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17/02/2018

BALKANS: LE KOSOVO FÊTE SES DIX ANS .....

 

Les grandes dates de l'histoire mouvementée du Kosovo

 
 

CHRONOLOGIE - Le plus jeune État européen a déclaré son indépendance il y a dix ans.

Le spectre de la guerre qui opposa à la fin des années 1990 l'Armée de libération du Kosovo et la Serbie, avant l'intervention de l'OTAN, plane toujours, sur fond d'accusations mutuelles de crimes de guerre.

Il y a dix ans, le Kosovo proclamait son indépendance. Le plus jeune État des Balkans est encore loin de faire l'unanimité puisque 79 des 193 États membres de l'ONU n'ont pas reconnu l'existence de ce pays peuplé en majorité d'Albanais, mais qui fut longtemps rattaché à la Serbie.

Ce territoire au cœur des Balkans, théâtre d'un violent conflit à la fin des années 1990, continue de susciter de nombreuses controverses.

Nous revenons sur les grandes dates de ce pays qui est depuis sa création le plus pauvre d'Europe.

 

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● Entre l'Empire ottoman et la Serbie

1945: après la Seconde Guerre mondiale, le territoire kosovar, incorporé en 1941 dans une Grande Albanie sous tutelle de l'Italie fasciste, est inclus dans la Yougoslavie du Maréchal Tito comme province autonome de la République socialiste de Serbie, l'un des six États formant cette fédération communiste.

Le Kosovo, peuplé d'une majorité d'Albanais et d'une grosse minorité serbe, avait déjà été rattaché au Royaume de Serbie en 1913 après la défaite de l'Empire ottoman, qui contrôlait ce territoire depuis le 14e siècle.

Pour les Serbes, le Kosovo est leur berceau historique depuis le 11e siècle.

Ibrahim Rugova, derrière le drapeau albanais en 1998.

1989: le nouveau président serbe, Slobodan Milošević, réduit drastiquement l'autonomie de la province du Kosovo en modifiant la Constitution, ce qui déclenche un mouvement de révolte des Albanais, qui représentent alors près de trois quarts de la population. La même année que la chute du mur de Berlin, cette contestation est menée au départ sans violence sous l'impulsion d'Ibrahim Rugova, fondateur de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) et surnommé le «Gandhi des Balkans» pour son pacifisme.

1992: après la dissolution de l'URSS fin 1991, les républiques du bloc de l'Est prennent leur indépendance.

Si la Yougoslavie communiste, neutre depuis 1948, n'en faisait pas partie, elle n'échappe pas à ce mouvement et explose avec les déclarations d'indépendance de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine et de la Macédoine, ce qui donne lieu à plusieurs guerres meurtrières jusqu'en 1995. La Yougoslavie subsiste en tant que «République fédérale» jusqu'en 2003, mais ne comprend plus que la Serbie (dont le Kosovo) et le Monténégro, qui prend son indépendance en 2006.

● Les années de guerre

Un bombardier américain B2 pendant l'opération «Allied Force».

1996: c'est le début du conflit entre la Serbie et le Kosovo, avec la création de l'Armée de libération du Kosovo, plus connue par son sigle UÇK qui récupère en 1997 un grand stock d'armes venues d'Albanie.

1999: après l'échec de négociations à Rambouillet, l'OTAN procède à une campagne aérienne de bombardement. L'opération Allied Force dure du 24 mars au 8 juin, date à laquelle les forces serbes se retirent du Kosovo.

Le conseil de sécurité de l'ONU vote le 10 juin la résolution 1244 qui prévoit une opération de maintien de la paix par le biais d'une force internationale, la KFOR, contrôlée par l'OTAN, et de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo.

Le Kosovo devient ainsi un protectorat international sous mandat de l'ONU. Lors de cette guerre, les pertes civiles ont été nombreuses, une étude internationale de 2008 établissant la liste de 13 472 victimes (dont 9260 Albanais et 2488 Serbes). Pour l'ONG Human Rights Watch, les frappes de l'OTAN ont tué environ 500 civils.

 

 

● Vers l'indépendance

2005: l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari reçoit un mandat de l'ONU pour superviser les négociations entre Belgrade et Pristina.

À partir du retrait des troupes serbes et de l'arrivée de la KFOR, le Kosovo vit sans véritable statut.

La résolution 1244 crée des institutions provisoires sous tutelle internationale, mais répète son attachement à l'intégrité territoriale de la République fédérale de Yougoslavie (aujourd'hui Serbie), ce qui crée une confusion en droit international puisque cette résolution est toujours en vigueur.

Par ailleurs, le nord du Kosovo, composé d'une majorité de Serbes, est de facto contrôlé par la République de Serbie.

Le président et ancien premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi.

2006: Ibrahim Rugova, président de la province kosovare depuis 1992, meurt d'un cancer du poumon, après avoir échappé à un attentat à la bombe l'année précédente.

Leader de la LDK et partisan de la non-violence, il s'oppose au Parti démocratique du Kosovo (PDK), branche politique de l'UÇK, qui gagne les élections législatives de 2007.

2007: Martti Ahtisaari soumet au Conseil de sécurité de l'ONU ses propositions sur le statut final du Kosovo, prévoyant de lui accorder le statut d'État indépendant «sous supervision internationale». Son projet est soutenu par les États-Unis, mais rejeté après le véto de la Russie et de la Chine.

2008: le 17 février, le parlement de la province proclame l'indépendance du Kosovo, souhaitée par le premier ministre Hashim Thaçi, leader du PDK et ancien chef d'une organisation militaire criminelle, le Groupe de Drenica. Les États-Unis et plusieurs pays européens, dont la France, reconnaissent cette indépendance.

L'Union européenne dépêche au Kosovo une mission de sécurité et de justice baptisée «Eulex».

 

● Des questions en suspens

A 30 km de Tirana, cette maison aurait servi de «prison secrète» à l'UCK dans le cadre du trafic d'organes.

2010: un rapport du Conseil de l'Europe estime qu'un trafic d'organes a été organisé entre 1999 et 2001 par certains membres de l'UÇK, notamment le groupe de Drenika, dirigé par Hashim Thaçi. Des prisonniers, pour la plupart serbes, auraient été kidnappés puis déportés et tués en Albanie, avant que leurs organes soient vendus. C'est également en 2010 que la Cour de justice internationale estime que la déclaration d'indépendance du Kosovo n'est pas illégale.

 

2012: le Kosovo accède à la pleine souveraineté, la tutelle internationale étant officiellement levée.

2018: parmi les 193 États membres des Nations unies, 144 ont reconnu le Kosovo, néanmoins deux membres permanents du conseil de sécurité - la Russie et la Chine - y sont opposés, ce qui est également le cas de cinq pays de l'UE, notamment l'Espagne, en prise avec l'indépendantisme catalan.

Cette année est aussi marquée par l'ouverture d'une cour spéciale ad hoc, placée sous l'autorité judiciaire du Kosovo, mais dont les magistrats sont des juges internationaux siégeant à La Haye.

Pour pallier les manquements sur le dossier kosovar du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui a fermé ses portes en 2017, elle jugera les crimes commis pendant la Guerre, notamment ceux perpétrés par l'UÇK. Une telle initiative pourrait déstabiliser la classe politique jusqu'au plus haut niveau de l'État, puisque Hashim Thaçi, ancien chef du Groupe de Drenika, a été élu président de la République en 2016.

 

http://info.lefigaro.fr/international/2018/02/17

 

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