24.10.2009
UNE SOIRÉE ORDINAIRE ???
Juvignac Le professeur agressé s'explique : « Il nous aurait tués tous les trois »
DR
Pour Midi Libre, le professeur agressé raconte cette soirée de cauchemar
Que s’est-il passé lundi soir ?
Vers 22 h 30, j’ai entendu que quelqu’un essayait d’actionner la poignée de la porte d’entrée, qui était fermée. Je suis allé voir, j’ai déverrouillé la porte et je suis resté sur le perron. J’ai vu que notre portillon était entrouvert, et j’ai aperçu dans notre jardin un homme cagoulé et armé. Il a foncé sur moi en criant : " Bouge pas !" Il m’a poussé dans la maison et nous a dit, à ma femme et à moi, de nous coucher au sol, face contre terre. Il a répété à ma femme de se coucher complètement et d’écarter les jambes. J’ai tout de suite pensé qu’il voulait la violer.
L’avez-vous reconnu ?
Non.
Ce n’est qu'après que j’ai fait le rapprochement, lorsque les gendarmes m’ont dit qu’il était inscrit à l’université. En y repensant, je crois qu’il peut s’agir de cet étudiant qui était venu me voir en 2008. A l’époque, j’étais responsable d'un diplôme de licence ; cet étudiant voulait que je lui valide une ou plusieurs disciplines pour lesquelles il avait eu des notes médiocres. Je lui ai répondu que c’était impossible car ses notes étaient trop faibles. Il m’a posé alors la main dans le dos en disant : "Mon ami, on peut toujours trouver une solution." Je lui ai répondu : " Oui, il faut repasser l'examen ." Il m’avait paru énervé et menaçant. C'est la seule fois que j'ai eu un contact direct avec cet homme.
Que s’est-il passé ensuite ?
Il nous a demandé s’il y avait quelqu’un d'autre dans la maison. J’ai répondu que mon fils de 11 ans se trouvait en haut. Il lui a dit de descendre, puis de se coucher lui aussi par terre. L'homme n'arrêtait pas d'insulter ma femme.
Il nous a demandé si on avait de l'argent. Je lui ai dit que non, mais qu'il y avait quelques bijoux et des ordinateurs. A un moment, il nous a dit : " Si tout ne se passe pas bien, je repars avec un organe !" Puis il a pris une bouteille et nous a aspergés d’essence tous les trois en disant : " J’ai un briquet. Si vous bougez, je vous brûle."
On a commencé à paniquer. Mon fils pleurait car il avait de l’essence plein les yeux et les oreilles. Moi, je n’y voyais plus rien. Mon épouse a vu alors que l’homme commençait à sortir des cordes de son sac. Elle a pensé que c’était le moment de tenter quelque chose, car à partir du moment où on était couvert d’essence et attachés, il n’y avait plus aucune issue. Elle a commencé à se relever, mais il lui a envoyé un violent coup de pied dans la tête. Je me suis rué sur lui, je l’ai déstabilisé, j’ai saisi le poignet droit dans lequel il avait son arme, et comme il portait des gants de laine, le pistolet lui a échappé. Je l’ai fait tomber et je l’ai immobilisé. Dans la lutte, son pull est remonté sur sa tête, par-dessus sa cagoule. Il n’y voyait plus rien. Je l’ai maintenu à terre, allongé sur le dos. Ma femme en a profité pour s’enfuir et appeler à l’aide.
Vous êtes donc resté seul avec votre fils et l'agresseur ?
Pendant que je le maîtrisais, mon fils a tenté de téléphoner mais le téléphone ne marchait pas. J'ai dit à mon fils de s’enfuir. L’homme a de nouveau essayé de se dégager, il se débattait et m’a appelé par mon nom de famille à plusieurs reprises. Il était plus petit que moi mais plus large, plutôt costaud, environ 85 kg. Je commençais à perdre prise, le sol couvert d'essence était très glissant.
J'ai continué à le maintenir au sol. J'attendais que quelqu’un arrive : la police, ou les pompiers, ou les voisins… Contrairement à ce qu’on a pu dire, je ne l’ai pas étranglé ; à aucun moment je n’ai serré sa gorge avec mes mains. Je n'ai pas voulu le tuer. Je me disais : si je lâche prise, il va prendre le dessus et faire un carnage, me tuer d’abord, puis s’occuper de ma femme et de mon fils. Je pense qu'il nous aurait tué tous les trois. Il était extrêmement déterminé.
Combien de temps s’était écoulé depuis son irruption chez vous ?
Environ une dizaine de minutes je pense, jusqu’à ce que mon fils s'échappe. Ensuite, les gendarmes sont arrivés mais ils ne sont pas intervenus tout de suite car ils ne savaient pas qui, de nous deux, était l’agresseur.
Puis ils sont rentrés, m’ont mis face à terre, m’ont menotté. J'ai expliqué que j'étais le propriétaire. Et là, les gendarmes m’ont dit que l’homme était mort.
Comment vivez-vous depuis cette histoire ?
C'est un cauchemar mais ma famille et moi sommes vivants. Depuis cette nuit-là, cet homme hante notre vie et notre maison. Nous ne sommes plus trois, mais quatre.
Propos recueillis par Sarah FINGER
17:56 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
C'est bizarre le cambrioleur étant un CPF il n'y a pas eu de soulèvement dans la commune, étrange ?
Ecrit par : bipbip14 | 24.10.2009
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