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29/12/2018

SYRIE: L' ARMÉE DE BACHAR RÉPOND À L' APPEL DES KURDES .......

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      Syrie: L'armée du régime répond à l'appel à l'aide des Kurdes et entre dans la région de Minbej

    ALLIANCE Ankara a réagi avec colère, estimant que les forces kurdes n’avaient « pas le droit » de faire appel à Damas et mettant en garde contre toute « provocation »...

Un soldat kurde fait face à la ville détruite de Kobané, en Syrie.
Un soldat kurde fait face à la ville détruite de Kobané, en Syrie. — BULENT KILIC / AFP

Après un appel à l’aide des forces kurdes, l’armée de Bachar al-Assad est entrée, ce vendredi, dans la région de Minbej, dans le nord de la Syrie, illustrant un revirement d’alliance accéléré par l’annonce du retrait des forces américaines.

Ankara a réagi avec colère, estimant que les forces kurdes n’avaient « pas le droit » de faire appel à Damas et mettant en garde contre toute « provocation ».

Le retour des forces syriennes à Minbej, pour la première fois en six ans, intervient au moment où le régime a le vent en poupe.

Il a multiplié les victoires militaires et semble sur la bonne voie pour briser son isolement diplomatique, comme le montre la réouverture, jeudi, à Damas de l’ambassade des Emirats arabes unis.

 

Un déploiement à la frontière qui sépare Minbej des territoires pro-Ankara

Il survient aussi après l’annonce des Etats-Unis sur un retrait des troupes américaines de Syrie qui a pris de court leurs alliés kurdes.

« Des unités de l’armée arabe syrienne sont entrées à Minbej », a annoncé un porte-parole de l’armée à la télévision officielle.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’armée et des milices alliées se sont déployées dans des secteurs au nord et à l’ouest (bien : ouest) de la ville, créant une « zone tampon » entre les territoires tenus par les rebelles pro-Ankara et Minbej.

 

Plus tôt, les Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde de Syrie, avaient demandé à l’armée de déployer ses troupes à Minbej, après avoir affirmé s’en être retirées.

« Les forces du régime ne vont pas entrer dans la ville, elles vont se déployer sur la ligne de démarcation » qui sépare Minbej des territoires pro-Ankara, a-t-elle souligné.

 

Une entrée qui va « dans le sens d’une stabilisation de la situation », selon Moscou

La coalition internationale emmenée par Washington, qui soutient les forces kurdes dans la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), a des troupes stationnées dans le secteur, notamment américaines et françaises selon l’OSDH.

« Les forces de la coalition sont toujours présentes à leurs positions et mènent leurs patrouilles », a souligné Noura al-Hamed.

Soutenu militairement par ses alliés indéfectibles, l’Iran et la Russie, le régime d’Assad a multiplié les victoires face aux rebelles et aux djihadistes.

Il a ainsi repris le contrôle de près des deux-tiers du pays morcelé par une guerre ayant fait plus de 360.000 morts depuis 2011.

Le Kremlin a jugé « positive » l’entrée de l’armée à Minbej, estimant que cela allait « dans le sens d’une stabilisation de la situation ».

 

Les Kurdes menacés par le retrait des troupes américaines

La question sera discutée samedi lors d’une visite à Moscou des ministres turcs des Affaires étrangères et de la Défense, qui doit « apporter de la clarté » et permettre de « synchroniser les actions » entre la Russie et la Turquie, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

 Début 2019, un sommet sur la Syrie réunissant les présidents de la Russie, de l’Iran et de la Turquie est aussi prévu pour trouver une issue au conflit.

 

Depuis la mi-décembre, Ankara promettait de lancer une nouvelle offensive contre les forces kurdes, massant des renforts à sa frontière et dans le nord syrien. 

Des menaces d’autant plus inquiétantes pour les Kurdes, que le président Donald Trump avait annoncé le 19 décembre le retrait de quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie.

Il a cependant souligné que ce désengagement serait « lent et extrêmement coordonné » avec la Turquie.

 

Le fin de l’isolement diplomatique pour Damas ?

L’entrée du régime à Minbej illustre aussi un revirement inédit des relations complexes entre les forces kurdes et le pouvoir de Damas, qui était allé jusqu’à les qualifier parfois de « traîtres ». 

La minorité kurde, opprimée pendant des décennies par Damas, a profité du conflit pour grignoter une autonomie de facto dans des régions du nord et du nord-est, soit près de 30 % du pays.

Les Kurdes contrôlent toujours de vastes territoires dans le nord et nord-est, et tiennent notamment la ville de Raqqa, arrachée à l’EI, ainsi que d’importants champs pétroliers.

 

Sur le plan diplomatique, le pouvoir de Damas semble aussi sur la bonne voie pour briser son isolement au plan régional.

 

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