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Outre l’écrasante victoire de Boris Johnson et des conservateurs à l’occasion des élections générales au Royaume-Uni, voici quelques enseignements concernant les nations celtes, avec la percée des Républicains en Irlande du Nord, le triomphe des nationalistes de gauche « inclusive » en Écosse, et la poussée conservatrice au Pays de Galles. Trois nations, trois destins très différents.

Pour voir tous les résultats détaillés, c’est ici.

 

Le SNP à 45 % en Écosse

En Écosse, le Scottish National Party, de gauche nationaliste et inclusive, remporte 45 % des suffrages. 48 sièges au total, contre 6 pour les conservateurs, 4 pour les libéraux (nord-est de l’Écosse surtout), 1 pour les travaillistes (Édimbourg sud). On notera qu’encore une fois, la capitale se démarque du reste du pays, par un vote au nord et au sud qui n’est pas nationaliste à Édimbourg.

Une razzia, qui devrait bien entendu entraîner la tenue d’un second référendum sur l’indépendance. Il semblerait toutefois que la population soit toujours partagée par cette question, puisque les nationalistes ne parviennent toujours pas à dépasser les 50 % d’électeurs.

Il est vrai que le programme du SNP, très à gauche, pro-migrants, et porteur d’une « société inclusive » , a de quoi effrayer y compris les nationalistes écossais que l’on pourrait classer à droite.

Mais dans tous les cas, ce score, et cette domination sans partage des députés du SNP, va aboutir à des négociations avec la couronne britannique, et son parlement, c’est une évidence.

 

Le recul du DUP en Irlande du Nord

Sur fond de peur du Brexit aux relents de guerre civile en Irlande, le DUP, unioniste, a reculé en Irlande du Nord (mais aussi sur fond d’effondrement démographique de la population protestante et unioniste au profit de la population républicaine et catholique). Symboles de ce recul, les victoires du Sinn Féin à Belfast Nord et du parti travailliste à Belfast sud, bastions unionistes jusqu’ici.

La carte de l’Irlande du Nord montre un pays divisé en deux, avec tout le sud et l’ouest qui sont acquis au Sinn Féin, et tout le Nord et l’Est (historiquement là où se sont installés les protestants d’Irlande du Nord), acquis aux unionistes.

Au final, le DUP se maintient en tête avec 8 sièges, devant le Sinn féin (7), les travaillistes (2) et les unionistes modérés dans le comté de North Down.

 

La poussée conservatrice au Pays de Galles

Au Pays de Galles, la peur du Brexit a visiblement impacté le Plaid Cymru, parti nationaliste gallois, au profit des travaillistes qui l’emportent (40,9 % contre 39 % pour les conservateurs). Les nationalistes conservent 4 sièges de l’ouest du Pays de Galles, tandis que les travaillistes en obtiennent 22 et 14 pour les conservateurs, qui sont les seuls à progresser dans le pays (+ 6 sièges).

En réalité, c’est le sud industrialisé et dense du Pays de Galles (Cardiff, Swansea) qui fait basculer à gauche, le reste du pays, moins peuplé, étant acquis ou bien aux conservateurs, ou bien aux nationalistes.

Les cas particuliers de l’Écosse, du Pays de Galles et de l’Irlande du Nord sont tous très spécifiques et ne peuvent pas totalement rentrer dans la grille d’analyse globale de ces élections générales.

Chacun pensant exclusivement à soi et considérant assez peu l’unité du Royaume-Uni sauf l’Irlande du Nord où l’on constate que les antagonismes persistent lourdement et que la réconciliation semble en grande partie impossible.

C’est la démographie qui servira donc de juge de paix dans les élections là-bas, il suffit de comparer le vote à West et à East Belfast pour s’en rendre compte.

 

D’autres enseignements sur les élections générales britanniques

Après analyse de la carte électorale, et avec tout de même 67 % de participation on s’aperçoit globalement que :

Les grands ensembles urbains, bobos, gagnants et promoteurs de la mondialisation, votent travaillistes. « Le niveau de schizophrénie de ces gens est sans limite puisqu’ils continuent coûte que coûte à voter pour des gens qui promeuvent l’immigration alors que les taux de criminalité et de délinquance de ces ensembles urbains ne cessent de croître » nous confie Allen, électricien basé à côté d’Exeter, en Cornouaille, qui n’est pas allé voter.

Les « sans dents » et une partie de la classe moyenne se sentant déclassée (économiquement et culturellement) votent conservateur (réflexe anti-immigration, sentiment de déclassement, de baisse du niveau scolaire, d’éducation, de substitution de population) hormis, manifestement, dans le nord du pays (Newcastle, Sunderland, York, Leeds…), cités et anciens bassins industriels dévastés qui continuent de voter à gauche. Ce n’est sans doute qu’une question de temps pour qu’ils basculent, comme l’ancien électorat communiste est passé au FN en France. Les campagnes votent quasiment toutes conservateurs, largement.

 

Le vote pour le Brexit est confirmé, et le peuple adresse un bras d’honneur clair aux élites mondialisées qui ne voulaient pas le valider.

Le choix électoral s’est ainsi exprimé encore plus clairement derrière le slogan trouvé par l’équipe de campagne de Johnson.

YV

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