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24/03/2020

LU : L' ARABIE SAOUDITE DANS LA TOURMENTE !


L’Arabie saoudite dans la tourmente


Alors que le royaume dénombre 511 personnes infectées le 22 mars, il est confronté à des évènements tout aussi importants pour sa situation interne.

Le premier a été l’arrestation des princes Ahmed bin Abdulaziz et Mohammed bin Nayef début mars.

 

Respectivement frère et neveu du roi Salmane, âgé de 84 ans, ils sont accusés d'avoir préparé un coup d'État.

 

À ces deux arrestations s’ajoute selon Human Rights Watch celles de 298 employés du gouvernement.

Une précédente vague d’emprisonnement, y compris de membres de la famille royale, avait déjà eu lieu en novembre 2017, afin de consolider le pouvoir de Mohammed ben Salman (MBS), devenu prince héritier en juin 2017 à la place de son cousin Nayef.

Alors qu’il est ébranlé par le scandale Khashoggi et l’enlisement de la guerre au Yémen, il est possible que MBS tente de renforcer son pouvoir dans la crainte de perdre un allié, en cas de défaite de Trump en novembre.

Le second évènement est la guerre des prix entre l’Arabie et la Russie depuis le 6 mars.

En effet, la pandémie a conduit à l’arrêt de l’activité économique dans de nombreux pays et donc à une baisse de la demande d’or noir.

En réponse Ryad a fait pression sur ses partenaires pour diminuer l’offre de brut et faire remonter le prix du baril, mais Moscou, troisième producteur mondial, s’y est opposé ; ceci a fragilisé l’alliance « OPEP+ » qui réunit depuis 2016 l’OPEP et d’autres pays producteurs.

Pour contrer la Russie en lui prenant des parts de marché, l’Arabie a annoncé augmenter sa production à 12,3 millions de barils par jour et baisser ses prix à partir d'avril.

Ainsi, au 18 mars le cours du baril de pétrole était de 22 dollars, contre 47 dollars au 1er mars et 61 dollars au 1er janvier.

C’était son plus bas niveau depuis 2009 et 2016, où il était tombé respectivement à 34 et 26 dollars.

Cette situation risque de coûter cher au pays qui affiche plusieurs faiblesses structurelles.

Tout d’abord, selon la Direction générale du Trésor, pour la septième année consécutive, l’État présente un budget déficitaire, avec pour l’année 2020 un déficit de 50 milliards de dollars.

 

De plus, si l’extraction du pétrole saoudien coûte moins cher qu’en Russie, le royaume a besoin d’un baril à 84 dollars pour équilibrer son budget, tandis qu’il est fortement dépendant de ses exportations.

 

Enfin, les réformes de MBS pour diversifier l’économie du pays restent très fragiles. Une fragilité que l’arrivée du Covid-19 risque d’accentuer.


Par Guillaume Duprat    L' incorrect

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