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30/08/2017

LES SANCTIONS AMÉRICAINE INQUIÈTE LE LIBAN ......

 
Publié par Prescilla Stofmacher le 29 août 2017

Les responsables américains disent que le Hezbollah est financé non seulement par l’Iran, mais aussi par des réseaux libanais et des entreprises privées et internationales.

Les sanctions américaines plus strictes proposées contre le Hezbollah ont été suffisamment modifiées pour apaiser les craintes de dégâts majeurs sur l’économie du Liban, signe que Washington s’inquiète sérieusement de la stabilité libanaise, ont déclaré des banques et des sources politiques.

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Mais les banques ont déclaré que les autorités libanaises n’ont pas de quoi se réjouir car la position du Président américain Donald Trump sur l’Iran et ses alliés ne peut pas être prédite, et le projet de loi ne sera pas discuté et voté avant l’automne, lorsque le Congrès se réunira de nouveau.

Lorsque des projets américains pour étendre une législation anti-Hezbollah ont été diffusés au Liban au début d’année, les médias locaux ont mis en garde contre les conséquences désastreuses pour l’économie fragile du Liban et la politique sectaire de haine du Hezbollah.

La principale préoccupation pour les autorités libanaises est que les banques américaines – qui font face à d’énormes amendes si elles font du commerce avec des personnes ou des entreprises condamnées – pourraient considérer les banques libanaises comme trop risquées pour faire affaire avec elles.

Cela compromettrait l’économie, qui repose sur des dépôts en dollars transférés d’expatriés libanais.

Le gouvernement du Liban, la banque centrale et les banques privées ont fait pression sur les politiciens et les banques américaines cette année – et continuent de le faire – pour persuader Washington d’équilibrer sa position anti-Hezbollah avec la nécessité de préserver la stabilité du pays.

Leur message principal est que la dernière chose dont les Etats-Unis ont besoin, alors qu’ils soutiennent l’armée libanaise dans sa lutte contre l’Etat Islamique et d’autres militants venus de Syrie, serait d’un autre État défaillant au Moyen-Orient.

Leurs efforts peuvent avoir fonctionné. Le projet de loi soumis au Congrès à la fin de juillet ne comprenait pas les principaux éléments ayant causé ce qu’une source au sein des banques avait appelé «l’anxiété» de Beyrouth.

Les sources financières ont déclaré à Reuters que la législation proposée contre le Hezbollah, par rapport aux projets antérieurs, vise plus spécifiquement qui pourrait être ciblé, et n’est plus perçue comme affectant l’ensemble de la population musulmane chiite du Liban.

Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, est notre ennemi majeur

Le puissant Hezbollah chiite soutenu par l’Iran est dans le gouvernement fragile d’union nationale du Liban mais classé comme un groupe terroriste par Washington. Les responsables américains disent que le Hezbollah est financé non seulement par l’Iran, mais aussi par des réseaux libanais et des entreprises privées et internationales.

La loi américaine de 2015 sur la prévention du financement international du Hezbollah visait à bloquer les campagnes de financement du groupe dans le monde et, en juillet, les législateurs républicains et démocrates américains proposaient des amendements pour la renforcer.

Les sources bancaires ont déclaré que les amendements de 2017 n’entravent pas de façon significative la législation initiale, le choc initial que le Liban a absorbé ne devrait pas avoir d’impact majeur s’ils deviennent loi.

« Jusqu’à présent, les autorités libanaises ont réussi à limiter les retombées des sanctions américaines sur les banques libanaises », a déclaré Mathias Angonin, analyste de l’agence de notation de Moody’s.

Lobbying

Les modifications ont porté sur des points majeurs tirés des plans préliminaires qui auraient débuté avec le législateur américain au début de cette année. Les banques et les sources politiques l’attribuent au lobbying de Beyrouth.

« Il est certainement atténué par rapport à celui que nous avons vu quand nous étions là-bas, donc évidemment nos arguments ont été pris en considération … C’est plus ciblé », a déclaré Yassine Jaber, député qui a dirigé une délégation politique à Washington mi-mai après l’apparition des projets, a déclaré à Reuters.

Les banques, comme les règlements sur les sanctions, sont spécifiques aux cibles, elles évitent des amendes inattendues, et permettre d’éviter d’exclure inutilement des personnes du système bancaire.

Contrairement aux projets, les amendements ne ciblent pas, selon une copie publiquement disponible de la législation analysée par Reuters, le mouvement chiite Amal du parlementaire Nabih Berri.

En ciblant Amal, le Hezbollah, et leurs associés – les deux partis représentant la population chiite du Liban – la loi risquait de marginaliser une grande partie de la société, des banques et des sources politiques.

Les propositions actuelles donneraient au Président américain le pouvoir de décider qui devrait être sanctionné au lieu du personnel subalterne.

Elles demandent également que des sanctions soient imposées aux personnes qui fournissent un « important » soutien financier, matériel ou technologique au Hezbollah. Le mot «important» n’était pas dans le projet précédent.

L’implication du Hezbollah dans la guerre civile en Syrie, où il se bat aux côtés du Président Syrien Bashar al-Assad, est une cause de tension politique à Beyrouth et rend délicate la politique du Liban de « dissociation» des conflits régionaux.

Le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a déclaré que les tentatives des États-Unis de l’affaiblir ne fonctionneraient pas.

Des enjeux élevés

Avec l’un des ratios de dette du PIB les plus élevés au monde, la croissance a été fortement impactée par six ans de guerre en Syrie adjacente, et un gouvernement qui s’efforce de faire accepter des réformes vitales, l’économie du Liban est fragile.

Les banques libanaises soutiennent l’économie. En utilisant de l’argent déposé par des libanais expatriés, les banques locales achètent la dette publique, financent le déficit budgétaire et la dette de l’État.

« Il n’y a jamais eu de problème avec ce système mais c’est un système à haut risque », a déclaré Toby Iles de l’agence de notation Fitch.

Les dépôts pourraient s’effondrer si les banques correspondantes estiment que le Liban est risqué et ne permettent pas de liquider les transactions en dollars pour les banques locales.

Les sources financières affirment que la confiance dans la capacité de la banque centrale d’appliquer la réglementation est forte.

Mais le Liban reste un pays politiquement risqué et les banques correspondantes sont devenues plus réticentes à prendre des risques mondiaux au cours des dernières années alors que la réglementation américaine antiterroriste et anti-blanchiment s’est durcie.

 

Reproduction autorisée avec la mention suivante : traduction © Prescilla Stofmacher pour Dreuz.info.

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