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08/11/2017

RÉPONSE À L' OTAN ! POUTINE PARLE DE LA POLITIQUE RUSSE EN UKRAINE ......

Critiqué par l’OTAN, Poutine parle longuement de la politique russe en Ukraine

NATO Criticism of Russia’s Ukraine Policy Is Answered by Putin


Eric ZuessePar Eric Zuesse – Le 30 octobre 2017 – Source Strategic Culture

 



Un partisan de l’OTAN a critiqué le président russe Vladimir Poutine pour la politique Ukraine de la Russie, le 19 octobre 2017, lors de la réunion annuelle du Club Valdaï à Sotchi.

 

Poutine a riposté avec la déclaration la plus détaillée à ce jour, décrivant le renversement, en février 2014, du président de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, démocratiquement élu, comme un « coup d’État » de l’Occident, en particulier de l’UE (qu’il a blâmée pour cela, plutôt que les États-Unis).

 

Asle Toje, un partisan norvégien de l’alliance militaire anti-russe de l’OTAN, avait soulevé cette question en demandant à Poutine :

« Et l’Ukraine ? Du point de vue européen, la balle est fermement dans le camp de la Russie.

 

Le conflit est semi-gelé et les sanctions censées être dynamiques sont devenues semi-permanentes. Qu’est-ce que la Russie a l’intention de faire à ce sujet ? »

 

Poutine a répondu :

« Eh bien, nous pensons que la balle est dans le camp de l’Europe, parce qu’en raison de la position totalement non constructive – je choisis mes mots pour ne pas paraître grossier – des anciens membres de la Commission européenne, la situation est allée jusqu’au coup d’État. »

 

Rappel :

Le 4 février 2014, l’agent que le président américain Barack Obama avait chargé de planifier le coup d’État, Victoria Nuland, amie de longue date de Hillary Clinton, a désigné, à l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine, la personne qui devrait diriger le pays à la fin du coup d’État, 23 jours plus tard, le 27 février : « Yats est le gars qui a l’expérience économique et l’expérience du gouvernement, il doit être nommé », a-t-elle dit à l’ambassadeur, Geoffrey Pyatt, et « Yats » Iatseniouk a obtenu le poste de Premier ministre, parce qu’Obama souhaitait que Ioulia Timochenko, farouchement antirusse, soit portée à la présidence de l’Ukraine lors d’une élection, afin de pouvoir qualifier le changement de gouvernement de démocratique, c’est-à-dire élu, non imposé – comme dans le cas de Yats.

 

Cependant, Timochenko avait trop la réputation publique d’être un agent des États-Unis (et un escroc) pour gagner, et Petro Porochenko a donc remporté l’élection à sa place. Cette élection s’est déroulée dans toutes les régions à majorité ukrainienne du pays, sans permettre le vote des populations dans la plupart des régions majoritairement russophones, où l’homme renversé par Obama, Ianoukovitch, l’avait emporté par plus de 75% des voix lors de la dernière élection démocratique en Ukraine, qui était l’élection présidentielle de 2010 – la dernière élection dans laquelle les Ukrainiens de toutes les régions du pays ont voté.

Bien que Porochenko ait été anti-russe, il ne l’était pas autant que Timochenko. Iatseniouk était le subordonné de Timochenko, il avait été choisi par Nuland parce que l’administration Obama pensait qu’après l’élection présidentielle, Yats remettrait le gouvernement à Timochenko, qui dirigeait le parti politique de Yats.

 

Poutine a blâmé l’UE pour le coup d’État, bien que, en fait, Catherine Ashton, la ministre des Affaires étrangères de l’UE, apprenant le 26 février 2014 que ce renversement avait été un coup d’État et non une révolution démocratique, a exprimé sa stupéfaction et sa déception mais a continué de mener à bien le plan de l’administration Obama pour l’intégration de l’ancienne alliée de la Russie dans l’UE et, comme prévu, dans l’OTAN, afin que des missiles nucléaires américains puissent être installés à la frontière russe aussi près de Moscou que possible, pour une attaque éclair contre la Russie, afin de conquérir le pays.

 

En outre, dans ses instructions à l’ambassadeur à Kiev, Nuland a dit « F-k the UE », car l’aristocratie de l’UE n’était pas aussi désireuse de conquérir la Russie que l’aristocratie américaine.

Les aristocraties de l’UE auraient voulu que Vitaly Klitschko dirige l’Ukraine, mais celui-ci n’était pas rageusement anti-russe, comme Timochenko et Iatseniouk.

Poutine le savait, il savait que le coup d’État avait été réalisé par les États-Unis et non par l’UE.

 

Poutine a ensuite décrit le coup d’État ainsi :

« Il y a eu des émeutes soutenues par les États-Unis – à la fois financièrement, politiquement et dans les médias – et dans toute l’Europe.

Ils ont soutenu la prise de pouvoir inconstitutionnelle, sanglante, avec des victimes, et ont poussé les choses jusqu’à une guerre dans le sud-est de l’Ukraine.

La Crimée a déclaré son indépendance et sa réunification avec la Russie, et maintenant vous pensez que nous sommes à blâmer pour cela ?

Est-ce nous qui avons provoqué le coup d’État anticonstitutionnel ? La situation actuelle est le résultat d’une prise de pouvoir armée anticonstitutionnelle en Ukraine, et l’Europe est à blâmer, parce qu’elle l’a soutenue.

 

Ce qu’il aurait été plus facile de dire à l’époque, c’est ceci : ‘Vous avez mis en scène un coup d’État, et pour finir, nous sommes les garants.’ En tant que garants, les ministres des Affaires étrangères de la Pologne, de la France et de l’Allemagne ont signé un document, un accord entre le président Ianoukovitch et l’opposition.

Trois jours plus tard, l’accord a été piétiné et où étaient les garants ? Demandez-leur, où étaient ces garants ?

Pourquoi n’ont-ils pas dit : ‘S’il vous plaît, remettez les choses telles qu’elles étaient. Ramenez Ianoukovitch au pouvoir et tenez des élections démocratiques constitutionnelles.’

Ils avaient toutes les chances de gagner, à cent pour cent, sans aucun doute. Non, il fallait plutôt qu’ils le fassent par un coup d’État armé.

Eh bien, nous avons été confrontés à ce fait, l’avons accepté et signé les accords de Minsk.

 

Mais les dirigeants ukrainiens actuels sabotent chaque paragraphe de ces accords, et tout le monde peut parfaitement le voir.

Ceux qui sont impliqués dans le processus de négociation sont pleinement conscients de cela, je vous l’assure. Aucun pas n’a été fait pour la mise en œuvre des accords de Minsk.

Tout le monde dit : ‘Les sanctions ne seront levées que lorsque la Russie se conformera aux accords de Minsk.’ Tout le monde s’est depuis longtemps rendu compte que les dirigeants actuels de l’Ukraine n’étaient pas en mesure de s’y conformer.

Maintenant que la situation dans ce pays a atteint son paroxysme en matière d’économie et de politique intérieure, et que la police utilise le gaz contre les manifestants, attendre que le président ukrainien fasse au moins un petit pas pour appliquer les accords de Minsk est un exercice futile. Je ne suis pas sûr qu’il puisse accomplir ceci. Mais il n’y a pas d’alternative, malheureusement.

Par conséquent, nous garderons le format Normandie aussi longtemps que nos collègues le voudront, et nous nous efforcerons de mettre en œuvre les accords de Minsk que vous avez mentionnés. »

 

Poutine n’a jamais blâmé le gouvernement américain pour ce coup d’État, mais il en connaît au moins autant là-dessus que le dirigeant de la firme Stratfor – la CIA privée – qui a décrit l’événement comme « le coup d’État le plus flagrant de l’histoire » parce qu’il avait été très bien documenté par des conversations téléphoniques fuitées et d’autres preuves solides. Il n’y avait aucun doute que le Département d’État américain l’avait dirigé, et, finalement, la preuve est devenue publique que Google et le Département d’État américain préparaient déjà l’opération depuis 2011.

 

Poutine a continué sa réponse :

« Il ne suffit pas d’interpeller la Russie, il est également nécessaire d’influencer la position de Kiev. Maintenant, ils ont pris une décision sur la langue, interdisant l’utilisation des langues des minorités ethniques à l’école.

La Hongrie et la Roumanie ont soulevé des objections.

La Pologne a également fait quelques commentaires à ce sujet.

Cependant, l’Union européenne dans son ensemble est silencieuse. Pourquoi ne condamnent-ils pas cela ? C’est le silence.

 

Maintenant, ils ont érigé un monument à Simon Petlioura.

C’était un homme aux opinions nazies, un antisémite qui a tué des juifs pendant la guerre.

À part le Congrès juif sioniste, tout le monde est silencieux. Avez-vous peur de blesser vos clients à Kiev, c’est ça ?

Ces choses ne sont pas faites par le peuple ukrainien, elles sont faites à l’initiative des autorités compétentes. Mais pourquoi gardez-vous le silence ? »

 

Poutine demandait à l’UE de rester neutre sur la question ukrainienne, pas au gouvernement américain, car Poutine a compris que le gouvernement américain voulait conquérir la Russie et prendre l’Ukraine pour faire avancer cet objectif. alors que beaucoup de pays dans l’UE veulent plutôt avoir la paix et commercer avec la Russie et ne désirent pas l’envahir.

 

Poutine a laissé tomber l’Amérique, dont le gouvernement est – avec l’Ukraine et le Canada – le seul défenseur du nazisme – c’est-à-dire du fascisme raciste – à l’ONU.

 

Mais il sait que s’il blâme le gouvernement américain pour le coup d’État, cela rendra plus difficile les efforts de l’UE pour s’éloigner des États-Unis vers la neutralité, car une telle accusation ne ferait qu’unifier l’OTAN et non la rompre.

Il pourrait être en mesure de sélectionner quelques membres de l’UE, pour les mener vers la neutralité et les éloigner des objectifs de l’OTAN d’envahir la Russie, mais cela ne peut fonctionner que s’il minimise la véritable compétition pour le pouvoir entre le gouvernement US qui veut conquérir la Russie et le gouvernement russe qui veut rester une nation libre et indépendante pour protéger sa souveraineté nationale.

 

La raison pour laquelle Poutine blâme l’UE à la place des États-Unis est donc tactique.

 

Ce qu’il dit est particulièrement intéressant : « Ces choses ne sont pas faites par le peuple ukrainien, elles sont faites à l’initiative des autorités compétentes. Mais pourquoi gardez-vous le silence ? » Là, il interpelle les Européens anti-nazis, pour qu’ils se détachent du régime américain pro-nazi d’aujourd’hui. Il dit : opposez-vous à cela, démarquez-vous publiquement.

 

Puis, il continue :

« J’espère que cela finira par arriver. Je peux voir l’intérêt de nos partenaires, principalement l’intérêt de nos partenaires européens, à résoudre ce conflit. Je peux voir un réel intérêt. Angela Merkel fait beaucoup de choses, investit son temps, s’implique profondément dans ces questions.

L’ancien président de la France et le président Macron sont également attentifs. Ils travaillent vraiment là-dessus.

Cependant, il est nécessaire de travailler non seulement techniquement et technologiquement, mais politiquement. Il est essentiel d’exercer une certaine influence sur les autorités de Kiev, les amener à faire au moins quelque chose. En fin de compte, l’Ukraine elle-même a intérêt à normaliser nos relations.

 

Maintenant, ils sont allés nous imposer des sanctions, comme l’a fait l’UE. Nous avons répondu à notre façon. Le président [ukrainien] me demande : ‘Pourquoi as-tu fait ça ?’ Je dis : ‘Écoute, vous avez introduit des sanctions contre nous.’ C’est juste stupéfiant ! »

 

Il se réfère ici aux autorités de Kiev, et non aux autorités de Washington, car il sait que les Européens dont il parle savent que l’Ukraine est maintenant une nation vassale des États-Unis.

Il sait qu’ils savent ce qu’il sait à ce propos. Ensuite, il s’adresse vraiment, non pas aux dirigeants de l’Ukraine, mais plutôt au peuple de l’Ukraine, quand il dit :

« Je crois que cela devient évident et, surtout, cela devient évident pour l’écrasante majorité des citoyens ukrainiens. Nous aimons l’Ukraine et je considère vraiment le peuple ukrainien comme une nation fraternelle, si ce n’est comme une nation, une partie de la nation russe.

Même si les nationalistes russes n’aiment pas cela et les nationalistes ukrainiens n’aiment pas cela non plus, c’est ma position, mon point de vue. Tôt ou tard, cela se produira – la réunification, non pas au niveau interétatique, mais en termes de restauration de nos relations. »

 

De nombreux sondages ont montré que beaucoup d’Ukrainiens se sentent fraternels envers les Russes. Il essaie de faire appel à ces personnes, de chercher une restauration de l’alliance précédente : la Russie avec les anti-nazis d’Ukraine, au lieu de l’Amérique avec les pro-nazis ukrainiens.

Le questionneur de Poutine, le pro-OTAN Asle Toje, aurait pu répliquer à ce que disait ce dernier, mais il est resté complètement silencieux, peut-être parce qu’il savait que s’il s’opposait à ce que Poutine disait, celui-ci aurait eu une excellente occasion de réagir en faisant allusion au rôle réel joué par l’OTAN – les États-Unis – en Ukraine, le rôle nazi, et peut-être aussi une allusion à la célèbre déclaration de l’Américaine nazie Victoria Nuland « F-k the UE ! », quand elle a donné ses instructions, le 4 février 2014, pour la composition du prochain gouvernement de l’Ukraine. dirigé par les nazis ukrainiens rageusement anti-russes.

 

Hamid Karzaï, l’ancien dirigeant de l’Afghanistan – ou du moins de Kaboul – était aussi l’un des participants à cette conférence, et il a parlé de la longue histoire de son pays comme un pion dans le Grand Jeu des aristocraties impériales qui mènent des guerres de conquête pour établir des empires et s’emparer des terres des autres. Ensuite, il a commenté spécifiquement le rôle que la prise de l’Ukraine en 2014 avait joué dans la dernière phase du Grand Jeu :

« Sur l’Ukraine et le conflit là-bas, j’étais dans mes dernières années de gouvernement quand cette crise a émergé en Ukraine.

Moi, et mes proches collègues du gouvernement sur les questions de politique étrangère et de sécurité, nous nous sommes réunis. Je leur ai dit que l’Ukraine faisait partie de l’Union soviétique et qu’après l’effondrement de l’Union soviétique et l’émergence des États indépendants, l’Ukraine était l’un des pays les plus proches de la Russie pour les relations ethniques, économiques et culturelles. ainsi qu’en termes de valeur que l’Ukraine représente pour la Russie.

Donc, mon approche était celle du sentiment et de la sensibilité, mais en gardant à l’esprit le sentiment russe, en gardant à l’esprit la sensibilité russe dans cette région. Voyons cela de la façon suivante : si la Russie essayait de faire du Canada un allié du pacte de Varsovie contre l’Amérique, que ferait l’Amérique ? I

ls agiraient plus agressivement que ce que la Russie a fait.

En Crimée : pour ce que je comprends, la Crimée a été donnée à l’Ukraine en 1957, est-ce vrai ? Donc, elle faisait partie du territoire russe ».

 

Son argument selon lequel « si la Russie essayait de faire du Canada un allié du Pacte de Varsovie contre l’Amérique, que ferait l’Amérique ? » était simplement rhétorique, car dans la crise des missiles cubains de 1962, les États-Unis avaient déjà montré ce qu’ils feraient.

 

Si la Russie plaçait des missiles sur les frontières de l’Amérique, ou à proximité, les États-Unis lanceraient une guerre nucléaire contre la Russie.

Pour certaines raisons, les Américains ont estimé que cette réponse – menaçant d’une Troisième guerre mondiale – était justifiée pour l’Amérique d’alors, en 1962, mais par ailleurs ne pense pas que ce serait une réponse justifiée de la part de la Russie, maintenant, quand la symétrie est dans l’autre camp, et encore plus que ce n’était le cas en 1962 – parce que l’Ukraine est juste à la frontière russe. 

Mais, bien sûr, cela serait encore plus justifié dans le cas présent, car la conquête de la Russie est devenue, en 2006, l’objectif stratégique quasi-officiel de l’Amérique, remplaçant l’ancienne doctrine acceptée par les deux parties d’une politique stratégique de maintien de la paix – sous l’égide de la Destruction Mutuellement Assurée (ou MAD) – qui consistait à maintenir un équilibre des armements nucléaires afin d’éviter une Troisième guerre mondiale, au lieu de vouloir la gagner – comme c’est la doctrine US depuis 2006.

 

La Russie croit toujours à la Destruction Mutuellement Assurée, mais l’Amérique est maintenant en quête de l’or, de la victoire nucléaire. C’était implicitement la politique des États-Unis et de l’OTAN depuis le 24 février 1990, mais elle est devenue, depuis 2006, en objectif  dénommé primauté nucléaire, soit la capacité des États-Unis à gagner un conflit nucléaire contre la Russie – conquérir la Russie.

 

 

La récente déclaration – du 19 octobre – de Poutine est la plus large qu’il ait jamais faite sur la question ukrainienne, mais ce n’est pas la seule déclaration qu’il a faite à ce sujet.

Un an avant cette dernière discussion à Valdaï, le 12 octobre 2016, lors du huitième forum d’investissement de VTB Capital La Russie vous appelle ! à la recherche d’investissements étrangers en Russie :

« Vous venez de parler de la crise en Ukraine, mais nous n’avons pas fait un coup d’État en Ukraine, n’est-ce pas ? Ils ont caché que, dans une large mesure, ils ont soutenu une opposition radicale, une façon inconstitutionnelle de changer le pouvoir, bien que cela aurait pu être fait différemment : l’ancien président Ianoukovitch avait accepté toutes les exigences et était prêt à organiser des élections anticipées. Ils ont contribué à un coup d’État, et pour quoi ?

Devant le fait accompli, nous avons été contraints de protéger la population russophone du Donbass, nous avons été contraints de répondre aux aspirations des habitants de la Crimée voulant le retour dans la Fédération de Russie, alors a immédiatement commencé un nouveau déchaînement de politique anti-russe et l’imposition de sanctions.

Vous venez de parler des accords de Minsk. Mais nous ne sommes pas les saboteurs de la mise en œuvre de ces accords. »

 

 

À cette occasion, parce qu’il répondait à une question qui avait été soulevée par Rick Boucher, ancien membre du Congrès des États-Unis, et maintenant associé dans un cabinet d’avocats, M. Poutine avait été plus direct, en disant : « Nous n’avons pas apporté un coup d’État en Ukraine. Avons-nous fait cela ? Non. D’autant plus que nos partenaires américains ne cachent pas que, dans une large mesure, ils étaient en coulisse, soutenant et finançant une opposition radicale, pour provoquer un changement de pouvoir inconstitutionnel. »

 

Mais il était ambigu quant à savoir si l’Amérique était simplement derrière, « ils étaient en coulisse » ou au lieu de cela ont agi « pour provoquer un changement de pouvoir inconstitutionnel »  [c’est-à-dire en coup d’État]. De toute façon, il n’y a aucun enregistrement de la réponse de Boucher à la déclaration de Poutine.

 

L’ambiguïté est la norme dans les discours politiques, on le voit partout, et lorsqu’elle apparaît, des raisons tactiques sont habituellement évoquées.

 

Encore plus tôt, le 23 mai 2014, quelques mois après le coup d’État américain, Poutine participait à la session plénière du 18e Forum économique international de Saint-Pétersbourg, et répondait à une question de Geoff Cutmore de CNBC :

« Le président Ianoukovitch a décidé de reporter la signature et d’engager des discussions supplémentaires. Qu’est-ce qui vient ensuite ? Un coup d’État. Peu importe comment vous choisissez de l’appeler, une révolution ou autre chose. C’est un coup d’État avec l’usage de la violence et des forces militantes. Qui est de quel côté maintenant ? Qui utilise quels outils du passé ou du futur ?

Il est impératif d’être très prudent en ce qui concerne les institutions publiques des nations émergentes, car sinon les choses peuvent déraper vers le chaos, ce qui est exactement ce qui s’est passé en Ukraine. La guerre civile et le chaos sont déjà là.

Qui en profite ? Pourquoi l’ont-ils fait, si Ianoukovitch acceptait tout ?

Ils devaient plutôt aller voter, et les mêmes personnes seraient au pouvoir maintenant, mais légalement. Nous, comme des idiots, leur paierions les 15 milliards de dollars que nous avions promis, en maintenant les prix du gaz bas pour eux et en continuant à subventionner leur économie…

Voyons les choses en face. Nous sommes tous des adultes ici, n’est-ce pas ? Des gens intelligents et éduqués. L’Occident a soutenu le coup d’État inconstitutionnel. De fait, n’est-ce pas ? Non seulement par le biais des cookies infâmes [allusion à Nuland distribuant des cookies aux insurgés sur la place Maïdan, NdT], mais à travers le soutien médiatique, politique et que sais-je encore. Pourquoi l’a-t-il fait ?

Très bien. Et maintenant vous pensez que tout est de notre faute ? Nous avons proposé un dialogue et on nous l’a refusé. Et après ? La dernière fois que j’étais à Bruxelles, nous avons convenu de conserver ce dialogue ouvert. C’était avant le coup d’État. M. Ulyukayev – il est assis là en face de moi – un homme respectable, parlant anglais correctement, un esprit absolument axé sur le marché, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’économie, a été appelé pour consultation.

Demandez-lui ce qu’il en pense, après la fin de la session. Je ne m’y attarderai pas maintenant. Mais il n’y a pas eu de consultations.

Rien que des slogans.

Quelle est la suite ? Ils ont fait un coup d’État et ne veulent pas nous parler. Que sommes-nous supposés penser ? La prochaine étape fera entrer l’Ukraine dans l’OTAN. Ils ne nous interrogent jamais sur notre opinion, et nous avons découvert au cours des deux dernières décennies qu’il n’y a jamais de dialogue sur cette question. Tout ce qu’ils nous disent, c’est  : ‘Ce ne sont pas vos affaires, cela ne vous concerne pas.’ Nous leur disons : ‘Une infrastructure militaire approche de nos frontières.’, ils répondent : ‘Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas contre vous.’ Donc, demain, l’Ukraine pourrait finir par être membre de l’OTAN, et la prochaine chose que vous savez, c’est qu’un complexe de défense antimissile américain sera stationné sur son territoire.

Personne ne nous parle jamais non plus à ce sujet. Ils nous disent simplement : ‘Ce n’est pas contre vous, et cela ne vous concerne pas’

 

Si nous n’avions pas fait ce que nous avons fait en Crimée, la Crimée aurait été bien pire qu’Odessa où les gens ont été brûlés vifs. Et il n’y a pas d’explications, pas de vraies condamnations par qui que ce soit. Il n’est pas encore clair qui l’a fait, je veux dire la tragédie à Odessa. »

Il a dit ceci, contre l’Ouest, après que la preuve soit portée à la connaissance du public, hormis à l’Ouest, que c’était en fait le régime américain qui avait fait le coup, et qui avait embauché des nazis ukrainiens pour le réaliser,

 

En première page du New York Times, le 23 octobre 2017, est paru un reportage sur les efforts déployés par les républicains au Congrès américain pour se concentrer sur autre chose que la prétendue manipulation du Russiagate dans la campagne électorale de 2016 aux États-Unis, et sur les efforts des Démocrates du Congrès pour se concentrer uniquement sur ces allégations.

Cette histoire du New York Times en première page employait négligemment l’expression « les efforts extraordinaires d’un pouvoir hostile pour perturber la démocratie américaine », comme si c’était déjà prouvé, au lieu d’être seulement une ligne de propagande incessante du Parti démocrate pour expliquer la défaite électorale d’Hillary Clinton.

La propagande des médias américains fait de telles choses pour attiser au maximum la haine de son public contre les Russes, et surtout contre le gouvernement russe, et ainsi promouvoir le scénario de la guerre contre la Russie.

 

Poutine sait quelle est l’origine de cette marche vers la Troisième Guerre mondiale, et qu’elle n’est pas en Europe.

 

Il sait qu’elle a eu plus que sa part de guerres, mais que les Américains sont plus malléables à ce sujet, mieux contrôlés par l’aristocratie qui possède le complexe militaro-industriel de la nation.

 

Eric Zuesse

Source et Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

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