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24/12/2017

BANQUE MONDIALE : DAESH ET LE SECTEUR ÉCONOMIQUE ! ÉTUDE !

Banque mondiale : Comment prévenir l’extrémisme d’un point de vue économique ?

Banque mondiale : Comment prévenir l’extrémisme d’un point de vue économique ?

Cette étude s’appuie sur des données secrètes concernant les combattants de Daech, pour déterminer leurs caractéristiques et caractères personnels, en se focalisant sur les dimensions économiques et sociales, liées au phénomène de l’extrémisme, qui a été abordé dans de nombreuses études d’un point de vue sécuritaire.

L’étude se divise en deux parties : Le contexte économique de l’extrémisme violent au Moyen-Orient, et la prévention de l’extrémisme d’un point de vue économique.

 

La conjoncture économique au Moyen-Orient :

L’étude part d’un postulat fondamental : « Parmi les facteurs les plus importants qui conduisent les individus à quitter leur pays et à rejoindre des groupes terroristes, figure le manque d’inclusion économique et sociale dans leurs pays d’origine».

 

 

Afin de vérifier la validité de cette hypothèse, l’étude a évalué les conditions économiques des pays de la région, et a conclu qu’ils connaissaient une détérioration de la situation économique. Ses aspects les plus saillants sont les suivants :

1- Baisse du PIB : La croissance du PIB devrait baisser, en 2016, à son niveau le plus bas au Moyen-Orient, soit celui enregistré depuis 2013, qui avait atteint les 2,3%.

La faible croissance dans les pays du Moyen-Orient est généralement due aux mesures d’austérité prises par les gouvernements, y compris la réduction des dépenses publiques et de capital, pour faire face aux recettes financières, après la chute des prix du pétrole.

 

Et ce, dans un contexte marqué par les conflits et les guerres en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen. L’afflux de réfugiés issus de ces pays pèse bien évidemment sur le budget des pays voisins.

 

 

2- Baisse des taux de croissance économique : La croissance des pays exportateurs de pétrole devrait rester stable à 2,3% en 2016.

Les taux de croissance pourrait légèrement s’améliorer, grâce aux réformes économiques de certains pays, telles que la suppression des subventions énergétiques, la réduction du nombre d’emplois dans le secteur public, la baisse des salaires, la privatisation des entreprises publiques et la diversification des revenus financiers –à part le pétrole– au moyen d’impôts directs et indirects. Pourtant, ces taux restent faibles en comparaison avec les années antérieures à 2011.

 

Par ailleurs, les attaques terroristes, les conséquences indirectes des conflits dans la région et la diminution des flux financiers provenant de l’étranger ont affecté les pays importateurs de pétrole.

Il est prévu que le déficit budgétaire et extérieur reste élevé dans ces pays.

L’Égypte et la Tunisie font face à la faiblesse des recettes touristiques, des envois de fonds et des flux financiers, outre le resserrement de la politique financière et monétaire, qui entraînerait une baisse des taux de croissance et une hausse de l’inflation vers la fin de l’année.

 

L’économie du Maroc, qui dépend en grande partie du secteur agricole, a également témoigné d’une croissance faible de 1,5% en 2016, contre 4,5% l’année dernière, en raison de la sécheresse.

La croissance en Jordanie et au Liban restera faible, en raison des répercussions de la guerre en Syrie et en Irak, de même que la diminution des envois de fonds des travailleurs à l’étranger.

 

 

3- Amélioration de la situation économique en Iran : Contrairement à la situation économique dans le reste des pays de la région, le taux de croissance économique de l’Iran devrait atteindre 4,3 % en 2016, soit plus de quatre fois sa croissance l’an dernier, grâce à l’augmentation de sa production de pétrole, qui s’est élevée à 3,7 millions de barils.

Les autres pays de la région sombrent dans la guerre. Cette dernière a ravagé l’économie syrienne : la production a chuté de 50 à 60%, la lire a perdu 80% de sa valeur, la population a diminué de 23%, tandis qu’environ 12,4 millions ont été contraints au déplacement, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.

 

Analyse économique du phénomène de l’extrémisme :

L’étude établit un lien entre les causes économiques et l’émergence de l’extrémisme violent.

Une base de données de Daech, portant sur 3803 recrues étrangères, a été utilisée, et comprend des informations personnelles telles l’âge, le niveau d’étude, les compétences, le degré de connaissance des enseignements religieux, et le pays de résidence.

Selon le Comité contre le terrorisme, les données couvrent la période allant du début de 2013 jusqu’à fin 2014.

L’étude repose, d’ailleurs, sur d’autres données, à savoir l’analyse d’indicateurs macroéconomiques, tels que le PIB par habitant, l’indice de développement humain, le taux de chômage, le nombre de la population, les droits politiques, outre les sondages à l’instar d’Arab Barometer, Gallup Poll et World Values Survey.

Ces données ont été analysées, et il s’est avéré que les facteurs, étroitement liés à l’adhésion des étrangers à Daech, sont leur non-inclusion économique et sociale dans leurs pays d’origine.

Promouvoir le niveau d’inclusion réduit l’extrémisme violent, et améliore les performances économiques dans la région.

En conséquence, l’approche la plus pertinente pour l’analyse de l’extrémisme violent est économique.

Celle-ci suppose qu’il existe une offre et une demande, se présentant devant les extrémistes violents, que l’individu décide de rejoindre le groupe terroriste après avoir comparé le coût et le rendement.

Le coût n’est pas généralement financier, il peut inclure le plan familial.

Il en est de même pour le calcul du rendement, où l’individu ne se concentre pas uniquement sur l’aspect matériel. Il peut se focaliser sur la réalisation de bénéficies non-pécuniaires, comme cultiver le sens de la responsabilité, croire en la mission de l’organisation terroriste.

 

Ces avantages remplacent la compensation financière : Les recrues d’Al-Qaïda ont payé, eux-mêmes, pour la formation qu’elles ont reçue.

 

 

Caractéristiques des combattants de Daech :

Suite à l’analyse des données susmentionnées, l’étude a révélé que la Tunisie, le Maroc, la Turquie et l’Égypte sont parmi les pays qui exportent le plus de recrues étrangères vers la Syrie et l’Irak, tandis que parmi les pays non-musulmans figurent la Russie, la France et l’Allemagne.

Par ailleurs, un certain nombre de caractéristiques relie les combattants étrangers.

1- Catégorie d’âge inférieur : On constate que l’âge moyen de la recrue est de 27,4 ; la plus jeune recrue en Libye est âgée de 23,7, tandis que la plus âgée est en Indonésie, et a 33,5. Ainsi, Daech vise à attirer les plus jeunes.

 

2- Niveau d’études élevé : 43,3% des recrues ont achevé leurs études secondaires, alors que 25,4% seulement ont fait des études supérieures. Près de 15% ont abandonné les études avant le lycée, et 2% de l’échantillon n’ont reçu aucune éducation.

Il est à noter que le niveau d’instruction des combattants étrangers de Daech en provenance du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et de l’Asie de l’Est est plus élevé que celui de leurs homologues qui ont grandi dans leurs pays d’origine. Contrairement aux recrues étrangères, venant des pays occidentaux, dont le niveau d’études est inférieur à celui de leurs compatriotes.

 

3- Choix professionnels : Il a été constaté que 1,9% des recrues étrangères de l’échantillon préféraient occuper des postes administratifs, 17,2% préféraient travailler comme combattants, et 11,7% préféraient perpétrer des attentats-suicides.

Pour ce qui est du lien entre la nature du travail et le pays d’origine, la plus grande proportion de ceux qui viennent de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud-est privilégie le travail administratif, alors que le plus grand nombre de kamikazes est originaire du Moyen-Orient ou d’Asie centrale.

L’étude montre que les recrues qui ne travaillaient pas dans leurs pays d’origine, ou qui étaient enrôlées dans l’armée de leurs propres pays, sont les plus susceptibles de choisir d’être kamikazes.

En général, le facteur économique pourrait être un catalyseur pour rejoindre Daech.

Il pourrait être également produire l’effet inverse, puisqu’il peut dissuader l’individu, compte tenu de son faible niveau économique et du coût élevé des déplacements.

L’importance de cette étude menée, par un groupe de chercheurs de la Banque mondiale, sous l’intitulé « Inclusion économique et sociale pour la prévention de l’extrémisme au Moyen-Orient », réside dans l’élimination d’une série d’idées reçues véhiculées par les médias, selon lesquels les combattants de Daech seraient le produit de l’analphabétisme, et du manque d’éducation de certains segments de la population mondiale

Parmi les facteurs les plus importants, qui conduisent les individus à quitter leur pays et à rejoindre des groupes terroristes, figure le manque d’inclusion économique et sociale dans leurs pays d’origine.

l’approche la plus pertinente pour l’analyse de l’extrémisme violent est économique.

 

Celle-ci suppose qu’il existe une offre et une demande, se présentant devant les extrémistes violents, que l’individu décide de rejoindre le groupe terroriste après avoir comparé le coût et le rendement.

 

Le coût n’est pas généralement financier, il peut inclure le volet familial.

 

Source:  http://www.leportail-centre.fr/2017/12/04/

 

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