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20/01/2018

SYRIE: ANKARA ET LA POLITIQUE DE WASHINGTON SUR LES KURDES !

9 janvier 2018
Syrie : Ankara lance l'offensive sur Afrin, Washington face aux contradictions de sa politique kurde

L'armée turque a lancé une opération militaire en Syrie pour reprendre la ville d'Afrin, contrôlée par les Kurdes.

Cette offensive, qui s'annonce moins aisée que prévue, confronte les Etats-Unis aux ambiguïtés de leur politique kurde.

... Alors que les Etats-Unis ont, de leur côté, opté pour une modification de leur agenda en Syrie et le maintient de leurs soldats sur place afin de contrer l'influence iranienne et celle du gouvernement syrien, l'armée turque poursuit de son côté son opération Bouclier de l'Euphrate avec pour nouvel l'objectif la lutte contre les Kurdes....

Pour l'heure, peu d'informations permettent de deviner la stratégie exacte que souhaite mettre en place Ankara pour s'emparer d'Afrin, même si une offensive terrestre est la plus crédible des options.

Le journal turc Habertürk évoque lui des frappes aériennes préalables sur plus d'une centaine de positions des Unités de protection du peuple kurde (YPG), à l'aide notamment de drones. ...

 

Une bataille qui s'annonce aussi rude que délicate

La bataille d'Afrin s'annonce d'ores et déjà comme une étape marquante du conflit syrien.

 La purge opérée par le président turc dans les hauts rangs de l'armée après la tentative ratée de coup d'Etat à son encontre en juillet 2016 a eu pour effet d'écarter de nombreux officiers aguerris. 

«L'opération Bouclier de l'Euphrate a bien montré que les dirigeants militaires turcs avaient peu d'expérience dans la conduite d'opérations lourdes impliquant à la fois des forces aériennes et au sol», explique à RT Grigori Lukyanov, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences économiques de Moscou.

De leur côté, les Kurdes ont réussi à fédérer de nombreux combattants déterminés tout au long du conflit en Syrie.

En outre, ils disposent d'armes et d'équipements modernes que leur a fourni Washington, en dépit des protestations d'Ankara.

Les Etats-Unis ont par ailleurs formé plusieurs chefs militaires.

L'expérience des combats contre l'Etat islamique n'a fait qu'accroître la préparation et l'efficacité des milices kurdes, qui se placeraient désormais «presque à armes égales» face aux effectifs mobilisés par Ankara, selon Grigori Lukyanov.

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Le double-jeu kurde de Washington provoque la colère d'Ankara

L'ombre de Washington plane sur cette bataille, qui met en exergue les ambiguïtés de la politique kurde de Washington depuis le début de l'intervention américaine en Syrie en 2014.

D'un côté, les Etats-Unis reconnaissent certes le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme une organisation terroriste, tout comme l'Union européenne et la Turquie.

De l'autre, ils ont fait des milices des YPG l'un de leurs partenaires privilégiés... alors même qu'Ankara les considère comme terroristes. Jusqu'alors, cette stratégie n'avait causé que des tensions relativement secondaires entre Washington et Ankara, tous deux alliés notamment au sein de l'Otan.

Mais la récente décision du Pentagone de mettre en place un programme d'entraînement pour les garde-frontières arabes et kurdes en Syrie, afin d'éviter une renaissance de l'Etat islamique, semble avoir mis le feu aux poudres

L’administration américaine a en effet annoncé début janvier qu'elle souhaitait aider à la mise en place d'une force de 30 000 hommes sous la direction des YPG. 

«L’Amérique a avoué qu’elle était en train de constituer une armée de terroristes à notre frontière.

Ce qui nous revient, à nous autres, c’est de tuer dans l’œuf cette armée terroriste», avait déclaré Recep Tayyip Erdogan le 15 janvier.

 

 
 
 
 
 
 
 
Entretien avec Pascal le Poutremat, géopolitilogue

Du côté kurde, on attend une aide de Washington face à l'opération annoncée sur Afrin, sans toutefois trop d'illusion.

«Ils ne veulent pas perdre leur allié de toujours, la Turquie, et veulent en même temps ménager leur nouvel allié, les Kurdes», résume Saleh Muslim, figure de proue du mouvement indépendantiste kurde, dans un entretien à L'Orient-Le Jour.

Alors que l'administration américaine tente de calmer la colère d'Ankara en minimisant ses précédentes déclarations, l'offensive turque sur Afrin semble mettre Washington face à ces propres contradictions – et face à l'absence de stratégie claire dans sa politique au Moyen-Orient.

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