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15/08/2021

AFGHANISTAN : LA CÉCITÉ OCCIDENTALE ......;

Afghanistan: la cécité occidentale

Publié le 14 août 2021 - par
 

L’islam n’a rien à faire lui non plus en Afghanistan dans ce cas à ceux qui relativisent (et le retour des Talibans ne résoudra rien permettant seulement à l’Etat islamique financé par les wahhabites de diverses obédiences (Pakistan compris) de supplanter  “La Base” tout en tuant le plus de chiites possibles..).

N’est-il pas un cruel conquérant colonisateur (voir également son action effroyable en Inde) alors que cette terre ne lui appartient pas comme le montrent bien ces images des années 70 qui signifient moins une “domination occidentale” que l’évolution d’échanges civilisationnels (immémoriaux) qui font que les humains adoptent des coutumes autres lorsqu’elles semblent s’insérer au mieux à des désirs d’épanouissement morphologique (au même titre que l’enfouissement des égouts, l’électricité l’eau courante la mécanisation des tâches pénibles).

Il en est de même pour l’idée de “nation” qui  s’avère s’être perfectionnée au fil du temps  comme l’indique Liah Greenfeld au sens où le citoyen n’est plus seulement membre d’une Cité comme en Grèce antique (n’oublions pas que Sparte avait fait financer sa flotte par la Perse contre Athènes lors de la guerre du Péloponnèse) mais aussi d’une entité politique avec des frontières civilisationnelles et physiques (le Limès romain exprime bien l’intrication de ces deux notions) censée mieux développer les aspirations du “citoyen” à ne plus être dépendant de ses origines sociales stratifiées dans des “Ordres” mais pouvant progresser de façon “méritocratique”; tel est (toujours) l’acquis morphologique fondamental très récent (quelques siècles) dilapidé aujourd’hui par les  actuels réductionnistes globalistes (affairistes hygiénistes néo-eugénistes au fond) ne voyant plus en l’humain que son aspect animal (à modifier -modéliser- et marquer de plus en plus à la façon d’un bétail “javélisé”) .

Il s’avère qu’en Afghanistan tout comme en Afrique (Egypte, Algérie par exemple) ce stade d’évolution progressif vers cette liberté d’ascension méritocratique qu’est la nation a été peu à peu tué dans l’œuf -ce “printemps des peuples” disait-on en 1848, mal compris par Marx (puis Lénine) n’y voyant que le conflit, éternel, entre “classes” (Cf. Machiavel à ce sujet dans Les Discours sur la seconde décade de Tite-Live) alors qu’il s’agit d’une lutte bien plus spirituelle entre imaginaires singuliers -un Français n’est pas un Anglais ni un Allemand, un Hongrois ne veut plus être associé à un Autrichien, pas plus qu’un Serbe, (un Amazigh n’est pas un Arabe, un Touareg n’est pas un “Malien”…) un Marseillais n’est certes pas un Parisien (on le voit bien aujourd’hui) mais c’est d’une autre nature (qu’il faudra cependant un jour analyser en particulier le rôle -sous-estimé- de Marseille lors de la première phase du changement de Régime en 1789) car ils se sentent tous deux également “français” (à peaufiner en permanence cependant comme on le voit visiblement aujourd’hui tant la recette pour y arriver peut se perdre…).

Cette avancée (en terme de Technè)  vers la nation a été fragilisée dans les pays fraîchement élevés par l’idée “nationale” du fait d’une corruption accélérée au sein d’un désengagement hâtif des puissances dominantes ne prenant pas en compte toutes les forces en présence (comme en Algérie, au Vietnam…) avec comme voie de conséquence le retour aux conflits intertribaux via des différents religieux : les tribus en tant que phénomène politique global (donc également spirituel) étant en effet toujours présentes quoique en sourdine au creux des liens familiaux et non pas le produit d’un “Etat failli” (comme le prétend un Bertrand Badie) puisque cet “Etat” au sens national (Etat-Nation) n’a jamais été réellement construit dans sa profondeur morphologique (et non pas seulement juridique)…
Ce qui signifie (sommairement) que l’idée nationale transcende en effet la notion d’ “Etat de droit” (sur ce point Zemmour a raison) en ce sens où il ne suffit pas de construire des institutions en soi, mais celles-là mêmes qui correspondent à l’état d’avancée donnée de la société civile (ainsi édifier en Afrique des “partis” ces nouveaux types de “tribus” travestissant les tribus canal historique fut une illusion) ;  par exemple en Algérie il aurait mieux valu réunir toutes les forces en présence et leur imposer la constitution d’un compromis, ce qui implique aussi d’écraser les réticents : le FLN algérien était par exemple militairement et spirituellement vaincu en 1958 -voir le débat Soustelle/Aron sur ce point, ce que n’a pas compris De Gaulle pensant que les démocrates algériens francophones étaient de fait cristallisés pour toujours dans “l’essence” musulmane ce qui était faux même chez les arabophones, voir mon livre Le monde arabe existe-t-il ?) mais éliminer ce dernier en sautant sur Paris au lieu de seulement occuper Alger fut aussi une erreur fondamentale du “quarteron”.

De même écraser  les djihadistes come l’a fait Petraeus en Irak et en Afghanistan avec son “Surge” (avant d’être évincé par Obama et les Républicains n’ayant jamais digéré un Reagan ce Trump avant l’heure…) était essentiel pour asseoir le processus constitutif de l’idée nationale au sens indiqué ci-dessus de liberté en acte du processus méritocratique entouré des institutions du moment considéré (l’Irak n’existant pas en réalité pas plus que l’Algérie) alors qu’un Saddam Hussein pas plus qu’un Nasser ou un Boumediene ne pouvait l’incarner (ce que ne saisit pas Zemmour, ne parlons pas d’Onfray là aussi dans les choux à l’instar d’un Mélenchon également…); mais il aurait fallu poursuivre en lien avec les Kurdes du moins débarrassé de leur tutelle du PKK qui empêche leur réelle avancée en Turquie comme en Iran, ce que n’ont pas fait les Républicains tendance Cheney et Rumsfeld…

Et donc soutenir durablement en Afghanistan toutes les forces réellement modernes (comme Abdullah Abdullah successeur de Massoud mais affaibli par des élections truquées) au sens méritocratique et laïque (non pas athéisme mais ouverture d’esprit) au lieu de chercher des compromis tordus avec les djihadistes de diverses obédiences qui n’auraient pas de poids réel (à la différence des chefs de tribus) s’ils n’avaient pas été soutenus par les wahhabites et les khomeynistes avec la complicité tacite des services secrets occidentaux jouant à ces Talleyrand/Chamberlain aux petits pieds que vilipendait tant Churchill d’où la situation présente tout de même…

En tout cas, dire, “nous” n’avons rien à faire là-bas” revient non seulement à revivre Saïgon et Evian, mais surtout à réitérer la position des Verts allemands avec leur “mieux vaut être rouge que mort” dans l’affaire des Pershing. Et puis dans cet état d’esprit jamais Reagan n’aurait entamé la Guerre des étoiles qui aura fait plier l’URSS… De même aujourd’hui soutenir Taïwan reste un casus belli (mais pour cela il faudrait renforcer nos forces armées, déjà en arrêtant le cirque corona actuel à la létalité égale à une grippe sévère qu’il faut certes soigner adéquatement avec des traitements précoces mais sans sacrifier le pays)…

Si tu veux la paix prépare la guerre” selon l’adage, aussi si chute de Kabul il y a cela ne présagera rien de bon sinon renforcer les relativistes de tous bords (“c’est un pays musulman que voulez-vous “ce qui est déjà faux) acceptant de fait des “londonistan” partout ou bases avancées qu’il n’est de plus en plus toujours pas possible d’admettre du point de vue non seulement géostratégique mais civilisationnel au sens également morphologique du terme.

Lucien Samir Oulahbib

 

ET AUSSI

 

Talibans aux portes de Kaboul, réfugiés afghans aux portes de l’Europe

Publié le 14 août 2021 - par  
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Lawlessness means more money for the Taliban | Asia | An in-depth look at news from across the continent | DW | 12.09.2012

Le désastre est imminent. L’avancée des talibans est fulgurante, les capitales régionales tombant comme des dominos depuis le désengagement américain. Le gouvernement ne contrôle plus que le 1/6 du pays, sans aucune illusion quant à l’issue des combats.

Carte de l'Afghanistan localisant les villes prises par les talibans, au 13 août

Comme Saïgon, tombée aux mains du Vietcong en 1975, c’est au tour de Kaboul de succomber bientôt à l’inexorable avancée des insurgés, mettant fin à 20 années d’une guerre ingagnable, la plus longue jamais menée par les Américains.

C’était écrit dès novembre 2001, quand Bush Jr lançait ses bombardiers B52 sur le “cimetière des empires”, sur lequel Darius, Alexandre le Grand, Gengis Khan et ses hordes mongoles, les Britanniques, les Russes et les Américains, se sont tous cassés les dents au fil des siècles.

Comme toujours, affichant une totale méconnaissance de la culture locale et des mentalités sur le terrain, les faucons du Pentagone, persuadés de posséder une armée invincible, ont cru écraser les talibans, oubliant que ceux-ci sont des Pachtouns, donc des enfants du pays, capables de se noyer dans la population entre deux assauts à la Kalachnikov.

Côté français, ce ne fut guère mieux. Le général de Bavinchove prétendait en 2013, en quittant ses  fonctions de chef d’état-major de l’ISAF, la force internationale, que les talibans ne reviendraient jamais au pouvoir.

Chez RL, nous avons toujours prétendu le contraire, annonçant un inéluctable  retour triomphal des talibans à Kaboul. Nous nous sommes trompés sur le timing, loin de penser que l’Amérique resterait enlisée dans le bourbier afghan pendant 20 ans !

Nous n’avons jamais considéré les talibans comme de vulgaires combattants en haillons, des va-nu-pieds incapables de résister à l’écrasante supériorité technologique de la coalition occidentale, forte de 140 000 hommes au plus fort de la guerre.

Il n’y a pas pire chef militaire que celui qui sous-estime son ennemi.

La guerre d’Afghanistan est perdue, sauf pour les marchands d’armes

 

On ne gagne pas les guerres contre-insurrectionnelles. Les généraux anglais, héritiers de la longue expérience de l’empire britannique, furent les seuls à faire preuve de lucidité face à cette expédition coloniale, digne de la politique de la canonnière du 19e siècle, en prédisant la défaite au bout du chemin.

Nous y sommes. Encore une guerre asymétrique perdue par l’armée la plus puissante du monde. Quelle humiliation !

Contrairement au discours ambiant, je ne jette pas la pierre à Biden, qui veut se désengager de ce conflit sans fin et sans issue.

Mais je répète que cette guerre fut une erreur colossale. Il ne fallait pas s’engager dans un tel conflit.

Les Américains ont sous-estimé le double jeu du Pakistan, offrant aux talibans le sanctuaire des zones tribales frontalières et leur apportant une aide précieuse dans le renseignement. Islamabad a toujours soutenu ses frères Pachtouns

Comme au Vietnam, ils ont misé sur la construction d’une armée afghane capable de résister aux talibans déterminés. Quelle illusion !

Cette armée de 350 000 hommes, très supérieure en nombre aux talibans, n’est qu’une armée de papier.

Totalement corrompue, peu motivée et sous-entrainée, infiltrée par les talibans et subissant un taux ahurissant de désertion de 30%, cette armée est incapable de combattre.

D’ailleurs, les talibans ne rencontrent pratiquement aucune résistance dans leur reconquête du pays. C’est la débandade systématique des forces gouvernementales, qui fuient les combats et quittent l’uniforme.

Espérons néanmoins que l’évacuation de Kaboul par les Occidentaux ne prendra pas la tournure de celle de Saïgon en 1975, où l’on vit des scènes de panique généralisée, avec l’entrée des chars vietcongs dans la capitale du Sud-Vietnam. Images de chaos indescriptible qui firent le tour du monde.

3000 soldats américains vont sécuriser l’aéroport de Kaboul, et 5000 seront en alerte au Koweït.

Les conséquences de cette défaite sont tragiques pour l’Europe.

Après le tsunami migratoire de 2015, il faut s’attendre à une déferlante de migrants afghans.

Six ministres chargés de l’immigration ( Belgique, Danemark, Grèce, Allemagne, Pays-bas et Autriche ) ont écrit à la Commission européenne le 5 août pour demander que l’Afghanistan continue de reprendre ses demandeurs d’asile déboutés. ( Figaro )

Refus de la Commission !!

Cet arrêt des expulsions des Afghans déboutés de l’asile est un très mauvais signal envoyé aux candidats à l’exode.

En 2015, ce sont 1,3 million de Syriens qui ont déferlé sur l’Europe. Combien d’Afghans fuyant le régime talibans vont-ils tenter  l’aventure ?

Pour l’instant, l’UE botte en touche, prétextant qu’il n’y a pas à ce jour de nouvelle crise migratoire.

L’Iran et le Pakistan accueillent 3 millions d’Afghans chacun. On peut donc craindre que ces pays, pas spécialement bien disposés à l’égard de l’Europe, fassent le choix d’instrumentaliser les migrants afghans, comme le fait Erdogan avec les réfugiés syriens installés en Turquie.

La France a mis fin aux expulsions des réfugiés afghans dès juillet 2021.

Quant à Martine Aubry, après avoir lancé une campagne de dons pour l’accueil de ces réfugiés à Lille, elle attend une action nationale.

 
 

 
Martine Aubry
 
@MartineAubry

4 août

 
Monsieur le Président de la République. Que fait la France pour accueillir les Afghans en danger, au-delà du rapatriement réalisé de ceux qui avaient travaillé pour la France ? La ville de Lille est prête à prendre sa part dans cet accueil !

Rappelons que les Afghans sont déjà les premiers demandeurs d’asile en France, devant le Bangladesh, le Pakistan, la Guinée et la Côte d’Ivoire.

L’UE, toujours généreuse avec l’argent des pays membres, est le premier donateur de l’aide fournie à l’Afghanistan. Qu’en sera-t-il quand les talibans prendront les rênes du pays ?

La charia va bientôt régner à nouveau sur l’Afghanistan, pays indomptable qui n’aspire qu’à retourner au Moyen-Âge.

La démocratisation et la libération des femmes, dont rêvaient les Occidentaux, restera à jamais une grande illusion.

Le Coran se fout éperdument de la démocratie et de nos valeurs humanistes. Quand donc les Occidentaux vont-ils admettre cette évidence ?

Plus de 2000 milliards partis en fumée et 2600 soldats occidentaux morts pour rien, dont 2500 Américains, 453 Britanniques, 89 Français et 59 Allemands. Sans oublier les 20 000 blessés dont beaucoup ont été amputés.

Une débâcle occidentale très cher payée ! 

 

Par Jacques Guillemain

 

 Source et Publication:  https://ripostelaique.com/talibans

 

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