
Il a ajouté vouloir "être attentif à chacun de ces cas", et "savoir comment ces femmes rentrent dans cet espèce de repli par rapport à l'ensemble de la société", tout en voulant éviter que "sur une idée courageuse au départ, qui était de dire: on ne veut pas de comportements intégristes en France, on en arrive à avoir une mauvaise communication avec l'ensemble des musulmans de France".

(Nouvelobs.com)

ANALYSE ??? LA SOCIÉTÉ FRANCAISE

La société française sera-t-elle résiliente face aux plaies qui la frappent ?

L’année 2009 semble tel un grand cru en terme d’événements. Pas uniquement la crise économique. Une France qui avec son obélisque et sa pyramide d’Egypte, résonne de quelques connivences avec cette vieille civilisation qui selon l’Exode, fut frappée de dix plaies, châtiment de Dieu combinant trois types de fléaux. Premièrement, des invasions d’insectes, deuxièmement, des troubles d’ordre sanitaire, morts de troupeau, de nouveaux-nés, ulcères, bref, des désordres sanitaires, écologiques et climatiques bibliques, avec la grêle et les ténèbres, ajoutés à la pollution du Nil par le sang.

Quelques millénaires plus tard, la France de 2009 affronte des fléaux modernes. En premier lieu, la crise économique, subie par notre pays, comme du reste toutes les nations avancées nées de l’époque des Trente Glorieuses, Amérique, Europe, Japon. Puis la grippe, qui touchera toutes les Nations, pauvres ou riches. Enfin, des problèmes, disons plus spécifiques, liés à la politique française. Là, ce n’est pas bien tranché. Les problèmes concernés étant le fait de mesures qui pour ceux qui les décident, sont des solutions, et pour ceux qui les subissent, sont des problèmes. Quels sont-ils ? On peut en déceler trois dans l’actualité. Tout d’abord, la loi Hadopi, qui fait de l’internaute un individu surveillé, traqué, soupçonné d’être d’un voleur potentiel du pain gagné à la sueur des cordes vocales par les artistes. Bon, le citoyen qui ne télécharge pas se dira qu’après tout, ce n’est pas bien grave, il est en règle avec la loi.

Ensuite, nous avons les mesures de restriction sanitaire liée à la grippe A. Nous n’avons peut-être encore rien vu. Le niveau 6 de pandémie sera activé à la rentrée. Nul n’est certain de la dangerosité du virus, ni de sa propagation qui semble avoir fait une pause. Le virus n’aime pas les chaleurs de New York, alors les statistiques se sont effondrées. En fait, nous ne savons rien, ni sur l’état psychique des autorités au cas où l’épidémie avancerait comme une grippe habituelle. Mais perçue de manière inhabituelle. Panique. Vaccination. Fermeture des lieux publics. Dernier problème qui s’abat sur nos concitoyens, la taxe carbone. Les riches s’en foutent, leurs revenus continuent à croître plus que la moyenne et la taxe n’aura pas d’incidence sur leur niveau matériel. Ce qui n’est pas le cas des autres. Compensation pour les cas à étudier.

Bref, encore des fonctionnaires à payer pour faire fonctionner cette usine à gaz. Mais la plupart devront payer la taxe.

Que penser ? On ne va pas mourir pour autant. La taxe carbone ne sera qu’un prélèvement du plus, nommée ainsi pour bien la faire entrer dans le crâne des citoyens, un peu comme la vignette auto. C’était pour une bonne cause, pour les vieux avait-on dit. La taxe carbone, faudra la payer content, c’est pour une bonne cause, le climat, et aussi pour châtier ceux qui consomment des énergies fossiles rejetant du gaz carbonique. Une taxe de plus, qui s’ajoute à la CSG, à la RDS, à la TVA, aux impôts locaux et j’en passe sans oublier la TIPP. Quasiment les trois quarts du prix de l’essence. Autant dire que la taxe carbone, elle existe depuis des lustres. La loi Hadopi, bah, une loi répressive de plus. Rien de bien grave, la France a connu pire. Plus problématique, la pandémie de panique. Mais bon, il y eut les grippes espagnoles, asiatiques, et les saisonnières, alors, tout ira bien, on va s’en sortir. Quant à la crise économique, ce n’est pas la première ni la dernière. Celle de 1993 a été assez soutenue, avec un chômage record, dont le chiffre ne peut pas être comparé à celui de 2009 parce que le comptage n’est pas le même et qu’au chômage officiel s’ajoute le chômage invisible mais tout aussi réel. On pourrait l’appeler le chômage noir, à l’image de la matière noire que les astrophysiciens ne peuvent voir avec leurs instruments.

Et l’avenir ? Le sage sirotant à son comptoir prédit une alternative. Où bien ça va s’améliorer ou bien ça va s’aggraver, à moins que ça ne se stabilise.

Quelle que soit l’issue, il faudra que les Français, du moins les plus touchés, fassent preuve de résilience. Un peu si ça s’améliore, mais beaucoup plus si ça s’aggrave. Le nombre de résilients risque aussi d’être variable selon l’évolution des tendances. Et ça irait mieux aussi si nous étions moins mal gouvernés. Bien que ça soit pire si nous étions plus mal gouvernés. Mais ça ne peut pas être pire qu’en 1918 avec la guerre et la grippe, ou en 1940, avec la crise économique, l’occupation des Allemands. Les Français furent alors résilients. Et quelques-uns résistants.

En 2009, faut-il résister et si oui, à quoi ? Le résilient ne se pose pas la question. Il pense que l’état de la France est tel que ça ne sert à rien de se battre. Surtout parce que les maux du management, de la mal gouvernance, des combines, de la décadence, de la mal information, de la négligence, ont envahi nos sociétés qui sont devenues des « porcheries » si on extrapole le titre d’un livre culte de Gilles Châtelet, hélas décédé. Résister ? Encore faut-il désigner un ennemi contre lequel se battre.

Honnêtement, il n’y a pas d’ennemi. Juste des tares sociétales faites notamment d’idées obsessionnelles des dirigeants, d’entêtement, de panique globale s’agissant de la grippe, de frénésie consumériste. Comment arrêter le processus ? Comment enrayer ce fatum idéologique alliant les désirs de profits, les peurs pandémiques et climatiques, le tout sur fond de difficultés économiques auxquelles s’ajoutent des médias qui ne sont pas à la hauteur ? Les esprits animaux agitent non seulement les milieux financiers mais la société entière. Hermann Broch parlerait d’une nouvelle folie des masses.

Tout comme il verrait dans la situation actuelle un mouvement d’ensemble possédant une telle inertie que l’homme ne peut que barrer sa frêle barque existentielle voguant sur le flux des événements, sans pouvoir utiliser sa liberté, pour autant qu’il dispose en plus d’une conscience vraie du cours des choses.

 

Bernard Dugué/ agoravox

 

UN DÉPUTÉ JOUE LA TRANSPARENCE !

Un député breton joue la carte de la transparence

Les notes de frais des députés britanniques font scandale outre-Manche. En France, ces dépenses sont dissimulées mais des députés souhaitent que l’on applique la transparence. C’est le cas de René Dosière, député socialiste de l’Aisne, qui a déjà produit des rapports qui ont fait grand bruit. Un autre député socialiste, Jean-Jacques Urvoas (Finistère) a décidé de porter à la connaissance du grand public ses revenus et ses dépenses de parlementaire sur son blog. Mal lui en prit, il est l’objet de critiques de la part de certains internautes.



Après René Dosière, Jean-Jacques Urvoas a décidé de rendre public le détail de ses dépenses sur son blog.

René Dosière ne pouvait faire autrement que d’appliquer à lui-même l’exigence de transparence qu’il réclame de la part de l’Etat, lui qui détaille depuis des années le budget de l’Élysée pour en stigmatiser les dérives. Mais J.J Urvoas n’était nullement contraint à cet exercice. "Notre idée était de démontrer qu’on n’a jamais rien à perdre à jouer le jeu de la transparence" explique le député du Finistère. Sur son blog, il précise qu’il est opposé au cumul des mandats et l’exemple de son budget ne saurait donc être représentatif de l’ensemble des députés. 

Urvoas donne le montant de son "indemnité représentative de frais de mandat" qui est la même que celle de ses collègues, à savoir 6 329 euros brut depuis le 1er octobre 2008.

Il précise le montant de son indemnité salariale qui se chiffre à 5 219,17 euros brut.

L’enveloppe destinée à rémunérer ses collaborateurs est de 9 021 euros brut.

Voilà pour les revenus. Quant à ses dépenses, il en dresse un état très détaillé :

1 - Moyenne mensuelle de ses dépenses :


- 460,43 euros de prélèvement "CSG"

- 30,70 euros de prélèvement "RDS"

- 343 euros de participation au fonctionnement du groupe socialiste

- 950 euros de remboursement à l’Assemblée pour un "prêt d’honneur" ayant servi à acheter sa permanence à Quimper

- 1 950 euros de remboursement d’un autre emprunt contracté sur 10 ans pour l’achat de sa permanence

- 37,25 euros d’assurance sur ces deux prêts.

Soit un sous-total : 3 772,32 euros chaque mois.

2 - Emploi de son enveloppe "IRFM" ("indemnité représentative de frais de mandat")

Ce disponible de 2 556,68 euros est consacré :

- pour 350 euros par mois à divers abonnements

- pour 190 euros à régler la facture EDF

- pour 200 euros à rémunérer le syndic de la copropriété dans laquelle se trouve sa permanence

- pour 200 euros à du petit matériel de bureau et divers travaux d’entretien des locaux

- pour 327 euros à divers fournitures liées aux installations informatiques de ses 3 collaborateurs qui travaillent à Quimper

- pour 275 euros à la location des chambres d’hôtel au sein de l’Assemblée où il dort 3 nuits par semaine

- pour 300 euros à ses repas au sein de l’Assemblée mais aussi pour des déjeuners dans sa circonscription

- pour 100 euros à des dépenses de parking notamment à l’aéroport de Brest 

- pour 230 euros à des factures liées à l’entretien et à l’utilisation de sa voiture, à des frais de pressing ou de dépenses d’habillement, pour la location de l’hébergement de son blog, voire pour l’achat de gerbes pour les commémorations patriotiques.

Ce qui crée polémique ou, en tout cas, discussion, c’est l’achat de sa permanence de Quimper

Des internautes ont réagi sur le blog du député et s’interrogent ouvertement sur la pertinence de l’achat du local de permanence plutôt qu’une simple location, le mandat d’un député étant éphémère. Les questions des commentateurs s’enchaînent : "En êtes-vous propriétaire à titre personnel ? Appartient-elle au parti ? Que comptez-vous en faire à la fin de votre mandat ?"

Le parlementaire socialiste entend répondre point par point aux critiques mais il précise que sa démarche n’est pas morale, "elle est éthique. Je ne dis pas que ce que je fais est bien, mais je dis ce que je fais", explique-t-il. C’est déjà beaucoup quand on voit des personnalités politiques qui appliquent trop souvent le principe "fais ce que je dis, pas ce que je fais"...

Le journal La Croix a également consacré un papier à ce sujet.

Source: Paul Cosquer

 

LU DANS OUEST-FRANCE: J-M LE PEN

vendredi 31 juillet 2009



L'énigme Le Pen



Le score important, mais insuffisant, réalisé par Marine Le Pen lors de la municipale d'Hénin-Beaumont ne saurait dissimuler le déclin structurel du Front national.

Le médiocre 6 % obtenu à une élection européenne qui, dans le passé, lui avait été tellement bénéfique invite à se pencher sur la trajectoire du Front national depuis 1982.

Une question surgit notamment : Jean-Marie Le Pen a-t-il vraiment voulu que le Front national devienne, un jour, un parti classique ou bien l'a-t-il toujours utilisé à des fins de revanche personnelle ?

Certes, en refusant toute stratégie d'alliance avec lui, les droites républicaines lui fermaient, de fait, l'accès au pouvoir.

Plusieurs signes prouvent que Jean-Marie Le Pen s'est toujours satisfait de cette situation et n'a jamais cherché à s'engager dans un rapprochement avec la droite, à l'inverse des anciens « néofascistes » italiens qui viennent de fusionner avec le parti de Silvio Berlusconi.

Tout d'abord, le leader du FN n'a jamais donné aux droites classiques le moindre gage d'évolution, se gardant de porter le moindre regard critique sur son propre passé, se résignant au cadre démocratique, mais ne validant jamais explicitement ses valeurs fondamentales.

Les « petites phrases » distillées à intervalles réguliers, à l'image du tristement célèbre « Auschwitz détail de la Seconde Guerre mondiale », ne sont pas anecdotiques. Elles remplissent une fonction précise : rappeler que le Front national est irréductible à toute insertion normale dans le jeu politique.

Par ailleurs, Jean-Marie Le Pen a toujours mis beaucoup plus d'énergie à se démarquer des droites républicaines que des gauches socialistes, réservant ainsi ses flèches les plus acérées à Jacques Chirac.

Enfin, il a toujours pris soin de maintenir son emprise personnelle sur le Front national, condamnant par là même au départ tous ceux qui s'opposaient à sa conception solitaire du pouvoir.

Pour comprendre, il faut revenir à l'histoire de l'extrême droite française.

Celle-ci est sortie assommée de la défaite des fascismes en 1945. Elle a mis à profit la « liquidation » de l'empire colonial pour se refaire une santé.

Tout au long de cette période, elle a vécu une sorte d'exil intérieur, autour de revues confidentielles et de groupuscules rivaux, remâchant sa haine de la République, cultivant son petit panthéon personnel où se croisaient Pétain, Laval, Brassillach, mais aussi les « soldats perdus » d'Indochine et d'Algérie, vouant une haine inexpiable au gaullisme et à son chef historique.

Jean-Marie Le Pen est le produit de cette histoire et n'en est jamais vraiment sorti. Surfant avec habileté sur les peurs et les frustrations des Français, il a hissé l'extrême droite à des niveaux inédits jusqu'au soir du 22 avril 2002 où il devança Lionel Jospin et se retrouva seul face à Jacques Chirac.

À travers lui, l'extrême droite française prenait une revanche éclatante sur près de soixante années d'exclusion. Il semble qu'elle doive en rester là.

Après s'être identifié de manière spectaculaire à la croissance du Front national, Jean-Marie Le Pen est sans doute devenu le principal agent de son déclin.

Récemment il déclarait : « S'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !  »Il avouait ainsi que son image d'adversaire irréductible du « système » comptait plus à ses yeux que la construction d'un véritable parti, capable de survivre à sa propre personne.



(*) Professeur de Science politique. Université de Rennes I.

Jean Baudouin (*)


Source: O-F

 

AFGHANISTAN,PAKISTAN ET B.OBAMA

Afghanistan
Pakistan
Par Fred Kaplan


Fred Kaplan écrit la chronique "War Stories" pour Slate.com, et se penche de temps à autres sur la musique ou le high-tech. Ancien du Boston Globe, il a été en charge du bureau de Moscou, de New York, et correspondant militaire.

Obama impuissant en Afghanistan et au Pakistan

Le président américain a compris les problèmes de l'Afghanistan et du Pakistan mais n'a pas les moyens de les régler.


Enfin, nous avons un président qui a compris ce qu'il fallait faire en Afghanistan et au Pakistan. Le souci, c'est que la résolution du problème dépasse en grande partie les limites de la puissance américaine.

Le président Barack Obama comprend, à un degré que George W. Bush n'a jamais atteint, qu'il n'est pas possible de traiter les deux pays séparément et que les menaces auxquelles chacun est confronté sont liées. Il reconnaît que le Pakistan joue un rôle central dans la sécurité de toute la région et que son avenir va influencer l' Afghanistan , bien davantage que dans l'autre sens.

Il sait que les développements politiques et économiques sont au moins aussi décisifs que la force militaire. Son envoyé spécial, Richard Holbrooke , a rassemblé une équipe de conseillers qui maîtrisent aussi bien que possible les complexités de la politique sud-asiatique. Pourtant, malgré toutes ces connaissances et ce savoir-faire, les domaines que les États-Unis peuvent influencer, sans parler de ceux qu'ils sont capables de contrôler, restent limités (ce dont sont conscients la plupart des principaux acteurs).

La semaine dernière, Obama, Holbrooke, la secrétaire d'État Hillary Clinton et d'autres grands responsables ont rencontré les présidents afghan et pakistanais , Hamid Karzaï et Asif Ali Zardari. Tous sont sortis de ces réunions des mots encourageants plein la bouche, sur la nécessité commune de lutter contre les talibans et de consolider les institutions démocratiques.

Le 7 mai, événement inédit, les ministres de l'Intérieur, de l'Agriculture et d'autres ont rencontré leurs homologues afghans et pakistanais -qui se sont déplacés à Washington avec Karzaï et Zardari- pour discuter des méthodes d'amélioration des infrastructures civiles. Comme le savent les experts de la contre-insurrection, et comme l'a fréquemment évoqué Obama lui-même, la meilleure manière de susciter la loyauté vis-à-vis du gouvernement-et ainsi de réduire l'attrait exercé par les insurgés-consiste à fournir des services de base de façon compétente.

Mais il existe un obstacle de taille. On ne peut ni ne doit s'attendre à ce qu'aucun diplomate, aucun employé de l'Agency for International Development ni aucun autre fonctionnaire ou entrepreneur américain parcoure l'Afghanistan sans forces de sécurité à ses côtés, et l'origine de ces forces n'apparaît pas clairement. Certes, le président Obama a ordonné une augmentation du nombre des soldats américains ; la plupart arriveront cet été. Mais leur mission principale sera de combattre les insurgés sur la frontière de l'est et de protéger les civils afghans. Il n'y en a tout simplement pas assez pour protéger aussi les civils américains (et cette tâche demande davantage qu'une poignée de gardes du corps ; ces gardes, eux aussi, nécessitent un périmètre de sécurité, un réseau d'approvisionnement, et ainsi de suite. C'est l'éternel paradoxe des opération de contre-insurrection: la sécurité nécessite des développements, mais ces développements ont besoin de sécurité.)

Naturellement, ces conseillers civils pourraient être installés à Kaboul. Mais la dernière chose dont Karzaï, ou tout autre président élu par le peuple d'Afghanistan, a besoin, c'est d'une installation américaine à grande échelle -une resucée de la Zone verte de Bagdad- qui pourrait laisser penser que le pays est dirigé par des infidèles étrangers.

La situation au Pakistan est encore plus délicate , car nous n'y sommes presque pas présents -et nous ne sommes pas près d'y être. Les Pakistanais ont une vision très négative des États-Unis: le sondage de Pew Global Survey le plus récent indique que seuls les Turcs les devancent dans ce domaine. Notre position s'est peut-être un peu améliorée depuis l'élection d'Obama (les chiffres ne sont pas encore disponibles), mais personne ne s'attend à ce que les soldats américains soient tolérés sur le sol pakistanais.

Certaines attaques de drones, visant les talibans et les leaders d'al-Qaida, ont fait naître un ressentiment généralisé car elles ont fait des victimes civiles. Le gouvernement d'Islamabad a autorisé la formation en contre-insurrection d'un petit nombre de soldats pakistanais par les Américains, mais uniquement hors des frontières du Pakistan, restriction qui limite la pertinence de la formation, puisque la contre-insurrection est par nature une entreprise locale qui varie au cas par cas et demande un calibrage sur les lieux du conflit.

En bref, nous pouvons envoyer aux Pakistanais de l'argent, des armes, des manuels et ce genre de choses. Mais nous ne pouvons les obliger à tenir leurs promesses, ni même nous assurer efficacement qu'ils réalisent leurs engagements. Bush a envoyé 10 milliards de dollars au président de l'époque, Pervez Moucharraf, qui s'était engagé à consacrer cette somme à la lutte contre les terroristes. La plus grande partie de l'argent a été utilisée à d'autres fins.

En attendant, l'armée pakistanaise n'a pas franchement envie d'améliorer ses compétences en termes de contre-insurrection. Beaucoup d'officiers sont plus loyaux envers les talibans qu'envers le gouvernement central. Et si l'armée commence à sévir contre les talibans dans les districts de Swat et de Buner, il reste que 80% ou 90% des soldats pakistanais sont stationnés à la frontière avec l'Inde , que la plupart des responsables militaires considèrent encore comme la plus grande menace pour le pays. Cette perception n'a rien d'original, elle fait partie de la vision du monde du Pakistan qui remonte à la création du pays et à la partition de l'Inde en 1947. Elle a été renforcée par trois guerres entre les deux nations, en 1947, 1965 et 1971, ainsi que par une ou deux guerres qui ont failli éclater au cours de la dernière décennie, et s'est ancrée encore davantage depuis que les deux pays ont des armes nucléaires.

Peut-être, cette fois, l'armée pakistanaise s'y met-elle sérieusement. Il est certain que l a population est moins séduite par les terroristes islamistes qu'avant . Le nombre de personnes déclarant approuver les attentats-suicides dans certaines circonstances est tombé de 40% en 2004 à juste 5% en 2008, selon un sondage Pew publié fin mars (cela dit, encore 34% des Pakistanais disent avoir confiance en Oussama ben Laden, contre 50% auparavant.)

Les dirigeants politiques et militaires du Pakistan se livrent à une horrible exploitation de ce revirement de l'opinion publique. Ils luttent enfin contre les talibans -décision potentiellement plus populaire qu'elle ne l'aurait été il y a quelques années- mais ils le font à grand renfort de bombes, de roquettes et d'obus, techniques assurées de tuer au moins autant de civils que d'insurgés. Les combats récents à Swat et Buner ont forcé un demi-million de personnes à fuir leurs foyers. La ruée des réfugiés a provoqué une grande crise humanitaire, et a suscité chez beaucoup une amertume envers le gouvernement, équivalente à celle qu'éveillent les talibans. C'est la paix que veulent les Pakistanais, et peu importe ceux qui la mettra en place.

Pour apaiser cette crise et réduire les risques d'un effondrement total des autorités au Pakistan, l'administration Obama devra faire preuve de beaucoup plus d'audace et de célérité. Ni le Pakistan, ni l'Afghanistan ne peuvent être stabilisés par les seuls États-Unis, et l'Otan n'est ni terriblement efficace, ni très populaire. Cela fait des mois maintenant que le président Obama et d'autres proclament qu'il s'agit d'une crise régionale qui doit être résolue par toutes les parties intéressées. Aujourd'hui il est temps de mettre en œuvre ce genre d'initiative.

Le secrétaire de la Défense, Robert Gates, s'est récemment rendu en Arabie Saoudite et en Égypte. L'Afghanistan et le Pakistan figuraient au programme des discussions; il est incertain qu'un accord ait été trouvé. Le temps est aussi venu de s'adresser à la Chine et à la Russie, et de passer un accord avec l'Iran. Cela n'a rien de fantaisiste. L'Iran est très inquiet à l'idée que des sunnites radicaux, comme les talibans ou al-Qaida, puissent déstabiliser ou prendre le pouvoir en Afghanistan ou au Pakistan. Après le 11 septembre 2001, des responsables américains et iraniens ont envisagé de coopérer contre les talibans. Ces discussions se sont achevées en janvier 2002, quand Bush a taxé l'Iran de membre de «l'axe du mal.»

Et pendant ce temps, quelqu'un essaye-t-il de convaincre l'Inde de négocier pour soulager les tensions à sa frontière avec le Pakistan ? C'est une condition essentielle si l'on veut que l'armée pakistanaise s'attaque plus sérieusement à la menace intérieure. Le fait que cela soit laborieux ne le rend pas moins nécessaire. Tout ce qui doit être fait -au plus vite- est difficile, mais rien ne pourra être réalisé par les seuls États-Unis.


Fred Kaplan


Traduit de l'anglais par Bérengère Viennot

Source: slate


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